*Hors-série* La conception : blagues, pipette et jambes en l’air – Chris (3/5)

Partie 3 sur 5
« Il y a des moments quand je n’arrivais pas à m’exciter pour éjaculer. Il y a des moments où je me disais : allez, c’est pour la bonne cause que tu le fais, allez, on y va. » Chris

Chris, 37 ans, conçoit son enfant à la pipette, dans une maisonnette bretonne sans intimité : rien de solennel, ils passent quatre soirs à en rire.

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Dans cet épisode du podcast :

  • Pas de pénétration : il sait qu'il n'aurait pas d'érection, même avec un très bon pote
  • Il achète les seringues à la pharmacie, avec du lubrifiant et du sérum physiologique pour diluer
  • La mezzanine ne ferme pas : elle met ses écouteurs pendant qu'il se masturbe à l'étage
  • Elle garde les jambes en l'air une demi heure, ce que la sage femme jugera inutile

On en parle dans cet épisode
L'autre podcast de Guillaume (le podcasteur), où ce témoignage se poursuit en parties 4 et 5
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Vous écoutez la troisième partie du témoignage de Chris. En préparant l'entretien à propos de la procréation, je te disais, est-ce que tu veux qu'on en parle ? Est-ce que t'es à l'aise ? Et je trouve que ça a à la fois toute sa place, parce qu'en vrai, moi je me suis dit, mais attends, mais on fait comment ? Ouais, ma grand-mère s'est demandé pareil aussi. Et à la fois, j'ai pas envie, tu vois, juste que tu divulgues des trucs qui vous appartiennent et tout, donc tu te sens à l'aise de dire ce que tu veux dire. Mais toi, tu m'as dit, non, moi je dis tout. Ah bah je peux tout raconter, aucun problème. Ouais, tu t'en... Oui, c'est... je trouve ça très sympa et à partager donc une semaine avant Marine nous dit enfin nous, te parce que moi je te connaissais pas à l'époque je te connaissais à l'époque ? si c'était à Noël mais tu m'en avais jamais parlé Moi, je n'ai jamais été au courant. Tu n'as parlé. On peut dire qu'on chante ensemble. Tout à fait. Toi et moi. Que tu chantes beaucoup mieux que moi. Non. On est dans une chorale. Plus fort, mais mieux, je ne sais pas. Et en tout cas, on n'a pas parlé. Après, on n'était pas des potes intimes et proches. Mais à la chorale, j'ai attendu un petit moment avant de le dire. Alors qu'à tes potes proches, ils savaient que vous alliez essayer. Ils savaient le jour où elle allait faire un test de grossesse, ils savaient tout. Mais à la chorale, je connaissais moins bien. Et puis en plus, vous vous prépariez ? « Ah, possiblement, ça va prendre du temps, ça marche pas du premier coup et tout. » Un peu comme n'importe quel couple qui commence à essayer. Tu t'en parles pas, tout va au contraire. Tu gardes ça pour toi, j'imagine. Marine te dit « Coco, je vais ovuler, on va passer des vacances ensemble. On est en décembre, dans une semaine, on va s'y atteler. » Là, toi, tu dis « Waouh ! » Moi, j'aurais balisé. Mais bon, je l'avais pas vu venir. Je m'y attendais pour cinq ou six mois plus tard. Et du coup, vous avez discuté de comment on allait procréer ? Ouais, alors ça, on y avait déjà réfléchi il y a un petit moment. C'est quoi nos options ? Alors, nos options, c'est évidemment faire pratiquer l'acte charnel, faire l'amour. Non. Avec pénétration. Oui, tu n'es pas obligé de faire l'amour. Tu peux avoir une érection et faire une pénétration. Faire du sexe. Tu peux sexer. Non, mais oui, je plaisantais en disant faire l'amour, mais... Donc, option 1, c'est vraiment coucher ensemble et j'éjacule à l'intérieur. Et c'est ce qu'on a fait ? Pas du tout. Pourquoi ? Et on n'avait pas du tout envie de ça. Parce que moi, je pense que, clairement, je pense que je n'aurais pas du tout eu d'érection. Toi, tu te considères homosexuel. Attiré par les hommes. Oui. Et en plus de ça, tellement... Non, mais tellement proche et tellement bonne pote. Mais bon, j'étais en train de me dire, je transvasse ça chez un mec. Je me dis, bon, même un très bon pote. Ah non, non, mais même un très bon pote, c'est bizarre quand même. C'est-à-dire même un très bon pote hétéro, tu ne devrais pas coucher avec. Même un très bon pote gay, est-ce que je me verrais coucher avec ? Je ne crois pas. Et ta pensée, alors c'est moi et mon esprit créatif, mais tu vois un truc un peu cérémonial, quoi ? Un truc en groupe. Non, mais tu vois, le moment où tu me dis je veux être père. Donc, c'est moi, Guillaume. Moi, Guillaume, je veux être père. Et il y a ce moment de la procréation vachement... En vrai, c'est passionnant, quoi. En groupe ? Et attends. Et du coup, je sais pas, on porte tous des plumes, on met de la musique, on tourne autour. Non. Ah ! C'est un peu bizarre. Non, mais moi, je pense que je me serais posé la question, tu vois, d'inventer un truc à ma guise. Alors après, en effet, il faut avoir une érection. Il faut éjaculer. C'est clair. Avec les plumes dans tous les sens et tout, je ne sais pas trop. Avec les plumes dans tous les sens, ce n'est pas facile. C'est drôle. Moi, j'aurais eu vachement envie que ça soit fait dans l'amour, justement, amical. Bien sûr, qu'il n'y ait pas un sentiment négatif, de viol. Bon, en tout cas, toi, à aucun moment donné, tu t'es dit, on va vers une option où il peut y avoir une pénétration. Ah bah non, c'était mort. Et elle non plus. On passe à autre chose. Et très rapidement, on s'est dit, non mais de toute façon, on sait qu'il y a des gens qui ont déjà fait ça avec des pipettes, ça doit fonctionner avec des pipettes. Et puis... Et puis, c'est ça. En fait, vous, vous avez fait un enfant en désexualisant la procréation. Et là où moi, je te propose de la resexualiser, même si on ne parle pas de... Ouais, non, c'est non. C'est non. C'est non. Comme tu dis, c'est non. Après, en vrai, moi, je ne veux pas d'enfant, mais je ne ferai pas ce que j'ai dit que je pouvais faire. Cette histoire de plume et de cérémonie, non. C'est drôle. Tu t'es dit, ce n'est pas pour nous et on va vers la pipette. Avec or, pénétration et éjaculation, on a combien d'options pour faire un enfant de façon artisanale ? Juste ces pipettes ? Je pense que c'est la seule option qu'on a. Il existe aujourd'hui... À l'intermarché, une pipette que je peux aller acheter ? Ouais, alors c'est pas à l'intermarché ou au Franprix et c'est pas une pipette spéciale faite des gamins sans pénétration. Non, d'accord. T'achètes ça à la pharmacie et en fait, c'est des petites pipettes graduées qui font quelques millilitres. Mais c'est des pipettes que tu peux utiliser. Il y en a qui utilisent ça pour administrer un médicament dans la bouche d'un chat ou d'un chien. Ouais. c'est à peu près des pipettes comme pour les sirops que tu donnes aux enfants c'est une petite pipette où tu prends du liquide donc t'es allé dans un magasin animalier non je suis allé à la pharmacie Tu es allé à la pharmacie. Tu as googlé pour avoir cette option-là ? Parce que moi, je me dirais peut-être les inséminations, les vétérinaires. Peut-être que je regarderais les outils de vétérinaire, mais je n'y connais rien. Non, mais c'est marrant parce que je suis parti un peu là-dessus. On a regardé sur Internet. On a trouvé en tout cas des espèces de planches avec des petits schémas, des infographies sur comment le faire et le matériel nécessaire qui est trois fois rien. Et donc, on a regardé tout de suite. Je me suis dit, ça, je l'ai déjà vu quand je bossais en pharmacie. On en avait plein de seringues comme ça. Donc, lui est pharmacien. Et oui. Donc, je me suis tout de suite dit, ça, je vois très bien. Ça peut s'acheter en pharmacie. Et en ayant aussi discuté avec des gens qui avaient fait comme ça, ils nous ont confirmé que oui, t'achetais ta petite pipette à la pharmacie. Parce que j'ai discuté aussi avec quelqu'un qui est à la chorale, qui a eu ses enfants, qui a eu deux enfants comme ça. Ok. Et c'est très drôle. Du coup, s'il y a des gens de la chorale qui nous écoutent, tu voudrais que je coupe ce passage ou tu penses qu'il est à l'aise ? Ah bah non, je pense qu'il est très à l'aise parce que j'allais te dire ce qui est drôle, c'est que tu te rappelles au spectacle quand on a fait un concert à Noël, mes parents sont venus. Et à un moment, on s'est retrouvé à table avec ce mec-là qui a eu des enfants comme ça et qui a raconté à mes parents comment il avait fait ses enfants avec pipette et tout. Et moi, dans ma tête, je me disais « la semaine prochaine, je fais la même chose ». Mais là, papa et maman, ils sont loin de se douter de ce qui se passe. Ah ouais, tu ne lui en avais pas parlé ? Non, lui, je ne lui en avais pas parlé, mes parents non plus. Et c'était drôle parce qu'il racontait tout ça. Et mon père, il lui disait, ah mais c'est génial. En plus, genre, tu fais des enfants avec une nana, mais tu ne t'emmerdes pas avec tous les problèmes d'amour et tout que tu peux avoir avec une meuf et tout. Enfin, tous les problèmes et tout. Bref. Donc, ouf ! Ouf, parce qu'en fait, tu aurais aussi pu entendre un discours très violent. Tu crois que si à ce moment-là, à une semaine de vos essais, tu entendais tes parents dire vraiment des choses très dures, tu penses que tu aurais changé d'avis ? Je pense pas que j'aurais changé d'avis, mais je les connais bien et genre vraiment impossible qu'ils aient tenu un discours dur là-dessus. Impossible. Tu réponds pas tout à fait à ma question. J'aurais pas changé d'avis. Et tu les aurais confrontés avant de te lancer ? Je l'aurais fait et après je leur ai dit ça a marché. De toute façon, je ne voulais pas l'annoncer avant que ça ait fonctionné. Dans le cas où... Un peu dans le même truc que moi, je m'étais entre guillemets infligé à moi-même, mais le côté je ne veux pas donner un peu des faux espoirs ou annoncer des bonnes nouvelles si en fait ça met des années à arriver où ça ne marche pas parce que je ne sais pas pourquoi, tu vois ? Je me projette tellement dans le « t'es avec tes parents, tu regardes un film où il y a deux hommes qui s'embrassent et t'es à l'affût de la réaction de tes parents parce que toi, homosexuel... » Ah, mais ça, je l'ai eu, mais quand j'étais ado, quoi. C'est l'impression que t'as vécu la même chose, quoi. Où en fait, là, s'ils disent quelque chose de violent, ils le savent pas, mais ils sont en train de parler de toi et de ton histoire. Non, t'as pas eu le cœur qui s'est serré ? Ah pas du tout. Ok, tant mieux. Je rigolais intérieurement et tout, et genre je regardais leurs réactions et tout, et de toute façon je les connais bien et je sais leurs opinions et tout. Ta mère a dit quoi ? Quand il a raconté ça ? Ouais, ton papa a dit « Ah génial ce que t'as dit », et ta mère a dit quoi ? Ah bah non mais ma mère elle rigolait, elle disait c'est très bien. Je sais plus comment ils l'ont formulé mais c'était un truc du style validant. C'est génial même si on est gay de pouvoir trouver un système D pour avoir des enfants et tout. On est passé de B à D là. Ouais t'as vu. Non mais c'est cool franchement de savoir que t'as le soutien. Ah non, mais ça, je... Tu savais que tu l'avais. Même si on n'en a jamais parlé, c'est évident que j'avais le soutien. Enfin, je sais très bien comment ils sont. C'est intéressant parce que je n'avais pas du tout pensé à ça. Moi non plus. Mais je pense que c'est essentiel. Quand tu fais famille d'une nouvelle façon, il y a quand même des soutiens que tu pourrais ne pas avoir et qui changent tout, tu vois. Oui. Au moment où tu as les grands-parents d'un ou des deux côtés qui disent non, c'est... C'est pas normal. Et qui, du coup, quelque part, reconnaissent pas ton enfant. Ça peut être ultra violent. Ouais, c'est... Bah oui. Mais t'as raison. Mais ça s'est pas posé pour toi. Jamais. Ah non. On revient à notre affaire très technique. Oui. On a une option qui est la pipette. Et concrètement, il me faut éjaculer dans la pipette. Oui. Parce que... Et après, je repars en arrière. Oui. Il y a une autre solution sinon, en dehors de faire ça avec une pipette, c'est en gros de simuler chez la gynéco qu'on est un couple hétérosexuel ayant des rapports sexuels et que ça ne fonctionne pas et qu'on essaye depuis des mois et des mois. Et en fait là, comme on est un garçon et une fille... et qu'elle pense qu'on est un couple hétérosexuel, ils te font rentrer dans un parcours d'aide à la procréation ? Exactement, de PMA, procréation médicalement assistée. Mais il faut aller chez la gynéco. Il faut mentir. C'est pris en charge par la sécu. C'est pris en charge. Donc, ils te font, pour le mec, spermogramme et tout pour voir si t'as un problème ou pas. Enfin, s'il y a un problème d'infertilité. Pareil chez la nana. En fait, il faut mentir. Il faut simuler un couple hétérosexuel qui a un désir d'enfant depuis un petit moment, qui a plein de rapports sexuels, calculé au bon moment, sur le moment d'ovulation. Mais du coup, dans votre cas, ils auraient trouvé qu'il n'y a aucun problème des deux côtés ? Et donc, il nous aurait dit, bon, on va quand même. Et en fait, après, tu sais, il y a tout le système de... Les nanas se font des injections pour déclencher les hormones au bon moment, les trucs, et vraiment être sûr. En fait, c'est mettre toutes les chances. Ce n'est pas une FIV. C'est vraiment essayer de... Vous en avez discuté de cette option ? Ouais mais on s'est dit il faut vraiment on essaiera vraiment pendant plusieurs mois artisanalement parlant pour se dire après on se lance dans ce truc un peu mytho là mais bon qui aurait pu très bien nous aider et on aurait été très content mais... On commence par la façon artisanale. Exactement. Et du coup, la façon artisanale, c'est aussi bête qu'une pipette dans laquelle j'éjacule. Et puis après, Marine se l'insère. Exactement. Appuie sur la pipette. Et éjecte mon sperme dans son vagin. Dans des films que j'ai vus, la femme met ses jambes en l'air. En mode, j'aide à la migration de ces petites... C'est ce qu'elle a fait ou pas ? Je crois qu'elle l'a fait. Vous étiez pas ensemble ? On était ensemble. Attends, je te... Tu me regardes comme si tu ne pouvais pas raconter et c'est complètement OK. Ah si, si, je peux tout raconter. Il ne faut pas que tu racontes quelque chose que Marine... Tu as l'accord de Marine pour parler. J'ai l'accord de Marine, je peux tout raconter. J'allais dire, je rebondis juste sur les jambes en l'air. Elle l'a fait, même si je crois qu'après, la sage-femme ou la gynéco a dit ça ne sert à rien, strictement à rien. C'est les mythes dans les films. De ouf. mais on était trop c'est vraiment les trucs tu te raccroches à ce que tu connais et tu te dis on va mettre toutes les choses de notre côté bien les gens m'enlèrent et c'est marrant parce que moi du coup je t'avais posé la question moi si je devais procréer je ferais des recherches pour savoir comment mes spermes peuvent être les plus vivaces possible donc je t'avais dit peut-être j'arrête de me masturber ou d'avoir des rapports sexuels ah oui c'est vrai toi tu t'es dit un peu un truc comme ça ou bien tu te mets à manger de l'ail du chou et En fait, j'en ai discuté avec un pote qui, justement, lui, est rentré dans un parcours, justement, tu sais, d'aide à la procréation parce qu'ils avaient du mal à avoir un enfant. Donc, il a fait un spermogramme, ça allait bien et tout, mais on lui avait donné des conseils. Ah, et dans les conseils, c'était... En fait, tes spermatozoïdes se renouvellent automatiquement, tout le temps, de façon continuelle. Donc ceux qui meurent sont éliminés dans les urines et tout, puis t'en as des nouveaux qui sont produits tout le temps. Le fait de se retenir, ça ne sert à rien. C'est pas parce que tu te retiens dix jours que tu vas accumuler une quantité énorme de spermatozoïdes, beaucoup plus vivaces. Je vais juste uriner mes spermatozoïdes. Ceux qui seront morts vont partir, et t'en as des nouveaux, et t'auras toujours une quantité un peu égale. Donc ça ne sert à rien de se retenir. En revanche, on lui avait dit, c'est peut-être quand même pas mal d'éviter de se poigner, genre trois fois par jour. De se masturber. Masturber. Poigner. Oui, poigner. Tu dis ça, toi ? Ouais. Ok ? De se masturber 3 ou 4 fois par jour parce qu'effectivement là pour le coup tu stimules beaucoup, ils sortent beaucoup, t'as moins de liquide séminal, t'épuises un peu le stock quand même. Elle disait à la limite, on lui avait dit à la limite peut-être un jour ou deux jours avant, rien ? Et après, comme ça, tu t'arrêtes pendant deux jours. Mais ça sert à rien de se dire, je fais une pause pendant 15 jours. Et là, pareil, est-ce que tu as eu envie de cérémonialiser ? C'était une masturbation particulière, quand même. Est-ce que... Oui, elle a été particulière dans son objectif. Elle a tout changé. Est-ce que c'était un moment particulier ? Est-ce que tu as conscientisé ? Ah ouais, là, peut-être je suis en train de procréer. Ou en fait, rien de tout ça. Alors, je te raconte comment ça se passe. On avait loué cette petite maison en Bretagne. Mais quand je dis maison, c'était une maisonnette qui faisait 50 mètres carrés. C'était petit. On était deux et on avait une chambre à l'étage. On dormait dans le même lit. Mais cette chambre à l'étage, elle était accessible par un escalier. Mais tu montais ton escalier et tu arrivais comme dans une mezzanine. Donc en fait, quand tu étais à l'étage, la personne d'en bas t'entendait et on pouvait communiquer et tout. Donc il n'y avait pas énormément d'intimité, tu vois. Donc on a commencé à se marier parce que le premier soir... Donc j'ai acheté, je suis allé à la pharmacie, j'ai acheté le matériel nécessaire, donc les petites seringues. J'avais également ramené... J'avais vu qu'il fallait prendre un peu de lubrifiant. Ça pouvait l'aider à elle à insérer la seringue. Et j'avais vu aussi que... Avant de prendre le sperme dans la seringue, tu le mélangeais un petit peu avec du sérum physiologique, ce qui faisait qu'il était un petit peu dilué dans un peu plus de liquide et qu'il collait moins aux parois de la seringue et qu'ils étaient plus facilement éjectés dans le vagin. Donc, premier soir, on se dit, allez, c'est parti, on va commencer et tout. Donc, je sors le petit matériel, donc, seringue, lubrifiant, sérum physiologique. Là, tu n'avais pas le cœur qui battait ? Non, je n'avais pas le cœur qui battait. On rigolait et tout. C'était plus, on rigolait, on était là, bon, allez, on y va, c'est parti. Et c'était, en fait, ça a été un moment qui a été... Très drôle, plus que stressant. Ou solennel. Ou solennel, ouais. C'était pas du tout solennel. C'est chouette, ouais, mais vous vous êtes bien marré. Ah bah on s'est marré de ouf ! On s'est marré de ouf. Donc, je préparais tout le petit matériel et tout que j'avais mis. Tu vois, genre, je l'avais entreposé sur une table. Presque genre, c'était une... Pas une vitrine, mais tu vois, je l'avais posé sur une table. Et puis, vient le moment où je dis... Bon, je vais prendre un petit... J'avais trouvé un petit récipient pour mon sperme. Et vient le moment où je dis... Bon, bah... Il faut que j'aille, je vais aller me masturber. Et là, je lui dis, mais merde, il n'y a rien qui sépare la chambre du salon. Genre, tu vas tout entendre et tout. Ça ne va pas du tout. Tu peux aller aux toilettes. Ah ouais, mais j'avais envie d'être bien installé. En gros, j'avais envie d'être bien installé, de pouvoir... Et c'est là où, justement, c'est le moment où... Où quand même j'ai un peu conscientisé le truc, c'est que j'étais en mode « bon, je sens que je le fais pour avoir un enfant ». Et genre après il va y avoir tout le truc de « je vais devoir éjaculer dans un petit récipient, de lui descendre et de lui amener en main propre, qu'elle le voit, qu'elle prenne la seringue pour le prendre et tout ». J'étais quand même pas non plus en mode genre... Putain, je suis hyper excité, c'est génial, ça va y aller, quoi. Bah ouais. Les toilettes, elles étaient... Elles donnaient dans le salon. Donc elle, elle était dans le salon, sur le canapé, allongée en pyjama, justement, pour pouvoir injecter et après mettre les jambes en l'air. Ouais, ça ne servait à rien, mais... Et moi, je me disais, mais je veux quand même être à l'aise et tout. Oui. Je ne me voyais pas du tout aux toilettes. Non, ça n'allait pas. Je voulais être sur mon lit, tranquille et tout. Donc là, genre, je lui ai dit, bon... Tu vas te mettre de la musique dans les oreilles parce que j'ai pas envie que tu m'écoutes. Bonne idée. Donc mets-toi de la musique. Donc tu me fais un petit top quand tu te mets la musique sur les oreilles et tout. Et en fait, j'ai commencé à m'allonger sur le lit à l'étage. Sauf que je l'entendais faire sa vie en bas. Elle ouvrait les placards, elle se servait un verre d'eau, ce machin et tout. J'étais là genre non mais en fait là j'y arrive pas, j'y arrive pas. C'était compliqué, j'arrivais pas à me mettre dedans en fait. J'arrivais pas à me mettre dedans. Au bout d'un moment je me suis dit bon allez je vais me prendre une petite aide, téléphone, un petit film, un petit truc. Et j'ai eu du mal à me mettre dedans et tout. Puis au bout d'un moment, j'ai dit bon, allez, elle ne m'entend pas. C'est bon, je lâche tout, j'y vais, je me concentre et tout. Et puis, bon, c'est venu. Donc, je lâche le téléphone, le truc, machin. Je prends mon petit récipient, je me tourne sur le côté, j'éjacule dedans. Et puis alors là, j'avais lu qu'il ne fallait pas les laisser à l'air libre trop longtemps. Mais trop longtemps, c'est genre une heure ou deux heures, tu vois ? Mais je me suis dit on n'est jamais trop prudent donc je me rhabille en hâte et tout mais tu vois genre bon bah je descends j'avais encore une espèce d'érection que je cachais sous mes fringues et tout je descends avec mon petit récipient en mode ça y est ça y est et tout. Je mets le sérum Phi dedans pour un peu diluer. Je lui donne. Et puis, je pars m'enfermer pour le coup, moi, là, aux toilettes. Puisque là, elle, elle enlève son bas de pyjama et sa culotte. Elle prélève le sperme. Elle se l'injecte. Elle me dit, sors pas maintenant, sors pas maintenant. Il y a de quoi faire une deuxième seringue. Bon, je te rassure, c'était des seringues genre de 2 millilitres. Donc, en vrai, c'est rien. Je n'étais pas inquiet. Il y a de quoi faire une deuxième seringue. C'est-à-dire qu'elle a pu prélever... Il en restait dans le pot. Exactement. On allait en mettre double dose. Donc, elle s'est dit, ouais, double dose. Donc, voilà. Et donc, elle injecte la deuxième dose. Elle va jeter le truc à la poubelle et tout. Elle se rhabille. Elle se met les jambes en l'air sur le canapé. Elle me dit, tu peux sortir. Et du coup, je sors et tout. Et bon, déjà, on rigole. Comment ça s'est passé ? T'as bien réussi à l'injecter ? T'as pas eu mal et tout ? On délibère, mais on débriefe chacun de comment ça s'est passé. Voilà, donc elle, elle reste légèrement en l'air pendant bien une bonne demi-heure. Moi, je lui faisais des espèces de petits massages du ventre et tout. Je lui disais des espèces d'incantations. Je lui disais, allez, allez, ça va marcher. Je le sens, je te donne toute mon énergie et tout. Tu te foutais de ma gueule sur ma cérémonie à plumes, mais... Tu vois, en mode, genre, je donne une espèce de bonne énergie. Genre, allez-y, les petits. Et puis, vas-y, toi, t'as un super milieu receveur. Tout va bien fonctionner, tu vois. Et puis après, en fait, pendant qu'elle avait les jambes en l'herbe, moi, je me suis mis à la cuisine. Je faisais à manger. Puis après, on a regardé notre petit film. Et puis, on est repassé à autre chose jusqu'au lendemain soir suivant. Parce qu'on tombait pile dans sa période d'ovulation. style on avait les deux jours précédents et puis le jour de l'ovulation et le lendemain on s'est dit on va faire 4 jours comme ça on optimise les chances donc rebelote on refait exactement le même truc mais là on commence à être un peu plus rodé donc ça va mieux je pars à l'étage je lui dis à peine je pars à l'étage qu'elle prend ses écouteurs elle dit je mets ma musique on commence à être mieux rodé et tout J'arrive beaucoup plus à me concentrer, j'y arrive beaucoup plus facilement du coup. Et c'est marrant parce que ça doit être le troisième ou le quatrième soir, peut-être le quatrième soir, je monte, je suis redescendu, mais style, peut-être deux, trois minutes après. Et genre, je redescends, elle me voit, elle était avec ses écouteurs, elle me regarde, elle me dit « Déjà ? Mais je viens à peine de m'installer, mais ça va de plus en plus vite ! » Je dis « Bah ouais, là, je crois qu'on est bien rodés et tout. » Et par contre, le dernier soir, quand je lui donne le récipient, elle me regarde, elle me dit « Ah bah t'as été un peu plus radin. Là j'ai fait qu'une seule pipette. J'ai dit bah ouais mais désolé ça s'amenuise les jours passants. Non mais vraiment on rigolait bien parce qu'on était en vacances en Bretagne, on mangeait des huîtres tous les jours. Et moi quand je lui apportais le petit récipient où j'avais mis du sérum fille et qu'il y avait mon sperme qui flottait dedans, je lui disais « et une petite huître ? » Parce que ça faisait un espèce de truc, tu vois, blanchâtre qui flottait. Donc, franchement, on en rigolait. Et ça se passait bien. Et le dernier soir, en fait, j'étais tranquille en train de me prendre une petite bière sur le canapé et tout. Et je l'ai vue sortir de la salle de bain. Elle était en pyjama. Et en fait, tous les soirs, quand elle sortait et qu'elle était en pyjama, c'était le moment où elle me disait, ça y est, je suis prête, je suis en pyjama. On peut y aller, quoi, y aller. Parce qu'en jean et tout, trop compliqué. Et ce soir-là, j'ai été sur le canapé avec ma bière, je la vois sortir du truc et je lui dis « Oh non, ça y est, il faut que j'y aille ! » Donc vraiment, c'était un moment où on s'est vraiment marrés. Donc vraiment, dans la déconnade et tout, c'était cool. Et tu te souviens, à ce moment-là, te dire, avoir des doutes ? C'est-à-dire, attends, là, c'est très concret, là. On en a parlé, on en a parlé. Je me suis projeté, je me suis projeté. Et là, ben, là, ça y est, là. Non, pas à ce moment-là. Parce qu'au fond de toi, est-ce que dans ces cas-là, tu te disais, ça ne va pas marcher dès le premier coup ? Tu te rassurais en te disant « non mais ça va pas marcher tout de suite ». Ouais, en fait je le voyais comme un peu une répétition générale, un test, on regarde comment ça fonctionne toute cette procédure, les répétitions. Bon, j'avais quand même une partie de moi où, je sais pas, depuis le début, je me suis dit, je sais pas pourquoi, mais je sens qu'en fait, on en rigole, on en rigole, mais ça va marcher dès le début. Mais là, j'étais encore dans juste... Moi, ce que tu décris, je l'ai eu une fois que le test de grossesse était positif. Jusqu'avant qu'il soit positif, j'étais encore dans le bon. Il n'y a rien de concret, en fait, on le fait. Oui, il y a des chances que ça fonctionne. Oui, j'aimerais bien que ça fonctionne, mais je n'avais pas ces peurs-là. Et au contraire, même, il y a des moments quand je n'arrivais pas justement à m'exciter pour éjaculer et tout. Il y a des moments où je me disais, allez, c'est pour la bonne cause que tu le fais, allez, on y va. Et donc, du coup, je... Non, j'avais pas du tout d'angoisse ou de stress et tout. Ce décembre-là, vous étiez chacun célibataire ou pas ? Ouais, tous les deux célibataires. Parce que moi, quelque chose qui m'a vachement frappé, c'est qu'aujourd'hui, t'es en couple. Ouais. Et que, parce que là, je vais te demander de nous raconter les annonces, tu vois, au moment où, déjà l'annonce que Marine, enfin ce moment où Marine, je sais pas comment elle te l'a exprimé, mais t'as dit, mec, ça a marché. Et après, je suis aussi vachement curieux de cette relation, du coup, que tu as avec quelqu'un à qui tu n'as pas parlé de ce projet pour le moment. Ah si, je lui en ai parlé. Tu lui en avais parlé. Dès que vous vous rencontrez, tu lui en parles. Non, pas dès qu'on se rencontre. Il y a quand même un moment donné où tu lui dis, j'ai ce projet et puis ça va marcher. Donc là, on part sur quel sujet ? On part sur une pause. Ok. Car j'ai besoin de faire pipi. Ah bah j'irai peut-être mieux aussi, tiens. Tu te sens bien ? Ah bah très bien. C'est cool, hein ? J'allais dire, je pense que je parle énormément, mais oui, en fait, je... Ah, c'est le concept. Oui, c'est ça que j'allais dire, c'est le but, c'est le bon endroit.

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