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Pendant que tout le monde se réinstalle et finit de boire son petit verre d'eau, bienvenue dans ce deuxième épisode, cette série intitulée Velvet Rage, qui est le nom du livre dont on discute. Grandir gay dans un monde hétéro, réparer les traumas encore actifs. On vient de faire un épisode, l'épisode précédent, que j'invite tout le monde à écouter, mais il n'est pas nécessaire de l'écouter pour écouter celui-là.
La première partie, c'était sur les 10 impacts nocifs de la honte d'être gay, dont on vient de parler. Et cette deuxième partie, ça va être sur les 7 stratégies dans lesquelles on s'engage pour compenser et survivre. L'intérêt de mettre des mots sur ces stratégies, c'est que ce sont donc, comme c'est des stratégies de survie, c'est pas vraiment notre authentique, nous, qui a vraiment envie de faire ça. Je vais dire les stratégies.
Et donc, en fait, on s'éloigne du « nous », ce qui peut créer addiction, dépression et dissociation. Et moi, ce que je trouvais puissant d'en discuter, donc là, je reçois chez moi trois magnifiques auditeurs. Faites coucou ! Coucou !
Non, c'est trop cool. Je suis trop content de cette première partie. Et en fait, tous les trois, tous les quatre, on a lu ce livre et on s'est dit, il résonne pour moi et on va en discuter. Les règles du jeu, c'est vraiment, on parle en notre nom.
On picore ce qui nous intéresse du livre pour en fait essaimer ces idées. Moi, je suis vachement inspiré à l'idée que des gens écoutent et disent mais putain, en fait, ça, c'est moi et puissent après amorcer un chemin en thérapie ou avec eux-mêmes de « Attends, mais en fait, là, ce qu'il raconte, moi, je le fais et ça me blesse. » Je ne sais pas, mettre de la conscience. Moi, je trouve ça stylé. Et puis même pour nous quatre, je trouve que se redire ça, c'est aussi cheminé.
je suis avec Thomas Baptiste et Mathias Mathias qui a écrit un très bon livre qui s'appelle 4% en théorie non en plus je le pense vraiment mais là les gens vont pas le croire donc je te referai le pitch de ton super livre qu'il faut acheter à un moment impromptu de cet épisode et si j'oublie ça sera à la fin
J'ai demandé à ChatGPT. Alors, en vrai, j'ai vraiment écouté en livre audio ce livre. ChatGPT n'a pas fait le taf pour moi. Je l'ai écouté sur Audible. Est-ce que je refais ? Ouais. Il faut que je refasse le pitch et tout. En fait, on enregistre tout en même temps. Donc, je viens de faire le pitch. Donc, c'est un peu difficile de le refaire. Mais je vais faire comme si je ne l'avais jamais fait.
Et vous dire que le livre audio est ma découverte du moment. Et ça, c'est vrai pour le coup. J'avais de la difficulté pour préparer cet épisode à lire de Velvet Rage, le bouquin, en anglais en plus, assis dans un café ou même sur mon canapé. Et j'ai trouvé Audible qui te permet en fait de l'écouter. Et j'ai adoré écouter un livre en marchant.
Et justement, sur Audible, si vous utilisez mon lien affilié, le podcast chope 10 euros si vous vous inscrivez à l'essai gratuit de 30 jours. Zéro engagement, zéro frais. Attention, il faut résilier avant les 30 jours pour ne pas payer. Et vous accédez du coup à Velvet Rage, le bouquin dont on parle, dont je n'ai jamais dit le nom en anglais. Vous m'avez entendu parler anglais ? « The Velvet Rage, Overcoming the Pain of Growing Up Gay in a Straight Man's World ».
Voilà. Et ce bouquin est du coup dispo gratuitement sur Audible. Et en plus, t'as un crédit pour aller prendre un autre livre audio que tu garderas une fois que tu résilies, si tu résilies. Dans mes recos, il y a notamment tous les Harry Potter. Mais bon, J.K. Rowling, c'est le mal puisqu'elle est transphobe.
Mais bon, on peut se poser la question de les écouter en anglais ou en français. Il y avait le dernier Goncourt que j'avais envie d'écouter. Et il y a, je vais en donner un autre, Une chambre à soie de Virginia Woolf. J'adore. Je ne l'ai pas écouté encore, mais j'adore. Bon.
Ainsi que des nouveautés qui sont fort intéressantes. Et en plus, il y a plein de livres gratuits, notamment les 5 blessures. Il y a plein de trucs de l'ombre personnelle pour femmes d'un certain âge. J'adore. Bon, donc ça, c'est fait. Et en vrai, si tout ça ne vous intéresse pas, mais que vous voulez donner 10 euros au podcast…
Faites-le quoi. Et après, résiliez immédiatement, ce que la plupart de mes potes sont en train de faire. Ou faites un don directement au podcast. Ouais, j'avoue, j'avoue. Mais bon, les gens n'ont pas forcément les moyens. Mais t'as raison, t'as raison. Tout ça, c'est faire un don ou rejoindre Audible avec mon lien d'affiliation. C'est sur le site du podcast bit.ly slash comment devenir. Cette petite intro est faite. On sait qui parle. Je vais vous lire les sept stratégies de survie et on va en discuter ensemble.
Chadjipiti, je lui ai dit, si tu me listes les pépites de cette partie 2 de ce livre de Velvet Rage, qu'as-tu ? Il m'a dit, j'ai 7 stratégies de survie. La première, c'est création d'une façade hétéronormative, adopter des comportements, par exemple ne pas être efféminé, ou développer un intérêt pour une femme ou même se mettre avec une femme.
Deuxième stratégie, l'hypercompensation, exceller dans divers domaines tels que les études, le sport ou la carrière, ou surinvestir son esthétique et la recherche d'une perfection physique pour gagner l'approbation et l'admiration. Ou encore développer, il y a beaucoup de têtes qui se hochent là. Vous pouvez compter sur vos petits doigts le nombre de stratégies que vous avez mises en place. Dans l'hypercompensation, on retrouve aussi développer une personnalité perfectionniste,
souvent pour compenser le sentiment d'infériorité lié à l'orientation sexuelle. Baptiste, j'ai mis ton prénom ainsi que le mien. Troisièmement, isolement social et émotionnel. Se retirer des relations et des interactions sociales pour éviter le risque de devenir trop proche de quelqu'un qui
pourrait découvrir son vrai moi, garder ses émotions et ses expériences personnelles profondes cachées, même auprès des proches amis ou de membres de sa famille. En fait, je jocille entre « je trouve ça drôle, je suis content d'être avec vous » et « j'ai des frissons dans tout le corps quand je lis tout ça, je trouve ça trop triste, vraiment ». La quatrième stratégie, c'est « utilisation de substances, recourir à l'alcool, aux drogues et à d'autres comportements addictifs comme moyen d'échapper à la douleur et à la honte ».
liées à la dissimulation de son identité. Ces substances peuvent également servir de moyens de socialisation dans certains cercles où l'utilisation de substances est répandue. Je trouve ça passionnant, je fais une micro-parenthèse, mais en ce moment, aujourd'hui, à Paris en 2024 et dans des grandes villes, il y a une épidémie de chemsex et énormément de professionnels de santé LGBT
Je mentionne ça comme le défi du moment. Ce livre, et ce que je vous lis là, ça a été écrit en 2006 aux États-Unis, donc avec une focale très américaine. C'est ouf, quoi. Et ils avaient d'autres drogues et d'autres problèmes d'addiction, mais the same.
Cinquième stratégie, déménagement et changement de milieu. Changer fréquemment de ville ou de cercle social pour repartir à zéro. Ça rouche de la tête du côté de Thomas. Repartir à zéro pour que personne ne connaisse leur passé ou leur lutte intérieure. Et la recherche d'un environnement plus acceptant ou anonyme où l'on peut plus facilement cacher ou révéler son identité à sa propre discrétion. Avant-dernière stratégie, développement d'une identité en ligne séparée.
créer des identités en ligne où je peux exprimer librement ma sexualité sans risque de répercussion dans ma vie réelle, utiliser des forums, des réseaux sociaux et d'autres espaces en ligne pour explorer et exprimer mon identité de manière anonyme. Et enfin, la septième et dernière stratégie de survie ou d'évitement de la honte.
Thomas… Bon, je vous ai lancé les 7 comme ça et là l'idée c'est…
En quoi ce que dit le livre et non pas ce récap sur la partie 2 du livre ou sur ces 7 stratégies, qu'est-ce qui résonne pour toi ? Est-ce que ça résonne ? Oui, il y a beaucoup de choses qui résonnent. Tu as combien sur 7 ? Peut-être 3 ou 4, mais ces stratégies, c'est encore un peu une logique d'étiquette.
où on veut faire rentrer des situations dans des cases. Moi, c'est quelque chose… Avec le temps, j'ai tendance à me distancer de ces méthodes-là. Mais c'est ma manière de faire. Mais c'est sûr qu'il y a énormément de mots qui résonnent en moi. Et ce qui résonne le plus, c'est cette notion du changement, cette notion de la fuite. Mais la fuite qui devient aussi un récit de vie. Et de conscientiser plus tard qu'en fait, c'est une…
C'est une manière d'exister auprès de mes amis. Alors, par exemple, un groupe d'amis du lycée hétéro. Ils ont tous hétéro. Oui, tous. Mais c'est mes amis vraiment proches du lycée. On est toujours très proches aujourd'hui. Ils sont tous installés en famille. Ils ont trois enfants. Et à chaque fois qu'on se voit, c'est soit on parle de leurs enfants, soit on parle des changements de vie de Thomas. C'est quoi la dernière ? Du coup, il y a eu une période où j'ai arrêté de les voir.
parce que c'était blessant d'avoir ces avis-là. Mais bon, c'est des gens que j'aime, donc j'ai envie de passer du temps avec eux. Mais c'est vrai que dans ma vie, j'ai beaucoup déménagé. J'en parlais ce midi avec une collègue. Là, je viens de déménager, et j'aime bien les déménagements de temps. J'ai un truc un peu où je déménage quelque part, je prends d'abord une petite sous-loc et après je m'installe véritablement.
Mais voilà, j'ai déménagé, je pense, une bonne trentaine de fois dans ma vie. Même enfant. Mais même enfant, en fait. Mes parents ont déménagé beaucoup. Comment tu fais la distinction ? Parce que beaucoup de ces pistes à enquêter, tout l'enjeu étant ce sujet de la honte toxique.
Et ces évitements, moi, auditeur, moi qui écoute, tiens, ça me gratouille. Et donc là, on offre des pistes pour creuser et enquêter. Mais tout n'est pas forcément lié. C'est-à-dire, peut-être que toi, tu as juste une joie et c'est juste une envie de vie que d'explorer le monde ou la France. Et donc, comment toi, tu identifiques en effet ces déménagements réguliers sans une stratégie de survie ou de fuite ?
Parce qu'il y en a eu clairement où c'était des situations de fuite après une séparation ou après un échec professionnel. Pas forcément lié à ton homosexualité. Mais l'homosexualité, ça a été plutôt qui j'étais ?
Et qui je voulais être au quotidien en restant sincère avec moi-même. Pas mon travail actuel, mais mon précédent travail. Je travaille dans un milieu où on a beaucoup de réunions avec des gens d'importance. Et
Rien que les réunions avec les collègues, où tu reviens le lundi et tu peux pas parler de ce que t'as fait ce week-end, tu peux pas dire « Ah bah moi je suis sorti jusqu'à 8h du mat vendredi, je me suis retourné la tête, j'ai fini en after et j'ai fait trois rencontres et j'ai couché avec deux, trois personnes différentes ce week-end. »
Donc il y a des sujets de conversation qui ne sont pas évidents. On prend des habitudes d'effacement. Moi j'ai vécu ça dans mon milieu professionnel où je suis resté mutique, presque mutique sur ma vie personnelle.
Parce que tu savais, tu avais vu d'autres payer le prix fort s'ils racontaient leur week-end hors normes. Non, c'est quelque chose qui est très intériorisé, en fait. Et d'avoir constamment aussi ce besoin de scanner son environnement. Surtout quand on est dans un…
Enfin, même chose au quotidien, mais surtout quand on est en train de changer, qu'on change d'environnement, on développe… Enfin, moi, j'ai développé une tactique d'être assez observateur et de scanner l'environnement. Essayer de tout de suite distinguer les orientations sexuelles des hommes qui sont présents dans les endroits que je fréquente pour me sentir en sécurité. Et…
Et d'analyser l'environnement constamment pour se sentir en sécurité. Encore aujourd'hui ? De moins en moins. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, je pense que je me sens plus à l'aise avec moi-même. Ce sera le sujet de l'après-midi. Et les changements professionnels, ça veut dire qu'à chaque fois, on arrive dans une nouvelle équipe, des nouvelles missions, des nouvelles tâches, des nouveaux environnements.
Et il y a toujours un moment où il va falloir refaire un coming out. Il va falloir réexpliquer son cheminement, dire bah voilà, ah bah non, enfin bref.
Et le dernier point, c'était développer un surinvestissement dans les études, dans la vie professionnelle, dans les vies amicales et dans les passions, les hobbies. Effectivement, on a l'impression que comme on porte cette honte que l'environnement nous assigne en quelque sorte et qu'on vit avec, donc on l'intériorise, on a l'impression qu'on est obligé d'être excellent dès qu'on entreprend quelque chose parce qu'on vient compenser
cette honte et ce défaut de fabrication, une variation. Moi, je suis sûr, et après je te propose Baptiste de rebondir sur la compensation et l'hyperperformance. Moi, je suis sûr d'avoir choisi… Moi, j'ai trouvé un boulot chez Médecins Sans Frontières et je me souviens d'avoir…
aussi choisi ce chemin parce que le crédit social que tu gagnes quand tu es chez Médecins Sans Frontières, il est énorme et que ça me sécurisait vachement. Il y avait, c'est mélangé, tu vois. Ce n'était pas que stratégique, mais aujourd'hui, j'en suis sûr, il y avait aussi de l'intérêt pour le travail et plein de belles choses et tout. Mais il y a eu beaucoup de ça, ouais. Toi, Baptiste, il y a quelque chose qui te parle ?
Mais carrément, carrément. Je sais même pas par où commencer, il y a tellement de trucs dans cette liste, je pense que je suis à… Sur la surperformance ? Ouais. Non, je veux pas. Ouais, si, carrément, il y a vraiment eu un truc de…
Ouais, à partir du bac, à vouloir être bon élève. Alors évidemment, comme tu dis, c'est jamais que parce que j'étais payé. C'est aussi parce que je viens d'une famille où tout le monde fait des études, donc il y a une norme qui est là et des attentes clairement.
et notamment aussi parce qu'à un moment j'ai pris un chemin de traverse j'ai assumé un choix de faire de la danse ce qui a été au début pas forcément soutenu par mes parents et puis on a discuté et puis j'ai été convaincu et ça n'a pas marché donc j'ai eu cette sensation d'échec donc après j'ai méga compensé donc la combinaison de la propension naturelle de pédé de chercher la validation avec en plus la sensation d'avoir fait fausse route
Mais là, je faisais deux licences, pas du tout aménagées, mais deux licences en même temps. Je faisais encore de la danse en amateur à côté. Je faisais 7-8 heures par semaine. J'étais chef scout. Il y a quelques années où j'avais zéro temps pour moi. Zéro temps pour une vie personnelle, affective, sexuelle, quoi que ce soit de cet ordre-là.
Pour ça, il a fallu que j'attende de partir en échange au Brésil, loin de tout, pour commencer à motoriser. Pourtant, j'étais out officiellement. Mes parents le savaient.
Mais vraiment, moi, m'autoriser à explorer et à assumer que ça fait partie de moi et que je peux agir à partir de cette partie-là de moi, ça détend. Et un autre truc aussi, que je viens de réaliser quand tu as listé les trucs, après, je fais mon master à Berlin. En plus, pourtant, je suis à Berlin, je suis loin de la famille.
Et master, pareil, très exigeant en politique publique, un genre de Sciences Po allemand, si tu veux. Et donc vraiment là-dedans. Et je me souviens d'un mec qui, en plus, c'était pas mal.
Et il était intéressé par moi. On commence un peu à fricoter, à s'embrasser. Et en fait, moi, je me rends compte que j'ai pas vraiment d'intérêt. Et c'est comme si… J'avais jamais compris jusqu'à maintenant pourquoi. Et c'est comme si, en fait, dans ma tête, j'étais pas là pour ça, quoi.
J'étais pas là pour cette partie-là de moi, j'étais là pour la partie du Baptiste ambitieux, qui bosse, qui va avoir des bonnes notes, qui va se préparer à un avenir, qui va exceller dans tous les domaines et tout. Et c'est vraiment impressionnant, parce qu'aujourd'hui, je me dis, putain, je me suis même pas autorisé à vivre ça, alors qu'en vrai, ça aurait pu être chouette, quoi. Alors, c'est pas tout blanc, pas tout noir. Il y a eu des fois où, après, je me suis un peu plus autorisé à la fin à Berlin et tout. En plus, Berlin, quoi !
c'est un peu du gâchis je vais y retourner et puis on va compenser ça parce que moi j'ai l'impression que quand j'en parle à des hétéros ils me disent ouais mais moi pareil et ce que moi je comprends dites moi ce que vous en pensez c'est que on est tous en train d'essayer de survivre quand même et ou d'être à la hauteur de quelque chose
Et moi, j'ai l'impression que ce soit nos normes familiales ou des normes capitalistes ou des normes quelles que soient. Une fois que l'humain veut exister dans la tribu, c'est primitif, a peur d'en être exclu parce qu'il sera bouffé dans la jungle. Donc hop, on veut rentrer dans la norme. Et moi, j'ai l'impression qu'en étant gay, ce qu'on est en train de dire là, c'est que tu perds des points.
Et en fait, on peut perdre des points, entre gros guillemets, avec d'autres attributs. Mais en tant que gay, moi, j'ai perdu des points qu'après, j'ai cherché à compenser pour retrouver, pour me redorer une forme de blason. J'avais envie d'amener, moi, cette compréhension de ce que ça veut dire, la compensation. L'autre chose sur laquelle j'aimerais rebondir sur ce que tu as dit, que je trouve vachement intéressant, que j'observe beaucoup autour de moi, c'est…
c'est peut-être même une pensée un peu freudienne et tout, donc à prendre avec des pincettes, mais le concept de la libido, c'est l'élan de vie. Donc ça peut être la libido sexuelle, tu vois, le désir de jouir, d'être connecté à soi et à l'autre ou d'être connecté sexuellement. Mais tu peux aussi surinvestir ou utiliser cet élan de vie dans des projets artistiques et ou professionnels, ce qui fait que t'as plus… Vous dites tous les deux d'accord. Il n'y a plus besoin d'éjaculer et ou d'être sexuel ?
Tu vois ce que je veux dire ? En fait, le moment où toute ma journée…
je produis j'éjacule des trucs artistico-professionnal je rentre chez moi j'ai pas besoin de baiser de faire face à mon homosexualité j'ai plus de jus en moi dans tous les sens du terme et je peux en être satisfait c'est pas obligé d'avoir une sexualité mais ça peut être aussi une stratégie d'évitement c'est une question d'équilibre c'est peut-être ton truc aussi l'énergie vitale, l'énergie sexuelle tu la mets là où tu veux et tu peux la canaliser je suis d'accord
Mathias, tu as envie de dire des trucs, toi, par rapport à ces stratégies ? Non, je valide pas mal de choses que j'ai entendues. Je pense, comme toi, effectivement, qu'on a le sentiment qu'on part de plus loin que les autres dans la course. C'est ce qu'il dit dans le bouquin, on doit se faire plus aimer parce qu'on a le sentiment qu'on n'a pas été aimé correctement quand on était petit. Moi, je ne l'avais jamais vraiment formalisé ou pensé comme ça avant de le lire, mais
En gros il dit quand on est petit on dit t'es un bon petit gars mais en fait on sait que c'est pas exactement nous qu'on valide et donc après on a l'impression qu'on n'est pas exactement aimable, capacité d'être aimé à sa juste valeur et qu'on doit compenser et donc effectivement on est le meilleur au boulot, on doit être le meilleur dans son domaine. Toi t'as essayé d'être le meilleur quelque part ?
J'ai été premier pendant toute ma scolarité au collège lycée. C'est vrai. Et je suis pas surdoué. J'étais premier parce que je partais à l'école avec une boule dans le ventre. Parce qu'il fallait que je sois au moins ça, quoi. Thomas dit oui. Après, j'ai compensé avec ma sexualité. J'ai sur-sexualisé ma vie. Mais tout ça coupait les émotions. C'est-à-dire qu'il y a eu une espèce de boulimie. En gros, j'avais pas de temps…
Pour vivre des émotions. Je bossais, je baisais. Soit c'était parce qu'il y avait passé une mauvaise journée, donc je baisais. Soit il y avait passé une bonne journée, donc je baisais. Et puis de toute façon, il était une heure du matin. Quand j'avais un peu de temps, je consommais des trucs qui ne m'exclamaient pas. Donc de toute façon, ma vie était remplie.
T'as quel âge à ce moment-là ? Ça, c'est arrivé à partir de la trentaine. Ma fameuse crise d'adolescence. Où il fallait que je bosse beaucoup, mais il fallait aussi que je baisse beaucoup, que je prenne des trucs beaucoup. Alors tout ça ne laissait effectivement aucune place à la sensibilité, de l'émotion. Je me blindais et j'essayais d'être le meilleur en tout. Donc résultat, on s'épuise effectivement et on n'arrive à rien.
mais je crois qu'il y a vraiment le sentiment qu'il fallait que ce soit le plus cool, le plus fun, le plus sexy, comparaison, et il en parle dans le bouquin, avec ce culte du corps qu'on a quand même beaucoup dans la communauté, où moi je suis un peu un gringalet, donc il a fallu que je fasse du sport, jusqu'à ce que je me rende compte que c'est pas mon truc, et c'est pas grave, mais j'ai vraiment le sentiment qu'on essaye de compenser un peu plus…
On peut avoir plein d'autres points de départ qui font qu'on a besoin de compenser, mais en tant que gay, effectivement, que la majorité, que n'importe quel mec hétéro en tout cas. Moyen, je dirais. Thomas, tu veux ? Sur cette thématique-là, je voulais juste compléter, parce que moi, c'est un peu différent, ça résonne beaucoup, mais sur des parcours différents et…
Très tôt, j'ai eu une sexualité assez épanouie, de mon point de vue, assez fluide, mais dans des relations de couple un peu stables.
et à aller vers un schéma hétéronormé de la relation. Donc c'était comme si on m'autorisait à être gay, mais dans un schéma hétéronormé. Et ça, vis-à-vis de ma famille, c'était flagrant. Et ça fait que quelques années où je conscientise qu'en fait, ça ne va pas me rendre heureux de continuer comme ça, parce que je vais répéter des cycles de ruptures, de traumas, d'abandons. Parce qu'en fait…
c'est pas qui je suis et du coup quand tu vois mon premier copain à 19 ans très vite je l'ai présenté à mes parents ça s'est bien passé je l'ai amené au dîner de famille tout ça et c'était bien sauf qu'au bout d'un an et demi le copain était plus là du coup après je ramenais un autre copain
Parce qu'il fallait ramener quelqu'un aux fêtes de famille, aux repas de famille. Et après, personnellement, je me suis senti plus à l'aise à y aller seul et juste à encaisser les remarques de « Ah, t'es célibataire en ce moment, ce serait bien que tu trouves quelqu'un ».
à ne plus aller aux rassemblements familiaux parce que la flemme en fait c'est même pas la honte au bout d'un moment c'est la flemme d'être confronté à ça et de dire c'est bon je vais pas perdre mon temps avec des personnes qui ne m'apprécient pas pour qui je suis et pareil pour les études pareil pour le milieu professionnel voilà c'était ma réaction sur ce sujet là
non vas-y moi c'est une question que je me pose à 35-36 je suis gay mais j'ai pas l'impression d'avoir eu de phase de consommation excessive de sexe j'ai pas l'impression d'avoir eu de phase de consommation excessive de substances j'en prends vraiment ponctuellement mais un peu comme ce que tu disais ça me fait peur
Du coup, j'ai besoin d'être dans le contrôle quand même. Et le lâcher prise, je l'ai autrement. Physiquement, par la méditation, par la danse, par le yoga. Moi, je travaille beaucoup sur mes sensations physiques. Et ça, ça m'aide beaucoup à jouir de la vie au sens large. Mais c'est vrai que dans les phases où je vais être déprimé, je vais me masturber tous les soirs pour pouvoir dormir. Pour pouvoir relâcher tout ce que tu encaisses dans la journée. Alors que dans les phases où ça va…
Clairement, ça va. En fait, je n'ai pas besoin de me masturber le soir. Je m'endors comme une fleur. Mais toi, est-ce que tu as l'impression… Moi, j'ai l'impression que tu mentionnes là un défi humain de réguler les émotions. Ou est-ce qu'il y a autre chose ? Parce que j'ai l'impression qu'il y avait un sous-texte dans le… Moi, je n'ai pas eu de phase de sur-sexualisation et ou de drogue, mais j'avais envie de te dire, et alors ? Ben oui, mais c'est comme… Ça, ça a été…
Conjointement à mon retour à Paris, parce que j'ai eu deux phases de vie à Paris, à être beaucoup plus entouré d'homosexuels, à commencer la PrEP. Personnellement, j'avais un blocage avant de venir à Paris par rapport à la PrEP.
Mais parce que j'avais des discours de province et de ville où il y a moins d'homosexuels, moins d'exposition au VIH. Et du coup, des professionnels de santé qui sont aussi moins sensibilisés. Donc je pense que je n'avais pas un bon accompagnement. Donc même moi, j'avais cette…
Je sais pas si c'était de l'homophobie, mais à dire non, mais c'est bon, je suis pas un homosexuel qui a besoin de prendre la PrEP et je vais pas tomber là-dedans. Alors qu'en fait, ça a été une libération physique de passer à la PrEP. Et à me dire, mais quel homosexuel j'ai envie d'être ?
Je ne me reconnais pas dans les groupes homosexuels ultra-sexualisés qui prennent plein de substances et qui font des afters. J'ai des amis qui sont là-dedans, qui tombent dans la consommation de chemsex. En fait, je les vois, je me dis, je ne m'identifie pas à eux, à qui je m'identifie. J'ai des amis qui sont homos, qui sont mariés, qui sont en couple depuis des dizaines d'années. Et je les adore et ils ont l'air tellement chou, tellement heureux. Et j'aime beaucoup passer du temps avec eux.
Mais en même temps, je ne m'identifie pas à eux, mais ça reste des amis. Et donc, dans tout ce questionnement, c'est qui je suis. Et ça, c'est notre troisième et dernière partie, mais c'est vachement intéressant. Parce qu'en fait, je remets le sujet qui est ces pistes de stratégie de survie et ou d'évitement. C'est des bonnes questions à se poser pour savoir est-ce que c'est moi qui fais le choix ou est-ce que j'essaie d'éviter ou de fuir quelque chose ou un mal-être ?
Et du coup, qui suis-je ?
Voilà. Baptiste, tu voulais dire un truc ? Moi, j'avais envie de rebondir sur la façade hétéronormative. Tu vas changer de sujet, toi ? Moi, je voulais rebondir juste sur un truc que Mathias a dit. Eh ben, tu rebondiras pas ! Non, je rigole. Pardon. Non, c'est quand tu disais, sur toutes nos manières de chercher la validation et de compenser, notamment chercher l'amour de l'autre,
et t'as dit cherche l'amour de l'autre parce que l'amour qu'on a eu quand on était plus petit c'était pour une façade c'était pas vraiment pour nous même et je suis entièrement d'accord et j'ai envie d'ajouter aussi comme stratégie de
S'il m'aime bien dans toutes les autres parties de mon être, peut-être que le jour où il va découvrir cette partie-là honteuse, il sera déjà attaché un peu à moi et donc il ne va pas m'abandonner complètement. Moi, je sais que j'ai un peu ce pattern-là. Il y a ce truc où, avant de faire mon coming out à cette personne, je ne sais pas si j'ai encore aujourd'hui, mais en tout cas, je l'identifie clairement. Avant de faire mon coming out à cette personne…
on va créer des liens et tout, des points communs. Et je pense que c'est aussi pour ça que j'ai développé une sorte de tentative de connecter avec tout type de personnes, de tout milieu, de toute origine, dans n'importe quelle langue, pour être vraiment hyper malléable et flexible et être avenant pour toute personne, pour être bien aimé,
qui que tu sois et comme ça le jour où tu découvres que je suis pédé tu diras c'est super malgré le fait que tu sois pédé c'est dommage parce que je l'aimais bien moi j'ai une astuce je sais pas si je la conseille mais en tout cas j'ai commencé à me mettre du vernis à ongles
Et ça a été une vraie reconquête de l'espace public. En gros, je m'entendais quand quelqu'un ne me connaissait pas et me voyait juste moi et mes ongles. Je n'avais pas toujours tous les ongles peints, mais du vernis sur moi. J'avais mon cerveau qui me disait, il ne va forcément pas t'aimer. Vraiment, c'était automatique. Je me disais, il va forcément me rejeter parce que Thomas me montre ses ongles qui sont très beaux. Quelle est la couleur de ton vernis, Thomas ?
Il est noir. Et c'était vachement intéressant en tant qu'adulte de plus de 30 ans d'avoir ces pensées intrusives de cette angoisse profonde et moi vraiment ne pas être efféminé. Beaucoup de mes stratégies, pas toutes, j'avais des stratégies spécifiques pour surtout pas avoir l'air efféminé.
Et le moment où j'ai dit « j'ai envie de mettre du vernis à ongles », ça m'a mis du temps à reconquérir l'espace public en me disant ça. Il y avait un lien plus spécifique avec ce que tu étais en train de dire, mais je l'ai perdu. Du coup, on a l'impression juste que j'ai dit mon truc sans du tout…
En fait, c'est cette malléabilité. Je trouve que derrière le « il m'aime pas parce que je suis gay », il y avait beaucoup de « il est trop efféminé », « j'aime pas les hommes efféminés ». C'est ça que je voulais rajouter. Cette misogynie au sein de l'homophobie. C'est ça que j'avais envie de spécifier. Alors qu'on peut être très viril avec du vernis par ailleurs. Merci, merci. Tout ça, c'était des pensées, bien sûr, bêtes et brutes de mon cerveau. Enfin, pas bêtes, mais…
Pas réels, irrationnels, déraisonnables, bien sûr. Des stratégies de survie de ouf. Dans les façades hétéronormatives, en relisant, en écoutant le livre, il m'est apparu une évidence de… Longtemps, je disais que je voulais des enfants.
Et en fait, ce n'était pas vrai. Et je ne le savais pas. Et il y a eu vraiment cette crise. Alan Downs, je crois qu'il l'a dit dans le bouquin, mais après, je vais un peu me la péter en mode j'ai super bien préparé, mais j'ai écouté des interviews de lui en me disant mais qui est ce bonhomme ? Et je suis tombé sur un podcast où il dit il y a une vraie crise identitaire entre la phase 2 et la phase 3. La phase 2, c'est ce qu'on est en train de faire. C'est quoi mes stratégies de survie et d'évitement qui ne sont pas vraiment moi ?
parce que bien entendu tout ce qu'on vient de citer on peut le vivre en choix volontaire tu vois genre je suis heureux c'est ma vie et donc qu'est-ce qui n'est pas moi et le moment où tu te rends compte que c'est pas toi et que tu vas te mettre sur un chemin d'authenticité tu peux avoir une vraie crise identitaire et moi j'appelle ça un deuxième ou un troisième coming out c'est en fait mais du coup je suis qui et il y a un vertige parce que le moment où je me suis rendu compte mais en fait genre
non seulement t'as pas envie d'avoir d'enfant tu arrêtes pas de le répéter mais surtout t'as jamais eu envie d'avoir d'enfant et puis ça a été comme une évidence que c'était pour être comme les autres de ma famille être comme les autres j'allais juste être homosexuel donc il y aurait un homme dans ma vie mais sinon tout le reste je vous promets ça sera pareil je vous promets ça sera pareil
Et il y a eu un vertige, et on en parlera dans la troisième partie, où j'étais là, mais du coup, en fait, je suis qui, en fait ? Mais je veux quoi, en fait ? Parce que j'avais tout mis sur la vie, c'est avoir des enfants. Et en plus, il y avait, genre, si tu vieillis sans enfant, homosexuel et sans enfant, non mais mec…
Tu es un déchet. Tout ça, c'est ce que mon cerveau proposait. Il y avait une angoisse de perdre de la valeur, de ne plus avoir de… Bon, spoiler alert, c'est génial la vie. J'adore, j'adore. Et en fait, j'ai des enfants. J'ai des neveux et une nièce et j'ai les meilleurs des enfants. Quelqu'un veut une petite bafouille du côté de Thomas et son… Ma petite bafouille, c'est pour rebondir à ta question de qui je suis.
As-tu le droit ? Car c'est la partie 3. Ne recule pas du micro. Non, c'était une blague. Mais c'est vrai que si c'est la partie 3, chemin de l'authenticité, on se le garde. Là, on parle de nos stratégies de survie et d'évitement.
c'est une stratégie en soi puisque dans le contexte le livre The Velvet Rage je l'ai lu et en parallèle je lisais Réflexions sur la question gay de Didier Ribon qui parle aussi de ça qui est aussi disponible sur Audible voilà et il parle que en fait être homosexuel c'est une chance incroyable d'être qui on veut et de se réinventer
Sans cesse. Oui. Et c'est… Enfin, personnellement, c'est… C'est l'année dernière. Ça a été vraiment un changement de mode de pensée. C'est que ouf la partie 3, le prochain épisode. Donc je m'arrête là. Non, non. Mais t'es coquin. Mais tu me donnes envie d'écouter la suite, en tout cas. Je te remercie. Oui, oui. Mais écoutez la suite. Écoutez la suite. Mais de ouf. Qui n'est pas tout de suite. Quelqu'un a d'autres illustrations de stratégies de survie et de…
je peux vous laisser un peu plus de temps en disant je disais que les bouquins de Didier Ribon sont suraudibles mais il y a un livre qui n'est pas suraudible et c'est ton livre Mathias 4% en théorie dans lequel en vrai si les gens aiment bien cet épisode et t'aiment bien toi je trouve que tu trouves un super juste milieu à faire à la fois une enquête scientifique et à la fois un récit intime où tu parles
de coming out de cheminement d'homosexualité et tu te livres un peu moi j'ai trouvé ça vachement chouette du coup je trouve que ça a ancré c'était pas juste un concept en mode je mets mon chapeau d'intelligent et genre écoutez moi c'était vécu c'était chouette c'est pas toi qui vas apprendre que c'est bien de se raconter parfois de ouf et comme c'est pas suraudible faut rappeler que on offre deux de tes livres à toute auditorice
Qui va sur le site du podcast. Là, vous rigolez, Thomas et Baptiste, mais pensons-là, vous réfléchissez à vos stratégies d'évitement et de fuite. Non, en vrai, on va sur bit.ly slash comment devenir. B-I-T avec un B comme « bit ».
on tombe sur un super joli formulaire que j'ai créé de mes petites mains où on met oui j'ai mis 5 étoiles au podcast et voici mon prénom et mon nom on fera un tirage au sort et là les gens disent ouais gros mytho pas du tout je fais un export de tous les noms et je le mets dans une petite application qui me génère une petite roue en vidéo et je le mets sur Instagram
Et deux personnes recevront dans leur boîte aux lettres un livre. Et là, comme nous sommes écoutés de partout dans le monde, la Réunion, le Canada, la Suisse. Partout. Partout. Des personnes au Cameroun. Je t'ai contacté en disant, il y a moyen que vous faites un envoi international. Et tu m'as dit oui. Oui, on le fait. Donc, participez. Est-ce qu'on clôt là notre chapitre où vous avez envie de…
— Si tu veux, moi, je peux rajouter un truc auquel j'ai pensé. Et justement, c'est un peu sur la crise de l'identité dont tu parlais. Il y a cet exemple dans le bouquin de Donald, qui, en gros, a quelques aventures homos à l'université, mais sans jamais se laisser vivre ça complètement.
Et il finit par trouver une femme qui, sur le plan personnel, émotionnel, intellectuel, est exceptionnelle. Ils font un enfant, etc. Et puis sa femme commence à avoir la sclérose en plaques, je crois. Et en fait, petit à petit, il sombre dans une dépression parce qu'il se voit déjà s'occuper de sa femme, élever tout ça son fils. Et en fait, il a une dépression qu'il ne sait pas d'où elle vient.
Et donc, il va voir Alan et il commence une thérapie. Et c'est qu'après une année qu'il commence à lui dire « oui, j'ai des aventures homosexuelles », etc. Et il commence un peu à tirer le truc. Et en fait, Donald arrête sa thérapie et dit « en fait, c'est trop tard, je suis déjà lancé dans ma vie, je suis déjà sur mes rails et je continue ».
Et ça fait tellement mal au cœur, et ça m'a fait penser à… J'ai eu exactement le même effet en lisant un autre bouquin qui s'appelle Arrête avec tes mensonges, de Philippe Besson, qui est sûrement sur Audible aussi, puisqu'on est dans la pub. Je ne sais pas. Mais il ne faut pas aller sur Audible, il faut aller sur mon lien affilié, bien entendu. Évidemment, évidemment. C'est normal. Quelle horreur ce bouquin, j'ai pleuré du début à la fin. Et en fait, c'est l'autobiographie de Philippe Besson qui est gay, et qui retrouve en fait trace de son amour de lycée,
qui paraît dans un milieu hyper rural en Charente ou par là-bas. Et son amour de lycée qui lui, pareil, est resté sur les rails de fils d'agriculteur. Il a repris la ferme, il s'est marié, il a eu un enfant. Et ça ne se termine pas très bien pour lui. Je ne vais pas divulgacher. Et moi, je me souviens déjà avoir fini ce bouquin à 4h du mat et être vraiment éberlué de « Putain, mais en fait, si je ne fais pas gaffe, je peux vraiment passer à côté de ma vie. »
je peux vraiment être complètement à côté de mes pompes et passer 10, 20, 30 ans mais vraiment j'aurais rien vécu de ce que j'ai envie de vivre en fait et c'était un genre et en fait c'était chouette c'était pas forcément agréable sur le moment mais c'était un peu une claque un red flag en me disant putain Baptiste mais tu peux pas vivre comme ça quoi il y a eu un truc et j'ai eu un peu le même truc avec Donald là dans le
Est-ce que ça vous est arrivé… Moi, ça m'est arrivé plusieurs fois que des mecs avec qui je sortais, j'ai eu un retour dans le placard, c'est-à-dire quelqu'un qui a dit « En fait, je vais tout faire pour devenir hétéro parce que pression familiale… » Pression. En gros, le coming out pour des raisons religieuses et familiales allait faire une telle déchirure dans sa vie.
que cette personne considérait que c'était pas possible et par curiosité je l'ai recontacté et maintenant pas aujourd'hui mais par hasard non attends comment bon je me rappelle plus mais c'était pas weird je lui ai renvoyé un texto et il est marié avec une femme et tout quoi
et en fait c'est le quotidien de plein plein de gens qui en fait font de leur vie une stratégie d'évitement et donc une façade hétéronormée à eux de décider si parce qu'au final moi je suis personne pour dire que c'est pas ça qu'il faut faire quoi tu peux décider d'écraser un désir
Baptiste me regarde en mode « Pourquoi tu dis ça ? » Je sais pas ce que c'est une bonne vie. Je suis pas en train de dire « Ne faites pas de coming out », mais je trouve que moi, j'ai une famille tradie et ça a été compliqué, mais moi, j'ai entendu des récits où des gens, en fait, s'ils font un coming out, c'est…
Enfin, il faut brûler des ponts, il faut faire une déchirure qui est terrible, quoi. Et j'avais beaucoup de mal à eux de dire, mais si, fais-y, fais ton coming out et tout. J'étais là, putain, c'est tellement dur le choix qui est opposé. Et je crois que j'avais envie de dire qu'une stratégie de survie et d'évitement, ça peut être aussi… Le terme survie est bien choisi, quoi. Hum.
C'est là aussi où ça rappelle l'importance des familles choisies et de s'entourer de personnes avec qui on peut vivre pleinement soi-même. Moi, je ne peux pas m'empêcher d'avoir un jugement là-dessus en disant que Dieu merci, on peut avoir des familles choisies et on peut être pleinement authentique et être des parties de nous qu'on ne peut pas forcément être en façade dans nos vies.
Moi, j'ai l'impression qu'on meurt de toute façon. Mais toi, Mathias, tu voulais dire un truc. Moi, je me suis posé cette question. Est-ce que je pourrais le cacher ? J'étais ado. Mais est-ce qu'on n'a pas tous eu un moment dans notre vie où on se dit peut-être que je peux faire semblant toute ma vie. Peut-être que ça peut passer. Peut-être que je peux être heureux quand même. Moi, je sais que je l'ai eu. Heureusement, ça n'a pas duré très longtemps.
mais j'ai l'impression qu'on est tous passé par là effectivement moi j'ai eu peut-être la chance le contexte qui a fait que j'ai pu franchir le pas et il y en a qui l'ont pas mais j'ai l'impression qu'on s'est peut-être un peu tous posé la question de se dire ce serait quand même plus simple en fait d'être hétéro et ce même après mon coming out quoi à 22 ans je me rappelle embrasser une meuf en me disant allez vas-y allez Guillaume mais un peu d'effort là un peu du coeur et peut-être que tout peut être tellement plus simple là
La réponse était non. C'est que ce n'est pas encore la bonne femme que j'ai rencontrée. Ce que je voulais dire par on meurt forcément, c'est que j'ai vraiment l'impression que soit on tue l'homosexuel en nous, soit je tue l'homosexuel en moi avec toutes les blessures et l'impact sur la santé mentale pour du coup incarner des façades et ou incarner la personne que j'ai envie d'être qui n'est pas homosexuelle. Soit je dois tuer
le rêve hétéro que les autres avaient pour moi ou que j'avais pour moi et qui est une autre mort un autre deuil quoi parce que les autres en moi vont dire ah bon oui mais il y en a un qui c'est une partie de toi que tu ressens profondément contre lequel tu peux rien et l'autre c'est un truc introjecté que t'as introjecté de l'extérieur et là est toute la différence et c'est là où pour moi j'ai un jugement là dessus
Il y en a un, ça vient de toi et l'autre, c'est un truc que tu as gobé et avalé sans le mâcher parce que c'est la société, c'est la famille, c'est les traditions, c'est tout. Et du coup, est-ce que tu acceptes de revomir ça pour le ressortir ou tu acceptes ce poison mais qui va te tuer une partie de toi ?
Assez content de ma métaphore, by the way. Très clair. Je ne peux qu'approuver. En tout cas, je vais glisser et dire, moi qui suis allé à tes super stages de tantra qu'on peut retrouver sur ta page Facebook. Tout à fait. Et même Instagram, Manon. Et même Instagram, tantrao. Ouais. À tes super ateliers, donc je conseille vraiment, tu invites à ne pas poser de jugement. Ce n'est pas très tantrique, le jugement, Baptiste ?
Mais là, je suis là en tant que baptiste, je ne suis pas là en tant que facilitateur d'authenticité, même si ça m'imprègne. Non, mais le pont, il est là, il est dans notre troisième partie sur le chemin d'authenticité. Je crois que ce que j'avais envie de dire, c'est que c'est avant tout un choix qu'on fait avec notre mesure et notre contexte.
et je suis vraiment pas d'accord avec toi Baptiste c'est que je crois qu'on a pas tous le même jeu de cartes et ou les mêmes outils et donc en fait quand je pose de toute façon je vais mourir de toute façon il y a un deuil qui va avoir lieu et je vais choisir un des deux ou bien il va se choisir à moi et donc dans ce passage au chemin de l'authenticité il y a cette question de deuil que je voulais amener il y a cette question de choix et après je trouvais que le tantra
et où il y a d'autres outils et toi Thomas t'as aussi commencé à en parler mais il y a différents outils pour se dire ok alors qui suis-je puisque je ne suis pas ces projections et puisque je suis homosexuel alors qui suis-je et alors commence le chemin quoi et je trouve que là dans notre société le coming out est vendu comme j'ai fait mon coming out ça y est et c'est la fin du film j'ai l'impression que c'est le début du putain de film quoi
putain le coming out c'est un processus qui ne se terminera jamais notre vie est un coming out et c'est ce que tu disais avec Eribon Thomas c'est peut-être qu'en fait on a de cesse de faire des coming out et des nouveaux coming out c'est qu'on s'invente et on se réinvente et on a de cesse d'expliquer aux autres qui on est et par quoi on est obligé de passer pour survivre justement si je peux raconter une petite anecdote bien entendu
Une personne avec qui j'étais en colocation, qui est hétéro, qui incarne vraiment le mâle hétéro blanc cis, qui a peur de perdre ses privilèges, clairement, qui me faisait une leçon sur le coming out. Et j'essayais de lui expliquer que non, c'était tous les jours le coming out quand on était homosexuel. Et il me maintenait que non.
Et en fait, le ton est monté avec de l'agressivité de sa part. Et moi, le mécanisme de défense, je me replie, je me tais, je m'écrase. Ça, ça a été l'année dernière et ça a été un moment clé où j'ai compris que je subissais de l'homophobie.
Et ça m'a fait ressurgir des événements du passé que j'avais enfouis. Donc là, la honte, elle est ressortie très fortement. Et moi, ça a été un peu le point de départ de justement dire « Ok, je ne veux plus ressentir ça. Qu'est-ce que je vais faire maintenant ? » Mais le coming out, pour la petite anecdote encore, il comparait ça au fait d'assumer ses choix politiques.
qu'il n'arrivait pas à faire son coming out je sais pas mais voilà c'était la petite anecdote lui m'intéresse peu en revanche moi non plus comment tu t'es retrouvé dans une telle coloc je me pose plein de questions pourquoi dans le questionnaire de choix on a pas dit figure toi que je suis tombé dans cette coloc par Grindr par le propriétaire qui était gay qui était ami d'un plan cul à moi
Ok, voilà. Mais qui a eu la bonne idée de mettre deux hétéros et deux homos dans une même coloc. Pourquoi pas, pourquoi pas. Il y a l'autre hétéro que j'aime beaucoup. J'ai un ami hétéro, moi. On a tous des amis hétéros.
Je n'ai pas vu pas plus tard qu'hier. Je trouve ça quand même vachement intéressant. Pas quand même, pardon, c'était malvenu de dire ça. Non, je trouve ça vachement intéressant ce que tu as dit et que je trouve vachement important. C'est, j'ai des morceaux enfouis en moi de honte et c'est vrai qu'ils ressortent, qu'ils revibrent à des moments clés. Donc, j'ai raconté mon histoire du vernis à ongles et c'est marrant parce que c'est des vieilles hontes
Un peu enfantine, genre j'ai des peurs de l'espace public ou des autres que l'enfant en moi avait et que j'ai re en adulte. Sauf que l'adulte en moi est là, non mais c'est quoi le délire en fait ? T'es chez toi ou genre t'es au travail et puis t'as du pouvoir là, t'es plus dans la cour de récré. Mais c'est très bizarre et je pense que ça, ça peut être un indicateur pour des gens qui se posent des questions sur mais attends, mais est-ce que j'ai des morceaux de honte encore ? Est-ce qu'elles sont actives ?
elles ont un goût particulier, elles sont assez irrationnelles et souvent elles ressurgissent en étant, je trouve, c'est mon point de vue, vous me direz ce que vous en pensez, assez en décalage avec la réalité de ton pouvoir, de tes capacités. Et ça, je trouve ça vachement intéressant à noter. Le podcast m'a vachement fait revivre ça. Le podcast, ça a été une énorme thérapie parce que j'étais là, ok, je suis en train de dire publiquement que je suce des bites. Et j'avais vraiment des…
des remontées et tout j'avais l'enfant en moi qui était là putain attention et l'adulte qui était là oui oui c'est moi qui fais le podcast tout va bien il y avait un truc j'allais à l'encontre de quelque chose et c'était pas genre ah j'ai peur de parler de sexualité c'était pas le tabou de la sexualité c'était vraiment sucer des bites
Ainsi qu'aller à l'encontre de ma stratégie de surcompensation, où moi j'ai toujours voulu être le petit être parfait, génial et tout. Et donc le moment où j'ai choisi de faire un podcast où je raconte que sexuellement j'y arrive pas forcément, j'étais là, putain, mais du coup…
Il y a vraiment eu un deuil du Guillaume Parfait, qui ne m'intéressait pas et qui n'est pas une très belle personne, en vrai. Mais là, on est plus dans la troisième partie de l'authenticité. Mathias ? Mais est-ce que ce n'est pas une stratégie d'évitement, justement ? Moi, je pense que ça a été la mienne. C'est ce que m'a dit ma psy la semaine dernière.
dans mon boulot de journaliste comme tu l'as dit je fais de l'intime c'est à dire que je me raconte et en fait je me raconte avant que les autres puissent me raconter ou me coller une étiquette j'arrive et je suce des bites et en fait c'est réglé c'est à dire que je sais pas comment dire mais j'ai l'impression que moi j'ai beaucoup fonctionné comme ça et j'utilise mon boulot pour ça c'est d'arriver de mettre tout sur la table directe d'être presque impudique
Et en fait, j'ai l'impression que les gens vont fuir et ceux qui vont rester, c'est que c'est bon. C'est peut-être mon blindage, c'est qu'au jour où j'ai ouvert le truc, j'ai tout mis sur la table. C'était peut-être ma solution. Je ne dis pas que c'est la bonne solution, mais j'ai bricolé avec ça, moi, en tout cas. Et toi, tu dirais que ça rentre bien dans notre troisième partie, chemin d'authenticité ? Est-ce que là, tu considères que c'est…
une stratégie d'évitement ? Je pense que c'est encore un bricolage. C'est encore un truc où… Parce que je n'ai pas forcément besoin de ça. En tout cas, avec mes amis proches, c'est une chose, mais avec la boulangère, non. Je ne veux pas que tu débites à la boulangère, mais… De croissant et de bite, s'il vous plaît. Ce que je veux dire, c'est que…
Je pense que c'est encore un bricolage parce que c'est quelque chose d'un peu forcé, je pense. Vite, dans mon cas. Je n'ai pas encore atteint le stade 3. Je ne suis pas encore Bouddha. On y travaille, mais… Bouddha PD.
Moi, ça me parle vachement ce que tu dis et je pense que je suis aussi pas mal comme ça. J'ai eu tellement de honte que maintenant, parfois, je peux être un peu dans l'excès inverse où je suis là, mais je m'assume vraiment dans tous les cas, je m'assume à 300%.
— OK. Mais en fait, Basiste, regarde le contexte et tout. Et typiquement, le vernis. Donc moi, je m'en mets de temps en temps. Et au taf… Alors à côté du tantra, j'ai un boulot très conventionnel dans une vieille institution publique française très hiérarchisée et tout ça. Donc c'est des jeux de… Alors là…
chercher la validation, t'inquiète qu'ils ont beau être hétéros, c'est des meilleurs. Et du coup, il y avait vraiment ce truc de, OK, quand est-ce que je mets du vernis et quand est-ce que je le fais ? Déjà, dans tous les cas, je trouve ça cool de le faire parce que ça met un peu de diversité et ça pète un peu les codes et tout. Et de toute façon, ils peuvent rien me dire parce que je sais faire mon taf et tout ça. Mais en même temps, quand est-ce que je le fais ?
pour le crier pour dire ouais je suis pédé il y a ce truc de surcompenser un peu de l'avoir trop peu dit avant et du coup de le dire trop fort maintenant trop entre guillemets fort maintenant
Je sais pas. En tout cas, partie 3 sur l'authenticité, parce que Maya Angelou, elle dit un truc du genre, l'oiseau, il se pose pas la question avant de chanter. Il se demande pas ce qu'il essaye de dire ou ce qu'il essaye de faire, il chante, tu vois. Donc en fait, le fait que t'aies envie de le dire et de le redire à partir du moment où tu violentes pas l'autre, quel est le problème de le dire et de le redire jusqu'à avoir…
Non, ouais, je vois ce que tu veux dire, mais typiquement, je peux parfois avoir tendance à amener la conversation, par exemple, tu vois, je sais pas, typiquement, on est avec les collègues, on parle de « qu'est-ce que t'as fait ce week-end ? » comme tu disais tout à l'heure. Alors, j'en suis pas au point, je dis « oh, j'étais dans le sonnage, je suis fait des beats toute la nuit ».
Déjà parce que ça ne m'est pas encore arrivé, mais j'y compte bien. Et deuxièmement, tu vois, mais je pourrais avoir tendance à amener sur le terrain, par exemple, de la sexualité, ce que je fais un peu. Et en fait, il y a une question de contexte. Est-ce que j'ai envie de parler de sexualité avec mes collègues ? Et ça, cette question, je ne me la pose pas forcément, mais parce que j'ai envie de dire… Je suis dans ce truc de je veux m'assumer pleinement et je veux rayonner pleinement. Et du coup…
C'est un truc que j'apprends avec mon psy aussi, il m'aide avec ça. Il y a aussi des contextes où les choses sont pertinentes et d'autres non.
Qui… Non, je ne vais pas poser cette question, pardon. Qui suce des bites ? Non, parce que c'était fort, tout le monde a levé la main. Nous allons passer à la partie 3. Merci. Partie 3, c'est… Ok, donc je comprends mieux les moments clés et fondamentaux où j'ai ressenti de la honte.
Je les liste, j'y pense un peu. Je vois qu'elles peuvent être encore actives chez moi. Je vois comment elles peuvent être actives, comment ça met en place des stratégies de survie, d'évitement. J'essaye de séparer. Non, ça, c'est pas une stratégie d'évitement. Ça, c'est vraiment moi. Ou ça, c'est pas forcément vraiment moi. Donc, après, développement personnel. Et là, la troisième partie, ça va être justement comment je trouve mon chemin d'authenticité. Donc, c'est qui moi ?
Et donc, le psy, notre Alan Downs, qui a écrit The Velvet Rage, le bouquin sur lequel on est en train de parler, notamment, propose douze conseils. Rendez-vous à l'épisode prochain. Bye ! Quelqu'un veut chanter ? Et pause ! Très bien !