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On se relance, Nicolas, partie 2 de notre série d'épisodes pour décrypter les préjugés faux sur la PrEP. Il me semble qu'un préjugé, c'est forcément faux, non ? Non, non, non, pourquoi ? C'est une idée préconçue, mais elle pourrait taper juste. Tu as raison. Tu travailles pour SexoSafe, qui est le premier partenaire de ce podcast ?
Avec qui vous êtes un soutien financier, je dois le dire. Et on s'est dit ok, on commence par une série d'épisodes où toi qui travaille dans la prévention VIH et qui tente chaque jour…
de sensibiliser, d'informer les hommes qui ont des rapports sexuels avec d'autres hommes sur leur santé sexuelle. Je t'ai demandé de lister les idées reçues, les préjugés. Je dois aussi remercier Stéphane Morel
du SPOT à Paris, qui travaille aussi dans la prévention VIH. Le SPOT étant un super centre, j'invite tous les gens à aller sur leur site internet. S'ils habitent à Paris, ils reçoivent et tout, ils organisent tout un tas d'activités et de prévention. Et je lui ai fait un petit message en disant, toi qui t'y connais bien et tout, c'est quoi, ce sont toi les idées reçues. Donc, il a aussi contribué. On en a fait déjà deux préjugés. Est-ce que j'ai tout dit dans ma petite intro ?
Je pense, oui. Ah tiens, je peux dire un autre truc, une petite anecdote. Allons-y. Moi, je suis super content que ça soit vous le premier sponsor. Parce qu'en fait, dans ma tête, je me disais, moi, je suis à 100% sur ce podcast. Je veux en vivre. Donc, il y a 166 auditeuristes qui donnent chaque mois. Ça fait à la louche 1000 euros. Donc, j'ai encore besoin de temps pour agrandir ça et pouvoir gagner ma vie. Donc, j'étais là, il faut que j'aille chercher un sponsor.
Et je me disais, bon, je vais devoir vendre un god. Enfin, tu sais, aller chercher des… L'entreprise commerciale. Ouais, je vais devoir dire, ouais, je me suis godé, c'était ouf. Après, niveau éthique, c'est moyen. En fait, moi, si j'étais… Moi, je suis super aligné avec tous les messages de SexoSafe. Donc, pour moi, j'ai épluché votre site, sexosafe.fr, qui est super. Et je me suis vraiment posé la question, moi, l'intégrité de mon podcast…
J'ai envie d'être vulnérable, j'ai envie de dire vraiment les trucs, moi je suis incapable de mythos. Et en plus, comme c'est un service public, je m'inquiétais un peu que la politique qui n'est pas toujours sexe positive soit venue mettre son nez. En fait, pas du tout.
Oui, c'est ça. Ce n'est pas un outil de communication politique, c'est un outil de service public. Donc, on est là pour aider les gens par rapport à leurs problématiques. Et j'étais super content de voir tout ce qui était dit et comment c'était dit. Et je n'arrivais pas à trouver une entreprise commerciale de God ou pas. Parce que moi, si j'étais utilisateur de God, au pire, je pourrais dire, ouais, j'utilise vraiment et tout. Mais là, ce n'était pas le cas. Donc, je suis très content. C'est la fin de ma petite anecdote. Allons-y.
Troisième préjugé, l'épisode précédent, on a fait « bon, moi j'ai peu de sexe, donc c'est forcément pas pour moi ». Faux. Deuxième préjugé, « j'en ai pas besoin, j'utilise déjà la capote ». Non, tu pourrais aussi avoir, en plus de la capote, envie de prendre la PrEP. Le troisième préjugé, c'est « ça augmente le risque d'IST ». Et ça, c'est un préjugé important parce que sur les plateaux de télé ou quand il s'agit d'attaquer
Justement, l'usage de la PrEP, c'est souvent un argument que j'ai entendu.
Oui, et c'est dû à une mauvaise interprétation des études scientifiques. Alors tu pourrais en parler avec Stéphane Morel parce qu'il est bien plus doué que moi pour décoder ses études. Mais en gros, dans les essais où on suit les personnes qui prennent la PrEP, on fait des dépistages régulièrement, c'est-à-dire tous les trois mois, de l'ensemble des IST, même quand il n'y a pas de symptômes. C'est des dépistages systématiques.
Et du tout, du coup, quand on cherche, on trouve, et on se rend compte que dans 80% des cas, en moyenne, les IST n'ont pas de symptômes. Et donc, quand on compare à la vie réelle, ou à la vie avant la PrEP, où les gens ne se font dépister que lorsqu'ils ont des boutons, des choses qui brûlent, qui grattent, etc., donc qu'on a des symptômes, et la vie dans les études, ou en tout cas dans la vie avec la PrEP, où on dépiste tout, tout le temps, et donc où on trouve 5 fois plus d'IST que si on se basait que sur les symptômes,
on a l'impression qu'il y a une forte augmentation des IST. Mais en fait, c'est faux. C'est juste qu'on en cherche beaucoup plus et on en trouve beaucoup plus. C'est des IST qui auraient de toute façon existé, puisque on va partir sur l'idée que ces gens auraient eu les mêmes rapports sexuels avec une autre stratégie de protection. Sauf qu'avec la PrEP, on a la possibilité de choper les asymptomatiques, celles qui ne se ressentent pas. Et donc, au contraire, est-ce que ça permet donc de stopper
Des IST, parce que ces gens-là, du coup, on les soigne. C'est ça. Alors le problème avec… Il y a plusieurs types d'IST, mais je pense que les IST, on en parle le plus, c'est les IST bactériennes, en l'occurrence les gonocoques, les chlamydia, la syphilis. Et le souci avec ces IST, c'est qu'une fois qu'on les a traités et guéris, on peut à nouveau se faire recontaminer. Donc pour les personnes qui ont beaucoup de partenaires sexuels, mais qui ont des partenaires sexuels qui en ont aussi beaucoup…
Ces personnes forment souvent une relativement petite population, un petit nombre d'individus, et les IST circulent au sein de cette population. Donc, quand une personne se fait soigner et qu'elle guérit de son IST, elle est à nouveau fragile et exposée aux autres IST des autres personnes, ainsi de suite. Donc, à moins de traiter tout le monde en même temps, pour être sûr qu'on éradique tous les IST, ça s'alimente en permanence.
Moi ça c'était vraiment un déclencheur pour moi. Moi je suis sous PrEP depuis un an et demi. Ouais. Et ça a changé ma vie. Ça a changé ma vie parce que…
Dans ma difficulté à être sexuel, dans tous mes blocages qui fait que j'ai écrit ce podcast et que je mène cette enquête depuis deux ans pour mais comment on devient épanoui. En fait, j'étais très hypochondriaque depuis tout petit. J'avais une angoisse démesurée.
de n'importe quelle infection sexuelle. Mais en plus, tout mélanger. Et ce, sans aucun rationnel. Parce qu'avoir une gonorrhée ou une chlamydia, si tu la choppes tôt et que tu es soigné, il n'y a pas de problème particulier. C'est inconfortable si tu as des symptômes. Si tu as des symptômes, il n'y a peut-être même pas d'effet à long terme. Ce ne sont pas des infections vraiment graves. Mais moi, mon cerveau,
était complètement bloqué, complètement en panique. Et le moment où, du coup, je me suis mis sous PrEP, j'ai eu vraiment l'impression de choisir ma stratégie en me disant, bon, je suis complètement détendu sur le VIH. Il y a les autres IST, mais comme j'étais alors…
Dans un rapport avec ma médecin généraliste, qui du coup devient ton allié PrEP. Il s'agit, tu vois, elle fait les tests régulièrement, puis elle te décode. En tout cas, moi, ma médecin généraliste, du coup, me décode. Je me rappelle très bien la première fois où j'ai eu une chlamydia.
Elle m'a fait « Ah oui, vous êtes… » Elle a commencé par dire « Très bien, j'ai eu vos résultats, tout bon, je vous fais une represcription et puis vous avez une chlamydia. » Mais limite, c'était là « Bon, super. » Et c'est vrai qu'elle a vraiment participé à remettre…
l'IST à son juste endroit. Oui, et c'est vrai qu'il y a une sorte de focalisation sur les chlamydia et les gonocoques parce que ce sont les plus répandus, alors que ce ne sont vraiment pas les plus graves. Et à l'inverse, ces IST, quand elles ont des symptômes, elles sont vraiment désagréables, donc on se fait dépister, on traite et ça va mieux. Par contre, il y a des IST plus graves, comme le VIH, la syphilis ou les hépatites,
qui elles n'ont pas forcément de symptômes ou de symptômes caractéristiques dont on va se rendre compte quand on les a pas pour le VIH mais pour les autres quand c'est la première fois et en l'occurrence ces IST nécessitent vraiment d'être traités et c'est important de se faire dépister régulièrement surtout pour ces IST là Oui donc en fait la PrEP m'invite à faire des dépissages réguliers que de toute façon même si j'écoute le podcast et que je prends pas la PrEP je devrais régulièrement me faire tester dans la mesure où j'ai une activité sexuelle
Alors, ce qu'on recommande aux hommes qui ont des rapports sexuels avec des partenaires masculins multiples, c'est de se faire dépister tous les trois mois. C'est possible par le… On va à l'endroit où on veut pour se faire dépister, mais le but, c'est de se faire dépister tous les trois mois. C'est un peu le bon rythme quand on a plusieurs partenaires.
Préjugé numéro 4, c'est un médicament lourd avec des effets secondaires graves. Oui, c'est vrai que c'est un préjugé assez répandu. Je ne sais pas si c'est toujours le cas, que ce préjugé est aussi répandu, mais bon, c'est faux, évidemment, c'est faux.
Alors déjà c'est un traitement que l'on connait très bien puisque ces molécules existent dans le traitement des personnes vivant avec le VIH depuis plus de 20 ans maintenant. D'ailleurs elles sont dans le domaine public, elles existent en version générique donc c'est vraiment des molécules qui sont très très bien connues. Et elles avaient été choisies à l'origine pour les premiers essais de PrEP pour leur très bonne tolérance.
C'est-à-dire que ce sont celles qui ont le moins d'effets secondaires et les plus faciles à prendre. Il n'y a pas du tout cet aspect d'effets secondaires graves ni de traitement lourd. Le traitement, c'est un comprimé à prendre par jour quand on le prend en routine. Un comprimé à prendre par jour, ce n'est pas du tout un traitement lourd, c'est un comprimé qui est plutôt facile à avaler.
Maintenant, si on veut parler des effets secondaires, concrètement, lorsqu'on prend la première prise de PrEP ou ces deux qu'on primait d'un coup, on peut avoir un effet sur l'appareil digestif, c'est-à-dire un inconfort, des nausées, des ballonnements, ça dépend comment chacun réagit et c'est souvent temporaire, ça passe au bout de quelques heures. On recommande de prendre la PrEP en mangeant et ça atténue beaucoup ce phénomène pour les gens qui sont sensibles et beaucoup de gens n'y sont pas sensibles.
Après il y avait un effet qu'on a beaucoup surveillé au début lors des essais de PrEP, c'était l'impact sur la fonction rénale parce que c'est des molécules qui sont filtrées par les reins et donc il y avait un risque que ces molécules aggravent une mauvaise fonction rénale. Et effectivement pour les personnes qui ont une insuffisance rénale, qu'elle soit déclarée ou non connue ou non,
La PrEP peut l'aggraver ou l'installer, peut la rendre visible cette insuffisance. Par contre, si on arrête la PrEP, l'effet est rétroactif et le rein revient à son état initial, donc dysfonctionnel, puisqu'il ne marchait pas bien. Pour les personnes qui n'ont absolument rien au rein, ça ne fait rien. Le médicament est juste évacué, donc il n'y a pas de souci avec ça.
Je crois que ce préjugé-là, une de ses versions, c'est que j'entends moi sur le Discord des auditeurs du podcast, il y a un espace en ligne où les auditeurs partagent des messages ou sur le WhatsApp du podcast.
Et des gens me disent, ouais, je trouve ça… J'ai du mal à accepter de prendre une chimie, de la chimie, en fait, au quotidien pour ça. Je pense que c'est un peu une version. Et donc, tu disais, c'est un comprimé par jour. Donc ça, c'est si jamais je veux être protégé chaque jour…
Parce que mon activité sexuelle le préconise, mais ce n'est pas forcément un comprimé par jour. Il y a aussi une prise autour du sexe. C'est ça. Si on a des rapports sexuels qui sont plus espacés et plus prévisibles, il est possible de ne programmer la PrEP que pour protéger un rapport sexuel ou une série de rapports sexuels en particulier.
Dans ce cas, il faut prendre deux comprimés au moins deux heures avant le premier rapport sexuel et ensuite un comprimé par jour à la même heure que la première prise, un coupé par jour, tant qu'on a ces rapports sexuels. Puis, quand on n'a plus de rapport, on continue encore pendant une journée pour avoir pris deux comprimés après le dernier rapport. Oui, c'est ça. C'est deux avant et deux après. C'est ça, deux avant en une seule prise et deux après un jour d'intervalle. Un jour d'intervalle.
Mais non, j'ai eu raison de dire tout ça, mais non, j'ai un peu niqué notre préjugé 5, car c'était ça. Le préjugé 5, c'est la PrEP, c'est un engagement.
C'est un protocole, c'est un engagement, une fois que je mets le doigt, là je suis parti pour un engagement long terme. Et il va falloir que je choisisse dès le début, soit c'est à la demande, soit c'est en continu. Pour moi c'est un peu des questions différentes. L'engagement, effectivement quand on veut prendre la PrEP, on doit voir son médecin, donc il faut prendre un rendez-vous, il faut faire des examens.
Ensuite on a l'ordonnance et après l'ordonnance on peut choisir de prendre la PrEP ou pas, on peut choisir de commencer un schéma PrEP et de ne pas le terminer par exemple si le rapport sexuel n'a pas eu lieu ou n'a pas abouti. On peut choisir aussi si on se rend compte qu'on n'aime pas prendre des comprimés pour, comme le projet que tu disais avant, une personne ne veut pas avoir de produits chimiques, on ne prend pas le médicament, on se protège autrement.
Et ça s'arrête là. Il n'y a pas plus d'engagement. Par contre, si on souhaite se protéger avec la PrEP sur une longue période, c'est-à-dire plusieurs mois, plusieurs années, il faudrait effectivement retourner voir son médecin à intervalles réguliers pour avoir de nouvelles ordonnances, faire des examens et continuer. Mais ça s'arrête là. Moi, je crois qu'un truc que j'avais mal compris en prenant la PrEP…
c'est par exemple mais c'est d'ailleurs bizarre je comprends pas pourquoi j'avais pas compris ça mais par exemple je pars deux semaines avec mon frère où je sais que c'est trop bizarre cette phrase je sais qu'il y a pas de rapport sexuel bien sûr pas avec mon frère je l'entendais genre je sais pas c'est un moment familial je suis avec ma famille et tout donc en fait je vais pas rencontrer des gens c'est dans un petit village machin et ce pendant même plusieurs semaines bah en fait j'arrête ma PrEP
Tout à fait. Et j'ai mes comprimés dans mon sac. Et en fait, si jamais le boulanger du village est en fait pas si très mignon et me fait du rentre-dedans avec sa baguette, hop, je prends mes deux comprimés et je relance le truc. Et c'est bizarre, mais je me disais un peu… On compte quand même deux heures avant d'aller lui tâter les miches parce que sinon la preuve ne marche pas.
Excellent, excellent. Tu as raison. C'est marrant parce que je me rappelle ma médecin me dire « alors vous voulez en continu ou à la demande ? » C'est-à-dire en continu c'est tous les jours, je commence par deux puis après tous les jours ou à la demande deux plus un plus un ?
Et j'étais un petit peu bloqué en me disant « Ah merde, il faut que je choisisse ». Et c'est ça, ce préjugé que je voulais déconstruire, c'est qu'en fait, moi, depuis que je suis sous PrEP, parfois j'arrête, parfois je reprends, tant que je suis les bons protocoles. Exactement. En fait, ce qui est important, c'est de savoir comment on commence la PrEP et comment on la termine. Et là, en l'occurrence, tu es un homme cis.
Et donc on parle du schéma pour les hommes cis et à qui on propose souvent ce choix entre continu et à la demande. Donc pour les hommes cis, il faut commencer par deux comprimés à prendre entre 2h et 24h avant le premier rapport sexuel, puis un par jour tant qu'on a des rapports sexuels, puis encore pendant deux jours après le dernier rapport sexuel. Donc si on a qu'un seul rapport sexuel, ça veut dire deux comprimés avant, deux comprimés après pendant deux jours.
Et ça s'arrête là. Si on a des rapports pendant une semaine, pendant toute la semaine on prend un comprimé par jour, puis on attend encore 48 heures de prise après le dernier rapport sexuel et on peut s'arrêter, et puis on peut reprendre quand on le souhaite. Et cette période où on prend la PrEP, un comprimé par jour, elle dure le temps que l'on souhaite.
Et on peut alterner, c'est-à-dire que ce n'est pas parce que j'ai eu une ordonnance, que j'ai dit à ma médecin généraliste et que c'est tout bon, je ne suis pas obligé alors de la prendre tous les jours. Je peux l'arrêter. Exactement. Oui, l'ordonnance est prévue pour couvrir tes besoins en PrEP. Si tu la prenais tous les jours pendant trois mois, tu n'es pas obligé de la prendre tous les jours pendant trois mois. C'est ça, oui.
En revanche, du coup, je reprends rendez-vous au bout de trois mois, même s'il me reste des médicaments, pour refaire des tests. C'est ça, pour refaire des tests, pour faire le point avec ton médecin, avoir une nouvelle ordonnance pour ne pas être en rupture ensuite. Mais tu n'as pas besoin d'aller chercher directement des médicaments en pharmacie. S'il t'en reste, tu peux les épuiser avant de retourner. On m'a dit, donc Stéphane Morel d'eSpot, m'a dit qu'un truc qu'il observe sur le terrain, c'est des gens qui tombent amoureux
ou rencontrent quelqu'un et ils ont pris la PrEP, ils l'arrêtent sans bien terminer leur schéma 2 plus 1 plus 1. Et un peu sans… Enfin, en perdant un peu la bonne habitude, comme quand on enlève la capote, de, en fait, aller faire les tests et… Oui, alors c'est…
Ça semble évident quand on en parle à froid, mais quand on est sous le coup de l'émotion, c'est beaucoup moins évident, mais les sentiments ne protègent pas. L'amour, être amoureux, les guillis dans le ventre, toutes ces choses superbes qui arrivent quand on tombe amoureux de quelqu'un ne protègent absolument pas des virus. Donc, il est important quand on rencontre quelqu'un, même si…
On l'aime très fort, qu'on a très envie d'avoir confiance et que tout se passe bien, de continuer de se protéger tant que l'on n'est pas sûr du statut sérologique des deux personnes pour pouvoir adapter sa protection. C'est ça, il faut y penser. Moi, j'ai deux astuces à partager. C'est le moment astuce. Vas-y, donne-les-moi.
c'est ma petite expérience parce que là on est là 2 plus 1 plus 1 avant le rapport après le rapport et tout pour que le bouclier s'active moi en fait j'ai deux stratégies pour suivre ma prise PrEP que je fais en parallèle parce que ça me détend et comme ça j'y pense pas j'ai une app
Il y a plusieurs apps gratuites qui permettent en fait, j'appuie sur un bouton quand j'ai pris ma PrEP et il m'envoie une petite alerte le lendemain en disant, ah ben voilà, vous prenez votre PrEP. Oui, comme par exemple l'application AT-PREP qui est assez bien faite. Oui ?
C'est chez vous ? C'est vous qui l'avez développé ? Ah non, pas du tout. C'est l'association Action Traitement qui l'a développé. Ils font un super travail. Moi, j'ai pris MyPrep, l'application MyPrep. Je ne la connais pas, mais si elle marche bien, c'est très bonne chose. Et je prends sur ma tablette, je marque le jour, lundi, mardi, sur chacun des comprimés.
Sur ma tablette de médicaments, parce qu'il m'est déjà arrivé de faire 8000 choses à la fois, de prendre ma PrEP, et puis une heure après, lap, bip, ou tout simplement, je me dis « mais j'ai pris ma PrEP ou pas ? »
Donc maintenant, en fait, je peux aller retourner voir la tablette et voir que le jeudi, il n'y a bien plus la PrEP. On est jeudi, j'ai pris ma PrEP. Alors attention, tous les médicaments ne sont pas délivrés sous plaquettes, ils peuvent être en flacon. Je suis contre. Tu ne peux pas noter.
Je demande toujours à mon pharmacien que j'embrasse, qui est très mignon. Tout le monde n'a pas cette possibilité ni ce choix. Ça dépend de comment les pharmacies sont achalandées, de leurs fournisseurs. Il y a plusieurs laboratoires qui font ce médicament.
Donc on n'a pas forcément la possibilité de choisir le conditionnement. Ça s'appelle en blister, en plaquette c'est en blister. Moi j'appelle ma pharmacie en disant est-ce que vous pouvez me la commander en blister ? Et il me dit bien sûr. Mais dans certains coins de France, elle ne sera pas achalandée ? C'est pas une question de géographie, ça peut être une question d'officine simplement. Ok.
Ou il y a aussi des personnes qui tiennent à avoir le médicament original, le Truvada, qui lui est sous flacon. Il y a vraiment plein de possibilités. Ça marche. Mais l'application, c'est une super astuce. Oui, l'application, c'est une super astuce. Mais ça m'est déjà arrivé de prendre la PrEP, de ne pas dire à l'application que je l'avais prise, et de me dire, attends… Du coup, il me renvoie une notification en mode, n'oubliez pas votre PrEP, et je suis là, merde. Après, c'est mon cerveau particulier. Je pense que les gens normaux…
Non mais chacun fonctionne comme il le souhaite, ça peut être un petit carnet, enfin chacun a son propre système. Un pilulier, maybe ? Oui, faire des nœuds à un cordon, j'en sais rien. Un nœud à un cordon, très bien. Est-ce qu'on a tout dit sur ce préjugé ? Oui. Sixième et dernier préjugé, ça coûte cher à la sécurité sociale ?
Pas tant que ça. Et surtout, c'est bizarre de se faire ce genre de réflexion. Le principe de la sécurité sociale en France, c'est qu'elle protège tout le monde et que tout le monde y contribue. Et en l'occurrence, une dépense pour faire de la prévention coûte beaucoup moins cher qu'une dépense pour traiter. Et la PrEP a été évaluée d'un point de vue coût-efficace par une étude dédiée qui a révélé que pour la sécurité sociale, c'était beaucoup plus intéressant
de proposer la PrEP aux personnes les plus exposées que de devoir prendre en charge ensuite les personnes qui se faisaient contaminer. Donc il y a, d'un point de vue purement économique, c'est intéressant pour la sécurité sociale. Donc ce n'est pas la CPRM qui vous dira ça.
sur ça coûte cher tout court en tout cas en France c'est pris en charge le traitement il prend charge à 100% par l'assurance maladie effectivement et moi qui suis du coup indépendant et qui n'ai pas de mutuelle
C'est l'assurance maladie qui prend charge, ce n'est pas la mutuelle. Donc si tu es indépendant, tu dois cotiser. Avant c'était à l'URSSAF ou à l'assurance maladie. Non mais c'était pour dire, il n'y a pas besoin de mutuelle, c'est à 100% le comprimé. En revanche, les tests tous les trois mois me coûtent, je crois, 20 euros.
Ok, alors il y a aussi une astuce pour ça, si on n'a pas de protection complémentaire, de mutuelle, et qu'on ne veut pas avoir de reste à charge sur les tests, c'est de les faire en Cégide, où ils sont intégralement pris en charge. Et prochainement, il devrait être possible de les faire en laboratoire de ville, mais le décret n'est pas encore passé, je ne sais pas quelles seront les limites, mais…
Ah ouais, d'accord. Il y aura sûrement une possibilité là-dessus aussi. Ce que je veux dire, c'est qu'en tout cas, tous les trois mois, 20-30 euros, je trouve que c'est tout à fait faisable. Il y a certains pays… La Suisse, depuis le 1er juillet, j'ai lu qu'ils vont prendre en charge la PrEP. Mais il y a plein de pays où, en fait, c'est… Notamment, je crois, aux Etats-Unis. Je dis pas de bêtises. Non, je pense que je dis une bêtise. En Californie, ça a été… En tout cas, dans certains pays, tu peux être un homme gay, bi ou queer…
qui doit payer de sa poche, c'est le cas. Oui, et dans ce cas, le traitement peut être plus ou moins cher. En France, en tout cas, les tarifs sont négociés avec les laboratoires. Quand c'est générique, les tarifs sont encore plus négociés à la baisse. Donc, c'est plutôt intéressant. Il y a des pays comme les États-Unis où les laboratoires fixent les prix qu'ils veulent. Ça peut être délirant. Bien sûr. Pour revenir encore une fois sur le prix, il y a deux aspects que je voudrais aborder. Oui.
Le premier, c'est que certains hôpitaux, quand on est suivi dans un service hospitalier pour la PrEP notamment, on peut parfois avoir la PrEP à la pharmacie de l'hôpital et qui souvent négocie encore les prix. Donc, ça coûte encore beaucoup moins cher à l'hôpital que ça ne coûte en pharmacie. Et ensuite, il faut savoir que pour l'assurance maladie au niveau global, la PrEP, c'est une ligne qui est très très faible. Je crois que le médicament qui en coûte le plus cher, c'est le paracétamol.
qui pourtant, la boîte coûte moins cher que celle de PrEP, mais elle est beaucoup plus diffusée. Non, mais c'est cool. Moi, je l'ai déjà entendu, j'ai déjà entendu ça d'une personne qui n'était pas contre la PrEP, mais qui disait je suis mal à l'aise. Donc, c'est cool qu'il y avait ce préjugé-là. Moi, je me pensais que c'était… Quelqu'un qui dit ça, c'est forcément quelqu'un qui est anti-PREP et puis avec un peu du jugement…
Alors ça arrive, mais effectivement pour les personnes qui ne voudraient pas nuire à la société, sachez que prendre la PrEP c'est plutôt un acte économique intéressant pour la sécurité sociale, parce que ça vous protège.
génial est-ce que tu penses à des dernières bafouilles comme ça non moi j'en ai une comme ça tu pourras conclure après on est d'accord et c'est pas un préjugé mais c'est un rappel puisque une personne séropositive sous traitement ne transmet pas le virus que ça charge
cette personne est indétectable on va dire je n'ai pas besoin si je suis dans une relation monogame exclusive en couple avec une personne vivant avec le VIH j'ai pas besoin de prendre la PrEP absolument pas d'ailleurs à priori le médecin ne te la prescrira pas
Ou de porter un préservatif ? En tout cas, sur le sujet du VIH, il ne peut pas être transmis ? C'est ça. Pour parler du TAS, le traitement comme prévention, c'est-à-dire l'effet protecteur du traitement que prennent les personnes vivant avec le VIH, en termes de protection, il s'agit de la meilleure protection contre le VIH. C'est-à-dire que dans les études de PrEP, on voit que la PrEP a un très haut niveau d'efficacité.
mais que certaines personnes se font contaminer parce qu'elles ont à un moment donné arrêté de prendre la PrEP, par exemple si elles sont tombées amoureuses ou autre, et du coup elles se font contaminer. Pour les préservatifs, pareil, il y a des personnes qui déclarent se protéger par le préservatif, mais en vie réelle on se rend compte qu'il y a des contaminations, parce que le préservatif n'est pas forcément tout le temps utilisé ou pas intégralement. Par contre, pour les études qui ont évalué l'efficacité du traitement des personnes qui vivent avec le VIH, il y a zéro transmission.
Et tu dis quand la charge virale est indétectable, mais oui, mais pas seulement. Même avec une charge virale faible, il n'y a pas de trix de transmission. Et en l'occurrence, dans ces études, les études qui s'appellent Partners 1 et Partners 2, pour ceux qui veulent rechercher et sourcer, il y a eu zéro transmission de la part des personnes qui étaient sous traitement.
Ah tiens, ça, c'est la dernière info que je trouve chouette. Quand tu es à plus d'une semaine de prise de PrEP, c'est-à-dire je suis sous PrEP en continu, c'est-à-dire j'ai commencé par deux, puis un par jour. Au bout de cette semaine, si j'oublie un comprimé, il y a une règle particulière qui fait qu'en fait, il y a une tolérance et je suis quand même protégé. Oui, c'est-à-dire qu'effectivement, on pourrait se dire j'oublie un comprimé, du coup, j'ai un rapport ce jour-là et je vais aller vite demander un TPE.
Un TPE, c'est un traitement d'urgence. À l'hôpital, c'est un traitement qui dure 28 jours et qui permet d'empêcher une éventuelle contamination au VIH. Ce traitement ne sera pas délivré parce qu'on estime que s'il y a eu en gros quatre prises de PrEP dans la semaine, il n'est pas nécessaire de délivrer un TPE. Le conseil qu'on donne aux personnes qui ont oublié une prise, c'est de reprendre la prise suivante et de poursuivre le schéma.
Mais ça, c'est si j'ai déjà un historique de quatre. Oui, au moins quatre prises précédant le rapport non protégé. Tout ça, de toute façon, est vachement bien expliqué par les médecins quand ils prennent en charge ou par le centre ou sur votre site sexosafe.fr.
Non, mais c'est important parce que, et je pense que c'est tout l'enjeu d'avoir accès, de mettre un petit peu de soin pour trouver un ou une médecin généraliste ou un centre où on se sent bien. On peut aussi appeler Sida Info Service parce que des fois, quand on a une angoisse, avoir une vraie personne qui répond au bout du fil et qui donne une information, c'est intéressant. On peut chatter avec eux aussi. Il y a le chat sur le site SexoSafe et ça peut rassurer que quelqu'un nous rappelle ces choses-là qui ne sont pas forcément évidentes.
C'est une bonne idée. Moi je pense aux gens qui écoutent cet épisode, ils disent putain mais là il y a mille choses à… il faut se souvenir de mille choses. En fait quand tu iras faire ton rendez-vous médecin, la personne en fait saura t'aiguiller, c'est simple et en fait c'est un petit truc à apprendre et puis t'auras un retour direct sur ta situation à toi et la possibilité de poser tous les questions quoi.
Oui. Cool. Sur votre site sexosafe.fr slash PrEP, nous avons le quiz. Est-ce que la PrEP est intéressante pour moi ou pas ? Donc je réponds à une série de petites questions sur ma vie. Vous ne gardez aucune donnée, c'est complètement anonyme et hop, on peut savoir si la PrEP est faite pour moi. Ok. Super ?
Dis-moi, vas-y. Dernière bafouille ? Tout à l'heure, on a rappelé le schéma de prise de PrEP pour les hommes cis. Pour les hommes trans, c'est un peu différent. Les recommandations, d'ailleurs, sont en train d'évoluer, donc je recommande aux hommes trans de bien en parler avec leur médecin pour qu'il leur recommande le schéma le plus adapté à leur situation. Très bien. Merci, Nicolas. C'est cool. On a fait tous nos préjugés. T'es content ? Ouais, c'était super rapide !
Bah ouais, mais moi je trouve qu'on a fait le tour.