Interdits et tabous, se libérer de la moralité – Jérôme

« Je me rends compte que depuis tout petit, dans mes fantasmes, il y a souvent la transgression qui rentre en jeu. L’interdit, c’est vraiment la base de mon imaginaire sexuel. » Jérôme

Jérôme, 36 ans, a bâti son imaginaire sexuel sur l’interdit : mettre des mots sur ce qu’il veut, dit-il, détruirait justement le tabou qui l’excite.

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⚠️ Sujet sensible : viol

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Dans cet épisode du podcast :

  • Aux Tuileries, il se fait contrôler par la police au milieu du labyrinthe de haies
  • Un sexologue lui décrit trois piliers du sexe : fantasme, organes, affection, et deux suffisent
  • Il couche avec une à trois personnes par semaine, sans presque jamais y trouver d'affection
  • En y réfléchissant, il constate que son fantasme d'être pris sauvagement reste surtout dans sa tête

On en parle dans cet épisode
Le livre de Jeanne de Berg dont Jérôme lit un passage pour poser sa question sur le consentement
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Salut et bienvenue sur le podcast « Comment devenir sexuellement épanoui ». Dans ce podcast, des hommes gays, bi, queer, enfin pas hétéros quoi, me racontent leur chemin de sexualité et comment ils tentent de s'épanouir face aux normes. Vous vous apprêtez à entendre un témoignage brut, sans montage, une parole sans filtre qui peut choquer, à laisser dans des oreilles majeures et consentantes. Moi c'est Guillaume, je suis gay et en pleine recherche sur ma propre sexualité. Je fais ce podcast seul, en autodidacte, alors je suis vraiment preneur de vos retours et de votre aide. Partagez les épisodes qui vous inspirent et mettez 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute ou un j'aime sur YouTube. L'algorithme se met alors à partager le podcast et ça m'aide à trouver les prochains témoignages. Je vous mets dans le descriptif de cet épisode mes réseaux sociaux pour suivre les coulisses de mon aventure de podcasteur et un lien pour découvrir mes autres podcasts sur l'intime. Allez, bonne écoute et à très bientôt dans vos oreilles. J'habite dans le 20ème. J'ai eu un magasin bio pendant presque 10 ans. Et puis là, je suis en reconversion professionnelle. Je suis originaire de la Côte d'Azur. Je pense que je ne me sens pas du tout attaché à ma région de naissance. Quand j'y retourne, j'ai vraiment l'impression d'être comme un... C'est comme si je découvrais une nouvelle région, donc je me sens vraiment parisien. Quand j'ai vendu mon magasin bio, je suis parti vivre à Montréal et je me suis rendu compte qu'une fois que j'étais à Montréal, je me suis rendu compte à quel point j'aimais Paris. Donc je suis revenu à la fin du premier confinement à Montréal. à Paris et je me suis rendu compte que j'étais toujours très très amoureux de Paris donc c'est comme un deuxième mariage en ce moment je suis très très heureux de vivre ici du coup tu reviens de Montréal récemment ouais je suis parti entre septembre 2019 et mars 2020 Tu es rentré au moment du confinement ? Je suis rentré à la fin du confinement. Après le confinement. Donc c'était peut-être plutôt avril-mai. Pourquoi tu as eu envie de participer au podcast ? J'ai eu envie de participer au podcast parce que je me suis rendu compte que la sexualité, ce n'était pas quelque chose... évidentes à traiter. C'est-à-dire que finalement, même si c'est omniprésent, je trouve que c'est quand même assez caché. Et puis quand on en parle entre amis, il y a toujours un peu comme des rires ou des... On n'en parle jamais vraiment... Je ne dis pas sérieusement, mais je trouve qu'on n'en parle jamais avec une honnêteté un peu profonde et de dire, voilà, moi, ce qui me plaît, c'est ça. Je trouve qu'au final, ce n'est pas si facile que ça d'en parler. C'est toujours par bribes, mais on ne se pose jamais. Alors, si on en parle, c'est genre dans un bar ou à plusieurs, mais je n'ai jamais eu de conversation posée avec quiconque, en fait, même si c'est très important dans la vie des... des gays que je connais en tout cas donc toi tu t'identifies gay ? ouais complètement j'ai jamais couché avec une fille et donc voilà je me suis dit c'est intéressant vraiment de Comment dire ? Je pense que le fait de ne pas en parler, c'est entretenir aussi un... Comment dire ? Le fait de ne pas en parler, c'est entretenir une chape de plomb, je trouve. Je trouve que c'est bien de dire, ben voilà, moi j'aime ça, j'aime ça. Ne serait-ce que de le dire, ça permet de se le dire aussi à soi. De faire comme un panorama de notre vie sexuelle. Mais je trouve qu'il y a quand même beaucoup encore de culpabilité autour de ça. Je me rends compte que même les garçons avec qui je couche... Je me rends compte qu'autant ils peuvent être... débridés dans l'intimité, autant ils sont... Je trouve que c'est pas vraiment une sexualité joyeuse. Je dirais une sexualité ouverte. J'ai entendu une comédienne qui a 70 ans aujourd'hui qui disait « Ah ben avant, on faisait l'amour avec quelqu'un, un peu comme se dire bonjour. » Alors je fantasme peut-être un peu là-dessus, mais je trouve que c'est quelque chose qu'on pourrait faire. Tu peux me raconter une dernière fois où justement tu as senti cette absence de joie ? Ben oui. Typiquement, c'était il y a deux jours, trois jours. Je vais sur Planète Roméo. Et en fait, il y a un mec qui veut que je vienne, mais direct, il me reçoit à quatre pattes et tout ça. Et bon, déjà, je ne suis pas très chaud pour ça, mais bon, ça peut être quand même excitant. Et en fait, au fil de la conversation, je lui dis, je viens. Et le mec a arrêté de m'écrire. Enfin, c'est une histoire... Pas très extraordinaire dans la vie d'un gay parisien, mais ça, par exemple, je trouve que c'est une espèce de... C'est un peu un espèce de truc de violence inutile, le mec. Tu t'es fait ghoster. Oui, voilà. Alors, c'est lui qui est venu me chercher, en plus. C'est lui qui m'a... Le mec m'a contacté, m'a chauffé et m'a ghosté. Et peut-être que lui, il est plein de joie. C'est-à-dire, en fait, son kiff, c'était de se faire un scénario auquel tu as participé. Et puis, le moment de passer à l'acte, il a pu en vivre. Pourquoi ? En tout cas, ce n'était pas joyeux pour toi. C'est ça que tu dis. Ah oui, oui. Pour moi, ce n'était pas joyeux. Mais tu avais l'air de généraliser un peu en disant que tu sentais quand même une absence de joie chez les autres, chez tes partenaires. Je vois parce que je vais aussi au jardin des Tuileries et en fait, je me rends compte que... Tu te promenais ? Oui, oui, oui. Mais tu peux me raconter ce qui se passe au Jardin des Tuileries ? Je pense qu'il y a un sous-texte. Alors, le Jardin des Tuileries, ça fait des siècles que c'est un lieu de drague pour les garçons. Et ça continue. Et donc, il y a des garçons qui y vont. Et en fait, il y a comme une... Enfin, moi, je considère comme une contre-culture un peu à rebours du numérique, des applis. Et là-bas, il y a encore des garçons qui se promènent. Et en fait, je vois, il y a quelques années, je me souviens, je me suis assis sur un banc, et puis il y a un garçon avec qui on a parlé, et puis il m'a parlé un peu de ce qu'il connaissait du Louvre. Mais là... Pareil, je trouve que ce n'est pas très joyeux. En plus, avec les masques, il y a des mecs qui vont masquer. Ce n'est pas fun. Il y a une espèce de lourdeur de culpabilité. Je ne sais pas, mais ce n'est pas du tout fun. Concrètement, tu peux me raconter ta dernière fois aux Tuileries ? Alors, ma dernière fois au Tuileries, je me suis fait arrêter par la police pour la première fois. Donc, ça s'est arrêté de façon hyper spectaculaire. Donc... Donc, concrètement, tu y vas. Moi, je ne l'ai jamais fait. Donc, j'ai besoin que tu m'expliques. Donc, tu y vas à n'importe quel point, parce que le jardin de Tuileries est assez grand. Tu vas à un endroit particulier ? Alors, il y a... Alors, je pense qu'il y a quatre zones. Il y a le carousel du Louvre, qui est une sorte d'arc de triomphe. Et lorsqu'on a la pyramide du Louvre dans le dos, à la gauche du carousel, il y a un labyrinthe. Pour moi, c'est le labyrinthe qui fonctionne le mieux. Et donc voilà, il y a des garçons qui se promènent. Je pense qu'ils se promènent 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Ok, donc toi, c'était quand qu'il y allait la dernière fois ? C'était lundi. Ok, donc lundi, tu arrives, tu vas au labyrinthe. Et qu'est-ce qui se passe ? Eh ben, il y a des garçons qui tournent, mais... Voilà, il y a des garçons qui tournent, il y a des haies qui sont creuses. Donc en fait, il y a comme des chambres... Bon, c'est pas des chambres... C'est des chambres où on peut à peine tenir debout. Et où en fait, voilà, il peut avoir un rapport sexuel, mais il y a quand même des flics qui y tournent. Mais du coup, les haies sont suffisamment hautes pour que ton intimité soit protégée. De façon assez rudimentaire, mais oui. Donc là, toi, tu vas, tu rentres dans le labyrinthe et comment ça se passe ? Tu circules et si tu vois quelqu'un que tu apprécies, tu lui fais... Ça dépend. En fait, tu peux discuter, tu peux directement aller vers le sexe. Moi, j'ai quand même plutôt tendance à un peu discuter. Et là, ce lundi, il s'est passé quoi ? Il s'est passé que j'ai été arrêté par la police. Mais donc, tu rentres dans le labyrinthe, tu trouves quelqu'un, tu discutes et ? Et alors, il y avait un garçon qui me plaisait. Je l'ai suivi. Et puis à un moment, j'ai vu une lampe. Et on m'a dit, monsieur, vos papiers d'identité. Et puis donc, j'ai sorti. J'avais mon sac. Je sortais de la piscine. Et donc, j'ai été fouillé. Et j'étais assez étonné. J'ai dit, mais il me dit, qu'est-ce que vous faites ? Je me promène. Et il m'a dit que c'était illégal. Donc, j'ai appris que c'était illégal. Il m'a dit, oui, c'est de l'exhibitionnisme. C'est vrai que bon... Moi, je n'étais pas en position d'être accusé d'exhibitionnisme. Non, mais je ne comprends pas. Tu étais habillé. Tu étais habillé et la police t'arrête, te demande tes papiers et te dit que ce qui est illégal, c'est l'exhibitionnisme. Ils m'ont dit que c'était illégal d'être là, en fait. Bah... Ce qu'ils m'ont dit, moi, je n'ai pas parlementé. Et donc, j'ai fait « Ah bon ? » Et en même temps, je pense qu'ils veulent... Alors, c'est après que j'ai analysé ça comme ça. Mais je me suis dit « Peut-être que le fait de venir souvent, c'est le fait de... Peut-être que ça n'aille pas trop loin, que les gens calment un peu leurs ardeurs et que ça ne baisse pas dans tous les coins s'il y a des touristes ou quoi. » Je me suis dit « C'est peut-être pour ça qu'ils font des contrôles un peu pour maintenir les gens à température. » Mais bon... Donc tu t'es pas fait arrêter ? Non, non, non, j'allais au théâtre après, j'ai pu y aller. Mais en tout cas, j'ai vraiment eu une décharge d'adrénaline. J'ai trouvé que c'était très... J'avais vraiment l'impression d'être pris la main dans le sac. C'était assez... Elle m'a dit « Bon, je vous laisse quitter les lieux. » Et je suis parti un peu sans me retourner. Après, je suis arrivé à la comédie française et j'ai un peu repris mes esprits. Puis j'étais bien calmé. Si tu prends, donc si tu es sur Planète Roméo, je pense que tu vois les émojis qui peuvent être partagés pour signifier la sexualité. Elles sont aussi sur la couverture du podcast. Si on devait là prendre une photo de ta sexualité actuelle, ça serait quoi les trois émojis ou les top émojis qui représentent le plus ta sexualité aujourd'hui ? Alors, il y a le actif-passif, parce que je suis vers ça. Il y en a un sur la deuxième ligne où il y a deux garçons, que j'aime bien aussi. Et je dirais qu'il y a le sens interdit aussi, voilà. Je dirais que ce seraient les trois. Du coup, c'est quoi pour toi les deux garçons ? Ça représente quoi ? Alors, il n'y a pas longtemps, j'ai rencontré un sexologue qui m'a expliqué comment fonctionnait la sexualité et il m'a dit que la sexualité, ça fonctionnait avec trois piliers. Il y avait les fantasmes, dans lesquels il fallait qu'il y ait de la stimulation intellectuelle, de la transgression. de l'excitation, il y avait les organes sexuels, donc il fallait quand même, a priori, que les organes sexuels soient engagés, et il y avait aussi l'affection, l'émotion, la camaraderie, par exemple, pour les gays. Et en fait, le fait qu'il m'a... Le fait d'apprendre ça, enfin d'apprendre ça, le fait qu'il le verbalise, je me suis dit « Ah oui, mais c'est vachement... C'est exactement ce que je ne comprenais pas. » J'ai l'impression qu'en fait, sur les Jardins des Tuileries et le mec qui me ghoste, en fait, je me dis que la fiction est complètement inexistante. Et lui, ce qu'il m'explique, c'est qu'il faut... qu'il y ait sur ces trois piliers, pour qu'il y ait acte sexuel, il faut qu'il y en ait deux sur les trois minimum qui soient engagés. Et dans un plan cul, c'est complètement le fantasme intellectuel et les organes sexuels. Mais l'affection n'est jamais engagée, pratiquement jamais. En tout cas pour moi, pratiquement. Toi, tu n'as pas de plan régulier où tu as des gens que tu connais, que tu apprécies ? C'est ce que j'essaie de développer au maximum. Au moins que la personne... Au moins que je la connaisse un petit peu ou que je la regarde au moins. Et en fait, je ne veux pas rentrer dans un rapport qui soit purement que mécanique. Donc toi, aujourd'hui, tu es célibataire ? Oui, complètement. Et tu as envie d'être en couple ? Ces deux garçons, c'est une image du couple ou pas ? Ouais, éventuellement, mais au moins qu'on soit deux à avoir un rapport sexuel. Parce que je trouve que c'est pas du tout évident, même, aujourd'hui, d'être deux à avoir un rapport sexuel, de partager quelque chose. Donc concrètement, toi, chaque semaine, tu couches avec combien de personnes ? Je dirais entre une et trois. Ouais, entre une et trois personnes. Et sur chacune de ces rencontres, à chaque fois, tu trouves que la partie émotion est compliquée à engager ? En fait, ça fait un an que j'ai rencontré ce sexologue et je me suis dit que... Enfin, c'est vraiment quelque chose que j'essaye de développer parce que je me rends compte que la sexualité en one-shot... je la trouve déjà assez pauvre et en plus un peu usante aussi. C'est-à-dire qu'on peut aussi beaucoup se... Pas si extraordinaire que ça, au fond. Du coup, ce que j'entends, c'est que toi, tu vois un sexologue régulièrement, t'es en thérapie. Non, non, c'est quelqu'un que j'ai rencontré dans un autre cadre. Mais il m'a sorti ça, il m'a sorti ces trois piliers, et ça a vachement résonné. Je me suis dit, ah oui, c'est ça, et en fait, il y a d'autres choses... Par exemple, ça a répondu à des questions. Moi, je ne suis pas du tout SM et je m'intéresse au sadomasochisme. Je ne comprenais pas, par exemple, pourquoi les sadomasochistes pouvaient se fouetter sans avoir de relation sexuelle. Enfin, de relation sexuelle au terme que moi j'entends. Et en fait, c'est parce qu'ils ont... l'intellectuel et les émotions qui sont pris en charge. Et donc, ils sont pas obligés, donc ils en ont deux sur les trois, ils sont pas obligés d'avoir leurs organes sexuels engagés. Mais du coup, toi, pourquoi tu continues à avoir un à trois partenaires par semaine, alors même que t'es pas satisfait, parce qu'il te manque la partie émotion ? Bah, j'ai... j'ai la partie... En fait, en étant célibataire, je pense que j'ai envie d'avoir de l'émotion, j'ai envie d'avoir de l'affection, mais j'ai aussi des moments où j'ai des pulsions et là, il faut... Enfin, j'aimerais coucher pratiquement avec n'importe qui. Et en fait, je vois que des fois, je suis en mode... Si je vais sur Guéromeo, je suis en mode... J'aimerais bien rencontrer un mec pour passer un bon moment et je vois que je reçois des messages hyper directs tout de suite. Et en même temps, moi, des fois, je peux être dans cet état d'esprit. Je fais des grandes catégories de ce que j'aimerais, mais en fait, dans mes envies à long terme, il y a des moments où je veux de l'affection, de la tendresse, voire partager, peut-être pas une vie de couple, mais en tout cas, une intimité, une relation. Et des fois où il faudrait tirer sur tout ce qui bouge, quoi. Mais du coup, sur ces une à trois personnes par semaine, fois 42, ça fait beaucoup de gens. J'imagine que ce n'est pas hebdo aussi. Mais parmi toutes ces personnes-là, il n'y a personne avec qui tu as eu envie ou tu as pu développer une relation un peu plus amicale, émotionnellement présente ? Pas tant que ça, franchement. Là, cette semaine, j'ai vu un garçon, je pense qu'on ne se reverra pas. Bon, entre les gens que moi, je n'ai pas envie de revoir, les gens que j'ai envie de revoir, que eux ne veulent pas me revoir, les garçons avec qui je couche qui sont en couple ou les garçons avec qui ça le fait, mais qu'en fait, quand on se sépare, enfin, non, vraiment pas. Et pour toi, c'est vraiment un sujet de chance. Tu n'as pas encore rencontré des gens qui sont dispo au même moment que toi, avec qui vous avez des atomes crochus ? Pas vraiment. Franchement, je... Mais eux, j'ai l'impression qu'eux non plus, en fait. Pour toi, il n'y a pas de problème. C'est juste une question de chance, ouais. Non, non, oui, c'est ça. Parce qu'après, depuis l'été dernier, j'ai eu deux relations qui ont duré quelques semaines. Et en fait... Dès que ça match, quand ça match des deux côtés, ça va très vite après. On est tout de suite très dispo. Là, il n'y a pas de souci pour ça. Toi, tu disais que tu as... Je ne sais plus quels ont été tes mots exacts, mais tu disais un couple ou presque. C'est quoi, toi ? Tu tends vers quoi ? J'ai l'impression que ce n'est pas forcément un couple monogame, mais je peux me tromper. Alors, en fait, moi, j'ai vécu six ans et demi avec un paysan. qui habitaient à la campagne. Donc moi, je faisais des allers-retours. Donc j'avais ma vie à Paris et j'allais le voir à la campagne. Et pour moi, j'avais l'impression d'avoir trouvé la formule magique parce qu'il y avait ce côté... J'avais ma vie sociale à Paris entière et j'avais... mon copain que j'aimais et on faisait tout donc en fait vivre en couple en couple non pour moi c'est vraiment pas une option c'est à dire dans la même ville dans le même habitat ouais parce que je vois les gens autour de moi et ça me correspondrait pas a priori parce que sinon tu vivais en couple pendant 6 ans vous habitez pas au même endroit mais ah ouais on était complètement ensemble De toute façon, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir. Alors, je ne les connais pas, mais... Je croyais qu'ils n'ont jamais habité ensemble. Oui, c'est ça. Mais là, il y avait la distance en plus. Il y avait une fausse distance parce que c'était à deux heures et quelques de train. Mais ce n'était pas à l'autre bout du monde. Mais on avait vraiment... C'était exceptionnel. On avait le temps de se manquer aussi. Après, quand on est en couple, en couple, le fait de ne plus avoir le choix... En fait, je me rends compte que je reproduis vachement le... L'image du mariage bourgeois, c'est-à-dire que quand je suis en couple, j'ai tout de suite envie de coucher avec plein de gens. J'ai très vite envie de tromper aussi. Donc ça... Tu te sens enfermé dans certains couples, si jamais... Tout de suite. Ouais, tout de suite. Même... Mais là, je vois même dans ces deux petites relations, rien que le matin, le fait que... je me rends compte en fait d'un côté j'ai très envie de partager de l'affection et d'un autre côté je suis prêt à faire quasiment aucune concession donc c'est pour ça que je suis seul je pense Tu mentionnais l'émoji sens interdit, pourquoi ? Le sens interdit parce que je me rends compte que depuis tout petit, j'ai une relation... En fait, dans ces fantasmes, je me rends compte qu'il y a souvent la transgression qui rentre en jeu, l'interdit. Je me rends compte que l'interdit, c'est vraiment la base de mon imaginaire sexuel. Et je me rends compte que Même avec mes petits copains, sans qu'on se le soit dit, parce que je me rends compte qu'on n'en a jamais vraiment parlé, vu que l'interdit, si on en parle et qu'on se l'autorise, ça ne devient plus de l'interdit, donc c'était même tabou dans le couple, je me rends compte qu'on était beaucoup dans le... comment dire ? On était dans l'imaginaire de la violence. On n'était pas dans l'imaginaire de la violence physique. On ne s'est jamais donné des gifles. Ce n'est pas du tout ça. Mais par contre, on était beaucoup à se prendre en simulant le non-consentement. On se simulait de ce... D'ailleurs, franchement, moi, quand j'ai commencé la sexualité à 17-18 ans, on disait beaucoup « Est-ce que tu te fais prendre ? » Je sais pas, j'ai l'impression que « prendre », c'est plus trop... On dit plus trop ça, mais il y avait vraiment cette dimension de « je te chope », quoi. Et dans le couple, on était vraiment à partager ça. Avec le paysan, c'était... C'était plutôt moi qui me faisait prendre et avec mon dernier amoureux, c'était plutôt moi qui le prenait. Et tu peux me dire concrètement de quoi tu parles ? Donc tu es en couple, vous êtes tous les deux dans une pièce, tu as envie de sexe et comment tu prends quelqu'un en simulant le non-consentement au milieu du consentement ? Alors, ce qui s'est passé, par exemple, en fait, je me rends compte que je sépare le sujet de l'objet. C'est-à-dire que le sujet, c'est mon amoureux, mais des fois, je le prends vraiment comme un objet. et où lui me prend comme un objet par exemple un jour ce qui s'est passé très concrètement je vais à je vais à l'opéra sans mon copain et je rentre assez tard lui il dort déjà je rentre chez lui il était convenu que je dorme chez lui donc je rentre chez lui et il dort et puis j'allume rien et tout ça et là je le prends enfin je commence à me chauffer puis je le prends mais habillé moi je suis resté habillé j'ai presque rien j'ai peut-être enlevé ma veste mais Et j'enlève même pas mon pantalon, je baisse ma braguette et je le prends alors que lui fait semblant de dormir, enfin je sais pas. Et sans un mot, j'éjacule, je remonte ma braguette, je reprends ma veste et je m'en vais. Puis après, je descends, je remonte, et là, j'ouvre la porte et je fais « Ah, bonjour, je suis rentré, ça va, tu dors bien ? » Et puis lui, il me fait « Ah, j'ai fait un cauchemar ! » Par exemple, c'était le genre de truc qui pouvait nous plaire. Alors que je pense qu'en tant que sujet, c'était plutôt moi qui étais soumis à lui. Mais sexuellement, c'était plutôt lui qui était soumis à moi. Donc, je pense que... Enfin, depuis qu'on en a parlé, depuis qu'on s'est... depuis qu'il a été question que je témoigne, j'y ai repensé, mais par exemple ce garçon, m'avait dit une fois « Bon, dans notre couple, c'est simple, les décisions... C'est moi qui prendrai toutes les décisions. » Donc c'est quand même... Il n'était pas... Enfin, c'était vraiment quelqu'un qui a du caractère. Mais sexuellement, il avait des besoins, et moi aussi, de... En fait, c'est aussi vachement... C'est un exutoire aussi, la sexualité. C'est-à-dire qu'on n'est plus... On n'a plus besoin de rentrer dans ce truc de respect, dans ce truc de... En fait, on ne réfléchit plus, les choses se font comme elles doivent se faire, et il n'y a pas de contrôle, et c'est animal, et c'est instinctif. Et justement... Pour toi, en tout cas. Pour nous deux, en tout cas. Moi, je sentais vraiment que c'était comme ça. Et puis ce garçon, on est séparés depuis plusieurs années, mais on est encore amis, on se revoit, et on a des discussions qui sont très... très sincère et profonde et puis je l'aime aussi beaucoup mais c'est vrai que c'est pour ça que je suis un peu partagé sur le là je regardais une émission sur Arte qui s'appelle Culbut où en fait il disait qu'il fallait se dire Ce dont on voulait, il fallait que le consentement soit clair, mais moi, par exemple, dans la sexualité, ça ne me correspond pas, vu que comme c'est de l'interdit, on ne peut pas se mettre d'accord sur les choses interdites qu'on va faire ensemble. Ça ne fonctionne pas comme ça, c'est des choses qu'on sent. Parce que là, par exemple, avec cette relation, vous n'avez jamais mis des mots sur votre sexualité, en fait ? Ben non, parce qu'en fait, si on met des mots, ça casse l'interdit, ça casse le tabou, parce qu'il y avait un truc un peu tabou. C'était comme si... Quand je suis rentré de l'opéra, c'était quand même un peu... Même si c'était complètement faux, il avait largement assez de caractère pour me repousser s'il en avait envie. Mais en tout cas, sur le moment où je le faisais, j'avais l'impression de faire quelque chose de grave. Sauf s'il était endormi et inconscient. Ah non, mais je savais bien qu'il était pas endormi et inconscient. Comment tu le savais ? Bah, je le savais parce qu'il... Enfin, comment dire ? Je l'ai pris dans mes bras. Enfin, il était pas... Enfin, on s'est embrassés. Enfin, il y avait des choses, quand même. Enfin, je sais bien que mon copain est pas endormi. Ok, donc c'est toi qui te racontais cette histoire. Je crois que c'est... Oui, voilà. En fait, je me raconte cette histoire. Je pense que lui... par sa façon de se laisser faire, se raconte la même histoire, mais on ne se l'est jamais dit. Mais c'est marrant parce que, au risque de casser ton trip, j'ai l'impression que ce que j'entends, Et en fait, je le dis pour m'assurer que... Enfin, je me dis pour voir quelle est ta réaction. En gros, ce que j'entends, c'est qu'il est important pour toi de ne pas mettre des mots sur comment tu vas transgresser. Parce que sinon, ça ne t'excite plus. Mais pour autant, tu as besoin de son consentement, on est d'accord. C'est-à-dire que tu t'es assuré qu'il était réveillé et donc conscient. Mais c'est pas comme ça que ça... Bah déjà, je pourrais... Attends, mais reste avec moi. Oui ou non ? Oui, on est d'accord, parce que c'est ce que tu me disais. Tu l'as embrassé, tu l'as... Je lui ai pas dit... je lui ai pas dit est-ce que t'es réveillé est-ce que t'es d'accord attends laisse moi terminer j'ai bien entendu du coup ce que je veux t'offrir c'est vous avez communiqué de façon non verbale et du coup tu vois tu es allé chercher un consentement ou est-ce que toi même de façon non verbale tu vas pas chercher le consentement ah non non je vais toujours chercher le consentement Je pense pas, je me suis posé la question, je me suis dit mais est-ce que j'ai pu me tromper, mais non franchement je pense pas, enfin non j'en suis certain même, parce que la façon dont il a eu de bouger, la façon dont il a eu de, c'est qu'il avait envie, sans en faire trop, enfin il avait envie de se faire prendre en fait. Ok, mais donc du coup, dans le reportage de Arte que moi, je n'ai pas vu, est-ce qu'ils ne disent pas ça ? Ils disent un consentement. Alors, il peut être verbal et non verbal. Peut-être que, mais je n'ai pas entendu le reportage, mais le reportage disait l'importance de passer uniquement par le mot. Oui, clairement. C'est-à-dire, on voyait vraiment deux petits personnages qui se disaient, on se met d'accord et après, on... on va faire ce qu'on veut mais moi par exemple c'est pas il y a tout cet univers de et puis en fait il y a tout ce truc de comment dire si jamais quelqu'un me plaît Il va y avoir ce moment où il y a cette tension sexuelle qui fait que le cœur commence à battre. Est-ce que je l'embrasse ? Je ne l'embrasse pas. Qu'est-ce qui va se passer ? Et ça, pour moi, ça ne peut pas passer par des mots. Ce n'est pas du tout le moment pour demander l'autorisation. Parce qu'en plus, souvent, on... En tout cas, moi, dans ma sexualité, souvent, ce moment, on essaye un petit peu de l'étirer, cette tension sexuelle, pour pas que ça arrive tout de suite, pour faire durer le plaisir du stress. Et il est possible que, moi, par exemple, mon copain paysan, le jour où il a voulu m'embrasser... La première fois, j'ai été dans sa ferme et il a essayé de m'embrasser. Je l'ai repoussé, pas parce que je n'avais pas envie, mais parce que j'avais envie que le jeu continue encore un peu. Donc, en fait, le fait qu'il a insisté... Enfin, c'est beaucoup plus léger qu'un bouton on, off, oui, non. Et au contraire, quand il y a ce trouble de... Enfin, de la sérénade, quoi. Enfin, c'est pour ça que je trouve que c'est... En tout cas, moi, c'est un jeu qui me plaît beaucoup. Est-ce que tu peux me raconter, du coup, ta définition du consentement, ta part de responsabilité, comment toi tu la mettrais en mots ? C'est pas avec une conversation, avec des mots. Et ça a l'air d'être quand même, en vérifiant certains aspects, est-ce que tu peux mettre des mots sur toi ? Comment tu concilies consentement et fantasme du tabou et de l'interdit ? Je pense que la personne peut quitter le jeu aussi. Je pense que c'est un jeu où la personne reste en même temps. Mais bon, ça arrive pas tous les jours non plus. Et c'est pas ta responsabilité de l'aider à quitter le jeu si elle le souhaite ? Le jeu retombe, enfin. C'est-à-dire, je peux pas... Ce délire, il se fait à deux. Je peux pas être dans mon délire tout seul et garder la... Et puis, comment dire... La personne m'excite par son... Par sa simulation de refus. Enfin, non, c'est même pas la simulation de refus, mais... Le... Oui, la personne reste, et en fait, on sent la chose. Et en fait, le fait... Oui, je pense que ça se sent. Je ne crois vraiment pas, je ne pense vraiment pas avoir jamais été trop loin avec quelqu'un, parce qu'en même temps, je me suis rendu compte que cette simulation de sexe, comme si pas forcé, mais tabou en tout cas, je me rends compte que même si j'y pensais beaucoup, elle avait quand même assez rarement lieu. C'est des souvenirs qui sont mémorables dans ma sexualité, Mais ce n'est pas mes rapports quotidiens. Là, dans mes trois rapports, si j'ai un à trois rapports par semaine, je ne pense pas que ce soit passé dans les dernières semaines. Mais en fait, il y a vraiment un truc de... Oui, enfin, les gens continuent. Mais même pour moi, ça m'est déjà arrivé il n'y a pas longtemps d'aller chez un mec... Le mec ne m'a pas... Franchement, le mec ne me plaisait pas. Quand je suis arrivé, j'avais plutôt envie de partir. On s'est assis sur le canapé et puis je ne sais pas, il s'est un peu battu aussi. C'est-à-dire que si mon consentement à l'ouverture en s'assiedant sur le canapé, c'était non. Puis en fait, le mec a réussi à retourner la situation et au final, c'était pas mal. je vais te demander de te reculer légèrement parce que ton bras est sur le fil et j'aimerais pas qu'on perde notre enregistrement t'es un peu sorti de ma question j'entends tout à fait comment ça fonctionne pour toi et ma question elle est pas justifie-toi c'est vraiment pas mon enjeu ma question c'est toi selon toi si tu devais mettre des mots sur ta responsabilité Quant au consentement, toi tu dis « je le sens », et est-ce que tu, du coup, tu sens quoi, je comprends pas ? je sens la personne réceptive à avoir envie de se faire prendre, par exemple. Mais par exemple... Mais peut-être que, amène-moi dans... Donc tu m'as raconté un exemple, est-ce que tu peux me dire dans plus de détails les contours de ces fantasmes de tabou ? Parce que peut-être que je ne comprends pas bien. Est-ce que tu peux m'amener concrètement dans un fantasme que tu as réalisé ? Je vois par exemple, j'avais un amoureux et puis on était un peu en train de se séparer et puis il y avait un peu de l'animosité entre nous et il a voulu me prendre de façon un peu violente et un peu de façon énervée et moi j'ai simulé... un refus, je dis non, non, je veux pas, et il m'a dit, non, bah, allez, juste 5 minutes. Ce qui est quelque chose qu'on a... Comment dire ? Là, on est complètement dans le fantasme du viol, enfin, on est complètement dans la thématique, et c'est un truc que personne n'a envie de vivre. Et en fait, même si j'avais dit non, en fait, j'en avais envie, et ça s'est fait, et c'était vachement bien. Donc, mais, comment dire ? Il n'y a rien eu entre nous qui disait que j'étais d'accord, sauf qu'il y avait une confiance entre nous qui fait que, évidemment, si je n'avais vraiment pas voulu, ça aurait été absolument inconcevable. Mais là... Je sais pas, ça s'est fait sans préméditation, ça s'est fait comme ça. Et en fait, je trouve que c'est ça qui est bon aussi dans la sexualité, c'est que ça se fasse comme ça, sans règles morales. Et en fait, l'immoralité fait partie du fantasme. Mais bon, même si c'est une immoralité qui est feinte, en fait. Parce qu'on était... J'ai jamais été traumatisé par ni lui ni quelqu'un d'autre. Parce qu'en fait, au fond, je sais que je connais mes limites et je sais que je saurais dire non. Mais il est vrai qu'en en parlant avec un amant que j'ai vu quelques fois, lui m'a dit « mais ça t'est jamais arrivé d'être forcé à avoir une relation sexuelle ? » Et en fait, j'ai vu que là, franchement, on ne s'est pas compris. Je lui ai dit, ben non, ça ne m'est jamais arrivé. Et lui, j'ai vu que ça lui était arrivé. Lui, il m'a dit, ah bon, parce que moi, ça m'est arrivé. Et je l'ai regardé un peu. Donc en fait, je me rends compte aussi qu'on n'a peut-être pas tous la capacité à dire non. Donc moi, je dis ça avec mon état d'esprit où ça ne me fait pas du tout peur. C'est-à-dire que... Je me rends compte que je... ça a plus tendance à m'amuser. Je vais donner un autre exemple, j'ai été à Bruxelles il y a quelques années, et j'étais dans le jacuzzi d'un sauna, et il y a un mec, peut-être 50-60 ans, qui ne me plaisait pas du tout, et donc il me raconte, enfin bon voilà, je lui raconte un peu ma vie, et on discute, et puis il commence un peu à me toucher, et donc je l'ai conduit gentiment, et puis là il commence vraiment à me choper, et à me dire, oh vas-y laisse-toi faire, et... et en fait ça m'a j'ai été surpris de ma réaction parce que je me suis dit que je me suis alors même si le mec me plaisait pas Même si je lui ai dit non, non, non, je ne veux vraiment pas. Déjà, sa réaction, je l'ai trouvée quand même assez amusante. Et en même temps, le fait qu'il me chope comme ça, ça m'a un peu rêvé. Enfin, même s'il ne s'est rien passé, ça m'a quand même plu. Le fait qu'il me prenne sauvagement, même si ça s'est arrêté juste là, mais il m'a vraiment chopé. Il m'a dit, allez, laisse-toi faire. Et ça m'a vraiment animé. Donc en fait, bon, ça a duré qu'une seconde, mais je me suis dit que c'était quand même... Enfin, il y avait quand même un truc vraiment de l'ordre du tabou. Alors, je ne sais pas si c'est le tabou de l'interdit ou si c'est instinctivement se faire prendre sauvagement. Mais j'ai aussi l'impression que toi, tu ne t'es pas décrit physiquement, mais tu as la force physique et mentale. En fait, tu te sens en pouvoir dans tout ça. Tu te sens en situation de pouvoir. À aucun moment donné, tu... Tu ne sens vraiment de risque. C'est pour ça que ce fantasme de viol existe et qu'il est possible. C'est que tu sais qu'in fine, tu as le pouvoir. On est d'accord ? Là, c'est parce que tu le dis, mais moi, je ne me le suis jamais... Enfin, même... En fait, si jamais on te met dans la situation où il y a quatre personnes qui te bloquent et t'empêchent, là, en fait, ça t'amuserait beaucoup moins. Oui, non, mais là, c'est un cas absolument très, très extrême. Oui, mais du coup, et je trouve ça trop intéressant qu'on parle de morale, parce que tu vois, là, quand je t'écoutais, je me disais c'est quoi notre responsabilité ? Parce que, tu vois, toi, En fait, tu vas peut-être rencontrer quelqu'un qui est dans la situation où toi tu serais face à quatre personnes, c'est-à-dire même si physiquement tu ne le menaces pas, cette personne, en fait, elle se sent mentalement pas en capacité D'exprimer avec toi. Et donc, c'est bizarre parce que toi, tu dis, il me le dira ou son corps partira s'il n'a pas, si le consentement, je ne l'ai pas. Et en fait, lui, ce qu'il vivra, c'est comme si toi, tu étais entouré de six personnes qui physiquement t'empêchaient, tu vois. Et donc, je reviens. Et vraiment, je n'ai pas de réponse. Et je serais très triste que j'ai zéro jugement. Absolument. Mais je me dis, mais du coup, c'est quoi ma responsabilité si je ne peux pas voir que l'autre n'est pas en capacité d'offrir un consentement clair et éclairé ? Enfin, et total. Alors, déjà, quand je reçois un garçon, surtout si c'est un garçon un peu... Comment dire ? Parce que j'aime bien les garçons qui sont assez petits, qui font 1m70, qui sont assez mignons, qui ont la trentaine. C'est complètement mon style de garçon. Et en même temps que je l'ai... Je ne suis pas vraiment dans le fantasme de les malmener sexuellement, parce que déjà, l'écart de gabarit fait que je n'ai pas besoin d'aller plus loin pour qu'il y ait une différence. Mais après, en même temps qu'il y a ça, il y a le sujet. C'est-à-dire que le sujet, je les chouchoute. L'une des dernières relations que j'ai eues, Le mec, il venait, je lui faisais à manger, je le sortais, je l'amenais à l'opéra, il m'a remercié, il m'a pris dans les bras. Donc en fait, je suis absolument certain de ce qui s'est passé. Et puis d'ailleurs, au final, ça s'est fini que lui a arrêté de me répondre parce qu'il n'avait plus envie de me voir. Enfin, je... Ça se passe dans la chambre, ça. Mais après, j'ai bien senti que... Je sais très bien qu'il s'est jamais... Il s'est jamais forcé à quoi que ce soit. L'une des dernières fois où on s'est vus, on a couché ensemble, il m'a dit « Ah, ça faisait trois jours que j'avais envie qu'on fasse l'amour. » Enfin, je vois ce qui se passe. C'est-à-dire qu'on n'est pas obligé de... En tout cas, moi, dans les relations dans lesquelles je suis, c'est pour ça que je ne comprends pas vraiment ce... Enfin, dans les relations dans lesquelles je suis, je sais vraiment ce qui se passe. Il y a un garçon qui est venu il y a quelque temps parce qu'il voulait se faire prendre et il me dit qu'il a du mal à se faire prendre alors qu'il en a envie, mais que machin, il est un peu coincé. On a été absolument... Absolument à son rythme. En fait, je me rends compte que le fantasme, on peut l'avoir dans la tête et l'exercer. En fait, je me rends compte que les exemples que je te donne, c'est quand même des exemples de personnes avec qui j'étais en couple, donc avec qui un rythme s'est installé. Et c'est pas avec la première personne... Mais par exemple, si jamais je devais cogner quelqu'un involontairement, je sais que je me sentirais très mal. Et si jamais quelqu'un avait été... Forcé... Enfin, si jamais... Non, non, je sais que ça me paraît inconcevable. Je vois bien qu'on est dans un... Déjà, les garçons viennent, puis ça arrive des fois qu'il y a des garçons qui viennent et qui n'ont pas envie. Et... Il faut espérer que ça ne soit pas comme la personne que tu as rencontrée, qui se force, c'est-à-dire qui vient et qui n'arrive pas à partir. Mais en tout cas, pour moi, en fait, ce que je retiens de notre échange, c'est que... Alors, première chose, c'est quand tu m'as dit le fantasme autour de l'interdit, c'est le concept du fantasme. C'est qu'en fait, il y a une forme de transgression... et une forme de grande liberté où tout est possible. Et d'ailleurs, je pense tout de suite à les catégories les plus vues sur les trucs pornos, en tout cas hétéros et je pense LGBT aussi, c'est les trucs avec les papas, les mamans, en termes de nombre de clics et de vues. Donc bien sûr que le fantasme est dans l'interdit et qu'il y a cette frontière-là du consentement. Je trouve quand même que la discussion est super intéressante, le fait qu'on conscientise ces rapports de pouvoir. Je suis sûr qu'on va trouver un moyen de continuer à vivre une sexualité totalement libre et débridée et créative en négociant le consentement d'une façon intéressante qui ne brise pas le désir sexuel. Après, je ne crois pas... Comment dire ? Je crois pas que je négocie le consentement, mais en fait, c'est un... Je voulais dire entendre le consentement, pardon. Ah oui. Oui, mais en fait, par exemple, si un... Comment dire ? Si un garçon... À Montréal, ça m'est arrivé, ça. Il y a un mec hétéro complètement qui voulait se faire masser, et puis bon, moi j'aime bien masser, donc il est venu chez moi, et puis je l'ai massé, et puis ça a un peu dérapé dans la mesure où lui était capable de faire... et puis en fait enfin comment dire enfin au bout d'un moment enfin il y a eu un comment dire au bout d'un moment on pouvait pas aller plus loin quoi c'est à dire je l'ai senti mais on a pas je vois pas comment j'aurais pu aller plus loin là ces deux mecs là que je connais qui m'ont dit que vraiment ça a été trop loin et que leur consentement était vraiment plus engagé La façon dont ils me l'ont raconté, c'est que les gens les ont carrément enfermés dans leur appart. Donc c'est quand même des trucs... très grave, donc on n'est pas du tout dans la même mesure que moi, ou juste on est dans le non-verbal, c'est pas du tout la même chose. Et que je comprenne, dans ta réalité sexuelle au quotidien, cette part de fantasme, c'est un petit peu mécanique comme question, mais c'est quoi le pourcentage de tes relations sexuelles des trois derniers mois qui ont ce goût, ce fantasme, qui ont un élément de tabou ou d'interdit ? Alors, en fait, en en parlant avec toi, moi, par exemple, quand on s'est contactés et quand je t'ai dit que j'aimerais bien témoigner, je m'étais dit « Ah ouais, moi, c'est vraiment ça, le fantasme, je le prends sauvagement. » Et en y réfléchissant, je me suis rendu compte que c'était beaucoup un fantasme qui restait dans ma tête, mais qui était assez peu appliqué. Parce qu'entre-temps, il y a un garçon qui est venu chez moi, Et en fait, je me suis rendu compte que ce que je lui ai proposé, c'est un truc beaucoup plus cucu que ça, quoi. C'est-à-dire, je lui ai fait à manger, alors que c'était la première fois qu'on se voyait. Puis après, on a fait l'amour de façon très conventionnelle. Enfin, je me suis dit... Et pendant qu'on faisait l'amour, je me suis dit, ah non, mais j'ai une idée de moi qui est complètement fantasmée aussi, quoi. Ou peut-être que c'est dans ta sexualité masturbatoire, c'est quand tu te branles. Peut-être, oui. Et si tu te branles tous les jours, c'est tous les jours que tu éjacules sur le fantasme de l'interdit. C'est possible, c'est possible. Parce qu'en fait, je me rends compte qu'avec le fantasme de l'interdit... Et le fantasme du viol est rattaché à ça, le fantasme de la standardisation. Par exemple, là, j'ai hébergé un oncle à moi, cette semaine, qui m'a parlé de son service militaire, et il m'a dit, mais tu sais, quand on trace la tête et qu'on est tous en uniforme, on se regarde, mais on se dit, mais on est les mêmes. Et je trouve qu'il y a une dimension très... exutoire de ça, de se dire qu'en fait, on n'est plus sujet, se libérer du sujet, se libérer de Jérôme, c'est-à-dire qu'on n'est plus nous-mêmes, on fait un truc d'animal, sans réfléchir, parce qu'il faut que ça se fasse, même, est-ce qu'on est d'accord pour le faire ou pas, on imagine que ça pourrait, à la limite, ne pas rentrer en jeu, et on le fait, et pendant quelques instants, on sort de soi-même, Et on se lâche et il n'y a plus d'image de nous-mêmes. On se libère de ça un moment. Ouais, il y a ça aussi. Je me rends compte. Mais du coup, tu as dû vivre ta meilleure vie quand tu as été arrêté par la police contre l'identité. Tu étais en plein dans l'interdit, non ? Après, il y a l'image de l'interdit et l'application. Je me rends compte que... En fait, c'était un mélange des deux. Je pense que j'étais content de le vivre parce que je me suis dit « Ah ouais, c'est quand même un... » Puis surtout, comme c'est pas non plus top ambiance, les tuileries, je trouve, c'est un peu triste. Donc je me suis dit « Au moins, j'ai vécu... J'aurais un truc à raconter. » Et puis comme t'es blanc, il t'arrive à rien ? Bah après, comment dire, moi je sais que par rapport à la police, je suis très, comment dire, je monte pas du tout sur mes grands chevaux, je me laisse complètement faire, et à chaque fois que ça s'est passé, j'ai pas dit, ouais mais qu'est-ce que vous... Enfin voilà, j'ai pas rentré dans un truc, et ça a été, ils ont fui des monstres. Ils m'ont dit, vous avez dit... Vous avez des objets tranchants dans votre sac. Vous n'êtes pas tombé sur un méchant garçon. Il y avait ma serviette de piscine et un livre. Mais en même temps, quand je suis parti, c'était un mélange de « c'est grave, je n'ai pas passé un bon moment parce que ça m'a quand même stressé, mais j'étais quand même content de l'avoir vécu ». Si on regarde le futur, on fait un prochain épisode, toi et moi, dans deux ans. T'aimerais me raconter quoi à propos de ce chemin d'intimité, de sexualité ? Qu'est-ce que t'aimerais faire à devenir ? Moi, il y a quand même un truc qui me fait... En fait, j'aimerais bien qu'on reste libre dans notre sexualité parce que j'ai quand même... Tu peux parler en jeu. Alors, j'aimerais bien que les... J'aimerais bien rester dans une liberté dans la sexualité. J'ai quand même l'impression... Alors... En fait, je me rends compte que le fantasme de prendre quelqu'un sauvagement, c'est quand même quelque chose de presque grave aujourd'hui. Alors que, enfin, j'aimerais bien que la sexualité, que la priorité de la sexualité, ce soit le plaisir... Plutôt que... Comment dire ? Que ce soit le plaisir et la liberté. Je me rends compte que... Donc concrètement, dans deux ans, je te dis coucou Jérôme, alors il s'est passé quoi ? Toi, t'as envie d'avoir... plusieurs relations sexuelles par mois, je suis un peu bébête et méchant, pendant lesquelles t'as pu vivre toute ta sauvagerie dans la joie et l'échange ? Ah bah ouais, clairement. Ah bah oui, j'ai pas du tout envie de me restreindre là-dessus. Et puis j'ai pas du tout envie de... Et t'es en couple ou pas ? Et vous n'habitez pas ensemble ? Plus ça va. Moi, j'ai 36 ans. Plus ça va et plus je me rends compte que ça s'éloigne. Je ne vois pas... En plus, je me rends compte que si jamais j'ai un amoureux et que sexuellement, ce n'est pas terrible, je vais avoir envie d'aller ailleurs. Et si jamais sexuellement, c'est génial, ça va me booster mes envies sexuelles et je vais aussi avoir envie d'aller ailleurs. Tu pourrais avoir un couple ouvert ? Je ne suis pas hyper emballé par le couple ouvert. Je me rends compte que... Alors, il y a la PrEP aussi. Là, j'ai découvert mes deux dernières... Moi, je prends la PrEP et c'est la première fois que mes deux relations, j'ai découvert... Enfin, commencer une relation en étant dans la PrEP, c'est quelque chose que je découvre aussi. Ça change les règles du jeu quand même de la fidélité. je sais pas je me rends compte que j'aimerais bien me dire ouais j'ai rencontré quelqu'un et on a trouvé la formule mais la formule je la vois pas là de moi même j'arrive pas à m'imaginer les règles du jeu possibles pour que moi je sois épanoui Et est-ce que sexuellement t'as essayé des choses particulières ? Là dans deux ans il y a des choses que t'aimerais dans les deux années à venir faire ? J'aimerais bien avoir un orgasme prostatique que j'ai jamais eu. Mais sinon, en fait, je me rends compte que les pratiques... En fait, il y a des pratiques, c'est vraiment non, quoi. C'est-à-dire, le fist, je pense vraiment pas que ça m'intéresse. Uro, pas du tout. En fait, je me rends compte que mes pratiques sont assez... Ma sexualité, elle est assez... je suis pas a priori dans la nouveauté je me rends compte de ça je pense que quand même la PrEP a fait évoluer ma sexualité parce qu'il y a plus de préservatifs mais je crois pas que je serais vraiment étonné si dans deux ans tu te dis ouais j'ai trouvé un truc en fait j'étais complètement j'étais à côté de la plaque franchement je pense pas mais je te souhaite rendez-vous dans deux ans rendez-vous dans deux ans merci Jérôme merci Du coup, tu voulais lire un petit passage ? de 92 ans, qui fait encore des cérémonies. Donc, elle, c'est très théâtral, très cérébral, énormément dans l'émotion. Il n'y a pas forcément de rapport sexuel, de génitalisation, mais... Bon, là, dans le cas que j'aimerais dire, c'est... Il va y en avoir. Et alors que je comprenne, pourquoi ce passage ? Parce que pour moi, ça illustre bien les questions que je me pose sur le consentement à travers cet extrait. Donc ça se passe dans une cérémonie dans un grand appartement et Catherine Robrier, donc Jeanne de Bergue, mène et maîtresse de cérémonie, et dit à chacun ce qu'il doit faire, ce qui est attendu de lui, et donc ça se passe dans un appartement où il y a une mézanine, et dans cette cérémonie, il y a une femme qui s'appelle Sybille, et au début de la cérémonie, elle... Elle dit qu'elle a un différent avec cette Sibyl et qu'elle va lui régler son compte, enfin en tout cas régler un différent avec elle. Et à un moment dans la cérémonie, elle lui parle. Alors attends, une cérémonie c'est quoi ? C'est une histoire vraie ? Il y a des cérémonies ? Oui, c'est ça. Et donc on se regroupe dans un appartement, il y a quelqu'un qui a le pouvoir ? Ou ailleurs ? Oui. On se retrouve n'importe où et il y a des... Et il y a des... Comment dire ? Il y a une maîtresse de cérémonie qui, souvent à partir d'un tableau, d'une musique, d'un roman, d'une histoire ou d'une scène, va créer un événement souvent très visuel axé sur le sadomasochisme. Toi, tu y as participé ? Non, non, non. Tu aimerais ? Je crois pas. Mais il y a un chroniqueur. Il y a un chroniqueur dans un coin qui note tout. Mais moi, je ne suis pas dans le sadomasochisme. Ça me fascine parce que ça me fascine dans son côté extrême. Pas extrême, dans son côté hors norme. Mais moi, je ne pense pas être là-dedans. Je ne suis pas assez cérébral pour être là-dedans. Donc, je lis l'extrait. Donc, Jeanne de Berg s'adresse à Sibyl. « Quelque chose s'est mal passé la dernière fois que nous nous sommes vus. Lors de cette soirée, je vous avais convié chez D. Tout s'était bien déroulé. Vous aviez été parfaite. Puis un homme vous a demandé s'il pouvait vous sodomiser. » Vous aviez accepté, vous aviez dit oui, et tout d'un coup, vous vous êtes mis à l'injurier, sans aucune justification, on ne sait pourquoi. Un petit coup d'eau. Hop, on reprend. Je me lève, la cravache à la main, je me sens prise d'une colère froide. Vous savez que je n'admets pas ce genre de comportement de la part de ceux qui ont accepté de me suivre. Personne ne vous obligeait à dire oui, il vous suffisait de refuser, de dire non, tout simplement. Vous savez parler que je sache. Vous l'avez démontré fâcheusement la circonstance. Mais vous aviez dit oui, et quand on dit oui, on s'exécute. Je n'admets pas cette rébellion, vous m'avez déçu, profondément déçu. La sentence tombe, mon mécontentement longtemps contenu s'y libère, éclatant en mots crus, inhabituels dans ma bouche. Vous allez être punis. Ce que vous n'avez pas voulu faire, vous allez le faire ici et maintenant, et cette fois, on ne vous... Et cette fois, on ne... Et cette fois, on ne vous demandera pas la permission. Vous allez être baisés, enculés, devant nous. Et si ça ne vous convient pas, eh bien, on ne se verra plus. Ce sera terminé. Voilà tout. Un homme est caché là. Il va venir. Peut-être, si ça lui chante, vous allez l'attendre. Vous allez attendre son bon vouloir. Voilà. Ça, par exemple, c'est... Personne n'a envie de vivre ça au premier degré. Personne n'a envie d'être dans une situation d'être attaché et violé comme... Enfin, pire qu'un esclave sexuel. Mais on peut avoir envie... de le vivre. Bon, moi, ce n'est pas ce que j'ai envie de vivre et ce n'est pas ce que j'ai envie de faire vivre à quelqu'un. Mais, comment dire, si les gens ont ça dans la tête, qu'ils se le permettent. Et en fait, quand je lis ça, alors, moi, personnellement, ça ne m'excite pas, mais je me dis, ça existe, ça fait du bien de se dire qu'il y a des gens qui s'affranchissent pratiquement totalement de la morale, en fait. Et le dernier livre de son époux, Catherine Robbe-Grillet, Alain Robbe-Grillet, qui s'appelle « Un roman sentimental », Ça va même beaucoup plus loin que ça. Et en fait, j'imagine... Je trouve que c'est intéressant aussi d'explorer le côté outrancier. Et je trouve que... Actuellement, j'ai l'impression d'évoluer dans un... dans un milieu un petit peu répressif au niveau des questions de consentement, comme si on était... Je suis pas sûr... Alors j'ai entendu, je sais pas si c'est vrai, qu'il y avait même une application dans les pays du Nord où en fait on confirme son consentement sur son smartphone. Je me dis, moi je sais pas quelle est la sexualité des gens, mais moi c'est vraiment un truc qui me... C'est vraiment attaquer le désir à la tronçonneuse. Ce n'est pas possible du tout. Et voilà, c'est la fin de cet épisode. Si vous aimez les témoignages intimes comme celui que vous venez d'écouter, je vous propose de découvrir mes autres podcasts sur l'intime. A vous de cliquer sur le lien que je vous mets dans le descriptif de cet épisode. A très bientôt !

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