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On se relance ? Allez. Beau Roberto, deuxième partie de ton témoignage. Deuxième partie. On s'est arrêté à l'épisode précédent, tu allais raconter ta première fois, 15 ans. Exact. Moi, en gros, dans ma manière d'appréhender ton témoignage, t'as 20 ans aujourd'hui.
À 15 ans, il y a ta première fois. Et à 18 ans, il y a ce fameux déclic où tu te mets avec frénésie 1 à installer Grindr et à faire plein de plans. Et ça, tu as commencé à le raconter. Après, le sauna. Tout ça dans un contexte où tu te sens quand même souvent anxieux, où c'est difficile de grandir gay, sans référence. En fait, tu choppes
Plein de nouvelles informations, t'as plein de peur et tu te sens bien seul, moi je te comprends bien en tout cas. On est sur ce forum de rencontres pour adolescents. Tu rencontres quelqu'un qui te donne rendez-vous chez lui, qui va en vélo et tu pédales comme un fou. Oui. Pourquoi tu l'as choisi lui ? C'est ses photos, c'est ce qu'il t'a dit ? Je me souviens plus, c'était moi qui ai fait le premier pas, ou lui.
Mais en tout cas, on ne s'était plus tous les deux en photo. Tu le trouvais beau ? Je le trouvais magnifique. Magnifique ? Honnêtement, je le trouvais magnifique. Pour moi, c'était le summum. C'était un Apollon. Premier degré. Ok. Et c'est quoi pour toi un Apollon ?
Mais non, mais décris-moi son corps. L'état, c'est grand. Assez grand pour toi ? Assez grand, je dirais 1m80, 1m82. Alors que moi, à l'époque, je ne faisais pas encore cette taille-là. C'était un peu plus petit. Plus grand que moi, assez musclé. Mais pas trop non plus, c'est le juste milieu, je trouve.
Et puis, je sais pas, il avait un truc dans son regard, son visage, j'aimais bien son visage, justement. Et puis il avait les cheveux décolorés, en blanc et autres, ça faisait un peu paille. Donc non, j'aimais beaucoup, donc…
donc là tu pédales comme un fou avec ces images d'Apollon en tête et quand t'arrives il correspond à ces images, ces photos ? totalement, même après on s'était vu une fois avant au parc juste à côté de mon lycée à l'époque quelle idée de merde d'ailleurs je sais même pas pourquoi qu'est-ce qui m'est venu en tête de me dire tiens c'est une bonne idée de faire un premier rendez-vous dans le parc juste à côté de mon lycée comme ça je suis bien exposé, tout le monde peut bien me reconnaître et autre mais ce premier rendez-vous s'est bien passé
Et donc le deuxième, à la fin du premier, il m'a proposé, vas-y, le vendredi. En plus, c'était un mercredi, on s'était vu une première fois. Et il m'a dit, vas-y, ça te dirait vendredi de venir chez moi et tout. En plus, initialement, il n'y avait même pas…
Deux, on ne s'était pas dit directement « Ouais, vas-y, on va baiser, on va avoir un rapport ». Non, non, c'était vraiment « On va regarder une série Netflix, on va regarder Netflix, Netflix and chill ». À l'époque, je ne savais même pas ce que ça voulait dire. Je pensais que c'était juste « Quel un bisou et puis on regarde une série, tout est beau, tout est mignon ». Et il m'a dit aussi « On jouera à des jeux de société ». J'articule mal, je parle trop vite aussi.
à des jeux de société et donc du coup oui en partant de chez moi en prenant le vélo j'ai mon sac rempli de jeux de société j'ai y arrivé et donc oui je pédale comme un fou et tout et puis même ce qui est drôle c'est que c'était un vélo électrique et le vélo à un moment tombe en rate de batterie et donc ça devient un vélo de plomb comme j'aime bien l'appeler
Et c'était en montée, donc j'en ai vraiment bavé, pour le coup, pour arriver jusqu'à chez lui. Mais l'image que j'avais de lui me faisait avancer. C'était un peu ma carotte, en fait. Et une fois arrivé chez lui, il m'a accueilli tout beau, tout souriant. J'étais aux anges, pour moi. Je me suis dit, c'est pas vrai, en fait, je suis en train de rêver. Pince-moi, quoi. Donc voilà, ça se passe bien. Ça se passe bien. Oui, premier contact, ça se passe bien. Je suis confiant. Enfin, confiant entre guillemets. Je suis quand même un peu angoissé en me disant…
Je viens chez quelqu'un dont je ne connais pas réellement trop, je ne sais pas à quoi m'attendre. Tout ça est nouveau pour moi en fait, c'était vraiment découvert total. Du coup voilà, il me montre un peu sa chambre et tout, c'était vraiment un petit appart, rez-de-chaussée, c'était sympa. Et puis comme c'est la peau longue et qu'il est plus grand que toi, tu t'attends à être pénétré ? Non, je pensais le pénétrer honnêtement.
Parce que vous en aviez parlé ? Non, mais dans ma tête, je me suis dit « je serai actif ». Parce que c'est ton kiff ? Parce que comme ça, je me voyais actif au début. Je me voyais actif. Je me voyais, c'est-à-dire dans ton espace sexuel intime à toi, dans ta tête ?
Quand tu te masturbes ou quand tu t'imagines, tu pénètres quelqu'un. Et c'est là où est ton plaisir. Oui, d'accord. Avant, du moins avant. Oui, je comprends. Mais au moment de cette première fois. Tu vois, j'avais des préjugés sur… Comme c'est à la polonce… Oui, c'est forcément lui qui est à l'ascendant et le pouvoir, non. Et du coup, voilà. Bref, il monte un peu sa chambre et tout. Je m'installe sur son lit et lui aussi. Tu sors tes jeux ?
Non, non, je sors rien. Je sors même pas mes jeux, j'ai juste mis mon sac dans l'entrée, donc loin de moi, quoi. Et puis, je sais pas, je reste tout stoïque comme ça, dessus son lit, vraiment. Voilà, et lui s'allonge. Je le regarde et tout, mais genre, vraiment, je le matais comme pas possible, quoi. Et il me dit « Mais qu'est-ce que tu fais comme ça ? Allonge-toi ! » Donc je m'allonge. Après, il y a un moment où on se regarde, mais longtemps dans les yeux.
Et puis après, il me caline. Et là, je suis en mode, oh, waouh. Waouh. Là, explosion de ressentis et d'émotions. Je me suis dit, OK. Là, ça fait sens. Là, je comprends, en fait. C'est là où je réalise. Tu réalises quoi ? Bah, que j'aime les hommes et que je suis gay. Et ça fait du bien. Quand on se dégoûte, ça fait du bien. On se dit, OK, l'amour, c'est pas…
C'est pas plat, en fait. C'est pas vide, c'est pas… C'est pas fade, non. C'est ça, c'est rempli de feux d'artifice, de papillons et de sensations incroyables, quoi. C'est quoi ces câlins qu'il te fait ? C'est quoi un câlin ? Euh…
Je serais, c'est-à-dire… Il se passe quoi ? Ben, on se caline, c'est-à-dire… Il y a plein de façons de faire des câlins. Oui, c'est vrai. Tu peux caresser dans le cou, tu peux masser, tu peux hugger, tu vois, de tout ton corps. Non, c'était juste pris dans les bras et tout, et ça m'a fait du bien, en fait. Ça m'a rechargé, pour le coup.
Et puis, au début, j'étais au-dessus de lui. Et à un moment, on a roulé un peu. Et là, il était au-dessus de moi. Et puis, long moment, on se regardait dans les yeux. Et puis, paf, on s'embrasse. Et là, waouh. Là, je planais, mais comme il faut. Là, le shot de dopamine était présent.
Mais c'était incroyable. C'était incroyable et j'étais bien. Et puis en suivant, je ne sais pas si c'est intéressant de tout détailler de A à Z. Je te pose la question ? Ou tu as besoin que je te rassure, je pense, plus, pardon. Non, mais j'ai peur de trop étaler. Alors tu es sur un podcast de témoignages intimes. Et du coup, à partir du moment où tu te sens à l'aise de te raconter et que tu es en joie de le faire, il n'y a pas de…
Est-ce que tu es content de raconter ce que tu racontes là ? Oui, je suis content. Je suis content et je suis à l'aise. Je te rassure, c'est très intéressant. Est-ce que tu trouves que c'est une belle première fois ?
Oui, d'une certaine manière, et non, mais je développerai après pourquoi. Et du coup, voilà, après, il me fait une fellation. Je ne m'attendais pas à ça, je me suis dit… Donc attends, on est tout habillé. Oui, tout habillé. On s'enlace, on s'embrasse. Oui. Et en fait, petit à petit, lui descend. Descend, oui. Et ouvre ton pantalon. Oui. Et là, toi, t'es content, c'est pouce vers le haut ou pouce vers le bas ? Pouce vers le haut, très très vers le haut, deux pouces vers le haut.
ok ouais c'est cool c'est cool et puis je me dis wow ok et puis même ce qui est horrible et qui me vient en tête à l'instant même en fait c'est les images de porno quoi ok de me dire ok je vis c'est pas je vis un porno mais je vis un peu ce que les mecs du porno que j'ai pu voir quoi
Du coup, il me fait une fellation incroyable, d'ailleurs. Donc, j'étais tout content. C'est marrant, ça, parce que toi, cette première fois, c'est tout de suite bon. Ah oui, c'est bon, oui. C'est pas obligatoire que ça soit tout de suite bon, mais là, tout de suite… Genre, il y a deux jours…
en fait je couchais avec un mec circoncis et moi je le suis pas et donc il y a des manières de masturber qui sont pas du tout les mêmes parce qu'il y a pas la même quantité de peau nanani et du coup pour faire le frottement sur le prépuce le gland et tout c'est pas la même chose et le gars me défonce la bite tiens tu me demandais des conseils j'ai un conseil de ouf ça je suis content de te le partager vas-y je suis preneur mais en fait il était ultra empressé et moi plusieurs fois je lui ai dit mais prends ton temps genre suce moi et prends ton temps
ou peut-être j'aurais dû lui dire ça me ferait plus plaisir si tu allais plus doucement parce qu'en fait il a bien le droit de sucer comme il veut donc pour moi recevoir une fellation c'est pas du tout directement aisé et là pour le coup toi c'était cool il y avait pas de dents c'était agréable quoi c'était un premier début parfait pour le coup si je peux me permettre il y avait pas de dents ni rien c'était agréable c'était bien rythmé donc je sentais que le mec avait de l'expérience pour le coup
Non, non, c'était plaisant. Je te donne mon astuce, après on continue. L'astuce, c'est faire un moment brouillon. C'est l'astuce du brouillon. Le brouillon, c'est là où tu jettes les mots avant d'écrire ta lettre, tu poses un peu tes idées dans le désordre, tu t'autorises rature et machin, avant de pouvoir après écrire au propre le truc dont tu as besoin. Et ce moment brouillon, c'est-à-dire avec…
ton ou ta partenaire, ça marche dans tous les sens, c'est que tu t'offres une parenthèse, donc c'est un moment dédié, brouillon, c'est-à-dire tu vas mettre en mots
Tout ce qui se passe pour toi dans une pratique sexuelle. Donc, on prend l'exemple de la fellation. Et en fait, c'est de deux manières. Soit je te demande de m'apprendre à te sucer. Donc, en fait, je suce la personne et je lui dis, est-ce que tu peux me dire les moments où t'aimes ou t'aimes pas ? Par exemple, si je fais ça et là, tu fais le truc, est-ce que t'aimes ou est-ce que t'aimes pas ? Par exemple, là, quand je te masturbe, est-ce que tu veux que ça soit plus fort en pression ou moins fort ?
Tu mets des mots et on n'est plus du tout dans un moment vraiment sexuel. L'objectif, ce n'est pas d'avoir un orgasme ou d'avoir du plaisir. C'est d'une bonne fois pour toutes dire toi, tu aimes comment ? Je sais que j'allais dire il y a deux manières de le faire, mais je crois que c'est la bonne.
manières. Il n'y a qu'une manière au final. Non, mais tu vois, ou l'autre façon, c'est de dire, tiens, je te montre comment j'aime. Et donc, je prends ta main. Donc, c'est soit la personne qui fait ou soit la personne qui reçoit, qui peut guider dans un moment où on s'autorise vraiment à aller dans le détail. Est-ce que tu préfères ceci ou cela ? Moi, je suis très sensible des tétons. Et en fait, justement, j'étais avec un gars qui est super sensible des tétons aussi l'autre fois, toujours à Lausanne.
et en fait moi j'ai besoin que ça soit genre tout doux tout doux tic tac coucou et lui en fait il a dit mais vas-y et genre en gros je pouvais lui tordre et genre faire des nœuds avec ses tétons tu vois et moi j'étais un peu hésitant je me suis dit mais je te fais pas mal est-ce que c'est un bon niveau et il était là oui oui et le fait qu'on ait pris un petit moment c'était trop cool parce qu'en fait j'étais un peu perdu je comprenais pas et tu sais il y a souvent ça dépend
Moi, c'était avec un mec que je connaissais pas. Donc, il y a des gens qui vont dire je veux faire ça avec un partenaire régulier. C'est privilégié. Très bien. Moi, je le fais même avec des partenaires que je connais pas. Et le premier soir ou le premier moment, c'est très bien. Et c'est vrai que pendant le sexe, ça peut un peu couper le rythme.
voire quand tu connais pas bien la personne elle peut se sentir coupable elle peut se dire putain je suis en train de recevoir une leçon j'ai mal fait on a un peu une capacité à s'auto-culpabiliser et donc faut amener la chose d'une manière douce tu vois pas pour dire putain j'ai envie de kiffer encore plus avec toi j'ai envie d'approfondir notre lien donc peut-être pas pendant l'acte moi je sais que là avec le gars à Laudan pendant l'acte je l'ai arrêté je pense que ça c'est je suis pas toujours très fin
Après c'est difficile quand même. Mais bon il était ok, on s'est kiffé, on est allé manger un italien après, enfin tout va bien tu vois. Mais je me suis dit tiens c'est peut-être pas génial, c'est peut-être un peu abrupt mais ça c'est ma personnalité aussi quoi. C'était la fin du petit moment. De l'astuce. Ouais l'astuce brouillon mais c'est génial. Mais même avec des partenaires que tu côtoies depuis longtemps, tu serais étonné ?
le moment où tu fais le jeu, où tu vas découvrir qu'ils n'aiment pas trop ce truc que tu crois qu'ils aiment trop. Et c'est un moment très vulnérable aussi, où il faut accepter de recevoir une sorte de retour un peu négatif. Mais c'est aussi peut-être l'occasion de dire « Putain, ça j'aime trop, ça tu le fais déjà super bien, ça c'est vachement… » C'est aussi une manière de se féliciter, de se taper la croupe. Petite métaphore Anne Cheval.
Tu as des questions sur ma méthode brouillon ? Non, j'en prends note. On revient sur ta fellation ? Oui, on revient. C'était délicieux. Et cette première fois, elle est à la fois positive, à la fois négative. Donc sur l'apathie positive, c'était plaisant pour toi à ce moment-là ?
Donc c'était plaisant et tout, et vient le moment de la pénétration justement. Au début je me mettais en position pour être actif, au final il s'allongeait sur son lit, nu, et m'a dit « vas-y, viens t'enfourcher sur mon pénis ». Et là je me suis dit « ah ». Alors c'était pas tout à fait ce que je pensais. Donc là c'est ça, c'est ce qui se passe dans ta tête ? Oui. Tu le dis ?
Je le dis pas, j'ai toujours du mal à… En fait, avant et encore aujourd'hui, j'ai du mal à communiquer, en fait. Et c'est ce sur quoi je travaille. J'ai du mal à communiquer, en fait, et j'ai ma petite voix intérieure qui me dit « Oula, ça va pas le faire ». Et je pense que l'autre, de manière magique, va le savoir, sans que je lui dise, en fait. Sauf que ça marche pas comme ça, en fait.
Et moi, me sentant pas légitime de négocier quoi que ce soit, j'exécute, tout simplement, en me disant « bon, c'est déjà bien que j'ai accès à lui, je vais pas non plus me plaindre ou être chiant ».
Le truc de légitimité, c'est qu'il est tellement beau que… Oui, c'est ça. C'est que je m'écrase et que je m'oublie dans l'histoire. Et du coup, voilà, il met un préservatif. D'ailleurs, très bien à noter.
Bref, il se prépare et tout. Sauf que moi… Il se prépare ? Il se prépare, c'est-à-dire il met un préservatif, il met du gel, il met aussi du gel. Il me doit. D'ailleurs, j'ai bien aimé. J'ai même très très bien aimé, pour le coup. Donc oui, il m'a bien préparé, mais c'est juste le truc qui m'a mis mal à l'aise, c'est que je ne savais pas qu'il fallait se préparer. Justement, c'est-à-dire faire le lavement et tout. C'est que après…
Et je me suis senti sale sur le coup. Forcément, voilà. Vu qu'on est dans une zone… Il y a un accident à cette fois-ci. Tu t'es senti sale, c'est-à-dire que tu te disais « Merde, je suis peut-être sale ». Il y a eu un accident, il y a eu des morceaux. Oui, il y a eu des morceaux. Parce que je n'étais pas du tout préparé. Et il a réagi comment ?
Et il a étonnamment bien pris. Pour le coup, je pensais qu'il allait me dire « Oula, c'est quoi ça ? C'est sale, on arrête. Dégage, quoi. » Mais pas du tout. Donc ça m'a surpris d'autant plus, mais agréablement étant mieux. Et donc après, en suivant, il me pénètre. Au début, c'était assez douloureux. Mais après, ça s'est bien passé. Donc voilà, tout se passe bien.
Et c'est là que le négatif rentre en jeu. Je fais une parenthèse avant, il n'y a aucune obligation de faire un lavement ? Ou est-ce que tu as entendu qu'on doit se faire un lavement ?
Bonne question. Je sais pas, c'est moi. Je me dis à chaque fois, il faut se faire lavement, en fait. Je sais pas, il faut être propre. C'est ce que je me dis. C'est ce que je me dis encore aujourd'hui, d'ailleurs. Mais c'est un vrai choix. En fait, déjà, t'as le droit d'avoir envie d'être pénétré ou pas. T'as le droit de faire de l'anal ou pas. Il y a une vie sexuelle gigantesque et très riche sans analité du tout. Bien sûr. Et si t'as le désir, toi, d'être pénétré, c'est une question que tu dois te poser.
Et que tu peux poser avec ton partenaire. C'est-à-dire, c'est vrai que ce n'est pas à lui de te l'imposer, mais c'est vrai que si tu sens que lui, ça peut l'aider, que toi, tu es OK et heureux de le faire, ça peut être aussi une discussion à deux. Mais c'est d'abord une discussion de toi à toi-même. Bien sûr.
Mais non, non, ça fait sens et je comprends et je vois très bien ce que tu viens de dire. Et d'ailleurs, ton partenaire valide un peu ce que je disais, parce que lui, il s'en est pas offusqué. Oui, et c'est ce qui m'a surpris. Je pensais qu'au contraire, il allait me faire la morale en me disant, oula, qu'est-ce que c'est que ça et tout. Parce que pour moi, oui, c'était une chose sale et donc forcément…
Bon, c'est pas un super moment. Moi, je suis pas à génial du caca. Oui, c'est sûr. Mais bon, on va se rincer un petit coup et puis on reprend un moment de tendresse ou de sensualité ou de fessé ou que sais-je. Mais on peut retrouver le chemin du sexe une fois qu'on s'est un petit peu nettoyé avec ou sans anal.
À quel moment donné c'est devenu négatif cette première fois ? En fait, c'est devenu négatif à cause de quelque chose qui est drôle et qui a du sens et qui est à peu près partout. Ce sont les miroirs. Les miroirs. Et du coup, en fait, c'est au niveau de son lit. Mais vraiment, pile en face, il y avait un énorme miroir. Un immense, vraiment. Et à un moment, on s'est tourné et j'ai vu mon reflet dans le miroir. Hum…
Et là, je me suis mis d'un coup déconnecté. D'un coup. Et là, je me suis dit, oula, tu fais quoi là, en fait ? Qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce que tu es ? Pas de remise en question et autres. Et là, c'était horrible. J'avais l'impression d'être observé, d'être machin. Je me sentais sale. C'était…
En fait, je me suis reformé d'un coup, quoi. J'étais très très mal. Donc ouais, la fin n'était pas très agréable. Et puis maintenant, je me suis senti mal, sale. T'es quand même resté dans le rapport sexuel parce que t'as pas osé dire stop. Pourquoi t'as pas dit stop ? Je sais pas. Je pense que là, j'avais plus le contrôle sur rien ou quoi que ce soit. C'était vraiment…
c'était comme si j'étais en dehors de mon corps en fait j'avais plus le contrôle sur rien et j'étais figé en fait figé, vraiment et puis après rebelote avec les miroirs dans la salle de bain monsieur ce jour là avait décidément faim donc du coup rebelote dans la salle de bain où là il me plaque littéralement contre le mur comme par hasard devant le miroir et donc ouais et puis je me revois moi
Pareil, devant le miroir de la salle de bain, avec lui où je vois son dos et autres, magnifique, mais qui me fait des suçons et tout, qui m'embrasse, mais moi, mais stoïque, à me regarder moi-même dans le miroir, dans les yeux, avec les mêmes réflexions, qu'est-ce que tu fais, t'es sale, c'est bizarre, c'est étrange, arrête, plein de remises en question, quoi.
À ce moment-là, t'es toujours encore dissocié un peu hors de ton corps et donc 5 minutes plus tard, te voilà dans la salle de bain contre ton gré, plutôt ? Oui, là, c'était pas voulu. Je me suis dit, une fois c'est bien, deux fois j'ai pas envie, en fait. Je n'avais pas la force ni l'énergie. Et puis, pareil pour les miroirs, les miroirs ça m'a détruit.
Et puis, bref, après, il m'a dit, vas-y, on va se lever dans la douche, rebelote, vas-y, sors, pénètre dans la douche, voilà. Et à ce moment-là, c'est coûteux pour toi, impossible de dire non ? Pour moi, le non n'était pas possible, en fait. Le non n'existait pas dans ma tête. Sur cette deuxième fois. Il existe dans ta tête, c'est-à-dire, sur le moment, tu dis, je ne veux pas une deuxième fois, tu m'as dit ?
Et ça, c'était déjà dans ta tête à l'époque ? Oui, c'est vrai, c'est drôle. C'est contradictoire ce que je dis. Non, je ne trouve pas. Mais si, en fait, je savais que je ne voulais pas une deuxième fois. Mais je n'arrivais pas à dire non. Le nom ne sortait pas. Tu ressentais dans ton corps que tu ne voulais pas une deuxième fois ? Oui, oui, exact. Je trouve que ces premières fois…
mais tu vas me dire ce que t'en penses j'ai pas le choix et puis tu le vis tout seul t'es très isolé, personne ne le sait t'as eu le courage d'aller jusque là c'est maintenant ou jamais tu connais pas en fait ce que t'as le droit ou pas d'espérer et il y a tout cette couche un peu de honte et de saleté où peut-être qu'il y a dans ma tête une part de je me sens mal mais je le mérite ou c'est normal t'arrêtes pas de hocher la tête, ça te parle tout ça ?
si si ça me parle c'est oui c'est exactement ça tu mets des mots sur ça ouais comment t'arrives à partir ? physiquement de son appart je rigole parce que la fin c'est une sacrée chute
Du coup, après la douche, je m'endors avec lui dans ses bras, comme un gros bébé dans son lit. Et je pense que c'est la meilleure sieste que j'ai jamais eue de ma vie. J'ai repris mes restes d'esprit et tout, j'étais bien, j'étais tranquille, apaisé. Je sentais que j'étais fatigué mentalement, qu'il y avait eu une fatigue émotionnelle.
Et je me réveille, il est assez tard, et je check mon téléphone. Et là, je suis paniqué. Je vois 50 messages, 25 appels et 5 messages vocaux laissés, tous de mon père. Et là, je panique. Là, je me dis, je vais me faire détruire par mon père.
Alors qu'en plus, avant, je lui ai dit « Baba, je vais aller voir un ami. » Je n'ai pas précisé quel ami, donc je pense qu'il devait un peu flairer que ça puait. « Je vais aller voir un ami. Je vais peut-être manger chez lui ce soir. Donc ne viens pas m'embêter. Vraiment, laisse-moi tranquille. » Au final, il a fait le « T'es-tu ? »
il voulait absolument venir me chercher pour que j'aille manger des sushis avec ma soeur le soir moi ça me convenait pas du tout je voulais finir la soirée avec lui tranquillement et que ce soit caché et intime que ce soit mon espace personnel
Et il m'a dit froidement au téléphone, quand je l'ai appelé, donne-moi l'adresse. Je me suis exécuté d'un coup. Je me suis dit, OK, tiens, voilà l'adresse. Et il m'a dit, je suis là dans 15 minutes. Il a raccroché. Horrible. Horrible. J'étais en panique. Toi, tu fais un lien. T'as l'impression qu'il savait qu'il y avait un truc de sexualité gay. À l'époque, t'avais fait ton coming out ? Non, je l'avais pas encore fait. Pourquoi soudainement ?
Pourquoi soudainement il faut que tu ailles manger des sushis avec ta sœur ?
Je ne sais pas. Je ne saurais pas te le dire. Même moi, je ne sais pas encore aujourd'hui. En général, ton père est assez autoritaire. Il décide pour toi de ton programme ? Non, il n'est pas autoritaire. Normalement, il me laisse assez libre. Mais ce soir-là, je n'ai pas compris pourquoi. Je pense peut-être le fait que je ne lui ai pas répondu au bon moment. Il a dû le paniquer. C'est inquiété, oui. C'est vrai que tu as 15 ans. Oui, et j'ai 15 ans. Je le comprends. Il a bien fait de me protéger de cette manière-là, mais ce n'était pas la…
Pas la meilleure, mais du coup, après, ce qui s'est passé, c'est que j'en ai parlé au mec en question. Il m'a dit « Ah ! » Donc le mec paniquait, il a pris le bol de fruits, il a tout mangé. Et mon père a… Tu m'as perdu le bol de fruits, tout mangé ? En fait, le mec était paniqué, angoissé, donc pour faire passer son angoisse, son stress, a mangé tout le bol de fruits. Ok, d'accord. Donc on était tous les deux dans la sauce et bien angoissé. Pour qu'est-ce qui l'angoissait, lui, ton partenaire ?
La rencontre avec mon père, qui ne pensait pas arriver. Il pensait que ça allait juste rester entre nous deux, tranquille. On ne peut pas descendre là, dans la rue, et lui être devant l'adresse ? Je ne saurais pas dire pourquoi cet instant-là était tellement lunaire et bizarre. Même moi, j'aurais pu prétexter « Ah, c'est ailleurs » ou machin. Je ne sais pas, ça s'est fait comme ça, sur un coup de tête, sur un coup de stress. Bien sûr.
Mais du coup, ton père est rentré dans l'appartement ? Non, pas rentré dans l'appartement. En fait, l'appartement était au rez-de-chaussée même. C'était juste un truc qui tenait sur la rue. Et même chaque voiture qui passait, on pensait que c'était mon père. J'angoissais, je pensais que j'allais même tomber dans les pommes. Et j'ai tout menti sur le mec en question, à mon père. Je lui ai dit « c'est un mec qui avait mon âge, qui était à mon lycée ».
et tout alors que le mec avait 18 ans était en fac d'histoire et tout donc bref c'est en fait je le mito de a à z quoi donc il arrive devant l'appart et là je me dis oh putain qu'est ce qui va se passer il sort de la voiture et au final il était quand même très très courtois très sérieux il a serré la main au mec
Déjà très froid. Le mec en question paniquait. Et il a dit, tu t'appelles comment ? Il lui a donné son nom. T'as quel âge ? Il lui a dit qu'il avait 18 ans. Et il lui a dit, tu fais quoi dans la vie ? Il lui a dit, je suis en fac d'histoire. Mon père a dit, ok, très bien. Ils se sont rien dit d'autre. Ah, donc en fait, ton père savait
Ça fait quoi ? Là, on a l'impression que ton père, il sait ce qui se passe pour toi alors que tu ne lui as pas dit. Oui, oui. Il vient vérifier et il n'a pas pu tomber sur des historiques internet. Non, aucunement. Non, non, non. Impossible. Et à ton coming out, il n'a pas dit « je le savais ».
non mais à ce moment là je me suis dit c'est mort il va comprendre que je suis gay ton angoisse elle est là ? t'as l'impression que ton père il a déjà eu des propos homophobes devant la télé, à table il en a eu mais c'était pas régulier et c'était sur le ton de la rigolade mais il le pensait pas vraiment
Voilà. Non, mais je nuance… Lourdement, ouais. Non, je nuance lourdement parce que… L'impact sur… Ouais, je sais pas ce qu'un professionnel te répondrait certainement mieux que moi, mais tu auras du Guillaume. L'impact, qu'il y ait des blagues, l'impact pour notre cerveau, il est le même. C'est la même chose. Mais moi, j'ai mis des années et des années à…
À reconnaître l'homophobie là où elle est, venant d'amis, de gens proches, etc. Ton cerveau sait pas faire la différence ? Oui, c'est vrai. Mais j'ai pas envie après de lui juger la pierre ou de le culpabiliser là-dessus en disant « voilà, t'as vu des propos homophobes ». Pourquoi pas ?
Parce que j'ai pas envie, en fait. Parce que j'aime mon père et tout, même si avant, ce n'était pas du tout. On était l'opposé. Et maintenant, depuis, on s'est bien réconciliés. Et puis, c'est OK, quoi. Il n'a plus du tout ce type de propos-là, ni autre. Il est même très, très ouvert, pour le coup. C'est un vrai allié, tu dirais ? Ça veut dire quoi, très, très ouvert ?
très très ouvert c'est à dire que ce soit sur la société de manière générale ou de manière spirituelle aussi ça c'est une chance d'ailleurs et je le remercie tu te sens en sécurité tu vois ah oui je me sens en sécurité et compris même par la suite j'ai pu lui dire des trucs assez privés ou autres par exemple que j'ai eu des IST au téléphone dans le plus grand des calmes dans la rue bon après il a plus ou moins bien pris mais ça libérait la parole quoi
Ouais. Et tu veux honorer ça et… Exactement, oui. Ouais, je comprends. Qu'est-ce qui nous amène dans un sauna la première fois ? Donc là, en fait, je reviens à tes 18 ans. Exact. En fait, je trouve ça intéressant parce qu'à la fois tu dis, ben voilà, moi je suis timide, plutôt sur les jeux vidéo dans ma chambre, je suis quelqu'un de très anxieux, et moi j'ai envie de célébrer le Roberto qui en fait prend son vélo
et puis va essayer de vivre sa vie quoi tu vois ce que je veux dire ? bon et puis genre tu dis et encore aujourd'hui à 20 ans j'ai plein de blocages je me sens très intimidé et ou très anxieux et puis t'es là à enregistrer un podcast avec moi tu vois ce que je veux dire ? mais non il ne faut pas que je redécale encore une fois la conversation du coup on revient à Osuna
Mes 18 ans révolus, la semaine d'après, c'est là où j'ai réellement utilisé Grindr et j'ai commencé à avoir mes premiers rapports. Et à la fois où je suis allé au Sona, justement. Mais je ne suis pas allé moi-même de mon plein gré, même si ça me faisait un peu de l'œil et je tournais autour, je me suis dit « Ah ok, d'accord, il y a un Sona là et tout ».
J'avais envie, mais je n'avais pas la force de passer la porte, parce que je me disais « il va y avoir des personnes plus âgées que moi, plus expérimentées, qui vont connaître mieux le milieu que moi, donc je vais être dans une position un peu indélicate ».
Et être en difficulté et que je serais un peu à la merci de tout le monde, j'aime pas ça. Le fait d'être à la merci est vulnérable. J'aime bien être un peu en contrôle et d'être rassuré, de savoir où est-ce que je mets les pieds. Et donc du coup, ce mec sur Grindr prend le contact en premier avec moi.
M'envoie un message. Et me trouve très beau ou autre. Pareil, mec magnifique, somptueux et autre. Et je me dis, wow, ok, je peux plaire à ce type de personne-là, en fait. Parce que, de mon côté, après, j'ai… En fait, ce qui est étrange, c'est que j'ai un rapport un peu étrange avec mon corps. C'est-à-dire que, ben…
Je l'aime bien comme il est, j'aime bien comme je suis, mais des fois, il y a des jours où je me dis « mais t'es immonde, t'es moche, tu ressembles à un sac poubelle ». Je sais pas, enterre-toi ou cache-toi. Et des fois, il y a des moments où j'ai un excès de confiance, où je me dis « waouh, je suis trop frais, je suis trop beau ». Et où là, voilà, le monde m'appartient, quoi. Donc ouais, il y a un peu ces deux extrêmes-là, quoi. Et du coup, à ce moment-là, j'étais un peu en mode « je suis pas très potable et tout ».
Et un mec ultra gaulais, beau, qui n'a même pas deux ans de plus que moi, et tout me propose ça. Et vraiment, il est tout beau de A à Z. Et en plus, il me propose d'aller en sauna avec lui. Je saisis l'opportunité. Oui, oui, oui. Donc, à ce moment-là, tu avais reconquis un peu ton angoisse par rapport à Grindr. Tu arrivais à mieux, un petit peu plus, en tout cas, avoir des échanges. Exact, avoir des échanges. Et là, le gars trop beau, il ne te propose pas un verre.
Enfin, tout de suite, en fait, il te dit, viens au sauna, il t'a proposé d'autres options ? Non. Même sur Grindr, à mes débuts, on m'a rien proposé d'autres options. C'était, salut, ça va ? Vas-y l'emplacement, viens chez moi, en fait. C'est-à-dire, je ne pouvais même pas vérifier si la personne d'un était vraiment ce qu'elle montrait. Ou même, je sais pas, avoir un petit tabel en visio pour confirmer, pour être sûr ou autre. Donc vraiment, non, c'était…
C'était l'inconnu total donc je pouvais tomber sur un mec qui me voulait du mal comme un mec qui me voulait du bien quoi donc et c'est ça qui m'angoissait souvent en fait et où je me reproche encore aujourd'hui de me dire mais t'es idiot t'as vraiment pris des risques quoi voilà donc ouais.
Parce que le moment où tu es sur Grindr à 18 ans, au fur et à mesure, tu te mets à enchaîner le sexe, tu dis à faire un plan. Et toi, tu ne te sens pas de demander de faire une visio et tu vas souvent chez les gens. Parce que tu habites chez tes parents, donc tu es obligé de… Je ne reçois pas en fait. Et ce qui est encore plus compliqué, et tu fais moins de le préciser que j'habite chez mes parents…
C'est que malgré le fait que je sois majeur, je dois quand même justifier de pourquoi je pars et où est-ce que je vais en fait. Donc je suis même pas libre de ça quoi. Auprès de ? Bah de mon père ou des personnes. Parce que si mon père a prévu, je sais pas, qu'on se fasse un resto surprise le soir en famille ou que je sais pas, ma soeur va faire ci ou faire ça. En fait je suis pas libre et je me sens contraint et encore mineur alors que je suis majeur en fait. C'est ça qui est assez drôle.
c'est que je suis pas libre en fait je ne suis pas libre et c'est ça qui me frustre et qui du coup me renforce dans ce côté là de ok je suis pas libre chez moi mais je peux l'être ailleurs justement et c'est ça qui m'a aussi plu dans le sauna c'est le côté libre donc du coup je reviens sur le sauna
Du coup, je pensais que le mec allait être dehors et m'accompagner jusqu'à l'entrée. Au final, non. Je l'ai spammé de messages alors qu'en fait, son téléphone était dans le casier. Donc, au bout d'une demi-heure, je me suis dit « Bon, un moment, tu vas pas rester pité là comme ça ».
Donc je rentre. Tout paniqué en plus, j'étais en train de trembler comme ça. Donc où est-ce que je m'embarque ? Et là, le mec de l'accueil me dit, mais t'as l'air bien jeune, dis donc, passe-moi ta carte d'identité. Je passe ma carte d'identité. Et il me dit, ah non, ça va pas être possible et tout, t'as pas l'âge requis, t'as 17 ans. Je dis, mais vous savez pas calculer ? Regardez. Attends, comment ça ? Ah oui, t'as 18 ans. Ok, autant pour moi, bah vas-y, rentre.
Donc je rentre, et en plus, je suis tombé sur le bonjour, pour le coup. Le mercredi dans Sonala, c'était journée petite serviette.
Donc, j'avais une serviette qui était grande comme un petit carré. Donc, super pour un début. Je ne peux même pas y aller progressivement. C'est direct dans le bain. Du coup, c'est la nudité parce que la petite serviette ne cache rien. En fait, tout le monde est à poil. À peine les attributs, mais tout le monde est à poil pour le coup. Donc, pour un début, c'est chaud. Très, très chaud. Qu'est-ce qui te fait dire oui quand même ? Qu'est-ce qui te fait avancer tes petits pieds, payer ton entrée ?
Ce qui me fait avancer, c'est le mec en question. C'est le retrouver. Ça, c'est ma carotte, pour le coup. Sinon, je n'aurais pas continué. Je me dis, il est forcément dedans. Ça a l'air grand, mais puis à la fois, à un moment, on va forcément se croiser ou je vais forcément le trouver. Et tu avais une image positive ou négative du sauna ? C'est-à-dire, il y a la carotte, mais est-ce que tu penses quoi du sauna ? Tu te disais, quand même, je suis à la fois anxieux et excité d'être dans un sauna ou tu n'étais que anxieux ?
anxieux et excité en fait parce que je découvrais quelque chose de nouveau en fait un milieu qui m'était jusqu'alors inaccessible et en plus un milieu gay donc je me suis dit c'est cool je vais peut-être en apprendre un peu plus sur moi adulte aussi là où il n'y a pas ton père il n'y a pas de règles
Libre. Exact. Pour toi, le sauna, c'était un lieu gay ? Un lieu dit gay ? Oui. Dans ton imaginaire ? Moi, j'ai grandi, le sauna n'appartenait pas à mon imaginaire gay. Je ne me disais pas « c'est un lieu de rencontre où les hommes gays ou queers existent ensemble ».
Et je l'ai découvert beaucoup plus tardivement. Mais pour toi, dans ton imaginaire, ça existait, le Sona. Oui, pour moi, c'était comme ça parce que dans mes précédentes recherches ou autres, les seuls Sona où je suis tombé, c'est Sona Gay, en fait. Et quand même, quand je tapais Gay sur Google Maps, ça me donnait des Sona Gay. Donc j'ai fait tout de suite le rapprochement et le lien.
Très intéressant. Dans mon imaginaire, ça s'est très vite imposé comme ça pour moi. T'es là avec ta serviette grande comme un carré de main. Un carré, mais genre 10 cm sur 10 cm ? T'es généreux, 5 cm sur 5 cm. C'est un gant de toilette. Exact, un gant de toilette. Ok.
Et tu te mets à chercher Carotte. Oui. Carotte, il ressemble à quoi ? Carotte, il est taille moyenne, 1m70, j'irais. Très barraqué, très musclé, militaire.
il te l'a dit qu'il est militaire ? oui il me l'a dit et franchement ça a renforcé un peu mon biais d'excitation envers lui quoi je sais pas dans mon imaginaire aussi il est militaire il est musclé, il est fort, il est masculin donc ça me faisait saliver quoi et puis et puis l'ethnicité du Moyen-Orient quoi
donc ouais non c'était bingo ouais ça appuie à des endroits de stéréotypes de masculinité on est plutôt d'accord ou pas on est totalement d'accord ouais j'aime pas dire ça et j'aime pas l'avouer mais oui ouais oui parce qu'un mec plus efféminé en général ça t'attire moins
Au début, oui. Mais aujourd'hui, pas tant que ça. Ça évolue, tu trouves ? Ça évolue, oui. En fait, je me suis laissé le temps que le temps fasse les choses. Et aussi de me dire…
Je ne sais pas comment le dire, c'est compliqué. Mais non, aujourd'hui, je n'ai plus de mal avec les mecs qui se disent efféminés. À partir du moment où je vois que ce n'est pas un rôle qu'ils prennent, mais que ça fait vraiment partie d'eux et de leur personnalité. C'est une chose de ne plus avoir de mal et c'est une autre d'avoir une attirance sexuelle pour ces personnes. Toi, tu es de quel côté ?
Je dirais dans l'entre-deux. Je peux être masculin comme féminin, en fait. Non, mais toi, est-ce que t'es excité par les hommes plus efféminés ? Pas des masses. Mais des fois, ça peut l'être. En fait, ça dépend. C'est tellement variable pour le coup, mais de manière générale, non.
Je te cuisine et je vois tout ton corps se rétrécir. C'est la vraie complexité, je trouve. La misogynie est aussi dans mes désirs et je trouve ça très compliqué parce que moi, je rêve d'un monde où c'est pas ça qui décide pour moi.
Et à la fois, il y a un moment donné où, dans mon intime, quand on coupe les micros et que j'ai de contre-rendre à personne, je vois bien ce qui lève ma bite et ce qui ne lève pas ma bite, tu vois. Ben oui, c'est ça. Et après, moi, je ne sais pas si je ne suis vraiment pas attiré par les personnes efféminées. Je ne crois pas que ce soit tout à fait le cas. Parce que j'ai des exemples qui me viennent en tête. Je pense qu'il y a des attributs qui sont importants pour moi, le regard. Et il y a plein de trucs qui sont non genrés.
Mais je me pose vraiment cette question. Comment est-ce que j'arrête ce petit train automatique qui m'amène vers des gars dits virils à la hétéro ? Moi, je suis là, ça limite mon désir. Est-ce qu'il est possible de mettre à jour son logiciel du désir ? C'est ce que je me demande aussi. Et j'aimerais bien.
la question m'est aussi posée par des auditeurs trans en fait aujourd'hui il y a des tu vois et je suis en train d'enregistrer des témoignages un homme gay peut avoir une chatte un vagin tu vois et donc ça vient me questionner et ces auditeurs et ces témoignages qui vont être publiés racontent ça de façon vachement intéressante et ouais bon en tout cas c'est un chemin et toi
Tu es en train de marcher dans le sauna. Exact. Tu cherches carottes militaires. Oui, carottes militaires. Carottes képis. Ça me tue. À gauche, à droite et tout. Le trouves-tu ? Oui, je le trouve du premier coup étrangement. J'ai de la chance. Et on va…
créer un effet de teasing terrible. Quelle horreur, quelle horreur. Et raconter ça au troisième épisode. Est-ce que tu es d'accord ? Je suis d'accord. Je t'amène dans les coulisses de ma vie, Roberto. Sache que juste avant d'enregistrer là, j'ai pris à toute vitesse un vélo pour aller chez le médecin
pour faire mon rendez-vous PrEP sais-tu ce que c'est la PrEP ? petit médicament que tu prends avant et deux fois après un rapport sexuel qui te protège à l'heure du VIH mais pas des autres IST j'avais mon rendez-vous PrEP de tous les trois mois je fais plein de choses en ce moment et figure-toi que le vélo
est en ce moment même encore devant la pharmacie où je suis allé récupérer ma PrEP je viens de recevoir un texto qui me dit savez-vous que votre vélo de location tu sais c'est genre Vélib et là Vélib vient de me dire savez-vous que votre temps de location s'élève à présent à 2h en cas de besoin contactez le service client aïe
Je te propose donc que nous allions ensemble remettre un Vélib dans la station. Très bien, avec plaisir. Quelque part, je ne vide pas mon porte-monnaie. Oui, ça pourrait être pas mal. Et après, on fait la partie 3 de ton épisode. La suite. Ça te va ? Ça me va.