En finir avec ma peur d’être seul et célibataire – Arthur 2/3

Partie 2 sur 3
« J’avais vraiment peur d’être seul, tellement peur d’être seul que je faisais des concessions sur concession, je me déformais pour pas être seul » Arthur

Arthur est malvoyant, célibataire depuis un mois après deux couples de six ans : longtemps il a fait couple pour ne plus jamais se retrouver seul

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Dans cet épisode du podcast :

  • Malvoyant, Arthur voyait son mec devenir un aidant permanent, du courrier aux dates de péremption, jusqu'au déséquilibre
  • Après sa rupture, il découvre l'amitié, sa famille choisie et le goalball comme sources d'amour hors du couple
  • Il divise ses besoins d'autonomie et d'affection entre plusieurs personnes plutôt que de tout miser sur un conjoint

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Arthur, partie 2 de ton témoignage. Bonjour. On a parti dans la partie 1. On t'a raconté tout ton chemin. En fait, c'est très récemment que tu t'es séparé. Oui. On l'a entendu à la fin de l'épisode, frais. Oui. Et tu racontais qu'en fait, il y a un enjeu de dépendance et un enjeu de praticité dans tes couples. Oui. Est-ce que tu peux m'amener dans cette réalité-là ? Donc toi, tu es malvoyant. Ça veut dire quoi ? Si je suis en couple avec toi, ça veut dire quoi ? Cette partie pratique où je deviens aussi ton aidant ? C'est quelque chose que j'essaye d'atténuer à mesure des différentes relations, mais c'est quelque chose qui est quand même là. Parce que, par exemple, si dans ma première relation, je devais voir une date de péremption sur un produit qui est dans le frigo, tu demandes à qui ? La première personne qui est à côté de toi, c'est-à-dire ton mec. À l'époque, c'était Madarone. Mais sauf que je vis plus chez maman, heureusement ! Donc du coup, ton mec peut avoir cet aspect-là de « Tiens, ce jean, il est propre ou il est sale ? Est-ce que j'ai besoin de le mettre au sale ou pas ? » Ouais, non ? Est-ce qu'il faut, je sais pas moi, nettoyer la douche ou on peut attendre la semaine prochaine ? Tu vois, plein de trucs comme ça. Qu'est-ce qu'il pourrait y avoir si, à l'époque, c'était lire le courrier, par exemple, que tu reçois en papier ? Si, par exemple, tu as un bug d'accessibilité sur un site. Moi, aujourd'hui, je... surfe sur les internets avec un iphone normal mais avec une couche supplémentaire qui s'appelle une synthèse vocale donc tu as une voix qui te décrit en fait ce que toi tu verras avec tes yeux à savoir qui va te lire le texte d'un paragraphe qui dit que c'est un bouton cliquable sur un site ou un truc comme ça bah parfois il y a des bugs d'accessibilité même assez souvent bah pour te débunker le truc ton mec qui est possiblement là à côté dans l'appart tu vas lui demander oui tu lui demandes de l'aide ouais tu t'as senti que ça crée des déséquilibres oui J'ai senti que ça créait des déséquilibres parce que j'ai forcément... Enfin, forcément. Non, pas forcément, mais... J'ai plus de besoins d'aide qu'en général la personne qui est en face de moi. Alors moi, j'essaye de me rendre utile sur plein d'autres plans. Mais ça crée ce déséquilibre-là, où t'as plus facilement besoin de l'autre que l'autre a besoin de toi. Et peut-être même d'ailleurs que si t'as trop besoin de l'autre, l'autre peut, tu vois, un peu en avoir marre d'être l'aidant plus que l'amant. Donc ça joue, ça joue forcément, et notamment avec mon ex la plus récent, Florian. C'est des discussions qu'on avait eues plusieurs fois ensemble. De comment est-ce que je peux solliciter ton aide pour que ce soit le plus ok pour toi. Ouais. Vous aviez... Vous étiez tombé sur des règles ? Ouais. Sur des codes de, ben, quand je te demande quelque chose, ne le prends pas comme une demande péremptoire et immédiate. Je te demande quelque chose, t'as la liberté de me dire, ben, ouais, je peux, mais là, pas tout de suite, je suis en train de faire un truc. Enfin, moi, ça me paraît basique, si tu veux, mais lui, il s'accordait pas cette possibilité-là. Donc, du coup, il prenait une charge supplémentaire, alors qu'il était en train sûrement de faire un truc... sur son ordi à côté et donc il y avait pas mal de trucs comme ça où il a fallu pouvoir le discuter, ouvrir un peu le bide pour dire qu'est-ce que ça vient faire jouer chez toi, qu'est-ce que ça vient faire jouer chez moi quand tu me refuses de l'aide je me sens rejeté et pas compris par mon propre mec et ça me questionne pas mal après il y avait des trucs où c'était des règles mais juste de rangement, où là au fait pour qu'il n'ait pas besoin de m'aider Il faut que chez moi, ce soit rangé. Chez moi, c'est hyper propre et rangé. Oui, chaque objet a sa place parce que sinon, c'est la galère. Exactement. Et du coup, c'est plutôt un mec propre et rangé aussi, moins que moi, mais il s'y conformait plutôt bien. C'était plus compliqué avec mon ex. ex, Louis, parce que lui, plus bordélique. Et on était aussi un peu plus jeunes dans nos chemins de vie. J'avais l'impression des fois de s'adaronner, ce que je n'aimais pas en plus. Et lui, il avait l'impression d'être mon ado, ce qu'il n'aimait pas non plus. Mais on a fini dans cette extrémité-là de notre relation. C'est pour ça que ça ne marchait plus. Tu disais, j'ai enchaîné les couples aussi parce que j'ai peur d'être seul. Donc, tu as eu deux couples d'à peu près six ans ? Et un an de célibat, là ça fait un mois que ça s'est arrêté avec ton ex, comment ça va ? Genre ce mois-là, toutes ces peurs, les dates de péremption, le jean propre sale, et j'imagine que là tu as gentiment pris des exemples pour que je comprenne et tout, mais j'imagine qu'il y en a mais... des centaines comme ça ouais et puis t'en as des moins faciles genre du caca dans les toilettes moi je le vois pas forcément et ça fait ton mec de checker ouais y'a plein d'exemples c'est plein de petits pointillés dans ma vie qui paraissent pas forcément énormes mais quand tu les mets vraiment en tas oui tu vois ce que ça représente pour toi d'être en lien et tu vois ce que ça peut représenter pour l'autre d'être avec toi Ça se passe comment depuis un mois ? Puisque avant, les efforts que je faisais, c'était pour que ce soit pas visible, la malvoyance. Alors que maintenant, j'en ai rien à foutre que ce soit visible, c'est mon style. Tu m'aimes, tu m'aimes pas, mais c'est comme ça. Et je le revendique, je le vis bien et j'adore montrer aux gens comment je vis chez moi parce que je vis d'une façon très différente. mais les gens le voient pas forcément parce que ça ressemble à un appart classique mais il y a des assistants vocaux dans toutes les pièces il y a des trucs très très bien rangés il y a des tapis pour baliser le fait que si tu continues à t'approcher tu vas te manger la table basse ou le canapé mais c'est plein de petits trucs comme ça que j'ai adapté dans mon appart puisque entre temps je suis devenu propriétaire et que j'ai fait tout un peu à ma main si tu veux dans l'appart ah oui donc en fait ce qui exigeait un aidant extérieur c'était pour se conformer au monde valide oui Et ce qui nécessite toujours un aidant extérieur, c'est surtout pour ça. La date de péremption, tu fais comment, du coup ? Aujourd'hui, soit je prends une photo qui repère la date de péremption avec l'intelligence artificielle, soit je m'en fous parce que je vais ouvrir le truc, si ça sent bon, ça sent bon, si ça pue, je le jette. J'allais dire, ouais. Et avant, j'accumulais beaucoup plus de trucs dans les placards, quitte à pas savoir ce que c'est, et comme j'avais pas d'intelligence artificielle parce que ça n'existait pas à l'époque... j'étais encombré de tout ça et ça me stressait de me dire putain en fait j'ai plein de trucs mais je sais pas ce que c'est alors que maintenant c'est minimaliste chez moi les placards il y a ce qu'il faut mais je suis pas là à faire des courses comme si j'allais vivre 8 mois en confinement parce que c'est plus simple à vivre Je sais ce que j'ai. Je n'ai pas besoin de me souvenir de trop de trucs simultanément. Et ça, ça a éminemment changé dans ma vie. Ce qui a changé aussi par rapport à ma rupture précédente où je n'étais pas bien, c'est le fait que là, quand on a rompu avec Florian, c'est pour des raisons où vraiment il m'a dégoûté à la fin. ce que j'ai découvert de lui dans ses valeurs profondes, dans son intériorité. ce qu'il était capable de me faire, j'ai trouvé ça dégueulasse, mais vraiment dégueulasse. Alors que quand on s'est séparés avec mon ex Louis, on s'est séparés, ça nous a fait du mal tous les deux, on était l'un l'autre notre premier amour, donc ça a été difficile les mois suivants, mais on s'est pas fait mal, on a fait ça proprement, on a été gentlemen. Et aujourd'hui on est toujours potes, ce soir on se voit. Qu'est-ce que tu... Pourquoi est-ce que... Ma question est très... Pardon... Tu es resté avec lui six ans et c'est vraiment sur la fin où tu te rends compte qu'au fond de lui, il y a des valeurs où tu ne matches pas ? Tu as l'impression que tu t'es menti à toi-même ou que lui a changé ? Que lui s'est aussi révélé là-dedans, dans ce côté ? Beaucoup plus perso, quitte à me faire du mal alors qu'on a eu des promesses l'un envers l'autre et donc de très vite oublier tout ça. En quoi tu t'es menti, tu penses ? Parce que ces choses-là qui datent de... La première, c'est 2021, où j'ai contracté une chlamydia, alors que depuis le début, je mettais un point d'honneur à me dire « Ok, il a l'air hyper stressé sur les IST, hyper peu en confiance, parce que quand j'étais célibataire, j'avais, selon lui, une vie de débauché, couché avec des couples et des trucs comme ça. » Et donc, lui, pour le respecter, je me suis conformé à quelque chose de beaucoup plus normatif. Et de comprendre qu'en 2021, mais comme j'en ai jamais eu la preuve irréfutable, puisqu'il m'en a jamais parlé en disant « oui, ok, j'ai fauté, machin », dès 2021, je me suis assis sur le truc en mode « je déteste les gens qui font « faites ce que je dis, faites pas ce que je fais », et là, j'ai contracté une chlamydia alors que je sais pertinemment que j'ai rien fait, donc possiblement que ça venait de chez lui ». Donc ça veut dire que lui, c'était sans doute taper un autre mec. Et un écart, ça peut complètement arriver, je peux le comprendre. Pour autant, le fait de montrer aux gens que soi-disant t'es vertueux alors que t'es une salope comme tout le monde ou comme beaucoup de gens, bah juste assume-le, c'est pas grave. Et ça a été pareil sur la fois d'après, sur le mensonge au sujet du OnlyFans et des vidéos, etc. J'ai passé l'éponge. Et je pense que je me suis menti à moi-même sur qu'est-ce que cette personne était capable de faire malgré ce qu'on venait de signer à se marier deux mois avant. Tu racontes OnlyFans et les vidéos dans l'épisode précédent. Moi, je me souviens vraiment, au début, vouloir à tout prix rester en couple ? C'est pas aussi simple que ça, mais en fait, je me rappelle quand même dans ma tête... Tu parles de ta tête à toi ou de choses qu'on a dit ensemble ? Non, non, la mienne. Moi, mon rapport au couple, j'avais vraiment peur d'être seul, tellement peur d'être seul que je faisais des concessions sur concession. Enfin, je me déformais pour pas être seul. Alors, il y a un peu de ça. Probablement que je le faisais de moins en moins dans mes relations. Et en plus, j'ai quand même un putain de caractère. Donc, je pense que je sais aussi m'imposer sur pas mal de trucs. Mais je sais qu'il faut que je fasse gaffe parce qu'il y a sur certaines choses des lignes à ne pas dépasser. Parce que si je dépasse ces lignes-là, c'est trigger pour la personne en face. Ça va être déclencheur de non, stop, c'est fini. Et sauf que là, si c'est fini, ça me fait une peur énorme. Attends, tu m'as perdu là. D'un côté, tu dis, tu as une très forte personnalité et tu as du mal à respecter les limites des autres. Alors... J'ai pas du mal, mais je vais aller jouer avec ces limites-là ou pas mal m'imposer, etc. C'est quoi le rapport avec ton ex-mari qui outrepasse tes limites et tu t'assoies dessus ? Parce que, en fait, je... Je pense que j'arrive à m'imposer dans certaines limites, etc. et à quand même être moi-même. Mais sur certaines autres limites que je sais être particulièrement importantes pour les gens, ça je sais que même si ça ne me convient pas parfaitement, il faudra que je m'assieds dessus. Tu vois ce que je veux dire entre juste mon tempérament, qui peut être assez imposant, etc., mais en fait, sur les trucs de fond, peut-être que je me suis pas suffisamment écouté, que j'ai pas... Pourquoi ? Parce que cette peur d'être seul ? Ouais. Je pense très clairement. Très clairement. J'aime être aimé et j'aime être en lien. Et donc, du coup, si tu es seul, tu n'es ni aimé ni en lien. Là, aujourd'hui, tu es célibataire. Tu es aimé en lien avec qui ? Ce que j'ai découvert, c'est qu'en fait, tu pouvais être aimé en lien avec beaucoup d'autres gens et qu'on ne considère pas suffisamment le lien amical, le lien familial. Je pense qu'on fait trop peser de choses au lien amoureux. Donc ça, c'est en train d'être réouvert chez moi, même si c'est déjà quelque chose que j'avais découvert après ma première rupture. Et aujourd'hui, moi, je suis un être de lien et je me construis des villages où que j'aille. Parce que j'aime les gens et parce que je sais aussi que ça fait partie de mon autonomie. Et pour revenir à ta question, c'était quoi que tu me demandais exactement ? Non, mais tu y réponds. J'ai l'intuition... En tout cas, moi, mon chemin, ça a été de conquérir mon célibat, ma solitude. Ça transforme la vie, ma vie. Parce que du coup, je me présente à l'autre, disponible pour ce qui y est, plutôt qu'exigeant quelque chose. C'est-à-dire, très souvent avant, parce que j'avais peur d'être seul, quand je voyais des gens avec qui il y avait moyen de moyenner, où il y avait un peu de la séduction, etc., immédiatement, j'avais envie qu'ils conforment à ma vision du couple. J'avais envie d'être en couple. J'avais envie, tu vois, de les embarquer sans vraiment écouter très bien ce qu'ils me disaient, je crois, dans un rêve de vie à deux, de foyer, de couple. Rêve bleu ! Exactement ! Et en fait, c'est ultra relou. C'est super envahissant pour l'autre. Vraiment, Guillaume ne fait pas ça. Et j'ai l'impression qu'aujourd'hui... Eh bien, je me sens tellement heureux célibataire et je trouve que je me connecte plus facilement aux autres parce que j'écoute mieux ce qu'ils me disent, je pense. Et puis, j'ai plus cette angoisse de devoir vite être en couple parce que sinon, je vais être triste et seul. Et j'avais envie de te demander... J'ai l'impression qu'il y a un enjeu. Mon intuition, c'est que du coup, moi, ce serait trop mon conseil, c'est que ce mois célibataire, j'aimerais trop pour toi que tu le transformes en genre deux ans célibataire, un an, trois ans, quatre ans, cinq ans. C'est effectivement le projet que j'ai en tête de me dire, mais kiffe ton célibat, les rencontres, etc. Mais sans te mettre tout de suite en couple. Parce que j'ai vu quand même, j'avais beaucoup beaucoup d'angoisse après notre séparation, les quelques jours où j'étais à Paris en famille, avant de retourner chez moi à Lille, je lui avais demandé de quitter l'appart au 15, et 12, 13, 14, 15, j'avais pas mal d'angoisse parce que je me disais « putain, je vais retourner chez moi », j'avais l'impression de me remettre dans mes pompes agressives de 2018. Ces pompes-là, c'était post... Post-rupture de premier amour, j'avais pas suffisamment de skills dans mon autonomie et puis j'avais plus de boulot à ce moment-là. Alors que là, j'ai fait un chemin énorme niveau autonomie, amour propre de moi avec mon handicap, etc., J'ai un boulot, même si là j'ai eu des problèmes de boulot il y a un mois et demi. C'est venu réveiller un peu ces tensions-là, mais j'ai un boulot qui m'épanouit. T'es dans quel domaine à la louche ? Je travaille à l'hôpital. Je travaille à l'hôpital et j'accompagne d'autres patients dans un centre de maladies rares, d'autres patients qui perdent la vue. et de pouvoir leur dire « Hey, moi aussi ! » Mais en fait, peut-être qu'on peut en discuter. Et en fait, il y a plein de trucs qui sont possibles, parce que les gens, ils voient tout de suite tout ce qu'ils perdent et comment leur vie va être horrible, c'est normal. Mais d'un coup, quand ce qu'on appelle un père aidant, une personne qui partage cette expérience de vie singulière, qui vient t'expliquer son chemin avec des hauts et des bas, parce que c'est toujours important d'expliquer les bas et que les gens ne te prennent pas comme un exemple avec des énormes guillemets, mais qui te met à distance au sens de « je ne suis pas comme vous, moi ». Si Monique, ok t'as 60 ans, j'en ai 30, mais laisse-toi le temps d'avancer dans le chemin de vie et moi j'ai mis 15 ans. avant d'être ok avec ça. T'es payé par le ministère de la Santé ? Oui, indirectement, par l'hôpital du coup. T'es dans un hôpital en particulier ? Oui. Et donc tu rencontres des patients, t'échanges ton cœur de métier, t'es psy ? Il y a un peu de ça, c'est-à-dire que tu parles du parcours de vie, de ton parcours de vie et de celui des patients. Mais t'es pas psy toi-même ? T'es pas coach ? Non, moi en formation, j'ai une formation en communication audiovisuelle et en ingénieur du son. J'étais curieux de ton métier d'aujourd'hui, l'hôpital étant ultra structuré, dans quelle boîte tu rentrais dans l'hôpital français ? Aujourd'hui, on est en train de faire des places qui sont toutes nouvelles, ce qu'on appelle le patient partenaire. On a été formé par l'université des patients de Paris-Sorbonne. qui est habitué à former cette expertise patient qui travaille dans les services et heureusement on a un hôpital qui est allé voir l'université des patients en disant bah nous on veut faire ça aussi et on est les premiers patients déficients visuels au monde patients partenaires déficients visuels au monde et c'est trop cool parce que du coup t'es quand même dans un environnement qui te fait cette place là même si bah t'essuies un peu les plâtres de quelque chose qui c'est la première fois qu'on essaye des choses comme ça et il y a Il y a plein de soignants qui ont le réflexe de nous considérer comme des patients. Je suis genre, non, meuf, je suis ton collègue. Et de dire, ah, mais monsieur, vous êtes perdu, vous êtes au moins un, là, c'est le niveau du personnel. Je dis, bah, ouais, j'ai un badge, meuf, t'inquiète. Mais je trouve ça trop drôle parce que tu viens casser les représentations de ouf. J'ai envie qu'on parle de limites. Ouais. Euh... Toi, tu as l'impression qu'une fois que tu vas conquérir ta solitude, tu vas pouvoir mieux te connecter à l'autre et être en capacité de dire stop plus facilement ? J'aimerais, oui. C'est quoi ton enjeu avec les limites des autres ? Et pour moi, c'est vachement connecté à tout l'aspect BDSM et salope dont on va parler aussi. Sur le rapport au contrôle, tu dirais que c'est quoi ton rapport au contrôle ? Et aux limites que les autres t'imposent ? T'es à l'aise ? Pourquoi tu rigoles ? Je rigole parce que j'ai... Dans les limites de la vie quotidienne, j'ai grandi dans un milieu très cadrant, de parents assez bourgeois, où il faut être bien normé pour plaire aux autres, etc. Et faire des études, et faire ci, et faire ça. Assez cadrant. Et puis, la vie, du fait du handicap visuel, t'impose une forme de limite. Et plein de gens vont te dire « Oh non, non, non, monsieur, n'avancez pas, parce qu'en face de vous, il y a un passage foutu, je sais, merci meuf. » Et genre, plein de gens qui vont essayer de te foutre des limites pour te protéger. Je fais genre, lâche-moi la grappe. Et donc, du coup, j'ai un rapport à la limite de... En général, dans la limite, c'est OK. C'est là la limite ? Très bien. Je vais faire les deux pas après pour bien vous montrer que je vous emmerde. Donc, j'ai ce rapport très rebelle à la limite. Pas mal. Et en général, si tu veux me dire fais ça, ne me dis pas fais ça. Amène-moi à réfléchir les choses pour que je fasse... Mais si on me dit « fais ça », en général, j'ai un peu ce tempérament d'ado rebelle de dire « ok, je vais faire mon chemin à côté et je t'emmerde, moi je ferai ce que je veux ». Il y a un petit côté comme ça. J'ai trouvé que c'était compliqué pour moi. C'est-à-dire ? Tu venais chercher un truc en moi. Tu n'as vraiment rien fait de grave du tout, mais à plusieurs reprises, je t'ai posé des limites dans tout ce qui se passe avant le témoignage. Et c'était difficile pour moi aussi. Et à chaque fois, tout repassait. Et moi, en fait, on est tous les deux pareils. Je pense qu'on a tous les deux l'habitude de cadrer. On a tous les deux, je pense, un enjeu avec les limites qu'on exprime et tout. Et moi, j'étais là, mais en fait, je pense que c'est vachement lié à mon enfant intérieur. Désolé d'être un peu perché. Non, c'est très bien. Non, mais c'est pas perché. Non, c'est pas du tout perché, excuse-moi. Mais en ce moment, je suis dans un processus de thérapie familiale. Donc, c'est vrai que je suis très connecté à ça. Et en fait, je n'arrive pas à faire respecter mes limites à ma propre famille. Et j'ai des preuves en thérapie familiale qu'en fait, je dis des choses... Et qu'elles ne sont pas respectées. Dans ma famille, je vois ce que tu veux dire aussi. Et dans pas respecter, j'entends... Respecter pour moi, c'est j'ai entendu ta limite, virgule, et je ne vais pas la respecter pour ces raisons-là. Tu vois ce que je veux dire ? Je ne veux pas être un dictateur, mais j'ai dit un truc. Au moins, dis-moi non avant de me marcher dessus. Et j'ai vraiment l'impression que nos relations affectives, sexuelles, amoureuses, intimes, sont faites de la même terre. C'est des poteries de la même glaise, du même argile. Probablement, parce que tu restes la même personne. Pour danser à deux. Moi, en fait, tout ça pour te dire comment Arthur fait couple. Comment il l'est dans son intime ? Parce que si à chaque fois que l'autre lui dit stop, non, et qu'il fait les deux pas en plus un peu en mode rebelle, et donc c'est la question que je vais te poser, et qui est vachement en plus mis en lumière par le fait que ton propre ex-mari... tu vois, et aller à l'encontre de tes limites d'une façon qui est choquante et inacceptable, tu vois. Mettre des vidéos de toi, enfin, prendre de l'argent et mettre des vidéos de toi avec ton visage sexuel sur l'Internet alors que tu n'es plus d'accord, c'est inacceptable. Et je crois même que c'est un crime en France, d'ailleurs. C'est possible. Alors, j'étais d'accord dans le sens où... Tu as déjà expliqué. Non, attends, ça fait plusieurs fois... Mais je n'étais pas au courant qu'il l'avait diffusé. Non, ça fait plusieurs fois que tu me fais ça, du coup, je... La PC, une fois la limite. Une fois que je retire mon consentement, tout ce que j'ai dit avant n'invalide pas que j'ai retiré mon consentement. Donc, j'ai dit trois fois oui, je dis maintenant non. Il n'y a que le non qui existe. On ne peut pas se dire « Oui, mais j'avais dit trois fois oui avant. » Oui, tu avais dit oui, mais maintenant c'est non. Oui, mais c'est lui qui avait dit qu'il fermait le OnlyFans. Tu vois ce que je veux dire ? Ce n'est pas moi qui lui ai demandé de le fermer. Ok. Mais je comprends, je vois tout à fait ce que tu veux dire. Ok. En tout cas, si j'ai bien compris, il n'avait pas ton consentement, tu n'étais pas d'accord pour que ces vidéos soient là, encore, présentes ? Dans le sens où il me dit qu'il l'a fermée, que c'est terminé, oui. Ok, oui, je comprends la nuance que t'apportes. Tu vois ce que je veux dire par rapport aux limites et à ton futur amoureux sexuel ? C'est extrêmement intéressant. Je ne vois pas exactement là... Tu ne peux pas danser à deux si l'autre n'est pas entendu. Oui, tout à fait. Et c'est pour ça que j'ai trouvé, et ça c'est un truc que, malgré la façon dont s'est terminée la relation, que j'ai apprécié dans notre relation et que je garderai toute ma vie, c'est le fait de pouvoir être moins bourrin dans la relation, moins commandant, parce que j'étais beaucoup plus comme ça du temps de ma première relation avec Louis, et d'être un petit peu plus wait and see, laisse les gens parler quand même, et plus être dans la communication que dans le je gueule, parce que moi j'ai été élevé en gueulant, par des gens qui m'ont gueulé dessus, et ment, mais dès que ça monte dans les tours chez moi, on parle pas en gueule. Et ce truc-là, je l'ai répliqué pendant des années. avec Florian, il m'a dit immédiatement, genre, non, c'est stop. Si tu me parles comme ça, je me casse. Et comme je veux maintenir du lien, je veux quand même finir ma phrase. C'est, ok, c'est difficile pour moi, mais je vais reformuler de façon calme et plus communication non-violente, quoi. Alors qu'avant, c'était un peu goût de prendre dans la gueule et après, on discute. Et ce truc-là, je l'ai appris petit à petit. Ce que je trouve extrêmement intéressant dans mon métier aussi, d'être patient partenaire, et c'est que t'es pas guide dans le parcours de vie des gens, t'es à côté, t'es à leur service. C'est pas Yaka Faucon, moi j'ai fait ça, fait pareil. Mais c'est de dire, ok, moi je vais vous raconter mon parcours de vie si vous le souhaitez, pour vous créer des possibles. Mais ensuite, l'idée, c'est de réfléchir les solutions qui vont pouvoir vous convenir à vous. Et d'être plus constructif et au service de la personne, plus que de venir devant et de prendre le taureau par les cornes. Moi, je me suis dit, j'ai envie d'illustrer pour dire à quel point c'était absolument pas problématique, les limites et tout, parce que sinon, je trouve que ça crée un petit peu un suspense. En gros, dans le pré-entretien... La règle du jeu pour tout le monde, c'est que c'est volontairement à distance et l'enjeu, ça ne va pas être de se connecter l'un à l'autre parce que moi, je sais que sinon, on va faire l'échange non enregistré et que le jour où on enregistre, comme on sait déjà toi et moi, avec la personne qui veut témoigner, comme on sait déjà tout raconter... Moi, je n'ai pas la même curiosité et il n'y a pas le même élan. Donc, je dis, et comme à toi et à tout le monde, du coup, je vais te poser une série de questions et je vais t'inviter et je vais t'empêcher d'y répondre au bout d'un moment. J'ai besoin d'entendre deux, trois choses. En gros, l'idée, c'est de te faire verbaliser des choses super intimes pour voir comment tu te sens dans ton corps et aussi voir et tester ton élan d'en faire un discours public. Pourquoi tu fais ça, tes motivations, etc.? Moi, j'ai cet élan assez naturel. C'était difficile de résumer en deux. Non, je ne te demandais pas de résumer. Et en fait, j'avais beau... Tu m'as dit oui. Je t'avais dit, est-ce que tu es d'accord avec ces règles du jeu ? Tu m'as dit oui. Et en fait, on a passé tout le pré-entretien à ce que je te... Tu vois, à ce que je te dise, Arthur, stop. J'arrivais pas à t'arrêter et je te disais, mais je te promets que ce que tu dis, c'est chouette et qu'on va enregistrer. Mais là, en fait, c'est pas le jeu du pré-entretien. Et... Moi, du coup, je me suis dit, c'est vraiment bête, tu me permets d'être un peu bête ? Oui. Je me suis dit, il y a des comptes qui se règlent là. J'incarne un truc et il est rebelle, non pas envers Guillaume, le Guillaume, mais il est rebelle envers un truc. Est-ce que tu me suis un peu ? Pourquoi ? D'où vient cette envie et ce besoin un peu aussi parfois de dire fuck ? Je pense beaucoup dans mon éducation avec des parents assez normatifs. Aucun rapport avec le fait que je sois voyant ? Non. Ah non ! pour moi ça vient de ce côté normatif de j'aime pas qu'on me dise quoi faire comme on fait mes parents et le deuxième truc de j'aime pas qu'on me dise quoi faire et qu'on me prenne comme un gamin comme beaucoup de gens dans la rue qui disent oh mon dieu le pauvre il est en danger il traverse une rue lâche moi et donc du coup je pense que c'est ces trucs là qui se réveillent pas mal il n'y a pas du tout de côté voyant ou non voyant d'autant que Nous, on ne s'était jamais vus à l'époque et en plus, c'était par téléphone. Donc, tu n'avais pas plus de vision sur moi que moi sur toi. Donc, je ne pense pas. Moi, j'ai l'intuition, et je te la partage comme ça, ça m'amuse, que là, il y a une clé de ouf. Parce qu'on est d'accord que là, nous, notre lien, il n'était pas du tout romantique, intime ou autre, mais je me suis vraiment dit ça. Je me suis dit, mais du coup, dans le futur des liens tissés, euh... Ouais, c'est ça. Est-ce que toi, tu te vois même... Tu l'as dit tout à l'heure, tu l'as dit, quand quelqu'un pose une limite, j'aime aller chercher autour et tout. Tu te vois le faire dans ta vie affective, sexuelle, amoureuse ? J'ai l'impression moins dans la vie affective, sexuelle. Plus dans la vie de tous les jours. Ça, c'est sûr. Après, la dimension amoureuse peut avoir, si t'es en couple, un côté la vie de tous les jours. Donc quand on se balade sur un trottoir et que tu me dis fais attention à ça et que moi je fais exprès d'aller sur la route pour pas aller là où tu m'as dit d'aller et faire le grand quoi, ça pourrait tout à fait être avec la personne du couple. Ouais. Mais c'est sûr que je pense que j'ai plus de doigté en couple, un peu plus de légèreté parce qu'il y a cet enjeu pour moi de si je vais trop loin, il n'y aura plus de lien. Ouais. Si je vais trop loin, il va juste me larguer comme une daube. Et je serais tout seul. Et là, j'aurais plus que mes yeux pour pleurer comme en 2018. Oui, c'est ça. C'est cette peur d'être seul qui te fait... Je pense. Moi, j'aurais tellement aimé que tu m'expliques pourquoi la règle ne convenait pas. Parce qu'en fait, il s'avère que c'est mon métier et qu'on co-créait un truc ensemble. Mais qu'en fait moi j'adore les changements. Donc en fait quelqu'un qui me dit écoute c'est pas possible pour moi pour cette raison là. En fait ce que je trouvais moi très difficile c'est que moi j'en ai rien à foutre de dire attention tu vas tomber. Une fois que tu me l'as communiqué que tu veux pas je le fais mais... C'est en fait de ne pas comprendre ce qui se joue. Donc moi, je suis là, mais mec, je t'ai dit non. Et en fait, tu continues. Tu parles du pré-entretien, là ? Ouais. Ok, d'accord. Et du coup, moi, je pense que tu donnerais de ouf plein de clés à toi et à l'autre si tu disais... Mais ça s'entend pas, je t'ai dit. Tu viens de taper ton... Voilà, j'ai bien tapé dedans quand même. Non, ça s'entend pas, je pense. Ouais, le moment où tu expliques pourquoi la limite te convient pas. Parce que du coup, moi c'est ce que je ressens depuis le début de cet échange. De quoi ? Je sens que t'as une forte personnalité et que tant que t'auras pas enlevé tes lunettes, tu seras pas vraiment vulnérable. Attends, je les retire. Si tu veux, je me mets à poil, je m'en fous. Non. Toi, t'as l'impression d'être vulnérable, là ? Non. Ouais. On est d'accord. Parce que si tu l'étais, tu ressentirais quoi ? Quand je suis vulnérable, je me sens mal à l'aise, j'ai moins de trucs à dire, j'ai moins de bagouts, de dire des conneries, d'avoir de la répartie, un truc comme ça. Je me ferme comme une huître. C'est ce que j'appelle le mode pâquerette et je peux très souvent revenir dans ce mode pâquerette que j'avais quand j'étais plus petit, où j'étais moins affirmé de moi-même, etc. Où j'ai l'impression d'être un tout petit truc et d'être spectateur de plein de choses et de beaucoup plus me faire passer dessus par plein de choses. Ok. T'as l'impression que si t'as pas de bagout, tu te fais écraser et que t'es pas apprécié ? C'est pas forcément lié au bagout, mais en tout cas, c'est quand je suis pas à l'aise, quand j'ai pas confiance. Mais la vulnérabilité, on peut être très vulnérable et avoir une forme de confiance ? Quand on vient parler de vulnérabilité, par exemple, quand je viens expliquer la rupture du couple ou ma situation de vie, il y a plein de trucs dont je peux parler et être vulnérable en face des gens tout en étant très en confiance et à l'aise. Mais la situation de pâquerette dont je te parle, c'est quand je suis, par exemple, avec des gens où je sens qu'ils essayent de me passer par au-dessus, qu'ils essayent d'être mon ancien boss avec ce côté-là, un peu manipulateur, pervers, qui soufflait le chaud, le froid. J'étais toujours déstabilisé par ce qu'ils disaient. je n'arrivais pas à être la moitié de moi même dans les choses que je pense les choses que je dis etc parce que ça me coupait complètement ça me tétanisait j'ai parfois ce côté très je suis une petite pâquerette je bouge plus et je me fais juste écraser par les grands trucs au dessus Mais je sens ça et je pense que c'est mon biais à moi. C'est-à-dire, en fait, c'est faux. Je te trouve vachement vulnérable. Depuis le début, tu racontes à cœur ouvert. Non, je te sens vachement disponible et tout. Mais tu as une puissance en toi. avec laquelle et je le dis pour que la suite de l'entretien je m'en libère mais j'ai comme du mal à gérer cette puissance enfin j'ai du mal à m'y connecter parce qu'en fait tu dis des choses très puissantes tu dis des choses très vulnérables mais avec une assurance avec une fermeté qui me déconnecte de l'émotion ok Mais c'est vraiment du Guillaume, c'est moi le problème. T'as une façon de dire des choses tristes avec une... Je peux balancer des gros trucs et arriver à en être détaché. Mais c'est des choses sur lesquelles j'arrive à être un peu plus apaisé par rapport à ça. Même si ça fait que un mois qu'on s'est séparés et qu'ils me dégoûtent. Ok, je sais que c'est terminé, que je n'y retournerai pas parce qu'il ne me fera pas le coup deux fois. Et voilà, maintenant on avance et... Et donc de ne pas être forcément dans le pathos, tu vois, du truc. Mais il y a peut-être une forme de binarité, dis-moi si ça te parle. Peut-être que ton cerveau te dit, soit t'es pâcrête, écrasé par l'autre, complètement agarre. Soit t'es ce gars puissant, bagou, bourrin. T'es d'accord ou pas ? Et qu'en fait, il existe plein de choses au milieu. T'es d'accord de cette binarité que je ressens ? Oui, je vois cette binarité. Même, tu vois, à certains moments, quand j'étais plus down, psychologiquement, je me posais la question de bipolarité. Et j'en ai parlé à des gens qui sont concernés ou des parents de gens concernés qui m'ont dit « je te vois pas du tout comme une personne bipolaire, mais je vois que je peux avoir des gros downs et être beaucoup moins en confiance, etc. » Et à côté de ça, le revers de la médaille à être beaucoup plus shiny, affirmé, puissant, bagou, et je pense que je suis plein de trucs au milieu de tout ça. Oui, et là, le jeu du podcast public, tu fais appel à ton bagout et à ta puissance parce que tu as envie d'incarner quelque chose de joyeux, d'heureux, de puissant. Oui, et je suis en plus dans une période plutôt heureuse, joyeuse et puissante. malgré ce qui se passe, mais j'ai été assez rassuré depuis que je suis rentré chez moi à Lille, de me dire, putain, j'ai repris possession de mon appart, j'ai réorganisé des trucs, j'y suis bien. Si j'ai un problème, je sais que je peux compter sur de l'intelligence artificielle, un bénévole que tu peux appeler et qui prend possession de ta caméra, tu vas lui demander un truc. Je peux demander à des voisins. Et en fait, je ne suis pas si en insécurité que ça. Et j'ai été content, fier de constater ça de moi, de me dire, en fait... C'était beaucoup, beaucoup de choses que je faisais en anticipation de rentrer sur l'île, de peur de me retrouver dans mes pompes de 2018. Mais 2018, c'était 2018. Et aujourd'hui, je touche du bois pour que ça reste comme ça, mais je me sens plus apaisé par rapport à ça. Ce qui me revient souvent en tête, ce n'est pas la peur d'être seul, c'est le « Mais quel connard ! Putain, mais quel connard ! » En repensant à lui, en me disant « J'ai vraiment un goût amer de tout ce qui s'est passé. » Mais je n'ai pas la peur en me réveillant d'être seul ou de me dire « Putain, mais quelle vie ! Je vais dans quoi ? Je ne sais pas où je vais ? Je suis qui au milieu de tout ça ? » Franchement, j'ai constaté la différence et je suis hyper heureux de ça. Mais c'est trop chouette ! Ça n'est que le début, donc j'espère que, et je sais qu'il y a des hauts débats dans tout ça, mais j'espère que je pourrais conserver ce truc-là. Et de me dire, c'est pas parce que je suis pas en couple que je n'existe pas. Ça me rappelle ce terme d'existence, un truc qui m'a fait lâcher une jolie larme d'émotion quand on était sur les chevaux dans le Colorado en train de se marier, c'est ma soeur qui nous mariait. Et ma sœur a cité un moment Victor Hugo de dire aimer ou le mariage, c'est exister pour quelqu'un. Et là, tu vois, en t'en parlant, j'ai la peau de poulet dans le cou qui revient. Ce truc-là vient jouer quelque chose chez moi. Je ne sais pas quoi. J'ai fait des années de psychanalyse, 6 ans ou 7 ans, je crois. Elle est horrible, cette phrase, non ? De quoi ? Elle est belle ou elle est horrible, cette phrase, pour toi ? se marier c'est le truc de Victor Hugo aimer c'est exister pour quelqu'un aimer c'est exister je ne sais plus, je redemanderai à ma soeur ou tu le mettras en commentaire du podcast dans le descriptif aimer bien sûr en tout cas ça me parle se marier ça me parle un peu moins mais aimer bien sûr aimer c'est se lier mais on peut aimer de plein de manières différentes et puis on peut exister pour les gens de plein de manières différentes Mais, et t'as l'impression que t'es aimable ? Ouais, moi je pense oui. Bah super, et y'a assez de gens qui t'aiment ? Trop de gens qui t'aiment... Y'a assez de gens qui m'aiment... Putain, on a eu deux secondes de... Ouais. Je pense. Quoi, tu veux qu'on fasse la chanson après ? Non, non, non. Je pense que... Oui, oui, oui, il y a des gens. Tu te sens bien entouré. Pour moi, le déclic post... Donc moi, j'ai eu une rupture en septembre. Ok. Euh... Et c'est un renouveau pour moi. C'est-à-dire que c'est vraiment la première fois. Je repense quand même à ma précédente relation. Il me manque. Il y a un an et demi. En fait, c'était vraiment une douceur, une intelligence. Ce n'est pas le bon match. Il n'y a pas de doute là-dessus. Nos chemins se sont séparés. Mais je trouve que c'est dur. Je n'ai pas de nouvelles de lui. Je sens qu'il ne faut pas trop que j'en prenne. Il y a un petit truc qui reste du coup ? en fait j'ai fait du nettoyage et tout et dans un placard j'ai retrouvé des affaires à lui j'étais là putain qu'est-ce que j'en fais je vais pas les jeter et tout ça m'a un peu remis ça là dedans mais sinon c'est un vrai tournant parce que en fait j'ai saucissonné l'amour mais ça je l'ai déjà dit sur le podcast j'ai saucissonné la relation amoureuse et mes attentes pour qu'en fait chaque petit bout de toutes ces attentes soit soigné soit pris en charge par des différents aspects de ma vie quoi ouais Donc notamment des amis queers, des amis gays, des hommes gays, des petits choux avec qui, en fait, je me sens vraiment une sorte de famille choisie, avec qui on... Bah, essentiel, essentiel. Mes amants réguliers... Donc de la sexualité, de l'affection, de l'amitié, de l'amitié à différents degrés. Tu vois, je chante dans une chorale. Ah, trop bien ! C'est pour ça qu'il y a trop de gens qui t'aiment, c'est quand tu veux. Pas là tout de suite au micro, mais un peu plus tard. Tu vois, ces liens faibles, je crois que c'est comme ça qu'on appelle ça en sociologie. Donc des gens que je trouve trop chou, avec qui j'ai la joie de les revoir, mais on n'est pas meilleurs potes. Est-ce que toi aussi, de quoi je te disais, est-ce qu'il y a assez de gens qui t'aiment ou est-ce que tu as l'impression que justement, tu as ces différentes sources d'existence comme Victor Hugo dit ? Je pense que oui. Après, je pense que ça peut être encore amélioré parce que le côté famille choisie, un peu plus communautaire, moi, c'est quelque chose qui m'intéresserait énormément d'agréger autour de moi. d'avoir ce côté bande de potes où on peut compter plus facilement les uns sur les autres là ce que moi je constate c'est que j'ai plutôt des groupes de potes un peu écartés les uns des autres et ce côté soudé, proche les uns des autres alors je le recrée récemment avec mon équipe de sport qui est un sport qui joue à l'aveugle qui s'appelle du goalball que t'as peut-être vu pendant les paralympiques c'est quoi en gros ? Tu joues 3 contre 3 complètement à l'aveugle avec un masque. Ballon ? Ballon, ballon sonore. Et tu as un but énorme à défendre qui fait 9 mètres de large par 1,50 mètre de haut. En fait, tu arrêtes les ballons en te jetant au sol et après tu te relèves et tu retires la balle sur tes adversaires en face tout en devant te déplacer à moitié en courant ou en marchant à l'aveugle sur le terrain. Et là, tu sens qu'il y a quelque chose qui se crée, mais c'est pas gay, c'est pas queer. Non, c'est pas queer. Toi, tu sais pourquoi... Donc, je comprends, t'as pas trop de potes gays ou queers. Si, j'en ai, mais qui sont pas forcément fédérés entre eux. Et ce que j'avais apprécié à l'époque, la personne qui nous a fait rencontrer avec mon ex-mari, donc cette personne s'appelle Arnaud, et... Il m'avait fait connaître, alors pas que des personnes gays, mais il m'avait fait connaître son espèce de chosen family autour de lui, de son groupe de potes à organiser des soirées chez lui, des soirées entre mecs. Et j'avais beaucoup apprécié ce moment-là. Maintenant, d'autres trucs dans notre relationnel m'ont moins plu et j'ai pris mes distances. Mais sur cet aspect-là, ça m'a coûté parce que j'avais l'impression de me séparer d'une partie d'une famille, un petit village, ou des gens chez qui tu sais que la porte est ouverte au coin de la rue, en bas de chez toi. C'est précieux, en fait, ça pour moi. Je pense que ça fait écho à mes besoins de ne pas être seul. Même s'il y a une personne qui n'est pas chez moi, mais je sais que j'ai une famille. Moi, le terme famille, il est hyper important chez moi. Et j'ai une famille sur qui je peux compter et qui peuvent possiblement compter sur moi en échange. T'as des idées de comment la constituer ? Pas du tout. Ce que je sais, c'est que j'arrive très facilement à agréger du lien autour de moi. Mais de là à faire des liens parallèles entre des gens, je ne sais pas. Je ne saurais pas trop comment le prendre. Pour moi, pour mon chemin de salope, ma famille choisie est essentielle. parce que pour moi c'est un endroit donc je pense à 1, 2, 3 on est 4 ? Et on est aligné sur l'épanouissement intime, sur nos enjeux, nos envies. En fait, on est aligné. Donc concrètement, c'est un espace où je peux dire mes peurs. Donc on a des sexualités multiples, c'est-à-dire on a différents types de sexualités, plus ou moins vanilles, plus ou moins pénétratives. On est vraiment très large sur le champ des possibles. Quand tu dis « on », c'est que vous... Tous les quatre. Entre vous ou à l'extérieur ? Non, il n'y a pas de sexualité entre nous. Ce n'est pas comme dans le Nord, on ne fait pas la sexualité infamie, c'est pour ça. Je te laisse tuer du Nord ? Oui. Tout à fait. Ça fait 12 ans que j'y habite, je ne suis pas natif, mais on en rigole souvent là-bas. C'est sans penser à un mâle, bien sûr. J'entends toujours ce préjugé sur les gens du Nord et il me lasse un peu. Il n'y a personne qui est lassé par cette idée que les gens du Nord baisent entre eux en famille incestuelle. Heureusement, on a vu que l'inceste arrive dans toutes les strates de la société et dans tous les pays. C'est une blague de Parisien qui prend de haut les gens du Nord ? Ça fait rire les gens du Nord entre eux, ils se font des blagues genre ah ouais on baise entre famille, dans notre propre famille. Moi c'est comme ça que j'ai appris ces vannes-là ou des trucs comme ça. En fait je connais pas de blague péjorative que les Parisiens entre eux se partagent, c'est pour ça que je suis suspicieux. C'est que, mais peut-être que, voilà, écoute, c'est tout. Et c'est eux les premiers, et pour les connaître depuis maintenant 12 ans, je vibre beaucoup plus avec les gens à Lille que les gens à Paris. Les gens sont moins pressés, ils ont plus d'ouverture, de discussion les uns avec les autres. Quand je suis arrivé là-bas il y a une douzaine d'années, t'es dans la queue en train d'attendre une bière au comptoir, et t'as un mec qui commence à te parler. Au début, j'étais complètement bourré, le mec. Ah non, putain, il me parle à moi. Ah ouais, ok. Et donc, on a fini par discuter et faire des compètes de boissons de bière sur le comptoir à l'époque. Tu n'arrives pas toujours chez les Parisiens. Mais pas du tout ! Chez les Parisiens, tu vis chacun dans ta bulle. Tous les quatre, on n'a pas de sexualité entre nous, mais c'est transformateur pour moi parce que je peux y raconter mes enjeux, mes problèmes, mes peurs d'une façon ultra vulnérable. Il y a vraiment un enjeu quand même de s'ouvrir. Et en fait, même pour moi, je dis même pour moi parce qu'on pourrait se dire il a un podcast, donc c'est dans son sang. Parfois, j'avais envie de leur envoyer un message avec des galères et tout, mais je n'osais pas tout à fait. Je me suis construit très seul dans mon identité gay, queer. Dans ma sexualité gay, je me suis très, très seul et j'ai l'habitude de toujours exiger de moi d'avoir déjà la solution avant de demander de l'aide. Complètement fucked up. Et c'est vraiment avec eux que pour la première fois, j'ai pu partager des peurs toutes bêtes ou bien des trucs où c'était emmêlé dans mon cerveau. Et du coup, je trouvais que le vocal que je leur faisais, il n'était pas très éloquent. Mais tu vois, j'ai cette petite voix intérieure. Et c'est pas grave, ouais. Et en fait, le fait d'être entre hommes gays qui valorisent le sexe comme un des éléments de nos vies. On a aussi des vies professionnelles, amicales, artistiques et autres, mais c'est un endroit où on partage, au-delà du sujet sexuel, des moments chouettes. On se fait kiffer à plein d'endroits, de bouffe et de machin, quoi. Ça a transformé ma vie et je comprends mieux pourquoi avant, j'avais peur d'être seul et je voulais être en couple parce qu'on m'avait donné l'image que c'est dans le couple et dans le foyer, entre guillemets, la norme hétéro, que tu pourras trouver tout ça. Tu crées du lien, ce lien-là. Exactement. Et en fait, non. Ça peut, hein ? je pense que la seule limite que je mets à tout ce qu'on vient de se dire c'est si t'as envie d'enfant moi je sais que j'ai pas envie d'enfant moi non plus ok parce que je te disais je suis plus dans cet épisode ou le précédent je te disais ah mais tu pourrais être célibataire quelques années ça pourrait te faire trop du bien je projetais sur toi mais c'est vrai que sauf si tu veux des enfants ou c'est vrai que les chiens oui des enfants non je suis très content de de gagater avec les gamins des autres de ma soeur de mon frère et compagnie mais non non non pour moi comment devenir une bonne salope ça va être l'épisode prochain OK. Eh bien, mes potes gays aligné avec moi sur ce que ça veut dire salope donc salope dans le sens on retourne on se réapproprie l'insulte pour parler de personne libre et heureuse qui kiffe sa sexualité avec les facettes qu'il souhaite, ça a transformé ma vie je pense que sans eux je serais pas à cet endroit là et quelque part le podcast est aussi une forme de famille choisie Le podcast, dans ma capacité à me connecter à chacun de ces témoignages, ça me transforme parce que ça vient valoriser, faire entendre plein de façons d'être une salope. Mais est-ce que les gens du podcast, tu gardes un lien avec ? Parce que tu parles des familles choisies, en général, j'imagine que ces quatre potes-là... Vous, vous voyez régulièrement. Est-ce que c'est le cas dans le podcast ou ça va être plus du one shot ? On livre une histoire, mais... Non, t'as raison. Ça va vraiment dépendre. Ça dépend aussi où les gens habitent. Mais t'as raison que Famille Choisie, du coup, c'est pas le bon terme, mais c'est plus cadre de confiance. C'est vraiment comme une sphère. Moi, j'imagine le podcast et la communauté des auditeurs et les témoignages, on est vraiment dans notre univers safe. De dire tout ce qu'on a envie de dire sans sentir de jugement et d'avoir senti les salopes épanouies. Et c'est pour ça que c'est un vrai enjeu pour moi et un vrai défi d'arriver à accepter que des gens et des paroles qui ne me vont pas. C'est-à-dire ? Ben... c'est la blague des gens du nord de Thaler très clairement ça en fait partie c'est à dire c'est toujours compliqué parce que j'ai une sorte de responsabilité de podcasteur où tu vois je dois me positionner parce que c'est moi qui choisis donc par exemple en ce moment le monde se fait retourner par un mouvement anti-trans tous les pays plein de personnages publics et politiques prennent position contre les personnes trans et Et moi, c'est une évidence que les personnes trans, les hommes trans et gays existent et qu'en fait, j'ai des auditeurs qui ne vont pas être contents ou qui sont transphobes. Mais je fais des épisodes avec des hommes gays et trans et il n'y a pas de sujet pour moi. Ça, c'est un premier exemple. C'est parti de cette mosaïque. Exact. Si quelqu'un, lors d'un live ou lors d'un témoignage, dit quelque chose de transphobe, c'est obligatoire pour moi d'intervenir et de mettre une casquette. Et c'est ce moment-là où, soudainement, on n'est plus dans un cadre aussi sécure, pour moi. J'ai plus de mal à me dévoiler, j'ai plus de mal à... Voilà. C'est là que tu fais la pâquerette ? Non, c'est là où... Non, non, non, non. Mais c'est marrant parce que ton opposition entre soit je brille avec un bagout de ouf, soit je suis une pâquerette écrasée au sol, pour moi, elle est vachement parlante parce que je suis au milieu toujours. Ok. je suis bon non je pense que non non je pense que j'ai aussi parfois je vais à gauche et à droite quand même j'exagère tu dois être shiny aussi bien sûr bien sûr et j'ai de la binarité mais non non il s'agit pas de s'écraser il s'agit d'y réfléchir toujours de me dire ok comment je dois qu'est-ce que je fais comment je dois faire et moi j'ai la chance que sur le podcast une fois que j'ai enregistré je peux interjecter tu vois je peux rajouter un petit message vocal pour dire ah là en fait c'est pas ok avec moi et je le signifie quoi Tu vas le faire avec notre épisode ? Pas du tout. Pas du tout parce que j'ai exprimé moi ce que je pensais. En revanche, je pense là à un épisode où je vais devoir le faire. Un épisode en live où en fait quelqu'un a dit quelque chose qui pour moi est profondément discriminant pour une partie de la population. Et en fait, je trouve ça inacceptable, même si cette personne pensera que je suis un horrible woke. Pour moi, ce n'est pas acceptable. Et ce faisant, en fait, tu construis ta famille choisie. C'est sûr que je vais, du coup, il y a certaines personnes qui ne vont pas venir sur le podcast parce qu'ils vont se dire, je ne pense pas comme Guillaume. Et ça reboucle avec notre sujet. Je trouve que j'ai grandi dans une société qui m'a dit, mets tout sur l'amour avec une personne. Ah, au fait, il faut que ce soit une femme ? Donc déjà, j'ai mis tout un temps à ce que ça soit OK, que ça soit un homme. Mais j'étais encore vachement dans le « mais tout », le mariage avec un homme. Et là, aujourd'hui, je me rends vraiment compte que je suis dans un nouveau moment de ma vie où je me dis maintenant, mets tes os dans plein de paniers. Et notamment, qui fait partie de cette famille choisie et comment tu les choisis ? Et donc, tout ce petit blabla sur le podcast et tout, en fait, est très vrai dans ma vie. Mais c'est marrant parce que moi, ça me fait penser à une autre citation, mais qui est dérivée de « mets pas tes œufs dans le même panier ». Moi, une fois, j'ai fait un lapsus chez la psy en disant « faut pas mettre ses yeux dans le même panier ». Et je pense que c'est très, très vrai aussi pour l'autonomie. Si tu mises tout sur une personne, pour une raison X ou Y, elle va mourir ou se séparer de toi immédiatement. et ben là t'es vraiment dans la merde alors qu'en fait pour ta tranquillité d'esprit et même la tranquillité d'esprit de l'autre personne divise tout ça divise les besoins que tu as, soit en matière d'autonomie, soit en matière d'amour. Et comme tu le dis, avec ta famille choisie, tu peux évoquer des sujets que, finalement, avec un amant, d'un soir ou de plus longtemps, t'as pas besoin d'évoquer ces sujets puisque tu les as déjà posés auprès d'autres personnes. Donc ton équilibre, il est respecté et c'est peut-être même... Mieux pour l'autre en face parce qu'il ne doit pas répondre à ses injonctions et à tes besoins. Complètement. Il n'est que lui-même et tu peux l'aimer parce qu'il est lui-même et que tu combles d'autres besoins ailleurs. C'est ça que je trouve intéressant. Et que ce soit pour l'autonomie ou pour la vie amoureuse et sexuelle, c'est l'idée que j'ai aujourd'hui en tête de me dire... Si je dois me remettre en couple, je me remettrai en couple avec plaisir parce que j'ai trouvé une personne avec qui ça fit. Mais pourquoi pas être moi et pouvoir aller à une relation d'un soir, à un amant régulier, à peut-être un bout de relation mais où on n'est pas forcément exclusif, où on pourra l'être et puis plus après parce qu'on se terminait. Et de me dire, voilà, c'est pas grave. Si j'ai quelque chose en plus amoureux dans ma vie, c'est tant mieux. Mais je n'ai pas besoin de ça pour marcher droit. Tu te vois aimer plusieurs personnes, un petit peu ? Je les réfléchis, justement, au moment où je me rapprochais de plus en plus de cette couple libre avec mon ex. Et de me dire, bah ouais, possiblement, ça pourrait le faire. Parce que des mecs sur lesquels j'ai croché, Je me disais, putain, mais en fait, je suis en train de, quoi, un peu tomber amoureux ou pas ? Et en fait, comment ça ferait dans la vie de tous les jours ? J'imagine que ça pourrait être intéressant, intellectuellement parlant, mais il faut le tester parce qu'entre ce que tu penses et ce que tu vis, c'est un peu différent. Mais j'aimerais bien, ouais. se expérimenter du moins plutôt que de me dire c'est pas pour moi ou c'est pour moi mais expérimenter le truc et puis je vais remettre en fait t'as déjà fait l'amour avec quelqu'un que tu ne connaissais pas et que tu n'as jamais revu mais tu vois t'as pas fait du sexe t'as senti qu'il y avait un petit supplément d'âme un petit truc qui venait de chercher au fond des tripes que tu pourrais nommer bout d'amour oui Pour l'instant, oui, parce qu'il y a un gars avec qui j'ai couché. Et pour l'instant, on continue à se parler, etc. Mais on ne s'est pas revus. Parce que du coup, moi, c'est mon intuition. Mon intuition, c'est que j'ai grandi avec une idée de ce que c'est l'amour. Mais l'amour, c'est un concept culturel. C'est-à-dire, on a mis amour dans le dictionnaire et on l'a décrit d'une façon qui, en fait, juste culturellement... créé quoi et donc moi je crois que l'amour ne se vit que dans un couple ouvert ou pas que voilà l'amour le vrai c'est quelque chose qui se construit sur le long terme blablabla et en fait moi je me rends compte que j'ai des expériences d'amour et des bouts d'amour c'est sûr que si c'est quelqu'un que je connais pas c'est pas du tout la même intensité c'est pas la même chose je confonds pas tout mais c'est comme si je découvrais qu'il y avait un nuancier d'amour et qu'en fait je pouvais me nourrir d'amour tout en étant célibataire Ce qui est difficile, c'est de se dire, ce truc-là que j'ai eu, pourquoi est-ce que je devrais l'avoir qu'une seule fois ? Pour moi, en tout cas. Pourquoi est-ce que je devrais l'avoir qu'une seule fois ? Pourquoi est-ce que je ne pourrais pas en reprofiter plus vite ? et donc du coup possiblement se revoir et peut-être en fait se remettre en couple ou truc comme ça tu vois mais au fond t'as raison tu peux te voir ou te revoir mais sans nécessairement te mettre en couple et quand tu te vois tu te vois t'es content mais sans forcément espérer plus et juste te dire bah avec ce mec là ça marche c'est cool mais j'en ferais pas un compagnon de vie Parce que j'en ai d'autres des compagnons de vie. Oui, mais... Parce que t'as le droit d'espérer plus sans en faire un couple. En fait, moi j'ai l'impression qu'on gagne de ouf à avoir envie de se connecter réellement aux gens. à profiter sur le chemin, à être disponible, le cœur ouvert. Et en fait, voilà, les semaines passent, on a envie de se voir, on se voit, on se voit, mais on n'a pas besoin de dire est-ce qu'on est en couple ou pas. Je te parle de ma conception que je suis en train de développer. En fait, J'ai l'impression que se mettre en couple, dans ta phrase que tu viens de finir là, je sens comme une prison, comme un accord. Et c'est très bien, je trouve ça très chouette. Une prison, c'est-à-dire ? Moi, c'est ce que je ressens. C'est genre, mais attends, mais vivons ce qu'on a à vivre sans avoir à faire couple. Ah oui, d'accord. Et quelque part, pour moi, donc je vais parler de moi, mais je trouve que ça peut résonner avec ton histoire. C'est qu'en fait, je venais chargé. dans ce lien amoureux ou affectif. J'avais une charge mentale que je voulais que l'autre prenne. L'autre devait remplir certains rôles. Toi, tu as parlé de la partie aidante. Moi, j'avais besoin. Je pense que j'avais peur d'être seul. J'avais plein de choses sur lesquelles j'avais besoin d'aide. Mais toi et moi, on venait vers les gens en disant « Je kiffe bien ce qui se passe. » Et j'aimerais qu'on définisse un petit cadre qui s'appellera couple dans lequel, au fait, tu vas devoir rendre des comptes. J'ai besoin de toi d'une manière. Et ça, c'est génial et c'est merveilleux d'avoir besoin des uns des autres. Ce n'est pas du tout un sujet, mais j'ai vraiment l'intuition que le moment où le couple advient, alors même que je ne l'ai jamais dit, on s'est retrouvé petit à petit à juste tellement kiffer les moments ensemble. Tu vois ce que je veux dire ? Que j'ai pas eu besoin de me dire on est en couple ou on n'est pas en couple. Ah oui, donc il est venu naturellement, tu veux dire. Et ça veut dire qu'en fait, la personne ne sera plus jamais ton aidant. Moi, par exemple, avant, j'avais des angoisses le dimanche soir. Et j'étais là, dans mon projet de ce gars que je kiffe bien, de se faire couple, c'est que le dimanche soir, je vais l'appeler. L'autre devient une ressource. À nouveau, j'essaye de partager un point de vue, donc je le rends très binaire. C'est génial d'avoir besoin de quelqu'un d'autre et que le dimanche soir, de demander de l'aide. Je ne dis pas du tout qu'il faut qu'on soit des robots. Mais sauf que j'avais déjà un petit plan. Et quand je dis je veux plus que l'autre soit mon aidant, c'est que je dis non mais Guillaume, il se passe quoi le dimanche soir en fait ? Toi avec toi-même, qu'est-ce qui se passe mon petit chat ? Pourquoi t'es si inquiet ? Vas-y on prend soin de ça, mais c'est pas l'autre qui va prendre soin de moi. C'est genre qu'est-ce qui se passe et on va apprendre à vivre le dimanche soir solo ? Ça veut dire qu'il faut avancer dans le truc qui te fait peur et t'apaiser, ce qui est en général antinaturel. On est d'accord. Et donc, quand je trouve un petit gars trop chou et j'ai envie d'être avec lui, je me dis non, c'est pas lui que j'appelle le dimanche soir. Lui, je l'appelle pour qu'on fasse des beaux moments. Je l'écoute dans ses envies, dans ses désirs. Je m'écoute dans mes envies, dans mes désirs. Mais avant, à chaque fois, je les appelais le dimanche soir. Et en fait, chacun, tous mes ex me disaient à mi-mot, mais c'est ultra lourd. Parce que moi, je fais genre non, mais pas de problème. Ah, t'es pas dispo, pas de problème. Mais eux, ils comprennent. Tout le monde comprend très bien l'interaction et la charge des équilibres. Tu penses quoi de ce blabla ? Je pense que c'était très intéressant parce que ça... Alors moi, ça résonne en moi sur d'autres insécurités, besoins de l'autre, etc. Mais c'est ce qui permet, comme je te disais tout à l'heure, de pouvoir, toi, te rassurer sur des choses... Qui te font peur, donc avancez, parce que si tu mets juste un pansement au-dessus, ça règle pas le problème de fond. Quelque part, le mec en question était une forme de pansement, donc tu t'attaques pas au truc en profondeur, et par ailleurs, tu ne mets pas cette charge mentale, physique ou quoi que ce soit, sur l'autre. C'est ce que tu as dit. Donc, dans l'idéal, c'est trop bien. Maintenant, c'est sûr que vite, le réflexe avait de « je ne suis pas bien » ou « j'ai besoin de ci, j'ai besoin de ça, donc je vais aller chercher l'autre ». Et en général, l'autre, c'est quand tu es en couple, la première personne à côté de toi, c'est ton conjoint. Sauf que, toi et moi, on aura de la petite famille choisie autour de nous. Donc, du coup, c'est le pote que j'appelle maintenant. C'est justement ce que j'allais te demander, parce que tu peux effectivement être tout seul chez toi, en mode apaisé, et dire, en fait, on peut passer un dimanche soir seul, bien, avec soi-même, mais tu peux aussi t'adresser à d'autres personnes. Est-ce que c'est ce que tu fais ? J'ai l'impression que dans ce que tu dis, oui. Ouais. Ouais, ouais, bah, en fait... J'ai vraiment de presque plus... C'est pas vrai. J'ai encore ces mêmes problèmes. Je les gère toujours aussi mal à coup de Kinder Bueno en ce moment. Mais en vrai, il y a quand même, je sens énormément de changement. Et en effet, je suis aujourd'hui vachement capable. Mais ça a été un apprentissage assez récent, assez récent d'envoyer des vocaux sur notre groupe de PD choisi là, de mes potes gays et de dire putain, je galère là où je suis triste. J'ai reçu une menace de mort sur les réseaux sociaux. Franchement, ça m'a miné. J'étais là, non, mais c'est pas possible en fait. Mais ça a été un putain d'apprentissage. Et complètement la famille choisie. Aujourd'hui, j'ai plus du tout les mêmes attentes avec mes liens amoureux. Et je pose des limites et on me pose des limites que j'arrive beaucoup mieux à respecter du coup. Et j'arrive même à respecter mes propres limites. Parce qu'au fond, quand tu appelles à l'aide quelqu'un, mais que c'est ta béquille, c'est-à-dire, c'est pas genre, petit coup au moral, tu viens, ça c'est génial, mais c'est, putain, chaque dimanche soir, t'as intérêt à être dispo, parce que moi j'ai des angoisses et je sais pas les gérer. Tu vois la diff ? C'est pas la béquille, c'est la perfusion, quoi. Voilà. Et c'est d'ailleurs, tu vois, ça me refait penser à des liens avec la question du handicap. Hum... On peut faire le distinguo entre ce qui est de l'ordre de la dépendance et ce qui est de l'ordre de la gestion de ton autonomie. La dépendance ou l'indépendance, c'est que tu as besoin de personne ou tu as besoin impérativement d'une personne. Là où toi, quelque part, tu deviens plus autonome. dans la gestion de ton dimanche soir c'est que tu sais que tu peux faire sans personne mais tu sais aussi que tu peux appeler des personnes qui seront pas pieds et poings liés avec toi tous les dimanche soir parce que ça peut être des personnes différentes ouais donc tu viens agréger en fonction de tes besoins et des possibilités des autres un truc qui toi te permettent de de continuer ton dimanche soir et d'arriver au lundi tranquille ouais et donc du coup t'es plus dépendant de ça mais tu deviens autant Tu gères ton autonomie à ta face. Oui. Et quelque part, et tu vois, oui, complètement, et quelque part, il y a un soin à ce que la balle soit au centre. Oui. C'est-à-dire... Moi, ce que je pensais sur les dates de péremption, l'exemple que tu donnais la dernière fois, pour moi, le moment où on fait équipe, ça veut dire qu'on a besoin de l'aide de l'un de l'autre, on fait équipe, et donc on identifie un peu les sujets... et pour moi c'est un peu trivial tu me dis si c'est bête mais pour moi en fait la personne qui peut voir la date de péremption j'ai plus jamais besoin de redemander elle est en charge tous les dimanches de me virer tous les trucs qui sont pourris et je ne le demanderai plus jamais t'es d'accord ? oui oui machin et du coup c'est en fait les parties de là où on s'entraide il y a aussi des choses qui n'ont pas besoin d'être moi qui demande Ce que je veux dire, c'est qu'il y a aussi un truc où, en fait, une fois que tu fais équipe, toi, souvent, tu étais dans des situations où tu demandais de l'aide. Est-ce que tu as l'impression que si tu refaisais couple, tu aurais envie de trouver des façons pour que la personne puisse t'aider sans que tu aies à le demander ? Oui, j'aimerais bien que ça se fasse assez naturellement, et j'aimerais aussi que, possiblement, la personne ait de moins en moins besoin de m'aider, puisque, aussi, tout le moment de célibat, c'est un laboratoire pour dire, en fait, je me mets en lien sur différents besoins, qu'ils soient relationnels, amoureux, sexuels, ou en lien pour mon autonomie avec plein d'autres gens, et d'être apaisé par rapport à ça. Famille choisie, potes, voisins, des gens dans la rue avec qui j'arrive à me lier en deux secondes et leur faire comprendre que j'ai un besoin et ils vont pouvoir me guider jusqu'au métro ou trucs comme ça. Complètement. Ce que tu as fait pour venir ici. Exactement. J'ai fait pote avec un ouvrier de la RATP. Mais au début, j'ai demandé à mon intelligence artificielle de reconnaître le panneau à côté de la sortie qui m'a dit que c'était sorti 1, 2, 3 et 4. Et puis quand je suis sorti, en fait, je sais pas ce que j'ai foutu, mais j'étais pas à la 4 et il y avait un ouvrier qui était là et il m'a guidé jusque pas très loin de chez toi. Dans la troisième partie de ton témoignage... On parla de l'ouvrier ? Non. De la salope ? De l'ouvrier salope ? Ah je ne sais plus ! As-tu été une salope avec l'ouvrier ? Non. Ok. T'aurais eu envie ? Non. T'as pas senti des trucs de sa part où t'as eu été un peu émoustillé ? Non. Très bien. Très bien. On va parler de la salope, ouais. On va parler de ce mois de célibat où t'as eu quatre rapports sexuels. Moi, je suis curieux de savoir comment c'était de remonter à cheval. Et puis, comment tu t'es senti et ce chemin de salope. Parce que tu as découvert ce podcast en tapant salope. Ouais, tout à fait. Rendez-vous dans la troisième partie. A toute !

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