Pas de jeux de rôle : l’authenticité pour jouir – Thibaut 2/2

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Quand je tombe sur quelqu’un de vraiment dominant et que ça sonne juste, la personne peut tout me dire — et ça va très bien aller.

Thibaut approche la quarantaine, a passé dix ans avec son ex-mari et revient sur ce qui lui permet réellement de jouir : l’authenticité — pas les jeux de rôle. Il raconte :

  • Il est naturellement dominant — il domine l’espace, le discours — mais dans un plan, il cherche quelqu’un qui peut vraiment le dominer, dans le geste, pas la parole. Si le mec dit « t’aimes ça petite pute », il part.
  • Dix ans avec son ex-mari où il compensait l’immaturité émotionnelle de l’autre. À la quarantaine, il a tiré la conclusion : plus le temps de faire le travail à la place de quelqu’un.
  • La distinction qu’il tient : monogame par choix, mais pas exclusif. Son ex lui demandait des comptes sur ses amants. Thibaut ne voyait pas en quoi ça le regardait.

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Pour toi, la domination et la soumission, d’un côté, tu me dis que c’est un détail. De l’autre, on n’arrête pas d’en parler. Parce qu’en ce moment, je suis dans cette phase. Mais c’est un détail sur mon spectre de sexualité. Mais c’est qu’en ce moment, c’est mon sujet. Pourquoi, à ton avis ? Je n’aurais que des réponses complètement bidons à donner là-dessus, je pense. Je crois qu’il y a une question de pouvoir.

Tu sais pourquoi en ce moment dans ta vie ? Parce qu’en ce moment j’ai beaucoup de responsabilités, j’ai pas mal de trucs sur les épaules et je pense que ça peut être un moyen de lâcher prise, enfin vraiment le truc classique du BDSM, d’inversion du rôle social dans la sexualité. Donc peut-être que je pourrais aller par là ou alors c’est parce que je m’emmerde.

Et vu que je m’emmerde avec les hommes que je rencontre parce que justement il n’y a pas ce côté authentique et encore une fois du coup je me dis peut-être que justement parce que je suis aussi sensible à tous les discours y compris celui qui me dérange peut-être que si je catégorisais ou spécialisais davantage mes fantasmes. Au moins, ça me ferait passer ce moment-là. Mais vu que mon manque de connexion aux gens empêche de vouloir aller au bout de ses fantasmes, ça prend qu’il se mord la queue, c’est n’importe quoi.

Du coup, pour toi, la domination et la soumission, lorsque toi t’es soumis, c’est que l’autre te dit quoi faire ? Et donc tu lâches prise. C’est quoi en fait pour toi la soumission ? C’est plus du geste. Il faut savoir que j’ai une nature extrêmement dominante. Naturellement. Je suis quelqu’un qui domine l’espace, qui domine le discours. On me l’a souvent reproché, donc j’essaye de le contenir un peu. Et c’est ce qui fait aussi que ça ne marche pas forcément quand je rencontre des hommes qui s’identifient comme dominateurs. C’est parce que souvent, la plupart du temps, j’étais genre « mais toi, tu ne vas pas dominer ça, quoi ».

C’est pas possible. C’est plus du geste. Si tu me donnes un ordre, je vais me rebeller. Donc, ça va être les gestes, c’est me contraindre, ça va être m’obliger, ça va être… Ouais, c’est ça, il y a un rapport de force, mais qui est davantage physique ou charismatique que verbale.

Par exemple, le meilleur moyen de me faire sortir d’un plan, c’est de me dire « t’aimes ça, petite pute ? » Là, t’es sûr que vraiment, je regarde la personne, limite, je lui mets un coup de tête et je me barre. Le problème pour toi, c’est l’insulte qui te fait sortir du… Ah non, j’adore les insultes, je suis l’une des personnes les plus vulgaires de la Terre, mais c’est juste la verbalité, le verbal, l’oralité en tout cas, dans la sexualité, peut me déconnecter très vite, parce que la plupart du temps, il sonne « off ».

Mais quand je tombe les quelques fois où j’ai pu tomber sur quelqu’un de vraiment dominant et que ça sonne juste, la personne peut tout me dire, y compris la phrase que je viens de dire, et ça va très bien aller. Mais par contre, vu que la plupart du temps, les gens que je rencontre ne sont pas aussi authentiques que j’aimerais, l’expression orale va être le premier vecteur pour me faire décrocher.

On parle vachement de l’authenticité de l’autre, mais rarement de la tienne. Bah parce que tu me demandes mes expériences. Écoute ce que j’ai à dire — tu regardes beaucoup l’autre dans son absence d’authenticité qui t’empêche toi d’avoir du désir sexuel. Toi t’arrives toujours à être authentique dans ta rencontre sexuelle ? C’est dur à répondre. Mais moi la façon dont j’aborde mes rencontres sexuelles, j’y vais sans me poser de questions, en étant parfaitement moi-même, en ne m’interdisant rien. Mais en interdisant beaucoup à l’autre.

Dans mon écoute, ce que j’ai entendu, c’est que tu as une série de cases de ce qu’il a le droit ou pas le droit de faire, de ce que c’est pour toi l’authenticité. Fais-le vraiment. Fais-le vraiment, puis là, tu m’embarques. Et si je sens qu’il y a quelque chose de off, ben non, en fait.

Il y a eu un moment où tu as parlé d’auto-sabotage. Sur lequel tu travailles et qui n’est pas tout à fait au rendez-vous ? Est-ce qu’il y a des moments où c’est ça ? Ouais, il y en a. Ma réponse — pourquoi t’es en train de t’auto-saboter là ? Parce que j’ai envie de jouir. Parce que j’ai envie de jouir et que je sais que je vais passer un mauvais moment, mais en même temps, l’excitation, la libido est là, donc j’y vais quand même. Et du coup, t’es pas authentique ? Avec moi-même, oui. Avec l’autre, non, pas du tout.

Je ne vais pas lui dire « écoute, c’était nul, je me barre ». Par contre, sauf quand je suis dans ces moments libido et que, de façon très crue, je n’ai rien à me mettre sous la dent que des plans un peu lamentables, sinon j’essaye d’incarner exactement ce que je trouverais épanouissant pour la sexualité gay, c’est-à-dire de faire tomber les masques.

Justement, romantiquement, t’en es où ? Le rapport à l’amour et au couple, t’en es où ? Alors, le couple ne m’intéresse plus, mais vraiment plus. L’amour, par contre, oui, beaucoup. Mais je pense que c’est un moment où je suis davantage ouvert au partenariat qu’au couple.

Le couple tel qu’il est défini de façon générale par la société ne m’intéresse plus. Ce qui m’intéresse davantage, c’est avoir une relation amoureuse avec quelqu’un où chacun sa famille, chacun ses amis, chacun son appartement, chacun son temps, chacun son corps. Et il se trouve que quand je suis amoureux, je suis quelqu’un qui est très obnubilé par un seul corps. Donc, j’ai tendance à être très, très, très fidèle. Mais par contre, ça ne regarde pas mon amoureux.

Par exemple, un de mes ex me disait, OK, mais est-ce que tu as des amants ? Et puis, j’étais là, mais ça ne te regarde pas, en fait. Tu ne me poses pas la question. C’est mon corps, mon temps sur Terre. Je fais ce que je veux. Il a le droit de poser la question de où est-ce qu’on en est, est-ce qu’il y a des clauses. Mais il a le droit aussi de ne pas me demander des comptes.

Je n’ai pas de comptes à rendre à mon amoureux. C’est-à-dire que lui n’a pas de compte à me rendre. L’injonction d’exclusivité, quand je m’arrête deux secondes dessus, c’est-à-dire le vrai amour c’est un couple où il y a des rapports sexuels qu’entre les deux personnes et ça fait partie du chemin obligatoire et normalisé que d’avoir des hauts et des bas dans ta sexualité de couple et t’es censé souffrir. Quand je m’arrête deux secondes dessus, je me dis : pourquoi ? Je comprends pas.

Je suis monogame, mais je ne suis pas exclusif. Je n’appartiens pas à mon amoureux. Il n’y a pas une exclusivité sur mon corps. L’exclusivité, c’est moi qui la donne, à qui je veux, de la façon que je veux. Par contre, la monogamie, c’est mon choix.

J’ai été pendant dix ans avec mon ancien mari, vu qu’on s’est mariés. Et maintenant, j’ai plus le temps. Je pense que je vois arriver mes 40 ans avec beaucoup, beaucoup, beaucoup d’angoisse. Et en fait, je n’ai plus envie de prendre le temps de réparer les bobos des autres, de devoir faire le travail à la place d’autrui.

Toi, tu as envie de quelqu’un qui chemine au même endroit ? Ah ouais, j’ai plus le temps. Déjà, on a à peu près le même âge. Moi, je pense que je vois arriver mes 40 ans avec beaucoup, beaucoup, beaucoup d’angoisse. Et en fait, je n’ai plus envie de prendre le temps de réparer les bobos des autres, de devoir faire le travail à la place d’autrui. Et à la fin, ce que ça m’a appris, c’est qu’on n’est pas récompensé.

Autant y aller avec parfaitement qui tu es et bienveillance. Parce qu’en fait, c’est ça le truc aussi. Je crois que la plupart des personnes, en tout cas celles que je rencontre, on est des gens bien. Faisons-nous confiance en étant parfaitement nous-mêmes.

Il y a eu un moment où tu as parlé d’auto-sabotage et la Velvet Rage, en lien avec tout ton cheminement. Je crois entendre un chemin de déconstruction, de reconstruction. Où est-ce que t’en es ? Pourquoi t’autosaboter alors ? Parce que je suis humain ? Mais c’est pareil on a le droit.

Est-ce que tu es heureux après un plan Grindr bof, authentique mais où t’as éjaculé ? Non, je suis pas heureux. Encore une fois : pourquoi tu le fais alors ? Parce que j’ai envie de sexualité et que c’est très très difficile de trouver des gens qui sont dans la transparence, l’authenticité et que j’ai pas envie de rester avec ma main à la maison. Mais je vais pas le regretter. Ça ne va pas me rendre heureux. J’ai trouvé le moment un peu lame, un peu basique. Au pire, ça me donne une bonne blague à raconter à mes potes.

J’ai un diagnostic de HPI. Ma capacité à focusser sur une personne et à garder de l’intérêt sur une personne est extrêmement compliquée. C’est-à-dire que dès que je vais trouver la personne un peu facile, ou en tout cas que l’interaction va m’offrir une porte de sortie, t’es sûr que je vais la prendre. Avant, j’essayais de poursuivre le moment. Maintenant, à moins que ce soit un cas de force majeure romantique, sinon je préfère que le moment s’arrête là, comme ça il n’y a pas de déception et j’ai vécu quelque chose de magique qui m’a enrichi.

Très souvent, dans ma sexualité occasionnelle, je suis passif. Et c’est ce que je recherche. Et dans le rapport amoureux, très souvent, je commence à devenir top et à devenir exclusivement top. On y réfléchit avec mon psy. Est-ce que c’est un reste d’homophobie internalisée et de rapports de pouvoir ? Est-ce que c’est simplement mon besoin de dominer, y compris dans le couple, qui trouve un canal ?

Le plan furtif m’aide à pouvoir vivre des versions de moi qu’en couple, j’ai plus de mal. Parce que c’est quelqu’un que je connais, c’est quelqu’un qui est ancré dans ma vie. J’ai encore du travail à faire sur ça, je le sens.

Il y a un truc très fleur bleue. Souvent, quand je m’exprime, les gens pensent que c’est cynique, mais moi, je vois ça très fleur bleue. Une connexion puissante. Une passion amoureuse, mais qui dure une heure. Un moment vraiment de transcendance. Et d’expérience, c’est pas parce qu’un moment est complètement transcendantal que la connexion peut survivre à ce moment là.

J’espère que j’aurai trouvé ce partenaire. Un amoureux ou un partenaire, en tout cas une personne avec qui construire cette relation qui est très exclusive de soi-même, avec une sexualité très riche, diverse et variée, avec une sexualité fluctuante — vraiment, j’y tiens, fluctuante. C’est-à-dire parfois il y en a, parfois il y en a pas, des fois elle est spécialisée.

Ce que je retiens de tout ce qu’on s’est dit ? Faut que je parle en jeu. En mine de rien, que j’assume davantage mon discours et mon regard. Après, encore une fois, je suis venu tel que je suis.

Ma bafouille : riez après avoir joui, s’il vous plaît. Qu’on se fende un peu la gueule. Que tu te fendes la gueule, que je me fende la gueule. Mais même si tout le monde riait, ce serait tellement mieux. Baissez la garde quand vous avez joui. Ça fait passer de meilleurs moments.

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Pour toi, la domination et la soumission, d'un côté, tu me dis que c'est un détail. De l'autre, on n'arrête pas d'en parler. Parce qu'en ce moment, je suis dans cette phase. Mais c'est un détail sur mon spectre de sexualité. Mais c'est qu'en ce moment, c'est mon sujet. Pourquoi, à ton avis ? Je n'aurais que des réponses complètement bidons à donner là-dessus, je pense. Je crois qu'il y a une question de pouvoir. Tu sais pourquoi en ce moment dans ta vie ? Parce qu'en ce moment j'ai beaucoup de responsabilités, j'ai pas mal de trucs sur les épaules et je pense que ça peut être un moyen de lâcher prise, enfin vraiment le truc classique du BDSM, d'inversion du rôle social dans la sexualité. Donc peut-être que je pourrais aller par là ou alors c'est parce que je m'emmerde. et vu que je m'emmerde avec les hommes que je rencontre parce que justement il n'y a pas ce côté authentique et encore une fois du coup je me dis peut-être que justement parce que je suis aussi sensible à tous les discours y compris celui qui me dérange peut-être que si je catégorisais ou spécialisais davantage mes fantasmes Au moins, ça me ferait passer ce moment-là. Mais vu que mon manque de connexion aux gens empêche de vouloir aller au bout de ses fantasmes, ça prend qu'il se mord la queue, c'est n'importe quoi. Du coup, pour toi, la domination et la soumission, lorsque toi t'es soumis, c'est que l'autre te dit quoi faire ? Et donc tu lâches prise. C'est quoi en fait pour toi la soumission ? C'est plus du geste. Il faut savoir que j'ai une nature extrêmement dominante. Naturellement. Je suis quelqu'un qui domine l'espace, qui domine le discours. On me l'a souvent reproché, donc j'essaye de le contenir un peu. Et c'est ce qui fait aussi que ça ne marche pas forcément quand je rencontre des hommes qui s'identifient comme dominateurs. C'est parce que souvent, la plupart du temps, j'étais genre « mais toi, tu ne vas pas dominer ça, quoi ». C'est pas possible. Je me montre, ouais, c'est ça. Je suis un peu en mode, non, il faut que tu sois beaucoup plus dominant que moi. Donc, je pense qu'il y a aussi ce besoin de se confronter à quelque chose de plus… Ok, mais du coup, pour toi, la soumission, concrètement, c'est le fait que… C'est les gestes. Si tu me donnes un ordre, je vais me rebeller. D'accord. Donc, ça va être les gestes, c'est me contraindre, ça va être m'obliger, ça va être… Ouais, c'est ça, il y a un rapport de force, mais qui est davantage… physique ou charismatique que verbale. Par exemple, le meilleur moyen de me faire sortir d'un plan, c'est de me dire « t'aimes ça, petite pute ? » Là, t'es sûr que vraiment, je regarde la personne, limite, je lui mets un coup de tête et je me barre. Le problème pour toi, c'est l'insulte qui te fait sortir du… Ah non, j'adore les insultes, je suis l'une des personnes les plus vulgaires de la Terre, mais c'est juste la verbalité, non ça se dit pas, c'est pas un vrai mot ça, le verbal, l'oralité en tout cas, dans la sexualité, peut me déconnecter très vite, parce que la plupart du temps, il sonne « off ». Mais quand je tombe les quelques fois où j'ai pu tomber sur quelqu'un de vraiment dominant et que ça sonne juste, la personne peut tout me dire, y compris la phrase que je viens de dire, et ça va très bien aller. Mais par contre, vu que la plupart du temps, les gens que je rencontre ne sont pas aussi authentiques que j'aimerais, l'expression orale, on va dire, va être le premier vecteur pour me faire décrocher. On parle vachement de l'authenticité de l'autre, mais rarement de la tienne. Bah parce que tu me demandes mes expériences. écoute ce que j'ai à dire c'est à dire tu regardes beaucoup l'autre dans son absence d'authenticité qui t'empêche toi d'avoir du désir sexuel toi t'arrives toujours à être authentique dans ta rencontre sexuelle je crois cette exigence d'authenticité que tu as pour l'autre est-ce que tu l'as pour toi et est-ce qu'elle fonctionne c'est dur à répondre juger de l'authenticité c'est un regard extérieur mais moi la façon dont j'aborde mes rencontres sexuelles J'y vais sans me poser de questions, en étant parfaitement moi-même, en ne m'interdisant rien. Mais en interdisant beaucoup à l'autre. Dans mon écoute, ce que j'ai entendu, c'est que tu as une série de cases… Et je te provoque un peu volontairement, je te gratouille, mais tu as une série de cases, tu réécouteras cet échange, tu as une série de cases de ce qu'il a le droit ou pas le droit de faire, de ce que c'est pour toi l'authenticité et ce que ça n'est pas. Ce qui ne l'empêche pas, ça ne veut pas dire que tu as tort, mais c'est quand même un poids que tu mets sur l'autre. C'est marrant, on a eu exactement cet échange-là pendant le pré-entretien et je pensais qu'on l'avait résolu dans le sens où non, au contraire, l'hôte peut absolument tout faire, tout dire, tout être. Jusqu'au moment où tu lui mets un coup de poing dans la tête parce qu'il a dit la mauvaise chose ? Non mais ça c'était une expression. Et on est d'accord, jusqu'au moment où toi tu sors du rapport sexuel. Le moment où je sors du rapport sexuel. Donc il peut pas tout faire. Mais si, si c'est parfaitement lui. C'est-à-dire que… Et qui es-tu pour savoir ce qui est parfaitement lui ? Bah ok, alors si ça colle parfaitement au moment si tu préfères mais… Non ce que je veux te dire c'est que si ça colle parfaitement à toi tes attentes et tes envies… Non, il y a le subjectif, mais par contre, il y a un ensemble quand même de signaux qui te permet de dire si une personne devant toi est authentique, si elle se met en scène. Exemple, exemple. Je suis en train de découvrir mon… C'est pas vrai. Je suis une personne et je suis en train de découvrir mon aspect de domination. Et donc, je suis authentiquement dans l'apprentissage et authentiquement en train de tendre vers… une nouvelle version de moi et du coup ce que toi tu vas ressentir comme une mise en scène et une gêne sera réel imaginons que c'est réel mais c'est pour moi en fait le moment authentique de mon chemin d'apprentissage qui fait que j'ai testé t'aimes ça petite pute et que à moi même je verrai la prochaine fois si je le réutilise ou pas Ben mets la table ! La personne est authentique ? d'être justement dans cette construction de ta sexualité avec toi-même j'adorerais ça, ça c'est authentique quelqu'un qui est capable de te dire ça et ça ça me séduit de ouf, moi ça me chauffe mais t'as pas idée au contraire moi quelqu'un qui dévoile sa vulnérabilité ou qui dévoile où il en est, où son désir tel qu'il est et qui ne le camoufle pas, qui ne le cache pas qui ne le déforme pas ah mais gars je suis chez toi direct c'est ça qui va m'exciter au contraire c'est cette transparence totale donc c'est pas forcément qu'ils ont rien le droit de dire ou de faire, c'est pas ça C'est genre, fais-le vraiment. Fais-le vraiment, puis là, tu m'embarques. Et si je sens qu'il y a quelque chose de off, ben non, en fait… En fait, je trouve que t'as un discours… J'ai bien compris ce que t'as dit. Je trouve que t'as un discours très critique, mais dans le bon sens du terme. J'entends ça dans le sens… Voilà, tu analyses et tu critiques. Hum… Il y a eu un moment où tu as parlé d'auto-sabotage et donc une forme d'auto-critique. Sinon, j'entends peu la même exigence envers toi pour le moment. Est-ce que ça résonne pour toi ce que je dis ? C'est-à-dire, est-ce que tu peux, par exemple, me parler plus de cet auto-sabotage ? L'endroit où c'est ta responsabilité, ce n'est pas l'autre qui n'est pas assez authentique ou trop ceci ou trop cela, mais c'est plus toi ? sur lequel tu travailles et qui n'est pas tout à fait au rendez-vous ? Est-ce qu'il y a des moments où c'est ça ? Ouais, il y en a. Ma réponse, on va dire, elle va être un peu… Pourquoi t'es en train de t'auto-saboter là ? Parce que j'ai envie de jouir. Parce que j'ai envie de jouir et que je sais que je vais passer un mauvais moment, mais en même temps, l'excitation, la libido est là, donc j'y vais quand même. Et du coup, t'es pas authentique ? Avec moi-même, oui. Avec l'autre, non, pas du tout. Mais… Je ne vais pas lui dire « écoute, c'était nul, je me barre ». Mais par contre, attends, je n'ai pas dit que… Tu demandes à l'autre quelque chose que tu ne fais pas toi-même. Encore une fois, je ne demande rien à l'autre. Moi, en tout cas, je sais ce qui me plaît, ce qui me donne du plaisir, ce qui me fait fuir et déconnecter d'un moment. Par contre, le plus possible, sauf quand je suis dans ces moments libido et que, de façon très crue, je n'ai rien à me mettre sous la dent que des plans un peu lamentables. Sinon, j'essaye d'incarner exactement ce que je trouverais épanouissant pour la sexualité gay, c'est-à-dire de faire tomber les masques. Je prends le temps de parler, ou même pas d'ailleurs, même quelqu'un où c'est un plan qui se fait en trois messages, dans l'un des trois messages, j'essaie de montrer exactement qui je suis, comment ça peut être. Sur le moment, encore une fois, je ne suis pas du tout dans l'interdiction ou dans l'injonction ou quoi que ce soit. Encore une fois, je ne mets pas la pression à autrui. c'est à dire que je ne vais pas être dans ok je viens chez toi mais avec ma petite liste de choses à faire ça je l'ai fait un ex romantiquement d'ailleurs Justement, romantiquement, t'en es où ? Le rapport à l'amour et au couple, t'en es où, ça ? Alors, le couple ne m'intéresse plus, mais vraiment plus. L'amour, par contre, oui, beaucoup. Mais je pense que c'est un moment où je suis davantage ouvert au partenariat qu'au couple. Ou alors une forme de couple, je sais pas. En fait, le couple tel qu'il est défini de façon générale par la société ne m'intéresse plus. Mais ce qui m'intéresse davantage, moi, c'est avoir une relation amoureuse avec quelqu'un où chacun sa famille, chacun ses amis, chacun son appartement, chacun son temps, chacun son corps. Et faut pas forcément de… Comment dire ? D'avoir des amants et tout ça, parce qu'il se trouve que quand je suis amoureux, je suis quelqu'un qui est très obnubilé par un seul corps. Donc, j'ai tendance à être très, très, très fidèle. Mais par contre, ça ne regarde pas mon amoureux. Par exemple, un de mes ex me disait, OK, mais est-ce que tu as des amants ? Et puis, j'étais là, mais ça ne te regarde pas, en fait. Tu ne me poses pas la question. C'est mon corps, mon temps sur Terre. Je fais ce que je veux. Enfin, si, il a le droit de te poser la question, mais toi, tu n'as le droit de ne pas y répondre. Non, il a le droit de poser la question de où est-ce qu'on en est, est-ce qu'il y a des clauses, est-ce qu'il y a une dynamique, est-ce que tout ça. Il est quand même libre de ne pas penser comme toi et de te demander si tu as des amants. Bien sûr, mais il a le droit aussi de ne pas me demander des comptes. Oui, toi tu le vis comme ça. Oui, c'est ça, c'est-à-dire qu'on peut avoir la même conversation avec les mêmes résultantes sans être dans un rapport d'appropriation de l'autre. Je n'ai pas de comptes à rendre à mon amoureux. C'est-à-dire que lui n'a pas de compte à me rendre. Ça, moi, je trouve que l'injonction d'exclusivité, quand je m'arrête deux secondes dessus, c'est-à-dire le vrai amour, c'est un couple où il y a des rapports sexuels qu'entre les deux personnes. Et ça fait partie du chemin obligatoire et normalisé que d'avoir des hauts et des bas. dans ta sexualité de couple et t'es censé souffrir ainsi si tu souffres si jamais tu souffres dans ta sexualité de couple c'est normal donc ça c'est quand je m'arrête deux secondes dessus je me dis bah pourquoi pourquoi je comprends pas pourquoi je suis censé pas être bien et pourquoi je peux faire du tennis avec mon amoureux et du tennis avec mes potes mais pas du sexe genre tu vois c'est vrai que je ne joue pas au tennis c'était un mauvais exemple c'est dommage c'est un super bon sport j'adore ça en ce moment justement pour me détendre j'ai commencé la console donc c'est marrant le moment où t'as dit le moment où t'as dit moi mon fantasme c'est un fantasme de domination soumission Switch moi j'ai pensé à la Nintendo Switch qui est mon nouveau ma nouvelle masturbation ça me détend de ouf Zelda sur Switch le meilleur Je n'ai pas encore commencé ça, mais après notre entretien, j'irai dans un magasin pour aller voir les manettes et les machins. C'est vrai en plus. Du coup, j'ai complètement perdu. J'espère que tu fais du montage. Je ne fais absolument pas de montage. Ce que j'étais en train de te dire, je ne fais pas de tennis. j'aimerais faire de la console avec mon amoureux de la console Switch avec mon amoureux et aussi j'ai envie de la faire avec des amis et tout là dessus ça c'est un truc sur justement ce discours hégémonique et tous les films que je consomme énormément de produits culturels livres et tout tout passe son temps à me dire que c'est ça vers quoi je dois tendre je trouve ça vachement intéressant de demander pourquoi moi possiblement je serais en couple et en relation monogame mais j'aime bien me demander pourquoi mais tu vois il y a une différence en tout cas je crois ou j'aimerais qu'il y ait une différence entre monogame et exclusif c'est à dire je suis quelqu'un de monogame Mais je ne suis pas quelqu'un d'exclusif. Je ne comprends pas la différence. L'exclusivité, il y a un côté appartenance. Je n'appartiens pas à mon amoureux. Il n'y a pas une exclusivité sur mon corps. L'exclusivité, c'est moi qui la donne, à qui je veux, de la façon que je veux. Par contre, la monogamie, c'est mon choix. Et encore une fois, c'est mon choix. C'est-à-dire que, par exemple, mon ex, au lieu de me dire « Est-ce que tu as des amants ? » ou c'est une reddition de compte, il m'aurait dit « Écoute, en ce moment, je me sens un peu vulnérable et je crois que j'ai besoin de savoir » que pendant un moment, ou en tout cas que là, on est vraiment concentré sur notre couple, je suis un adulte. De moi-même, je vais savoir que je ne vais pas prendre d'éléments perturbateurs dans notre vie, qu'ils soient un amant ou autre chose sur d'autres plans. Et ton enjeu, si tu veux accueillir l'autre comme il est, ce n'est pas d'entendre dans sa question maladroite, contrôlante, exactement ce que tu viens de reformuler ? C'est possible, mais j'ai été pendant dix ans avec mon ancien mari, vu qu'on s'est mariés, et je me suis plié en 8000 pour pouvoir compenser son manque d'habileté à communiquer et à… Et son immaturité émotionnelle, on va dire. Maintenant, j'ai plus le temps. Alors oui, ça pourrait être mon rôle d'essayer de déceler dans le propos de l'autre quelle est son intention, mais ce n'est pas du temps que moi je choisis de prendre, ou que je veux prendre. C'est-à-dire que si j'ai du temps à consacrer à une personne dans une relation amoureuse, il y a de très très très grandes chances que je choisisse une personne qui est capable de s'exprimer. Oui, c'est ça. Toi, tu as envie de quelqu'un qui chemine au même endroit ? Ah ouais, j'ai plus le temps. Déjà, on a à peu près le même âge. Je ne sais pas comment tu le vois, mais moi, je pense que je vois arriver mes 40 ans avec beaucoup, beaucoup, beaucoup d'angoisse. Et en fait, je n'ai plus envie de prendre le temps de réparer les bobos des autres, de devoir faire le travail à la place d'autrui. Et à la fin, ce que ça m'a appris, c'est qu'on n'est pas récompensé ! autant y aller avec parfaitement qui tu es et bienveillance. Parce qu'en fait, c'est ça le truc aussi. Je crois que la plupart des personnes, en tout cas celles que je rencontre, on est des gens bien. Faisons-nous confiance en étant parfaitement nous-mêmes. On ne va pas devenir des connards du jour au lendemain qui vont écraser autrui, qui vont les démolir. Non, on prend soin… Enfin, en tout cas, moi, je prends soin des gens. Je… Je les entoure de toute ma bienveillance, de tout mon amour et tout ça, mais avec la limite des temps que je vais être parfaitement moi-même. Avec mes critères, avec mes jugements, avec mes envies, avec mes dégoûts. Et je crois que c'est important parce que si ce comportement de transparence, finalement, était un peu plus répandu, mon Dieu, qu'on en gagnerait du temps, justement. Qu'est-ce qu'on s'amuserait plus ? On se fendrait plus la gueule, quand même. Tu gagnerais du temps ? Je gagnerais du temps et je me fendrais la gueule. Là, c'était… Il y a un moment donné où tu as parlé d'auto-sabotage. Ah oui, c'était ça la question. Désolé, on est parti ailleurs. Non, non, t'inquiète. Toi, dans ton cheminement, en lien avec la Velvet Rage, en lien avec tout ton… Je crois entendre un chemin de déconstruction, de reconstruction. Où est-ce que t'en es ? C'est-à-dire, est-ce que cet autosabotage, il est lié à ce chemin, à ce cheminement et à des achoppements dans ce chemin ou aucun rapport ? En fait, tu es tellement éloquent et au clair avec ce que tu cherches, pourquoi t'autosaboter alors ? Parce que je suis humain ? mais c'est pareil on a le droit en fait enfin on a le droit oui j'ai le droit et j'essaie de rester dans le jeu t'es heureux après un plan Grindr bof authentique mais où t'as éjaculé c'est ça que je comprends non je suis pas heureux encore une fois je vais me dire pourquoi tu le fais alors Parce que j'ai envie de sexualité et que c'est très très difficile de trouver des gens qui sont dans la transparence, l'authenticité et que j'ai pas envie de rester avec ma main à la maison. Mais je vais pas le regretter par contre. Ok. Ça ne va pas me rendre heureux. J'ai trouvé le moment un peu lame, un peu basique. Mais je ne vais pas forcément le regretter. Au pire, ça me fait une bonne blague à raconter à mes potes. Dans le pire des cas, ça me donnait un sketch pour plus tard. Ce n'est pas que ça ne me dérange pas. Je ne sais pas comment dire. C'est que ça fait partie. En fait, ça fait partie. Je l'accepte que oui, la plupart des gens que j'ai rencontrés, j'ai du mal à connecter avec eux. J'accepte le fait que pour… Un plan cul avec une connexion incroyable où j'ai l'impression que ça nous a envoyé dans l'espace et sur Jupiter parce que tout le moment… Il y a un truc très fleur bleue. Souvent, quand je m'exprime, les gens pensent que c'est cynique, mais moi, je vois ça très fleur bleue. Très, très fleur bleue. Une passion amoureuse. Non, même pas forcément… Une connexion puissante. Ouais, une connexion. Ouais, c'est ça. C'est-à-dire que… C'est quoi ? Ouais. Passion amoureuse, mais qui dure une heure. Parce qu'après, j'ai autre chose à faire. Mais un moment vraiment… de transcendance je comprends pas pourquoi t'as autre chose à faire une fois que tu crées ce lien là ah non c'est juste que c'est pas dans le sens ok c'est vrai que j'ai l'habitude de m'exprimer avec mon humour comme le coup de tête non non mais en fait derrière l'humour il y a toujours un sens je t'ai bien entendu pourquoi ne pas créer un lien une fois que t'es sur Jupiter avec l'autre est-ce que c'est des gens que tu revois pas forcément et pourquoi pas creuser sur Jupiter bah si jamais il y a une occasion de creuser et qu'on le sent de creuser pourquoi pas on va pas se l'interdire non mais toi dans ton expérience ouais bah je vais pas me l'interdire mais par contre d'expérience c'est pas parce qu'un moment est complètement transcendantal que la connexion peut survivre à ce moment là d'accord ok ou que c'est fugace ça peut être fugace ça peut être des fois sur long terme genre je pense j'ai pas un amoureux qui vient pas d'un plan cul à la base Donc, j'ai cette capacité de transformer un plan cul en histoire romantique. C'est quelque chose que je ne m'interdis pas. En revanche, c'est rare que, un, ce soit intéressant à faire. Deux, que la connexion persiste après ce moment-là. Et tu sais pourquoi ? Comment on peut être sur Jupiter connecté de ouf ? Et après quoi ? Vous sortez, vous allez manger un morceau et après s'être mangé le morceau ? Avant, ouais. Et en fait, au moment où vous discutez avec un truc à bouffer… Je découvre qu'il est de droite. Il y a d'autres choses intellectuelles ou cérébrales qui manquent. C'est ça, il y a d'autres choses qui font que les connexions sont un peu particulières. Je suis moi-même une personne un peu particulière socialement, donc je ne suis pas non plus du goût de tout le monde. Plus particulière comment ? Je sais pas comment dire, mais mes références sont plus rap français, c'est des films de gangsters et jeux de combat que… Ah donc tu me regardes de haut quand je te dis que je fais du Mario Kart sur ma Switch ? Ah non, non, non, mais moi je joue que à des jeux de combat, c'est-à-dire que quand j'ai des potes gamers à qui je dis « Ah, je suis un pro à Tekken », ils se marrent, c'est bien les années 90 ! Non, non, mais disons que j'ai grandi dans un milieu qui est semi-rural, on va dire, mais qui est très, très, très influencé par les cultures qu'à l'époque, de façon très condescendante, on appelait deux cités. Ok. Et c'est quelque chose qui ne m'a… En tout cas, c'est un paradoxe avec mon identité qui ne m'a jamais gêné et avec lequel je suis très à l'aise. Mais du coup, en quoi c'est parfois un obstacle pour connecter avec quelqu'un qui n'a pas cette même… Parce que la plupart du temps, c'est ce qu'on me renvoie souvent, c'est mes codes. En fait, si moi j'aime lire et que toi t'aimes jouer à Tekken, c'est quoi le problème ? C'est pas Tekken, c'est plus sur le côté où ma façon de m'exprimer, mes références, mon humour. Ça ne connecte pas. Très souvent, c'est ça en tout cas. Peut-être que ça se trouve à la lumière, je suis méga moche. En fait, ils utilisent ça. Mais en tout cas, c'est ça en général qu'on me met de l'avant quand c'est autrui qui ne connecte pas avec moi. Et quand c'est moi qui ne connecte pas avec autrui, c'est que je m'ennuie. Le problème, c'est que j'ai un diagnostic de… Je déteste dire ça à notre époque, maintenant que c'est galvaudé. Mais j'ai un diagnostic de HPI. Mon attention intellectuelle et mon… Au potentiel intellectuel. C'est ça. Ma capacité à focusser sur une personne et à garder de l'intérêt sur une personne est extrêmement compliquée. C'est-à-dire que dès que je vais trouver la personne un peu facile, ou en tout cas que l'interaction va m'offrir une porte de sortie… T'es sûr que je vais la prendre ? Ou alors au contraire que je vais vouloir m'accrocher et dans ces cas-là je commence à creuser et ça peut être désagréable pour la personne ou ce genre de choses. Avant, j'essayais de poursuivre le moment. Maintenant, à moins que ce soit un cas de force majeure romantique, sinon je préfère que le moment s'arrête là, comme ça il n'y a pas de déception et j'ai vécu quelque chose de magique qui m'a enrichi. Si on se projette dans deux ans et qu'on fait un deuxième épisode, t'aimerais… Me raconter quoi ? T'aimerais qu'il advienne quoi dans les deux années en lien avec notre sujet autour du cheminement intime, sexuel, romantique ? J'espère que j'aurai trouvé ce partenaire. Il y en a un ? Donc c'est un amoureux ? Alors je pense que ouais, moi j'ai besoin d'une référence en tout cas. Et d'ailleurs je t'ai pas demandé, tu t'identifies comment ? Homme gay. donc un amoureux un amoureux ou un partenaire t'as dit pardon en tout cas une personne avec qui construire cette relation qui est très exclusive de soi même avec une sexualité très riche diverses et variées avec une sexualité fluctuante vraiment j'y tiens fluctuante c'est à dire parfois il y en a parfois il y en a pas des fois elle est spécialisée toi t'as pas de position préférée Avec cet amoureux-là, il n'y a pas des endroits de ton corps plus sensibles ? Non, j'ai un comportement étrange que j'ai toujours voulu analyser et que je n'arrive pas encore à mettre en perspective. Très souvent, dans ma sexualité, on va dire occasionnelle, je suis passif. Et c'est ce que je recherche. Et dans le rapport amoureux, très souvent, je commence à devenir top et à devenir exclusivement top. D'accord. On y réfléchit avec mon psy. Est-ce que c'est un reste d'homophobie internalisée et de rapports de pouvoir et de représentation dans le couple ? Est-ce que c'est simplement mon besoin de dominer, y compris dans le couple, qui trouve un canal, on va dire ? Et est-ce qu'être passif, un peu soumis dans ton couple, c'est quelque chose qui est trop dur à accepter parce que très pérenne ? C'est plus facile de le faire en plan, parce que tu sais, c'est des relations… Dans le plan, ce que j'aime bien dans l'idée aussi, parfois, que c'est des gens que possiblement je ne reverrai pas, c'est que je me sens plus libre, tu vois, d'être des versions de moi que je n'assume pas totalement. Et du coup, si toi, tu es plus passif avec ces relations entre parenthèses, ces moments que tu t'offres, mais qui peuvent disparaître, Est-ce que ce n'est pas un lien avec le fait d'être pénétré ? Pas tant. C'est des questions, je ne disais pas. Moi, je sens que le plan furtif m'aide à pouvoir vivre des versions de moi qu'en couple, j'ai plus de mal. Parce que c'est quelqu'un que je connais, c'est quelqu'un qui est ancré dans ma vie. Tu vois, j'ai encore du travail à faire sur ça, je le sens. Toi, ça ne résonne pas, ce que je dis. Non, ça ne résonne pas. En fait, ce qui me vient en tête, par contre, c'est que je n'ai pas eu d'ex qui m'ont… ou leur nature… aurait été naturellement… Enfin, aurait été de me dominer avec fluidité. En tout cas, c'était pas ancré en eux. Parce que pour toi, être pénétré, c'est forcément être dominé ? La façon dont moi, j'aime la pénétration. Et t'aimes être pénétré comment, du coup ? Comment je peux te dominer pendant que je te pénètre ? Encore une fois, j'ai pas de mots pour le décrire. C'est dans le geste, c'est dans les kinènes, c'est dans la façon d'être, dans le comportement. Dans les kinènes. Je vais le noter. Je vais aller faire des recherches… Moi, je le trouve super joli aussi. K-I-N-E-N-S. J'imagine que c'est au pluriel. Je ne sais pas. Je ne saurais pas te dire. Est-ce français ? Je crois que c'est franc. Je n'ai pas. J'ai l'impression d'être au Japon parce qu'il y a un K. Attends, mais ce ne serait pas… Est-ce que les K, ça existe en grec ou en latin ? Ah oui, oui. On dit bien kinesthésie. Tout à fait. Donc, kinesthésie, c'est bien par rapport au visage ? Non, je ne sais pas. J'ai un manque de culture là-dessus. Je n'avoue, j'utilise le mot kinène souvent, mais je ne sais pas. C'est-à-dire toi, une pénétration très douce où la personne te regarde en te souriant et vous respirez tous les deux, vous prenez vachement votre temps et là, il se plonge dans tes yeux et il te dit je t'aime. J'adore ça. Mais on est d'accord que ce n'est pas de la domination ? Ce n'est pas de la domination, mais si la personne est complètement authentique en le faisant, j'adore ça. J'ai bien entendu. Par contre, si c'est ça tout le temps, il y a un moment où je vais faire des mots croisés en même temps. C'est-à-dire que moi, mon désir… Et que la personne ne soit pas… Mais c'est pour ça aussi que je ne crois pas forcément à tout ce qui est exclusivité, monogamie et compagnie. Je ne pense pas que chaque connexion peut apporter 100% de ton éventail sexuel. Donc oui, ça peut m'aller, mais… Et c'est ce que j'ai vécu avec mes ex. À chaque fois, ça a des très longues relations. Je suis plutôt du style à faire durer. Même quand il ne faudrait pas, d'ailleurs. Et le… Mais c'est un mode. Par exemple, à un moment donné, j'ai essayé d'apporter d'autres points de sexualité avec un de mes ex, c'était du chibari. Donc tu l'attaches ou il t'attachait avec des cordes ? Chibari, c'est ça ? C'est ça, mais dans notre dynamique, j'étais beaucoup plus dominant que lui, donc c'est moi qui l'attachais. Toujours, d'ailleurs, dans tes couples, tu disais que tu avais plus de roi. C'est parce qu'à chaque fois, je tombe sur des personnes où cette connexion se crée de cette façon-là. Moi, j'aurais quand même envie de te proposer, et c'est vraiment un préjugé, une opinion. Vas-y, j'adore les préjugés. Je pense qu'il y a beaucoup de richesses à me remettre en question. Et du coup, je t'entends souvent un peu décrire des choses qui se répètent en disant tiens, ça se répète comme ça, sans jamais questionner à quel endroit c'est toi. L'émetteur de ce son qui n'a de cesse de se répéter. Et je ne te dis pas « c'est une évidence, j'ai vu clair dans ton jeu », ce n'est pas du tout ça, mais le fait que tu régulièrement tombes sur des gens et crées et relationnes avec des gens où tu es dans une posture de dominant… Et si ça se répète, pour moi, il y a beaucoup en ton pouvoir. C'est pas juste c'est arrivé ainsi. Alors c'est marrant, c'est un travail que j'approfondis avec mon psy depuis plusieurs années, justement, sur le choix du partenaire. Tu penses pas ? Et sans que tu en sois fautif ? Non mais la façon dont nous on le travaille avec mon psy, je vais peut-être dire son prénom au micro, on pense, et là c'est un on collectif, c'est pas un on généraliste, on pense en fait je suis un gros… comment dire ? Je suis un gros sucker pour la beauté et la décontraction. Et donc très souvent, les gens avec qui j'établis une relation romantique sont des gens, comment dire, canoniquement beaux. C'est-à-dire, en tout cas, qui se sont fait répéter ça depuis la petite enfance. Mais qui ont réussi à développer des natures très décontractées, très, comment dire… très se laisser porter un peu et cette espèce de d'habit mais ça va loin j'ai un peu du mal à à énoncer les choses parce que j'aurais peur de dire une connerie qui serait pas juste sachant que c'est un travail qui est en cours Mais on pense que, enfin je pense, parce que mon psy n'est pas d'accord pour le coup, mais moi je pense que j'ai un côté un peu prédatorial là-dessus. C'est-à-dire qu'une personne qui est relativement belle et qui a eu une mise en valeur facile sur son physique, pas une mise en valeur en totale, mais sur son physique, mais qui a réussi à développer un côté naturel, Moi, pourquoi je suis prédateur là-dessus, c'est parce que ça m'attire, parce que ça ressemble à ce que je cherche. Mais en revanche, la construction psychologique qui résulte de ces deux composantes est souvent des personnes qui sont soumises au regard d'autrui, au jugement d'autrui, au commentaire d'autrui depuis toujours. Et en même temps, qui sont dans une espèce de laissé-aller, parce que la décontraction, c'est quelque chose que je recherche beaucoup, qui les a rendus un peu passifs face à des événements. Et je parle pas d'événements traumatiques, je parle d'événements du quotidien, de ce genre de choses. Et donc ça crée une nature qui, moi, de mon côté… ne va pas coller avec qui je suis, forcément, mais va coller avec ce que je recherche. Mais donc, t'es d'accord que t'as du pouvoir ? Et ces choses se répètent pas sans ton consentement, ni sans ton… J'ai du pouvoir, mais c'est un pouvoir inconscient, c'est pas un pouvoir conscient. C'est pour ça que je parlais de côté prédatorial. T'as l'air d'être quand même bien au courant de ce qui se répète. Parce que maintenant, je le travaille dessus. Mais je ne suis plus en couple depuis deux ans, trois ans ? Donc, maintenant que je travaille dessus, oui, je commence à avoir les armes. Et le but étant d'arrêter de… On parlait d'autosabotage. C'est une forme d'autosabotage parce que j'ai toujours allé vers des personnes qui ne vont pas forcément me combler sur ce que je cherche ou ce que je veux, mais qui vont davantage représenter une version fantasmée de ce que je veux. Et c'est là où je trouve que c'est vachement difficile quand on a conscience… des schémas qui se répètent, d'arriver à éduquer son désir ? Est-ce que c'est possible de se dire « Ok, moi j'aime vraiment les mecs 1, 2, 3, qui ont ces trois caractéristiques, j'observe un truc qui se répète et qui ne crée pas les relations dont j'ai envie ». Est-ce possible de rééduquer son désir ? Est-ce possible d'être attiré par autre chose ? Tu décrivais quelque chose de très animal, je trouve ça vachement intéressant comme question. Mais on n'a pas la réponse. C'est drôle parce que c'est pas lié à mon désir. Par exemple, les corps que je désire ou les personnes que je désire, c'est pas forcément les canons de beauté… fleur bleue qui se laisse porter c'est plus mon fantasme on va dire ça intellectuel de couple mon fantasme romantique mais les corps qui m'attirent moi ça va c'est le désir pour moi le fantasme c'est le désir qui soit cérébral je pensais qu'on parlait désir sexuel ouais mais pour moi en fait ça englobe un peu tout ça au final Ah, ok, moi j'ai mis une nuance là-dessus, mais… Oui, mais qui échappe à la question que vous posez réellement. J'ai le droit de te poser une question ? Mais tu as le droit, tout à fait. Toi, ton fantasme romantique et les corps que tu désires sont cohérents ? Cohérents dans le sens… Est-ce que c'est les mêmes ? Ben… Je ne saurais pas te répondre parce que je suis très concentré sur toi, donc je ne suis pas du tout connecté à moi. Attends, répète. Moi, est-ce que je fantasme certains corps ? Non. Enfin, si, mais j'ai quand même là en tête plusieurs amants qui ressemblent à des choses assez différentes. Oui. Mais quand tu fermes les yeux et que tu penses à ton futur mari ou amoureux, est-ce que c'est la même personne ? Je n'y pense pas du tout. Mais en termes d'imagination, de visualisation ? Non, mais en plus, je n'ai vraiment aucune idée. Et je veux bien faire l'exercice, mais je ne navigue pas du tout les choses comme toi. Du coup, je projette… C'est compliqué. Si, si, rire. Il y a un truc là que je peux projeter, c'est vraiment, moi, quand on me fait rire, c'est génial. Et quand tu penses à ta sexualité ? Est-ce que c'est le rire qui va t'intéresser chez les mecs ? Bah ouais. Ah ouais ? Est-ce que comment je choisis les gens avec qui j'ai des rapports sexuels, le rire compte autant ? Ouais. Bah j'y réfléchirais… Ouais, je crois que je suis très attiré par les intellos qui me font rire. Je trouve que quand même, j'aime bien. Du coup, j'ai envie d'aller dans ton sens parce que je vois en effet des incohérences entre qui je suis sexuellement quand je lâche prise… Et avec qui ça marche bien ? C'est peut-être là où je te rejoins. En tout cas, ça me parle, cette question d'incohérence. Et puis, je ne dis pas que j'ai raison. Là, je cherche avec toi. Non, mais ça me parle. Je vois des incohérences. Et c'est un petit peu, d'ailleurs, une incohérence que j'entends dans d'autres discours. Des hommes ou des femmes hétéro-homos qui sont attirés par les bad boys, les mauvaises personnes, les brigands. Comme on dirait dans l'ancien temps. Je sais pas pourquoi j'ai dit ce mot-là. J'adore. Les malfrats. Non, mais tu vois, il y a un peu ce délire, et d'ailleurs qu'on voit souvent dans les films, tu vois, tu tombes amoureux de la personne ultra différente de toi. Même Roméo-Juliette, c'était un peu le même délire. Donc, il doit y avoir un truc humain d'être dans l'incohérence entre ce qui nous excite et ce sur quoi on peut construire une relation partenariat chouette long terme, quoi. ou qu'on veut on va terminer et du coup j'ai envie de te demander là sur dans deux ans t'as dépeint un partenariat ou il y a toute cette complexité cette richesse est-ce que tu veux rajouter quelque chose dernière tournée J'espère une fluctuation sexuelle qui est épanouissante, c'est-à-dire que les moments où il y en a, ce soit génial, que je sois sur Jupiter, et que les moments où il n'y en a pas, ça me permette de me réaliser et d'avancer sur ma propre connaissance de moi-même. On va terminer. Qu'est-ce que tu retiens de tout ce qu'on s'est dit ? Pour toi, dans ce que cette conversation et cet échange a touché en toi ou a révélé en toi, où tu as mécontenté, où tu as intéressé, tu retiens quoi pour toi de cet échange ? Faut que je parle en jeu ? Oui mais en mine de rien, je dis ça pour rire mais en fait oui que je parle en jeu, que j'assume davantage mon discours et mon regard en tout cas. Mais après encore une fois je suis venu tel que je suis donc non il n'y a pas vraiment de grande révélation. Non c'est pas forcément une révélation mais tu retiens quoi ? Tu retiens quoi ? Ça peut être émotionnellement, ça peut être… Je pense que c'est marrant depuis tout à l'heure, ça sonne, c'est juste plus un regret d'un propos. Ma blague sur le coup de tête, sachant qu'il y a certainement des gens qui t'écoutent qui s'en sont pris, que c'est pas forcément très cool. Mais sinon, c'est ça. Tu t'inquiètes de l'impact possible de… Ouais, j'aimerais pas réveiller quelque chose de négatif chez quelqu'un qui se serait pris un coup de tête pendant un plan cul ou… Moi ça me questionne vachement, c'est une bonne question et j'arrive pas à y répondre. En fait je trouve que, et notamment c'est intéressant que tu dis ça parce que du coup ça va me permettre de rebondir, il y a une personne qui m'a envoyé un commentaire… très sympa, qui m'a dit j'aime beaucoup tes podcasts. Mais attention, parfois, tu fais des blagues, Guillaume. Cette personne critique ma façon de conduire l'entretien. Et notamment, tu vois que je pouvais avoir des moqueries qui pouvaient déstabiliser ou mettre mal la personne et du coup, l'empêcher de déplier son discours. ou le rabaisser c'est pas exactement ce que cette personne a dit mais c'est ça que je retiens et je trouve ça vachement je reçois aussi plein de messages de gens qui sont super contents et qui me remercient et je prends tous les retours et je trouve ça vachement important pour moi dans cet espace public d'être en remise en question on en a parlé un peu au début sur moi comment je peux avoir des œillères et pas comprendre et entendre des choses ou comment mon comportement puisqu'il y a un rapport de pouvoir Tu vois, tu viens chez moi, c'est mes micros, c'est mon podcast, tu vois, et je reconnais que dans le discours, on n'est pas exactement au même niveau. Moi, je le fais depuis plus longtemps que toi, donc je dois être aussi peut-être plus à l'aise et tout. Et du coup, ça m'a rendu vachement triste. Je me suis dit parce qu'en plus, c'est vrai. Parce que c'est vrai, dans plusieurs entretiens, j'étais soit émotionnellement indisponible, soit très fatigué, soit agacé. Et l'idée, c'est pas d'excuser, parce que pour moi, je… C'est vachement important que je crée un espace où j'ai le droit de faire des blagues, mais je n'ai pas envie de me donner le droit de me moquer. Je trouve qu'il y a une différence et je crois que je ne sais pas bien la faire en vrai. Je pense que j'ai une capacité à peut-être à me moquer des gens. sans prendre tout l'impact que le discours peut avoir. Et donc voilà, je travaille là-dessus sur comment faire les blagues et garder de la spontanéité si j'en ai envie, parce que j'en ai envie, pardon, et puis pas non plus restreindre l'espace. Et à la fois… Et du coup, ça amène à la fois et ça amène la question de bon ben voilà, il y a des témoignages où on parle de choses très violentes et notamment dans pas mal de créateurs, créatrices de contenu mettent un trigger warning, un genre attention, ce contenu parle de nanana. Et moi, pour le coup, je n'ai pas envie de faire ça. C'est-à-dire, moi, et je rebondis sur ce que tu as dit, toi, dans ta spontanéité, tu vas te raconter et forcément faire vivre une expérience à l'auditeur, l'auditrice, soit positive, soit négative, idem pour moi. Et moi, j'ai plutôt envie de créer un espace où la personne ne cherche pas à nuire. Mais à partir du moment où le témoignant, la témoignante ne cherche pas à nuire, il y a une spontanéité et il y a une expérience de vie qui va ouvrir des fenêtres ou créer des décharges chez l'auditeur auditrice. Et ça, en fait, comme on ne peut pas contrôler. ouais il y a un truc notamment tu vois il y a quand même une air twitter et peut-être c'est parce que je suis vieux et que maintenant il y a des jeunes et qu'ils font pas pareil mais un peu de où en fait le discours devient ultra formaté parce qu'on a plus le droit d'eux et du coup entre heurter des personnes qui ont été victimes de violences et qui du coup trouvent ta blague de très mauvais goût et qui passent du coup un mauvais moment pendant que tu la racontes et perdre Toi, ta spontanéité et ta capacité à mettre en discours quelque chose de très intime, donc c'est ultra compliqué, tu vois. Et du coup, je crois que je préfère heurter les gens, prendre la responsabilité de dire, attention, c'est un espace non monté où les gens peuvent dire des conneries, où Guillaume peut dire des conneries, enfin, par conneries, j'entends. C'est là ton point. Regarde, si on repense à… Est-ce que je peux commenter ? Oui, vas-y, bien sûr. Sinon, on peut s'en parler off. Parce que je fais pas mal de préparation aussi à l'exercice médiatique pour des patrons, des gens qui doivent prendre la parole. Le but, c'est de rester authentique. Honnêtement, ce que je disais sur la sexualité, je le crois vraiment dans la vie, c'est de rester transparent, authentique, mais mettre la table. Mettre la table, ça fait deux fois que tu le dis, j'ai pas compris la première fois. Avertir, c'est-à-dire… Le jeune dominateur qui pourrait aller dans… Ah, mais toi, genou… Enfin… S'il met la table, c'est-à-dire qu'il dit… Ça veut dire que moi, dans mon intro, il faut que je dise je ne suis pas total déconstruit. On va parler de trucs qui… Ouais. Il n'y a pas de montage. C'est-à-dire, c'est juste mettre la table. Dire, ben voilà, je fais un exercice sans montage. Des fois, les mots peuvent partir. Mais les gens ne sont pas assez grands ? Enfin… C'est un exercice de bienveillance, ce n'est pas un exercice de responsabilisation. J'ai l'impression de prendre les gens pour des cons. Quand je présente le projet, c'est un témoignage non monté, intime, et du coup de rajouter « attention, vous allez entendre des choses qui peuvent vous choquer ». Ce n'est pas obligé de le faire sur ce mode, c'est comme la sexualité, tu peux tout vivre et c'est la façon de le faire qui va le changer. C'est-à-dire que tu peux très bien aussi simplement dire quand tu te présentes à ton invité « Bon, juste pour prévenir, des fois on peut faire de l'humour, il n'est pas toujours fin, il n'est pas toujours pertinent. » Ce n'est pas grave, on va vivre avec. Oui, mais ce n'est pas le concept même de l'humour. Il y en a qui rient, d'autres pas. Il y en a qui sont réussis, des blagues et d'autres pas. C'est une vision tellement française et républicaine de l'humour. Peut-être, peut-être. Peut-être, peut-être, ouais. Non mais en tout cas, c'est une vraie question en tant que créateur de contenu, tu vois. Parce que moi, ce qui au final m'intéresse, c'est de créer un espace où un, la critique peut vivre et deux, où tout le monde peut être spontané et sortir d'un formatage. Et dans le discours hégémonique qu'on est en train d'arrêter. Je trouve ça génial, tu vois, l'hétéronormativité patriarcale. Moi, je suis capitaliste, je suis chaud bouillant, même si j'en suis un produit total et qu'à mon avis, j'y arriverai jamais. En revanche, l'autre discours hégémonique que je vois sur Twitter, sur TikTok, incarné par des jeunes… Ben, ça me fait pas bander de ouf, quoi. Et il y a une forme de nouvelle censure que je ressens. Et l'idée, c'est pas de dire, c'est génial d'être homophobe, faut que tout le monde puisse, nanana. Mais je trouve quand même, il y a un espace de discussion qui se restreint. Moi, je trouve qu'ils s'ouvrent. Au contraire, parce que les gens mettent la table, parce que les gens… Moi, je trouve que comme les gens ne peuvent plus être ouvertement racistes, homophobes, ce qui est un crime et c'est pour moi inacceptable, point final. Mais notre problème, c'est que comme les gens ne peuvent plus l'être librement en ligne, ils le sont bassement et gazeusement dans leur vie au quotidien. Et je ne sais pas quel monde je veux créer et je me sens responsable de l'espace public que j'ai. Mais il y a un moment donné où, tu vois, je n'arrive pas encore à choisir. Mon point de vue là-dessus ? sur mon podcast qui vit qu'ils soient totalement racistes et qui disent parce qu'ils s'en rendent pas compte ah ouais non moi je mets pas de noir sur mon profil y'a pas de problème etc et qu'ils aient un espace parce qu'ils font partie du sujet que j'essaye de traiter et à la fois ça pose la question de ma responsabilité de dire bah mec ça c'est raciste mais le fait de dire bah non moi j'interdis aux racistes d'avoir accès à ce micro je suis pas satisfait dans aucun des deux cas tu vois ce que je veux dire Alors, sur ce dernier point, c'est parce que t'es blanc. C'est-à-dire que pour le coup, j'ai une approche très libérale de la question. Les racistes, ils vont exister quoi qu'il arrive. Si on pouvait éviter de normaliser en leur permettant de diffuser leur message, ce serait une bonne chose parce que de l'autre côté, il y a des gens racisés tels que moi qui ont souffert de cette normalisation du racisme, de cette banalisation du racisme, de cet humour soi-disant de second degré. Je pense que qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu a fait plus de mal à toutes les personnes racisées de France que Marine Le Pen. C'est… Non, il faut arrêter de donner de l'espace à des gens qui, de toute façon, vont exister. Donc oui, effectivement, le fait de canaliser la représentativité dans l'espace public ne va pas les empêcher d'exister ou de faire leur petit racisme bassement. Et du coup, ce que j'entends, c'est que tu me conseillerais peut-être plus d'accueillir sur le podcast des personnes racisées qui racontent la réalité de tous ces hashtags non aux Asiatiques, non aux Noirs. Plutôt que de donner la parole aux autres. C'est vraiment un espace public safe, en fait. Moi, je comprends même pas le… Je suis désolé, je réagis un petit peu. En tout cas, on souhaite qu'il ne soit plus safe pour les racistes. Si, qu'il soit safe pour tout le monde. Mais qui veut dire safe pour tout le monde ? Il est pas inclusif pour les gens qui sont racistes. Il est pas inclusif du discours raciste. Mais il faut que je reconnaisse que si je choisis ça sur mon podcast, je ne suis pas inclusif pour les personnes blanches qui ne savent pas, ne se disent pas racistes, mais qui le sont. Non, il y a des personnes racistes qui ne font pas de commentaires ou de discours ou qui ne tiennent pas de propos racistes. L'espace public, pourquoi on veut le rendre safe pour les gens comme moi ? Enfin, moi, on s'en fout, maintenant je suis rodé. Mais pour les gens beaucoup plus jeunes, racisés, c'est leur offrir un espace public où la haine dirigée vers eux n'est pas représentée et n'a pas lieu d'être. Par contre, qu'il y ait des gens haineux, c'est la life. Ils sont là et ils ont le droit aussi d'être dans l'espace public. C'est leur discours qui n'a plus le droit d'être dans l'espace public, qu'on ne veut plus dans l'espace public. Mais par contre, les gens, non, il ne faut pas les interdire. Au contraire, sinon, comment on fait pour les déconstruire ? Du coup, appliqué à mon podcast, c'est quoi ton conseil, toi ? Moi, mon podcast, c'est si tu veux parler de la racialité et… D'ailleurs, c'est marrant parce que racialité, je ne suis pas sûr qu'en français, ce soit aussi neutre qu'en anglais. Mais en tout cas, de la question de la représentation des personnes de couleur. Donne le micro aux gens de couleur. Si tu invites quelqu'un de raciste à ton micro… Du coup, pour traiter la réalité raciste… qui existent parmi les hommes queers, c'est de donner la parole uniquement aux personnes de couleur ? Pas uniquement, mais en tout cas, de leur donner majoritairement la parole. Parce que le racisme, lui, tout simplement, on le voit déjà dans le système, on le voit dans la plupart des médias, dans les films, à la télé, au moindre zapping sur TikTok. Je pense que c'est bon. Si toi, tu veux faire quelque chose qui veut parler de la condition des personnes de couleur… dans un podcast, dans notre communauté, j'aime vraiment pas le mot communauté, mais en tout cas, dans le monde queer, donne la parole aux gens de couleur qui pourront s'exprimer sur les dommages que ça crée, parce que c'est des sacrés dommages intellectuels dont on parle. Et si tu reçois une personne raciste, interroge-la sur autre chose que son racisme. Une personne raciste n'est pas monolithiquement raciste, elle a d'autres aspects, elle est pluridimensionnelle, elle a certainement des choses très intéressantes à dire sur d'autres sujets. Mais par contre, de diffuser la parole raciste, à mes yeux, tu as une responsabilité très importante. je t'en prie dernière bafouille je te remercie pour ce temps riez après avoir joui s'il vous plaît qu'on se fende un peu la gueule que tu te fendes la gueule que je me fende la gueule mais même si tout le monde riait ce serait tellement mieux j'ai envie de te contredire du coup on va terminer là dessus c'est plus une bafouille je crois que moi j'ai pas trop envie moi j'ai pas trop envie Je trouve ça très cool si tu te mets à rire et qu'il n'y a pas de problème. Mais je ne crois pas que moi, j'aurais envie de… Pour moi, je trouve ça très joli de rire. D'ailleurs, ça m'est arrivé. Et d'ailleurs, c'est marrant. C'était à Montréal. C'était un de mes amants à Montréal qui riait. C'est marrant qu'en plus, il y ait cette synchronicité. Ça se trouve, c'est géographique, on ne sait pas. je pense pas mais d'ailleurs je me rappelle que ça m'avait un peu frappé je me suis dit merde et tout il y a un souci putain pourquoi il rigole il m'avait dit non t'inquiète moi je crois que l'après éjaculation est un moment assez sacré c'est souvent pour moi un moment de profonde profonde douceur un peu je me sens comme enveloppé dans du coton un peu c'est un moment câlin avec l'autre c'est un moment où j'ai envie peut-être ça dépend des fois mais de le prendre dans mes bras et de se taire Et d'être dans un profond silence ou d'un… une sorte d'extase. Pourquoi ce serait exclusif ? Ah non, je te partageais juste moi. Ah ok, d'accord, parce que j'étais théoridé, ça peut être ce moment d'extase silencieux avec… J'ai moins envie qu'on s'esclafe. Mais du coup, voilà, double invitation. Ce serait plus, alors maintenant ma fille serait plus… Baissez la garde quand vous avez joué. Ça fait passer des meilleurs moments. Ah ouais, baissez la garde quand vous avez joué. Banco.