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Crac les os ? Ouais, ouais, un peu. N'inquiète pas. Bon, fais-moi signe quand ça commence, je prendrai ma voix de micro. Je te fais signe.
Bonjour à tous, bienvenue au podcast Homo Épanouissement. Comment devenir sexuellement épanoui ? Effectivement, le podcast Comment devenir sexuellement épanoui, je suis ***, je suis votre intervenant aujourd'hui, je suis interviewé par Guillaume, bonjour Guillaume. Alors, tu me fais peur là. C'est ma voix de micro, c'est normal. Du coup, t'as décidé de pas être anonyme ? Non, effectivement, oui, je m'appelle JB. Ah non, merde, j'ai dit *** au début. Bah ouais, c'est ça. Merde.
Mais t'inquiète, je le couperai. Pourquoi c'était important pour toi de venir à ce micro quand je t'ai contacté ? Qu'est-ce qui t'a donné envie de venir te raconter ? D'abord, j'ai décidé de participer au podcast parce que tu me l'as demandé. Du coup, je me suis fait « Ouais, pourquoi pas, tout simplement. » On me demande un truc. En général, je veux bien être gentil pour faire des trucs comme ça, des trucs sympas. Et puis, j'ai écouté après le reste tes autres podcasts.
J'ai vu qu'il y avait beaucoup de bienveillance, beaucoup de recherches, des choses qu'on a qui étaient assez intéressantes et je me suis dit « Ok, mon témoignage, ma vie sexuelle que je pensais un peu vanilla et tout ça, en fait non, je pense qu'elle peut apporter quelque chose à tous les témoignages que tu es en train de recueillir. »
Toi, tu pensais que ta vie sexuelle était vanilla ? Ça veut dire quoi, vanilla ? Assez classique, assez commune, en fait. Mais au final, en y réfléchissant bien, en écoutant tous les autres podcasts, enfin tous les autres podcasts notamment, je me suis rendu compte qu'en fait, non, j'avais deux, trois particularités qui me différenciaient un peu du lot et je suis ravi de pouvoir en parler aujourd'hui avec toi. C'est quoi ces particularités ?
Disons que moi, pour reprendre un peu la question que tu poses souvent, puisque je suis un grand fan de tes podcasts maintenant, si on reprend un peu les émojis du podcast et tout ça, je coupe tes questions des formations professionnelles. Moi, ma sexualité actuellement, c'est plutôt l'histoire d'un passif reconverti en actif. Oui, ça existe, ce n'est pas un mythe, j'existe vraiment.
c'est un peu l'histoire de l'eau et du feu qui fait de la vapeur pour aller un peu dans les sonas aussi je sais pas si on aura le temps d'en parler ou pas et mais aussi c'est surtout l'histoire d'un emoji qui manque sur ta grille d'emoji en fait oui il manque ta grille d'emoji et tout ça je sais trop bien
C'est plutôt l'émoji qui représente la santé en général, qui représente l'hôpital, qui représente la santé sexuelle. Parce que j'ai découvert que ça, c'était vraiment quelque chose qui était important pour moi et qui m'a vraiment permis de pouvoir me redécouvrir vraiment.
Je te donne ton verre d'eau. Je trouve ça vachement intéressant ce que tu dis, ça me permet de rebondir avant qu'on se lance. Tu te dis, j'ai eu l'impression que quand tu as écouté les podcasts, il y en a pas mal de gens qui me disent la même chose. Ils se disent, est-ce que ma sexualité n'est pas trop vanille pour que je sois sur le podcast ?
Comme si, en fait, les gens se disaient, OK, ma sexualité, elle va être validée si elle est originale. Ou en tout cas, j'ai une place sur un podcast d'épanouissement sexuel si, en gros, je fais des trucs de tarés. Et moi, je veux juste envoyer un message. Je pense que j'arrive à avoir plus de témoignages de gens qui sont dans des kinks et dans de la sexualité moins traditionnelle. Vanille voulant dire traditionnelle. Simplement parce que je crois que c'est des gens qui ont...
un peu plus réfléchis et ils ont dû mettre en mots leur sexualité, ce qui fait qu'ils ont plus de facilité ou de plaisir, ça peut être aussi un côté exhibe, d'en parler. Mais moi, le propos du podcast, il n'est pas du tout de dire la bonne façon d'être épanoui sexuellement,
c'est d'avoir des pratiques originales et autres. L'enjeu, c'est chaque épisode, c'est un cheminement d'épanouissement sexuel, quel qu'il soit, et je lance souvent l'appel à ce micro, mais n'hésitez pas à me contacter, guillaumefedepodcast.com, je réponds aux emails, n'est-ce pas ?
Oui, tout à fait. Et même si vous n'avez pas une sexualité très originale, très violente ou très particulière, ce n'est pas ça qui nous intéresse. Ok, du coup, on s'est lancé. Tu as raison, sur l'émoji, sur la cover, il manque l'émoji, peut-être même du médicament parce que tu prends la PrEP. Tout à fait, effectivement.
Et tu me disais dans notre pré-entretien que c'est vraiment ça, ou en tout cas c'est un gros élément, un déclencheur de ton épanouissement sexuel. Est-ce que tu peux commencer par me dire, nous raconter l'avant PrEP ? C'était qui ? C'est quoi le pseudo que tu as choisi ? C'est JB. C'était qui JB avant la PrEP, si tu devais nous le décrire dans ses pratiques sexuelles ?
Avant de passer à la PrEP, en fait, moi, c'est l'histoire surtout d'un mec qui a passé cinq ans dans une relation et que ça n'allait pas du tout. Clairement, une relation qui avait beaucoup de red flags, de points de désaccord avec mon ex. Honnêtement, je pense que dès le premier jour, il y avait des red flags, mais j'ai décidé de ne pas les voir parce que j'étais tombé amoureux, tout simplement.
Donc du coup, par rapport à ça, je suis resté cinq ans avec lui et cinq ans assez catastrophiques, on peut le dire. Il y a eu des bons moments, certes, mais au final, quand ça s'est terminé, j'étais content que ce soit terminé.
Ce qui m'a fait vraiment arrêter tout ça au bout de cinq ans, c'est le fait qu'il m'ait trompé, du coup, tout simplement. J'ai découvert ça une journée comme ça. Donc du coup, là, j'ai dit stop. C'était la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, qui débordait déjà avant depuis bien, bien longtemps à cause de beaucoup d'autres sujets. C'était quoi votre sexualité ou c'était quoi tes pratiques sexuelles à ce moment-là ? Alors à ce moment-là, j'étais passif, quasi exclusivement, en fait. On va dire, ouais.
Oui, j'étais totalement passif. Sur la fin de notre relation, c'était une sexualité qui n'était pas du tout épanouie. On faisait l'amour une fois toutes les deux semaines, on va dire, globalement. Il y avait des conflits dans le plan du temps, puisque lui, de son côté, il n'était pas là un jour sur deux parce qu'il allait voir ses potes.
Moi, je sais que j'étais aussi beaucoup pris par mon travail, ce qui fait qu'au final, quand on pouvait faire l'amour, c'était souvent les samedis. Le problème, les samedis, souvent, il avait ses potes à aller voir et tout ça. Et malgré même certains soirs où je faisais des appels du pied, tiens, je vais me coucher, tu veux te coucher ou pas ? Lui, il se couchait un peu plus tard, donc du coup, à chaque fois, ça se passait pas trop bien. Vous aviez peu de rapports sexuels et ceux que vous aviez, en quoi ils n'étaient pas épanouissants, selon toi ?
Bah enfin pour moi il était pas du tout épanouissement parce que du coup moi comme j'étais un peu en train d'attendre du coup que ce soit lui qui fasse le premier pas parce que moi dès que j'essayais de faire le premier pas ça se passait pas bien donc du coup j'attendais que ce soit lui qui fasse le premier pas donc du coup j'étais méga frustré je passais du temps dans la peur de dire mince si jamais il veut faire l'amour ce soir que je me suis branlé aujourd'hui ça pourra pas le faire donc du coup je me branlais jamais. Pourquoi tu peux pas te branler et faire l'amour ?
tout simplement parce que sinon si je me mets pas à jouer il va pas être content tout simplement c'est à dire que toi quand tu te masturbe une fois dans la journée après t'as plus envie de jouir c'est ça ? oui voilà quoi tout simplement donc du coup par rapport à ça et ça il t'avait déjà dit que ça lui déplaisait ?
C'est surtout qu'une fois que je me suis déjà masturbé, le sexe, j'avais envie de dire « c'est bon, c'est passé, j'ai envie de me reposer un peu ». Tu n'as plus de désir. Le désir n'était plus là. Effectivement, sur la fin, au bout de cinq ans ensemble, le désir était quasiment absent. Du coup, à temps d'achat avec ce premier pas, je me souviens même la dernière fois qu'on a vraiment fait l'amour, je lui ai littéralement dit « tiens, viens, on fait l'amour ». Lui, il dit « non, non, il ne voulait pas ».
Du coup, je suis parti me coucher, comme j'étais frustré sexuellement, j'ai pas réussi à dormir, j'ai passé deux heures sans pouvoir m'endormir. Au bout de deux heures, il a finalement consenti à venir dans le lit, il était chaud pour faire l'amour, donc j'ai dit ok, on y va, ça y est. Puis à la fin, je me suis pris quand même un taquet dans la gueule, t'as vu l'heure et tout ça, c'est pas sorti qu'on va faire l'amour, demain il faut que je me lève, etc. Donc c'est vrai qu'au final, j'étais là en mode super, yes, génial !
et du coup à ce moment là tu voyais ta sexualité plutôt en monogamie non en exclusivité pardon oui tout à fait on était exclusif enfin je croyais qu'on était exclusif j'ai découvert un peu plus tard après qu'en fait on était pas exclusif mais sur le coup voilà quoi je pensais au sexe comme plutôt un devoir à faire tout simplement vraiment clairement un devoir à faire pour faire passer le temps
Vous en parliez de sexualité. Tu disais que tu te sentais frustré et que tu attendais que ce soit lui qui fasse le premier pas. C'était un sujet de conversation dans votre couple, la sexualité ? Non, parce qu'en fait, on ne parlait pas beaucoup. Tout simplement, on n'avait pas beaucoup de sujets de conversation. Et même au niveau des points en commun, on avait beaucoup de sujets de désaccord. On avait du mal à faire des activités ensemble aussi. Donc, il y a beaucoup de choses comme ça, beaucoup de points rouges en fait.
qui aurait dû me faire ouvrir les yeux beaucoup plus tôt que ça. Moi, ça fait partie de mes objectifs. Je trouve que je n'ai pas réussi à parler comme il faut et suffisamment de sexualité dans mes couples. La capacité, tu vois, quand tu te connais petit à petit, d'arriver à continuer à parler de pratiques, de fantasmes, de désirs. Moi, je trouve ça pas évident.
j'avais quand même essayé d'aborder 2-3 sujets par exemple à un moment j'avais regardé des jockstrap je lui ai dit tiens je trouve ça super s'utilisant t'en penses quoi et tout ça sa réponse était non oui ça me plaît pas et tout ça et puis si t'en portes un tu pourras jamais le porter dehors parce que je veux pas que d'autres mecs te voient avec et tout ça donc au moins j'ai fait ok bon bah stop ok j'arrête j'arrête de regarder ça c'est pas un truc qui lui lui plaît donc du coup c'est un truc qui ne doit pas me plaire à moi il était aussi méga jaloux
certaines boutiques par exemple une fois on allait à Disneyland tout simplement le vendeur il m'a fait un sourire et tout ça lui il était là il a pas apprécié après il m'a dit clairement je t'interdis d'aller dans cette boutique tout seul maintenant à cause du seul vendeur donc voilà il y avait la grosse jalousie mal placée aussi donc du coup qui fait qu'au final bah moi j'étais là en train de me dire mince à quoi je sers aussi un peu
Du coup, tu n'as pas pu acheter tes oreilles de Mickey ? Du coup, non, effectivement, non. C'était la boutique Star Wars, donc du coup, je n'ai pas pu acheter tous mes porte-clés Yoda que je voulais. Ce n'est pas grave, je me suis vengé plus tard. C'est vrai que je ne t'ai pas proposé de te présenter sans parler de sexualité. Dans notre pré-entretien, tu t'es décrit comme un geek sexiste.
Tout à fait voilà donc oui bonjour je m'appelle JB j'ai 36 ans depuis un peu plus d'un an sur mon profil Grindr je travaille dans la communication et c'est vrai que je suis assez geek assez porté sur les jeux vidéo même si là j'ai fait une petite pause en ce moment parce que les jeux vidéo ont tendance à être assez addictifs et là j'ai décidé de faire une petite pause pour pouvoir de reprendre un peu plus tard.
Quoi dire d'autre ? Je suis banlieusard et fier d'être banlieusard, puisque en banlieue, vous pouvez avoir un super appartement pour... Au niveau de la surface, c'est deux fois moins cher qu'à Paris, donc pour moi, ça ne me dérange pas. Le seul inconvénient, c'est qu'arriver minuit, il faut faire comme Cendrillon et prendre le dernier RER pour rentrer. Est-ce que tu veux te décrire physiquement ? Alors, j'aime bien me décrire physiquement en disant que j'ai un corps de rêve, mais plus de rêve que de corps.
Voilà, c'est à peu près ça. Je suis blond, j'ai des yeux bleus qui en général, tout le monde me dit que j'ai des super yeux. Moi, c'est les miens, je n'arrive pas à les voir, donc j'ai des vies tellement en même temps que je ne sais plus. J'ai aussi une calvitie qui commence un peu à progresser sur les côtés, mais bon, ça c'est un peu mon dilemme des cheveux et bon, ça c'est autre chose. Je suis team calvitie. Voilà, ça arrive au fur et à mesure, mais bon, j'assume plus ou moins, on va dire. C'est parfois un sujet sensible, parfois non, mais voilà.
En vrai, la calvitie, c'est un vrai sujet pour les hommes et tous les hommes. Perdre ses cheveux, tu le vois un impact sur ton estime de toi ?
Non je vois plutôt un impact sur la rigolade en fait tout simplement c'est pas quelque chose qui me dit en mode c'est mince je perds mes cheveux donc du coup je suis plus attirant ou alors c'est quelque chose qui a vraiment pas d'impact c'est plutôt quelque chose que je prends je sais que c'est comme ça je sais que c'est dans la famille qu'il y a une petite perte de cheveux qui se fait au fur et à mesure c'est comme ça j'ai appris à vivre avec c'est comme ça.
Du coup, si on revient à ce que tu nous racontais sur l'avant-prêpe, tu étais dans un couple et tout s'est arrêté le jour où tu t'es rendu compte qu'il te trompait, c'est ça ? C'est ça, voilà. C'était vraiment un dernier goût d'eau qui a fait que là, j'ai dit stop. Et donc du coup, là, c'était un stop assez violent. Mais c'était aussi un moment où j'avais besoin aussi que les choses bougent parce que ce n'était pas possible. Tu l'as découvert comment ?
En fait, il était parti depuis deux semaines chez des amis parce qu'il était en arrêt maladie et qu'il ne pouvait plus me voir en fait. Il m'a envoyé ça par SMS, donc super génial et tout ça, donc moi j'ai quand même essayé de le soutenir encore.
J'ai pas compris, il t'a indiqué qu'il se sentait mal et qu'il quittait votre appartement ? Tout à fait, voilà, c'est exactement ça. Qu'il avait besoin de temps seul ?
Et puis c'est un jour où j'allais à la piscine, j'ai passé une bonne journée à la piscine, un bon après-midi à la piscine, un truc qui est bien étendant, qui m'a fait du bien de prendre du soin de moi et tout ça. Puis je rentre chez moi et là j'ai un mauvais pressentiment, mais vraiment un méga mauvais pressentiment.
Et là, je fais « Ok, on va suivre ton intuition ». Je me crée un compte Grindr. Je savais où il était chez des amis. Donc du coup, je fais explorer la localisation, voir qui est là. Et là, qui je trouve ? Mon ex avec des photos qui datent de l'an dernier et tout ça. Là, j'ai fait « Ok ». Du coup, je l'ai appelé. Je l'ai appelé histoire d'avoir déjà deux, trois réponses par rapport à des trucs qu'on avait laissés en suspens. Histoire d'avoir moins des réponses pour moi.
Et tu parles de quoi ? Des réponses par rapport à des différends qu'on avait, autres différends dans notre couple, notamment par rapport à nos finances, par rapport aussi à l'usage de stupéfiants, des choses qui empoisonnaient un peu notre couple.
Et après, je lui lâche la bombe, clairement, et je lui fais « Voilà, c'est bon, tu vas arrêter, je t'ai vu sur Grindr, donc voilà, c'est quoi le problème ? » Et là, bien sûr, il m'a sorti l'excuse classique que c'était de ma faute, bien évidemment, parce que je ne lui faisais pas l'amour. Ce à quoi je lui ai répondu « C'est normal, ça fait deux semaines que tu viens de quitter l'appartement, comment tu veux que je te fasse l'amour ? » Sur ce, il m'a répondu « Oh, tu m'énerves, je raccroche, on en reparlera quand je reviendrai. »
Et donc, j'ai décidé de le quitter de la façon la plus classe du monde, par SMS, tout simplement. Et c'est quoi le lien avec la PrEP ? Le lien avec la PrEP, en fait, c'est que, suite à ça, comme j'apprends que mon mec m'a trompé, et que du coup, la relation que je pensais qui était exclusive n'en était pas une, du coup, je me mets en direct chez mon médecin traitant. Je fais, voilà, écoutez, là, je viens de rompre, je viens d'apprendre qu'on m'a trompé, donc du coup, ça serait possible d'avoir un bilan IST complet, s'il vous plaît ?
IST ? Infection sexuellement transmissible. Du coup pour vérifier que du coup j'ai pas chopé un truc parce que du coup moi j'étais juste en protection depuis 5 ans avec lui. Parce qu'au téléphone il te dit qu'il a eu des rapports sexuels avec d'autres personnes non protégées ?
Non, au téléphone, il ne me dit pas ça. Il me dit qu'il vient juste d'ouvrir un compte Grindr il n'y a pas longtemps et que c'est de ma faute. Sur quoi j'ai fait « Ouais, c'est bon. » Mais tu n'as pas confiance et donc, du coup, tu veux aller faire un bilan IST chez le méta ? Clairement. Au moment où c'est mis sur Grindr, ce n'est pas pour juste regarder le menu. D'autant plus qu'on avait eu une conversation un peu deux ou trois semaines avant avec un couple qui s'était arrivé notamment.
Et donc, du coup, lui, il était en mode, ouais, mais c'est inadmissible. Le mec était sur Grindr, forcément. L'autre, il va le quitter. Enfin, c'est pas inadmissible d'aller sur Grindr quand t'as un couple et tout ça. Et lui, il me fait la même. Donc, je fais, non, c'est bon. Arrête, c'est bon. Deux poids, deux mesures, c'est bon, ça suffit. Donc, du coup, j'ai chez le médecin. Je dois avoir un bilan et c'était complet. Et là, timidement, je pose la question. Voilà, quoi, je vais retourner bientôt, du coup, sur le marché des célibataires. Je sais que les choses ont changé depuis l'époque. Donc, c'était en 2019, tout ça.
Je dis, ouais, je sais qu'il y a des nouveautés, notamment par rapport à la PrEP. Qu'est-ce que vous en pensez ? Et là, j'ai vu mon médecin qui m'a dit, mais c'est une super bonne idée. C'est génial. Elle était vachement partante. Du coup, j'ai fait, oh, merci beaucoup. Elle commence à me donner beaucoup de liens et tout ça. Elle dit, allez voir là, allez voir là, allez voir là. Là, je la canne tout de suite. Je lui mets un sable. Je lui dis, oh, on va se calmer un peu. Là, c'est bon. Ça fait 48 heures que je suis célibataire. Tu t'emballes. Voilà, tu t'emballes un peu. Là, on va d'abord se reconstruire un peu. Ma priorité numéro une déjà, c'est de quitter l'appartement. On verra ça plus tard
Donc voilà, je mets ça un peu de côté, le temps de me reconstruire un peu, moi, mentalement, physiquement et tout ça, et de réfléchir un peu à tout ça. Du coup, tu es sous PrEP depuis combien de temps maintenant ? Je suis sous PrEP depuis juin 2020, en fait. Et qu'est-ce que ça a changé ? En quoi ça a été un déclic pour toi ?
Le déclic en fait ça s'est passé justement avec ça a lieu aussi pourquoi est-ce que j'ai pris la PrEP parce que du coup moi j'ai commencé à me reconstruire un peu donc du coup à partir de septembre août 2019 du coup je commence à me reconstruire et tout ça même si j'ai mis on va dire facile 3-4 mois avant de faire un premier plan c'est catastrophique bien entendu
faire des premières approches sur le calendar totalement catastrophiques, j'étais totalement à la ramasse et tout ça, mais bon on arrive début 2020 où ça commence à aller un peu mieux, où je me sens un peu plus en confiance, j'arrive à faire 2-3 plans où je commence un peu plus à prendre mon pied, un peu plus à explorer mon corps, à me dire qu'en fait effectivement on peut avoir une sexualité un peu cool en fait, donc du coup là c'est content, et là arrive mars 2020, et qu'est-ce qui se passe en mars 2020 ?
Le confinement ? Le confinement. J'ai eu peur de ne pas trouver la réponse. Non, ça, on ne peut pas oublier. Confinement où tout s'arrête. Là, on est tous arrêtés pendant... Du coup, on ne fait rien. Moi, je suis un gentil citoyen qui est très carré par rapport à tout ça. Donc, du coup, de mars 2020 jusqu'à mai, je ne fais rien du tout. C'est génial, c'est l'éclate. Moi, c'est l'éclate, on fout.
On ne va pas revivre ce moment-là. Mais du coup, quand la fin du confinement arrive, il y a une super campagne que je vois passer sur les réseaux sociaux de haine. Des confinements du cul qui proposent l'envoi d'autotest VIH qui part du principe qu'on a été en confinement, on n'a tous rien fait en théorie pendant huit semaines. C'est le meilleur moment pour faire un autotest VIH pour savoir si justement on est porteur ou non du VIH.
Oui, parce que l'autotest est capable de te dire ton statut sérologique d'il y a huit semaines, c'est ça ? Je crois qu'il y a un délai avant que ce soit vraiment bien. Si tu as eu un rapport à risque dans la semaine qui vient, l'autotest n'a pas la sensibilité pour te dire si tu es devenu séropositif ou pas ?
— Tout à fait, voilà. — Mais du coup, comme ça fait plusieurs semaines que, normalement, les gens sont des bons citoyens à rien faire, c'était malin comme campagne ? — Oui, c'était très malin. — Du coup, tu le fais ? — Du coup, je le fais, effectivement. Du coup, je le fais. Donc du coup, il fallait envoyer un e-mail et laisser son numéro de téléphone. Donc du coup, je me fais rappeler par un conseiller d'adressation aide. Je lui explique que...
que j'avais à faire du coup à recevoir un OTT VIH et là le mec il me vend bien son truc vraiment il me dit ah ok c'est bien et tout ça écoute t'en es où de te donner un dépistage je dis ouais mon dernier dépistage il date d'il y a août dernier et tout ça il me dit ouais c'est pas cool tu sais qu'il faudrait en faire tous les trois ouais je sais il faudrait en faire tous les trois mois il me dit tu voudrais pas faire un dépistage complet en laboratoire je fais
« Allez, vas-y, dépistage en laboratoire. » Après, il me dit « Et la PrEP, tu connais ? » Je dis « Ouais, j'en ai entendu parler, mais je ne sais pas si c'est pour moi ou pas. » Il me dit « Allez, ça ne te dirait pas de faire aussi toutes les analyses complémentaires pour faire la PrEP ? » Et puis, je te rappelle, dans une semaine, pour te relancer sur ça, je lui dis « Allez, vas-y, ok, pourquoi pas ? » Donc, je lance l'ordonnance pour les analyses. Il me rappelle une semaine après.
Et puis, voilà, il me reparle de la PrEP. Il me dit « Ouais, tu sais que la PrEP et tout ça, du coup, c'est cool parce que, du coup, ça te force à te faire un dépistage tous les trois mois. Donc, du coup, si toi, t'oublies de faire les dépistages, du coup, tu seras obligé de faire un dépistage tous les trois mois. » Et là, du coup, je fais « Ok, cet argument m'a su, ça m'a convaincu. Ok, allez, vas-y, c'est bon. Commençons le protocole pour faire la PrEP, du coup. »
Mais tu n'étais pas obligé de prendre la PrEP, tu pouvais mettre un rappel agenda, toi le geek, un rappel agenda tous les trois mois pour prendre un rendez-vous en ligne, pour faire des analyses de laboratoire. Tu peux aussi toi-même organiser ton suivi, tu n'as pas besoin de la PrEP pour ça ?
Non, il n'y a pas besoin de la PrEP pour ça. Mais moi, je me connais et je sais que comme tout être humain, je vais avoir une solution de facilité. Et s'il y a un truc que je peux oublier, je l'oublierai en fait, tout simplement. Toi, c'était vraiment cette histoire d'oubli. Ce n'était pas les bénéfices de la PrEP qui t'ont attiré d'abord vers la PrEP ?
Effectivement. Il y a deux choses. Il y a effectivement le fait d'avoir tous les trois mois un test qui m'a dit « ok, c'est bien, je commence à devenir adulte, ok, faisons ça ». Et il y a aussi un autre côté un peu plus philosophique dans la PrEP qui m'a aussi attiré. On est quand même dans un pays, en France, on est quand même une puissance mondiale.
On a accès à un outil qui est quand même assez révolutionnaire pour justement lutter contre la pandémie de VIH dans le monde. Et c'est cool, du coup, nous on peut en profiter en plus gratuitement.
Je pense que c'est important et c'est peut-être même limite militant aussi de l'apprendre. Parce que du coup, on se dit qu'on participe à notre mesure dans la lutte contre cette pandémie aussi. C'était vraiment les raisons qui, au début, m'ont fait pousser vers la PrEP. Au début, je suis rentré vraiment là-dedans à cause de ça.
Du coup, il y a deux façons de prendre la PrEP. On n'a jamais défini la PrEP, mais il n'est jamais trop tard. Pour celles et ceux qui seraient encore en train d'écouter en se disant mais de quoi ils parlent depuis le début, ce qui n'est quand même pas très intéressant. La PrEP, c'est le fait de se médicamenter, de prendre un médicament qui va bloquer le VIH si jamais tu fais un rapport, si tu as un rapport à risque. Dans ce cas-là, tu n'as pas le VIH, c'est ça ? Et c'est fiable à 100% selon toi ?
C'est ça. Alors, en gros, la PrEP, ça ressemble à une sorte de gros doliprane, en fait. C'était la marque, en fait, qui peut être de couleur vert ou bleu. C'est un médicament, moi, j'ai décidé de le prendre en continu, mais c'est-à-dire que je le prends tous les jours à l'heure plus ou moins fixe. Il y a un créneau d'environ deux heures pour le prendre.
En gros, ça agit comme un pare-feu sur Internet. Je suis très geek, donc du coup, j'ai utilisé la métaphore du pare-feu. Et de Star Wars, s'il te plaît, c'est ton défi.
Avec Star Wars, définir la pré par Star Wars, ça je ne sais pas, je ne pourrais pas dire. C'est un pare-feu contre le VIH. C'est vraiment un pare-feu contre le VIH qui fait effectivement, si on est en contact avec une personne dont la charge virale est élevée, et c'est souvent des personnes qui ne sont pas dépistées et qui ne le savent pas, et donc par rapport à ça, c'est un médicament qui du coup empêche d'être devenu à son tour porteur du VIH.
Parce que c'est vrai qu'on peut oublier, mais quelqu'un qui a le VIH, qui est séropositif et qui prend son traitement, il est, on dit, indétectable, ce qui fait qu'en fait, il ne peut pas transmettre le virus.
Tout à fait. Et ça, c'est quelque chose que j'ai découvert aussi au moment où j'ai commencé à prendre la PrEP. Parce que du coup, mon côté geek, ça veut dire que je suis geek au sens large. Donc du coup, ça veut dire que je suis aussi curieux. Et qu'avant de prendre la PrEP, je me suis un peu renseigné notamment. Et c'est là que je savais déjà que les personnes qui vivent avec le VIH pouvaient être indétectables. Mais je ne savais pas qu'indétectable voulait dire intransmissible. C'est le fameux « you equal you ».
qui a notamment fait un peu les sujets d'un épisode de Drag Race France cette année. Mais effectivement, you equal who you, undictatable veut dire intransmissible, une personne qui est... C'est en anglais, c'est ça, undictatable. Undictable, intransmissible. J'aurais pas fait mieux que toi, je t'ai laissé le dire, et c'est très bien, c'est très clair. Donc ça, c'est le fait que quelqu'un qui porte le VIH ne le transmet pas s'il prend soin de sa santé.
Voilà. Et non seulement il ne le transmet pas, mais en plus, comme il est déjà sous médicament, il ne peut pas l'attraper à nouveau. Donc en fait, moi, ce que je le vois, je crois qu'il y a d'autres personnes qui pourront en parler beaucoup mieux que moi, notamment les personnes qui vivent avec le VIH qui pourront en parler beaucoup mieux que moi. Et je pense que c'est mieux que ce soit une personne qui vit avec le VIH qui en parle...
Mais du coup, toi, le moment où tu te dis que tu vas prendre la PrEP, c'est quoi ? Est-ce que tu avais des inquiétudes particulières ou des questions particulières ? Première inquiétude que j'avais, c'est de savoir est-ce que déjà mon corps allait tolérer ou pas le médicament ? Parce que c'est un truc à prendre tous les jours. Au final, je me suis rendu compte que j'en ai eu juste pour une petite semaine d'avoir mal au ventre, en fait. Et que ça, c'est pas grand-chose au final.
Autre inquiétude que j'avais ? Non, pas vraiment, parce que je sais que je m'étais renseigné sur notamment les différents essais cliniques qui avaient été faits, notamment un essai clinique, je crois que c'est hyper gai entre la France et le Canada, si je ne dis pas de bêtises.
qui a un essai clinique qui s'était arrêté prématurément parce que le comprimé en lui-même de PrEP avait eu plus de succès. Il y a un succès tellement fort que de continuer l'étude avec un placebo n'était plus éthique. Donc du coup, par rapport à ça, moi, je n'avais aucune inquiétude par rapport à tout ça.
Donc, tu décides de la prendre. Oui, je me resserre de l'eau en même temps. Pendant ce temps-là, je peux raconter que moi, c'est marrant qu'on se rencontre maintenant, mais je viens de commencer la PrEP. Donc, j'ai suivi le même parcours que toi. En tout cas, les mêmes questions que toi, pas toutes. Moi, j'avais quand même l'inquiétude de prendre de la chimie.
de prendre un médicament chaque jour en me disant je suis pas malade et ça c'est juste c'est libre à chacun mais moi personnellement je préfère ne pas avoir de médicament quand je peux donc j'avais cette question là et l'autre truc c'est que j'ai pas du tout mal au ventre et je l'apprends depuis depuis vendredi et on est lundi on est lundi effectivement
Donc, c'est vraiment tout neuf et possiblement, j'aurai mal au ventre après. Pour le moment, pas. Du coup, tu étais en train, je te demandais quelles étaient tes questions clés. Tu as répondu autour de la PrEP et tu te mets à prendre la PrEP. Je me rappelle que tu m'as dit dans le pré-entretien que ça ne t'a pas tout de suite libéré. Il y a eu quelques mois d'adaptation. Est-ce que tu peux me raconter ?
Oui parce que c'est vrai qu'au début en fait il y a eu plusieurs phases, je commence à prendre la PrEP, je continue à avoir des rapports sexuels et à redécouvrir du coup ma sexualité, on sort du confinement donc du coup là tout était en pot donc il y a toute une machine qui se remet en route pour se redécouvrir sexuellement et tout ça.
Des contacts à prendre et tout ça. Donc je commence à avoir à nouveau des rapports sexuels. Je commence à en faire du coup sans préservatif, avec des personnes et tout ça. Mais je commence tranquillement, je continue à avoir une sexualité un peu classique et tout ça, sans trop me poser de questions.
Jusqu'à mon premier bilan d'analyse où je vois que tout était négatif. Je suis super content, je fais génial. Du coup, je pousse un peu plus loin les choses et tout ça. Et au fur et à mesure...
Au fur et à mesure de faire les analyses, je me rends compte qu'effectivement, je me pose... Parce que suite à ces premières analyses qui sont positives, il y a une petite période de faux aussi qui arrive, qui dit « Vous savez, c'est cool, maintenant je peux tout faire ». Et donc du coup, il y a une période où je me dis « Ok, c'est bon, je peux enchaîner les plans bareback, donc du coup sans préservatif, sans me poser de questions, je suis invincible et tout ça ». J'ai eu une petite période comme ça, qui s'est calmée après.
Et je me suis posé du coup la question, ok, tu prends la PrEP et tout ça, la lune de mai elle est passée, maintenant qu'est-ce que ça va apporter dans ta vie ? Qu'est-ce que toi, JB, ça fait que toi maintenant tu te sens mieux ? Parce que jusqu'à ce point-là, elle ressemble à quoi ta sexualité du coup ? Tu dis je rencontre des gens, un sexe un peu vanille, donc t'es passif, c'est ça que j'entends ? Oui, à l'époque j'étais déjà en train de devenir plutôt polyvalent, je me décrivais plutôt comme polyvalent.
C'est-à-dire que tu pénètres et t'es pénétré ? Tout à fait. En train de découvrir mon côté plus actif, en train de découvrir que je pouvais trouver du plaisir aussi en tant qu'actif. Mais je restais un peu classique dans des plans trouillés sur Grindr avec des mecs que je ne voyais pas forcément après et tout ça.
T'as pas de plaisir particulier que t'as identifié dans cette exploration ? Pas au début, au début non, parce que j'ai encore du mal, parce qu'une relation de 5 ans quand même ça s'efface pas du jour au lendemain, même si on aimerait bien parfois. C'est pas aussi pratique que de mettre tous les meubles dehors, ça fait autre chose. Mais du coup je me pose la question, qu'est-ce que ça m'apporte ? Et je me rends compte que le premier effet bénéfique que ça m'apporte,
c'est que d'un coup, j'ai plus peur de... Quand j'ai un rapport sexuel, j'ai plus peur. J'ai plus peur d'attraper une IST. Et donc, du coup, ça soulage d'un point, en fait. Parce que je me dis que... Déjà, le VIH, du coup, c'est impossible de l'avoir avec la PrEP. Et qu'avec le dépistage tous les 3 mois, même si je suis en contact avec une IST, du coup, sous 3 mois, j'aurai un traitement.
Et donc du coup, ça me libère d'un poids. Je me dis, ça y est, c'est bon, t'as plus à te soucier de, mince, qu'est-ce qui s'est passé, zut, j'ai eu un problème préalatif, il a craqué, c'est la fin du monde et tout ça. Non, on peut oublier tout ça et maintenant commencer à se concentrer vraiment sur la recherche du plaisir.
Parce que du coup, ce que je comprends, c'est que toi, après les rapports sexuels que tu avais avec Préservatif, tu avais des inquiétudes sur, ah zut, est-ce que j'ai chopé une IST ou pas ? Ou c'était juste sur, quand le Préservatif craquait, tu t'en inquiétais, et à juste titre ?
Je flipotais un peu dans les deux cas. Là, c'est le moment où on va faire un peu flipper tout le monde. Excuse-moi, c'est le moment un peu moins drôle du podcast. Mais au niveau santé sexuelle, il y a un peu ce mythe ou je ne sais pas quoi, qu'en fait, on peut attraper une IST juste avec une pénétration sans préalabilité et éjaculation.
Mais en fait non, c'est pas ça, parce que tu peux même attraper une chopée, une IST, une gonorrhoa, un tout genre là, juste en suçant un mec sans préservatif. Ça t'est arrivé du coup ? Non, moi ça m'est pas arrivé. C'est marrant, donc ça t'est jamais arrivé d'attraper une MST ou une IST, mais t'avais cette inquiétude suffisamment pour que ça bloque ta sexualité, c'est ça ?
Oui, effectivement. J'ai eu 36 ans depuis plus d'un an sur Grindr. Ça fait deux fois et je n'ai pas compris. C'est une blague ? Explique-moi ta blague. Ma blague, c'est que je ne fais pas mon âge. Du coup, j'en profite pour ne pas remettre à jour mon âge sur Grindr. Je ne sais pas l'année prochaine quel âge j'aurai. Là, je suis resté à 36. Pour le moment, ça passe encore. Je ne sais pas jusqu'à combien de temps je pourrais avoir 36 ans. Je ne sais pas si dans 10 ans, je pourrais toujours avoir 36 ans, mais j'espère bien.
C'est un problème pour toi de vieillir, d'être vieux sur Grindr, d'avoir 37 ans sur Grindr ?
Non, ce n'est pas un problème. C'est juste quelque chose qui me fait rire parce que j'ai la chance de pouvoir, du coup, faire moins que mon âge. C'est quelque chose qui, au début, dans ma jeunesse, début d'adolescence et quand j'avais même 20 ans et tout ça, assez dur à porter. Mais maintenant, je suis méga fier quand même. Parce que toi, tu cherches un type de mec particulier qui aime les plus jeunes ? Non, pas du tout. C'est juste pour me la péter auprès des autres mecs qui ont facile 35 ou 40 ans. Et tu vois qu'il fait « Ah ouais, toi, on voit que t'as 40 ans et tout ça ».
Mais non, parce que tu peux pas te la péter, puisque sur Grindr, comme tu mets pas le vrai âge, ils peuvent pas voir que tu fais pas ton âge. Moi, j'entends quand même que t'as l'impression que tu vas avoir plus de succès si t'es plus jeune sur Grindr. Est-ce que c'est ton cas ou pas ?
C'est pas plus de succès. Je sais qu'il y a des âges psychologiques dans Grindr au niveau des filtres qui sont là. Tu vois souvent dans les profils pas plus de 35 ans et tout ça des mecs. C'est vrai. Du coup, je me suis dit ok, je reste à 36 sur ce moment-là. C'est juste pour ça, pour aborder, pour avoir plus de chances de faire des rencontres tout simplement. Mais est-ce que les gens qui mettent sur leur profil pas plus de 35 ans méritent ton temps ? Non. Je dis ça parce que j'ai plus de 35 ans, je pense que je suis ultra vexé. Je suis une mauvaise personne.
Non, franchement, non. Ces trucs-là, je vois et je parle, je suis OK, c'est bon. J'aime bien aussi, moi, j'aime bien tous les mecs qui marquent nos tables sur leur profil, leur envoyer exprès une table juste pour les faire chier. C'est quoi une table ? C'est quand on voit juste une petite flamme, en fait, pour dire, hé, ton profil m'intéresse, en fait. Et j'aime bien juste leur envoyer ça, parce que voilà.
En vrai, je l'ai aussi déjà fait. Les gens qui disent « surtout faites pas ça » et qui m'engueulent sur leur profil, j'avoue, je le fais. Parfois, quand j'ai apparemment du temps à perdre. Donc toi, le moment... C'est vachement intéressant parce que moi, j'ai décidé de prendre la PrEP justement parce que j'avais vraiment... Je suis hypochondriaque des MST. J'arrivais après des rapports sexuels protégés où en fait, les pratiques qui ont été réalisées
permettent ultra difficilement le transfert de MST, tu vois. J'arrivais quand même après à avoir des inquiétudes profondes que moi, je pense, viennent de ma difficulté à accepter mon homosexualité dans le passé, mais je continuais à porter ce bagage de culpabilité et de peur. C'est pour ça que je suis allé vers la PrEP. C'est marrant, mais toi, on a l'impression que tu es arrivé dans la PrEP un peu par hasard et qu'après coup, tu t'es rendu compte de son potentiel libérateur ?
J'ai quand même eu les mêmes inquiétudes que toi, parce qu'à l'époque, dans les années 90, je me souviens d'un reportage sur France 2, où c'était encore FR2 à l'époque, je ne sais plus, le journal de la 2 qui m'avait marqué. C'était un reportage sur la pandémie de VIH, avec des statistiques et tout ça, sur la probabilité d'obtenir...
Quand un partenaire était positif, que l'autre partenaire soit positif ou non, attrape-lui aussi le VIH. Et moi, ce que j'en avais retenu à l'époque, parce que j'étais tout jeune, tout ça du reportage, c'est que tu pouvais avoir le VIH à partir du moment où tu avais une relation sexuelle non protégée, tout simplement. Que ça arrivait spontanément, en fait. Donc du coup, c'est vrai que ça, au début, c'est pas vrai. On peut avoir ça d'un coup qu'on arrive, paf, comme par magie. C'est le cas, non ?
En fait, non. Dans mon imaginaire que j'avais, c'est entre deux personnes qui n'étaient pas porteuses du VIH. Si elles avaient un rapport sexuel non protégé, elles pouvaient avoir le VIH.
Donc voilà, j'ai été un peu, par rapport à ça, un peu traumatisé par rapport à ce reportage-là. J'ai mis plusieurs années à comprendre que je m'étais totalement gouré sur ce point-là. Mais c'est vrai qu'au niveau sexualité, je me suis dit « mais je ne ferai jamais l'amour, ce n'est pas possible, c'est trop risqué ». Toi, tu as l'impression d'avoir baigné dans des messages « homosexualité égale maladie ».
On a une grosse tendance à avoir, surtout des campagnes assez fortes sur le VIH et sur le sida par rapport à ça, des messages assez chocs, assez violents, qui ont fait que moi, quand j'avais un adolescent par rapport à tout ça, j'avais du mal à me trouver là-dedans. Donc du coup, c'est vrai que ça portait un coup aussi par rapport à ma sexualité et tout ça.
Du coup, tu prends la PrEP, tu as un moment lune de miel en mode c'est la fête, tu dis j'enlève le préservatif. Pour toi, c'était important de pouvoir avoir des pénétrations sans préservatif ? Ça change beaucoup ton épanouissement sexuel ?
c'est pas tant le fait de retirer le préservatif qui a changé mon épanouissement social, ce qui a vraiment changé, c'est que d'une part, moi, du coup, j'étais à la recherche du plaisir, du désir, et donc de nouvelles sensations. Et c'est surtout, du coup, d'en parler, du coup, avec mes partenaires, de voir, leur demander où ils en étaient, justement, dans leur statut sérologique aussi, savoir s'ils étaient, si c'est les tests et tout ça.
et je me suis rendu compte assez rapidement que quand j'étais avec des partenaires qui eux aussi prenaient soin de leur santé sexuelle et qui du coup étaient dans le même trip que moi je fais ok on sait que les ISC ça existe mais bon on va s'en protéger au maximum soit en prenant la PrEP soit en étant sous TASP soit en faisant des tests réguliers bah du coup eux aussi ils avaient compris que les risques et les bénéfices qu'on était dans le même dilemme et que quand on décidait comme un accord de retirer le préservatif
Du coup, on se concentrait tous les deux sur la recherche du plaisir, du désir. Et que du coup, c'était bien meilleur d'un coup. Mais toi, tu as l'impression que le préservatif est un bloqueur de joie sexuelle ? Non, pas du tout. Ce n'est pas le préservatif qui est un bloqueur. C'est plutôt la conversation. Je crois entendre que c'est le fait, avec un partenaire, de parler de santé sexuelle et de voir que les deux sont au clair avec les enjeux et tout. C'est ça qui te détend, non ? Plutôt que le préservatif ou pas ?
Totalement, c'est ça qui me détend et c'est ça aussi qui est mon partenaire, de savoir qu'on est tous les deux sur la même longueur d'onde. Parce qu'il faut savoir que la PrEP, avant tout, c'est quelque chose d'assez égoïste. Tu la prends pour toi en premier, et là, je te dis que je prends la PrEP, t'as littéralement aucune raison de me croire sur parole. De la même façon que tu m'as dit que toi, tu as commencé à prendre la PrEP, je n'ai littéralement aucune raison de te croire sur parole. Et que là, si tu m'y viens, là, on a un rapport sexuel, je te dirais, écoute, ouais, mais on va commencer par un préalatif, je te connais pas assez, je sais pas du tout où tu en es, donc...
On va baisser avec une capote, déjà. Mais si jamais, toi, tu sais que tu prends la PrEP, ça, pour le coup, tu sais que tu sais toi-même. Pourquoi mettre un préservatif, puisque tu ne peux pas attraper le VIH, du coup ? Parce qu'il y a d'autres IST, quand même, et qu'il faut se protéger. Il y a aussi d'autres IST. Que tu peux attraper en faisant une fellation ?
Par exemple, effectivement, on compte sur les doigts d'une main les mecs qui font une fellation avec un préalatif sur Paris. Et encore, je pense qu'une doigt d'une main, c'est généreux. Donc du coup, ce que je vois, c'est que quand tu ne connais pas quelqu'un, bien que toi tu prennes la PrEP et que ça te protège contre le VIH, tu demandes quand même un préalatif pour la fellation et la pénétration ?
Pénétration. Félation, non. Je ne demande pas le préservatif parce qu'effectivement, je suis partie d'un de ces mauvais garçons qui ne demande pas ça. Pourquoi garder le préservatif ? Je comprends bien que le préservatif te protège de certaines IST, mais quand tu suces, il y a un risque. Pourquoi tu le prends sur la félation, mais tu ne le prends pas sur la pénétration ?
Parce que je suis joueur. Parce que je suis joueur aussi et parce qu'on va dire les sensations ne sont pas vraiment les mêmes aussi. Et aussi, soyons honnêtes, si c'est une belle queue aussi, ça fait du bien aussi, on va dire. Il y a deux, trois petits trucs qui se passent et tout ça. C'est beaucoup plus agréable sans préparatif qu'avec un préparatif. Je pense que là, c'est un truc où on peut être tous à peu près d'accord. Autant le plaisir anal, c'est un truc qu'avec un préparatif, ça passe. Franchement, il n'y a aucun souci.
Mais voilà, c'est quelque chose que, dans un premier temps, je dis, OK, on presse sur la capote et tout ça. Après, c'est vrai avec la personne, on en discute. Et c'est quelque chose non plus que je n'impose pas. Parce que là, c'est aussi un truc qui est aussi important, je pense, de préciser, mais qui va un peu plus loin. Retirer un préservatrice sans l'accord de son partenaire, c'est un non, ça t'appelle un viol, tout simplement. Et ça, clairement, ça ne me fait pas triper. Le consentement, ça me fait triper, mais par contre, pas le viol.
Toi, ça t'est arrivé ? Non, ça ne m'est pas arrivé. Ça m'est arrivé à des proches, par contre, à des amis, qui ont pu profiter, qui ont eu le bon réflexe d'aller aux urgences, de profiter du TPE, traitement post-exposition. Donc ça, c'est un traitement qui est donné, qui doit être pris, si je me souviens bien, dans les 24 heures après un rapport sexuel à risque, qui permet d'avoir, du coup, évité...
d'être porteur du VIH si jamais la personne en face était porteuse, elle aussi, du VIH. Après, tous les deux, on n'est pas des professionnels de la santé. Du coup, je ne sais pas si c'est mes questions, mais tu n'as pas à porter la casquette du chef PrEP, TPE et ENCO. Et puis en plus, comme tu n'es pas compétent, sans être méchant, je préfère que les gens se renseignent.
Oui, carrément. Je n'ai pas eu tout le syndrome du chevalier blanc. Je ne suis pas là pour vous dire les choses à faire ou à ne pas faire. Je suis là pour raconter juste mon histoire. Et le mieux à faire pour en savoir plus sur la PrEP, c'est encore d'aller sur le site AIDES.org, A-I-D-E-S.org, slash PrEP, P-R-E-P. C'est vraiment là où il y a un super dossier qui raconte tout sur la PrEP. Et là, moi, je vous encourage à aller voir ça. Moi, tout ce que je peux vous dire, c'est mon expérience et des gens que j'ai vécu.
Je te disais juste pour que tu te détendes et que tu ne te sentes pas obligé de donner des infos médicales si tu n'as pas envie. Du coup, au moment où tu prends la PrEP, ça t'invite à mieux...
Je ne sais pas, mais en tout cas, à parler de santé sexuelle avec tes partenaires, ça te détend et tu dis que ça t'aide à mieux chercher le plaisir. Qu'est-ce que tu as découvert sur ton plaisir ? J'ai découvert que j'arrivais à prendre beaucoup de plaisir en tant qu'actif et que même beaucoup plus qu'en étant passif en fait.
Je pense que c'est aussi un choix parce que quand tu passes 5 ans à être passif et que tu ne sens rien, au moment où j'avais besoin de couper aussi, c'est pour ça que j'ai essayé au kit TC d'être un peu plus actif. C'est-à-dire que quand tu es pénétré en allemand, tu ne sens rien ? C'est ça, que je ne sentais pas grand-chose.
Je pense que si tu insères quelque chose dans ton anus, tu sens quelque chose. Ça veut dire quoi ? Enfin, je veux dire, au niveau du plaisir que j'avais, franchement, les relations sexuelles que j'avais à l'époque en tant que pastille, c'était la relation. Je me débrouillais pour que mon ex jouisse le plus rapidement possible. Après, moi, quand je me branlais pas, du coup, c'était super facile de jouir. Je lui jouissais dessus, pardon. Et il était super content. Enfin, après, il m'engueulait, mais ça, c'est autre chose.
Et du coup, toi, quand il y a un acte pénétratif, je ne sais pas pourquoi je prends des mots comme si j'étais un scientifique. Quand on m'enculait, vas-y, dis-le. Oui, je suis assez à l'aise. Mais en fait, quand tu es pénétré analement, tu avais...
Je comprends. Encore aujourd'hui, tu as peu de plaisir, c'est-à-dire que tu sens quelque chose qui rentre et qui sort, mais ça ne te fait pas kiffer, c'est ça ? Ça ne me faisait pas trop kiffer, en fait. Pourquoi tu le faisais alors ? Parce que j'étais amoureux et je suis resté cinq ans amoureux d'un mauvais garçon. Lui te disait « je suis actif » et donc tu t'imaginais qu'un rapport homosexuel obligeait à la pénétration anale ?
Et je te pose la question, j'ai... Oui, totalement. Totalement. J'étais encarté vraiment dans ce truc-là. J'étais vraiment là-dedans et j'étais un peu perdu. J'étais en perte de repères aussi. Et donc, du coup, c'est vrai que forcément, je n'avais plus aucun repère. Et donc, du coup, dans cette période où je me remets en question, où je découvre que la santé sexuelle, ça me fait du bien pour chercher des choses, je me mets à découvrir des nouveaux repères, notamment le fait d'être actif.
Quelque chose que j'avais eu l'occasion de faire, mais qui, là aussi, était compté sur les doigts de la main en 5 ans. Je pense qu'effectivement, 5 fois en 5 ans, globalement. Et là, je commence à découvrir qu'effectivement, j'arrive à trouver du plaisir et j'arrive à donner aussi du plaisir. Aujourd'hui, est-ce que tu as réessayé la pratique anal en tant que passif ou de te goder ? Est-ce que tu as essayé et trouvé une forme de plaisir en étant pénétré ou en te pénétrant toi-même ou pas du tout ?
J'ai réessayé deux, trois fois, je crois. C'était bien mais pas top, on va dire. Globalement, bien mais pas top. Aussi bien avec des partenaires qu'avec des jouets sexuels, puisqu'il y a eu le confinement aussi. Au confinement, on s'ennuie. Forcément, comme beaucoup de personnes, j'ai acheté des jouets sexuels sur Internet. C'était bien mais pas top, globalement. Ce n'est pas pour toi. Ce n'était pas top. Mais je pense que...
C'est quelque chose que ça serait une prochaine étape dans mon épanouissement, réessayer ça, trouver des bonnes personnes aussi pour arriver à faire ça. C'est quoi une bonne personne pour toi ? Aujourd'hui, je comprends que tu es célibataire, que tu as plusieurs partenaires sexuels. Tout à fait, effectivement. Et les gens que tu kiffes, ou cette bonne personne avec qui avoir un épanouissement sexuel, un bon rapport sexuel, c'est qui ? Est-ce que tu as un type en particulier, ou il y a des trucs vraiment sur lesquels tu accroches ?
Actuellement, j'accroche vraiment sur les mecs qui sont adultes, qui sont vraiment au fait de leur santé sexuelle. C'est quelque chose qui me fait kiffer parce que du coup, je sais qu'on est dans le même trip et qu'on va pouvoir du coup vraiment partir à la recherche du plaisir de l'un de l'autre. Ça, c'est un truc qui me fait vraiment kiffer actuellement.
C'est un peu étonnant comme trip, mais effectivement, c'est un truc qui me fait bien kiffer par rapport à ça. Et du coup, c'est vrai que ça m'arrive d'avoir passé du temps avec des mecs
Et d'avoir du coup un rapport sexuel qui ne se limite pas à une seule pénétration, mais à beaucoup d'échanges, de câlins, de tendresse, de communication, de paroles, avec pénétration ou non, avec beaucoup de consentement aussi, poser des questions et tout ça. Franchement, il n'y a rien de plus sensuel qu'un mec qui te suce à l'oreille trop drôlement quand tu es en train de l'embrasser, de lui faire des câlins et tout ça, qui te suce tranquillement à l'oreille. Est-ce que je peux te sucer ? Franchement, il n'y a rien de plus essentiel que ça.
c'est vraiment génial pour toi ça t'aide que dans tes rapports sexuels il y ait beaucoup de verbalisation et qu'on te demande ton avis avant de faire des pratiques c'est ça ?
C'est ça, effectivement. Le consentement, c'est quelque chose aussi qui peut être, quand c'est amené comme ça, qui est très bien. J'ai aussi essayé d'autres choses. J'ai essayé de la domination et tout ça, d'être un peu plus dominant, comme on dit, comme les stéréotypes qu'on peut voir dans les pornos. Bon, c'est un peu ridicule quand je le fais, moi, parce que forcément, j'essaie de dire, allez, vas-y, suce-moi la bite. Et puis après, je lui dis, ça va, c'est bon, ça va, t'as pas trop mal et tout ça, c'est bon, je t'ai pas fait mal. Donc, c'est un peu ridicule quand je le fais. Donc, je pense que ça, c'est pas du tout pour moi, même si j'ai déjà essayé deux, trois fois.
C'est un truc qui n'est pas fait totalement pour moi. J'ai essayé aussi d'autres trucs comme ça qui me rendent compte qu'ils ne sont pas faits pour moi. Notamment, par exemple, les plans à l'extérieur. Je me rends compte que ça non plus, ça, ce n'est pas fait pour moi. Je ne me sens pas à l'aise à l'extérieur. J'aime bien avoir quatre murs et un toit. Des trucs comme ça, je me suis rendu compte. À l'extérieur, mais au sauna, du coup. Au sauna aussi, c'est quelque chose que j'ai découvert aussi, ouais. Que j'ai découvert, ouais. C'est la PrEP qui t'a fait aller au sauna ? C'est une des raisons, parce que c'est quelque chose que je voulais faire, en fait.
que je voulais faire depuis assez longtemps et que c'est un jour, c'est un mec à qui j'avais déjà parlé et qui se passe passionné, qui me dit « Tiens, je vais au sauna ». Je lui dis « Ouais, ok, pourquoi pas, j'y vais ». J'y vais, ok, donc pour une première fois. Et cette première expérience au sauna a été catastrophique, mais vraiment catastrophique. J'ai passé trois heures à regarder mes pieds, en fait, tout simplement.
Je suis allé au sauna, au hamam, au jacuzzi, je me suis détendu et tout ça, mais j'ai littéralement rien fait. Les gens s'approchaient de moi, je baissais les yeux et tout ça et j'ai rien fait du tout. J'étais dans un endroit où je connaissais aucun des codes, donc j'ai totalement déboussolé. Mais alors donc du coup, mais totalement. Et donc du coup pour un mec quand même qui arrive à passer trois heures dans un sauna comme ça sans arriver à baiser une seule fois, c'est quand même un exploit. Faut quand même le faire exprès.
Parce qu'en fait, moi, je suis jamais allé au sauna parce que comme j'ai les boules des MST, j'ai un peu l'impression que c'est un peu un nid à MST. En tout cas, j'ai plus de chances d'avoir une MST avec des gens qui ont une sexualité libérée dans un sauna.
C'était mes croyances, je ne dis pas que c'est vrai. J'ai trop envie d'essayer. C'est sûr que la PrEP et le suivi que la PrEP invite avec du coup... Moi, c'est ce que tu disais, je le répète. Moi, c'est la PrEP, donc le bloqueur de VIH, mais aussi le fait que j'ai maintenant une professionnelle de santé lesbienne, gay-friendly, avec laquelle je ne me sens pas jugée.
et qui a des disponibilités sur Paris donc moi en fait mon ancienne médecin traitant en fait elle était dispo mais dans deux mois à chaque fois donc moi je veux aujourd'hui si j'ai des symptômes d'une IST ou autre avoir la possibilité de la contacter vite chose que j'ai donc c'est cette sécurité et c'est marrant tu disais tout à l'heure allez je suis adulte
T'as parlé de toi un peu en mode, bon bah là je prends soin de moi en adulte, c'est vraiment la chose qui m'est arrivée, d'être proactif dans ma santé sexuelle me met vraiment dans un élan. Je l'ai dit, ça fait depuis vendredi, on reste bien tranquille, mais moi je suis plutôt quelqu'un de réfléchi, ça fait longtemps que j'y pense, et je pense que ces bénéfices vont continuer à venir.
Du coup, j'ai perdu le fil de ma question, mais je te demandais, dans les saunas, j'ai grave envie, notamment parce qu'il y a ce suivi d'IST et que j'ai cette sexualité adulte. Le risque zéro n'existe pas, mais j'ai mitigé et j'ai une stratégie adulte pour y faire face. Toi, est-ce que tu es allé au sauna avant ou après la PrEP ?
Après la PrEP. Donc ça t'a débloqué aussi ? Ça m'a débloqué pour ça aussi, effectivement. Pour me dire qu'effectivement, dans tous les rapports sexuels, il y a des risques. Je minimise tout de mon côté. Donc OK, je peux essayer d'aller voir au soin comment ça se passe. En avant-guéguant ? Tout à fait, en avant-guéguant. Bon, la première fois, ça s'est pas fait. Pourquoi t'as regardé tes pieds ? C'est que t'avais peur ? Du coup, c'est quoi les codes que tu connaissais pas ? Tu lui as dit, les gens venaient à moi, je ne regardais même pas. Bah en fait...
Quand j'ai dit que j'allais regarder mes pieds, je ne m'en étais même pas rendu compte pendant toute cette première séance que j'allais regarder mes pieds. C'est le mec avec qui j'étais, qui lui était plus au fait et tout ça, qui batifolait à droite et à gauche, qui avant de partir me dit clairement, qui fait « Écoute JB, pourquoi dès qu'un mec te regarde, tu baisses les yeux ? » Et là je lui dis « Non, je ne baisse pas les yeux. » Et là il me dit « Non mais là encore, tu viens de me baisser les yeux. »
Là, je fais, ah, oui, c'est vrai, peut-être, ok. Donc, je remballe mes affaires. Et là, ça me trotte dans la tête. Et je rentre chez moi, je dis, mince, c'est vrai, c'est un truc que je voulais faire depuis assez longtemps. Et au final, j'ai juste baissé les yeux tout le temps. Donc, du coup, je me suis lancé un défi à moi-même. Écoute, JB, semaine prochaine, tu y retournes et tu lèves les yeux et tu vois ce qui se passe. Donc, du coup, je me motive la semaine suivante. J'y retourne.
Pas très à l'aise, je me dis « Ok, c'est bon, on y va, j'y retourne. » Je m'assois au hamam, tranquillement. J'en garde mes pieds. Là, je fais « Ok, je lève les yeux. » Et là, sans te mentir...
Au bout de cinq minutes, il y avait un mec à ma gauche qui était déjà en train d'essayer de me toucher et tout ça, deux mecs à ma droite qui étaient en train de baiser et qui voulaient m'inviter aussi. Là, je les ai regardés, je me suis dit « Oh, on va se calmer deux secondes, ça fait cinq minutes que je suis là, c'est une bonne après-midi, donc si vous voulez, si ça ne vous dérange pas, on va attendre juste un peu et tout ça ». Et après, j'ai passé une après-midi qui était un peu plus, du coup, beaucoup plus détendue.
Je me suis rendu compte aussi que je plaisais à beaucoup de garçons, qu'il y avait beaucoup de garçons qui venaient me voir et tout ça. C'est pour ça que tu regardais tes pieds, tu te disais « je ne suis pas assez beau ». Parce que moi, concrètement, une fois qu'on... C'est intéressant parce que la PrEP et le suivi que ça m'offre balayent, met de côté, en tout cas soldent la question des MST. Et alors là, arrivent les autres sujets qui bloquent mon épanouissement sexuel. Je trouve ça passionnant.
Et là, du coup, dans l'idée d'aller au sauna, moi, je me dis mon corps n'est pas assez beau. C'est une vérité. Là, j'ai peur d'aller au sauna parce que je me dis mon corps n'est pas assez beau. Il ne correspond pas. Je n'ai pas mis le muscle et tout. Est-ce que c'était ton cas ? C'était aussi un peu mon cas. Mais en fait, très rapidement, je me suis rendu compte que non, en fait. Tu vois des gens de différentes origines ethniques, différentes morphologies.
T'as des gens qui te plaisent, d'autres qui te plaisent un peu moins. Tu te rends compte que tu plaises à des personnes, que tu plais pas à d'autres personnes. Et là, au final, de voir tous ces corps, parce qu'en français, on est tous nus, tu te rends compte qu'en fait, au final, ton corps, t'as pas en à avoir honte. Tu peux être là, tu peux être méga fier d'avoir ton corps. Plutôt que, comme moi, de juste regarder tes pieds parce que tu dis mince, personne ne me regarde. En fait, en permanence, t'as des gens qui te regardent et qui sont là. J'aimerais bien me taper lui quand même aussi, en fait.
Mais comment tu le sais ? Bon, déjà, j'imagine que tu es dans un sauna, donc il fait chaud. Toi, tu portes des lunettes, donc comment tu vois ? Alors, au hammam, franchement, je suis une taupe, donc je ne vois rien du tout. C'est super compliqué, donc du coup, je suis myope. Donc du coup, le hammam, déjà qu'il y a de la fumée, enfin de la vapeur, donc du coup, c'est assez compliqué. Mais du coup, comment tu perçois les messages ?
Ça se passe beaucoup par les yeux, par le regard et tout ça, par les rapprochements. Oui, mais tu vois rien. Tu peux quand même remarquer, même quand tu vois rien, quand il y a un mec qui te regarde avec insistance quand même, qui te fait des signes de tête. Il y a des trucs dans genre là. Donc tu peux choisir toi aussi de renvoyer son regard, l'assistance et tout ça, de faire des petits signes de tête, d'aller bien rapprocher toi et tout ça. Vas-y, mais comment tu rejettes respectueusement quelqu'un sans lui parler ? C'est pas un peu le supermarché de...
Du cul ? Effectivement, s'il y a quelqu'un qui ne te plaît pas, tu le rejettes poliment. Soit s'il te rapproche avec ta main, il commence à toucher, tu peux prendre la main et la retirer poliment, tranquillement et tout ça. Soit aussi, ça passe aussi dans le regard, tout simplement, quand tu regardes quelqu'un qui te fait un signe, soit tu fais le nom de la tête, la personne comprend en général que c'est mort. Il y a aussi des personnes qui sont un peu plus reloues par rapport au consentement, qui n'hésitent pas à te mettre une main sur les fesses. Donc moi, c'est direct, si je leur tire la main, je dis non.
C'est même arrivé une fois, un mec qui met sa main sur moi, je la retire, je lui dis non, qu'il la remet, du coup je la retire et je lui donne une tape et le mec commence à s'équiter, je lui dis non mais c'est comme ça. Mec, je te dis non une fois, je te dis non une deuxième fois, tu te prends une petite tape comme ça, t'es pas content, c'est comme ça.
C'est un super stage de consentement, en fait, le sauna. Ça te force à être en capacité de verbaliser ou de bien exprimer ton oui ou ton non. Toi, tu dirais que c'est un espace sécure, safe, c'est-à-dire quelqu'un qui, comme moi, se dit est-ce que j'y vais, est-ce que j'y vais pas ? Est-ce que ça se passe plutôt bien et les gens sont bienveillants ? Ou c'est un mode requin, il faut faire attention ? J'imagine que ça dépend dans ton expérience à toi ?
Je dirais que ta première expérience sera sûrement assez difficile, si tu vas tout seul, ou même si tu vas accompagné, tu vas se regarder tes pieds toi aussi, parce que c'est quand même un monde totalement à part. Mais globalement, tu te rends compte facilement que tu peux trouver des gens bienveillants, souvent qui sont prêts à parler et tout ça, parce que c'est pas juste un supermarché du cul, c'est aussi un endroit où les gens ont aussi envie de parler, de communiquer, d'avoir des rapports humains.
Et c'est aussi un endroit où tu peux avoir des rapports sexuels tout en restant en sécurité. C'est pas parce qu'on est dans un sauna, forcément, qu'on est dans un temple du cul, je ne sais pas quoi, comme tu voudrais l'appeler, que forcément, il faut passer à des pratiques barabac et tout ça. T'as des préservatifs de tous les côtés, du gel de tous les côtés. Est-ce que t'as déjà parlé Star Wars dans un sauna ? Star Wars dans un sauna, non, je ne crois pas. Par contre, j'ai parlé beaucoup d'autres choses, mais pas de Star Wars.
J'avais, depuis le début, mais là, ça va être la fin de notre interview, j'avais une espèce de blague possible entre ta bite et un laser pour essayer d'être dans la thématique. Je n'ai pas pu utiliser cette blague, mais je pense que c'est pour le bien de tout le monde. Oui.
C'est le problème de tout le monde, effectivement. Pas de problème. Ma dernière question, on se retrouve dans 5 ans, 10 ans, 2 ans. On refait un épisode 2. T'aimerais me dire quoi à propos de ton chemin d'épanouissement sexuel ?
j'aimerais dire que actuellement je me sens épanoui sexuellement mais je pense que l'épanouissement c'est quelque chose qui continue en fait qui ne s'arrête jamais donc j'aimerais bien dire que j'ai continué à être épanoui et que je suis tombé à nouveau amoureux mais c'est aussi de la bonne personne dans une relation exclusive monogame avec un homme ça je pourrais pas te dire encore par contre ça c'est quelque chose où je ne sais pas encore je ne sais pas encore ça
Et tu peux aller à Disney acheter toutes les oreilles de Mickey que tu veux ? Tout à fait, effectivement. Ok, est-ce que tu as un mot de la fin particulier ? Ouais, j'aurais un mot de la fin particulier à dire, effectivement. Enfin, même deux mots de la fin particuliers à dire. Je pense que pour commencer, si vous avez aimé ce podcast, n'hésitez pas à laisser 5 étoiles, il remontera ainsi dans l'algorithme.
Si vous voulez en savoir plus sur la PrEP, allez sur le site ed.org.prep. Le lien sera mis dans le résumé de ce podcast. N'hésitez pas non plus à parler à vos amis de ce podcast ou si vous-même vous voulez témoigner, envoyez un email à Guillaume ou contactez-le sur ses réseaux sociaux. Il se fera un plaisir de prendre contact avec vous.
C'est très sympa. Je ne t'ai ni payé ni demandé ce petit message de service, mais il est vrai. En plus, ça marche et ça a marché cet été. Les gens ont mis plein de fois 5 étoiles sur Spotify et Spotify s'est mis à recommander le podcast. Et donc, j'ai toute une série de gens qui ont découvert le podcast et qui viennent témoigner grâce aux recommandations qui viennent des 5 étoiles. Et ça marche sur Deezer, Apple Podcasts et tout. Donc, je te remercie JB.
Et l'autre message, c'est tous les 3 mois, ou tous les 10 partenaires sexuels, faites-vous dépister, c'est sexy. Ok, merci JB. Merci beaucoup Guillaume. A bientôt.