Une boule bleutée et douloureuse sur l’anus inquiète un auditeur passif : est-ce grave, faut-il arrêter de se faire pénétrer, et quand faut-il opérer ?
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Dans cet épisode du podcast :
La boule bleutée et douloureuse évoque une thrombose hémorroïdaire externe, une crise classique mais pas la plus fréquente
Dans la grande majorité des cas, elle régresse seule en un à trois mois, parfois en laissant un petit repli de peau
Le proctologue conseille de faire une pause sur la pénétration le temps de la résorption, pour éviter frottements et tensions
L'opération est rarement nécessaire : une simple excision externe ne gêne pas la sexualité, à l'inverse de la chirurgie des hémorroïdes internes
💡 Les conseils du proctologue
Le Dr Aurélien Garros est proctologue à Lyon, particulièrement attentif aux questions de sexualité anale.
Une boule bleutée et douloureuse sur l'anus, est-ce grave ?
Le plus souvent non : cela évoque une thrombose hémorroïdaire externe, une crise classique. Le Dr Aurélien Garros rappelle que, dans la grande majorité des cas, elle régresse spontanément, en un à trois mois selon les personnes. La douleur part en premier, puis la boule se résorbe plus progressivement, laissant parfois un petit repli de peau appelé marisque.
Faut-il arrêter de se faire pénétrer pendant une crise hémorroïdaire ?
Mieux vaut faire une pause sur la pénétration le temps de la résorption, conseille le Dr Aurélien Garros : les frottements et les tensions à cet endroit entretiennent l'irritation, au même titre que la constipation. Il recommande de reprendre la sexualité anale progressivement une fois la thrombose résorbée, dans quelques semaines.
Comment aider une thrombose hémorroïdaire à se résorber ?
Éviter la constipation et ne pas pousser fort aux toilettes, en priorité. Le Dr Aurélien Garros évoque aussi les crèmes anti-hémorroïdaires et, sans garantie scientifique, un petit massage local qui ne peut pas faire de mal. L'essentiel est de ne pas trop se focaliser dessus, car ça part presque toujours seul.
Une opération des hémorroïdes a-t-elle des conséquences quand on est passif ?
Cela dépend du type de chirurgie. Pour une simple excision externe d'un caillot, on peut espérer aucune conséquence sur la sexualité anale, explique le Dr Aurélien Garros. Opérer les hémorroïdes internes ou d'autres lésions peut en revanche laisser des cicatrices fragiles, sensibles, avec un manque de souplesse qui complique la reprise.
Bienvenue sur la hotline de ce podcast. On a tous des questions super intimes qu'on n'arrive pas à poser à notre médecin. Alors dans ce format hotline, un auditeur me partage sa question intime en toute confidentialité et je trouve un médecin ou un psy gay-friendly pour répondre. Tu peux soumettre ta question par écrit ou via un message vocal en allant sur le site du podcast bit.ly slash comment devenir onglet témoigné. Bonne écoute !
Salut Guillaume, j'ai une hémorroïde depuis un mois qui n'évolue pas. C'est une boule d'environ 2 cm sur mon anus. Ça me fait un peu mal et c'est bleuté. Ça m'inquiète et j'ai des questions pour ton proctologue Efrien Lee. Est-ce dangereux de continuer à me faire pénétrer ? Quels sont les bons conseils pour aider la guérison d'une hémorroïde ? Quand est-ce qu'une opération est conseillée ? Quels sont les impacts d'une opération quand on est passif comme moi ? Merci pour ton aide.
Bonjour, je suis Aurélien, je suis proctologue à Lyon et je m'intéresse beaucoup aussi aux questions de sexualité anale. Alors, vraisemblablement, effectivement, la présence d'une boule sur l'extérieur de l'anus, permanente, plutôt douloureuse et bleutée, ça évoque le tableau de thrombose hémorroïdaire externe. C'est un type de crise hémorroïdaire classique, mais qui n'est quand même pas le plus fréquent.
J'en profite pour le rappeler, le plus souvent les hémorroïdes font des crises qui font éventuellement une petite sensation de brûlure, de cuisson, mais surtout des démangeaisons, une grosseur et pas forcément des douleurs et surtout avec une boule qui est intermittente au moment d'aller à la selle. Mais dans le cas des crises ici, vraiment effectivement je pense que c'est une thrombose hémorroïdaire externe.
Cette thrombose, effectivement dans la grande majorité des cas, elle va régresser spontanément et c'est plus ou moins rapide. Quelquefois c'est en un mois, mais quelquefois ça peut mettre deux, trois mois et encore plus rarement un peu plus longtemps. Quand c'est très douloureux au début, la douleur passe d'abord, puis la boule se résorbe plus progressivement.
Il peut arriver qu'une fois que c'est résorbé, il reste une petite peau séculaire qui est plus gonflée, pleine comme la boule au départ, mais qui peut faire un petit repli de peau. On appelle ça une marisque. Souvent, ce n'est pas automatique. Souvent, c'est assez petit. Quelquefois, c'est un petit peu plus gros. On peut quelquefois les couper assez simplement, mais le plus souvent, on propose de les laisser séculer.
parce qu'elles ne gênent pas beaucoup, il faut essayer de ne pas trop se focaliser là-dessus, entre guillemets. Et c'est rarissime que le petit caillot reste, finisse par ne pas se résorber, et dans ce cas-là, on peut envisager une petite chirurgie simple, juste de l'extérieur de l'anus, même éventuellement sous anesthésie locale, pour extraire le caillot résiduellement.
C'est rarement nécessaire et dans ce cas-là, c'est une petite chirurgie. C'est différent de la chirurgie des hémorroïdes classiques qu'on imagine qui consiste à aller intervenir sur les hémorroïdes internes à l'intérieur de l'anus qui engendrent des douleurs. Effectivement, la chirurgie...
Ça peut arriver qu'il y ait les deux en fait, qu'on ait des hémorrhoides internes qui donnent des symptômes plus une thrombose à l'extérieur et qu'on finisse par opérer. Et dans ce cas-là, on est sur une chirurgie un peu plus lourde. Mais quand on est sur une petite excision juste à l'extérieur ou une petite marisque à l'extérieur...
on peut espérer qu'une fois que c'est assicatrisé, qu'il n'y ait pas de conséquences dans la sexualité anale, alors qu'on sait que quand on opère dans l'anus, les hémorroïdes internes, ou d'autres chirurgies, de fissures, de condylomes, il peut y avoir une difficulté à reprendre la sexualité anale, des cicatrices fragiles, éventuellement sensibles, un manque de souplesse.
et enfin il y avait aussi un petit peu la question de quoi faire pour aider à ce que ça se résorbe alors évitez d'être constipé ça c'est sûr, il faut éviter de pousser fort éventuellement avec des crèmes anti-hémorroïdaires faire un petit massage pas très scientifique ce petit commentaire mais je pense que ça ne peut pas faire de mal
Et après, est-ce qu'il faut éviter le sexe anal ? J'aurais plutôt tendance à dire d'éviter le sexe anal pour aider à la résorption, pour ne pas qu'il y ait de frottements, de tensions à ce niveau-là, dans la même idée qu'il faut éviter d'être constipé.
Après, évidemment, malheureusement, je n'ai pas de données scientifiques pour l'affirmer, mais je pense que si on est gêné, inquiété, inquiet pour la suite de notre vie sexuelle, il vaut mieux faire une petite pause tout de suite. Et puis, quand ça se résorbe, dans quelques semaines, reprendre progressivement la sexualité anale. Voilà, j'espère avoir répondu aux questions et aux inquiétudes.
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