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Bonjour et bienvenue pour la deuxième partie de notre cercle de paroles sur la masculinité, la virilité et comment ces normes impactent nos intimes amoureux ou sexuels. Nous sommes à Metz avec 11 auditeurs, accueillis par l'association Couleur Gay, que je remercie. Thomas ?
On va commencer par toi. Dans la fin du premier épisode, tu as levé la main, tu as dit je suis prêt à partager un petit truc. Veux-tu partager ton petit truc ? Du coup, oui. Ou ton grand truc ? On va voir. Moi, c'était il y a quelques années quand même maintenant, parmi les premières rencontres que j'avais eues. Et c'était par rapport aux liens qu'on discutait par rapport à la masculinité.
Et moi, j'avais échangé un peu avec une personne basée sur Grindr aussi. Et après, on s'est rencontrés, on a commencé à parler. Et c'était quelqu'un au qui on aurait associé beaucoup de traits féminins. Et moi, je sais que sur le coup, ça m'avait bloqué. Après, je pense qu'il y a eu aussi un effet de surprise parce que quand on avait échangé, ce n'était pas trop ressorti. Donc, il y a eu aussi un peu un mélange d'effets de surprise.
C'était quoi, c'est très féminin ? On va dire, c'est un peu associé à la féminité, mais on va dire qu'il était très émotif, très facilement, sur beaucoup de sujets. En date, comment cette personne a partagé son émotion ? Ça remonte. Mais elle s'est mise à pleurer ? Non, mais quand on parlait de différents sujets, de tout et n'importe quoi, rapidement, on voyait que c'était très émotif par rapport à certains sujets, même à beaucoup de sujets. Ok.
ou s'exprimer de manière très, on va dire avec les mains, mais beaucoup avec les mains. Dit-il en bougeant les mains. Oui, mais plus. Et moi, je sais que par rapport à ça, je sais que moi, ça m'avait un peu bloqué. J'avais du mal à me projeter plus loin avec une personne par rapport à ses caractéristiques. Ouais.
Toi, du coup, tu lui as dit pendant le date ? Tu te souviens ? Après, on va dire, dans les faits, on s'est plus… On va dire que ça n'a pas trop continué. Il y a eu une distance. On s'est un peu éloigné mécaniquement. Oui, c'est ça. Et donc, ce n'est pas forcément dit parce que ça s'est un peu éloigné sans que ça se dise clairement. Mais…
Moi, je sais que par rapport à ça, après, ce n'était pas un jugement sur sa personne en elle-même, c'est par rapport à une compatibilité. Et ce qu'on cherchait, moi, je sais que j'aurais eu plus de mal à me projeter de manière sérieuse par rapport à ça. Et tu sais pourquoi ? Est-ce que tu as l'impression que c'est uniquement les goûts, les couleurs ?
Ou bien… ou pas ? Moi, j'ai l'impression que c'est plus en termes de caractère. Moi, je dis peut-être qu'en fonction de différentes situations qu'on aurait vécues, on aurait eu peut-être du mal, ou moi, on aurait vu peut-être les choses de manière trop différente par rapport à ça. Oui, moi, je pense que…
Par rapport à notre vision peut-être de la vie ou des événements, j'aurais eu plus de mal à trouver une connexion. C'est comme ça que je ressens. Et ça, tu penses que c'est avec toutes les personnes plus efféminées ? Après, il y a différentes gradations, différents aussi d'expression par rapport à ça. Et moi, je sais que…
Sans tomber dans un extrême ou d'un côté ou de l'autre. Moi, je sais que j'aurais eu du mal à trouver une connexion par rapport à certaines caractéristiques de cette personne, par rapport à mon caractère que j'ai. Et c'est lié au féminin ? Je pense que sur certaines caractéristiques, quand elles sont poussées de manière plus… Par exemple quoi ? Et je t'invite à rapprocher du micro. Je parle peut-être trop loin. C'est quoi ces caractéristiques ? Moi, je sais par exemple, quand je voyais qu'il était vite émotif sur beaucoup de sujets…
Moi, je le suis beaucoup moins. Je sais qu'on n'aurait peut-être pas compris ou vu certains événements de la même façon ou ressenti les événements de la même façon. Et je pense que ça aurait généré quelques incompréhensions par rapport… Moi, je dirais que ce n'est pas grand-chose. Lui, il aurait été plus blessé par rapport à certains trucs. Moi, je me suis dit qu'il en fait des tonnes. Et je pense que ça n'aurait pas fonctionné. Pour toi, l'expression des émotions, c'est plus un trait féminin ?
De manière associée, de manière générale, plus, oui. Et donc toi, tu es en couple, tu es célibataire ? Moi je suis en couple. Et donc tu es en couple ouvert, est-ce qu'aujourd'hui tu cherches à connecter intimement avec des hommes ou pas ? Ou tu es en couple fermé ? Moi je suis en couple, on ne cherche pas, c'est en relation nous deux. Oui, mais en fait ma question c'est, est-ce que du coup aujourd'hui tu cherches que des hommes masculins ?
Après dans le…
Que des hommes masculins, en termes d'amitié ? Non, mais du coup, sexuel ou intime, avant d'être en couple ? Est-ce que, suite à cette expérience notamment, tu t'es dit, moi vraiment, je ne veux que des hommes qui ne montrent pas leurs émotions ? Après, ne pas tomber dans un autre extrême, parce que l'extrême, il est aussi irritant d'une autre façon. Pour moi, il aurait été irritant d'une autre façon. Mais je me suis dit, il faut que je fasse peut-être un peu plus attention à trouver un équilibre qui me corresponde par rapport à mon caractère.
Quelqu'un veut rebondir là-dessus ? Sébastien ? C'était surtout sur le fait de trouver quelqu'un féminin, en fait, de mon expérience.
Ça ne m'appartient qu'à moi. J'ai déjà remarqué, j'ai eu une relation assez longue avec quelqu'un. Et quand tout va bien, quand on était ensemble, etc. Après, on a gardé une relation amicale. Et quand on avait dans cette relation amicale, c'est à ce moment-là où j'ai remarqué des manières qu'on aurait pu dire féminines. Alors que dans le début de notre relation…
on dit l'amour en aveugle, c'est peut-être ça, mais quand j'avais vraiment des sentiments forts pour cette personne, j'ai jamais remarqué plus que ça des traits féminins. C'était quoi par exemple ? Des mouvements de bras, ou dans la façon de bouger, dans la façon de parler. J'avais remarqué que quand on était ensemble, ou quand le livreur arrivait, il prenait une voix grave, très grave, parce que je pense qu'il avait un problème avec ça, mais moi, j'avais jamais remarqué plus que ça qu'il avait des…
Caractère féminin. Peut-être qu'il se cachait, peut-être que… Non mais je pense que c'est vraiment mon œil en fait. Bah non parce qu'avec le monde extérieur comme le livreur, il performait un truc. Oui il performait mais j'avais remarqué ça, c'était la seule chose que j'avais remarqué. Mais une fois que notre relation était finie et qu'on était devenus plus amis, qu'on se voyait en dehors d'une relation amoureuse, j'avais remarqué des traits féminins que j'avais jamais remarqué chez lui.
Et toi, t'en pensais quoi ? C'est quelque chose qui peut t'exciter et ou t'attirer, t'inspirer ? Je pense que dans un début de relation, en fait, si la personne me plaît, je ne vais pas remarquer de traits féminins chez la personne. Ah bon ?
Ok, parce que ça ne t'attire pas, donc tu es en déni. Oui, c'est un bon résumé de ma relation. Le déni, généralement, oui, effectivement. Il semble être un autre cercle de parole nécessaire pour creuser là-dedans. Ben, est-ce que tu passerais le micro à Ben ?
Moi aussi je suis pareil que Sébastien. J'étais dans une relation avec un mec qui était vraiment très musclé comme garçon et tout mais quand on se retrouvait deux, il était par contre très très efféminé. Il avait
C'est comme une femme et tout, la voix, mais par contre quand on est au monde extérieur, il se joue le mec dangereux, viril. Comment tu l'as vécu ça ? Parce que j'imagine que quand tu l'as rencontré, t'as rencontré son personnage extérieur ?
Oui, oui, oui. Et donc, tu es soit tombé amoureux, soit tu as été attiré par ce personnage-là qui change quand vous êtes dans l'intime. Comment tu l'as vécu, toi ? Moi, par contre, je l'ai vécu très bien parce que je viens d'où son homosexualité. Tu ne peux pas le vivre librement. Tu es à l'aise de dire d'où tu viens ? Je viens du Cameroun, moi. Donc, je ne peux pas le vivre librement. Moi, ça ne me dérangeait pas.
que quand on n'était que deux, on pouvait être vraiment soi-même. Parce que quand on était à deux, il essayait d'être lui-même. Et à l'extérieur, il essayait d'être le mec que la société veut voir, le mec barriqué, homme et tout. Cette relation-là, cette rencontre-là, c'est au Cameroun que ça s'est passé ? C'est presque même de la survie. Oui. Parce que je crois qu'au Cameroun, c'est passible de 5 ans de prison. 5 ans de prison et 200 000 d'amende.
Toi, tu as vu l'impact que ça avait sur ton désir pour lui ? Dans comment tu pouvais aimer le sexe avec lui ? T'as senti, par rapport à ces deux personnages, une attirance plus pour l'un ou pour l'autre ? Moi, j'aimais plus son côté masculin. Vraiment. Des fois, quand il se comportait un peu trop efféminé, je lui dis, mais tu en fais trop. Et puis, par moments, ça me gênait un peu, quoi.
Et ils te répondaient quoi ?
rien il essayait de se jouer le garçon est-ce que tu es à l'aise est-ce que tu te souviens de ce que tu as écrit sur ton petit post-it quand on a préparé ce cercle est-ce que tu es à l'aise que je te pose une question sur ce que tu as marqué sur ton post-it sur ton post-it tu as parlé du harcèlement que tu as vécu et des violences et des insultes parce que tu étais trop efféminé, grandissant est-ce que tu as grandi au Cameroun ? oui j'ai grandi au Cameroun
Est-ce que tu penses que ça pourrait être connecté, le fait qu'avec ton copain très efféminé, quand t'es adulte, tu lui dis « vas-y, fais-en moins », parce que toi, depuis tout petit, t'as appris à en faire moins ?
En fait, c'était ça le véritable problème parce que même quand on était deux, je me disais, il y a des gens qui nous voient et ce n'est pas bien pour déjà notre sécurité. Vu que moi, tout petit, déjà j'ai été violenté parce que je traînais beaucoup plus avec les femmes, je me sentais à l'aise à faire des trucs des femmes et tout. Et chose qu'avec des violences et des tabacs, je me suis dit, ce n'est pas normal qu'un homme…
Face comme une femme, quoi. Mais du coup, moi, je me sens plus à l'aise avec les hommes et je m'assume en tant que gay, ça ne me dérange pas. Mais par contre, avec lui, quand il se comportait comme ça, je me disais toujours, mais c'est un délit. Vu que tout petit, moi, on m'a déjà éduqué à me tabasser en me disant, c'est un délit ce que tu fais. Fais comme les femmes, c'est pas normal, tu vois. Mais par contre, ça ne me dérange pas, quoi. Hum.
Dans la première partie de notre sac de parole, dans l'épisode précédent, on a parlé de comment justement notre rapport à la masculinité ou à la féminité pouvait impacter nos pratiques sexuelles, notre capacité à être pénétré ou pas. Est-ce que toi ?
En parallèle de ce chemin que tu décris, tu te positionnes comment par rapport à ça ? Est-ce que tu as toujours aimé être pénétré ou pénétré pareil, il n'y a pas d'impact ? Ou quelqu'un d'autre a dit je ne fais que pénétrer parce que c'est plus masculin, est-ce que tu as eu ça toi ?
En vrai, moi, j'ai eu que deux relations et les deux relations, j'ai toujours été celui qui pénètre. J'essaie une fois d'être pénétré, mais c'était très, très douloureux. Après, j'ai toujours les deux rencontres que j'ai fait. Le premier, il était versatier et le deuxième, il était que… En fait, il me laissait toujours le pénétrer.
Est-ce que tu dirais que c'est parce que tu n'as simplement pas de désir pour être pénétré ? Est-ce que toi, quand tu fantasmes ou dans ton intimité, tu n'as pas envie ? Ou tu as l'impression que c'est une envie que tu réprimes ? En fait, je ne réprime pas. J'ai déjà voulu essayer, mais quand je pense à la douleur, ça me met un peu en frein. Ben, tu n'as pas encore écouté ce podcast ?
N'est-ce pas ? Bon, je vais t'envoyer quelques épisodes sur des astuces sur comment avoir du plaisir anal et tout. Il y a peut-être moyen que le podcast t'aide pour être pénétré et ne pas avoir mal. Des épisodes précédents. Tu ne seras pas obligé de les écouter.
Merci Ben, tu veux rajouter quelque chose ou pas ? Non, non, non, je veux rien rajouter, juste que ceux qui nous suivent peuvent s'abonner à la page Instagram de Cooler Games. Cette petite pub, mais tu as bien raison. Là, on publie toutes les actualités, des activités proposées au quotidien, on publie ça sur la page Instagram. Super, je te remercie.
Quelqu'un veut rebondir, Guillaume ? Ce que Ben disait, ça me fait penser, pendant mes premières relations, j'avais beaucoup plus l'impression de performer, je performais clairement plus qu'aujourd'hui.
Moi, j'ai grandi avec… Enfin, j'ai grandi. Disons que mes premiers fantasmes, c'était lié au fait d'être plutôt pénétré. Et… Juste petit sondage. Levez la main. Ceux qui, eux aussi, au début, avaient plus de fantasmes, au début de leur sexualité dans leur tête, avaient plus le fantasme d'être pénétré. On est combien ? Moi, je crois que je lève la main. Un, deux, trois, quatre…
Et les six qui n'ont pas levé la main, c'est que votre fantasme, c'était plus d'être celui qui pénètre. J'étais curieux. Excuse-moi, tu as gardé ton idée ou ça t'a coupé ? Je pense que c'était une période de ma vie où je n'avais pas encore de référence LGBT.
Vraiment, je pense que j'en avais aucune. Il n'y avait pas encore Netflix. J'avais pas encore de smartphone. Dès que j'ai eu un smartphone, pour Grindr, ça a été… En fait, c'était l'argument pour avoir un smartphone. C'était avoir Grindr. Me connecter au monde. Enfin, me connecter à un monde !
mais ouais mais en fait ça dépend où tu grandis mais pour plein de gens t'as grandi où ? j'ai grandi à Meaux c'est une ville en Seine-et-Marne où il y a du bris non mais peut-être que pour toi en fait Grindr c'était un peu une bouffée d'oxygène queer, LGBT ouais j'avais pas de au lycée il y avait des garçons d'autres garçons qui étaient gays que je savais ou que j'imaginais gays
Mais en fait, je ne parlais pas de ça avec eux. D'ailleurs, ce que j'apprécie aujourd'hui, c'est qu'il y en a certains avec lesquels je me suis un peu reconnecté par Instagram. J'ai un peu rediscuté avec eux. Il y en a un qui est marié aujourd'hui. D'autres, je les vois sur les réseaux. C'est assez sympa.
ça me plaît ça envoie des goûts de vibes aux petits garçons que j'étais de reconnecter un peu avec eux aujourd'hui pour savoir comment vont leurs vies en tout cas ce que je voulais dire c'est que j'avais zéro référence gay et je sais pas du coup mon imaginaire par rapport à la pénétration ou quoi était inexistante et disons que c'était peut-être des références plutôt hétérosexuelles du style l'homme pénètre et la femme est pénétrée
Et il y avait un garçon qui avait fait le voyage parce qu'il était…
De l'autre côté du RER A, côté nord, je ne sais pas où c'est, mais c'est loin par rapport à Paris. Par rapport à moi où je suis, c'est Seine-et-Marne, terminus ligne P. Tous les Canadiens, les Suisses sont ravis et perdus dans les trains. Mais bon, en gros, c'est région parisienne. Il y avait deux heures de transport entre les deux et c'était un…
un week-end où mes parents et mes sœurs n'étaient pas à la maison. Et j'avais connecté via un forum gay parce que j'avais qu'un PC à l'époque. Je ne sais même plus c'est quoi le nom de ce forum. Et je me souviens que… Quand j'y repense, je performais…
Genre la femme sans emploi, la femme au foyer parfaite. J'étais là, je me revois avec mon cardigan quand il partait. J'étais là. T'as fait des cookies ou pas ? Ouais, j'avais fait à bouffer et tout. Genre…
C'était quoi la performance de cette femme ? T'as dit quoi, femme ? Femme au foyer. Femme au foyer, ça voulait dire dans ton imaginaire, mais je trouve que c'est puissant parce qu'en fait, la sexualité, c'est vachement de l'imaginaire et la masculinité, la féminité et tout. Et donc, cette femme au foyer qui allait être pénétrée, c'est ça ? Elle faisait quoi ? Donc, elle a fait à manger. Elle avait un cardigan. Juste, c'est quoi un cardigan ? C'est une veste, un gilet ouvert. Oui, donc t'es une femme riche.
C'est plutôt des femmes riches qui m'a décalé des gants, non ? Non, mais là, du coup, c'était de l'acrylique, parce que bon… Mais ouais, quand il… Parce que tu t'étais dit, puisque je vais devoir me faire pénétrer… En tout cas, c'était ce dont j'avais envie.
Tu l'as connecté à ça, quoi. Moi, j'ai de l'affection pour le petit Guillaume. Et en fait… Et en plus, je performais ça et je performais aussi ce qui est aussi… Bon, c'est un autre sujet, mais je performais l'amour. C'est-à-dire, pour justifier le fait d'avoir un rapport sexuel, il fallait…
Il faut se sentir amoureux. Alors qu'en fait, non, on peut avoir une relation sexuelle sans être amoureux. Mais du coup, j'étais complètement déconnecté avec le garçon. Moi, je suis sûr. C'était nul, du coup. C'était ta toute première fois ? Il y a eu d'autres premières fois. Dit-il le regard gourmand ? Non, mais disons que c'était…
En tout cas, tu étais au début de ton chemin. Et moi, je suis sûr à 100% que toutes nos idées autour de la masculinité et de la féminité, nous n'avons fait, dans ce cercle de paroles, que répéter des préjugés socialement construits. Il n'y a rien pour moi de tout ce que j'ai entendu.
Il n'y a aucune réalité autre que juste des millénaires. C'est obligé, quoi. Et des fantasmes. Et des fantasmes et des idées et tout. Et donc, en fait, le moment, pour moi, c'est très puissant. Quelqu'un a dû, pendant qu'on préparait… Ah non, dans l'épisode précédent, c'est Brokeback Mountain. Ah ouais, les deux cow-boys qui s'enculent. En fait, je pense qu'à montrer tout un tas de référentiels où pénétrer et être pénétré n'est pas lié à des choses négatives, etc.,
C'est le futur. Julien voulait étendre sa main. Non, il voulait parler. Alors attention, vous me tirez mes petits fils là. Ouais, s'il te plaît Thomas, pars. J'ai mon enregistreur qui a failli chouer.
Julien ? Moi, je voulais juste rebondir un peu sur ce que Thomas a dit et apporter un témoignage peut-être légèrement contraire. Moi, j'ai déjà été… Thomas ou Guillaume ? Thomas, pardon. Je reviens sur quelque chose d'avant. Désolé, Guillaume, je ne rebondis pas sur ton…
En fait, moi, j'ai déjà été, et ça revient aussi peut-être un peu à ce que Ben a dit, moi, j'ai déjà été plutôt dans la situation contraire où j'ai choisi des partenaires peut-être plus efféminés et où ça me rassurait qu'ils soient plus efféminés que moi en société. Comme ça, puisque les gens posent souvent la question dans les couples gays, qui fait l'homme et qui fait la femme ? C'est une question horrible. Combien de gens hochent la tête, là ?
Combien de personnes a déjà eu cette question ? 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7. Ah putain, mais toi Julien, quand on t'a dit ça, quand tu dis on me demande souvent, c'est quoi dans le milieu pro, perso ? Pas si souvent que ça, c'est plutôt l'opinion personnelle. Mais souvent ça vient en plus sous le ton un peu de l'humour. La question qui est sous-entendue, c'est qui est actif et qui est passif. Qui te pose cette question ?
C'est des amis, ça peut être des amis plus ou moins proches, ou alors des gens qui ont une curiosité mal placée, je dirais. Ça t'est arrivé combien de fois ? Je dirais deux, trois fois maximum, c'est pas si courant que ça. Et on va dire que c'était, on va dire dans les deux dernières années, deux, trois dernières années, peut-être que ça se pose un petit peu moins, puisque maintenant c'est admis que c'est pas cool comme question du moins.
Mais en tout cas, le témoignage que je voulais exprimer ici, c'est que par rapport à Thomas et Ben qui disaient « quand mon partenaire était efféminé, soit ça me repoussait ou en société ça me faisait peur », j'ai eu déjà cette tendance-là. Mais aussi, dans une certaine mesure, il faut qu'il soit…
Pas trop efféminé, sinon c'est dangereux ou c'est gênant pour la société. Mais pas plus masculin que moi parce que sinon, c'est moi qui serais perçu comme la femme du couple. Ouais. Et donc, un peu ce paradoxe où il faut naviguer dans deux extrêmes qui sont un peu problématiques. Ouais.
tu peux passer le micro à José mais avant moi je trouve que j'ai déjà dit sur ce podcast mais je trouve que c'est tellement important qu'on comprenne ça quand tu regardes les lois anti-gays donc dans 70 pays c'est un crime d'être LGBT d'être queer énormément de ces lois anti-gays sont issues de la colonisation notamment britannique et les lois stipulent que c'est la personne qui est pénétrée
Qui, tu vois, qui est le criminel, quoi. Et donc, nos imaginaires, tu vois, quand toi, tu essaies de naviguer le monde, je pense que tu essaies de te protéger. Et donc, dans ton choix de partenaire et de rapport sexuel, c'est aussi, tu vois, ça nous dépasse d'une façon ouf, quoi.
Oui, il y a ça. Et puis moi, vraiment, c'était, je pense, au moment où j'ai présenté un partenaire à ma famille, j'ai presque eu l'impression qu'il y a eu ce soulagement de « Ah, son partenaire est plus… » Puisque au téléphone, quand tu décris ton partenaire, tu ne vas pas forcément dire « Il est plus efféminé » ou quoi que ce soit. Mais une fois que tu le présentes et qu'il se rende compte qu'il est plus efféminé, ils n'ont pas besoin de poser la question.
La fameuse question de qui fait l'homme et qui fait la femme, puisque c'est sous-entendu dans l'attitude des deux partenaires. Un peu ce témoignage-là. Et du coup, qui m'influence peut-être un peu dans le sens où… Je vais les choisir comme ça parce que ce sera peut-être plus accepté. Je serai peut-être plus accepté dans la famille si… Parce que tu sens que tu as une famille plutôt sur le sujet…
Tu veux dire conservatrice ? J'irais peut-être un petit peu conservatrice, mais je n'ai jamais eu de problème réellement avec ma famille sur cette question-là. De problème direct ? Oui, dans le sens où je n'ai pas été rejeté de manière frontale sur la question. D'où vient leur liberté ?
de te demander ces gens, ta famille, tes amis, qui fait l'homme, qui fait la femme ? C'est-à-dire, si toi, tu faisais miroir et que tu demandais à un couple d'hétéros ce niveau de question, genre, il serait en ébullition, en PLS, d'où vient, à ton avis, le fait qu'il bafoue le respect, la confiance ?
Bon, alors c'est jamais venu de ma famille, c'est plus venu de mes amis, mais je pense que je sais pas réellement, parce qu'effectivement, comme tu dis, moi j'ai jamais posé cette question-là à un couple hétéro, ou alors je creuse pas notamment sur la vie sexuelle des personnes hétéros de manière plus investigatrice que ça. Je pense que de manière générale…
C'est un avis, mais je pense que les gays, automatiquement, comme t'es gay et que t'es différent, on va, par curiosité, des fois mal placé ou alors des fois juste naïf, j'aurais tendance à dire, on va avoir tendance à te poser plus de questions et des questions plus intimes parce que c'est l'inconnu, je pense, tout simplement.
Moi, je fais le pont avec la liberté qu'énormément de gens prennent pour demander à une personne trans directement la question de l'opération chirurgicale. Moi, je suis beaucoup moins léger et bienveillant que toi. Pour moi, c'est vraiment de l'homophobie ou de la transphobie crasse en mode absolument… En fait, ça n'a pas de valeur. Donc, en fait, je marche, je mets les pieds où je veux et que ça soit sur tes plates-bandes ou pas…
mais ça c'est mon point de vue tu vois et c'est pas forcément une homophobie que eux veulent performer ils se rendent pas forcément compte mais je pense que tout à l'heure j'ai dit putain moi j'ai jamais eu cette question parce qu'en fait j'ai fait le tri de ouf les gens qui pourraient se permettre un niveau comme ça où eux se sont pas sensibilisés où je suis censé moi être leur paillasson et leur dire bah non tu sais tu peux pas poser cette question moi je sais pas si c'est la quarantaine qui approche mais j'ai plus le temps hein
Toi, et on va conclure sur ça, je t'ai vu Ben, on fait José puis Benoît. Toi, Julien, moi j'ai une réaction très cutanée. Toi, si aujourd'hui on te reposait cette question, tu gères comment ?
Moi, j'ai un peu la règle des… J'avais entendu une personne parler de la règle des 7 secondes ou des 7 minutes. Je ne sais plus, c'est passer 7 secondes ou 7 minutes de ta journée maximum à expliquer, à éduquer, j'aurais peut-être tendance à dire de manière provocatrice, les gens sur les questions sociales qui te touchent. Passer ce délai, si la personne ne comprend pas, ne veut pas comprendre, on passe à un autre sujet. Et tu les gardes dans ton cercle d'amis ?
Oui. Par la force des choses, si on fait un trop grand ménage, on se retrouve seul, peut-être. Mais oui. Seul et pas safe, du coup. J'ai pas compris, pardon. Seul et pas safe. Seul et pas en sécurité. Ah oui, peut-être. Soit on est seul, soit on n'est pas en sécurité. C'est ça, ouais. José, tu sens tout le poids de mon opinion sur ce que tu devrais faire avec tes amis hétéros. Il y a peu d'espace à…
Je vais réagir, témoigner sur deux choses. Effectivement, je fais partie des gens qui ont la question qui fait l'homme, qui fait la femme. Combien de fois tu l'as eu récemment ?
C'était effectivement des amis hétéros. Et consciemment, je l'ai mis sur le fait de l'ignorance. Alors il y a un peu peut-être d'homophobie latente, mais dans un mode où vous êtes deux garçons, on ne sait pas comment ça marche. Moi, j'ai mes modèles hétéros, donc il y a un homme, il y a une femme. Donc en gros, le qui est passif, qui est actif est sous-tendu dessus, juste pour essayer de…
de savoir, et souvent moi la réponse que je faisais à l'époque c'était de dire on s'encule quand on a envie, comme ça au moins ça clarifiait le truc, c'était mon dieu t'es vulgaire, je sais pas en gros ça les regarde pas et comme je leur pose pas la question de savoir à quelle fréquence et s'ils rentrent par devant ou par derrière chez madame c'est du même sujet, c'est personnel et parce que quand tu réponds à la question que les gens osent poser tu te fais quand même engueuler si tu réponds parce qu'en fait en parlant d'être enculé je réponds en mode ça vous regarde pas en disant voilà c'est notre truc, point barre
je ne rentrerai pas dans tes règles il n'y a pas un homme et une femme dans un couple homo sauf si on décide c'était juste pour réagir un point différent du tien et je n'irai pas jusqu'à cette homophobie violente c'est une homophobie oui mais parfois juste par ignorance donc il faut la requalifier de dire là où je te rejoins c'est mes plates-bandes et respecte ma vie privée aussi je voulais en fait réagir je voulais aussi réagir sur Guillaume parce que moi j'ai eu l'exercice complètement inverse
J'avais 23 ans, j'étais tout jeune, j'ai marré ma vie de jeune homo. J'ai rencontré un garçon qui était brun, ténébreux, très charmant. Moi, j'étais jeune, très énamouraché, etc. On s'est rencontrés, on a discuté, on ne sait plus. Il vient à la maison, je vais chez lui, il revient et on s'installe un peu plus à la maison.
Et là, il est rentré dans un schéma qui m'a vraiment troublé, c'est-à-dire qu'il s'est mis en mode, on est un petit couple, donc je vais faire la cuisine, je vais faire le ménage, je vais lui repasser ses chemises, repasser ses t-shirts, je vais faire sa petite course, je l'attends bien sage à la maison quand il rentre le soir. Et en fait, je l'ai regardé, je lui ai dit, mais pourquoi tu changes ?
Que je comprenne, du coup, vous vous datez, vous avez des rendez-vous, vous vous mettez en couple et c'est là où tu le sens changer de rôle. C'est ça, c'est-à-dire que de deux hommes, on est passé dans deux hommes plutôt masculins, qui est le thème de discussion du jour. C'est-à-dire dans les attributs, comment vous étiez tous les deux masculins ?
— On discutait. On était sur une forme d'équilibre, d'échange, de décision de sortir, de se voir. On est dans un mode où c'est mis en mode féminin soumis. C'est-à-dire qu'à un moment, il me faisait la vaisselle. « Non, bouge pas, je te fais la vaisselle ».
On peut discuter, on peut débattre. C'est-à-dire, oui, mais je te fais ton passage aussi. Pourquoi est-ce que tu te mets dans ce modèle ? On parlait de l'image de la femme à la maison avec son cardigan qui attend, qui se fait belle et qui est là pour son mari. Il est tombé dans ce schéma-là. Et en fait, moi, à l'époque, ça a été un no way. Je dis, mais…
Pourquoi tu changes ? Pourquoi est-ce que tu vas dans un schéma qui ne sont pas cette relation de masculinité que j'attendais, qu'on avait commencé à établir ? Et pourquoi tu te crées un autre personnage ? Pourquoi tu rentres dans un schéma féminin qui ne correspond pas et qui, en fait, un peu comme ce que disait Guillaume tout à l'heure, a dénaturé la relation et a fait qu'on n'a pas pu continuer ? Il a répondu quoi ?
Il m'a répondu « mais c'est comme ça qu'on est en couple ». Et je dis « bah, moi, c'est pas ma façon de le voir ». Et c'était pas du tout… Enfin, il n'y a pas eu… Comme dans une construction de couple, il y a discussion, il y a équilibrage, on se découvre, on partage les envies, la vision qu'on peut avoir. Là…
Je veux dire, oui, il m'a imposé sa féminité et ce n'est pas du tout ce que je recherchais. Alors, c'est moins une question de féminité que de performance, de tâches ménagères. Parce que là, j'ai l'impression que la féminité… Non, ça allait sur tous les trucs. C'était même dans les relations un peu plus intimes.
C'était, il fallait que je joue les gros bras, il fallait stématiquement, il était dans le mode, j'ai envie, viens et tout. C'était une… Ouais, il jouait aux hétéros et lui, il était une femme telle que… Femme soumise hétéro, on allait très très loin. Enfin, c'est très loin dans le truc où c'était… Enfin, moi, j'ai été hyper mal à l'aise parce qu'il y avait un déséquilibre relationnel, il y avait une projection d'images…
qui ne correspondait pas, qui était peut-être importante pour lui de se sentir beaucoup plus… Enfin, il se sentait peut-être plus désirable en tant que féminin et pensait me plaire en étant encore plus féminin que ça. Si t'es à l'aise de répondre, est-ce que toi, tu vois s'exprimer en toi à la fois une masculinité et une féminité ?
Oui. Et est-ce que tu arriverais à mettre des mots sur à quoi ressemble cette féminité ? Car je crois comprendre que ce n'est pas rentrer dans des rôles datés d'une soumission. Est-ce que tu arriverais à mettre des mots sur à quoi ressemble cette énergie, ces flux féminins ? Je ne sais pas comment les appeler ?
Enfin, j'ai peut-être poussé à sortir des poncifs, mais la féminité souvent associée dans nos sociétés ou perçue en tout cas comme de la sensibilité, la sensiblerie parfois, mais une sensibilité, une attention, une forme peut-être de moins jouer les gros bras et de plus se montrer ou se découvrir…
Dans un schéma très stéréotypé, très patriarcal même. On sort un peu de ces schémas-là où le père, l'homme sait tout, maîtrise tout, fait tout, et la femme, elle découvre un peu la vie tous les jours.
Pour moi, cette part de féminité, d'ambiguïté ou d'ambivalence qu'on peut avoir, c'est d'être à la fois avec des… Comment dire ? Une image, ou en tout cas, répondre à des critères sociaux masculins, parce que la barbe, parce qu'un peu de muscle, parce que machin, mais une femme pour avoir aussi, et avoir en plus cette écoute, cette sensibilité, cette capacité à dire, je ne sais pas, de pleurer devant un film ou devant d'autres personnes, de montrer la vulnérabilité. Toi, tu te l'autorises, ça ? Oui.
Il m'arrive de pleurer. Il l'assumait parfaitement. Moi, personnellement, et tu peux passer le micro à Benoît qui voulait dire un truc, je suis tellement mal à l'aise avec cette histoire de masculin-féminin. Depuis le début, je trouve que…
Moi, en fait, j'essaie de… J'ai en tête toutes les femmes de ma vie. Toutes les femmes de… Et en fait, c'est des leaders. Enfin, tous les hommes de ma vie. Moi, j'ai plein d'émotions. J'entends bien les catégories qu'on utilise pour se parler là, dans notre cercle de parole. Et j'ai les mêmes et j'ai grandi avec elles. Mais qu'est-ce qu'elles sont nulles et inintéressantes, quoi. Et c'est un peu à défaut de vocabulaire. J'ai presque l'impression qu'on a besoin de nouveaux vocabulaires…
Parce qu'en fait, être féminin, c'est pas du tout… Pour moi, les émotions, c'est d'une puissance. On a parlé plusieurs fois de s'autoriser à vivre ses émotions et tout, mais moi, qu'est-ce que je suis puissant avec mes émotions ? Je vous nique tous avec mes émotions, en fait. Non, mais c'est vrai, je trouve que l'endroit des émotions et de la vulnérabilité chez moi, c'est un endroit d'une puissance assez rasante, quoi. Capable d'un pouvoir magique, capable de…
de casser et d'anéantir des trucs très nocifs. Et après, Benoît, tu dis ton morceau, mais je sais que moi, j'ai des systèmes familiaux et j'ai des problèmes familiaux ou dans des relations, ou aux professionnels intimes et autres, où en fait, j'aviens avec de la vulnérabilité et de l'émotion. Et en fait, ça casse un truc, ça casse un jeu.
Et ça marche ou ça marche pas, c'est réussi ou pas, je suis pas surhumain, mais souvent, en fait, ça décale la personne qui rentre dans un autre dialogue avec moi, tu vois, quand ça réussit. Et c'est pour ça que je trouve que c'est très puissant, la vulnérabilité et l'émotion, quand j'y arrive. Voilà, j'avais envie de dire ça, parce que depuis le début, on se partage des trucs de Downton Abbey, là. C'est toi qui as choisi le thème, non ? Alors Guillaume, fais attention, parce qu'on l'a choisi ensemble !
Non, non, je le trouve super intéressant, ce thème. Il est génial, bien sûr. Mais il faut qu'on invente des nouveaux mots, du coup. Benoît ? En fait, il y a deux choses sur lesquelles je voudrais rebondir. Le premier, je trouve ça désolant, en fait. Même… L'image qu'on se fait de la féminité. Comme tu le disais, en fait, pour moi, la féminité, c'est absolument pas ça. Et l'image de la féminité est…
Ce que les hommes masculins ne veulent pas être, pour moi, ils s'imaginent que la féminité, c'est… Les femmes sont des petites choses fragiles et on ne veut pas être assimilées à ça et tout ça. Et je trouve que…
Comme tu le disais, moi, les femmes que j'ai autour de moi, elles ne sont pas du tout comme ça. Et celles qui ont voulu faire les petites femmes des années 60, elles en reviennent très fortement. Donc pour moi, je trouve ça désolant quand j'entends des fois des trucs pas forcément autour de ce groupe, mais en règle générale, même venant de gay ou pas, de l'image que les hommes se font des femmes et de la féminité surtout.
Et à l'inverse de la masculinité, pour moi, c'est tellement pas ça. Mais tu trouves pas que nos intimes sont colonisés par ces idées ? Le problème, en fait, c'est que l'idée, on ne se l'est pas fait nous. Et c'est au même titre que c'est aussi lié…
Pour, je pense, les gens qui ont des problèmes avec l'homosexualité, l'homosexualité de deux hommes, qu'est-ce qui pose problème ? Pourquoi l'homosexualité, pour moi, pourquoi l'homosexualité entre hommes pose plus problème que l'homosexualité entre femmes ? C'est qu'entre femmes, il y a ce côté désirable et entre hommes, il y a le côté pénétration qui pose problème. C'est qu'il y a un des deux hommes qui ne serait pas un homme. Celui qui se fait pénétrer n'est pas un homme.
Misogynie, oui. Et donc une femme, et donc c'est problématique. Mais le problème que je trouve, et ce que je trouve désolant, c'est que les hommes, eux-mêmes, entretiennent ce truc-là. Et c'est ça que je trouve catastrophique au final. Enfin, pas catastrophique, mais je trouve que c'est désolant.
parce qu'il n'y a pas à en venir là oui mais une fois qu'on a dit ça c'est à dire toi et moi on partage le même point de vue moi je me sens féministe oui à genre conceptuellement c'est de la merde si je suis honnête on est combien là dans ce cercle dans nos intimes dans ce qu'on fantasme il y a quelqu'un sur son post-it qui a écrit quand je me fais pénétrer je fais plus la femme ça m'excite ou je fais plus la femme mais toi ta sexualité est pas colonisée par ça
Bah, peut-être qu'au début, peut-être qu'au début, oui. Mais plus aujourd'hui ? Non. Eh ben, tant mieux. Moi, aujourd'hui, encore. Franchement, je sens… Au même titre qu'aujourd'hui, comme je suis là, je le suis avec tout le monde, peut-être qu'il y en a qui… Et que moi, en plus, j'ai pas du tout un entourage qui est… Je suis pas du tout entouré de… J'ai pas d'amis gays, j'ai des…
J'ai des potes gays, mais mes amis sont tous hétérosexuels. Ma famille, il n'y a pas de gays. Mon frère n'est pas gay. Mes parents sont mes parents. Mes parents sont un homme et une femme. Je veux dire, il y a…
J'ai pas de gay autour de moi, mais ça ne m'empêche pas. J'ai mis du temps. J'ai pris la décision d'être comme je suis avec tout le monde. C'est-à-dire qu'au boulot, il n'y a pas d'histoire de coming out, etc. Les gens savent que je suis avec un homme. Il n'y a pas de sujet. Je parle de cul comme je parle de cul avec vous. Mais là, tu parles d'autre chose. Tu parles de la question de comment tu parles de ton orientation sexuelle avec le monde. Là, moi, je te dis dans l'intimité de ton lit, de tes fantasmes. Mais c'est lié.
Est-ce qu'il y a… Donc toi, tu disais, je ne suis pas colonisé par cette vision masculin-féminin. Est-ce qu'il y en a d'autres ? Parce que je peux être maniéré, je peux être ce qu'on considère comme avoir des choses féminines, parce que quelque part, il ne faut pas non plus fermer les yeux, on est gays, on a tous des côtés féminins. Qu'on le veuille ou non, qu'on essaye de le cacher ou non, on a tous des côtés féminins. Donc tu n'es pas excité par un homme très masculin ?
Ou un homme très féminin ? Je me laisse les portes ouvertes à tout, en fait. Moi, en gros, ce que j'essaie de dire, c'est que je vois que dans ma sexualité, j'ai du désir pour ces stéréotypes, soit un mec super machelin, soit un mec super féminin, comme des cases dans lesquelles il est bon de revenir, des cases dans lesquelles j'ai grandi avec le porno hétéro et tout. Est-ce qu'il y a d'autres gens comme moi qui oseraient le dire au micro ? Vous êtes des déconstruits du cul et tout. Pas de domisoumis…
Qui avait écrit sur son post-it « Je fais la femme quand je suis pénétrée, cette personne ne veut pas, je ne la pointerai pas du doigt ». Tu veux dire quelque chose, Sanitas ?
En fait, c'est un peu l'inverse. C'est-à-dire que moi, je suis très attiré par les hommes très virils et particulièrement masculins. Ce que j'aime, c'est quand ils s'offrent à moi et le fait de pouvoir les pénétrer, c'est comme une sorte de grande victoire que j'obtiens sur eux.
Alors peut-être qu'on dit alors exactement la même chose. Alors peut-être qu'on dit exactement la même chose. Mais moi, ce sur quoi je voulais revenir, c'est sur ce qui a été dit tout à l'heure à la question qui est souvent posée à certains gays. Qui est-ce qui fait la femme ? Pour moi, en fait, c'est une question qui finalement cherche à pouvoir émettre un jugement de valeur.
Et à la réponse à cette question en fait elle va mettre en avant ce qui dans la société fait que la femme est plutôt en réalité dans une position de soumission. On te l'a déjà donné cette question ? C'est-à-dire on m'a déjà posé la question oui à de nombreuses reprises.
À de nombreuses reprises, qui fait l'homme, qui fait la femme ? Alors, à de nombreuses reprises, récemment. Parce que moi, en fait, c'est ma situation un peu particulière. J'ai vécu pendant 32 ans avec une femme. Et il n'y a que depuis quelques années que j'ai des compagnons. Mais on m'a posé la question, régulièrement. Régulièrement, c'est des amis, de la famille ? Le cercle de famille, certains amis, des collègues, par exemple. Des collègues ? Oui, bien sûr !
Tu es à l'aise de dire un peu plus sur le milieu dans lequel tu évolues ? Tu habites dans une grande ville ou en campagne ? Moi, je me partage entre un petit village en Lorraine qui s'appelle Tiocourt et j'habite la moitié du temps à Londres. Et donc, en fait, parce que les trois dernières années, j'y étais pour mon travail. Et cette année, en fait, j'y retourne de temps en temps pour une partie de mon travail parce que j'ai réduit mon activité. J'ai le préjugé qu'à Londres, on te pose moins la question qui fait l'homme, qui fait la femme. On ne me pose jamais la question. Voilà.
Oui, c'est intéressant. Est-ce que tu peux revenir à ce que tu disais juste avant ? Tu disais, moi, mon gros kiff, c'est des hommes virils que je peux pénétrer. C'est quoi pour toi un homme viril ? C'est quoi les caractéristiques qui t'excitent en mode, ah putain, lui, j'ai tellement envie de le pénétrer. Alors justement, ce n'est pas la virilité, je dirais, méditerranéenne. Je vais le dire comme ça. Ce serait plutôt une virilité, je dirais…
J'ai un peu de mal à la définir. C'est quoi une virilité méditerranéenne ? C'est-à-dire une virilité qui s'exprime énormément par l'importance des muscles, un comportement très direct et très dominateur. Ça, ce n'est pas tellement ce qui m'intéresse. Moi, ce qui m'intéresse, c'est plutôt l'apparence physique.
Mon petit copain actuel, en fait, est très viril. Par exemple, il porte la barbe. Il est très grand, mais il n'est pas très, très musclé, très mince. Par contre, en fait, il s'habille de manière très curieuse. Il porte des robes avec des rangers. Et il a aussi très souvent des éléments très, très masculins ou alors très, très féminins. En fait, c'est carrément un mix des deux.
J'ai le préjugé qu'il habite à Londres. Oui, bien sûr. Et donc, ce que tu disais, j'aime les hommes très virils. Et là, tu décris quelqu'un qui mélange tous les genres. C'est le cas ou pas ? Ou j'ai mal compris ? Oui, c'est un peu ça. C'est-à-dire, en fait… Mais moi, je trouve ça super intéressant. Moi, il me fascine dans cette manière-là. Au début, j'avais un petit peu de difficulté. Et en particulier, quand il est venu me voir ici…
En France, c'est parfois compliqué à la fois de regarder comment certains regardent dans la rue quand on marche à côté de quelqu'un qui assume une apparence un peu singulière en réalité.
Et c'est une apparence qui mêle les genres. Elle est singulaire parce qu'elle mêle les genres. Il n'est pas costumé. Non, il n'est pas costumé puisqu'en fait, il en change. Et il a parfois des choix totalement différents. Il peut arriver aussi avec, par exemple, une sorte de vêtement très traditionnel, un chapeau haute forme. Et puis, il va avoir une jupe. Hum.
C'est aussi parce que c'est sa personnalité d'essayer d'être original, avant tout. Vous vous êtes rencontrés comment, si tu es à l'aise de raconter ? À Londres, à une soirée chez des amis.
ok et en termes de pénétration oui et justement de ce lien il est extrêmement passif en fait et moi je ne suis qu'actif en fait tu es à l'aise de dire un peu plus que actif ça veut dire quoi pour toi ? pour moi ça veut dire le pénétrer c'est à dire et pourquoi tu es que actif ? parce que j'ai essayé une fois et ça m'a fait j'ai trouvé ça très douloureux je connais un très bon podcast
le podcast non ? non je l'avais pas écouté deux auditeurs nouveaux j'espère ouais toi il n'y a pas de lien masculinité féminité c'est juste genre j'ai eu trop mal quoi ça m'excite pas j'ai trop mal ouais après c'est un peu particulier parce qu'en fait je pense que c'est à l'origine en fait moi j'ai rencontré mon épouse en fait donc au moment où je l'ai rencontrée je suis sorti avec son copain avant de sortir avec elle
et donc du coup ça a démarré comme ça ma vie c'est à dire je fais juste un petit rappel à l'ordre je fais un rappel à l'ordre qui est très important et on en a parlé avant qu'on enregistre on réagit pas de façon puissante à ce que les gens disent parce qu'ils peuvent à juste titre se sentir jugés puisque en fait c'est un jugement et pour créer un espace de sécurité on retient nos nos cris nos rires et tout et pourquoi tu le racontais par rapport à la pénétration ? et bien tout simplement parce qu'en fait sur la question du genre
J'ai toujours eu beaucoup de goût pour l'apparence féminine. Quand j'étais gamin, j'adorais dessiner des costumes de femmes. Je jouais avec les Barbies de ma sœur, par exemple. Et j'aimais ça, vraiment, véritablement. Et par contre, et peut-être aussi parce que j'ai eu cette attirance pour les hommes, qui est…
aussi présente depuis très longtemps chez moi. J'aime aussi ce qui existe chez l'homme de très masculin dans certaines situations. Toi, tu te considères bisexuel ?
Ben écoute, oui, moi je suis veuf en fait, depuis quelques années, pas très longtemps. Et du coup, après le décès de mon épouse, en fait, je n'ai rencontré que des hommes. Je n'ai eu que des hommes dans ma vie. Alors peut-être parce que je n'ai pas envie d'avoir une autre femme dans ma vie, j'en ai qu'une. Peut-être c'est ça, mais peut-être c'est pas ça. On peut être bisexuel en n'ayant pas de rapport avec un des deux genres ?
Oui, je pense. À mon sens, oui. Et je te posais la question sur, tu as dit je ne suis que actif. Et je me demandais, est-ce que tu fais un lien avec notre sujet masculinité, féminité et être que actif ? Et tu nous racontais ton histoire avec ta femme. Alors, il y a ça. Pourquoi tu racontes ? Je n'ai pas compris le lien. Tout simplement parce qu'en fait, j'ai eu toujours l'habitude d'être entre les deux.
et ce que je recherchais chez ce copain à l'époque c'était plus ce qui était très masculin et ça veut dire pour toi être pénétré ? et ça veut dire pour moi être pénétré ça veut dire le pénétrer lui oui le pénétrer lui voilà c'est ça mais alors ce qu'il y a c'est que moi en fait je pense que ça vient aussi de plus loin en réalité parce que quand j'étais petit quand j'étais en sixième en fait j'étais un peu harcelé par un gamin de ma classe en fait qui me disait que je ressemblais à une fille
Et je sais pas pourquoi, mais je pense qu'il y a eu beaucoup de choses qui ont été déterminantes dans ma sexualité à partir de ce moment-là. Et parce que je trouvais ça super injuste, parce qu'à l'époque, alors c'était pas la question de la sexualité qui me posait problème, c'était la question de l'identité.
Et j'avais le sentiment que le fait qu'on me dise que je ressemblais à une fille, c'était pour me dire que j'étais moins fort, moins performant, que je pouvais être dominé, que j'étais plus faible et que c'est un jugement de valeur. Et de là où j'en reviens à la question de Julien, quand Julien évoquait cette question, qui est-ce qui fait l'homme dans le couple ? Eh bien, pour les gens qui la posent, cette question-là, c'est un jugement de valeur. Parce que très souvent, en fait, cette question-là, elle est posée et s'il y a une réponse, quelquefois, il y a des soucis.
sourire. T'as l'impression que si t'explorais ta sexualité anal receveuse, enfin si t'étais toi pénétré, c'est revenir dans ce passé, dans ce bouillon. Faut que tu mettes le micro près de ta bouche. Oui, peut-être. T'as de la curiosité par rapport au plaisir anal de recevoir ? Ah bah oui, mais j'ai essayé. Une fois ? Oui.
Il y a plein de choses qu'on essaye une fois et qui ne marchent pas du premier coup. Oui, mais moi, ce que je remarque, c'est quand même, moi, en tout cas dans ma sexualité, parce que je ne veux pas parler pour les autres, on a souvent un peu la même façon de faire l'amour. On reconduit très souvent des choses qui nous plaisent.
Et moi, je sais que voilà, cette idée d'avoir un homme qui me donne… Un homme viril, mais c'est passionnant. Je trouve ça extraordinaire. C'est une super grande émotion pour moi.
et c'est un peu une conquête par rapport au masculin féminin c'est toi qui pénètre le vrai homme et puis c'est peut-être aussi un peu m'habiller de sa virilité aussi de lui prendre un petit peu aussi de ce qu'il a de si viril et que j'admire tant parce que peut-être que quand j'étais petit on m'en trouvait pas suffisamment parce que juste après que ce garçon m'embêtait avec cette question de ressemblance avec une fille je m'en
regarder tout le temps dans la glace, est-ce que je suis assez viril, est-ce que je suis pas ? J'étais très jeune, donc ça me posait problème. Bon, futur épisode, comment être pénétré tout en étant super viril ? J'ai deux, trois trucs…
Quelqu'un qui n'a pas parlé, sinon on va s'arrêter là. Quelqu'un qui n'a pas parlé ou quelqu'un qui a déjà parlé et qui a un puissant besoin d'ajouter une petite bafouille finale ?
Alors Benoît ? Je voulais du coup rebondir, c'était la deuxième chose que je voulais dire par rapport à cette fameuse question qui fait l'homme, qui fait la femme. Pour le coup, moi, j'ai pas du tout ce ressenti homophobe ou quoi, parce que déjà, ça dépend de qui pose la question.
Et la plupart du temps, quand c'est des amis, évidemment la famille ne m'a jamais posé la question, mais des amis me posent la question et ça n'arrivait pas plus tard que la semaine dernière. Des hommes m'ont posé la question, les copains de mes copines.
Et j'ai répondu honnêtement et il s'en est suivi des questions, mais pas de malveillance, vraiment des questions. Et après, eux se sont dévoilés sur leur sexualité.
Et j'ai eu d'autres cas même où des copines à moi m'ont posé la question parce qu'elles voulaient savoir et je me sentais à l'aise. Qui pénètre qui ou qui fait l'homme, qui fait la femme ? Elle me demandait ce que je faisais. Des questions sur ta sexualité anal, c'est ça ? Mais du coup, je répondais. L'homophobie, ce n'est pas de poser la question sur la sexualité anal ?
qui fait l'homme ou qui fait la femme c'était ça la question c'était ça après poser des questions sur la sexualité anale mais les hétéros n'attendent que d'être libérés sur la sexualité anale il y a quand même la moitié de la planète il y a la moitié de la planète c'est vrai
qui ont une prostate et qui, honnêtement, sont quand même très, très curieux de ce qui peut arriver. Et je voyais qu'ils me posaient des questions et je leur donnais des réponses. Je ne sais pas. Ouais, ils me posaient des questions, justement, et toujours sur le fait que quand j'étais pénétré et je voyais que ça les intriguait, qu'ils voulaient en savoir plus. Mais oui, mais du coup, toi, oui, mais ça les titille.
Mais les hommes d'aujourd'hui se titillent la prostate et ça n'impacte pas l'orientation sexuelle. Certains hommes, de plus en plus, c'est ce qu'on peut leur… Ou alors, ils font style, mais il y a les copines qui me regardent l'air de dire… Ils oublient certaines choses, ils oublient certains passages. C'est un chemin. En tout cas, merci beaucoup pour ce cercle de paroles à Metz.
Merci Couleur Gay. Et peut-être là, Guillaume, de Couleur Gay, c'est là où tu nous dises que ça fait Couleur Gay ou pas ? Bonjour, bonjour, chers auditeurs. Et auditrices. Et auditrices, j'allais dire, il y a quelques auditrices. Donc, nous sommes à Couleur Gay, à Metz, Centre LGBT Lorraine Nord. Donc, c'est une association qui a été fondée en 99, quand il y avait les débats
Sur le PAX, on a trois salariés qui font un travail de dingue dans les écoles, collèges, lycées et également dans les entreprises pour faire de la prévention contre les discriminations LGBT, sexistes et racistes. Également, l'association organise la marche des fiertés à Metz tous les ans.
On organise aussi des événements conviviaux comme ce podcast aujourd'hui. Et si je veux savoir les prochains événements, je vais où ? Prochains événements, il faut aller sur le site de l'association couleurgay.fr sur nos réseaux sociaux. Rejoignez-nous pour faire des rencontres. Les locaux sont magnifiques. Il faut venir voir au minimum. Cœur sur tout le monde.
Merci Guillaume, cœur sur tout le monde. À bientôt ! Bravo !