*Live* Nos pires expériences sexe : gars égoïste et fantasmes toxiques 2/2

Partie 2 sur 2

Avec Denis Trauchessec, sexothérapeute, et 19 auditeurs à Paris, ce live raconte les pires expériences sexuelles gay et pourquoi on continue d’y retourner quand ça se passe mal.

🎧 Écoute cet épisode

⚠️ Sujet sensible : viol

Spotify
Apple Podcasts
Deezer
Podcast Addict
Amazon Music
YouTube

Dans cet épisode du podcast :

  • Elliot, première pénétration à 17 ans faite trop vite : hémorroïdes, fistule anale, opération et trois ans de galère
  • Ahmed a vécu quinze fois le même mec qui pénètre, éjacule et disparaît sans se soucier de son plaisir
  • Joël reçoit sur Grindr des messages qui le réduisent à sa couleur : pour Denis, on est à un cheveu du racisme

💡 Les conseils du sexothérapeute

Denis Trauchessec est sexothérapeute et reçoit en consultation, y compris en vidéo à distance.

Comment bien préparer une première pénétration anale ?

Il faut préparer la zone en amont, seul et avec le partenaire. Denis Trauchessec conseille des jouets évolutifs au niveau des tailles pour apprivoiser progressivement l'anus, en plus des préliminaires et du lubrifiant. Impliquer le partenaire sur plusieurs séances, plutôt que tout tenter d'un coup, évite les blocages et les soucis médicaux en cascade comme les hémorroïdes ou les fissures.

Pourquoi une pénétration douloureuse crée-t-elle un blocage durable ?

Parce qu'après une douleur, le corps verrouille la zone : la fois suivante, si quelqu'un force malgré tout, ça fait encore plus mal. Denis Trauchessec parle d'un cercle vicieux qui installe un système traumatique, parfois avec des douleurs fantômes après une opération. Un travail en amont, seul et sans pression, aide à désamorcer ce blocage avant de retenter une pénétration.

Un plan cul sans attachement, est-ce forcément un problème ?

Non, un rapport utilitariste peut être totalement OK quand c'est l'attente commune des deux personnes. Pour Denis Trauchessec, le problème naît du décalage : l'un cherche une connexion, l'autre vient juste faire son affaire. La solution est de définir clairement dès le départ ce qu'on attend du rapport, pour vérifier qu'on va dans la même direction avant de commencer.

Pourquoi retourne-t-on sur Grindr même quand ça déçoit ?

Parce qu'on répond au mauvais besoin. Denis Trauchessec décrit le trouble de la solitude gay : on cherche à élargir un cercle, à créer du lien, et on croit qu'un plan cul y répondra. Une fois le rapport fini, la déception revient car l'attente initiale n'est pas satisfaite, ce qui pousse à reproduire le schéma encore et encore.

La fétichisation raciale sur Grindr, est-ce du racisme ?

Oui, pour Denis Trauchessec c'est une forme de racisme : réduire une personne à une seule caractéristique reste une catégorisation, même quand celui qui l'exprime croit faire un compliment. Beaucoup n'ont pas conscience de la violence de messages comme chercher uniquement des blacks ou des rebeux. Il recommande un vrai travail de prise de conscience et de la pédagogie, les référentiels variant d'une personne à l'autre.

Pourquoi rejoue-t-on une expérience sexuelle qui nous a blessés ?

Parce que l'inconscient transforme parfois un trauma refoulé en fantasme qu'on rejoue mécaniquement, en espérant ouvrir les yeux un jour. Denis Trauchessec invite à l'indulgence envers soi-même : ce retour vers une situation subie n'est pas un défaut de volonté. Une fois la prise de conscience faite et un travail engagé, le fantasme et la répétition s'estompent progressivement.

Comment trouver un proctologue ou un sexothérapeute gay-friendly ?

Passe par l'annuaire collaboratif des auditeurs du podcast, où des personnes queer recommandent les soignants avec qui elles se sont senties à l'aise. Denis Trauchessec le conseille vivement, notamment pour les questions anales encore taboues en cabinet. Tu peux le consulter et y ajouter tes propres contacts.


On en parle dans cet épisode
Le récit de Sam sur la fétichisation raciste qui écrase tout son développement intime
Écouter l’épisode
L'annuaire collaboratif de proctologues et soignants recommandés par les auditeurs, cité par Guillaume
↗ Voir l'annuaire

💜 Tu pourrais aussi aimer

Le tuto complet pour préparer la sodomie et éviter les séquelles anales vécues par Elliot dans ce live
Roberto raconte une première fois qui bascule, entre excitation et humiliation sourde
Julien décrit la pression du milieu et ces rapports utilitaristes où personne ne se connecte vraiment

🏷 Plus d’épisodes sur les mêmes thèmes :


Lire la transcription de cet épisode
Salut tout le monde et bienvenue pour la deuxième partie de notre épisode enregistré en live à Paris. Coucou ! On continue à se raconter nos pires expériences sexuelles ou en tout cas les mauvaises et ce qu'on peut en tirer. Et pour nous aider, nous avons notre sexothérapeute préféré, Denis Trochesec. Bonjour à tous et à toutes. Coucou Denis. Denis, on va faire ta pub parce que j'ai eu un auditeur qui m'a demandé de l'aide pour trouver un sexothérapeute en ligne parce qu'il habite loin ou que sais-je. On est d'accord que toi tu fais de la consultation en ligne ? Je fais tout à fait la vidéo. Je redis un grand merci au bar Merci Marcha qui nous accueille et on se lance directement avec toi Elliot. Il est où ton post-it ? Ma première fois m'a conduit à l'hôpital. Oui, alors je suis toujours vivant, je suis toujours là. Mais c'était le tout premier garçon avec qui j'ai expérimenté ma sexualité. Donc je l'ai rencontré, j'avais 17 ans. Et pendant 3 ans, ça a été juste des prélits du coup. Pas de sodomie. Des prélits ? Oui, j'aime pas trop prélits, mais sans sodomie en fait. Donc ça, il n'y a jamais eu trop de soucis. et pendant 3 ans on n'était pas ensemble c'était juste sexuel de temps en temps dans l'année j'avais 17 ans il en avait 24 et lui avait beaucoup plus d'expérience que moi et en 2020 avant le Covid J'avais envie d'essayer. Vraiment, je me sentais mieux. Enfin, je voulais essayer. Et du coup, avec lui, parce que c'était avec lui que j'avais pu expérimenter, je le connaissais plutôt bien. Et en fait, ça ne s'est pas bien passé du tout. C'est-à-dire que je lui ai dit que du coup, j'avais envie d'essayer. Et il ne l'avait jamais forcé avant pour qu'on fasse plus. Et du coup, j'étais très à l'aise. Et j'y vais et je lui dis « je te laisse me conseiller, tu connais beaucoup plus que moi ». et je vais rentrer dans les détails un peu j'espère que ça dérange personne ici ni les auditeurs mais il me dit bon bah je vais m'allonger et toi tu vas t'asseoir et ce sera le plus simple j'étais un peu perplexe mais très bien on va dire c'est allongé et il m'a pas beaucoup aidé ni pour me guider ou quoi j'y arrivais pas et je suis un peu brutal dans la vie commune donc du coup j'y suis allé un peu d'un coup ça a fait très très mal et je le regarde donc il fait quand même enfin on est sur un gabarit un peu rugbyman 1m87 90 kilos je lui dis aide moi je me retrouve face à quelqu'un qui bouge pas trop donc je me relève je lui dis un peu de partir au fond de la pièce et d'attendre que ça aille mieux Et on reprendra après. Donc on reprend. Le lendemain, on a fait un petit peu et ça allait. Et voilà. Et en fait, j'ai plus trop de nouvelles après de lui. Il disparaît un peu du champ. Et moi, je sens que physiquement, je commence à avoir des séquelles. J'ai mal au niveau de l'anus, etc., Tu saignes. J'avais quelques saignements qui commençaient. Évidemment, je commence à avoir une bonne crise d'hémorroïdes que je n'avais jamais eue. Et à ce moment-là, je découvre qu'en fait, c'est quelque chose de très commun et que beaucoup de gens en ont. Donc, je mets quand même deux semaines à commencer à traiter la chose. Et c'était vraiment... J'ai failli faire un malaise à cause de ça, de douleur et tout. Donc, je traite ça. Lui disparaît du champ. Et en fait, un an après, j'ai un abcès qui apparaît. Donc, je ne comprends pas trop. Je vais voir un médecin. Je vous passe le rendez-vous. Ça ne s'est pas bien passé. Il était 8h30. C'était un peu rude. Un proctologue, du coup ? Oui. Non, c'était un médecin généraliste pour pouvoir aller voir un proctologue après. Mais moi, je ne savais pas ce que c'était. Donc, je lui demande, mais qu'est-ce que c'est ? Et en fait, il a appuyé dessus très fort. Donc, je lui dis, bon, doucement. Il m'a mis sous antibiotiques, mais sans médicaments pour le ventre. Donc, en fait, ça m'a juste détruit le ventre pour deux bons mois. Donc ça s'est calmé, j'ai géré la chose de mon côté. Un abcès c'est une fissure ? Non, un abcès c'est plutôt une espèce de poche de pus qui va se former à un endroit qu'il faut plutôt vider parce que sinon ça peut s'infecter. Je pensais que ça s'était calmé et en fait un an après j'avais des douleurs, j'avais toujours une gêne à cet endroit-là. et donc du coup je finis par trouver une proctologue etc je finis par avoir un rendez-vous et il me dit je sais pas trop ce que vous avez mais c'est très particulier je préfère que vous allez voir tel spécialiste et qu'il vous dira j'ai été le voir et il me regarde et il fait bah en fait vous avez une fistule anale donc en fait c'est un ça peut être un abcès qui dégénère et donc du coup ça fait un espèce de canal bactérien qui creuse en fait à l'intérieur de la chair et On me dit que c'est opération, donc je pourrais amener l'opération dans trois mois et c'est péridural. J'ai eu un mois d'arrêt et la cicatrisation n'est pas drôle du tout. Et ça, les médecins t'ont dit que c'était lié au rapport anal rapide ? J'en ai parlé, ils ont fait le lien et puis ça a toujours été à ce niveau-là. Est-ce que tu as l'impression que du coup, ça c'était il y a combien d'années ? Ça a débuté du coup le rapport, c'était en janvier 2020. Je me suis fait opérer en mai 2023. Ouais donc t'es encore dedans là tu sens ? Non non là ça va c'est réglé, mais en fait à côté de ça du coup bah sexuellement j'ai rien fait, sachant que je suis pas non plus forcément le plus à l'aise avec moi-même, que je peux être assez, voilà j'ai un peu du mal avec les plantes directes aussi, 2023 pour aller mieux, et après j'ai réessayé en 2000, enfin avec quelqu'un en 2024. Ça s'est passé comment ? J'ai réessayé d'avoir une relation sexuelle avec quelqu'un sans sodomie. Ça ne s'est pas très bien passé. Par contre, j'ai essayé de plus faire avec moi-même, avec des jouets, etc. Et là, ça se passe très bien. À ce niveau-là, je m'en sors très bien avec moi-même. Mais ouais, ça a pris du temps. Denis, tu veux rebondir ? C'est pas obligé. On pourrait dire plein de choses. Une première pénétration, ça se prépare, effectivement. On peut dire à mort le porno, déso, mais en fait... Non, parce qu'en vrai... Attends, je vais au bout de mon propos. Excuse-moi. Parce que pour moi, cette idée qu'on puisse penser qu'une bite peut rentrer dans un cul sans aucune préparation d'un coup... c'est quand même les seules images qu'on a c'est le porno moi je sais ça que mais c'est pas ta réaction toi là je pense que du côté d'Eliott en tout cas il y avait déjà de très bonnes astuces mises en place bon t'as pas décrit les préliminaires mais je pense qu'il devait y avoir de la nullingus et compagnie ah pardon j'ai cru qu'il y avait eu pas de préparation non il y a eu la préparation il y a eu la nullingus il y a eu des doigts etc il y avait pas trop de soucis il avait une grosse bite ou pas ? Oui, sauf que je pense que moi, je ne connaissais pas du tout, par exemple, là, quand tu es lubrifiant, le lubrifiant, comment faire, comment manœuvrer ? Il m'avait dit, ce sera plus simple pour toi de faire, sauf que, je suis désolé, mais quand tu es au-dessus, c'est compliqué. Et effectivement, cette position qu'il t'a proposée, C'est effectivement les propositions qu'on fait aussi pour les personnes qui ont besoin de temps pour gérer la pénétration. Clairement, c'était une bonne idée sur le papier. Le fait est que, dans la mesure où pour toi c'était la toute première et que tu n'avais peut-être pas l'expérience par rapport aux sensations que ça allait provoquer, etc., ce n'était pas forcément la plus simple. Il y avait d'autres propositions qui auraient pu être envisagées avant. Et tout le travail que tu fais actuellement avec des jouets pour te reconnecter toi-même déjà avec le plaisir anal, ça fait partie des choses qu'il faudrait faire aussi des fois avant les premières pénétrations. Parce que même si c'était un régulier, tu avais un contexte qui aurait pu être facilitant avec des jouets justement avec lui aussi. Et donc ça peut être une très bonne stratégie d'impliquer le partenaire pour préparer la pénétration pendant quelques temps, à avoir des jouets évolutifs au niveau des tailles pour apprivoiser la zone et éviter après que ça crée des soucis en cascade. Mais ce qui est intéressant aussi, et ta démarche allait bien avec ta reconnexion personnelle, c'est qu'une pénétration qui se passe mal va créer souvent des blocages. C'est-à-dire que j'ai eu mal, donc la prochaine fois qu'on toque à la porte, je vais verrouiller ma porte. Sauf que si quelqu'un essaie de rentrer malgré tout, ça va faire encore plus mal. C'est un cercle hyper vicieux. Donc en cas de douleur comme ça, c'est important de faire un travail en amont, seul, pour réussir à dépasser ce blocage. Sachant qu'en plus, dans le cas d'intervention chirurgicale, on constate que très souvent, il y a des douleurs fantômes qui vont persister. C'est quoi une douleur fantôme ? C'est-à-dire que tu as l'impression que... Elle est réelle, la douleur ? C'est-à-dire que tu as mal ? Mais c'est plutôt une douleur proche du souvenir, de la douleur post-opératoire ou ce genre de choses. Il y a une forme aussi de croyance sur le fait qu'on perd toute l'élasticité de la nuit. Il y a tout un système un peu traumatique qui se met en place qu'il faut désamorcer pour pouvoir dépasser la douleur. on le retrouve aussi par exemple dans les opérations pour les condylomes ouais il y a des personnes qui se font opérer c'est une opération qui fait hyper mal bon bah après l'opération au post-op une fois qu'on est bien cicatrisé il faut un temps pour pour retrouver du plaisir hum Et je trouve que c'est là où avoir un ou une proctologue gay-friendly, dans le sens peut-être moins gay-friendly que sodomy-friendly, je ne sais pas. Mais du coup, moi, je conseille vivement l'annuaire collaboratif des auditeurs. Et franchement, vous qui êtes là, vous êtes des auditeurs motivés. Du coup, n'hésitez pas à mettre vos contacts. C'est un annuaire de recommandation. C'est subjectif, on est d'accord, mais c'est des personnes queer qui ont eu un contact avec ce professionnel de santé et qui mettent ce professionnel dans l'annuaire. Donc ça veut dire que tu peux y aller, tu peux avoir un peu plus de chances de tomber sur quelqu'un de chouette. Et je le mets dans l'annuaire si jamais je me suis senti à l'aise. Et il y a un vrai enjeu, moi que je travaille, si vous écoutez le podcast avec le proctologue à Lyon, Aurélien Garros, et en fait c'est hallucinant quand tu l'écoutes, les proctologues sont au tout début des recherches sur la réalité de la sodomie et comment on fait notre rail de protologue tout en respectant le plaisir anal, la sexualité anal comme quelque chose qui non seulement existe mais qui en plus a le droit d'être préservé et soutenu. Merci beaucoup Elliot, est-ce que tu peux passer le micro à Ahmed ? Quand je vous propose, il n'y a aucun problème si tu n'as pas envie finalement. On change d'avis, on donne et on retire notre consentement. Ahmed, tu as écrit sur ton petit post-it, toi tu vois un schéma hétéronormatif assez présent dans tes relations sexuelles qui j'imagine du coup t'impactent négativement. Est-ce que tu veux raconter un peu ? — Je dirais que... Ça me fait rappeler... Il y a une semaine, j'ai vu un meme sur Insta qui disait que les hommes ne font pas l'amour aux femmes, ils se masturbent avec leur corps. Et j'ai l'impression que c'est la même chose pour les hommes gays. Ils ne font pas l'amour, ils se masturbent avec le corps des autres hommes. tu veux illustrer avec une foi particulière qui t'a fait penser ça ? il y a plusieurs fois parce que souvent je me fais pénétrer et souvent dans des relations sexuelles où il y a pénétration l'homme qui va me pénétrer va souvent ne pas se soucier de mon plaisir ou de ce qu'il fait son seul but ça sera l'éjaculation et dès qu'il y a éjaculation il n'y a plus de rapport après Ok. Tu peux me ramener à la dernière fois où ça s'était arrivé à toi ? Oui, la dernière fois, il y a quelques mois, j'avais un garçon. Et on commence, il est sympa, on parle. Tu l'as rencontré comment ? Sur Grindr. Et on parle ensemble, ça va, ça passe ? Et après, il veut passer direct à la pénétration. J'ai dit que ça ne marche pas comme ça. Il faut une préparation. Alors, vous parlez sur Grindr. Il vient chez moi. Vous continuez à parler. C'est sympa. Et là, comment il t'a signifié ? Viens, je veux te sodomiser. On parle, il dit qu'il veut faire. Il veut commencer. On y va. Mais il veut directement te pénétrer. Oui. Et je dis, mais ça ne va pas le faire. Il me dit « Oui, mais moi, j'aime pas d'autres trucs que la pénétration. » Je me dis « Ok. » Et après, il essaie de pénétrer directement. Et il a quand même... Il est assez grand. Et je lui dis, il faut faire un effort, il faut faire un anulingus, faire des jouets, jouer avec des petits doigts. Non, pour lui, c'est que la pénétration de sa bite. Il faut qu'il fasse ça et il ne veut pas faire autre chose. Il y va pendant un moment et je lui dis, non, ça va, il faut arrêter. Il n'aime pas. Je lui dis, non, il faut partir. Comment il signifie qu'il aime ? En fait, toi, tu acceptes au début qu'il te pénètre, c'est-à-dire il dit je veux te pénétrer. Toi, au début, tu acceptes ? Oui, j'accepte. Tu te mets dans quelle position ? À quatre pattes. Ok. Et là, il commence, ça te fait mal et c'est là où tu lui exprimes, en fait, peut-être tu peux me dilater et tout. Oui. Là, il te dit non. Oui. Et dans ton cerveau, qu'est-ce qui se passe ? Je me dis que ça ne va pas le faire. Mais tu continues quand même ? Je continue pendant deux minutes et après je lui dis non c'est fini. Il me fout une pause, là j'arrête. Pendant ces deux minutes-là, pourquoi tu as attendu deux minutes ? Tu avais peur de quelque chose ? Tu disais qu'il était assez grand, tu as eu peur pour ta sécurité. Il était chez toi ? Oui, il était chez moi. Pourquoi attendre deux minutes à ton avis ? Je sais pas, c'était gênant de dire non. C'était gênant, je voulais pas ruiner le moment. Je me dis que pour parler avec les autres, Grindr, tu investis du temps avec la parler à la personne, tu investis du temps aussi personnel pour préparer. Il y a un peu cette pression à performer quand même. Ouais, dont on a pas mal parlé dans l'épisode précédent, ouais. Et je lui dis « C'est quand même chiant de juste ruiner un moment parce que ça va pas pendant deux minutes. » Mais après ces deux minutes, je me suis dit « Non, si je continue, ça va mal se finir. » Je lui dis « Il faut arrêter. » Il est vraiment agacé. Il le montre. Il est énervé. Je lui dis « Moi, il faut que je m'arrête. » Et là, il va aux toilettes. Et il reste 15 minutes aux toilettes parce qu'il a besoin de se masturber pour éjaculer. Hum. Je suis assez surpris, et je lui dis, qu'est-ce qu'il y a ? Il dit, ah ok, moi je vais partir. Et il part. Et ça, c'est un schéma que j'ai même eu, même quand j'ai commencé ma sexualité avec d'autres hommes, en un peu différent, mais c'est... Les hommes vont avoir cette idée en tête que tout... dans la relation sexuelle, ne mène qu'à l'éjaculation. Et éjaculation qui vient dans la pénétration. Est-ce que toi, au fur et à mesure de ces rencontres pas cool pour toi, est-ce que t'as modifié ta manière, c'est toujours sur Grindr, ta manière de dire voilà ce que j'aime, voilà ce que je veux ? Déjà, si la personne ne peut pas avoir une conversation, je ne parle pas. Et je ne fais pas de plan direct. Quand tu dis les hommes, ça veut dire, toi t'as eu combien d'expériences comme ça ? une quinzaine et en fait je pourquoi est-ce que enfin moi j'aurais un peu le préjugé que en modifiant ce que tu demandes sur Grindr enfin pourquoi t'as eu 15 fois le même scénario est-ce que t'as est-ce que t'as pas demandé parce qu'en fait si jamais tu dis à la personne bah voilà comment moi j'ai envie d'avoir un rapport sexuel toi t'exprimais ce dont t'avais envie et en fait eux ils venaient juste pour éjaculer sans te respecter Je dirais que la plupart des mauvaises expériences avaient eu lieu au début de mon épanouissement sexuel, quand j'ai commencé à vivre ma vie sexuelle, où je n'ai pas souvent précisé ce que je voulais ou comment je voulais exactement le faire. Et je m'attendais à ce que la personne comprenne, parce que je me dis que les gens ont quand même un certain... Je ne sais pas, une certaine réflexivité vis-à-vis de leur pratique sexuelle. Mais je me suis rendu compte que ce n'est pas le cas. Et je pense que c'est pour ça que ça m'a choqué un peu ces dernières fois. Parce que ça faisait un peu un bon moment que je n'ai pas eu de relation sur ce schéma-là. Et le revoir là, ça m'a un peu énervé. Parce que là, c'était plus récent. Oui, c'était plus récent. Et ça m'a un peu énervé parce que je me rends compte qu'il y a encore des personnes qui sont comme ça. Et que... Pour moi, c'est un peu plus la règle que l'exception. Parce que ça me prend beaucoup... Par exemple, quand je suis sur Grindr, je filtre beaucoup de gens qui cherchent un truc direct, éjaculation, pénétrer, et c'est tout. Sans se soucier qu'il y a de l'aftercare, s'il faut parler, s'il faut construire une alchimie. Pour moi, il me faut que je connecte. J'ai l'impression que... La plupart du temps, ce n'est pas le cas. C'est compliqué. Oui, c'est compliqué. J'ai vraiment envie de te vendre ma solution 1 minute de visio sur Grindr, dont j'ai parlé dans l'épisode 1. Je peux te dire là, ceux qui disent oui, il y a des ouvertures. Ce n'est que ma petite... Non, mais en vrai, est-ce que tu as l'impression que tu as envie d'implémenter des nouvelles choses pour trouver des partenaires ? plus connecté avec toi ou est-ce que toi ce que tu dis c'est j'ai bien essayé et je sais pas où tu habites tu veux dire à Paris et tu dis bah moi en fait à Paris sur les apps de rencontre j'arrive pas à trouver des partenaires qui me correspondent t'as l'impression que tu peux encore changer ton approche pour mieux trouver ou qu'en fait t'as déjà changé et tu trouves juste pas ? Non, je pense que c'est plutôt que... Je pense que Grindr, c'est pas fait pour moi. Et je pense que c'est pas une solution utile. Là, il y a deux mains qui se sont levées immédiatement. C'est pas pour toi, ouais. Oui, et j'essaie progressivement de l'utiliser de moins en moins parce que je pense qu'il y a... plusieurs aspects sur Grindr, la durée, l'investissement, le fait que les gens se construisent un imaginaire de ce qu'ils veulent, alors qu'ils ne sont pas en face de toi. Il y a ce fantasme qui va s'écrouler au moment où vous vous rencontrez. J'essaie maintenant de plus rencontrer les gens en vrai. Pourquoi pas essayer... J'ai déjà essayé le sauna, mais pourquoi pas essayer... Des apéroditeurs ? Oui, les inféroditeurs. Ma pub, elle glisse tranquille. Ou les endroits de cruising aussi, ça peut marcher. Ou les assos, ou les lieux. En fait, quand tu as la chance, je trouve, d'habiter dans une ville où il y a différents groupements LGBT, ça peut être sympa. Pendant que tu passes le micro à Thomas, Denis, tu voulais rebondir ? Oui, en réalité, des approches telles que tu l'as décrit, il y en a, il y en aura toujours, tout simplement parce que tout le monde n'attend pas les mêmes choses d'un rapport sexuel. Tu parlais d'un rapport hétéronormatif, me semble-t-il ? Personnellement, moi, je dirais plutôt un rapport utilitariste. C'est-à-dire que ta citation était très bonne dans le sens où, finalement, c'est un service mutuel pour certains. Un plan cul, ça peut être juste un plan cul Kleenex. On a envie d'avoir un rapport sexuel. Il n'y a pas d'attachement, il n'y a pas d'attention. On se fait un plaisir mutuel, on se rend service mutuellement, l'un avec le corps de l'autre. Mais ça peut être OK aussi. Ça peut être OK... Nous avons une moto qui passe derrière. Elle devait être très OK, je pense. Ça peut être OK dans la mesure où c'est l'attente commune. C'est-à-dire que finalement, là, et tu l'as bien dit en conclusion, c'est le décalage entre ton attente et l'attente de ces partenaires que tu décris. Et la direction dans laquelle tu envoies Guillaume sur le filtrage des rencontres... Il est là-dessus, c'est effectivement réussir à se mettre d'accord dès le départ sur potentiellement comment toi tu envisages le rapport, qu'est-ce que tu attends de ce rapport, c'est pas un rapport égoïste, c'est un rapport plutôt dans le partage, dans la connexion, préliminaire, obligatoire, dire un petit peu effectivement ce que tu peux aimer, ce que tu peux attendre. Et juste se dire, est-ce qu'on est OK ou pas ? C'est-à-dire que là aussi, tout le monde a sa légitimité à ce niveau-là. C'est-à-dire qu'il y a certains mecs qui vont vouloir des plans Kleenex. C'est OK. Ça peut être OK à partir du moment où ils trouvent un partenaire qui est dans la même direction qu'eux. Là où ça ne l'est pas, c'est quand il y a deux attentes différentes. Et clairement, l'exemple que tu nous as cité avec cette histoire, lui, il venait juste... faire sa petite affaire avec toi c'était plus sympa que tout seul à la maison et pour lui il n'y avait pas d'attente supplémentaire donc bien définir l'attente et tu évoques les sonates, tu évoques les cruising la question à se poser est-ce que dans ces lieux là tu ne vas pas retrouver des rencontres utilitaristes aussi ça c'est l'expérience qui te dira Thomas Oui, moi, je voulais juste rebondir sur le fait que Grindr soit toxique ou à un mauvais endroit. En fait, de mon expérience, moi, ça fait 10 ans que j'ai téléchargé l'application, que je l'utilise plus ou moins régulièrement. Avant l'année dernière, j'avais rencontré en vrai qu'une seule personne. Et je n'ai jamais fait de plan cul ou quoi que ce soit, parce que c'est pas... Enfin, surtout les plans directs, c'est pas quelque chose qui me met en confiance. Et c'est vrai qu'à Paris, ça a toujours été dur pour moi de réussir à déclencher une conversation, même ne serait-ce que juste aller boire un verre. C'est souvent, nous, on n'a pas le temps. Au début, ils disent oui, mais après, c'est viens plutôt boire un verre chez moi. Et moi, ça ne me met pas du tout en confiance. Donc, c'est pour ça que je n'ai jamais rencontré quelqu'un jusqu'au moment où l'année dernière, j'ai été à La Réunion. Et à ce moment-là, j'ai rencontré en dix jours, j'ai rencontré quatre personnes. Grâce à Grindr ? Grâce à Grindr, qui n'avait pas du tout cette mentalité de sexe direct ou quoi que ce soit. C'était vraiment pour discuter, pour se rencontrer, aller boire un café. J'ai même, pour la première fois, fait une plage naturiste avec l'un d'entre eux. Donc ça pouvait être un lieu qui était propice à des rapprochements sexuels, mais ça n'a pas du tout été le cas. Et moi, ça m'a mis en confiance... pour rencontrer des nouvelles personnes et il y a une de ces personnes que j'ai rencontrée qui est aujourd'hui devenue un ami qui est suisse et qui me disait que sur Grindr quand il venait à Paris les approches étaient vraiment différentes de la façon dont lui il le vit en Suisse par exemple où les gens sont beaucoup plus ouverts à discuter, à se rencontrer à boire un café etc que à Paris où c'est très utilitariste et J'ai l'impression qu'il y a une culpabilité ou beaucoup plus de personnes qui n'assument pas leur sexualité, je ne sais pas. Petite question, est-ce que sur ton profil, tu as explicité ce que tu recherches ? Oui, alors avant je ne l'expliquais pas. Il n'est pas sympa. Tu ne l'écrivais pas avant sur ton profil. Je ne l'écrivais pas avant parce que je me cachais un petit peu sur Grindr. Je n'assumais pas forcément d'y être. Depuis, j'ai fait un travail dessus pour ne plus avoir honte et d'assumer. Et j'écris. C'est la première phrase sur mon profil. Pas de plan direct. Mais pour autant, j'ai l'impression que ça ne change pas. moi j'ai plutôt une bonne expérience sur Grindr et j'habite à Paris et ce qui a changé pour moi c'est je ne m'exprime pas en pas de parce que moi quand je vois un pas de j'ai pas envie mais c'est vraiment de l'opinion personnelle mais en revanche moi je te conseillerais de le transformer en ce que tu recherches et donc moi bah tu vois j'ai quand même pas envie de vous le dire ce qui a marqué sur mon profil Grindr j'ai suffisamment partagé mais genre bah si moi j'ai mis sensualité J'ai mis des mots clés qui font que ça reste quand même un endroit pas simple et je dis que c'est pas simple. Mais je parle à beaucoup d'auditeurs qui me disent Grindr ceci, Grindr cela, à juste titre. Et quand je leur dis montre-moi ton Grindr, il n'y a rien marqué dessus. Et donc je dis c'est la merde, mais au moins on va céder en juste titre. osant écrire parce qu'en fait on est nombreux comme toi Thomas à avoir envie d'aller prendre un verre et si on peut pas se voir si on peut pas lire nos profils on peut pas se retrouver tu vois entre entre gens qui cherchent la même chose donc voilà excuse moi mais c'est je t'ai entendu dire ça dans un de tes derniers podcasts et après j'ai voulu changer ma bio pour être dans un message beaucoup plus positif. Et je n'arrive pas à changer cette putain de bio, ça ne fonctionne pas. De façon technique ? De façon technique, tout à fait. Désinstalle ton application et réinstalle-la peut-être. Oui, je devrais faire ça. J'aimerais qu'on passe la parole à Paul avant... Non, c'est bon, à Paul. Coucou Paul. Ah, trop cool. Paul, tu as écrit « Je suis toujours déçu avec Grindr, mais j'y retourne quand même. » Comme on est dans le sujet Grindr. Et il y a d'autres personnes, là, tout le monde hoche la tête, là. Il y a d'autres personnes qui ont écrit ça. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ? Oui alors c'est quelque chose que je fais moins maintenant parce que j'ai compris que je deviens un grand garçon mais pendant une période il y avait des moments où je me mettais un peu à penser avec ma bite et direct j'allume Grindr, je veux du cul et c'est le seul truc auquel je pense. Alors que je fais mon affaire et dès que je finis mon affaire, je suis déçu parce que pour plein de raisons, soit en fait la personne, elle ne me plaisait pas tant que ça, soit en fait, je n'en avais pas spécialement envie. J'avais juste bu un coup de trop, soit plein de raisons. Et pour autant, trois jours après, je me remettais dans le même truc. Et voilà, c'était ça. Est-ce que Paul nous en a dit suffisamment sur... Toi, tu dirais que c'est une forme d'addiction, c'est-à-dire c'est un automatisme qui te dépasse ? Je pense qu'il y a eu ça. Il y a eu que j'ai grandi en construisant ma sexualité, beaucoup via Grindr. Et que ça a été pendant longtemps la seule option. J'ai un petit village du sud de la France. Si on veut se rencontrer, c'était via Grindr. Qu'il n'y avait pas de... de films d'amour avec de la sensualité gay il n'y avait pas tout ça c'était le seul truc que je connaissais et c'est en venant sur Paris maintenant qui est une plus grande ville ou maintenant avec mon copain que je vois qu'il y a d'autres options et qui m'a aidé à sortir de Grindr de ce côté là je sais pas si c'est vraiment de l'addiction c'est plus c'était la seule possibilité elle m'allait pas mais pourtant j'y retournais quand même en oubliant qu'elle m'allait pas et je m'en rendais compte qu'une fois que je m'étais vidé et qu'il n'y avait plus cette charge sexuelle un peu Denis, tu veux ? Oui, j'ai deux choses à dire minimum sur Grindr. Je pense qu'il y a beaucoup effectivement de différences en termes de culture et de localisation. Par exemple, si on prend l'exemple de Paris, on est quand même dans une ville avec un hyper choix. C'est-à-dire que si on ouvre Grindr, on a 100 mecs à moins de 1 km. On va en campagne, on en a 3 à moins de 10. Bon ? Donc on est dans l'hyper choix et aussi dans la concurrence. C'est-à-dire que si on ne répond pas de suite, on va louper le coche. Parce que le bonjour qu'on a reçu, on en a reçu un, mais il y en a 12 qui ont été envoyés en fait. Donc il y a à la fois ce rapport à l'hyper consommation, à l'hyper choix et à la concurrence qu'on peut trouver, qui fait que des fois on n'arrive pas d'une part à faire valoir ce qu'on attend, Et en même temps, on n'est pas respecté dans nos bios, justement. Parce que finalement, si on devait lire les bios de tous les mecs à moins de 300 mètres, on passerait la journée à faire de la lecture Grindr. Et je pense que c'est une des caractéristiques à prendre en compte lorsqu'on est, où qu'on soit par contre, en France ou même en Belgique ou en Suisse, puisque c'est les amonts de données, c'est de prendre un peu la température du terrain, comment est-ce que ça se passe sur place. Moi je sais que des fois quand je vais en région sur le Grindr, si on répond pas à un bonjour, À Paris, on ne répond pas à un bonjour, c'est pas grave, tout le monde est habitué à ne pas avoir de réponse, ou à ne pas répondre forcément à tout le monde, c'est pas méchant. En région, on se fait engueuler. J'ai dit bonjour, tu ne m'as pas dit bonjour. Moi, sur Paris aussi, il y a des gens qui ne peuvent pas bien vivre l'absence de réponse. Alors, ils ne peuvent pas bien le vivre, mais il y en a... Je pense que c'est... C'est plus habituel. C'est tellement habituel, tellement fréquent, qu'au bout d'un moment, si on devait engueuler toutes les personnes qui n'ont pas dit bonjour, là aussi, on en est pour un petit moment, je pense. Donc, ce qui est important, c'est le problème de la température, aussi des localités, en fonction de l'utilisation. Et pour rejoindre ce qu'il disait Paul, on va toucher un peu tous les points de grédeur là-dessus, on en a déjà un peu parlé dans un autre épisode, mais c'est le trouble de la solitude gaie. je t'en ai déjà parlé on va le redire un peu c'est le fait de se dire que souvent on cherche à faire des contacts d'ailleurs Jeff l'a dit dans l'épisode précédent il va pour faire un plan cul et finalement il va passer plus de temps pour discuter avec les gens et ça va être cool de rencontrer et le trouble de la société de biais c'est de se dire qu'on veut se créer un cercle faire des rencontres, sociabiliser et ce qu'on attend dans notre communauté c'est on est gay donc on baise donc potentiellement si je fais un plan cul je vais me faire des potes Sauf qu'une fois qu'on a fini, comme nous raconte Paul, on est toujours un peu déçu parce qu'on voulait élargir un cercle potentiellement. Et finalement, on a tiré un coup. Ce n'est pas la bonne réponse au bon besoin. C'est comme si j'avais soif et que finalement, je mangeais. Ce n'est pas tout à fait la bonne réponse. Je pourrais te faire un peu d'humour. On s'est élargi le mauvais cercle en tout cas. On adore. Et finalement, vu que l'attente initiale n'est pas satisfaite, on va reproduire le schéma. sans se rendre compte qu'on reproduit le mauvais schéma. Et tant qu'on n'arrivera pas à trouver une réponse à ce besoin, ce besoin va nous pousser à recommencer, recommencer. Et lorsque, effectivement, on découvre d'autres façons, c'était Thomas qui nous disait qu'avec son partenaire, il avait découvert après d'autres... d'autres façons d'évoluer dans la communauté c'était Thomas ou Paul ? c'était Paul, pardon là, le besoin primordial est satisfait donc finalement il n'y a plus la volonté ou le besoin d'aller systématiquement ou frénétiquement sur Tinder est-ce que tu peux passer le micro à Peter qui lève la main et Peter, on change de sujet je crois et Peter il nous a dit je me suis senti fétichisé par une personne que je pensais être un ami Et en fait, il y a plusieurs personnes. Joël a aussi dit, pendant la sodomie, un mec m'a dit, éclate-moi avec ta grosse bite de noir. Donc le moment, tu veux Peter ? Alors oui. Alors moi, avant de baiser avec quelqu'un, j'aimerais bien être un peu ami avec eux. Et ça faisait un certain temps que j'étais ami avec un couple. Et donc, quand on est arrivé au moment où je devais baiser avec un d'eux, il m'a ramené un costume typique de Saoudien. De Saoudien ? Tu peux rapprocher le micro ? Non, t'inquiète, de ta bouche. Il a ramené quoi, pardon ? un costume typique de saoudien en me disant voilà tu portes le costume si tu veux qu'on baisse tu veux dire parce que du coup les auditeurs qui ne te voient pas je suis d'origine arabe et donc moi je disais ok c'est un ami avec qui j'avais eu beaucoup de conversations sur ce genre de sujet et je comprends pas comment il peut faire ce genre de choses au moment où on devait faire l'amour je sais pas quoi Donc en fait, vous aviez déjà fait l'amour avant ? Non, non. C'était la première fois ? C'était la première fois. Mais tu avais un lien amical ? J'avais un lien amical, on avait dîné ensemble. Plusieurs fois ? On est sortis ensemble plusieurs fois. Je me suis dit, il est plus ou moins ouvert, donc il ne va pas me traiter en tant qu'un autre ou en tant qu'une expérience exotique. Et puis ça, basta, il va partir, après il va disparaître. Parce que toi, ça t'arrive combien de fois ? Cette réalité de la fétichisation sur une semaine ou sur un mois ? Je n'ai pas fait face à ce sujet au Liban où j'étais. Je vivais ma vie parce que je vivais avec beaucoup d'homo-libanais. Mais quand je suis arrivé ici, j'ai réalisé qu'il y a une certaine différence ou une certaine distance entre les gens gays que tu rencontres qui te catégorisent très rapidement et qui te mettent dans une case dans laquelle tu ne sortiras pas. Ou bien tu réalises que ces gens-là cherchaient pas vraiment une connexion avec toi, mais cherchaient vraiment une expérience avec une certaine idée que tu présentes. Comment tu as réagi face à cette violence ? Donc il t'amène le costume ? J'ai mis le costume de côté, je lui ai dit non. Mais au final, il ne quittait pas l'appartement. Donc je me suis dit, ok, probablement, on baise, il quitte l'appartement. J'ai fait un rapport sexuel avec lui, je n'ai pas vraiment kiffé, juste pour qu'il quitte mon appartement. Et je ne savais pas comment lui dire, mais barre-toi ! Donc tu lui dis non au déguisement, tu lui expliques, tu lui dis les mots, ou juste vous changez de sujet ? Sur ce sujet-là, j'ai été choqué, mais je ne savais pas comment lui dire. Et il n'était pas le premier ami où j'ai vu ce genre de... de patterns d'habitude se répéter parce qu'il y a par exemple d'autres gens qui par exemple sur Grindr ou d'autres amis ne choisissaient qu'un type de gens Et ne regardez pas, par exemple, la personne derrière le même type de gens qu'il choisissait. Le type, c'est la couleur de peau. La couleur, le background, comment on dit ? Background, ça marche. D'où la personne vient. Donc, la fétichisation de tes amis, elle se fixait sur quelle objectification en particulier ? Bear, ours. Oui, c'est ça. Est-ce que tu veux passer le micro à soit Joël ou à Jeff ? Non ? Vous n'êtes pas obligé ? Ouais ? Joël, vas-y. En fait, je serais curieux. Donc là, on parle des mauvaises expériences. On parle de fétichisation. C'est-à-dire, c'est quoi dans... Est-ce que tu peux dire qui tu es ? Pour les gens qui ne te voient pas. Donc, Joël, je suis racisé de... Moitié noir, moitié blanc, donc d'origine africaine. Et contrairement à Peter, moi, je suis né et j'ai toujours vécu en France. Si je dis contrairement, c'est-à-dire que j'ai toujours sociabilisé en sachant que ça existe. J'ai toujours été minoritaire ethniquement. Et j'ai toujours dû faire face à ces préjugés. Donc moi, ce qu'il y a, c'est que je passe souvent pour le mec, soit disant qu'il n'y a pas d'humour ou qui est susceptible. Sauf que maintenant, je sais que tout ça, c'est des conneries. Ramène-moi à cette fois particulière. Tu as dit quoi à ce mec ? En fait, j'ai deux questions. C'est quoi la fréquence ? Je pense que beaucoup de gens ne se rendent pas compte de la fréquence. Moi, c'est plus quand est-ce que ça n'arrive pas que quand ça arrive. Sur une semaine, tu es sur Grindr, par exemple ? Non, mais sur d'autres... En termes d'interaction intime ? En termes d'interaction, déjà, moi, maintenant, j'ai vraiment appris à filtrer, c'est-à-dire qu'il y a ceux qui arrivent comme ça, genre, ils n'ont pas de figure, style, j'en reçois des messages, ouais, putain, Black, ou cherche Black, enfin, voilà, quoi, et ils trouvent ça normal, déjà, comme ça, ils ne me connaissaient pas, ils me sortent ça, quoi. Donc, non. Et ça, c'est très fréquent, c'est-à-dire la fréquence hebdomadaire. C'est absolument constant, c'est-à-dire de recevoir des messages comme ça. À chaque fois que je me connecte ou quoi, il y a toujours. Donc, je ne réponds pas. Comment, à ton avis, ce mec qui te dit « éclate-moi avec ta grosse bite de noir », comment il n'a pas passé les filtres que toi, tu as mis en place ? C'est-à-dire qu'on n'en a pas parlé ? objectivement de ma couleur mais quand il est venu me parler j'ai compris après coup que c'était en gros il nique avec des noirs ou des métis ou des arabes et bon il était mignon et tout il vient chez moi et tout ça et c'est vraiment pendant l'acte il aurait dit éclate moi avec ta grosse bite genre tout court bon c'est pas à mon trip mais j'aurais compris mais là avec ta grosse bite de noir bon Je ne suis pas un débutant. Qu'est-ce qui s'est passé dans ton cerveau ? Comment tu t'es senti ? Déjà, je me suis dit « Merde ». J'ai repensé à une série qui s'appelle « Je suis un homme ». Mikaela Cole en parle dans un épisode. Et je me suis revu dedans, je me suis dit « Merde ! » Enfin, je sais que je ne suis pas le seul, mais je me suis dit « Un de plus ! » Et donc là, en gros, je me suis un peu forcé, je me suis fait déjaculer plus vite. Et après, j'ai dit « Oh, je commence à 8h demain ! » Pour écourter, quoi. Oui, voilà. Mais je n'étais tellement pas étonné, je me suis dit « Un de plus ! » Comme d'habitude. Même pas, je vais me fatiguer à lui expliquer, quoi. Tu t'es dit, tu avais le choix, tu t'es donné le choix d'interrompre le rapport sexuel ? Pourquoi éjaculer ? Ah ben non, c'est parce que... En chien que je suis, je me suis dit je vais me finir, mais je vais pas me garder une heure... une heure avec moi quoi alors j'ai à ma gauche Jeff qui fait beaucoup tu lui passes le micro comme Jeff tu as fait beaucoup de claquements de doigts de validation et de ton corps est très réactif à ce sujet moi je suis enfin un grand black littéralement je veux pas décrire autrement tu es quoi ? un grand black donc 1m90 noir foncé les cheveux crépus donc tout ce que bah tout ce que je suis quoi Et moi, j'ai eu beaucoup de retours, beaucoup moins aujourd'hui, parce que je pense que je joue avec toutes ces interactions raciales, parce qu'on ne peut pas dire autrement. Je joue avec, je filtre, comme le fait Joël, et je n'ai aucun problème à arrêter un plan cul quand la personne me fait un commentaire, c'est-à-dire que la colonisation est terminée. C'est radical. Et même si je prenais mon pied à mort, s'il y a un truc comme ça qui se passe, je me ressors et je fais de l'éducation. On est obligé d'expliquer. Enfin, je me sens obligé d'expliquer. à quelqu'un qui était bien sous tout rapport avec moi, qu'à un moment, il a brisé un truc qui était en train de se passer, et si je le fais pas, en fait, je le laisse non sachant, quelque part. Et si, à la limite, il savait, et que c'est un gros connard, ben ça restera un gros connard. Au moins, j'aurais fait ma petite partie du chemin pour pouvoir reprendre du plaisir avec, parce que c'était génial. Mais il y a ce truc de la fétichisation qui... qui arrive. C'est une réalité de ce qu'on vit sur Grindr, mais à plein d'égards. Les mecs efféminés, les mecs bodybuildés... En fait, je ne me sens pas une exception de par ma couleur. On a des antécédents qui font qu'on peut relier ça à des générations et des générations. Mais il y a plein d'autres souffrances qui sont faites et que moi, j'ai peut-être fait aussi. J'ai peut-être été la cause de choses comme ça aussi. Du coup, j'essaie plus d'être dans le dialogue... Qu'est-ce que les gens... Souvent, les réactions, c'est quoi ? Est-ce que tu as une majorité de gens qui disent « Ah, je ne m'étais pas rendu compte, je suis à... » Ou bien les gens sont offusqués en mode « Pourquoi tu m'agresses ? C'est toi le problème ? » Non, non, parce que je ne suis pas agressif. Et si ça m'est arrivé aussi d'avoir la réaction, comme tu dis, « Pourquoi tu m'agresses ? » Je fais « Pourquoi tu m'agressais juste avant ? » En fait, mais d'une voix très calme. En fait, je ne suis pas là pour me battre avec les gens. Mais sinon, en fait, les gens sont plutôt réceptifs, tu dirais ? Ils sont assez réceptifs. Les gens que je côtoie... Ils comprennent le problème ? Il y a ce fil qui se fait, et il y en a d'autres, j'en ai eu... Je vais pas dire plein, mais quelques-uns, qui me disent, mais il y en a plein qui adorent. Donc potentiellement, en fait, ils se sont conformés à une idée qu'ils avaient de ce qu'on leur avait... Ce qu'on attendait d'eux, et... Voilà, c'est comme tu le disais tout à l'heure, Denis, il y a plein de... Les réalités sont pas les mêmes pour tout le monde, donc... Dans le... Non, non, j'allais dire tu peux passer le micro à Denis, mais Denis a déjà un micro. Je suis fatigué. Il y a un super épisode de podcast sur mon podcast. Je m'auto-envoie des fleurs. Mais non, mais c'est Sam. Le titre, c'est genre Rebeux XXL dominant. Et qui raconte, je trouve de façon vachement intéressante, comment la fétichisation est violente, blessante, et structure, écrase tout son développement intime. Et comment, parfois, il essaye d'en jouer en se disant, bon, puisque je n'ai pas trop le choix, peut-être que je peux jouer ce rôle. Je prends un peu de plaisir, mais non, mais oui, mais non. Je trouvais que c'était, en tout cas, c'est un épisode que beaucoup de personnes m'ont fait des retours en disant que c'était éclairant. Denis, tu voulais... Oui, je pense que la fétichisation est un vrai sujet puisque le principe d'une fétichisation, c'est qu'on réduit une personne à une caractéristique. Ce qui se passe, c'est qu'on est quand même à quelques cheveux du racisme. Oh bah c'est raciste. Alors, pourquoi je dis quelques cheveux ? Tu vas voir. Moi j'en ai plus de cheveux donc je sais pas. Personnellement, intimement, je considère que c'est du racisme. Mais ce qui est compliqué c'est que j'ai déjà entendu des personnes qui disent oui mais pour moi c'est pas raciste puisque je les aime bien. Donc c'est pour ça que je dis on est à quelques cheveux. Je pense que c'est une... Je considère que c'est une forme de racisme, mais les personnes qui déploient ces messages, par exemple sur Grindr, qui cherchent que des blacks ou des rebeux, pour eux, je pense qu'ils n'ont pas conscience de la forme raciste que c'est, réellement, et de la violence que c'est pour les personnes qui reçoivent ce message-là. Donc il y a un vrai travail de prise de conscience à mener, je pense, d'un côté. Par rapport à ça... et puis il y a aussi les personnes qui vont jouer avec l'insulte c'est à dire que ça on l'a vu aussi dans la communauté gay lorsqu'une insulte est trop violente on va essayer de se la réapproprier et on l'avait très bien vu avec la tapette Je me suis fait traiter de tafiole, je vais te montrer ce que c'est une tafiole. Et après, on a eu tout un mouvement de mecs qui ont exprimé, qui ont eu une expression de genre qui est de plus en plus féminine. On ne parle pas d'aujourd'hui 2024, on parle de notre bon passé dans les années 60-70, qui du coup s'approprie l'insulte. pour qu'elles soient moins violentes je me suis fait insulter mais puisque c'est le rôle que tu me donnes c'est le rôle que je vais jouer et donc il y a des personnes qui étant par exemple métissées vont jouer cette carte du métisse pour se réapproprier l'insulte comme une force, comme une qualité. Donc c'est pour ça qu'on est sur un phénomène un peu ambivalent. On est à la fois sur réellement un fond de racisme, un manque de conscience de la part d'une majorité de personnes pour qui c'est ok, parce que justement ils aiment ça, donc c'est pas un rejet. Alors qu'en fait c'est une catégorisation malgré tout. Et puis aussi les personnes qui s'approprient ce stigma pour transformer une blessure en force. D'où le fait qu'on est sur un terrain qui devient important de traiter, mais qui va devoir être accompagné avec, je pense, de la pédagogie aussi, parce que les référentiels ne sont pas les mêmes d'une personne à l'autre. J'aimerais qu'on termine, je crois parce qu'on est pris par le temps, avec Mine, s'il est d'accord. Mine peut retirer son consentement. Tu as plissé les lèvres ? Non, pas du tout. Ça te va ? Mine, tu nous as écrit sur les post-it, j'ai regretté un rapport sans capote non voulu. J'aurais voulu y penser de mettre ce post-it au moment où on parlait de consentement et des différentes formes. Mais du coup, j'aimerais qu'on l'aborde parce que je trouve que c'est vachement important. Est-ce que tu es à l'aise de nous raconter ce qui t'est arrivé ? Oui, bien sûr. Il y a très longtemps, j'étais très jeune, j'avais la vingtaine. J'ai eu un rapport sexuel avec un homme de 30 ans et le rapport sexuel était très bien passé. on avait passé une soirée superbe c'était pas un plan cul direct il y avait une vraie connexion etc le seul truc c'est que je tiens pas très bien l'alcool et il m'a fait beaucoup boire cette soirée là Et au moment de la pénétration, je n'étais pas conscient, enfin totalement conscient en tout cas, qu'il n'y avait pas de capote. Et c'est au moment de l'éjaculation et au moment où j'allais à la douche pour me laver que j'ai compris que c'était sans capote. Voilà. Ouais et est-ce que toi du coup tu en as parlé avec lui ou qu'est-ce qui s'est passé pour toi ensuite ? Sur le moment je me suis juste senti bête mais surtout une peur de maladie qui se propage. et surtout que j'ai appris quelques temps après que j'ai effectivement contracté un IST mais le pire dans tout ça c'est que j'y suis retourné plusieurs fois avec cette personne parce que ça s'était très bien passé à part ce moment là où j'étais pas conscient Pourquoi tu dis que c'est le pire ? Parce que tu comprends pas ton comportement ? Ouais. Malgré cette mauvaise expérience, je ne l'avais pas consentisé à l'époque que c'était mauvais ce qu'il faisait et que je retournais le voir et je continuais ces rapports sexuels sans capote. Parce que tu avais essayé d'en parler avec lui, il t'avait dit « moi je veux pas de capote » ou c'est juste un sujet que vous n'aviez pas abordé ? J'avais abordé à un moment et il a juste dit qu'il n'aimait pas les capotes. Du coup, j'ai accepté. Mais la toute première fois, je ne savais pas. Oui, c'est ça. Tu veux conclure là-dessus, Denis ? Ce qui est intéressant, c'est que des fois, on développe des pratiques ou des fantasmes sur lesquels on retourne mécaniquement. C'est plutôt un glissement qui se fait. On va répéter un scénario qui en réalité est un scénario traumatique. C'est-à-dire qu'il y a des personnes, lorsqu'elles ont été victimes d'agressions, elles vont vouloir finalement rejouer la scène en adoptant des positions plutôt masochistes dans certains rapports sexuels. Et lorsqu'une expérience est traumatique, en général, s'il y a refoulement, l'inconscient va créer un fantasme de façon à ce qu'elle soit rejouée en espérant qu'un jour on ouvre les yeux sur cette situation-là. Et tant qu'on ne prendra pas conscience, tant que les yeux ne s'ouvriront pas, le fantasme va continuer à être présent et à se répéter, se répéter. Donc il faut être assez indulgent envers soi-même, notamment dans ce cas-là, parce que le fait que tu exprimes le retour vers ce garçon... C'était aussi une volonté sûrement de cet inconscient qui t'a créé ce fantasme et cette envie pour te faire prendre conscience de la réalité des choses. Et une fois qu'en général on prend conscience et qu'on travaille dessus, le fantasme disparaît progressivement. Mine, ça te va ? Est-ce que tu veux... Je pense aussi que ça m'a aussi, pour rebondir sur ce que tu viens de dire, le moment où je me suis dit il faut que ça s'arrête, c'est quand j'ai appris que j'ai contracté l'IST. Je suis en retard, donc on va s'arrêter là. Un grand merci, franchement c'était ultra puissant. Merci Denis, merci à Louis. qui m'a aidé, les co-organisateurs, les auditeurs qui m'aident. Franchement, sans eux, je ne serais rien. Sans toi, Louis, je ne serais rien, en vrai. C'est Louis qui vous a envoyé un petit texto pour vous confirmer le lieu et l'adresse. Si vous le trouvez très beau, car il l'est, vous avez déjà son numéro. Je dis ça, je dis rien. Cette affiche que je te... C'était une blague. Ne vous imposez pas dans ces textos. Et un grand merci à ceux qui ont apporté des petites choses à manger. On va aller manger, finir de manger et libérer l'espace. À bientôt. À bientôt.

Rédigé avec l'aide de l'IA. Tu vois une erreur ? Contacte-nous