De sexologue à acteur porno : le stress du « bon passif » – Alex 2/3 🇨🇦

Partie 2 sur 3
« La chose que je ne vis pas bien en tant que personne versatile, qui finit toujours en tant que top, c’est que j’ai fait une douche anale pour rien. Puis ça, c’est chiant. » Alex

Alex, 39 ans, s’est entraîné dès 25 ans à devenir passif : aujourd’hui versatile, il n’aborde presque jamais un actif, de peur de ne pas être un assez bon passif.

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Dans cet épisode du podcast :

  • Sexologue, il n'ose plus aller au sauna ni en backroom à Montréal, de peur de croiser un client
  • Il commence à chercher des actifs à 25 ans : il lui faudra sept ou huit ans pour se dire versatile
  • Il se prépare, se lave, et finit actif quand même : la douche anale pour rien, ça l'agace
  • Homme noir, on projette sur lui la dominance : ses photos de cul n'intéressent personne

On en parle dans cet épisode
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Lire la transcription de cet épisode
Alex, deuxième partie de ton témoignage. Deuxième partie, the sequel. The sequel, la suite. J'ai retenu que tu as été dix ans sexologue et qu'aujourd'hui tu fais du porno. Tu es notre sexologue devenu pornstar. Et tu m'as dit, non, on ne peut pas dire pornstar. Oui, c'est ça. Je ne suis pas encore star. Non, c'est ça. Je fais de la pornographie présentement que certaines personnes apprécient. C'est ça. Est-ce que tu peux me raconter comment être un sexologue pendant dix ans impacte sa sexualité? Est-ce qu'il y a des choses négatives? C'est ma première question. Oui, définitivement, j'ai retiré beaucoup plus de positifs que de négatifs, c'est sûr et certain. Cette éducation dans la sexologie m'a permis de pousser mes propres réflexions et compréhensions de moi et ma sexualité. Juste après, j'allais demander le positif. Ok. Si on commence par le négatif, c'est quoi? C'est minoritaire. Je pense que c'est important de premièrement garder en tête que je viens d'une certaine perspective et ou paradigme dans le sens que je suis un homme gay versus... Je dis ça parce que la majorité des sexologues sont des femmes... hétérosexuel. Donc, la façon dans laquelle le métier hum... Les choses qu'une personne pourrait vivre en tant que sexologue, la vaste majorité de l'expérience est différente de la mienne parce qu'un homme gay est aussi anglophone, aussi une personne de couleur. Donc, tout ça, toutes ces intersections-là font en sorte que la couleur dans laquelle je vois, c'est très différent. Mais... Pour moi, la chose la plus négative d'avoir été un sexologue que j'avais des misères avec, c'était de comment vivre ma sexualité d'une façon épanouissante qui... convenait à mes désirs, comme dans la communauté gay, que ce soit d'aller dans un sauna, aller dans une party où est-ce qu'il y avait un backroom. Comment tu dis un backroom en français? Aller dans une soirée où il y a une backroom. En tout cas, à Paris, on dit backroom. Parce qu'on n'a pas de mots pour ça ici au Québec, parce qu'on n'en a pas, mais bon. Ouais. Attends, pour être un peu plus concret, en gros, toi, tu as des clients qui sont gays. Et donc, à chaque fois que tu vas dans un événement, tu as peur de tomber sur un client. Et que je sois conscient de comment est-ce que je vais me comporter dans ces environnements ou est-ce que… C'est-à-dire les vraies affaires comparativement à le monde hétérosexuel. Le monde gay est beaucoup plus sexualisé et beaucoup plus… pas au complet. Je ne veux pas faire de grandes généralisations, mais le problème pour moi, c'était que je me trouvais à me brimer, à me « hold back ». par rapport à comment moi je voulais vivre ma sexualité dans ces environnements, dans ces espaces-là. Pourquoi? Parce que, comme tu as dit tantôt, les sexologues, on a besoin de porter une certaine image de professionnalisme pour la profession. Parce que ce n'est pas juste nous qu'on a besoin d'en penser, on a besoin de penser à nos collègues aussi, puis le public en général. Aussi de nos propres clientèles qui pourraient nous croiser dans des espaces publics, puis comment ils vont nous voir. Bref, il faut être toujours conscient de ça. Puis la personne moyenne ou l'homme gay moyen qui va dans un party avec un « backroom », Il n'est pas en train de penser si, je ne sais pas, le client qu'il voit présentement dans un type de thérapie est présent. Oui, bien sûr. En fait, j'ai bien compris le problème, mais je ne comprends pas comment toi tu as fait avec ce problème. Toi, tu es allé aux soirées quand même? Au travers des années que je pratiquais encore la sexologie, je me suis renfermé de plus en plus sexuellement. Quand ça venait à sortir dans des bars, des boîtes de nuit, des événements, je sortais moins. Oui, peut-être une question d'âge, puis de passer à d'autres choses aussi. Il y a plusieurs facteurs. Mais je voyais que... Ça me donnait une anxiété assez grave et profonde parce que moi, je ne voulais pas inviter des problèmes de conflits d'intérêts ou quoi que ce soit. Moi, j'étais juste hyper vigilant de tout ça, puis ça me faisait souffrir à ce niveau-là. Donc, c'était une des grandes raisons pourquoi j'ai décidé d'arrêter de pratiquer la sexologie. Oui. parce que ça t'empêchait dans ton quotidien après moi j'ai envie justement d'utiliser ce que tu disais dans l'épisode précédent un peu la technique des pourquoi moi je pourrais dire que si je vois mon thérapeute vivre une sexualité épanouie en mettant des limites donc je comprends bien qu'en fait je ne vais pas avoir de rapport sexuel avec mon thérapeute le fait que c'est des lieux où il y a de la sexualité en effet si tu reconnais un client dans ces cas là il y a Tu as un protocole, soit tu quittes, soit il n'y a pas d'interaction, j'imagine. Mais c'est intéressant que tu dises que ton cerveau t'a invité à arrêter d'aller dans des soirées. Parce que moi, si je suis un patient et que je vois le thérapeute avoir une sexualité épanouie, n'est-ce pas en fait très positif ? Parce que du coup, je me dis, la personne en qui j'ai confiance et qui m'aide sur mon chemin est lui-même arrivé quelque part, qui est chouette. Oui, effectivement. Mais pourquoi ton cerveau t'a pas proposé ça ? Parce qu'on vit souvent dans la peur. La peur de « what if » et si ça arrive. Et si ça arrive qu'un client, ça ne leur a pas aidé, mais en fait, ça leur a dérangé. Puis après ça, même si je n'ai rien fait de mal, s'il essaie de me dénoncer pour quelque chose, c'est toujours dans cette peur-là. Oui, avec un peu le tabou de la sexualité. Oui. Exact, qui est paradoxal parce qu'en tant que sexologue, je suis là pour promouvoir une sexualité saine et épanouissante parce que je suis en train de me brimer moi-même dans ma propre sexualité. C'est complexe à naviguer. Ouais, ouais, ouais. Et je comprends bien. En tout cas, je posais la question de pourquoi ton cerveau se brimait. Moi, je comprends complètement. Moi, j'ai eu, pendant ces quatre années de podcast, c'est venu attaquer mon estime de moi. En fait, j'avais peur d'aller dans des lieux de sexualité pour plein de raisons différentes. Mais une que mon cerveau me servait souvent, c'est que du coup, les gens, s'ils me reconnaissent du podcast... il y a tout un tas de bagages d'attente. Tu vois, soit ils ont l'attente que je sois génial, soit ils ont l'attente que je suis nul. Soit ils ont entendu un épisode où je dis que j'aime beaucoup ceci. Alors qu'en fait, un an plus tard, j'ai dit le contraire, que j'aimais plus. Mais eux, ils se sont arrêtés à un ou deux endroits. ce qu'ils ont entendu. Moi, je vis la même chose maintenant, mais avec la pornographie. Une chose sous la caméra, puis après, une autre chose quand je rencontre les personnes en vrai. Exact. Est-ce que toi, en tout cas, quand tu étais sexologue, c'était aussi un blocage qui venait, ou du coup, en tant que sexologue, quand tu rencontrais, tu te mettais un peu la pression pour être au niveau d'un sexologue, ou toi, tu n'as pas eu ces enjeux d'estime de soi et de performance? Je pense que ça rentre dans le sujet du syndrome d'imposteur et tout ça. C'est absolument quelque chose que tu vis souvent. Aussi, parce qu'on est dans la critique de soi et on veut toujours faire mieux. Alors, est-ce que je suis en train de faire mon mieux? C'est un effet boule de neige. Oui. Et c'était important ce blocage? C'était régulier que tu pouvais avoir ces petits pics dans ton cerveau ou c'était assez rare? Je pense que c'est le genre de choses qui est là principalement quand tu commences de pratiquer. Puis après, c'est quelque chose que tu travailles en faisant ce travail d'introspection, en faisant du travail intervision et supervision avec d'autres professionnels. C'est ça. Donc pendant dix ans, petit à petit, en tant que sexologue, tu te retires de la sexualité avec public. Là, on parle des dark rooms, on parle peut-être des saunas. C'est quelque chose que tu as fait de moins en moins ? Oui, mais je dirais plus dans le sens qu'ici, à Montréal, où est-ce que je vis ? je m'empêchais ou j'avais plus d'anxiété. Honnêtement, je n'ai pas m'empêché complètement de sortir et vivre ma vie, mais j'étais beaucoup plus paranoïaque par rapport à ça versus quand je voyageais et je n'avais aucun souci et je ne pensais pas du tout à ça. Je voyais la différence et c'est là où je me suis dit « OK, il y a quelque chose qui ne marche pas. » Oui, je comprends complètement. Et donc, en te retirant un peu des saunas, est-ce que ta sexualité a grandi ailleurs ? Est-ce que si tu devais un peu raconter ton chemin de sexualité, comme tu étais sexologue, est-ce que tu étais en couple monogame ou bien est-ce que tu te dateais ? Il se passait quoi dans ta vie sexuelle ? J'ai vécu toutes sortes, plein de choses. Pendant ces dix ans-là, j'étais célibataire, j'étais en couple ouvert, j'étais en couple fermé. J'ai encore approfondi mon identité en tant que personne polyamoureuse. J'étais... Ouais. Non, mais t'inquiète. Ma question est trop vague parce qu'en dix ans, t'as vécu plein de choses. Alors, je vais piquer à certains endroits. Tu m'as dit en préparant cette interview que tu avais travaillé pour devenir passif. Oh oui, oui, oui, oui, oui. Être sexologue, ça t'a aidé dans ce travail, tu crois ? Oui. Alors imagine moi, c'est pas le cas, mais imagine moi, je suis comme toi à l'époque, c'est-à-dire à cette époque, si j'ai bien compris, toi tu avais des facilités à pénétrer, mais tu avais moins de facilités à être pénétré. Je suis toi il y a 15 ans. C'est quoi les conseils que tu me donnes ? Toi qui as fait le chemin, tu as travaillé à devenir passif, tu as fait quoi concrètement ? Qu'est-ce que j'ai fait concrètement? Premièrement, il faut garder en tête, oui, on parle de ça fait 15 ans, parce qu'effectivement, c'est à... autour de mes 25 ans que j'ai commencé à explorer ça. Et ça a pris du temps. La première chose, je diviserais la problématique en deux catégories de physiologique et psychologique. Quels sont les blocages qui sont là? Ou quels sont les aspects ou les facteurs qu'il faut prendre en tête? Donc, biologiquement, on commence à être curieux de ton corps. Comment est-ce que ça fonctionne? Garde en tête que, OK, pas chaque... Comme il y a une variété des vulves et des pénis, il y a des variétés des rectums et des anus. Il y a des personnes qui en ont qui sont plus longues, qui sont plus serrées, moins serrées. Donc, c'est quoi le cas pour toi? Explore à ce niveau-là. Est-ce que tu vois que tu as des difficultés ou des facilités de rentrer ? avec tes doigts. Juste commencer à poser ces questions-là parce que ce qui fonctionne pour une personne ne fonctionne pas nécessairement pour l'autre personne. C'est ça de garder en tête. Un aspect psychologique que tu pourrais regarder, c'est, OK, c'est bel et bien de vouloir être passif, mais est-ce que tu le veux pour de vrai? La chose principale perso que je trouve qui est important dans le capable d'en recevoir dans le cul, d'être passif, c'est de le vouloir, mais de vouloir vraiment avec tous les lettres en majuscules. Vouloir. Puis si tu ne le veux pas, Encore, le fameux pourquoi, pourquoi, pourquoi. Puis, pour moi, personnellement, c'est revenu à des questions autour de qu'est-ce que ça veut dire être homme, la masculinité toxique, tout ce qui est l'autre côté de la médaille que je voulais dire. L'homophobie intériorisée qui était là aussi. Qu'est-ce que ça veut dire d'être l'enculé ? On est d'accord que tu n'as pas écouté le podcast. Parce qu'en fait, c'est vachement chouette et intéressant. Moi, c'est des choses que je dis depuis pas mal de temps au fur et à mesure de mon enquête. Et je voulais juste notifier que du coup, tu dis presque mot pour mot ce que j'ai dit. Donc, les gens vont se dire. Je m'excuse. Non, c'est plutôt... Je trouve que c'est intéressant parce que toi, tu n'as pas écouté l'intégralité du podcast à part... Non, j'ai écouté un épisode pour comprendre comment tu fonctionnes. C'est marrant parce qu'on arrive à peu près au même endroit, toi et moi, dans nos découvertes. Sauf que toi, tu as un diplôme et pas moi. Et en fait, du coup, est-ce que tu peux me ramener au Alex qui avait de l'homophobie intérieure, intériorisée ? En fait, toi, tu n'arrivais pas à te faire pénétrer parce que si je reprends bien, tu n'avais pas eu la curiosité sur ton corps, donc tu ne savais pas trop comment ça fonctionnait. Tu t'es mis à toi un peu jouer avec cette curiosité. Et deuxièmement, tu as identifié des blocages psychologiques. Et en gros, si je simplifie, tu te disais je ne suis pas un enculé, je ne suis pas un PD. Moi, je suis un homme, un vrai. J'ai envie de défendre. En toi, quelle petite phrase, quand tu disais « je suis allé à la rencontre de ma masculinité toxique », c'était quoi concrètement? Peut-être que j'ai mal exprimé tantôt parce que c'était des exemples que j'ai pris psychologiquement. Est-ce que je peux dire que moi-même, j'étais très dans ce champ-là? Pas nécessairement. Mais je sais que c'est un enjeu pour beaucoup de personnes. Et alors pour toi? J'entends la théorie. Et pour toi, Alex? Psychologiquement... Je dirais que c'était le premier point que j'ai dit, qu'est-ce que je voulais pour de vrai, puis que beaucoup plus, mes enjeux étaient plus sur l'aspect physiologique, puis de ne pas comprendre mon corps, puis comment ça fonctionne, puis tout ça. C'était beaucoup d'essais et erreurs au niveau de comprendre comment fonctionne mon syndrome de colon irritable, parce que c'était un facteur, de comment... De juste jouer avec moi-même, c'était jamais quelque chose que je faisais. Je n'avais pas cette curiosité que je trouvais qui était au noyau de tout ça. C'est un peu conceptuel quand on dit, j'imagine des auditeuristes, ça veut dire quoi si je le veux vraiment ? Tu mettrais un peu plus de mots là-dessus. Est-ce que tu le voulais vraiment alors ? C'est ça que tu as découvert ? Je trouvais que souvent, j'en voulais pas. Ce que j'ai vu, c'était que j'avais un certain jalousie des bottoms que je couchais avec. Donc, je voulais... Quand je dis jalousie, je veux dire, je voyais jusqu'à quel point ça le faisait plaisir, puis comment il capotait, puis que c'était le fun. Mais que pour moi, ça fonctionnait pas. Donc, je suis comme, ben là, moi, je veux ça, mais... La chose, c'est que je ne voulais pas tous les douleurs, le travail, tout ce qui venait avec pour être capable d'en faire. Alors, quand j'ai eu ces moments où je voulais pour de vrai, puis j'ai réalisé jusqu'à quel point aussi ça jouait avec le partenaire avec qui j'étais. Parce que si tu es avec quelqu'un, puis il te met... à l'aise pis t'es 110% attiré par cette personne pis tout ça ben tu vas le vouloir beaucoup plus que si c'est juste ok c'est quelqu'un ils ont un pénis ben je vais essayer de le mettre dans moi ouais différence dans l'enthousiasme j'ai mieux compris en fait c'est un peu un peu j'adore parce que c'est ultra simple mais en fait la sexualité faut en avoir envie quoi Mais c'est marrant qu'on en arrive à ça parce que je trouve qu'en fait, il y a plein de façons d'avoir envie de sexe pour moi. Et il y a parfois, je racontais tout à l'heure là à Québec, en n'étant pas très bien, j'avais envie d'un sexe un peu pour fuir mes angoisses. Mais ce n'est pas du tout le même sexe que j'ai un gros coup de cœur pour un partenaire, j'ai vachement du désir qui boue en moi. En fait, il y a des niveaux de désir et d'élan. Et différents types de désirs. Et différents types. Et donc, se poser la question de, tiens, moi, cette idée de... OK, en tout cas pour toi, cette idée de me faire pénétrer, est-ce que je le veux vraiment? Elle est autour de moi, mon niveau de désir. Puis aussi, pour des personnes qui ont seulement été actives dans toute leur vie, puis ont du mal à comprendre, c'est quoi ce désir-là? Mais la façon la plus simple que je peux décrire, c'est... Tu sais, ce désir intense que tu as quand tu as envie de fourrer quelqu'un, c'est l'exacte même chose, sauf que ce n'est pas de fourrer, c'est de recevoir. D'être fourré. Je ne parle pas nécessairement du désir, du sentiment, de ce que ça fait de sentir, de le faire, d'être actif. Je parle plutôt de juste le désir de vouloir. Tu sais pourquoi toi, le début de ta socialisation sexuelle, un mot un peu barbare, mais le début de ta vie sexuelle, tu étais que top, que actif. Moi j'ai dit ça, c'était par conséquence, parce que je trouvais que ça faisait juste trop mal. Le premier couple de fois que j'ai essayé, ah non, ça fait trop mal, ça veut dire que c'est pas pour moi. Parce que je voyais que ça allait assez facilement pour mes partenaires sexuels, qu'eux autres aimaient ça, que je me suis dit que, ah, ça donne... mentalité ou justification très simplée d'un gars de 17 ans qui dit « Ah, ben... » Ça veut juste dire que si ça fait mal pour moi, ça veut dire que je suis censé être top parce que ça, ça fait du plaisir, puis pas l'autre. Et pas nécessairement de comprendre « Ben, il faut que tu travailles, ça va pas juste... » venir comme ça parce que comme on voit dans la pornographie où est-ce que ça ça rentre il n'y a pas de préparation il n'y a pas de des préliminaires il n'y a pas de relaxation il n'y a pas de lubification bref tu comprends ça bullshit yeah girl quand tu dis ça a été un chemin j'ai travaillé pour devenir passif tu dirais que et tu disais c'était beaucoup d'erreurs t'as dit quoi en anglais trial and error d'essayer erreur Ouais, essais-erreurs, réussites et erreurs. Tu dirais que ça a été un chemin de combien de temps le moment où tu dis, allez, j'essaie de conquérir cet endroit d'intime pour moi? J'avais 25 ans quand j'ai commencé à activement chercher des tops dans mes relations sexuelles. Puis, je dirais pour les 7-8 ans après ça, ou même... 7-8 ans après ça, je me considérais comme versatope parce que j'étais capable d'en prendre de temps en temps. Ça venait de plus en plus régulier. Ça fait 2-3 ans que je commence à me considérer complètement versatile parce que je vois qu'avec assez de réussite, je peux faire les deux à n'importe quel moment. Mais aujourd'hui, malgré le fait que physiquement, je suis ou physiologiquement, je suis versatile. Je dirais que peut-être psychologiquement, je reste quand même versatile dans le sens que oui, je peux bottomer avec assez d'aisance maintenant, mais pour des raisons x, y, z, je me trouve quand même plus souvent avec des partenaires sexuels qui sont bottom ou qui sont versatiles, mais qui préfèrent être passifs avec moi ou que... Bref, peut-être que c'est juste mon entourage qui est toujours... Mon réseau sexuel, il y a beaucoup plus de bottom à cause de mon historique sexuel, mais je trouve que mes partenaires sexuels restent quand même souvent très bottom, donc... Ça termine que je fais beaucoup plus... T'es plus actif dans la réalité. Je trouve que la première partie de ta réponse, elle est super inspirante parce que tu parles en fait d'un chemin de plus de dix ans. Et moi, ça, c'est quelque chose... Juste la première partie. La deuxième partie n'est pas inspirante du tout. La deuxième était nulle. Vachement nulle. Je vais y venir juste après. Mais la première partie, mais non, mais parce que moi, s'il y a un truc que je retiens de mes quatre années de recherche et de ce podcast, c'est à quel point ça a révélé mon impatience et ma volonté qu'en un coup de pouce, en un coup de pouce sur mon smartphone, je peux tout faire. En tout cas, c'est ma personnalité. Je suis quelqu'un de très impatient. Et en fait, un chemin de sexualité, c'est lent, c'est long. Ça tourne à gauche, puis à droite. Ça, j'ai encore un peu du mal. Mais ouais, je trouve que c'est vraiment inspirant de se souvenir de ça pour moi parce que je trouve que ça amène vachement de bienveillance, de... Attends mais je ne suis pas un robot en fait et c'est un chemin de découverte qui me fait rendre compte de plein de choses. J'aime aussi beaucoup dans ta réponse et dans tout ton témoignage et je le retrouve dans tous les épisodes. En fait, quand on décide d'aller à la conquête de son intime, de rencontrer sa sexualité, c'est en fait plein de sujets importants. intime non sexuelle qu'on vient débloquer, qu'on vient rencontrer. C'est la question du rapport à soi, du rapport à l'autre, la masculinité, de la curiosité. Tu vois ce que je veux dire ? Oui, absolument. Et je trouve ça assez merveilleux parce que je trouve qu'on grandit, on se modifie. Ça impacte notre sexualité, j'en suis sûr, mais bien au-delà. Et si je pourrais ajouter juste... L'aspect psychologique de « qu'est-ce qui a changé pour moi dans ça? » c'est aussi de… D'avoir une certaine ouverture d'esprit. Souvent, on est très fermé ou on est très rigide quand ça vient à le changement. Puis de rencontrer d'autres hommes gays qui, peut-être qui étaient dans un âge, quand j'avais dans mes vingtaines, qui étaient à la fin quarantaine, début cinquantaine, qui me disaient « Ah oui, pendant… » La majorité de ma vie, j'étais exclusivement top, mais maintenant, je suis exclusivement bottom. Puis voir de « Oh, wow! Alors si ça pourrait arriver à lui, peut-être ça pourrait arriver à moi. » Puis je n'ai pas besoin de rester dans une catégorie parce que je suis comme ça. Ça revient aussi un peu à ce qu'on a parlé dans le dernier épisode de comment je… Je voyais avoir du sexe avec quelqu'un qui pourrait avoir un vagin. J'étais dans une catégorie où ça ne pourrait pas arriver. Mais non, pourquoi être aussi rigide? C'est tellement plus complexe et nuancé que ça, nos sexualités. Je trouve que c'est un peu, j'enfonce une porte ouverte du développement personnel, parfois un peu bullshit à mon goût. Mais en effet, je trouve que nos cerveaux sont comme primitifs dans le sens, mon cerveau déteste l'inconfort, l'inconnu. Là, je voyage au Québec. Alors que bon, c'est quand même la même langue, le français, il y a plein de choses qui sont, c'est pas un dépaysement comme si j'étais dans une culture si différente avec une autre langue, un autre alphabet, etc. Et pour autant, mon cerveau, ah ouais, j'ai beaucoup de mal parfois à tout, énormément de nouveautés, d'inconforts. Non, même pas. Les privilèges du voyage où je ne sais pas où je vais, je ne sais pas qui je vais rencontrer, etc. Et ça me remet dans... Je trouve que je suis fait d'habitude et de quotidien pour consommer le moins d'énergie possible, à l'air de me dire mon cerveau. Et donc, reste bien à ta place et catégoriser, rester dans ce que je sais est beaucoup plus facile que... Donc ouais, il y a un enjeu un peu de sortir de sa zone de confort. Donc tu répondais un peu, ok, ce temps long pour devenir passif, qu'est-ce que ça m'a apporté, etc. Et tu disais, et c'est là où, mais bien sûr, j'ai trouvé que c'était très inspirant, il n'y a pas de problème, mais en fait, tu faisais un peu le constat, mais je suis plus souvent top. Et je trouve que c'est vachement intéressant en disant, pour des raisons X ou Y, je suis plus top dans les faits. Ma première question, c'est, est-ce que tu es heureux comme ça? Est-ce que ça te va d'être plus top? Oui. Donc, il n'y a pas à creuser. Tu n'as pas besoin de faire une série de pourquoi pour aller creuser l'oignon. Non, mais j'ai fait une série de pourquoi pour me rendre à la compréhension que je termine quand même toujours top. Pourquoi? Pourquoi? Et alors, qu'est-ce qu'il y a dans l'oignon? Pourquoi tu finis toujours top? Oh, les choses que j'ai dit tantôt. Il y a plus de bottom, il y a plus de passif. Mais je n'ai pas dit il y a plus de bottom, c'est juste plus de bottom dans mon entourage sexuel, dans le sens que pendant des années, j'étais top, donc... Et peut-être que c'est l'énergie que dégage. Je ne sais pas. Peut-être que c'est ça. Des choses qui sont en dehors de moi aussi. Moi, ce que j'entends, c'est que comme tu es en joie d'être top, en fait, tu n'as pas le petit push d'aller rencontrer des hommes top. Tu n'as pas besoin. Il n'y a pas de problème et tu n'as pas besoin. Non, c'est ça, parce que je vis bien là-dedans. J'allais juste dire, la chose que je ne vis pas bien en tant que personne versatile, qui finit toujours en tant que top, c'est que j'ai fait une douche en air pour rien. Puis ça, c'est chiant. tu s'en vas quelque part. Tu t'es tout préparé puis tu termines à jamais utiliser ton cul. Ça, c'est chiant. OK. Pourquoi tu n'utilises pas ton cul? Juste parce que la rencontre s'est faite que finalement, c'est juste moi qui étais actif puis pas l'autre personne. Pourquoi tu ne demandes pas? Peut-être que tu demandes et tu fais autre chose. Peut-être que ce n'était juste pas ça l'énergie. Je veux juste dire, c'est un petit joke plate, que d'être vers ça, souvent, on va faire des lapements et des préférations et finalement, ça ne donne rien parce qu'on ne l'utilise même pas. OK. Oui. Mais ça te va, au fond ça te va. Au fond ça me va, ça vaut la peine d'être toujours préparé. Il y a une constance dans les témoignages d'hommes de couleur, en tout cas d'hommes noirs ou arabes, ici sur le podcast, c'est qu'ils sont automatiquement catégorisés… Il n'y en a pas un qui a dit le contraire. Jamais personne n'a dit le contraire. En tout cas, dans les nombreux témoignages que j'ai sur ce podcast depuis quatre ans. Toi, tu remarques que tu es plus top. Est-ce que tu fais un lien ? Tu es un homme noir. Est-ce que tu fais un lien ? Est-ce que toi, tu as cette même observation ? En vrai, dans la préparation, tu m'as dit non. C'est ça. Peut-être que c'est la façon que tu le verbalises. Mais je pense pas que c'est une grande partie du pourquoi pour moi. Mais je ne pourrais pas dire que c'était pas une petite partie. Comme d'être élevé dans une maison entière et qu'une certaine vision de qu'est-ce qu'un homme est censé être, puis que... Peut-être à un niveau inconscient, je crois que d'être pénétré, ça fait moins qu'un homme que moi. Au moins, je suis assez conscient de tout ça pour l'autocritiquer. Mais est-ce que c'était l'aspect le plus révalent? Non. Est-ce que tu as eu l'impression sur les réseaux de rencontres ou dans les événements ou dans ta socialisation gay que parce que tu étais un homme noir, certaines choses étaient attendues de toi? Oui, beaucoup de choses sont projetées sur moi, au niveau de l'agressivité, que je sois dominant, que je sois actif. D'ailleurs, je mets souvent en vedette dans mes photos, j'essaie de mettre en vedette mon cul parce que c'est un des aspects que j'ai positifs de moi physiquement. Puis le monde ne veut des fois rien savoir de ça parce qu'un homme noir, c'est une dame top. Ouais, ils veulent ta bite. Ouais, c'est ça. Ils veulent pas les photos de ton cul, c'est ça ? Ouais, c'est ça. Des fois, mais bon. Ouais. Tu traduis ? Oh oui, je dis, ben, je m'en... Allez-vous faire foutre ? Oui, je vais quand même montrer mon cul. Toi, t'as eu l'impression que dans ton cheminement d'épanouissement intime, dans ton chemin d'intime, ce racisme a eu un impact ? Ou au final, t'as navigué malgré ça avec moins de heurts ? Hum... J'ai navigué ça avec moins d'heures, comme tu dis, mais je ne pourrais pas dire que ça n'a pas eu un impact du tout, parce que oui, je le vis, right? C'est juste que peut-être j'ai plus de facilité à naviguer ça, de ne pas nécessairement m'engager avec des gens qui vont projeter ce genre de désir sur moi. Oui, c'est ça. Oui. J'ai pas mal dans ces témoignages de personnes de couleur qui disent, en fait, j'arrive pas à rencontrer... Ils disent, si j'exclus les gens qui me fétichisent comme ça, comme tu viens de le dire, je rencontre plus. Il n'y a pas de gens. Est-ce que toi, t'arrives à, en faisant la sélection, avoir assez de gens qui sont cools et qui sont pas en train de te fétichiser ? Je pense que peut-être beaucoup de personnes le font, mais ils ne le disent pas ouvertement. Donc, ce n'est pas possible pour moi de lire les pensées des autres personnes. Souvent, les personnes, au moins ici à Montréal, sont assez conscientisées, militantes, de reconnaître les choses qui sont... les choses qu'on dit et les choses qu'on ne dit pas. Donc, assez de personnes sont assez au courant que ça ne se dit pas, mais ça ne leur empêche pas de quand même... Avoir ce fantasme. Exact. Ça se peut que je suis juste complètement... Ignorant de ça, mais quand même conscient de ça, que ça pourrait être un enjeu sans que ça soit dit. Je ne sais pas si tout ça fait du sens. Moi, j'enquête et j'ai aussi un peu l'impression de pousser sur toi ce sujet de la fétichisation. Tu vois ce que je veux dire? Je comprends. Et ce n'est pas forcément du coup le chemin, on va s'arrêter là, je pense. Non, mais juste aussi, juste pour répondre à ta question, dans mon expérience personnelle, je pourrais pas dire que ça m'a empêché de dater, ou si j'avais enlevé tout ce monde-là, j'aurais pas assez de monde, parce que... L'inverse, ma relation plus longue jusqu'à date, c'était une relation de 10 ans. On a commencé à se dater quand j'avais 18 ans et lui avait 17 ans. Puis à ce moment-là, il m'a dit pas longtemps après qu'on a commencé à se dater que normalement, il n'y aura pas me dater parce que je n'étais pas son type. Puis ce qui était dit... sous-entendu là-dedans, c'est qu'ils n'étaient pas nécessairement attirés par des Noirs. Donc, moi, c'était plutôt l'inverse. C'est que les personnes auraient décidé de ne pas être à cause de ça. Mais après ça, ces relations, je n'ai jamais eu de difficulté de trouver d'autres partenaires. J'étais assez chanceux à cet égard-là. Trouver du monde qui est bien smart et pas dans ce discours-là de fétichisation. Ouais. Et ce qui est aussi peut-être signe d'une évolution du milieu à Montréal, de l'endroit gay, queer de Montréal. Ça existe encore, je ne veux pas dire que c'est... Non, non, mais... There's no more racism. We won. C'est pas ça. Il y a encore du racisme. J'ai envie de terminer cette conversation top ou bottom sur un petit arrière-goût en moi. Oui. Parle-moi de tes arrières-goûts. Il y a une petite contradiction en toi. Oh oh. Non, il n'y a aucun problème. C'est absolument pas un problème. Mais non, attends. Nos intimes et notre cérébralité est pleine de contradictions. Il n'y a aucun problème. Non, non. Mais moi, j'ai envie d'enquêter. Du coup, bon, on va changer de sujet. Mais en fait, pendant le pré-entretien et là, au micro, tu te dis « Mais moi, je suis vers ça. Je suis content. » Mais à un moment donné, tu m'as dit « Mentalement, je suis un top. » Et à la fois tu dis « j'attire les bottoms, c'est ainsi et ça me va », à la fois tu dis « au fond je suis un versa et je suis saoulé quand je me fais un lavement et que ça sert à rien ». Et du coup, je suis un peu genre, c'est intéressant parce qu'il y a comme deux désirs différents qui s'expriment et qui se contredisent un peu. Quand je te dis ça, ça… Because I want it. Je le veux. Tu veux cette contradiction? Non, pas la contradiction. Je parle encore de vouloir bottomer pour être capable de bottomer. Tu dirais que c'est drôle que tu dis ça parce qu'avant de venir ici, je me suis posé la question, est-ce qu'il va y avoir des choses que je vais dire aujourd'hui qui vont contredire ou être paradoxales à le prêt en tientier qu'on avait fait? Oui. Il y a zéro, c'est juste j'ai envie de te proposer ça pour qu'on rebondisse mais j'ai pas raison de quoi que ce soit mais en fait j'entends quelqu'un qui à la fois me dit bah voilà je suis en fait majoritairement top et c'est ainsi c'est comme ça que mon environnement et voilà et c'est ok et j'entends aussi quelqu'un qui dit je suis vers ça. et j'ai envie d'être vers ça et je le suis pas assez comme j'aimerais et quand je demande à cette part de toi est-ce que tu mets en place est-ce que tu fais les pourquoi et tu mets en place ce qu'il faut pour vivre cette sexualité que tu veux cette part de toi me répond non en fait tu... Tu viens me faire penser à qu'est-ce que je fais quand je fais le pourquoi de « je termine plutôt top que bottom ». Puis, j'ai pensé à ça, mais c'est aussi à qui est-ce que j'aborde dans les applications. J'ai noté que j'aborde quand même plus des personnes bottom que des top. Alors, il faut que je fasse un… Un reset mental de me dire « Non, fais plus un effort juste parce que tu trouves quelqu'un très, très, très attirant, mais tu ne le parles pas parce que je suis comme « Oh, c'est top, peut-être que ça ne va pas marcher. » Arrêtez d'avoir ce peur-là que ça ne va pas marcher, puis aborde la personne. Pour toi, « pas marcher », ça veut dire quoi? De ne pas être capable d'être assez bien « bottom » pour lui. Attends, mais là, on est en train de mettre le doigt sur une forme de pression de performance du bon bottom. Oui, totalement. Si tu devais dessiner, mettre en mots, si tu es à l'aise de mettre en mots ce bon bottom, il est quoi? Il est enthousiaste, il veut, il est capable d'en prendre, il peut aller pendant des heures. Mais vas-y, continue. Il faut savoir qu'avec quel ennemi on se bat. Donc, t'en tenir pendant des heures, tu kiffes tout de suite, t'es très enthousiaste, tu es ouvert, c'est ça? Il n'y a pas d'enjeu peut-être de... Il n'y aura pas de mess, pas de dégâts. Tu n'es pas sale, il n'y a pas de caca. Oui, exact, parce que je me suis bien lavé. Toutes ces choses-là qui sont des pressions pour avoir du... en guillemets encore, du bon sexe. Honnêtement, ce n'est pas nécessairement la réalité. Pourquoi est-ce que je participe à ça? Je trouve ça passionnant parce que, et ça je le vois tout le temps chez moi et chez les autres, qu'est-ce qu'on est conditionné au fond de nous malgré tous nos efforts et nos réussites à déconstruire? Ah là là là là! Je ne sais pas comment on dit l'expression que je cherche, mais l'habitude revient au galop. Chasse le nanin, le naturel revient au galop. Bon, passons. Pardon. Est-ce que tu as l'impression, toi, quand tu tops quelqu'un, quand tu es actif, est-ce que... à ton corps défendant, malgré ta volonté, tu te vois appliquer cette même pression d'un bon bottom ? Est-ce que tu te vois être un peu saoulé s'il n'est pas assez enthousiaste ? Être un peu saoulé s'il y a du mess, s'il y a du caca ? Non, parce que moi j'essaie de traiter les autres, quand c'est approprié, de traiter les autres comme moi j'aimerais être traité. Puis je sais en tant que bottom, si jamais il y a un dégât ou que c'est sale comme... Ça fait partie de la pénétration anale. Ça peut arriver des fois. Tu sais où est-ce que tu mets ta queue. Ne sois pas fâché à le bottom à cause de ça. Mais ça, c'est théorique. Encore plus s'ils ont fait un effort pour être propre. Ou si quelqu'un n'est pas capable d'en prendre. Il y a millions de raisons pourquoi ça ne pourrait pas fonctionner à un certain moment. Ne sois pas fâché avec la personne. Oui, Alex. Mais ça... C'est la théorie qu'on a envie de s'entendre dire sur un podcast. Mais une fois qu'on éteint le micro, qu'on revient à un moment sexuel un peu genre tu vois le feu en toi, est-ce que tu as l'impression qu'avec le feu en toi, tu arrives quand même à ne pas mettre cette pression de bottom ? J'espère. J'espère parce que ça revient à traiter les autres comme moi j'aimerais être traité. C'est ça. Moi, mon intuition, mais je ne sais pas du tout si c'est ton cas, mais moi, mon intuition, c'est que malgré la théorie de ce que j'aimerais être comme personne sexuelle, la réalité est parfois différente et ce que j'applique à l'autre vient me casser En retour, tu vois, j'aurais peut-être l'intuition que tu pourrais creuser, c'est vraiment une intuition, j'en sais rien si ça s'applique, mais qu'en fait, malgré la théorie et ton métier de sexologue, dans ta réalité de top, il y a des automatismes et des conditionnalités qui se mettent en œuvre contre toi et qui viennent du coup t'empêcher d'être bottom. Quand tu veux être bottom. Et qu'en fait, une des solutions, c'est si j'arrive à nettoyer, si tu en avais l'envie et l'élan et d'aller dans l'inconfort, de nettoyer comment je suis top. En tout cas, moi, je l'applique à moi, ça. En nettoyant comment je suis top, comment je suis actif, en fait, je viens me libérer ma part passive. C'est fascinant, ça. Intuition. C'est le choix du monde. En nettoyant mon top. Tu vois, de ses idées, de ses conditionnalités. J'ai grandi avec le fucking porno. Je reviens sans cesse à cette condition. C'est cette autocritique de tout ça qu'on consomme, puis comment ça construit nos sexualités. C'est un peu ça aussi qui entre en jeu dans le qu'est-ce que je veux faire avec le porno que je fais, que je produis maintenant. Parfaite transition. Franchement, je suis pas... Je ne suis pas mécontent. Mais en vrai, non. On ne va pas transitionner tout de suite parce que j'en ai quand même une dernière question. Et après, on va passer au troisième et dernier épisode. En fait, tu m'as notifié... On va parler du porno après, dans le prochain épisode. Tu m'as notifié que... tu étais anglophone, c'est-à-dire que tu as grandi d'abord avec l'anglais. Pour plein de gens dans le monde qui nous écoutent, ils peuvent se dire « qu'est-ce qu'on en a à faire ? » Mais en fait, à Montréal, la langue a quand même une importance. Oui, il y a des enjeux politiques et sociétals ici par rapport à ça, oui. Est-ce que, moi qui n'y connais strictement rien à ces enjeux politiques et culturels, est-ce que toi, tu dirais qu'être anglophone, et donc tu as appris le français, c'est pas ta langue maternelle, est-ce que ça a eu un impact dans ton cheminement pour rencontrer des gens, pour être montréalais, est-ce que... Oui, en étant... En étant un Montréalais qui est né ici anglophone, mais aussi mon âge est un gros facteur dans le sens que je suis né à une période particulière dans l'histoire de Québec où est-ce que, ou l'histoire de Montréal précisément, comme île, comme ville, où est-ce qu'il y a eu un grand... l'émigration des anglophones autour des années 80, début 90, à cause de l'application de la loi 101 qui cite beaucoup de sujets par rapport à la francophonie. Beaucoup d'anglophones ont quitté. Par exemple, la loi 101, c'est quand les commerces ou les panneaux et tout sont obligés d'écrire en plus gros le français. Oui. Et aussi l'anglais. L'anglais en petit. Le français a toujours besoin de plus gros. Le nom de commerce devrait toujours être francophone. C'est pour ça qu'il y a des chaînes connues mondialement de poulet frit. Oui, comme le PFK. It's KFC, Kentucky Fried Chicken, IR. Mais ici, c'est PFK, poulet frit Kentucky. Il y a des traductions... Oui. À cette époque-là, il y a beaucoup d'anglophones qui quittent le Québec. Et que le Québec devient une place beaucoup, beaucoup, beaucoup plus militante par rapport à la langue française, notre langue française. Puis ça fait en sorte que moi, en tant qu'anglophone, jeune anglophone qui grandissait dans cette période-là... M'introduire et ou apprendre le français, c'était beaucoup plus difficile. Aussi, le fait que je suis anglophone, c'était quelque chose qui était très... pas nécessairement attaqué, mais pas nécessairement bienvenu. C'est le français en premier. Donc, c'était à moi de... C'était à moi de m'appliquer, apprendre plus, d'être capable de parler français couramment. Puis ça a eu un impact sur, oui, la vie sociale, la vie sociale qui a un impact sur la vie amoureuse, qui a un impact sur la vie sexuelle. Est-ce que concrètement, il y a des Québécois gays ou queers, francophones, qui rejettent des personnes qui ne parleraient pas assez bien français? Ça t'est arrivé ? Oui, j'ai déjà vu ça. Est-ce que ça m'est arrivé personnellement? Je ne sais pas. J'ai déjà vu ça. Oui. Ça se dit sur les applis aussi. Si jamais tu abordes quelqu'un en anglais en premier, tu pourrais t'attaquer. On est au Québec, ici. On parle français en premier. Ça pourrait arriver, oui. Il y a des... Défendre la langue... c'est quelque chose qui est très présent au Québec, oui. Parce qu'il y a... Il y avait raison. Oui, il y a un passé où, en fait, on a essayé d'empêcher les Français d'apprendre la langue. Il y a du classisme là-dedans, puis tout par rapport à les anglophones qui sont venus, puis ils ont pris le Upper Canada, le Lower Canada, puis l'histoire. Je rentre dans l'histoire de Canada pour Québec, oui. Ça découle jusqu'à maintenant. Tout à fait. J'ai dit les Français, je veux dire le français, pardon, excusez-moi. Oups ! Oups, oups. Merci pour ce second épisode. On va passer au troisième où là, on va parler du passage au porno. Comment t'es venu l'idée ? Pourquoi tu t'es lancé ? Qu'est-ce que tu y fais ? En quoi c'est un porno éthique, étoque et tout ça ? Ça te va ? Oh oui ! Rendez-vous au prochain épisode. À bientôt !

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