Apprendre à m’aimer pour mieux sexer – François 3/3

🎧 Écouter sur : Spotify   Apple Podcasts   Deezer   Podcast Addict   Amazon Music   YouTube

Partie 3 sur 3 du témoignage de François

🔗 Viens discuter avec nous (des auditeurs du podcast et moi-même) sur le Discord par ici : https://discord.gg/MNhdSqWDp5

💙 Tu aimes ce podcast ? Fais un don et mets 5 étoiles sur ton appli d’écoute : https://devenirsexuellementepanoui-podcast.mystrikingly.com/#aidez-moi

💚 Découvre mes autres podcasts sur l’intime ou suis les coulisses sur mes réseaux sociaux par ici : https://devenirsexuellementepanoui-podcast.mystrikingly.com

#homosexualité #lgbt #homo #lgbtqi #bi #bisexualité #sexualité #comingout #chemsex

Lire la transcription de cet épisode
Vous écoutez la troisième et dernière partie de ce témoignage. Regardez les épisodes précédents pour la première et la deuxième partie. Tu te souviens ou pas la dernière fois où tu as été soumis ? Si, ok, ok, oui, c'est bon, j'en ai un. C'était du coup où ? C'était chez moi. C'était chez moi avec quelqu'un que je connaissais déjà, avec qui j'avais vu en soirée. On se chopait en soirée et on s'était dit de se voir en dehors pour un date. Et du coup, c'était chez moi. Je faisais ma dîner, etc. Et ensuite, du coup, on a baisé. Et c'était très versatile jusqu'au moment où moi, j'étais passif et du coup, un peu plus soumis. Comment t'exprimes cette soumission ? Tu l'exprimes dans… Comment ton corps est, dans ce que tu dis, dans tes gémissements, c'est quoi ? Tu te cambres ? Tu peux te cambrer et pour moi, c'est moins de… C'est plus aussi de laisser l'autre la liberté de faire un peu ce qu'il veut avec moi. C'est une soumission. C'est-à-dire, si il veut me… Tu vois, prendre mes bras et me… C'est quoi le terme ? Me restreindre, entre guillemets. Ça, ça va être dans la soumission aussi. C'est aussi un lâcher prise mental de me concentrer vraiment sur… moi, mon plaisir, et de ne pas penser à, tiens, est-ce que je veux faire une autre position après ? C'est de vraiment focus sur ce point central, sur cette essence de désir et de plaisir, et de laisser l'autre faire. Quitte à un moment donné, reprendre le contrôle sur, tiens, je change de position, ou je veux faire autre chose, ou ci et ça. Mais pour moi, ma soumission, c'est ce… lâcher prise. En gros, je donne les rênes à l'autre. Vous en aviez parlé avant ? On en avait parlé… Non, pas nécessairement. Après, c'était pas… Non, puisque comme c'est de… C'est une sorte de jeu de domination-submission qui sont assez organiques avec comment tu… Comment tu fais du sexe, le jeu des corps, des gémissements, et ça se fait assez naturellement. C'était pas le côté on va faire un jeu de rôle en avance. Oui, bien sûr, oui. C'était pas nécessairement ça. Parfois, ça peut, tu vois. Mais là, c'était pas dans ce cadre-là. Comment le chemsex affecte toute cette réalité sexuelle sobre ? Donc là, tu viens de raconter tes sexes avec un S, tes désirs, tes kiffs et tout. Quand tu prends du chemsex, tu vois des choses différentes ? je peux t'aider en fait dans le pré-entretien t'as dit c'est marrant sous chemsex je suis plus attiré par le mec avec des muscles et une grosse bite que par chemsex c'est vrai tu regrettes ? non non je… merde hum C'est vrai, mais ça fausse pas mal de choses, ça fausse pas mal de choses, le chemsex. Parce que même si t'as une connexion avec quelqu'un à la base, qui va être renforcée par les drogues, pour moi, ça reste toujours une connexion fausse. Et je vois que… Oui, sobre… Comment dire ? Je rentre dans des schémas assez classiques porno via le chemsex. Ce type de mec, le type de rapport est un peu plus agressif aussi. Plus demi-soumis, mais un peu plus sexe agressif porno. C'est un peu plus… Dans sa façon de te pénétrer, ça claque. Je ne comprends pas, c'est quoi du sexe agressif ? un rythme plus sportif plus fort, plus rapide je le décris très moins kiffant pour toi du coup ? non kiffant c'est plus bestial ? ouais plus bestial Ce qui est… Mais du coup, c'est ça qui est étrange. Parce qu'en fait, moi, j'ai du mal à connecter avec le chemsex ou le sexe que je fais sous chemsex ou qui je suis sous chemsex avec une partie de moi-même. C'est-à-dire que tout ce que je fais sous chemsex, j'aime. Et j'ai l'impression que ça fait partie de moi. Mais parce que c'est biaisé via les drogues, je doute. Et je me dis, mais est-ce que c'est vraiment moi ? Parce qu'en fait, si je suis sobre, je vais être capable de faire… de vouloir et d'aimer du sexe un peu plus bestial ou du sexe doux ou pas de pénétration, etc. Soit… Mais tout ce qui est ce chemsex, je pense que de base, de manière inhérente, je le doute et je le mets dans une case, c'est pas vraiment moi. Mais on parle de quoi là ? C'est quoi le chemsex que tu pratiques qui est différent ? C'est pas nécessairement… Enfin, c'est tout ce que je vais faire… C'est juste le chemsex en général. En tout cas, tu n'as pas de pratique qui diffère, juste que je comprenne. Non, je n'ai pas de pratique. Le chemsex change les gens. Non, ça peut changer marginalement, en fait, en termes de gens, en termes de rythme. C'est un peu plus agressif, des mecs plutôt musclés, grosses bites, etc. Ça, ça change parce que ça devient une norme, le chemsex. Mais ce n'est pas la norme, moi, dans mon sexe sobre. Ça ne change pas énormément ? Non, mais j'ai un certain archétype de mecs qui vont me plaire ceux qui aiment le sexe. Mais dans la vie téléjour sobre, je suis beaucoup plus en fonction de qui je vais trouver charmant et qui je vais avoir vraiment un truc et une connexion. C'est quoi du coup pour toi charmant ? En fait, avant que tu me répondes, tout ça, c'est venu dans notre pré-entretien, ce que les gens ne peuvent pas voir. Parce que je crois que tu ne vas pas partager ton Instagram. Tu veux être anonyme. Ouais, non, peut-être pas. Nous, on s'est connectés sur Instagram. Oui. Tu l'as trouvé sur le site du podcast. Oui, tout à fait. Et en fait, alors attends, comment je peux verbaliser ça ? En fait, j'ai eu un jugement automatique. Je ne crois pas qu'il soit blessant, donc je peux le dire. Écoute, vas-y, je te dirai. Je serai ma poker face. En tout cas, quand je te l'avais dit la première fois, je t'avais dit est-ce que c'est OK de dire ça ? Et tu m'avais dit oui. Ah oui. Mais en gros… Tu, physiquement, tu corresponds à l'archétype de l'homosexuel qui est désiré par 90% des gens. Tout ça, c'est mes opinions et mes préjugés. Je te donne accès à mon jus de cerveau qui, normalement, est filtré par plein de courbettes. Je regarde ton Instagram. En gros, tu es musclé. Je ne sais pas si c'est toujours le cas, mais sur Instagram, tu présentes… Barbe, tu as le mec mignon qui prend des photos en Grèce ou dans le sud de la France. Topless, en maillot de bain, un corps dessiné des boîtes de chocolat. Ce gros lapsus qui dit beaucoup de ce qui m'intéresse, les plaquettes de chocolat. Et c'est marrant, le moment où on a échangé, j'ai eu ce truc de… Mais comment ce mec ne peut pas être heureux ? Ce qui est vraiment idiot. C'est vraiment… C'est une connerie d'automatisme de préjugé, mais aussi une connerie des réseaux sociaux, parce que bien entendu… Mais c'est vrai que j'étais assez étonné… Parce que moi, je me dis, je ne suis pas assez beau pour la moyenne. Et du coup, je peux moins réussir sexuellement à choper. Et c'est vrai que quand je démarche du sexe, je me dis un peu… Moi, ma stratégie, c'est… En fait, je te montre ma calvitie, mes deux bourrelets et aussi mes beaux yeux, mon intelligence et tout. Je pense que vraiment, je plais à des gens et je le vois. Mais je me dis, bon, moi, sur mon Grindr, il n'y a pas de photo où j'ai l'air trop beau. Je veux plutôt que quand tu me vois… tu te dises ok ça correspond voire plus donc j'ai un peu cette idée de la beauté et je vois beaucoup ça sur Gainer la beauté te donne un niveau de pouvoir tel dans les rapports homosexuels gays ou queers que toi tu me sembles avoir tiré la carte aller directement à la case finale et emporter les 40 000 euros et toi tu me racontes que non C'est intéressant parce que… Toi, tu te trouves beau, François ? Oui. Est-ce que tu te trouves très beau ? Non. Je me trouve très charmant. Ok. Tu sens ce pouvoir que j'essaie de décrire sur Grindr ? Tu sens ce pouvoir ou pas ? Oui et non. Parce qu'en fait, si on raisonne comme ça, il y a toujours mieux. Ok. Et moi, je vois du coup le top de la montagne ou de l'iceberg, mais je ne vois pas en dessous. Et donc, en fait, c'est une comparaison permanente qui fait que c'est dur de s'en détacher. Et surtout, Instagram, réseaux sociaux, je joue le jeu d'Instagram. Mais alors, petite décretion, moi, ça m'a beaucoup aidé, Instagram, à justement jouer avec mon image. voir comment je peux plaire, me plaire à moi-même. Et ça m'a permis d'avoir une sorte de confiance en moi aussi, de voir que je plaisais, de me plaire aussi. D'abord. Mais pour revenir à ce que tu disais, maintenant, j'en ai conscience que je suis plutôt mignon. C'est comme ça que je me décrirais. Voilà, tu vois, c'est ce que je viens de sortir. C'est comme ça que moi, je me décris plutôt mignon. Ouais, et c'est vachement intéressant. C'est qu'en fait, on est tous dans le même jeu de comparaison ou on est perdant. En fait, c'est infernal. Oui, c'est ça qui est infernal. Et moi, je passe de temps sur Grindr et sur Instagram. Mais je me porte parce que c'est une compétition comme tout le monde. Mais je suis Encore. Parce que tu… Une sorte de consommation frénétique permanente. Et moi, je le suis… En fait, dans ma vie, je crois que j'ai tout pour être heureux. Et dans ma vie, ça va. Je suis plutôt… Je suis plutôt OK. Je suis plutôt heureux. Encore un plutôt. Je nuance tout. Bref. Mais ce que je voulais dire, c'est que je… Tout est là. Mais je me mets moi-même mes… Je prends le bâton et je me bats moi-même, tu vois. J'ai aussi une… C'est une sorte de recherche d'amour et de connexion. Quand je vais dans les DM des mecs sur Instagram, je me dis « Mais qu'est-ce que je veux ? Pourquoi je fais ça ? » C'est juste de l'attention, c'est mon égo qui veut que la personne que je contacte me réponde, m'envoie des nudes et je vais être content. Mais ça ne nourrit pas. C'est comme si tu nourrissais de bonbons. Tu es content, mais au final, ça ne te nourrit pas. et c'est pas là où il faut chercher ces connexions parce que sur Insta tout le monde se joue ce jeu là pas tout le monde mais beaucoup de personnes jouent ce jeu et tu compares ta vie pas que ton physique en tant que gay parce que tu compares ta vie aussi tu vois et tu compares ta vie ton physique avec une multitude de personnes c'est là que ce qui est pas sain c'est que moi je me flagelle sur le côté je fais pas assez de choses dans ma vie où je ne vis pas la vie que je veux, parce que je compare ma vie avec une centaine de personnes. J'ai l'impression que ces centaines de personnes-là font du coup 100 choses différentes au même moment. Et moi, je me dis, François, tu devrais faire tout ça là, maintenant, aujourd'hui. Et je me perds dans ma narration, je me perds dans ce que je veux faire, ce qui me fait du bien aussi. Donc, Parce que toi, aujourd'hui, tu cherches quoi ? Enfin, tu as envie de quoi dans ton chemin de sexualité ? Tu as dit, tu considères un an de sevrage, un an d'arrêt des chemsex. J'aimerais bien, ouais. Tu continues à explorer, exprimer, explorer tes désirs et à dépasser la honte. Donc, tu veux une sexualité qui continue à cet endroit-là, tu vois, d'être en capacité de dire… Ouais, ce que je veux, c'est ne plus me censurer. Et… Là, tout de suite, si tu te censurais pas, ça donnerait quoi ? Enfin, tout de suite, là, dans ta vie ? Non, mais tu vois, là, dans ta vie, qu'est-ce que tu pourrais être en train de censurer ? Au gros, mon désir sexuel. C'est-à-dire que… De prendre, je dirais, de… D'avoir vraiment le sexe que je veux quand je veux. C'est-à-dire que si j'ai envie d'aller faire du cruising, j'ai d'ailleurs jamais fait et je pense que c'est un truc qui me stresserait, mais j'ai envie d'explorer. Mais en gros, si j'ai envie de faire du cruising, allons-y. Si j'ai envie de faire autre chose, d'écouter ce désir-là et de le mettre en action. De ne pas le censurer. Si j'ai envie aussi de faire un Twitter OnlyFans, allons-y. Et ça, j'ai un peu envie. Mais j'ai cette honte. C'est pour ça que les réseaux sociaux… En fait, je me dis aussi, par exemple, peut-être être aussi un peu plus… Écouter ce désir image et nuit sur les réseaux, ça pourrait être la dernière barrière à faire sauter en termes de… J'en ai marre de aussi penser ce que les gens… pour pouvoir penser, c'est plus d'être aligné avec mon désir et quand il arrive de prendre action et de le transformer parce qu'il y a pas mal de fois où je me dis tiens j'ai envie de faire ça mais bizarrement je vais pas mettre en oeuvre tout ce que je peux pour satisfaire ce désir ouais Et ensuite, ça va créer une frustration parce que je vais me dire, regarde, les autres, ils le font. Les autres, ils ont suissé quelqu'un dans les toilettes ou dans le train. Ils l'ont fait. Toi, tu ne le fais pas. Et donc, je me juge comme ça. Pour moi, c'est l'enjeu des addictions et c'est l'enjeu de la vie. Et qu'en fait, c'était quand même une phrase bien bateau là. Mais je suis assez inspiré parce que derrière le comment devenir sexuellement épanoui, qui est la question que je pose… avec ce podcast ben en fait il y a épanoui tout court quoi épanoui tout court ça veut dire à l'endroit de mon désir donc ça veut dire pour moi j'enlève toutes les couches d'attendu C'est marrant parce que moi, j'ai le jugement, j'allais te faire rebondir sur la possible prison que ton corps musclé, dans lequel ton corps musclé peut t'enfermer. Parce que j'ai mon estime de moi que je travaille en ayant un beau corps que je montre et qui est validé par les autres. Mais bon, un jour, j'espère pour toi, tu vas vieillir ou possiblement tu vas décider d'investir les heures de musculation ailleurs. Et pour moi, le défi, c'est est-ce que je fais de la muscu ou ce sport ou ce sculptage de corps pour moi, pour mon kiff, pour mon équilibre, pour ma joie ? Et là, je suis à l'endroit de mon désir ou est-ce que je le fais pour répondre ? à quelque chose qui est du sucre blanc, tu vois, donc je prends des cuillères de sucre blanc, j'ai deux secondes de plaisir, de dopamine, mais au final, je me perds, je me perds, je me perds. Et pour moi, c'est tout l'enjeu, et la sexualité rentre là-dedans, quoi. D'arriver à s'enlever toutes ces couches de… des normes, de ce qui est attendu, de ce que je crois que je devrais faire pour être du coup à la rencontre de son désir et je trouve que c'est un combat permanent vachement intéressant qui rend la vie intéressante. Attends, je fais ce podcast là pour moi et puis avec la joie de le partager ou est-ce que je fais de podcast pour avoir l'air de réussir ? Ça, c'est parce que c'est un de mes enjeux en ce moment. Parce que j'ai ce défi-là. Et je parle d'un autre podcast, mon podcast Psychanalyse, dont les audiences cartonnent. J'ai reçu un prix et je suis en train d'arrêter parce que ce n'est plus à l'endroit de mon désir. Et pour autant, ça vient me chercher à un endroit. Mais j'ai un autre exemple plus sexuel. J'ai parfois envie d'un plan cul. Et il me faut du temps pour me dire, attends Guillaume, est-ce que t'es pas bien aujourd'hui et t'as envie de fuir ? Et du coup, t'as envie comme ça un peu de faire une parenthèse où tu penses plus ? Ou est-ce que t'es à l'endroit de ton désir là ? Et du coup, quand t'hésites dans ton plan cul, est-ce que t'as honte d'avoir une vie sexuelle ? Ou est-ce que juste, c'est pas le moment là ? Genre soit dans ta peine, soit dans ton angoisse et cours pas… Je ne sais pas si ça te parle, mais j'ai l'impression que c'est un des gros enjeux de tout ce qu'on vient de se dire, l'endroit de son désir. Moi, je suis assez content de ce que j'ai dit. Oui, mais complètement. Aligné avec ce que j'ai dit, pardon. Le problème, c'est que j'ai toujours l'impression que les autres savent agir sur leur désir et arrivent à s'aligner très rapidement et très facilement avec ce dont ils ont envie, quand ils ont envie. Qui ça ? tout le monde ? ça c'est juste ma narration de victimisation mais il te faut écouter mes podcasts plus pour que tu te rendes compte que nous sommes tous des potes c'est l'histoire que tu te racontes le problème c'est que même quand tu sais les choses quand tu sais rationnellement il y a toujours cet irrationnel qui te je vais pas juger pas le mot mais qui te fait chier quoi Et si, moi, c'est pas le grand problème, mais j'ai du mal à m'aligner avec ce que je veux. Parce que tu ne sais pas ce que tu veux ou parce que quand tu veux quelque chose, tu as honte ? Il y a tout. Il y a tout. C'est ça qui est problématique. Tu dis si tu veux un plan cul, mais est-ce que tu fuis ou est-ce que tu en as vraiment envie ? En fait, pour moi, ça peut être dix trucs différents. Je vais taper le micro. Ça peut être dix trucs différents. Est-ce que fuite ? Est-ce que j'en ai vraiment envie ? Ou alors, en fait, tu n'as pas vraiment envie de… d'un vrai plan cul peut-être que j'ai juste envie de me masturber ou alors est-ce que je veux vraiment ça mais j'ose pas ou alors est-ce que un peu la honte ou est-ce que oh flemme j'en sais rien logistique de trouver quelque chose qui répond à ton désir en fait c'est pas simple moi j'ai une idée que je te propose et que j'implémente dans ma vie j'ai écouté un podcast d'un américain tu sais les développement personnel ah oui on aime ça Alors, moi, parfois, j'aime. Parfois, j'aime vraiment. Et il y a vraiment cette idée qui, moi, m'intéresse beaucoup en ce moment, c'est que la réponse à toutes ces questions-là que tu viens de soulever, elle est dans le moment de down, elle est dans le moment… de peur, de solitude, d'angoisse. C'est-à-dire, dès que j'ai une petite montée d'angoisse, je me précipite, moi, Guillaume, sur mon téléphone, sur ma bite. Enfin, tu vois, je vais avoir une intolérance à l'inconfort, que je le comprenne ou pas, je vais tout de suite, ou bien je saute sur une éponge et je me mets à nettoyer chez moi. Le mec, il s'est névrose, quoi. Mais j'ai observé que j'ai des moments de détresse et je les trouve intolérables. J'exige qu'elles disparaissent immédiatement. Je t'allume Netflix et que sais-je. Et en plus, moi, je travaille de chez moi. Je fais des podcasts. Je suis un très isolé et tout. Donc, j'ai des espaces de déprime. Yeah, il y en a, tu vois. Et ce que pas mal de développement personnel me propose, c'est apprends à t'asseoir dans cet inconfort, et la réponse va être là. Donc moi, je suis là, ok, ça veut dire quoi s'asseoir ? Ah non, je ne vais pas faire ce plan cul-là, et je vais m'asseoir, ça veut dire quoi ? Et puis surtout, qu'est-ce que c'est inconfortable ? Mais au final, il y a des pensées, ou il y a des sujets, ou il y a des larmes, ou il y a des angoisses, il y a des propos, il y a du dire qui se fait, et en fait, si je le squeeze à chaque fois, Je ne sais pas du coup écrire la suite puisque je ne sais pas le problème. Pour être à l'endroit de mon désir, je dois aller à la rencontre de mes angoisses et de mes peurs qui vont m'aider à dessiner mon désir. Je ne sais pas si c'est conceptuel, pour moi, ça ne l'est pas du tout. Il y a des moments où je me vois tendre la main vers mon téléphone et je suis là, là, Guillaume, c'est le moment où tu ne fais pas ça. Et là, il y a mon cerveau qui dit, ah mec, c'est mort, je n'ai pas du tout envie de faire ta connerie, de m'asseoir dans mon méco final. Et c'est ça que le chemsex nous permet d'éviter, c'est qu'il y a vraiment ces fuites-là. Et le… peut-être la seule remise en question que j'ai envie de me proposer à ça, c'est il y a aussi des moments où où j'ai aussi envie de fuir, en fait. Et que la fuite, c'est pas que… Il y a des moments où j'ai envie de faire pause. J'ai pas envie de vivre toute ma vie en mode « Ah, un nouveau défi, tu te sens pas bien, assois-toi dans ton pas bien. » Il y a aussi des moments où j'ai envie de dire « Va me chercher cette plaquette de chocolat. » Et pour moi, je le dis parce que j'ai des potes qui font du chemsex récréatif en mode « Moi, je gère. » Je sais où est l'excès, mais parfois, tu sais, j'ai aussi envie de me détendre à mon coup. Moi, je n'ai pas envie d'une vie de prêtre et tout. Et moi, je suis là, oui, mais. Et qu'au final, je suis persuadé qu'être à l'endroit de mon désir fait que je n'ai plus envie de Netflix, de faire le ménage, de me branler pour oublier. Et ça, je crois que c'est ma réponse, mais que je trouve très difficile. C'est que le moment où j'ai un quotidien que je kiffe et où en fait je navigue les moments de peur et d'angoisse qui m'informent, En fait, j'ai plus besoin de ces shoots de déconnexion. C'était ma conclusion. Est-ce que toi, tu as envie de réagir ou de dire quelque chose ? Ça te parle ou pas ? Complètement. Pour moi, c'est exactement ça. De toute façon, le but, pour moi, c'est d'être mon meilleur ami. Et d'arriver à m'aimer inconditionnellement. C'est-à-dire… Tout ce qui va bien, mes peurs, mes côtés… Pas négatifs, mais tout ce qui fait que je suis humain. Parce qu'il n'y a pas de feelings négatifs, positifs. Tout est valide. Et… Et j'essaye de créer une sorte d'équipe avec moi-même, avec différentes personnalités ou parties de moi-même qui peuvent s'entraider entre elles. C'est-à-dire aussi ce que tu disais, si tu ne te sens pas bien, me dire « Ok les gars ». « Qu'est-ce qui ne va pas ? » Et vraiment, je me parle comme ça. Et ça me permet de me sentir moins seul. Parce que je sais que j'ai plein de ressources en moi, plein de différentes parties qui vont faire que je vais pouvoir m'aider moi-même. Et je me dis « Ok les gars, pourquoi on veut aller manger du chocolat ? » Ou « Pourquoi là on se fait un binge ? » « Qu'est-ce qui ne va pas ? » Et j'essaie de faire un peu des exercices de respiration, méditation, etc. pour comprendre ce qui se passe. Et non, ce que tu dis, c'est très commun, c'est pas conceptuel, c'est exactement ça. On fuit tous, il faut juste, je pense, pardon, être honnête avec soi-même et lucide. Et être, et voir, et s'en rendre compte, en fait. Parce que certaines personnes qui ne se rendent pas compte, je pense que le premier pas, c'est de voir que tu es réalisé, que tu fais ce genre de choses. Puis il y a ces comportements d'échapper, ouais. Moi, j'aurais envie d'ajouter un détail, c'est que je trouvais ça très pressurisant de me dire qu'est-ce qui se passe, Guillaume ? Parce que la plupart du temps, en fait, ce que j'ai découvert, c'est que je ne sais pas te dire ce qui se passe. Et du coup, moi, personnellement, dans ma bulle intime à moi, ce n'était pas accompagnant et soigneux d'essayer de m'auto-analyser immédiatement pendant le moment. Et ce que j'ai découvert, tu vois, là, en ce moment, par exemple, il y a eu un soir, je n'allais pas bien et je ne savais pas ce qui se passait. Et j'ai essayé de faire appel à mon intuition. Alors, je ne sais pas, mais de plus en plus, j'essaye d'utiliser, genre, vas-y, qu'est-ce que je pense là que je pourrais essayer de faire ? C'est quoi le petit pas ? Vas-y, c'est quoi le… Quitte à ce qu'après, tu files sur Instagram ou sur Grindr et tout, mais juste avant, qu'est-ce qui… Et notamment, je me suis retrouvé devant une série, donc Queer as Folk, que j'ai regardée en entier, et Salade grecque, de Cédric Clapiche. Et tout d'un coup, je me suis mis à pleurer. J'ai eu une énorme émotion. Et la clé pour moi que j'ai découverte, ça a été de ne pas empêcher ça. Parce que moi, avant, j'étais là, non mais gars… Je revenais d'un week-end festif avec des potes. T'es là à chialer devant une série. Tu sais même pas pourquoi tu chiales, parce que je chialais pas au bon moment, en fait. Genre, il y avait pas de drama sur mon écran. J'étais là, mais t'es complètement ouf. Et je ravalais ça. Et là, j'ai dit, non, vas-y, on laisse. Et j'ai chialé toute la soirée. Cette salade grecque, c'est aussi une histoire qui me touche profondément parce qu'on est en plein dans la crise des réfugiés. Soudainement, j'étais hyper sensible Tu vois, on est à Athènes, je ne sais pas si tu as vu la série ou pas, mais du coup, il y a notamment un personnage qui est en première loge de la crise des réfugiés avec des gens qui soit meurent en Méditerranée, soit arrivent à parvenir à des îles grecques. Et ce que je voulais juste partager, c'est, je ne sais pas pourquoi, mais j'avais comme un gros saut. de pleurs. Et en fait, pourquoi j'ai dit tout ça ? Parce que je reconnecte au moment de notre échange, toi et moi, où on a parlé du trauma collectif. Et en ce moment, je me demande dans quelle mesure il n'y a pas une grande tristesse en moi qui sort par petits bouts et qui est asynchrone. C'est-à-dire, c'est une vraie tristesse du passé, que j'ai vécu parce que j'ai caché, je reviens à ce que tu as dit, j'ai caché que j'étais homosexuel, j'ai honte, j'ai eu honte et j'ai encore de la honte. Il y a une violence en moi qui se pleure 20 ans plus tard. Bon, c'est mon narratif du moment. Je me demande, parce que je te promets, je pleure des trucs, je suis là. Mais pourquoi maintenant, Guillaume ? Mais ça, c'est naturel. Et ça, je te rejoins complètement. C'est-à-dire que quand moi, je me dis qu'est-ce qui ne va pas, je n'essaie pas d'analyser. C'est juste que je parle à mon enfant, à mon inner child, et je fais le rôle de parent. En mode, qu'est-ce qui ne va pas ? Et même si mon inner child répond, j'en sais rien, mais là, ça ne va pas. Je fais OK. et c'est tout et quand j'ai vraiment un blocage comme ce que tu décrivais sur le côté il y a un truc juste qui va pas et t'es pas bien et t'as besoin d'autre chose soit je regarde une série soit parfois je vais écouter de la musique et ça va me débloquer l'émotion qui est juste bloquée en moi ça va faire sortir ce qui doit sortir et je me mets à pleurer aussi de manière random et parce qu'en fait c'est aussi plus tu fais un travail sur toi-même plus tu te connais et plus tu soignes en gros tu fais du healing et bah plus t'as besoin aussi de faire sortir ces choses plusieurs fois c'est pas parce que t'as eu une épiphanie et débloqué quelque chose de ton passé que ça y est c'est bon t'es soigné c'est par vague et ça revient et faut se faire sortir quoi et ça pour moi c'est directement lié à mon épanouissement sexuel parce que plus je me connecte à moi plus je me pleure ou je fais mon affaire dans mon intime et que genre je suis le meilleur ami ou le meilleur parent pour moi En fait, plus je sais quel est mon désir sexuel et je sais me connecter à l'autre. C'est bizarre, mais je le ressens vraiment profondément que du coup, j'assume mon désir homosexuel. Moi, je ressens vraiment et que du coup, je n'ai pas besoin d'un plan cul à fuir et tout. J'ai plutôt envie d'un beau moment sexuel où en fait, je suis 100% moi à gémir, à crier ou à t'enfoncer ma bite dans la bouche, tu vois ? Et je suis profondément présent. Magnifique. Ouais, j'avais un peu envie de te surprendre par là. Non, mais je suis totalement présent à moi parce qu'on fait équipe. Et en fait, si je fais équipe dans les moments où j'ai peur, où je pleure, où je soigne, eh bien, en fait, bizarrement, ça ouvre la porte de faire équipe dans le moment où j'éjacule et je kiffe, tu vois. Et je trouve que… on pense qu'on a besoin de beaucoup de sexe, alors que c'est pas vrai. Tu vois ce que je veux dire ? Enfin, le côté… société gay aussi milieu gay, grinder etc ça nous pousse à la consommation sexuelle quand même en très grande quantité je trouve et qu'on a pas besoin de tant de sexe tu n'as pas besoin de besoin toi tu te rends compte qu'il y a plus de qualité que de quantité pour moi oui mais je trouve que c'est quand même quelque chose partagé un peu dans le milieu gay parce que sexe égale fuite et parce qu'on recherche désespéré de connexion à l'autre Et qu'en fait, on n'a pas besoin d'autant de cul. Ça, c'est qu'on cumule les tentatives de connexion à l'autre. On panique. Et en fait, c'est un peu sec. C'est la panique, la détresse. Et en fait, si tu te ressens sur une très bonne connexion et que tu arrives à la faire vivre et à la mener avec toi dans ton quotidien. Par exemple, moi, j'ai du mal à… Parfois, je me dis que je n'ai pas d'amis ou mes amis ne m'aiment pas. Un truc que je fais, c'est que je note sur une note d'iPhone des moments très cools que j'ai eus avec mes amis. Et donc, j'amène ça avec moi. Et quand j'ai ce doute, je reviens à cette note. Et quand je lis le souvenir, je revis le souvenir en moi et j'arrive à faire revivre l'amour que mes amis ont pour moi. Et je me sens entouré et je me sens aimé parce que mon grand trauma d'abandon, etc. Ma mère qui décède quand j'étais jeune, ça vient de là. Et donc, j'arrive à faire les ponts. Et j'ai toujours ces sentiments horribles de détresse, mais je sais à peu près comment faire en sorte qu'ils soient un peu atténués. Et notamment ce truc avec les amis. Et pareil pour les plans cul. Je crois que j'ai une note dans mon iPhone sur sexe sobre. Je note du sexe sobre que j'ai eu où c'était très bien. C'est intéressant parce qu'en fait, on conclut tout ça par la fameuse citation de Rupol à la fin. Tu regardes Rupol ? À la fin, c'est comme si tu ne t'aimes pas toi-même, comment peux-tu aimer quelqu'un d'autre ? C'est exactement ça. Et d'ailleurs, commencer par se nettoyer soi. Je termine sur… J'ai un peu envie… Ce matin, en fait, j'ai eu l'idée de faire une série de podcasts qui s'appellerait « Réparer le PD ». avec en fait cette intuition que moi j'ai été écrasé par cette insulte, par cet hors-norme, par tout ce que charrie cette insulte qui aujourd'hui est repolitisée et tout, mais en tout cas qui est d'abord une insulte, et que moi là je suis sur un chemin de réparation, et qu'en fait derrière comment je suis plus sexuellement épanoui et les questions que je me pose, en fait, et c'est vachement ce dont on a parlé aujourd'hui, Il y a tous les autres univers non sexuels qui impactent directement ma capacité à me connecter sexuellement et à être nourri par des vraies connexions avec moi-même et avec les autres. Bon, je ne sais pas. On verra. Merci, François. Merci. Tu as un mot de la fin ? Une dernière bafouille ? Non. Tu repars avec quelque chose en particulier de notre échange pour toi ? Pour moi, c'est toujours bien de mettre des mots sur là où j'en suis. Ça me permet de me reconnecter un peu à moi-même, à mon histoire et là où j'en suis. C'est un peu une sorte de checkpoint. Et si ça peut aider aussi à des personnes soit de se sentir moins seules, soit de connecter, pourquoi pas ? Ce serait cool. Merci François. Bye. Bye ? T'as dit bye ? Bye ! Je sais pas comment finir. Bye ! Ça va ? C'est un peu stressant, quand même, à faire. J'ai du mal à parler, à trouver mes idées. Enfin, tu vois, de le… De les verbaliser. Ouais. Je comprends.