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Hello, hello ! Coucou, toi l'auditeur ou l'auditrice. J'espère que tu vas bien, je me marre tout seul sur mon intro un peu spéciale. Aujourd'hui, je t'embarque sur un épisode hors série. Alors ça suffit.
Le sexe, on va arrêter un instant de parler cul, quéquette et zézette, et je te propose un témoignage sur la paternité gay. En fait, j'ai un autre podcast qui s'appelle Histoire de devenir moi, et sur ce podcast, j'ai eu Chris. Chris est gay, il a toujours rêvé d'être papa. Bon, il avait fait une croix dessus, il se disait « c'est pas possible, j'ai pas les moyens de faire une GPA ». Et puis un jour, il se rend compte que c'est possible de faire un bébé avec sa meilleure amie hétéro,
Et ensemble, ils vont tricoter, créer leur famille hors normes. Et en fait, j'adore ce témoignage. Et je te le propose là sur ce podcast. Cette semaine et les deux qui viennent, tu auras les trois premiers épisodes. Si tu as envie d'écouter la suite, il te faudra tapoter.
histoire de devenir moi dans ta plateforme de podcast. Bon, et sinon, dans les grosses nouvelles de l'été, j'ai assumé ma calvitie, je perds mes cheveux, j'ai plus de 30 ans. Franchement, un truc qui nous stresse tous les hommes, j'ai l'impression. J'ai dit « Guillaume, tu y vas », je suis allé chez le coiffeur, j'ai tout rasé.
Et je suis trop beau. Ah non, non, je mets de côté un instant l'humilité. Franchement, c'est pas si catastrophique que ça. Je trouve ça beaucoup plus aligné au lieu d'avoir, tu vois, des cheveux un peu qui partent dans tous les sens. On a l'impression que je suis trop chum. En vrai, je suis une belle personne, quel que soit le type de mes cheveux. Mais moi, ça faisait longtemps que je m'étais pas regardé dans une glace en me disant, franchement,
Je te fais un câlin. Si tu veux voir ma tête, viens sur mon Instagram. Voilà. Je ne recule devant rien pour t'attirer sur mes réseaux sociaux. Et quand tu es sur mes réseaux sociaux, fais-moi coucou. Autre nouvelle, sur les conseils avisés d'un super auditeur qui m'a dit « Ouais, c'est cool ton podcast, mais viens, on parle. On crée une communauté, un groupe Facebook ou je sais pas quoi. Comment on peut discuter entre auditeurs ? »
Et puis discuter avec toi, Guillaume. Du coup, on a lancé un Discord. Alors si, comme moi, tu ne sais pas ce que c'est, n'aie crainte. C'est gratuit. Tu télécharges l'application. Tu fais ton petit profil. Et pouf, c'est une sorte de forum. Si tu as plus de 30 ans comme moi, tu sais ce que c'est. En tout cas, un espace où c'est super simple de discuter. On discute de sexe, de santé sexuelle.
Si tu as des questions pour moi, sur moi ou sur le podcast, je pense que c'est plus intéressant, tu peux aussi les poser. En tout cas, c'est trop bien, viens, je mets le lien dans le descriptif de cet épisode. Paf ! Et enfin, avant de te laisser avec ton épisode hors série, clairement je suis ultra motivé parce que j'ai enfin réussi à prendre des vacances !
J'ai un gros problème, moi je n'arrive pas à déconnecter, donc le podcast est tout le temps dans ma tête, ça tourne, ça tourne, ça tourne. Et je t'avoue que j'ai un peu frôlé le burn-out, je vais quand même être honnête, alors peut-être pas dans des niveaux réels, parce que le burn-out c'est médical, mais j'ai presque eu envie d'arrêter le podcast. J'avais plus d'énergie, plus de créativité, j'étais assez triste.
Et j'étais un peu écrasé par le projet. Joie et bonheur, je suis allé me balader en Suisse, en Savoie, j'ai kiffé, trop cool. Je me suis rempli les batteries en sautant dans des lacs de montagne. Non mais ça, je vous conseille vivement, si vous avez la chance de passer à côté d'un lac, c'est très bien. Mais encore mieux, un lac de montagne. Arrête-toi, c'est un peu frais au début, mais tu sautes et hop !
T'es une personne plus heureuse. C'est ce que je pense. En plus des lacs de montagne, je me promenais sur Grindr, Tinder et toute autre app de rencontre pour travailler à mon propre développement sexuel, mon épanouissement à moi. Et bam, je tombe sur des auditeurs, des gens qui m'envoient des petits messages. « Ah, coucou, c'est toi qui fais les podcasts. On est allé prendre des cafés. Il y en a même qui ont accepté de m'héberger. En tout bien, tout honneur. »
Enfin, pas toujours, mais ça c'est une autre histoire. Non, en vrai, pour être plus sérieux, j'ai trouvé ça trop cool, moi qui suis tout seul un peu derrière mon ordi avec un micro et puis avec les gens qui témoignent, de rencontrer des auditeurs qui racontent en fait comment le podcast résonne pour eux, puis qui sont des vrais gens, des gens trop chouettes.
C'était génial. Donc, le Discord, c'est trop bien pour le virtuel. Mais j'ai aussi envie de commencer à me déplacer en France pour commencer dans différents villes, villages. Du coup, il faut que je trouve un moyen pour que si toi, tu es un auditeur et que tu as envie qu'on prenne un café avec moi et d'autres auditeurs de ton village ou de ta ville…
Et bah pouf, je te contacte. Bon, je sais pas, je vais à la rentrée penser à ça. En tout cas, je suis requinqué et ça fait trop du bien. Et je termine par le truc qui me stresse et qui est les sous. Donc j'ai un objectif de 400 personnes qui me donnent 5 euros par mois pour que j'ai en gros un gros SMIC net. On est à 51. D'un côté, je suis trop content parce que 51 personnes, mais tu te rends compte ?
Moi, si tu m'avais dit il y a deux ans en commençant que ça allait être possible d'avoir 50 personnes qui donnent chaque mois, je me serais dit « c'est pas possible ». Franchement, si tu me donnes chaque mois, je te remercie vraiment. Si tu ne me donnes pas encore et que tu as les moyens, réfléchis-y, j'ai vraiment envie de t'inciter à le faire. On est à 51 sur 400, donc parfois je me dis « mais je vais jamais y arriver ».
Parfois, je me dis « bah si, tu vas y arriver puisque tu as déjà fait 50 ». Donc là, en fait, pendant l'été, il n'y a eu plus personne, pas de nouveaux donateurs. Pendant l'été, les gens ont fait comme moi, ils se sont déconnectés, ils ont écouté le podcast, mais ils ont rangé la carte bleue dans la poche. Peut-être qu'ils ont sauté dans le lac de montagne avec leur carte bleue qu'ils ont perdue.
Je m'emballe. Tout ça pour dire que dans le descriptif de cet épisode, il y a toujours le lien du site sur lequel tu trouves le Discord, sur lequel tu trouves le lien pour faire un don sur mon Tipeee. Et enfin, si tu dis « mais moi j'ai pas de thunes Guillaume », eh bien tu es quand même le bienvenu, la bienvenue, il n'y a pas de soucis. Tu peux peut-être aller sur Apple Podcasts et Spotify mettre 5 étoiles.
Allez, classe à l'épisode. Je te souhaite, si tu es en vacances, des super belles vacances. Si tu ne l'es pas en vacances, un bel été tout de même. Et si tu m'écoutes et que ce n'est pas l'été, j'espère que la saisonnalité dans laquelle tu es te va bien et que ça va. Bisous !
Alors la qualité audio de cette intro n'était pas ouf parce que je suis avec mon iPhone, c'est les vacances, je laisse le micro au placard. Aussi, si t'as l'impression que j'ai chuchoté, c'est pas faux parce qu'à côté, mon frère et ma belle-sœur tentent de faire une sieste et donc du coup, je chuchote.
Moi, j'avais envie qu'on prenne les choses chronologiquement. Et du coup, on va commencer par le tout début. Parce qu'on peut déjà divulgacher un morceau de la fin. C'est que tu vas accoucher en septembre. Je vais accoucher. Vous allez accoucher en septembre. C'est prévu pour fin septembre. Et on peut même divulgacher le sexe d'un petit garçon. Tu te souviens quand tu t'es dit que tu avais envie d'être père ?
J'ai pas forcément un souvenir précis, d'un moment précis. J'ai comme ce sentiment que depuis très petit, depuis très jeune, je me suis toujours vu et projeté là-dedans.
J'ai un souvenir de… Enfin, par rapport à ça, justement, qui est peut-être pas hyper sympa pour mon père, avec qui j'ai eu des relations compliquées, mais ça va beaucoup mieux aujourd'hui. Mais je me rappelle que quand j'étais petit, qu'on avait des relations conflictuelles, je me disais… Ah non, mais moi, avec mes enfants, je ne serais pas du tout comme ça. Je me disais, mais je ne comprends pas comment…
Tu vois, un papa, un père peut être comme ça avec son fils, en l'occurrence, parce que c'était vis-à-vis de moi. Et je sais que je me disais quand je serai papa, je serai pas comme ça. Et à cette époque là, tu savais que t'étais gay ?
Ah non, parce que là, c'est des trucs style… C'est tout petit. Ah ouais, c'est tout petit. Je ne sais pas, je devais être peut-être en primaire. C'était vraiment quand j'étais gamin où je me disais… Ouais, c'était tout petit. Mais du coup, toi et moi, on a grandi…
dans une famille normée en tout cas moi j'ai un papa une maman, toi aussi et du coup là j'entends un petit garçon qui reproduit la norme, qui se dit moi un jour je reproduirai et c'est ça qui m'intéresse particulièrement avec ton histoire c'est que à quel moment donné tu t'es dit ah je suis gay et j'ai envie d'être papa quand même le quand même étant entre guillemets tu vois par exemple moi j'ai pas envie de devenir papa il y a un moment où ça se choisit
Ok, alors dans ces cas-là, moi j'ai l'impression depuis tout petit de m'être dit je sens que j'aime ça, ça m'a toujours attiré. J'adorais, je sais pas, m'occuper, jouer avec mes petits cousins. Je sais pas, j'ai toujours adoré jouer avec les gamins. J'ai toujours trouvé qu'il y avait une relation, un truc génial à entretenir et à créer avec eux. Je dirais plutôt qu'à l'inverse, c'est quand j'ai réalisé…
J'ai fait mon coming out quand j'avais… Enfin, j'ai eu mon premier mec quand j'avais 17 ans. Là, après, j'ai eu des mecs et tout. Et je pense que c'est quelques années après avoir réalisé que j'étais gay, donc quand j'avais genre 21 ans, c'est plutôt en réalisant que j'étais gay et en comprenant quel type de vie…
A priori, j'étais destiné à avoir. C'est plutôt là où je me suis dit « Ah merde, en fait, comme je suis gay, ça va être un problème pour être papa. »
Et c'est plutôt, en fait, à l'inverse, c'est plutôt… Je me suis toujours dit « Ah, mais c'est génial, j'ai trop envie, ça me paraît instinctif, naturel, ça me paraît un truc dont j'ai vraiment envie. » Et c'est plutôt au moment où je me suis dit « Ah oui, mais en fait, là, t'es en train de réaliser que t'es gay, que tu vas vivre ouvertement ta sexualité, que tu vas pas te cacher et tout. » Et du coup, ça, ça va être un problème. Et a priori, de ce que je voyais à l'époque, il y a 20 ans, quoi…
Gay voulait dire ne pas avoir d'enfant. Tu me parlais quand on préparait cet entretien d'un bad trip à 21 ans. Ouais, j'allais t'en parler là. Le bad trip, c'est quoi ? Le bad trip, c'est que j'étais en soirée. J'avais sûrement trop picolé et je suis parti un peu en vrille. J'ai eu l'alcool mauvais et je suis parti en vrille avec des espèces d'idées noires.
Donc, j'ai fait un mauvais passage, un mauvais voyage. Et en gros, je crois que j'avais 21 ans. Donc, ça faisait déjà bien 3-4 ans que je m'assumais homosexuel.
Et je ne sais pas pourquoi, ce soir-là, j'étais en soirée avec mes meilleurs potes. Et j'ai picolé, j'ai picolé. Et tout d'un coup, je ne sais pas pourquoi, il est ressorti ce truc. Tout d'un coup, je leur ai dit « Putain, mais vous ne vous rendez pas compte. Moi, je suis gay et je ne vais pas pouvoir avoir d'enfant. »
Et alors eux, il faut remettre dans le contexte, 21 ans, complètement pété en soirée et tout, c'était l'été, tout le monde était ailleurs, tout le monde était là, on s'en fout mais en fait on est en soirée, de quoi tu nous parles et puis ça veut rien dire, pourquoi tu dis ça ? Et puis moi je leur disais mais vous pouvez pas vous rendre compte, vous comprenez pas et tout, et ça m'a tellement…
je sais pas, angoissé, ou j'étais pas bien, ou voilà, que je me rappelle mettre… Alors je sais pas s'il y avait un côté un peu théâtral ou je sais pas quoi, enfin j'étais vraiment dans du drama, et je me rappelle mettre un moment genre cogné, je me cognais la tête contre le crépit de la maison…
mais en mode après j'avais quelques petites croûtes sur le front et j'étais vraiment en mode genre putain putain mais ça fait chier vous vous rendez pas compte j'ai l'impression qu'on m'enlève une partie de moi d'un truc genre je vois bien que je pars avec pas un handicap mais on m'enlève quelque chose auquel je pourrais jamais accéder et tu te rends compte que ça a beaucoup de valeur pour toi
En fait, à ce moment-là, je pense que surtout, je me dis, il va falloir faire le deuil de ça. C'est plutôt ça. À ce moment-là, je me dis…
En fait, pour moi, c'était un espèce de truc acquis, évident. Je me rappelle que j'ai des brefs souvenirs que quand on était plus jeune, ado ou au lycée, il y avait toujours des discussions de « Et toi, plus tard, tu voudrais des enfants ? Tu en voudrais combien ? » Et moi, ça me paraissait naturel de répondre « Ah ouais, j'en voudrais bien deux. » Et là, c'est un peu le moment où je me suis dit « Putain, en fait, tout ça, là,
t'as cru que ça allait arriver, que ça allait être normal, enfin voilà, normal ça veut rien dire, mais que ça allait arriver, ça n'arrivera pas.
Donc, il faut en faire le deuil. Et c'est quoi la différence ? Est-ce que tu fais une différence entre le toi qui veut reproduire, un peu par automatisme, normal, donc tu reproduis une norme, et le toi qui décide d'être père ? Et je trouve que dans ton cas, puisqu'il y a plus d'embûches pour devenir papa quand on est gay, ça nécessite un niveau de réflexion et d'investissement en temps et en finances ?
Qui est largement plus que si je suis hétéro. Il y a des embûches, il y a des enjeux. Il faut trouver la bonne personne. La famille n'est pas une évidence quand tu es hétéro. Mais tu es d'accord quand tu es gay un peu plus. Donc, j'ai l'impression. Est-ce que tu te souviens le moment où tu t'es dit bon, ça va être peut-être plus compliqué, mais je m'y mets ?
Ah ouais, ça c'est arrivé tard, c'est arrivé, je devais avoir je pense 31 ou 32 ans. T'en as 37 aujourd'hui. Ouais, c'était il y a 5 ans, 5 ou 6, ouais c'est ça, c'était il y a 5 ans. Donc t'as 10 ans juste, t'as 10 ans où tu fais le deuil. Complètement. Et tu te dis c'est pas possible, mais quand t'entends parler de famille homoparentale, parce que quand même…
sur ces 10-15 dernières années, on a des récits ? Tu t'es pas dit, tiens, ça pourrait être moi ? Pas jusqu'à mes 30 et quelques. En fait, je voyais qu'il y avait tout le débat entre le mariage pour tous, GPA, famille homoparentale, ou je sais pas, de la coparentalité. Je voyais que tout ça émergeait.
Mais je pense que je l'avais vraiment enfouie, que c'était encore… Ouais, j'étais encore dans un truc de… Soit je suis trop jeune, soit c'est pas le moment, soit… Je pense que je l'avais un peu enfouie et tout, parce que j'étais en relation avec un mec pendant plusieurs années. Et en fait, là, quand je suis arrivé à 31, 32, que j'ai vu tous mes potes autour de moi qui commençaient à avoir des gamins…
Je pense que là, ça a commencé à me titiller en mode, en fait, toi aussi, peut-être qu'il y a un moment, si tu le veux vraiment, il va falloir se lancer. Et je pense que c'est là où j'ai commencé à me réintéresser au sujet et à me dire, en fait, ça peut être possible pour toi aussi.
Quand avant, j'étais plus dans… Bon, tous mes potes d'enfance et tout ont des gamins. Mes cousins et cousines commencent à avoir des gamins et tout. Et moi, j'étais un peu en mode genre… Ah, fais chier ! En fait, c'est le sujet qui ne m'était pas bien, que je préférais mettre sous le tapis et me dire que je ne préfère pas y penser parce que je sais que ça remue des trucs pas confortables pour moi, pas agréables. Et je préférais le mettre sous le tapis. Donc, je ne me suis pas vraiment intéressé pendant…
Pendant dix ans, jusqu'à ce que je commence une psychothérapie et que la psy, dans la première séance, me tende un stylo et elle me dise « Ce stylo, tu vas prétendre que c'est… » Enfin, je ne sais plus si elle me tutoyait ou me voyait, peu importe. « Ce stylo est une baguette magique. Avec cette baguette magique, tu peux faire ce que tu veux. »
Dans ta vie. Qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce que tu voudrais ? Qu'est-ce que… Voilà. Et de là est sorti… J'ai dit, en fait, si j'ai envie d'avoir un enfant, j'y arriverai. En fait, je vois pas pourquoi je ne pourrais pas y arriver. Et c'est de là où je me suis remis un peu…
Dans ce truc-là. C'est marrant d'enseigner et tout. Donc en une séance de psychothérapie, ça t'a remonté en fait. Elle t'a proposé un futur magique. Ce côté, ouais, voilà. Genre si vraiment tout est possible, genre tu peux tout avoir, tu peux faire vraiment ce que tu veux, être qui tu veux et tout.
Et c'est là, ouais, où tout est ressorti. Qu'est-ce qui se passe au moment où tu dis, mais moi, je veux être père ? Et ma question, c'est, pourquoi être père ? C'est quoi cette énergie, cet élan en toi qui fait que tu dis, moi, j'ai envie d'être père ? Je dirais que…
C'est un ressenti mais j'ai toujours eu le sentiment que cette relation parent-enfant elle est incroyable. Il y a vraiment un truc je dirais d'amour inconditionnel.
qu'on n'a pas forcément en amour quand t'es en couple ou avec des amis, en amitié. Là, il y a vraiment un truc d'amour inconditionnel. Ce petit être qui vient de toi ou que tu l'as adopté, mais en tout cas, il va falloir que tu…
Que tu t'en occupes, qu'il va falloir que tu… Enfin, il va falloir. Tu vas l'aimer, tu vas l'aider, tu vas le conseiller. Je ne sais pas, je trouve qu'il y a vraiment une relation très particulière et très forte. Moi, j'ai cette relation avec mes neveux et nièces. Je peux décider en tout cas de l'avoir, je peux dire. Moi, je veux compter dans leur vie, je veux créer un lien, je veux investir ce lien. C'est quoi la différence pour toi ?
Mais moi, je dirais qu'il y a un truc en plus de vraiment… Tu vis ça au quotidien. Tu vis ça au quotidien. Parce que tes neveux et nièces… Ouais, j'ai pas mal de gens qui me disent ça aussi. Mes neveux et nièces, moi, je trouve… Enfin, moi, personnellement, j'ai une nièce. Je la vois… Je sais même pas si je la vois tous les mois. Enfin, je trouve que c'est quand même une autre… Là, il y a quand même un truc, vraiment. C'est… Je pense que ça… Peut-être que ça donne du sens à ta vie aussi.
Du coup le moment où tu te dis ok c'est pour moi, je veux être père, il y a plusieurs options pour être père, comment t'arrives à je vais demander à ma meilleure amie de faire un bébé avec moi ? Ouais alors j'en arrive que déjà à l'époque j'étais en couple avec un mec depuis plusieurs années qui ne voulait pas d'enfant.
Parce que du coup, en ressortant de cette séance de psy, et puis dans les semaines qui ont suivi et tout, j'ai commencé à lui en parler. Enfin, je pense que j'en avais déjà un peu parlé avec lui en disant, dès le début de la relation, en disant, tu sais, moi, ça m'a toujours botté et tout. Donc là, j'ai commencé à en reparler un peu plus et tout. Et puis, bon, lui, il n'en avait pas du tout envie.
ni de m'accompagner dans mon coin c'est à dire on reste en couple et moi j'ai un enfant avec quelqu'un et lui fait quand même partie de cet environnement là et tout mais il en avait pas du tout envie donc ça plus je pense des choses qui faisaient que dans notre couple ça allait moins c'est marrant parce que du coup ce sujet qui est si puissant pour toi était en fait très caché
Parce que moi, quand je suis en couple et que vraiment, un truc est très important, j'en parle. Toi, ton désir de paternité n'existait pas dans ta vie. T'en parlais pas à tes potes, t'en parlais pas à ton amoureux. Et un jour, cette psy te tend un crayon et pouf, ça ressort. Oui, parce que je pense qu'elle, elle m'a vraiment fait le déclic de…
Enfin, c'est peut-être moi qui me suis fait le déclic, mais en fait, ça peut être possible. Je pense que pendant très longtemps, j'ai préféré, ce que je te disais, mettre sous le tapis et tout, de peur d'être déçu et de me dire, en fait, ce truc-là, peut-être ne t'arrivera jamais. Mais c'est sorti d'un coup, c'est ça qui me… Et donc, d'un coup, ton amoureux découvre que non seulement c'est un truc essentiel pour toi, mais qu'en plus… Oui, c'est vrai. Ça, c'est vrai que ça lui a fait un peu chelou, parce qu'il m'a dit, mais je comprends pas, tout d'un coup, ça devient un truc…
Parce qu'en fait, j'ai eu un espèce de déclic en me disant « Non, mais en fait, c'est hyper important pour moi. J'ai l'impression que c'est un peu tout le principe de la psychothérapie. C'est juste se dire « Maintenant, je vais aussi réfléchir à ce qui me fait plaisir, à ce dont j'ai envie, besoin. »
Et c'est vrai que c'est sorti, c'est ressorti un peu d'un coup comme ça. En fait, ce que je comprends, c'est qu'avant, tu disais ça peut ne jamais m'arriver. Donc, je préfère ne pas rêver, ne même pas essayer. Parce que sinon, ça va être trop dur. Et tu te dis je vais essayer en fait. Et ça, c'est le moment où je me suis dit non, mais en fait, où il y a plein de trucs où…
Il y a plein de trucs qui ont changé dans ma vie où je me suis dit, non mais en fait, si j'ai envie de changer de boulot, j'ai envie de changer de boulot. Si j'ai envie de… Enfin, c'est suite à la psychothérapie, j'entends. Et c'est le moment où je me suis dit, non mais en fait, ce truc compte pour moi. Et il n'y a pas de raison que je le cache ou que je l'intériorise ou que je ne sais pas quoi parce que je suis gay, parce que c'est compliqué, parce que… Et pourquoi la coparentalité avec ta pote ? Pourquoi pas une GPA ?
Ouais parce que du coup j'ai commencé donc lui il voulait pas en entendre parler et tout donc bon après on s'est séparé mais en parallèle moi je regardais un peu les différentes options et c'est là où j'ai regardé ouais bah du coup les différentes options j'ai vu l'adoption.
Mais adoption, là, du coup, moi, je me séparais. Donc, j'étais célibataire. Donc, je me disais, célibataire et homo, je pense que ça va être très compliqué. GPA, c'est pareil. Enfin, GPA, non, c'est pas que c'est pareil, mais il y avait un point très compliqué, c'était l'aspect financier. Donc, clairement, je n'ai pas du tout les finances pour faire ça. Et donc, assez rapidement, je me suis tourné vers coparentalité.
En me disant, à mon avis, ce qui va être le bon schéma pour moi, c'est avec une fille qui veut avoir un enfant. Et qui soit n'a pas de mec, soit est lesbienne, soit, je ne sais pas, est en couple mais ne peut pas avoir de gamin. Enfin, peu importe, mais une nana qui voudrait avoir un enfant avec un mec. Tu sais pourquoi ce n'est pas un projet qui s'est ancré dans une histoire d'amour ?
Comme la norme nous le propose, tu vois. La norme, c'est tu tombes amoureux. Alors déjà, bon, on est hors norme parce qu'on est homosexuel. Oui, il y a eu un M de trop. Mais tu vois, bon, oublions ça. Il y a quand même une autre couche de norme qui nous dit tu tombes amoureux, heureuse. Et hop, c'est dans ce champ d'amour que va pousser un être.
Ah ouais, et ta question, c'est ? Pourquoi toi, tu t'es pas dit, je vais d'abord tomber amoureux pour faire famille ? Parce que… Ouais. Oui, t'as raison. Oui, je sais pas…
Ouais, c'est une bonne question. Je me suis jamais forcément dit, je crois, il faut absolument que je sois en couple, amoureux en couple, pour me lancer dans ce truc-là. Ouais, je me suis jamais dit ça. Et du coup, là… Ouais, je me suis jamais dit ça. Enfin, je me suis toujours dit, il faut qu'il y ait…
Enfin, il faut. Je me suis toujours dit, je préférerais qu'il y ait deux parents, parce que c'est moins de stress sur une seule personne, moins de responsabilité. T'es deux, trois, voire quatre, mais tout seul, je trouve que… Tu vois, les mères célibataires et tout, mais la vache, c'est chaud à assumer, je trouve. Mais c'est marrant parce que tu vas devenir père célibataire ?
Oui, mais je serai célibataire, mais mon enfant aura une maman et il y aura donc deux parents. C'est pas la même chose que si j'étais vraiment tout seul avec mon enfant ?
Célibataire ou non. Tout seul avec un enfant, c'est dur. Du coup, au début, je me souviens quand on a préparé l'entretien, tu m'as dit que tu as commencé par aller sur des sites, des forums. En fait, ça m'a rassuré. Ça m'a rassuré de me dire « ça existe, il y a des sites spécialisés sur ce sujet-là pour que les gens se rendent compte et se rendent compte que c'est possible ».
Ça m'a rassuré de voir que c'était possible. Et puis, tu me le disais tout à l'heure, c'est le moment où j'ai commencé à ouvrir un peu mes écoutilles. Et dès que j'avais dans mon entourage des gens qui avaient fait ce schéma-là, j'essayais d'en savoir plus. J'étais rentré en contact avec deux mecs qui avaient fait ça.
Pour savoir comment ça s'était passé, comment ils avaient rencontré la mer. Tu vois, vraiment avoir leur retour de ce qui s'est bien passé, ce qui s'est peut-être moins bien passé. Les choses sur lesquelles il faut faire attention. J'ai commencé à m'y intéresser quand j'ai commencé à regarder les différentes solutions. Et tu as mis une petite annonce ? Non, je n'ai pas mis de petite annonce parce qu'assez rapidement, je me suis retrouvé en vacances.
dans un espèce de club med au Cap-Vert. Et là, j'étais avec un très bon pote à moi et cette très bonne pote à moi qui s'appelle Marine. Et un soir, on se dit, allez, on se fait un petit resto tous les trois et tout. Donc, on va se poser au resto, on discute. Et puis là, mon pote Nico lui dit à Marine, qui était célibataire à l'époque et qui devait avoir 30 ans, 31 ans. Il lui dit, et toi, t'en es où ? Et tu voudrais avoir des enfants, machin ? Et qu'il lui pose des questions sur…
surtout les enfants, et là elle lui dit « Ah non mais moi ça me saoule parce que je n'arrive pas à trouver de relation amoureuse satisfaisante qui me convienne, donc c'est vrai que je suis très souvent célibataire, mais depuis toute petite ou depuis très longtemps j'ai envie d'avoir un enfant. »
Donc de toute façon moi je pense que je vais faire un enfant toute seule je m'en fous je vais je trouverai un mec on va baiser et tout puis un jour je tomberai enceinte et j'élèverai mon enfant toute seule quoi et genre là j'étais à table et genre je me retourne vers elle et je lui dis bah hello en fait je suis là moi et genre elle me dit mais comment ça toi tu voudrais avoir un enfant j'étais là bas.
Oui, et c'est vrai qu'en fait, je n'en avais jamais trop parlé. C'est comme je te disais, je l'avais vachement caché, intériorisé, voilà. Et du coup, je dis, mais non, mais grave. Et de ce moment-là, on n'a pas arrêté d'en parler.
Et du coup, je n'ai jamais eu à mettre de petites annonces et tout, parce qu'en fait, directement, je me suis dit, ça tombe bien, c'est ma pote, je la connais très bien. Et en fait, du coup, c'est mon plan A. Vraiment, j'espère que ça va fonctionner avec elle, sachant que moi, j'étais son plan B. Évidemment, son plan A, c'était de rencontrer un mec, d'avoir une relation amoureuse avec lui et ensuite d'avoir un enfant.
Donc moi, j'ai été surnommé auprès de tout le monde dans sa famille le plan B. Je suis le plan B, je suis le plan B, qui est devenu le plan A. Mais du coup, non, j'ai jamais eu à faire de petites annonces sur des sites. Parce que c'est intéressant, elle en a parlé à sa famille. Ah ouais, elle, elle en a parlé direct de ce plan B. Ouais.
Ça fait des années. En fait, depuis qu'on en a parlé, et au début, on en a beaucoup parlé. On se revoyait, on faisait des apéros, on en parlait, on se disait « Alors toi, tu vois les choses comment ? Tu voudrais faire comment ? » Et on se listait tous les trucs. S'il y en a un des deux qui veut déménager, comment on fera ? On en parlait beaucoup, parce que je pense qu'on était hyper contents d'avoir trouvé l'un et l'autre un plan B ou une solution potentielle.
Et elle, elle en a beaucoup parlé dans sa famille en mode très transparent. Avec Chris, en plus, je les connaissais déjà. Elle en a beaucoup parlé. Tu te souviens, justement, dans ce lien qui s'est tissé, dans cet accord qui s'est tissé, avant de se dire oui, on y va, ça a chopé à des endroits ? Ça a chopé. Vous ne vous êtes pas chopé ?
Ça a chopé. C'est échauffé ? Non, non, non. Mais possiblement, c'est un mot qui n'existe pas. Là, tu me mets le doute. Ça a bloqué à certains endroits. Il y a eu des endroits de crispation, logistique ou… Non. Des accords. Pas du tout. Franchement, pas du tout. À la limite, les seuls petits désaccords ou conflits…
Conflit, non, c'est pas du tout le bon terme. Vraiment les seuls petits désaccords qu'on peut avoir, c'est plus là maintenant que ça va arriver dans trois mois. C'est des trucs style l'allaitement, oui ou non. C'est plus sur des trucs là qui vont arriver, qui vont être très concrets. Et vous aviez oublié d'en parler ? En fait…
On en avait parlé. Moi, je disais, je m'en fous complètement. C'est toi qui verras et tout. Et j'avoue que maintenant que ça approche et tout, je suis un peu plus en faveur d'essayer l'allaitement. Parce que c'est pas des seins ?
Parce que c'est pas à toi de gérer ? Non, c'est pas à moi de gérer, c'est pas mes seins, c'est pas mon corps. Mais j'avoue que ce serait moi qui serais enceint et mon corps produirait du lait pour le nourrir, je me dirais mais…
C'est incroyable, c'est beau et c'est naturel. J'ai envie d'essayer de le nourrir à mon sein. Et elle, elle n'a pas trop envie. Et elle, elle n'a pas trop envie pour plus les contraintes que ça apporte. Mais on n'est pas du tout en conflit ou en désaccord. C'est plus que je la taquine. Notamment quand on a des rendez-vous, je ne sais pas, chez la sage-femme ou chez la gynéco. Je dis, Marine, elle va essayer. Marine, tu vas essayer l'allaitement. Puis elle, elle dit, oui, ne m'emmerde pas. Je verrai bien comment ça se passe.
Mais non, on n'a pas trop eu de… On s'est mis assez d'accord rapidement sur tous les différents points. Après, on avait quand même listé plein de points, comme tu dis. Genre, il faut qu'on habite pas très loin de l'autre. Donc ça, c'est toujours le cas. On s'était dit, il faut qu'on soit tous les deux en CDI. Bon, moi, je suis au chômage. En fait, il y a des trucs, forcément… Et du coup, elle te taquine ? Elle dit que tu vas essayer de trouver un boulot ou pas ?
ouais mais en fait ça va ça l'emmerde pas tant que ça parce qu'il y a ce côté si on a pas de place en crèche ou je sais pas quoi bah c'est pas grave papa sera disponible finalement je pense que ça l'emmerde pas tant que ça
Mais je crois qu'il y a un côté, il n'y aura jamais le timing parfait où on coche toutes les cases d'un truc parfait, où on se dit on a les économies, on habite au bon endroit. Parce que dans le plan initial, c'était carrément genre je déménage et je vais habiter presque dans sa résidence. Comme ça, c'est très simple pour faire une garde alternée et tout.
Bon, pour l'instant, je vis chez elle et puis on verra bien où je vivrai après, tu vois. Et t'as déménagé chez elle ? Ouais, il y a deux semaines. On vit en coloc et ça se passe hyper bien. C'était pas prévu. Eh ben, à la base, ce qui était prévu, selon nos petits plans qu'on avait mis en place, c'était que je déménage pour trouver un appartement vraiment genre à trois minutes à pied à la ronde de chez elle, tu vois ?
Sauf que comme je suis au chômage, j'ai pas de fiche de paie et tout, donc compliqué. Et puis, on s'est dit, de toute façon, dans les premiers mois, on préfère vivre ensemble pour justement être à deux. Tu vois, quand on rentre dans la maternité, les premières nuits et tout, et même les premiers mois, être à deux pour s'en occuper.
C'est vachement intéressant parce que moi, j'aurais peur de ça, exactement ce que tu viens là d'écrire. On a eu des longues conversations, on a tissé un accord. Oui. Mais la vie fait que les choses changent, fait que nos opinions changent. Oui. Moi, j'aurais peur de ça. Toi, c'est une inquiétude que soudainement, elles disent « Ah, dans cinq ans, je vais partir en fait en Afrique du Sud. » Ah, pas du tout !
À l'autre bout du monde. Pas du tout, non. Non, ce n'est pas du tout une inquiétude. Que les avis changent, que la vie change. Oui, mais ça, c'est sûr. En fait, je trouve que déjà, c'est un bon exemple. Oui, c'est un bon exemple. Le fait qu'on avait vraiment tout planifié en mode, il faut qu'on soit en CDI, il faut qu'on habite à côté, il faut qu'on truque, que tout était nickel et tout. Bon, au final, ça ne va pas se passer comme ça. Et c'est très bien.
Et justement, c'est peut-être même mieux que le truc hyper planifié. Ça ne me choque pas parce qu'en fait, je pense que… Est-ce que moi, je ne vais pas… En fait, personne n'est à l'abri de vouloir changer. On ne sait pas de quoi demain est fait. Si elle trouve un mec qui a peut-être déjà deux enfants, peut-être qu'ils voudront déménager je ne sais pas où. Une opportunité pro je ne sais pas où. Et donc toi, tu les suivras ?
Bah non, mais en fait, on s'est dit qu'à ce moment-là, il faudrait qu'on ait une discussion. Enfin, il faudrait juste qu'on en discute et qu'on voit, en fonction de l'âge de l'enfant, si lui aussi, il peut exprimer ce dont il a envie et tout. Faudra juste trouver la meilleure solution. On se démerdera. Ah ouais. Je pense que ça ne peut pas être pire qu'un couple classique amoureux qui…
se déchirent, s'entretuent, se divorcent, se séparent, utilisent l'enfant pour régler ses comptes avec l'autre et tout. Je me dis que là, normalement, comme il n'y a pas de sentiments amoureux, de sexe, de machin et tout, on n'en arrivera jamais à un truc pareil et qu'on arrivera toujours à discuter et trouver des solutions. Vous avez discuté de tout et ça a duré combien de temps pour se dire, bon ben banco ?
La toute première fois, ce fameux dîner au Cap Vert, on s'est dit « Attends, c'est génial, on pourrait le faire ensemble ». C'était en 2019 et on a lancé le projet en décembre 2022. Tu te souviens un moment, après moultes conversations, où la première d'entre vous a dit « Pour moi, c'est oui. Je suis prêt à passer à la conception ».
C'est Marine qui m'a lancé le truc à un moment où je ne m'y attendais pas du tout. Elle m'a dit qu'elle allait essayer la semaine prochaine.