Lire la transcription de cet épisode
Flora, partie 2 de ton témoignage. Dans la partie 1, on a raconté Florent, toi jusqu'à une trentaine d'années, ce twink miné au corps élancé. Et tu disais, ok, il y a eu vraiment un déclic au Gay Games. Je suis à Paris dans une énorme... Le Grand Palais, c'est une salle magnifique à Paris. C'est pas une salle, c'est un musée, non ?
En fait, on a écouté du Canada où tu étais à Toronto et de Belgique. Donc à chaque fois, j'ai à cœur de ne pas être un podcast de parisienne, parisien. Grand Palais de Sapsion, magnifique. Et tu te parlais de cette nef gigantesque où tu as des milliers de gays pour les Gay Games, tous musclés, mascus.
Et là, c'est le moment, c'est marrant, tu dis, dans ce faisceau de lumière, je m'écarte de cette foule d'hommes musclés qui se ressemblent, mascus, cisgenres, et dans un endroit isolé, seul, je me mets à danser et je me dis, c'est ça, je serai seul. Je ne sais pas si tu t'es entendu. Est-ce qu'à ce moment-là, ce n'est pas dangereux ? Je me dis, non, merde, il ne faut pas qu'on se dise ça, parce qu'est-ce qu'on n'est pas en train d'ancrer ?
Parce qu'à partir du moment de cette danse où tu dis « je serai donc seul », ce que tu vas raconter là, c'est une sorte de désert amoureux sexuel ?
Oui, c'est très beau ce que tu me dis. Par contre, c'est lié à un autre événement majeur dans ma vie. À 29 ans, j'étais à Paris. J'avais un boulot, un appart. Et il ne me manquait plus qu'un chéri. Je rêvais d'avoir un chéri pour mes 30 ans. Et pouf, il est arrivé. Un homme cisgenre, magnifique, qui fait des études pour rentrer dans la fonction publique. Un ancien théâtreux qui vient du Brésil.
physiquement il est comment ? il est carré, il est brun c'était tout ce que je il incarne un peu l'homme viril, hétéro
Oui, bi, en tout cas il est bi, c'est ce genre. Et vraiment le cliché de l'homme pour le coup, assez égocentrique, phallocentré, ma carrière, moi, ma bite. Nous avons relationné pendant presque deux ans, plusieurs années, on s'est encore un petit peu couru après.
À ce moment-là, c'est Flora qui est là. Ah non, pas du tout. Pas du tout. Et arrive 2016, je quitte un CDI et je le quitte. Il me dit, il ne se rendait pas compte que je ne me sentais vraiment pas bien dans mon boulot. J'avais un boulot de bureau, tu vois ?
Et il me disait « Ah mais non, je ne veux pas de quelqu'un qui est au chômage, qui est artiste, qui galère, ça ne m'intéresse pas. » Toi, tu voulais être artiste à ce moment-là ? Évidemment ! Tu démissionnes, ouais. Donc je démissionne, enfin je fais une rupture conventionnelle, je vais me former à Toulouse sur le statut d'artiste auteur, « is ».
Et je le quitte. Et pour moi, ça a été immense. Ça a été de m'affirmer non plus en tant que personne gay, whatever, c'était vraiment fini, mais c'était m'affirmer en tant qu'artiste. Ça, ça a vraiment été un déclencheur immense dans ma vie.
Pour moi, le plus grand coming out gay, c'est vraiment pas un coming out pour moi, c'est une évidence, c'était être « je suis artiste, je suis artiste autoriste, c'est mon statut fiscal, social, c'est mon travail, c'est mon boulot, payez-moi, je veux des contrats, je suis professionnel de l'art ».
Ça, ça a été un coming out très fort pour moi, bien plus qu'être gay, en fait. Et après, j'ai fait des coming out successifs, de transition, des coming out éco-queer, des coming out de flora, de personnes non-binaires, on va dire...
Au-delà du genre, de queer aussi, même de faits après, on en parlera je pense plus tard. Mais en tout cas dire je suis artiste ça a été très fort, ça a été vraiment fondateur dans ma carrière et dans ma vie. Et c'est vrai que Flora est arrivée petit à petit comme ça.
C'était lié à une recherche personnelle. Les études de genre sont arrivées, évidemment. J'ai énormément lu, je me suis énormément renseignée. Je me suis entourée de personnes militantes, underground, trans, de toutes les identités, toutes les cultures qu'on peut avoir. J'ai beaucoup lu de tout ce qui était sociologie du genre.
Et Flora est arrivée un peu par hasard sur un tournage pour l'insta-série Pieuvre, en reconstituant dans le Perche la communauté des Radical Fairies. Et il y avait des faits, il y avait des non-faits. Alors attends, ça c'est un Instagram, une sorte de média qui s'appelle la Pieuvre. Pieuvre, c'était une minute par jour ?
Et c'est des petits épisodes et c'est une fiction ? Oui, une petite fiction qui raconte des histoires gays, LGBT. Et donc vous faites une scénette, enfin vous faites une vidéo d'une minute sur l'effet radical qui est... J'invite les gens à écouter les autres épisodes sur l'effet radical.
Très rapidement, c'est un regroupement de personnes queer pour se développer, s'aimer, prendre soin entre personnes queer, de soi et des autres. C'est ça. À la base, ça vient quand même de la contre-culture gay ?
plutôt homme, homme gay ça vient tu veux dire contrer la culture le radical fairy c'est pédale en fait l'insulte pédale nous on l'a traduit en français c'est parfait mais c'est pédale, c'est l'insulte pédale donc c'était les pédales radicales, c'était déjà un mouvement de contre-culture gay aussi le retour à la nature qui vient des Etats-Unis et il y avait deux mouvements, il y avait un mouvement plus le gay qui n'a pas l'air gay
Le muscle, aller au sport, plus t'es musclé, plus t'es sportif, plus tu prouves que dans les années 80 t'as pas le sida, que t'es pas gay ou en tout cas tu le caches. Et la revendication pédale qui du coup reprend l'insulte et dit...
En fait, je suis tout ça et bien plus avec cet aspect éco-friendly. Je pense qu'il y avait des mecs mascus, bodybuildés aussi, qui lâchaient la pression de la ville et de l'oppression. C'était aussi genre patriarcal maintenant qu'on pourrait dire. Je pense aussi qu'il y avait des personnes dites travesties à l'époque, trans. Il se passe quoi sur ce tournage pour cette web-série Instagram ?
On était toute une bande de personnes plutôt gays et on a donc reconstitué la communauté Radical Fairies. On a passé un week-end dans le Perche ensemble et là, pendant un repas, on m'a dit « Mais c'est quoi ton nom de fée ? » J'en avais entendu parler du mouvement des Radical Fairies et du sanctuaire européen en France dans les Vosges. J'en entendais parler depuis longtemps.
Et ça ne m'avait jamais vraiment intéressée à l'époque, parce que je ne voyais pas trop la question de la ruralité, de fuir les villes. Je ne comprenais pas encore l'intérêt de la magie écoqueer, de la nature, la force de la nature. Et j'étais là, mais alors, c'est quoi mon nom de fée ? Mais je n'en sais rien. Flore, non, c'est moche. Flora, en fait. Flora est née comme ça, en fait.
Et là, ça a été une vague, un tsunami, parce que j'ai commencé à communiquer en tant que Flora, au début, pour rigoler, parce que je trouvais ça rigolo, je trouvais ça beau. C'était une fée, c'était Flora, la fée Flora, évidemment, de La Belle au Bois Dormant. Mais Flora, il y a... Mais oui ! Mais je ne l'avais pas ! Je ne sais plus quel don elle donne à Aurore. Je ne sais plus si c'est la... Mais la fée Flora, c'est la fée de La Belle au Bois Dormant !
Si tu prends une photo entre toi maintenant et toi au moment où tu es en relation avec cet homme bien carré, brésilien, très centré sur sa bite, tu m'as dit « Ah non, non, Flora n'est pas du tout encore là ». C'est quoi les différences ?
Le Florent d'avant, c'était un petit gay de Paris, bobo, intello, qui fait du velib, qui fait des after work, qui a des amis trop cool, avec des jeans slim et des trucs, des petits pulls de fripes, tu vois ? Tout, tout, tout, tu vois ? Un peu...
Le Vélib, c'est le système de vélo partagé à Paris. Vélo partagé. Et qui ne jure que par Paris. La province, c'est des ploucs. Tu vois, c'était un peu ça. C'était Mimi, quoi. Le petit gay. C'était le PD de province. Concrètement, le PD de son petit village au fin fond de Montpellier qui rêve d'aller à Paris. J'ai réalisé mon rêve et je suis devenue artiste en plus. Donc, j'incarnais ça, ce petit gay.
de province qui s'éclate à Paris. Et Flora m'a emmené une culture, une identité et un tsunami d'émotions, de merveilles, mais de drames aussi, de remises en question, comme tu disais, sur ma vie sexuelle, gay. De coup, qu'est-ce qui... Pourquoi Flora attirée et Flora n'attire pas, à ton avis ?
C'est très simple à dire. Flora fascine. Flora, je suis une personne qui est admirée, chouchoutée, aimée, portée au nu. Flora, quand j'apparais, c'est tout de suite magique apparemment. Par contre, j'ai perdu mon identité sexuelle. Je ne suis pas sexualisée, je ne suis pas désirée. On ne veut pas me baiser, on ne veut pas me pécho. Peut-être que moi, je n'incarne plus ça aussi.
C'est pour ça que les codes de la culture gay, de la sexualité gay, je ne les ai pas. Ce ne sont pas les miens. Je n'ai pas envie de pécho comme ça. Je n'ai pas envie de rouler des patins. Je n'ai pas envie de baiser. Non, j'ai besoin d'une histoire. Pourquoi les gens ne séduisent pas Flora ? J'ai compris qu'ils ne veulent pas la baiser et qu'en plus, ce n'est pas forcément toi ce que tu as envie. A ton avis, pourquoi les gens...
Tu dis j'arrive et j'inspire, c'est que est-ce que tu veux te décrire physiquement ? Est-ce que tu t'habilles d'une certaine manière ? Qu'est-ce qui pourrait faire en sorte que les gens soient donc intimidés par Flora ? Là par exemple, tu veux dire ce que tu portes comme vêtements ? Sinon les gens vont s'imaginer des trucs.
Ah, alors, oh là là, j'ai des magnifiques ongles longs, ça s'appelle œil de chat, donc tu as ces noirs avec des paillettes, comment on appelle ça, violettes qui sont en œil de chat. J'ai un petit haut rose, un petit collier d'une fée qui s'appelle Rose.
J'ai des cheveux longs et j'ai un petit pantalon jogging bleu pour être à l'aise. Et c'est surtout, je pense, si on regarde ma représentation de genre, mon vestiaire s'est féminisé à la mort de ma grand-mère. J'ai récupéré des...
des chemisiers et des pantalons à elle et j'ai créé une mode on va dire ma mode non binaire je sais pas comment dire et c'est vrai que mes cheveux ont poussé et là plus mes cheveux ont poussé et moi j'ai eu de succès dans la sexualité gay pour preuve j'ai quand même deux amis qui ont coupé leurs cheveux longs magnifiques pour plaire
pour avoir quelqu'un pour choper je suis persuadé que si je me coupe les cheveux ce soir dès demain j'aurai plus de succès il y a vraiment je pense vraiment qu'il y a je sais pas si on peut dire une féminophobie une pholophobie l'esthétique gay c'est quand même l'esthétique du masculin je le comprends parce que mon désir est gay aussi
Oui, c'est le désir que tu décris depuis le début, ouais. Voilà, mais moi, il s'ouvre aussi à des personnes transmasculines, des hommes trans, donc je me considère plus PDE que gay. En tout cas, je ne correspond pas à la norme actuelle gay, plutôt viril, mascu, billu, poilu...
Brun, carré, tu vois. Et c'est vrai que mon empuissancement de Flora, de qui je suis vraiment, s'est créé en défaveur de ma sexualité gay. Et donc j'ai compris qu'en fait, j'étais peut-être pas une personne dite homosexuelle gay, j'étais peut-être autre chose. Et vraiment, pédale radicale, PDE, ça, ça me parle.
Queer, évidemment, ça me parle. Est-ce que, parce que tu as aussi parlé du coming out artist, tu as aussi dit, voilà, quand je rentre quelque part, j'attire l'attention, tu fais le show, t'es d'accord ? Tu fais le spectacle ?
Je pense que c'est inconscient. J'ai besoin, je suis une lionne, j'ai besoin d'amour, j'ai besoin d'être regardée, j'ai besoin d'être aimée. Donc je pense peut-être qu'effectivement, j'ai poussé à son paroxysme un personnage malgré moi, un peu, comment dire ?
Un masque ? Non, ce n'est pas un masque. C'est vraiment... Tu sais, au théâtre, au théâtre ancien, on portait des masques. Ce n'est pas forcément... Mais ça cache à un moment donné, mais ça aussi permet de porter des émotions, des choses. Est-ce que tu as l'impression que dans ce cheminement et avec le rejet vécu et les défis, petit à petit, l'artiste qui, elle, attire...
Les regards, l'intérêt, tu l'as dit dans l'épisode précédent. Du coup, c'est un amour qu'on reçoit. Et donc, petit à petit, tu vis cet artiste. Mais sauf que c'est vrai que les gens, ils peuvent te projeter de l'amour. Tu vois, sur scène, le spectateur projette de l'amour. Mais il y a une différence de hauteur entre là où je suis et la scène.
Et ce n'est pas un rapport intime où je découvre l'autre et je peux me connecter intimement. Est-ce que tu pourrais être enfermé dans la flora artiste ?
Je comprends ce que tu dis, mais je ne crois pas parce qu'en fait, je suis allée à la rencontre de moi-même au plus profond de mon intimité et ça a créé beaucoup de puissance. Et plus je me suis aimée, je me souviens d'un psy qui m'avait dit il y a deux, trois ans, est-ce que vous vous aimez ? Je lui avais dit, je m'adore !
Donc, j'adorais le personnage, je pense. Mais je ne sais pas si je m'aime. Aujourd'hui, je peux te dire que je m'aime. Et plus je m'aime, moi, et plus je sentais un désamour gay, homosexuel, à la part des autres garçons. C'est ça, mon drame des dernières années. Mais je suis trop bien dans ma peau, dans ma sexualité, dans mon corps. Pourquoi je n'ai plus de relation sexuelle et pourquoi je n'ai plus de chérie ? Et je suis tombée dans un truc...
Pas du tout de perte de confiance en moi, d'estime de moi, mais vraiment une incompréhension. Pourquoi je ne suis plus désirée ? C'était vraiment très très long, très fort comme descente.
Tu as réfléchi à t'adapter ? Tu as imaginé toi aussi couper tes cheveux comme tes deux amis ? Excuse-moi, huit questions en une, je ne devrais pas. Est-ce que les deux amis qui ont coupé les cheveux, ça a marché pour eux ? Oui. Est-ce que tu t'es demandé toi si tu avais envie de te couper les cheveux ? C'est hors de question pour le moment. Ils sont beaux, hein ?
Oui, merci. Je trouve ça con, bête qu'il faille que je me coupe les cheveux. J'espère que c'est français. Qu'il fût été que je me coupe les cheveux pour rencontrer quelqu'un, je ne crois pas. Mais la rencontre avec moi-même a été extrêmement puissante. Après, j'ai une anecdote assez particulière, si tu veux bien. J'étais vraiment dans un état de détresse affective. Je manquais vraiment de câlins, de caresses, d'affection, de sexualité. J'étais vraiment très très mal.
Et...
Et donc, je revendiquais aussi le droit à la caresse. Parce que je commençais à me développer une misandrie et une homophobie intériorisée. J'en pouvais plus des hommes, en fait. Et je me sentais coupable. Mais pourquoi je suis homo ? C'est horrible. Pourquoi j'ai un désir masculin alors que le masculin, c'est tout le problème du monde ? Et mon problème, en ce moment, ça va pas du tout. J'avais cette pensée un peu anti-masculiniste. J'étais vraiment...
J'avais vraiment peur des hommes. J'ai eu peur des hommes, en fait. Alors que, sincèrement, j'ai un joli parcours, comme je t'ai raconté au début. J'ai pas subi de harcèlement, d'attouchement ou de viol. Donc, pour moi, j'ai quand même une belle image de l'homme. Mais là, vraiment, j'en pouvais plus des hommes. J'en pouvais plus. J'étais vraiment dans un truc... Et je disais à l'époque, c'est drôle, j'en peux plus des pédés. Pour moi, ça voulait dire, j'en peux plus des gays qui font plein de plans cul sur Grindr, qui m'invisibilisent,
Le mot à l'époque PD n'était pas politique comme je l'utilise aujourd'hui. Donc on va dire que c'est plutôt les comportements gays. Après, il y a eu ce moment un peu de détresse et c'est là qu'un de mes meilleurs amis, une fée, m'a dit « Je vais t'emmener chez les Radical Fairies, tu vas pouvoir avoir ces câlins, ce soin, cette affection dont tu as tant besoin. » Il y a des pratiques incroyables comme les Cuddle Puzzles, c'est des gros câlins collectifs, c'est une pratique hippie.
Mais juste avant les Radical Fairies, je suis d'abord allé dans les communautés hippies françaises, Rainbow, Réensauvagement, etc. Et dans ces communautés hippies, là, j'étais le seul queer, pédé, homo, gay, anyway.
Et je m'hypersexualisais énormément. Je parlais de sexe sans arrêt. J'étais là, j'étais dans le personnage, comme tu disais tout à l'heure. Les bites, les machins, les trucs. Et les hétéros étaient là. Et en fait, j'ai une amie qui me connaît bien, qui me dit, mais pourquoi tu t'hypersexualises tout le temps ?
Alors que tu me dis que ta sexualité est un désert affectif. Et là, je me suis pris une claque et je lui ai dit « Mais t'as raison, parce que je m'hypersexualise, parce qu'en fait, j'arrive pas à avoir des câlins de l'affection et de l'amour des homosexuels, des gays. »
Ce que je peux avoir, c'est du sexe en fait. On a accès, c'est génial la culture cruising, elle est magnifique, elle est merveilleuse de pouvoir avoir du sexe avec des inconnus dans la rue, dans les backrooms, dans le noir, no blabla, etc. Sans besoin de séduire pendant des heures. C'est extraordinaire d'avoir accès à cette sexualité-là. Mais moi, elle ne me convenait pas.
J'en faisais, comme tu as dit en intro, je vais au sauna à même me faire sucer parce qu'au moins c'est rigolo. Mais du coup, j'avais cette pratique-là qui était juste sexuelle, sexuée, mais il me manquait tout l'imaginaire affectif, émotionnel et romanesque que j'allais retrouver chez les hétéros. Ce sont les hétéros et les bi et les hippies notamment qui m'ont, et puis après les radical fairies, les fées qui m'ont sauvé de cette détresse vraiment énorme.
Parce que les hépis, polyamoureux, ce réseau-là et le réseau des fées te prennent vraiment dans les bras, te regardent dans les yeux, t'écoutent, il y a des cercles de cœur de soins, etc. Et là, enfin, des hommes, et c'était vraiment des hommes bi, des hommes hétéros à l'époque, qui me disaient « Mais Flora, on t'adore, on t'aime, on t'admire. »
on partage ta peine et ta souffrance, on ne la comprend pas. Enfin, on ne la comprend pas, si on comprend ta souffrance, mais on ne s'y attendait pas à cette souffrance-là. J'ai commencé à ouvrir mon cœur et à communiquer autour de moi sous cette souffrance affective. C'est vrai que je me suis sentie pas rejetée, mais en marge
encore une nouvelle marge de la culture homosexuelle gay. Parfois, non, souvent, ici à Paris, sur Grindr, je vois des hommes qui disent uniquement efféminés, je cherche uniquement des efféminés ou je cherche uniquement des personnes trans. Il y a une fétichisation, il y a soit une pholophobie, un rejet de l'efféminé, parce que je vois autant de contes, plus de contes qui disent non aux efféminés,
C'est soit un rejet violent, soit une fétichisation face à un désert émotionnel et affectif. Moi, je me verrais bien me surféminiser pour du coup rentrer dans cette case. Ou en tout cas, peut-être toi, tu rentres déjà dans cette case. Est-ce que ton cerveau t'a proposé cette solution d'aller vers des hétéros qui disent « je cherche des femmes trans ».
Alors évidemment, notre cerveau est bicatégorisé, il est binaire, ça se voit, ça se sent dans l'exemple que tu as donné. Les hétéros, curieux, les bi, je relationne beaucoup avec eux, sont troublés, sont fascinés par ma féminité assumée.
Et en même temps, j'ai un phallus. Je suis une femme à barbe avec une bite. C'est quand même assez incroyable parce que ces personnes-là sont assez fascinées aussi par le phallus en érection. D'ailleurs, quand tu regardes un porno mainstream hétéro, on ne voit que ça. On ne voit que leur bite, en fait. Ils adorent la bite. Tout est homo-érotique dans toutes les relations sexuelles.
Et j'ai l'impression qu'il y a toujours ce truc binaire, cette peur, cette honte sociale de la féminisation, de la féminité, comme descendre de la catégorie sous-homme et descendre en dessous de l'homme, cette figure patriarcale, viriliste, très puissante. Et on le retrouve dans tous les hommes, même en moi.
C'est-à-dire comment on évalue un curseur. Moi, je suis de genre fluide, genre genderfucker, agender, genderqueer, ce qu'on veut, mais il y a ce truc dans le curseur du genre où on a encore des stéréotypes pour...
et essayer de trouver son identité et sa place dans l'espace public et ou intime c'est vrai que cette différenciation vers le masculin et vers le féminin ce sont des pôles qui sont très divisés divisants et clivants du coup si j'ai bien entendu ta réponse toi tu vas sur les réseaux
Tu te présentes comme une femme trans et ça te permet du coup de... Est-ce que ça te permet pas alors... Non, pardon, je reprends. Tu me dis je suis dans un désert, y'a plus. Donc ça veut dire que tu ne fais pas cette stratégie de te faire fétichiser. Pourquoi ? Ah non, c'est pas du tout mon intérêt. J'ai plutôt attiré des hommes bi ou hétéro-curieux. Attends, je vais être plus... Ce que je veux essayer de comprendre, c'est que puisqu'il existe sur les réseaux des mecs qui cherchent des femmes trans...
Et c'est problématique et je dis pas que la fétichisation c'est bien mais moi si j'étais dans un défi et un désert émotionnel je me verrais bien me dire bon bah tant pis je vais me faire fétichiser mais au moins je vais avoir quelque chose. Pourquoi tu prends pas cette solution là ?
Ah, je comprends ce que tu veux dire. Je pense que la fétichisation dont tu parles, c'est encore une fois une catégorie pornographique hétérosexuelle, de cette femme transgenre, de cette bombasse au sein et tout, avec une queue. Or, je ne suis pas une femme trans, je suis une personne transféminine. Correspond pas au fantasme.
Ouais, je suis post-binaire, je suis au-delà du genre. Donc j'ai pas ce phénomène de fétichisation trans. Vu que je mets, sur mon profil, est-ce que je mets non-binaire ? Oui, je crois. Je crois que je mets non-binaire. Et t'as pas des hommes comme ça qui viennent à toi ? Ah non. Non. Mais non, plus du tout. Franchement, j'y vais plus beaucoup sur Grindr ou Tinder. Mais ça marche pas du tout.
t'as abandonné parce que c'était vraiment le désert ah oui c'est vraiment le désert et étant donné que je bouge beaucoup je vais un peu partout je rencontre beaucoup de monde j'essaye de trouver comme ça mon réseau de fantasmes dans tous les hommes que je rencontre et à chaque fois c'est ah bah je suis hétéro ah je suis en couple ah je suis tout le temps tout le temps tout le temps tout le temps je me prends des râteaux tous les jours quoi donc mais c'est pas grave j'ai l'habitude mais c'est vrai que c'est un sacré challenge quoi
Peux-tu tirer une autre carte ? Tu as une pile de cartes. Alors, pendant que tu tires, je remercie les auditeurs qui organisent les apéros à Paris. On fait ces cartes et c'est Morgane qui les a découpées. Et sur chaque carte, il y a une question et on les utilise en brise glace au début de l'apéro. Et je trouve ça très drôle, j'aime beaucoup. Tu veux lire la question que tu as tirée ?
Donner des instructions à tes partenaires pendant l'acte. Alors, attends, parce que j'ai jamais fait ça dans aucun autre épisode. Donc si la question a aucun rapport avec le schmilblick, ou genre tu t'en fous ou t'as pas envie de répondre, on se force pas. Parlons de Nicolas !
Bien sûr ! Ah mais elle est magnifique ! Tu vois, c'est un oracle, c'est pas un petit jeu de cartes innocent. Un oracle, c'est un jeu de cartes pour dire l'avenir, c'est ça ? Oui, c'est des petites cartes que tu tires, comme ça, ça te donne une petite pensée, une petite émotion pour la journée selon ton intention. Ah là, j'avoue, c'est ouf pour les gens qui n'ont pas écouté l'épisode 1 dans mon intro. Tu m'as aussi raconté que tu étais la maîtresse d'Omi.
De Nicolas, de Mina. Et là, c'est vrai que la carte, elle, elle invite à ça. C'est une histoire assez incroyable. Donc, dans ce désert affectif, j'ai cet homme, une petite quarantaine d'années, qui sort du boulot, qui sort de la défense. J'étais sur Grindr à ce moment-là, je ne sais pas. Et il me dit « After work, j'arrive, je te suce ».
Il y avait quoi sur ton profil ? Rien comme d'hab. Pas de photo ? Une photo de moi, les cheveux en arrière, en queue de cheval, tranquille. Et c'était quoi l'invitation ? Il y avait un écrit ? Non, il m'a contacté parce que je n'étais pas loin. Je ne sais pas comment, pourquoi. J'ai dû lui plaire juste sur la photo ?
Mais sur ton profil, il n'y a pas marqué « viens me sucer ». Pas du tout. Est-ce que sur ton profil, il y a marqué « cherche l'amour romantique » ? Non. Ou il ne faudrait pas écrire ce qu'on cherche ? Non, je ne pense pas. Je pense qu'il n'y a rien, c'est vide en fait. C'est peut-être pour ça que je n'ai pas de... Je t'ai taquiné un peu là. Le nombre de gens qui cherchent des trucs et qui me disent « je ne le marque pas sur mon profil ». C'est un autre sujet. Sincèrement, je ne cherche pas trop dessus. À l'époque, tu y étais ?
Et là, Flora est là, c'est Flora qui rencontre Nicolas. Ah oui, Flora, bien sûr, j'étais très très bien. Nicolas t'envoie un message direct, comme ça. Le premier message c'est, je sors du boulot, je viens de Suisse. Ouais. Tu as répondu quoi ? Ah ben j'ai dit ok !
Oui, ça me fait rire ce genre de sexualité directe. Tu as dit le contraire tout à l'heure. Non, j'ai dit que je trouvais ça fascinant la sexualité gay cruising. Oui, tu as raison. Mais effectivement, ça me faisait rire sur le moment, mais c'est devenu une histoire quand même. Alors Nicolas, sur son profil, il y a quoi ? Il n'y a rien. Même pas de photo ?
Tu ne sais pas qu'il va venir te sucer ? Non. Ah là là, t'es courageuse. Je pense qu'il a dû m'envoyer une photo vite fait, mais je m'en foutais en fait. Je trouvais ça rigolo, la proposition. Ok, il sonne. Il sonne. Moi, j'avais laissé la porte en trou verte. Je l'attendais sur le lit, tranquillou. Déjà nu. En slip, je ne sais plus. J'avais peut-être un slip et un petit débardeur. Je n'ai jamais fait ça. Ah bon ?
Moi, il faut qu'on parle avant. Moi, je suis très demi-molle sexuelle. Non, demi-sexuelle ou sapio et tout. Ouais, il faut que je sente tes yeux et tout. Mais j'adore, j'adore. Ça, c'est grâce à la culture Sona Hamam. Je vais au Sona, pardon, au Hamam et dans le noir, dans la fumée, il y a quelqu'un qui me suce et qui part.
Et il n'y a pas d'engagement émotionnel, tactile, énergétique. C'est-à-dire que ma bite est en érection, elle est sucée, elle jouit, tout le monde est content, consentement, ok. Il ne me touche pas, en fait. Il n'y a pas de pénétration. Mon corps énergétique n'est pas pénétré, n'est pas touché. Ça, par contre, si on me pénètre, si on me touche, si on me fait des câlins, il faut que ça soit quelqu'un de particulier. Par contre, ma bite est en érection, il n'y a pas de souci.
C'est un objet à la destination de qui veut. C'est pour ça que j'ai cette liberté-là aussi. Parce qu'étant donné que je travaille dans la performance, que j'utilise mon corps comme un objet plastique, mon sexe est un objet plastique aussi. Et je peux l'utiliser comme je veux.
Donc, c'est pour ça qu'il y a cette différence aussi qui est très belle. Donc, il arrive, je l'attends sur le lit et il est intimidé par moi. Il me dit, en fait, je ne sais plus ce qu'il me dit, je suis timide. Non, il me dit, parce qu'il voulait nos blablas directs. Tu vois, par exemple, le mec ouvre la porte, il se met à genoux, il suce direct. Ça m'est déjà arrivé, ça aussi. Et là, du coup, je lui dis, ah, salut, bienvenue. Généralement, les mecs, quand ils arrivent chez moi,
Et ils disent « Oh, qu'est-ce que c'est beau ! C'est un atelier d'artistes ! » On commence à discuter. Tu habites à Paris ? Oui, je suis dans un atelier logement de la ville de Paris. Et donc, du coup, ils sont fascinés par le lieu qui est très atypique. Et après, ils sont fascinés par moi, évidemment ! Je rigole !
Et donc, du coup, le fait que je fasse bonjour, bienvenue. Et du coup, tout de suite, je pense qu'il s'est enlevé. Ça a dû enlever sa fétichisation de sucer une bite. Il a dû forcément mettre un visage, une voix, un corps sur cette bite mystérieuse.
Et j'ai dit mais c'est ok, c'est parti, let's go, on va boire un rosé. On s'est bu une bouteille, tous les deux, on a papoté, il m'a raconté sa vie hétéronormative. Je cherche une femme, j'y arrive pas, j'aimerais fonder une famille, j'y arrive pas, mon boulot ça va pas. Là pour moi c'était du travail du sexe parce que j'étais en train d'écouter un homme cisgenre, blanc, privilégié.
mascu, soi-disant hétéro, me raconter sa vie. Moi, j'étais là à attendre. J'étais dans ce truc un peu « Mais qu'est-ce qu'il veut, ce mec ? Il a besoin d'un psy, d'une travailleuse du sexe. Bon, c'est tombé sur moi, on va voir ce qu'il va se passer. »
Donc, on boit un petit verre. Il ne pose pas de questions. Pas vraiment. Il parle en mode mascu, quoi. Il ne s'intéresse pas à toi. Voilà. Donc, moi, je suis en mode femme. Enfin, le cliché, évidemment, quand je dis femme. L'accueil, la tension, l'écoute. Bon.
Et là, c'était trop rigolo, je me souviendrai toujours, il me dit « Mais je suis pas venu pour parler ! » Je dis « Ben t'es venu pour quoi ? » « Ben pour te sucer ! » Je dis « Ben alors vas-y ! » Et là, il y a eu ce moment de transgression qui arrive à chaque fois qu'on se voit. Il y a toujours ce petit moment de discussion où il arrive, il est dans son corps, son corps est vraiment hétéronormativisé, c'est-à-dire qu'il est vraiment comme une petite poupée en costard-cravate.
petit à petit en me parlant, à chaque fois il me dit qu'est-ce qu'on se sent bien chez toi, c'est beau, et je vois son corps s'affaisser, s'adoucir, je vois le poids de l'hétéronormativité, de sa vie s'affaisser. C'est pour ça que je suis dans le soin, le travail du soin et du sexe, je ne sais pas, et il y a ce moment où il commence à me toucher,
Comme ça, près de moi, la cuisse. Et il y a ce moment de transgression, ce moment où il y a le basculement, où je deviens la domina. C'est-à-dire qu'il est mon esclave, mon slave, enfin mon sub, et je peux lui demander tout ce que je veux. Je te mets là, à quatre pattes, sur le tapis de yoga, dehors, machin, bidule, sur le lit, à l'envers, tacati, tacadou. Et il a une jouissance à transgresser. C'est le moment...
Ce sont souvent des hommes de pouvoir qui transgressent avec des dominas, c'est-à-dire qu'ils ont tellement de responsabilités normatives que ce moment de transgression est d'une jouissance. C'est très joli à voir d'ailleurs au demeurant.
Donc, la première étape, c'est Imsus. Donc moi, je peux fumer, je peux boire, je fais ma vie, c'est super rigolo. Et après, on continue. Hop, je le sodomise, je lui fous les claques, je l'étrangle. Il ne bande pas, il ne jouit pas, mais il se régale. C'est vraiment, c'est magnifique à voir en fait.
Et même moi, je transgresse, comme tu disais tout à l'heure, ton côté femme twink, ce cliché de passive. Je transgresse ça, je deviens vraiment l'énergie, je dirais pas masculine, mais l'énergie de phallus en érection, qui pénètre, qui prend en main, en action. D'ailleurs, je trouve que je suis une personne très masculine, parce qu'en fait, je prends en action, je fais en action, je fais des...
Je suis dans une indépendance et dans une auto-création, une hyperpuissance de moi-même, moi je trouve que c'est une énergie plutôt masculine en fait. Et là, la dernière fois qu'on s'est vus, il m'a dit ça, il m'a dit « c'est magnifique de te voir dans cette énergie où tu prends vraiment en main, tu me prends en main, tu me prends tout court évidemment ».
Et c'est vrai qu'à chaque fois qu'on se voit, c'est rigolo. Il y a ce petit rituel. Il y a des fois où il m'a dit « demande-moi tout ce que tu veux ». Je lui ai dit « bon, très bien, tu me rejoins dans ce parc et tu me suces derrière un arbre sur la grille ».
Et un jour aussi, je lui dis, j'ai un fantasme, je veux aller dans un parking. Tu portes une cagoule et je te baise et tout. Attends, c'est ton fantasme ou lui ? C'est le mien. C'est le tien. Et je l'ai même emmené au sauna à Mam. Il a adoré. Il était comme un fou. Et il y retourne sans moi maintenant. Ok. Pourquoi une histoire d'amour n'est pas en train de se tisser là ? Ah mais pas du tout. C'est vraiment...
Il n'y a aucune... Il y a une complicité, un plaisir sexuel. D'ailleurs, il m'a dit, les femmes, c'est fascinant. L'hétérosexualité avec des femmes, c'est fascinant. Et l'homosexualité, donc les relations sexuelles avec des gays, c'est du plaisir pur.
Il y a une distinction hétéronormative, je ne sais pas comment l'appeler. La femme, c'est vraiment un peu ce cliché, la femme... C'est la réussite sociale. Oui, en fait, il cherche la validation. Il veut une famille qui ressemble à toutes les autres, c'est ça ? Il veut être comme tout le monde. Et à chaque fois, je perce un petit peu, à chaque fois, j'essaye un petit peu de percer... L'anus ?
Oui, ça, il est vraiment ouvert. Le colosse, tu sais, au pied d'argile. J'essaye de percer un peu l'hétéronormativité. Ça avance à chaque fois qu'on se voit. Donc, au début, c'était mais ma sexualité, c'est de l'ordre de l'intime. Et je dis, ah non, l'intime, c'est politique. Enfin, moi, je lui sors un peu tous mes combats
militante que j'ai aussi, et toutes mes lectures. Mais pour lui, il était hétéro. La dernière fois, il m'a dit « Avec toi, je suis homo. » Ou « Si je fais un plan à trois avec une femme et un homme, je suis bi. » Mais en fait, ma sexualité, ça m'appartient, c'est personnel. Je ne parle même pas de mon hétérosexualité. Je ne comprenais pas trop et tout. Parce que pour moi, encore à l'époque...
affirmer son orientation sexuelle, c'était une fierté. Aujourd'hui, moi, non. En fait, je m'en fous de mon orientation sexuelle. Sincèrement, je m'en fous pour le moment. Le plus important, c'est être artiste, c'est être queer, c'est être post-binaire, c'est être moi, être une fée, être gay, bi, je ne sais pas quoi. Sincèrement aussi, je m'en fous un petit peu. C'est plus l'essence et le primordial ?
Et c'est un peu ce qu'il expliquait, évidemment teinté d'une homophobie intériorisée. Mais là, je lui disais, mais c'est bizarre quand même, t'as plus de 40 ans, toujours pas de femme, toujours pas d'enfant. T'es vraiment sûr que ce rêve hétéronormatif va se réaliser ? Est-ce que t'es pas... Ah mais oui, mais oui, mais oui. Donc, pour le moment, j'ai pas plus d'informations à son sujet. Mais c'est une relation, je m'y attendais pas, qui est devenue assez complice, assez jolie. Et je m'y attendais pas, c'est très, très marrant comme relation.
Est-ce que tu as l'impression qu'il y avait toujours en toi une facette dominante, une facette, donc je parle de ta sexualité là, vraiment un plaisir, une joie à saisir, à prendre, à pénétrer, en mode domi quoi ?
Ou est-ce qu'on se suradapte pour aller chercher le sexe là où on peut l'avoir et que comme il y a eu cette proposition que sinon à côté il n'y en a pas beaucoup, t'as mis ce costume là parce que c'est la seule façon pour toi d'avoir du sexe ?
Oui, tu as probablement raison. Pendant de nombreuses années, j'étais, on appelle ça comment, plutôt passive. Pénétrée ? C'est toi qu'on pénètre ? J'ai complètement oublié les termes officiels. Versa, versa passive. Versa passive, ça veut dire tu peux pénétrer ou être pénétrée, mais tu as une préférence pour être pénétrée ?
Plutôt, oui, je pense que ça... Non, je ne sais même plus, franchement, je n'arrive pas trop. J'ai été plutôt, comme tu disais, courtisé par des hommes plutôt actifs, étant donné que j'étais plutôt efféminé. Je mets vraiment des guillemets à chaque fois que j'énonce ces catégories. Mais les catégories, c'est aussi très intéressant.
Du coup, t'es en train de pas répondre à ma question, je sais pas si c'est volontairement. Et non, alors pour répondre à ta question... C'est oui, alors il y a toujours eu une domina en toi, ou est-ce que tu t'es suradaptée, puisqu'il y a un désert, pour avoir la sexualité ? Alors t'as raison... Premier ou deuxième ? Le premier, c'est-à-dire ? Est-ce que c'est le premier ou le deuxième ? De quoi ?
Est-ce qu'il y a toujours eu une domina en toi ou est-ce que tu t'es suradaptée ? Ah, j'ai répondu à une commande, je me suis suradaptée et je me suis découverte. Je me suis découverte parce que, comme je te disais, je n'avais plus de sexualité. Je me faisais juste sucer au sauna à mâme. Et donc, j'ai eu ce Nicolas qui est arrivé où j'avais enfin une sexualité pénétrative.
Et là, ça a révélé quelque chose en moi plutôt, ouais, domina, top, whatever, mais c'est hyper intéressant, je pense aussi. Effectivement, il y a une double transgression, quoi.
Toi, tu as l'impression aujourd'hui que tu ne mets pas en place des actions pour trouver l'amour que tu recherches. Tu as abandonné parce que trop violenté ou trop déçu, c'est ça ? En fait, mon sous-texte, c'est de me dire, j'ai envie de comprendre, le temps passé avec ce mec Nicolas ?
très sympathique au demeurant c'est un temps que tu pourrais investir pour être pour continuer à draguer à être présente sur les réseaux ou dans des événements ou autres pour aller rencontrer cette personne ou est-ce que t'as abandonné ? Et non justement ces moments là avec Nicolas ce sont des moments rares et très forts et très puissants et ma vie entière est dédiée
à aimer et à être aimé en fait. J'arrive pas à me dire... J'ai encore du mal aujourd'hui avec la conception monogame, fidèle, exclusive de couple normatif tel qu'elle est proposée par nos sociétés aujourd'hui de nous dire que l'amour est cantonné à un couple. Mais c'est ça qui est difficile dans notre éducation, c'est que...
pour obtenir des caresses, des câlins, une sexualité, une sensualité, de l'affection, de l'écoute, etc. J'ai appelé ça le droit à la caresse. Malheureusement, il faut être en couple aujourd'hui. Parce que les personnes stigmatisées comme moi, célibataires, pour aller chercher des caresses, des câlins, du sexe, de la sensualité, il faut que je paye son amam, des professionnels, il faut que je drague, il faut que je pécho, il faut que j'aille sur Grindr. Il y a un travail que tu as évoqué. Ce travail
de recherche je ne le fais pas, t'as raison parce que je fais un travail sur moi le plus beau des voyages c'est de m'aimer moins
Et je n'ai pas le temps d'aimer quelqu'un d'autre en fait. C'est ça la clé un peu de cette solitude, on va dire, de ce célibat que je vis en ce moment. Je m'aime tellement qu'il faudrait que je trouve la place pour aimer quelqu'un. Et ce voyage de m'aimer est tellement puissant et tellement beau que je n'ai pas toutes ces stratégies et tout ce travail de séduction pour obtenir enfin quelque chose. Et c'est pour ça encore une fois que je célèbre la culture cruising gay.
On peut obtenir du sexe sans une mascarade de séduction. Et c'est magnifique en fait. C'est marrant parce que je trouve ça passionnant. Oui. Je te trouve tellement contradictoire. Oui.
Et je le dis avec le sourire parce que c'est pas du tout une... Moi je suis très contradictoire. C'est humain. Et c'est très humain. Mais les gens qui écoutent là et qui ont écouté le premier épisode, je sais pas s'ils sont comme moi en mode mais quoi ? What the fuck ? Reveal ! Reveal, tu vois ?
Et peut-être que... Est-ce que la conclusion, ça serait pas... Je te la propose, dis-moi si elle vibre en toi. C'est une somme de plein de choses, se disèrent affectifs et émotionnels. C'est une réalité qu'en tant que...
en tant que personne non-binaire efféminée sur le marché de la rencontre, en fait, c'est beaucoup plus dur. Il y a une vraie réalité de désert. Donc, tu es peu ou pas abordé, recherché, etc. Désiré. C'est évident que les comptes Grindr, selon la photo et qui tu es, tu es plus ou moins contacté d'une certaine manière. Il y a une réalité là qui ne t'aide pas. Non.
Et il y a aussi ce chemin intérieur, tu vois, le moment où tu dis, moi, j'ai pas le temps pour quelqu'un et je m'aime trop. Mais moi, je suis là, mais ma bichette ? Mais oui ! Du coup, ma question, c'est, est-ce que ça te fait pas trop souffrir ? Est-ce que le désert affectif, tu vois, moi, je trouve que c'est puissant ce que tu dis. Moi, si j'étais pas caressé, touché...
Embrasser, ben moi je vivrais vraiment, enfin c'est dur quoi. C'est ce que je disais, le droit à la caresse. Et est-ce que là, ton être complexe et multiple, entre la part de toi qui dit, moi je suis sur un chemin solitaire, seul, je m'aime, j'apprends à m'aimer, j'ai pas le temps et pas le besoin d'une autre personne, et il y a une autre part de toi qui dit...
Mais j'ai besoin d'être caressé, aimé, choyé. Est-ce que là, il n'y a pas un conflit ? Et quelle part est en train de gagner là ?
Là, moi, je dirais qu'il y a deux choses. La première, je suis arrivée à analyser le besoin. J'ai fait des stages de communication non-violente, etc. J'ai arrivé à analyser mon besoin. Mon besoin, c'est de câliner. Mon besoin, c'est un peu de romance, de sensualité, de tantrisme, de caresse, etc. Quelque chose de très fort et très énergétique. Maintenant que j'ai arrivé à dire ce besoin-là...
et à dire mon vide affectif et sexuel dans la sexualité gay, il y a eu l'étape d'après qui a été, en fait, j'ai besoin de câlins, vers qui je vais ? Et donc j'ai des amouritiers, j'écris amouritier, pareil, j'essaye de décloisonner les gens. Entre amour et amitié ? Oui, j'ai des amitiés, mes amis, on se prend dans les bras, on s'écoute, on s'aime, c'est aussi ça, les cultures hippies,
hétéro et les cultures hippie, queer, éco-queer, les radical furries m'ont apporté cet amour et ces câlins dont j'avais tant besoin. Et ça me comble, en fait. Là où je remets en question, c'est toujours la norme. Donc, dans notre société actuelle, pour obtenir du sexe, des câlins, de l'affection au quotidien, entre guillemets, il faut être en couple. Ça, je le remets en question. Mais non, qui a dit ça ? Moi, je ne suis pas en couple. C'est un modèle culturel qu'on voit partout, dans tous les films, partout...
C'est un modèle qu'il nous a proposé. Mais tu dis ça parce que tu vis loin des villes, loin d'une ville ? Mais non, je sais que tu vis à Paris. Un peu partout, je voyage beaucoup. Je voyage beaucoup, je vais à la campagne aussi, ouais. Enfin, moi, habitant à Paris, et j'entends bien que du coup, c'est très particulier, j'ai un profil particulier, je ne suis pas en couple. Hum.
Et j'ai des interactions sexuelles, romantiques, affectives, nourrissantes.
Oui, tu as raison. C'est pas parfait, mais... Probablement que je suis très concentrée sur, tu disais, le personnage artistique. Moi, le plus important, c'est m'aimer, c'est ce voyage, et d'être aimée, d'aimer autour de moi. J'ai du mal à me dire, une personne, une relation, va combler tous mes besoins et mes désirs. Je suis un peu plus dans l'anarchie relationnelle ou le polyamour un petit peu.
Mais je trouve la monogamie fidèle exclusive très jolie et très romantique aussi. J'arrive pas à condamner. J'essaye d'avoir un esprit critique parce que c'est pas ma formation, c'est toutes mes lectures sociologiques. J'ai l'impression d'être anthropologue plus qu'artiste en fait parce que je voyage énormément, je découvre plein de réseaux, plein de vies différentes, je change de vie sans arrêt.
J'avais dans plusieurs endroits différents, et queer, hétéro, peu importe. Et donc du coup j'ai l'impression de faire toujours cette critique de la norme encadrante, et en même temps cet amour et ce respect pour les normes aussi. Dans mon travail artistique, je fais des critiques institutionnelles, je critique l'institution, mais en même temps j'ai cet amour pour l'institution. C'est cette ambiguïté qui est très jolie aussi, je pense, qui est importante pour...
J'ai pas envie de juger. Ça me protège et puis j'ai pas envie de juger. Tout le monde fait ce qu'il veut avec son cul, son corps, sa vie. J'ai pas envie de juger les personnes. J'ai pas envie de dire les polyas c'est génial, les hétéros c'est nul, le couple monogame exclusive fidèle c'est nul. Non, chacun fait ce qu'il peut en fait.
Moi, je te remercie. Je te remercie d'être là et d'avoir partagé ton témoignage. On va pouvoir continuer à discuter si tu as d'autres choses à dire. Mais sinon, moi, je trouve que j'ai un enjeu de ce que je retiens de cet échange. Sur cette dernière partie, j'ai un enjeu à faire attention à ce que les concepts... Donc moi, j'essaie d'apprendre et de lire...
Un, parce que je fais ce podcast-là et aussi parce que ça m'intéresse justement de sortir des normes, de comprendre les dynamiques de normes. Comment est-ce que ça peut exclure, comment ça peut rejeter, etc. Tu vois, l'étiquette actif-passif, qu'est-ce qui vit en moi autour de ça, tu vois ce que je veux dire, dans les rôles que je me mets, que je donne sur d'autres. Et à un moment donné, je dis stop, Guillaume, va sur le terrain.
C'est-à-dire, attention, moi, je trouve que parfois, je peux partir un peu dans les idées, dans les concepts, dans les questionnements. Et j'ai vraiment soin de dire, au final, j'ai aussi un apprentissage terrain. Et je trouve que les personnes queer n'ont pas toujours cette possibilité-là. Mais l'apprentissage terrain, d'aller draguer quelqu'un, de me dévoiler, tu vois. Pour moi, le terrain, ça veut dire, si je choisis d'être sur une app de rencontre,
Vas-y, Guillaume, ose mettre ce que tu cherches. Et d'abattre les masques, tu vois. Et en ce moment, je fais vachement ça. À la fois sur Instagram, où j'ai commencé à... Je me suis mis le défi de poster des vidéos où je me dévoile beaucoup plus pour de vrai. Et je me suis rendu compte récemment que sur mon Grindr, un peu comme toi, qui cherche quelque chose qui ne l'indique pas, je faisais pareil. Donc, moi, il n'y a pas marqué « actif-passif ».
Et mon premier move, ça a été là, j'ai marqué option sensible des tétons.
J'ai osé dire, moi, les tétons, c'est un endroit très sensible. Et déjà ça, j'avais peur, j'avais honte. Je me disais, mais putain, mais n'importe qui va voir que j'aime les tétons. Du coup, les gens peuvent dire, ah ouais, t'aimes les tétons. Enfin, je me faisais toute une affaire. Et là, mon nouveau move, c'est quand j'ai envie de pénétrer quelqu'un, quand j'ai une énergie sexuelle, plus j'ai envie de pénétrer et ou de pénétrer et de dominer et ou d'être passif.
d'être pénétré, nanana, d'oser dire, ben là t'as envie de ça, là, aujourd'hui, cette semaine, ou ce mois-ci, tu le mets, et tu vas dans l'arène,
L-A plus loin R-E-I-N-E, R-E-I-N-E, et à la fois la reine A-R-E-N-E, enfin deviens ta propre reine, prends le pouvoir et ose dire et vivre, tu vois ce que je veux dire, le rejet, le défi, etc. On est d'accord que moi je suis un homme cis qui présente aussi une barbe, des attributs masculins, enfin je suis pas du tout en train d'essayer de...
Mais je voulais juste partager mon petit morceau parce que dans ton témoignage, tu as beaucoup entendu parler des concepts, de l'hétéronormativité ou des normes. Tu es beaucoup dans le mental et du coup, je me reconnais vachement en toi. Et ça m'a aidé de me dire, vas-y, les normes, blabla, ok. Et c'est très important, politiser, comprendre et ça, c'est très important pour moi. Mais Guillaume, pourquoi tu ne m'es pas actif ? Mets-le !
mets-le et d'aller à la rencontre de toutes les pensées parce que moi je me dis mais du coup l'intégralité de mon voisinage va savoir ça puis en fait le jour où je voudrais être passif je vais m'être passif et les gens vont dire donc le mec en fait c'est pas un vrai et j'étais là mais ça veut dire quoi c'est pas un vrai et là j'ai fait une vidéo là-dessus justement j'étais là bah ouais mais pour moi en fait
J'ai ce désir binaire qui est que si tu es un actif, il faut être 100% dans le rôle. Et donc, si le lendemain, tu es passif, c'est que tu n'es pas 100%. Ça m'a amené un questionnement intime vachement puissant et qui m'a vachement révélé et épanoui. C'est beau parce qu'effectivement, tu évoques des régimes de désir et vraiment, tu vas sur le terrain.
Là, moi, effectivement, où je reste dans le mental, c'est que j'essaie d'explorer quelque chose qui n'est pas la mode. C'est la romance, en fait. Mais marque ça ! Moi, je vois des gens sur Grindr qui marquent ça. Et peut-être Grindr, c'est pas le bon. C'est d'autres qui s'appellent Tinder, Bumble et compagnie. Mais moi, en tout cas, je vais finir en tant qu'ami...
Moi là j'ai tellement envie, parce que quand tu nous as acheté des financiers délicieux qu'on va aller manger, j'ai tellement envie, et c'est mon travers de trouver des solutions tout le temps aux gens qui m'ont rien demandé, j'ai envie qu'on te fasse un compte et que moi maintenant je sais ce que tu cherches, je veux l'écrire pour toi.
Je veux dire, moi Flora, je veux de l'amour, je veux de la romance, dans l'idéal le premier date il ressemblerait à ça, mais j'ai aussi une puissance, une force, je vous domine quand tu veux, tu vois, tu choisirais, je suis une artiste, mais vas-y, et une fois par jour je me connecte dix minutes et on verra ce que ça donne, mais on a plus de chance que ça donne en essayant.
Mais on n'a pas besoin de faire un compte, on vient de s'enregistrer, on a enregistré nos voix ! Génial ! Est-ce que tu as un email, ou est-ce que dans le descriptif de l'épisode, je mets une façon de te connecter ? Oui, sur mon Insta, bien sûr ! Tu le connais de tête, tu veux dire ton hat ? C'est Flora, au doigt, F-L-O-R-A-U-D-O-Y-E. Parfait ! Voilà ! Dernière bafouille pour toi, tu veux conclure ?
Non. Tu veux, Thierry Ndarnaka ? Vas-y. Ah, j'adore ce nouveau jeu. C'est moi qui l'inaugure. Oui. Mon Dieu, mais quelle honneur. Donc là, elle fait cliqueti-cliqueta avec ses ongles. Ses ongles qui font glisser une carte.
Ah bah comment vis-tu le sexe en solo ? Bah oui, on adore ! J'ai combien de temps ? J'ai combien de temps ? Tout le temps que tu veux, c'est ouf, non ? C'est impressionnant, là. C'est un oracle. C'est magique. Eh bah c'est parti. Bah écoute, oui, évidemment que j'ai du sexe en solo, je me fais l'amour. Du coup ?
En ce moment, ouais. Alors oui, c'est chouette, avec du lubrifiant, un peu de poppers, dans mon imaginaire, un peu de porno, mais c'est moins bien avec le porno, en regardant du porno. En tout cas, oui, je célèbre encore une fois ma queue. Je n'utilise pas d'objet pénétrant et j'ai les ongles longs. Oui, tu peux te doiter avec les ongles longs. Ah non, il faut les couper, il faut en couper au moins deux. Ça tue, ça te fait mal, ouais.
Oui, donc là, avec les ongles longs, j'avoue que je ne me doit pas. Mais pour le moment, je ne suis pas encore dans quelque chose de pénétratif. Je suis encore dans quelque chose, effectivement, de contact. Je vais chercher du pénétratif dans le corps, dans le corps énergétique. Et après, avec quelqu'un avec qui j'ai confiance, effectivement, il y aura une pénétration.
Sexe solo, question très intime. Est-ce que moi j'arriverais à y répondre ? Je crois pas. Est-ce que tu arriverais à me dire ce à quoi tu penses quand tu te dis je mets du lubrifiant, je prends mon sexe ? Tu penses à toi ? Oui, c'est moi.
C'est moi, c'est mon corps, c'est ma queue. Donc tu fermes les yeux, tu ne te fais pas un film dans la tête ? Ah non, je peux me regarder dans un miroir, je peux fermer les yeux, je peux... Souvent, je me regarde, je vois mon corps, c'est moi. C'est intéressant. Je m'aime, en fait. Mais moi, ça m'est déjà arrivé, ouais. Une ou deux fois, et en fait, c'est très puissant de me regarder dans le miroir en train de me masturber et de me dire « enfin, je te trouve beau ».
Il y a un peu de ça aussi. Ou pas, pour toi ? Ah oui, oui. Non, c'est pas je me trouve bello. Ça serait plutôt, waouh, mais t'es sexy, baby ! Quel dommage que tu sois tout le temps solo. Bientôt, bientôt, il y aura peut-être quelqu'un qui verra ça. Et j'aime bien cette... C'est ça, peut-être finir sur ce que tu disais, mais c'est bizarre ce que tu dis. C'est pas bizarre, c'est...
Contradictoire. Je pense que je suis une personne pudique. Je pense que je suis une personne timide, en fait. Je pense que je suis... J'ai peur. Je te l'ai dit tout à l'heure, j'ai peur des hommes. J'ai peur, en fait. Je suis intimidée. Je suis pudique. Et je pense réserver cette part magnifique en moi de sexualité, sensualité pour une personne qui me sera chère.
ou des personnes qui me sont chères. Je n'exclue pas un polya. Polyamour. Polyamour. Merci Flora. Merci. Super. Ah, c'était génial les cartes. L'intitulé des cartes, on a l'impression que le jeu de cartes écoutait l'interview et était avec nous, quoi. Oui. On se fait un petit goûter ? T'as le temps ? Oui, c'est parti.