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Arthur. Guillaume. Troisième et dernière partie de ton témoignage. Plaisir. T'es ok qu'on dise ce que tu m'as dit là, chez moi ? Tu m'as dit, pour aller aux toilettes, tu m'as dit que tu sentais un changement en toi. Oui. T'es ok qu'on le raconte ? Oui, si tu veux, je le raconte ou tu le racontes. Vas-y.
la différence que j'ai perçue par rapport à la première fois où je suis allé aux toilettes, puisque ce monsieur me torture depuis trois heures, je ne peux pas bouger. Et la première fois, j'étais un peu plus comme dans la posture du mec voyant ou en tout cas malvoyant qui se démerde à peu près pas trop mal, quitte à du coup aller un peu trop vite, mais quelque part faire un peu de...
D'esbrouf en mode bah non mais je ne suis pas si malvoyant que ça alors que là au fur et à mesure de notre conversation où je me détends un peu plus et puis je connecte avec toi donc quelque part je m'en fous de ton jugement ou je sais que ton jugement pourrait être que bienveillant j'imagine ?
Là, quand je suis allé aux toilettes, beaucoup plus lent, à faire plus attention à mes pas, à toucher les meubles et les murs à côté pour pas me les manger. Donc, beaucoup plus apaisé dans ma façon, mon autre façon de faire et de voir l'environnement et de me déplacer. C'est un bon résumé ? Ouais, imagine le jugement, le pire jugement dans le cerveau de Guillaume. Ouais. Tu vois, vraiment un truc super blessant. Ouais. C'est quoi ? C'est genre...
Tu sais, un peu genre misérabiliste, quoi. Une fois, il y a quelqu'un qui m'a arrêté dans la rue, et on discute, enfin non, peut-être pas arrêté, mais on discute dans la rue, parce que je parle avec tout le monde, et là, tu sens le regard un peu misérabiliste de la personne qui dit « Ah, mais moi, quel courage ! » Parce que moi, à votre place, je me serais suicidé.
En fait tu le sais pas parce que tu sais pas bien ce que tu dis mais j'ai eu des envies suicidaires justement en 2018 à des moments où tu sens que t'es plus grand chose et que tu te fais rattraper par le handicap etc. Donc c'est quoi ? Ferme ta gueule ! Mais il y a des gens qui te balancent des trucs comme ça et tu le fais exprès ou c'est un manque de tact notoire et une grosse connerie ? Je sais pas. Hum...
Merci de partager ça. Moi, dans mon cerveau, il y a... Attends, comment je peux bien décrire... Comment je peux bien décrire chez moi pour qu'il puisse aller aux toilettes sans se faire mal et sans être condescendant ? Du coup, je suis hésitant parce que j'ai envie de donner toutes les infos, mais j'ai pas envie de mal les dire, tu vois ?
Et donc dans ma tête je me dis c'est quoi les éléments que je dois dire et ceux que je dois pas dire tu vois. Et d'ailleurs ce que tu m'avais demandé quand on s'est vu à l'extérieur et qu'on a pris l'ascenseur etc de comment est-ce que je peux te guider ?
Il y a beaucoup de gens qui t'attrapent le brin et qui commencent à te guider. Là, tu es dans une posture autre d'être, ce que je disais tout à l'heure par exemple avec les patients, d'être au service. Comment est-ce que je peux te mettre en capacité ou être agréable ? Très bien. Tu me donnes des tuyaux, ça me va. Donc ça, c'était une bonne question à poser. Je continue. Dans mon cerveau, en ce moment, je suis fatigué.
Et du coup, depuis le début de ton enregistrement, j'ai une petite voix qui me dit t'es nul, t'es nul, t'es nul. Le tu, c'est Guillaume à Guillaume. Et je trouve ça intéressant de te le dire parce que dans nos cerveaux, on se raconte des histoires et des trucs. Donc j'éprouve zéro pitié. Tout ce que tu as dit que je pourrais penser, à aucun moment donné, je suis dans cet endroit-là. Moi, je me dis juste...
« Merde, je dis trop de trucs ou pas assez. » Je me sens déstabilisé avec moi-même sur... Ok, pour être au service de la parole d'Arthur et la faire se déplier, tu fais pas assez bien, Guillaume. C'est trop triste, ça me rend trop triste. Je me dis « Putain, c'est nul. » Et puis en plus, à force de me répéter que je suis nul dans ma tête, j'arrive à l'être.
Ça me perturbe tellement que... Moi, de ce que je constate de l'extérieur, par rapport aux autres épisodes que j'ai écoutés et que je continuerai d'écouter, t'as la même façon de conduire les entretiens, de pouvoir aussi mettre de toi dedans. Et c'est ce que je trouve cool, parce que tu te livres aussi. Je te remercie. C'est gentil. Non, c'est vrai. J'avais pas constaté une différence de quoi que ce soit par rapport aux autres épisodes. Ouais.
Tu veux dire qu'en fait, je suis tout le temps nul ? Oui, alors vas-y, continue à creuser le sillon de ta nullité si tu veux. Non, non, non, je fais vraiment une différence entre mes pensées polluantes qui sont des pollutions et qui sont plutôt liées à mon état de fatigue général.
et à mon état de stress général, tu vois, qu'une réalité. Donc je faisais vraiment une blague. Je ne pense pas que je suis nul. Je pense qu'en revanche, ces pensées sont très polluantes. Et la dernière chose que je pensais quand tu allais aux toilettes, c'était... Comment fait-il pour ne pas en mettre partout ? Non, c'est pas ça ? Pas du tout. C'était... J'ai envie d'arriver à connecter avec Arthur. Et c'est pour ça que je t'ai demandé qu'on commence par ça, tu vois. Parce que dans le précédent épisode, je te parlais de la vulnérabilité, de ton côté...
ultra puissant où du coup bah ouais au début j'avais du mal à connecter avec toi aussi parce que bon tu portais les lunettes et ça je le respecte tu portes les lunettes mais du coup comme tu les avais pas avant bah du coup j'ai perdu vachement je vois plus ton visage et
Ouais, et puis souvent, t'as les bras croisés. Ouais, très souvent. Ou les jambes croisées, ou les trucs comme ça. Y'a des gens en PNL qui m'ont dit « Ah ouais, mais alors ça, de toi, c'est quand même... Ça montre une posture de... Bah non, c'est ma posture de... Je suis comme ça un peu tout le temps. Non, non, bien sûr. Non, non, mais c'est... Euh... Mais tu penses que du coup, t'arrives pas à connecter avec moi ? Ça, ça m'embête. Bah là, on va parler salope et tout, j'ai envie qu'on puisse se dire les choses, quoi. J'ai... Je...
Moi, je pense que la puissance, c'est ton passeport. Qu'en fait, cette façon de parler, tu racontes bien, les mots sont posés, tu sais où tu vas, t'incarnes ce que tu veux être. Tu vois, ce que tu veux être et ce que tu es. Certainement, tu l'es aussi, bien sûr. Tu es cette puissance, tu es cette intelligence, tu es ce côté un peu bourrin. Mais...
Bah tu vois, quand t'es allé aux toilettes la première fois, en fait plusieurs fois je t'ai dit attends doucement parce qu'en fait j'avais pas le temps de te dire il y a un placard devant toi que tu t'étais déjà pris, tu vois. Et quand je dis j'ai du mal à me connecter, c'est que du coup je suis là, mais en fait je me sens pas présent parce que d'un côté je dois te décrire qu'il y a un placard, mais comme tu m'écoutes pas...
tu te le prends. Donc moi, je suis triste, tu t'es pris le placard. Moi, j'ai l'impression que je n'ai pas fait le taf parce que tu n'es pas assez rapide. C'est plus ça, tu vois ? C'est plus ça qui se passe. C'est que du coup...
Mais en fait, je suis à 2000% avec toi et je te remercie et c'est ultra vulnérable et ultra puissant. Quand tu décryptes, moi je fais genre tout va bien et que je peux courir aux toilettes, mais je te comprends à 2000%. Et dans notre interaction et nos enjeux, mais moi je te comprends à 2000%. Enfin genre, bien sûr. C'est cool de sentir que ça... Mais bien sûr !
Et du coup, il n'y a aucun problème. Pourquoi c'était important pour toi de faire cet exercice ? Parce que tu vois, tu écoutes le podcast depuis longtemps, c'est une mise à nu. Parce que je pense que c'est intéressant. J'ai fait d'autres podcasts sur le sujet de la santé mentale, de la malvoyance, du handicap ou des trucs comme ça. Et dans ces exercices-là, tu parles aux gens, mais tu te parles aussi à toi-même.
Et parler avec une personne concernée pendant trois heures de mon background de sexualité, de choses comme ça, c'est rarissime, en fait, que tu le fasses comme ça. Donc, je trouvais ça intéressant. Et si, par ailleurs, ça peut servir à d'autres personnes qui peuvent se reconnaître d'une façon ou d'une autre dans ces témoignages-là, bah, tant mieux !
Et voilà, j'ai toujours apprécié les podcasts que tu fais et comment t'amènes les gens à se livrer. Et moi, j'écoute plein de trucs justement pour nourrir ces possibilités de salope chez moi. Pourquoi t'as tapé salope ? Parce que... C'était où ? Tu l'as tapé où ?
Sur podcast, Apple podcast. Et c'est un des mots qui, chez moi, est assez trigger de...
Pour m'exciter vraiment à fond et sur un truc où je vais être plutôt passif et dominé dans ces cas-là. Ok. Et c'est un truc que je... Ouais, un mot qui chez moi résonne quand je suis par exemple en train de me faire prendre dans telle ou telle position, un truc comme ça. Si la personne ne me le dit pas...
Chose que j'apprécie, mais tout seul, je suis là, quelle salope. Tu vois ce que je veux dire ? Naturellement, c'est le truc qui vient comme ça. Tu te le dis dans ta tête ou tu le dis tout fort ? Non, dans ma tête. C'est vrai que ça pourrait être intéressant de le dire tout fort aussi. Pourquoi pas ? Quand il en plus ouvre la porte pour l'autre de ses safes, s'il veut jouer à jeu là ou un truc comme ça...
Oui, parce que souvent, tu ne le demandes pas avant le rapport. Ça peut, mais... C'est ce que je trouve intéressant, tu vois, par exemple, dans des exercices BDSM, etc., où tu mets, justement, un peu les possibilités autour de la table. C'est ton téléphone ? Ouais, c'est mon téléphone, j'avais mis mon avion, mais ça, c'est une alarme de calendrier. Et tu sais ce que ça te rappelle ? Je crois que ça me rappelle que dans 30 minutes, j'ai un rendez-vous. Mais t'inquiète pas, il va s'arrêter tout seul.
Non, t'inquiète. Voilà, il s'est tué. Ok. Tu vas avoir d'autres rappels ? Non. Ok. On était en train de parler de... Tu le demandes pas en avance ? Ouais. L'autre fois, la personne avec qui j'ai vraiment bien connecté, avec qui on a fait cette espèce de double god là. Ouais. Eh ben, on avait parlé de nos kinks avant.
On avait un peu tout listé et de dire ça ça m'intéresse, ça ça m'intéresse, ça je suis pas trop à l'aise. Et du coup c'était marrant parce qu'on a fait un trajet en train ensemble, puis on s'est posé chez moi, on mange un morceau. Et après il est là genre bon, unboxing ? Il ouvre son sac et il avait plein de jouets et de machins comme ça dedans et je trouvais ça trop cool parce que ça te fait monter.
l'excitation je trouve chez moi en tout cas mais d'autres pourraient dire bah non non non mais moi en fait s'il y a des mots ça va me couper un peu le truc il faut que ce soit hyper subtil qu'on ait pas l'impression de dérouler un scénario ou un truc comme ça ouais t'es verbal bah oui moi ouais pas mal ouais ouais
En fait, je te dis ça parce que en ce moment, j'ai un amant qui sait que je fais des podcasts et qui croyait du coup que j'étais très verbal. Parce que... Et alors qu'en fait, sexuellement... En fait, lui, il veut que je lui dise des trucs chauds. Moi, mon souci, c'est que j'ai besoin d'y croire. J'ai besoin d'authenticité. Le mot a une puissance un peu mystique et tout. Et donc, soit je le pense vraiment que t'es une salope, mais...
ça résonne pas trop ou bien ouais en tout cas il m'a dit des trucs qu'il voulait que je le dise et en fait je lui ai dit mec je pense que ça va être mort je me vois pas du tout ça va faire théâtral ça va me couper même si je me dis vas-y Guillaume tu peux essayer au moins mais quand j'ai essayé à chaque fois ça marchait pas donc quand tu disais ouais ouais je suis verbal non je trouve pas toujours on est pas toujours ce que l'on est dans la vraie vie tu vois ce que je veux dire moi je suis assez mutique
Non, ce n'est pas tout à fait vrai. Je gémis pas mal, je grogne. En tout cas, tu ne prononces pas des mots. Je ne prononce pas trop des mots, oui. Tu as employé le terme de trigger. Oui. C'est plutôt péjoratif. C'est de l'anglais. Quand tu es trigger par quelque chose, c'est plutôt que tu es activé négativement. Un trigger warning, c'est par exemple quand il y a des sujets très sensibles, on fait un trigger warning en début.
d'épisodes de podcast pour dire attention, on va parler de ce sujet, n'écoutez pas si... Non, toi, trigger, c'est positif ? Non, c'est déclencheur. Tu peux avoir un déclenchement pour des raisons positives ou pour des raisons négatives, mais en tout cas, c'est le truc qui te déclenche. Donc, tu peux avoir un trigger très, très positif sexuellement quand on m'appelle salope dans l'acte sexuel et un trigger négatif quand il y a une personne qui commence à me...
À me dire qu'il faut que je fasse ci ou ça parce que je suis malvoyant, qu'il faut que je fasse attention à moi. Je suis genre, ça va mal se passer là. Du coup, ça va mal se passer. Ça marche. Mais là, du coup, salope, c'est un déclencheur positif. Ouais. OK. Qu'est-ce que tu... Pourquoi ?
Pourquoi tu parles de salope ? En fait, j'imagine que là, il y a des auditeuristes qui disent « Ah oui, mais salope, c'est quand même une insulte avant tout ». Tiens, j'ai en tête même un pote qui m'a dit « Ah non, non, pour moi, c'est pas ok pour moi. Pour moi, salope, c'est vraiment une insulte misogyne. Je vois pas du tout la puissance de la réappropriation. »
Pourquoi on utilise le terme salope ? Pourquoi toi, ça a du sens de dire salope ? Tu pourrais dire, je suis en plein épanouissement sexuel et il se passe plein de choses dans ma vie sexuelle, je vais vous raconter. Pourquoi de spécifier salope a du sens pour toi ? Ou c'est un jeu ? Je pense qu'il a pour moi du sens parce que, un, il est féminin. Et que j'apprécie dans la sexualité, même plus que ça, mon côté féminin.
Et par ailleurs, il a ce côté un peu dirty. Et dans ces moments-là, c'est ce que je peux apprécier. D'un truc un peu... Il est pas vanille, quoi. Il est pas gentil à te brosser dans le sens du poil. Donc, moi, j'apprécie ce terme-là pour ça.
Je fais un lien avec ce que tu as dit dans les épisodes précédents, que tu viens d'un milieu assez riche, bourgeois, très normé, où il était attendu de toi tout un tas de trucs, des cadres figés. Moi, j'ai envie de faire de la psychologie de placard sauvage en disant, tu transgresses. Oui. Ça t'excite parce que ça transgresse. T'en penses quoi ? Oui. Ça, je pense que oui. Parce qu'il y a des limites.
Ça fait référence à ce dont on parlait tout à l'heure. Et en fait, là, alors publiquement, non, je ne le fais pas, mais je viens un peu transgresser ces limites-là et jouer avec des codes du BDSM, de la féminité, par exemple, des choses qui m'ont, moi, souvent nourri quand j'étais seul, mais que je n'avais jamais pu faire avec quelqu'un. Et que de plus en plus, je me dis « mais c'est OK ».
Si la personne est OK, c'est OK, c'est bien, ça vient de nourrir ça. Parce qu'aujourd'hui, tu as l'impression que ta part féminine, elle vit où ? Elle vit comment ? Ma part féminine va pouvoir déjà vivre dans ma sensibilité.
Parce que je le sens, j'ai un côté très très sensible. Et pas que dans l'aspect amour et sexuel, etc. Donc là-dedans, mais là encore c'est très très binaire de dire la sensibilité c'est que féminin et c'est pas masculin. Donc c'est con, mais voilà. La féminité, je l'exerce de temps en temps quand je parle de moi au féminin. Ce qui d'ailleurs plaisait pas à mon ex.
Parce que sinon, tu es d'accord que tu fais très homme. Oui. Est-ce que tu as l'impression, moi, quand je faisais pipi pendant la pause, on fait beaucoup pipi parce que chez moi, on boit. On boit de l'eau. Oui, il faut le dire. On boit de l'eau. J'ai eu cette intuition et je l'ai ravalée en me disant, non mais Guillaume, arrête avec tes bêtises. Mais du coup, je vais te la partager. Je me suis dit, en fait, si je suis Arthur...
Ce bagout, cette puissance, je parle fort, c'est très masculin, c'est très un peu patriarcal, parce qu'en fait, c'est mon passeport pour survivre dans un monde qui n'est pas du tout fait pour moi.
Et en fait, ça a beaucoup de valeur dans notre monde. Un homme aussi grand que toi, barbu, très masculin, qui parle fort. Tu vois ce que je veux dire ? Dans l'espace public, il est plus en sécurité. Il y a plein de choses qui sont plus faites pour lui. Tu vois à quoi je fais référence un peu ? Et moi, je te comprends complètement. Donc en fait, tu reproduis ça ici chez moi et ça me met un peu mal à l'aise ?
Parce que ça vient me chercher à cet endroit-là de ma masculinité, de ma féminité, où moi-même, j'ai des blessures, tu vois. Mais t'as rien, t'as vraiment... T'as une très belle énergie. Tu vois ce que je veux dire ? C'est venu trigger des choses en moi, mais je veux pas que t'aies l'impression que t'as mal fait un truc. Mais quand je te disais, j'ai envie qu'on connecte, c'est qu'en fait, cet homme super masculin, du coup, quand tu me dis, ouais, j'ai de la vulnérabilité, j'ai de la féminité, je suis là, ah !
on y arrive, voilà, là, ça devient intéressant, il y a du paradoxe. Non, non, non, c'est pas que ça devient intéressant et que ça ne l'était pas avant, c'est que j'ai plus de facilité à me connecter à ça. Et tu vois ce que je veux dire quand tu dis que être une salope, c'est me féminiser, autoriser ma part de féminité, c'est aussi parce que je suis très masculin, parce que pour naviguer ce monde féminin,
là au sortir du métro pour trouver la sortie qui n'est absolument pas indiquée si t'es malvoyant les sorties du métro à Paris c'est la galère toutes les interactions toute la réalité de ton quotidien bah en fait t'as besoin d'être un c'est peut-être plus simple d'être très homme c'est probablement plus simple
Je sais pas si on en a forcément besoin, mais c'est probablement plus simple, ne serait-ce que pour marcher en sécurité dans la rue, quand t'es malvoyant, il peut y avoir des gens qui vont profiter de cette apparente faiblesse pour venir te choper des trucs, pour je sais pas quoi. Forcément, quand tu fais 1m93, et a fortiori, quant à ce que j'avais avant, un chien guide qui est un berger allemand à mon bras gauche, bon, je sais qu'on va pas trop venir me faire chier.
Mais quand tu me connais plus, cette part de sensibilité, de féminité, d'aimer distordre ma voix, parce que là, j'ai une voix très timbrée, mais j'aime la travailler un petit peu plus, et puis voilà, puis rigoler comme ça. Et...
et j'aime tous ces trucs là j'aime le fait de parler de moi au féminin j'aime aujourd'hui je le fais mais chose que je faisais pas avant porter un string sous ton c'est pas aujourd'hui aujourd'hui mais porter un string sous ton jean j'adore ça chose que avant je me bloquais de faire porter par exemple des bas quand tu te fais prendre par un gars c'est des choses que je faisais quand j'étais tout seul petit même pas actif sexuellement etc mais je n'avais jamais osé le faire
avant un certain moment dans notre relation avec mon ex-mari. Et ça reste une transgression. Oui. Mais je suis content, tu vois, par exemple, là c'est la première fois que publiquement, j'en parle. Et ça fait partie de moi. Et ça fait pas de moi une personne avec des mœurs cheloues ou des trucs comme ça. C'est...
J'apprécie ce truc-là à certains moments, et puis d'autres, j'ai des codes beaucoup plus masculins, et puis d'autres, je vais avoir des codes beaucoup plus... Pourquoi ? Ça fait partie de moi. Bien sûr. Et quand je disais « ça reste une transgression », je me suis mal exprimé. Ce que je veux dire, c'est que mon intuition, c'est que si je comprends pourquoi j'emploie certains codes ultra masculins,
Parce qu'en fait, soit j'ai pas le choix, soit je n'ai pas le choix, soit c'est pour ma sécurité. Tu vois, idem, dans le milieu professionnel, énormément d'hommes doivent faire très... Non, d'hommes gays qui auraient envie de performer le genre de manière très diverse, se l'interdisent dans certains milieux comme la finance, etc. Et moi, on me dit, texto, non mais moi, en fait, si je veux avoir une carrière et avoir des boulots, il faut que je fasse homme, tu vois. Donc, bien au-delà de
Toi, ça concerne plein de choses. Et je trouve que de comprendre d'où ça vient, notamment de nos familles aussi, ce qui est attendu de ma famille et de mes parents dans les normes de masculinité, va m'aider à devenir la salope que j'ai envie d'être. C'est-à-dire va m'aider à transgresser soit, mais aussi à trouver, à ajouter toutes les couleurs de l'arc-en-ciel à mon petit cœur, tu vois. Et à comprendre pourquoi il y a des blocages et pourquoi c'est un défi. Tu me suis ou pas ? Moi, sur la dernière partie...
Pourquoi c'est un blocage et un défi ? Pour moi, je peux mieux m'accompagner dans mon épanouissement quand j'ai compris pourquoi c'était si terrible d'être féminin ou efféminé. Terrible soit au regard des normes de ma famille qui dit mon fils avec toutes les attentes de la culture bourgeoise slash de la culture familiale. Tu peux éventuellement être gay mais ne sois pas une folle.
T'es d'accord ? Oui, bien sûr. Et même ma mère, je me souviens dans les conversations quand j'ai fait mon coming out, elle avait très peur que je lui ramène soit, elle me l'avait dit, du gros biker tatoué et barbu, soit de la folle. Et j'ai dit, non.
Enfin, non. Mais au pire, je t'emmerde. Mais non, c'est pas mon genre de mec, donc voilà. Mais tu sentais ce côté normatif de « elle voulait pas de ça pour son fils, elle voulait pas de ça dans sa maison ». Et je trouve que toi, tu racontes, et c'est très intéressant, une couche supplémentaire en tant que malvoyant, bah en fait, dans ton rapport au monde...
Avoir l'air efféminé et ou faible, et on entend bien que là je mélange les deux, c'est une idiotie, mais tu vois ce que je veux dire ? Les gens le mélangent donc finalement. Exactement, donc c'est ta sécurité. Il s'agit pour toi d'avoir sacrément du bas goût et d'être en capacité de faire genre « je peux marcher à toute vitesse dans un couloir et me prendre les placards de Guillaume ».
Parce qu'en fait, je ne connais pas ce gars, je ne connais pas les interactions. Il faut que je sois en maîtrise et en contrôle. C'est normal. Alors, je n'avais pas peur que tu puisses me faire du mal ou des trucs comme ça. Mais ce que j'avais envie de t'envoyer, c'était ce message aussi de capacité. Que tu ne me vois pas comme une pauvre petite chose qui a du mal à se déplacer dans un couloir. Mais je t'ai, par bêtise, j'ai réussi à te faire sentir que je pouvais penser que tu étais...
Je t'ai dit des mots autour de ta vision qui t'a fait sous-entendre que je trouvais qu'on n'avait pas la même valeur. Non. C'est possible, j'ai fait peut-être des bêtises. Je sais que ça peut être un postulat assez général d'incapacité de quand tu vois une personne en situation de handicap, t'es plus là à dire... Non, mais je te comprends. Voilà, et comment il fait, et en fait, à ma place, tu saurais pas trop comment faire, donc du coup, peut-être que tu peux juger que c'est hyper difficile, ou hyper grave, ou hyper chiant, ou un truc comme ça, et...
Le message, un des premiers messages que j'ai envie de t'envoyer, c'est non, ça va. Genre, je me déplace, je vais vite. Et après, on peut ouvrir un peu plus le bide. Et oui, oui, oui, c'est des galères. Même si je m'adapte sur plein de trucs, c'est pas un truc que je souhaite à tout le monde, quoi. Oui, bien sûr. Mais je te comprends complètement. Je comprends complètement cet enjeu-là. Euh...
On m'a demandé, j'ai un amant que j'ai vu qu'une seule fois, qui habitait à Londres. Donc on a un plan ensemble, je vais à son hôtel. D'ailleurs il m'a dit le lendemain que l'hôtel l'avait engueulé. L'hôtel ayant très bien compris que je n'étais pas juste venu chercher un t-shirt, c'est ça qu'il a dit. Ok.
On a notre rapport sexuel, il m'envoie un message en disant qu'il avait trop kiffé, que c'était trop cool et qu'en fait il a un kink. Et il m'envoie une photo d'un gars qui me ressemble d'ailleurs assez en sous-vêtements. J'y suis jamais arrivé. J'ai envie parce que moi je suis un peu comme toi, j'ai envie d'explorer.
Mais ça me fait trop peur. De ? Qu'est-ce qui te fait peur ? J'ai tellement été insultée parce que trop efféminée. J'ai tellement été harcelée au lycée, au collège. J'ai trop peur. J'ai trop peur.
Franchement, ça vient me chercher, ça vient me trigger de ouf. Est-ce que toi, quand tu as mis le string la première fois, c'était facile ou c'était difficile ? C'était super facile. Parce que c'est déjà quelque chose que j'avais fait quand j'étais jeune et qui m'avait excité de ouf.
Et je voyais que ça venait de nourrir mon imaginaire, etc. Tu ne te sens pas... Tu n'as pas peur, tu ne te sens pas sale... Enfin, pardon, on est d'accord qu'on est des personnes complexes. Tu n'as pas une partie de ton cerveau qui incarne les normes et tes parents ou d'autres gens qui disent « Ah, putain, c'est quand même sale, c'est mal. » Tu n'as pas des petites voix putes. Pas à ce moment-là. Ce que je peux avoir, c'est si je ne suis pas dans le moment d'excitation ou des trucs comme ça.
D'être plus rattrapé, peut-être, par ce type de jugement-là. Mais franchement, j'ai même pas l'impression que ça me traverse l'esprit. Une fois que t'as éjaculé à ce moment-là ? Ouais. Et donc, une fois que t'as éjaculé et que t'es encore en string, c'est à ce moment-là que la honte revient ? Ça peut, parfois. Mais plus je grandis, plus je suis à l'aise avec moi. C'est génial. Et plus ça va, sur ce plan-là. Après, tu retires tes bas, tu retires ton string de gonzesse, et voilà !
T'en as de quelle couleur ? String, pour le coup, je crois qu'ils sont juste blanc ou noir. Mais chez moi, ils sont pas gonzesses. C'est des strings un peu sportifs. Mais l'autre jour, c'est marrant, j'en discutais avec la personne femme avec qui j'ai couché. Et on s'est parlé hier au téléphone. Et puis, je lui ai dit, moi, je trouve ça trop drôle parce qu'en fait, possiblement...
Moi, je vais avoir un rapport sexuel avec toi, classique, mais ce que je trouvais intéressant, c'est que, bah, en tant que meuf hétéro, tu puisses me mettre un gode, tu puisses me mettre un doigt, ou que je puisse mettre un string au même titre que toi, t'avais un string l'autre soir. Et d'ailleurs, j'ai trouvé stylé ton string, parce que moi, je porte des strings plutôt de mec, de sportif, alors que le tien, il était en dandelle, et ça avait l'air stylé au toucher. Et je trouvais ça trop bien ! On parlait, avec cette meuf, de nos strings.
C'est génial, non ? Moi, j'ai adoré parce que justement, ça vient faire exploser ce côté norme et c'est les filles qui ont des strings et les garçons, ils ont des caches. C'était la première personne à quitter un rapport sexuel de ce mois de célibat ?
Elle ? Ouais. Non. Est-ce que tu peux me ramener à la première personne ? T'as passé six ans en couple, t'as raconté, tu viens de te séparer au début du mois. Mais on était en couple ouvert, toute une partie, et en couple libre à la fin, le dernier mois. C'est là où il a pété son câble. Donc j'avais déjà eu des expériences sexuelles de mon côté.
vas-y je te laisse non non t'inquiète mais donc du coup là les 4 expériences et l'expérience avec cette femme business as usual c'est genre ça a le même goût voilà il n'y a pas de renouveau il n'y a pas de changement comme vous étiez déjà en couple ouvert c'est comme d'hab à part le fait que c'est avec une femme donc ça c'est absolument pas comme d'hab parce que ça ne m'était jamais arrivé de ma vie ok comment c'est arrivé ?
C'est arrivé parce que ça a toujours... Non, pas toujours. Mais depuis quelque temps, ça me trotte en tête de me dire... Putain, je veux pas mourir en n'ayant jamais découvert le corps d'une femme. C'est quand même...
C'est quand même la moitié des humains sur Terre qui sont foutus comme ça, donc ce serait intéressant de savoir. Et par ailleurs, je peux avoir des crushs sur certaines femmes avec un caractère, une âme un peu particulier. Domi ? Ouais, un peu. Ces femmes affirmées, ces femmes qui n'ont pas peur des mecs, qui vont les rabrouer, qui vont les... Je trouve ça très très beau chez une femme. Elle t'a offert ça sur cette première fois ?
Ah non mais elle m'a offert ça depuis longtemps, on se connaît au sport et je l'ai toujours vu envoyer chier l'entraîneur, envoyer chier les autres coéquipiers ou trucs comme ça et je trouve ça charmant de sa part. Et c'est aussi une genre de nana qui va assez rapidement faire des blagues de cul ou des trucs comme ça, ce que je trouve cool parce que dans la bouche d'une femme c'est trop peu souvent entendu.
Et je la trouve particulièrement charmante pour ça. Plus le fait que ma sœur, un jour, l'a croisée et elle m'a dit « J'aime bien cette fille. » Et puis en plus, elle est vraiment très jolie. Et là, j'avais la confirmation de ma sœur, qui est une meuf que j'estime énormément.
dans ses avis aussi bien esthétiques qu'artistiques, que juste de feeling de genre, etc. Et donc, du coup, voilà. Mais ça, c'était il y a 8 mois, peut-être. Et du coup, comment tu... Elle, elle avait compris que t'étais marié à un homme. Ouais. Tu...
Comment tu la dragues ou comment elle te drague ? Comment vous arrivez à vous connecter sexuellement ? Assez simplement dans le sens où au début, ça commençait par des jeux, des on déconne, etc. Parce qu'on pouvait encore plus facilement le faire, vu que je ne suis pas sur le même terrain qu'elle. Je suis gay, elle est hétéro, maman d'une fille. Par exemple, c'était des blagues sur les gens du Nord ?
par exemple, ou quand on partait en week-end d'équipe ou juste en week-end entre nous, les potes du groupe, de... J'ai pas d'exemple en tête, mais de se faire un peu des avances en déconnant ou de... Ah, tu veux ça ? Ben, vas-y, touche-moi la chatte et on verra après. Des trucs très chics. Mais...
Au moins, on allait un peu sur ce terrain-là. Comment vous avez converti ces blagues en actions ? Parce que j'ai eu la chance d'être célibataire et du coup, je me suis dit, on arrête de ne pas s'accorder cette possibilité-là. Parce que je savais que c'était un truc qui terrorisait pas mal mon ex. En fait, ça se trouve, tu vas réaliser que tu es bi, voire même hétérosexuel et qu'en fait, ça va être la fin de notre relation.
donc je m'étais pas accordé la possibilité de le faire et maintenant que je suis complètement célibataire je me suis dit mais en fait faut y aller et cette fille là était assez présente puisqu'elle m'a envoyé un message au moment de ma rupture elle m'a dit ah petite pensée pour toi et tout j'espère que ça va et je lui ai dit bah écoute franchement meuf je vais te dire non ça va pas mon mec était une salope plus plus plus mais au sens négatif du terme avec moi et voilà et puis elle m'a appelé et on a discuté pas mal ensemble et c'est elle que j'ai eu
pour la dernière fois le soir avant de décider de rompre le lendemain ok et voilà et puis après du coup comme j'étais célibataire on a commencé c'est elle d'ailleurs je crois naturellement qui a dit ah bah tiens comme t'es sur le marché maintenant je sais pas quoi et en fait j'ai répondu très très simplement à son truc on m'a dit écoute meuf ça fait déjà plusieurs fois qu'on se fait des remarques comme ça et tout et moi personnellement oui c'est du second degré mais en vrai sache que c'est t'es une personne que j'estime
Et par ailleurs, c'est quelque chose que j'ai jamais fait et je me sentirais tout à fait en confiance, puisqu'elle est malvoyante comme moi, de pouvoir découvrir le corps d'une femme au travers de toi, tout simplement. Ok, et rendez-vous pris ?
et puis on se voit à l'entraînement et puis on fait une soirée et puis machin et l'autre jour on se retrouve en comment ça s'appelle en week-end ensemble sur la côte dans le nord et bah j'ai fait en sorte de de pouvoir dormir avec elle
ça veut dire quoi j'ai fait en sorte de pouvoir dormir avec elle parce que j'ai verbalisé le fait ah non l'autre coéquipier avec qui j'ai dormi l'autre soir mais non putain laisse tomber il arrête pas de ronfler machin alors que c'est plutôt moi qui ronfle entre les deux et voilà et puis le soir d'aller me coucher pas dans ma chambre mais dans le plumard d'un autre pote avec qui je savais que j'allais pas dormir parce que une autre coéquipière allait arriver à dormir avec lui et au final comme ça je me suis fait dégager mais je me suis fait dégager dans la chambre d'à côté
Ok, donc tu tapes à sa porte ? Non, je suis allé me coucher en premier, mais il a l'air de dire non, non, mais là, je me pose là un peu, tranquille, voilà, et puis au final, on a dormi ensemble. Vous étiez que tous les deux dans la chambre ? Oui. Elle rentre dans la chambre, t'es déjà là ? Oui. Tu fais semblant de dormir ? Non. Non, non, la lumière était encore allumée et tout, mais avant, on s'était quand même déjà un peu rapprochés, touchés les mains, les machins comme ça, tu vois ?
Parce que dans le sport ou hors du sport, vous n'aviez jamais eu l'occasion de vous toucher les mains ? Si, mais là, on sentait que c'était un peu plus « je viens de choper les mains, je viens de faire des goussis-goussis dans l'intérieur de la paume ». Il y avait un peu plus de sensualité que juste jeter fleur comme ça pour capter que tu es là. Donc, elle rentre dans la chambre, elle te dit quoi ?
Je crois qu'elle fait une remarque sur le fait que je dormais là et que... Pas avec mon... L'autre qui vient de l'habitude, etc. Et c'est là où je lui refais la scène de... Mais non, c'est parce qu'il ronfle trop, machin. Mais je savais pertinemment, voilà, ce que je faisais. Et puis... Bah, on va se... Elle se couche à côté de moi, et puis on discute, et puis on se touche un peu les mains et machin. Et elle, elle m'a dit après coup qu'elle avait été assez...
figée, bloquée parce que pas trop en confiance parce qu'elle sait que c'est nouveau pour moi et puis en fait moi j'y suis allé hyper naturellement hyper doucement
C'est ça que j'ai beaucoup apprécié, j'ai trouvé que c'était nettement plus sensuel et à pas de loup que ce que je peux connaître avec les mecs, où c'est quand même un peu plus frontal, et surtout quand t'es sur des apps comme Grindr ou trucs comme ça, où la phase de séduction c'est ma cage quoi. T'y vas, tu rentres dans un cul et merci au revoir, y'a un peu de ça. C'est toi qui rentres dans un cul ? Comment ? C'est toi qui rentres dans un cul ? Non, ça dépend des fois. Hum.
Et encore, je dis ça parce que je suis plutôt du genre, quand je vois quelqu'un, on va passer du temps à discuter avant, à peut-être boire un verre. Donc, je ne suis pas juste dans la consommation sexuelle, mais je sais que c'est plus facilement les codes des personnes qui vont sur ces applications-là. Donc là, tu trouves que c'est très doux. Et comment est-ce que tu sens qu'elle te dit OK ? Elle prend ta main, elle se la met sur le corps ?
Je n'en ai pas le souvenir. Non, si le côté OK, c'est que quand j'ai su qu'on allait pouvoir faire plus que ça, c'est quand on a commencé à s'embrasser.
Donc là, je suis venu la chercher sur le côté du matelas et faire en mode, est-ce que je peux te faire un bisou ? Mais c'était trop chou, on aurait dit des gamins. Et elle m'a dit oui, on s'est fait chaud. Et après, qu'est-ce qui s'est passé ? Je ne sais pas, on s'est caressé un peu et ça dérivait comme ça. Et voilà. Il y a eu pénétration ? Oui. Ah non, mais de ouf ! En fait, j'ai bandé et tout. Je ne pensais même pas. Je pensais au début que je serais juste dans la découverte du corps d'une femme.
mais voilà je lui avais même dit franchement je préfère te prévenir avant moi je suis pas sûr d'être capable de faire quoi que ce soit ouais peut-être c'était fluide genre t'as trouvé le trou bah ça a été fluide parce que je lui avais dit écoute si ça te va je te laisse faire le truc ah ouais elle s'est enfourchée sur toi
Bien sûr. Très bonne idée. Et la fois d'après, la position d'après, du coup, j'étais en levrette derrière. Et là, c'était un peu plus facile parce que je savais où c'était placé, tout simplement. Mais la next step, moi, j'adorais découvrir ce que c'est avec les doigts et avec la bouche, ce que c'est qu'une chatte. J'allais dire, ouais, il y a eu de l'oralité. Non. Pas de coup de langue. Non.
Mais là, tu m'as dit que vous vous êtes échangé des messages et que vous allez vous revoir. Ouais. Ok. Tu dirais que ce plaisir sexuel, il avait quel goût par rapport à un plaisir sexuel avec un homme ? Est-ce que tu identifies des différences ? Donc, tu as dit plus de douceur, mais ça, tu pourrais avoir de la douceur avec un homme. Bien sûr. Est-ce que tu vois des spécificités dans l'éloquence de ton plaisir ? Ou c'est la même chose ?
Non, parce que le vagin, c'était quand même assez différent. T'es pas serré comme dans un cul. Et c'est assez étonnant parce que moi, j'avais des réflexes d'homo. Tu mets un préservatif et puis tu mets du lubrifiant. Et elle me dit, bah non, ça va pas être nécessaire. J'ai dit, ah bon ? Ok, très bien. Et effectivement, c'était assez étonnant parce que tu sors ta kik de là. Ta kik ? Ta pine, ta bite, quoi. C'est quoi, kik ? Je sais pas, c'est mon frère qui dit ça, donc je dis ça aussi.
Tu sors ton sexe du vagin et ça a glissé bien et tout, mais c'est pas dégoulinant de mouille. C'est assez étonnant. C'est autolubrifiant, souvent. Pas toujours, je crois. C'est autolubrifiant, mais de façon assez bizarrement sèche. Tu vois ce que je veux dire ? C'est pas un truc où tu sens vraiment un côté visqueux, etc. Donc juste, t'avais pris un préservatif dans ton sac juste à côté ? Ouais. Non ?
Je suis retourné dans la chambre du colocataire qui s'est levé en un bond. Je disais genre, tais-toi. Ok, c'était ma question. Je suis allé chercher dans ma valoche une capote. Ok, d'accord. Mais du lubrifiant aussi. Valise qui n'a pas bougé. Non. Ok. Parce que si quelqu'un te déplace ta valise...
Tu ne peux pas la retrouver. Oui, mais là, comme on est en week-end avec que des malvoyants, de toute façon, on est à peu près tous sur les mêmes règles. Et ça, c'est cool. C'est hyper satisfaisant, c'est hyper plaisant. Bien sûr, bien sûr. Mais tu vois, je trouve ça bête, mais j'essaye de rentrer dans ta tête, tu vois, et de voir des détails. Moi, je me connecte vachement avec ce que tu dis, puisque j'ai cette capacité à l'explorer. Moi, j'ai clairement envie d'avoir un rapport sexuel avec une femme, ça n'est jamais arrivé.
Tu le décris comme un truc chouette. Il n'y a plus d'eau dans ton verre, tu veux que je te... Je veux bien, s'il te plaît. Ah mais tiens, c'est vrai que je l'ai...
je suis en train de remplir c'est bon, on est bien je te remplis le verre d'eau tu le décris avec un sourire amusé de celui qui a une expérience est-ce que tu t'es vraiment connecté profondément avec vraiment une intimité ou est-ce que tu étais plus en mode ok c'est rigolo, c'est une expérience là pour le moment je pense que j'avais été plus dans le mode découverte
Donc plus ce côté un peu ouf de l'expérience de la première fois, de comprendre quelque chose que tu ne connaissais pas du tout, etc. Ce que j'aimerais bien pour justement mieux comprendre si c'était juste la découverte de la première fois ou quelque chose qui foncièrement me plaît, c'est y retourner pour voir ce qui se passe la deuxième fois quand il n'y a pas une totale découverte.
Et par ailleurs, continuer à avoir quand même de la découverte sur des expériences de toucher au doigt ou à la bouche de chatte ou un truc comme ça. Toi, tu disais que tu es très sensible à la norme, que ça a été longtemps très difficile d'en sortir. Est-ce qu'il y a un petit bout de ton cerveau qui te chuchote ?
Ah non, mais en fait, si tu pouvais être attiré, si tu es attiré par une femme, alors peut-être tu peux faire couple avec une femme et re-rentrer dans cette norme qui t'est exigée ? Est-ce qu'il y a un bout de ton cerveau qui se dit « Ah ! Et si ? » Non. En tout cas, pas pour correspondre à la norme. Peut-être que je pourrais éventuellement, vraiment éventuellement, me mettre en couple avec une femme ?
mais déjà je pense que j'aurais besoin si c'est le cas de pouvoir avoir d'autres expériences sexuelles avec des mecs et j'imagine pas en l'état actuel des choses que je pourrais faire que ça mais probablement que dans l'intellect dans la sensibilité etc je pourrais tout à fait matcher avec une femme et je sais pas si un jour l'envie m'en prend de me dire mais en fait pourquoi est-ce qu'on se mettrait pas en couple avec cette personne là on a un gamin mais on peut l'un et l'autre avoir des expériences à côté mais faire couple et faire famille au sens de chosen
à notre façon, mais sans forcément devoir être amoureux et sexuels l'un avec l'autre. Dans l'épisode précédent, tu disais que tu ne voulais pas d'enfants. Oui, mais peut-être qu'un jour ça pourrait arriver, je ne sais pas. Mais là, en l'état actuel des choses et depuis des années, non, je n'en ai pas envie. Oui, mais pourquoi pas si jamais...
je sais pas mais en tout cas je m'étais déjà plusieurs fois posé la question de si un jour je devais avoir des enfants je trouvais ça intéressant de pouvoir par exemple faire famille autrement avec un couple de mecs au premier étage un couple de nanas au rez-de-chaussée et puis la petite ou le petit il peut facilement passer entre les papas et les mamans et faire famille autrement je trouvais ça superbe en fait
Mais bon, je n'en ai pas spécialement envie d'avoir un gamin. Mais on parlait de quoi juste avant ? Parce que j'ai l'impression que je te... Non, pas du tout. Non, non, non. Tout va bien. Tout est parfait. Le premier épisode, tu as tiré une question au hasard qui te demandait...
En gros, sexuellement, c'est quoi ton endroit en ce moment où t'as le plus de plaisir, plus de kiff ? Et tu m'as décrit quelque chose de très vanille, de la sensualité, de la douceur, sachant que j'adore la vanille. Bonne vanille de Bourbon, de La Réunion. Et non de Bourrin, ce qui n'est pas tout à fait... Et non de Bourrin. T'as écouté les épisodes de La Réunion un peu ? Non. Quoique si peut-être j'en ai écouté, mais sans le savoir forcément. Ah, sûr !
Mais comment ? Tu te souviens qu'à un moment, j'ai cru que tu avais arrêté de publier. Je t'avais dit, il est cool cet épisode et en plus, ça fait plaisir parce que je t'avais dit sur message WhatsApp, ça faisait longtemps que je ne t'avais pas entendu. Et tu m'avais dit, non, non, mais en fait, je pense que c'est juste que j'avais pu les suggestions automatiques dans la page d'accueil de l'application Podcast. Ah oui, c'est vrai que si tu ne t'abonnes pas et que tu n'actives pas les notifications... Je m'étais abonné, mais là, je ne sais pas, je m'étais abonné à d'autres trucs et donc, ils ne te proposaient pas au moins, plus en bas de la liste.
Les épisodes à la Réunion, je dis je suis à la Réunion et souvent t'entends des jolis oiseaux. Et puis t'as des gens qui sont réunionnais, qui racontent leur vie. Non mais tout ça, parce qu'en fait, la vanille vient de là-bas. Et notamment, il y a une histoire magnifique autour de l'esclave qui l'a découverte. Tout ça pour dire, quand tu décrivais dans le premier épisode, la vanille, je trouve que c'est un terme qui n'est pas du tout péjoratif.
Tu décrivais, toi, ton kiff, c'est de la sensualité, de la douceur, de la connexion, prendre le temps. Et à la fois, quand on a préparé cet entretien, tu me disais, mon côté salope, il y a toute une exploration BDSM. Et on n'en a pas du tout parlé.
qui vient uniquement après. C'est-à-dire que la rencontre, la sensualité, de fiter dans l'intellect, d'avoir confiance, etc., c'est la condition sine qua non à pouvoir avoir une suite qui peut, si la personne est OK aussi, dériver en, je vais mettre un jockstrap en latex, ou on sort les cordes de Chibari, ou on sort les godes, ou les machins comme ça, tu vois. OK. Oui, t'as besoin d'un...
d'un cadre de confiance et de connexion pour aller vers le BDSM ça c'est sûr et certain parce que je sais que c'est des pratiques qui sont un peu particulières où en plus il peut y avoir effectivement du risque moi je joue pas à l'étranglement ou un truc comme ça mais il peut y avoir ces risques là donc t'as intérêt à avoir sacrément confiance dans la personne qui est en face de toi tu joues à quoi ? et le dernier truc, après je te réponds, l'autre truc c'est confiance dans le regard bienveillant que te porte la personne
Au sens de ça le fait kiffer lui aussi mais il le fait pas soit pour en fait vraiment dénigrer une salope parce que ça si je sens qu'il y a une once de sincérité et de vérité là-dedans je suis là genre non mais en fait on joue là mais tu me prends pas pour une salope sinon je vais te cogner et tu te casses en fait. Et aussi de sentir que la personne elle est ok avec ça. Petite masculinité toxique là qui a fait son...
de quoi ? quand t'es pas d'accord avec quelqu'un tu vas le cogner non mais en plus je dis ça mais je frappe pas mais c'est juste de dire là je vais si tu me prends vraiment pour de la merde ça te met en colère je vais te répondre comme ça ça te met en colère c'est inacceptable je peux être un mec violent verbalement et je me suis vachement calmé mais je suis pas un mec sanguin et qui va frapper ou un truc comme ça mais l'image en tout cas est là de tu me prends pour de la merde bah je vais te prendre pour de la merde aussi tu vas sortir
Oui, ça te met en colère, tu as besoin de sentir que c'est un jeu et qu'il y a de la bienveillance. Tu joues à quoi ? Moi, ce que j'apprécie beaucoup, c'est pouvoir... Par exemple, le latex, c'est un truc qui m'a toujours intéressé, excité. Je me souviens encore, j'étais en CP, en classe de neige. On était en train de rentrer dans une pièce où il y avait plein de cirés, haut et bas, et des bottes.
pour aller faire une sortie en mer, je sais pas quoi. Et je pense que c'est peut-être une des premières érections conscientes que j'ai eues, où je me souviens très bien que ça m'avait excité de passer ces couches de plastique, etc., et de voir les autres qui faisaient la même chose. Ah, c'est génial ! C'est ouf, parce que j'avais aucun référentiel, j'étais en CP, j'avais pas maté de vidéos BDSM, encore moins gay, ou quoi que ce soit, tu vois. Oui.
Mais naturellement, j'ai senti ce truc de... Ça sentait quelque chose en particulier ? Le latex, ça sent ? Je me souviens effectivement d'une odeur un peu, pas latex, mais une odeur un peu toile cirée ou truc comme ça.
Le toucher aussi est particulier. Le toucher, effectivement. Et le fait de se dire, tu te mets dans une espèce de combinaison intégrale. Moi, il y a eu ça aussi quand j'étais plus jeune ado. Tu sais, quand tu mets des sous-vêtements thermiques au ski, c'est assez moulant, assez serré. Et tu peux avoir, quand il fait grand froid, la même chose en collant en bas.
Moi, quand je rentrais du ski, j'étais trop content d'aller me branler dans la salle de bain et de pouvoir me regarder dans la salle de bain avec ce semblant de combinaison, par exemple. Pareil, les gants en latex, ça m'a toujours un peu excité. Et quand j'étais plus jeune, je me mettais des gants pour mettre des doigts, par exemple.
Et aujourd'hui, dans les pratiques, c'est un truc qui m'excite pas mal. Je me souviens avec mon ex, la première fois que je l'ai vu en train de faire de la pâtisserie dans son établissement avec des gants, on s'en a fait qu'un tour !
Et j'avais adoré ce truc-là. Attends, parce que moi, j'ai cru que tu ne voyais pas ça, ce détail-là. Ouais. Du coup, j'ai mal compris ? Non, non, non. J'utilise un vocal classique, mais au fond, je ne l'ai pas vu. J'ai su qu'il l'avait parce qu'il me l'a dit, parce qu'il a sans doute mis des gants devant moi et que ça a fait ce bruit-là. Oui, c'est ça. Peut-être au toucher ou peut-être d'autres choses. Éventuellement, ce que j'aurais pu voir...
Voir ceci, mais tu vois sa main sur une surface plutôt claire et que les gants sont contrastés parce que les siens, ils étaient un peu de couleur noire ou bleue. Et du coup, aujourd'hui, quand tu joues, ça veut dire que toi, tu as une combinaison à la maison ?
alors j'ai pas une combinaison parce que c'est chiant à mettre mais j'ai un espèce de t-shirt zippable sur le devant et l'autre fois quand j'étais allé à Amsterdam j'étais allé chez Rob et je me suis acheté un un jockstrap en latex avec pareil fermeture éclair devant si tu veux prendre la personne ou si il veut te branler pendant que tu te fais prendre ok et ça je trouve ça très chouette ok c'est facile à mettre mais toute la fantasmagorie elle est là quoi
Et tu trouves que dans ton terme de salope, il y a la transgression ? Tu trouves que le latex, c'est aussi la transgression pour toi ? Je trouve en partie, oui, parce que ce n'est pas un truc qui est tout à fait commun dans les représentations de couples assez classiques et hétérosexuels. Mais sans doute qu'il y a beaucoup, beaucoup plus trash !
Ça, c'est sûr. Dans la façon de vivre ma salope, je pense que je dois être plutôt tranquille et vanille. Alors, il y a un truc que j'aurais aimé essayer, enfin que j'aimerais essayer, c'est pouvoir tester de l'euro dans une douche. De voir ce que ça fait, parce que intellectuellement, ça fait un peu salope. Je te pisse dessus et après je te baise. J'aime bien l'idée. Par contre...
Le ressenti chaud de la pisse d'un autre qui va me couler dessus, je pense qu'à ce moment-là, je vais être là. Non, en fait, je ne crois pas. Tu penses, ouais. Je me demande. Donc, à un moment, je me dis, il faut essayer avec un mec chouette. Et puis voilà, comme avec la femme avec qui j'ai couché, de lui dire avant, voilà, on essaye. Je ne suis pas sûr de ce que ça va faire chez moi. T'aimerais qu'elle te pisse dessus et qu'elle te gode ? Me pisse dessus, non. Là, quand tu l'as dit, je suis genre, ah non. Par contre, me goder, ouais.
Donc du coup, tu t'as dit je vais en parler à la femme avec mon amante. Du coup, tu veux lui pisser dessus et la baiser ? Non, je ne veux pas lui pisser dessus. Mais pourquoi tu veux lui en parler alors ? Je ne comprends pas. Ah non, mais pas à elle. J'ai mal entendu alors. Je reformule. C'est un peu à l'instar de ce que j'ai fait avec cette nana de lui dire avant qu'on couche ensemble. Warning, par contre, je ne suis pas là pour faire de la performance sexuelle. Je suis vraiment là pour découvrir, etc. De dire à la personne...
en question, quand on va tester de l'uro, de « attention, je suis vraiment là en découverte, peut-être que toi ça va t'exciter à donf, peut-être que moi ça va me dégoûter, qu'on va arrêter l'exercice très vite. » Donc je préfère te prévenir, histoire que tu ne sois pas tout déçu. Non mais astuce absolument géniale Arthur ! Mais que moi je devrais faire avec tout le monde, qu'on devrait faire avec tout le monde, même en dehors des pratiques un peu plus nouvelles. De verbaliser ? De verbaliser. Je ne sais pas si ça va bien marcher, si je vais bander...
Parce qu'en fait, on s'offre un espace beaucoup plus rassurant, non ? Oui, je trouve. En tout cas, quand je t'ai entendu dire, là, on ne va pas faire du sex-performance, on va juste explorer, je me suis dit dans la tête, en fait, on devrait faire ça à chaque rapport. Idéalement, oui. Parce que ça met le partenaire en face et toi-même en...
Tranquille. Je me souviens, par exemple, d'une relation que j'ai eue avant qu'on se sépare avec un gars. Et en fait, je me suis reconnu en lui parce que toute une première partie de ma vie, il fallait que je sois actif, mais j'avais l'impression de lâcher un peu trop vite l'éjaculation et d'être presque précoce. Et juste avant, on décrypte, pourquoi il fallait que tu sois actif ?
Mais il fallait que je sois actif parce que dans ma représentation, c'était comme ça que ça se faisait. Même si à côté, quand j'étais même plus jeune, etc., je me mets des godes. Mais quand j'ai commencé ma vie sexuelle, je ne voulais pas me faire prendre par quelqu'un. Je voulais prendre quelqu'un. Et petit à petit, quand je me suis mis en couple et que j'ai eu confiance, etc., ça a pu être quelque chose de possible. Oui, tu trouvais ça avilissant ?
Oui, peut-être. J'aurais pas forcément mis ce mot-là, mais en tout cas, un petit côté un peu dégradant, parce qu'on dit « va te faire enculer », et que c'est une insulte, alors qu'en fait, c'est génial de se faire enculer. Mais dans l'espace public, c'est plutôt quelque chose de...
Tu te fais dominer, tu te fais enculer, tu te fais pas respecter, tu te fais je sais pas quoi. Toi tu dirais aujourd'hui, dans ce qui est vivant pour toi sexuellement, tu m'as dit je suis 100% vers ça. Toi t'as l'impression qu'aujourd'hui t'es plus dans l'exploration du passif soumis, de justement cette déconstruction de la féminité qui serait mal, etc. T'es plus en priorité là-dessus, t'es plus excité par ça ?
Non, t'es vraiment Versa. Versa, mais à tendance un peu plus actif en ce moment, parce que je sors d'une histoire où au début, c'était plus souvent Versa et que ça l'est devenu une fois tous les six mois, un an, tu vois, où je pouvais, pardon, le prendre, lui.
Donc il y avait une part un petit peu de frustration. Ce qui fait qu'aujourd'hui, quand la majorité des rapports sexuels que j'ai ont été, je pense, actifs. Mais je sais pertinemment que s'il y a un mec avec qui je feed qui me dit « bah non, moi je suis plutôt actif » ou « aujourd'hui j'ai plutôt envie d'être actif »,
Très bien, je sais que de toute façon, c'est open chez moi et que j'y prends beaucoup de plaisir et que j'essaye de faire et voilà. Et c'est le même niveau de plaisir ? Enfin, t'as autant de joie ? C'est différent. C'est un plaisir très différent, mais c'est... oui, oui. Pour toi, être versa, ça veut dire que tu peux...
Non, je crois que tu as déjà répondu à cette question, excuse-moi. Parce que pour certaines personnes, être Versa, c'est moi, je m'adapte et vraiment, j'ai une joie idem. Donc en fait, si je ne suis que actif dans le rapport, ça me va bien. Que passif, ça me va bien. Tout va bien. Et il y a d'autres gens pour qui Versa, ça veut dire, moi, c'est important pour moi que ça switch, qu'on change entre top et bottom. Moi, je trouve ça intéressant de le faire, mais tous les gens ne sont pas forcément prêts à le faire. Ce qui fait qu'au final, je m'en fous parce que les deux me vont.
Mais si vraiment je pouvais choisir, l'expérience du gars dont je t'avais parlé, où on est tous les deux vers ça, et qui m'a fait découvrir l'expérience du double god, où on se met la moitié chacun et on se pénètre l'un l'autre tout en se pénétrant nous-mêmes. J'ai trouvé ça génial. Et même pendant la... Enfin, outre cette expérience-là de pénétration au même moment...
On s'était dit que l'un comme l'autre, on avait envie de faire les deux et qu'avant de s'y mettre, on était allé se faire un lavement chacun. Et au moins, on savait que c'était safe après. Et on a fait un terme que je ne connaissais pas à l'époque, mais maintenant, j'ai appris, je crois, grâce à Grindr, le terme edging. Edging, c'est vraiment de, tu fais le rapport jusqu'au moment où tu es genre, putain, là, j'en peux plus, je vais éjaculer. Donc maintenant, on arrête et c'est l'autre qui va me prendre.
Moi, c'est comme ça, en tout cas, que je l'ai compris. Et c'est la première fois qu'on a fait ça avec ce mec-là, où on a eu un rapport super long, où on a eu le temps de se faire plaisir, à un moment, de faire des pauses, de sortir fumer un pétard, d'y revenir. Et c'était super chouette. Pour ce côté de... On pouvait échanger l'un l'autre, en fait. Et se donner le moment de là, ça devient ouf pour moi, mais peut-être un peu trop. J'ai pas envie de gâcher le plaisir, donc on va inverser.
Je prenais une autre forme de plaisir jusqu'à son edging à lui et ainsi de suite. Et d'ailleurs, avec cette personne-là, je n'ai pas éjaculé. Lui non plus. J'aimerais beaucoup qu'on puisse... On se revoit, on s'est revus quelques fois en mode assez cool, on boit des verres et puis on finit par se sucer dans les chiottes parce qu'on est un peu deux queutards. Et c'était cool. C'est quoi être un queutard ?
À très vite avoir des envies sexuelles. Ok. Du coup, dans ce mois de célibat, tu t'es remis sur des apps ou comment tu rencontres les gens ? Tu les connaissais déjà d'avant ? Ah non, parce que tu étais en couple ouvert, pardon. Quand tu cherches des jolis gens, tu sais quoi ? J'aime bien l'expression. Tu vas où ? Tu fais quoi ? Les techniques ? Tout simplement, Grindr.
Très simplement. Mais du coup, ce que j'ai expérimenté maintenant avec l'intelligence artificielle, j'ai deux téléphones. Donc, il y a un téléphone qui est connecté sur Grindr et l'autre, une fois que j'ai discuté avec des gens, qui va pouvoir me permettre de checker que la personne est bien à peu près l'âge qu'elle a, qu'elle soit bien à peu près dans la description qu'elle me donne. Ça veut dire, c'est l'assistant vocal qui décrit la photo ?
En fait, c'est une application dédiée qui est en partenariat avec ChatGPT qui te permet de prendre une photo et qui, en quelques secondes, va te la décrire. D'accord. Et donc, j'ai cette application sur mes deux téléphones et je peux m'en servir pour, par exemple, décrire ce qui est projeté sur mon téléphone via l'autre. Et comment tu choisis les gens ?
et ben le truc c'est que ça va être déjà pour moi le critère il va être dans le physique et je demande assez vite le côté un peu assez fité et le côté poil
Tu en veux ou tu n'en veux pas ? Je n'en veux pas. Enfin, je n'en veux pas. Pas du tout. Enfin, tu vois, un peu, ce n'est pas grave. Mais quand il y a trop de poils, moi, ça me sort. Ça me sort de mon excitation. Quand tu dis « je demande le côté fit », ça veut dire quoi ? Tu écris un message qui dit « est-ce que tu es musclé ou pas ? » Déjà... Non, parce que pour moi, le côté fit, ce n'est pas tant musclé. Vraiment, c'est que tu es affûté et que tu es fin.
Mais je n'ai pas besoin de muscles particuliers. Ok. Et tu le demandes comment ? Et je le demande déjà en mettant un filtre sur Grindr.
J'ai découvert que tu avais différents niveaux de filtres, alors tu n'as pas le filtre pilosité, mais tu as le filtre est-ce que tu es baird, est-ce que tu es mince, est-ce que tu es je ne sais pas quoi. Et donc moi je sais que le filtre mince me correspond bien. J'ai une interprétation sauvage, je te la propose et tu me dis ce que tu en penses. Interprète-moi sauvagement, vas-y !
Je t'ai interprété bien sauvagement. Il y a un moment donné où tu as été trop gros, on a exigé que tu perdes du poids, tu as vécu beaucoup de grossophobie, où on t'a fait comprendre que c'était mal d'être trop gros. Une forme de ça, ouais.
C'est quoi une forme de ça ? En gros, on t'a dit qu'il ne fallait pas être gros. Ça s'appelle la grossophobie. C'est pour ça que je n'aurais pas mis le mot grossophobie. Je crois vraiment que ça s'appelle... Si je te dis qu'il ne faut pas être gay, c'est de l'homophobie.
Ok. Non ? Si, si. Voilà, c'est pareil. La différence que j'y mettais, c'est que, tu vois, par exemple, quand on m'a parlé de « il ne faut pas être gros », c'était pour ta santé vasculaire, tes articulations, etc. Et donc, du coup, je le voyais plus comme un argument de penser à ma santé future que de dire « tu dois correspondre à des critères ».
où tu dois correspondre à des critères normatifs de sexualité. Parce qu'au fond, si tu te protèges et que tu fais pas n'importe quoi, t'as pas de risque spécifique à être homosexuel sur le plan de la santé. Oui, mais les justifications que des gens donnent à la grossophobie, à l'homophobie, c'est pas toujours... La religion dit que c'est de la merde, ils trouvent aussi des arguments pseudo-réels, tu vois ?
Pour mettre sa santé à risque en étant gros, il faut y aller. Je ne sais pas si tu étais obèse, stade, voilà. J'étais en surpoids, j'étais sur le edge de la courbe de poids quand tu es petit, tu sais, sur ton carnet de santé. Du coup, ma question pour toi, c'est, mon interprétation sauvage, c'est que cette fixation sur le fit, sur la minceur, elle vient de là ?
Et qu'il y a deux chemins, il n'y en a pas que deux, mais tu as deux choix. Pardon, un, ça vient de là, et deux, notre rapport au beau, il est culturellement construit. On est dans une société qui n'aime pas les gros, et donc on n'aime pas les gros. Et donc on reproduit ça. Tu as deux chemins de vente. Quand on regarde des statues antiques ou autre chose, les femmes étaient beaucoup plus en rondeur que ce qu'on a aujourd'hui, par exemple. Tous ces codes-là, c'est construit, on est d'accord ?
t'aurais deux chemins en face de toi soit tu vis ta vie en mettant ton filtre mince dans Grindr et voilà soit tu fais ces liens et tu questionnes et tu élargis ton rapport au beau déjà sur ma interprétation sauvage que ton rapport avec la minceur vient très probablement tu dis ça pour être sympa ? non non non voilà
C'est que j'ai été un peu pétri de ça, quand j'étais petit, puis quand j'étais ado, etc.
Et même si je mange un peu ce que je veux, etc., mais je sais que dans le café, je ne prends pas de sucre, j'essaie d'éviter le maximum de sucre et de gras, parce que ça ne m'apporte pas un plaisir gustatif monstrueux, et que je sais que je mange déjà beaucoup de trucs un peu fromage, un peu machin, un peu gourmand, et je ne vais pas en rajouter. Donc j'ai toujours ce côté un petit peu contrôlant là-dessus.
même si à côté de mon ex qui était vraiment lui pour le coup ultra contrôle fric là dessus et qui a été obèse et qui a fait un travail de ouf sur lui pour perdre 40 kilos quand il avait 15 ans lui était beaucoup beaucoup plus marqué par ça et notamment l'utilisation des réseaux sociaux pour lui et de OnlyFans pour être reconnu publiquement comme quelqu'un de beau avec tous ses followers et des gens qui sont t'es trop beau et ben lui ça lui est vachement important moi je suis moins lié à ça
Moi, ça m'est important que je sois personnellement fit et que la personne, pour que je la désire sexuellement, aujourd'hui, soit fit. Mais sauf que, tu vois, tu élargis ton désir en allant vers une femme ou vers des femmes. Ouais.
Est-ce qu'il n'y a pas les mêmes sauces que tu peux réinventer pour sortir de ces injonctions et à ton bénéfice ? Parce qu'en fait, moi, c'est pas genre... Donc, bien entendu, c'est sympa de ne pas être grossophobe et c'est mieux pour la santé mentale de millions de personnes. Mais il y a aussi une réalité de... Ah, moi, je trouve dans mon expérience personnelle que l'énergie...
Il y a des mystères et des choses incroyables qui se passent dans un rapport sexuel qui n'ont pas attrait à la corporalité, tu vois. Et que du coup, peut-être que tu te coupes de plein de gens magnifiques. Probablement. Et donc voilà, je me dis que c'est pour ton bénéfice. Puisque tu arrives à élargir ton désir avec cette femme, pourquoi ne l'élargirais-tu pas avec ton rapport au corps ?
Intellectuellement, je te dis oui. Après, je pense qu'il faudra un petit peu de temps parce que je n'imagine pas mener toutes les batailles en même temps. Là, j'ai déjà trouvé très chouette de constater que cette nécessité de la beauté du visage que j'avais besoin avant, quand j'ai rencontré mon ex, aujourd'hui, je m'en fous.
j'ai pas du tout ce rapport là et que c'est en train de s'apaiser et d'être simplement par rapport à quelque chose que je peux véritablement percevoir qui me nourrit et m'excite moi à savoir le toucher de la personne est-ce que t'as des poils ou pas est-ce que t'as un côté fit ou pas et c'est plutôt ça qui va me parler la forme du cul, la forme de la bite une belle bite qui donne envie ou des tétons qui donnent envie ou des trucs comme ça c'est quoi un téton qui donne envie ?
Alors moi, j'aime bien le téton légèrement dur au centre, tu vois. Et qui va être un petit peu plus mou en périphérie, où tu peux rentrer le doigt et les sentir. T'as une glande, tu sais, à l'intérieur. Et tu peux aller plus facilement le sentir. Mais c'est aussi, je trouve, la fermeté. Ok. Si on s'arrêtait là, déjà, je vois que tu ne portes plus tes lunettes. T'as vu ?
C'est parce que... Parce que tu me l'as demandé, c'est que ça va. J'ai fait l'effort pour toi. Mais je suis bien, là. Non mais t'as le temps, j'ai envie que tu portes tes lunettes, si t'as besoin ou envie, c'est ta liberté.
Oui, mais je pense que l'accès à mon regard pour certaines personnes est important. J'avais bossé avec une chercheuse là-dessus, qui avait bossé beaucoup avec moi, avec des entretiens en présence et en visio, et qui me demandait expressément d'enlever mes lunettes, parce que pour elle, l'accès au regard a une forme d'importance. Oui, c'est le cas pour moi, oui. Donc, je comprends. Ok, je te remercie d'avoir fait cet effort pour moi. Si on s'arrêtait là, est-ce qu'il y a quelque chose d'important que tu n'as pas dit par raconté ? Est-ce qu'il y a quelque chose qui te vient, un sujet ?
On a parlé du rapport à la solitude, le couple... Non, là, tu fais le bon élève. Non, non, je révise un peu. Ton intuition, mais non, il n'y a pas à réviser ton intuition, c'est ton intuition, pas scolairement. Il y a un truc dont on n'a pas parlé, que je m'apprête à faire d'ici peu, ça fait déjà quelques temps que ça me trotte en tête.
Maintenant que je suis plusieurs fois allé au sauna et que j'ai un peu le plan en tête du sauna pas très loin de chez moi à Lille, qui est assez simple, j'aimerais y aller tout seul. Et j'aimerais me dire, je peux rencontrer en vrai, tout seul. Raconte, c'est marrant parce que j'avais ça aussi en tête, c'est marrant que tu le dises. Tu m'as parlé... Connecté, c'est bon ? C'est bon, on est connecté ! On est connecté, c'est bon ! Mais oui, on est connecté depuis le début, Arthur. Non, tu me disais que t'arrivais pas à te connecter à moi. C'est bon, j'ai compris.
que j'avais plus de défis mais ça parle plus de moi que de toi de mes limites c'était vachement chouette dans le pré-entretien parce que tu parlais d'un poisson pilote et je trouvais que c'était très imagé et après moi je réfléchissais à toi et je me disais mais je serais bien incapable moi dans ma petite expérience de sauna j'ai trouvé que c'est extrêmement sombre
Et que moi, souvent, moi du monde des voyants, j'ai du mal à voir, à être en capacité de te décrire. Comment ça s'est passé avec ce poisson pilote et comment t'a-t-il aidé pour ta première fois Sona ?
Pour ma première fois Sona, alors c'est pas le poisson pilote récent auquel je pense, mais du coup c'était un gars avec qui j'avais une forme de relation, avec qui on est allé au Sona, et donc on y est allé ensemble, et j'étais à son épaule, en général moi je préfère, j'aime pas prendre le bras des gens, ça fait un peu trop genre « j'ai besoin de toi ».
Je prends l'épaule comme un pote. Tu mets ta main sur l'épaule. Sur son épaule. Et on va se doucher, on va faire une petite visite parce qu'il y a un bar et un espace posé, terrasse, etc. à côté. Et puis après, tout un espace plus public, on va dire, avec un jacuzzi et un sauna à côté l'un de l'autre.
Ouais, avoir le plan en tête, pour toi, ça veut dire, il te décrit, ou bien c'est toi qui marches dans les couloirs et qui touches pour avoir ce plan ? Il me décrit tout en me faisant marcher dans ses couloirs, etc.
Ce qui fait qu'il va me décrire ce que c'est, et j'ai par ailleurs une expérience de la taille des choses. La douche, l'espace des douches, si ça fait 5 mètres versus si ça fait 20 mètres, c'est pas tout à fait la même chose. Et puis, il y a toute une partie des choses que je comprends juste grâce à l'écoute, parce que t'entends que là, t'es plus dans un espace bar et les gens parlent, et puis t'entends un bruit de tireuse ou de verre de glaçon, de je sais pas quoi. Quand t'es à côté du jacuzzi, t'entends qu'il y a le... Comment ça s'appelle ?
Le bain à remous, le moteur qui s'active. Le jacuzzi, ouais. Et donc du coup, il me décrivait une partie des choses et d'autres non. Et puis après, avec cette personne-là, une fois qu'on était allé vite fait au jacuzzi, de même moment, on était rentré dans le hamam.
Et là, dans le hammam, on commençait un peu à se toucher, puis entendre des gens qui se touchaient à côté, c'était assez excitant, machin. Et puis, bah là, j'ai fait ma salope, je m'en souviens très bien, la première fois que j'étais allé au hammam, il y avait genre peut-être six mecs autour de moi, et j'étais en train de les sucer les uns après les autres.
Et ça, j'avais adoré. Parce que je voyais personne. Eux, ils te voyaient, tu crois ? Non, je pense à peine. Personne se voyait, ouais. À genoux, sur le carrelage brûlant ? Non, j'avais encore le cul sur le petit banc en mosaïque. Comment tu fais pour sucer alors que t'es assis ? Tu t'avances et puis tu suces. Les mecs, ils sont debout. Oui, mais t'es un peu courbé. Tu fais 1m93. Je suis souple.
J'aime pas cette position, moi. Je sais pas, j'ai le cou un peu cassé. Mais tant mieux. J'aime beaucoup quand je suce ce côté très... Je suis à quatre pattes au sol et toi, t'es bien debout, bien tendu vers le ciel. Ça, on est d'accord. Mais là, t'étais assis sur le banc. T'étais pas à quatre pattes. Non. Mais ce que je veux dire par là, c'est que j'aime être... Tu vois, par exemple, j'aime beaucoup moins, quand je suce, être au-dessus de la personne quand il est couché.
ça me procure pas du tout le même plaisir même si t'es dans une position de gorge qui fait que ça rentre mieux etc mais le côté un peu un peu domi de se faire mettre au sol et se faire mettre une bite dans la bouche voilà et donc là le banc moi j'ai pas de souvenir que j'avais mal au dos mais bon en général tu mets une bite devant les yeux
je suis un peu occupé quoi donc j'ai pas trop le temps de penser à d'autres choses est-ce que j'ai mal à ma position de dos ou pas ton odorat est un peu comme un cliché plus développé tu sens plus de trucs les bites sentent ouais mais l'avantage dans le sauna c'est qu'en général les gens prennent une douche avant donc donc non ça va mais et ton amant il était à côté c'était un des sucés peut-être non je pense pas je me souviens de lui qui était à côté il était en train de sucer aussi comme moi
Et voilà, jusqu'à un moment où on s'est dit « bon, ça va ».
Et ah non putain c'était trop bien, je me souviens d'un gars, parce que comme je t'avais dit j'adore mettre des doigts, il y a un gars à qui j'avais mis un majeur et j'avais tout de suite senti sa prostate mais qui était bien là, genre un petit bout de caillasse quoi. Et du coup je l'avais massé sur la prostate et il avait éjaculé à côté quoi. Donc là on est dans le hammam toujours, tandis que tu le suces ? Non.
Non, non, non, je m'étais sorti parce que je me dis bon je vais pas non plus avaler du sperme ou en mettre dans ma bouche alors que je connais pas les gens, etc. Parce que ? Parce que j'étais pas sous prep à l'époque, parce que c'était la première fois que j'allais au sauna, je savais pas bien ce qui allait se passer, qui sont les gens, etc. quoi.
Parce que si tu prends du sperme dans ta bouche ou que tu l'avales, tu peux potentiellement avoir un risque un peu plus important de contamination. C'est ça, si tu n'étais pas sous PrEP, il y a un enjeu de VIH. Comment tu t'extrais d'un groupe de 5 ?
sans cogner tout le monde comment tu sais si tu vas à gauche à droite parce qu'avec le poisson pilote on s'est dit bon bah là on va peut-être y aller vous étiez encore équipe tu l'as tapoté sur l'épaule en mode t'as fini de sucer je sais plus exactement
Bon, ça s'est bien fait, quoi. Il est resté avec toi. C'est naturellement. Et voilà. Et puis après, on était passé ailleurs ou peut-être aller filmer une clope dehors ou je ne sais pas. Et puis après, voilà. Non, je t'ai dit une bêtise. On était allé ensemble un peu vers le labyrinthe, etc. Labyrinthe ? Ouais, parce qu'il y a un petit labyrinthe avec des glorioles et des machins comme ça. Et en fait, on voulait aller s'isoler ensemble pour sexer juste tous les deux.
et sauf que du coup ça l'avait pas fait parce que j'avais fait un lavement avant mais bien trop longtemps avant et donc du coup on avait dit bon on va pas chercher à aller plus loin parce que toi ça te gêne ? ah oui l'odeur de merde ouais
Clairement. Non ? Pas toi ? Je suis pas fan. C'est pas genre une fête. Mais franchement, on est dans un sauna. En fait, l'odeur de mer, déjà, faut que... Je trouve que...
J'ai envie de travailler mon rapport à cette crispation. Je trouve que dans un espace de sauna hamam, si on se chie dessus et qu'il y en a énormément, c'est un problème. Et non, je n'ai vraiment pas envie et ce n'est pas cool. En revanche, souvent, l'accident peut être petit, il peut être réduit.
Et en fait, tu t'en rends même pas compte parce que tu files à la douche juste après. Je trouve que c'est pas toujours un accident égal. Odeur très forte, grande gêne, morceau de merde qui rebondit sur le sol. Qui vient se projeter sur ton visage allègrement. On est d'accord, on est dans le scénario catastrophe. Et j'entends dans ton nom un petit peu d'angoisse.
pas ça parce que je sais que ça m'est arrivé et ça a déjà arrivé à d'autres partenaires et que chaque fois que ça s'est passé on était genre bon bah ok mais enfin voilà ça va quoi c'est pas la honte et ça peut arriver il y a tellement de douches dans le ce que je dis en tout cas c'est qu'il y a tellement de douches dans le sauna que si j'ai un accident c'est tellement rapide et simple à hop reprendre la situation en main que ouais moi je alors oui et non parce qu'il y a des douches mais tu sais t'as des douches t'appuies sur le machin puis ça coule de haut mais en vrai tu peux pas venir avec ta canule de lavement puis puis
Visser ton machin et te faire un lavement au sauna. À tous les patrons de sauna qui peuvent nous écouter, il faudrait, je trouve, faire une douche comme ça. Quitte à ce que tu la payes on top, mais un truc où tu te dis, je peux faire un moment où on me laisse 20 minutes, j'ai payé 4 euros, mais je peux me faire un lavement tranquillement dans le sauna et après être fraîche comme la rosée du matin, ce serait chouette. Ça n'existe pas. Du moins, je n'en ai pas vu. Mon propos, c'était s'il y a un accident, on peut se doucher. Ouais.
Bon, en tout cas, ce n'était pas le cas et tu ne le sens pas. Et de toute façon, il faut suivre son intuition aussi. Oui, ça l'avait fait pour moi et pour le partenaire en question. C'est possible pour toi d'y retourner seul ?
Et la dernière fois que j'y suis retourné, alors que le poisson pilote était parti avec son... Quelqu'un. Copain, ouais. C'est que je sais pas s'ils sont encore ensemble ou pas. Je l'apprendrai ce soir. Mais alors qu'ils étaient partis dans le labyrinthe et je les avais pas suivis, j'ai commencé à discuter avec les mecs dans le jacuzzi et j'ai rencontré un mec super, avec qui on a sexé deux fois très bien. Ok. Et vous avez sexé dans le jacuzzi ? Non. Non.
Comment, pour sortir du jacuzzi, tu lui mets la main sur l'épaule ? Ouais, parce qu'en fait, cette fois-ci, j'étais avec ma canne. Et donc, du coup, j'avais laissé ma canne à côté. Puis j'étais posé dans le jacuzzi et tout. Et puis on commence à discuter. Et puis, à un moment, on se dit, bon, on va sortir. Et puis, on peut aller se sécher dans le sauna. Et là, du coup, j'ai pris la canne. Et je crois que j'ai pris l'épaule aussi, parce que j'avais envie de le toucher. Comment tu fais, justement, pour...
En fait, tu disais tout à l'heure que tu as un enjeu à ne pas avoir l'air d'être faible, c'est-à-dire que ce n'est pas parce que je te mets la main sur l'épaule et que j'ai une canne que tu dois avoir pitié de moi. Et du coup, tu fais comment dans le sauna pour signifier tout ça ?
Tu vois ce que j'essaie de dire ? La main sur l'épaule n'est pas pour moi un truc de faiblesse. La faiblesse va être plus de « je vais tâtonner, peut-être me gourer », ce qui fait qu'une fois que j'ai la main sur l'épaule et que je suis avec la personne, et puis s'il me met dans le mur, donc je lui explique de bien faire attention et de calculer une trajectoire plus large parce que je suis à sa droite, mais s'il me met dans le mur...
au moins la faute est de son côté tu vois je suis genre allez vas-y il me blesse maintenant tu me fais vraiment du mal tu crois que le handicap c'est pas déjà chargé de ça ouais toutes tes conneries comme ça ce qui fait que c'est lui qui va être gêné et pas moi
Donc t'inverses quelque part le rapport du truc. Tu vas décaler tes pieds légèrement vers la gauche. Non, t'inquiète, mais tranquille, tranquille. C'est juste que là, tu es allé mettre tes pieds sur mon micro. Pardon ? Non, pas du tout. Toi, tu trouves que dans cet univers Grindr, tu le dis vite ?
Je suis malvoyant parce que ça te met face à beaucoup de discrimination ou d'agression. Ou au contraire, tu le dis au dernier moment et ça se passe bien. L'autre jour, j'ai fait pour la première fois un plan cul où la personne ne savait pas que j'étais malvoyant. Et donc, je lui ai dit, quand il est arrivé à la maison, je crois...
mais habituellement je le glisse et plutôt au début c'est à dire que je veux pas le glisser dans mon profil de base parce que j'aurais peur qu'il y ait des gens qui se disent ah intéressant comme ça on va pouvoir aller le détrosser chez lui ou je sais pas quoi tu vois donc déjà tu rentres en contact avec moi on discute et puis c'est généralement au moment où la photo l'échange de photos hot ou trucs comme ça se présente c'est là que je commence à parler du besoin de description supplémentaire que j'ai il y a des gens qui te font des messages vocaux
L'autre jour, naturellement, il y a un gars qui m'a envoyé un message vocal. Et j'ai trouvé ça super. Et on se revoit dimanche, normalement. Parce que je l'ai trouvé... C'est le premier mec de plus que mon âge avec qui je couche. Il avait 40 ans. Enfin, il a toujours 40 ans. Et j'ai trouvé ça super cool de me déconstruire sur ce truc de... J'ai toujours fait avec des twings plus jeunes, en gros, hein.
ou à peu près de mon âge parce que tu vois mon ex il avait quelques mois de un an de plus que moi mais mais là une personne vraiment plus âgée que moi c'est la première fois et on reste bien tranquille sur le il a 40 ans c'est ça ?
On reste bien tranquille. De quoi on reste bien tranquille ? Tu restes bien à ta place. T'as 32. Non parce que moi je vais vers les 40. Je sais. Donc 40 c'est jeune. Bah oui. Mais moi je trouve aussi. Je te l'ai pas entendu dire. Bah non mais en fait j'étais pétri de ça avant. Mais je te taquine, je te taquine. Et aujourd'hui je me dis mais quel teubé. D'autant plus que j'ai trouvé...
Mais bien sûr que non. Moi, il n'y a pas plus tard que je ne sais pas, il n'y a pas longtemps, pour moi, avoir 40 ans, c'était déjà être à moitié mort avec un pied dans la tombe. Pour moi, les gens qui avaient 40 ans, c'était des adultes qui avaient compris. C'était des adultes, ils avaient compris des choses et c'était sérieux. Moi, je vais avoir 40 ans, je n'ai pas compris grand-chose, je ne suis pas très sérieux.
Tu crois que t'as pas compris mon show ? Je pense que si. Non, si, si, ouais, non, je rigole. Moi, c'est ce que je trouve passionnant chez beaucoup de personnes plus âgées, et notamment certains de mes amis, il y a un gars avec qui j'ai fité de ouf dans une formation que j'ai faite, il a 80 piges ! Et...
Quand mon père est décédé, je lui ai dit, est-ce que tu serais d'accord pour être une forme de papa spirituel et adoptif pour moi ? Oui, mais c'est deux choses, l'amicalité et puis l'attraction. Parce qu'il y a vraiment un enjeu au-delà de 40 ans, quand tu es un homme gay, dans certains endroits du monde, date de péremption. Moi-même, j'ai eu ce côté-là et j'ai été très content de moi, très fier l'autre jour de me dire, je suis passé outre.
Et en fait, je me suis rendu compte que c'était un postulat de connerie. Parce que la personne avec qui j'ai couché, déjà, tu sens qu'il y a du plomb dans la cervelle, ou il y avait de la discussion, il a vécu des choses. Et c'était chouette. Et par ailleurs, le corps que j'ai trouvé, etc., me cochait beaucoup de cases que je pouvais penser que c'était que des gens un peu plus jeunes et un peu plus twink. Qui les avaient, quoi. Ça s'est passé comment ?
quand la personne savait pas que t'étais malvoyant et t'es arrivé chez toi et tu lui as dit euh pourquoi déjà t'as décidé de cette stratégie ? comme ça je me suis dit tiens cette fois on va voir ce que ça donne pourquoi lui en particulier ? alors ça je sais pas du tout euh non je sais pas et que ça s'est pas spécialement présenté dans la discussion donc du coup pas de photo hot échangée
Non, je crois pas. Non. Ok. Et... Puis là, il y avait un côté... J'avais envie de... J'avais envie de Ken à ce moment-là, quoi. Donc j'avais pas envie trop de me lancer dans du blabla et des machins comme ça. Ok. Il a réagi comment ?
donc je l'ai accueilli j'étais chez moi l'avantage c'est que c'était fin d'après-midi que il faisait beau donc j'avais mes lunettes de soleil et puis de toute façon quand je suis chez moi j'ai comme un poisson dans l'eau quand même
Tout est hyper adapté, et voilà. Donc du coup, on s'est posé, et puis moi je me suis allumé un pétard à la fenêtre, et je crois que c'est à ce moment-là que je lui ai dit, mais je sais plus comment c'est venu dans la conversation, mais... Si, parce qu'il me posait une question, ou il me montrait un truc, et j'ai dit, ah non, mais en fait, moi je t'ai pas dit, mais je suis malvoyant. Ce que je trouvais assez positif, c'est qu'il m'avait découvert, avec des yeux...
classique, et pas en se disant je vais rencontrer un mec malvoyant et donc il te regarde forcément d'une autre façon bon après j'ai compris en discutant avec ce mec là que j'avais pas envie qu'il me regarde trop longtemps parce que j'aimais pas trop sa façon de penser on a fait notre affaire et voilà quoi parce qu'il a dit des bêtises ? non mais je sais pas sa façon de de parler, de verbaliser certains trucs sur certaines personnes je sais pas, j'aimais pas
En tout cas, lui, il n'a pas réagi d'une certaine manière particulière. Il n'a pas changé son comportement. Et tu dirais qu'au Sona, pareil, tu t'es senti accueilli comme n'importe quel participant. Même super bien, parce qu'à Lille, quand j'y vais maintenant, ils me font la réduc comme si j'étais moins de 26 ans, je crois, ou un truc comme ça. Ils disent « Non, non, mais c'est bon, parce que toi, comme tu es en situation de handicap, vas-y, on te fait la réduc. »
je t'ai rien demandé mais ok vas-y super ok et ça te va ? ça t'agace pas ? non
ça aurait pu parce que du coup t'es stigmatisé de ça me fait économiser de l'argent et je paye le même prix que si j'avais moins de 26 ans je prends non non non mais franchement le mec du comptoir il est vraiment cool forcément quand t'as une canne et que t'es à peu près le seul mec à fréquenter le sauna quand t'as une canne il te reconnait vite donc il fait du lien avec toi c'est comme l'autre fois j'étais avec mon poisson pilote mon pote Laurent depuis des années
Et on est allé dans un bar nudiste avec Backroom à Paris. Et c'était trop cool ! Parce que...
J'étais avec ce poisson pilote là, mais avec ma canne au milieu de tout le monde et je me sentais différent, mais tout à fait OK à ma place. Les gens viennent à toi ? Certains oui, d'autres non. Les gens viennent à toi avec quel premier mot ? Est-ce que c'est toujours lié à la canne ou pas du tout ? Il y a des gens qui viennent te draguer comme ils dragueraient n'importe qui d'autre ?
Là, ce que j'ai senti, c'est que soit on discutait pas mal avec les barmans, soit on a discuté avec un couple de deux gars qui s'étaient rencontrés là. Mais sinon, les gens viennent à toi plutôt dans la backroom en bas, quand tu sais que ça va vraiment sexer ou un truc comme ça. Ouais. Et là, ils viennent à toi, mais sans spécialement de mots particuliers. T'as ta canne dans la backroom ? Ouais.
Ça fait OVNI, mais c'est drôle. T'as dit quoi, ça fait ?
J'ai volant d'identifier. Mais moi, je trouvais ça marrant. Par exemple, ils distribuent un bracelet avec le numéro de ton dépôt de fringues. Tu vas à Paris ou pas ? Non, je ne suis pas du tout client, mais j'ai fait ça à Berlin. J'ai eu dans un sac poubelle un numéro. Du coup, après, ils te donnent un bracelet. Tout le monde veut le bracelet 69, mais il a été volé depuis des années. Et moi, je fous mon bracelet sur la canne.
Donc j'en joue. Et l'autre jour, on discutait avec mon pote en mode « Putain, mais ce serait génial d'avoir un adaptateur en soirée où sur le bout de ma canne, tu fous un gode. » Tu sais ce que je veux dire ? Et t'as ton espèce de sceptre comme ça avec ta bite au bout. D'en déconner serait marrant. Après, je pense que ça fait pas forcément sourire tout le monde ou que ça n'attire pas certaines personnes. Mais de toute façon, la canne n'aurait pas attiré certaines personnes. Ouais.
Et au fond, même si ça me fait chier parce que j'ai ce besoin de plaire et d'être aimé, mais tant mieux. Si la canne te rebute,
Ben casse-toi, parce qu'en fait, ça va faire partie de moi. Et autant qu'on ne discute pas, en fait. Oui, mais je trouve que ce qui m'apparaît beaucoup plus clairement là, par rapport à la discussion qu'on avait dans l'épisode précédent, où en gros, j'essayais de te comprendre sur ce bagout, cette puissance...
où t'as envie que le premier regard des autres ça soit ben voilà il est complètement apte à tout et donc tu disais je peux être un peu brusque et j'y vais et tout en fait t'as aussi zéro le choix le moment où t'es avec une canne dans un lieu public hum
t'es la plupart du temps le seul sona ou autre et donc en fait t'attires l'attention et donc tu n'as pas le choix de choisir comment tu en fais qu'est-ce que tu en fais de cette attention ? tu peux parce qu'il y a des gens qui ont ce côté de tu sais que potentiellement t'es un peu l'attraction quand tu passes dans la rue mais tu peux aussi choisir d'y aller tranquillement de continuer, faire ton petit chemin à la canne etc et c'est ok
mais c'est vrai que moi j'ai décidé de me dire tant qu'à être visible autant que au passage les gens se disent ah bah je l'aurais pas pensé comme ça l'aveugle de la rue ou l'aveugle du coin ou voilà c'est pas crevant d'avoir ce masque ? non parce que c'est pas complètement c'est pas un à mon sens peut-être que je me trompe mais c'est pas un masque parce que je suis comme ça aussi dans la vie de tous les jours le sous-entendu que tu dis c'est
je prends le rôle de vous donner une autre image de l'aveugle de la rue. Et ça, c'est un poids. Ça veut dire qu'en fait...
Enfin, je te comprends. Je comprends pourquoi tu choisirais ça, mais t'en souffres pas. Non, moi, je le vis pas comme un poids. Mais d'autant plus, si tu veux, dans mon métier, quand t'accompagnes les gens, etc., c'est pareil. T'essayes de leur montrer une image qui est plutôt positive, même si c'est important d'ouvrir le bide. Bah oui, j'ai pensé au suicide. Oui, j'ai fait de la dépression. Oui, ci et ça. Oui. Et de leur expliquer par le détail que tu reviens de loin et que donc, du coup...
L'image que tu leur montres aujourd'hui, peut-être qu'eux, ils sont tout à fait en capacité de la faire leur aussi. Mais c'est déjà du coup quelque chose que j'ai l'habitude de porter régulièrement et de montrer le meilleur visage de moi-même, tu vois. Mais une habitude, ça peut être pas sain ?
Je te dis pas... Attends, excuse-moi, attention. Juste, je trouve que ton choix de mots est vachement intéressant. En gros, t'as une carapace et une construction sociale et aussi une inclinaison intime, personnelle. C'est naturellement toi. Mais je trouve que la liberté, c'est aussi parfois pas avoir à être un certain type d'aveugle pour que les gens pensent ceci, cela, quoi.
Mais que je suis pas tout le temps, parce qu'une fois que cette première impression est passée, ce que je veux quelque part, je pense, c'est marquer des points dans la première impression. Le waouh effect. Ok, tu m'as vu, je suis pas tout à fait comme tout le monde, je sors des sentiers battus de ce que tu pensais comme représentation.
Et maintenant, on va pouvoir se parler un peu plus et tu vas comprendre que ça peut être noble de tâtonner sur une table pour chercher un verre. Tu vas pouvoir comprendre que si et ça. Mais, ok, on va finir là-dessus. Moi, ça n'a pas du tout marché, Arthur. De quoi ? Avec moi, ça n'a pas du tout marché. Je pense qu'avec plein de gens, ça ne marche pas non plus. Moi, je me suis dit...
Mais attends, je veux le dire avec le plus de... Parce que j'ai envie de me connecter à toi. Moi, je me suis dit, qu'est-ce qui cache ? Je me suis dit, tout c'est... Mais moi, c'est tout le monde qui parle fort et qui prend beaucoup d'espace, dirait que je suis là. Non, mais en fait, t'es qui derrière tout ça, quoi ? Et je suis ultra agacé. Et je te propose ça. Je veux...
Je veux être très précautionneux parce que je te dis pas que tu fais mal. Je te dis un peu comme toi qui pensais en allant aux toilettes des choses dans ma tête. Tu penses dans la tête... Tu penses dans la rue... Pardon. Tu penses que les gens qui sont dans la rue avec toi se disent « Ah ouais, je m'imaginais pas. Ah, il est différent et tout. » Moi, je pense que c'est plus compliqué que ça et qu'il y a plein de gens qui pensent différents trucs. Probablement, ça c'est sûr. Et du coup, moi, je me suis surtout dit « Bah, vas-y. »
Ben non, enfin... Ouais. Et je suis trop content parce qu'on s'est trop connectés. Le moment où t'as enlevé les lunettes, le moment où... Ah, ok, salut Arthur. C'est bon. Tu vois ? Ok.
Et... Ouais, moi, je vois... Bon, c'est vraiment du jugement. Et est-ce que ça te peine ou pas ? De ? Non, je veux pas te peiner. Que tu me dises quoi ? Bah, qu'il y a un rôle. Que toi, tu dis que c'est chouette, que ça donne une autre image. Mais moi, genre... Moi, je... Non, enfin... Tu crois ? Ça me peine pas...
profondément dans le sens où je sais que de toute façon, quand tu me connais, tu sais la profondeur, la finesse d'esprit et l'âme que j'ai. J'en suis persuadé et probablement que certaines personnes peuvent être éventuellement rebutées ou interloquées par ce côté assez shiny.
mais je sais que c'est pas faux parce que je sais qui je suis à l'intérieur bah oui bien sûr et donc ça me attends je vais rephraser en fait ce que je voulais te dire c'est moi je pense que tu pourrais t'autoriser à être toute ta complexité et je suis sûr que t'es aussi shiny mais que du coup ta shininess ton côté brillant il serait moins modelé moins masqué tu vois ça serait moins un rôle pour être le bon aveugle
Et ça serait plus du total Arthur qui, en fait, selon l'humeur, selon le moment, il y a plein de choses en toi. Et moi, j'avais juste envie de te dire, je comprends pourquoi c'est un rôle pour survivre dans la société. Et donc, voilà, je ne te donne pas de conseils et tout, mais... Mais ce rôle-là, je...
Je sais que de toute façon, c'est pas si éloigné que ça de moi, parce que je viens vraiment puiser des trucs de moi, etc. Pour moi, c'est pas un rôle, mais en tout cas une façon de se présenter publiquement. Et je sais aussi qu'après...
Et ça, j'ai appris à le faire grâce à tout, plein de coups durs dans ma vie, grâce au travail thérapeutique, etc. D'être OK avec mon authenticité et de voir qu'en général, quand tu ouvres le bide, ça rayonne en face et que ça te renvoie la même chose. Et donc, ce que je veux te dire par là, c'est que ce côté première impression, qui est importante pour moi pour ne pas être catalogué, discriminé...
C'est juste dans le sens de la première impression et que quand tu me connais plus, beaucoup de gens te diront que c'est une personne qui met à l'aise, qui parle beaucoup, qui parle de lui. Et moi, mon intuition, c'est que tu es parfait tel que tu es et que tu es resplendissant et qu'il n'y a pas besoin de te modifier pour la première impression. C'est ça que je veux te transmettre. Je l'avais entendu comme ça.
parce que du coup moi quand je t'ai rencontré pour la première fois j'ai senti qu'il y avait un petit rôle pour incarner un truc et je me suis dit ah ok mais en fait maintenant que je te connais un peu plus et on a pas mal échangé mais t'as pas besoin du petit rôle genre t'es resplendissant et il y a pas besoin et la première impression elle est belle elle est très bien et ce même si ta main se pose deux fois sur un objet pour voir où il est
Mais sans doute que c'est aussi un regard perso de moi qui m'auto-juge dans si je fais ça deux fois ou si je me prends un poteau dans les dix premiers mètres où je rencontre quelqu'un et que ça va pinger le poteau ou un truc comme ça. Moi, je sais que c'est pas grave, mais la personne va dire ça va, ça va, j'aurais dû te guider, je suis désolé. Et je sais que dans ces premières secondes, je suis encore plus attentif à tout ça. À envoyer un autre message aux gens. Et c'est ça que je trouve injuste.
Pourquoi ? C'est la réalité de ce que tu vis, mais je trouve ça injuste en fait qu'il y ait cette énorme charge mentale sur toi et tout ce rôle, t'es en survigilance pour que ça se passe bien pour l'autre et pour toi, quitte à te modifier, tu vois. Mais...
Moi, j'aurais envie de faire de moins en moins, mais de plus en plus en authenticité avec moi-même. Mais c'est sûr que tu as toujours ce réflexe-là pour envoyer un message à l'autre ou pour être désirable auprès de l'autre, pour être aimable et peut-être faire couple avec l'autre parce que tu as besoin de lui quelque part. Oui, il y a toujours ces tentations-là de pouvoir quelque part se modifier pour être aimable. Tu es aimable, tu n'as pas besoin de te modifier. C'est mon point de vue.
Et en plus, je trouve qu'on est dix fois plus beaux dans notre humanité, dans notre vulnérabilité, dans...
Mais je trouve que mon propos et ce sur quoi on échange, en fait, on est aussi conditionnés pour survivre. Et en fait, je pense aussi que nos cerveaux, tu vois, si je faisais le lien, nos cerveaux sont conditionnés à éviter des conflits ou à éviter des situations parce qu'on a des preuves, on a déjà vécu des situations, tu as dû vivre des situations où tu as été mis de côté.
de plein de manières différentes. Et en fait, tu as développé cette stratégie parce qu'elle est la bonne pour toi. Et moi, je ne suis personne, tu vois, pour... Mais je la gratouille. C'est intéressant de le questionner. Voilà, je le questionne. Je me l'autorise et j'espère que c'est OK pour toi. Tout à fait. Et c'est intéressant de faire une piqûre de rappel là-dessus parce que c'est des conversations que j'avais déjà eues avec des amis un peu deep ou même ma psy sur le...
Des fois, ça me fait bizarre parce que j'ai l'impression que j'arrive à accepter mon handicap quand j'arrive à en faire un truc beau ou un truc... Mais du coup, j'ai peur que ça mette aussi en fragilité par la suite parce qu'on sait que c'est pas toujours beau et pas toujours facile et pas toujours machin. Ok, c'est exactement ça. Tu vois, ça raboute par rapport à ce type de... C'est épuisant de devoir être un super héros non-stop, en fait. Et c'est faux. Et ça a ce côté touchant et chouette d'être juste...
Juste soi-même. Mais c'est vrai que dans cette première rencontre, sans doute que c'est moi, en fait, qui ai besoin de ce truc-là. D'envoyer ce message-là et de me dire, t'es capable, vas-y, bombe le torse et on y va. Et je serais pas étonné que les mois se déroulant où justement tu développes ton autonomie, où en fait tu te rends compte que seul, t'as tous les bons réflexes, que tu as tout un tas de ressources que tu te crées
Et je ne serais pas étonné que tu aies de moins en moins besoin de cette première impression de survie. Peut-être, oui. Parce que justement, tu as une autonomie, tu as ta famille choisie, tu as tous tes amants, tes amoureux, tes amis ou tout ce que tu veux créer dans ta vie. Tu vois ce que je veux dire ? On se refera dans quelques mois ou années un débrief.
Que sont-ils devenus ? T'as jamais pensé à faire ça d'ailleurs ? Si, si, mais j'ai envie. Mais d'ailleurs, ça correspond complètement à ta peur d'être seul. Si la première impression est si essentielle, c'est de peur d'être rejeté et d'être seul. Donc on reboucle avec le tout début de notre...
d'effleurer légèrement ce sujet, mais cette peur d'être seul a été, pour moi, cause d'une blessure de rejet que j'ai depuis longtemps, que j'ai identifiée avec un travail psychothérapique, etc., qui est forgée de deux choses. Un, le fait d'être rejeté parce que différent du fait du handicap, et deux, avant même que la question de handicap se pose dans ma vie, c'était le rejet par le harcèlement scolaire.
ton téléphone ? Ouais, ça c'est mon alarme de 18h. Mais attends, mais t'as un train, t'as un rendez-vous, parce que là, on a complètement explosé le... Non, non, non, je... En fait, je devais éventuellement passer à une cérémonie au ministère de la Culture, mais j'irai pas, parce que c'était à partir de 17h30, et là, je vais rejoindre des potes dans le marais ou un truc comme ça. Tu me permets d'éteindre ? Mais bien sûr ! Vire-moi cette sonnerie horrible. Hop. En fait, j'ai... L'éteindre de ce pas...
et cette sonnerie tu vois par exemple pour info c'est mon rappel tous les jours à 18h j'essaye de faire un bilan positif de ma journée c'est un truc que j'ai fait après la mort de mon père grâce à un psy que j'étais allé voir et qui pour essayer de m'aider à voir les choses un petit peu plus positivement m'avait conseillé ça et aujourd'hui je le vois plus mais je continue à faire ça mon bilan positif donc tu seras dans mon bilan positif ça s'est bien passé pour toi ? oui tout à fait t'es content ? oui tout à fait
Donc, très bien. Moi aussi, je suis super content et je me sens... Tu ne te vois plus comme nul ? Ultra privilégié. Si. Oh non !
Non, non, moins sur la fin parce que j'arrivais, j'ai retrouvé mon fil émotionnel. En fait, mon fil émotionnel, c'est de dire et de croire et de sentir que la personne en face de moi, elle est magnifique. Et je le crois et je le sens. Et magnifique dans le sens...
Je ressors de cet échange le cœur rempli. Au sens de l'âme et pas du visuel, comme on disait avant. Ouais, ouais. Et puis, en fait, je trouve que ton témoignage, il résonne à plein d'endroits pour tout un tas de gens, quel que soit leur niveau de vision. Et moi, il me parle vachement et je trouve que...
En fait, j'ai énormément d'empathie. J'ai zéro pitié. À aucun moment donné, je me dis « Ah oui, par rapport à d'autres gens... » Tu sais, parce que c'était ton inquiétude. « Ah oui, par rapport à d'autres témoignages... » Non, je ressens rien de ça. Parce que c'est pas une émotion... Je sais pas si c'est une émotion... Non. Je ressens qu'on est tous sur un putain de chemin d'accepter ce qu'on peut pas changer. Absolument. De s'aimer comme on est. Alors là, putain, moi j'y arrive pas de trop, hein ?
C'est difficile de...
Tout le monde, je pense. Et en fait, t'es super inspirant. T'es super inspirant parce que tu nous as autorisés, tu m'as autorisé à te faire des retours en direct de... Attends, il y a des années croches et tu m'as autorisé, tu t'es connecté à moi, c'est-à-dire que t'es descendu à mon niveau parce que j'avais un besoin. Ou monté à mon niveau, tu vois. Non mais tu vois, et où t'as dit ah ok, et tu t'es connecté à moi et t'as dit des trucs
enfin t'y es allé quoi t'as joué le jeu et t'y es allé et la prochaine fois que je lorsque j'oserai porter un string ou faire porter un string je t'enverrai un texto je t'enverrai un message vocal avec plaisir c'est quoi ton mot de la fin tu retiens quoi de de ces nombreuses heures d'échange le mot qui est beaucoup revenu salope oui mes connexions
Connexion à soi, chacun de nous et connexion entre nous, sachant que ça, et tu l'as dit, je trouve ça cool, de dire tiens, ça n'a pas été facile. Parce que pour toi, il y avait une forme de masque et de rejet et de trucs comme ça. Et donc, je pense qu'on a beaucoup tourné autour de la connexion. Et ça n'a pas été facile pour toi non plus, tu me disais ?
Tu me disais qu'au début... Le premier échange de décryptage était plus difficile parce que je pouvais moins me lâcher à raconter. Mais même là, aujourd'hui, tu m'as dit que c'était plus difficile au début. Oui, parce que même si je suis habitué à enregistrer des podcasts, à fréquenter des micros et des trucs comme ça, c'est des sujets sur lesquels je ne suis jamais allé.
pour un podcast, par exemple. Et un sujet dont je discute assez peu, qui plus est, jamais avec des gens inconnus, parce qu'on ne s'était jamais rencontrés, etc. Et petit à petit, on s'est connectés, et le sujet a aussi beaucoup tourné autour de la connexion à soi-même, à ses émotions, à ses envies, et voilà. Donc le mot de la fin sera connexion. Et c'est la fin.
Merci. Merci à toi. Ça sera la fin.