Oser prendre mon plaisir (sans oublier l’autre) – Thomas 3/3

Partie 3 sur 3
« Je me dis, si je me masturbe, c’est que je lui montre qu’il n’arrive pas à me faire plaisir. Je lui renvoie le fait qu’il n’arrive pas à me donner du plaisir, donc je suis obligé de le faire tout seul. » Thomas

Thomas n’osait pas se masturber pendant un rapport, de peur de signifier à l’autre qu’il échouait : il apprend aujourd’hui à prendre l’initiative sans le laisser de côté.

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Dans cet épisode du podcast :

  • En stage de tantra, il a exploré ce que ça lui fait de se masturber devant d'autres
  • Sa domination à lui, c'est décider du rythme, y compris quand l'autre le suce
  • Une crise d'hémorroïdes en début d'année l'a privé de pénétration pendant deux mois
  • Ils ont fait leur premier stage de tantra à trois, lui qui craignait qu'ils ne comprennent pas

On en parle dans cet épisode
L'épisode que Guillaume (le podcasteur) renvoie à ceux que le lavement bloque avant un rendez-vous chez le proctologue
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comment le trouble a modifié ou a impacté ton ta joie sexuelle ton cheminement sexuel déjà peut-être préalable j'ai J'ai commencé à modifier mon chemin sexuel avant d'être en trouble. Je dirais à peu près au moment où j'ai commencé à faire du tantra, mais pas avec certitude. Comme je te disais tout à l'heure, j'étais sur un chemin de développement personnel un peu plus ancien. C'est quoi du coup cette modification de sexualité que tu as rencontrée ? Tu devais la synthétiser, qu'est-ce qui s'est passé ? Je ne sais pas si c'est un truc précis. Il y a plusieurs points qui ont été poursuivis avec l'arrivée du trouble, exacerbé peut-être ou exploré un peu plus profondément. Donc il y a effectivement la dynamique de... Pour moi, tout est un peu autour de l'autonomie dans le plaisir, je dirais, de comment je trouve mon autonomie dans le plaisir tout en restant dans la relation à deux ou à trois. L'aspect moins génital. Ouais, ouais, carrément. Le côté plus spirituel. T'es à l'aise avec ce terme ? Ouais, carrément. Et ça, c'est pas mal le tantra. Oui, oui, oui. Spirituel, moi, dans la façon... Si, si, carrément. Mais je fais un peu de... Pour moi, il y a le génital, il y a l'énergétique qui est sexuel mais pas que génital et il y a le spirituel qui intègre encore d'autres trucs peut-être plus intellectuels ou je ne sais pas. Donc clairement, avec le tantra, j'étais sur tous ces chemins-là. Viens, on creuse l'autonomie dans le plaisir. Je trouve ça assez intéressant ce que tu dis. Ça veut dire quoi ? Peut-être que tu pourrais le dire. Raconte-moi une fois où, dans un moment sexuel, tu n'as pas réussi à cette autonomie de plaisir. Il te vient une... où j'ai pas réussi là c'est plutôt ceux où j'ai réussi enfin ceux où j'ai exploré qui me viennent mais ceux où j'ai pas réussi vas-y fais ceux que t'as exploré c'est cool ouais si tu veux ceux où j'ai exploré c'est oser me masturber pendant un rapport sexuel c'est que avant pour moi c'était pas envisageable j'avais l'impression d'exclure l'autre de la relation Et que maintenant, je trouve la place ou j'ai envie de trouver la place de mon plaisir et la façon dont je le prends moi-même ou j'en suis à l'initiative tout en restant dans la relation. Donc, en s'assurant que l'autre est OK avec ça, que ça lui apporte de me voir me masturber. Et tu sais d'où vient cette idée ? Pour moi, c'est très incongru. Oui. En fait, si j'ai un rapport sexuel avec quelqu'un qui se touche, il ne m'est jamais venu l'idée que ça pouvait être gênant. Donc, c'est incongru dans le sens où ça n'a jamais rejoint mes croyances et tout. Mais j'entends que ça l'est pour toi. Ça vient d'où ? Je ne sais pas d'où ça vient. Là, comme ça, mais c'est un peu théorique ou intellectuel. Je me dis, si je me basturbe, c'est que je lui montre qu'il n'arrive pas à me faire plaisir. Je lui renvoie le fait qu'il n'arrive pas à me donner du plaisir, donc je suis obligé de le faire tout seul. ok ouais c'est intéressant je pense que c'est ça que ça m'envoie et que ouais je pensais surtout ça et puis me dire bah pourquoi se masturber tout seul alors qu'on est à deux et que se masturber tout seul on peut le faire quand on est tout seul je comprends ouais c'est passionnant parce que dans le prisme de l'autonomie du plaisir moi je suis à l'opposé de toi c'est à dire je me tripote de partout Avec, moi, mon enjeu, mon envie, c'est d'aller dans ta direction, c'est-à-dire à l'endroit du prisme ou plus vers toi. Parce que je pense que le rapport sexuel me mettait, me met, je sais pas quel, mais inconfortable. Et du coup... Quelque part, me masturber ou me toucher le téton, je suis super sensible du téton gauche, c'est quelque part y arriver. Et ne pas avoir ce moment où j'ai un partenaire qui connaît beaucoup moins mon corps que moi et où... Enfin, en fait, moi, je me suis toujours masturbé. Enfin, je crois aussi que l'autonomie du plaisir, c'est la seule sexualité avec laquelle je me suis construite avec les films pornos. Moi, je me suis branlé des millions de fois par rapport à mes rapports sexuels. Il y en a beaucoup moins. Donc, je crois que c'est aussi un endroit d'habitude et de confort. C'est vrai que le moment où tu me dis « Viens, tu ne te touches pas », C'est compliqué. Enfin, c'est nouveau pour moi. Vachement intéressant. Je suis un peu intimidé. Je me dis putain... Ouais. Et puis je crois que du coup, c'est beaucoup plus vulnérable. Je suis beaucoup plus connecté à l'autre. Je me dis en t'écoutant, peut-être que c'est juste parce que je ne l'ai jamais vécu d'être avec un partenaire qui lui vivait comme ça, que dans mes relations et dans ma relation principale, ça s'est toujours fait comme ça, on a toujours fait ensemble. Et du coup, c'est pour ça que peut-être que j'avais un peu de mal tout à l'heure à te dire, à trouver un exemple de j'ai pas trouvé l'autonomie dans le plaisir ou j'ai été mal à l'aise avec l'autonomie dans le plaisir. Tu ne l'as jamais autorisé. Ouais, mais je n'avais pas l'impression d'en ressentir le besoin. C'est plus là, là, cette envie est arrivée. Comment ? Sur... Je vois une chose, c'est des pratiques du tantra où on a exploré ça dans les pratiques du tantra. Qu'est-ce que ça me fait de me masturber devant d'autres personnes ? Il y a sûrement d'autres choses. C'est quoi le lien que tu fais entre cette autonomie du plaisir et ton envie d'explorer la domination ? Parce que moi, je le vois assez lié, non ? Complètement, oui. Pour moi, c'est... Deux des principales facettes de l'autonomie du plaisir, il y a « je me fais plaisir en étant à deux mais tout seul » et il y a « je décide de comment est-ce qu'on va prendre du plaisir ensemble » ou « je dirige le moment et je dirige pour que ça me fasse du plaisir ». En faisant attention à ce que ça te fasse du plaisir aussi. Pourquoi tu appelles ça la domination ? Ce n'est pas un terme qui me met à l'aise. Ce n'est pas un terme que j'aime. Pour l'instant, je n'en ai pas trouvé d'autre. Mais pour être plus précis, c'est moi qui décide des positions. C'est moi qui décide du rythme. C'est moi qui décide des pratiques avec à chaque fois le consentement. Mais c'est moi qui ai l'initiative, disons. Notamment dans des pratiques où, en général, ce n'est pas le cas, notamment la fellation. De moi être à l'initiative du mouvement dans la fellation, je le mets dans la boîte domination. Alors, d'être à l'initiative du mouvement dans la fellation, c'est-à-dire... C'est moi qui bouge le bassin ou c'est moi qui bouge ta tête, en gros. Pendant que je te suce. Non, pendant que tu me suces. Pendant que... Oui, donc je te suce. Oui, pardon. En tout cas, pendant que le partenaire te suce, tu utilises sa bouche comme un objet. Je vais loin, mais OK. Et ça, pour toi, c'est cet aspect-là de domination. C'est vachement intéressant. Je pense que c'est, pour moi... Ce qui s'exprime là dans notre échange, c'est un ancrage socialement construit de la vision de la sexualité. Parce qu'en fait, si tu m'invites à manger et que tu décides ce qu'on mange, tu décides l'heure et où est-ce que je m'assois à table, tu n'es pas en train de me dominer. Tu ne dirais pas, Guillaume, tu veux bien, on fait un moment de domination en cuisine ? parce que tu dirais alors que c'est la même chose ouais pas complètement je le vis pas complètement comme ça déjà parce que c'est un truc qu'on fait complètement ensemble et que je te mets pas la fourchette dans la bouche quand on mange ensemble tu m'as jamais invité à manger je t'ai jamais invité à manger la différence que je fais c'est que j'ai plus l'impression de décider à ta place qu'est-ce que tu fais précisément jusque dans le détail quoi Et c'est marrant parce que ce que je veux t'offrir en face, c'est qu'en fait, il y a un univers de plaisir sexuel à être l'objet du désir et du plaisir de l'autre. Chez moi, chez des gens, mais à partir du moment où il y a du consentement, où en fait, tu me dis tiens, ça me ferait kiffer, je vais faire ça, tu vas bouffer une quiche et tu vas la manger comme ça. J'adore les quiches. Et en plus, moi, tu me demandes de mettre mon cerveau sur off et de te faire plaisir et de me faire plaisir. Non, mais c'est royal. Et c'est intéressant que ton cerveau produise une inquiétude là où j'imagine que nous sommes nombreux, les gens qui sont très heureux, qu'on leur dise « Ah, ce soir, tu te poses pas mille questions, je veux ça et ça, ça te va ? T'es content ? En avant. » toi même t'as pas un apaisement et une joie à ce que parfois l'acte sexuel soit demandé soit prescrit et si t'es ok que ensemble on fasse cette danse là Je pense que ce qui fait que pour moi, c'est encore un peu de l'ordre de la domination. Effectivement, je ne le vis pas encore pour moi, ou très peu, ou assez difficilement. Je pense que je suis sur le chemin de... Avant, je prenais ça vraiment pour de la domination et je me demandais s'il n'y avait pas un truc malsain derrière. Je suis sur le chemin de me dire, effectivement, on peut prendre du plaisir ensemble. Et je vois que l'autre peut le vivre super bien si c'est bien fait, et moi aussi. Mais j'en suis encore pas du tout au chemin de, moi aussi, je peux prendre beaucoup de plaisir à te laisser décider complètement. Et ce, même si, du coup, quand tu communiques avec tes partenaires, et tu leur dis tu vas être mon objet et voilà ce que je vais faire de toi et qu'ils te disent ouais grave là ça bloque aussi ? Pour moi ? C'est vraiment tout le début, c'est vraiment tout le début pour moi. Donc pour l'instant, ça ne bloque pas. Il y a encore un tout petit truc dans un coin de ma tête qui me dit, est-ce que c'est complètement OK ? Peut-être parce que ce n'est pas encore assez verbalisé peut-être ou pas encore assez vécu. Tu m'as dit dans le pré-entretien, tu te demandes qu'est-ce que ce désir de domination cacherait. Et du coup, j'ai joué le jeu et je vais terminer de le jouer. J'adore en fait, moi, qu'on me dise quoi faire. Si tu veux me faire plaisir... J'adore les programmes à suivre. Tu vois, on part quelque part et tu me dis OK, rendez-vous à 8h, à 9h, on rencontre machin, à 10h, on fait ça et tout. Là, à 12h, tu poses ton cul, tu manges, machin et tout. J'arrête de jouer le jeu et je dis tout l'opposé. Je comprends complètement, moi-même, lorsque je me dis, viens, je vais dominer quelqu'un. même quand il y a du consentement très clair et très joyeux, j'ai une peur et un rejet de ce que je suis en train d'incarner. Juste pour complexifier le truc et pas te dire juste « je ne comprends pas ce que tu dis ». Ce n'est pas évident. Et je me mets à me poser la question que tu dis. Est-ce que cette personne a vraiment... Est-ce que c'est bien que cette personne ait envie ? Est-ce qu'elle a vraiment envie ? Est-ce que c'est bien ? Mais je reviens dans la normativité. Pourquoi c'est important pour toi l'autonomie du plaisir ? Tu m'as dit 90 sur 100 avant le trouble, je kiffais ma vie sexuelle. Aujourd'hui, là, on est le 22 mai. Ce chiffre, il est où ? Pour moi, il est à peu près au même endroit. À peu près ? Un chouïa moins, un chouïa plus ? Un chouïa plus. Parce que j'ai découvert plein d'autres choses et je suis content de les avoir découvertes. Mais je suis conscient qu'avant, même sans les connaître, j'étais bien avec ça. Super. Du coup, cette question de l'autonomie, c'est parce que c'est la joie du chemin de continuer à défricher. Oui, c'est ça. Elle est arrivée là, elle s'est présentée là, à ce moment-là, et elle m'a bien parlé, elle m'a bien convenu. Donc, oui, ça aurait pu être autre chose, mais c'est ça qui est là maintenant. Peut-être aussi que ça m'a permis d'être plus à l'aise avec cette dynamique de domination qui était peut-être un peu là avant et qui me faisait un peu peur. Qui me semble aussi reconnecter, je pense que je vais publier cet échange en plusieurs épisodes, mais au début on a parlé de lâcher prise et de la capacité à être pénétré et à lâcher prise. Et c'est peut-être directement lié, non ? Ce rapport au lâcher prise qui est en fait le même dans la domination, qu'on vient gratouiller sous le masque de la domination, mais j'ai l'impression que c'est la même. Ouais, ouais, ouais. Bof. Si, si, si, carrément, j'essaie de voir comment ça me... Est-ce qu'il y a un moment dans j'accepte que je domine ou en même temps j'accepte que je lâche prise ? Et je me dis, il y a un peu... C'est pas encore très clair, mais je pense qu'effectivement, il y a peut-être une part de « j'arrive à lâcher prise » sur « je veux contrôler le plaisir de l'autre ». Sur cette joie, quoi. la nature de cette joie parce qu'en fait les questions qui nous bloquent c'est tout ce qu'on se pose après mais à partir du moment où il y a une écoute consentante tu kiffes ma quiche tu vois imaginons même qu'après le rapport on se dise ah merde j'ai pas tant kiffé ta quiche là ouais ok je lâche prise avant genre voilà ce dont j'ai envie et je juge pas mes envies de domination que je nomme domination Je lâche prise dans le oui de l'autre. J'ai bien vérifié et le consentement, il est là. Je lâche prise. Je ne me pose pas mille questions sur est-ce qu'il a le droit d'eux. Je lâche prise sur j'ai le droit, on a le droit de vivre ce moment qui est négativement coloré par notre société. Et après, je lâche prise sur aussi les conséquences. Peut-être après, je me dirais, putain, je me sens triste, je me sens sale. Au contraire, je me sens super heureux. Mais l'autre pas, non, non, non. Je ne veux pas. Oui, carrément. Je pense que pour moi, c'est une belle première étape sur mon chemin de lâcher prise. Il y en a encore d'autres. Toi, tu t'imagines... T'as l'impression d'être arrivé quelque part avec le trouble, c'est-à-dire, tu sais, dans la vie, on a des moments où on se dit, tiens, c'est transitoire, tiens, je défriche, je suis au début, je suis au milieu. T'as l'impression que le trouble, c'est ton... Je veux pas t'enfermer, je veux pas dire, ah, tu seras en trouble dans dix ans, mais tu sens que c'est le bon navire pour toi et tu te sens bien sur ce bateau ? Je me sens très bien sur ce bateau. Euh... Mais dans mon chemin de développement personnel, j'ai... Je me dis, et je le vis maintenant beaucoup, que ce bateau, peut-être un jour, il va couler, c'est OK. Ou peut-être il va grandir, et c'est OK. Et je me sens pas plus sur le bon bateau que quand j'étais en couple. Je suis bien sur ce bateau-là, et si le bateau, il change, je suis OK aussi. Et... Et ressentir ça, ça m'aide à être encore mieux sur ce bateau. De pas avoir... D'avoir moins de peur que ça change, quoi. Que si ça change, c'est OK aussi. Donc je profite encore plus que cela. Et tu sens que tes deux autres partenaires te suivent dans ce chemin de tantra ? Chacun à sa façon, chacun à son rythme. On a fait notre premier stage de tantra ensemble cette année. Tous les trois ensemble ? Tous les trois ensemble, oui. Ce qui était génial parce que c'est quelque chose qui me faisait très peur justement de ne pas peindre. Pas d'avoir un truc pour moi, mais qu'ils ne comprennent pas ce que je vis et qu'ils ne comprennent pas ce chemin sur lequel je suis. Et du coup, c'était un soulagement énorme que c'est un chemin qui leur parle aussi, de façon différente. Donc, chacun est sur son chemin. Autour de ça, quoi. Autour de ça, oui. Pas forcément sur la génitalité ou sur la spiritualité, mais sur... C'est un élan partagé, mais différent. Oui, carrément. On se pénètre ? Dans le trouble ? Non, toi ? Tu te rappelles, avant le trouble, on avait des hémorroïdes, de la difficulté. On en est où sur ce chemin-là ? C'était de la provoque quand je t'ai regardé droit dans les yeux en disant on se pénètre. Là aussi, ça fait des allers-retours ? Sans mauvais jeu de mots. Mais oui, carrément. Je me fais pénétrer régulièrement. Je kiffe à fond. Et tu t'es débarrassé des hémorroïdes ? Non, je ne me suis pas débarrassé des hémorroïdes. Enfin, je te dis, c'est les hémorroïdes qui m'empêchent de me faire pénétrer. J'en sais rien. Je ne me suis pas débarrassé de la douleur. Je ne sais pas si elle vient des hémorroïdes ou d'autres choses. Ah là là, ça me... Il y a encore de la douleur de temps en temps. Notamment, je ne sais plus quand c'était, au début de l'année, j'ai eu une crise d'hémorroïdes. C'était la première fois que j'avais vraiment une crise d'hémorroïdes. Du coup, je n'ai pas été pénétré pendant deux mois. Du coup, j'ai eu à nouveau un nouveau chemin. Je reviens à la pénétration que... que pourtant j'avais déjà fait plusieurs mois ou plusieurs années avant. Avant de rencontrer Arnaud, ça faisait un an peut-être qu'on était, ou un an ou deux, depuis le tantra, qu'on était revenu sur le chemin de « je suis plus à l'aise à me faire pénétrer, on retrouve d'autres moyens ». Et ça s'est un peu encore exacerbé avec l'arrivée du trouble. Et donc là, il y a eu encore un petit peu cette rechute. Et donc du coup, au renouveau, refaire le chemin. Mais effectivement... Je me fais beaucoup plus pénétrer qu'avant. Pour moi, en fait, la raison pour laquelle je suis aussi direct avec cette question, et je te remercie pour ton ouverture, mais depuis le début, de toute façon, c'est un super entretien, t'es disponible et t'es là, et t'es courageusement là et très disponible à toutes mes questions. Mais je trouve que c'est trop important, et c'est pour ça que je fais ce podcast-là, qu'on se dise les choses simplement et qu'on puisse... Du coup, petit point hémorroïde, de tous les proctologues et les médecins avec qui j'en parle et les recherches que je fais, et il faut que je fasse un épisode hotline là-dessus... S'il y a des gens qui veulent m'envoyer des messages, toi, inclus, tu vois, par e-mail ou il y a mon numéro en message vocaux. Tu n'as pas de smartphone, mais tout ça dans le descriptif de l'épisode. Mais des gens qui peuvent me raconter leur rapport aux hémorroïdes, ce qui se passe pour eux, pour que du coup, on puisse partir de ces cas concrets pour en parler. Mais très rapidement, premièrement, aller chez le proctologue pour vérifier s'il n'y a pas... C'est pas juste le corps qui parle. Donc, est-ce une fissure et ou des hémorroïdes ? Donc, j'ai un pote... qui pensait avoir une fissure et la proctologue a dit mais non c'est pas du tout une fissure donc du coup il avait créé tout un narratif depuis genre un an et demi il allait pas voir le proctologue donc allons chez le proctologue vas-y on se met à quatre pattes vraiment c'est genre on se met à quatre pattes ils baissent le froc c'est leur taf ils regardent ils mettent un gant ils mettent du lubrifiant sur leurs doigts et bam ils y vont honnêtement c'est l'horreur non C'est un moment très désagréable, surtout si t'as envie d'aller aux toilettes, ce qui moi, à chaque fois que je vais chez le proctologue, j'ai envie. Donc je me dis putain, en plus, ça fait barrage, mais c'est la honte et tout. En vrai, écoutez l'épisode sur le lavement et faites-vous un lavement si vraiment c'est problématique. Mais en tout cas, ils s'en tapent en avant. Et le toucher rectal est assez rapide. Tu vois, il touche deux, trois trucs. Il voit si tu as des condylones, des IST et aussi s'il y a des hémorroïdes internes ou externes et tout. Franchement, je crois que tu n'as même pas le temps de compter cinq secondes. Et il n'y en a pas plusieurs. Et une fois que le ou la proctologue a des infos, bam, il n'y aura plus de... Deuxièmement, les hémorroïdes, c'est beaucoup la position assise et ou l'alimentation. Dès que tu es constipé, dans ton... cet endroit-là, autour de l'anus. Du coup, ça appuie. La merde trop lourde qui ne s'évacue pas bien appuie. Et du coup, tes vaisseaux, je crois qu'ils s'éclatent, ou au contraire, je crois que les hémorroïdes, c'est des éclatements. Et c'est très psychosomatique aussi, chez moi. Moi, j'en ai... À quelques semaines, ok. Et du coup, quand on rentre dans cet univers de psycho, là, il y a tout un endroit quand même de barrière à la pénétration que j'identifie beaucoup utilisé chez les hommes queer, dont moi, pour du coup sortir du sujet de la pénétration. Je peux pas, j'ai hémorroïde. parce qu'en fait c'est des sujets être l'enculé homophobie internalisée c'est compliqué de se faire pénétrer et du coup le blocage psychologique somatise et bam je te mets des hémorroïdes comme ça en plus on en parlera pas concrètement t'auras mal donc en fait tu me feras pas chier longtemps quoi et en plus comme je me traite pas du coup je continue à avoir des hémorroïdes donc tu peux pas me pénétrer et cette sexualité elle se bloque à cet endroit là dans la mesure où c'est pas juste l'organisme attention je suis pas en train de dire on s'invente tous des hémorroïdes et c'est mytho mais je trouve que dans le chemin j'ai observé qu'en faisant ce chemin là moi j'ai plus d'hémorroïdes aujourd'hui et je comprends pas pourquoi j'en ai plus Donc il y avait quand même ces deux éléments-là assez importants. Moi, j'ai vu des professionnels qui m'ont dit « Ah ouais, il faut opérer ». Et en vrai, c'est assez rare. En fait, ils se sont résorbés tout seuls. J'ai une chirurgienne qui m'a dit « Il faut opérer ». Et en fait, je ne l'ai pas senti et heureusement que je ne l'ai pas fait. Parce que l'opération, elle a quand même un impact sur comment après t'es pénétré. du coup attention à bien aller voir un ou une chirurgienne gay friendly qui prend en compte le plaisir anal dans l'acte chirurgical qu'il ou elle va faire parce qu'en fait si tu tombes sur un gros boulet homophobe il n'y a rien à taper moi je me méfierais petit point hémorroïde pour toi et moi on va finir avec une question et tu ne louperas pas ton train du coup tu as très peu de temps pour y répondre Comment le village... Est-ce que tout le monde sait que vous êtes en trouble et comment ça se passe dans l'intégration dans votre tissu géographique ? Je ne sais pas. Parce que... Parce que... Parce qu'on est peu présents dans le village ensemble. Peut-être ça se sait, mais comme nous, on n'en parle pas à nos voisins, à nos clients. On ne sait pas s'ils sont au courant ou pas. On n'a jamais eu aucun souci. Toi, tu penses qu'ils pensent que vous êtes une coop, une communauté ? Vous n'êtes pas identifiés homosexuels tous les trois ? je pense que si parce que ça fait quand même ça fait 5 ans qu'on habite là que du coup en 5 ans en tant que couple on a eu le temps d'en parler à plein de gens donc du coup en tant que couple il n'y a aucun souci la plupart des gens le savent couple tu veux dire ? non couple avant qu'on soit en couple ça fait quand même 5 ans qu'on est sur place qu'on va sur les marchés qu'on a des clients qu'on fait d'autres choses donc là on a eu le temps d'être identifié comme couple je pense qu'en tant que couple je pense La sensation que j'ai, c'est qu'on n'est pas encore identifié comme troupe, notamment parce qu'Arnaud n'a pas encore une place publique sur la ferme. Et qu'en plus, il y a toujours eu plein de monde sur la ferme. Pour les gens de l'extérieur, c'est une personne de plus. Donc il ne se pose pas forcément la question de ce qu'il fait là, lui, c'est bizarre. Merci. Je dois couper court parce que j'ai peur que tu rates ton train. Franchement, c'était un plaisir, vraiment. Merci beaucoup. Merci à toi. C'était vraiment cool.

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