*Live* Sodomie et sexe anal : dépasser nos blocages 2/2

Partie 2 sur 2

Avec le proctologue Aurélien Garros, la sexologue Muriel Sanchez et une quinzaine d’auditeurs au Griffon à Lyon, ce live montre que la douleur anale est autant mentale que mécanique.

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⚠️ Sujet sensible : viol

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Dans cet épisode du podcast :

  • Presque tous lèvent la main pour avoir subi une sodomie sans oser dire stop, faute de se sentir en sécurité
  • Théo a repris le pouvoir grâce à la PrEP après qu'un partenaire a retiré la capote sans son accord
  • Thomas veut prendre plus gros pour un fantasme, mais le proctologue rappelle les risques d'incontinence

💡 Les conseils du proctologue et de la sexologue

Aurélien Garros est proctologue et Muriel Sanchez est kinésithérapeute, périnéologue et sexologue, tous deux au centre de santé sexuelle Le Griffon à Lyon.

Pourquoi la sodomie fait-elle mal alors que tout est physiquement normal ?

Parce que la douleur ne vient pas que du mécanique ou de la lubrification. Muriel Sanchez rappelle qu'une sodomie sans douleur passe très souvent par deux prérequis rapportés par les patients : l'intimité relationnelle et l'excitation. On se sent en sécurité, le corps se détend, la pénétration devient possible. Se sentir observé, écouté et connecté à son partenaire compte autant que la préparation physique.

Comment se préparer pour que la pénétration anale soit plus agréable ?

En ne se précipitant pas vers la pénétration. Muriel Sanchez conseille de préparer l'anus par des caresses, la langue ou les doigts si on aime, puis d'entrer très progressivement. Le lubrifiant reste indispensable, l'huile d'amande douce marchant bien même si elle abîme les préservatifs en latex. Rien n'est obligatoire : chacun avance à son rythme et s'arrête dès que ça fait mal.

Peut-on entraîner son anus à recevoir plus gros sans danger ?

Oui, l'anus se dilate et peut s'habituer, mais uniquement avec beaucoup de progressivité. Aurélien Garros insiste d'abord sur les risques : aller trop vite ou trop fort peut blesser. Il conseille d'y aller doucement, d'être bien excité pour que l'ouverture soit possible, et de s'arrêter net en cas de douleur. La même stratégie lente s'applique au fist, qui augmente lui le risque d'incontinence.

Est-ce grave de ne pas aller jusqu'au bout d'une sodomie ?

Non, il n'existe aucune injonction à faire une sodomie complète ou à ce qu'elle dure. Muriel Sanchez rappelle qu'on peut s'autoriser un seul doigt puis s'arrêter, et que la sexualité anale reste de la sexualité anale même en caresses externes ou en anulingus. Suivre son intuition et sortir de l'idée que le vrai sexe irait forcément jusqu'au fond libère beaucoup de blocages.


On en parle dans cet épisode
Le centre lyonnais partenaire du live, spécialisé dans l'accueil des personnes LGBTQIA+ et des travailleur·euses du sexe, où consultent le proctologue et la sexologue
↗ Voir le site
L'épisode sur le fist cité par Guillaume, où Valentin parle des risques d'incontinence assumés en connaissance de cause
Écouter l’épisode

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Lire la transcription de cet épisode
Bienvenue pour notre deuxième partie de ce cercle de paroles spécial conseils pour dépasser nos blocages sur la sodomie. Vous êtes sympas. De cliquetis, cliqueta. Bon, je rappelle, ceux qui n'ont pas écouté la partie 1 sont des mauvaises personnes. Mais nous les accueillons. Et on leur dit qu'on est une quinzaine d'auditeurs ici à Lyon au centre de santé sexuelle Le Griffon. Et c'est un centre de santé que d'ailleurs tout le monde peut venir voir. C'est spécialisé dans l'accueil des personnes LGBTQIA+, et des travailleurs, des travailleuses du sexe. Nous avons... Pour notre sujet de blocage sur la sodomie, deux experts, expertes, qui sont là pour répondre à nos questions, nous donner des conseils. Docteur Aurélien Garros, proctologue, Cliquetis Cliqueta et Muriel Sanchez. qui est non seulement sexologue, mais aussi kinésithérapeute et périnéologue. Car en effet, certains blocages peuvent se rééduquer grâce à la kiné, ce que tu as raconté un peu dans la partie 1. J'avais envie qu'on commence avec Giovanni. Bonjour. Salut Giovanni. Qui dit, et d'ailleurs Mickaël me semble aussi avoir dit la même chose, que l'importance de la connexion avec le partenaire est primordiale pour toi Giovanni, pour ne pas avoir des douleurs pendant la sodomie. Oui, c'est ça. C'était quand la dernière fois que tu t'es rendu compte de ça ? C'est plutôt, j'aimerais dire, une réalisation que j'ai eue vers... J'ai 33 ans, vers le 20-24 ans. Et en effet, je me suis rendu compte que... Alors, je vais faire une petite histoire. Mon tout premier copain, il était très doué. Par contre, je n'ai jamais trop eu de problèmes. Je n'ai jamais ressenti des douleurs. Quand tu te faisais pénétrer, il était doué dans le sens que tu avais du plaisir ? Oui, non, dans le sens qu'il avait un truc auspice. Ah, et bien doté. Doté, oui, pardon. Ok, t'as pas de soucis. Et donc, je m'étais dit, ok, je ne vais pas avoir de problème pour ça. Vu que lui, il était très doué. Doté, je crois. Je ne vais pas avoir de problème. Après, j'ai expérimenté, et là, là, là. Et en vrai j'avais des problèmes souvent quand, avec des bites pas grosses, mais souvent quand j'étais mal à l'aise ou quand j'avais pas vraiment envie de coucher avec ces mecs mais bon on est là, je fais quoi ? Ça me saoule de dire non, j'étais plus jeune, maintenant j'assume et si je n'ai pas envie, je dis non, on s'arrête là. Mais bon, ça m'a demandé beaucoup de temps pour m'assumer, pour comprendre ce que moi et mon corps, on avait envie. Ouais. Tu peux donner un exemple pour que je comprenne bien ? Par exemple, tu es sur Grindr, vous vous dites « Ah ouais, on va coucher ensemble », vous vous rencontrez, toi tu n'as plus envie, mais tu n'oses pas dire non, c'est ça ? Oui, le cas que je disais avant, j'avais 24-25 ans, j'étais en Erasmus à Porto, Et bon, c'était Grindr ou je ne sais pas quoi. J'étais un appli de rencontre. Et je vais chez lui, et c'était en plein coup direct. Et quand tu le vois, t'as pas envie ? C'est pas ça, c'est que... Il me plaisait pas trop dans le vrai. Après, je me souviens pas du tout. Mais bon, je... Ça allait jusqu'au moment où lui, il a commencé à me doiter. Et là, ça allait tout bien. J'avais aussi pas mal envie. Après lui, on a bougé, on a changé de position et il était un peu trop brusque, un peu sans vraiment m'écouter, sans vraiment me regarder, sans vraiment chercher la connexion que je disais. Et là, j'ai eu très mal. Et j'ai dit non, arrête, on stoppe. Et je me suis un peu barré tout vite. Et là, je me suis dit, qu'est-ce que je fais là ? j'ai pas envie de faire des plans où je connais pas les gens j'ai envie de créer une connexion même si on recherche pas l'amour pour un plan direct mais ça peut être une connexion court terme genre déjà je connais ton prénom je sais pourquoi t'habites dans cette ville qu'est-ce que tu fais dans la vie où Tout est dans ta vie, des choses très banales mais qui peuvent se résoudre très facilement avec un bière ou un café. C'est ça, c'est qu'en fait pour toi la sodomie heureuse, tu as découvert qu'elle avait besoin de prérequis ? Ou pour que tu te sentes connecté, en sécurité, inspiré. Et en fait, ce n'était pas lié à la mécanique de la taille ou à tes douleurs. Tu sens qu'elles reviennent plus. Après, en m'apprenant à... J'ai grandi et... Ça arrive ? Tu as vieilli. Oui, j'ai vieilli. C'est ça les mots. Et tu as aussi grandi, peut-être. Je doute. Mais... Je me connais mieux. Et donc là... Ça joue aussi ma propre excitation. J'explore aussi ma sexualité et j'ai un peu appris à dépasser ça dans le sens que je peux créer ma propre excitation dans des... J'étais à Berlin cet été et je me vis en Berlin où il y a des situations plus... Comment dire ? Où tu ne connais pas les gens mais tu arrives à être excité quand même. Exactement. Et donc dans ces situations-là, je n'ai pas de douleurs ou de problèmes. pour la prénaturation. Mais c'est intéressant, du coup, et je ne sais pas si Muriel ou Aurélien, vous avez envie de rebondir là-dessus, mais que la douleur, elle ne vient pas toujours du mécanique ou de la lubrification. C'est mental. J'ai deux mots pour résumer le témoignage très intéressant de Giovanni, qui est que, et c'est rapporté très fréquemment, la La sodomie heureuse, comme dit Guillaume, elle passe souvent par l'intimité relationnelle et l'excitation. Donc ça se passe mieux quand on est excité, quel que soit le moyen de monter son excitation. Mais ça, ce sont deux prérequis qui sont souvent rapportés par nos patients, puisque moi, j'ai des patients qui font ça. On est combien, là, à lever la main, ceux qui se sont déjà forcés à être sodomisés, n'osant pas dire stop, dit non, on est combien ? Et alors là, tout le monde lève la main sauf 1, 2, 3, 4 personnes, 5. Ok. Mickaël, on peut lui passer le micro. Mickaël, toi t'as dit similairement, tu perds ton érection dès que tu perds le contact visuel avec ton partenaire lors de la sodomie. J'ai l'impression que c'est un peu parallèle comme sujet. Se regarder dans les yeux, c'est une connexion ? En fait, pour moi, c'est vraiment important de... de garder le regard qui se croise et dès que je vais perdre le regard de mon partenaire ou même avant de ma partenaire en fait et en fait tout de suite je vais perdre mon érection et là nouvellement avec mon nouveau partenaire c'est vrai que à un moment donné c'était mis sur le ventre Et du coup, je dis non, en fait, je suis en train de perdre mon direction en ce moment-là. Il faut que tu me regardes, en fait. Et du coup, c'est vrai que... Alors après, comme c'est nouveau aussi, il y a peut-être aussi quelque chose de... Encore un peu où je suis mal à l'aise, mais du coup, si je perds son regard, en fait... J'ai l'impression de perdre la personne avec qui je suis en train d'avoir un moment d'intimité. Et donc, comme disait Muriel, ton excitation, ton désir, forcément, suivent et baissent. Et c'est tout à fait normal. Ça redescend, mais en fait, après, ça peut repartir derrière. Mais n'empêche que j'aime bien garder le regard. En fait, c'est un moyen d'excitation pour moi. Est-ce que t'arrives, parce que j'ai l'impression que Giovanni il a dit bon bah j'ai vieilli et donc maintenant je me connais mieux donc j'arrive à mieux communiquer ou en tout cas à créer ce dont j'ai besoin pour ma sexualité, est-ce que toi t'arrives à demander à tes partenaires, à dire ce qui est important pour toi et notamment en disant bah moi le regard visuel... Ah oui c'est pas du tout un problème pour communiquer, c'est assez facile en tout cas pour moi et j'ai jamais été un Une problématique après l'autre, enfin, je ne sais pas, mais en tout cas... Pour toi, c'était OK. Parce que dans la partie 1, moi, je me souviens que Diego, quand on parlait d'être doigté, que Diego appréciait pas, disait dans les plans cul directs rapides, c'est pas simple. Je trouve ça vachement intéressant. Dans notre sujet de le lien avec ma sexualité, la sodomie, les possibles blocages et tout, j'aurais même envie de me poser la question d'une certaine culture des apps. où on est tous là on se limite dans nos communications et je dis nous mais en fait c'est pas très vrai parce que moi Guillaume je suis là mais rien à foutre en fait on va baiser et on va se voir une heure mais je vais te dire et je vais te demander ce que t'aimes je vais te dire ce que moi j'aime et j'ai moi une facilité enfin j'ai découvert que en allant à la conquête de cette facilité j'ai trop envie de la conseiller de mettre des mots sur moi, c'est important qu'on se regarde dans les yeux ou moi, tu vois, d'avoir identifié certains trucs pour créer le bon cadre. Et toi, Pedro, tu veux rebondir là-dessus ? En fait, je voulais juste ajouter quelque chose à ce que Giovanni et Michael viennent dire. C'est qu'on commence toujours par rapport au... à la sodomie mais la partie plutôt mécanique et pas psychique parce que je pense que notre cerveau ça joue beaucoup par rapport à ça parce que moi par exemple c'est impossible pour moi avoir un plan cul Comme ça. Non, c'est impossible. C'est quoi pour toi un plan cul comme ça ? Un plan cul, c'est aller dans une application et prendre un rendez-vous avec quelqu'un. Donc imagine, on prend une bière, puis on va visiter un musée, puis on fait du sexe. Non mais attends, et après on fait du sexe, est-ce que c'est un plan cul pour toi ? Oui. C'est un plan cul de se rencontrer, de faire un musée et du sexe, mais c'est ok pour toi ? Oui, c'est OK. Ce qui n'est pas OK pour toi, c'est quoi du coup ? C'est une absence d'échange, de date ? Oui, c'est ça. Être chez moi, échanger dans une application. Plan cul direct, la personne vient chez toi. Dans ces cas-là, il n'y a aucune sexualité qui est heureuse pour toi ? Ou là, tu parles de la sodomie ? La sodomie. En pénétrant ou en pénétré ? En tant que pénétré. Très. Quand tu es toi sodomisé, mais si toi tu sodomises, tu peux un peu plus faire du point cul direct. Oui, sans problème. Mais je pense que le fait d'être pénétré, ça joue beaucoup dans ma tête et je n'y arrive pas. Je pense que c'est mécanique, ok, mais là on peut trouver des astuces, le préfiant, on change de position, je ne sais pas. mais je pense que il y a quelque chose dans la tête qui te fait pas souffrir j'ai l'impression c'est juste que pareil c'est ce qu'on disait c'était créer le cadre safe pour moi ça me fait pas mais par exemple pour encadrer un peu je suis célibataire je viens de finir une relation et ça m'est arrivé dans ma relation parce que J'arrivais pas à être sodomisé dans ma relation par rapport au fait que nos deux, il n'y avait pas de communication. Donc, c'était impossible. Alors, c'est quel type de communication qu'il n'y avait pas ? C'était autour de la sodomie ? Non, non, autour de tout. C'est ça, l'absence de lien dans une relation ? Ok. Aurélien, tu me regardes pour dire un truc ? Oui, je voulais confirmer par rapport à nous ce qu'on avait dans notre expérience, c'est qu'à la fois des situations de plan Grindr, c'est souvent comme ce que témoignent beaucoup de personnes ici, difficile de communiquer, mais pour autant c'est essentiel, la confiance. Et il ne faut pas se comparer, parce qu'il y a des mecs, vraisemblablement, qui arrivent très bien à se faire pénétrer sans dire un mot. Et tant mieux, mais il ne faut pas se comparer et se dire que c'est une norme. C'est vraiment important. Mais on a effectivement, et c'est pour ça que ton témoignage est hyper important, on a l'exemple d'un patient qui avait une relation, je pense, avec un qui était en couple, qui était un peu toxique, un peu rabaissante. Et finalement, c'est quand il a quitté son mec que ça a été mieux aussi. Aussi en voyant Muriel et d'autres choses. Et Aurélien, bien sûr. C'est un patient commun en fait. Ok, ils se font des petits bisous et tout, ils s'envoient du love, mais vous avez bien raison. C'est vrai que dans l'intro, je n'ai pas dit que vous vous proposez des consultations. Dans cette intro de cet épisode, je ne l'ai pas dit, je pense que vous travaillez ensemble sur des consultations à deux pour aider les personnes qui ont des douleurs dans leur sexualité anale. et du coup en fait toi Pedro ce que tu voulais ajouter c'est que en première partie on a beaucoup parlé de la mécanique des astuces et toi tu dis tu as découvert l'importance de la connexion du psychologique de te sentir en sécurité voilà parce que au début je pensais bah en fait c'est mécanique et J'ai eu un rendez-vous à l'hôpital Nord, à Saint-Etienne. J'avais rien, il n'y avait rien. J'ai fait beaucoup d'examens. Tu as fait des examens parce que tu avais des douleurs ? J'avais des douleurs, oui. Ah, ok. Tu avais du mal. Donc quand on te pénétrait, doigt ou pénis, pareil ? Peu importe. Ça te faisait mal tout de suite ? Tout de suite. Ok. Et je pense que c'est parce que, en fait, j'ai eu une relation de dix ans, j'ai jamais eu de problème. Jamais. Donc, ça fait deux ans qu'on n'est pas ensemble. Et je me suis dit, je vais recommencé à chercher n'importe quoi peut-être pas n'importe quoi mais genre tu veux le dire avec d'autres gens tu peux chercher n'importe quoi mais tu voulais dire je vais me remettre à faire du sexe avec d'autres gens j'ai passé un an tout seul et après j'ai trouvé quelqu'un qui j'ai pas arrivé parce que je pense que même dans notre relation il n'y avait pas ce lien pour arriver à même dans ma relation moi mon plus gros kink c'est faire l'amour je l'ai dit là récemment à un plan cul on se connait pas et je lui disais on peut faire l'amour sans vraiment se connaître on peut là se rencontrer sur un temps court terme ou long terme mais en fait on peut faire l'amour même sur une enveloppe de temps très courte tu vois et je pense qu'il y a plein d'auditeurs qui me disent ouais mais après les gens ils partent en courant quand tu dis ça parce que tu rentres pas dans cette culture de je veux pas qu'on se parle etc et j'entends mais moi je pense que moi je trouve des gens sur Grindr qui partent pas en courant donc moi je pense qu'il y a un peu de tout mais j'entends tout à fait ce que tu veux dire et pour moi c'est essentiel Giovanni tu voulais ajouter quelque chose ? Oui, je suis d'accord. Pour répondre à ce que tu disais, moi je trouve que dernièrement, un de mes plus grands kiffs, c'est l'intimité. Et comme tu dis, on peut jouer même sur le court terme pour trouver de l'intimité avec des personnes, mais je trouve qu'il y a Pas mal de personnes qui sont un peu effrayées. Ils ont peur de l'intimité, d'être intime, d'être vulnérable. Car si on est intime, on est vulnérable. Alors qu'on peut avoir du sexe sans être vulnérable au final. Un sexe rapide sans connaître le prénom. Oui, bon, ce n'est pas mon kiff. C'est pas si intime que ça, non, mais c'est intéressant. Moi, j'avais envie de demander à Muriel ou à Aurélien. Pedro disait quand même quelque chose de spécifique autour de... Moi, c'est plus simple de pénétrer. J'ai pas ces blocages quand je pénètre, mais j'en ai plus quand je suis pénétré. J'ai un peu envie qu'on parle de ça. Alors, Pedro, il est super intéressant son témoignage parce que c'est statistiquement relaté. Les hommes HSH décrivent souvent... Les hommes ayant du sexe avec d'autres hommes ? Je veux dire, être pénétré, tu es dans une forme de vulnérabilité. Et cette vulnérabilité, tu vas donc être safe dans ta vulnérabilité quand tu as un niveau d'intimité suffisant pour pouvoir accueillir et recevoir. C'est plus facile de rentrer. que d'accueillir moi j'ai envie de rajouter que c'est aussi le rapport au féminin c'est pour moi la misogynie qu'est-ce que dit le proctologue et la sexologue à moi mon opinion personnelle qui émane de mes témoignages mais je ne suis pas un scientifique Mais que être pénétré, c'est en gros être la femme, c'est en gros être le dominé, que quand tu regardes les lois anti-gay, anti-LGBT dans le monde actuel, dans plus de 70 pays, c'est un crime d'être LGBT, la loi souvent cible la personne qui est pénétrée. qui devient le coupable. Donc même dans la partie 1, j'ai fait cette intro-là sur la déchéance, sur un peu le truc culturel autour de la sodomie et d'être le pénétré. Est-ce que ça ne peut pas aussi jouer dans nos inconscients et que ça nous fait du coup un peu plus peur ? C'est plus difficile de lâcher prise et d'être pénétré aussi parce qu'on est dans un monde... Moi, je dirais oui, complètement. Il y a quelque chose du bouleversement de l'identité masculine qu'on a construit et après qu'on a reconstruit encore en devenant gay, si ça s'est passé comme ça, avec les pornos qui développent à nouveau les stéréotypes du passif miné, féminé, de l'actif... Tu peux rebondir. Tu es parfaitement tombé dans mon piège, Aurélien. Non, pas dans mon piège, dans mon invitation. Parce que j'avais envie qu'on parle du cas d'un patient justement autour de ses représentations, des muscles. Ça te fait marrer. Mais c'est très bien. Oui, parce que je savais que tu voudrais qu'on en parle. Oui, c'est l'exemple d'un patient hyper intéressant, hyper touchant, qui a vraiment un physique viril. C'est quoi pour toi un fils viril ? Il est musclé et poilu. C'est des stéréotypes sûrement, mais bon. Grand, petit ? Moyen. Mais peut-être aussi, il n'a pas de gestes efféminés, sa voix est plus grave. Est-ce qu'il y a au-dessus de ça ? Oui. Oui, oui, oui. Non, non, mais c'était... Non, oui. Et donc, lui n'arrive pas à être pénétrant. Non, attends. Il n'arrive pas à pénétrer quelqu'un. Oui, il n'arrive pas à pénétrer quelqu'un. Ok. Mais donc, du coup, il est pénétré. Oui. Mais ça lui fait mal systématiquement. Mais pour autant, c'est lui qui le décrit très bien. Il a besoin d'avoir des partenaires qui sont aussi dans une attitude très virile, très costaud, un peu bourrine, pour se sentir dans un rapport qui reste un rapport un peu masculin, presque peut-être proche de la bagarre que d'autres choses. Ce qui fait qu'il a systématiquement mal. ce qui fait qu'il prend des drogues pour pas avoir mal et arriver à avoir le rapport mais enfin il est dans un cercle il arrive pas du tout du tout à s'en sortir pour le moment enfin il est en train peut-être mais en tout cas il est sur ce chemin là mais moi à 100% on est combien là dans ce cercle à avoir c'est une question très très intime vous n'êtes pas obligé de répondre mais levez la main si comme moi vous avez peur d'être trop efféminé Pour votre partenaire, lors du rapport, c'est là où personne ne lève la main. On n'est que deux ? Ah ouais, j'étais... On est trois qui hésitent. On a quelqu'un qui l'avait un peu la main. Ok, ah ouais, je suis le seul. Ah, un quatrième. Non. Ouais, c'est assez marrant. Je suis tout seul. Alors, ouais, moi, j'ai peur d'être trop efféminé. En tout cas, beaucoup du harcèlement que j'ai vécu était autour de est-ce que tu es assez masculin ou tu es trop féminin ? Et ça s'est pas mal mis dans ma sexualité, notamment à l'endroit de la sodomie. Mais apparemment, pas trop. Muriel, tu veux rebondir ? Oui, je pense qu'il y a un terme qu'il faut prononcer ici. Je rebondis par rapport à l'exemple clinique que présente Aurélien sur cet homme qui est pénétré par des hommes correspondant à un stéréotype très masculin et qui aime les rapports brutaux aussi. Je ne sais pas si tu l'as dit, mais bon... Je pense qu'il y a aussi une forme de ce qu'on appelle d'homophobie intériorisée. Ce n'est pas forcément conscient, mais je pense que ce sont des choses qu'il faut évoquer. On est un homme gay ou homosexuel pas totalement assumé et on se punit dans la douleur. L'homophobie intériorisée, c'est quelque chose d'extrêmement présent dans la douleur. C'est où on en est sur son chemin de son propre acceptation d'être sodomisé. Il y a un lien quand même avec, je crois que c'est Muriel ou Aurélien, avec la masculinité, c'est-à-dire cette capacité à pénétrer ou à être pénétré. Aurélien, tu es au-dessus de la tête ? Ou Muriel ? Par rapport aux représentations ? Une plus grande facilité à pénétrer peut-être, parce que tu es un peu moins homosexuel quand tu pénètres. Si on est pénétré, on bouleverse un peu notre masculinité, notre identité dans laquelle on nous a collés depuis la naissance. Vous le sentez ça ? Levez la main ceux qui le sentent. Là, il y a beaucoup plus de mains qui se lèvent. Ouais. Ok. Muriel, tu voulais... T'as fini ton propos, on peut passer à... J'ai terminé mon propos. Tu es parfaite. Moi, je voulais juste dire quand même, il y a aussi des gens qui témoignent avoir plus de difficultés à être pénétrants. Il y a aussi ce profil de personne qui existe. Parce qu'ils trouvent qu'il y a plus d'enjeux de performance, parce qu'il faut tenir, il faut bander, il faut éjaculer. Et qu'ils préfèrent le rôle, à l'inverse, un peu de passif, qui fait rien, qui se laisse faire. Hum hum. Préfère faire l'étoile de mer. Giovanni, tu as lavé les mains ? Oui, totalement. Dans mon parcours, j'ai vécu ça. Dans le sens que... Au début, avec mon premier copain, lui était qui est actif. Et moi, après, j'ai un peu pris cet imprinting. Habitude. Cette habitude d'être qui est passif. Et toutes les fois que j'essayais d'être actif, d'être pénétrant, je me disais, ben non, tu n'es pas assez puissant, tu n'es pas assez viril, tu n'as pas assez de muscles, donc tu ne peux pas dominer l'autre, tu ne vas pas durer longtemps. Ça, c'était dans ta tête, les petites idées ? Ah oui, absolument, dans ma tête. Ça s'appelle l'angoisse de performance ? Maintenant, j'essaie et après, petit à petit, j'ai vieilli et ça a diminué énormément. Mais il est toujours là. C'est une conquête. Est-ce que tu peux passer le micro à Théo ? Théo, j'ai l'impression qu'avec toi, on va aborder... Salut, coucou, je te surprends un peu. Car tu dormais, non ? Tu t'endormais là ? Non, je te taquine, je te taquine. Théo, j'ai l'impression qu'avec toi, on va aborder ce sujet-là un peu par une autre porte. Toi, sur ton post-it, et je vais t'inviter à mettre ton micro bien proche de ta jolie bouche. Suite à deux événements, la PrEP a permis la libération d'une charge mentale Tu es à l'aise d'en dire un peu plus ? Je le sais que tu es à l'aise car sachez que les post-it, nous les avons fait ensemble et les gens qui sont prêts à témoigner pour les auditeurs qui se demandent, ils ont mis leur prénom. Personne n'est obligé. Oui, alors c'est principalement un événement. En fait, il y a eu, je pense qu'un peu comme le coup classique qui arrive, surtout quand on est passif, la capote qui craque. Ok. Donc avec un partenaire qui était séropositif, mais pas indétectable. Donc là, il y a eu une prise en charge par un traitement post-exposition, qui s'est bien passé, et voilà. Mais surtout, il y a eu aussi une fois une personne qui... où il y a eu une perte de consentement dans l'acte, où j'avais clairement dit qu'il y avait protection, donc préservatif. Et en fait, avant la fin du rapport, il a retiré son préservatif pour pouvoir finir en mois. Et donc, du coup, il y a eu... Après, il y a eu... Donc là, j'ai de nouveau été aux Cégides qui sont très bien, qui ont une très bonne prise en charge et qui ne sont pas dans le jugement, qui sont vraiment très gentils. Mais après, il y a eu une sorte de blocage un peu de... de savoir si ça allait se reproduire ou quoi que ce soit. Bien sûr. Et ça, c'était quand, ces deux événements ? C'était séparé de combien de temps ? C'était de assez longtemps, au moins un an. Et du coup, tu as senti les blocages pendant combien de temps ? Le premier, il n'y a pas forcément eu de blocage parce que c'est les choses qui arrivent. Mais c'est vraiment à partir de la deuxième chose. En fait, il faut arriver à refaire confiance aux gens. Bien sûr. Et je pense que la PrEP aide en fait à avoir ce côté chargeur. de que ça ne soit plus que de notre responsabilité. Tu reprends le pouvoir. Voilà, c'est ça. Tu reprends le pouvoir parce que du coup, tu te sécurises et c'est toi qui prends ta PrEP et si tu la prends bien selon le schéma, tu te protèges toi, c'est ça ? C'est ça. Toi, dans ton lien avec la sodomie, ton plaisir et tout, à part ces moments-là et la PrEP qui a solutionné, tu avais d'autres... Ça allait bien, quoi. Ça allait bien, oui. Juste avant ça, ça allait bien. Il n'y avait pas vraiment de blocage, une sexualité assez épanouie. Mais c'est vrai que ça a remis en question, en fait, ce passage, pas mal de choses. Même dans le fait de rencontrer les gens, il faut arriver à faire plus confiance aux gens. C'est différent. Enfin, il y a tout un... Voilà. Mais du coup, je suis allé voir aussi une psychologue qui est... qui a permis de bien aider sur ce point de vue-là. Oui, bien sûr. Toi, tu as pu confronter la personne qui t'a fait ça ? Oui, j'ai fait. Alors, je n'ai pas voulu faire un dépôt de plainte parce qu'en fait, j'ai fait juste une main courante. Je trouvais ça moins... En fait, la main courante, l'avantage, c'est que si après, il y a une autre main courante, ils vont dire qu'il y a déjà eu une main courante. Donc, peut-être que ça serait utile pour vous de porter plainte et puis après, éventuellement, être rappelé s'il y a d'autres événements de stack heavy là. Parce que c'est considéré un viol ? Oui, viol ou agression sexuelle. Agression sexuelle, oui. Mise en danger de la vie d'autrui. J'ai rencontré un médecin en congrès de sexo qui travaillait sur cette problématique avec un juriste. J'ai oublié le terme anglais qui consiste à enlever sa capote au dernier moment. Bravo, bravo d'être allé porter plainte, c'est courageux. D'avoir déposé une main courante. Parce qu'en fait, porter plainte, ça engage plus de choses Et il y a déjà tellement peu de résultats pour des viols, vraiment des vrais viols, que je ne voyais pas l'intérêt d'aller si loin. Et l'avantage de la main courante, c'est que s'il y a un autre événement, au moins ça s'est porté dans le dossier. Vraiment, je ne peux que vous encourager à aller porter plainte, déposer des mains courantes. Je sais que ce n'est pas facile parce que c'est comme ça que les choses avancent. Plus il y aura de la visibilité devant les instances publiques de ce genre d'actes, plus il y a des changes, que les choses bougent. Et puis peut-être qu'intimement, ça peut nous aider ? Ouais, ouais. Et peut-être qu'intimement, ça peut nous aider après. Moi, je ne sais pas si j'aurais le courage et peut-être que je voudrais juste faire l'autruche et tout. Mais je pense que ça pourrait m'aider aussi de se dire, en fait, c'est inacceptable et c'est une absence de consentement. Et en fait, la loi est de mon côté, quoi. La psychologue m'a bien aidé aussi à me dire, si vous ne vous sentez pas de porter plainte, au moins allez poser une main courante. Et puis, j'en ai parlé à des amis avec qui... Un très bon ami, entre autres, avec qui on parle de beaucoup de choses. Et donc, ils ont pu me soutenir aussi là-dedans. Ne pas être seul. Oui, ne pas être seul. Super, bien sûr. Est-ce que la PrEP, toi, ça a été une solution qui t'a aidé ? Ou est-ce qu'il y a d'autres choses maintenant pour avoir une sexualité épanouie que tu fais différemment ? La PrEP a aidé dans le sens où ça permet d'être maître de sa protection et de ne plus dépendre simplement de l'autre. La psychologue a aidé sur le point de vue, dans la tête. Et après, sur les rencontres... Tu sais, parce qu'on parlait dans l'épisode 1 des traumas, il se peut que ton corps se mette à passer en pilote automatique et resserrer, t'empêcher d'être pénétré, etc. Est-ce que toi, tu as eu des choses comme ça à soigner ? Non, parce que je suis retourné en fait vers des personnes, entre guillemets, de confiance pour recommencer, on va dire. Et du coup, ça m'a aidé, je pense. En fait, je savais que ces personnes, c'était des gens bienveillants, dans le consentement. Et du coup, j'ai pas eu de blocage, en fait, du fait de ça, je pense. Mais moi, en fait, à chaque fois que je fais rarement des plans cul directs, mais ça peut m'arriver, dans des moments, soit de solitude, slash... Bon... Je vais pas vous raconter ma vie, enfin si je suis en train, mais je pense qu'on comprend à peu près tout ce que je dis, ou en tout cas une majorité, donc je vais économiser les mots. Non, je rigole, mais ouais, un moment où peut-être je me sens un peu seul, j'ai à la fois envie de sexe, et du coup je suis là, bah du coup Guillaume, comme tu sais comment tu fonctionnes, va prendre un verre. et je suis là non je vais quand même faire un plan cul direct donc il y a une part de moi qui dit bah t'es bête enfin bon ok et ce que je voulais dire c'est que ma sodomie heureuse commence de nombreuses heures avant le rapport sexuel c'est à dire si Pour moi, si j'ai pu me sentir en sécurité, et je rebondis sur ce que tu dis Théo, c'est que pour moi, parler à la personne, sentir son énergie, c'est me sentir en sécurité pour soit avoir du désir bandé et pénétré, soit ouvrir mes chakras et être pénétré. Pas que ses chakras ? Dis-moi, je finis et puis après tu rebondis. Mais du coup, je trouve que c'est un truc que j'ai longtemps, et on en a parlé, j'ai longtemps sous-estimé ça, comme si, en fait, la norme, c'est le plan cul direct. Et en fait, je ne comprends pas pourquoi moi, j'ai besoin de ça en plus. Et ouais, en fait, moi, ce lien-là, me sentir en sécurité, me semble être essentiel pour ouvrir. Et du coup, Muriel, tu disais, pas que mes chakras dans le sens, avec le micro. C'était un joker. Ah pardon, je n'ai pas compris. Ah oui, ouvrir mon anus. Ah oui, je suis con, pardon. Tu ? Oui, mais je rejoins là-dessus. Moi, j'ai un peu de mal aussi à juste trois mots, par exemple sur Grindr ou quoi que ce soit, et on se voit. J'aime bien avoir une connexion, discuter un peu, en savoir un peu plus sur les gens et pas juste y aller et voilà quoi. Ouais. Je rejoins ton côté là-dessus. Après, il y a aussi plein de gens qui ont... Moi, j'ai des potes qui vont dans des bars à cul, des... Comment on appelle ça ? Des saunas, etc. Et qui ont une sexualité super heureuse, avec des jeux de regard. Enfin, j'ai pas envie de créer une autre norme, hein, mais il y a des gens qui sont super heureux et qui ont des belles sexualités avec plein de consentement, sans aller au musée, quoi. Les gens vont croire que je vais au musée. Ça m'est arrivé une seule fois. Ouais. Aurélien, bien sûr. Oui, pardon, je voulais dire qu'effectivement, il y a régulièrement des personnes qui témoignent que la PrEP, l'objectif, ce n'est pas de donner du plaisir, mais qu'effectivement, parce qu'elle apaise une peur de l'infection, aide vraiment à prendre du plaisir. Et je pense que la crise du sida, c'est une mémoire qui se transmet aux générations suivantes, même si elle est peut-être moins intense qu'il y a 30 ans, mais... Donc la PrEP permet ça aussi parfois. Moi j'avais une question mais je ne sais pas si la science l'a prouvé et c'est peut-être que de l'intuition. Mais est-ce que notre mémoire collective n'a pas imprimé l'information de l'époque du sida où une personne qui est pénétrée a plus de chances d'être infectée si jamais il y a possibilité d'infection que la personne qui est pénétrée ? Non, c'est vrai. On est plus à risque d'attraper des infections en étant pénétrés. Donc ça, c'est une réalité scientifique. La vascularisation importante au niveau de l'anus, c'est aussi pour ça que c'est un endroit où on met des suppôts pour faire passer des médicaments aux enfants. C'est parce que c'est très vascularisé. Donc, on peut attraper plus d'infections aussi. Ça, je le savais. Non, non, mais c'est super que tu l'aies répété. Et ma question, ou je ne sais pas, c'est est-ce que ça peut impacter notre sujet d'être sodomisé ? Est-ce que notre mémoire collective, est-ce que ça peut être ajouté aussi à ça ? Je ne sais pas. Oui, de toute façon, je pense que le sida est tellement associé à la sodomie que c'est un ensemble, quoi. Mais c'est la question que je nous posais, tu vois. Et c'est peut-être la question que chacun peut se poser. Est-ce que j'ai la bonne stratégie de santé sexuelle pour moi pour me sentir en sécurité dans un rapport sexuel ? Que je choisisse le préservatif, la PrEP ou que sais-je. Si j'ai plusieurs partenaires ou si je suis... Est-ce que j'ai bien répondu à ces questions de moi à moi-même pour me protéger des IST ? Parce que je pense que ça, ça peut être un facteur autour des blocages de la sodomie. J'aimerais bien qu'on aborde la question du plaisir, parce que vous êtes nombreux ici, mais vous n'êtes pas nombreux à avoir mis votre petit prénom. Il n'y en a pas beaucoup qui sont chauds pour en parler, donc vous allez devoir lever la main. J'ai peut-être Thomas... Coucou Thomas. Là on va parler, vous êtes plusieurs post-it avoir dit, bon c'est sympa là toutes ces histoires de blocage, mais comment je peux plus kiffer ? Donc j'ai par exemple, comment je peux travailler à l'élargissement et avoir plus de plaisir ? Comment être plus désinhibé pendant un rapport ? Toi Thomas ? Oui. Coucou. Bonjour. Du coup, moi, en fait, la question s'est assez rapidement posée quand j'ai commencé la pratique anal. C'est que j'avais envie de prendre plus gros. Tu avais envie, toi, d'être pénétré par plus gros ? Pénis. Jouer. Ou plusieurs ? Voilà. Donc, je me suis rapidement posé la question de comment m'entraîner en passant de rien du tout à il faut faire une pratique. Rien du tout parce que toi, tu as commencé ton activité anal... Tardivement, vers mes 32-33 ans. Ok. C'est pas tard, 32... Tu es à quel âge ? J'en ai 37. Ok. Donc tu te dis, je découvre. Et ton excitation, je ne sais pas si c'est vraiment une question, mais tu sais pourquoi ça t'excite plus gros ? Alors, on va rentrer dans l'ordre des fantasmes. J'ai une tendance à fétichiser le dragon. Et notamment les organes génitaux monstrueux. Le dragon, on parle bien de l'animal mythologique. C'est un fantasme comme un autre. Mais merci de le partager. C'est vrai que je me suis dit, j'ai envie de me prendre... plus gros, voire même plusieurs sexes en même temps. Est-ce que tu as essayé ? Alors plusieurs sexes en même temps, non pas encore, mais je travaille à m'élargir l'anus, du moins lui donner au moins la mémoire de quelque chose de plus gros régulièrement en jouant avec des plugs ou des godes pour le moment. Parce que toi tu crois, et donc là juste pour les auditeurs s'ils entendent, il y a du bruit dans la rue parce qu'il y a des gens qui font du bruit dans la rue, mais Carle Griffon est sur la rue. parce qu'en fait ils t'expliquent pas les bruits quand t'es auditeur c'est trop relou parce que tu comprends pas ce qu'il se passe c'est l'impression que genre il y a des gens dans la pièce et tout toi tu as lu quelque part que, parce que c'est marrant t'as une connaissance que moi j'ai pas et je vais me tourner après vers notre proctologue préféré toi tu as lu quelque part que l'anus a une mémoire et que en l'élargissant la prochaine fois que j'en ai besoin aussi large il s'en souviendra c'est ça, c'est une croyance ou c'est quelque chose que t'as lu ? Lus et échangés avec des propriétaires de sex-club, enfin de sex-shop, où on va se renseigner où on peut quand on connaît rien, donc on pose la question aux revendeurs en général. T'en es où ton chemin d'élargissement ? Ça se passe bien, ça se passe pas bien ? Petit à petit. Ouais ? Je suis au troisième stade de mon lot de plugs, et puis il va falloir que je voie plus gros, là, maintenant. Attends, au troisième stade de mon lot de plugs, c'est... Quel diamètre ? j'ai pas de tête le diamètre ok mais c'est quelque chose ouais comme ça là il montre il fait un cercle avec ses doigts de genre 7 centimètres quelqu'un est géographe ? 5 ah là on m'engueule 5 centimètres ok c'est pas le géographe ? non pas du tout quelqu'un est mathématique géomètre merci peut-être c'est ça et si t'avais une sexologue et un proctologue super compétents Sur ces sujets-là, tu aurais envie de leur poser quoi comme question ? Est-ce que tu as une question en particulier ? Oui, ta question, c'était comment travailler à l'élargissement ? Là, tu es en train de te mettre des plugs. J'ai ma technique un peu autodidacte, on va dire. Tu veux la valider auprès de nos professionnels. Et savoir s'il n'y a pas d'autres moyens de travailler à son élargissement. Est-ce que la question des risques t'intéresse aussi ? Alors ça, j'en ai déjà entendu parler. Mais oui, après, il y a toujours un lot de risques. Avoir des avertissements, c'est toujours bon. Aurélien ? Oui, effectivement, en tant que professionnel de santé, c'est difficile de ne pas aborder la réponse d'abord sur la problématique des risques. C'est-à-dire que nous, on ne peut pas vraiment donner des conseils ou des solutions pour élargir... Déjà, est-ce que le coup de la mémoire, c'est-à-dire si je veux recevoir plus gros, en effet, mon anus, je peux l'entraîner ? C'est possible ? En tout cas, après, oui, c'est sûr que c'est la progressivité. On apprend, même pour passer de pas de pénétration à une pénétration avec un pénis de taille standard, c'est déjà un peu la même... La même chose, c'est-à-dire la progressivité pour s'habituer, apprendre à laisser l'anus se dilater. Attends, et moi je pensais que quand je suis excité, il y a une possibilité de dilatation et hop, et après ça se referme. Oui, mais ça reste une élasticité, ça se referme. Mais pour que ça puisse s'ouvrir plus large que la fois d'avant... Et plus vite, ça se fait progressivement. Et souvent, il ne faut pas que ce soit trop rapide. C'est comme ça aussi que ça se passe pour se faire fister. C'est exactement la même stratégie. Moi, je ne connais pas d'autres solutions que de faire progressivement et après d'être bien excité pour que ce soit possible. Et de s'arrêter si on a mal. Tu as des douleurs, Thomas ? Parfois et du coup en général je m'arrête et je dis ce sera une autre fois. Le dragon repassera. Ou pas. Ou pas si vraiment la douleur persiste et dans ce cas là je vais consulter, oui. Oui, c'est sûr qu'il y a des personnes qui n'arrivent pas à accéder à ces désirs-là parce que ça leur fait mal au bout d'un moment. C'est là que c'est vrai que je n'ai pas de limite de ce que le corps est capable d'accepter. Puis on voit que c'est différent vraisemblablement d'une personne à l'autre. Mais c'est sûr que si ça fait mal, il faut s'arrêter. On avait des questions sur nos petits post-it. Il y a des gens ici dans le cercle de parole qui se demandaient les risques sur l'incontinence ou sur des pratiques plus extrêmes. Est-ce que tu peux faire un petit point là-dessus ? Autant si j'ai un rapport sexuel tous les semaines, si je me fais sodomiser une fois par semaine, est-ce que je vais être incontinent ? Et pareil sur le fist ou des trucs plus extrêmes comme des plus gros godes ? Il n'y a pas beaucoup d'études, mais l'étude la plus performante pour répondre, elle retrouve qu'il n'y a pas de sur-risque d'incontinence, c'est-à-dire de fuite involontaire de celles quand on a la sodomie jusqu'à une ou deux fois par semaine. Au-delà, ça peut augmenter le risque d'avoir des fuites, au moins à court terme, c'est-à-dire un mois après. On n'a pas d'informations pour nous dire qu'est-ce qu'il en est à long terme. Et après, on sait que la pratique du chemsex, probablement parce qu'on inhibe les douleurs, et la pratique du fist, ça, ça augmente le risque d'incontinence. Après, ce n'est pas 0 ou 100%, tu avais fait un épisode sur le fist où la personne disait bien qu'elle le faisait en âme et conscience en sachant qu'elle prenait des risques, qu'elle avait plus de risques d'avoir une incontinence. Je trouvais son point de vue intéressant, mais c'est un risque, c'est sûr. Moi, personnellement, je ne pratique pas le fist et donc je n'ai pas vocation à dire quoi que ce soit. Mais moi, je trouve que dans mes pratiques sexuelles, je n'aborde pas les risques de la même façon que dans ma passion pour la montagne et la randonnée. C'est-à-dire, si tu fais du sport très régulièrement ou moi, je cours souvent, je pense qu'un médecin me dirait « Oui, à un moment donné, sur tes genoux, l'activité a un impact ». Et la question, c'est bien accompagner avec les bons soignants, aussi choisir le type d'activité que tu fais et en effet, comprendre les risques et vivre avec. Je pense que c'est ce que disait d'ailleurs Valentin dans son épisode sur le fist. Mais il y a un peu dans la culture hétéro homophobe. Il y a des tests anneaux, c'est-à-dire, notamment en Tunisie et dans d'autres pays, les autorités disent, avec un toucher rectal, je peux savoir si tu as été sodomisé ou pas, parce que tous les homos ont les culs tellement larges, etc. Mais ça, c'est une réalité. Et c'est dans... Les États disent ça. Non, mais ça, c'est hyper faux. C'est faux. Parce qu'il y a des gens qui ont des anus qui manquent, qui sont hypotoniques, c'est-à-dire qui ne se servent pas beaucoup pour plein d'autres raisons, qui ont de l'incontinence sans ça. Et il y a aussi... des personnes qui sont sodomisées et qui ont mal et qui ont un anus qui est très serré. Donc, si on leur fait un toucher, ça va être serré. Après, c'est vrai que quand on examine l'anus de quelqu'un qui fait du fist régulièrement, généralement, il a un anus qui est très lâche. Des fois, on peut voir à travers. Il a un peu ouvert, spontanément. On va prendre comme nom du beurre. On peut voir à travers. Ok Harry Potter. Est-ce que je peux juste, j'ai le droit, de faire un petit aparté, parlons français, par rapport à Thomas et sa réflexion sur les fantasmes. C'est juste pour nourrir votre réflexion par rapport à votre sexualité. Est-ce que les fantasmes sont faits pour être réalisés ? Est-ce que tous les fantasmes sont faits pour être réalisés ? Je ne suis jamais là pour donner mon opinion personnelle parce que ce n'est pas ma place. Ce que je peux juste vous dire, c'est que souvent, il est rapporté que... La place des fantasmes en sexologie, elle est là pour souvent augmenter son excitation sexuelle, pour dynamiser son désir et que... Et relativement souvent, il est rapporté qu'on est un peu déçu, en fait, par rapport à la réalisation de ses fantasmes. Donc c'est vrai que Thomas, je le vois en train de travailler coûte que coûte à élargir son anus par rapport à ses fantasmes de dragon. Et voilà, j'ai peur qu'au bout du chemin, c'est peut-être beaucoup d'efforts pour un truc... Mais c'est juste pour... Tu n'en penses pas, Thomas ? Pour être informé, c'est tout. Je comprends la réflexion qui est faite, parce que pour avoir déjà réalisé un ou deux fantasmes, c'est vrai qu'une fois qu'ils sont faits, le plaisir est plus forcément là, selon les cas de figure. Ou alors la réalisation est très inconfortable. Non, là, c'est plus un fantasme global, je dirais, dans une recherche de plaisir. Tu te sens aligné. C'est un moteur, celui-là. Ce n'est pas un objectif à atteindre, c'est plus un moteur parce qu'il est irréalisable de par sa nature. Attends, les dragons n'existent pas ? Non. J'en suis peut-être un, mais je ne le sais pas encore. Moi, j'ai réalisé plusieurs fantasmes, mais en fait, je n'ai pas du tout cette expérience de déception. C'était génial. je conseille vivement après ça dépend du type et tout de fantasme mais moi j'avais pas mal entendu dans l'ensexologie ah ouais les fantasmes ça sert à pas être réalisé et en fait pour moi c'était pas vrai j'ai pas dit ça non non mais j'ai entendu ce que t'as dit j'offre juste moi mon regard est-ce qu'on peut terminer sur bon conseil pour plus kiffer pour plus kiffer la sodomie qu'est-ce que là je suis un auditeur ou un membre de ce cercle et ça va être notre conclusion j'ai C'est quoi les questions que je peux me poser ? C'est quoi les petites astuces ? On a dit en épisode 1, lubrifiant, super notamment, par exemple, amandes douces ou les lubrifiants comme ça naturels. Huile d'amande douce. Huile d'amande douce. Excuse-moi. Tu n'avais pas dit le mot huile. Pardon. Je ne voulais pas que j'en mette des amandes dans leur annonce. Et enlevez la coque d'abord. Voilà, merci. Huile d'amande douce. En sachant que c'est pas forcément compatible avec les préservatifs à tension, est-ce qu'il y a d'autres astuces auxquelles on pense là ? On a parlé quand même l'importance pour certaines personnes de la connexion versus baiser avec des inconnus. Est-ce qu'il vous vient comme ça des choses qu'on n'a pas mentionnées et que vous avez envie de rajouter ? Oui, dans les choses assez pratico-pratiques, il y a la préparation, c'est-à-dire le fait de ne pas aller directement à la pénétration, mais de préparer l'anus avec des caresses, la langue, les doigts, si on aime ou si on n'aime pas, bien sûr rien n'est obligatoire. et d'entrer progressivement peut-être des choses évidentes mais qui sont importantes de rappeler super et moi est-ce que je peux rajouter et peut-être ne pas rentrer c'est-à-dire suivre son intuition et du coup sortir de l'injonction à la sodomie pour juste dire tiens j'ai envie de découvrir cette partie-là et donc on peut tout à fait dans un rapport s'autoriser à dire je veux juste un doigt Et ça me fait penser à la cité de la peur. Je ne prendrais pas juste un doigt d'abord. Ça montre que j'ai 38 ans. Mais OK, je reviens dans mon truc. Mais je trouve ça important. Je trouve que parfois, je me sens obligé d'aller jusqu'au bout. Donc sous-entendu, en fait, le vrai truc de la sodomie, c'est jusqu'au bout. Il faut que tu ailles tout au fond. En vrai, ça peut juste être, comme tu dis, juste un doigt et dire à mon partenaire, c'est fini pour aujourd'hui. Complètement. Bien sûr. Oui, il n'y a aucune injonction à faire une sodomie en entier ou à ce qu'elle dure ou elle peut être courte si on en a vite, si on aime bien, si on est hyper content pendant une minute et puis qu'on en a marre. L'arrêter en cours. Moi, j'ai grandi avec, je me souviens de me dire non, mais pour vraiment que ça soit une vraie, il faut que ça aille jusqu'au bout. Enfin, genre au fond et tout. J'ai grandi avec cette image. Du coup, de me dire non, si je te dois juste, c'est naze, quoi. Alors que non, ce n'est pas naze. Ça reste de la sexualité anale. Ça reste de la sexualité anale. Mais même des caresses externes, c'est de la sexualité anale. Un hulingus, c'est de la sexualité anale. Je veux dire, la sexualité anale, elle n'est pas forcément pénétrante. Tout à fait. Moi, j'ai envie de vous dire, pour conclure, écoutez-vous et respectez-vous. Et faites-vous respecter. Allez, c'est des cliquetis, des vagues de cliquetats, cliquetis. Merci tout le monde. Merci beaucoup Muriel et Aurélien. Merci à nous, le Cercle des Puissants.

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