*Live* Couple ouvert ou exclusif ? 1/3

Partie 1 sur 3

Avec le sexothérapeute Denis Trauchessec et une vingtaine d’auditeurs à Paris, ce live explore ce qu’on cherche vraiment : un couple ouvert ou exclusif, et selon quelles règles.

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Dans cet épisode du podcast :

  • Gaël acte l'ouverture après avoir découvert qu'ils se trompaient tous les deux : sa culpabilité cachait une homophobie intériorisée
  • Mariés depuis vingt ans, Harry et Aurélien dissocient sexe et amour et se racontent leurs aventures dans le détail
  • Pour dédramatiser une aventure, Denis conseille un « mot de passe » entre partenaires : le sien du jour, ornithorynque
  • Sam n'a ouvert son couple qu'à la fin, quand le sexe s'était éteint : l'ouverture est devenue un prétexte douloureux

💡 Les conseils du sexothérapeute

Denis Trauchessec, sexothérapeute, accompagne des personnes et des couples qui s'interrogent sur l'ouverture de leur relation.

Fidélité et exclusivité, est-ce la même chose dans un couple ?

Non. Pour le sexothérapeute Denis Trauchessec, on est fidèle à un engagement et à son partenaire, pas forcément à une exclusivité sexuelle. Dans un contrat de couple, l'exclusivité n'est qu'une clause parmi d'autres : deux partenaires peuvent aller voir ailleurs tout en restant fidèles à leur amour, à leur parole et à leurs émotions l'un pour l'autre.

D'où vient l'idée d'exclusivité dans le couple ?

Selon Denis Trauchessec, l'exclusivité est un héritage du patriarcat, notamment judéo-chrétien. Il fallait s'assurer que l'enfant à naître était bien celui du mari, pour lui transmettre le nom, les terres et l'héritage. On a donc imposé l'exclusivité, surtout aux femmes. Cette norme nous arrive aujourd'hui en pleine face, alors que son contexte d'origine a largement disparu.

Comment ouvrir son couple sans se sentir en danger ?

En posant d'abord des règles claires, conseille Denis Trauchessec. Une règle n'est pas une barrière qui enferme, mais un périmètre de sécurité : à l'intérieur du cadre, on sait qu'on peut explorer librement. Il recommande d'aborder dès le départ les questions concrètes, à commencer par la prévention des IST et le dépistage, plutôt que de découvrir le problème après coup.

Comment parler d'une aventure à son partenaire sans le blesser ?

Tout se dire peut renforcer la confiance : « j'ai tellement confiance en nous que je me sens libre de tout te dire », résume Denis Trauchessec. Quand c'est encore difficile, il propose un « mot de passe » complice pour désigner une aventure, par exemple « ornithorynque », afin de dédramatiser le moment sans forcément entrer dans les détails.

Jalousie ou insécurité : de quoi parle-t-on quand on ouvre son couple ?

Souvent, ce qu'on appelle jalousie est d'abord de l'insécurité, distingue Denis Trauchessec : c'est l'insécurité qui conduit à la jalousie, pas l'inverse. Ouvrir son couple ne crée pas de nouvelles peurs, cela réactive celles qu'on a déjà. Le vrai travail est donc le même qu'en couple exclusif : être bien avec soi et ne pas avoir peur de perdre l'autre.


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Bienvenue pour ce live 6. Denis meurt réellement 4. 4, je pense. À Paris, c'est peut-être le 4. Mais il y en a eu maintenant hors de Paris. Non, bienvenue pour ce live. Notre sujet du jour, c'est couple ouvert ou exclusif. Moi, j'avais envie qu'on se pose la question. On va partager nos vécus, justement nos questions par rapport à notre situation. Là, j'entends tous les célibataires. Enfin non, je ne les entends pas, mais je me dis, moi je suis célibataire, ce n'est pas un épisode pour moi. Eh bien, faux ! Car peut-être qu'il y a des gens qui se disent, attends, mais moi, de quelle couple je veux ? Moi, je suis en couple ouvert et je vois souvent des gens sur Greener qui me disent, ah non, mais moi, je ne veux pas de gens en couple ouvert. Et qui me disent aussi, ah là là, le bon vieux temps où on pouvait être en couple exclusif, c'est terminé, je suis un peu triste. Moi, je cherche un type de relation qui n'existe plus aujourd'hui. Question que je vous poserai. Denis. Oui, bonjour à tous. Est avec moi. Denis, tu es notre sexothérapeute, j'ai le droit de dire ça ? Tout à fait. Parfait. Tu vas nous apporter un savoir ou en tout cas des questions pertinentes. Je vais effectivement souvent poser plus de questions qu'apporter de savoir, c'est sûr. C'est très bien. Petite règle du jeu, on parle en jeu. C'est-à-dire, vous vous dites vraiment tout ce que vous voulez, si c'est vivant pour vous et si c'est légal. Deuxième petite règle, jouez avec votre appréhension. C'est ma proposition. Là, tu vois, vous vous dites, oh là là, mais parler au micro, quelle horreur et tout. Peut-être qu'il y en a qui fondent à l'intérieur en se disant, mais moi, je ne vais pas le faire. Noël, tu fonds ou pas ? Non. Un peu, oui. Noël fond un peu. Jouez avec ça. Si vous n'avez pas envie de parler, vous ne vous prenez pas la tête. Vous êtes présents, c'est cool et tout. Mais si vous sentez qu'il y a un petit truc qui vient et que ça vous intimide un peu, c'est assez normal et allez-y, ça sera très cool. Y a-t-il des questions ? Harry, tu faisais signe à quelqu'un ? Parce que j'ai le micro, c'est pour ça que je regarde. Moi, j'avais déjà envie de commencer à savoir qui est dans la salle. Levez la main ceux qui sont en couple. Là, il y a 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 personnes sur 20. On est 20 ? 8 sur 20. Levez la main ceux qui sont en couple ouverts. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7. Est-ce que quelqu'un est en couple exclusif ? Une personne. Très bien. Tous les autres, est-ce que le préjugé qui est « vous êtes célibataire » est-il vrai ? Ça hoche. Non, il y a deux mains qui se lèvent. Joël, on passe le... Harry, tu peux passer le micro à Joël. Harry, t'es en train de dormir. Non, pas du tout. Donc, tu n'es pas célibataire. Si, je crois. J'ai mal compris. T'inquiète, il n'y a pas de souci. Didier, tu es célibataire ? En fait, tous les autres sont célibataires. Mais il y a peut-être des gens... Je me demandais à des gens qui sont ni célibataires et ni en couple ouvert ou exclusif, tu vois. Denis ? Ça pourrait être des couples polyamoureux qui sont différents des couples ouverts. Ah ! Alors, Louis qui nous a fait des cookies. Ça sera au micro. J'ai fait des cookies. Merci, Louis. De rien. Tu as fait bof bof avec les mains au moment où j'ai dit, es-tu célibataire ? Parce que je suis compliqué. Je suis globalement célibataire, mais je relationne plutôt dans un mode proche du polyamour, on va dire, avec plusieurs personnes. Après, je ne vais pas avoir de copains à proprement parler dans le sens, même ce qui pourrait se rapprocher du couple ouvert, parce que le couple ouvert, il y a une notion de couple principal, de personne principale. Moi, c'est plus des personnes à qui il y a une amitié proche et aussi des relations physiques. c'est difficile à définir avec les mots avec les mots qu'on j'ai du mal à définir parfois et potentiellement c'est des choses qui ont aussi des entre guillemets d'expiration dans le sens où il y en a un je sais qu'il lui voudrait être en relation exclusive avec quelqu'un donc entre guillemets moi je m'accommode de ça tant que ça existe mais je sais que potentiellement ça n'ira nulle part le but c'est pas d'aller quelque part d'ailleurs le but c'est de de prendre les choses tant qu'elles viennent et puis moi aussi je suis sur mon propre chemin de recherche de relations, d'avoir peut-être une relation plus principale on va dire comme souvent c'est dit dans les modèles polyamoureux. Parce qu'en gros quand je dis couple, en fait je parle de duo forcément, c'est une cellule. C'est ça et moi je ne considère pas que j'ai une cellule, que ma vie ne tourne pas autour d'un duo. Ok, je finis ma petite intro. C'est un peu le bordel, c'est ok. Après, on va creuser. J'ai salué Denis, mais je n'ai pas salué le lieu. Le Merci Marcha qui nous accueille. Quelqu'un connaît l'adresse ? C'est le 8 rue Richard Lenoir dans le 11ème à Paris. Merci ! Moi, je l'ai déjà dit, j'ai trouvé ça très sympa. J'ai envie de faire une pub spécifique au plateau d'humoristes. Donc, je ne sais plus quel jour, mais il faut aller sur le site. Il y a des humoristes ou des apprentis humoristes qui viennent faire des blagues. Et c'est des humoristes queer ou en tout cas queer-friendly. Et j'ai passé une très bonne soirée. Là, avant d'enregistrer, on s'est connecté en petits groupes de trois et on a chacun un peu fait un point. Attends, moi, j'en suis où par rapport à cette question ? Qu'est-ce que j'en pense ? Qui se sent inspiré de se lancer pour partager son petit blabla ? Un peu au hasard. Ah, magnifique. Gaël ? J'ai du mal à lire ton étiquette, c'est Gaël ? Super. Sinon, je lis Grille. Oui, c'est Gaël. Salut Gaël. Salut. Je ne pensais pas que je serais le premier à parler, j'ai juste levé la main et je m'attendais à ce que ça soit collectif, mais bon. Franchement, tu fais le plus dur. On te remercie. Oui, je sais. Je vous en prie. T'en es où ? Coupe l'ouvert. Je pense que la question, elle renvoie avant tout à l'idée du couple à laquelle je me suis introduit tardivement, on va dire. Mon premier couple... Ma relation actuelle, c'est aussi mon premier couple. Ça date depuis deux ans. Donc, c'est à l'âge de 27 ans que j'ai découvert l'idée d'être avec quelqu'un et de vivre avec quelqu'un et de partager sa vie. Parce qu'au début, l'idée de... Ma sexualité ne renvoyait pas forcément à cette idée. À l'idée d'être en couple, d'être dans une relation sérieuse. Après, forcément, c'est fou, mais c'était intériorisé. Pourquoi ? C'était quoi tes... Je pense mon milieu, mes origines, d'où je viens, sans vraiment mentionner le pays, mais je viens d'un milieu où l'homophobie est encore malheureusement ancrée et systématique, donc forcément... Ma sexualité, elle est purement sexuelle et pas relationnelle. Jusqu'à l'âge de 27 ans, je me suis introduit à l'idée. Donc toi, tu as grandi dans ce pays et après, tu es venu en France. C'est ça. Et c'est alors que tu t'autorises à imaginer qu'en plus du sexe... Oui, c'est venu tout seul. C'est imposé comme réalité. Et donc voilà, pour le contexte, Après, je pense, six mois, sept mois de relation, les choses ont commencé un peu à se compliquer, mais l'ouverture du couple s'est imposée. Dans le sens où moi, de mon côté, j'ai commencé à « voir ailleurs ». Je pensais être le seul à le faire ! Jusqu'au moment où j'ai découvert que je n'étais pas vraiment le seul à le faire et c'est là où j'ai voulu vraiment acter l'ouverture du couple. Peut-être que je suis le plus jaloux, paradoxalement. Juste que je comprenne bien, au début, les règles du jeu, c'était que vous étiez en couple exclusif ? Oui, oui, oui. On l'a dit à certains moments, oui. Au début, on a réalisé qu'on n'est pas vraiment à l'aise avec l'idée. Avec quelle idée ? D'ouvrir le couple, d'être dès le début un couple ouvert. Et on a respecté ces règles jusqu'à un certain moment. Et comment tu as découvert que, comme toi, ton copain... Un peu d'investigation disons. T'as fait quoi ? J'ai cherché, j'ai trouvé. T'avais une intuition ? Oui. Je ne suis pas vraiment fier du fait que ça m'a dérangé parce que je faisais exactement la même chose. Mais ça m'a dérangé et j'ai voulu en parler avec lui pour dire, voilà, c'est un peu, on fait semblant qu'on est en couple exclusif alors que pas du tout. Donc autant acter le truc. Et ça a marché. Enfin, ça a marché, ça n'a pas... Il n'y avait pas des inconvénients. Ça a bien marché, j'ai envie de dire, comme rapport. Après, ça m'arrive de culpabiliser Dans le sens... Je ne comprends pas pourquoi, mais ça m'arrive d'être dans l'homophobie intériorisée, si je veux dire. Mais pourquoi c'est forcément recurrent dans les relations homosexuelles que ça soit ouvert ? Et j'ai voulu me renseigner, j'ai voulu lire. Et après, j'ai réalisé que finalement, oui, comme je viens de le dire, c'est une sorte d'homophobie intériorisée de forcément juger le couple ouvert homosexuel pour dire « bah voilà, ça marche pas, regardez ». Ça reste des sequels de notre société hétéronormative. Et que petit à petit, j'ai réalisé que je la vois comme une spécificité d'être un homme gay et donc d'être ouvert à une sensibilité qui est différente. Après, je ne suis pas en train de dire qu'il faut forcément être dans un couple ouvert ou de juger les hommes gays qui préfèrent une relation exclusive. Loin de ça ! Mais en même temps, je commence au bout de deux ans à découvrir ma spécificité en tant que gay qui me permet d'avoir une autre façon de voir les choses. Ta culpabilité par rapport au fait d'être un couple ouvert. Donc si j'ai bien compris, même si au début vous l'êtes caché, à un moment donné vous vous êtes mis d'accord pour rester ensemble ? C'est-à-dire que la tromperie, entre guillemets, c'était une façon, je ne sais pas si c'est un bon terme, mais le fait d'être allé voir ailleurs sans l'accord de l'autre, vous êtes passé au-dessus, vous êtes resté ensemble, tu es encore aujourd'hui avec lui. Oui, oui, oui, tout à fait. Et vous avez dit, viens, on fait un vrai couple ouvert. Exactement. Au bout de six mois de la relation, on a acté l'ouverture parce qu'à certains moments, ça a dérapé. C'était il y a combien de temps, du coup, le moment où vous avez acté l'ouverture ? Donc un an et demi parce que ça fait deux ans qu'on est ensemble. Et toi, tu dis, au début, la culpabilité, il y a eu de la culpabilité même. Donc vous vous êtes mis d'accord, on est dans un couple ouvert. Et toi, au fond, tu avais une forme de culpabilité. Elle disait quoi, cette culpabilité ? Elle disait qu'il y a peut-être une contradiction entre le fait d'être en couple et de vivre avec quelqu'un et d'avoir la vie sexuelle que je vis et que j'avais, lui également. Donc il y a cette contradiction un peu. Et après, j'ai réalisé que non, en fait, c'est que les deux... Comment dire ? Je suis en train de mettre sur un pied d'égalité deux choses qui ne doivent pas forcément être ensemble. La contradiction, c'était quoi ? En fait, ta culpabilité, elle disait « je ne devrais pas, c'est mal d'avoir du sexe en dehors de mon couple ». Mal peut-être, mais c'est hypocrite, contradictoire. Ça renvoie un peu à ce semblant de vie partagée. Après, j'ai réalisé que je suis en train juste de répéter des schémas intériorisés. C'est pour cette raison que j'ai voulu vraiment explorer un peu plus ce que ça veut dire d'être gay, tout simplement, et d'être gay en couple aussi. Et c'est là que j'ai réalisé qu'on n'est pas supposé... Voilà, il y a plusieurs schémas. Le couple gay, ce n'est pas uniquement sexuel. Il y a aussi cette camaraderie, il y a aussi ce partage entre deux hommes. Donc oui, ça peut être compatible, le fait de vivre ensemble, d'être potes, mais aussi de coucher avec d'autres personnes. Ce n'est pas si contradictoire. Et donc, je pense... au milieu de toutes ces réflexions et ça reste un travail à faire. Denis, tu voulais dire un truc ? Moi, ce qui m'intéresse, c'est que là, depuis à peu près 5 minutes, je pense, je ne sais pas combien de temps l'enregistrement a commencé, il y a une notion autour de laquelle vous tournez tous les deux, qui n'a pas été posée, c'est la notion de fidélité. Comme si vous évitiez presque de dire le mot. C'était plutôt intéressant. Et c'est vrai que la question de culpabilité que tu posais, Guillaume, par rapport à la culpabilité, vous voyez la culpabilité de tous les deux et justement, ce n'était pas par rapport au même regard. Et ce que je pense qu'on pourrait poser déjà au début de cet épisode, c'est que la fidélité ne veut pas forcément dire exclusivité. On est fidèle à un engagement, on est fidèle à notre partenaire. Et dans ce contrat de fidélité, il peut y avoir ou non une clause d'exclusivité. Et à travers ton témoignage, Gaël, moi ce que je vois surtout, c'est que vous vous êtes rendu compte que même si vous alliez voir ailleurs tous les deux, ça n'entachait pas votre amour l'un pour l'autre. Et justement, vous étiez fidèles l'un envers l'autre en termes de discours, en termes d'émotions. Et vous avez pu percevoir que même s'il n'y avait pas d'exclusivité entre vous, ça n'entachait pas votre amour et votre relation ? Je suis d'accord. J'entendais des oui, oui, oui. Est-ce qu'il y a des gens qui veulent Harry ? Harry et Sam après. Merci Gaël. Merci. Je suis à 1000% d'accord avec ce que tu dis Denis. Et bravo Gaël, puisqu'en effet la fidélité, je pense qu'il faut savoir ce que c'est. Et aussi même le fait de dire couple ouvert ou couple fermé, il faut savoir ce que c'est. Parce que moi, nous on est en couple depuis 20 ans avec Aurélien qui est juste là. On est mariés et pour nous, on a un petit peu du mal à dire qu'on est ouvert parce que l'ouverture d'un couple, ça signifie quoi ? Est-ce qu'on est ouvert juste par rapport au sexe, par rapport aux émotions, par rapport à l'amour, par rapport à énormément de choses ? Et du coup, ça nous paraît un peu bizarre, mais je pense qu'on peut le dire, on est ouvert. Et en fait, dès le début, on s'est mis en tête que le sexe est complètement dissocié du couple. C'est-à-dire que pour nous, le sexe, c'est comme aller au restaurant, c'est prendre du plaisir, c'est aller jouer aux échecs. Pour nous, c'est complètement dissocié. Et à partir de ce moment-là, on s'est fixé des règles en se disant que le sexe, vu qu'on va s'amuser comme on pourrait s'amuser avec n'importe qui d'autre, on peut s'amuser avec d'autres personnes. D'ailleurs, on ne dit pas souvent sexe, on dit souvent s'amuser. Ouais ! Donc dans les règles du jeu, est-ce que vous avez des règles du jeu spécifiques ? Oui, et qui ont évolué énormément en 20 ans. C'est assez rigolo. Parce qu'au début, on se disait, bon, on accepte, mais on se dit tout. Après, on accepte, mais en priorité le couple. Et là, maintenant, on commence à évoluer vers d'autres règles. Attends, parce que j'étais en train de me dire... Attends, parce que je me suis dit... Ça fait 20 ans que vous êtes ensemble ? Oui, ça fait 20 ans. Mais vous avez l'air d'avoir 12 ans chacun, là. J'avais 5 ans. En vrai, vous vous êtes rencontrés à quel âge ? 21 ? 22 ? 23-22. Donc tu as dit que les règles ont évolué au fur et à mesure du couple. Je pense que c'est un truc vachement inspirant. En fait, ça bouge sans cesse. Ça se renégocie, moi, c'est ce que j'observe. Tu as décrit différentes étapes. La première, c'était quoi ? C'était on se dit tout ? On se dit tout. Donc, il y a des gens qui ont des règles. On ne revoit pas la même personne. Vous aviez ça, vous ? Ah non, pas du tout. On ne revoit pas les mêmes personnes avec qui on s'amusait ? Ça pourrait être, ouais, une règle de... Pas du tout. Ok, non. Donc il y avait zéro limite. Ouais, zéro limite et surtout, ça c'est important, zéro frustration. Parce que je pense que ce qui est super important, c'est d'éviter toute forme de frustration, parce qu'il n'y a rien de pire que la frustration, je pense, pour notre espèce humaine. Hein ? Et on communique, bien sûr. Aurélien est très loin de Harry. Donc, si tu voulais rebondir, tu ne peux pas. Mais finis ton... Donc, attends, juste, je veux comprendre. La première partie, c'était on se dit tout et il n'y a pas de limite. Et juste, ça a évolué vers quelque chose d'autre ? Ça a évolué, puisque en se disant tout, on a commencé à comprendre qu'on avait des fantasmes, qu'on avait une certaine sexualité plus ou moins orientée. Et puis après, au bout de dix ans... Je fais des séquences comme ça, mais en gros, au bout de dix ans, on a commencé à se dire, tiens, pourquoi pas faire des plans à trois, à plusieurs, ensemble. Et ça, on a commencé assez tardivement, entre guillemets. Donc ça, ça n'a pas changé les règles, mais vous avez évolué dans votre sexualité. Les règles n'ont pas changé. Vous continuez à vous dire tout. Tout se dire, oui. C'est-à-dire, si un des deux est en déplacement et qu'il y a eu un rapport sexuel et que tu n'es pas forcément obligé de le dire, il va quand même La personne pourrait ne pas le savoir. Vous allez dire, hier, il y a eu un rapport sexuel. Et vous rentrez dans un certain détail. À tous les détails. On veut tout savoir. Le regard gourmand. Ce qui est génial, c'est que nous, ça nous excite de savoir exactement ce qui s'est passé pour l'un ou l'autre. S'il y a une forme d'excitation, on visualise, on se dit « Waouh, ça avait l'air d'être trop bien ». Et parfois, on essaie de se dire « Tiens, pourquoi pas ramener cette même personne dans notre couple pour pouvoir s'amuser ensemble ? » Est-ce que vous... Vas-y, ouais. C'est important. En effet, les sentiments, au début, on se disait, c'est du sexe, c'est que du sexe, on s'amuse. En fait, c'est un peu facile, je me rends compte de dire ça, parce que finalement, il y a aussi des sentiments. Au début, on ne voulait pas trop en parler sur les histoires de sentiments. On se disait, bon, on ne va pas avoir des crushs. Et en fait, non, il faut assumer aussi les crushs. Et moi, j'ai dans un délire un peu bizarre. C'est que je pense que quand on a des crushs avec des personnes, c'est quand on s'est déjà connus dans d'autres vies. Et du coup, je n'ai pas envie d'être frustré par rapport à ce qui se passe. Souvent, quand on va fondre dans les crushs, on vit des choses vraiment sympas avec ces personnes-là parce qu'il y a aussi quelque chose qui me rassure, c'est 20 ans de couple, c'est incomparable avec juste un moment de crush avec quelqu'un. Même si le crush dure quelques temps. Pendant que le micro va vers Aurélien qui a peut-être envie de rebondir, Denis. Oui, il y avait deux choses à mon sens qui sont hyper importantes dans ton témoignage, Harry. La première, c'est effectivement cette communication parce que Souvent, on se dit que la confiance va être un problème par rapport au couple qui n'est pas forcément exclusif. Alors que dans ce type de communication, c'est j'ai tellement confiance en notre couple que je me sens libre de tout te dire. Et oui, je ne serai pas exclusif, mais au moins, tu es sûr que tout ce que je dirai, ça sera toujours la vérité. Et c'est comme ça que finalement, la vraie confiance va s'installer. C'est que tout mot qui est prononcé, on sait que c'est vrai. Donc, on ne se pose pas de questions. Après, certains pourraient... C'était ton premier point, tu en as un deuxième. C'était mon premier point. Pour rebondir, certains couples pourraient dire j'ai envie de garder un jardin secret. Oui, mais justement, il y a aussi un autre niveau, et on arrive au deuxième point, une excellente transition, qui est passée comme un détail, alors qu'en fait, moi, c'est une astuce que je donne souvent aux personnes que je rencontre qui veulent ouvrir leur couple. Tu as dit, on ne dit pas on fait du sexe, on dit on s'amuse. L'idée, c'est de pouvoir mettre aussi des fois des mots de passe. Quand c'est trop dur au début de se dire, mon mec va faire un plan cul, c'est plus intéressant de se dire, on met un mot de passe entre nous. Et cet après-midi, pour moi, c'est ornithorynque. Vous voyez ? Là, ça rigole. Ça permet de dédramatiser le truc. Ah, oui. Et de se dire, ok, c'est son moment à lui. C'est un peu comme le mot de passe. Après, libre ou pas de donner des détails. Vous êtes dans un niveau de communication dans lequel vous donnez des détails. Mais au moins de se dire, effectivement, là, c'est son moment. Il m'a prévenu. Je ne m'inquiète pas. Ce soir, il rentrera à la maison tranquille. Ok. Je trouve ça marrant parce que j'ai l'impression qu'une passe, c'est aussi un rapport sexuel tarifé, non ? Un mot de passe ? Ah oui, c'est un beau... Pas mal. Aurélien ? Oui ? Ça va ? Très bien, très bien. Est-ce que tu es d'accord que ce couple ne se brise pas ? Ah non. Tu rejoins ce qu'Harry dit ? Je rejoins globalement tout ce qu'a dit Harry. Je suis assez d'accord avec... Pas de jalousie ? T'as déjà ressenti une fois de la jalousie ? Pas du tout, jamais. C'est un peu d'autre force peut-être, mais la jalousie ça n'a jamais été du tout mon moteur. Je ne comprends même pas le concept de possession ou de jalousie. C'est quelque chose où j'ai toujours eu beaucoup de mal, de ne serait-ce que dire que Harry c'est mon mari. Juste mon mari, j'ai un peu de mal avec ce terme. Chacun est libre. alors je vais essayer de me faire l'avocat du diable quelqu'un pourrait te dire la jalousie c'est j'aime Harry, j'ai peur de le perdre et donc s'il me dit j'ai rencontré cette personne qui ne me ressemble pas du tout, avec qui il a une pratique sexuelle qu'il ne peut pas avoir avec moi je suis en train de le perdre et j'ai peur alors je comprends tout à fait parce que il y a des personnes qu'Harry pourrait peut-être préférer physiquement peut-être mais même intellectuellement mais je suis Assez confiants sur notre amour, sur notre communication. Et quand bien même on devrait se séparer, ça devrait arriver. Je suis assez confiant sur notre couple. C'est super chouette. Harry parlait de crush. Du coup, vous glissez vers une forme de polyamour ? disons qu'on pourrait ne pas se fermer la porte à un problème moi j'ai un peu de mal à l'imaginer mais pourquoi pas je reste pas fermé peut-être dans ma conception c'est déjà tellement compliqué d'être en couple donc rajouter une personne en plus je suis assez ébahi par ceux qui arrivent à le faire et tu te sens pas menacé donc Harry puisque vous vous dites tout te dit ses crushs Et toi, jamais tu ne t'es senti menacé ? Genre, tu es fatigué, tu as passé une mauvaise journée. Il te raconte ça, il n'y a pas un moment humain ? C'est possible que je me dise, le salaud, il va s'amuser, pas moi. Ça t'est déjà arrivé ? Oui, peut-être, ou je me dis, qu'est-ce qu'il a de plus que moi, la personne qui pourrait être intéressée ? Ça passe et ça repart. Je me dis qu'il a raison de s'amuser ou pas. Après, on a l'impression qu'on fait ça tous les jours, mais c'est assez exceptionnel dans notre couple qu'on aille voir ailleurs ou qu'on fasse rentrer des personnes dans notre couple. Ça fait 20 ans, mais je sais que ça a mis... dix ans pour moi d'aller voir ailleurs parce que pendant dix ans je n'avais pas de problème d'être juste exclusif avec Harry. Vous habitez ensemble ? On habite ensemble oui. On habite ensemble, mais nous, on habite dans la Sarthe. Mais on travaille sur Paris. Moi, je travaille 10 jours sur Paris. Et les 10 jours où je suis sur Paris, on n'est pas forcément ensemble. D'accord. Parce que parfois, quand on est en couple, un des enjeux d'être un couple ouvert, c'est qu'on n'a pas d'endroit où faire du sexe. On peut aller chez l'autre. Bon, je ne sais pas. Mais du coup, quand tu dis que c'est assez exceptionnel, c'est-à-dire que vous avez chacun peu de rapports sexuels en dehors de votre couple. C'est rare. Une fois par mois. Voilà. À la louche. Voire peut-être moins. Voire moins. Ok, d'accord. Ça marche. Denis, si tu avais envie de dire un truc, je te dis, fais-moi un signe. Parfois, tu me regardes et je ne sais pas si tu me trouves très beau. Non, je te regarde. Ou si jamais tu te dis, j'ai envie de dire un truc. Ok. Harry, tu veux rebondir ? Tu as le droit, tu as le droit. Pourquoi vous êtes mis l'un à l'autre bout ? Il y a eu un jeu de brise-glace et du coup on s'est séparés. Désolé. Je pense qu'il y a deux petites choses. En fait, c'est vrai que quand on dit couple ouvert, on a l'impression qu'on fait des plans cul. Mais le sexe, on ne le fait pas sous forme de plan cul chez nous. C'est sous forme d'occasion. Moi, je sors beaucoup par rapport à Aurèle. Du coup, j'ai plus l'occasion et ça vient parce qu'on ne s'est pas prémédité et c'est cool. Et sinon, si ça ne vient pas, ce n'est pas grave. Donc non, on n'est pas trop plan cul. Du coup, peut-être on va débunker ce stéréotype. Il y a un autre stéréotype aussi, c'est que quand on dit couple ouvert, on a l'impression qu'on a une libido de ouf. Je pense que c'est ça que tu voulais dire Aurèle, c'est que c'est cool, on est très ouvert sexuellement, mais on n'a pas une libido de ouf. On ne se passe pas régulier tout le temps. C'est vachement intéressant ce que tu dis. Quand tu dis pas de plan cul, ça veut dire pas sur Internet, c'est ça ? Parce que dans une soirée, tu rencontres quelqu'un, c'est un plan cul. Ah oui, excuse-moi. Alors du coup, plan cul, c'est pas forcément quelque chose. Pour moi, plan cul, c'est aller sur les applications et se donner rendez-vous et dire au réel, bon bah salut, je vais aller sexer. Compris. Voilà, c'est pas trop ça. Mais après, ça peut être une règle d'une autre personne. Je pars du principe qu'on est tous et toutes différents. Du coup, chaque couple est unique en fait. Vous n'avez pas de profil de rencontre. si vous en avez mais pas individuel plus ou moins individuellement on montre qu'on est en couple d'accord mais c'est rare que vous toi tu disais c'est qu'il y a un peu ce préjugé que t'es tous les jours sur Grindr à vouloir sélectionner un max le dispositif de l'ouverture du couple est pas forcément lié à la libido qui est fluctuante en tout cas c'est notre ouverture de couple elle est comme ça après d'autres couples j'imagine c'est différent Alors moi, j'adore votre histoire. On va en entendre d'autres. Mais en vrai, si j'avais essayé de caster un couple ouvert, je n'aurais pas fait mieux. Ah ouais, super. On revient quand tu veux. Mais après, vous pouvez continuer à vous exprimer. On passe la parole, mais vous pouvez la reprendre. Il y avait des gens qui ont levé la main. J'ai une question en particulier. Est-ce qu'il y a des gens, dans tout ce qui s'est dit pour le moment, qui sont plus en mode confus ? Ou bien, très bien. Sam, tu voulais parler en plus ? Oui, je vais parler. Alors, c'est vrai qu'après cette intervention, je suis un peu confus, comme tu le dis, parce que moi aussi, je suis passé par un couple, par 13 ans de couple. Avant, là, je suis célibataire et je suis passé par la phase relations libres, je dirais plutôt. Alors, je suis d'accord sur le fait que la communication est très importante et que plus on parle ensemble, plus on se comprend, plus on arrive à envisager cette étape. Après, c'est vrai que j'étais un peu... Perplexe sur l'idée de raconter mes aventures à mon ex, mon copain de l'époque. Et la question de la jalousie revient. Pas une histoire de jalousie, pas une histoire forcément d'être possessif parce que c'est clair que je ne possède pas cette personne. Voilà, mais... Mais je suis un peu partagé parce que l'idée, par exemple, ils ont envisagé les crushs. Et c'est vrai que parfois, dans une vie de couple, il y a certains moments de monotonie et arrive une aventure. Et cette aventure donne des petits moments de plaisir intense, une passion. Et est-ce qu'on va arriver jusqu'au polyamour ? C'est un peu compliqué parce que je suis d'accord avec Aurélien, c'est que déjà gérer un couple, c'est pas évident. Gérer trois personnes ou quatre personnes dans un couple, je vois mal comment je peux faire. Qu'est-ce que ton cerveau te disait quand tu étais en relation libre et qu'il y avait l'occasion de raconter ? Qu'est-ce qu'il te disait si tu devais un peu spécifier cette gêne ? En fait... Je ne voyais pas pourquoi j'allais lui raconter ça. Parce que moi, je ne voulais pas forcément entendre aussi. Je pense que c'est surtout ça. C'est que moi, je n'avais pas forcément envie d'entendre qu'il était peut-être très, très épanoui sexuellement en dehors de notre couple parce qu'il n'y avait plus de sexualité entre nous. C'est ça aussi. Alors attends, on revient dans le contexte. Vos règles du jeu, elles ont été posées ? Genre tu étais au courant ? Oui, on était au courant, mais on n'a pas mis de règles. Donc on pouvait faire ce qu'on avait envie de faire. Et est-ce que l'un de vous a exprimé l'envie d'en savoir plus sur la sexualité de l'autre hors couple ? Non. Alors moi, par exemple, j'avais proposé des plans à trois. J'étais ouvert à l'idée. Mais lui, par exemple, il n'était pas du tout ouvert à l'idée. Et je pense que lui aussi, il n'était pas du genre à vouloir forcément parler de ce qu'il a passé, de ce qui s'est passé quand je n'étais pas là. Au bout de combien de temps, votre sexualité à deux a disparu ? Au bout de neuf ans ? 9 ans. Et tu as dit combien de temps de couple ? 13 ans. Et donc, vous avez été en couple pendant combien de temps ? Dès le début ? En couple ouvert ? C'est les dernières 5 années. Au moment où vous n'aviez plus de sexualité ensemble ? Oui, c'était ça en fait. Pour moi, l'ouverture était le fait que j'avais des besoins et lui aussi, il en avait. Et au début, on faisait des petites allusions que oui, tu peux aller voir, lui, tu peux aller voir. Et puis finalement, on en a parlé et c'est vrai qu'on parlait beaucoup. Donc, on pouvait envisager ça et on était d'accord que oui, on pouvait passer à cette étape. Est-ce que je comprends bien que toi, en fait, tu as subi l'arrêt de la sexualité entre vous deux ? Non, je ne peux pas dire que j'ai subi parce que la sexualité, c'est un échange. Moi, je suis peut-être faute. Il n'y a pas une histoire de faute. Je pense qu'à un moment donné, il y a une attraction qui a baissé et aussi, on n'arrivait plus à se retrouver. Au début, c'était sexuellement et puis après sur d'autres domaines. Du coup, c'était quoi le problème pour toi ? Et j'entends bien que ce n'est peut-être pas rationnel et que c'est émotionnel et tu peux le dire ainsi. Donc toi, cette personne, petit à petit, tu n'as plus envie de rapports sexuels avec et il en a avec d'autres personnes. En quoi ça te menaçait ? En quoi c'était inconfortable ? Peut-être... Moi, je voyais les choses dans l'autre sens. C'est-à-dire que moi, peut-être qu'il y avait une... C'est pas une honte, mais il y avait une... Oui, le côté, parce qu'on est quand même dans un contexte souvent où un couple, c'est la fidélité et tout, et dire que... J'ai quand même passé un très bon moment avec quelqu'un qui n'est pas dans mon couple. J'avais du mal à l'assumer, peut-être, oui. Quand tu dis, c'est un signe, ça, Denis ? Ah oui. Quand tu dis, et avant de passer la parole à Denis, quand tu dis, dans mon contexte, un couple égale fidélité ? Non. Aujourd'hui ? Non, tu as dit, à l'époque, je n'assumais pas forcément. C'était quoi ce contexte ? Tu parles de quoi ? Tu habitais où ? Non, on était en France. Mais l'idée du couple libre, je ne sais pas, je pense qu'il y a dix ans, ce n'était pas aussi... En tout cas, dans ma tête, ce n'était pas quelque chose d'assez présent. Je l'ai découvert aussi sur les applis. Je voyais que la plupart des mecs étaient en couple. C'est vrai qu'il y a dix ans, on en parlait peu. On en parlait très peu. Je comprends. Denis ? Plusieurs points. Déjà on en parlait peu autrefois parce qu'il y avait surtout les lieux de baise qui étaient beaucoup plus discrets. Tu pouvais aller dans les bois et dans les jardins et profiter tranquillou dans le noir, personne ne te voyait. Alors que maintenant avec les applications on peut être vu et reconnu. Donc il y a déjà ce phénomène là. Moi ce que j'aimerais creuser un tout petit peu sur ce que tu as dit, c'est lorsque tu as dit pour moi le couple c'était la fidélité. Donc, comme je l'ai un peu évoqué tout à l'heure, la fidélité veut pas forcément dire exclusivité, mais ce qui est intéressant, c'est de s'intéresser à l'histoire de l'exclusivité, d'où vient l'exclusivité dans un couple. Et en fait, c'est un héritage du patriarcat, notamment dans les relations judéo-chrétiennes, parce que ce qui se passait, c'était pas l'homme le problème, c'était la femme. Parce qu'un homme qui baisait, c'était un don juant, et une femme, c'est une salope. Et ce qui est important de voir, c'est pourquoi. Parce que finalement, dans un couple, la seule personne qui sait que l'enfant vient d'elle, c'est la femme. Et autrefois, il ne fallait pas que l'homme investisse sur le mauvais cheval, parce qu'on avait peu de ressources, il y avait le nom, il y avait tout l'héritage. Donc pour être sûr que l'homme allait pouvoir transmettre son héritage patriarcal et compagnie au bon bébé, on s'est dit, on va couper les sources de réjouissance, et on va demander à ce qu'un couple soit exclusif, comme ça on est sûr que le bébé qui va arriver... C'est bien celui du mari. Avec aussi des enjeux d'héritage. Tout à fait, des enjeux d'héritage, d'argent, de nom, de... De terre qui se passe. Exactement. Donc vraiment, la notion d'exclusivité dans un couple, c'est un fruit du patriarcat sublime de l'histoire. Si on remonte à l'Antiquité, il n'y avait pas trop... Il y avait d'autres variations de plaisir. C'est une certitude que si on avait tous et toutes grandi avec des Disney où le prince se faisait plusieurs princes... Et des non-princes, et tout se passait bien et c'était trop joyeux, on aurait certainement des automatismes différents. Oui, tout comme dans la monogamie, souvent c'est un homme qui peut avoir jusqu'à cinq femmes, et pas une femme qui peut avoir jusqu'à cinq hommes. On arrive toujours encore à ce côté enfanté, le bébé, etc. Donc c'est pour ça que cette notion de mon couple, c'est la fidélité. Là, on est vraiment dans cet héritage du patriarcat qui a été construit sur des centaines d'années, sur des siècles, et qui nous arrive en pleine face aujourd'hui. Après, pour revenir encore une fois sur ce que tu as dit, parce que je rembobine un peu de ce que tu as pu dire, le mot jalousie a été posé, à mon sens, c'est plutôt une notion d'insécurité. L'insécurité conduit à la jalousie. C'est une relation qui peut être souvent de cause à effet. Mais j'entends surtout que c'est l'insécurité qui était là en place et qui au début était peut-être un frein sur le mécanisme. Et tout comme tout à l'heure on a eu le témoignage d'Harry et Aurélien qui eux se disaient tout, on n'est pas obligé de tout se dire. Ça peut être aussi son genre d'insecret. Aujourd'hui, la question qui est à se poser, c'est qu'on est dans une société de consommation. On va à McDo à 2h du mat, on peut l'avoir. On va à un japonais une demi-heure après, on peut l'avoir. On est tellement habitué à pouvoir consommer ce qu'on veut quand on veut, de se dire, j'adore la pizza, mais je vais en bouffer tout le reste de ma vie, pendant à peu près 45 ans, 50 ans. Est-ce que je vais tenir tous mes repas avec de la pizza ? La pizza étant du coup le mec avec qui je suis en couple. Je comprends. On interdit la pizza ananas. Et il y avait encore un point hyper crucial. Attends, je n'ai pas compris du coup. En fait, on est tellement habitué à avoir tout ce qu'on veut très rapidement que... Du coup, c'est quoi ta conclusion ? C'est compliqué de se dire qu'on peut avoir tout ce qu'on veut quand on veut dans tous les domaines de notre vie presque, sauf dans le sexe. Comment est-ce que le jour de ton mariage, tu peux te dire aujourd'hui, je sais que jusqu'à la fin de ma vie, qui peut être à des dizaines d'années devant toi... Tu n'iras pas voir ailleurs, c'est une utopie. Donc la question se pose réellement sur le relationnel couple, est-ce qu'aujourd'hui c'est encore d'actualité, ne serait-ce que ça, par rapport à la société ? Ouais. Moi je trouve que ça me parle beaucoup, moi qui suis en couple ouvert, je vois beaucoup comment c'est un endroit, enfin je suis vulnérable à mes insécurités avant tout. Tout ce qui est jalousie, tout ce qui est rapport à l'autre, en gros... C'est juste pour moi assez similaire que le couple fermé. Ça vient juste me faire travailler exactement la même chose. C'est ma capacité à être bien avec moi-même et pas avoir peur de perdre l'autre. Dans le cas d'un couple exclusif, les mêmes peurs peuvent être activées que du couple libre. Et j'ai vraiment l'impression qu'on peut être super épanoui dans les deux paquets de cartes, dans les deux options. Je peux être super épanoui dans les deux options, dans la mesure où, en fait, il y a du soin. Toi, Sam, à un moment donné, tu disais, puisqu'on n'a plus de sexe entre nous, il y a une relation ouverte, il y a une relation qui s'ouvre. Et moi, je n'ai pas envie de ça. Je n'ai pas envie que mon intime, je n'ai pas envie que la relation ouverte, ça soit un prétexte pour ne pas parler du problème. Je ne te parle pas de ton expérience, je parle de moi. En gros, si on a envie d'être sexuel et d'avoir des rapports sexuels, c'est la différence entre jouer au tennis et j'ai envie de faire un tournoi avec d'autres joueurs. Si ton élan, c'est de faire un tournoi, là, on parle de la relation ouverte. Mais pour moi, si on arrête de jouer toi et moi, dans mon couple, moi, j'ai un souci quand il n'y a plus de sexualité avec mon mec et qu'il y en a une à l'extérieur. Dans mes règles du jeu et tout, moi, je suis là. Si la relation libre et ouverte fait qu'on ne prend pas soin de la sexualité entre nous, ça me saoule. C'est mon opinion. Tu as prononcé le mot sur lequel je voulais revenir ? Je laisse clapoter si vous voulez clapoter. Et alors, le clapotage peut arriver en même temps que ta parole. C'est tout le concept, normalement. Tous les deux, vous avez employé un mot dans deux directions différentes. Et justement, c'est peut-être ça aussi qui t'a créé une insécurité, Sam. C'est le mot « règle ». C'est-à-dire que s'il n'y a pas de règles, il n'y a pas de cadre. Et s'il n'y a pas de cadre, il n'y a pas de sécurité. Et justement, quand tu nous as dit qu'il n'y avait pas de règles, spécialement au début, là, ça crée une insécurité totale. Les règles, il y a deux façons de voir la règle. Est-ce que c'est une barrière qui m'enferme ou est-ce qu'au contraire, c'est mon périmètre de sécurité ? Si j'ai un cadre, je sais que je peux explorer 100% du territoire à l'intérieur. Et je sais que je peux des fois sortir de la règle pour pouvoir y rentrer. Alors que s'il n'y a pas de règle, je ne sais pas si mon petit pas à gauche me fait sortir du cadre ou pas. Et donc toi, tu parlais tout à l'heure de la sécurité, des règles qui te sécurisaient. Effectivement, je pense que la première chose à faire lorsqu'on ouvre un couple, c'est de fixer les règles entre nous, ne serait-ce que par rapport aux IST. c'est quand même important de l'envisager aussi parce qu'il vaut mieux en parler un petit peu au début prendre quelques instants pour discuter des règles mises en place à ce niveau là plutôt que de se rendre compte ah bah tiens moi je suis pas une syphilis il faut que t'ailles te faire dépister c'est quand même au moins très agréable donc autant en parler dès le début Allez, il y a du cliquetis de vécu. Nous allons faire une pause. Nous allons pouvoir nous délecter de ces délicieux cookies qui sont en grand nombre. Ainsi qu'il y a d'autres recettes qui ont été faites. Je ne les vois pas, mais je ne sais pas ce que c'est, mais ça a l'air très bon. On se retrouve, alors nous là, on se retrouve tout de suite. Les gens qui nous écoutent, à dans quelques jours. Ça vous va ? Magnifique. Sona, là, il fait chaud. Est-ce que tu peux ouvrir la fenêtre ?

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