18 ans : panique sur Grindr, nudes en pyjama et déclic à Bali – Roberto 1/3

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Partie 1 sur 3 – Roberto a 20 ans : il y a deux ans il installe Grindr. Et c’est la panique. Il raconte ces codes qu’il ne comprend pas, sa cage dorée, son coming out sur Discord et ce moment à Bali où il décide de « se créer un masque »

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Je te lis ma petite intro. Allez. Roberto, bienvenue chez moi. Merci. Dans mon salon. Roberto, tu as 20 ans et tu es bordelais. Quand je t'ai demandé ce qui se passait pour toi en ce moment, au niveau intime, tu m'as répondu « sexuellement, je me sens bloqué, je n'arrive pas à lâcher prise, à me laisser aller, même parfois juste rencontrer, j'ai trop peur ». Tu as toujours été très anxieux, peur du regard des autres, tu es bien dans ta chambre, avec tes jeux vidéo, sortir, ce n'est pas toujours très facile. Oui. Et pourtant, il y a deux ans, à tes 18 ans, c'est le déclic, un soudain besoin de liberté. Alors tu plonges dans l'univers des sonas de Grindr, tu enchaînes les plans sexe dans une frénésie avide d'explorer ton corps et le sexe jusqu'au jour où tes angoisses te rattrapent et tout s'arrête sur une histoire d'IST. « C'est le mental qui te fait des nœuds. Tu vas nous raconter ses premiers pas, ton kiff du sexe en domisoumis, être attaché en mode bondage, justement pour lâcher le contrôle, ton rapport à l'autorité, compliqué, tu m'as dit, et la honte, ce poison qui revient souvent sur tes lèvres, dans tes mots, M-O-T-S, dans tes mots, M-A-U-X, et qui t'empêche. » Tu m'as dit quelque chose que j'aurais pu, moi, Guillaume, te dire mot pour mot, vraiment, quand j'avais ton âge, il y a presque 20 ans. Une fois le rapport terminé, au début, je me sens plutôt bien. Puis au bout d'un quart d'heure, je me sens mal, sale, comme si je regrettais. Alors moi, je me retrouve vachement dans ton histoire, Roberto. Et d'ailleurs, tu m'as dit que tu voulais bien des conseils. Oui. Et… J'ai mon texte qui saute. T'inquiète. C'est bon. Et c'est d'ailleurs, moi, je pense, ce dont on manque souvent, les conseils de gays plus âgés, plus expérimentés, qui nous comprennent profondément ou en tout cas différemment. Alors je ferai moi au mieux pour te donner des petites idées qui m'auraient aidé moi quand j'avais 20 ans, ton âge, et qui en fait continuent à m'aider aujourd'hui alors que j'en ai 38. Et tu verras bien si ça te parle ou pas. Bien sûr. Et pour commencer Roberto, j'ai envie que tu tires une question au hasard. Oui. Je n'ai pas retrouvé mon Petit jeu de cartes, là. Tu sais, j'ai des cartes. Oui, je vois exactement. C'est un auditeur qui les a créées pour nos apéroditeurs. Et donc, comme ça, ça nous permet de briser la glace avec une petite carte et tout. Mais tu peux choisir un chiffre de 1 à 77, car j'ai la version numérique de ces questions. Je ne sais pas si c'est mieux, pour le coup, la version numérique à la version papier. C'est très bien. Oui. Tu choisis ? 52. Tu veux dire pourquoi ? Non, c'est le premier truc qui m'est venu en tête. Ah, c'est très rigolo. Ah, le hasard fait bien les choses. Ah ouais, toujours avec ces questions. La question est très ouverte et elle te demande masculinité et ou féminité ? Ah ouais là quand même on commence fort dès le début. Pourquoi tu dis waouh ? Je dis waouh parce que j'ai toujours eu un rapport assez particulier avec la masculinité et la féminité en fait. J'ai jamais été trop l'un ou trop l'autre. J'étais un peu dans le milieu. C'était un peu un juste équilibre. Mais en tout cas, je pense que le moi enfant était quand même, du moins intérieurement dans ma tête, je pensais être plutôt masculin. Mais de l'extérieur, on m'a fait comprendre que non, j'étais plutôt un peu féminin, un peu féminin avec quelques manières, mais… Ça, cette question qui s'invite, c'est un vrai sujet pour toi ? Si, en partie, mais pas tant que ça. Du moins, ce n'est pas quelque chose qui me prend la tête au quotidien ou que je réfléchis récemment. C'est quelque chose que j'ai traité et dont j'ai réfléchi avant. Et du coup, on t'a fait comprendre, tu dis on t'a fait comprendre que t'es trop efféminé ? Pourquoi ça te fait rire ? Non mais je sais pas, je pense que c'est des expressions faciales. Ok d'accord. Puis j'ai tendance à rire pour un rien en fait, c'est un peu ma manière de me protéger un peu. Ouais, t'es pas tout à fait à l'aise. Non, pas encore, pas encore. Bah non, mais c'est normal, tout va bien se passer. Je m'en fais pas. Non, mais en vrai, moi aussi, on m'a vachement accusé d'être efféminé, donc misogynie. Mais c'est quoi les traits en particulier ? Est-ce qu'il y avait des gestes ? Oui, s'il y avait des gestes, par exemple que je ne tenais pas droit quand j'étais debout, toujours un peu penché ou autre, un pied plus devant que l'autre. Aussi, la main au niveau des hanches, comme ça, entière. Parce que tu te tenais comme ça, naturellement. C'est à l'école qu'on te fait remarquer ça ? Oui, dès la primaire. Oui, dès la primaire, on me fait remarquer ça, que je ne suis pas comme tout le monde, justement. Que je suis un peu différent, un peu… J'ai oublié le mot, un peu décalé… Bref, je me suis resté. Oui, c'est bien. Bizarre. Oui, bizarre. Mais je ne savais pas encore à ce moment-là. Et on me l'a fait remarquer justement que j'étais efféminé. Des fois, il y avait des petits camarades et tout qui venaient me dire « Ah ouais, pourquoi tu as des manières ? Pourquoi tu es comme ça ? » Et moi, je me suis dit « Je suis juste moi, tout simplement. » Même des fois, même au niveau de ma voix, j'ai pas y trouvé quelque chose comme… Un truc en plus, un truc différent qui n'est pas dans la norme. Et du coup, tu as l'impression d'avoir du gommé ? Un peu de ça ou non, tu es resté aligné ? C'est intéressant. Au début, je ne cherchais pas le gommé ou à le cacher. Mais c'est que plus tard, quand j'ai compris que j'étais gay ou homosexuel, c'était à peu près 13-14 ans, Durant un voyage, en fait, c'était un voyage d'ailleurs à Bali. Voilà, très beau voyage d'ailleurs. Mais à ce moment-là, je sais pas, je me suis dit, il faut que tu te crées un personnage, il faut que tu te crées un masque, en fait, pour un peu rentrer dans les cases. Donc à ce moment-là, je commençais à avoir des mimiques, des… Des mots, des comportements ou autres plus masculins ou dans la norme. Même pareil au niveau du style vestimentaire en fait, mais je me crée un personnage quoi. Et c'était pas moi. Tu te souviens le déclic ? Genre t'es à Bali, qu'est-ce qui se passe ? Du moins le déclic de l'après ou de l'avant ? Le déclic, t'es en voyage et tu te dis en fait je vais te créer un masque. Bonne question en fait, j'ai pas cherché la racine de ça en fait, mais c'est venu comme ça. Il n'y a pas un événement en particulier ? Non, ça m'a pété à la tête comme ça, ça m'est arrivé un peu aussi en pleine face, je me suis dit il faut que tu rentres dans le moule en fait. Tu peux me ramener à ces 18 ans, donc il y a deux ans ? tu sais que je crois que tu es le Benjamin de ce podcast si je pense pas dire de bêtises je crois que t'es le plus jeune ça me touche c'est vrai pourquoi ? je pensais qu'il y avait des personnes plus jeunes que moi qui avaient déjà témoigné à ce podcast là et surtout au début en écoutant ton podcast je cherchais beaucoup de témoignages de personnes jeunes de mon âge ou autre en découverte, en recherche ou en exploration pour avoir ces conseils précieux Et pour me retrouver et me dire des fois « c'est ok », me rassurer tout simplement. Parce que tu as eu l'impression de ne pas avoir de référence ? Non, je n'ai pas eu de référence de hasard. Je me suis fait tout seul, un peu comme pas mal de personnes gays, je pense. C'est-à-dire, là, à Bordeaux, t'as pas de potes, il y avait… Pourquoi tu… Non, non, non, c'est juste le… À Bordeaux… Continue. C'est quoi le problème ? Non, tu veux pas que je dise à Bordeaux ? Si, si. Non, c'est juste que des fois, il y a des mots qui me ramènent à des images ou des choses. Je suis quelqu'un de quand même très visuel. C'était quoi, là, l'image ? L'image c'était Bordeaux et le fait que pour moi Bordeaux même si on qualifie cette ville de petit Paris, ce qui est vrai d'ailleurs, alors je sais pas si je vais me faire tuer ou pas, mais je trouve que c'est une ville qui est pas très appropriée pour les personnes queer ou gay, du moins pour moi, en fait je m'y retrouve pas tout simplement. Pourquoi ? Tu sais mettre des mots ? Oui, je saurais mettre totalement des mots là-dessus. Je trouve que c'est assez anxiogène. Bon, après, je suis quelqu'un de très anxieux de base, donc mon avis est un peu biaisé. Non, mais c'est juste qu'il y a beaucoup d'endroits où on se dit « Ah, c'est pas sécurisant. Ah, je peux pas être comme ça. Ah, je peux pas mettre du vernis. Ah, je peux pas tenir la main de mon copain. » Et donc, en fait, on est trop contraints. Et beaucoup de monde, même, porte trop de regards à insistants là-dessus. D'ailleurs, j'ai une anecdote là-dessus. J'étais avec ma sœur en sortie en ville, on était rue Porte-Tigeot, et il y avait une personne dans la rue et autres, habillée de manière magnifique, vraiment. très très futuristique un peu en vert fluo noir et autres et c'était un mec maquillage et tout et vraiment j'étais j'étais en admiration je me suis dit mais waouh comment il fait quoi même à Cerossi on était tous les deux très admiratifs de cette personne là et il marchait de manière mais très très confiante quoi Et tout le monde, mais tout le monde dans la rue, s'est retourné et l'a regardé, mais la foudreille du regard. Et ça m'a rendu cinglé. Je me suis dit, ok, c'est ça la mentalité de Bordeaux. Après, je fais beaucoup de généralité, mais c'est comme ça que je le ressens. Mais tu as le droit d'avoir ton propre rapport. Tu ne te sens pas tout à fait en sécurité, ni libre dans l'espace public que tu te figures. Oui, surtout libre. Est-ce que tu peux me ramener au déclic à 18 ans, ce moment où tu plonges dans le sauna, le grinder et tout ? Toi, ce que je comprends, c'est jusqu'à l'âge de 18 ans, quand tu dis j'ai pas de référence, c'est qu'il n'y a personne qui te donne soit les… Je sais pas si les codes, c'est le bon terme, mais ouais, non, tu te nourris même… Parce qu'on a grandi à 20 ans d'écart. Aujourd'hui, il y a un chouïa plus de séries télé et tout. Cette culture-là, elle t'a aidé ? En partie. Elle m'a en partie aidé parce que durant ma phase de recherche et de découverte, c'était vers 14-15 ans, en fait, quand ça s'est montré de moi de manière évidente, j'avais besoin de références. J'avais besoin de médias de me dire « c'est ok, il y a d'autres mondes qui sont dans le même bateau que moi. » D'aller voir ces médias-là et tout, et puis même, je me souviens avoir passé des soirées jusqu'à minuit, une heure, deux heures du matin, même jusqu'au lever du soleil, à fouiller des vieux forums avec des posts qui datent de 2015 et tout, qui parlent soit d'histoires romantiques, gays, réelles ou inspirées. Ou d'autres, de leur vécu, qu'ils soient bons ou… C'est pas bon, mais c'est bien reçu ou pas. Et en fait, ça m'a fait du bien et ça m'a permis d'avoir une vision plus claire sur ce qui m'attendait et sur qui j'étais réellement. Donc ça m'a permis de mieux me comprendre. Et puis même des fois, des films aussi. Après, je trouve que les séries télé, c'est bien, mais des fois, c'est assez stéréotypé, encore. Ça fait très cahier des charges, en mode, du coup, dans la série, il faut qu'il y ait telle personne, telle personne, un gay, un machin. Et ça fait forcer, en fait. On sent que le personnage est forcé et que… Alors que s'il l'amenait d'une autre manière, de manière plus naturelle, je pense que ce serait mieux et plus bienvenu. Mais ça l'est déjà, en tout cas déjà, qu'il y ait cette petite référence-là. Ça fait plaisir, ça met du boum au cœur. Quand tu me disais, à 18 ans, j'ai eu un déclic, il y a eu un truc vraiment où tu t'es autorisé à aller faire cette exploration, voire même un peu à l'excès, tu m'as dit. C'est quoi le déclic ? le déclic alors il s'est pas fait à mes 18 ans pile il s'est fait bien avant justement il s'est fait quand après être sorti avec une fille et que bon ça a rien donné j'étais sorti avec elle à peu près un mois ou deux je pense Donc voilà. Mais c'était une amourette, quoi. Pour le coup, il n'y avait rien de sérieux. Et voilà. Et du coup, ouais, non. Et puis même dans la cour de récréation, en fait, je l'embrassais et autres. Je lui tenais la main. C'était très romantique et je le suis toujours encore aujourd'hui. Tu jouais à l'hétéro, t'as l'impression ? Ou tu te sens bi ? Alors, pendant un moment, je me suis dit bi. Mais en fait, c'était juste une étape transitoire pour arriver à l'homosexualité. Parce que me dire hétéro, paf, casse homosexuelle, pour moi, c'était trop. C'était pas pensable, en fait. C'était comme un saut dans le vide, en fait. Donc je me suis dit, il faut une étape intermédiaire. Donc me dire bi pour un peu aussi… me rassurer moi mentalement dans ma construction et dans mes schémas quoi voilà et du… oui moi ce que j'ai compris c'est que à 18 ans tu te mets à enchaîner le sexe et du coup moi ma question c'était autour de ce déclic là pourquoi soudainement tu te mets à enchaîner le sexe euh euh Tu rigoles parce que t'es gêné ? Un peu en partie, mais parce que je me reprojette à moi 18 ans avec les plans à gogo et les soirées de folie. Le déclic à 18 ans, en plus c'était direct à mes 18 ans révolus. C'était vraiment, paf, anniversaire, c'est bon je le fête aussi en installant Grindr et en me faisant un compte. Et peut-être parce que t'as pas le droit en fait, je suis bête, sous 18 ans t'as pas le droit d'entrer dans un sauna ? Alors, d'un, pour le sonat, t'as pas le droit. Et pour Grindr aussi. Ah mais je suis bête, c'est pour ça que le déclic il est à 18 ans. Oui, oui, 18 ans paye le corps évolue. Ok. Et du coup, voilà. D'ailleurs, je me souviens de la soirée où j'ai installé Grindr. C'était un enfer. C'était un enfer, j'ai ultra mal vécu, j'ai angoissé, j'avais la boule au ventre et tout, j'étais ultra mal. Parce que je me plongeais directement dans un monde d'un qui m'était inconnu et dont je comprenais pas les codes ni les termes. et donc quoi dès que j'ai installé l'application que j'ai mis une photo de moi même pas torsionné ni rien c'était juste moi en pyjama et bon après j'ai cédé sous mon meilleur jour il y a eu un déferlement de messages c'était horrible mon téléphone n'arrêtait pas de vibrer j'avais la notification en boucle en mode comme ça j'ai reçu 160 vues le jour même je comprenais pas en fait qu'est-ce qui t'a stressé ces messages étaient agressifs ? ils étaient pas agressifs c'est juste la quantité de messages et la quantité de vues que j'avais c'est à dire en fait je représentais ces 160 vues c'est à dire que je voyais 160 personnes devant moi qui avait regardé mon profil, et qui était intéressé à la fois par moi, de plus ou moins. Et ça m'a angoissé, je me suis dit, si le voisin me reconnaît, ou que c'est une connaissance à mes parents, ça m'angoissait d'être reconnu. Je voulais que ce soit au début un peu… Je ne vais pas dire discret, parce que je ne veux pas non plus que ce soit caché, mais plus intime. Voilà, tout simplement, pour un début. Tu installes Grindr en espérant quoi ? Tu projettes quoi ? Tu en as entendu parler comment et tu projettes quoi ? Alors, j'en ai entendu parler comment ? par les réseaux il y avait des blagues justement sur les réseaux et tout en mode ah j'ai inscrit mon copain sur Grindr et tout pour la blague mais au final ah mince son adresse email est déjà enregistrée sur un compte tu aurais donc les réseaux sociaux les réseaux sociaux genre des petites vidéos humoristiques c'est ça ok vidéos humoristiques et même par un si je dis pas de bêtises par un ami gay aussi que je rencontre au collège d'ailleurs petite dédicace à lui s'il écoute le podcast ça m'étonnerait mais on sait jamais ça serait drôle vous êtes plus en lien ? on a une relation un peu particulière pour le coup en ce moment il est en Bretagne et du coup tu censures les bretons ? non non non comment ça je censure les bretons ? c'est une blague ok d'accord tu me taquines c'est que vous êtes loin et donc du coup votre lien s'est distendu ? Non, même avant, on est parti sur de mauvaises bases, en fait. Je sais pas si l'histoire est réellement pertinente à raconter. T'es pas obligé, en tout cas, te force pas. En fait, on parlait, là où je trouve que ça a du sens, c'est qu'on parlait de tes premiers pas. T'as dit « j'étais très seul et sans référence », là tu dis « j'avais quand même un pote gay ». Donc c'est en ce sens que je trouve pas ça inintéressant. T'avais d'autres potes queer, gays, lesbiennes, trans autour de toi ? Au début, non. Mais avec le temps, en fait, au final, j'étais quand même entouré. Sans le savoir. Mais sans le savoir. C'est qu'après qu'ils se sont révélés et que… Ouais, ok. Et du coup, en revanche, lui, ce pote-là, pendant le collège, vous étiez identifiés tous les deux ? Pas du tout. Tous les deux, on s'identifiait hétéro. Ok. Mais… Non, non, il s'identifiait hétéro et puis… Puis nous, on s'est rencontrés comme ça dans la cour de récréation, comme à rien. Et quand est-ce que tu as su qu'il était gay ? C'est bien plus tard, en fait. C'est quand moi, à 15 ans, je commençais à faire mon coming out un peu d'abord à mes amis. Après, un soir, je me souviens, un soir, chez mon oncle et ma tante, dans la chambre de ma cousine, dans le noir. En plus, il était tard, c'était 23 ans, un truc comme ça. C'est toujours le soir au… on parle un peu de nous, on se laisse aller et les émotions après aussi ressurgissent et reviennent et on parlait sur Discord et autres et puis à un moment je lui ai dit bon voilà j'avais envie de te le dire, je suis gay voilà je sais pas comment tu vas le prendre Wot mais j'avais besoin de te le dire et sortir ça en fait sortir ce poids donc je sais pas comment tu le prendras mais voilà Et Direct Après m'a écrit un message en disant « Waouh, c'est incroyable, t'es super courageux de faire ça ». Parce que moi depuis tout petit, j'ai toujours su. Mais j'ai jamais osé le dire. Et il m'a dit « Le fait que je l'ai verbalisé, ça l'a libéré aussi en fait ». Et il m'a dit à ce moment-là « Ouais, moi aussi je suis gay ». Et tous les deux, on s'est dit, c'est OK. Et puis, on a fait un petit bout de chemin ensemble, tous les deux. Et puis, c'est sympa de se dire, on a un pilier, on a une référence sur qui on peut s'appuyer. Ça, ça fait du bien. Et du coup, tu as envie de ne pas raconter pourquoi votre lien s'est distendu pour respecter la confidentialité ? parce que tu peux oui oui oui après ça va pas être très beau ce que je vais dire et ça va vite partir en sucette après parce que ça peut vite partir sur d'autres sujets parce qu'en fait ça a d'autres liens avec d'autres sujets ouais En tout cas, il y a un moment donné où tu as eu un soutien et ça a joué un rôle. Tu t'es senti un peu moins seul et puis à un moment donné, il n'y a plus eu de soutien. En tout cas, il t'a notamment parlé de Grindr. Tu projetais quoi ? J'ai réussi à retrouver ma question. Tu projetais quoi ? Tu t'attendais à quoi ? Bah, oula, j'ai la voix qui déraille. Attends, je vais boire un pot d'eau. Vas-y. Moi, je trouve ça vachement intéressant parce que ces puissances que tu racontes, ça m'éclaire de ouf dans mon travail. Je me sens, en fait, un peu déconnecté. C'est bizarre, hein ? Bien sûr qu'en fait, quand tu débarques et que t'as 18 ans, que tu sais pas ce que c'est Grindr, bien sûr qu'en fait… Mais bien sûr que c'est un choc. Bien sûr, pourquoi n'y ai-je pas pensé ? Toi, tu t'attendais à quoi ? En tout cas, je me suis dit que Grindr, ce n'est pas Tinder. Ce ne sont pas des rencontres sérieuses ou autres sur la durée. Je savais très bien que c'était un milieu que je qualifie de violent. Donc ça, tu projetais que tu allais avoir de la violence ? Oui, du moins que ça n'allait pas être simple et que j'allais être pris pour un bout de viande et objetisé, quoi. Comment tu savais ça ? Je savais ça par les réseaux. Réputation, quoi. Oui, la réputation de manière générale. Quand j'ai cherché Greiner sur Internet, oui, c'était souvent… Oui. Du coup, oui, par Internet. Du coup, tu l'installes avec un peu aussi d'excitation, en mode, j'ai envie de baiser, quoi. J'ai envie de sexe, pardon. J'ai envie d'amour, j'ai envie de sexe, j'ai envie de baiser. Qu'est-ce qui te vient par la tête ? Pas d'amour, parce que pour moi, l'amour, c'est quand même quelque chose de plus intime, où il y a un lien plus fort, des sentiments plus forts. Alors que Grindr, moi, je savais que ça allait juste un peu vide, entre guillemets. C'est-à-dire juste où on fait nos affaires et puis si on discute à la fin, c'est déjà bien. Donc oui, je savais déjà très bien dans quoi je m'embarquais. Ce n'était pas le mouton qui se balade chez les loups et qui ne sait pas dans quoi il met les pieds. Non, je savais très bien où est-ce que j'allais et où est-ce que je m'embarquais. On avait conscience. Pourquoi tu fais une photo de toi en pyjama ? bonne question je sais pas peut-être que je peux est-ce que je peux t'écrire ton apparence physique oui t'es quelqu'un de très soigné tu sais tu t'as choisi tes habits d'une manière très précise on est d'accord oui artistique je sais pas ce que je veux dire c'est esthétique oui merci donc tu sais très bien ce que tu fais quand tu prends une photo de toi en pyjama ah oui je le sais très bien pourquoi alors tu fais pyjama Pyjama parce qu'on va dire que ça mettait en forme mes atouts. Oui, ça dévoile plus. Un peu comme si je suis en maillot de bain. Oui, c'était plus près de mon corps justement. D'accord. Tu penses que tes atouts c'est quoi ? Mes atouts ? En fait ce qui est drôle c'est que les autres ont plus de facilité à trouver mes atouts que moi-même en fait. J'ai toujours du mal à me trouver des qualités en fait. J'aime plutôt me descendre et même mes défauts je pourrais te les lister là en 10 secondes mais mes qualités ça demande plus de réflexion. Mais là, quand t'as dit ça met en valeur mes atouts, c'est que dans ton cerveau, tu peux… Oui, dans mon cerveau, à ce moment-là, je me dis, en vrai, je suis mince, j'ai un beau corps, j'ai un peu de poils, je suis un minet, je suis jeune. Je sais que je peux plaire, en fait. Pour moi, je sais très bien quel type de… C'est pas public, mais tel type de personne je vais plaire et je cible, en fait, en faisant ça. Ok, et c'est qui ? Ben, les mecs âgés, c'est-à-dire 40 ans, 50 ans. Après, c'est horrible de dire âgés… Non, mais détends-toi. Non, non, mais j'aime pas… Je sens que tu me regardes en mode, merde, il a 40 ans. Non, non. T'inquiète, y'a pas de problème. Non, non, non, mais j'aime pas dire à des personnes, t'es vieux ou t'es âgé ou autre. Non, mais en tout cas, plus âgé que 18 ans. Oui, plus âgé que moi. Voilà, c'est ça. Mais plus âgé, genre plus 15 à 20 ans. Oui, c'est ça. C'est ça que t'es en train de dire, je pense. Oui. Et quand toi, tu prends cette photo et que tu vises un peu ce public-là, est-ce que c'est ton désir qui s'exprime ? Tu dis, putain, j'ai grave envie de me faire un… d'avoir du sexe ou de l'intime c'est genre joyeux et puis voilà c'est ton coeur, ton corps qui s'élance vers ça ou bien c'est un peu la place que tu trouves sur une sorte de marché que tu devines c'est intéressant ce que tu dis pour le coup parce que tu mets des mots sur des choses que j'ai pu constater mais que j'ai pas pu définir euh Quand tu parles de marché, c'est un mot juste, je trouve, pour définir Grindr. C'est vraiment un peu le centre commercial, on va dire, du sexe. En plus, rien que l'interface dans laquelle, quand t'arrives, avec les cases, ça fait vraiment rayon avec des produits comme ça affichés, lequel se met le plus en valeur, lequel se décrit le mieux. Mais oui, et puis non, même, je savais très bien à quelle description j'allais mettre exactement. d'ailleurs j'ai rentré le plus d'informations que possible comme ça au moins pas de mauvaise surprise et la personne sait tout de moi à peu près et puis c'était quoi déjà ta question ? t'es attiré par des gars qui ont 15 à 20 ans de plus que toi ? Au début, je me disais non. Donc au moment où tu fais ce profil Grader, tu n'es pas attiré par eux, mais tu les vises quand même, tu les cibles quand même ? Je n'étais pas attiré par eux consciemment. Mais inconsciemment, je cherchais ça, justement. Mais moi, de base, dans ma tête, je me suis dit, je m'inscris sur Grindr, je veux trouver des personnes de mon âge, en fait, pour expérimenter avec des personnes de mon âge, quoi. Parce que je me dis, des personnes de mon âge vont être plus, on va dire, au début, au balbutiement, donc au même niveau que moi, que des personnes, on va dire, plus âgées, qui sont plus expérimentées ou autres, et qui sont déjà… Voilà, donc… Du coup tu pourrais être excité, attiré par cette expérience, ça pourrait venir te rassurer et donc attiser ton désir ou au contraire c'est quoi du coup pour toi ? Bah si si, l'expérience pour moi oui c'est attirant de me dire le mec ou la personne avec qui je vais tomber essaie de faire des trucs ou autre, elle a des connaissances, elle sera me guider ou autre et de pas être dans le flou et dans le brouillon justement et de… Donc si, si, c'est rassurant et c'est plaisant, c'est un côté excitant même, parce que c'est souvent après la personne qui va être expérimentée qui va prendre les devants des fois. Et donc si, si, c'est plaisant, mais il y a un côté un peu angoissant là-dedans, de se dire… De se dire que soit on ne sait rien, on découvre, et que l'autre sait tout. Le niveau de connaissance n'est pas le même. Et ça met un peu en déséquilibre l'autre. Du moins, moi, ça m'a un peu déséquilibré de me dire « je ne sais rien, j'arrive un peu comme ça à tâton ». En fait, c'est angoissant comme excitant, oui. ta stratégie fonctionne 160 messages à la louche et ça t'a dépassé littéralement est-ce que t'es revenu plus tard une fois que tu vois la première fois tu plonges dans le lac froid et c'est un petit peu vivifiant ou en tout cas difficile et c'est dans les jours d'après t'as réouvert les messages et t'as fait des rencontres ou t'as complètement arrêté Grindr ? Ben, la soirée, je me suis dit, oula, alors, je mets mon téléphone en veille, je désactive les notifications, les vibrations, tous nos grinders, je veux plus rien recevoir. J'ai mis mon téléphone de côté, je me suis dit, oula, déjà, j'étais mal, je tremblais, autre, c'était vraiment très très mal. Et je me suis dit, bon, Roberto, tu vas dormir, demain, t'as notre jour, dors, et ça ira bien. Donc, je me suis endormi, et puis après, j'ai laissé couler quelques jours, et c'est à peu près, je pense, 5 jours où je me suis dit, bon, On reva à l'assaut de Grindr. En plus, c'est drôle, en fait. Souvent, quand je parle de moi, je dis « on ». Je trouve ça drôle. Je dis pas « je », je dis « on ». Je serais pas trop à dire pourquoi. Ça va. Bref. donc ouais donc 5 jours après je reviens à la Southgrinder et tout et je me dis bon là ça va aller mieux et tout et je vois le nombre de messages à traiter j'ai l'impression d'être un secrétaire en fait de me dire ah ok donc j'ai du travail je vais devoir faire ça et tout et forcément après je trie en fonction de qui me correspond le mieux et qui me plaît le mieux en fait et c'est ça que je trouve assez assez dur parce que j'aime pas on va dire rejeter les gens ou leur dire bah non tu me plais pas non parce que moi même j'ai du mal avec le rejet en fait Donc je suis même quelqu'un de très sympathique. Et donc je me dis, j'ai du mal. Donc en fait, je réponds pas. Je dis même pas, je suis même pas intéressé, désolé, bonne continuation. Non, je réponds pas. Voilà. Et puis, donc bref, j'envoie les premiers messages. Et puis, premier message ultra bateau, horrible. Salut, ça va ? Comment ça va ? Tu fais quoi ? Machin, t'es dispo ? Horrible. Vraiment les discussions, mais… banal quoi, chiante et puis vient un moment où les personnes me disent photo et je dis c'est à dire photo t'as déjà des photos de moi sur mon profil tu attends de quoi de moi en fait et les personnes me disent mais t'es con ou quoi en fait je veux des photos de toi nu et je suis en mode ah ok Et donc là, pareil, premier contact avec les nudes. En plus, c'était un début compliqué parce que mes parents m'ont toujours dit, et je ne sais pas si c'est le cas pour toi ou pour d'autres personnes, mais quand quelqu'un sur Internet te demande des photos de nudes de toi, ou même que tu connais et tout, n'envoie jamais des photos de nudes de toi ou autres, ou de tatouages ou de trucs qui pourraient te permettre de t'identifier ou autre, parce qu'après… Il y a du revenge porn, ça peut fuiter, ça peut aller sur je sais pas où, machin, et après tu le regrettes et pour l'effacer c'est dur ou voire impossible. Donc déjà ça s'angoisse bien quoi, et je me dis bah jamais je ferai ça. En plus c'est ma mère qui m'a bien matraqué ça et tout, donc ouais c'est compliqué. Et donc là je me dis je fais quoi ? Parce que je sais très bien que si je n'envoie pas des photos de mon corps, je n'aurai pas accès à la clé, c'est-à-dire le rendez-vous, le plan et tout. Donc là aussi, c'est dur. Je me dis, est-ce que je fais une bonne chose ou pas ? Beaucoup de remises en question, de l'angoisse aussi. Et je pense aussi que mon père et ma sœur se rendent compte un peu de mes débuts sur Grindr, parce que j'étais quand même très angoissé, très mal. Et j'avais le regard un peu, toujours un peu tombant, à regarder les sols, à réfléchir en me disant est-ce que c'est une bonne idée ou pas, à trop mentaliser. Donc… Faut vraiment qu'on crée le poudlard des petits queers, quoi. Mais vraiment. Non, mais c'est vrai, parce qu'en fait, si t'avais été avec d'autres gens, déjà un, des gens compétents qui t'informent sur tes droits et comment ça se passe l'espace numérique, tu vois, c'est un peu les bonnes questions que tu poses, comment je prends soin… de moi comment je décide en fait si j'ai envie d'envoyer des photos nues de moi ou pas et d'avoir un espace où tu peux choisir peut-être entendre les autres comment eux ils font leur choix enfin t'en penses quoi c'est aussi je trouve cet isolement moi que j'ai vécu aussi que je trouve dur quoi oui Oui, c'est ça, c'est le mot. Juste, ouais, c'est dur. C'est dur parce qu'en fait, on apprend tout seul et on se forge tout seul. Vu qu'on n'a pas de personnes qui ont de l'expérience avant, qui pourraient nous expliquer ou autre. Et puis même des fois sur Internet, on n'a pas les réponses à la question. Il y a des assos LGBT, toi, t'en penses quoi de ces lieux ? Là, t'essayes de rentrer dans l'univers queer gay par la porte de Grindr et de l'en ligne. T'as pensé à… voir s'il n'y avait pas des assos, qu'elles soient sportives, qu'elles soient LGBT, on parle. Si, c'est d'ailleurs ce que j'ai vu sur les réseaux comme Reddit ou sur Internet, qui disaient « rapprochez-vous d'associations, ça pourrait être bien et bénéfique pour les jeunes de ton âge et tout, de votre âge ». Mais comme tu l'as dit au début, je suis quand même quelqu'un de très timide, très angoissé. et qui reste un peu dans son coffre de chez lui, un peu dans ma cage dorée. C'est-à-dire, je suis dedans, je suis prisonnier. Mais au fond, je me sens bien. Mais je ne me sens pas libre non plus pour autant. Et du coup, pour moi, me dire « Attends, il va falloir que j'aille à l'extérieur, en plus dans un lieu qui est marqué, donc LGBT et tout, pour un début, alors que je n'étais pas très à l'aise avec ça encore. Une assos. Voir des personnes qui vont me parler de choses dont je ne vais rien comprendre et que je vais peut-être faire des erreurs ou des bêtises et qui vont peut-être le prendre de manière assez… ben comme ça c'est assez chaud ou autre et que donc je sais pas je vais me faire radier ou autre donc c'est très délicat on va dire c'est très délicat et puis même moi je sais que je suis assez maladroit comme personne et puis non je sais pas c'était pas possible pour toi ? non mentalement c'était pas possible je me rappelle plus du nom mais il existe une asso j'ai rejoint leur discord il existe une asso de gamers queer hum Autant en ligne jeux vidéo et tout que jeux de société. Je suis sûr en tapant dans Google et c'est national, en tout cas en France métropolitaine, j'en suis sûr. Et je pense que petite idée comme ça, il peut y avoir des espaces en ligne qui permettent d'être justement dans ta chambre, dans un espace où tu te sens plus à l'aise. et te connecter comme ça autour de jeux en commun tu vois tu joues à quoi ? totalement en ce moment ? alors en ce moment je suis à fond en fait je suis vraiment dans ma période Nintendo Switch là je suis en train d'essayer de terminer Mario & Luigi Brothership voilà donc petit RPG japonais d'une série que j'aime beaucoup je sais pas si ce que je suis en train de te dire c'est du charabia ou pas attends tout à fait mais moi je suis plus PS5 Ah, t'es plus PS5, ok. C'était la parenthèse console. Enfin, c'est marrant parce que j'ai eu exactement la même chose. J'ai eu exactement la même chose. En fait, le moment où tu racontais, j'avais le souvenir qui remontait. Donc moi, j'étais vachement geek, vachement ordinateur et tout. Et c'était mon seul accès via le porno, avec tous les dommages que ça fait, parce que le porno, c'est une fiction. Je racontais ça à ma nièce. Je disais, tu vois, je crois qu'elle aime vachement Mission Impossible. J'ai un doute. Bon, je disais, tu vois comment Tom Cruise, il court dans Mission Impossible où il est rarement quand même essoufflé. Il n'y a pas trop de sueur et tout. C'est une fiction. Si toi, tu te mets à courir, pareil, honnêtement, même si t'es trop forte, franchement, au bout de dix minutes, tu galères. Surtout si t'es en haut d'un train qui va à toute vitesse. pendu à un avion. Et c'est un peu ça. Sauf que le porno, pour moi, c'est ça, en tout cas. Sauf qu'en fait, on ne m'a jamais dit que c'est normal de ne pas pouvoir courir plus de 10 minutes sans suer. Donc moi, quand je cours plus de 10 minutes et je me dis, mais il y a un problème. Vraiment. Et je trouve qu'il y a une mise à jour logicielle que je fais, moi, aujourd'hui, à près de 40 ans, sur… Tu vois, notamment l'autre exemple que je donne souvent, c'est quand j'ai commencé à pénétrer, je galérais sur comment les corps ne sont pas à la bonne hauteur dans les pornos. Les gens, ils ont l'air d'être clouc, ça rentre parfaitement. Donc moi, je me stressais et je perdais parfois mon érection parce que j'étais là. Mais en fait, ça fait trois fois que je demande à l'autre personne de se bouger. Est-ce que tu peux mettre plus haut, plus bas ? Et j'y arrivais pas et j'étais là. Et je me disais, putain, je suis nul. Normalement, ça rentre tout seul, façon dans du beurre, dans du beurre demi-sel, un peu mou. Et en fait, non. Et en fait, moi, régulièrement, mais ça ne m'est arrivé pas plus tard qu'il y a deux jours, le gars essayait de me pénétrer. Et donc, on galérait. Et je sentais qu'il s'est mis à stresser. J'étais là, tranquille. Attends, je pense qu'il nous faut un petit coussin sous mes jolies petites fesses. On a rigolé et c'était cool, tu vois. Tu voulais dire quelque chose ? T'as levé le doigt ? Oui, j'ai levé le doigt. Première fois qu'on me le fait. Ouais, non, c'était juste pour notifier des moments, on va dire, importants. Ouais, et n'hésite pas à m'interrompre d'ailleurs. Bien sûr, non, non, mais je ne suis pas du genre à interrompre. Euh… Avant que tu répondes, juste pour… Parce que sinon, mon cerveau ne va pas me laisser tranquille. Pas de souci. Ce que je voulais dire tout à l'heure par rapport à moi sur l'ordi et le porno, c'est qu'à un moment donné, j'ai entendu parler d'assaut LGBT et ça m'a fait tellement peur. Alors même que, en fait, le jour où tu pousseras la porte d'une asso LGBT, c'est des gens compétents, délicieux, qui au contraire sont formés parce qu'ils savent très bien que c'est dur de passer la porte. Donc, sauf sur tomber sur un mauvais jour… C'est des gens souriants qui sont… Et il n'y aura pas du tout de… Ah, t'es maladroit, au contraire. Et ils seront… Tu rencontreras certainement des gens avec qui il n'y aura pas de match parce que c'est pas le monde des bisounours, mais il y a plein de gens où il y aura plein de matchs. Ça sera délicieux. Voilà, petite parenthèse. Et moi, je me rappelle vraiment me dire… En plus, j'habite en région parisienne. Je me dis, mais il faut que je prenne le train et débarquer avec des inconnus et vraiment des angoisses donc je suis connecté avec toi ça y est parce que sinon mon cerveau j'arrêtais pas de me dire non mais y'a pas de soucis En fait, c'est drôle, mais on a beaucoup de choses en commun, je trouve. Pour le coup, parce que ma première fois à 15 ans, initialement, je pensais dans ma tête, je me suis dit je vais être actif, je vais pénétrer, je vais pas être pénétré. Pour moi, c'était je serais actif et tout. Je pensais que le mec allait me laisser le pénétrer et qu'il serait passif. Du moins, ça laissait transparaître ça. au final j'étais drôlement surpris que ben non ça a été l'inverse et en plus j'étais pas préparé donc je me dis oula dans quoi je m'embarque truc complètement inconnu et tout je ne savais même pas qu'il fallait être préparé tu l'as rencontré comment cet homme ? t'as 15 ans ? oui j'ai 15 ans à ce moment là et suite à la rupture avec la copine en question qui a duré 2 mois d'ailleurs j'ai rompu avec elle de manière complètement horrible c'était au nouvel an Je pense que tu dois arriver gros comme un camion le truc, au nouvel an et tout. Je vois surtout arriver gros comme un camion ta capacité à changer de sujet. Oui, tu veux que je me recentre ? Est-ce que c'est vraiment essentiel de parler de cette rupture ? Non, du moins, juste pour dire, j'ai réalisé que non, les filles, c'était pas fait pour moi. Donc, je me recentre. Du coup, le mec en question, je l'ai rencontré sur un site internet de rencontre pour adolescents. Ah ouais, ça, je savais pas que ça existait. À l'époque, moi aussi, je savais même pas que ça existait. Et c'est en tapant juste site de rencontre, où là, je suis tombé sur une liste de sites de rencontre pour adolescents, mais en dizaines, voire en quinzaines et tout. Mais c'est légal ? C'est ce que je me suis dit aussi au début. Je me suis dit, est-ce que c'est légal, surtout au niveau de la marge, au niveau de l'âge ? Parce que moi, pour le coup, le site en question, je sais pas si je peux le nommer. Bah, je sais pas. Ouais, bon, je vais éviter, c'est pas grave. Tu l'as bien aimé, le site ? T'as envie d'en faire de la pub ? Tu le recommanderais ? Dis-le si tu le recommanderais à ton meilleur pote qui a 15 ans. Non, je le recommanderais pas. Du coup, ne citons pas. Toi, du coup, c'est vous échanger des messages avec ce gars, il habite… Il habite à Bordeaux, au niveau de la périphérie. Il est un peu à l'extérieur, à peu près à 30 minutes de chez moi en vélo. Mais oui, tu te rappelles ce que tu m'as dit ? Tu m'as dit, quand vous vous êtes mis d'accord pour y aller, tu m'as dit « j'ai pédalé comme un fou ». mais moi j'avais trop envie de tu sais j'ai fait 10 ans de psychanalyse les psychanalystes ils kiffent à branler la nouille sur 3 mots mais là ça m'est apparu tu vois la pédale, pédaler la pédale un peu ce mot dans lequel on s'empêtre quand on se sent gay ou queer différent un peu l'insulte et comme un fou il y a un peu un côté de folie mais j'étais là c'est marrant qu'il m'ait dit Mais c'est sorti tout seul, tu m'as dit « pédaler comme un fou ». Pourquoi t'as pédalé comme un fou ? Pourquoi fallait aller vite ? T'étais excité ? Oui, oui, j'étais excité. Trop bien. Je me souviens, en plus, dans la classe, au niveau, c'était une évaluation et tout. Je ne pensais même pas à l'évaluation, en fait. Je pensais juste à le retrouver chez lui. Attends, t'avais un examen ? Oui, j'avais un examen. Après ? Non, non, non, avant. Avant de le voir. J'étais pas précis. Non, non, c'est avant de le voir et autres. Et c'était quasiment là, après, c'est avéré que je l'ai chié. Je l'ai raté. Parce que je pensais à autre chose. La tête était ailleurs. Bon, tu vas raconter dans le prochain épisode. Là, j'ai regardé le temps et en fait… Déjà ? Bah oui, c'est la fin du premier épisode. Dans le prochain épisode, tu vas raconter cette première fois. Et j'ai pas oublié que tu rebondissais sur… Bah en fait, je pensais le pénétrer et puis en fait, non. Et moi, je te ramenais à comment moi, j'ai dû décoder, enfin, mise à jour logicielle. De toutes les images que le porno donne, alors même que tu sais que c'est une fiction, c'est compliqué de s'updater. J'ai envie que tu racontes le déclic pour aller au sauna à 18 ans. C'est ce que tu as trouvé et ce que tu as trouvé au sauna, parce que tu m'as raconté des trucs. Et plus généralement, toi aujourd'hui, il y a eu cette période de frénésie et puis pouf, ça s'est arrêté. Et aujourd'hui, tu dis je me sens quand même assez bloqué et du coup, on va enquêter là-dessus. On va déployer ta parole là-dessus. Parfait. Ça te va ? Ça me va. Top. À très vite. Veux-tu une pause paille-paille ? C'est-à-dire paille-paille ? Tu connais pas ? Non, je connais pas. Le paï-paï ? Le paï-paï ? Mais attends, mais… Je suis un inculte ou… Mais bien sûr que tout le monde connaît le paï-paï. Non, je me moque de toi. Personne ne connaît le paï-paï, c'est pipi, mais le i est dit en aïe-aïe. Ok, d'accord. Alors sache que quand on approche 40 ans, la capacité humoristique prend deux directions. Soit ça monte, soit ça descend. Je te laisserai décider. En jugé, ouais. En jugé par toi-même. Ok.

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