Amoureux d’un macho prédateur – Pascal 2/3

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J’ai grandi avec la honte de mon homosexualité, avec la honte de ma sexualité qui tendait vers l’homme.

Pascal, 56 ans, explore seul depuis 10 ans sa part féminine — née d’une relation d’amour et de viol. Il raconte :

  • Sa relation de 3 ans avec un macho prédateur — les viols, et la part féminine sexuelle que cette relation a éveillée en lui
  • 10 ans de sexualité en solo avec accessoires vestimentaires et scénarios débridés — parce qu’après ce prédateur, tous les autres lui semblaient fades
  • Son questionnement non binaire : épilation définitive, hormones féminines envisagées, et ce paradoxe d’être homme dans la vie, femme dans le sexe

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On en parle dans l’épisode

  • 🏥 Acceptess-T — Association d’accompagnement des personnes trans et non binaires, mentionnée par Guillaume comme espace safe pour parler de transidentité sans engagement.

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Pascal. Guillaume. Deuxième partie de notre témoignage. Moi, je suis super touché par ta présence. Je te l'ai dit, je te le redis. Franchement, vachement honoré et vachement… Je me sens super aligné avec mon rôle dans tout ça. Tu vois ce que je veux dire ? C'est quand tu sens que tu es au bon endroit. Et là, dans la première partie, tu racontais… Alors moi j'ai du mal à mettre des mots à ta place, donc je vais essayer de reprendre ce que toi t'as dit. Tu nous parlais de ce trouble du genre, ce sont tes termes, de cet enfant adolescent très efféminé, harcelé, qui décide d'effacer une part de sa personne pour pouvoir être un homosexuel qui peut avoir des chances d'être amoureux et d'attirer certaines personnes. Et tu racontais comment il y a un an, Une conversation Grindr, tu m'as dit quand on a préparé cet entretien, un homme qui a touché, bien sûr j'ai perdu ma phrase, un homme qui a touché pile dans mon désir sexuel, dans mon désir, et donc tu as raconté dans le précédent épisode ce Brésilien qui habite à Londres, qui te contacte sur Grindr, et avec qui… Tu te sens autorisé à faire vivre cette part de toi, femme, jusqu'à ce qu'il coupe les ponts. Mais sauf qu'en fait, hier soir, il t'a recontacté. Oui. Et je suis super ému… Je trouve que c'est très important. Je le sais depuis le début que c'est très important. Je ne sais pas exactement te dire pourquoi, mais que moi, j'ai tout de suite, quand tu m'as contacté, j'ai tout de suite senti que j'étais disponible à ça et que l'invitation était faite. Et donc, j'avais envie de prendre soin. Donc, on a beaucoup préparé ensemble parce que moi, d'ailleurs, je t'ai dit en fait, je pense que tu ne devrais pas témoigner. Tu vois, je t'ai dit j'entends que tu as des doutes. Prenons-en soin et on se donne rendez-vous plus tard et juste une conversation entre toi et moi, peut-être à contribuer. Puis tu as dit si c'est bon. Et pour moi, c'était vachement important de ne pas forcer. C'est toi qui ouvres le placard, c'est toi qui laisses rentrer l'oxygène et la lumière. Si c'est forcé, à part te faire mal, ça n'a aucun intérêt. Tu disais, depuis dix ans, tu n'as plus de rapport sexuel. Toi, tu fais un lien entre ce trouble du genre, c'est comme ça que tu le dis ? Et cet arrêt de la sexualité, tu y vois un lien ou ça n'a aucun rapport ? Je pense qu'il y a un lien qui, au départ, n'était pas forcément conscient. Je pense que… Déjà, j'ai eu une histoire il y a 20 ans. Pendant trois ans, j'étais avec un homme qui a commencé… C'est là que j'ai commencé à avoir ce côté… sexuellement féminin qui a commencé à apparaître en moi. Dans votre relation ? Oui. Lui n'avait pas forcément conscience… Même s'il avait une attitude ultra macho, très sexuelle, très dominateur, etc. Mais moi, c'est venu. Ce plaisir féminin est venu et s'est intensifié avec lui. Mais c'était aussi parce qu'il était là. Plus il avait un côté un peu grizzly, très poilu, le dos poilu. Il avait un côté comme ça, beaucoup de caractère, etc. Vraiment, c'était un mec. C'est un peu bizarre de dire ça, mais c'était un macho. Un macho, vraiment. Et un peu trop même, d'ailleurs, puisque c'était un prédateur, finalement, ce que j'ai compris après. Ce qui a été très dur par la suite. Mais en tout cas, ces trois ans de relation, ce côté féminin, sexuellement féminin, a commencé à germer. J'ai vraiment eu du plaisir dans la pénétration, la plaisir dans le couple. Parce qu'en fait, c'est ça qui me plaisait aussi. Autant j'ai passé plusieurs années avec une multitude de partenaires. Voilà, j'ai beaucoup d'expérience dans ce sens-là. Et je pense que c'était bien, mais j'avais envie aussi d'avoir une expérience exclusive avec une personne. D'accord, ouais. De couple monogame. De couple monogame, où finalement, ce qui est bien dans le couple monogame aussi, c'est de la sexualité. Elle se fait aussi dans l'aspect de confiance. On peut moduler toute la partie sexuelle. Elle peut se moduler. Elle peut progresser, en fait. Et le plaisir, je le voyais aussi comme ça. d'être avec l'homme que j'aime et qui me donne du plaisir, à qui je lui donne du plaisir aussi. Et à ce moment-là, dans ton cerveau, tu conscientises cette part féminine, tu l'accueilles, tu l'acceptes, tous les deux. Tu parles de quelqu'un qui t'a blessé, qui est manipulateur, mais sur cette part de sexualité, lui est d'accord avec ça et l'invite, l'accueille, et toi aussi ? Il la force, même, cette part féminine. Il me pousse, au départ. Il avait une certaine violence, en fait. Il cherchait à me pénétrer, vraiment, à me pénétrer… Sans ton consentement ? Presque, oui. Parce qu'au final, sur ces trois ans, il y a eu des périodes où il me violait, carrément. pour ça c'était une relation très compliquée parce que j'étais à la fois très amoureux plus j'étais amoureux et plus se permettaient des choses mais en même temps il y a cette femme qui en moi ce côté féminin qui a germé qui a pris plaisir à ça et c'est là que ça a commencé en fait Et quand cette histoire s'est terminée, je me suis retrouvé sans cet homme pour faire vivre cette femme quelque part. Et le problème, c'est que toutes les relations que j'ai eues par la suite, tous me paraissaient fades en fait. Il remplissait plus le… Alors déjà, lui, il avait détruit en moi une partie du rêve masculin. Donc c'était dur de le restaurer, en fait. Parce que moi, j'avais un espèce de fantasme de l'homme. Il l'avait détruit, mais j'avais besoin de ce fantasme-là dans ma sexualité. Il l'avait détruit et j'étais dans une sorte d'incapacité à le restaurer, en fait, cette image-là. Et puis tous les mecs que j'ai rencontrés, j'ai eu des relations sur un mois, deux mois, trois mois, un an. Mais toutes se sont révélées décevantes en fait. Et j'étais même soulagé à chaque fois quand ça se termine. Et il y a un moment, j'ai dit stop. En fait, je n'ai plus envie. Je suis bien tout seul. J'étais très bien tout seul. En fait, j'avais eu le plaisir… Je retrouvais le plaisir d'être seul, mais probablement aussi que je commençais à développer de manière vraiment fine et intense mon plaisir sexuel en solo. Et le fait d'être seul, ça l'a amplifié, cette part sexuelle. de sexualité en solo, avec un imaginaire qui a pris toute sa place. Vraiment, j'ai pu aller très loin dans mes fantasmes, en fait, finalement, beaucoup plus que ce qu'aurait été la réalité. Est-ce que tu es à l'aise de m'en dire un peu plus ? Parce que je crois que je ne comprends pas. C'est-à-dire, est-ce que tu es à l'aise qu'on en parle ? Je vais essayer, oui, je vais essayer de dire des choses. On ne se force pas, mais est-ce que tu veux essayer de m'en dire toi plus ou tu veux que je formule un truc et que tu me dises… Formule quelque chose. Dans cette période, tu ne refoules plus la part femme de toi. Oui, elle grandit en fait. Elle grandit. Elle grandit, elle s'épanouit vraiment, vraiment. Elle est quand même dans le placard ? Elle est chez moi. Elle n'est que chez moi. Mais elle n'est pas… Tu sais, pour avoir des rapports sexuels qui correspondent à certaines choses, il faut les demander. Enfin, il faut. C'est plus simple quand tu dis j'aime bleu. Du coup, les gens qui aiment bleu, ils lèvent la main. Est-ce que tu disais clairement ce que c'était que tu cherchais ? Non, parce que je ne cherchais plus de relation. Tu ne cherchais plus. Je ne cherchais plus. J'avais mis… Mais dans ces relations pas satisfaisantes, est-ce qu'elles n'étaient pas satisfaisantes parce que tu n'exprimais pas que tu aimes bleu ? la couleur était au hasard ou est-ce que aucun rapport en fait tu es sorti détruit d'une relation abusive et c'était ça seulement c'était ça non mais je pense que j'aurais pu trouver quelqu'un qui correspondait je pense que je voulais quelqu'un qui lui ressemblait en fait ok alors ça aurait été difficile parce que ça aurait été intérieurement et même encore aujourd'hui Cet homme-là, il était l'homme de ma vie. C'était mon mari. Pour la vie. Le problème, c'est que ces notions-là, elles sont restées. Comment faire pour donner la place à quelqu'un d'autre avec ça ? C'est compliqué, en fait. Et il est là encore. Ce qu'il a été il y a 20 ans est encore là. Même, bon, je l'ai vu une fois, il y a quelques années, j'ai croisé. Et c'est ce que je me suis dit. C'est drôle parce qu'en fait, il s'était passé une dizaine d'années. Physiquement, il avait changé. Mais en fait, ce n'était plus lui. Ce n'était plus celui que j'avais connu. Il était quelqu'un d'autre, finalement. Et c'était plutôt bien parce que du coup, il est parti. Le problème, il est parti dans ma tête, ce qu'il est aujourd'hui. Je m'en fous de ce qu'il est. Mais finalement, ce qu'il a été, ce que j'ai vécu avec lui, c'est toujours là. Le plaisir que j'ai eu avec lui, le plaisir d'être dans ses bras, tout est là. Et j'aurais pu rencontrer quelqu'un qui avait comme ça, quelqu'un de fort aussi. En fait, je voulais quelqu'un de fort. Parce que finalement, en réfléchissant à notre entretien, je me dis « mais finalement, je suis toujours ce petit garçon ». qui a besoin d'un papa fort qui le prenne dans ses bras en fait finalement je suis toujours à ce stade là en fait mais comme c'est un petit garçon cette petite fille ou cette petite fille effectivement c'est drôle parce qu'en fait c'est drôle de faire vraiment la différence entre il et elle parce qu'en fait pour moi c'est quand je dis il en parlant de moi je pense pas à il Tu penses à « yel » ? Depuis presque un an. C'est comme si, d'un seul coup, il y avait en moi une tentative de séparer. Pour que le côté féminin soit majoritaire, en fait. Et pour autant, tu m'as demandé de te genrer au masculin. Oui, parce que c'est comme ça que je suis… Oui, parce qu'en fait, moi, je n'ai pas… C'est drôle parce que je ne me vois pas en femme dans la vie de tous les jours, physiquement en fait. C'est un truc, ça ne vient pas dans mon esprit. Alors que dans ma vie sexuelle, ce n'est pas possible en fait. Il me faut un partenaire qui me considère comme une femme, c'est sûr, c'est sûr. Et dans l'imaginaire, dans ces dix ans de sexualité seule, tu souriais quand tu parlais de la sexualité seule. C'était un chouette moment, ce voyage. Tu as dit j'allais loin, voire plus loin, plus loin. Oui. C'est dans ce sens d'être femme lors du rapport sexuel, ce plus loin ? Oui, probablement que oui. Femme, c'est drôle parce que c'est encore une histoire de dire il ou elle. Binarité, oui. Alors que là, dans mon imagination, je ne suis ni il ni elle. C'est mon corps. En revanche, c'est vrai qu'avec le temps, je m'imagine plus avec des parties féminines, un sexe féminin, la poitrine, une peau. Quand je sens cette femme en moi apparaître, j'ai ma peau qui devient tout de suite plus… plus tactile, plus hypersensible. Je deviens hypersensible de partout, finalement. J'ai l'impression d'avoir ma poitrine qui gonfle. Ce n'est pas le cas, mais c'est juste une sensation. Tout devient ultra érotique, sensuel. Mon corps devient intégralement sensuel. C'est… C'est pas une bombe intérieure, mais… Ça semble bien, quoi. Ah oui, oui, voilà. Ça, c'est sûr. J'adore quand c'est là. Ça, c'est sûr. J'adore. Mais je le vis seul, en fait, ça. Et je pense que je suis arrivé à un moment où il va falloir que je le vive avec… En fait, c'est ma frustration, en fait, parce que… Parce qu'en fait, ça n'a de sens que si je le vis avec un homme… Et la présence d'un homme, ça rend les choses encore plus puissantes en fait. Il y a le contraste entre les deux, ça rend les choses encore plus puissantes. Ce contraste, il a besoin de quels critères visuels ou verbaux pour se vivre ? Tu vois ce que je veux dire ? J'ai cru comprendre, par exemple, que tu n'étais pas excité par un homme trop efféminé. Oui. C'est ça ? Oui, carrément. Parce qu'alors, toi, tu as besoin du contraste pour être femme. Déjà, dans ma vie… Tu pourrais être femme avec un homme efféminé. Pardon ? Tu pourrais être femme avec un homme efféminé. Possible. Je ne suis pas fermé à tout. C'est possible. Mais après, il y a un tout d'attitude. Il y a quelque chose, physiquement, il faut quand même qu'il y ait… Un homme efféminé peut être très dominant. Oui, oui, oui. Tout à fait, tu as raison. Je joue un peu avec toi. Mais ce n'est pas mon fantasme. OK. Effectivement. Je préfère un homme qui a une grosse voix, bien caverneuse. Alors là, ça a un effet sur moi, mais c'est incroyable. C'est ultra érotique pour moi, un homme qui a une très grosse voix. C'est très puissant. Mais l'histoire du contraste, je l'ai depuis très très longtemps, en fait. Parce que déjà, au début de ma sexualité, j'aimais les hommes opposés à moi. Moi, j'ai été quelqu'un de très fin. Moi, je voulais quelqu'un de limite de gros. Il fallait qu'il y ait vraiment le contraste physique. À la limite, même la couleur de peau, plus foncée. Plus il y a de contraste entre moi et la personne qui est avec moi, mieux c'est. Mais sauf que du coup, aujourd'hui, c'est exactement pareil, sauf qu'on est vraiment dans… On est homme masculin, féminin, vraiment très opposés. Limite caricature. tu viens de passer dix ans sans rapport sexuel avec d'autres et là tu dis il est temps que je vive cette part de moi avec un autre tandis que tu ne parlais pas de cette part féminine en toi et de ce désir là tu prenais soin de quoi en ne le partageant pas j'ai pas compris Une autre façon de poser la question, c'est pourquoi… Qu'est-ce qui te faisait peur et pourquoi ne le partageais-tu pas, ce désir ? Alors en fait, le côté féminin me fait avoir une attitude très stéréotypée. C'est-à-dire que c'est à l'homme de m'aborder, déjà. C'est à l'homme d'aller chercher ce qu'il veut. S'il ne vient pas vers moi en énonçant ce qu'il veut, ça ne va pas marcher. D'autant que si un homme a précisément besoin de ce que moi je veux… Enfin, si c'est complémentaire, il va très rapidement le dire, l'exprimer. Parce qu'en plus, mes photos sont un peu… Mes photos sur Grindr, voilà, ça peut… Ça donne une idée. Mon nom de profil, alors là, il n'y a pas de doute, vraiment. Et puis après, ce que je mets, c'est en texte. Il n'y a pas de doute en fait. Donc si pendant dix ans tu as été seul dans ta sexualité, c'est parce qu'aucun homme n'est venu frapper ? Probablement, mais je me suis aussi… Je n'avais pas envie en fait. Je pense que pendant longtemps, j'ai fermé les portes quand même. j'ai pas fait d'efforts en fait pourquoi ? mais parce que j'étais bien en fait seul et pour le coup je pense que j'ai aussi expérimenté quelque chose qui est les non-relations en fait je vais pas dire l'abstinence parce que J'avais une sexualité seule, mais en tout cas, la sexualité solo, c'était une sexualité finalement aussi. C'était des vraies sessions ? Ah bah oui, il y a ça, ou alors… C'était bizarre de dire ça, moi-même je suis surpris par ce terme session, mais… Oui, c'est un peu… C'est sûr. C'est-à-dire qu'il y a… C'est un moment. C'est un moment que je prends où j'ai l'impression de rentrer dans… Pas dans un personnage, mais dans un truc sexuel. Je rentre dans une case sexuelle d'un seul coup. En général, je… J'ai quelques petits accessoires de vêtements qui m'aident à faire ressortir ce que j'ai envie de ressentir. Voilà, il y a des petits accessoires, il faut les sortir, il y a tout un petit… Et puis après, il y a le fer, il y a un… Et puis après, il y a une espèce de… Mon imagination, elle s'amplifie. Je suis dans un scénario. Et ça peut prendre une… Voilà, c'est assez fort, en fait. Et voilà, donc… Ça me parle… Récemment, j'ai un auditeur voisin qui m'a prêté des cages de chasteté. Moi, ça m'a toujours excité et intéressé. Alors, je ne suis pas excité par porter une cage et ne plus avoir les clés et le rapport de domination. En ce sens-là, tu vois, à distance. La cage de chasteté, tu vois ce que c'est ? Au niveau du pénis. Au niveau du pénis, tu mets… une cage. Oui, oui, oui. J'ai vu, j'ai déjà vu. Tu vois, une espèce de… Comment tu le décrirais, toi, pour des gens qui ne savent pas ce que c'est ? C'est petit… Une sorte de petit réceptacle grillagé, en plastique ou en fer, qui a la forme d'un pénis en pas érection, flasque. Au repos. Merci, merci. Rires Et donc, tu mets un anneau autour de tes couilles, autour de tes testicules, sur lequel va venir… Et puis après, tu mets ton pénis en érection dans la petite cage et hop, elle se fixe sur l'anneau qui tient ainsi. Tu as l'air satisfait de ma… Oui, je suis… Oui, je t'écoute. Je suis toutoui. Et moi, ça m'a toujours excité, à la fois un peu parce que c'est hors normes, hors de la norme hétéro. Je pense que ça m'excite un peu que ça soit inhabituel. Et aussi parce que quelque part, ça me connecte à un lâcher prise. Je suis très pénis, moi. Moi, quand il y a un rapport sexuel, je passe mon temps à me masturber. J'ai grandi avec la honte de mon homosexualité, avec la honte de ma sexualité qui tendait vers l'homme. Et donc, je me masturbais en cachette. Donc, ma sexualité a beaucoup été tout seul devant mon ordi à regarder du porno, un peu avec de la honte. Et tout était centré sur la masturbation. Je ne me touchais pas à l'anus, tu vois. Et j'ai quand même l'impression que ça s'est encrypté dans mon logiciel. Et que la cage de chasteté me dégage du pénis et me connecte à mon anus. Et quelque part, il y a aussi un petit peu ce jeu de rôle où tu as parlé d'un rôle de personnage. Il y a quand même quelque chose… Du lâcher prise, du rapport de domination. Et en préparant cette émission, en tout cas en y réfléchissant, en mettant du cœur à « Tiens, qu'est-ce que tu m'as demandé ? Tu m'as dit, mais est-ce que toi tu vas parler Guillaume ? » Je me dis « Est-ce que j'aurais quelque chose à dire ? » Dans mon fantasme, dans mon excitation, il y a déjà eu un peu de ce rôle de femme vu par les hétéros. C'est-à-dire l'hétéro et le porno hétéro me dit qu'un homme c'est ci et une femme c'est ça. Et moi, je chope de ce fantasme. Et en effet, si je porte une cage de chasteté, alors j'ai plus de pénis. Alors quelque part, il y a un peu de cette excitation qui pointe, tu vois ? soit c'est pas tout à fait pour moi et du coup c'est peu là soit c'est refoulé par moi faudra continuer à écouter le podcast pour savoir tu vois ce que je veux dire mais je pense que quand ça a pointé j'étais un peu genre ça m'excite et je suis pas à l'aise ouais Et puis, de toute façon, je suis au tout début. En vrai, il y a deux auditeurs qui m'ont prêté des cages. Il y en a un il y a longtemps, enfin un pote auditeur. Il y en a un il y a longtemps, mais genre c'est en fer. Et du coup, ça ne marchait pas bien pour moi. Et puis, j'ai l'impression qu'un peu mes couilles devenaient toutes violettes. Et tu t'en sers lors d'une relation sexuelle ? Jamais. Mais au moment des cages en fer, il y a quelques mois, je les essaye, je les porte un peu. Quand même, ça m'excite et tout. Mais au final, ça fait un peu violer et tout. Et je demande à des… J'ai un podcast avec un mec expert en BDSM. Il a fait genre 19 ans de BDSM. Tu devrais écouter… Enfin, tu pourrais avoir envie d'écouter les épisodes. Mais du coup, je lui ai demandé. Il m'a dit « Non, violer, pas bon, Guillaume. Violer, pas bon. » Et après, là, il y a trois jours, l'auditeur me prête ses cages en plastique. Il y a quelques jours, j'ai essayé de les porter avant-hier et puis en fait, il n'y avait pas le temps et puis ce n'était pas le bon truc. Donc, je te dirai plus tard. J'ai pas la suite de l'histoire. Mais en tout cas, je voulais te dire ça. Je voulais te dire, j'entends tout à fait dans le fantasme cette part-là où je me dis tiens, je l'ai vu aussi en moi et que j'ai un peu refoulé. Bon, excuse-moi, c'était un peu long et du coup, j'ai oublié ce que tu disais avant. Non, t'inquiète, t'es pas obligé. Cage de chasteté, ça t'intéresse, toi ? Pas du tout. Très intéressant. Attends, je comprends pas, parce que moi, dans mes préjugés, je me disais, c'est obligé le moment où je supprime physiquement l'érection du pénis, je supprime un des éléments clés qui fait de moi l'homme, donc ça allait correspondre parfait à… Ah oui, oui. Ah non, parce que moi, j'ai pas besoin de cage pour supprimer mon sexe masculin. Bien sûr. Parce que mon sexe masculin dans une relation sexuelle, il n'existe plus. Ok. Et tu me dis si t'es à l'aise de répondre à la question ou pas, mais est-ce que du coup, tu n'as pas d'érection pendant un rapport sexuel ? En fait, ça fait plusieurs années, non. Je n'ai plus d'érection. Parce que tout est centré… Ça fait 10 ans que tu n'as pas eu de rapport sexuel ? Oui. Enfin, si. Dans les 10 ans… On a menti. Non, non, non. J'allais y venir. Dans les 10 ans, il y a eu au milieu, j'ai eu une relation pendant deux mois. Avec un garçon. J'ai mis un terme au bout de deux mois. Parce qu'en fait, c'était trop similaire à ce que j'avais vécu il y a 20 ans. Le mec là, pendant les trois ans. C'était trop similaire et j'ai dit stop. J'ai dit stop. On ne va pas rejouer sans ça. Voilà, il y a un moment où il fallait… Et pourtant, avec lui, je me suis dit, je suis au sommet de mes possibilités sexuelles. Au sommet de l'extase sexuelle. Mais vraiment, là, je ne peux pas faire plus. Là, je pense que le plaisir sexuel avec lui, là, je suis au sommet. Mais il était abusif aussi ? Non, non, pas du tout, pas du tout. C'est juste qu'il n'était pas libre, encore un. Et ça, c'est un truc, dans ma vie, tu ne peux pas imaginer le nombre de mecs pas libres avec qui j'ai eu des relations, j'étais amoureux, j'ai souffert. Stop ! Stop. Et en plus, non seulement ça, et c'est quand j'ai compris qu'en plus, moi, j'étais un parmi plein d'autres. Et pourtant, il était ultra correct. Le moment, en fait, il était bien dans le sens où, quand j'étais avec lui, il était à 100% avec moi. Mais vraiment, c'était… Mais je me suis appuyé dessus, mais non, non. Et je commençais à être amoureux en plus. Et un jour, je suis rentré en larmes chez moi, parce qu'en plus, il partait en vacances. Et je me suis dit, je ne vais pas le voir pendant trois semaines, mais ça a été une douleur épouvantable. Et là, je me suis dit, mais non, stop. Non, non, non, je ne veux pas. Et donc là, j'ai arrêté. Mais pour dire qu'à ce moment-là, il n'y a pas de direction. Et à la limite, ce n'est pas un problème pour moi. Et ça ne doit pas l'être pour mon partenaire. Parce qu'en général, mes partenaires n'en ont rien à faire de ce que je devends. Ça n'existe pas pour eux. Tout est dans ma pénétration, en fait. Mon sexe, c'est ma pénétration. C'est ça. Il n'y a pas d'autre chose. Et mon partenaire, c'est ce qu'il veut. D'où, donc, la cachasteté n'apporte rien ? Rien du tout. Au contraire, en fait, c'est présent, en fait. Alors que là, moi, c'est totalement absent. Ah oui, c'est vrai que la cage de chasteté attire l'œil. Ah oui, quelque part, c'est le mettre en présence, en fait, ce sexe. Alors que moi, il est absent. Je comprends. Il y a deux, trois ans, tu disais, l'épisode précédent, que tu t'es posé la question de prendre des hormones. Oui. T'as décidé quoi ? J'ai rien décidé, mais en fait, parce que j'ai une amie qui, son mec, il fait de la musculation, beaucoup de musculation, et il prend des hormones masculines, en fait, pour aider à la musculation. Et dans la conversation avec cette amie… Je me disais, si je prenais des hormones féminines, j'aimerais bien. J'aimerais bien, pas pour devenir une femme, mais pour que la balance soit vraiment parfaite. J'avais envie de ressentir physiquement le fait d'être un peu une femme, mais pas complètement non plus. Et ce qui m'a fait un peu peur, c'est que s'il était possible que j'en prenne des hormones, le truc c'est que j'aimerais bien, ma poitrine commencerait à se former. Le problème c'est que c'est irréversible. Une fois que la poitrine a été transformée, ça ne reviendra pas. C'est irréversible. Même si on arrête les hormones, la poitrine est là. Parce que toi, tu t'es entouré de professionnels, d'associations ? Rien. Non, non, non. J'étais sur Internet, j'ai regardé. C'est important de le dire, parce que du coup, si ça c'est faux, on sait… Non, parce que tu vois, je pense aux autres auditeurs qui pourraient être dans le cas. Moi, j'aurais envie qu'on aille voir une asso et qu'on valide ce point-là. Internet nous dit plein de bêtises, Pascal. Non, mais c'est des sites sur les trans, quand même. Ah oui, oui, oui. Non, je suis incompétent, donc tu sais mieux que moi. Non, mais j'ai lu sur plusieurs cas. Tu valides, ouais. Voilà, oui. Tu as eu envie d'aller parler, d'être entouré de gens ? Oui, depuis trois ans et surtout depuis un an, c'est vrai que j'aimerais bien… Oui, c'est vrai que j'aimerais bien en parler, en fait, à un professionnel. C'est vrai que j'aimerais bien. Parce que finalement, moi, je ne veux pas devenir… Enfin, c'est un peu… Je dis ça, mais en même temps… quand même dans mes fantasmes, dans mon imaginaire, a commencé à s'introduire le fait que je sois une femme. Chose qui ne m'est n'arrivée pas avant. Ah non, là, tu m'as perdu. Depuis le début, c'était ça pour moi, mais j'ai du mal à comprendre. Oui, mais vraiment. Là, c'est de le faire vraiment. Dans tes fantasmes ? Dans mes fantasmes, je suis une femme, mais c'est un fantasme, ce n'est pas la réalité. Et là, je suis passé à un fantasme où c'est la réalité, où je fantasme que ça soit vrai. D'accord, d'accord. C'est encore autre chose. Et du coup, c'est vrai que depuis un moment, je suis sur Instagram des femmes trans. J'ai regardé des photos, chose que je n'avais jamais faite, mais j'ai regardé des photos de sexe féminin de trans. À quoi ça ressemblait ? Voilà, je suis allé jusque-là quand même. Mais tu le disais au début, tu es en questionnement. Oui, voilà, je suis en questionnement. Mais c'est un questionnement qui pourra peut-être perdurer toute ma vie. Moi, dans le passé, j'ai été en contact avec l'assaut AcceptST que j'avais trouvé génial. Alors après, ça dépend des gens. Mais moi, j'étais tombé… Parce que dans une autre vie, j'ai été activiste LGBT. Donc on avait fait une campagne ensemble. On avait échangé pour faire avancer les droits des personnes trans. Et j'avais trouvé des gens délicieux. Moi, c'est vraiment le seul conseil que je me permettrais de te partager. Mais je trouve que ça n'engage à rien d'aller prendre un petit café… Et juste d'écouter les histoires. Ça peut remplir le cœur. Ça peut créer un espace. C'est un espace super safe. Parce que du coup, tu seras très bien entendu. Puisque les gens, ils vivent dans leur chair. Peut-être certains, certaines vivent dans leur chair ce que tu partages. Oui. Ça te laisse un peu… Comment tu te sens ? Je ne suis pas à ça. Je ne suis pas prêt à ça, en fait. Je sais juste que la seule chose que j'aimerais me savoir, c'est que s'il existe… Parce que quand on parle de transidentité, on ne parle que de transition d'un genre à un autre. Et quand on dit un autre genre, c'est avec le changement de sexe ou pas ? Voilà, c'est possible. Mais en général, il y a le truc de valider, d'être un homme ou une femme. Il y a tout un parcours. Il faut, socialement, il faut se présenter aux autres comme étant du sexe que l'on veut. Il y a tout un parcours comme ça. Pour une transition. Pour une transition, en fait. Trans, pour valider avant de passer à… Plus loin dans la transition, de ce que j'ai compris, il y a tout un parcours comme ça. Mais moi, je n'ai pas envie d'être une femme dans ma vie de tous les jours. Je pourrais être comme ça là, honnêtement, tel que je me présente à toi. Tu veux te décrire ? Parce que là, tu me parles de ton physique, mais on est sur un podcast. Tu as dit, je pourrais être comme ça, là. Ah oui, oui. Comme je suis là, c'est-à-dire que je porte un pantalon noir, j'ai un pull gris, j'ai 56 ans, j'ai le crâne rasé, je suis rasé intégralement. parce que dans le petit cheminement j'ai commencé à faire de l'épilation définitive depuis quelques mois c'est un petit truc un petit truc quand même mais bon c'est et donc je pourrais être comme je suis là en yel avec c'est non binaire avec un sexe féminin transformé et avec de la poitrine hum hum c'est ce que j'ai presque c'est ce que j'aimerais en fait et bien je suis incompétent et pas la bonne personne pour répondre à cette question là alors qu'il y a plein d'assauts et de personnes concernées qui peuvent répondre de mon côté de ma fenêtre d'homme cisgenre c'est à dire je suis né dans un corps homme et je me considère homme et Je crois que ce que tu décris, c'est la non-binarité, la non-binaire, que j'observe avec joie dans des séries télé, sur Instagram, puisque tu es très Instagram, Pascal. Oui, oui. Attention, addictif. À part mes vidéos que tu dois liker, J'aimerais que tu fasses ça. J'ai moi-même un problème d'addiction avec l'horreur. Je me retrouve à… J'ai plein de vidéos de chiens en ce moment et d'éleveurs de chiens parce que j'ai un petit moment genre j'aimerais trop un chien. C'est un chat. Des chats et des tigres. Alors là, je peux dire que j'en ai plein. Tu en as ? des hommes à poil, moi. Pas trop, finalement. C'est un petit peu, quand même. Oui, t'as raison. Alok, A-L-O-K. Alors, il faut que tu parles anglais. Est-ce que tu parles un peu anglais ? Non, pas très bien. Mais Alok, je suis allé voir son spectacle à Paris. Et c'est une personne non binaire qui a un super chouette discours, A-L-O-K. Mais je pense que peut-être certains de ses discours et de ses petites vidéos, etc. Et dans sa présentation physique, celle dont tu parles, il mêle plusieurs indicateurs que nos sociétés très binaires attribuent à hommes et femmes, tu vois, et il mélange les deux. Et il se présente ainsi. Et bien sûr que ça existe. De mon regard, c'est ce genre. Et puis, dans mes recherches sur l'homosexualité, sur la compréhension de tout ce qui n'est pas hétéro, il y a une histoire absolument incroyable et mondiale des personnes non-binaires. Bon, c'était la petite parenthèse. Mais j'invite toute personne qui nous écoute et toi à… Passer un coup de fil à une asso, envoyer un email et à trouver une source d'information compétente, empathique. Tu vois ce que je veux dire ? C'est ça que je trouve le plus important. Et si peut-être le café est trop engageant, je suis sûr qu'ils ont des emails et des ressources. Ou tu as un vrai humain à qui tu peux poser des questions sans engagement. Nous allons passer à la troisième et dernière partie, Pascal, de cet enregistrement. Tu es d'accord ? D'accord, Guillaume. Très bien, à tout de suite. À dans quelques jours, tu sais, je publie en plusieurs parties. D'accord. Pour les auditoristes, c'est à dans quelques jours.

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