Ce sanctuaire pour retrouver confiance en moi – Nathanaël

« Pendant très longtemps, je culpabilisais parce que mes anciens copains me disaient que je ne massais pas bien ou en tout cas qu’il y avait quelque chose qu’ils n’appréciaient pas dans mes massages. »

Nathanaël

Nathanaël a 32 ans, prof en maternelle reconverti de la recherche en entreprise : longtemps certain que sexe et amour allaient de pair, il vit aujourd’hui en polyamour et explore sa sexualité gay dans les espaces du mouvement des Radical Fairies.

Dans cet épisode de podcast, Nathanaël raconte :

  • Après trois ans en couple exclusif, il questionne pour la première fois le lien entre sexe et amour et plonge dans la littérature sur le polyamour.
  • Il découvre le sanctuaire queer Folterre, dans l’est de la France, où des personnes LGBT se retrouvent une semaine pour questionner sexualité et spiritualité.
  • Au troisième jour, un atelier fessée consentie en plein air le réconcilie avec sa confiance intime : il repart en sachant qu’il sait fesser.

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On en parle dans cet épisode

  • 💻 Folterre : sanctuaire des Radical Fairies en France, où Nathanaël a vécu sa semaine de reconnexion à soi. Voir le site
  • 💻 Les fées radicales (Radical Fairies) : mouvement queer spirituel mondial dont Folterre est le sanctuaire français. Écouter les épisodes sur les fées radicales

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Est-ce que t'es bon pour qu'on s'y mette ? Ouais, j'avais juste une dernière question. Alors, je sais absolument pas quelle manière en parler. C'est juste que je me dis, est-ce que tu vas me nommer ? Parce que je me dis, je sais pas en fait… Tu veux t'appeler comment ? Moi, je te nomme comme toi, tu as envie de t'appeler. Tu peux être anonyme et prendre un prénom d'usage ? Oui, parce qu'en fait, je me posais la question. Je ne sais pas par qui ça va être écouté. On risque de parler de sujets qui ne peuvent pas être acceptés par tout le monde. Et comme je suis prof… Est-ce que tu es à l'aise que les gens sachent que tu es prof ? Ah oui, tout à fait. Mais tu vois, s'il y a des parents qui tombent dessus, je ne sais pas, d'une manière ou d'une autre. Aujourd'hui en France, et peut-être même au-delà, un prof ou un instituteur n'a pas le droit à avoir une sexualité non conventionnelle. Alors moi, je voudrais militer pour ça, parce que quand même, voilà. Après, je pense qu'on va toucher à des sujets qui peuvent… Ils peuvent peut-être effrayer, tu vois. Bien sûr qu'on sait très bien qu'un prof peut avoir une vie sexuelle, mais c'est juste que certains sujets peuvent ne pas être sentis en adéquation avec le personnage que ça peut dégager. Ouais, c'est intéressant. Tu veux t'appeler comment alors ? Allez, Nathan. Ok. Pourquoi Nathan ? Comme ça ? Comme ça, ouais. Ça dit rien de toi ? un des épisodes précédents Jules a dit la même chose j'ai trouvé ça joli que Jules c'était le prénom qu'il utilisait sur les apps de rencontre donc on part sur Nathanael est-ce que t'as envie de te présenter est-ce que t'as envie de dire certaines petites choses aucun rapport avec ta sexualité mais qui nous permettrait de te rencontrer un peu plus t'as dit que t'étais prof est-ce que t'as d'autres choses que t'as envie de dire tu peux te décrire physiquement tu peux dire ton âge Très bien. C'est à guise. Qu'est-ce qu'elle dit à guise ? Eh bien, j'ai 32 ans et aujourd'hui je suis prof en maternelle, après une longue reconversion, puisque avant j'étais dans le secteur de la recherche pour les entreprises. Et après un premier projet de thèse… qui ne s'est absolument pas passé comme prévu. J'ai décidé de tout remettre en question puisque le Covid passant par là, je n'avais clairement pas les moyens de me lancer en thèse. J'avais échoué l'entrée à l'école doctorale. J'ai échoué, si on peut dire, parce qu'il y avait plein d'autres facteurs qui font que je n'ai pas été du tout reçu. Et donc, c'est post-confinement où je me suis pris de passion, on va dire, pour toutes les questions pédagogiques et aussi toutes les questions de construction, en fait. Construction d'idées, construction de savoirs, construction d'images. Pour renforcer certaines images ou au contraire en déconstruire d'autres. Auprès des enfants. Auprès desquels tu enseignes. Est-ce que ce tournant professionnel, tu as vu un parallèle avec ta vie intime ? Tu sais, parfois, on tourne le volant de notre vie et puis il y a tout qui vient avec. C'est-à-dire, on se remet en question à un endroit professionnel et pouf, on se remet en question à un endroit intime, sentimental ou sexuel. Est-ce que ça a été ton cas ? Ou en gros, ces deux histoires sont assez séparées ? Non, ça a toujours été le cas. Toujours été le cas. C'était quoi le tournant ? Celui-là alors, sexuellement ou sentimentalement parlant ? Je ne sais pas comment t'expliquer. Il y a toujours eu du parallèle dans tout. Dans le sens, cette déconstruction, on va dire que j'ai commencé à la mettre en place en 2017, sans que je le sache. Non, peut-être un peu avant quand même, fin 2016. Tu parles de quoi ? Au niveau de mes questionnements. On parle intime, sexuel ? Que ce soit sexuel ou que ce soit aussi au niveau sentimental. C'était vraiment mes premières interrogations. Lesquelles, par exemple ? C'est quoi les nouvelles questions ? Est-ce que sexe et amour, c'est la même chose ? C'est pas vraiment ça l'interrogation, mais il y a ça. Est-ce que si on fait du sexe avec quelqu'un… Il y a cette obligation d'être en couple. Quand on est en couple, il y a forcément du sexe. Et appliqué à toi, ça veut dire que toi, jusqu'à présent, t'avais des rapports sexuels principalement en couple, c'est ça que je comprends. Et que là, tu commences à remettre ça en question ? Oui, et puis c'est surtout que fin 2016, ça faisait trois ans que j'étais en couple, dans un couple très conventionnel, très cadré. Et dès que j'ai pu me poser des questions sur « et si on faisait du sexe ailleurs aussi ? » ou « du sexe ensemble mais ailleurs aussi ? », j'ai senti que clairement, toutes les personnes autour de moi n'avaient pas les mêmes limites. Et je me suis dit… À l'époque, je m'étais dit que c'était un caprice. Il fallait que je le dépasse. Mais en fait, je me suis renseigné. J'ai lu pas mal d'articles, pas mal de témoignages, des livres qui parlent un peu de ça, en tout cas. De ça, c'est-à-dire ? D'une vie sexuelle qui sait se nourrir d'autre chose que du rapport en couple ? Voilà, oui. En gros, c'est toi, le thésard, qui thèses… Aussi intellectuellement ? Je n'étais pas encore thésable. Non, mais il y a un truc où tu es allé chercher dans des ouvrages et dans de la théorie validée des éléments de réponse. Oui. Que ce soit sur le couple ouvert, les expériences de couple ouvert, que ce soit sur le polyamour. C'était mes premiers questionnements sur le polyamour. Et même c'était là mes premiers questionnements sur qu'est-ce que c'est l'orientation sexuelle, l'orientation romantique, le genre. C'est à partir de là où… Tu t'es posé ces questions ? Je me suis posé ces questions, oui. J'ai envie de faire une avance rapide. Un des angles qui t'a amené ici, et moi qui m'intéressais particulièrement, c'est que tu es allé dans un endroit particulier ? Les Fées, avec les Fées, F-E-E. Est-ce que tu peux me rappeler le nom de cet endroit ? À Folterre. À Folterre. Est-ce que tu peux… En fait, mon avance rapide, c'est que toi, je serais curieux de comprendre comment une partie de ces questions se sont répondues, je ne sais pas si on dit ça comme ça, mais tu vois, à Folterre ou avec Folterre, quel est le lien ? Folterre, c'est, pour poser le contexte, c'est, je vais tenter, une définition, tu vas me dire si je dis une bêtise, c'est une communauté, de personnes qui s'identifient quand même LGBT au sens large et qui se réunissent régulièrement autour de séminaires dans un espace qui leur appartient et qui est ouvert au public ? et des séminaires ou des semaines d'expédition dans cet endroit où on va questionner tout un tas de trucs, mais en tout cas, le lien entre intime, en tout cas, plusieurs sujets vont être questionnés, intime, sexualité, capitalisme, c'est une communauté, t'es d'accord ? Tu le dirais autrement ? Si tu mets le focus sur Folter, il y a une communauté tout à fait, mais la communauté est beaucoup plus large. C'est le mouvement des Radical Fairies. Il est vraiment tout autour du monde. Il y a des sanctuaires un peu partout dans le monde. On utilise plus le mot sanctuaire, par exemple. C'est plus des sanctuaires queer. Radical Fairies, c'est en français fait radical. On dit les faits radicals la plupart du temps, mais on dit faits pour aller plus loin. Ok, fait genre fait clochette, fait F et E. Voilà le côté magie et le fait que tu peux devenir, tu peux être qui tu veux dans la pensée. Ok, c'est un mouvement, est-ce que tu sais toi d'où il est né ? Alors, c'est un mouvement, un mouvement queer. Il me semble qu'il est né dans les années 30, mais je n'ai pas fait mes recherches. Non, et c'est super que tu me répondes ça, parce que moi, ça ne m'intéresse pas du tout que tu sois expert de quoi que ce soit et que tu n'es pas porte-parole de rien du tout. Je comprends juste que toi, en tout cas, pour aller vivre une expérience là-bas, c'est en France. Folter, c'est le nom d'un sanctuaire qui est en France. Oui, il est sur Google Maps, donc tu as le droit de dire où il est. Il est sur Google Maps, mais il est dans les… alors je ne sais pas… Sud ? Nord ? Il est dans l'Est. Ok. Donc je comprends que toi, pour aller vivre une expérience là-bas, tu n'as pas eu besoin de faire des grandes recherches sur d'où ça vient, quelle est la mouvance, quel est le propos politique ? En fait, je ne suis pas du tout passé par cette approche-là. Moi, à l'origine, c'est un soir où je réfléchissais à rejoindre un groupe de personnes qui se posaient des questions en lien avec la sexualité. Et en lien avec ce qui pourrait toucher à du spirituel, tu vois. D'autant plus que je me posais pas mal de questions sur les croyances. Qu'est-ce que c'est, croyances religieuses et tout. Et j'ai très vite abordé les sujets autour de la Wicca. La Wicca, c'est un mouvement… Comment dire ? Un mouvement un peu New Age, en lien, en connexion avec la nature. C'est un peu, aujourd'hui, ce qu'on pourrait rapprocher de la sorcellerie moderne. Et à l'époque, j'avais trouvé sur une page, je ne sais plus, Wikipédia ou autre, des mouvements queer, des mouvements LGBT, en fait, à l'intersection avec des mouvements de pratique de la Wicca. Et du coup, ça m'avait assez interloqué. Et j'ai vu que, parmi toute cette… Dans toute cette liste de sanctuaires, j'ai vu qu'il y avait un sanctuaire français. Du coup, j'ai regardé le site et c'est par cette approche Que tu postules à une semaine, c'était combien de temps ? Alors non, du tout, c'était pas tout de suite. En fait, c'était, je crois que ça fait cinq ans que je suis tombé sur le site. J'ai lu, je me suis dit, ok, oh là là, ça fait un peu trop, je me sens pas prêt, je peux pas le faire tout de suite. Parce que j'avais encore beaucoup de questionnements. Et j'ai mis cinq ans, en fait. Parce qu'il y a aussi les deux années de… confinement qui m'ont limité et j'ai suivi un peu les actualités de loin sur les réseaux sociaux. Et il y avait eu des petits soucis de sécheresse ou des petits soucis de logistique là-bas. J'attendais que ce soit réglé et que le confinement… Te permette d'y aller. Avant d'aller dans ce sanctuaire, qu'est-ce que tu comprends de ce mouvement ? Donc en fait, moi, mon truc anticapitaliste, c'est pas du tout ça que toi qui t'attires. C'est la jointure entre sexualité et spiritualité et sorcellerie, entre guillemets. Sorcellerie… Oui, le mot fait peur, mais spiritualité, on reste là-dessus. Dis-moi en plus, parce que moi, j'arrive pas à connecter. Donc ramène-moi à… Tu tombes sur leur site, c'est quoi cette jointure qui t'intéresse ? Donc sexualité, c'est j'ai envie d'avoir des pratiques sexuelles diverses, j'ai envie d'explorer ma sexualité, c'est ça avec lequel tu viens ? Voilà, et de la questionner aussi. Ça veut dire quoi ? La questionner, c'est est-ce que… Est-ce que, tel que je me représente ma sexualité, est-ce que c'est vraiment une sexualité, je vais dire, optimale ? Optimale dans le sens, c'est vraiment en adéquation avec qui je suis ? Est-ce qu'il n'y a pas des zones d'ombre ? Est-ce que la manière dont je suis en train d'interaction, elle est bienveillante ou pas ? Est-ce qu'il y a des choses que je dois savoir, en tout cas, sur mon désir, sur mon plaisir ? Donc c'est une quête, c'est d'ailleurs les mêmes questions que tu te poses pour refaire le pont avec le début de l'épisode à partir de ces changements professionnels dont tu nous parlais. Tu te poses à peu près les mêmes questions ? Oui, en un peu plus précis. En plus précis. Et ton élan, ce n'est pas une souffrance. C'est-à-dire, tu ne te dis pas « je ne suis pas content de la façon dont je relationne, je ne suis pas content de comment je fais du cul, et donc je vais à la recherche de quelque chose ». J'ai l'impression que les questions que tu poses sont ouvertes et elles disent « j'aime ce qui se passe, mais il pourrait y avoir plus, je vais enquêter ». Oui, et c'est vraiment un élan d'exploration. Je ne dis pas que je suis malheureux quand je me pose ce genre de questionnement. C'est juste qu'à un moment, je découvre ça et je me dis « Ah bah tiens, pourquoi pas essayer ? » Et puis après, j'ai dit « Bon, en fait, finalement, ça ne me convient pas vraiment. » Donc, je retourne en arrière et je fais des explorations par saut, on va dire. Et parfois, ça fait tout un embranchement. Donc, pas de souffrance ? Pas de souffrance à part pour… Curiosité. Par curiosité ou quand ça entrave la vie du couple. Tu disais, j'ai fait des allers-retours avant du coup d'aller dans ce sanctuaire foltaire d'effets radicals. Tu as dit qu'il y a eu plusieurs années et plusieurs moments de recherche. Tu me disais des allers-retours. J'y suis allé et puis après je suis revenu. Tu as un exemple d'un truc que tu as essayé et tu t'es dit, ah tiens, ce n'est pas pour moi. Oui, le fist. Le fist ? Oui. Alors, c'est génial. Avant que tu me répondes, du coup, j'ai besoin du lien avec le spirituel. Donc là, on disait, non, excuse-moi, c'est moi qui te ramène parce que sinon, si on part sur le fist, tu vas me perdre. Mais j'ai besoin. Non, non, mais c'est très cool. J'ai besoin d'un ancrage. Donc, ton élan, c'est… lien sexualité et spiritualité, aller plus en profondeur. Amène-moi les questionnements autour de la spiritualité que tu avais. Alors moi, il y avait deux idées derrière ça. Spiritualité, c'est vraiment le côté être isolé dans la nature. Et il y a une ritualisation des journées, une ritualisation des célébrations, en tout cas là-bas à Folterre. qui m'intéressait et qui était en lien avec la nature, avec le soleil, avec les plantes, avec la terre, avec le feu. Et c'est ce que je recherchais. Parce que j'ai toujours eu cette sensibilité de vouloir me connecter autrement qu'en ville. Et l'autre pan de la spiritualité, c'est le côté quand même se connaître soi-même. C'est plus se connaître soi-même en lien avec la nature et se connaître soi-même en lien avec les autres, avec toutes mes questions de connexion. Finalement, c'est de la connexion, quoi ! j'ai du mal à comprendre ce que ça veut dire spirituel pour toi parce que le fait que tu dises je suis sur un chemin et là j'essaie vraiment de regarder avant ton expérience à Folter dans le sanctuaire après je te demanderai bon bah il s'est passé quoi et après je te demanderai bon bah et l'après où est-ce que t'en es aujourd'hui comment t'as cheminé et pour bien comprendre l'avant j'entends que t'as un élan pour aller questionner tes pratiques sexuelles la façon dont tu relationnes le polyamour tu l'as mentionné tu amènes Tu saupoudres tout ça de spiritualité et j'ai du mal à connecter. C'est-à-dire, est-ce que tu peux imager les questions que tu avais autour de cette spiritualité ? Parce que là, tu viens de me répondre, c'est la façon dont je me connecte à l'autre. Mais en quoi c'est spirituel ? Oui, je vois ce que tu veux dire. Pour toi, hein ? J'en parle avec un peu plus de distance aussi, parce que ces derniers temps, je suis un peu moins branché, spiritualité. Je pense aussi que je n'ai pas le même dialogue et que ce que je dis n'est pas forcément très plus concret. En tout cas, à l'époque, ça l'était, au moment de ma recherche. Je recherchais en fait quelque chose, vraiment rentrer dans l'ordre de la croyance et de me dire que… Oui, je suis le fils du soleil et de la nuit et que si je veux, je peux très bien aller courir dans la forêt tout nu pour me reconnecter au peuple de la forêt et donc retrouver les fées, le monde des lutins et des gnomes si j'en ai envie. Aujourd'hui, j'ai un peu plus de… Il s'est passé ça pendant ton expérience à Voltaire ? Alors, pas rentrer dans le folklore comme ça. Il y a un peu ce folklore qui est utilisé, mais plus pour… pour désigner un peu toutes les merveilles de la vie, mais les merveilles de la vie dans le sens, tout ce qui peut nous arriver de positif. Tu peux me donner un exemple ? Parce que là, avant, tu me disais, dans mon cheminement, je me posais tout un tas de questions, j'ai aussi réalisé des pratiques, tu disais, ah bah tiens, j'ai essayé le fist et j'en suis revenu, il n'y avait rien de spirituel, enfin rien, c'est un peu binaire, mais là, dans ton approche du fist, on est dans ta recherche sexuelle, où tu vas tester des pratiques, t'essayes, c'est pas pour toi ? Ou est-ce qu'il y avait aussi cet élément de spiritualité dans le fist ? Quand je l'ai pratiqué, je ne me suis pas dit qu'il y avait une intention spirituelle. Mais après coup, sur le moment, je me suis posé la question. Est-ce que c'est peut-être un autre moyen de se connecter à l'autre aussi ? D'une manière ou d'une autre, que ce soit émotionnel ou sensuel. Parce que ça, je ne doute pas que c'est un autre moyen de se connecter. Seulement, ce n'est pas un moyen de connexion qui, pour moi, est le plus approprié dans ma sensibilité. C'est intéressant parce que pour moi, spirituel, il y a un aspect religieux, il y a un aspect… Mais j'ai du mal à préciser ma pensée sur ce que c'est spirituel. Mais non, je trouve ça super intéressant. Je dirais que c'est en lien aussi avec la place que tu veux occuper dans le monde ou dans l'univers, si on peut dire. Et l'intention qu'il peut y avoir… dans cette recherche de me retrouver dans ce groupe, c'est de trouver ma place. Ça m'a beaucoup guidé. Cet objectif m'a suivi pendant des années et des années. Et c'est un peu ce que je retrouve aussi dans la spiritualité, c'est que tous les êtres sont capables… ont une place parce qu'ils sont nés dans l'univers et que l'univers leur accorde une place, tout simplement parce qu'ils existent et qu'ils vivent pour eux-mêmes. Et que tout ça forme un grand système dynamique où les uns rentrent en interaction avec les autres. C'est ça aussi que je parle de connexion. C'est que le fait que je me connecte à quelque chose ou à quelqu'un ou à un arbre si j'en ai envie, c'est parce que c'est possible… Et de par mon existence. Qu'est-ce qui se passe concrètement pendant cette retraite ? C'est quoi le bon terme quand on va dans un sanctuaire de fées ? On fait une retraite ? Comment on dit ? Je sais que j'ai utilisé le mot retraite pour le décrire. Ça a duré combien de temps ? Ça a duré une semaine. Est-ce que tu peux me raconter ce qui s'est passé pendant cette semaine, de façon assez… en observant, comme si tu observais, pardon ? Je vais reprendre un peu mon idée de rituel en fait. La semaine est très ritualisée. Déjà il faut savoir que les événements, il y a souvent un thème ou en tout cas un sujet assez dominant qui va être abordé pendant toute la semaine. C'était quoi ton sujet ? Moi c'était Total Harvest of the Heart. Total Harvest of the Heart en français ? Donc la récolte de tout ce qu'on a sur le cœur, dans le cœur. C'était pour faire un petit clin d'œil à Bonnie Tyler. Tu vas la chanter là ? Moi non plus. C'est autour de l'éclipse of the heart, Bonnie Tyler. Ok, merci. Elle me revient. Ok, donc ça c'est la thématique qui ne nous indique pas trop ce qui va se passer. Mais tu me parlais des rituels, c'est-à-dire le matin un rendez-vous à un certain moment, c'est ça ? Tout à fait. En fait, il y a tous les matins une heure précise, on sonne la cloche, c'est pour dire que tout le monde se réveille. Et ça veut dire qu'on va avoir un premier regroupement une heure après. Donc un premier regroupement qui va parler de toutes les choses dont on a besoin de faire pendant la journée pour la logistique. Ok. L'eau, les courses, enfin voilà. Un regroupement pour parler des activités de la journée, c'est pour ça que je parlais du thème du séjour, puisque tout dépend des activités qui sont proposées par les autres faits. Et par les organisateurs et organisatrices. On est dans la forêt. En fait, j'ai du mal à me figurer. Tu dors dans une maison ? Alors, tu peux dormir dans la grande maison. C'est une grande maison de style… C'est une grande ferme. Avec un grand grenier, avec des lits. Un dortoir, quoi. Ouais, comme un dortoir. Ok. Et il y a aussi des gens qui dorment dehors, puisqu'on peut camper tout autour, je ne sais pas jusqu'à combien d'hectares il y a autour de la maison. Mais en tout cas, il y a la possibilité d'avoir les deux types de couchage. Et tu viens avec tes affaires si tu veux camper. Est-ce que tu peux me dire un peu, il y a quoi comme activité ? Alors, tout dépend de ce que propose l'effet. En tout cas, il n'y a pas de… Toi, dans ta semaine, il y a eu quoi ? Alors, dans ma semaine, il y a eu… Pourquoi tu rigoles ? Il y a eu un atelier fessé. Pour apprendre à bien fêter, à bien utiliser sa main, il y a eu des activités un peu du style de Kadorovski qui servent d'oracle à la fin. C'est pour ça que je parle un peu de spiritualité aussi et qu'on va un peu sur le New Age. Parce que un Kadorovski qui finalement… Cadavreski, c'est j'écris une phrase, je plie, je te le donne, t'écris une autre phrase sans savoir. Ah non, tu vois mon premier mot, c'est ça ? Et t'écris la suite ? Oui, mais c'est un autre type de cadavreski qui mélangeait à la fois illustration et texte. Donc on écrivait une phrase, mais en même temps on dessinait quelque chose et on utilisait toujours les mêmes phrases d'un message à l'autre. Et donc à la fin, il y avait toute une somme de messages avec une illustration générale Et quand tu le reçois, soit ça te parle et ça te donne un enseignement, soit ça ne te parle pas et tu fais avec. Tu joues le jeu et voilà. Tu m'as donné deux exemples d'activités. Ce que je comprends, c'est qu'il y a un mélange de atelier cul, atelier sexe. C'est quoi les autres ateliers sexe ? Enfin, sexualité ? Il y avait activité de masturbation collective. Donc là, on s'allonge tous et on se masturbe. C'est comme le titre le dit. Mais on se masturbe soi-même. Ok, oui. Après, finalement, je n'ai pas fait beaucoup d'ateliers de type sexuel et il n'y en a pas énormément qui se sont passés. D'accord. Parce que c'était plus sur le cœur. Le séjour était plus porté sur le cœur. C'est vrai que je ne suis pas loin de te demander, c'est quoi le lien entre la fessée et la récolte du cœur ? Eh bien… Il n'y a pas besoin qu'il y ait toujours de lien. Oui. Je dirais quand même que la sexualité repose sur l'affectivité, en fait. Et donc… Non, mais n'essaye pas de les défendre, je te demande. Non, non, bien sûr. En fait, pour le moment, j'entends une suite d'activités un peu décousues. Enfin, décousues. Non, je ne sais pas pourquoi j'ai mis ce jugement-là. J'ai un peu du mal à comprendre… Donc, attends… Je viens pour collecter les trucs de mon cœur. Sachant que j'ai fait des trucs perchés. Ah oui, on ne se connaît pas et tout, mais j'ai fait des câlins à des arbres. J'ai eu un passé d'activiste et je faisais des trucs autour de l'écologie que moi, je considère perchés, mais avec un clin d'œil affectueux et qui correspond à la spiritualité. Et j'étais assez curieux d'aller à la rencontre de ça. Du coup, j'ai zéro jugement et moi, je me suis connecté intimement Il y a eu des ateliers où on m'a demandé de me connecter à mon loup intérieur et je n'ai jamais réussi. Je me suis dit mais on est vraiment une bande de ouf, c'est n'importe quoi. Et il y a eu d'autres, je ne sais pas, d'autres invitations, d'autres ateliers où je me suis dit attends, ça me parle, ça dit des choses. Donc là, mes questions, c'est plus pour comprendre. Ce n'est pas pour dire c'est un truc. OK, j'ai. La thématique est large, c'est quoi le lien avec la sexualité ? Donc peut-être dis-moi un peu plus sur les aspects non sexuels. Qu'est-ce que vous avez fait pour faire votre récolte du cœur ? Dans la récolte du cœur, il y avait trois phases. L'atelier des fessées est venu dans la première phase qui était autour du consentement. C'est pour ça qu'il y avait un lien avec cette notion de sécurité aussi sur laquelle je voulais parler. L'atelier des fessées était donc dans la première phase consentement. Deuxième phase consentement. Tu te souviens plus ? Je me souviens plus, ouais. Mais donne-moi, en fait, sans être scolaire, qu'est-ce que t'as foutu là-bas ? C'était quoi ? Alors, si tu te souviens plus ce qu'on a essayé de t'offrir, qu'est-ce que toi t'as collecté ? Et après, on pourra parler de fessées et tout, mais je crois que j'ai, avant qu'on aille dans le détail des activités ou des trucs, j'ai plein de questions, mais avant tout, j'aimerais avoir… Alors, toi, t'en as tiré quoi ? Là, posteriori ? Ouais. J'irais plus de lâcher prise, quand même. Plus de spontanéité, que j'ai un peu perdue depuis la rentrée. C'était quand ce séminaire ? C'était mi-août. Et aujourd'hui, on est en octobre. Donc c'était juste cet été, là ? Oui. Ok, on est en novembre. Et peut-être un peu moins de culpabilité sur certaines questions ? Dans le sens où parfois on peut être sexuel, parfois on peut ne pas l'être et que c'est ok en fait. On n'est pas obligé de tout centrer sur la sexualité. On peut centrer sur les relations mais avec une autre dimension en fait, pas forcément que sexuelle. Et du coup, les ateliers ont été des espaces ? qui t'ont permis des réalisations, genre un travail d'introspection, sexuelle et non sexuelle, c'est ça que je comprends ? Qui t'a ouvert le cœur et le cul ? Oui, si on peut dire. Même si j'ai pas fait grand-chose, quand même, niveau cul. J'en ai fait assez, en tout cas, pour que ça me pose la question que des choses de la vie de tous les jours, en fait, ça peut être vraiment beaucoup plus facile que ce qu'on peut vivre dans le commun des mortels, on va dire. Là-bas, je me suis pas posé de questions, en fait. Si je voyais quelque chose qui se passait, si j'avais envie de prendre quelqu'un dans mes bras, il suffisait juste que je lui demande ou que je lui fasse comprendre. Et en fait, tout était beaucoup plus facile parce que tout le monde partageait les mêmes codes. Ok. Et partager les mêmes envies d'être proches, en tout cas d'être affectueux les uns envers les autres. Et ça nous ramène à quelque chose que tu as dit au début, qui est cette envie d'appartenance. Il me semble que tu l'as mentionné, non ? L'appartenance à une communauté, oui. Parce que j'essaie de comprendre ce que t'es allé chercher là-bas. Et là, j'entends… Je vais être avec des gens LGBT, donc en termes de genre. C'était quoi le pourcentage de personnes qui s'identifiaient femmes, hommes, non-binaires ? C'était quoi un peu le nom ? Je dirais qu'il y avait beaucoup plus de mecs cis. Après… Je ne me suis pas intéressé au genre des personnes parce qu'à aucun moment ça m'est venu de savoir si la personne en face de moi se définit d'une façon particulière. Parce qu'à aucun moment c'est venu dans le sujet, à part dans certains sujets de conversation qui parlaient d'opérations ou de choses comme ça, où très vite j'ai compris, bon ok, cette personne est peut-être dans un parcours trans, il n'y a pas de soucis. Et Mais pour beaucoup de personnes, je ne me suis pas intéressé à leur genre parce que… Parce qu'elle ne s'était pas présentée par cet intermédiaire-là et qu'en fait, elle est revenue sur ce sujet. Du coup, ce que je comprends, c'est qu'à rejoindre comme ça dans une semaine au milieu de la forêt, des gens en qui tu as confiance, c'est-à-dire que tu présupposes que vous allez partager des valeurs, qu'en tout cas sur leur cheminement, dans leur rapport au cœur, au corps et à la sexualité. Vous êtes en train de cheminer dans la même direction. Donc, c'est ça qui t'intéresse d'aller à Folter pour être dans un espace qui te permet d'aller plus en profondeur dans ta propre connaissance de toi. C'est ça ? Oui, si on peut dire. Après, je ne pense pas qu'on aille tous dans la même direction. Je pense que ça nous fait juste travailler sur différents aspects de notre histoire personnelle. Et… qu'il y ait un peu cette atmosphère d'amour, en fait, d'amour général, et d'outils, finalement, parce que certains nous ont donné quand même des outils, qui nous permettent de mieux, encore une fois, de nous questionner, ou en tout cas de mieux comprendre ce qui se passe dans notre vie, de mieux comprendre nos parcours. Et je pense que c'est ça qui fait cette… Cette ambiance de communauté aussi. C'est qu'il y a plein de questions, il y a plein d'interrogations, il y a plein d'utopies aussi. Et je voulais dire quelque chose, mais c'est parti entre temps. En fait, j'ai l'impression que ton propos est retenu. C'est-à-dire, j'ai l'impression que c'est moi qui dois un peu au forceps te dire, bon, qu'est-ce que t'en as pensé ? Et c'est possiblement moi, une projection de moi, parce que je suis fatigué ou parce que… Donc, je la pose entre nous comme ça. J'ai du mal à savoir si t'étais content ou pas. Tu vois ce que je veux dire ? T'es assez en décalage avec ton témoignage. On est content ou on n'est pas content ? Genre, on y retourne ou pas ? Est-ce que tu me le conseilles ? Oui. Voltaire, toi ? Oui. Ouais. Et toi, c'est quelque chose qui t'a transformé ou c'est quelque chose… Ouais, c'était sympa. J'ai du mal à comprendre l'intensité que t'as vécue et comment ça a changé ta vie. Tu peux m'aider ? L'intensité, elle était beaucoup plus forte il y a quelques semaines. Parce que dès que j'en suis ressorti, je voulais y retourner. Maintenant, je suis revenu dans mon petit train-train quotidien et donc du coup, ça m'a un peu coupé. Coupé de cette bain d'amour, de cette communauté un peu hors du temps, c'est ça que j'entends. Tout à fait. D'autant plus que même si j'ai recroisé beaucoup de fées depuis à Paris… Je ne retrouve plus… Je retrouve moins de force, en tout cas, qu'on avait à Folterre. Et c'est pour ça que je veux y retourner. C'est que je sais que, peu importe si on se revoit ailleurs, je sais que ce sera beaucoup plus fort à Folterre. Quel était exactement ton avis ? Tu me le conseillerais pour quelles raisons ? A ton avis, ça correspond bien à quel type de gens ou à quel type de questions ? Je pense que ce serait pour des personnes déjà qui s'identifieraient queer, puisqu'il y a beaucoup de personnes qui appartiennent à l'univers queer. Qui se posent des questions, en fait. Qui cherchent… Qui cherchent des réponses, pas forcément, mais… tu sais pas, t'as le droit en fait c'est dur de voir ça depuis l'extérieur parce que moi j'avais déjà une intention particulière elle a été remplie ton intention ? elle a été remplie mais c'était ma première expérience de foltaire c'était quoi ton intention si tu devais la résumer en une phrase ? ouais j'avoue c'est je pense qu'il y avait vraiment ce souhait d'appartenir à quelque chose ok ouais Et la réponse, c'est oui, mais il me faut y être. Il me faut y être. Pourquoi tu ne vas pas vivre là-bas ? Parce qu'on ne peut pas vivre là-bas, c'est en plein milieu des montagnes et qu'à partir de novembre, ils ferment. Parce qu'après, l'accès, c'est difficile d'accès. Quelqu'un qui écoute ou moi, si je te gratouille un peu, on peut se dire, ah tiens, chouette, ta secte. Ça appartient à qui cette maison ? Tu payes à qui ? Je repose ma question et donc tu vas à mon avis redire non, mais moi je me serais intéressé de comprendre ce qu'on va m'inculquer et ils pensent quoi les gens qui vont m'inculquer quoi ? Alors on inculque rien du tout. Ok. C'est plus les parcours de toutes les personnes qui sont là-bas et qui viennent t'enrichir, en fait. Il y a un fonctionnement associatif au niveau financier, donc la maison appartient à ceux qui viennent… Qui viennent participer, en fait. Tu parlais d'organisateur, organisatrice. C'est uniquement sur un aspect logistique. Oui, voilà. Et après, les ateliers sont co-construits. C'est ça ? C'est les participants qui, eux, proposent des structures d'ateliers ? Oui. Toi, t'as proposé un atelier pendant ton expérience ? Non. C'était ma première expérience et justement, je voulais voir comment fonctionnait le séjour avant de proposer quelque chose. Donc, je pense que j'attendrai peut-être la deuxième ou troisième expérience pour proposer quelque chose. Et si je comprends bien, la sexualité est abordée… Au même titre que plein d'autres questions. Donc, ce qui fait que là, tu as eu, je crois, deux ateliers, un fessé et un masturbation collective. Mais il y a d'autres espaces de sexualité positive, Sexpo, où là, on se réunit autour du sujet de la sexualité. Ce n'est pas le cas de ton expérience, c'est ça ? Si, si, parce que j'ai peut-être pas… En fait, c'est dur de se rappeler de tout ce que j'ai fait, parce que c'était vraiment intense. C'était des journées plutôt bien remplies. Il y a eu d'autres. Il y en a eu d'autres ateliers, mais qui étaient moins dans le… Peut-être moins dans le… Dans le côté un peu sensationnel, tu vois, j'ai tout de suite pensé fessé et masturbation collective parce que ce sont les deux. Et puis j'ai l'impression que toi, t'es pas allé vraiment chercher ça. C'est pour ça que ton témoignage est peu sexuel de cette expérience. C'est marrant que tu me fasses réfléchir à ça de cette manière-là. Je pense que d'une manière ou d'une autre, si. T'as dit j'ai fait peu de choses. C'est toi qui l'as dit, non ? Ouais, ouais, bien sûr. Mais parce que je pensais vraiment que dans ce genre de cadre… J'allais vraiment être dans un comportement hyper sexuel et en fait, ça ne l'était pas du tout. Mais si tu gèles les miches à la montagne… Ah mais non, c'était allé en août. On était, non. Et il y a eu d'autres ateliers, plus en mode conversation, en fait. Cercle de parole… De toute façon, il y a beaucoup de cercle de parole, là. Mais dans le domaine de la sexualité, il y a eu un cercle de parole sur comment… Comment faire du sexe avec moi ? J'aimerais que tu m'amènes sur quelque chose qui a été déterminant pour toi, sur l'impact de cette semaine. Tu dis que ça a eu un impact. Est-ce que tu peux me donner une forme d'exemple concret ? Je sais que ce n'est pas évident, mais… Est-ce que cet atelier fessé que tu as fait, du coup, je comprends, est-ce qu'il a eu un impact déterminant ? Ça a été le premier atelier, on va dire physique, que j'ai fait et qui a changé ma vision de mon expérience parce qu'il a été réalisé le troisième jour ? Le troisième jour, oui. Et en fait, pendant ces premiers jours, je me sentais un petit peu à part parce que tout le monde se connaissait et que tout le monde était déjà très accueillant vis-à-vis des autres. Enfin, tout le monde a été très accueillant. Mais on sent qu'il y a un passé, en fait, entre les personnes. Et c'était compliqué pour moi de… d'entrer là-dedans. Donc au tout début, je me suis dit « Ok, ça va être très étrange. » Et finalement, quand cet atelier de fessé a été proposé, je me suis dit « Tiens, je vais y aller. De toute façon, je ne connais personne, donc autant jouer le jeu à fond. » Et en fait, je suis tombé sur un partenaire avec qui on s'est très bien entendu, où il y a tout de suite eu une alchimie. Et en fait, c'est à partir de là où je me suis vraiment bien senti. Et raconte-moi du coup, cet atelier fessé, c'est qui le chef des fessés ? Le chef ? Il y a quelqu'un qui dit, voilà comment faire une bonne fessée ? Ça, c'est un ou une participante ? C'est quelqu'un qui propose son savoir, qui n'est pas forcément un expert, mais qui souhaitait, en tout cas… Expliquer une technique qu'après, tu mets en place. Voilà, tout à fait. Et qui était en lien aussi, du coup, avec le consentement, puisque juste avant, on avait fait un petit brief sur le consentement. Et donc, comment je fais une bonne fessée ? Tu te souviens ? Alors, disons qu'il faut… Tu veux vraiment le côté technique ? Il ne faut pas que tu mettes ta paume directe sur la fesse. Il faut que tu fasses un peu en forme de cloche et que tu tapes presque au-dessous de la fesse. Parce que le but, c'est de faire bouger la fesse. Il ne faut pas que ça claque. Enfin, si, tu peux lâcher la clé, mais il faut que ça soit par-dessous. Par dessous ou sur le côté. Tu peux aussi faire la cloche sur le côté. Mais en fait, il ne faut jamais y aller de front. Donc là, je t'imagine à quatre pattes, on est dans une salle de la maison ou on est dehors au milieu de la forêt. C'est une question ? Oui. On est dans l'atelier FES ? Oui. Et c'est ? Ah c'était dehors. On est où ? On est dehors. Voilà. On est nus ou on est habillés ? Ah c'était nus. Ok. Ou habillés selon les… On est tout le temps nus souvent c'est ça ? Non non, franchement il n'y a pas de règle. Toi t'étais nu en tout cas ? Oui. Tu t'es dénudé pour l'atelier ou t'étais nu depuis le matin ? non pour l'atelier et donc tu te mets à quatre pattes une fois qu'on a expliqué et là ton partenaire qui était sympa commence à te fesser c'est quoi le feedback du coup qu'est-ce qu'il se passe après tu lui dis ouais cool la cloche genre oui genre non comment ça se chemine c'est pas aussi froid quand même Comment dire ? C'est quand même, il y a beaucoup d'excitation, c'est plutôt très chaud, il y a un jeu de regard, il y a un moment où justement tu dis stop avec un code qu'on s'était proposé. C'est quoi votre mot de code ? Je ne sais même plus. Je crois qu'on utilisait juste rouge, orange ou vert. Ok. par rapport au niveau de douleur ou là où j'en suis sur mon kiff, c'est ça ? Tout à fait. Comment tu regardes quelqu'un quand tu te fais fesser ? Moi, je crois que je ne dois pas être très, très flexible. Genre, je suis à quatre pattes et je tourne la tête et je regarde la personne qui est derrière moi. Tu regardes entre les moments où il y a trop de douleur, tu vois, par exemple, où tu te dis, OK, là, c'est pas trop supportable. Rouge, rouge. Oui, voilà. Artichaut, artichaut. Et autour de moi, dans la forêt, chacun est allé un peu se mettre vers son buisson ou bien tout le monde se voit et s'entend ? Parce que c'est assez sonore la fesse. Oui, tout le monde se voyait. On n'est pas éparpillé dans la forêt ? On était éparpillé dans une sorte de petite clairière. Marrant. Voilà. T'as aimé ? Oui, c'est vraiment la première activité qui m'a fait tout de suite connaître quelqu'un, dans son intimité aussi. Mais oui, mais moi, mon sujet, c'est comment est-ce que ta participation t'a transformé ? Et du coup, oui, j'entends qu'il a fallu briser la glace avec les gens avec qui t'étais. Moi, ma question, et j'entends qu'en fait, c'était un enjeu pour toi pour passer une bonne semaine et pour cette idée d'appartenance. Moi, ma question, c'est, j'ai pas compris comment ça t'avait aidé, ce passage-là. Donc j'essaye après d'aller dans des exemples concrets. Est-ce que toi, sur la fessée, c'était ta première fois ? T'étais adepte de la fessée ou pas ? J'avais déjà tenté et en fait, ça m'avait pas plus convaincu. Tu préfères, grâce à cet atelier, tu préfères recevoir ou donner aujourd'hui ? Les deux. Pendant très longtemps, je pensais que j'aimais recevoir. Mais en fait, c'est pour ça que je ne suis pas revenu parce que je n'ai pas eu des expériences très affolantes. Et cet atelier m'a permis d'y prendre goût. Il suffit juste d'avoir le bon partenaire et qu'il y ait un changement de rôle, je pense. En tout cas, qu'on te fasse comprendre que pas besoin de perdre confiance sur cette pratique-là. Tu peux le faire. Il suffit juste de mettre en pratique une certaine technique et d'écouter ce que ton partenaire te dit. Et moi, ça m'a réconcilié avec ça parce que J'en suis sorti de cet atelier en me disant, je sais faire des fessées. Je sais faire des fessées à qui le veut. Et j'en ressors exactement… C'est exactement ce qui s'est passé aussi pour les massages. Pendant très longtemps, je culpabilisais parce que mes anciens copains me disaient que je ne massais pas bien ou en tout cas qu'il y avait quelque chose qu'ils n'appréciaient pas dans mes massages. Et moi, j'y perdais patience parce que je ne ressentais aucun plaisir. Là, j'ai pu faire plusieurs massages et en fait… Ça s'est très, très bien passé. Et là, je me suis senti, OK, c'est bon, j'ai des compétences en massage. Des compétences peut-être pas aussi loin, mais il y a quelque chose, en fait. Et ça m'a redonné, en fait, ce plaisir de choses que j'avais abandonnées. Ouais. Et tu renoues avec la confiance en soi. Une des choses que tu me dis avoir un peu conquis, ou en tout cas obtenu grâce à cette expérience, c'est une forme de confiance. Oui. Pourquoi ? Pourquoi y retourner ? Qu'est-ce que tu as l'impression d'avoir envie de continuer à explorer ? Ou c'est juste t'as envie d'aller kiffer avec des gens qui commencent maintenant à être un peu des potes, une famille, tu as dit. Ce bain d'amour, t'es quand même en train de te prendre des fessées et de donner des fessées au milieu des bois en août. Mais c'est une expérience. On kiffe quoi. Donc t'as envie d'y retourner pour kiffer. Bah oui, et pour ressentir aussi ce bain d'amour justement. Parce que c'est assez grisant quand même. Quand, à longueur de journée, tu vas voir quelqu'un, tu lui parles et qu'en fait, hop, on se prend dans les bras et en fait, on ne se quitte pas pendant une heure. On peut très bien aller, je ne sais pas, s'allonger dans les herbes et parler de plein de choses. En fait, tout est possible. C'est un peu réducteur en disant ça. Mais c'est ce que tu as ressenti. Et c'est fait radical. C'est intéressant parce que j'ai l'impression d'entendre l'impact d'une thérapie, mais sous format expérientiel. Oui. C'est comme si tu pouvais… aller à la conquête d'anciens traumas ou aller à la conquête d'espaces un peu interdits en toi mais en fait en tout cas je parle de moi tu me diras si ça résonne mais en gros je suis dans un espace radical où en fait j'ai le droit de tout faire avec consentement et de poser toutes les questions et c'est déjà un endroit qui me dit viens on pense différemment donc je me sens en confiance et en plus en sécurité parce que queer friendly et puis j'imagine ultra dans les valeurs etc j'ai pas à faire tout l'effort Comme je peux avoir à le faire dans un groupe assez hétéronormé où on reprend à zéro et tout. Et du coup, tu peux aller à la rencontre de toi et ou d'anciennes peurs pour les reconquérir dans ce bain d'amour. Tout à fait. C'est cool ? Après, c'est thérapeutique, je suis tout à fait d'accord. Après, je pense qu'en une semaine, c'est peut-être trop peu. Quand je parlais tout à l'heure de lâcher prise et de spontanéité, c'est tout simplement parce que là-bas, dès que j'avais quelque chose en tête, je le faisais. Qu'est-ce qui t'empêche de faire ça dans ta vie parisienne ? Parce que même si je suis toujours dans ce souci d'exploration, de toujours vouloir explorer quelque chose, être un peu dans cette liberté, j'ai toujours le cadre qui me revient. Et que ce soit le cadre lié à mon métier, je ne peux pas… je ne peux pas partir en forêt comme ça un mardi après-midi, ou je ne pourrais pas, je ne sais pas, je vais dire découcher, mais si en fait c'est possible. Imagine, tu peux tout faire, et cette magie du lieu, elle est soudainement dans une bulle avec toi ici, avec toi et moi, à Paris. Qu'est-ce que tu t'autoriserais, qui te semble hors cadre, là aujourd'hui ? Attends, tu dis, ici à Paris, il y a un cadre qui m'empêche. Il t'empêche à quoi ? Qu'est-ce que tu t'autoriserais à faire si tu étais plus libre ? À l'intuition. Sinon, ma question ne va pas marcher. En fait, ça serait totalement partir comme ça, en fait. Enfin, partir me promener, par exemple, et je ne sais pas, je vois quelqu'un dans la rue ou il y a un eye contact avec quelqu'un, j'irais lui parler. En fait, je ne serais pas dans cette course incessante de devoir faire quelque chose parce que je suis préoccupé par le temps et donc il faut que je fasse ça, il faut que je pense à faire ceci parce qu'il faut que je prépare ceci. En fait, il n'y a pas de temps à Folterre. Il n'y a pas de temps. Il n'y a même pas d'horloge. Quand est-ce qu'on sait qu'on doit sonner la cloche pour que tout le monde se réveille alors ? On regarde le soleil. Elle regarde le soleil. Et la gueule de bois. Non, parce qu'il n'y a pas d'alcool. Il y a très peu d'alcool. Pareil pour les drogues. Il y a des Hermès. Les Hermès, c'est des personnes qui sont… qui prennent le rôle d'accompagner les personnes qui prennent de la drogue, d'y faire consommation. Et pareil pour l'alcool. C'est l'Hermès qui se charge pour éviter justement que… des personnes qui seraient dans un parcours très particulier en lien avec l'addiction puissent ne pas être confrontées. C'est une forme d'accompagnement et de protection. Aujourd'hui, à quoi ressemble ta sexualité ? Aujourd'hui… Un petit peu bancal. Un petit peu bancal parce que je suis un peu dans cette phase, on va dire, d'hyposexualité comparée à d'habitude parce que j'ai moins de libido. Donc là, tu es en couple ou c'est quoi ta situation maritale ? Je suis en couple avec deux garçons. Donc en trouble ? Ah pardon, excuse-moi. Tu es en polyamour, tu dirais ? Dis-moi quand je dis des bêtises. Et tu relationnes avec deux personnes. Est-ce qu'il y a une de ces relations qui est dite première ou primaire ? C'est-à-dire, est-ce qu'il y a une hiérarchie dans ces relations ? Une hiérarchie. Avec un de deux personnes. Et les deux personnes ne relationnent pas entre elles. Elles ne se connaissent pas forcément. Elles se connaissent, mais elles ne relationnent pas. Pas de lien. Et donc, ta sexualité peut être avec un de ces deux partenaires ou plus. C'est-à-dire que vous êtes en… Oui, tout à fait. En ouvert, ok. Et là, en ce moment, tu disais que tu as moins de désirs sexuels. Oui. Ma question, c'est comment est-ce que Folter a changé ta sexualité ? Est-ce qu'il y a eu une modification ou pas ? Il y a eu une modification sur l'aspect affectif de ma sexualité, dans le sens où je ressens moins de culpabilité, en fait. C'est… En fait, c'est un peu par contraste où j'ai réalisé que si je n'ai pas envie, je n'ai pas envie et ce n'est pas grave. Ça a renforcé. Non, je n'ai pas compris. Culpabilité de quoi ? Culpabilité de ne pas avoir de sexe en couple, par exemple. D'accord. On n'est pas obligé d'être 100% dans du sexuel. Tu étais déjà polyamoureux et en couple multiple, je ne sais pas comment on dit, avant Foltaire ? Ça a commencé juste avant. Ok, mais ça n'a pas impacté ? Ça a impacté dans le sens où je me suis posé plus de questions sur mes relations. Et que comme il y avait une de mes deux relations qui était sur le point d'être construite, ça a donné un petit coup d'accélérateur. Parce que j'ai réalisé que j'étais bien dans cette relation, donc autant lui donner plus de poids. Et c'était à nouveau le cadre normatif qui t'empêchait ? Et cadre sur lequel Folter met des paillettes magiques ? Non. Non, je pense que c'est moi qui me mettait des barrières, en fait. Parce que… Parce que j'ai un peu, on va dire, regoutté à cette magie. La magie de Folter m'a abaissé certaines de mes défenses. Oui ? Parce que t'es entouré de gens qui s'autorisent et donc c'est plus facile de s'autoriser, non ? Je sais pas, c'est mon petit projet. Oui, oui, tout à fait. Et c'est clairement l'enseignement premier de Folter. Je me suis autorisé à faire beaucoup plus de choses que je le pensais. Ouais. Et tu es revenu de Foltaire avec une meilleure capacité pour dire à tes partenaires « En fait, désolé gars, je n'ai pas envie de relations sexuelles et je n'ai pas à me sentir coupable » parce qu'un ou des partenaires pouvaient parfois te culpabiliser ? Ou c'est toi tout seul dans ta tête ? C'est moi tout seul dans ma tête, ça je le sais. C'est juste que j'ai toujours eu beaucoup de mal à le communiquer et maintenant je sais que je vais prendre un peu plus de temps pour pouvoir le dire. Je le faisais déjà avant Foltaire. Mais ça vient renforcer encore plus. Ça vient renforcer aussi ma confiance sur le fait que je puisse le dire. Parce que tu as gardé contact avec des faits ? Oui. Qui sont devenus des amis ? Oui, oui, quand même. Après, là, c'est encore trop récent, vraiment. J'ai toujours eu un problème avec la notion d'amitié. Je ne sais pas encore comment gérer ça. Ça veut dire quoi ? Dans le sens où j'ai eu pas mal de… de rupture en amitié et je sais que ça m'a rendu assez fragile de ce point de vue-là. T'as du mal à faire confiance, c'est ça ? Ou à créer un lien de peur qu'il soit brisé à ton insu ? Oui, déjà de créer un lien et je me demande quand est-ce qu'on peut dire qu'on est amis et quelle est la frontière entre connaissance, amis et potes ? j'en suis plus là moi en ce moment dans mon cheminement et c'est assez ça me pose beaucoup de questions parce que je suis assez proche de beaucoup de faits et je me dis est-ce qu'on est amis, est-ce qu'on n'est pas amis je sais pas et je sais que je m'engraine un peu dans ce genre de questionnement de 0 à 100 tu dirais que t'es sexuellement épanoui à combien aujourd'hui ? je pense que t'es en PLS avec ma question de mathématicien de 0 à 100 en plus ouais Je dirais bien quelque chose entre 75 et 85% quand même. Et quels sont les blocages pour la suite de ton chemin ? Imagine, on fait un épisode suite dans quelques années. À ton avis, la suite de ton chemin d'épanouissement, il est à quel endroit ? Toujours en lien avec ce qu'on dit. Non mais en lien, c'est très bon élève. Non, non, on parle de toi. Donc tu vas à l'endroit où il est bon pour toi. Non, non, sors du cadre. Je pense que ça ne touche pas la sexualité. Je pense que ça touche plus sur… Il n'y a pas d'enjeu de sexualité pour toi, d'épanouissement sexuel ? Je pense que je suis déjà… Assez bien épanouie et je sais que je me fais confiance là-dessus. Je sais que je trouverai toujours des moyens d'explorer. Pas de soucis et que je serai toujours épanoui sur ça. D'accord. Il est à quel endroit, du coup, ton enjeu ? Au niveau de la sexualité ? Non, t'as dit qu'il n'y en avait pas ? Moi, aujourd'hui, c'est au niveau des relations. Relation amoureuse ? Relation amoureuse ou relation amicale ? dans lequel le sexe joue un rôle, non ? Oui, tout à fait. Tout à fait. Après, je pense que c'est un peu un reste de ma construction, que quand j'étais plus jeune, je sais que dès que j'ai acquis mon autonomie, que j'ai vécu seul, je me suis développé plus comme un être sexuel qu'un être amical ou amoureux. Ok. Et aujourd'hui… Ça veut dire quoi ? Ça veut dire, à partir de 18 ans, t'as eu plein de rapports sexuels et t'es à la rencontre de ton désir sexuel, mais moins ta capacité à connecter avec l'autre amoureusement ou amicalement ? Oui, voilà, parce que c'était le rapport sexuel qui faisait couple, ou qui faisait amour, ou qui faisait ami à l'époque. Ok. J'ai très bien vu qu'après plusieurs années que ça fonctionnait pas comme ça, mais… Le fait que j'ai pris la voie sexuelle tout de suite, c'est ce qui me conforte aujourd'hui sur le fait que je suis très bien dans ma sexualité. Tout va bien. Je ne sais pas si tout va bien. Non, mais en tout cas, tu chemines. Voilà. En revanche, c'est quoi ? C'est la question de faire confiance à quelqu'un ? C'est une question de confiance ? Si j'essayais de comprendre quel est l'enjeu pour toi autour des relations ? C'est la peur de la rupture ? — Je pense qu'il y a quand même la peur de la rupture. Alors j'ai peut-être pas assez réfléchi sur ça, tu vois. Mais c'est la question peut-être des attentes, tout simplement. Qu'est-ce qu'on attend de l'autre quand on est en couple ? Qu'est-ce qu'on attend de l'autre quand on est ami ? Qu'est-ce que… Sur quoi, en fait ? Toi, tu ne sais pas répondre à ces questions ? Oui. Ou bien tu trouves que les attentes des autres sont trop lourdes ? Ou peut-être, tout simplement, je me fais une image des attentes des autres et que cette image, justement, est très chargée. Tout comme moi, je peux porter une grosse attente envers les autres et je peux… Très facilement être exigeant, en tout cas je le suis moins qu'avant, j'espère. Et que je pense que c'est un peu toutes mes expériences amicales et amoureuses qui viennent aujourd'hui me questionner a posteriori. Parce que je me dis, il y a peut-être des choses que j'ai fait et qui en fait ne sont pas à faire et que c'est ça en fait qui… qui rend ma relation au couple, aux amis, plus instable. Plus instable, tu dirais. Et il n'y a pas d'impact sur ta sexualité ? Tous ces questionnements et ces, je dirais, angoisses, c'est pas le bon terme, mais ces blocages ou ces grattes, pincements, ont pas d'impact sur ta capacité sexuelle ? Tu disais, j'ai moins de libido, j'ai moins d'envie en ce moment, et du coup, je me permets plus de le communiquer à mes partenaires ? Est-ce que c'est pas ça qui se joue ? Ça peut se jouer aussi, mais… Si tu te sens instable, c'est compliqué de se mettre nu dans tous les sens du terme ? Non, j'ai jamais eu de problème. J'ai jamais eu de problème, si bien que si je veux, je peux aller dans un sauna, je peux aller dans un lieu de cruising, en soirée sexe, ça j'ai aucun problème. Et être nourri sur les deux pans, amour, spiritualité, sexualité ? J'entends que tu peux aller baiser, mais toi qui disais qu'au cœur, tu as besoin de sexualité et de spiritualité, est-ce que ce sexe facile te nourrit à ces deux endroits ? En fait, il peut me nourrir à un certain niveau, dans le sens où je fais toujours des rencontres, où à un moment, ça finit sur un rapport de tendresse, en fait. Ok. C'est important pour toi, la tendresse ? J'ai remarqué que ce genre de rencontre, ça me redonne un coup de boost en fait, parce que ça me donne de manière ponctuelle et par l'intermédiaire d'une autre personne que je ne connais pas, peut-être… Donc sans pression du couple ? Voilà, sans pression, qu'il peut y avoir des rapports tendres entre inconnus. Ok. J'ai envie de finir là-dessus. Toi, le sexe qui t'inspire aujourd'hui, alors j'entends que là, tu as une libido moins élevée, mais pas inexistante. Est-ce que tu peux m'amener dans ton kiff ? Là, tu viens de mentionner la tendresse. Pour toi, un rapport sexuel réussi ? J'aime pas du tout cette question, c'est trop triste. Je peux pas te poser cette question, elle m'agace. Idéal ? Le kiff, si j'ai envie d'aller à la rencontre de ton kiff, il est composé de quoi ? Donc de tendresse ? De la tendresse, bien sûr, de la complicité, de la sensualité. Il y a des pratiques en particulier où vraiment tu kiffes ? Genre, une petite fessée, ça me fait vraiment ma soirée. En fait, maintenant, je ne dirais pas non, bien sûr. Après, je ne dirais pas que ça ferait toute ma soirée non plus. Non, je pense qu'il faut vraiment qu'il y ait un jeu de regard. En fait, je veux ressentir le côté passionné. C'est ça qui me donne le critère. le critère je sais pas si on peut dire le critère précurseur en fait juste savoir si ça va bien se passer ou pas ok donc toi il n'y a pas de par rapport à la pénétration anale beaucoup de gens se définissent ainsi alors moi je sais que la pénétration elle n'est pas forcément obligatoire j'ai eu beaucoup de rapports sans pénétration anale et c'était vraiment très très bien je sais que dans l'idéal moi je préfère je préfère la pénétration recevoir donner kiff kiff voilà les deux Les deux. les deux après ta question est assez difficile parce que ça dépend du partenaire qui est en face je sais que je m'adapte facilement et que je suis plutôt très à l'écoute plus à l'écoute des envies de l'autre parce que aussi ça me donne une possibilité d'explorer quelque chose que je ne connais pas mais aussi parce que j'aime donner du plaisir et que quand on me fait comprendre que moi j'aime ça moi je préfère comme ça je suis prêt à le faire parce que je sais que ça va faire du bien à l'autre et ça t'excite de voir le plaisir de l'autre carrément ça je kiffe c'est le kiff est-ce que t'as un mot de la fin particulier qui te vient Il réfléchit. Les gens n'ayant pas l'image, ils peuvent se dire, mais ils sont partis. Je peux mettre le lien Folter. Je vais demander le conseil. Je vais mettre dans le descriptif de l'épisode un lien ou des liens que toi, tu as trouvé chouette pour découvrir l'expérience Folter. D'accord. Moi, je dirais quand même le mot. On n'en a pas parlé, mais on peut retrouver un peu en filigrane. C'est quand même fluide. Dans tous les sens du terme. Déjà d'une. La fluidité parce que… Je peux partir là-dessus. Mais la fluidité, dans le sens où rien n'est forcément stable, que tout est en mouvement, ça me fait un peu penser aussi à tout ce qu'on peut dire que dans la nature, tout est mouvement, tout est énergie. C'est un peu le côté spirituel. Mais aussi, à l'intérieur d'une vie, je parle en matière de ma sexualité, elle est fluide dans le sens où… Il y a des périodes où je vais être beaucoup plus hypersexuel, d'autres hyposexuel. Et en fait, c'est OK, c'est valide. Et c'est pareil dans ma relation à ma confiance, la relation aux amis. Certaines relations peuvent être fluides aussi. C'est ce que j'essaye de faire comprendre aux garçons avec qui je parle sur les applications. C'est quand même une relation fluide ? parfois je te kiffe et parfois je te kiffe pas non non c'est quand on n'est même pas connaissance mais qu'on s'est parlé sur des applications pas en tant que relation fluide relation fluide je sais pas je m'aventurerai pas là non non qu'est-ce que tu voulais dire Mais ce que je voulais dire, c'est qu'à certains moments, en fait, on parle avec des garçons et ça se passe très bien, voilà. Sauf qu'en fait, à un moment, on est pris par la vie et c'est OK, en fait. Et on reprend contact deux, trois mois après. Et en fait, on se reparle. Et puis, en fait, on s'est encore un peu perdu de vue. Et en fait… J'ai envie de culpabiliser là-dessus. J'ai envie de faire prendre conscience que c'est OK. C'est parce qu'on est sur une application, on ne se voit pas. Il n'y a pas d'attente à formuler. Tu veux dire que c'est OK pour toi ? Oui, c'est OK. Tu veux assumer ? c'est ok et moi tu me rends compte ouais pour toi parce que moi je suis plutôt team ça me saoule et je comprends et je trouve ça très chouette ce que j'entends c'est que toi t'as envie d'assumer de dire bah voilà comment moi je veux connecter avec les gens c'est ça ou t'as envie que les gens comme moi t'autorisent et ne soient pas saoulés Soit moi j'ai pas de problème avec les gens et ni avec toi, mais en fait les trucs ultra compliqués, en fait viens, soit on va prendre un verre, soit on va pas prendre un verre, soit t'es dispo, soit t'es pas dispo. Mais c'est sûr, et je trouve ça passionnant, c'est ce que je pensais en conclusion, qu'est-ce qu'on est différent ? Et je trouve ça génial. Et vraiment je trouve que tout ton témoignage m'a travaillé à un endroit particulier. Et justement, je suis tellement différent dans la façon de naviguer les questions, le monde, la sexualité. J'ai passé vraiment un bon moment, je te remercie. Et en fait, je sais pas, c'est peut-être un peu un lieu commun et tout, mais je trouve ça trop intéressant de voir à quel point on est tous super différents, quoi. dans nos façons de comprendre le spirituel, le sexe, l'amour, la façon de relationner et puis de cheminer. En effet, je comprends que pour toi, cette question du fluide et de l'instant présent, c'est ça que j'ai cru comprendre. C'est que parfois je suis là, parfois je ne suis pas là et c'est OK, ça ne dit rien de l'autre. Et toi, tu as envie de te laisser porter telle une petite feuille ? Je pense, oui, ça va avec le côté spontanéité, le côté lâcher prise aussi. C'est que je n'ai plus envie de me prendre la tête et de rester bloqué sur certaines choses. Et je me dis, maintenant, je vais faire… Je vais laisser bouger les choses et ça va prendre forme. Et au moment où je me mets dessus, ça va avoir une certaine forme. Et si je perds le paysage de vue, ça va encore évoluer. Et voilà, en fait. Et c'est très bien, en fait. Je suis sûr que j'ai encore beaucoup de choses à apprendre là-dessus, mais parce que je suis au tout début de cette réflexion et au tout début de cette sensation aussi, parce qu'il y a un ressenti beaucoup plus physique où je me sens un peu plus libre, plus dans le lâcher-prise en pensant comme ça. Mais je suis sûr qu'il y a encore beaucoup de choses qui m'attendent sur ce sujet-là. C'est tout le mal que je te souhaite. Merci Nathanel. Oui, que je ne dise pas ton vrai prénom. Merci. Merci à toi.