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Salut. Salut. Tu vas bien ? Oui, je vais bien, merci.
Alors, bonjour, je m'appelle Thibaut, j'ai 24 ans, j'ai toujours vécu et je vis toujours en Ile-de-France, en Seine-et-Marne, donc pour certains c'est la grande campagne. Je suis passionnée de couture, j'ai étudié la couture pendant des années, et aujourd'hui je suis un homosexuel épanoui et engagé,
Et j'espère que d'autres le seront tout autant. Qu'est-ce que tu as pensé des premiers épisodes que tu as écoutés ? Qu'est-ce que ça t'a évoqué ?
C'est très intéressant. C'est très intéressant, par contre, je ne me retrouve pas du tout dans les trois témoignages, donc le tien et les deux autres, puisque je n'ai pas du tout la même histoire et je n'ai pas du tout eu le même parcours. Et oui, personnellement, je n'ai pas du tout eu les mêmes aventures sexuelles et même de vie personnelle.
que vous tous donc c'est vrai que je me suis posé la question est-ce que c'est vraiment ce que tu recherches que mon témoignage sera vraiment ce que tu recherches ou si au contraire ça peut apporter quelque chose en plus et avoir une autre vision totalement différente bah ouais super pour toi qu'est-ce qui te motive qu'est-ce qui t'inspire à l'idée de témoigner ?
Je me dis qu'il y a peut-être d'autres personnes qui ont été dans mon cas et que ça peut peut-être les aider aussi à un petit peu se situer, à un petit peu aussi se retrouver et avoir l'espoir que les choses peuvent s'arranger ou au contraire découvrir de nouvelles choses et ne pas se sentir isolé et seul. Parce qu'en fin de compte, on a tous des histoires à part, mais...
on a souvent des points communs avec d'autres personnes. Donc c'est aussi intéressant, je pense, de témoigner, d'avoir une voix et qu'on n'ait pas tous les mêmes histoires à écouter et qu'il y ait vraiment des profils totalement différents. Et quand tu me disais, je témoigne parce qu'il y a peut-être des personnes qui ont vécu la même histoire que moi, qui pourront s'y retrouver, c'est quoi alors ? Qu'est-ce que tu as vécu de particulier ?
Ouais, c'est assez long comme histoire, mais voilà, moi j'ai toujours été très très féminin, que ce soit physiquement ou dans la gestuelle ou mentalement, c'est vrai que j'ai accepté ma part de féminité.
Et je dirais même très féminine. Et je ne m'en suis jamais vraiment cachée. Étant petit, j'ai été élevée que par des femmes. Donc déjà, tout petit, j'étais assez féminin. Je jouais au Barbie. Enfin voilà, mes goûts étaient assez féminins. À l'école, j'avais souvent la question de « un tempi ou un garçon ? »
Donc voilà, et ça m'a suivi quasi toute ma vie. Et maintenant que j'ai 24 ans et que je suis adulte, c'est vrai que ça s'est un peu calmé, mais on est passé à...
quelque chose de nouveau. C'est-à-dire que quand j'étais plus jeune, il y avait la question de est-ce que je suis une fille, est-ce que je suis un garçon ? Si je suis un garçon, pourquoi je suis autant féminin ? Donc ça a commencé comme ça. Et ensuite vient la part où on devient plus adulte et commence les rencontres. Et dans la sexualité, ça a été aussi au début compliqué. J'ai eu beaucoup de remarques homophobes de la part d'homosexuels, comme quoi je...
je leur mettais la honte que du coup l'homophobie c'était à cause des gens comme moi parce que j'étais une folle enfin voilà j'ai eu beaucoup de ça ensuite on est passé à autre chose où je me suis totalement acceptée et j'ai accepté totalement ma féminité et est venu plutôt maintenant les agressions un petit peu
peu sexuelle que j'ai subie dans les transports, même dans des rencontres définies avec des partenaires, quand je n'étais pas d'accord, qui ont quand même forcé les choses, parce qu'en fait j'avais cette image de garçon féminin, donc autrement dit de la salope, et ça a été vachement compliqué, et encore aujourd'hui je subis encore dans la rue ce genre d'agression, mais je ne le prends plus pour moi personnellement.
Comme on est sur un podcast, les gens ne peuvent pas te voir. Est-ce que tu veux te décrire ? Et est-ce qu'en te décrivant, tu veux dire ce que les autres perçoivent comme féminité ou pas ? Oui, bien sûr. Déjà, j'ai un visage qui fait très enfantin.
Pour commencer, je fais un visage très enfantin. Je suis toujours faite plus jeune que mon âge. J'ai une bouche assez pulpeuse. J'ai des cheveux frisés mi-long. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas, mais d'habitude, je suis rasée. Je me maquille, donc je fais mon teint.
J'ai une allure, du coup, au niveau vestimentaire où j'achète des vêtements pour femmes et pour hommes que je mélange. Donc, je n'ai pas vraiment un style vestimentaire dit masculin, mais plutôt très androgyne. J'ai une voix qui est quand même assez douce et assez féminine. Et puis, j'ai une gestuelle aussi assez féminine également. Enfin, je dis féminine, mais en vrai, j'ai une gestuelle qui paraît féminine. Donc, voilà.
Et t'en es où sur ton chemin de réflexion autour du genre ? Est-ce que tu t'identifies comme un homme ou pas ?
Je m'identifie comme un homme, je suis très à l'aise avec mon corps d'homme, avec tout ce qui va avec, mais j'assume aussi ma féminité. Je sais que je suis très androgyne, que je ne correspond pas aux normes masculines, mais ça me va très bien. Je m'identifie comme homme et je suis en même temps très heureux d'être féminin, ça fait partie de moi. Donc j'assume totalement mon maquillage, mes tenues,
Donc voilà, je suis homme, mais très féminin et j'adore ça. C'est quoi l'impact dans ta sexualité alors ? Tu disais que le fait d'être plus efféminé te collait l'étiquette de salope et que ça impactait pas mal ta sexualité. Qu'est-ce qui s'est passé concrètement ? Tout à fait.
Alors déjà, à savoir que j'ai eu un rapport avec le sexe qui a commencé à partir de 16 ans, qui était déjà un petit peu malsain puisque ma première fois, je l'ai fait avec un homme de 30 ans. Donc voilà, c'était... Alors au début, j'ai commencé, j'étais très romantique et je me suis rendu compte qu'en fin de compte, le romantisme, ça allait être peut-être un petit peu compliqué pour commencer. Donc j'ai eu un plan Grindr, tout simplement. J'ai rencontré cet homme...
Et ça s'est bien passé, mais avec du recul, je me dis que c'était déjà un petit peu bizarre. Et en fait, mes autres rencontres ont commencé pareil qu'avec des hommes de 30 ans, voire plus, parce que je me sentais plus à l'aise. Et après cette expérience, j'ai commencé à fréquenter un petit peu les gens de mon âge.
Et j'avais souvent des questions comme est-ce que tu portes de la lingerie féminine ? Est-ce que tu es soumise ? Est-ce que tu aimes qu'on t'insulte ? Moi, j'ai besoin d'avoir une chienne. Voilà, c'était ce genre de propos. Et au début, j'ai accepté parce que je voulais faire surtout plaisir à l'autre plus qu'à moi. Ça ne t'excitait pas du tout ? Ça ne faisait pas du tout partie de tes fantasmes sexuels ou de ta sexualité ?
Non, pas du tout. Pas au commencement. C'était vraiment quelque chose même qui me faisait me sentir dégradée et vraiment merdique. Mais comme j'étais toute timide, tout jeune, je n'osais pas m'exprimer et je ne subissais pas parce que j'étais quand même consentant.
mais ça ne me plaisait pas forcément, je n'éprouvais pas de plaisir dans ça, et même dans la violence, puisque généralement ce genre de plan c'était toujours avec des claques, des suçons, du mordillage, donc à l'époque ce n'était vraiment pas ce qui m'intéressait, et
Et il y a une période où j'ai quasi arrêté d'avoir des relations sexuelles parce que je me dégoûtais en fait. J'avais l'impression d'être vraiment devenue la salope et d'être qu'un objet finalement pour les hommes. J'étais très en colère et très dégoûtée de moi-même.
Et toi, tu as l'impression que c'était parce que tu donnais une apparence plus efféminée ou que tu avais des atours jugés comme féminins, tu étais donc bloqué dans cette boîte et tous ces fantasmes sexuels ont projeté tout ça sur toi. Tu vois vraiment le lien de ta féminité qui faisait que toute personne que tu rencontrais te mettait dans ce scénario assez violent et assez dégradant ?
Je l'ai pris comme ça, oui. Au début, je l'ai pris comme ça, en grandissant moins, mais sur le coup, j'avais l'impression que parce que j'étais féminin, automatiquement, je devais être une chienne. Et ouais, ça m'a pas mal coupé, même de mon allure générale. Voilà, donc le maquillage, choses comme ça, j'avais du mal du coup à me remaquiller ou je faisais attention à mes tenues parce que je voulais pas apparaître non plus trop féminin.
pour éviter par exemple d'être pris pour cette salope, et même quand j'avais des rendez-vous dans des buts amoureux, donc sentimentales et non sexuels, j'avais toujours peur qu'on me prenne trop pour le garçon féminin, trop dans le milieu gay, j'avais peur d'être stigmatisé, et en fin de compte c'est pas si grave en soi, mais sur le coup j'avais beaucoup de mal.
Et à ce moment-là, pendant tes dates et tes rencontres, est-ce que tu as rencontré un homme efféminé ? Non. Pas dans cette période-là. Non, du tout. Non, ça ne m'attirait pas. Justement, j'avais un peu tendance à me dire « Ah non, je ne veux pas être comme ça. Je ne veux pas être comme ces garçons efféminés. Non, je n'en ai pas envie. » Donc, j'avais presque un dégoût pour eux. Mais en fait, c'était un dégoût pour moi-même puisque je suis comme eux. Donc, c'était un dégoût, oui.
pour moi-même. Donc, quand tu décrivais le maquillage et ta part de féminité, pendant toute ta construction, tu rejetais en partie ?
Tu avais du mal à assumer ? Oui, tout à fait. On pourrait croire que si tu te maquillais, on pourrait croire que tu es à l'aise. Et en fait, ce n'était pas le cas. Non, du tout. J'avais besoin de me maquiller parce que je me suis maquillée très jeune. J'avais besoin de me maquiller parce que j'avais un problème aussi avec mon visage, avec l'acné, des choses comme ça. Ça me posait vraiment problème. Donc, j'avais besoin de me maquiller, mais j'avais toujours peur d'être trop maquillée.
Et donc, je me regardais toutes les cinq minutes, si ça allait. Quand j'allais à un rendez-vous, je passais la main sur mon visage avant d'y aller pour essayer de faire en sorte qu'il y ait moins de produits sur mon visage. Donc, oui, j'étais obligée, mais en même temps, c'était très compliqué à vivre.
si tu devais me parler de tes principaux blocages au sein de ta sexualité. Là, on vient d'en parler d'un, je crois, qui est ce que les autres projettent sur toi et ce à quoi tu te sens obligé de répondre. Est-ce que tu vois d'autres blocages que tu as dû dépasser pour te développer sexuellement ou t'épanouir sexuellement ?
Oui, le plaisir sexuel, avoir du plaisir et surtout l'éjaculation. Pendant un bon moment, pendant le sexe, je ne me touchais pas parce que j'avais peur justement d'éjaculer ou de paraître trop masculin à leurs yeux. C'était un peu de paraître trop masculin et en même temps trop féminin.
c'était difficile de se situer et du coup d'éprouver du plaisir mais j'avais besoin donc je rencontrais beaucoup c'était comme un manque peut-être que j'attendais de tomber sur la personne qui me met en confiance donc j'ai eu beaucoup beaucoup de rencontres et à chaque fois j'éprouvais pas du tout de plaisir quoi
Est-ce que j'interprète bien si je dis que tu voulais un peu correspondre à l'archétype féminin ? Donc, une femme n'a pas de pénis, ne bande pas et n'éjacule pas. Donc, tu t'en empêchais ou tu étais mal à l'aise parce que tu avais l'impression qu'on t'appréciait pour tes attraits féminins. Et donc, si tu prouvais que tu étais un homme, la personne n'allait plus avoir de plaisir ou ton partenaire allait te quitter ? Oui, c'est exactement ça.
C'est exactement ça et c'est pour ça que pendant longtemps, vraiment quelques années, c'était comme ça. Du coup, j'imagine que tu n'étais que passif dans ces cas-là. Exactement, oui. Et dans la drague, dans les échanges avec ces hommes-là, eux te disaient chercher un homme très efféminé ? Oui, tout à fait. Tout à fait, très efféminé, pas de poils sur le corps.
Pas de barbe, lingerie, fesses féminines, c'est-à-dire très lisses, très bombées, très rondes. Enfin voilà, un corps vraiment très féminin, très doux, très rond. Et ces hommes-là, t'avais l'impression qu'ils étaient où dans leur homosexualité ?
Je ne sais pas trop, parce qu'on ne parlait pas vraiment réellement de la vie de chacun. Mais oui, j'avais l'impression qu'ils avaient plus tendance à être discrets ou ne pas s'assumer, en tout cas pas assumer cette part de leur sexualité. Et donc oui, généralement, je pense que c'était des hommes, oui, discrets ou qui ne s'assumaient pas.
Je crois entendre qu'aujourd'hui, la situation est légèrement différente ou très différente. Comment est-ce que tu es sorti de ces relations où tu étais un peu enfermé dans un rôle et où tu ne jouissais pas, dans tous les sens du terme ? Ça arrivait suite à une rupture. J'ai été en couple, tout jeune, j'avais 18 ans. C'était ma première relation...
Et ça m'a permis de me sentir aimée. Bon, après, il s'est passé ce qui s'est passé. Mais après cette rupture, j'ai eu une grosse remise en question sur qui j'étais, ce que je voulais être et ce que j'aimais. Et j'ai en fait été...
pas bouleversé mais j'ai eu comme un électrochoc sur tout ce qui s'était passé avant et je me suis dit que je voulais plus revivre ce genre de choses je voulais plus être mal dans mon corps mal dans ma sexualité et donc j'ai fait une pause j'ai pas eu de rencontre pendant presque un an je me suis concentré que sur moi-même sur mon plaisir personnel donc la masturbation voilà ce que j'aimais ce qui me convenait
Qu'est-ce que t'aimais et qu'est-ce qui te convenait dans cette masturbation, dans ce moment pour toi, à toi ?
J'ai compris que la stimulation anale plus, du coup, la masturbation, c'était quelque chose qui me donnait vraiment beaucoup de plaisir et qui, du coup, je me sentais beaucoup mieux après parce qu'une fois qu'on a eu une relation sexuelle, on est censé normalement se sentir mieux, ce que je n'avais pas précédemment. Et je me sentais vraiment mieux et je me sentais connectée à moi-même
connecté à mon corps. Je l'écoutais pour... J'écoutais enfin. Et voilà, j'ai commencé, du coup, à m'assumer tout entier, que ce soit physiquement, sexuellement. Et c'est à partir de ce moment-là, du coup, que j'ai recommencé les rencontres et que là, j'ai commencé vraiment à éprouver du plaisir sexuellement.
Qu'est-ce que tu as changé alors dans ton approche, dans ce renouveau, quand tu t'es mis à rencontrer ? Qu'est-ce que tu as changé pour trouver des personnes qui te correspondaient mieux ou qui te faisaient sentir bien ? La parole. Parler de ce que j'aime, de ce que je veux, de ce que je ne veux pas, de ce que j'aime, de ce que je n'aime pas, de ce que j'ai envie de découvrir, de mes limites aussi. Et automatiquement, ça faisait un tri dans les rencontres.
puisque certaines personnes n'étaient pas d'accord avec ce que je voulais, je n'étais pas d'accord avec ce qu'ils voulaient. Par exemple, il y a eu beaucoup de plans dans des caves, des choses comme ça. Moi, j'avais besoin vraiment d'être déjà dans un endroit où je me sens en sécurité, où je me sens à l'aise.
Ensuite, il y a eu beaucoup de propositions de sadomaso, de fils, de choses comme ça qui ne m'intéressaient pas. Beaucoup de plans soft aussi. Je ne jette pas la pierre à tous ces gens, mais voilà, ce n'était pas… C'est quoi un plan soft ? C'est sans pénétration ? Un plan soft, c'est sans pénétration.
Un plan soft, c'est sans pénétration, donc ça peut aller de la branle à la fellation, à même d'autres choses, on n'est pas obligé d'avoir...
de la fellation ou même point de vue attribut sexuel. Des fois, ça peut être juste des massages, ça peut être très tantrique. Donc voilà, ça ne m'intéressait pas spécialement. Donc voilà, automatiquement, le tri se faisait jusqu'à trouver quelqu'un qui était assez ouvert d'esprit, comme moi, qui avait envie de partager les choses avec moi. Donc c'est comme ça que les choses se sont faites.
Est-ce que j'entends bien si je te dis qu'avant, tu étais plus dans une posture de soumission ? Et est-ce que cette posture de soumission a évolué dans ta sexualité suite à ce renouveau, à cette année de réalignement ? Oui, alors au début, oui, c'était beaucoup de soumission.
beaucoup, beaucoup. Et maintenant, l'évolution, c'est que je peux être soumis comme je peux être dominant, comme je peux être dans une relation où il n'y a pas du tout ce procédé-là de soumis ou dominant. Donc, c'est vraiment au feeling, à la personne, comment moi, j'ai envie aussi de le faire à ce moment-là, de mes envies. Donc, voilà, j'écoute l'autre, en même temps, je m'écoute moi. C'est un échange. Donc, il n'y a plus vraiment de...
de position ou de rôle particulier dans le sexe. Et tu dirais aujourd'hui que tu en es où de ton chemin d'épanouissement ?
Je dirais que je suis très épanouie. Je suis très épanouie. Quand j'ai des relations sexuelles, c'est bien. Je me sens bien. Je me sens totalement à l'aise. Même au point de vue corps, j'ai plus de... Parce qu'on a toujours un petit peu de parties qu'on n'aime pas chez soi. Et pendant le sexe, je l'oubliais totalement.
Je l'oublie tout ce qui me dérange. Il n'y a plus de tabou, il n'y a plus de « est-ce que je suis assez féminin ? Est-ce que je suis assez masculin ? » C'est vraiment juste du plaisir et je me sens très épanouie. Je teste de nouvelles choses quand j'en ai envie. Je découvre encore. Comme quoi ?
Par exemple, là, actuellement, ça va être tout ce qui est justement très féminin. Donc, me travestir, la lingerie très féminine, les perruques, les talons, ce genre de choses. Alors, ce n'est pas automatique, mais voilà, des fois, j'en ai envie et j'essaye quand j'en ai envie. Donc, voilà.
On parlait de sodomie tout à l'heure. Est-ce que tu as découvert ou tu aurais envie de découvrir la sodomie active ? Tu disais que tu étais uniquement passif. En fait, je te pose cette question parce que j'ai l'impression que dans ces rôles de soumission dans lesquels on se met…
Et l'idée que si on est féminin, on est forcément soumis, donc passif. Est-ce que tu es d'accord déjà avec ce préjugé, avec cette enveloppe qu'on a tendance à mettre aux autres et à se mettre ? Et est-ce que toi, tu es allé découvrir les autres aspects de la sodomie ?
Alors oui, j'ai découvert les autres aspects, j'ai été actif, ça ne m'a pas plu parce que ce n'est pas là où je ressens mon plus grand plaisir, après ce n'était pas dérangeant, j'ai quand même passé un très bon moment, mais voilà, ce n'est pas mon truc, mais je l'ai quand même découvert parce que je trouve que c'est intéressant d'essayer et de savoir la sensation que ça fait.
J'en avais envie, je l'ai testé. Voilà, ce n'est pas mon truc. Par contre, à côté de ça, il n'y a pas de souci. Je peux quand même donner du plaisir analement à l'autre par les amylingus, le doigtage. Il n'y a pas de souci. Je ne suis pas du tout fermé sur le sujet. Et quant à l'étiquette, quand on est soumis, on est forcément passif. Je ne suis pas du tout d'accord. Il y a quelques années, j'aurais été d'accord.
Il y a même beaucoup d'années, j'aurais été d'accord. Maintenant, pas du tout. Pas du tout, puisqu'on peut très bien être actif et aimer être dominé. On peut très bien être passif et aimer dominer. Ça n'a vraiment aucun rapport avec la position. C'est juste un attrait sexuel, un jeu sexuel. Et pour moi, il n'y a pas de limite de position là-dedans. D'ailleurs, je ne comprends même pas pourquoi on a collé cette étiquette, puisqu'en soi, c'est juste un...
un amusement sexuel et que ça n'a pas à avoir de coïncidence avec la position. Et aujourd'hui, est-ce que tu cherches à rencontrer l'amour ? Est-ce que tu l'as déjà rencontré ? Ou est-ce que tu cherches plutôt du sexe ? Où est-ce que tu en es sur ce chemin-là ?
là actuellement j'ai connu l'amour je suis pas en couple mais j'ai connu l'amour et je cherche pas d'avoir des relations sexuelles je laisse vivre le feeling et puis ça se passe bien avec cette personne donc voilà on verra ce qu'il en est mais oui actuellement que ça soit sentimentalement ou sexuellement je suis épanouie je suis bien dans ma tête je suis en recherche de
De rien du tout, je me laisse vivre au jour le jour. Est-ce qu'aujourd'hui tu serais capable de faire l'amour ou de tomber amoureux ou d'avoir du sexe avec un homme efféminé ? Tout à fait, tout à fait, tout à fait. C'est pas quelque chose qui m'arrête dorénavant, maintenant que je m'aime. Donc voilà, j'aime aussi les autres.
J'ai déjà eu par le passé une relation sérieuse et sexuelle avec des hommes efféminés. Alors, il y a plus ou moins efféminés, mais très efféminés comme moins efféminés. Donc oui, maintenant, ça ne m'arrête plus. C'est vraiment à la personne et comment je me sens, l'attirance, si elle me plaît physiquement, mentalement. Donc, il n'y a plus cette question de féminité ou pas.
J'ai envie de comprendre comment tu t'es débloqué. Moi, ce que j'ai entendu tout à l'heure, c'est une relation, quelqu'un t'a aimé. Est-ce que tu peux m'en dire un peu plus ? Parce qu'après cette relation et cette rupture et ton année à te recentrer sur toi, on a vraiment l'impression d'un changement chez toi. Et tu peux l'expliquer un peu plus ?
J'ai toujours eu, je ne sais pas, un manque affectif. Et étant jeune, j'avais énormément besoin d'attention et je ne rêvais que de ça. J'ai une relation sérieuse avec tous les clichés romantiques et voilà. Et quand je l'ai enfin eu, ça m'a fait énormément de bien. C'est arrivé quand je ne l'attendais plus.
donc c'était ça aussi qui était bien quand je ne recherchais plus donc j'ai été très très surpris et c'était très agréable c'était j'ai aussi après à m'aimer on va pas se mentir quand quelqu'un nous aime et nous apporte de l'affection au quotidien c'est vrai que ça fait du bien on apprend aussi à s'aimer à accepter ses défauts
Après, chez certaines personnes, ça peut être tout le contraire. Ça peut renforcer, au contraire, du mal-être. Tout dépend de la relation. Mais moi, ça n'a pas été mon cas. Je me suis vraiment sentie aimée, acceptée, comme j'étais. Mais après la rupture, j'ai été très en colère et très peinée que ça se finisse. Mais en même temps,
Je me suis dit, voilà, j'ai pu le vivre. Et ça n'arrive pas à tout le monde, malheureusement. J'ai pu le vivre, j'ai eu la chance de le vivre. Et ce n'est pas pour autant que je ne le revivrai jamais. Au contraire. Mais il faut aussi que je travaille sur moi-même pour...
avant d'être aimé de quelqu'un, m'aimer moi-même aussi, c'est très important et de m'accepter telle que je suis. T'as fait quoi alors ? J'ai entendu, tu t'es masturbée et t'es allée à la découverte de ton plaisir anal, si j'ai bien entendu. Ouais, c'est ça. Est-ce que t'as d'autres tuyaux à donner ? Toi, tu as fait comment pour apprendre à t'aimer ?
Sexuellement, à part ça, je n'ai pas fait grand-chose. C'est venu un petit peu naturellement. Mentalement, j'ai fait partie d'une association LGBT parce que j'avais envie de m'inclure. Je me suis beaucoup cultivée puisque je suis quelqu'un de très artistique, je fais de la couture. Je me suis mis à fond dans ça.
donc dans tout ce qui est couture, art. J'ai vraiment fait des activités qui me plaisaient, qui me faisaient du bien. J'ai appris à apprécier ma propre compagnie. Je faisais les choses seule, même si je sortais avec des amis. Mais je faisais surtout les choses seule pour vraiment apprendre à vivre avec moi-même et me découvrir moi-même. J'ai beaucoup appris, j'ai voyagé aussi.
Je me suis autorisée à voyager et être un peu aventureuse. Je suis sortie de mes zones de confort et je me suis rendue compte que j'étais capable, que j'étais courageux et que c'était super et que j'ai appris tellement de choses sur moi-même.
Trop bien. Ouais. C'est super inspirant. Merci à toi. Tu parlais tout à l'heure de la pholophobie. Ouais. Donc, le fait que des homosexuels ou des hétérosexuels rejettent un homme s'il est trop efféminé. Ouais. Aujourd'hui, tu gères ça comment ? Ça me fait toujours mal de voir des...
sur les réseaux sociaux, des personnes se faire agresser ou se suicider par rapport justement à leur homosexualité, au fait qu'ils soient très efféminés. Je suis toujours très blessée que ça arrive, puisque je l'ai vécu, je sais comment on peut se sentir. Après, je vois le monde changer, je vois que...
qu'on a de plus en plus de représentations dans les médias, à la télé et sur les réseaux sociaux de personnes très féminins. Par exemple, Bilal Hassani, qui est très féminin. Après, on a beaucoup sur Instagram, Bretman Rock. On a beaucoup aussi de maquilleurs, comme James Charles. On a beaucoup aussi de...
de chanteurs qui commencent vraiment à percer voilà donc c'est très intéressant d'avoir ces figures là je pense que ça parle à beaucoup de personnes mais à côté de ça on a toujours aussi des personnes comme par exemple récemment Mathieu Delormeau qui parlait justement de Bilal Hassani en disant que les mythes c'était à cause de lui que l'homophobie allait augmenter et qu'on allait encore nous mettre une étiquette
Donc voilà, d'un côté, il y a de l'avancée, mais en même temps, il y a encore ce genre de discours. Et voilà, je pense que ça s'est un peu calmé quand même dans la communauté homosexuelle, même si c'est encore très présent. Je pense que ça s'est un peu calmé. Je le vis beaucoup moins. Moi, j'ai moins de commentaires ou de messages...
très haineux sur ma personne. Mais voilà, il ne faut pas non plus être naïf et dire que ça n'existe plus puisque ça l'est encore. Est-ce que tu as envie d'ajouter quelque chose, d'avoir le mot de la fin ?
Merci à toi Guillaume, déjà pour commencer, de donner la parole à plein de personnes différentes, de pouvoir s'exprimer sans tabou, parler de sexualité ouvertement, de ce qu'on supporte, de ce qu'on ne supporte pas, c'est important de prendre la parole, c'est très libérateur de parler.
et j'espère que beaucoup de personnes parleront et se libéreront de ça puisque être honteux d'en parler c'est généralement très mauvais pour soi-même donc se libérer, en parler je trouve que c'est une très bonne démarche je suis très content d'avoir pu m'exprimer aujourd'hui je trouve que c'est très important
Et voilà, juste merci, merci énormément à toi de donner cet espace-là de parole. Avec plaisir. Merci à toi. Merci à toi. À bientôt. À bientôt.