Je suis Guillaume, créateur du podcast Actif ou Passif ? : ma calvitie et mes bourrelets m’ont longtemps fait honte, jusqu’à ce que mes amants m’apprennent à me trouver beau.
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Dans cet épisode du podcast :
Nabil, très musclé et avec tous ses cheveux, me trouve pourtant totalement à son goût malgré mes complexes
J'imagine une besace de validation où j'ajoute chaque regard de désir et chaque compliment de mes amants
Nu et seul dans un sauna à Berlin, j'ai compris que le physique ne dit rien des goûts de personne
💡 Mes conseils
Je suis Guillaume, créateur du podcast Actif ou Passif ? : 4 ans de recherche sur l'intime gay, des dizaines d'experts interviewés.
Comment apprendre à aimer son corps malgré des complexes physiques ancrés depuis toujours ?
Oui, c'est possible, mais ça prend du temps : pour moi, ça s'est fait presque à mon insu, au fil de trois ans d'épisodes sur l'épanouissement. J'ai d'abord réalisé que même les gens que je trouvais canonissimes m'avouaient avoir les mêmes petites voix négatives que moi. Puis le sexe malgré mes complexes m'a montré, dans les yeux de mes partenaires, un désir que mon cerveau ne pouvait plus nier.
Peut-on deviner si quelqu'un est attiré par nous à partir de son physique ?
Non : je ne peux pas préjuger des kifs de quelqu'un en regardant son physique. Avoir des muscles ne veut pas dire qu'on est attiré par les muscles, avoir des cheveux ne veut pas dire qu'on est attiré par les cheveux. Nabil, un de mes amants très musclé et avec tous ses cheveux, me trouve pourtant totalement à son goût malgré ma calvitie et mes complexes.
Comment garder confiance en soi quand personne ne semble nous regarder, par exemple au sauna ?
Je me rappelle deux choses. D'abord, qu'on ne peut pas deviner les préférences de quelqu'un à son physique : un homme musclé n'est pas forcément attiré par les muscles. Ensuite, que je suis le kiff de plein de gens, juste peut-être pas de ceux présents dans cette pièce à cet instant précis. Ça calme les petites voix qui reviennent me dire que je suis moche.
Qu'est-ce qu'une besace de validation ?
C'est l'image que j'utilise pour me rassurer : une trousse à outils imaginaire que je porte à la hanche et où j'ajoute chaque amant qui m'a trouvé beau, chaque regard de désir, chaque moment de jouissance partagé. Dès que mon cerveau me dit que je suis trop moche, je secoue cette besace dans ma tête pour contrer la petite voix négative avec des preuves concrètes et vécues.
Qu'est-ce que la dysmorphophobie ?
Je crois que j'ai moi-même un peu de dysmorphophobie : je me focalise sur des défauts qui ne se voient pas forcément pour les autres. Ce trouble se définit comme une préoccupation concernant des défauts perçus de l'apparence physique, absents ou très légers aux yeux d'autrui. Des auditeurs m'ont déjà dit en rencontre « mais t'es pas gros en fait ! », ce qui confirme ce décalage.
Faut-il s'attendre à plus de rejet en osant plus draguer ou faire l'amour malgré ses complexes ?
Oui, et c'est normal : plus j'abats les barrières qui m'empêchaient d'oser draguer ou faire du sexe, plus je suis parfois rejeté parce que je ne suis pas du goût de tout le monde, et je le comprends très bien. Mais en même temps, je rencontre aussi des personnes réellement attirées par moi, et ma besace de validation grossit. Les deux se cumulent, ce n'est pas un chemin linéaire.
Coucou ! Alors dans cet épisode, je te raconte comment je suis en train d'apprendre à aimer mon corps malgré les énormes complexes qui me suivent depuis tellement d'années. En fait, avant-hier, je couchais avec un très joli garçon qui m'a fait un compliment sur mon physique et c'est rarissime, j'ai pris le compliment, tu sais, plutôt que de dire « non, c'est pas vrai », mais en fait, je l'ai pris le compliment et je me suis senti vraiment beau.
Et là, j'ai vu tout le chemin parcouru. Je me suis dit, ah, ça pourrait faire un chouette épisode. En fait, je me rends compte que ce processus pour apprendre à m'aimer physiquement, enfin, ce que je vais te raconter là, ça s'est fait presque à mon insu. Et aussi, beaucoup grâce au podcast, en fait, à force de faire et d'écouter les épisodes. Du coup, j'ai envie de te décrire ce processus et peut-être que ça peut t'inspirer pour toi et ton propre épanouissement. Bon, alors, le gros de ma vie, j'ai détesté mon corps.
Et je dirais là en ce moment, j'ai deux gros complexes. Premièrement, mon énorme calvitie là. On a l'impression que de derrière, j'ai l'air d'un moine. Et en vrai, la calvitie, c'est une vraie honte. Donc dans une salle, je vais toujours essayer de m'asseoir au fond ou d'être au fond pour qu'il y ait le moins de personnes derrière moi.
Dès que je suis devant, je me dis que tout le monde derrière a une vue plongeante sur cette calvitie horrible. Et dans le sexe, en vrai, pendant très longtemps, je refusais de me faire pénétrer à quatre pattes par derrière. Enfin non, c'est bête, forcément par derrière. Mais tu vois, quand tu es à quatre pattes, ton partenaire qui te pénètre, il a une vue plongeante sur ton dos. Ah tiens, autre complexe, j'ai des poils au dos, quelques poils au dos. Et il a vu sur ça et il a vu sur ma calvitie de merde là.
Parer sur les bourrelets ou aussi appeler absence de muscles. Régulièrement, je me dis que mon corps, il n'est pas assez beau pour qu'il puisse plaire. Donc, dès que je suis assis et que j'ai un t-shirt un petit peu trop serré et qu'on voit peut-être un peu les bourrelets, je m'inquiète de ça. Et dans le sexe, récemment, j'ai essayé une position où en gros, j'étais censé être assis et la personne venait s'empaler sur moi. Et donc, une fois que je suis assis et nu, non mais là, c'est la teuf du bourrelet. Et je me suis dit dans ma tête, j'ai vraiment pas envie de faire cette position.
Bon, là, j'ai pris deux, trois exemples à la volée, mais je suis sûr que ça t'arrive aussi. En gros, j'ai des petites voix qui tournent en boucle et j'en ai déjà parlé sur ce podcast. La petite voix, ça va être « tu n'es pas beau » ou ces variantes « tu es moche avec ta calvitie qui est une honte ». J'ai l'air comme ça un peu jovial et je le dis avec le sourire, mais en vrai, c'est une tannée ce truc. Ça m'empêche. Au bout d'un moment, ces petites voix en boucle, elles m'empêchent, elles m'arrêtent.
Elle m'empêche de draguer, elle m'empêche de sexer, elle m'empêche d'oser, avec toujours cette angoisse de ne pas être assez, de ne pas plaire. Bon, voilà le problème posé et en fait ça, ça a changé doucement. Ça a changé au fil des trois ans d'épisodes de recherche sur l'épanouissement. C'est vraiment ce podcast et son processus qui m'ont aidé ainsi que des amants, je te raconte.
Bon déjà j'ai compris et entendu épisode après épisode que tout le monde galère avec des petites voix. Et ce qui m'a le plus frappé c'est que même des gens que je trouvais canonissimes qui venaient s'asseoir là dans mon canapé pour enregistrer leurs témoignages, je les entendais me confier qu'eux aussi ils ont ces petites voix, qu'eux aussi ils ont peur, qu'eux aussi ils pensent qu'ils sont pas assez. Et à force je me suis dit mais attendez il y a une couille dans le potage là.
Et l'autre truc un peu tout bête, c'est que petit à petit, je me suis mis à faire du sexe. Malgré les complexes, ou peut-être je devrais dire avec les complexes. Et pendant ce sexe, j'ai vu dans les yeux des gens le désir. Et ça, c'était comme un grain de sable dans les rouages de mon autodétestation. En fait, mes petites phrases dans ma tête « tu n'es pas beau » ou « la calvitie et les bourrelets, tout le monde déteste », c'était pas compatible avec la puissance du désir que je voyais dans les yeux des gars avec qui je couchais.
Je veux bien que parfois des compliments ça soit pas tout à fait vrai, mais quelqu'un qui jouit, quelqu'un qui est nu et vulnérable et tu sens qu'il te désire, ça mon cerveau pouvait pas le nier. Et ça me fait penser à Nabil. Ah, Nabil. Alors Nabil, ce n'est pas son vrai prénom, mais c'est un vrai amant que j'ai en ce moment. Et Nabil, il est tellement beau. Bon déjà, il a tous ses cheveux, il est super musclé, il a un sourire magnifique. Avant, je te promets, j'aurais parié, juré, craché que je peux pas être son style, qu'on joue pas dans le même cours.
Qu'un gars avec calvitie, sans muscles, me trouve mignon, ok c'est possible. En revanche, un gars musclé, dessiné avec des cheveux, bah non, il va pas entre guillemets s'abaisser à mon niveau. Et en fait si. Nabil, je suis très très son style.
Et quand il me complimente et qu'il me regarde droit dans les yeux, je sais que c'est vrai. Nabil, il aime mes yeux verts avec du jaune dedans, mes poils, ma belle bite, mon énergie, ma bienveillance. En fait, c'est sûr, il y a un truc entre nous et même bien au-delà du physique. Grâce à Nabil et à mes autres amants, en fait, petit à petit, c'est une nouvelle croyance, une nouvelle petite voix qui s'est créée dans mon cerveau. Si je devais te partager une image ?
Moi, j'imagine comme une besace de validation, une trousse à outils que tu portes à la hanche. J'y ajoute chaque amant qui m'a dit qu'il me trouvait beau, chaque amant, ses coups d'œil de désir, ses moments de jouissance à deux. Et dès que mon cerveau m'envoie « mais t'es trop moche, Guillaume », je lui secoue la besace dans la gueule. La dernière fois, c'était au sauna.
Je déambulais tout seul, tout nu, personne ne me regardait, ou plutôt tout le monde faisait bien attention de ne pas me voir. Mes petites voix méchantes sont revenues au galop en mode « Ah ben tu vois, j'avais raison, poussez-vous ! » Je reviens, personne ne nous aime, tu es moche, regarde-moi cette calvitie et ses bourrelets. Et je me souviens que marchant dans ce sauna à Berlin, j'étais là « Attends, attends, attends ! » J'ai pensé à Nabil, aux autres amants, j'ai secoué ma besace là, et je me suis rappelé deux choses. Numéro un.
Guillaume, tu ne peux pas préjuger des kifs, des désirs et des kinks de quelqu'un en regardant son physique. Homme possédant des muscles ne veut pas dire que homme est attiré par les muscles. Homme possédant des cheveux ne veut pas dire que homme est attiré par cheveux. Homme jeune ne veut pas dire que homme est attiré par jeune, etc.
Deuxième chose que je me disais pour me rassurer en marchant dans ce sauna à Berlin, je suis le kiff de plein de gens. Ils sont juste peut-être pas là en ce moment dans cette pièce, dans ce sauna. Bon, en tout cas, c'est un processus en cours. C'est pas magique. Je me crée des nouvelles croyances, des nouvelles pensées automatiques, mais il y a les anciennes avec lesquelles je dois me battre. Mais il y a un vrai cercle vertueux que j'observe. Plus j'abats les barrières qui m'empêchent d'oser, d'aller draguer, de faire du sexe, plus j'abats ces barrières,
Et plus je suis rejeté parce que je ne suis pas du goût de tout le monde et je le comprends bien, mais aussi je rencontre cette belle personne qui sont attirées par moi et hop, ma besace à validation grossit. Et hop, mes petites voix négatives s'amenuisent ou en tout cas sont contrées.
Une dernière chose, c'est arrivé que des auditeurs me disent, quand ils me voient dans une rencontre entre auditeurs, « Ah mais t'es pas gros en fait ! » Et ça c'est une clé du complexe physique je trouve, c'est que souvent ça peut ne pas se voir. Moi je crois que j'ai même un peu de dysmorphophobie, c'est pas facile à dire. La définition je te la lis, « préoccupation concernant des défauts perçus de l'apparence physique qui ne sont pas apparents ou apparaissent légers à d'autres personnes ».
En fait, au fil du chemin, je me suis rendu compte qu'il y a un décalage entre ce qui se passe dans ma tête et ce que l'autre perçoit. Et c'est ainsi. Bon, conclusion. Moi, je me rends compte que dépasser mes complexes physiques, m'épanouir et apprendre à m'aimer, ça se déplie en même temps que d'autres sujets, que d'autres blocages. En parallèle, je vois bien que je suis en train de sortir de mon angoisse des infections sexuellement transmissibles, je vois que mon rapport à l'amour ou au couple a vachement bougé, ou encore que j'ai dû apprendre à communiquer et à assumer mes désirs.
Tout ça se passe en même temps. Mon épanouissement, en fait, c'est plusieurs fils à dénouer. Alors j'avoue, parfois on dirait qu'ils se mettent en pelote, ils font exprès de faire des nœuds et ça semble indénouable. Mais en vrai, après 337 épisodes de ce podcast « 4 années de recherche sur l'intime gay »,
J'ai envie de prendre deux secondes là pour faire une petite danse à la victoire et célébrer tout le chemin parcouru grâce au podcast. Et pas que, c'est sûr, mais je me sens tellement plus épanoui sexuellement, intimement, amoureusement. Et ça, je le partage avec plein d'auditeurs. Vous êtes nombreux à me dire que vous aussi, avec le podcast, vous faites votre petit chemin. Alors, yeah ! Là, vous ne me voyez pas, mais je danse là. Danse de la victoire.
Si tu as aimé cet épisode solo, c'est les épisodes que j'appelle aussi mes confessions, tu peux retrouver tous ceux que j'ai déjà enregistrés en tapant actifoupassif.com slash solo, S-O-L-O. Si tu m'écoutes sur Spotify, tu peux maintenant réagir en commentaire, il y a une nouvelle fonctionnalité là sous l'épisode. Tu peux me dire ce que t'en as pensé ou peut-être partager toi tes idées, des petits bouts de ton chemin d'épanouissement. Tu peux aussi venir sur Insta ou via mon email, tout ça c'est sur le site du podcast.
Allez, des bisous. Prenons soin de nous, les petits choux.
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