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Eh bien, re-bienvenue. Nous avions un cri de ralliement. À trois, on va le faire. Un, deux, trois. Super. Non, c'est super. Non, je suis content. Là, on est réunis. On discute de notre thématique sexe en couple ou avec le même partenaire sur le long terme. Comment je fais avec ma libido qui fluctue ? Il y a eu tout un tas de jolis partages. Épisode précédent. Les gens n'ont qu'à écouter l'épisode précédent.
Mais on peut écouter cet épisode sans avoir écouté le précédent parce qu'on va pouvoir redonner quelques contextes. Notamment, on va rebondir. On avait terminé sur David. Est-ce que tu as le micro, bâton de parole ? Il est juste à côté de moi. Est-ce que tu peux te lever ? Et pendant que tu viens chercher le micro...
J'ai deux choses à vous dire. La première, c'est que je veux remercier les 98 donateurices mensuels. On peut faire clickety. Non, franchement, c'est trop cool. Donc, ça augmente petit à petit. Pour le moment, c'est mon métier à temps plein. J'essaie de gagner ma vie avec. Pour le moment, tous ces dons géniaux. Après, tu enlèves les frais bancaires, les différents impôts, etc. Ça me fait 450 euros sur mon compte net.
Tant te dire que j'utilise encore mes économies et que vous pouvez devenir un des 400 pour que ce podcast continue. Non, mais en vrai, je suis déjà trop content. Moi, ça me touche trop et je reçois plein de messages trop sympas. C'est cool. Si vous n'avez pas de thunes, pas la possibilité de donner de l'argent, voici le calcul. En gros, là, il y a 10 000 personnes qui écoutent chaque mois.
Et il y a 100 personnes presque qui donnent. Ça fait 1%. On est d'accord ? Donc pour avoir 400 personnes, il faut 40 000 auditeurs uniques par mois. Vous êtes toujours avec moi. Donc le moment où tu mets 5 étoiles, qui a mis 5 étoiles au podcast ?
Levez la main. Qui n'a pas mis 5 étoiles au podcast ? Eh bien, voilà. Là, les gens ne peuvent pas voir, mais vous faites partie des meilleurs auditeurs. En tout cas, ceux qui sont présents. Mettez 5 étoiles sur Spotify & Co. Parce que ça pousse vraiment l'algorithme et ça marche vraiment pour atteindre ce nombre. Et parlez-en autour de vous.
Trop bien, j'ai fini mon petit blabla. Deuxièmement, si les gens veulent venir à des apéros, d'ailleurs David qui va parler est co-organisateur des apéros à Paris, il y en a dans d'autres villes. Il faut aller sur le site internet, donc soit apéro, soit enregistrement comme celui-ci, bit.ly slash commentdevenir et c'est le même lien pour faire le don.
On est content ? Denis ? Tu es ravi ? C'est cool. On n'a plus d'eau. Est-ce que je peux demander à quelqu'un de me faire un verre d'eau ? Non, pas toi, Denis. Toi, tu vas parler. Ce serait trop sympa. Merci beaucoup pour ne pas que je m'assèche. David, tu allais dire quelque chose. J'allais dire quelque chose. Sur la fin du premier épisode, Denis parlait de la place qu'on mettait au sexe dans le couple. Je trouve ça ultra intéressant et important. Moi, je me dis, peut-être que c'est mon cas et peut-être le cas de quelqu'un d'autre aussi, mais
de pouvoir dissocier aussi sexe et couple en fait et de se dire à un moment donné si le sexe ne marche plus dans ton couple est-ce que ça veut dire qu'il faut que tu arrêtes ta relation si elle t'épanouit d'une autre façon et peut-être qu'il y a aussi cette pression où on se dit couple c'est forcément associé au cul
Et s'il n'y a plus de cul, on est forcément obligé d'arrêter la relation. Alors peut-être que moi, en fait, avec du recul, je me dis là et après les discussions, je me dis peut-être que c'est mon cas. Moi, je peux dissocier tout ça. Ce n'est peut-être pas le cas de tous. On peut faire un sondage. Là, on est 25. Qui serait OK de dissocier ? Donc, vous tombez amoureux. Il n'y a plus de sexe. Vous restez en couple avec cette personne et vous nourrissez votre besoin sexuel ailleurs. Qui serait ouvert à ça ?
1, 2, 3, 4, 5, 6, 7... Ah, il y a la moitié, moite-moite. Denis ? Autrefois, on se posait la question d'est-ce qu'on peut dissocier le sexe de l'amour ? Puisqu'on n'osait pas... Enfin, en tout cas, c'était mal vu, surtout pour les femmes, d'aller faire du sexe en dehors de l'amour. Et finalement, maintenant qu'on a fait sauter le carcon...
On va se poser la question inverse. Est-ce qu'on peut effectivement être heureux en amour sans être totalement épanoui sexuellement avec notre partenaire ? Ça, c'est une grosse discussion parce que justement, de la moitié d'ici, des auditeurs qui sont...
potentiellement ouvert à avoir un couple heureux et amoureux sans avoir de sexe entre eux. Et l'autre moitié, non. Dans le couple, c'est pareil. Ça va être le moment de trouver un moyen de discuter avec son partenaire et d'envisager. Est-ce que, finalement, cette question du sexe conditionne notre amour ? Ou est-ce que, finalement, on peut continuer à s'aimer mutuellement ?
Ou pas. Ça c'est chacun qui a son mot à dire. Parce qu'on a, tout comme disait David tout à l'heure, enfin avant dans l'épisode précédent, c'était...
Notre sexualité a évolué, mais pas sur le même timing, ni sur les mêmes objets ou les mêmes envies. Tu parles de la sexualité dans le couple de David. Et donc finalement, l'évolution de l'amour et de la vision de l'amour va aussi évoluer au sein du couple. Est-ce qu'on évolue au même moment ? Est-ce qu'on est prêt à finalement s'aimer sans sexe ensemble maintenant ? Ou est-ce que le sexe a encore une composante importante ?
Tu voulais rebondir sur le partage de Benjamin dans l'épisode précédent, lorsque tu nous racontais la rupture, en disant que la rupture a été ultra douloureuse parce que l'amour était là, mais il n'y avait plus le désir. Oui, tu pleurais des madeleines, c'est très joli !
C'est ce que tu as dit. Et justement, tu t'étais posé la question, est-ce que je peux continuer à l'aimer et être heureux avec lui en développant une sexualité différente ? Et est-ce que lui, potentiellement, a fait le même chemin ?
L'ouverture, ce n'était pas une option déjà. Donc ça, c'était réglé. Surtout vis-à-vis de lui. Moi, je l'ai demandé. Et moi, je considère que le sexe, ça fait vraiment partie de moi. C'est une expression de moi. Et si je ne fais pas de sexe, je ne suis pas complet. C'est un exutoire. C'est un moyen de vivre des choses que tu ne vis pas dans ta vie. Et du coup, au bout d'un moment, au début, tu te fais ça va, ça va. En fait, en vrai, au bout d'un moment, en fait, non, ça ne va pas.
Donc effectivement, là au moins, tu vois, t'as pris une décision qui était certes douloureuse, mais t'as pris ce temps de te poser cette question-là. Et effectivement, le premier step, en tout cas, c'est de se poser la question. Est-ce que je peux, moi, être totalement amoureux, totalement épanoui, sentimentalement dans mon couple, sans exprimer cette part qui est la sexualité ?
Et puis je pense qu'à deux niveaux, il y a le niveau sans exprimer la sexualité dans le couple, et si t'es dans un couple fermé, bah juste t'as plus de sexualité. Et là, c'est là aussi qu'il faut red flag, quoi, je pense.
Du coup, je pense qu'on peut aussi continuer sur comment exprimer ses envies. Puisque dans l'épisode précédent, on disait que c'est intéressant de se poser la question de ce dont j'ai envie. Est-ce que mon partenaire y prend place ? On avait identifié plusieurs pistes. Déjà, est-ce que...
Mon partenaire peut prendre place dans mon envie ? Si la réponse est oui, comment est-ce que je fais pour lui partager ? Donc mon envie, c'est par exemple, j'adore cette pratique sexuelle. Une envie, c'est une pratique sexuelle, c'est un moment sexuel, c'est ça ? Oui, ça peut être une pratique, ça peut être, est-ce que je le fais sous une porte cochère un soir en rentrant ? Ça peut être des pratiques un peu plus poussées, un peu plus originales. Et justement, il y a un petit...
La clé pour parler de sexe, il faut que ça soit toujours ludique dans le couple. Plus on va mettre de ludisme dans l'échange, plus on va transformer le gros éléphant au milieu de la pièce en petit ballon qu'on va se lancer, on va se faire des passes. Donc plus la discussion va être tournée autour du ludisme, plus ça sera simple de pouvoir l'exprimer. Et donc, il y a un exercice que je peux donner et que je donne souvent à mes patients,
Ça va être de faire un mur de post-it. Et il faut que ça soit en même temps. Il faut que les deux partenaires soient OK pour se dire « Allez, là, est-ce qu'on est OK pour faire un petit jeu et marquer ce dont on a envie là maintenant ? » OK. Donc, je marque sur les post-it ? Tu marques sur un post-it par envie. Porte cochère, autre chose, n'importe quoi. Et après, l'idée, c'est d'accrocher tous les post-it au mur.
Mes envies avec la personne qui est présente ? Oui, c'est si mon partenaire peut prendre place dans mes envies. Est-ce que j'imagine qu'il peut me satisfaire dans cette pratique ? Donc si j'ai un désir de BDSM et que je sais que mon partenaire ne veut pas, je ne mets pas sur le post-it ? Ah non, parce qu'on ne sait jamais à la place de l'autre.
Donc je le mets sur le post-it ? Il faut le mettre sur le post-it. L'erreur souvent qu'on peut faire, c'est d'avoir peur du jugement de son partenaire. Ça a été évoqué dans l'épisode précédent. Ça roche de la tête. Ça cliquetit. Ah ouais, il y a... Ouais, ouais. Donc, on a peur de sa réaction parce qu'on va penser à sa place, on va penser ce qu'il va penser, qu'on est en train de penser. Ouais.
Donc ça fait beaucoup de ricochets pour une incertitude finalement. Donc même si on estime que potentiellement le partenaire ne peut pas y prendre place, marquez quand même sur le post-it son envie. Et donc après, deux colonnes. L'envie du partenaire numéro 1, l'envie du partenaire numéro 2. Les envies. Et après, il va falloir ventiler. Le partenaire numéro 1 va observer toute la liste des envies du partenaire numéro 2.
Il va pouvoir dire, celui-ci, je le mets en haut parce que j'ai envie. Celui-ci, je le mets en bas parce que je n'en ai pas envie. Et on parle d'envie. On ne parle pas de... On ne va pas sortir le gros mot de fantasme. Parce que des fois, quand on se dit, je ne vais pas dévoiler mes fantasmes, le mot fantasme, ça envoie quelque chose de très personnel, de très intime. Alors qu'une envie, ça peut être des fois, juste une fois, tester quelque chose. Et donc mettre...
En haut, tout ce que je suis prêt à faire pour mon partenaire ou avec mon partenaire. Et en bas, ce qui par contre ne me dit pas du tout. Est-ce que je peux me moquer de toi un peu ? Vas-y, je t'en prie. À quel moment donné c'est ludique ?
D'être en réunion de... Non, en vrai, moi, j'aime beaucoup ton idée et quand je me projette, tu vois ce que tu as dit il y a quelques temps en disant est-ce que tu es prêt à être en couple même s'il n'y a pas de sexualité ou en tout cas, c'est quoi la place du sexe avec ce partenaire ? Là, moi, si j'applique, je disais dans l'épisode précédent, je suis en relation depuis 11 mois...
Et il y a un stop sexualité, mon désir il s'est arrêté alors qu'on est en relation ouverte et j'ai du désir pour des nouveaux partenaires. J'ai aussi observé que même j'ai pas de plan cul régulier, j'ai pas des hors cette relation première des plans cul réguliers. Et je sais pas répondre à cette question et là pour le coup je me dis ah ouais merde, cette question de oui peut-être que si on est en couple je peux choisir d'être en couple avec quelqu'un avec qui j'ai pas de rapport sexuel.
Et je crois que c'est un élément de honte sociale. Je me dis, j'ai raté. Ça, c'est ma personnalité un peu nulle, un peu bizarre, de rapport à la performance perpétuelle. Mais je me dis un peu, c'est la honte et tout. Et après, ton deuxième point, c'est la communication. Moi, j'aime beaucoup cette idée-là parce que ça correspond exactement à ma personnalité. J'adore les post-it et les trucs comme ça. Euh...
Ce n'est pas très ludique, en vrai. Alors, ça peut l'être... On ne va pas se marrer. Non. On ne va pas faire ce post-it. Ça peut être ludique si c'est fait au bon moment. Lorsqu'on ne ressent plus de désir pour le partenaire, tu as dit qu'il y a une forme de honte qui peut s'installer. Au début de la relation...
Si vous vous projetez sur comment étaient les premières semaines, les premiers temps avec l'autre, en général, tout est possible. C'est de la découverte. Les premières semaines, c'est vraiment amusant. On va tester des petites choses. Ce jeu de mes envies, en fait, il ne faut pas attendre que ça n'aille plus pour le faire. C'est vraiment essayer de le faire régulièrement. Allez, tu sais quoi ? Ce week-end, on va tester des trucs. On va voir ce qui nous passe par la tête, de quoi est-ce que j'ai envie ?
Et là, tu crées du ludisme. À partir du moment où le sujet de la sexualité devient problématique, il va y avoir un impact émotionnel. Et d'ailleurs, c'est plutôt intéressant parce qu'il y a des signes avant-coureurs que le désir est en train de partir. Il y a toujours deux questions que je pose à mes patients pour le désir. Est-ce que votre partenaire, lorsqu'il vous touche, ça vous fait des chatouilles ?
Au début, un toucher, lorsqu'il est érotique, ça va faire des frissons, ça va stimuler un petit peu. Et lorsqu'on perd le désir, le toucher de l'autre va devenir un petit peu comme une micro-agression, quelque chose qui met mal à l'aise. Et là, on va commencer à avoir des chatouilles. Au début, il nous touchait le téton, ça faisait des frissons. Maintenant, il nous touche le téton, ça fait des chatouilles.
Donc là, il y a un premier signal. Attention, chatouille. On commence à s'interroger. Il y a des gens dans la salle qui voient cette distinction ? Si vous êtes à l'aise de lever la main, parce que ça vous expose un peu, vous avez déjà eu avec un ou des partenaires réguliers ce passage de ça m'excite à ça me chatouille. Levez la main. Majorité de gens. Majorité ? Bon, grosse moitié. Euh...
J'ai envie qu'on revienne sur l'exercice que tu proposais. Qui s'abote de le faire ? Et sinon, est-ce que vous pouvez raconter comment vous avez réussi à communiquer, à parler sexe ? Donc là, il y a une idée, un exemple, un jeu qui est tout à fait fait pour moi, que j'ai hâte d'aller faire. En vrai, je trouve ça cool. Avec quand même...
On s'en fout, je raconterai après. Est-ce que vous pouvez partager ? Ça vous botte ou pas ? Là, on cherche des solutions. Donc j'ai combien de oui ? Ah ouais, donc grosse majorité de oui. Gros fun du post-it. Est-ce qu'il y a des gens qui ont eu des astuces, des trucs où ça s'est bien passé pour eux dans leur communication, à partager un retour d'expérience ? Vous n'êtes pas obligés d'être experts de la communication. Mais un truc où c'était fluide ?
Pardon, un moment, un vécu avec un partenaire régulier où cette communication, vous êtes parvenu à dépasser ce moment un peu gênant et à partager. Et comment vous avez fait ? Alors, je vais essayer de prendre quelqu'un qui n'a pas parlé. Marcus, tu n'as pas parlé. Bâton de la parole, aussi appelé micro pour Marcus.
Bonjour. Salut Marcus. Moi, je pense à des moments avec mon partenaire actuel pour se situer. Ça fait trois ans que je suis avec un mec. J'ai eu plusieurs relations de langue jusqu'à neuf ans avec un garçon. Il y avait toujours du désir. Je suis plus de gens s'il n'y a pas du désir dans le couple.
Je veux être plutôt seul. Mes relations ont toujours été fermées. Quand je suis en couple, je suis plutôt très carré. Quand je ne suis pas en couple, je suis assez arrondi. Donc j'ai pu vivre plein de choses. Mais en couple, j'ai eu des discussions avec des partenaires pour ouvrir le couple. Avec mon mec actuel, on est en relation fermée. Avec l'idée qu'on vit...
éventuellement, plan A3, quelque chose d'autre, pourquoi pas, et on en parle assez librement. Et nous, on a beaucoup de discussions, on parle beaucoup de tout, et par exemple de cul, on a eu des moments plus compliqués de par nos histoires, et en fait, il y a des moments où c'était très compliqué, mais comme il y a une confiance entre nous, on aborde la parole, souvent, il y en a l'un ou l'autre qui devient un peu grognon,
Souvent, c'est moi. Au bout de trois jours sans rien, je deviens... Donc, au bout de trois jours sans sexualité ? Sans sexualité, il n'y a rien. Ça m'énerve moi-même. Mais au bout de trois, quatre jours, je suis grognon. Ok. Enfant niais.
Et ce qui est bien avec mon partenaire actuel, il a bien compris ça, et donc il sait à un moment, moi j'ai dit, oh merde, il faut que j'en parle, et lui il dit, oh, il faut que je lui en parle. Et ça, on en rigole, parce qu'on a pu parler. Moi j'ai pas de honte, ça m'énerve d'être comme ça, mais j'ai pas de honte. Ok, donc vous, la communication elle est fluide parce qu'il y a des signifiants non-verbaux ?
Il y a des choses qui arrivent et je pense que tous les deux, on est dans la communication. On a envie de communiquer. Donc, on a dû mettre en place des choses parce que... On a envie ou on a des facilités ? Est-ce que tu dirais que vous êtes deux personnalités qui... Je pense qu'on est tous des facilités, c'est sûr. Mais il y a aussi envie parce qu'il y a même... Moi, j'ai plutôt une facilité de parler, lui aussi. Mais ça ne veut pas dire que c'est toujours facile. Et donc, il faut trouver des moments...
C'est ça que j'allais te demander. Parce que toi, tu as un métier. Vous avez tous les deux, j'imagine, des métiers, non ? Oui. Moi, je suis artiste peintre et interpeute. Donc, je suis un peu en communication. Moi, j'ai une astuce, par exemple. Au tout début de notre relation, on s'est rendu compte, par exemple, pour lui, c'était plus facile de parler dans le noir. Donc, c'était au lit. On parle beaucoup. On a eu des discussions jusqu'à 3, 4 du mat. Et en fait, souvent, pour lui, la parole était libérée parce qu'on était dans le noir.
Il était plus distrait par ce qui se passait. Et ce n'était pas forcément du sexe non plus. C'était juste discussion et plus intime. Et on a pu parler de sexualité, des choses comme ça, parce que c'est dans le noir. Donc, il n'y avait peut-être pas le regard de l'autre, de jugement et tout ça. Donc, toi, dans ton cas, tu n'as pas créé de rituel particulier. La conversation, elle va venir à un moment donné, c'est ça ? Oui, si il y a un rituel, par exemple, il y avait un moment où c'était compliqué, on éteint la lumière.
On se mettait au lit et on s'éteignait la lumière pour donner cet espace pour parler. Mais il y a un de vous deux qui a dit, viens, on parle de sexe. Genre, on ne va pas regarder un film. Viens, on parle de sexe. Oui, parce qu'il faut mettre ça sur place. En effet, il faut qu'on en parle.
Tu veux rebondir, Denis ? C'est une très bonne idée. Parce que là, effectivement, le noir, c'est la bulle qui va affranchir le jugement de l'autre. On ne sait pas comment il réagit. Encore une fois, on parlait tout à l'heure d'anticipation. Là, je pense que ce qui est intéressant, c'est que dans la mesure où vous ne savez pas comment vous réagissez mutuellement, vous évitez aussi d'anticiper la réaction de l'autre.
Et vous devez sûrement pouvoir communiquer sur ce que ça vous fait ou comment est-ce que vous, vous interprétez la chose. Qu'est-ce qui se passe dans ces échanges donc ? Tu vois, genre, ah, il n'y a pas eu de sexe, et tu lui dis, ah, il n'y a pas eu de sexe, et il te fait, ah ouais, il n'y a pas eu de sexe.
Et après ? Je ne te vois pas. Tu es dans le noir. Où es-tu ? Parfois, ce n'est pas dans le noir. J'ai le toucher à ce moment-là, en effet. Parce que dans le noir, c'est comme ici, on ne voit pas les gens qui hochent la tête, donc il faut signaler son accord. C'est l'autre qui va parler pour dire oui, au lieu de faire... Donc il y a ça. Mais aussi des moments, par exemple, compliqués, même récemment, où c'est quelques jours, parce que la vie fait en sorte qu'on n'a pas l'énergie, c'est pas les piles, ou parce qu'on est très speed, ou...
il y avait un moment, par exemple, lui il m'a dit, il voit les moments où je le regarde moins, parce que je suis un peu renfoigné, parce que je sens qu'il n'est pas disponible, donc c'est aussi dans ma tête, mais il n'y a rien qui se passe, peut-être que j'ai essayé, mais c'est juste par le moment, mais il y a un moment où je sens que je suis un peu dans mes pensées, lui il le voit, et parfois ce n'est pas frontal, mais il faut juste évoquer, il va dire, je te sens renfoigné,
Quelque chose comme ça. Et c'est une façon, même un rituel, il y a des mots, des codes comme ça. Donc en mettant... Vas-y, Denis. Ce qu'a dit Marcus sur le toucher est très important. Dans le noir, ce qui est bien, c'est que ça affranchit la perception du jugement de l'autre. Mais le fait de s'allonger dans le noir pour discuter et ne serait-ce que de se tenir la main, ça signifie, vas-y, je suis avec toi. Tu peux parler, je t'écoute. Quelque part, tenir la main, c'est accompagner.
donc effectivement ce côté du toucher c'est je ne parle pas de mon côté en monologue et puis je vais attendre que tu réagisses c'est on a une discussion moi j'ai du mal à appliquer ce que tu dis et je vais t'inviter à mettre ton micro plus proche de ta bouche j'ai du mal à m'inspirer de toi du coup j'ai besoin de mieux comprendre donc dans ces espaces de communication j'arrive pas à comprendre parce qu'une fois qu'on a mis des mots sur tiens en ce moment il y a un décalage
Et rien que mettre ces mots-là, après on va se coucher et hop, on se retrouve sexuellement ?
souvent lui il vient vers moi quand on parle il vient toucher il vient mettre la main sur mon épaule de façon de dire on est là et on discute souvent on essaie de parler pourquoi ça se passe pas à ce moment là parce qu'on est fatigué parce qu'il y a trop de choses il peut mettre ce qui est de son côté à lui
Donc on discute. Assez souvent, ça déclenche une intimité. Souvent, on passe au sexe. Mais pas toujours. Et c'est pas grave. Parce qu'au moins, il y a du contact. Et il y a un lien. Et on sait qu'on se désire ou que ça va se faire. Parce que moi, je ne suis pas en train de me faire... Je veux être renfrogné pour qu'on baise.
C'est juste que je me sens... Ces bulles de communication vous rapprochent. Exactement. Donc, ce n'est pas indirect. On communique pour baiser. C'est juste qu'on laisse un espace où on peut s'approcher l'un de l'autre. Et souvent, quand on s'approche, ça finit par contact, ça finit par sexe. Éventuellement.
Le rapprochement physique et même la discussion en tant que telle, c'est-à-dire qu'un couple, on pense souvent que ce sont deux personnes. Mais lorsqu'on travaille avec un couple, on a effectivement deux entités qui sont chacune des personnes, mais on a une troisième entité qui est le couple en tant que tel. On travaille, c'est toi en tant que thérapeute ?
Et le couple en est un à part entière. Et finalement, dans le processus que Marcuse décrit, et notamment avec le toucher, et même cette bulle que crée le noir, ça va être ce que je dis, je ne le dis pas moi, pour moi, et contre toi, face à toi.
C'est une discussion qu'on a en couple. La discussion devient une activité de couple. C'est plus j'exprime une problématique et j'attends une réponse en face, c'est on y va ensemble. D'où le côté soit effectivement ludique, soit le côté de se créer cet espace, cette bulle. Et le contact, comme tu disais, c'est ça, c'est on y va. C'est pas je me dévoile, c'est on y va ensemble. En fait, moi qui suis très à l'aise dans la communication...
et qui vais faire des post-it dès que cet épisode est terminé en fait je me rends compte que moi ce qui me fait peur c'est que je vais faire les post-it ou je vais créer en tout cas l'espace pour qu'on se dise qu'est-ce que je veux, qu'est-ce que j'aime et puis j'aime bien l'idée des post-it où du coup je les mets en haut, je les mets en bas pour signifier dans les envies sexuelles là où on se rejoint ou pas mais moi ma conclusion c'est de me dire non mais en vrai moi ma sexualité c'est la nouveauté
Donc en fait, oui, je te kiffe et tout, mais t'es plus nouveau. Et en fait, oui, je vais mettre touche-moi là ou fais-moi ça. J'ai envie que tu me fasses ça, mais j'ai l'impression que mon petit moteur de libido, il est lié à la nouveauté, à la multiplicité des partenaires et non pas à la pratique qu'on peut faire ensemble ou pas.
Il y a quelques cliquetis. Est-ce que quelqu'un veut rebondir ? Quelqu'un qui n'a pas parlé ? Marcus a très envie de continuer à parler. C'est un truc depuis tout à l'heure qu'on a parlé au début. Moi, je connais ça de moi-même. J'ai beaucoup réfléchi. Est-ce que ce que tu dis sur la sexualité, est-ce que ce n'est pas lié à la séduction et le besoin de séduire ?
Parce que là, on peut être en communication, mais quand c'est pour la séduction, c'est pour être séduit, c'est quelque chose pour soi. Je fonctionne beaucoup comme ça et j'ai beaucoup réfléchi sur ça, que c'est autre chose que ce truc à deux, même qu'on connaît, qu'on crée un jeu pour se plaire et tout. Mais c'est plus une question de poser, parce que pour moi, l'idée de séduction, c'est autre chose.
En fait, moi, ma question, c'est si mon petit moteur de libido, il est ainsi, est-ce que je suis juste carré rouge ? Et les carrés rouges, c'est tout le temps... C'est ça, en fait. Il faut juste que j'accepte que je suis ça. Et donc, je dois accepter qu'en fait, moi, si je suis en couple, j'aurai forcément pas de sexualité parce que je suis carré rouge. Ou est-ce que, en fait, toute ma construction-là, je peux me modifier ça et qu'en fait, le désir sexuel, il peut se créer ?