Sortir du piège du chemsex, le sexe sous drogues – Fabien

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Salut ! Bienvenue. Ça va ? Viens-y toi. J'enlève mes chaussures. Tu fais comme tu veux. T'es le plus à l'aise comment ? Pieds nus. Enfin, je sais. Bah, vas-y. Tu veux que je garde mon casque, mon masque ? Non, moi ça va. Est-ce que toi t'es prêt ? Moi ça va. Je suis vacciné. Pareil. Super. Et j'ai pas de symptômes là. Moi non plus. Ouais, super. Sinon on aurait annulé. Sois le bienvenu. Je te propose de t'asseoir là. Ouais. Je t'ai préparé un petit verre d'eau. Parfait. Ta petite gorge. Hop. Tu te sens comment ? Je me sens fatigué, pour répondre à ta question. Épuisé de mes semaines qui passent en ce moment. Donc, fatigué. Avec beaucoup de choses en tête. C'est la fin de l'année, du coup. J'ai plein de choses qui ne passent pas à tête. Et pourtant t'as accepté de… Tu as accepté de venir témoigner. Pourquoi ? Parce que c'est important. Parce que quand j'étais ado, j'aurais aimé avoir un podcast qui parlait de ça. Ça m'aurait aidé pour comprendre et apprendre plein de choses sur mon épanouissement sexuel avec les hommes, quoi. Est-ce que tu peux commencer par te présenter ? Alors, je m'appelle Fabien, j'ai 33 ans et je suis gay. Voilà. Est-ce que tu peux me dire des choses à ton propos sans parler de sexualité ? Qui est Fabien ? Fabien c'est un rêveur, c'est quelqu'un qui adore discuter, qui adore rigoler, qui adore s'amuser et qui est obstiné et qui croit en l'avenir et en l'espoir et qui ne perd jamais espoir. En ce moment, c'est quoi les projets sur lesquels toute ton obstination et ton espoir, tu les vis ? Sur ma carrière professionnelle et sur ce que j'ai envie de faire de mes journées. Donc là, je suis en pleine remise en question, à savoir si en fait mon avenir ne serait pas travailler dans le social, avec des gens pour aider des gens, notamment des enfants. Placés ou des enfants… Enfin, des enfants placés ou des enfants en foyer. Donc voilà, c'est la grosse question du moment. Ou des enfants à l'école, quoi. Trop cool. Est-ce que tu as ton téléphone sur toi ? Ah, tu le dégaines direct ? Oui, parce qu'il vient de vibrer. Je me suis dit que peut-être pour ton micro, ça… Je veux bien, ouais. Je vais l'éteindre carrément. As-tu compris les notifications ? Est-ce que tu peux aller sur le podcast, regarder la couverture ? Ouais. Sur cette couverture, tu vois tout un tas d'émojis. Est-ce que tu peux regarder ces émojis et me dire lesquels représentent ta sexualité d'aujourd'hui ? Alors, ce qui représente ma sexualité d'aujourd'hui, c'est… La pêche. La courgette. Attends, mais du coup, tu me les expliques. La pêche, pourquoi ? La pêche pour le cul. Parce que c'est une forme de cul. Et que ça me rappelle… Ça me ramène au fait que je suis actif. Ça veut dire quoi, actif ? Pour toi ? Pour moi, ça veut dire que… Alors, ça va être bête ce que je vais dire, mais pour moi, être actif, ça veut dire que je ne suis pas passif. Tout le temps. Ou régulièrement, ou de moi-même, je ne suis pas passif quand j'ai des rapports sexuels. Ça veut dire que ça, pour moi, être actif. Donc la seule différence entre être actif et être passif pour toi, c'est qui pénètre. Et toi, il s'avère que tu n'aimes pas être pénétré. Voilà. Je n'en ai pas encore l'envie, plutôt. C'est pas que je n'aime pas, puisque ça m'est déjà arrivé, mais je n'en ai pas l'envie. Donc c'est pour ça que je me considère en tant qu'actif. C'est ma définition, pour le bon mot. du coup la flèche vers le haut non elle est avant la pêche mais tu l'as pas mentionné parce que je trouve ça ridicule de mettre des flèches je trouve que c'est pas joli voilà c'est très robotisé je trouve ce système de flèches ça fait très touche d'ordinateur justement et je trouve que c'est très robotisé La pêche est plus humaine. Voilà, ça rappelle un peu plus de formes et ça rappelle un peu plus la réalité. Je crois qu'elle est plus douce aussi. Elle est plus douce, oui, effectivement. donc la courgette mais elle est où la courgette ? c'est une courgette ça ou pas ? je sais plus tu manges des légumes parfois Fabien ? non je mange pas de légumes sérieux ? c'est une aubergine je m'excuse mais la courgette c'est vert t'es d'accord ? je me moque un peu de toi j'ai le droit Oui non mais t'as le droit parce que c'est pas du tout la bonne couleur donc c'est une aubergine. Donc l'aubergine me rappelle le sexe, la bite et ça me rappelle le fait que j'adore sucer. Voilà pourquoi cette aubergine. La plupart du temps t'es d'accord que l'aubergine ça veut dire qu'il y a un gros pénis inclus ? Oui c'est vrai sauf que moi j'emploie pas comme ça. Donc, tu vas voir que dans notre discussion, j'ai mes propres définitions de plein de choses. Mais c'est génial et c'est vraiment l'invitation. C'est que derrière des émojis que tout le monde utilise, moi, ce qui m'intéresse, c'est de montrer que personne n'a le même sens et donc on est dans un gros quiproquo. Au contraire, tu vois, c'est ton témoignage et ta voix qui m'intéressent. J'essaie juste du coup de checker si… C'est le synonyme d'un sexe, peu importe sa taille. Et pour toi, c'est un peu lié à la fellation et ton plaisir à être sucé ou à sucer ? Les deux. Les deux. Être sucé quand c'est bien fait et moi, j'adore sucer. Donc, c'est les deux. Sur les autres émojis, les kinks, ça ne te représente pas ? Non, ça ne me représente pas du tout. Peut-être à la rigueur le moins de 18 ans, mais je l'aurais utilisé parce que je raconte une histoire coquine à quelqu'un, mais sinon ce n'est pas quelque chose que j'utilise souvent. Et du coup, est-ce que tu peux me raconter ta dernière fois sexuelle ? C'était quand la dernière fois que tu as fait du sexe ? Et c'était comment ? Qu'est-ce qui s'est passé ? La dernière fois, c'était il y a ce week-end, je crois. Laisse-moi me rappeler de mes souvenirs. C'était ce week-end, c'était en fin de soirée, bien arrosé, et du coup je suis rentré avec un garçon qui était là la soirée, et on est allé chez un troisième mec qu'il a trouvé sur Grindr, et on a couché tous les trois, et puis après à midi je suis rentré chez moi me reposer. Donc tu rencontres ce mec dans une soirée, vous devenez un peu potes, et vous commencez à vous embrasser, à vous connecter ? On s'embrasse, on danse ensemble, on va aux toilettes pour se chauffer, on se fait déranger parce que des gens ont besoin d'utiliser les toilettes, donc on sort, et puis quand on sort, on rediscute et on se dit qu'on va rentrer ensemble après. Tu l'as chauffé comment dans les toilettes ? Comment tu chauffes quelqu'un que t'apprécies ? Alors moi j'embrasse beaucoup. Donc je l'ai embrassé et puis je lui ai touché son sexe, il m'a touché le sexe et puis on a déboutonné un peu notre pantalon et on a commencé à sucer. Jusqu'à ce que toc toc toc, on peut pisser nous aussi. Donc c'était rapide mais ça fait partie du jeu de séduction aussi quand on est en soirée et voilà. Donc là, vous quittez la soirée. Est-ce que tu peux me raconter comment vous êtes arrivé à l'idée de trouver quelqu'un d'autre plutôt que d'aller continuer ce que vous aviez commencé tous les deux ? Alors, séquence émotion. Parce qu'en fait, ce qui se passe, c'est qu'on a pris des drogues à cette soirée-là. Et on a pris de la… Je sais pas si je vais le dire, mais on va le dire. J'en ai pris des drogues, donc on a pris de la 3ème MC. Et c'est quelque chose qui te fait avoir des envies décuplées sur le sexe pour certaines personnes, dont moi. Et en fait, je n'avais pas envie d'avoir qu'une personne dans mon lit, on va dire. Donc du coup, j'ai eu cette envie de rajouter quelqu'un d'autre et la personne en face de moi avait la même envie. Donc je me suis dit, c'est cool. Et je pense que si cette personne-là n'avait pas eu la même envie, je ne serais pas rentré avec elle. Pourquoi tu as dit séquence émotion ? En quoi c'est émouvant ? Ce n'est pas forcément émouvant, mais séquence émotion dans le sens où on attaque un sujet sérieux qui est les prises de drogue en soirée et les prises de drogue quand on couche avec des gens. Et moi, c'est quelque chose qui me touche personnellement puisque moi, ça fait quelque temps que j'essaye de régler ce problème-là qui fait que je me suis enfermé dans quelque chose qui ne ressemble pas du tout et qui n'est pas la réalité. Tu t'es enfermé dans quoi ? Je me suis enfermé à coucher et à faire des rencontres avec des gens seulement dans des situations de fête ou après soirée. Ou une fois que… que la chose a été consommée, il n'y avait pas de contact après. Donc c'est une construction, enfin c'est même pas une construction, parce que je ne me construis pas par rapport à ça, mais c'est un confort, parce que c'est un confort, où on a du mal à s'en sortir aujourd'hui. Et j'essaye d'en sortir aujourd'hui au fur et à mesure, sachant que moi j'ai été quelqu'un quand même, enfin j'ai été quelqu'un, je suis quelqu'un qui a réussi à bien s'épanouir dans la vie sexuellement, et dans sa vie professionnelle, et dans sa vie personnelle, et de me retrouver dans cette situation-là, à m'enfermer dans quelque chose, c'est compliqué en ce moment. Est-ce que tu as compris ce que la drogue te donne que tu ne trouves pas dans le sexe sans drogue ? Une performance ? C'est quoi la performance ? C'est concrètement, tu arrives à avoir une érection plus longue ou tu as moins peur ? C'est quoi ? Alors, tu arrives à avoir une érection plus longue. Tes sens sont décuplés. Donc, c'est tout ce que fait la drogue. Ça dure beaucoup plus longtemps. Mais le bémol c'est que tu ne jouis pas forcément à la fin et puis en fait ce sont des mensonges, ce sont des faux sentiments que la drogue te donne. et ça te déstabilise parce que quand tu n'en as plus tu n'es pas aussi performant et ça joue sur ton psyché et ça joue aussi sur ton corps puisque quand tu vas refaire l'amour sans drogue tu vas être perturbé parce que ça va durer moins longtemps tu vas te sentir plus faible Et ton corps et ton esprit aura le souvenir de comment ça s'est passé quand tu avais de la drogue. Donc concrètement aujourd'hui, quand tu essaies d'avoir un rapport sexuel sans drogue, tu t'ennuies plus ou t'es plus inquiet ? Alors t'es beaucoup plus inquiet parce que tu dis que tu vas pas pouvoir satisfaire la personne. C'est des choses que toi tu te dis ? Oui, oui. Et tu te dis aussi que tu t'ennuies. Il y a un truc qui manque. et ça fait partie de la retombée de la drogue ça veut dire quoi satisfaire l'autre quand toi tu as un rapport sexuel avec ou sans drogue ça veut dire quoi satisfaire l'autre parce que en fait ta simple présence ta simple beauté n'est pas assez satisfaisante pour toi Alors non, c'est pas ça. C'est que on peut être bien avec une personne sans faire l'amour. Et on peut être satisfait d'être proche de quelqu'un et être aux côtés de quelqu'un. Mais pour moi, quand il y a un rapport sexuel, il y a un partage. Moi, je dis satisfaire quelqu'un, mais c'est plus le partage. C'est-à-dire que en tant qu'actif, bien sûr, dès que je vais pénétrer quelqu'un, je vais être satisfait. Mais on est au-delà de juste une pénétration. On est dans un rapport charnel entre deux personnes. Et quand je dis que je ne vais pas réussir à satisfaire quelqu'un, c'est que si, par exemple, je vais éjaculer trop rapidement, je n'aurais pas réussi à donner du plaisir sur une durée… Comment dire ? Suffisamment longue. Suffisamment longue pour qu'on puisse partager quelque chose. Tu sais d'où ça te vient ça ? Parce que du coup je comprends que ton cerveau a une durée minimum pour faire plaisir au passif, qui est difficile à atteindre sans drogue. Elle vient d'où ? Déjà c'est combien de temps ? C'est combien de minutes où du coup tu te dis ok, je suis au bon niveau de la performance, le passif va prendre son plaisir ? À la louche, je ne saurais pas te dire. Je pense que moi, je ne calcule pas… Là, j'ai fait le distinguo de temps entre la drogue et quand il y a de la prise de drogue, pardon, et quand il n'y a pas de prise de drogue. Par contre, le temps que tu mets à satisfaire un passif, pour moi, il n'est pas calculé puisqu'il y a tout un truc autour quand tu couches avec quelqu'un ou tu t'embrasses ou tu fais des pauses ou tu joues sur… Tu joues sur la sensation que le pacifat, quand tu le pénètres, c'est quelque chose qui se travaille au fur et à mesure. Du coup, tu disais, la drogue me permet d'être plus performant. Sans drogue, je suis moins performant. Je ne comprends pas. Si le sujet, ce n'est pas trop la durée, alors c'est quoi la question de la performance ? La question de la performance, je pense qu'elle est tronquée parce que tu penses être performant dans un environnement de drogue où tu couches avec des gens qui ont aussi des drogues et tu as l'impression d'être dans un film porno où tout va vite, où tu t'arrêtes, tu vas voir quelqu'un d'autre, etc. Donc en fait, c'est toute cette conception-là qui est compliquée à déconstruire. mais qui laisse des traces sur ton comportement quand tu n'as pas de drogue. Et c'est pour ça que ces mots me viennent. C'est parce qu'en fait, je compare avec ces moments de drogue par rapport à des moments où il n'y a pas de drogue. Et du coup, je semble perdu parce que ces moments sans drogue sont très faibles par rapport à ces moments avec de la drogue. Et tu as déjà demandé à un partenaire Passif ? Comment tu pouvais être performant ? Comment tu pouvais lui donner du plaisir ? Non, jamais. J'ai jamais demandé avant de coucher avec quelqu'un qu'est-ce qui te plaît ou qu'est-ce que t'aimerais qu'on fasse, ou qu'est-ce que t'aimerais que je fasse. Mais du coup, comment tu peux savoir que t'es attendu sur la durée de la pénétration ? Peut-être que c'est pas du tout ça que ton partenaire… Eh ben, tu me poses une colle. Je sais pas. Je sais pas. Après, tu sais, quand tu commences à coucher avec quelqu'un, t'as eu un feeling avant, et quand tu commences à coucher avec quelqu'un, il y a aussi un feeling charnel, où tu vois plus ou moins au fur et à mesure ce qui est bien, ce que tu fais bien, comment tu pénètres bien, où est-ce qu'il faut toucher, où la personne aussi dirige tes mains. ou bougent du bassin d'une certaine manière pour te faire comprendre des choses donc c'est toute une communication non-verbale qui est importante aussi et je pense que je m'y retrouve comme ça quand je couche avec quelqu'un Tu fais quoi en ce moment ? T'as l'air d'avoir pris conscience que t'avais envie de développer ta sexualité sans drogue. Est-ce que tu fais des choses en particulier pour essayer de t'en sortir de l'usage des drogues qui a l'air de te déplaire et de te faire du mal ? Alors moi je vois un psy sexologue depuis un an. J'ai réduit ma manière de consommer des drogues. J'ai réduit du coup Mes prises de drogue pour du sexe ou mes prises de drogue avec du sexe. Et ça va un petit peu mieux. Mais c'est un long travail parce qu'il y a énormément de choses à déconstruire parce que cette… Cette manière de consommer et de s'oublier avec la drogue et de faire des plans à puiseur ou juste coucher sous drogue, c'est pour combler quelque chose qui est le vide que je ressens en moi et qui au final fait que je me mets dans des situations où c'est vide aussi. Donc c'est pas une solution. Tu en es où de ton chemin de découverte ? Et à ton avis, tu essayes d'oublier quoi avec la drogue ? Plein de choses, plein de choses. Il y a de l'insécurité, il y a un manque de confiance, il y a… ce sentiment d'avoir envie d'appartenir à un groupe, à quelqu'un. Donc il y a tout ça qui est très compliqué et qui me passe par la tête plein de fois. Parce que prendre des drogues, c'est appartenir du coup à un groupe d'hommes prenant des drogues, qui font du sexe ensemble, c'est ça ? Il y a un côté communautaire ? Il y a un côté communautaire et c'est se croire appartenir à quelque chose surtout. C'est se croire appartenir à quelque chose, se croire plaire, croire satisfaire croire créer des liens avec des personnes et c'est une recherche permanente en fait c'est sans s'en rendre compte c'est plus ou moins c'est le psy qui m'avait dit ça c'est mettre de l'eau dans un trou sans fond pour l'objectif de le remplir Et en fait, c'est ça qu'il faut que j'essaye d'abandonner et j'en prends conscience au fur et à mesure. Est-ce que tu te souviens la dernière fois où tu as fait du sexe sans drogue et qui était un sexe joyeux ou un sexe qui t'a rempli, qui t'a fait jouir profondément ? Pas du tout. Je ne m'en rappelle pas parce que ça n'existe pas. Cette année, ça n'a pas existé. Parce qu'il y a tout un truc aussi de… de rencontres qui doit être faite, qui peut être faite. Moi, je ne rencontre pas des gens. Je ne fais pas de date. Et quand je dis je ne fais pas, ce n'est pas que je n'en ai pas envie. C'est juste que Tinder, personne ne me répond. Grindr, personne ne me répond. Et dans la vie active, est-ce que des gens cherchent à chercher plus loin pour me connaître et à faire des dates avec moi ? C'est compliqué. Mais pourquoi personne ne te répond sur Grindr et Grindr et… Je ne sais pas du tout. Je ne peux pas te montrer des photos parce que j'ai supprimé Grindr depuis un mois, que je ne compte pas remettre parce que je trouve que c'est quelque chose de néfaste. Ça semble un grand mot. Mais je trouve que c'est pas du tout l'endroit où tu peux rencontrer des gens, même s'il y a des gens très bien, je ne critique pas Grindr. On va dire que moi je suis un cas particulier. J'ai 33 ans, je suis noir, et avoir 33 ans et être noir sur Grindr, faut se lever tôt quoi. Tu peux me raconter, moi qui suis blanc, tu peux me raconter ton expérience de noir de 33 ans sur Grindr ? Je vais te raconter mon expérience de noir tout court sur Grindr, parce qu'il n'y a pas forcément d'âge. J'ai précisé l'âge parce qu'aussi il y a des critères qui font que plus tu vieillis, plus tu es attiré vers des jeunes dans ce monde gay parisien, malheureusement. Pas pour tout le monde. Mais être noir sur Grindr, c'est compliqué parce qu'on a beaucoup de personnes qui vont te dire qu'ils ne sont pas intéressés par des blagues. Par exemple, ça t'arrive sur une semaine ou sur un mois ? C'est combien de pourcentage de rejet parce que tu es noir ? Sur une semaine, c'est simple, tu vas avoir que… Je vais parler à dix mecs sur une semaine, il y en aura au moins six qui vont me dire « je ne suis pas intéressé par les blagues ». Non mais ça fait beaucoup, ça fait beaucoup parce que ça fait un tri énorme. Entre ça, sur les dix, t'en as six, alors pas sur dix personnes à qui j'ai parlé, mais sur dix personnes, il y en aura six qui vont me dire je suis pas intéressé par des blacks, il y en aura trois qui vont me dire j'adore ta grosse bite de black, viens me défoncer, et t'en auras un qui va pas répondre. Donc c'est hyper compliqué de réussir à s'épanouir sur Grindr. Tu es face à trop de choses… De racisme. De racisme, de discrimination, et c'est compliqué. C'est très compliqué. Du coup, ça te fait perdre confiance en toi. C'est un peu aussi, je pense, pour ça que je me réfugie, que je me suis au bout d'un moment réfugié vers la drogue et vers le sexe, où des gens ne voyaient qu'en moi un objet et une bite pour pouvoir satisfaire leurs besoins du week-end sous drogue, quoi. Est-ce que tu as la même expérience sur Tinder qui est plutôt identifiée comme un réseau où les gens cherchent un peu plus l'amour que du sexe rapide ? Je peux me tromper. Est-ce que c'est la même expérience ? Il n'y a pas de racisme sur Tinder. En tout cas, il n'y en a pas d'écrit. Après, est-ce que les gens matchent avec moi ? Pas tout le temps. J'ai des matchs. Je ne dis pas que je n'ai pas de match. J'ai des matchs. Après, il y a des personnes qui ne m'intéressent pas parce que je ne les trouve pas à mon goût. Ce qui est tout à fait normal. Moi, j'ai été rarement sur Tinder. Quand j'étais sur Tinder, c'était au début de Tinder, quand ce n'était pas très gay. Donc du coup, au niveau des réponses, c'était pas une grande application… C'était pas une application bien utilisée des gays. Pourquoi on s'y remet pas ? C'est une bonne question. C'est une bonne question. Ça va être bête, c'est un problème de marque. Moi, je ne suis pas apte à être sur Tinder. J'ai un problème avec la marque. Je me dis que je n'ai pas envie. Je pense que comme j'ai eu une mauvaise expérience où ça n'a pas forcément marché et que je n'ai pas fait de rencontres avec cette application-là, je n'ai plus trop envie d'essayer. Mais c'est une question qui peut se poser. Pourquoi ne pas recommencer ? Du coup aujourd'hui, elle ressemble à quoi ta sexualité ? Tu fais l'amour avec qui et tous les combien ? Je peux faire l'amour toutes les semaines, quand je sors en soirée, toutes les semaines. Et sans drogue maintenant ? Sans drogue ? Sans drogue non, là pour le moment j'ai toujours pas couché sans drogue. C'est compliqué, c'est quelque chose qui doit se mettre en place au fur et à mesure. maintenant il faut que je c'est comme quand on fume on peut pas arrêter d'un coup il faut faire crescendo Des crescendo ? Je ne sais plus, mais il faut faire au fur et à mesure. En dégradé, j'aime bien dire ce mot-là. Il faut que ça se fasse en dégradé pour pouvoir atteindre son objectif. Donc, pour le moment, j'essaye de réduire mes consommations avec le sexe pour pouvoir après faire du sexe sans consommer. Si on essaie un peu de regarder comment tu es arrivé là où tu es aujourd'hui, sur ton chemin de sexualité, j'aimerais savoir si tu penses à des événements clés qui se sont passés ou des tournants. T'as cité le racisme ? Est-ce que tu penses à d'autres moments clés ou raisons clés qui font que tu es là où tu en es aujourd'hui ? Alors, le racisme n'est pas un moment clé pour moi dans mon évolution. Pas un marqueur clé, non ? C'est pas un marqueur clé, c'est pas vraiment un marqueur clé, même si ça m'a embêté aujourd'hui et que je prends conscience de tout ça. Je me permets d'interrompre, mais tu m'as dit là tout à l'heure, à force d'être rejeté parce que je suis noir, j'en ai perdu la confiance, et tu as dit « je pense que c'est aussi pour ça que je suis allé me réfugier dans les drogues ». Oui, mais parce qu'il y a d'autres problèmes à côté. Le problème du racisme est minime dans mon problème actuel, qui fait que je me suis réfugié dans ces drogues à faire tout et n'importe quoi sexuellement. C'est minime, cette histoire de racisme, puisque depuis mes 20 ans, 21 ans, je suis sur Paris, je suis sur Grindr, je sais qu'il y a plein de mecs qui disent que je ne suis pas intéressé par les blagues, etc. Du coup, c'est quoi plutôt les vrais sujets, ou les sujets plus… Les sujets qui prennent plus de place, c'est un système familial compliqué, un père absent, un coming out qui s'est très mal passé. Malgré que j'étais grand, j'étais autonome, j'étais chez moi, mais il y a eu des mots forts, etc. Et ça a été compliqué. Et depuis ce moment-là, je me suis persuadé que tout allait bien. Et en fait, j'allais mal. Tu veux dire les mots qui ont été posés ? Oui, je vais les dire. Je vais les dire, mais ce sont des mots habituels. Ce sont « tu n'es plus de la famille », « comment tu peux nous faire ça ». Ça a été très violent par contre par mon père qui m'a dit qu'il allait me tuer et qu'il n'y avait pas de ça dans sa famille. Donc ça a été très compliqué. Heureusement. Est-ce que dans la famille de ton père, il n'y a pas d'autres homosexuels ? Non. Ouvertement homosexuels ? Non, il n'y en a pas. Dans ma famille, je n'en connais pas. Il y en a peut-être, mais je n'en connais pas du tout. Après, on est face à une génération qui est très vieille. Donc, s'il y en a, on ne le saura jamais, je pense. Ça fait partie de ces événements-là qui m'ont touché et poussé un peu vers ça. Il y a aussi ma vie professionnelle et personnelle. Enfin, ma vie professionnelle, pardon. où j'allais de job en job, donc c'était un peu compliqué. L'argent était compliqué, puisque pas de job fixe, pas d'argent fixe, j'adore dire ça. Et puis j'avais un prêt étudiant à rembourser, je devais m'assumer seul, etc. Donc c'était très compliqué. C'est quoi le lien que tu fais entre la violence que tu as subie de ta famille et ta sexualité aujourd'hui ? Est-ce que tu as l'impression, je crois entendre, que ça t'a désaligné ? C'est-à-dire que ça a cassé ta confiance en toi et donc du coup, tu ne peux pas être une personne totalement sexuellement épanouie parce que tu n'as pas cette confiance-là, c'est ça ? C'est pas vraiment ça. Je pense qu'avant… Moi, comment j'ai évolué ? J'étais d'abord… Je vais t'expliquer comment je suis arrivé là aujourd'hui. Je vais t'expliquer mon évolution sexuelle par rapport à moi, par rapport à ma vie. Moi, j'ai grandi en banlieue dans le 93. Donc, pas de problème de racisme, puisque tout le monde, il y avait un mélange, tout le monde était mélangé, voilà, noir, blanc, chinois, arabes, etc. Il y avait toutes les couleurs de peau, donc on n'avait pas ce problème-là, chacun s'acceptait. Mais on n'acceptait pas les pédés. Donc il y avait ce truc là qui était un peu particulier, donc il n'y avait pas de couleur, mais par contre il y avait un problème par rapport à la sexualité. Sauf qu'on était à une époque où le mot gay, le mot homosexuel n'était pas vraiment mis en avant. Moi, quand j'étais en primaire et au collège, le simple fait que je traînais avec des filles faisait de moi un PD. Donc, j'ai eu ça toute ma vie d'enfant, jusqu'au bac quand même, à base de rumeurs. Tout le monde me connaissait alors que je ne les connaissais pas. Il y a des gens qui savaient que j'étais le PD qui était dans tel collège. Du coup, tu as dit ton prénom ? Ah, pardon. Mais c'est pour toi. Ben, on pourra couper. Il y avait des gens qui me connaissaient alors que je ne les connaissais pas, juste à cause de cette rumeur. Et en fait, tu as du mal à te construire parce que tu sors du bac, tu te poses des questions, tu te dis, ben en fait, si tout le monde te pose la question à chaque fois qu'il te rencontre ou si tout le monde le dit, ben peut-être en fait que tu l'es. Parce que toi, primaire, collège, lycée, t'en étais où de ta sexualité ? Tu te sentais homosexuel ? Je ne me suis jamais posé la question jusqu'au collège où ça commençait à être un peu plus accentué, où on me demandait est-ce que j'aime les garçons ou est-ce que j'aime les filles. Ça a commencé à un peu plus s'accentuer au collège. Tu t'es masturbé à partir de quel âge ? 10 ans, je pense. Et tu pensais à quoi ? Avant, c'était plus… Avant mes dix ans, donc avant que l'Internet arrive, je pense, c'était plus de me frotter contre un oreiller parce qu'à cet âge-là, t'as des pulsions et t'as des envies qui arrivent. Mais à dix ans, quand tu te masturbais, tu pensais à des hommes ou à des femmes ? Moi, je pensais à rien du tout. Je pensais à rien du tout. Je me souviens encore de ce que je faisais et… Je pense que j'imaginais un homme et une femme. Faire l'amour. J'imaginais plus un homme et une femme parce qu'il y avait la télé. Donc, il y avait des images qui me revenaient. Donc, jusqu'au collège, tu te masturbais sans penser à ton orientation sexuelle. Sans penser à mon orientation sexuelle. Et arrivé au collège, quand ça s'est accentué, je me suis posé des questions. Et puis après, je me suis dit, en fait, le mec, il est peut-être pas mal. Je vais aller voir ce que ça donne du porno bi. Puis après, je vais aller voir ce que ça donne du porno gay. Et je me suis construit comme ça. Et en fait, du collège jusqu'au lycée, quand même, je me masturbais que ce soit hétéro, bi ou gay. C'était selon mon envie. Toi, aujourd'hui, tu t'identifies comment ? Aujourd'hui, je ne m'identifie pas. Parce que, alors, je me suis présenté en tant que Fabien Gay. Ma philosophie sur ça, c'est qu'on n'a pas besoin de se définir. On fait par rapport à ses envies et au feeling qu'on a avec la personne en face de soi. Donc toi tu es attiré par tous les genres et tu as des rapports sexuels avec tous les genres ? Oui, ça peut arriver et ça se trouve ça m'arrivera puisqu'on ne connaît pas l'avenir, donc c'est pour ça que je préfère dire qu'il n'y a pas vraiment de cas, c'est la personne que tu rencontres et l'envie que tu as avec cette personne. Du coup, tu m'as raconté ton chemin difficile de harcèlement. Est-ce que tu es d'accord avec ce terme-là ? Oui, mais pareil, je rajoute, je te coupe, excuse-moi, mais pareil, ce mot-là n'existait pas à mon époque. Il n'y avait pas de harcèlement à l'école. Ça n'a jamais existé. Le mot n'a jamais existé. Alors que ça existait, en réalité, mais ça n'a jamais existé. Et moi, en fait, quand ce mot est arrivé, je me suis dit, mais en fait, je me suis fait harceler toute ma life et je ne l'ai jamais dit. Et ça a été hyper compliqué, mais ça m'a construit aussi parce que dans ma vie personnelle, je me suis endurci et je ne me suis plus laissé faire. Et je ne vais pas leur dire merci, il ne faut pas abuser non plus, mais ça m'a servi. Est-ce que tu t'es renfermé jusqu'au point de ne plus arriver à accueillir quelqu'un dans ta vie ou pas ? Je pense que je ne me suis pas enfermée. Mais ça a été compliqué pour commencer une relation avec quelqu'un. Parce qu'il y a ce côté d'assumer pleinement qui on est et notre orientation sexuelle. Mais il y a aussi ce… cette petite pensée négative que t'as qui dit que putain mais ils avaient raison tu leur donnes raison en faisant ça et c'est une petite pensée qui existe et qui entache ton début de relation avec quelqu'un ils avaient raison de quoi ? qui avait raison ? ils avaient raison de quoi ? bah ils avaient raison t'es pédé c'est ce truc là en fait au fond de toi il y a un petit toi même qui te dit ah bah putain ils avaient raison t'es pédé Alors que le reste assume pleinement et qu'il n'a pas honte de ça. Mais tu vois, au début, à mes 20 ans, 21 ans, il y avait ce truc-là. Donc, qui découle, en fait, du fait que tu es actif, parce que tu n'as pas envie d'être passif pour te sentir encore plus féminin, alors qu'on n'est pas du tout sur ces questions-là. Être passif, ce n'est pas être plus féminin. Mais au début, quand tu découvres tout ça, tu te positionnes comme ça. Et c'est très compliqué. Tu penses qu'aujourd'hui, le fait que tu sois principalement actif, c'est aussi le fruit de ce passé ? Oui, clairement. C'est clairement le fruit de ce passé parce que j'aurais pas eu cette pression, ce harcèlement. J'aurais été dans une découverte seule. où j'aurais été curieux d'apprendre la totalité de ce que je suis, et de mes envies, et de ce qui peut me faire plaisir. Il n'est pas trop tard, non ? Ah non, il n'est pas trop tard. C'est ton préparation psychologique en ce moment. Donc, à voir. Super. Est-ce que tu veux me dire où t'en es avec ta famille ? J'ai mes frères et sœurs qui l'ont très bien pris, qui m'ont appelé tout de suite après en disant « est-ce que tout va bien ? Nous, de toute façon, t'as rien à prouver ou t'as rien à nous expliquer, t'es notre frère, tu fais ce que tu veux avec ta vie ». Ma mère s'est excusée deux, trois semaines après. En disant qu'elle avait des mots forts. Mais bon, elle ne dit toujours pas le mot gay, elle ne dit toujours pas le mot homosexuel. C'était il y a combien de temps ce coming out ? C'était il y a 4 ans. Il y a 4 ans. Ou 3 ans. C'est un peu flou, je ne suis pas précis, mais c'était tellement choquant que je pense que j'ai voulu l'oublier. Mais aujourd'hui, ce n'est qu'après 2 ans que j'ai reparlé à mon père. donc cette année, 2-3 ans pardon, 4 ans, du coup c'est flou, mais ouais cette année je commence à lui reparler, parce qu'il a fait des démarches aussi pour venir vers moi, il n'y a pas eu d'excuses, parce que je pense qu'il ne sait pas faire, ça ne veut pas dire que je lui pardonne, que je lui pardonne facilement, je précise. Parce qu'il revient en voulant m'aider financièrement par rapport à quelque chose en particulier. À chaque fois maintenant que je suis au téléphone avec ma mère, il essaye de capter l'intention pour dire bonjour. Donc il y a des attentions, il y a un comportement, il y a un changement qui est important. Et je pense que quand il y a eu quelque chose de très fort comme ça, selon les caractères et selon la personne que tu as en face de toi, selon le parent que tu as en face de toi, tu n'es pas obligé d'avoir des excuses parce que peut-être que la personne ne sait pas faire. Et moi, aujourd'hui, je sais que mon père ne sait pas faire. Il ne va jamais se poser pour me dire « Désolé, j'ai eu des mots forts, je n'aurais jamais dû dire ça. » Il ne va jamais le faire. Par contre, il va, par des gestes, il va essayer de se rattraper. J'ai envie de te demander, quelle est la place de l'amour dans ta sexualité ? Je vais répéter la question pour qu'elle me revienne dans la tête. Quelle est la place de l'amour dans ma sexualité ? En ce moment, par rapport à tout ce que je t'ai raconté, elle n'a pas sa place. Elle n'est pas placée. En tout cas, ce n'est pas l'endroit où elle est en ce moment. Tu as déjà fait du sexe en étant amoureux ? La question, c'est est-ce que j'ai déjà été amoureux ? La réponse est non. J'ai déjà eu des sentiments très forts. Je pense que oui, une fois, j'ai été amoureux. Et effectivement, c'est pas du tout la même chose niveau sexe. Donc… C'est quoi, c'est plus fort ? C'est quoi ? C'est beaucoup plus fort, c'est beaucoup plus… Oui, c'est… J'ai pas de mots à part fort pour expliquer que… Tout à l'heure, je parlais de partage, et c'est différent de partager du sexe avec une personne lambda qui te plaît, et de partager du sexe avec quelqu'un dont t'es amoureux. C'est une… Il y a le partage avec quelqu'un qui te plaît physiquement mais dont t'es pas amoureux. Et il y a l'osmose avec la personne que tu aimes. C'est marrant, j'ai l'impression que tu me décris un sexe ou drogue quand on est amoureux, sans drogue. Je pense que c'est exactement ça. Tout est décuplé comme… Tout est décuplé, je pense, avec une personne que tu aimes. C'est l'osmose. Ben voilà, on n'a plus qu'à tomber amoureux. Ah ben c'est plus facile à dire qu'à faire. Il faut d'abord rencontrer quelqu'un et savoir si ça le fait au niveau relationnel. Donc c'est pas si simple. T'as envie de tomber amoureux ? Ah moi j'ai envie de tomber amoureux. J'ai très envie de tomber amoureux. Qui n'a pas envie de tomber amoureux ? Peut-être plein de gens. En tout cas, ce qui m'intéresse, c'est toi. Est-ce que tu veux que je rajoute dans le descriptif de cet épisode ? Je suis célibataire. Un lien vers ton profil ? Oui, on verra. Tu vas y réfléchir. Mais s'il y a des gens qui sont intéressés, oui, pourquoi pas. Super. Je te pose ma dernière question. Imagine, on se retrouve dans 5 ans. On fait un épisode Fabien dans 5 ans. T'aimerais me raconter quoi quant à ton chemin sexuel et intime ? J'aimerais te raconter que ton podcast m'a fait du bien, que d'en parler avec une personne extérieure que je n'ai jamais vue m'a fait du bien et m'a fait réaliser qu'il fallait que je change radicalement mon comportement et que je continue à travailler plus pour en sortir. Je te dirais que j'en suis sorti de cette situation, que j'ai rencontré une personne qui m'a compris et avec qui j'ai réussi à trouver l'osmose. Et je te dirais aussi que je suis épanoui professionnellement. Voilà. Super programme. C'est un très bon programme qui, j'espère, se réalisera. Très bien. Merci. Mais de rien.