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Est-ce que vous avez des questions ou on se relance ? Je suis prêt. Prêt. Génial. Coucou et bienvenue dans la partie 2 de notre cercle de paroles sur le polyamour. Je suis avec trois auditeurs québécois, Pascal, Miguel et Julien. Coucou. Coucou. Nous sommes à Montréal.
Ils ont 10 à 20 ans d'expérience en polyamour et on se raconte comment ça se passe, nos joies, nos défis. Dans le premier épisode, on a pas mal posé le « Ok, c'est quoi pour nous le polyamour ? Comment on y est arrivé ? »
Il y a un défi qui revient. J'ai demandé aux auditeuristes, c'est quoi vos questions pour des gens qui ont navigué le polyamour pas mal de temps. La question qui revient le plus, c'est ce rapport à la jalousie. Dans l'épisode précédent, on a parlé de compersion. Toi, Pascal, tu disais, ça fait un an sur mes dix ans de polyamour, je commence à le ressentir. Et toi, Julien, tu l'as aussi noté comme un des défis.
de ton chemin de polyamour, la jalousie. Est-ce que tu as vu une évolution depuis dix ans sur comment tu gères la jalousie déjà ?
Oui. Déjà, quand j'étais monogame, la jalousie, je la conceptualisais comme un signe sain dans une relation. C'est un peu toxique, mais c'est de « si tu n'as pas peur de perdre ton partenaire, l'aimes-tu vraiment? » C'est un peu ça le raisonnement monogame. Déconstruire ça, ça a été beaucoup de travail. Je pense que c'est commun. Moi, je ne connais pas beaucoup de polyamoureux qui n'ont pas vécu cette phase-là d'adaptation.
Oui, mais même si ce n'était pas commun, ta parole est chouette. Et du coup, justement, moi je suis là, comment je fais ? Comment je fais ? Tu vois, tu dis, ça m'a mis du temps à déconstruire. Moi, comment j'ai fonctionné, c'est que je suis allé...
Par événement, un jour à la fois, une vague de jalousie à la fois. Donc, admettons, mon partenaire vient d'avoir une relation sexuelle avec quelqu'un. Là, je me sens bizarre. Et comment tu le sais? La sensation. Non, pardon. Toi, dans tes règles du jeu avec tes partenaires, tu as envie qu'ils te racontent.
Moi, j'ai tout vécu. Des fois, ça dépend des politiques internes du couple. Mais mettons que dans beaucoup de mes relations, on s'en parlait. Donc, le sujet allait finir par venir. Dans certains couples, il fallait même l'annoncer d'avance pour sécuriser dans mes débuts. Mais après, j'ai laissé tomber. Ce n'est pas une règle très pratique à appliquer. Donc, ton partenaire te raconte qu'il a eu un rapport sexuel. Il se passe quoi dans ton corps? Tu sais, vous savez localiser la jalousie?
C'est la première étape de mon processus, c'était de la localiser, c'est de savoir que c'est de la jalousie. Généralement, tu peux juste l'interpréter comme un danger, tu peux l'interpréter comme un... Il y a tellement de façons d'interpréter la jalousie, autre que la jalousie, avant de voir que c'est ça. Ça peut se présenter sous forme de tristesse. C'est une émotion comme complexe qui, dépendamment de qu'est-ce qui l'a trigger, de qu'est-ce qui l'a déclenché... T'es sympa. Oui, merci.
va prendre des formes différentes. Donc, des fois, ça peut être de la colère. Il y a plein de façons que la jalousie peut s'exprimer. Oui. Fait que la première étape, c'est de l'identifier en soi. Ça, c'est déjà un gros défi, là. OK. Quand tu ne sais pas comment faire. Une fois que c'est fait, bien là, tu l'identifies. Fait que tu te dis, OK, je me sens jaloux. Qu'est-ce qui me rend comme ça? Fait que là, première étape...
Moi, j'essaie d'identifier l'élément déclencheur. Donc là, c'est assez simple quand c'est un partenaire qui va coucher ailleurs. C'est ça l'événement qui déclenche l'émotion. Des fois, ça peut être plus subtil. Mettons un regard au restaurant. Il y a mille choses qui peuvent produire de la jalousie. Oui. Admettons que là, la cause est simple. Après, c'est par introspection. Qu'est-ce qui me fait me sentir en danger dans cet événement-là?
En début de parcours de ma transformation polyamoureuse, c'était... Sailor Moon. Sailor Moon, c'est exactement ça.
Donc, en début, tu te demandes, où est-ce que je vais en aller avec ça? T'inquiète. T'étais en train de dire, première étape, je la nomme. Deuxième étape, qu'est-ce qu'elle raconte? Je crois que tu disais, qu'est-ce qui se passe exactement? Moi, après, j'essaie de l'identifier avec une insécurité que je ressens. Donc, c'est quoi le détail dans l'événement qui me fait...
C'est comme ça que ça fonctionne aussi? Non, mais je t'écoute. Je fonctionne pas comme ça, mais j'écoute direct. C'est intéressant, on va pouvoir savoir les stratégies de chacun. C'est très analytique. Julien, regarde-moi, parce que là, tu regardes les autres pour savoir s'ils sont d'accord avec toi, alors qu'on s'en fout s'ils sont d'accord avec toi. Absolument.
Je suis curieux de savoir leur expérience. Regarde-moi. Non, mais parce que ton expérience a de la valeur et nos expériences, même si elles sont diverses, ont encore plus de valeur parce qu'elles sont complémentaires. Du coup, toi, tu vas voir plus le picot, le truc qui brûle. Est-ce que c'est un regard? Est-ce que c'est dans ce que ton copain a fait sexuellement? Je peux donner un exemple, si tu veux. Mon partenaire est allé se faire topper par un...
Un joli homme qui est de mon goût, admettons. Il m'a montré une image pendant qu'on se... Il s'est fait pénétrer. Exact. Fait que là, moi, je ressens cette émotion-là, jalousie. Fait que là, mettons, quelques mois plus tard, quand j'ai eu l'expérience, là, je suis comme, OK, d'où vient cette sensation-là? Puis là, avec de l'introspection et de la thérapie, je me rends compte que, en fait, c'est un désir que j'ai, moi aussi, d'avoir des relations sexuelles en tant que...
de cette façon-là, en tant que bottom, admettons. C'est un désir que je n'ai pas adressé depuis longtemps.
Dans ce cas de jalousie-là, parce que moi, chaque vague est différente. À chaque fois, c'est un travail à recommencer, de déterminer c'est quoi le trigger, c'est quoi l'insécurité. Dans ce cas-ci, admettons que c'est une jalousie sexuelle. Une fois que je l'ai identifié, au final, ce que j'ai envie, c'est d'avoir un partenaire sexuel. Je ne suis pas en danger. Lui, ça va bien. Je peux juste aller sur Grindr et me trouver un partenaire à moi.
la jalousie elle était messagère de j'ai une envie sexuelle inassouvie et lorsque je vois quelqu'un d'autre l'assouvir je me sens jaloux de son expérience car je l'aimerais moi ma jalousie
Parce que là, c'est rigolo, on enregistre, mais c'est aussi pour ça qu'on enregistre. Moi, cet été, j'ai vécu ma première situation un peu polyamoureuse où, dans le même espace physique, je relationnais avec quelqu'un qui, lui, relationnait avec quelqu'un d'autre. Et donc, cet autre était mon méta-amour ? Oui, en effet, oui.
Tu vois, j'utilise des mots intelligents, je connais pas. Moi, je suis vraiment bébé sur mon chemin de polyamour et je sais même pas si je suis polyamoureux. Moi, la jalousie que je ressentais le plus, c'était que si l'autre a un regard, un geste du sexe ou de la romance ou une embrassade avec quelqu'un d'autre, c'est que moi, je suis pas assez. C'est vraiment l'estime de moi.
Dans ces cas-là, toi, tu en as déjà vécu des vagues comme ça? Oui, j'ai vécu ça aussi. Admettons que j'ai eu, comme beaucoup de gens, j'ai eu plein de complexes, autant physiques que ma voix. J'ai été intimidé à l'école pour plein de raisons. Intimider chez vous, c'est harceler, non? C'est un peu plus violent que… Je ne sais pas, hein?
harceler c'est quand il y a quelque chose qui se répète puis que tu veux pas que ça se répète puis intimider il me semble qu'il y a comme un aspect plus physique ou genre que t'es comme la personne elle vise à te faire du mal tandis que du harcèlement ça peut juste être une répétition genre quelque chose qui tape sans arrêt c'est un peu du harcèlement mais quelqu'un qui vient te taper parce qu'il veut te taper ça c'est de l'intimidation c'est du bully quoi t'as été oui exactement mais plus harcèlement qu'intimidation mettons qu'on fait cette distinction là
Oui. Puis on s'en allait où avec ça? En fait, toi, tu disais, j'ai développé des complexes qui font que du coup, oui, je peux ressentir de la jalousie de ne me sentir pas assez. Tu fais quoi avec cette jalousie dans ces cas-là? Donc, admettons, mon partenaire vient d'avoir une relation sexuelle avec une autre personne qui est, que je trouve très jolie. Donc là, admettons que je me sens complexé cette journée-là, je ne me sens pas bien. Oui.
Il y a mille raisons de ne pas se sentir bien dans sa peau. Et là, je fais l'accident de me comparer avec le partenaire de mon partenaire. Oui. Puis là, je me trouve laid, mettons. Cet élément-là pourrait être la cause d'une demi-vague de jalousie qui, une fois analysée, ce n'est pas que je me sens dangérien, c'est juste que je me sens insécure dans mon corps. Puis ça a provoqué cette émotion-là. Oui.
Dans ces cas-là, il y a des choses que tu faisais en particulier, vraiment très concrets. Moi, je ne savais pas trop quoi faire avec mon corps. J'avais un peu envie d'aller demander à mon partenaire de me sécuriser. Est-ce que tu faisais ça ? Parfois, j'allais écrire dans un journal, merde, merde, merde, et plein d'autres choses intéressantes. Tu faisais quoi ?
Ça fait quand même quelques années que je n'ai pas ressenti des grosses vagues de jalousie. Je dois t'avouer que ma mémoire fait défaut, mais je sais que j'étais allé en thérapie plusieurs fois parce que j'étais tanné de le vivre. Ok. Et juste, Miguel, avant que tu prennes la parole, toi, du coup, ta jalousie, en fait, là, a vachement baissé. Tu te dis que ça fait longtemps que tu n'as pas eu de vagues. Depuis combien de temps, tu dirais ?
10 ans de polyamour, après les 5 premières années, je dirais que c'est devenu assez exceptionnel. Il faut vraiment qu'il y ait une situation particulière que je n'ai jamais examinée dans ma vie ou une nouvelle insécurité. Ça fait un petit bout. Même question qu'un épisode précédent à Pascal, de 0 à 100 sur ton chemin de master du polyamour, tu te sens à combien tout de suite ?
Je me sens quand même haut. Oui. Mais je sais que je ne suis pas... En fait, c'est ça. Tu peux être très haut dans ta maîtrise, guillemet, du polyamour et quand même ressentir de la jalousie. Oui. Mais je me sens, mettons, je me donnerais un 95. Oui, super. Ça, c'est toutes les lectures et les définitions. Ça te donne une assurance incroyable. Oui, parce que Julien, dans l'épisode précédent...
a beaucoup lu, il est philosophe. Dernière question pour toi, est-ce que, j'ai pas mal de gens qui demandent des conseils sur comment naviguer la jalousie, toi tu dis qu'elle a diminué en 10 ans, et j'ai pas trop eu ma réponse, est-ce qu'il y a des choses, t'as parlé beaucoup de thérapie, tu dis aux gens, à ton meilleur ami qui te dit je souffre de vagues de jalousie, tu lui conseilles quoi, sachant que toi elles ont diminué ?
Tu l'as nommé tantôt, tu as dit, la jalousie, c'est un message. Donc, moi, mon truc, c'est d'écouter sa jalousie, au lieu de la fuir, de l'ignorer ou de l'interpréter comme un signe, juste de se demander, ça provoque quoi en moi exactement. Wow, ok. Bon, j'ai du taf.
Miguel, tu te souviens de ton rebond tout à l'heure? T'es pas obligé. Oui, oui. Mais moi, je suis une personne qui n'est pas très anxieuse et qui est avec des partenaires qui parfois sont anxieux. Puis vraiment, ce que j'aimerais que la personne fasse, c'est venir me voir et m'en parler.
Par le passé, j'ai été un asshole à plusieurs moments. Un trou de cul. Un trou de cul à plusieurs moments. Donc, je n'ai pas toujours bien reçu la jalousie ou l'anxiété de mon partenaire. C'est-à-dire, tu disais, gère-toi. Oui, exactement. Mais dans une relation qui fait du sens, en fait, il faut recevoir l'anxiété de ton partenaire. C'est très important d'être là quand ton partenaire est anxieux. C'est pour ça tout à l'heure que je trouvais ça beau quand Pascal, parce qu'effectivement,
Un partenaire qui t'exprime son anxiété, c'est triggering aussi, comme si ce n'était pas agréable nécessairement, mais le fait de rester là sur place, puis d'entendre ça et peut-être de modifier tes comportements parce que ton partenaire est en train de vivre de l'anxiété, je veux dire, on est en amour ou on n'est pas en amour, mais si on est en amour, c'est parce que je veux que tu ailles bien.
Bien là, de prendre le temps de faire ça, peut-être que la prochaine fois, il va avoir moins d'anxiété. Peut-être que la prochaine fois, ça va être moins pire. En fait, c'est une construction à deux. Ce n'est pas chacun qui gère ses émotions séparément. C'est on gère nos émotions ensemble. Un peu, en partie. C'est sûr que tout n'est pas projeté sur le partenaire, mais il y a le fait d'être là pour l'autre. Moi, cet été-là, c'est exactement ce qui s'est passé qui m'a beaucoup apaisé. On a eu une situation où j'ai pu en parler avec la personne avec qui je relationnais.
Et aussi avec son autre copain. Et en fait, on a tous les trois, pas ensemble, mais tous les trois verbalisé de la jalousie. Et c'était super puissant parce que moi, je suis venu en... J'avais un peu honte. J'avais un peu l'impression d'être...
d'être nul quoi et de dire j'ai de la jalousie et en fait il m'a dit moi aussi et ça m'a fait trop du bien ça m'a vachement apaisé et en effet ouais je trouve que c'est ultra puissant d'arriver à le communiquer si on le peut toi du coup Miguel pas trop de jalousie si on reste sur petit focus jalousie moi non à cause de la manière dont je relationne aux autres j'ai pas beaucoup de jalousie
Histoire courte, quand j'étais jeune, j'ai vraiment été élevé sur une idée de l'autonomie très très très très forte dans ma famille. Tout était basé sur l'autonomie et l'estime de soi. Tu as grandi dans quel coin du Québec? À Victoriaville, qui est une petite ville entre Montréal et Québec. Quand je vous pose des questions, vous n'êtes pas obligé d'y répondre si vous ne voulez pas vous identifier et tout. Dans une famille de travailleurs pauvres mais libéraux.
Je sais pas si ça fait du sens, mais genre... Libéraux, chez vous, ça veut dire de gauche, non? Bien, philosophiquement, ma mère, elle dirait se respecter soi et respecter les autres, mais genre un truc de comme vivre et laisser vivre. Tiens, vivre et laisser vivre, c'est la bonne phrase pour... En quoi tu as ramené ce contexte pour expliquer ton rapport à la jalousie? Bien...
on m'a tellement mis en tête et j'ai tellement vu ma mère, notamment, comment je pourrais dire, dans ma tête, toute relation peut être brisée à n'importe quel moment et c'est normal. Dans la mesure où à cause de l'autonomie des gens, les gens créent des relations et s'en vont des relations sans arrêt. Et c'est vraiment comme ça que je le perçois. Pour moi, une relation qui dure, c'est exceptionnel. Donc, quand je rentre dans une relation avec quelqu'un, je m'attends toujours à ce qu'elle arrête.
Vraiment, je m'attends à ce que les relations ne durent pas. Parce que là, en ce moment, tu as deux chums. Oui. Et des rapports, et un amant régulier. Oui. Et donc toi, vraiment régulièrement, ces deux chums, ça fait quand même, il y en a un, c'est plus de 10 ans? Ça fait 15 ans. 15 ans. Il y en a 16 maintenant, peut-être. Tu te dis, ça peut s'arrêter? Quand on a célébré nos 15 ans,
J'ai réalisé pour la première fois, émotivement, que peut-être que cette relation-là allait durer pour toujours. Mais je ne m'étais jamais arrêté pour considérer ça. Parce que c'est tellement loin de mon attente.
Mais là, maintenant que nous avons célébré ça, que je l'ai nommé et que je ne sais pas quoi, je me base un peu sur cette idée-là quand même. Donc, il faut qu'il me donne deux semaines de préavis quand même. Mes préavis sont très courts.
Pourquoi est-ce que justement vivre avec cette idée que toute relation peut s'arrêter impacte ta façon de naviguer des vagues de jalousie ? En gros, tu te compares comme tout être humain aux autres. Et si ton être aimé est en train d'avoir un rapport sexuel avec un gars que tu trouves vraiment beaucoup plus beau, tu vas tomber dans le même piège que Julien et moi. Enfin, le Julien passé et le Guillaume actuel. Mais pas vraiment. Tu ne te compares pas ?
Mais je vais me comparer à moi-même. Je peux vivre aussi de l'anxiété par rapport à... Je peux me trouver pas très désirant, désirable, je sais pas quoi. Mais c'est vraiment interne. Puis pour habiter depuis longtemps aussi dans une grande ville ou je sais pas quoi...
Ma valeur est correcte. Je veux dire, je suis assez pour ce que je veux faire. Si je veux du sexe, si je veux avoir du sexe, je peux avoir du sexe. Si je veux rencontrer des gens, je peux rencontrer des gens. Je ne me sens pas dans un état de crainte de manquer. Je ne manque jamais. Ce que j'ai, c'est trop. J'ai toujours trop. Je suis toujours fatigué parce que j'ai trop de relations, parce que j'ai trop de choses à faire, parce que je rencontre trop de gens. En fait, je suis dans une abondance.
Pourquoi est-ce que j'irais être jaloux ? C'est très intéressant. On n'est pas tous logés à la même enseigne. Et je pense que si on pouvait hiérarchiser les gagnants et les perdants physiquement, il y a plein de critères qui nous mettent plus ou moins haut dans la chaîne alimentaire.
Tu vois, des relations amoureuses. Peut-être que tu es un peu plus au-dessus. Privilégié, en fait. Oui, puis je pense que j'ai plusieurs privilèges qui me permettent de me sentir comme ça. Je suis blanc, j'ai un revenu stable, je me présente masculin, mon identité de genre n'est pas problématique. Elle n'est pas différente de la tante. De la norme, oui. Plein de choses comme ça, qui fait en sorte que je passe dans plusieurs milieux.
Mais malgré ça, puis là peut-être que c'est une perception, puis peut-être que je me trompe, mais j'ai l'impression qu'on est moins, en tout cas que dans les grandes villes à Montréal en ce moment, que si tu veux quelque chose, tu peux quand même l'obtenir assez facilement. Mais la jalousie, ça ne fonctionne pas sur ça, si. Toi, Pascal, t'en penses quoi de ce que Miguel vient de dire ?
De l'abondance ? Miguel, il partageait déjà son rapport à la jalousie, mais il disait qu'ici à Montréal, comme il y a plus de possibilités de rencontres, ça diminue la jalousie. Je ne pense pas que c'est mon expérience. Toi, tu te sens où sur l'échelle alimentaire ? Je ne pense pas que je suis sur une échelle alimentaire. Je pense plutôt qu'il y a tellement... Tous les goûts sont dans la nature ?
Puis je pense qu'il y a vraiment des gens qui aiment certaines personnes. C'est sûr que moi, j'ai un rapport, je suis une personne asiatique dans un pays de blanc majoritairement. C'est sûr que mon vécu, c'est qu'on m'a souvent objectifié comme un objet oriental.
C'est sûr que dans cette chaîne alimentaire, si c'est une chaîne alimentaire, disons que j'appeal plus à des gens qui ont une connexion avec l'Orient. J'utilise le mot qui est un peu « derogative ».
Mais là, je trouve que c'est intéressant parce que je vois les plus jeunes générations qui ont moins ce rapport-là d'exotifier mon corps. Mais du coup, là, on enquête sur la jalousie et ce que ça nous fait et comment on la traverse. Est-ce que toi, tu as l'impression qu'en tant qu'Asiatique...
tu es du coup plus objectifié, ça peut impacter ton rapport à toi et donc ton rapport à la jalousie? Oui, je pense que tout est relié. Je pense que c'est sûr que j'ai une insécurité. Moi, jalousie, ça a plus rapport avec l'insécurité personnelle, de me dire, dans le fond, je ne vaux pas grand-chose parce que je suis asiatique dans ce monde de blancs.
C'est vrai qu'il y a une échelle. Je pense qu'il y a une échelle. Les Asiatiques sont souvent perçus comme des bottoms, des gens avec des petits pénis, des personnes pas très masculines qui ne s'affirment pas. Je pense que ça vient avec des bagages que je pense qu'ils sont maintenant déconstruits avec le temps.
Mais ma jalousie, j'ai cette jalousie-là que, ah, est-ce que je me fais percevoir comme ça? J'ai une insécurité de, est-ce que je suis en train de me faire percevoir comme ça en ce moment? Puis, bien, par défaut, dans ma tête, maintenant, quand je rencontre des gens, c'est que, bien, je ne suis pas... Avant, je pense que, avec les gens plus âgés que moi, quand j'étais plus jeune, je me disais, par défaut, je ne suis pas attirant.
Ça fonctionne un peu comme l'homophobie, finalement. C'est-à-dire que si tu as l'impression que tout le monde est homophobe, tu ressens, même si les gens ne font pas d'actes homophobes, tu supposes toujours que les autres vont être homophobes, alors que ce n'est pas nécessairement vrai. Est-ce que tu dirais que l'expérience du racisme peut ressembler à celle-là? Mettons, parce que là, on parle à des hommes gays, mais je crois que tellement, peut-être qu'ils peuvent faire un lien. Oui, oui, oui.
Ben oui, je pense que le fait de juste jamais avoir de personnages principales qui sont asiatiques dans les téléséries québécoises, de jamais voir des posters où il y a une personne asiatique qui est sexy dans le village. Implicitement, tu sais que ce corps asiatique n'est pas valorisé.
Fait que tu sais implicitement que t'es pas sexualisé. Fait que ouais, en effet, je pense qu'il y a comme une homophobie internalisée, mais dans le côté racisme. Ouais. Et qui sont, moi ça m'étonne pas, qui sont tous les piliers de notre estime de nous. Est-ce que je correspond aux normes ou pas? Est-ce que vous avez des... Si vous deviez vous donner des conseils, j'ai l'impression que... Bon, Miguel, toi tu ressens peu ou pas de jalousie.
mais Julien et Pascal, avant qu'on passe à autre chose, sur la jalousie, sur des gens qui... C'est quoi les conseils que vous donneriez à vos versions de vous au début du polyamour? Tu te dirais quoi si t'allais voir On fait comme RuPaul? Tout va bien aller. C'est vrai? Je pense que la jalousie, personne ne va mourir de la jalousie. C'est un trigger externe.
qui te fait rappeler que tu vas mourir tout seul, plus personne ne va t'aimer. Mais dans le fond, tout va bien. Tu es encore en relation avec des gens, tu as des amis, tu as une vie à toi, tu as un amour propre, tu as des relations familiales. Je pense que le conseil, c'est de continuer à parler avec d'autres personnes. Surtout, il y a deux choses qui m'ont vraiment aidé.
Comme tu disais tantôt, d'être capable de pouvoir être conscient de sa jalousie, d'où elle provient, de pouvoir la ressentir physiquement et de dire « mes intestins tournent à l'envers, je suis irritant, irritable, j'ai peur-patience. »
puis que je fasse la méditation, puis que... C'est la méditation silencieuse. 10 jours de méditation silencieuse, sans parler, sans écrire, sans lire, juste tu t'assoies, puis tu respires. Tu as fait les 10 jours? J'ai fait 5 jours, puis après je suis parti. Quand même, bravo!
Merci. Mais j'ai quand même beaucoup appris juste ces cinq jours-là. Je suis une personne introvertie généralement, ça m'a permis d'avoir ce silence-là pour pouvoir vraiment pinpointer des émotions dans mon corps et d'être vraiment plus « aware ».
Ça, c'est la première chose. Je pense que la deuxième chose qui m'a vraiment aidé, c'est la communication non violente de Dr Marshall Rosenberg, qui est un psychologue et qui a développé une genre de philosophie slash méthodologie de comment identifier ses besoins et comment les communiquer, puis comment transformer ton environnement et toi-même tes actions pour que tes besoins et les besoins des autres soient répondus.
Et la combinaison des deux, je pense que c'est ça qui a fait en sorte que ma transformation de la jalousie puisse devenir quelque chose de plus... Je te rejoins pas du tout sur la méditation silencieuse. Je n'ai aucune expérience et je ne saurais pas dire ce que ça fait. Ça me fait très peur. Tu parles au podcasteur qui parle toute la journée ?
Mais en revanche je te rejoins dans mon corps, dans ma tête, dans mon ressenti sur la communication non violente et c'est une façon de voir qu'en fait on a tous des besoins universels partagés et la capacité à...
Ok, mettre des mots sur mes besoins dans mon interaction, mes besoins envers les autres, mes besoins envers moi-même. Dans ce qui se fait, dans ce qui est un nœud, dans ce qui brûle, dans ce qui se passe là, il y a l'expression de plusieurs besoins. Mais bon, tout est un peu foggy, un peu brouillardeux et tout. Et le fait d'arriver à dire, attends, il y a plusieurs besoins qui essayent de s'exprimer et que je peux honorer via des tactiques. C'est un peu ce que la communication non-violente propose. C'est une fois que tu peux mettre en mots des besoins,
Tu peux aller tenter de les remplir avec ton aide ou l'aide des autres. Et l'autre truc que je trouve très puissant, c'est la priorisation. En fait, on se rend rapidement compte que parmi tous les besoins qu'on a non-stop d'humains, on est bien obligé de prioriser, de se poser la question.
De se dire, OK, je vais honorer ce besoin pour le moment et pas celui-là pour le moment, tu vois. Et ce pour le moment de la communication non violente, c'est rejoint un peu ce que toi, Julien, tu disais sur je fais vague après vague avec ce qui est et j'essaie d'entendre ce qui se passe.
Pour la priorisation, je serais curieux de t'entendre donner un exemple concret. Parce que je saisis pas tout à fait. C'est très bien. Et puis en plus, du coup, ça me permet de dire que je suis absolument pas un expert de la CNV. J'ai eu une micro-formation. CNV. CNV, communication non-violente. Merci beaucoup. Merci, merci.
Par exemple, et Pascal tu me diras si tu as un exemple qui te vient, il y a plusieurs besoins, ça va être des besoins de sécurisation, des besoins de communication, des besoins de... Sur une situation et sur un conflit, il faudrait que je te trouve un exemple concret, mais tu vas avoir...
autant un besoin de sécurité qu'un besoin de curiosité par exemple je sais pas si c'est très bien dit mais ça peut être des en fait c'est souvent t'as des besoins concurrents où t'as à la fois envie d'être sécurisé de reculer deux pas et t'as en fait en même temps aussi envie de te défier d'avancer deux pas je sais pas si c'est super éclairant mais du coup en fait toi ça te met dans une anxiété parce que t'as un enjeu à décider ok avec ce qui se passe qu'est-ce que je fais je peux pas tout faire d'un coup
Pascal? Moi, je ne pense pas qu'il y ait des priorisations. Je pense que tout besoin qui n'est pas répondu va déclencher des émotions. Puis là, c'est après ça de prendre action là-dessus. Puis peut-être, moi, j'ai quand même beaucoup de confiance en moi-même. Ça fait en sorte que si la personne devant moi ne peut pas m'aider à remplir ce besoin, par exemple de clarté ou de sécurité, bien...
Après ça, il faut que moi, je sois capable de le faire pour moi-même. Ce sentiment de sécurité-là, ce n'est pas les autres qui vont me le donner. C'est moi-même qu'il faut que je me le donne. Il faut que je me trouve des stratégies. Ça, c'est vraiment difficile parce qu'il faut que tu trouves dans ta vie des activités ou des choses ou des rituels qui te sécurisent. Moi, j'ai une travailleuse sociale qui m'a aidé à faire la liste.
« Ok, c'est quoi les choses qui te font du bien ? » C'est faire du sport, d'aller au parc puis faire du hockey avec des inconnus, aller faire de la musique par moi-même ou jammer avec mes amis. Ça, soudainement, le sentiment d'insécurité, il s'en va parce que, dans le fond, ça manque dans un milieu, ça manque dans ma vie.
Et ça te permet de voir que ton partenaire qui a un rapport sexuel avec quelqu'un d'autre, ça raconte rien de toi. Ça te permet de remettre ça à ce bon endroit. Oui. Puis ça me permet de savoir que lui, son besoin, c'était de connecter sexuellement d'une certaine manière avec quelqu'un d'autre. Puis ça n'a pas rapport avec moi, tu sais.
Julien ouais non t'es pas obligé mais ce que j'allais rebondir parce que toi Pascal tu disais justement que dans les joies que t'amènes le polyamour il y avait un enjeu je rigole parce que du coup je te mets directement sous des trucs très spécifiques je sais pas mais tu me l'as partagé donc je pense que j'ai le droit de le dire
Dans ce que le polyamour t'a, justement, navigué cette jalousie, pouvoir avoir plusieurs relations au goût que t'as envie et tout, te permet notamment d'épanouir, je vais y arriver, d'épanouir ta sexualité autour de la pénétration. Tu vois de quoi je parle ? Non, vas-y. Toi, tu m'as dit, je suis versa. Oui, voilà, oui. Tu te souviens que t'es versa ? Oui, je me souviens que je suis versa. Ok.
Ça, je me souviens. Tu peux changer d'avis. Non, mais c'est ça. Je suis versa dans la vie. Avec mon partenaire principal depuis 10 ans, je vis ma sexualité plus bottom parce qu'il est vraiment un merveilleux top. Il y a une partie de moi qui n'existe pas.
ou qui ne peut pas exister de manière même relationnelle, parce qu'au-delà de la pénétration, se faire pénétrer, je pense qu'il y a ce rapport de prendre soin de, puis moi, le prendre soin de quelqu'un d'autre qui est mon bottom. Il y a quelque chose de « j'ai besoin de ça ». C'est comme un petit trou. Puis là, je pense que je suis dans ma période, dans ma phase. Dans le fond, c'est un besoin.
Puis je vais aller le chercher. J'ai downloadé Tinder il y a un an. Puis là, je suis actif à trouver quelqu'un qui serait... Quelqu'un qui... Mais oui, il y a des besoins. Voilà. Quelqu'un qui... Moi, je suis vers ça. J'aime ça les gens qui sont plus vers ça aussi. Donc, c'est des gens qui sont souvent autonomes mais qui ont des besoins d'être pris en soin ou pris en charge. Puis...
Toi, tu mets un lien entre qui pénètre qui et qui prend soin de qui. Parce que tu peux être un bottom qui fait le contraire, qui prend soin du top. Oui, et je pense que peut-être que c'est un terme que nous, on a bottom et top, mais on a aussi genre passif et actif. Je ne suis pas sûr si vous avez ça aussi, mais dans ma tête, c'est deux choses différentes. Ah bon ?
On m'a dit qu'actif, c'était top, et passif, c'était bottom. Pour vous, oui. On traduit ça, mais je pense qu'actif, c'est plus... Et top, c'est l'action de pénétration. Actif, c'est je prends le contrôle. Dominant. Dominant, oui, peut-être. Mais c'est pas de domination, genre je te domine, mais c'est comme je suis entreprenant. Je prends des décisions. Je sais pas trop. Il y a une triple distinction. Bottom, top, qui exprime...
Qui exprime des préférences de sexe anal, de actif-passif qui décrit, mettons, ton niveau d'activité durant les relations sexuelles, de subdom qui exprime une relation de domination. Et du coup, parce que, attendez, ce podcast, c'est sur Polyamour, les petits chats, donc je ne vous laisse pas glisser.
Mais du coup, pour conclure, on est d'accord, Pascal, que là, le moment où tu dis c'est chouette, le polyamour, ça me permet de vivre des facettes de moi. Ça, quelqu'un qui choisit la forme du couple ouvert et le couple ouvert, c'est j'ai une relation première avec des sentiments et mes autres rapports sont censés être sans amour ou en tout cas plus...
on s'est compris tu pourrais aussi choisir ce format tu pourrais vivre ton côté top actif sans être en relation polyamoureuse juste en étant en relation non je pourrais pas impossible raconte je pense je veux je sais pas je veux pouvoir avoir un gars qui se couche sur mes jambes pis qu'il se laisse flatter les cheveux pis
Je sais pas, il y a quand même... Mais tu peux faire ça, tu peux me flatter les cheveux. J'adore, c'est trop joli. C'est très joli. J'en ai une autre après à vous dire. J'ai une liste des expressions québécoises que je découvre que je trouve délicieuses. Ma top, c'est « tranquillement, pas vite ».
Ouais, tranquillement pas vite. Elle est très belle. Les choses se placent. Tu peux flatter tranquillement pas vite la tête d'un homme avec qui t'as pas de relation amoureuse, avec qui t'es juste en couple, avec qui... Ben, comme on... Je pense que Julien disait avant, c'est que... Ou peut-être... Moi, je suis pas sûr qu'il l'a dit, mais dans le fond, les émotions, ça vient en paquet. Je pense pas que j'arrive à distinguer... Ah, je fais juste du sexe sans émotions, tu sais. À moins que je sois dans un sauna, là, puis tout le monde a... Mais...
Mais quand je rencontre quelqu'un, un ami dans un party, puis finalement, on passe du temps ensemble et on a du sexe, je n'arrive pas à faire une distinction émotionnelle. Je ne pense pas que je ne serais jamais capable de faire une relation ouverte parce que je pense que je serais toujours en état de culpabilité. Je sais que nécessairement, il y a des choses qui vont se développer. C'est clair.
Miguel et Julien, je vous ai vu prendre... Oui, Julien? Moi, j'avais une question. Je voulais savoir d'où venait... Ta position, c'était que dans une relation sexuellement non-exclusive, mais pas polyamoureuse, tu serais pas capable.
Je serais incapable. Incapable, non. Je ne serais pas capable parce qu'il y a des émotions qui viennent. Parce que les émotions viennent. Je ne peux pas contrôler mes émotions et me dire, avec cette personne-là, je vais juste coucher avec cette personne-là et on est juste amis au lit, mais il ne faut pas que je le voie. Je rebondis sur toi, mais je suis comme ça aussi. Moi, je vais bander parce que
mes émotions sont engagées, puis que je connais ton histoire, puis que je sais que je bande pour toi. Je ne bande pas en général. Je ne suis pas quelqu'un qui a une érection si facile que ça. Mais si je te connais toi, puis que je suis en train justement de prendre soin de toi, là, je peux être un bon top. Parce que mes émotions sont toujours engagées quand je fais ça.
Oui. Mais il y a plein de gens que ce n'est pas le cas. Félicitations pour eux. Mais c'est ça. Oui, mais c'est joliment dit, oui. Et toi, je crois comprendre que du coup, Pascal et Miguel, vous êtes assez pareils. Mais toi, Julien, non, tu peux avoir un rapport sexuel sans que l'émotion pointe. 100%. Moi, j'ai dissocié le sexe et l'amour depuis presque en même temps que le polyamour, en fait. OK.
Maintenant, je vois le sexe comme une activité que tu peux partager avec n'importe quel de tes partenaires, comme faire du ski ou jouer à des jeux vidéo. Donc, certaines relations amoureuses vont être sans sexe. J'ai eu plein de relations asexuelles très épanouissantes, des relations qui sont plus basées sur le sexe. C'est du cas par cas?
Le but, c'est d'écouter ses désirs. Mais est-ce que vous vous incluez dans le sexe? Parce que moi, quand je dis sexe, moi, c'est même pas de la pénétration. Pour moi, la sexualité, c'est genre juste un toucher, quasiment. Avec des amis, j'ai des amitiés très profondes, quasiment amoureuses, mais il n'y a pas de pénétration, il n'y a pas nécessairement du... Mais il y a du toucher, puis pour moi, c'est du sexe. Si on définit le sexe plus largement comme ça, oui, alors...
Dans mes relations asexuelles, moi, il y a toujours des câlins, plein de câlins. Il y a toujours cet aspect-là dans mes relations romantiques. Donc, si, mettons qu'on accepte que ça fait partie de ce qu'est le sexe, alors oui, j'ai du sexe avec tous mes partenaires. Un câlin, j'ai entendu qu'on appelle ça au Québec un « colleux ».
Un collure ? Oui. Non ? Ça peut, mais je pense que c'est plus... Peu de gens... Peu d'échanges. Je pense qu'un collure, c'est plus un mot dérogatoire qui décrit une personne qui est trop collant. Je suis très mal informé. C'est nul. Les Québécois que je fréquente, en plus, c'est un peu vous, mais c'est aucun de vous trois qui m'avait dit que c'était un collure. Bon, je retire. On va s'arrêter là pour la deuxième partie. Je vous propose, si on a l'énergie, d'en faire une troisième, parce que je sens que Miguel, t'as plein de choses à nous dire.
Moi, j'ai envie qu'on creuse... Une chose qui est beaucoup revenue, c'est l'épuisement relationnel, la polysaturation et la question un peu de la gestion du temps. Vous êtes plusieurs à avoir mis dans les défis du polyamour ça. Puis, tu en as parlé dans l'épisode précédent. On va aussi parler d'autres choses dont vous auriez envie. Mais moi, j'aimerais, Julien, t'as parlé du dating pool qui est tout petit.
Comment on dirait « dating pool » en français ? La piscine à rendez-vous ? C'est nul. Un bassin de potentiel partenaire. Oui, les opportunités polyamoureuses à Montréal, tu les trouves réduites. C'est une question qui est revenue des auditoristes qui demandaient si je veux, moi, me connecter avec des gens polyamoureux, comment je fais ?
on s'arrête sur la partie 2 là on a de l'énergie pour la partie 3 je l'ai annoncé donc si vous dites non super, à tantôt à tantôt vous voulez chanter ? vous voulez faire un petit chant tous les 3 ? je sens que vous avez envie de... un truc québécois
Mon petit porte-clés, tourouillé, tourouillé, mon petit porte-clés, tourouillé, guémant. Et là, tu réponds. Je ne me rappelle pas. Mon petit porte-clés, tourouillé, tourouillé, mon petit porte-clés, tourouillé, guémant. Je m'en vais à la fontaine pour y pêcher du poisson, la ziguezon, zinzon. Je m'en vais à la fontaine pour y pêcher du poisson, la ziguezon, zinzon. Zing en haut, zing en bas, zing, zing, zing, zinzon.
J'ai essayé. Mais c'est pas pire. Et ça vient d'où? C'est une chanson traditionnelle qui se passe de génération en génération. C'est une des plus populaires. Dans le fond, ça décrit un homme qui n'a pas baisé depuis longtemps.
puis qui va pêcher dans le bassin des femmes pour coucher avec. Donc, c'est problématique? Non, non, non. C'est cute. Et pourquoi il a son truc tout rouillé, là? Son pénis est rouillé. Ça fait très longtemps. Ça fait très, très longtemps. Voilà. Il n'a pas baisé depuis longtemps. Mon petit porte-clés est tout rouillé, tout rouillé. Ah non?
Mais toutes les chansons traditionnelles... Toi, Julien, tu ne l'as jamais entendu? Oui, je l'ai déjà entendu, je l'ai déjà chanté, je l'ai déjà connu, mais je n'ai jamais interprété les paroles de cette façon-là. Dans ma tête, c'est juste des mots. Je n'avais jamais pensé les paroles. Mais je pense que la majorité des gens n'y pensent pas, mais je pense que dans l'inconscient collectif, ça fait du sens parce que je pense que, étant donné que la sexualité était si taboue...
La seule manière que la sexualité puisse exister, c'est à travers des codes ambigus dans les paroles. Mais un porte-clés, oui, ça se porte au niveau du bassin. Du bassin, de laine. Et ça ouvre une serrure. Est-ce qu'on peut analyser plus profondément que ça? Je ne suis pas sûr. Pause. Pause.