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Alors, je m'appelle William, j'ai 32 ans. Actuellement, j'habite en Pologne, à Varsovie. Ça fait depuis maintenant plusieurs années que j'habite là-bas. Et en fait, ça a une importance dans mon histoire, donc je pourrais en dire plus un petit peu après. Profession, je suis game designer, donc je fais des jeux vidéo, mais plus particulièrement, je suis...
directeur créatif donc en fait c'est moi qui m'occupe de la direction de mes jeux donc j'ai un boulot créatif je dirais. Et tu me posais comme question qu'est-ce que ma meilleure amie dirait de moi et je pense que ce qu'il dirait de moi c'est que je suis quelqu'un d'assez calme et posé en général.
mais qui peut être aussi anxieux par moment. Et je pense qu'il dirait aussi de moi que je suis quelqu'un de très flexible dans qui je suis et qu'est-ce que je montre de moi aux autres. Et ça aussi, ça a de l'importance dans mon histoire, je pense. Donc, je pourrais en dire un petit peu plus plus tard.
Pour ta deuxième question, tu me demandais qu'est-ce que c'est mes grands blocages vis-à-vis du sexe avec des hommes, ou qu'est-ce que sont mes obstacles vis-à-vis de ça. Pour commencer, ce qui est important avec moi, c'est que je suis bisexuel, donc je n'ai pas que du sexe avec des hommes.
Et c'est quelque chose qui m'a pris beaucoup de temps à réaliser dans ma vie. Et je pense que c'est lié à plusieurs choses, plusieurs événements dans mon enfance et dans mon adolescence et même en fait après pendant mes études qui ont fait que malgré le fait que je savais que j'étais attiré par des hommes aussi,
j'ai jamais trop en fait pris l'initiative d'essayer avant que j'ai eu environ 22 23 ans quelque chose comme ça donc ça a pris beaucoup de temps en fait
Et je ne sais pas si j'ai eu trop de blocage autre qu'en fait découvrir ma sexualité vraiment. Je pense que le blocage, en fait, quelque part, ce qui m'empêchait d'aller aussi voir des hommes, c'était sans doute...
Je dirais un mélange entre une pression familiale quelque part et puis une pression quelque part culturelle autour de moi. J'ai une famille qui est très, je dirais, ouverte et plutôt progressive, en fait, dans leurs valeurs morales. Donc, j'ai jamais eu de... Comment dire ?
Il n'y a jamais eu d'homophobie dans ma famille. D'ailleurs, j'ai un oncle un peu distant qui est homosexuel ouvertement. Mes parents ne l'ont jamais caché, etc. Enfin, ça n'a jamais été un problème, un tabou. Mais ceci dit, j'ai eu quelques petites anecdotes avec mes parents qui, je pense, ont fait que ça a toujours été difficile pour moi d'envisager de pouvoir aussi coucher avec des hommes et puis avoir des relations avec des hommes de manière générale.
Par exemple, je sais que mon père avait tendance à faire des blagues sur les homos. Pas des blagues homophobes en fait, mais des blagues un petit peu dénigrantes, j'irais. Il y avait ça d'un côté.
Et de l'autre côté, je sais qu'il y a eu deux, trois moments pendant lesquels ma mère, malgré le fait qu'elle me disait... En fait, on a eu deux, trois conversations dans lesquelles, par exemple, on parlait de notre avenir, ce qu'on voulait dans notre vie, si on voulait des enfants, etc.,
Et ma mère a eu un commentaire un jour en disant « Tu sais, si tu étais homosexuel, ça ne serait pas grave, mais je serais quand même déçu de ne pas avoir de petits-enfants. » Et je me souviens que c'est quelque chose qui m'a marqué, d'ailleurs je m'en rappelle très bien de ce moment-là, malgré le fait que j'avais peut-être 12-13 ans, quelque chose comme ça, parce que ça m'a un petit peu signifié que ça serait moins bien, ça lui plairait moins à ma mère si j'étais homo.
et je pense qu'elle a dû me dire ça bon après peut-être que je projette mais elle a dû me dire ça peut-être parce que j'avais tendance à jouer avec des jeux de filles quand j'étais petit
J'avais peut-être pas forcément un aspect très masculin ou une attitude très masculine. Donc peut-être qu'elle s'est posé la question de savoir si j'étais gay ou pas. Et c'est peut-être pour ça qu'elle m'a parlé de cette manière-là. Mais je sais que ça a dû me marquer pendant pas mal de temps.
Et ensuite, quand j'ai grandi, c'est là où j'ai quand même senti que j'avais une attirance vers les hommes aussi, notamment sur certains de mes amis. Mais ça a toujours été quelque chose
que j'ai identifié comme peut-être une forme de fantasme, pas comme une forme de sexualité en fait. Enfin, les fantasmes font aussi partie de la sexualité, mais ça fait plus partie de l'imaginaire que vraiment de la sexualité pour moi. Et par la suite, moi qui ai fait une école d'ingénieur, là du coup c'était un environnement...
vachement toxique vis-à-vis de ça. C'est-à-dire que j'avais pas mal d'étudiants autour de moi qui étaient ouvertement homophobes et qui le montraient très clairement. Ce qui fait que ça a toujours été quelque chose de stressant pour moi de me poser cette question sur ma sexualité. Je l'ai toujours mis un petit peu de côté.
Malgré le fait qu'en fait, je me masturbais régulièrement en pensant à des hommes, j'essayais aussi de, comment dire, de me demander si ça me plairait ou pas, ce genre de choses. Et donc ça, ça a duré comme ça pendant pas mal de temps. D'ailleurs, je m'éloigne un petit peu du sujet, excuse-moi si c'est trop loin de tes questions, mais j'en viens au blocage.
Et du coup, ma sexualité avec des hommes s'est libérée plus ou moins quand je suis parti aux États-Unis pour faire un stage en fait pendant mes études.
Et j'étais en Californie. Et en fait, c'était beaucoup plus facile pour moi de me sentir à l'aise avec ça là-bas, étant donné qu'en fait, la culture gay à San Francisco est quand même très développée.
Et donc, c'est là-bas que j'ai eu mes premières expériences sexuelles avec des hommes qui se sont tellement bien passées qu'à ce moment-là, je me suis même demandé si je n'étais pas gay, si je n'étais pas complètement gay. Et ça a été une période de ma vie où je me suis posé beaucoup de questions sur ma sexualité à cause de ça.
Mais je pense qu'au final, je suis bisexuel. Enfin, j'ai vraiment une attirance pour les deux. Je pense que j'ai une légère préférence pour les femmes. Mais ceci dit, elle est légère. Et donc, mes premières expériences sexuelles avec des hommes se sont vraiment très bien passées en fait. J'avais beaucoup d'appréhension au début.
et en fait c'est vrai que ça m'a beaucoup plu et alors moi je suis plutôt versatile dans mes relations sexuelles avec des hommes les deux me plaisent en fait mais je pense que j'ai pas tout à fait la même la même attitude ou la même personnalité je dirais en fonction du rôle que je prends sexuellement
Je pense que la manière que j'ai de m'épanouir sexuellement repose aussi beaucoup sur ça, pas une dissociation de ma personnalité parce que c'est contrôlé et ce n'est pas du tout subi, mais comme une sorte d'exploration de différents aspects de ma personnalité.
et par contre pour ce qui est des blocages et ça c'est rigolo parce que mes blocages sont moins sexuels que romantiques en fait c'est à dire que encore à l'heure actuelle j'ai beaucoup de mal avec l'idée
d'avoir un copain en fait. C'est à dire que j'ai toujours tendance à voir mes relations avec des hommes comme étant quasiment purement sexuelle. Il m'est arrivé plusieurs fois de ressentir des choses vis-à-vis des hommes avec qui j'avais couché.
mais j'ai jamais envisagé en fait d'avoir un copain et donc je pense que c'est ça mon plus gros obstacle et aussi peut-être quelque part mon homophobie internalisée c'est que j'ai toujours du mal à
envisager cette possibilité en fait et je pense qu'en fait c'est parce que il y a d'une part la peur de d'en parler parce qu'en fait ma famille ne savent pas que je suis bisexuel je pense que ma mère sans doute peut-être
Mais je n'en sais rien, je n'en ai jamais parlé. Je ne leur parle pas de ma vie sexuelle à mes parents parce que ce n'est pas un aspect de moi qui m'intéresse de leur partager à l'heure actuelle.
J'ai une grande partie de mes amis qui savent que je suis bisexuel. Mais ceci dit, certains d'entre eux ne l'ont su que récemment. C'est-à-dire que je suis assez réservé sur ce sujet-là. Mais c'est aussi pour d'autres raisons dont je viendrai peut-être un petit peu plus tard.
Donc, une histoire, une anecdote sur ce blocage-là, c'est que j'ai rencontré un garçon qui m'a beaucoup plu et je lui plaisais aussi beaucoup. Il y a quelques mois de ça maintenant ?
Et en fait, lui est dans une situation, une relation ouverte en fait, peut-être même plus une relation polyamoureuse en fait.
et donc il cherchait à trouver d'autres copains en fait dans sa vie et c'est quelque chose qu'il m'a proposé mais moi qui m'a beaucoup bloqué en fait parce que
Parce que je pense que je ne suis pas encore prêt à ça. Et dans ma vie sexuelle actuelle, j'ai pas mal expérimenté avec les relations polyamoureuses, les relations ouvertes, ce genre de choses. Parce que je sais que dans le passé, c'est quelque chose qui m'a toujours un peu frustré dans ma relation avec des femmes.
C'est de ne pas pouvoir avoir de relation sexuelle avec des hommes en fait. Et du coup, ce que je voulais dire là-dessus, c'est que à l'heure actuelle, je me sens beaucoup plus libéré là-dessus.
Parce que pour en dire un peu plus sur mon histoire, j'ai été marié à une femme avec qui j'ai eu une fille. J'ai eu une copine après ça et en fait j'ai eu un total de trois copines sur le long terme donc je suis resté avec elle plusieurs années.
Mon mariage avec cette femme qui était polonaise ne s'est pas bien passé mais pour des raisons qui n'ont rien à voir avec ma sexualité en fait. Mais ceci dit, dans ces trois relations-là, je pense que j'ai toujours été frustré de ne pas pouvoir avoir de relations sexuelles avec des hommes.
et c'est quelque chose que j'avais beaucoup de mal à dire à mes partenaires surtout parce qu'en fait j'ai eu tendance à avoir des partenaires qui étaient très jalouses de moi c'est à dire qu'elles étaient déjà jalouses d'autres femmes donc c'est quelque chose qui m'a empêché de leur...
quelque part dévoiler ma sexualité parce que je n'avais pas envie de rendre ce problème encore plus important en les faisant paniquer dès que je parlais à des hommes en fait. Donc les périodes de ma vie où j'ai été activement bisexuel, c'est les périodes de ma vie où je n'étais plus en couple en fait et où là je pouvais effectivement être libre dans ma sexualité.
Mais j'ai cette tendance qui vient de ma psychologie à facilement rentrer dans des relations longues en fait. Et donc en fait, c'est quelque chose qui m'a bloqué pendant très longtemps. Mais récemment, les choses vont beaucoup mieux là-dessus parce que j'ai rencontré une femme avec qui j'ai décidé d'être très ouvert dès le début.
J'ai fait une psychothérapie pendant un an à peu près maintenant qui m'a en fait vachement libéré sur ce sujet-là et qui m'a vraiment aidé à pouvoir m'exprimer sur quelque part mes besoins et puis mes désirs et ma vie sexuelle en général.
Et donc j'ai cette partenaire maintenant avec qui je suis très ouvert là-dessus et qui elle aussi est très ouverte là-dessus. Ce qui est super en fait parce que je me sens vachement libre, j'ai comme un poids qui se libère sur moi depuis que je suis avec cette femme-là.
Parce qu'elle est d'accord pour que je vois des hommes sexuellement. Ça ne la dérange pas et même au contraire, quelque part, elle trouve ça excitant. Moi, je trouve ça super parce que j'ai cette impression de pouvoir vraiment être qui je suis avec elle. Et donc...
Je pense qu'à l'heure actuelle, mon blocage sur avoir vraiment une relation, c'est-à-dire un copain, est toujours là et vient du fait que oui, effectivement, ma famille ne sait pas que je suis bisexuel. Si j'avais un copain, il faudrait que j'introduise ce sujet-là. Et en fait, je pense que c'est la peur du jugement, de la moquerie.
Et peut-être aussi, j'ai peut-être peur qu'en fait, ils me perçoivent différemment, du coup. Qu'ils aient en tête les stéréotypes du gay stéréotypé, quoi. Ce qui, je pense, me fait peur, en fait. Bon, après, dans les faits, la question ne se pose pas. C'est-à-dire que maintenant, j'ai une copine, donc je ne vais pas forcément avoir trop à me poser cette question-là. Mais je sais que c'est un blocage qui est encore existant pour moi.
Par contre, sexuellement, je n'ai pas du tout de blocage. C'est-à-dire que je ne me sens pas inférieur quand je me fais pénétrer. Je n'ai pas l'impression d'être, comment dire, de ne plus être un homme ou ce genre de choses. C'est quelque chose qui ne m'est jamais arrivé en fait. Parce que je pense que j'ai cette...
cette façon d'aborder ma sexualité qui est en fait d'une part relativement privée c'est à dire que j'en parle pas forcément à mes amis à part à mes amis très proches mais aussi parce que j'aime bien dans ma sexualité
prendre ça comme un jeu en fait, prendre ça comme des rôles à prendre, comme des histoires à se dire, ce genre de choses. Donc c'est vrai que ça ne m'a jamais trop bloqué en fait. Par contre, une autre anecdote que je peux dire sur mes blocages, c'est en fait que pendant plusieurs années, je n'ai pas dit à certains de mes amis très proches que j'étais bisexuel.
parce qu'en fait j'avais peur que ça en devienne un sujet de conversation quand ma copine de l'époque était encore avec moi et elle qui était très jalouse en fait j'avais très peur des répercussions sur moi donc je leur ai caché ça pendant des années et jusqu'à ce qu'en fait on se sépare et
Et que finalement, je me suis dit, mais en fait, il faudrait quand même que je leur dise parce que, en fait, je ne sais même pas pourquoi. Peut-être pour être plus honnête vis-à-vis de moi-même. Je pense que ce n'était même pas pour eux, c'était plus pour moi-même de me dire, voilà, tu n'as pas besoin de te cacher maintenant, tu peux leur dire. Ce qui est aussi important à savoir, c'est que je vis en Pologne.
Je ne sais pas si tu es au courant trop de la situation actuelle en Pologne vis-à-vis des droits LGBT, etc. Mais pour résumer ça très simplement, c'est horrible en Pologne. Moi qui habite à Varsovie, ça se passe plutôt bien parce que c'est un environnement cosmopolite. Après, en Pologne, être ouvertement gay, c'est quand même très difficile.
Donc, c'est vrai que ça ne simplifie pas non plus les choses malgré le fait que je sais que j'ai un environnement autour de moi qui est super positif là-dessus. J'ai plein d'amis gays, j'ai des copines lesbiennes, j'ai des amis qui sont absolument positifs vis-à-vis des droits LGBT, etc.
Mais ça fait quand même qu'il y a un environnement qui est un peu plus stressant sur ce sujet-là. Je crois que je me suis vachement agarré de ta deuxième question. Désolé. Je vais essayer de voir si... Peut-être que je n'ai pas répondu à des questions suivantes après.
Alors, dans ta deuxième question, tu me demandes comment j'ai dépassé mes blocages. Bon, j'ai un peu répondu déjà dans la première question, mais en fait, ça vient de plusieurs choses. D'une part, tout au début, c'est-à-dire quand je n'étais pas clair sur ma sexualité,
et que je n'étais pas sûr si j'aimais les hommes ou pas, si c'était pour moi en fait. La manière que j'ai eu de le dépasser, c'est tout simplement de me lancer, d'essayer.
Et j'ai eu la chance de... Ma première relation sexuelle, j'ai eu la chance d'avoir été avec quelqu'un de très patient, très gentil, qui a pris son temps, avec qui j'avais expliqué ma situation. Et en fait, ça m'a donné vachement confiance. Ça m'a beaucoup aidé pour me rendre compte qu'en fait, c'était tout à fait normal de vouloir...
de vouloir avoir du sexe avec des hommes et qu'il ne fallait pas en avoir peur. Après, similairement à ce que tu disais dans ton témoignage à toi, j'avais très peur des MST quand j'étais plus jeune. Bon, je me suis toujours protégé, mais c'est vrai que
De toute façon, j'étais hypochondriaque de manière générale, donc ça n'aidait pas. Mais c'est quelque chose qui m'a aussi beaucoup bloqué au début parce que je me suis dit que c'était plus risqué et j'avais très peur de tomber malade.
Puis en fait, avec le temps, ça s'est dissipé, cette peur-là. Elle est toujours un peu présente, je dirais, mais je me fais tester régulièrement et voilà, j'ai une attitude responsable là-dessus. Donc, en fait, je sais que mon risque est quand même très limité.
voilà après mon deuxième blocage qui a été en fait finalement je dirais mon deuxième plus gros blocage qui a été en fait de ne pas être capable de parler de ma sexualité à mes partenaires femmes c'est à dire ce blocage là je l'ai dépassé en fait en faisant un travail sur moi c'est à dire
Bon, après, personnellement, moi, j'ai beaucoup de mal à dire aux gens ce que je veux. C'est-à-dire, j'ai tendance à être accommodant, à essayer de faire plaisir aux gens, finalement, à faire que les choses se passent bien. Ce qui fait que j'ai tendance à ne pas parler de ce dont j'ai besoin, de ce que je veux, ce qui est important pour moi, etc.,
Et ça, j'ai fait un gros travail personnel là-dessus aussi en thérapie pour essayer de me comprendre mieux, essayer de savoir d'où ça vient, etc. Et ce travail-là m'a poussé en fait à devenir plus compétent en ce qui concerne le fait de dire ce que je veux, le fait d'être honnête avec mes partenaires.
Et puis, la personne que j'ai rencontrée récemment, qui est maintenant ma partenaire, m'a tellement mis en confiance là-dessus, sur ma sexualité, que je me suis senti vraiment libéré parce que je lui ai dit
En fait, ça vient aussi, c'est bizarre, c'est une petite chose, mais sur Tinder, tu peux afficher ta sexualité. Donc, tu peux dire si tu es bisexuel, homo, hétéro.
Et un jour, j'ai décidé de dire non, je vais mettre que je suis bisexuel parce que tu peux cacher ta sexualité. Avant, c'était caché et je me suis dit non, je vais le mettre comme ça, je ne peux pas me dérober à ça. Je dois vraiment l'assumer, je dois le dire aux personnes que je rencontre et je dois leur en parler.
Ce qui m'a poussé aussi à être plus honnête sur mes besoins vis-à-vis des gens que je rencontre. Et d'un autre côté, j'ai aussi rencontré une autre personne, une femme sur une autre application qui est OkCupid.
où en fait j'avais mis bisexuel dessus et puis on avait eu cette discussion tous les deux parce qu'il y a d'autres options sur OkCupidia aussi, hétéroflexible, ce genre de choses. Et puis je lui disais que je n'étais pas très confortable de m'être bisexuel parce qu'en fait j'avais eu juste des relations long terme avec des femmes
Et qu'en plus de ça, je me sens plus attiré par les femmes que par les hommes. Donc quelque part je ne me sentais pas légitime à m'être bisexuel.
Malgré le fait que j'ai déjà couché avec plein d'hommes, mais c'est psychologique. Et du coup, elle m'a vachement mis en confiance là-dessus en me disant « Non, c'est toi qui décides. Si tu te sens bien de te définir comme bisexuel, c'est ton choix. Tu n'as pas besoin d'atteindre un certain pourcentage de partenaires d'un certain sexe. »
ou alors d'un certain nombre de partenaires sexuels pour te sentir bisexuel. Et ça, je pense que ça m'a aussi aidé à me rendre compte qu'en fait, j'ai le droit et quelque part, j'ai l'espace pour m'exprimer là-dessus aussi. Je n'ai pas forcément besoin de le faire.
D'ailleurs, je ne pense pas que ma famille tombera sur ce podcast, mais si jamais ils tombent dessus, comme ça ils le sauront si je ne leur ai pas dit avant. Mais dans tous les cas, je ne ressens pas forcément le besoin de leur dire
parce que je sais que mes parents ont tendance à être assez anxieux sur mes choix de vie parce que j'ai peut-être une vie un petit peu plus à risque quelque part donc je ne leur dis pas tout sur ce que je fais et en fait ça a aussi créé cette situation dans laquelle je me dis que je n'ai pas forcément besoin de leur dire tout sur moi si je sais que ça peut potentiellement les inquiéter
Donc ma vie sexuelle finalement, elle peut rester privée là-dessus. Donc voilà, mes blocages, je les ai dépassés de cette manière-là, mais comme je te disais précédemment,
je pense que je suis toujours quand même bloqué sur cette idée d'avoir un partenaire quelque part principal qui soit un homme. C'est-à-dire que je me sens plus confortable dans la situation dans laquelle j'ai un partenaire femme avec qui je peux avoir des relations sexuelles avec des hommes à côté si je veux.
l'inverse je pense que je me sentirais moins confortable et en fait c'est pas par comment dire c'est pas que j'en aurais pas envie en fait c'est plutôt que le contexte de la Pologne plus le contexte familial
fait que je pense que ça induirait pas mal de stress pour moi, stress que je pourrais travailler dessus et faire en sorte que je sois moins stressé par la suite. Mais bon, c'est vrai que j'ai cette appréhension quand même si jamais ça arrivait.
Et ta dernière question qui est où en es-tu dans ton chemin actuel ? Sur les blocages, etc. Donc je pense que je n'ai quand même pas mal répondu à cette question avant. Mais je vais quand même rajouter 2-3 points qui sont importants, je pense, à dire là-dessus. Parce que ça concerne finalement ma bisexualité.
Parce que malgré le fait que je n'ai pas de blocage vis-à-vis de ce que je fais sexuellement, que je sois passif ou actif, que ce soit avec des hommes ou des femmes, j'ai une certaine ouverture sexuelle qui fait que je ne me pose pas la question de savoir si je serais... Comment dire ?
si ça me ferait me sentir d'une telle ou telle manière d'être passif ou actif ou ce genre de choses et j'ai aussi une pratique sexuelle qui est assez ouverte enfin c'est à dire que j'ai essayé pas mal de choses en fait et il y a beaucoup de choses qui me plaisent aussi par contre j'ai quand même toujours une anxiété
qui vient je pense de ma perception de ma sexualité c'est à dire que parfois que ça soit dans du sexe avec des hommes ou des femmes parfois il y a un blocage et je bande pas je suis pas excité ça marche pas quoi
Et dans ces moments-là, j'ai cette impression, enfin en fait je me pose parfois pas mal de questions sur, mais en fait est-ce que tu es vraiment attiré par les femmes ou est-ce que tu es vraiment attiré par les hommes ? Et ces questions-là en fait me bloquent encore plus quand elles arrivent, donc forcément ça n'arrange pas les choses.
Et je pense que le chemin qui me reste à faire là-dessus, c'est vraiment à assumer cette identité bisexuelle qui n'est pas forcément facile à assumer parce que j'ai parfois l'impression, et je pense que c'est quelque chose que beaucoup de bisexuels s'identifient à, j'ai parfois l'impression de ne pas faire partie ni d'un groupe ni de l'autre en fait.
Donc, j'ai l'impression d'être un peu seul parfois là-dessus. Ce qui sans doute me pousse internement dans mon mode de pensée à me dire mais en fait, il faut que tu fasses un choix. Alors que je sais très bien que je n'ai pas de choix à faire. Mais c'est vrai que c'est quelque chose qui revient régulièrement dans ma tête.
en me disant mais en fait si tu n'as pas cette attitude ou cet excitement à ce moment là peut-être que ça veut dire que ce n'est pas pour toi et je sais bien que je ne devrais pas me tourmenter à ce sujet là mais oui c'est quelque chose qui revient régulièrement chez moi
et je pense que la manière de résoudre ça c'est en fait de vraiment comment dire
assumer le fait que c'est normal de ne pas être attiré par toutes les femmes ou de ne pas être attiré par tous les hommes. Ça ne remet pas en question ma sexualité et quelque part, je suis quand même légitime là-dessus.
Aussi, je t'avais dit juste avant que certains de mes amis, je ne leur avais pas dit que j'étais bisexuel, même s'ils étaient très proches de moi, à cause de mon ex copine. Récemment, je leur ai dit, ça fait plusieurs mois maintenant. En fait, non, il y en a un, ça fait juste quelques semaines, parce que je ne l'avais pas vu avant.
Et je trouve que faire ce chemin là m'aide à aussi assumer ma sexualité en me disant que maintenant je me sens plus entouré dans le sens où j'ai plus de gens autour de moi qui m'identifient comme ça et ça me donne peut-être plus de légitimité dans ma tête en fait.
Donc voilà, je pense que c'est un chemin que je dois encore prendre, qui me prendra sans doute beaucoup de temps avant de vraiment complètement assumer cet aspect de ma personnalité. Et voilà. Je pense que j'ai répondu plus ou moins à la question. Si tu as d'autres questions, n'hésite pas à me les poser.
Salut William ! Écoute, un grand grand merci pour ton témoignage, pour tous ces messages, c'est super. Ça m'a beaucoup touché, ça m'a beaucoup parlé et j'ai mis pas mal de temps à revenir vers toi pour complètement une autre raison.
Je me sens un peu impressionné par le projet du podcast et un peu en train de questionner, OK, quelle est...
quelle est l'approche, comment je veux faire les choses. Et je veux vraiment te remercier parce que ton témoignage m'inspire, me motive. Je voulais du coup te demander si tu es d'accord que je publie ce témoignage tel quel et si ça te va. Salut Guillaume. Oui, je suis d'accord pour que tu publies mon témoignage. Pas de souci. Tu peux aussi utiliser mon prénom, ça ne me dérange pas.
Voilà. C'est tout. Salut !