Scato je me sens chercheur d’or – PMaster 2/2

« J’ai emmené mon mec et mon bâtard en repas de famille le dimanche. Donc à un moment donné, il fallait expliquer le fait d’être trois au lieu d’être deux. » PMaster

PMaster, maître dominant adepte du crade, préfère un soumis qui s’assume à ceux qui se méprisent : il raconte comment il sélectionne ses candidats et où il place sa seule limite.

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Dans cet épisode du podcast :

  • Un soumis qui s'assume vaut plus que ceux qui le méprisent : il a osé se regarder en face
  • Questionnaire détaillé puis session de test en club, pour apprendre à lire les signes du corps
  • Il a orienté un soumis vers un psy, sans jamais trouver de praticien capable d'entendre ses pratiques
  • Jamais de première fois chez soi : des soumis ont été retrouvés morts chez eux après une pratique ratée

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Moi, j'arrive à comprendre comment toi, en tant que dominant, qui du coup... En gros, tu dis, moi, j'ai envie d'être servi. Oui, j'arrive à comprendre. Tout le monde a envie d'avoir ses affaires prêtes à 7h45 ou son café fait ou... Donc j'arrive plus à comprendre intellectuellement le kiff sexuel et non sexuel d'être dans une posture de domination. J'ai plus de mal à comprendre la place de soumis, où du coup, tu vois ce que je veux dire, dans ce rôle perpétuel de soumis ? où t'es au service de quelqu'un, où là, l'exemple de ton soumis qui veut avoir des ordres comme si quelqu'un allait en fait prendre le pouvoir sur sa vie, j'ai plus de mal à ne pas voir une blessure, un problème. Alors, pour avoir tenté d'être soumis, je dis bien tenté parce que tous ceux avec qui j'ai testé sont devenus des soumis pour moi. Mais vous commenciez, ils étaient dommis et puis hop, tu les shiftais. Une fois que j'ai eu ma révélation, oui, ça a très, très, très, très, très vite shifté. Et quand tu as essayé, alors je t'ai coupé, tu allais dire quelque chose. Alors du coup, j'ai essayé d'être soumis de deux maîtres sur des durées différentes. Il y en a un avec lequel ça a duré six mois quand même. Donc je le faisais parce que ça répondait à une forme de besoin et aussi à une forme de découverte. voilà parce que moi pour savoir si ça me plaît si ça m'intéresse etc et s'il y a des choses à creuser il faut que je teste donc j'ai testé mais le fait d'être soumis on en revient à ça peut être un échappatoire dans un jeu de rôle, tu as une journée de travail à engueuler tout le monde parce que rien n'allait, puis l'après-midi ou le soir, c'est bon, tu ne prends plus aucune décision, tu vas suivre des ordres, tu vas faire autre chose, tu vas certes peut-être le faire pour quelqu'un d'autre, mais pour toi, ça va t'apporter le fait de te débarrasser d'un certain nombre de responsabilités. Et ça, j'ai bien compris. En tout cas, je me connecte avec Empathie à ça. En revanche, c'est plus sur le rôle continuel de Soumy ou ton libre-arbitre. Tu cherches à ce qu'il te soit retiré. Eh bien, en fin de compte, la forme est différente. Elle est permanente. Mais pour autant, il y a des personnes qui ont besoin d'être à cette place-là. Moi, ce que je dis souvent quand je cherche un candidat soumis, c'est « je veux que tu te sentes bien à ta place ». Avec tout ce que ça a autour, c'est-à-dire que je pense que j'ai une place, peut-être que ce que je pense est différent de ce avec quoi je serais à l'aise, mais les deux conditions doivent être réunies. C'est-à-dire que si tu as vocation à être soumis et de manière permanente, il faut que tu te sentes bien à cette place-là et en tout cas avec la personne, parce que ça peut prendre 50 milliards de formes selon le demi et le soumis. Mais en tout cas, tu dois te sentir bien en tant que soumis à cette place-là. Ça passe par quand même deux éléments principaux. Ça va être la personnalité de l'un et de l'autre. Et puis aussi la confiance. C'est... C'est aussi pour ça que c'est difficile, c'est peut-être plus difficile de trouver un partenaire dans le BDSM. Parce que tu peux jouer avec des gens, avec des pratiques ou des choses comme ça. Ce ne sont que des pratiques. Le BDSM est d'abord mental. C'est le don du soumis auprès d'un demi. Il faut qu'il soit volontaire. Il peut être imposé dans le cadre d'un jeu ou pas d'un jeu. On parlait de viol tout à l'heure. Mais moi, ce que je trouve beau dans cette relation, c'est le fait que quelqu'un se donne justement. Et avec moi, c'est toujours alors que la personne a la liberté de ne pas le faire. Mais du coup, la personne se donne. et elle se sent bien de le faire, et elle se sent à sa place de le faire, et ce côté soumis à être à sa place, je trouve que c'est quelque chose qui est important, parce qu'on se pose souvent des questions sur qui on est, quel est le sens de notre vie, est-ce qu'on a une utilité, on peut se poser plein de choses, mais le fait de se sentir à sa place, ça a un côté extrêmement rassurant, Non pas parce qu'on n'est pas tout seul. Oui, il y a un élément où j'ai un maître, etc. Du coup, il va me protéger aussi. C'est un de ses rôles, je n'en ai pas parlé. Mais du coup, le fait de savoir qu'on est soi-même à sa place en tant que soumis, même si ça peut être dégradant, même si ça peut être perçu de plein de manières négatives, c'est ma place et je suis bien dedans. Et ça, du coup, c'est un élément qui est extrêmement important. Mais je pourrais dire la même chose d'un demi. Si tu ne te sens pas à ta place en tant que demi, ce n'est pas ta place. Tu n'es peut-être pas concerné par le BDSM. C'est peut-être sympa en termes de jeu, mais... Ou peut-être que ce qui est drôle, c'est qu'il y a quelques personnes, demi, dont les profils c'est demi, demi-maître, etc., qui me contactent, parce que moi je suis très transparent sur le fait que je suis versatile sur les pratiques. Donc du coup, il y a le raccourci sur, bah oui, mais du coup, soumis, peut-être soumis aussi. Non, non, non, je suis demi, je ne suis que demi. Mais par contre, voilà. Donc du coup, il y a des maîtres qui me contactent et qui me disent, bah voilà, j'aimerais bien tester la soumission. Parce qu'il y a les pratiques, mais aussi, je connais un côté, et l'autre côté est quelque chose qui m'attire. Peut-être que ça ne sera pas concluant, le test, etc. Mais en tout cas, c'est quelque chose qui m'attire. En fait, j'essaye de réfléchir si... si c'est la morale judéo-chrétienne ou qu'est-ce qui... Est-ce que... Ça me pose vraiment une question super intéressante sur qui l'a... Qu'est-ce que j'essaie d'exprimer ? Je vais le dire, pardon ! Je porte un jugement, je me questionne. Quelqu'un qui, avec consentement, décide de ne pas avoir de libre-arbitre, philosophiquement, dans mon set de valeurs, en fait, je ne vois pas en quoi... Je n'arrive pas à comprendre comment c'est une belle vie, en fait, cette volonté d'esclavage et de perte de libre-arbitre, donc de perte un peu d'une forme d'humanité. puisque le fait que justement la raison pour laquelle on a envie d'arrêter de faire des choix à un moment donné ou d'être son propre adulte que je comprends bien qui nous amène à boire ou à consommer des substances ou à se faire un énorme burger plein d'addiction etc ou même de regarder un film, un livre C'est bien parce qu'on veut parfois faire pause, parce que c'est terriblement vrai, puissant, profond, effrayant, la vie quoi, merde. Et du coup, quelqu'un, par exemple, quelqu'un qui dit, ben voilà, moi j'ai besoin de l'alcool pour me déconnecter, pour survivre, ben voilà, moi je parle de survie. Quand ce besoin de déconnexion est permanent, Attention, je ne dis pas que dans des soirées, des moments, on se déconnecte. Moi, en tout cas, ma morale semble faire une place à ça. Elle ne semble pas faire une place à... Ouais, mais quand c'est continuel, c'est donc un besoin de déconnexion à l'humanité continuelle. Et donc, pour aller dans ton sens, c'est une forme de destruction. Est-ce que tu veux réagir ? Alors oui, oui, oui. Déjà, le fait qu'être soumis... Alors être maître, c'est beaucoup plus facile à assumer sur les réseaux et en profil public, etc. Être soumis, c'est beaucoup moins facile. Parce que si tu es soumis, ça veut dire que tu es inférieur. Et aujourd'hui, morale judéo-chrétienne ou je ne sais pas trop quoi, dans la société, si tu es inférieur, tu n'es pas le meilleur. On t'attend toujours à être le meilleur, le compétiteur, le truc, tout ça. Il faut que tu te donnes à 259%. Du coup, ça va à l'encontre de ce truc-là. Pour autant, quelqu'un qui est soumis, Et qui en est fier, et peut en être fier, est quelqu'un d'extrêmement fort. Parce que pour être un bon soumis, être un vrai soumis, il faut avoir accepté de se voir en face, de voir qui l'on est en face, d'avoir creusé qui l'on est. Et du coup, d'affronter aussi qui l'on est, de l'accepter, de l'assumer. Donc, il y a beaucoup de gens qui ne sont peut-être pas dans le BDSM, etc., et qui se disent « un soumis, ça n'a aucun intérêt ». Je suis désolé, mais le soumis vaut beaucoup plus qu'eux. Parce qu'affronter ses peurs, affronter qui on est, c'est un sacré effort. Et du coup, oui, il y a des soumis qui veulent être dégradés, etc., parce que c'est leur plaisir, mais un soumis, il n'a pas moins de valeur. avec un souvent c'est aussi j'ai la question c'est bah oui mais au travail je suis pas soumis mais c'est pas parce que tu es soumis à une personne que tu as vocation à être soumis de tout le monde c'est une relation Tu peux être soumis à plusieurs personnes, mais c'est toujours toi qui décide d'être soumis. Tout comme un maître décide d'avoir ses soumis. « Moi, j'ai pas le temps et j'ai pas vocation à avoir tout le monde en soumis et c'est pas ma recherche. » Donc, oui, il y a beaucoup de morale, mais aussi de société, de lien et de connexion mentale qu'on fait avec le fait d'être soumis. Il y a aussi des peurs, parce que souvent, le fait d'être soumis, c'est faire des choses qui peuvent être considérées comme extrêmes. L'esclave, quand même, avant, c'était celui qui n'avait pas le choix et celui qui subissait le fouet. Avec les marques que tu as derrière. Bon, moi qui pratique aussi le fouet, et pas celui de pâtisserie, du coup, je vois les remarques d'autres personnes quand quelqu'un se balade, par exemple, à la marche des fiertés. Oh là là, oui, dis donc, il y a des sacrées marques et tout ça. Oh là là, ça ne devrait pas être autorisé. Oui, mais s'il a kiffé recevoir des coups de fouet, si ce n'est pas des marques permanentes, et même s'il s'en était, mais que ça ne fait pas partie de ses limites, qu'est-ce qu'on en a à faire ? Toi, tu as déjà échangé avec un soumis où tu as senti, toi tu dis que c'est très important de prendre soin, et dans tes normes et tes règles à toi, c'est ton rôle de domi ? Est-ce que tu as déjà invité un soumis à aller voir un psy ? Je ne sais pas. En tout cas, est-ce que tu as déjà dénoté que c'était de l'automutilation et non pas un plaisir sexuel ? Est-ce que tu as déjà senti un soumis en détresse et où, du coup, tu as dit, ben non, en fait, là... je sais pas ce qu'on peut dire à quelqu'un je vais te laisser continuer j'allais dire va te soigner mais c'est très violent et tout mais en fait tu as déjà dit écoute là je sens qu'il n'y a pas les fondations en gros tu disais insoumis c'est quelqu'un qui se respecte c'est quelqu'un qui s'aime ainsi est-ce que tu as déjà face à quelqu'un qui ne s'aimait pas et qui se détruisait dit je fais pas relation avec toi Alors oui, je l'ai fait. J'ai rencontré le cas avec un soumis. Et là, merci Internet pour essayer de trouver comment dire à quelqu'un qu'il serait peut-être intéressant qu'il se pose la question d'aller voir un psy parce qu'extérieurement, tu as l'impression qu'il se détruit. Donc oui, oui, je l'ai eu. J'ai eu l'accord du soumis qui n'était plus mon soumis. Même si on garde une certaine forme de relation où je continue de l'appeler bâtard et il continue de m'appeler master, même si on n'a plus cette relation-là, on a gardé la hiérarchie. Il était d'accord pour aller consulter un psy. Par contre, après la question, je connais des gens dans le milieu avec qui je joue. Mais ce n'est pas pour autant qu'ils sont prêts à entendre, surtout sur des pratiques qui sont extrêmes. Parce qu'à un moment donné, ça fait partie de la personne. Donc là, du coup, finalement, tu sors de ton rôle de domine et tu te dis, les gens qui ne sont pas prêts à entendre que prendre soin d'eux, c'est du coup ne pas faire ces pratiques. Là, tu ne le dis pas. Non, c'est d'arriver à trouver quelqu'un un psy qui soit en capacité de... En tout cas, dans lequel j'ai confiance, ou le soumis qui va aller le consulter ait confiance pour pouvoir se dévoiler entièrement. Ça, c'est un petit peu... On parle des médecins LGBT friendly, parce qu'il y en a certains qui ne le sont pas et qui le démontrent bien. Seulement, comment, à ce niveau de pratique et d'état mental, arriver à trouver quelqu'un ? Moi, pour l'instant, je n'ai pas trouvé. Malgré l'accord du soumis, j'en ai pas trouvé. Il n'en a pas trouvé. Et ça, c'est quand même quelque chose de complexe parce qu'on a quand même toujours en tête l'idée du jugement. Et si on part avec une possibilité ou un doute d'un jugement de la part d'un professionnel de santé à qui on est censé s'ouvrir soi-même, c'est compliqué après d'échanger ou alors on va se dire « je ne vais pas en parler ». Oui, sauf que l'objectif, c'est de pouvoir parler de tout. Merci. On arrive à la fin de ton témoignage. J'ai envie de te demander, est-ce que tu as l'impression qu'on est passé à côté d'un truc important que tu aimerais raconter ? Alors, pour l'instant... Il y a quand même deux grandes thématiques. Sur le fait d'être du milieu BDSM et sur les relations maîtres soumis... J'ai beaucoup parlé de choses qu'on excluait, de fait, etc. Parce qu'on fait des liens, des raccourcis. Le fait de se donner de manière permanente ne signifie pas avoir des pratiques extrêmes en permanence. On n'est pas au même niveau d'intensité tout le temps, forcément. Sinon, bien sûr, là, ça ne peut pas tenir. Et tout l'enjeu de la relation va être justement, comme pour une session de trois heures, on n'est pas là à y aller comme un bourrin pendant trois heures. Ce n'est pas possible. Physiologiquement, mentalement, ce n'est pas possible. Et bien là, quand on est dans une relation permanente, c'est la même chose, mais sur une autre échelle de temps. Donc voilà, c'est ça aussi qui fait que c'est possible d'être sur une relation permanente. Un soumis, moi mes soumis, ils portent un collier canassé. voire une cage de chasteté cadenassée ça c'est quelque chose qui justement peut en permanence les maintenir et les rappeler et aussi leur signifier moi je trouve que le collier c'est un rappel de l'appartenance mais aussi mes bras qui en serrent pas pour étouffer mais du coup qui en serrent pour protéger et être là et rappeler la présence du maître donc voilà ne serait-ce que ça on est dans une relation permanente mais C'est pas pour autant que j'ai la télécommande à distance avec les électrochocs et les machins, etc., que je vais le mettre tout le temps, tout le temps, tout le temps. Qu'est-ce que tu penses à... Qu'est-ce que t'as déjà fait pour protéger un soumis ? Ça prend des formes différentes, mais il y a un truc très bête, mais qui est important. La base, déjà, c'est de demander les limites, mais aussi ce qui concerne la santé, les restrictions de santé, les allergies. Il y a des personnes qui sont allergiques au latex. Si tu le sais pas, si tu veux faire du fist avec des gants, il y a des chances qu'il y ait du latex dedans, ou une capote. Ne serait-ce que ça, pour moi, ça participe à la protection. Après, il y a aussi se renseigner et savoir s'évaluer sans se surévaluer sur ce que l'on pratique. Moi, j'ai appris le fouet. J'ai passé des heures et des heures. Le fist, j'ai passé des heures. J'ai été accompagné aussi dans des ateliers, etc. Parce que je savais que j'étais pas bon, que je débutais, que tout ça. Et j'ai jamais dit à quelqu'un « Oui, je suis un expert au tip-top truc et machin. » Je suis le meilleur. Non, je ne suis pas le meilleur. J'entends vachement ça dans ton témoignage et de ce que je sais de toi. Tu ne roules pas des mécaniques ? Tu n'incarnes pas l'archétype du dominant qui dit rien à foutre, c'est moi le mâle alpha, je suis... C'est marrant, tu n'incarnes pas l'archétype, c'est pas marrant, c'est ça que moi je ressens et que je te propose. Du coup, pourquoi selon toi tu es un bon domicile ? Je dirais que je suis un bon domi parce que je garde toujours en tête que pour une relation, maître soumis, il faut être deux. Et que même si mon plaisir doit être un élément important pour mon soumis, et donc quelque chose qui est égoïste, ou pourrait être égoïste, je dois être vigilant sur le fait que le plaisir de mon soumis soit toujours là aussi. Déjà, ça fait combien d'années que tu cherches ce soumis ? Pardon, peut-être pour réintroduire. Toi, dans le futur, ce que tu veux, c'est, en gardant ton couple qui a de nombreuses années, d'avoir chez toi un soumis, donc une troisième personne. Tu me disais en ce moment que tu as des candidats. Ça fait combien de temps qu'ils candidatent ? alors je cherche des candidats depuis que je suis j'ai pris conscience que j'étais demi combien d'années ? ça fait 4 ans après actuellement j'ai 2 candidats mon process est toujours le même et le soumis qui était venu vivre à la maison a suivi le même j'échange beaucoup avant par les réseaux etc et machin parce que ça permet de voir déjà si a priori ça passe et c'est pas que le langage ou l'écriture etc c'est est-ce qu'on a des choses à se dire est-ce que voilà donc en fait ton soumis va aussi être un partenaire intellectuel avec lequel tu vas avec lequel tu vas avoir des discussions argumentées c'est ça que j'entends Ah oui, ça peut tout à fait être ça. Après, ce n'est pas intellectuel, c'est une relation. Donc, il faut que déjà à l'écrit, qu'il y ait un embryon de relation qui puisse se construire. Si au bout de trois échanges, nous, on n'a plus rien à se dire. Le soumis qui est venu habiter chez nous, on a discuté. J'étais en vacances, j'étais à l'autre bout du monde, etc. On a discuté de manière très longue de quoi ? de lui, de moi, de ce que je cherchais, de ce qu'il avait pratiqué, de ses limites. Vraiment, c'est une connaissance de ses passions. Et du coup, plus on se connaissait, plus on avait envie de se connaître. Et du coup, au bout d'un moment, de se rencontrer. Ça, c'est assez similaire de n'importe quelle autre relation. J'ai l'impression que tu décris moi aussi quand je parle à quelqu'un en ligne. Oui, mais c'est ça. Sauf qu'avec moi, ça prend un peu plus de temps. C'est-à-dire que je ne cherche pas de plan. Je mets aussi les conditions dans mon process de traitement des candidatures, les conditions pour éviter tout ce qui est plan. Oui, c'est de la discussion avant. Il y a des personnes que j'ai rencontrées, il y a des soumis que j'ai rencontrées, on a discuté juste l'après-midi, etc., puis ça fitait bien, et puis du coup, on s'est rencontrés le soir. Mais en tout cas, il faut qu'il y ait les éléments d'une relation et d'un intérêt, ou au moins d'une curiosité pour se dire, tiens, ça pourrait peut-être aller avec cette personne-là, avec ce soumis-là. Donc, oui, ça vaut le coup de passer à l'étape suivante. Du coup, l'étape suivante, c'est un verre dans un bar. En règle générale, ça dure une heure et demie. Mais c'est dans un bar, alors ça peut être un bar gay, si le soumis n'est pas à l'aise d'aller dans un bar standard, sinon c'est un bar standard, ça c'est mon côté joueur, j'aime bien parler de trucs de pratique et de machin au milieu d'autres personnes, etc. Donc voilà, un bar, un verre, on échange, on discute, etc. Et ça n'a que cette vocation-là. C'est de faire connaissance sans conditions particulières d'habillement, de choses comme ça, sans instruction. Je veux voir, et c'est ce que je dis, je veux voir la personne telle qu'elle est. telle qu'elle est au mieux, mais pas mieux que ce qu'elle est. Voilà, ça ne m'intéresse pas. Une fois que ce verre est fait, et que je vois que j'ai expérimenté le fait qu'il y avait une relation possible avec le soumis, j'ai un questionnaire de connaissances détaillées qui est en ligne. Questionnaire de connaissances détaillées, c'est quoi ça ? Par exemple, c'est savoir si la personne a des contraintes familiales, si elle est présente sur des réseaux, sur quels réseaux elle est présente. C'est pratique, ce qui est ses limites, ce qu'elle n'aime pas, ce qu'elle aime ou ce qu'elle aimerait tester. C'est un questionnaire où la personne est invitée à te donner tout un tas d'infos, des questions que tu n'as pas posées lors de votre entretien ou de vos échanges en ligne. Alors, soit que je n'ai pas posé, soit que j'ai déjà posé, mais ça me permet d'avoir une photographie à un instant T. Et puis ça t'excite un peu, non ? Non, par contre, ce questionnaire de connaissances, même s'il est très détaillé, c'est une excellente base après de discussions à nouveau et de prolonger le fait de mieux connaître le soumis et que le soumis me connaisse mieux. Typiquement, quand je mets dans ma liste de pratiques, en tout cas dans la liste des pratiques proposées de la zoophilie, je le mets parce que oui, ça existe dans plein de questionnaires. C'est un questionnaire d'ailleurs que j'ai adapté de quelqu'un d'autre qui faisait ce questionnaire-là. Mais bon, pourtant, non, mais moi, je ne le pratique pas. C'est un questionnaire qui est de connaissance, qui a vocation uniquement à servir de base d'échange après avec la personne, de préciser les choses, parce que typiquement, quand tu parles de pisse, quand tu parles de scat, c'est très bien, c'est en pisse. Tu bois, tu te fais doucher, voilà, en scat, ça peut vouloir dire plein de choses. Donc, c'est un super outil d'échange et aussi pour moi, des fois, de me dire... Alors ça, est-ce que c'est une de ses limites ? Du coup, comme je ne me souviens plus parce que je ne peux pas mémoriser tout, du coup, ça me permet d'y revenir. Tu envoies à tout le monde ce questionnaire où souvent le premier rendez-vous n'a pas validé quelque chose pour toi et tu valides comment le premier rendez-vous ? C'est un échange ou c'est un physique aussi ? J'attache assez peu d'importance au physique. Est-ce que j'ai senti que le feeling passait ? C'est difficile, mais c'est ça. Est-ce que le feeling passe ? Est-ce que j'ai envie de poursuivre avec la personne ? Et sur les différentes étapes que je suis, avant d'arriver à une appartenance pour un soumis, ça va être décidé sur la base du feeling. Mon premier élément, c'est de prendre plaisir à être avec la personne. Du coup, la première question, c'est est-ce que j'ai pris du plaisir à être en présence de la personne ? Si c'est non, ça a assez peu d'intérêt de continuer. Si c'est le cas, j'envoie le questionnaire. C'est quoi l'étape après le questionnaire ? L'étape après le questionnaire, c'est une session de test d'une heure. Alors test, du coup, c'est dans un club gay, du coup en public, pour des raisons de sécurité, parce que même si on a bu un verre, ce n'est pas une raison pour forcément aller chez les uns et chez les autres. En tout cas, j'ai du mal à recevoir, donc du coup, c'est en club. De quelle sécurité tu parles ? Alors typiquement, si tu accueilles quelqu'un chez toi en tant que soumis, que tu te fais attacher, potentiellement tu peux te faire violer, tu peux te faire dépouiller, tu peux te faire tuer. Je grossis le trait, mais oui, potentiellement. Donc quand tu ne connais pas la personne, une première rencontre, ou en tout cas quand tu n'as pas suffisamment confiance dans la personne, tu ne l'invites pas chez toi. Si un maître te tue alors que tu es chez lui en tant que soumis, il faut qu'il se démerde à trouver un tapis qui est suffisamment grand pour essayer de planquer le corps, etc. Je dis ça en parlant. Mais oui, du coup, ce n'est pas la même chose. Et il y a beaucoup de cas, malheureusement, de personnes qui avaient accueilli quelqu'un chez elles. qui n'a pas maîtrisé la pratique dangereuse qu'elle faisait, et du coup, le soumis, il est resté dans son appartement, il a été découvert après. Donc, par mesure de sécurité... Toi, quand tu dis qu'il y a beaucoup de cas, c'est toi à Paris, tu as entendu pas mal de ces cas-là, ou c'est des légendes urbaines ? Non, ce n'est pas des légendes urbaines. Quand tu rentres dans le milieu, tu as rapidement connaissance de personnes qui ont été retrouvées mortes chez elles, soumises. Du coup, ne serait-ce que pour ça, ça impose, quand c'est dans un lieu public ou quand c'est chez le maître... tu fais peut-être un petit peu plus attention parce que tu te sens un petit peu plus obligé de faire attention, sinon tu vas devoir gérer derrière. C'est con, mais c'est une pratique de sécurité, c'est pour ça que j'appelle ça sécurité. Et en plus, comme tu nous es dans la partie 1, comme ton mari ne veut pas que tu fasses des pratiques chez toi, tu vas en club. Il se passe quoi en club ? Alors, il accepte que je fasse des choses, mais du coup, c'est dans la chambre. La chambre, c'est moins pratique. Et puis, pour une première rencontre, je n'ai pas envie d'inviter des gens que je viens à peine de connaître. C'est vrai que vous avez une chambre du soumis. Oui, oui, oui, oui. Ce n'est pas une playroom. Malheureusement, les appartements parisiens ne permettent pas forcément de tout faire. Mais du coup, en club, avec le questionnaire, avec les échanges qu'on a eus, il y a un certain nombre de choses que je vais avoir envie de tester. Et en règle générale, je teste l'impact, quelque chose d'impact avec le martinet, par exemple. C'est quoi l'impact ? C'est le fouet, le martinet, la cravache, des choses qui vont avoir un impact sur le corps, qui est un des domaines que je pratique et que j'apprécie beaucoup. Du coup, ça va me permettre de voir ce que la personne peut encaisser en termes de douleur. L'objectif n'est pas d'aller jusqu'à une douleur extrême, c'est de tester sa limite. mais en tout cas de voir comment, ce qu'elle peut encaisser, ses zones de sensibilité dans le corps, parce que chacun réagit différemment selon les zones du corps, l'intensité, et puis aussi pour moi, j'ai besoin de pouvoir décrypter le langage du corps. je ne suis jamais sûr parce que ça m'est déjà arrivé d'avoir des gens qui ne prononcent pas le mot de sécurité le safe word le mot de sécurité c'est quand c'est en tant que soumis je peux le dire et toi en tant que soumis tu t'arrêtes dans la pratique Oui, c'est le bouton d'arrêt d'urgence sur l'escalator, ça s'arrête tout de suite. Donc ça c'est un élément qui est extrêmement important et moi du coup, sachant que certaines personnes hésitent ou n'osent pas ou ne veulent pas prononcer le mot de sécurité, j'ai besoin d'avoir mon filet de sécurité à moi qui va être de pouvoir reconnaître selon les signes du corps quand on commence à approcher d'une certaine limite. Donc la session de test va me permettre de voir ou pas si je repère, si j'arrive à repérer ces signes non-verbaux. Si je n'arrive pas à les repérer, ça m'est déjà arrivé, je ne me sentirai jamais en sécurité pour pouvoir pratiquer quelque chose avec le soumis. C'est-à-dire que tu as des gens que tu frappais avec leur consentement ? qui sont mutiques et tu ne sais pas à quel niveau de douleur ils sont et s'ils sont dans l'espace du plaisir ou dans l'espace de de de haïs Oui, c'est ça. Ce n'est même pas un mutisme, parce qu'il y a des personnes qui sont capables de rester tout à fait silencieuses, mais sans aucune réaction du corps, sans tressaillement, sans le fait de se redresser un petit peu quand il y a un coup qui est un peu trop fort, etc., Donc ça, certaines personnes arrivent à trouver des moyens et des repères, etc. Tant mieux pour elles. Moi, c'est pas mon cas. Si j'ai pas ça, je fais pas. On est à la quatrième étape du processus. T'as éjaculé ? Est-ce que tu t'es masturbé avec les conversations ? Est-ce que la masturbation et l'éjaculation ont de la place jusqu'à cette étape ? Alors, en fin de compte, moi, le fait de juter n'est pas un signe de ma satisfaction. j'ai longtemps été edgé donc edgé c'est on essaie de te pousser à juter etc et machin edgé c'est je te masturbe et je te maintiens à la limite juste avant l'éjaculation c'est ça ? oui c'est exactement ça Je suis très fort à ce jeu-là. Je décide quand je choisis d'éjaculer. Pour moi, autant il y a des choses qui sont des besoins, autant ça n'en est pas un. Je peux me masturber devant des vidéos ou des machins. Tu as une érection pendant le moment dans le club ? Ça dépend. Mais oui, quand je prends plaisir à être avec la personne, quand la pratique, les réactions, c'est un tout. Par contre, autant je peux très bien ne pas juter, autant je bande. Oui, là, c'est quand même un signe de plaisir. Prochaine étape ? alors l'étape après le le test du coup si c'est concluant c'est à dire que j'arrive à repérer ces éléments là et que je vois un certain potentiel intéressant à développer il y a aussi le crade que je peux tester par exemple avec la pisse ou la soumission le service etc c'est ça que de me servir un verre d'eau ou de me servir mon coca qui est en bouteille donc une fois tu as eu des gens qui tu leur dis serre moi de l'eau et tu as déjà eu des gens qui disent non Alors, il y en a qui ne sont pas forcément prêts à le faire quand je leur demande. Du coup, c'est intéressant, c'est une information pour moi. Il y en a d'autres à qui je le dis une première fois qu'ils vont le faire parce que je leur ai dit, mais par contre, qu'ils ne vont pas surveiller mon verre qui est vide alors que la bouteille est encore à moitié remplie. Et du coup pourrait, en étant attentif à mon verre, se dire tiens je vais resservir. Donc toute personne éduquée dans un milieu haute classe fait ça, fait la même chose. Les hommes sont censés vérifier que les verres sont toujours pleins. C'est après aussi peut-être ce qu'on appelle l'éducation à faire d'un soumis. Du coup, je regarde un certain nombre de choses qui me semblent être le minimum en fonction de la personne et des échanges qu'on a eus. Après ça, je propose le passage à une phase qui est de considération, qui a vocation à continuer de faire connaissance, pas forcément que sexuellement parlant, mais en échangeant à nouveau, en prenant à nouveau des verres, en allant au club, etc. Et en continuant de discuter aussi, par téléphone ou message. Cette phase de considération va me permettre de faire bien connaissance et de me dire qu'il y a la base, vraiment, d'aller plus loin. Il y a certainement le potentiel qui m'intéresse. C'est toi qui l'as nommé la phase de considération ? Je ne suis pas sûr que ça n'existe pas dans des phases ou des protocoles BDSM. Et toi, ça te fait kiffer ? Je suis sûr qu'il y a des gens qui nous écoutent et qui se disent « j'ai l'impression d'être au taf, c'est ultra administratif ». Toi, ça te plaît, ce contrôle et cette organisation, j'imagine ? Alors, se contrôler cette organisation, d'une part, j'ai un esprit un peu germanique, voilà, donc oui. Et puis, offrir un cadre rassurant, c'est aussi le job du domi. Après un entretien de recrutement, je trouve pas normal qu'on dise « c'est au candidat de demander quelle est la suite des événements ». Non, normalement, tu postules, quand tu fais un entretien pour être soumis, tu n'as pas à demander quelle est la suite, tu dois avoir à un moment donné les éléments de comment ça se passe. Donc la considération pour continuer de faire connaissance, qui est proposée aux soumis, donc ils l'acceptent ou pas ? qui n'inclut pas de dimension d'exclusivité du soumis vis-à-vis de moi. Il peut continuer à aller voir ailleurs, tout ça et truc. Ça m'est déjà arrivé d'expérience d'avoir ça. Le soumis hésitait à aller voir ailleurs, etc. Sauf que je dis non, non, non. Puis il a trouvé quelqu'un, un maître qui était très bien pour lui. pour des raisons x ou y que la relation n'a pas continué. Dans cette phase-là, tu invites à ne pas être exclusif. Elle dure combien de temps, en gros, cette phase ? Je n'ai pas de timing. Quand je sens que le passage à l'étape suivante peut se faire, je le repère parce que j'ai mes indicateurs et du coup, je vais proposer de passer ensuite à la phase de dressage. phase de dressage c'est que a priori il y a le potentiel qui est là ça fit vraiment bien en termes de personnalité de relation de choses comme ça donc le dressage va faire en sorte de formater le soumis tel que je veux que mon soumis soit. Donc ça va être sur les petits détails, je sais pas moi, c'est... J'aime qu'ils connaissent mes préférences de petit-déj, qu'ils sachent que je prenne du thé et pas du café, ou truc ou machin, pour me servir, pour ce que j'aime le matin, ou le soir, ou truc ou machin. Donc toi, ce dressage-là, c'est sexuellement et non sexuellement ? Ah oui, c'est un ensemble. Le dressage est à la fois sur l'attitude, sur la posture, sur les services sexuels, etc. J'ai quelques positions qui doivent être apprises, qui ont un nom et qui ont aussi une forme sexuelle. signé. Position de yoga, tu leur fais faire du yoga ? Non, mais par exemple, il y a une position pour la pose du collier, il y a une position d'attente, debout, à genoux, etc. Une position pour les punitions. Tout ça, ça permet de constituer les détails de la relation, de ce que j'attends, d'accompagner le soumis pour qu'il puisse y arriver. Et la phase de dressage, des fois, à un moment donné, comme ça a été le cas avec l'un de mes soumis, c'est de se rendre compte que non, même si la relation est très belle, très bien, etc., mais ça ne colle pas. Et donc, la phase de dressage a vocation aussi à déterminer plus précisément le contour du potentiel. Pas forcément à le développer tout. Quand on termine la phase de dressage, le soumis n'a pas vocation à être prêt à l'emploi, etc. Tout avoir développé. Mais en tout cas, à la fin de la phase de dressage, je sais que c'est bon. Il y a encore des choses à faire. Mais le minimum que j'attends... et mon niveau d'exigence, pour le minimum, il est quand même déjà assez élevé, il est là. Et ensuite, je propose, chaque passage de phase se fait sur proposition, c'est-à-dire que je propose en tant que domi, mais le soumis doit accepter, je propose après le passage en appartenance. Et du coup, l'appartenance, si tu parles de fiesta, etc., l'appartenance, c'est un peu comme un mariage, en tout cas, moi, dans ma conception. C'est-à-dire que c'est un moment solennel avec signature d'un contrat, même s'il n'a aucune valeur juridique. Mais en tout cas, c'est un moment symbolique et solennel fort qui peut très bien se faire à deux, qui peut se faire avec plein d'autres mondes, etc. Tu l'as déjà faite ? Non, je ne suis jamais jusqu'à présent arrivé jusqu'à la phase d'appartenance. Tu es arrivé jusqu'à quelle phase ? Dressage. Qui est ce soumis qui est venu habiter avec vous ? Oui, oui, oui. Et au moment où tu signeras le contrat, est-ce que vous vous embrasserez ? Est-ce que tu embrasses ton soumis ? Moi, j'adore embrasser, j'adore câliner. J'espère bien ne pas avoir à attendre la phase d'appartenance et la signature du contrat pour le faire. Mon image n'est pas forcément celle du mariage. Mais à un moment donné, oui, je l'embrasserais. Tout comme je pourrais très bien lui demander d'ouvrir la gueule et lui cracher dans la gueule. c'est une autre forme d'embrasser qui est juste un petit peu à distance mais les convives qui seront là applaudiront forcément Oui, après, je n'inviterai pas mes parents ni les siens, mais oui, ça a vocation à être fait, par exemple, avec les maîtres auprès desquels il aurait fait des stages ou des choses comme ça. Oui, c'est un moment très important et qui doit être fort. Du coup, après, en termes d'organisation, c'est autre chose, mais j'ai un peu le temps encore. Toi, c'est quelque chose que tu ne partages pas. Tu disais que tu n'allais pas inviter tes parents ni les siens. C'est quelque chose que tu vis, dont tu parles assez ouvertement. Là, tu as décidé d'être anonyme. Ma question, c'est est-ce que tu en parles dans ton travail ? Mon intuition, c'est que c'est non, sinon tu aurais utilisé ton vrai prénom. Est-ce que tu es inquiet à l'idée que ça se sache ? Alors mon inquiétude, elle est plus sur le fait de mes pratiques plutôt que sur le fait d'être maître. Je l'aurais pas fait, je serais resté anonyme si j'avais été soumis, parce que c'est une question que je me suis posée quand j'ai tenté d'être soumis, pour la perception extérieure qu'il peut y avoir, en particulier au travail. Après, pour autant, c'est une information que je partage avec certaines personnes, mais du coup, c'est moi qui les choisis. Non pas pour le contrôle, mais parce que j'estime qu'elles sont de confiance. Par exemple, le bâtard qui était venu à la maison, ma mère savait que c'était mon bâtard. Super intéressant. Donc, tu as eu un échange avec ta mère à ce propos-là. Ça a été quoi sa réaction ? un peu étonné quand même au départ après il y a assez peu eu de jugement et ça c'est une chance que j'ai eu dans ma famille parce qu'on est européens avant l'heure mes grands-parents ma grand-mère était allemande mon grand-père était français c'était la seconde guerre mondiale quand ils se sont rencontrés donc bon tous les aspects un petit peu de jugement et de choses comme ça dans la famille ils ont connu ils ont traversé des trucs qui n'ont rien à voir avec ce qu'on peut avoir aujourd'hui donc Je ne l'ai pas dit à mon père, par contre. C'est quoi la différence ? La différence, c'est que mon père ne veut pas rentrer dans les détails sexuels, les choses comme ça. Ce n'est pas son truc. Autant je peux discuter avec ma mère de leurs pratiques, de couple, etc. Mais mon père ne m'en a jamais parlé et ne m'en parlera jamais. C'est une relation pas forcément par rapport au BDSM, mais de manière plus globale par rapport à la sexualité. Est-ce que ta mère te parlait et te parle aujourd'hui de sa sexualité avec ton père ? Oui. Du coup, c'est une relation par rapport à la sexualité qui est différente. Mais j'ai une de mes collègues au boulot qui savait que j'avais mon bâtard qui l'a rencontré. Et elle, du coup, en tout cas, pour rester avant sur ta maman, c'était quoi le déclic ? Pourquoi lui dire ? Parce que mon bâtard, il a rencontré ma mère et mon père parce que j'ai emmené mon mec et mon bâtard en repas de famille le dimanche. Donc à un moment donné, il fallait expliquer le fait d'être 3 au lieu d'être 2. Et puis avec ma mère, je pouvais aller à ce niveau de détail-là, parce qu'il y a quand même des signes qui auraient pu soulever question de sa part. Lesquels ? Le fait qu'il reste systématiquement derrière moi, le fait qu'il me tienne la porte, qu'il me l'ouvre, alors que quand t'es des potes, tu ouvres la porte, tu la tiens, et puis t'as la personne qui passe derrière, la deuxième, etc. Ce qui n'est pas le cas de mon soumis. Donc voilà, il y a des trucs qui peuvent interpeller. Tu te rappelles ce qu'elle t'a dit ? Non. Je me souviens de son étonnement et puis peut-être quelque chose après, derrière, c'est « Ah bah oui, c'est sympa. » Cette mère si cool, elle ne t'a pas posé de question. Et ta collègue, pareil, quelle réaction ? on discutait déjà de sexualité c'est vrai que je fais un lien entre parler de la sexualité parce que du coup tu vois qu'en fonction des pratiques et des choses le BDSM est une forme de sexualité Quand les gens sont ouverts à parler du sujet, en règle générale, il n'y a pas vraiment de demi-mesure. On peut parler de tout. Après, peut-être que j'accepte de parler vanille, puis après j'accepte de parler d'autres choses. À partir où tu es prêt et où tu acceptes d'entendre d'autres choses, les pratiques plus extrêmes, tu t'ouvres plus. Après, ça n'empêche pas pour moi de prendre quand même des pincettes et de ne pas y aller franco sur tout, sur le crade et les choses comme ça. Je n'y vais pas forcément franco parce que c'est des interlocuteurs et des interlocutrices. Tu n'imposes pas. Mais du coup, est-ce que des portes se sont fermées ? En tout cas, si tu as été anonyme là, c'est donc... Et puis je crois que sur le réseau social, tu ne montres pas ta tête ? Non, je ne montre pas ma tête. Il y a quelque chose que tu essaies de protéger, parce que si ça se savait, des portes se fermeraient ou des choses s'effondreraient ? Je suis joueur, donc j'aime garder un certain côté de mystère, déjà. Je n'ai pas l'impression que des portes se fermeraient aujourd'hui. j'aurais beaucoup plus peur ne serait-ce que de dire que j'étais gay dans mon milieu professionnel ou dans mon environnement personnel il y a 20 ans par exemple mais du coup je je je Oui, j'aime ce côté rester anonyme pour forcer les personnes à aller me découvrir plutôt que de s'arrêter à une photo, s'arrêter à un profil, les choses comme ça. Et puis, oui, ça me protège aussi certainement de personnes qui pensent Je pourrais chercher éventuellement à me nuire ou des trucs comme ça, surtout dans le milieu professionnel. Et dans un milieu professionnel particulier ? Je suis dans la finance, donc c'est un peu arrière-garde pour certains aspects, c'est très innovant pour d'autres. Mais ce que je dirais, c'est que le fait de rester anonyme aussi ne me pose pas la question de... d'avoir des doutes sur le fait que ça soit à l'origine de quelque chose. Pour une location d'appartement, j'étais paxé avec mon mec à l'époque, mon ex, et du coup, pour rassurer le propriétaire, on avait mis le contrat de paxe. Bizarrement, on n'a pas eu l'appartement. Bizarrement, on était les seuls, avec un dossier qui nous passait, l'agence immobilière nous disait « oui, ça passe », etc. Mais la grande compagnie d'assurance, etc., qui était propriétaire de ce bien-là, non, notre dossier, il ne passait pas. Donc, je suis convaincu que c'était de l'homophobie. d'autant plus qu'ils ont loué à un couple homo derrière sauf que l'agence avait l'exclusivité sur le bien et qu'on était les seuls candidats donc voilà mais tu vois le fait d'avoir ce doute ou cette possibilité de doute je trouve que ça pour l'avoir vu et puis pour l'avoir vécu j'ai pas envie de m'enquiquiner avec des doutes qui sont légitimes ou pas légitimes mais tu protèges ouais Là, je sais que je suis en train de te mettre en retard. Un de tes soumis attend. Il va se passer quoi ce soir avec ce soumis ? Alors ce soir, il a rempli le questionnaire. On n'a pas suivi exactement les mêmes règles et la même chronologie. C'est-à-dire que je le connais déjà, je l'ai déjà rencontré. Mais on avait déjà aussi beaucoup discuté. Et du coup là on reprend une forme de relation et de candidature, parce que le point c'était qu'il fallait qu'il formalise, qu'il vocalise le fait d'être candidat, ce qu'il n'avait pas fait jusqu'à présent. C'était ma condition. Maintenant il l'a fait, donc il a rempli le questionnaire, donc là ce soir on va en discuter. S'il y a des gens qui ont envie de te poser des questions ou de rentrer en contact avec toi, possiblement candidater pour être soumis, si tu trouves ton soumis via ce podcast, je veux être invité à une teuf de je ne sais pas quoi, je ne sais pas comment, est-ce que toi tu serais ok de mettre une info, un contact ou un email ? Oui, j'ai un profil sur une application qui s'appelle Recon, qui est gratuite pour contacter et envoyer des messages. Mon profil est consultable dessus. Ovi, c'est mon pseudo. Je mettrai le lien dans le descriptif de l'épisode. Merci. Un mot de la fin ? Soyez vous-même. Ce n'est pas toujours facile, mais vous prendrez beaucoup de plaisir. Merci beaucoup. T'en prie.

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