*Live* Grindr : gagnants vs perdants et règles cachées 2/2

Partie 2 sur 2

Avec Thibault Lambert, journaliste, et 30 auditeurs réunis à Paris, ce live interroge pourquoi Grindr fabrique des gagnants et des perdants, et comment reprendre la main.

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Dans cet épisode du podcast :

  • Moustapha, gros et poilu, insulté sur son poids sur Grindr, trouve l'amour sur Scruff grâce à leurs convictions partagées
  • Dans le livre de Thibault, même un 'gagnant' de 47 ans ment sur son âge pour ne pas être discriminé
  • Guillaume (le podcasteur) envoie un second message bienveillant, puis bloque sans rancune après quelques semaines de silence
  • Laurie, homme racisé, ne reçoit qu'une ou deux réponses qualitatives par an sur l'application

On en parle dans cet épisode
Le livre-enquête de Thibault Lambert sur les usages de Grindr et ses effets sur la communauté gay
↗ Voir le livre
L'enquête sociologique de 70 entretiens que Thibault cite sur les rapports de pouvoir entre utilisateurs de Grindr
↗ Voir la thèse

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On est tout bon ? Tout le monde dit qu'il a fait pipi ? Trop bien. Bonjour et bienvenue dans la partie 2 de ce cercle de paroles enregistré à Paris. Ouais ! Je suis avec 30 auditeurs et Thibaut Lambert, l'auteur du livre « Ce que Grindr a fait de nous » aux éditions Lattès. Re-coucou. Salut Guillaume. Et ensemble, on répond à la question « Ce que je veux faire de Grindr » ou sans d'ailleurs. Merci, merci bien sûr au bar Merci Marcha qui nous accueille en ce samedi après-midi. Bon, je le dis une dernière fois, pour ceux qui veulent venir au prochain live ou d'ailleurs à des rencontres entre auditeurs, où là, il n'y a pas d'enregistrement du coup. Quelque part, c'est un peu des anti-grinders. Je dis ça, je dis rien. Pour rencontrer des jolis hommes gays ou queers, il faut aller sur le site. Point final, l'affaire est faite. C'est la deuxième partie et moi, j'avais envie qu'on commence avec Aurel, dont bien sûr, j'ai égaré le post-it. Super, absolument génial. Ah oui, tu fais partie, Aurel, des gagnants de Grindr, comme on a défini dans la première partie qu'il y avait des gagnants et des perdants. Est-ce que tu es d'accord avec ça ou pas ? Je ne sais pas si je peux dire si je suis un gagnant de Grindr, parce que je ne l'utilise pas forcément comme beaucoup d'utilisateurs l'utilisent. Tu l'utilises comment ? Nous, parce qu'avec mon mari, on l'utilise un peu en conjoint, mais on l'utilise souvent quand on part en voyage. C'est plutôt un guide du routard pour nous, Grindr, que pour rencontrer des plans cul. Donc guide du routard, c'est-à-dire que tu demandes des plans touristiques. Plutôt des plans touristiques, mais sur la communauté gay. Où est-ce qu'on peut sortir ? Qu'est-ce que vous me conseillez ? Où sortir ? Où aller ? Des petits tips qu'on pourrait avoir sur les lieux où on est. J'ai très mauvaise conscience parce que moi, les rares fois où on me demande, j'ai la flemme de répondre. Mais il y a des gens qui te répondent, toi. Alors moi, je le mets dans le descriptif, dans la bio. Donc je dis, on est en vacances, on est là pour visiter la ville ou le pays. Quels sont les conseils que vous pouvez nous donner ? Et des gens, spontanément, viennent nous parler. Et souvent, ça nous arrive après de voir ces gens-là. On est d'accord que quand ils donnent l'info de « Va à la Tour Eiffel », ils ont aussi envie de... De gratouiller ? Ce n'est pas impossible. Ce n'est pas impossible. Ce n'est pas impossible. Il faut reconnaître. Et donc, toi, gagnant, perdant, ça ne te parle pas trop ? Quand tu utilises l'application, tu ressens cette dynamique, ce qu'on s'est dit en première partie ? Oui, je pense que je suis un gagnant dans l'application. Pourquoi ? Pourquoi ? Je ne me sens pas perdant. Je me dis que je dois être gagnant. Tu ne te fais pas insulter. On te répond, toi, à tes messages ? C'est extrêmement rare que c'est moi qui fasse le premier point. En général, on me sollicite. Ça, ça sent le gagnant quand même. Tout le monde a l'air d'accord avec moi. Vu que je n'utilise pas pour faire du plan cul, en tout cas dans l'utilisation, je pose une question à la communauté. Ils me répondent. Donc, c'est eux qui viennent me solliciter. Ils me répondent à ma question que j'ai mis sur la bio. Il y a quel type de photo ? C'est des photos de couple classiques. On voit nos visages. Torse nu ? Non. Et vous indiquez actifs, passifs ou des informations ? Tout est indiqué. Avec des petites étiquettes ? Maintenant, il y a des labels, on peut mettre des petits mots-clés. Vous indiquez des trucs ? Je ne sais pas. En fait, j'ai fait le profil il y a peut-être 10-15 ans. Je n'ai pas dû modifier grand-chose là-dessus. Tes photos datent d'il y a 10-15 ans ? Non, les photos sont actualisées quand même. Je ne sais pas. C'est ça. Et donc toi, en fait, quand les gens sont sympathiques et répondent à ta demande touristique, tu dis qu'ils sont vraiment généreux. Non, mais parce que c'est intéressant, parce qu'on n'a jamais parlé de générosité sur Grindr jusqu'à présent. Alors, je ne dis pas qu'ils sont généreux, mais en tout cas, j'imagine qu'ils se disent peut-être une phrase d'accroche pour peut-être après avoir eux leur... Après, pourquoi pas ? On n'est pas fermé à avoir des rencontres sympathiques, mais ce n'est pas notre... Le prime abord, c'est qu'on n'utilise pas Grindr pour ça. Pendant que tu passes le micro à Moustapha, on se pose la question de ce que j'ai envie de faire de Grindr. Pour moi, il y a un truc très puissant à reconnaître. Où est-ce que je me situe parmi les gagnants et les perdants ? Parce que du coup, on est tous responsables de ce produit. Je suis désolé, c'est un peu utopique. C'est le moment bisounours. Mais si tout le monde change son comportement sur ce produit... si le script technique le permet mais en fait on aura une expérience différente et donc le moment où je comprends que moi je suis un gagnant et que quand je dis ouais flemme de répondre au message si je suis pas intéressé c'est une réponse enfin pas de réponse c'est une réponse Enfin voilà. Moustapha, coucou. Toi tu disais, c'est pas vraiment ce que t'as marqué sur ton post-it, tu pourras dire ce que t'as marqué sur ton post-it, mais moi j'ai surtout envie de... Tu m'as dit à la pause que toi t'as rencontré un joli garçon avec qui même t'es en couple, je sais pas si t'es amoureux ? Oui, je suis actuellement en couple avec un garçon depuis deux mois maintenant. Sur Scruff ? On s'est rencontrés sur Scruff, ouais. Et donc, c'est une application concurrente. Et toi, tu étais sur Grindr et sur Scruff. Et tu as dit, Scruff, c'est vraiment génial par rapport à Grindr. Est-ce que tu peux nous en dire plus ? Alors, juste pour commencer un petit peu, pourquoi Scruff est beaucoup... Dans mon cas, elle est beaucoup mieux que Grindr parce que, principalement, je me situe un petit peu dans les clients de ce craft, disons, dans le sens où je suis poilu, je suis bear, ours. Ça veut dire quoi pour toi, être bear, ours ? Être bear, ours, c'est comme le slogan des ours de Paris. On est gros, on est pédés, on est des gros pédés. C'est un peu ça. Donc c'est vraiment être un peu confortable dans son corps, avoir cette cropuscule ou cette morphologie qui ne correspond pas vraiment au standard d'être musclé, mais vraiment avoir des rondeurs. Et donc voilà, d'être un peu différent, un peu le mec typique qu'on rencontre quand on va à l'entreprise, qu'il s'assoit devant son ordinateur, etc. Donc quelque part, par rapport à la partie 1, on a parlé avec Thibaut des normes de la masculinité hégémonique qui exigent d'être à la fois fin et musclé. Toi, tu dis, sur Grindr, tu n'avais pas la possibilité, tu étais agressé parce que ton corps est gros ? Sur Grindr, principalement, j'étais un peu perdant. Mais le truc, c'est que mon expérience sur Grindr, depuis le début, elle était un peu comme ça. Depuis que j'ai commencé à l'utiliser à 6 ans maintenant, j'étais toujours gros, j'étais toujours poilu, etc. Donc en fait mon expérience, j'ai jamais su ce que c'est vraiment l'expérience de quelqu'un qui est dans l'équipe des gagnants. Donc pour moi c'était un peu ça mon expérience sur Grindr, de me faire un peu ghoster, de me faire un peu bloquer. De me dire des insultes, ah tu es trop gros pour moi, à combien de kilos tu pèses, etc. Pour moi, j'ai intériorisé dans mon expérience que Grindr, c'est un peu ça pour moi. Jusqu'à ce que je commence à rencontrer des gens, j'écoute un peu du podcast, des expériences sur Grindr. qui disent qu'en fait, on n'a pas la même expérience. Il y a des gens qui ont souvent la possibilité de choisir ce qu'ils veulent faire comme acte sexuel, comme rapport. Toi, tu ne pouvais pas ? Pour moi, c'est différent. Ça veut dire qu'on me met souvent dans une position de « Ah, tu es un nounours, donc on s'attend de toi quelque chose ». Quoi ? Souvent, par exemple, les câlins, la tendresse, la sensualité, etc. Ce que j'aime bien, mais c'est juste que je peux aussi être kinky, je peux aussi faire des choses qui ne rentrent pas dans cette catégorie d'être un nounours, calinor, etc. Ok. Et c'est quoi la différence avec ton expérience sur Scruff ? C'est quoi la différence que tu vois ? Simplement, tu as dit sur Scruff, il y a d'autres gros bears, ours, et donc tu te fais moins agresser. Sur Scruff, principalement, déjà, je me sens un peu... Chez moi, je me sens un peu entouré par des personnes que je me dis qu'ils ont peut-être la même expérience. Alors Scraff, pour moi, il y a une autre application qui est vraiment pour les personnes chabis, je dirais growlers. Des personnes ? Chabis, ça veut dire... Ah oui, c'est de l'anglais, chabi. C'est beaucoup plus... C'est potley, chabi, non ? En français, c'est quoi ? C'est un peu plus... Rond. Oui, rond, avec plus de rondeur, etc., Pour moi, ces deux applis me permettent déjà de se situer dans une grille où je vois que la majorité des personnes sont un peu comme moi. Donc déjà, ça commence très bien dans le sens où je ne mets pas en avant ma différence morphologique avec les autres utilisateurs. Et ça, je trouve que c'est déjà très bien comme début parce que je sens que j'ai à peu près les mêmes chances que les autres utilisateurs. d'avoir un peu des rapports sexuels que je veux. Alors forcément, il n'y a pas les mêmes clients, enfin clients entre guillemets, il n'y a pas les mêmes utilisateurs. Granite Art, c'est beaucoup plus populaire que les autres applis, mais je trouve qu'être sur Scraff ou Graveler, c'est vraiment plus simple. C'est beaucoup plus simple pour cette catégorie de personnes. Merci. Merci Moustapha. Et ce que tu dis, c'est très important et c'est très révélateur de ce qu'a découvert le sociologue Anthony Fouet dans toute sa thèse sur les usages de Grindr, parce qu'il a quand même fait des longs entretiens avec 80 utilisateurs. Et justement, pour continuer un peu cette réflexion sur les gagnants et les perdants qu'on avait fait dans l'épisode 1, pour lui, il n'utilise pas le mot de perdant ou de gagnant, mais il dit « voilà, il y a ceux qui dominent les usages parce qu'ils se rapprochent de la masculinité hégémonique ». Et pourquoi c'est plutôt des gagnants sur la pli ? C'est parce que ce sont eux qui sont en mesure de définir les conditions dans lesquelles ils vont rencontrer les gens. C'est-à-dire que c'est eux qui ont le pouvoir de dire « moi avec cette personne je vais faire ça et ce ne sera pas autrement ». Et à l'inverse, les perdants, c'est ceux qui finalement n'ont pas vraiment ce pouvoir-là parce que soit on leur prête un rôle sans leur demander, c'est-à-dire qu'on les range dans une catégorie, on les range sans juste, à la vue de leurs quelques attributs, de leur présentation de profil, on les range dans un rôle sexuel. Donc en fait, finalement, être aussi un gagnant, c'est être dans une masculinité hégémonique qui permet d'être un peu passe-partout pour qu'on ne soit pas totalement non plus catégorisé, identifié tout de suite comme un domi, un actif, etc. Et en fait, justement, ce qui est très intéressant, c'est que toi, tu dis que quand tu es sur Grindr, tu fais l'expérience de te voir directement accolé à un rôle, un comportement juste par ta simple apparence physique. Et ça c'est vraiment la dynamique qui est à l'oeuvre sur Grindr et c'est pour ça qu'il y a des fuites à partir d'un certain âge par exemple sur d'autres applications comme Scruff. où disons que ce mécanisme-là, il est beaucoup moins fort. Et juste pour un petit peu continuer ce qu'on disait sur les gagnants, il faut savoir qu'il y a aussi toute une question que je pose dans mon livre, que se posait déjà Anthony Fouet dans sa thèse, c'est les gagnants sont-ils vraiment des gagnants ? C'est à dire finalement moi j'ai rencontré, j'ai interviewé dans mon livre un gagnant qui a vraiment tous les attraits d'un gagnant, il est hyper violent avec les mecs, il les range dans un tableur Excel, enfin bon bref. Mais en fait à la fin de la discussion on se rend compte qu'il s'est rajeuni 10 ans sur l'application. Il a menti. Il a menti sur son âge parce qu'il avait 47 ans sauf qu'il me disait mais ouais mais si j'ai 47 ans. je vais être un peu discriminé sur l'appli. Donc en fait, les gagnants sont eux aussi parfois, ou en tout cas ces mecs-là qui peuvent dominer les usages et avoir le pouvoir d'en profiter au maximum, sont aussi dans cette logique d'eux. Ils doivent se présenter sous un certain jour qui ne sont peut-être pas forcément la présentation d'eux-mêmes qu'ils souhaiteraient. La vérité aussi. Voilà, la vérité. Et peut-être qu'un des piliers pour voir, toujours dans cette logique de qu'est-ce qu'on peut faire de Grindr ? Je pense qu'une des clés, mais elle n'est pas facile, c'est de ne pas trop construire son identité. C'est-à-dire que peut-être qu'on y gagnerait à tous être un peu plus soi, c'est-à-dire à ne pas chercher à endosser un certain rôle en vue d'une rencontre sexuelle. Oui. Mais ça amène aussi à se présenter autrement et ça amène finalement à ce qu'on démonte ce qui nous paraît attrayant et ce qui nous donne envie de coucher avec quelqu'un. Toi, Moustapha, tu as trouvé l'amour sur une app de rencontre de l'enfer ? Donc, tu as l'impression d'avoir fait des choses en particulier que tu pourrais me conseiller en termes de choix de photos, en termes de ce qui a marqué sur ton profil ? Tu as eu l'impression de jouer avec des éléments ? Alors, pour être un peu honnête, les photos que j'avais mis au moment de faire la rencontre avec... Mon copain, c'était vraiment des photos torse nu. Donc, il y avait quand même le côté un peu show off et de montrer un peu son corps, etc. Mais par contre, quand on discute, c'est là où les choses un peu s'éclaircissent. Ça veut dire qu'est-ce qu'on cherche, qu'est-ce qu'on veut exactement, etc. Donc, en fait, dans mon cas, par exemple, je suis un peu ouvert à tout sur les applications. Ça veut dire que je peux faire un plan rapide ou un truc sur le moment. Aussi, je peux faire un date, etc. Ça dépend de ce que je sens à ce moment-là. Mais du coup, avec mon copain, on s'est dit... Déjà, la discussion, ça a très bien commencé. On a commencé à parler un petit peu de politique, ce qui est quelque chose qui me tient vraiment à cœur et tout. Et ça, tu l'avais indiqué sur ton profil ? Il y avait marqué des choses ? Il y avait marqué quelques principes politiques dans lesquels je crois et qui pourraient être un peu controversés. Pour moi, c'était un peu un filtre pour filtrer un peu les gens. Tu es à l'aise de dire ce que tu avais marqué ? Je suis à l'aise parce que je sais que si je tombe sur quelqu'un qui pense l'inverse, même si vraiment il est beau et tout, je serai turn off. Tu as marqué quoi ? C'était juste par rapport à une situation actuelle dans le monde, parce que je suis militant en même temps. Et pourquoi tu ne veux pas nommer les choses ? Mais c'est marrant, mais c'est vachement intéressant, c'est parce que ton profil Scruff, il est public. Oui. Mais là, c'est plus compliqué de le mettre en mots ? Te force pas, si t'as pas envie, au fond ? Non, non, je pense que c'est juste la question, ça va sortir beaucoup du cadre du podcast, mais c'est vraiment une question politique qui est vraiment très tranchée. Ou pas ? Parce que moi, dans l'épisode précédent, je disais justement, dévoilons-nous et on agrippera les bonnes personnes. Est-ce que tu as l'impression qu'en ayant pris ce parti politique, ce positionnement politique et militant, ça a alpagué ton amoureux d'aujourd'hui ? Pour moi, c'était... Quand j'ai découvert que mon amoureux, c'est quelqu'un qui est communiste et qui pense un peu... Enfin, qui partage beaucoup de principes comme moi, c'était un coup de foudre direct. Ben voilà, donc du coup... Et du coup... On est en cœur du sujet. Oui, voilà. Du coup, dès qu'on a commencé à parler de ça, du coup, je me suis dit déjà... Quand on va faire un date, sortir et tout, déjà, on a parlé pendant des heures et des heures. Et on a parlé des choses tellement intéressantes et tout. Et pour moi, ça, c'était vraiment super intéressant et super important aussi. Et la phase du sexe après, c'est venu un peu spontané. Donc, il n'y avait pas de... Voilà, c'était un peu ça l'expérience. Super. Levez la main. Ouais, vas-y. Tu peux passer le micro à David, c'est ça ? Avant que David prenne la parole, David, c'est directement lié à ça ? Oui. Eh bien, vas-y alors. Oui, ça m'a fait penser aussi, avant d'avoir Grindr, j'avais Gay Romeo. Et Gay Romeo, ça existait depuis l'ordinateur et avant les applications. Et ça permettait même de créer des communautés. Des groupes tu veux dire ? C'était quoi ? C'était un endroit où on pouvait discuter c'est ça ? Comme Facebook un peu au début, on pouvait créer des groupes thématiques ou des villes ou n'importe comment. Et c'était des profils beaucoup plus longs et avec des questions beaucoup plus intéressantes aussi sur le plan sujet. Et j'étais dans un pays où ça ne se connaissait pas trop. Et j'étais étonné quand je suis arrivé en France qu'ici ça ne s'utilise pas trop. Et j'y vois justement que ça peut être une alternative, surtout parce que déjà c'est dans un autre business model. C'est même engagé parce qu'ils essayent de faire aussi des trucs intéressants. Ça s'appelle Guéromeo. Oui, Planet Romeo, Guéromeo, oui c'est ça. Oui, c'est vrai que dans certains pays, c'est beaucoup plus populaire. En France, ça ne l'est pas trop. Oui, et voilà. Donc, je pense qu'il faut aussi trouver un peu des alternatives à tout ça. Mais je sais qu'il y a des gens ici... qui se sont rencontrés sur Roméo, d'ailleurs, qui me l'ont dit et qui ont fait des trucs. Super. Levez la main ceux qui sont sur Greener ou une application et qui attendent que les personnes les contactent. C'est-à-dire, ils ont plutôt une utilisation passive. Ils regardent des profils, mais ils démarchent peu. Ils envoient peu de messages. Levez la main. 1, 2, 3, 4, 5, 6. OK, une minorité. Tous les autres, vous envoyez beaucoup de messages. C'est vous qui êtes très... Non. Non. On est plutôt... OK. Qui sont les gens qui envoient plus de 10 messages quand ils sont en ligne ? Bam, ils se font une petite session, ils envoient une dizaine de messages à des jolis profils. 1, 2, 3, 4. Ok. Et moi, je lève la main aussi. C'est mon deuxième pilier, les petits choux, parce que j'ai décidé que... Alors, j'ai en discuté à la pause avec Thibaut. Moi, je ne suis pas coach et je n'ai pas du tout envie d'être donneur de leçons. Mais je trouve que quand on fait un podcast sur le sujet, j'ai envie de partager des éléments concrets. Soit on les défonce ensemble parce qu'en fait, c'est du Guillaume, c'est à côté de la plaque ou bien c'est biaisé, tu vois. Moi, j'habite à Paris, je suis blanc. Enfin, j'ai conscience de tout ça. Mais je trouve ça quand même un peu intéressant d'aller dans le sujet, quoi. Pour moi, Grindr, je disais dans l'épisode précédent, j'ai une stratégie très spécifique qui me permet de limiter la violence terrible de cette application qu'elle me fait sur ma santé mentale et de rencontrer des jolies personnes. J'ai dit la première à l'épisode précédent. La deuxième, c'est que j'ai un usage proactif de l'application et donc grâce notamment à ma thérapie et à un chemin intime je me dis en fait je vais pas attendre que l'autre me fasse coucou et moi je fais coucou à la terre entière que j'aime bien et j'aime vraiment beaucoup de personnes et si je suis sur ton profil et qu'en fait je vois que je t'ai déjà fait coucou et que tu m'as jamais répondu et bien je te fais un deuxième coucou en m'imaginant que la dernière fois tu n'as pas vu mon coucou parce que tu as perdu ta maman Donc en fait, tu prends ton axe d'empathie et tu le mets à 200. Parce que si je viens de perdre ma mère, tu comprends complètement qu'on peut avoir un truc entre nous et que tu n'as pas répondu à mon premier coucou. On est d'accord ? C'est une expérience. Et je fais un deuxième coucou. Et là, au bout d'un moment, au bout de quelques semaines, si tu ne m'as jamais répondu, je te masque. C'est le nouveau mot que Grindr utilise. En vrai, l'ancien mot, c'est « je te bloque ». Mais l'idée, c'est simplement, moi, je considère que du coup, il n'y a pas de fit et que ce n'est pas grave. Mais du coup, au lieu d'avoir mon profil limité et tout, j'enlève ainsi. Ça fait pas mal de temps que je fais cette stratégie. Le deuxième coucou ne fonctionne pas. C'est-à-dire, c'est extrêmement rare, je vais être honnête. Franchement... Ça m'est arrivé vraiment seulement une ou deux fois que les gens, alors personne n'avait perdu sa maman, tant mieux, mais que les gens fassent « Ah, je suis désolé, t'es trop cute, je suis trop content que tu m'aies relancé, je suis désolé, j'avais vraiment pas vu ton message. » C'est assez rare. Voilà. C'est quoi vos réactions à cette idée-là, à cette théorie-là ? Eh bien, les gens se disent « On n'en a rien à foutre ». on va essayer d'avoir quelqu'un qui n'a pas encore parlé Quentin et Laurie ont déjà parlé mais c'est ok et ben du coup Quentin oui donc moi j'étais dans ceux qui attendent de se faire démarcher et en fait c'est juste parce que j'ai eu tellement de non-réponses que j'ai plus la force, plus l'envie de faire cet acte de démarchage Ok. Moi, mon taux de réponse, il est extrêmement faible. Mais les réponses sont très, très qualitatives. Mais je veux reconnaître qu'en fait, dans mes privilèges, j'ai du temps pour faire ça. Mais en effet, le taux de réponse, il est extrêmement petit. Laurie ? Quelqu'un a levé la main par là ? J'ai à peu près la même stratégie et je pense que mon taux de réponse est encore plus faible. C'est-à-dire que tu n'as aucune réponse qualitative ? J'en ai une ou deux par an, je pense, je dirais. Et tu saurais pourquoi ? Dans l'épisode 1, j'en discutais. Tu es un homme racisé. Voilà, je suis un homme racisé. Je ne fais pas partie des gagnants. Je devrais peut-être mettre à jour mes photos. J'ai pris du muscle. Je pense que c'est ça. Ça va te faire gagner de la valeur. Moi, je disais, le premier pilier, c'était de remplir son profil de façon vulnérable et enjouée. Ça te parle ou pas ? Parce que toi, il est un peu vide. Tu l'as vérifié ? Non, c'est toi qui me l'as dit. Mais je peux, si tu veux. Fais gaffe, on va ouvrir nos... Alors, j'ai vérifié, parce qu'effectivement, je vais assez rarement sur mon propre profil. J'ai juste dit que je cherchais, en anglais d'ailleurs, que je cherchais aussi des personnes pour aller à la salle. parce que j'ai essayé en fait j'ai essayé de dire que j'étais que je cherchais plus ou moins enfin du fun mais pas que que j'étais un gamer un peu geek et que enfin venez me parler ou enfin ce genre de choses et bon ça change pas grand chose du coup je suis revenu à A haut profil, vide, peu au prou J'ai rempli mes critères Les critères en tout cas J'ai dit ma position La taille de mon sexe Ah t'as dit la taille de ton sexe ? Un truc comme ça C'est peut-être masqué en fait Je crois même que c'est masqué Je l'ai rempli mais je l'ai masqué Moi, mon intuition, c'est mettons sur nos profils des trucs chou-chouettes parce qu'en fait, la perle, les perles qui passent à côté de toi, elles ne peuvent pas connecter avec un profil vide. Donc moi, je te conseillerais de remettre le truc. Mon troisième pilier, c'est ramener dans la vraie vie. Je vous le donne et après, on passe à quelqu'un d'autre. En gros, dès que j'ai une réponse positive, c'est soit visio ou café. Et en fait, les gens qui ne veulent pas, il n'y a pas de problème, mais ça ne marchera pas. Mais en fait, pour avoir des liens qualitatifs, quelqu'un qui veut bien venir me sucer, mais pas prendre un café avec moi ou faire une visio... Ben non, en fait. Pour moi, c'est non et c'est à une limite très claire. Je ne vais pas faire rentrer quelqu'un chez moi qui ne veut même pas me parler par visio. Sachant que maintenant, sur Grindr, tu as une fonctionnalité gratuite d'une visio d'une minute. Donc, tu n'as même pas besoin de me donner ton numéro de téléphone. Mais ça, ça fait un tri pas mal. Voilà, je vous garde le quatrième pilier. Thibaut, tu as envie de dire un truc ou tu es juste en train d'étendre ton bras ? Non, non, non. Moi, c'est marrant le visio parce que vraiment, je pense qu'avec toute la volonté du monde, c'est un truc qui m'effraierait. Mais tu viendrais prendre un café avec moi ? Même pas si j'ai envie d'être dans une logique de plan cul. Moi, je ne fais pas de plan cul direct sans ça. D'accord. En fait, je n'arrive pas à m'imaginer me connecter avec toi. Donc, si tu veux qu'on fasse un plan cul direct, ça me va. Mais la petite visio, genre en deux, trois trucs, moi, je sens les énergies. Et d'ailleurs, l'autre aussi, ce n'est pas très compliqué de sentir quelqu'un par visio et qui est suffisant pour se dire, viens, on fait un plan cul direct. Mais moi, c'est vraiment une limite personnelle, mais moi, débarquer chez quelqu'un avec qui j'ai échangé seulement des écrits et duquel j'ai trois photos. J'ai fait ça tellement de fois. Ah ouais ? Mais bien sûr. Et c'était bien ? Pendant dix ans. Bah oui, et surtout, moi, ce que j'écris dans le livre et ce que je préférais, c'était qu'apprendre à se rencontrer après. en fait quasiment ce que j'aime c'est l'après quoi quand la discussion sur l'oreiller quand finalement le mec il part pas tout de suite ou que moi je pars pas tout de suite et qu'on commence à rigoler donc voilà je trouve que imposer le café ou imposer le visio pour moi ça limite c'est peut-être déjà me fermer une moi je le vois comme peut-être me fermer une porte Mais après, je comprends totalement. Il y a ce côté aussi de tu peux t'assurer que tu vas rencontrer une personne qui n'est pas décevante. Avec qui j'ai une connexion parce que moi, je suis un peu sapiosexuel. Mais moi, mon enjeu, ce n'est pas de plaire à un maximum de gens sur Grindr, comme on disait un peu à la fin du premier épisode. J'ai envie de connecter avec des gens avec qui on chante à peu près... je chante pas très bien mais tu vois on a un peu envie du même type de musique quoi mais j'ai pas de jugement que la personne dise non je veux pas ni faire de café ni faire de visio mais pour moi l'enjeu de cet objet du diable c'est de l'utiliser pour son potentiel de rencontre donc en fait les paramètres que je viens de mettre en place c'est pour simplement qu'il y ait des fits qu'il y ait des connexions avec les personnes ce que je peux connecter à ça c'est aussi ce que dit Anthony Fouet dans sa thèse c'est qu'il y a beaucoup beaucoup d'utilisateurs qu'il a interrogés qui finalement aiment Grindr Pour la sérendipité des rencontres, c'est-à-dire qu'en gros, ce que tu préfères, c'est un peu le boy next door, c'est la rencontre que tu n'avais pas forcément prévue et qui est assez rapide et qui finalement devient un truc totalement génial. C'est presque... ah bah finalement c'était il se trouve que j'ai fait une super bonne rencontre cet après mais que finalement c'était super tu vois et il y a un peu je pense pourquoi est-ce qu'on arrive pas à changer c'est que je pense que tu as raison ton pilier c'est plutôt en quelque sorte se garantir d'avoir des mecs plaisants souvent tu vois ou de temps en temps mais 2-3 perles comme tu dis et ça c'est vrai et je pense que A l'inverse, beaucoup d'utilisateurs sont encore très attachés à cette excitation de la découverte par sérendipité. Tu vois ce fantasme que tu ne connais pas et que tu découvres sur le tas. Et finalement, ça va bien se passer. Ça répond à une question que tu posais à l'épisode précédent. C'est que je suis en rute. J'ai tellement chaud à la bite et je sais que ce n'est pas une IST. Parce que je fais une fois tous les trois mois mes petits tests. Je vous regarde là. Non, c'est vrai. Je suis super excité. Je connais ces moments-là. Je les ai et tout. Et c'est ces moments où, en fait, c'est un peu n'importe qui qui passe. En fait, moi, je les ai de moins en moins parce qu'avec cette petite stratégie, moi, j'ai des amants réguliers et j'ai une vie sexuelle super nourrie. Donc, j'ai l'impression aussi moins besoin. Quand je suis sur Grindr, je suis moins en chien. Parce que je suis généralement nourri sexuellement, connecté avec des gens. Et aussi, ma petite stratégie, elle m'a montré des résultats. Le cerveau humain aime beaucoup ça. C'est-à-dire, ce que j'ai mis en place m'a déjà rétribué parce que j'ai des amants délicieux. Et on pourrait se poser la question, peut-être un jour je quitterai Greener parce que j'ai que des amants délicieux. Mais les amants délicieux, ils peuvent leur arriver des choses. Ils partent en vacances. Ils meurent. Il y a Thibaut qui est trop gêné. Il rencontre quelqu'un. Voilà, il rencontre quelqu'un. En fait, on est beaucoup, je pense. Et moi, pendant très longtemps, dans une longue période de célibat, j'avais ce truc de je vais me trouver 2-3 plancus réguliers et ça va être parfait. Parce que si j'en perds un, j'aurai toujours 2 autres, etc. Mais en fait, c'est très difficile d'instaurer ça dans le temps quand même. Dans ce cas-là, c'est du polié. Pourquoi ? Bah parce que je pense que les désirs sont mouvants, en fait soit tu fixes ça et dans ce cas là c'est un peu du polyamour tu vois. Pourquoi le rapport sexuel doit forcément être lié à une construction amoureuse ? Bah ou alors c'est du multi... Bah parce que je pense que tu dois quand même un peu, il y a quand même un peu un contrat tu vois, tu dois quand même un petit peu t'entendre avec la personne pour te dire que tu vas l'avoir... de manière un petit peu répétée et régulière tu vois or on est beaucoup dans l'implicite dans ces histoires de plan cul sur Grindr c'est un peu ce côté de vais-je le revoir tu vois même si c'est quelqu'un que tu vois pendant 4 mois 6 mois il peut rencontrer quelqu'un puis finalement ça s'arrête il peut y avoir des comme tu dis des aléas de vie et moi je me souviens par exemple que j'avais Un petit peu à une période un petit peu ce petit schéma là comme ça et j'ai fait une dépression ce qui arrive et ces mecs là je les ai tous perdus enfin tu vois ils sont passés à autre chose tu leur réécris ou d'un moment ils sont là genre bon bah... leur vie a évolué, ils ont envie de voir d'autres personnes, tu te lasses beaucoup plus vite aussi. Je trouve ça très dur d'essayer d'instaurer un espèce de multi-partenariat avec 2-3 partenaires choisis, sexuels et amicals, dans le temps. de manière implicite. Ok. Alors, c'est sûr qu'une des clés de ma vie en général, c'est l'explicite. Mais t'as raison, en soi. Alors, mais pas le time, en fait. Pas le temps. Du coup, on communique. Donc, moi, je trouve que le jeu sexuel et amoureux n'est pas à l'endroit de « je sais pas trop si tu m'aimes bien et est-ce qu'on a envie ? » Moi, je suis là, genre « moi, je t'apprécie, j'ai envie de te revoir. Est-ce que t'as envie de me revoir ? » Et si la personne fait « ah, je sais pas », ça veut dire non et c'est ok ? Et je pense qu'il y a un truc vachement important qui nous ramène un peu à « Elle est où ma colonne vertébrale de santé mentale ? Comment je navigue le rejet ? » C'est ça, l'explicite Demande à l'autre, t'ouvre au rejet. C'est une histoire d'être mature et d'aligner avec son désir. Ce que je ne suis pas tout à fait, je ne veux pas créer une image. L'est-on jamais vraiment, mais en tout cas on peut s'en rapprocher. Moi par contre j'aime bien ton deuxième pilier, le côté les messages, le deuxième message là. Les coucous. En fait, je pense que oui, il y a une histoire de... On a beau tourner le problème dans tous les sens, l'histoire de messages, de réponses et de non-réponses, c'est vraiment une histoire d'autodiscipline parce que sinon, on ne va pas y arriver. Je ne vois pas d'autre solution, en fait. Et il faut juste... Un peu sortir la tête et voir plus large. On est dans un contexte où si vous allez sur Tinder, vraiment personne ne se parle. Mais vraiment, c'est-à-dire les matchs, globalement, il n'y a personne qui se parle. On est dans un contexte où il y a des applis qui sont faites pour avoir un nombre limité de matchs par jour. Et si vous n'engagez pas une discussion, les profils sont supprimés. Donc il y a un problème aussi. Beaucoup plus général De comment on consomme ces produits De la conversation à travers le numérique Tellement on est noyé par ces outils On passe le micro à Adrien S'il a toujours envie de parler Qui lève la main et qui est là Magnifique, l'équipe qui se mobilise Adrien, sur ton petit post-it Tu poses la question Dépendance affective ou véritable désir ? T'as envie d'en dire deux trucs ? Ouais en fait moi je me suis rendu compte que le moment où j'ouvrais Grindr c'était le moment à la fin d'une journée de boulot à 19h chez moi et que j'associais ça souvent à une bière Une deuxième, une troisième, je chachais, je finissais genre à minuit, totalement bourré chez moi tout seul et rien du tout au final. Et en fait, moi maintenant j'ai arrêté l'alcool, donc j'ai pas ce problème-là de me retrouver tout seul à 22h, 23h tout seul. Mais en fait, j'ai compris dans mon cerveau que... J'ouvrais Grindr le moment où pas forcément j'avais pas forcément conscience de ce qui m'arrivait mais que j'avais une espèce de dépendance affective qu'il fallait que j'assouvisse que j'associais forcément avec de l'alcool parce que du coup ça me permettait de faire des blagues d'être drôle avec plusieurs gars en même temps j'arrivais, je tchatchais avec plusieurs gars et ça me donnait une forme de confiance et que évidemment c'était un rapport toxique déjà d'une à l'alcool et de deux à cette dépendance à cette application qui en fait finalement ne menait nulle part parce que je me retrouvais seul à minuit chez moi et sans rien faire quoi et donc du coup la vraie question que maintenant j'essaye d'avoir c'est de me dire est-ce que ce qui a été déjà un peu dit par Thibault est-ce que j'en ai vraiment envie est-ce que je suis vraiment aligné avec mon désir ou est-ce que je suis dans un un système, moi, personnel de fuite et de détresse affective. Aujourd'hui, tu es sur Grindr encore ? Oui, je suis, oui. Et tu l'utilises, tu as testé différentes... Quand tu ne l'utilises pas pour fuir un soir de solitude et de détresse, est-ce que tu t'es vu l'utiliser et faire des chouettes rencontres pour autant ? Je l'ai utilisé il n'y a pas très longtemps, je ne sais pas, en milieu d'après-midi, je sortais d'un rendez-vous et du coup je me suis dit « tiens, je l'allume », alors que dans l'après-midi, c'est vraiment un truc auquel je n'ai pas eu ce réflexe-là. Et puis j'ai rencontré un gars qui m'a dit « viens, passe chez moi », ça s'est fait hyper spontanément comme ça et c'était assez nouveau pour moi. J'étais pas à trois heures de tchatche, c'était en mode je suis chez moi, je suis dispo, viens si tu veux, le mec je le connaissais pas du tout. Donc ça c'était vraiment chouette, je me suis dit ah oui tiens il y a cette possibilité là et après j'ai senti qu'il y avait un petit crush, finalement ça s'est pas fait, enfin bref mais peu importe. Mais en tout cas j'ai ouvert cette nouvelle possibilité là, cette nouvelle utilisation de Grindr qui est de dire On se rencontre vite. On se rencontre vite et pas des moments où je suis dans une détresse ou dans un truc affectif qui me plombe et qui me crée une dépendance et à l'appli et à des substances toxiques comme l'alcool. Enfin, moi, le rapport que j'ai avec l'alcool. Et le moment où tu es sorti du rendez-vous, il a un joli profil, il a des jolies photos, j'imagine ? Il te plaît ? Ouais. Et t'as envie de sexualité ? Ou même vous vous êtes dit que vous n'allez pas forcément avoir du sexe ? J'aime bien, Thibaut parle de contrat. C'est vrai qu'il y a un contrat plus ou moins explicite qui s'opère entre deux Grindériens. C'était quoi le vôtre ? Le contrat Grindérien était très clair. J'étais de la sexualité. Il m'a dit « tu rentres chez moi ». La porte sera ouverte. Je serai à genoux. Il y avait un script qui était déjà très établi et que moi, j'aimais bien, qui m'excitait. Du coup, c'était OK. Il y a eu un weird réaction de la foule qui a soufflé, qui a fait... c'est pas très cool bah oui le contrat était très clair je pense qu'on l'a bien rempli et lui et moi et après c'était nourrissant ? ouais ouais franchement c'était pas volontaire c'était pas volontaire c'est chaud là t'as chaud là ouais Parfois je peux avoir du sexe Parce que je vais pas forcément très bien Je veux un peu remplir le vide Et c'est pas nourrissant dans le sens J'en ressors un peu certes vidé mais aussi vide Toi t'es ressorti avec Moi j'étais content et j'avais envie de le revoir Donc je lui ai envoyé un petit message Peut-être que je peux repasser à l'occasion Quand tu veux Et puis il m'a ghosté C'est à dire il t'a bloqué Le compte a disparu Notre conversation a disparu Deux jours après Putain Sans rien te dire ? Sans rien me dire, évidemment. Quelle immense fatigue. C'est ouf. Tu avais dit tout ce que tu avais envie de dire ? Ouais, je crois que maintenant... Tu disais... Sur la question du désir, de l'animent du désir, moi maintenant, je pense être plus... Ça correspond plus à mon état d'esprit, à mon état d'être, de rencontrer les gens en direct. Donc j'essaie de faire ça, mais c'est totalement un continent inexploré aujourd'hui et je sais pas du tout comment procéder, donc... J'essaie de voir des gens, d'aller en boîte, de voir des potes, de participer à des événements comme ça aussi maintenant. Et en fait, moi, je sens que ça me correspond plus, même s'il y a moins d'accroche, moins de résultats, on va dire. Il y a quand même un endroit où je suis plus satisfait parce que je suis davantage satisfait parce que du coup, j'ai l'impression de rencontrer des vrais gens et de ne pas être derrière un écran avec ma bouteille de bière et mon verre de vin et d'être totalement désespéré à 23h, quoi. C'est la question de Clément qui dit, est-ce qu'on peut... Ouais, cliquetis. La question de Clément qui dit, concrètement, c'est quoi les alternatives ? Est-ce que t'es à l'aise de partager un peu plus spécifiquement, même si ça va être très parisien ? Toi, quand tu dis, je sors de Grindr, tu vas où ? T'as dit en boîte ? Ouais, je vais en boîte. Je suis dans des boîtes gays, je vais sortir avec des copains, je fais une activité qui s'appelle du tantra, qui me permet de me reconnecter à mon corps, à mon désir, à d'autres hommes queers, gays, voilà. Là, je suis en train de me poser la question aussi de m'engager dans une asso LGBT à côté de chez moi. Génial, ouais. Je suis dans une phase test, quoi. Bah ouais, super. Et ça marche bien ? En boîte, ça a très très bien marché. J'ai rencontré... En fait, on se connaît. J'ai le droit de dire qu'on se connaît. On se parle comme si on ne se connaissait pas. Je dis, ah merde, peut-être que je n'ai pas le droit de le dire. Moi, je trouve que ça marche vachement bien, ta stratégie. Je ne sais pas, je n'ai pas le recul. Moi, je l'ai. Toi, tu l'as ? Tant mieux, c'est à toi de l'évaluer. J'hésite, je tâtonne, j'ai l'impression de me planter et de réussir certains trucs. Je pense que ça marche globalement, ça marche bien. Tu te sens en tout cas aligné avec ces essais ? De ouf. En fait, je sens que l'endroit de mon désir de rencontrer des gens, il est rempli. Après, ce qui se passe, le résultat, la rencontre avec un mec, elle est autre chose. Mais en tout cas, moi, mon désir, il est écouté. Et ça, je pense que c'est le truc le plus important. ouais merci Adrien je voulais réagir parce que tu parlais de dépendance affective moi je te trouve très dur avec toi même en fait c'est pas une dépendance affective c'est une demande c'est une demande d'affection c'est une demande désespérée d'affection et merci vraiment merci beaucoup de parler de ça parce que j'ai l'impression qu'on en parle jamais Mais qu'on ait des tonnes et des tonnes de mecs à vraiment demander de l'affection. Et je pense que Grindr, justement, a vraiment fait son lit là-dessus, sur notre sentiment de solitude, sur ces moments-là où... on cherche un peu d'affection et peut-être qu'une des pistes que je vois c'est que à mon avis c'est pas infaisable essayer d'identifier les moments où on est dans cette espèce de demande là et essayer de réussir à se dire que c'est pas les moments où il faudrait aller sur Grindr quoi tu vois parce que c'est surtout des moments où tu sais pertinemment au fond de toi que tu vas pas rencontrer quelqu'un que tu vas peut-être te sortir encore plus misérable d'avoir scrollé tu te seras pris 2-3 rejets ou ghostings supplémentaires tu vois et c'est pas ouf et je suis ravi de savoir que tu essaies de faire autrement et moi je trouve que c'est un peu le maquette personnel aussi c'est faire autrement se risquer à prendre peut-être des râteaux, mais pas trop le prendre mal non plus, cultiver, tisser un réseau queer, des amitiés aussi qui sauvent de ce sentiment de solitude, je pense que c'est ça qui fera que déjà on aura peut-être un rapport un peu moins tourmenté avec Grindr. Mais grave ! Et comme je disais que je connais Adrien, ce petit chou, moi, ce qui change aussi vachement, c'est dans notre amitié, dans les amitiés que je peux bâtir. En fait, d'avoir des espaces où je dis au lieu d'ouvrir Grindr, Instagram ou Netflix, d'ouvrir mon application de messages pour dire à mes potes queers. Je ne vais pas bien ou je ne me sens pas très bien. De verbaliser, en fait, ça change absolument tout. De ne pas être seul, en fait. Je trouve que dans les amitiés gays ou queers que j'ai, c'est qu'on est tous en chemin sur notre intime, amoureux, sexuel. Et donc, on se pose tous plein de questions. On prend chacun des chemins différents. Mais en tout cas, je suis en sécurité de partager mes peurs, les rejets, les cap-écrans de messages méchants. Et demander de l'affection au contraire c'est pas une dépendance ou rien, c'est pas un problème, c'est légitime. On est tous légitimement en droit de demander de l'affection et ça faut jamais l'oublier, même quand on est sur Grindr. Ouais bien sûr. Seb si on passe le micro à Seb ça sera le mot de la fin et donc du coup je vais donner mon quatrième pilier parce que je me fais engueuler par des auditeurs qui font ouais tu commences des listes tu les finis pas ils ont bien raison c'est du teasing non le quatrième mais là je trouve qu'on en a dit plein trop chouette franchement le cinquième c'est quitter Grindr et faire tout ce que Adrien a dit qu'il fait mais le quatrième sur Grindr pour moi la question clé qui est essentiel au moment où j'ai du lien avec quelqu'un c'est de lui dire et je sais pas d'ailleurs Adrien si dans ton anecdote tu l'as fait mais moi je dis si jamais on se rencontre et que finalement j'ai plus envie d'honorer le contrat tacite entre guillemets si on se rencontre et que finalement il n'y a pas de désir sexuel entre nous ou qu'on le sent pas ou qu'on a envie d'autre chose de ce qu'on a peut-être dit ou pas Est-ce que c'est OK pour toi ? Et le oui à ça, pour moi, c'est jackpot et souvent, c'est des personnes trop chouettes et tout, ça me met dans une situation de confort. Et le non à ça, génial, on ne va pas se rencontrer. Mais je trouve que juste le verbaliser, de dire, ben ouais, voyons-nous, viens, mais si jamais ça change, est-ce que ça te va ? Et tu vois au type de réponse que tu as, c'est un feu vert ou un feu rouge. Je conseille vivement Seb ? Oui, en fait, je voulais juste réagir à ce que Thibaut disait juste avant. Donc moi, mon expérience de grinder, elle est toute... Je suis revenu sur Grindr il n'y a même pas un mois, après une longue relation exclusive de 11 ans. Effectivement, ça a changé un peu, on l'a décrit, etc. Mais justement, pour les mauvaises raisons, ça a été un peu la douche froide en arrivant là-bas. Je ne vais pas faire le détail, mais je sors de cette relation avec une estime de moi un peu compliquée sur le plan sexuel, on va dire ça. Et quelque part je me suis dit tu vas pour un mois et tu vas voir qu'il y a plein de gars qui vont vouloir te rencontrer, ça va être super etc et c'est pas exactement comme ça que ça se passe et donc j'ai au contraire plongé plus parce que Grindr c'est Grindr donc il faut être très proactif, je pense que c'est vrai, il faut insister, insister. Moi, ce qui était très difficile, c'était d'encaisser le ghosting. Parce que je sais, pas de réponse est une réponse. Je l'entends, mais en fait, moi, je ne l'entends pas du tout. Parce que quelqu'un qui me tape dans la rue, qui me demande si j'ai une clope, je lui dis bonjour en premier. Et je pense que ce n'est pas un effort, surtout qu'il y a des phrases préenregistrées. J'en ai une, je réponds à 100% des gens. Il n'y en a pas un qui n'aura pas de réponse. Je dis merci. Mais je ne donnerai pas de suite, mais merci de m'avoir contacté. Ça va vite. Je me permets de m'inclure très rapidement. Il y a le ghosting et dans ton livre, tu parles de l'orbiting que j'ai trouvé super intéressant. Et en gros, le concept de l'orbiting de façon orbite en anglais, c'est qu'en fait, la personne va plus ou moins engager et rester dans l'échange, mais sans jamais échanger. qu'il y ait une rencontre donc en fait t'es mis à distance il y a parfois des réponses où tu te dis ah bah il y a peut-être moyen mais en fait il n'y a pas moyen c'est l'horreur et elle revient de temps en temps c'est un peu ça l'orbiting c'est renvoyer des petits signaux de temps en temps faibles un tap ou quelque chose mais finalement il se passera jamais rien communication explicite moi je dis je te trouve très jolie si t'as envie qu'on parle on se rencontre on fait une visio sinon je te répondrai pas marche très bien Je t'ai interrompu. Non, mais il n'y a pas de souci. Et donc, du coup, en fait, je me suis rendu compte que dans ce... Alors, je n'ai pas beaucoup de recul. Trois semaines, ce n'est pas bien long. Mais je me rends compte que finalement, je réagis bien pire au fait qu'on ne me réponde pas du tout. Je me dis en fait, je n'existe même pas du tout. Plutôt qu'on me dise, en fait, non, merci. Et ça m'apprend des choses aussi. Mais quelque part, oui, je rejoins complètement ce que tu disais. Je voulais juste réagir. C'est la fin de notre live, pardon. Je ne sais pas pourquoi je me suis mis à rigoler. La meilleure alternative, non, ce n'est pas la meilleure. Une des alternatives qui s'offre à tous les auditeurs, c'est de venir à une rencontre entre auditeurs. Alternative à Grindr, franchement, pourquoi pas ? Il y a plein de gens qui sont venus. Mais ouais, elles sont très cool ces rencontres. Il n'y a pas d'enregistrement parce que je pense que les gens confondent live et rencontre. Même si avant le live, on s'est un peu rencontrés. D'ailleurs, si vous avez pris un numéro ou s'il y a moyen de moyenner entre vous, je veux bien le savoir. Je suis curieux, j'ai le droit. Vous avez le droit de ne pas me le dire. Les rencontres, en fait, on a développé un petit jeu, des petites façons de briser la glace pour qu'on se parle entre nous et tout. C'est vachement sympa. Venez. On en organise plus à Paris, c'est simplement parce que c'est des auditeurs bénévoles et motivés qui lèvent la main et qui, hop, en organisent. Il en existe à Lille aussi. Seb ? qui est à Lille aussi. C'est toi qui les organises, non ? Oui, enfin, je ne suis pas tout seul. Vous êtes ensemble. Il y a un apéro par semaine. Genève, Lyon. Ah non, il n'y a personne à Lyon. Bon, je ne connais pas les villes, on s'en fout. Vous allez sur le site et c'est très cool. Merci Thibaut. Merci Guillaume et merci à tout le monde d'être venu. Ça me fait très plaisir. C'était très cool. Je suis très content de ce qu'on a produit ensemble. J'ai vraiment aimé ton livre. Et je le dis comme ça parce que je me disais, mais est-ce que j'ai vraiment des trucs à apprendre sur Grindr, moi qui l'utilise autant ? Et bien en fait, ouais. Et je vois Romaric qui est d'accord avec moi. En fait, ça décode tellement bien le système dans lequel je suis moi-même pris, qui me violente, même si j'essaye un peu de le dompter. Ça m'a vachement inspiré pour ma suite à moi. Donc merci ! Merci beaucoup. Lisez-le. Et bisous à tout le monde. Il reste des délicieux gâteaux. Servez-vous, je ne veux pas les jeter, s'il vous plaît. Bravo ! C'est mieux, hein ? Merci à vous. C'était super.

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