De sexologue à acteur porno : mes conseils pour s’épanouir – Alex 1/3 🇨🇦

Partie 1 sur 3
« Personnellement, je crois que le monde serait beaucoup plus joyeux si on avait beaucoup moins d’honte autour de notre sexualité. » Alex

Alex, 39 ans, sexologue pendant dix ans à Montréal : la honte qu’il traquait chez ses clients, il a dû l’éplucher sur lui pour s’autoriser le porno.

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Dans cet épisode du podcast :

  • En cabinet, le blocage qui revient le plus : les normes du couple, la monogamie, la fidélité
  • Sa méthode tient en une question : demander pourquoi cinq fois, comme on épluche un oignon
  • Il se disait fièrement gay platinium, né par césarienne et jamais en contact avec un vagin
  • Après avoir creusé ses préjugés, il couche avec des hommes trans et trouve ça merveilleux

On en parle dans cet épisode
Les témoignages d'hommes trans et de personnes non-binaires que Guillaume (le podcasteur) conseille d'écouter
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La méthode d'introspection qu'il applique à la honte, en remontant de pourquoi en pourquoi
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Alex, bienvenue sur le podcast. Nous sommes à Montréal, chez Pierrot, un auditeur qui me prête son appartement pour les deux dernières semaines de mon séjour ici à Montréal. Un grand merci à lui. Je dois aussi remercier Vincent et Alex, les deux auditeurs québécois qui nous ont connectés, toi et moi, et sans qui tu ne serais pas à ce micro. C'est important pour moi de le dire, ce podcast est un travail d'équipe. Et sans l'aide des auditorices, ceux qui donnent de l'argent ou de leur temps, sans LE, je n'y serais pas arrivé. Ça, c'est sûr. Alors, merci. Alex, toi, tu as été sexologue pendant dix ans. Oui. Et puis, un jour, tu arrêtes pour te lancer dans le porno. Mais ce n'est pas exactement comme ça. Alors, ce n'est pas du tout d'accord que tu casses mon intro comme ça. Ça, c'est la façon de décrire d'une façon... Comment tu dis ça? Like the tabloids. Je suis d'accord. J'essaie d'agripper l'auditeur. Est-ce que tu as été sexologue pendant dix ans? Oui. Est-ce qu'aujourd'hui, tu fais du porno? Oui. Merci. Je suis très curieux d'entendre ton témoignage et notamment trois points. J'ai envie que tu nous partages tes meilleurs conseils de sexologues spécialisés sur les hommes queer. Et puis comment ces dix années de sexologues ont impacté ta sexualité à toi. Tu vas raconter tes kiffs, notamment les bonnes cuisses de rugbyman, m'as-tu dit ? Comment tu as réussi, je te cite, à devenir passif et ce que ça fait pour toi d'être un homme noir et anglophone ici à Montréal. Et enfin, tu vas nous raconter le déclic pour te lancer dans le porno et comment ça change ta vie. Quand tu regardes ces dix années... Tu m'as dit que la majorité de ta patientèle, c'était plutôt des hommes gays ou queers. Oui. C'est quoi les principaux blocages que tu as eus en cabinet? Est-ce qu'il y avait des répétitions, des choses qui revenaient souvent ou c'était vraiment à chaque fois très divers? C'est une bonne question. La première chose qui vient en tête serait... tous les enjeux autour de la monogamie, la fidélité, le couple ouvert, le polyamour, de naviguer toutes les choses qui sont en dehors de ce qui est attendu dans notre société, de nous quand on est en relation. Que je comprenne bien, c'est que tes patients venaient avec une souffrance autour de ce sujet-là, c'est ça? Oui. Ils le savaient eux-mêmes, ils venaient en disant... je ne me sens pas bien en couple monogame, que faire? Si ils sont dans un couple qui est fermé, les questions autour de l'exclusivité, de l'ouvrir le couple, que ça soit que la personne a trompé l'autre ou que ça soit comme une discussion ouverte, que tout le monde est consentant et conscient de ce qui se passe, jusqu'aux personnes célibataires qui questionnent pourquoi il n'est pas en couple ou qui questionnent « Moi, je suis bien célibataire. Pourquoi la société m'oblige que je sois dans un couple ou dans un partenariat avec quelqu'un? » C'est beaucoup autour du sujet de ça et l'exploration de cela. Trop bien. Ça me parle vachement. C'est énorme. Moi, je le vis. Moi, aujourd'hui, je suis célibataire. De quelle façon? Aujourd'hui, je suis célibataire. Et dans les mauvais jours ou quand j'ai des angoisses, je me dis « Je vais crever seul. » En ce moment, je voyage au Québec, je voyage seul et je me dis, et en fait, je vois, j'observe les gens et je vois les couples qui voyagent. Et là, j'étais dans un endroit magnifique au Kamouraska, à Kamouraska. Je prenais mon café et juste à côté de moi, il y avait un couple qui jouait au Scrabble, un couple de français qui jouait au Scrabble. Et je me suis senti un peu jaloux parce que moi, j'adore jouer. Et ils avaient l'air d'être super complices. Et je me disais peut-être que leur voyage, il est dix fois mieux que le mien parce que moi, je suis là tout seul avec mon bouquin. Tu vois, c'est ce genre de mentalité-là. C'est ça. Mais j'étais fatigué et pas bien. Alors que dans les bons jours, et je ne crois pas du tout ce que je viens de dire, c'est mon cerveau qui me le propose comme si j'étais conditionné. Et ça, c'est ces conditionnements et ces normes que tu as vus dans ton cabinet. Je te posais la question de les différents blocages. Le premier que tu vois, c'est autour des normes du couple et de l'amour. Est-ce qu'il t'en vient d'autres ? Oui, puis en fait, ça touche à une des autres questions qu'on avait discutées d'avance, qui est la question autour de la souffrance des hommes gays. Bref, ce que je peux dire, c'est qu'un prochain blocage serait la... culpabilité puis la honte autour de la sexualité. Et ça, c'est pas juste pour les hommes gays, mais c'est juste tout le monde en général. Personnellement, je crois que le monde serait beaucoup plus joyeux si on avait beaucoup moins d'honte autour de notre sexualité. Il y a beaucoup de choses qui découlent de ça, qui sont des problèmes sociétals, hum... personnel, politique, bref. Ça me parle vachement. J'ai l'impression que la sexualité, c'est un fluide en nous et que s'il y a des blocages, ça crée des abcès, des trucs qui ont des impacts sur les autres sphères de ta vie. Tu saurais me donner des détails plus concrets autour de ce blocage-là? Ces hontes-là, par exemple, dans ton cabinet, t'entendais quoi, par exemple ? Si on revient, on peut aller à la base de sortir du placard et de ne pas être hétérosexuel et de vivre avec ça. J'ai déjà vu plusieurs clients qui sont en question de leur orientation sexuelle ainsi qu'identité sexuelle en général. Il y a aussi les personnes, comme j'ai mentionné tantôt, qui sont en couple, qui sont dans un couple fermé, mais qu'un sent vraiment « Ah, mais peut-être que je ne suis pas fait pour être en couple fermé. » Mais il y aura du honte autour de ça. Peut-être quelqu'un qui est dans un couple ouvert depuis des années, mais vu que leur sexualité est tellement dégradée, Ils ont des intérêts, des kinks, des fétiches qui sont loin de peut-être la sexualité de leur partenaire qui est beaucoup plus vanille. Ils sont dans un couple ouvert, mais ils ne sont pas capables d'échanger sur leur sexualité parce qu'un vit beaucoup de honte. Bref, c'est juste toujours, ça revient à la honte. C'était souvent la honte autour des kinks, des patients qui viennent ou des clients, tu les avais le client, des clients qui viennent à toi en disant j'ai ce kink et j'ai honte. Mais je ne dirais pas que c'était souvent, c'est juste un autre exemple qui parle à la honte. Non, mais j'étais curieux, oui. Si j'avais souvent des personnes qui... Oui, des personnes kinky qui étaient bloquées. Je ne dirais pas ça, pas souvent, mais c'est définitivement un sujet que j'ai vu plusieurs fois avec différentes personnes. Oui. Si tu te reconnectes à des parcours d'aide que tu as mis en place en tant que sexologue, qui ont réussi, et que tu as essayé d'en prendre le jus, d'en prendre l'essence de ce qui a marché. Excuse-moi, tu me regardes avec... C'est une question très alambiquée pour te demander, ok, on a plein d'auditeuristes qui écoutent et qui sont sur un chemin d'épanouissement. Toi, pendant dix ans, t'as aidé des gens à s'épanouir. C'est quoi les deux, trois conseils que tu donnerais à ton ou ta meilleure pote ? Ton ou ta meilleure pote vient te voir et te dit, je me sens pas bien épanoui dans ma sexualité, je ressens des blocages. Toi, ça fait dix ans, t'as un savoir, tu les mets sur quelle piste ? on commencerait avec la honte, mais pas juste la honte comme sujet général parce que c'est large, mais les pourquoi. Donc, si tu as Si tu as du honte par rapport à quelque chose dans ta sexualité, pose-toi la question. Pourquoi le manque d'introspection qu'il y a chez beaucoup de personnes parce qu'ils n'ont jamais été élevés ou fait apprendre que c'est quelque chose à faire, ou beaucoup comme la critique des choses que tu vas voir dans les médias, bien... Self-introspection, c'est aussi important. Puis de demander, mais pourquoi? Puis après ça, demander encore, mais pourquoi? Toujours comme, c'est un peu comme un oignon, puis tu prends les couches puis tu les enlèves un par un pour venir à le noyer, le noyau ou la racine de l'affaire pour vraiment comprendre, ah, ça vient de là. Puis c'est là que tu peux commencer à faire ton travail de, OK, bien, Maintenant, je ne comprends pas pourquoi j'ai déconstruit l'affaire, comment je peux avancer maintenant. Je parle de façon très générale parce qu'on ne parle pas vraiment d'un sujet précis, mais je dirais que c'est une bonne façon de regarder les choses d'une façon générale pour... travailler sur soi moi je trouve ça vachement intéressant parce qu'il y a plein d'écrans qui empêchent cette curiosité je pense notamment au trauma il y a plein de choses qui font aussi que l'introspection est bien trop douloureuse j'ai l'impression qu'il y a deux étapes et c'est pour ça qu'aller voir un ou une professionnel ça me semble quand on a la possibilité et qu'on trouve la bonne personne parce que J'adore ce que tu dis et l'introspection et la curiosité, poser une série de pourquoi, c'est faisable par tout le monde. Mais je pense que j'ai aussi envie de visibiliser, moi en tout cas avec mon expérience de podcast en quatre ans, que parfois juste demander pourquoi, se demander pourquoi cette introspection ? Mais elle vient toucher à comme une blessure non cicatrisée. Donc, en fait, j'ai une répulsion, ça me fait trop mal, quoi. Tu vois ? Parce qu'il y a du trauma, parce qu'il y a un niveau de peur et de choc. Il fait ce qu'il va te déballer dès que tu commences à le faire. Tu vois ? C'est compliqué, non ? Oh, totalement, mais voici l'importance d'avoir un accompagnement dans ce cheminement-là, que ce soit professionnel et ou avec ton propre entourage aussi, de ne pas rester tout seul avec ça. Mais oui, quand tu as mentionné... C'est ça que tu vas faire avec un professionnel qui travaille, que ce soit psychothérapeute, que ce soit... Bref. Puis aussi, j'aimerais juste préciser que, oui, j'étais sexologue pendant dix ans, mais il faut que je précise que je ne suis plus sexologue du tout. Donc, je parle de tout ça dans mes expériences, mais pas nécessairement avec le titre. Bien sûr. Chapeau de sexologue en ce moment, parce que... J'ai juste plus le droit d'utiliser le titre. Donc, je vais juste dire ça. Légalement, on sent... Exact! On sent le nord-américain en toi. Oh oui! Non, mais je trouve que c'est vachement intéressant. Moi, Toi, quand tu vas à la rencontre de tes pourquoi, c'est quoi qui t'empêche de cheminer à éplucher ton oignon ? Moi, c'est qu'en fait, quand je me demande pourquoi et que je fais cette introspection, je n'aime pas ce que je découvre. Je trouve que c'est inconfortable. Ce n'est pas que je n'aime pas en mode jugement, c'est que je trouve que ça m'emmène à des endroits très inconfortables. Et mon cerveau me dit « Attends, j'ai deux choix là. Continuer à me poser la question ou fuir en ouvrant le téléphone. » Avoir cette conscience-là en tant qu'humain, tu n'es pas un animal. Tu as le droit de dire, oui, ça va me faire mal, mais je vais le faire pareil. Des fois, il faut vivre dans cet inconfort-là. Que ce soit quelque chose qui vient d'arriver tout de suite, une mauvaise nouvelle, ou que ce soit se questionner sur pourquoi j'ai un blocage envers cette chose-là dans ma sexualité. Tu serais à l'aise de donner un exemple concret de ta sexualité, de toi, ton chemin d'épanouissement. Il y a eu un moment donné où tu as utilisé cette technique d'introspection. Oui, bien, la question de faire la pornographie, puis être comme, oh, mais je ne peux pas. Alors, attends, déjà, pour reprendre à la base, toi, tu as cet élan, tu as cette envie qui est vivante dans ton esprit de faire du porno, et hop, tu sens qu'il y a du blocage. Oui, parce que sociétalement, ce n'est pas bien vu. Qu'est-ce que mes amis ou mon entourage, ma famille vont dire? C'est tous ces aspects-là qui me bloquaient et je me suis dit, OK, mais il y a où le mal là-dedans? Est-ce que je fais mal à quelqu'un? Donc, j'étais en train de juste… défaire cette oignon de la question de la culpabilité de faire la pornographie, mais pourquoi je devrais avoir honte de faire quelque chose de même? Puis d'aborder chaque angle, chaque question par rapport à ça. Le pourquoi, le pourquoi, the why, the why. Puis de voir, bien, finalement... Si je ne fais pas mal à quelqu'un, puis si moi, je vis bien avec ça, peu importe ce que la société me dit ou les personnes dans mon entourage disent. j'ai le droit de bien vivre dans ma sexualité de la façon que moi, je vais approprier dès que je ne fais pas mal à quelqu'un d'autre. Bien sûr. On a souvent des exemples de j'ai un désir et grâce à l'introspection et en creusant, j'arrive à m'autoriser. Est-ce que toi, tu aurais un exemple où T'as eu un élan, un désir, et en creusant, en te demandant pourquoi, tu as tiré la conclusion « Ah ben non, c'est pas pour moi en fait, je vais pas le faire ». Est-ce que je peux t'aider en moi? Juste quelque chose en général que je voulais faire ou en rapport avec ma sexualité? En rapport avec ta sexualité. En fait, ce que je trouve intéressant, c'est qu'on parle souvent du chemin d'épanouissement comme il y a des blocages à des désirs et... en essuyant les pourquoi et la honte, on arrive à s'autoriser. Mais je crois aussi qu'il y a des choses qui ne sont pas pour nous, tu vois, et il y a des injonctions, et qu'en faisant de l'introspection, il vaut mieux ne pas y aller. Vas-y, je t'écoute. OK, bien, un exemple serait le désir d'avoir ou de vivre une expérience sexuelle avec un homme trans, tandis qu'en tant qu'homme gay, j'étais comme... C'était normalisé pour moi que je devrais avoir peur ou un dégoût, j'ai fait des « quotation marks », des guillemets dans les airs, d'un vagin. Puis qu'est-ce que ça dit par rapport à ma sexualité ou mon identité sexuelle, l'orientation sexuelle, si j'ai du vécu avec quelqu'un qui est un homme trans ? qui a une vagin. Puis j'ai dit ça précisément dans l'aspect de... C'est... C'est de séparer le... J'ai perdu le fil. T'inquiète, il n'y a aucun souci. Que je comprenne bien, toi, t'as un élan intérieur, t'as un désir intime, t'as de l'excitation en imaginant avoir un rapport sexuel avec un homme trans, en tout cas un homme qui a un vagin. Et le blocage, c'était ce que tu t'es dit. Tu t'es dit, mais ça raconte quoi de moi? T'avais une gêne. Et en creusant avec des pourquoi, tu t'es dit, ce n'est pas pour moi. Oui. Non, en creusant, j'ai vu qu'il n'y avait pas de problème à ce niveau-là parce que moi, j'étais formé à penser qu'en tant qu'homme gay, je ne devrais pas avoir rien à faire avec le vagin. Mais là, je suis en train d'associer qu'un vagin, ça va juste avec une femme. Tandis qu'un homme pourrait avoir un, mais je pourrais avoir une attirance envers cet homme-là. Bien sûr. malgré le fait que je n'aurais pas une attirance envers une femme qui a un vagin. C'était tout ce questionnement-là. Encore plus que ça, moi, je suis un homme gay d'un certain âge. Je vais avoir 40 ans dans un mois. Puis, ma génération de gays ont été élevés avec cette idée-là de, je ne sais pas si tu as ça en Europe ou en France, mais « gold star gay » ou « platinum gay ». Un « gold star gay », c'est quelqu'un qui n'a jamais interagi avec un vagin. Un « platinum gay », c'est un homme gay qui n'a jamais été césarienne, ainsi qu'il n'a jamais eu une interaction sexuelle avec un vagin. What? Oui, puis c'est cette idée-là. C'est positif ou négatif? mais c'était vu d'une façon positive parce que c'était comme oh me I never did that Alors, c'est ça. Moi, je t'ai élevé. Il y a des gens, tu dirais, dans un peu la culture montréalaise. Enfin, toi, tu habites et tu as grandi à Montréal. Oui, mais juste pour parler en ton nom, pour qu'on situe ton discours. Il y a des gens qui, avec fierté, disent « je suis un gay platinium », c'est-à-dire « on m'a mis au monde par césarienne, donc je ne suis pas passé par un vagin et je n'ai jamais interagi avec un vagin ». Et hop, à une soirée, ils disent avec fierté « ça ». Oui, avec des amis et tout ça. Puis moi, je peux avouer que moi-même, j'avais déjà été dans ce discours-là. Aujourd'hui, de réaliser un, c'est très misogyne comme concept. Oui, mais attends, avant de le critiquer pour que je comprenne bien, si avec empathie, tu reviens dans le passé à ce Alex qui… Oui, ça fait 20 ans, disons. Oui, mais merci de le partager, je trouve que c'est important. Et ce Alex, il y a 20 ans, qui disait un peu avec fierté, « Toi, t'es Platinum ou Gold ? » J'ai été platinum. Et tu disais ça un peu avec fierté. Si tu te connectes avec empathie à ce Alex-là, il défendait quoi? Il avait peur de quoi? Peur de... Bonne question. J'avais peur de quoi? Tu sais, c'est tellement une revendication de dire ouvertement et fièrement « Hey, I'm gay » que... Tu te mets tellement dans un côté du champ que moi, je ne touche à rien qui touche à l'hétérosexualité. Puis c'était plus dans cette optique-là. Tu défendais ton coming out, tu défendais... Oui, mais j'étais trop fort, trop loin dans l'identité de qu'est-ce que ça veut dire d'être une personne gay ou un homme gay, précisément. Oui. Puis aussi, c'est quelque chose qu'on disait entre amis, puis on blaguait, on riait, que ce soit d'autres amis gays, que c'est mes amis filles, whatever. Beaucoup d'humour des années 2000 n'ont vraiment pas bien vieilli. Puis ça, c'est un exemple. Ça, tu trouves que dans ton entourage encore aujourd'hui, tu as des gens qui utilisent ces appellations? Oh oui, puis je dirais que c'est plutôt une certaine génération des hommes gays et hauts. Donc, les millennials, Gen X, boomers, people. Les plus jeunes, non, ils ne sont pas dans cette mindset-là. À l'époque où tu pouvais être comme ça, dans cet extrémisme de recherche d'identité, tu te rendais compte que ça pouvait blesser et heurter des gens ? Non. Non ? On n'était pas nécessairement en train de penser à ces questions. Il y avait des personnes trans dans ton entourage à qui tu disais ça? En 2004, peut-être, oui, qui n'étaient pas encore en transition, mais que je savais ouvertement, non. Oui, bien sûr. Toute cette éducation de ça est arrivée une couple d'années plus tard quand ça venait à l'élection autour de la transidentité. Pourquoi ça te pose problème aujourd'hui? Pourquoi tu es en désaccord avec ce... Oh, right! Maintenant, les critiques. Oui, un, c'est «incredibly misogyne». Incroyablement? Oui, merci. Je pensais que c'était ça la traduction, mais je me suis dit «non, c'est trop direct, mais bon...» Mais c'est très bien! Mais ça, c'est transphobe. J'ai pas besoin de te corriger. Oh non, t'inquiète, t'inquiète. Je te comprends à 2000%. Juste, il y a des auditeurises qui parlent zéro anglais et c'est pour elles et eux. Mais toi, c'est parfait et tu te prends pas la tête. Pourquoi c'est misogyne ? Parce que c'est... C'est de rendre quelque chose qui est... On s'entend que l'identité de genre, le sexe biologique de personne, c'est quelque chose qui est séparé. Mais c'est juste que le vagin, veux, veux pas, c'est quelque chose qui est au centre de l'identité féminine souvent. Puis de prendre quelque chose qui est... qui est représentatif de cela, puis parler de ça avec du dédain, du dégoût, que c'est quelque chose de dangereux, c'est ridicule. Donc oui, à ce niveau-là, de base, c'est misogyne, je dirais. C'est transphobe parce que, OK, bon, oui, quelqu'un qui identifie en tant qu'homme, qui vit leur vie comme homme, qui est un homme, qui pourrait quand même avoir un vagin, puis disent qu'eux autres, ils ne sont pas quelqu'un qui est viable comme partenaire sexuel parce qu'à cause de ça, je... En fait, ça crée une hiérarchie. Oui, effectivement. Terrible aussi, humaine. Effectivement, oui. Il y a mieux, il y a moins bien. Exact. Donc, je ne préférerais pas d'être dans ce genre de paradigme. Donc, oui, c'est ça la différence entre Alex, ça fait 20 ans qu'il est aujourd'hui. Mais moi, je me mets avec toi. Je me suis éduqué, je continue à m'éduquer grâce à ce podcast, ces sujets. OK, pas nécessairement… Oui, et puis sur ce sujet complètement. Et moi, je n'ai jamais dit platinium ou gold parce que je ne savais pas, mais certainement, j'étais ultra transphobe, bien entendu. Et aujourd'hui, en fait, j'imagine des auditoristes pour qui ils pensent encore que l'organe sexuel dicte l'identité de genre. Et ça, c'est en effet, pour nous, les quarantenaires, ah là là, ça y est, je vais avoir 40 ans. Et c'est vrai que nous, on a grandi avec cette idée-là et c'est culturel. Et moi, ce qui m'a beaucoup aidé, j'invite tout le monde à écouter les témoignages des hommes trans sur ce podcast. Petite pub, mais franchement, c'est des témoignages auxquels je tiens énormément, que j'ai trouvé merveilleux. Et je trouve que ce témoignage à la première personne m'a vachement aidé Parce que du coup, c'est des hommes qui se racontent aussi dans leur rapport à leur organe, à leur sexualité, à leur intime. Et pour les trouver, attends parce que je vais au bout de ma pub, actifoupassif.com slash trans, T-R-A-N-S. Mais il y a aussi des personnes non binaires. J'ai mélangé différents témoignages super chouettes. Et ce, grâce à Benoît, puisqu'on est dans un épisode où je remercie les auditeurs. C'est Benoît qui est notre webmaster qui a permis tout ça et qui fait des petites pages d'épisodes. Excuse-moi. Je fais un petit mini applaudissement. Mais non, j'allais juste dire que tout ça pour dire une question. au-delà de ma sexualité, qu'il fallait que je prenne du recul et que je regarde ça, c'est effectivement ça. Est-ce que tu as eu depuis des rapports sexuels avec des hommes trans? Oui. Premièrement, c'était merveilleux. It was a lot of fun. Mais aussi, j'ai vu que Tous les peurs ou préjugés que j'aurais pu avoir n'avaient pas leur place. Ça confirmait que c'était bien que j'avais regardé ces préjugés et les critiquer et me poser les questions. Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi? Oui, parce que j'ai l'impression que ça nous permet d'être plus responsables quand on se connecte à l'autre. Sinon, on peut être ultra violent et blessant si on ne s'est pas éduqué ou on ne s'est pas posé des questions. Toi, tu avais des hommes trans dans ton entourage qui pouvaient t'aider à te référer aux textes à lire ? Pour s'éduquer, c'est quand même difficile de se le faire tout seul ? Oui, au travers de ma vie, j'ai eu des personnes trans, que ce soit hommes, femmes, non-binaires, intersexes, que j'ai rencontrés, que ce soit dans la vie professionnelle et ou personnelle, qui m'ont plus juste parlé avec moi de tout ça. Oui. Moi, je n'ai pas oublié la question. On était en train de regarder sur ton chemin de sexologue. Tu dis la technique des pourquoi. Je crois que ça existe même. Il y a quelqu'un qui parle d'une technique des cinq pourquoi, où on t'invite à te forcer, entre guillemets, face à un défi ou un sujet, à te poser cinq fois. Donc, tu réponds une première fois à pourquoi et on te demande de le faire quatre fois de plus. Oui, c'est ça exactement, l'oignon que je parlais. L'oignon dont tu parles. Et je te demandais, sur ton chemin d'épanouissement, où est-ce que tu l'as utilisé cette technique ? Toi, tu l'as utilisée pour le sujet trans. Et moi, j'avais envie de mettre en lumière comment ça peut être aussi cette technique révélateur de « ah tiens, c'est pas pour moi ». Moi, je sais que dans mon entourage, j'ai déjà été dans des situations où je pouvais prendre des drogues. Et je sais pas, il y avait une forme de « Ah ben tiens, je me sentais en sécurité, tiens, peut-être je devrais. » Et je sais qu'en venant me questionner et en faisant une petite introspection de « Attends, en fait, pourquoi je... » Cet élan-là, j'ai envie de le questionner. Moi, j'ai plutôt abouti sur « Non, c'est pas pour moi. » Est-ce qu'on parle d'un trip de moche ? De chemsexe. Oh, du chemsex. OK, OK, OK. Moi, je pensais que tu parlais des champignons magiques. Je pensais que tu parlais de pensant puis pensée. Je suis dans la sexualité, là. Mais pareil, je pense que sur le BDSM, j'ai un autre exemple. J'étais à Québec, dans la ville de Québec. J'étais un peu déprimé. Et je suis sur Grindr. Et il y a un mec qui me propose un plan assez BDSM. Avec... Qu'est-ce qu'il a proposé ? Un peu violent. C'est-à-dire, de la violence avec du consentement. Il checkait le consentement. Mais en tout cas, il proposait... Alors, qu'est-ce qu'il me proposait ? Ouais, je sais pas. Que je lui fasse une fellation un peu profonde. Il voulait me fesser. Et... je me souviens et je trouve que parfois c'est difficile quand t'es un peu excité et ou déprimé d'arriver à faire le petit exercice du attends là pourquoi parce que j'ai eu une intuition je me suis dit tu vas avoir 40 ans mon coco et on a déjà fait du sexe alors qu'on allait pas bien et c'est rarement des moments où tu prends des bonnes décisions pour toi et si on allait plutôt remanger du sirop d'érable et je sais que tu vois j'étais ah oui mais c'est voilà je suis à Québec personne le saura jamais bon sauf que j'en parle sur un podcast Exact ! Là, j'ai envie de m'autoriser, puis je me sens un peu seul, et puis ça, nanana. Et je sais que, ouais, la suite de pourquoi, je me suis rendu compte que, en vrai, si j'ai envie de faire un trip BDSM, trop cool, mais viens, on le fait dans un setup où je me sens bien et tout. Oui, où est-ce que t'as une bonne place pour le faire. Ouais, et dans mes pourquoi, ce qui s'est révélé, c'est marrant parce qu'on croit qu'on a préparé, mais moi, je savais pas que t'allais répondre ces pourquoi-là, mais moi, je sais que je l'utilise vachement souvent et j'aime beaucoup. Je suis content d'entendre ça. et dans ces pourquoi dans ma chambre d'hôtel à Québec je me suis dit je veux bien mais moi ce qui est important pour moi c'est la connexion pourquoi j'ai envie de faire ça c'est pour me connecter de façon un peu intime ou pardon très intime et donc je vais lui proposer qu'on aille prendre un café d'abord même si c'est un café court en fait j'ai pas juste envie qu'il tape à la porte de l'hôtel et qu'il rentre et le moment où du coup j'ai vécu ce désir enfin tu vois je l'ai assumé puis je l'ai écrit sur Grindr il m'a bloqué Et j'étais là, tant mieux. Est-ce qu'il y a d'autres, on peut passer ? Ou est-ce qu'il y a d'autres éléments ? Là, on était dans Sexolog pendant dix ans. On a plein d'auditeuristes qui sont sur un chemin d'épanouissement. Est-ce que tu as envie de leur donner d'autres conseils ? Est-ce que je me souviens de ce que tu m'as dit ? Tu m'as dit les pourquoi, tu m'as dit la honte, enquêter la honte. Oui, je parlais de la honte à la base, puis ce qui pourrait aider là-dedans, dans ce sujet-là, c'est pourquoi. Il te vient... Pardon ? L'oignon. L'oignon. Il te vient... C'est super déjà. Est-ce qu'on passe à autre chose ou il te vient d'autres choses que tu aimerais ajouter ? Oh, je pense que c'est bien. C'est correct ? Oui. J'ai envie d'arrêter là, notre première partie. Oh, ok. Je regarde là mes petites questions. Dans la suite, j'ai envie de savoir comment ces dix ans ont impacté ta sexualité à toi. Ou en tout cas, j'imagine qu'il y a un lien avec ton métier, mais pas forcément. Tu as notamment, tu m'as alpagué. Alpagué ? Ouais, c'est un joli mot. Tu m'as attrapé, tu as piqué ma curiosité. Oh, ok, ok. En tout cas, c'est comme ça que je l'utilise. Peut-être que je l'utilise mal. Moi, je pensais à l'animal, une alpaca. Ok, non. C'est quoi le rapport avec un alpe? Tu as piqué ma curiosité quand tu as dit « j'ai travaillé pour devenir bottom ». Ah oui, oui, oui. Tu vas raconter un peu ça et après, tu vas raconter pourquoi tu as commencé et tu as fait du porno. Je regarde très rapidement sur Internet « alpagué ». Le mot alpagué vient de alpague, un terme d'argot du milieu du 19e siècle, désignant un vêtement de haute qualité en laine d'alpaga. Oh really ? Animal originaire d'Amérique du Sud. Le verbe s'est formé par métonymie, l'action d'attraper quelqu'un en saisissant son manteau. Oh ! Eh bien écoute, fun fact. Nos deux cerveaux ont travaillé ensemble pour... Super. Merci Alex. Rendez-vous dans la partie 2, prochain épisode. Ciao.

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