Une douleur, une irritation ou du sang à l’anus, et pas un proctologue avant deux mois : que peut-on faire seul en attendant ?
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Le proctologue Aurélien Garros répond dans cet épisode du podcast :
Pour s'autodiagnostiquer, le proctologue oriente vers le site de la Société Nationale Française de Coloproctologie et ses fiches patients fiables sur la fissure ou les hémorroïdes
Consulter dès qu'un symptôme nouveau persiste, grosseur, saignement, écoulement ou douleur, pour ne jamais passer à côté d'un cancer, sans forcément d'urgence
Urgence en revanche si fièvre, douleur très intense et pulsatile évoquant un abcès, lésion qui grossit chaque jour, ou sang noir et saignement continu
En attendant : dépister une IST à l'écouvillon, prendre du paracétamol plutôt que des anti-inflammatoires, arrêter la sexualité et éviter la constipation avec un laxatif doux
💡 Les conseils du proctologue
Le Dr Aurélien Garros est proctologue à Lyon, spécialisé dans les questions de santé sexuelle anale.
Comment s'autodiagnostiquer un problème à l'anus avant de voir un proctologue ?
En consultant des sources médicales fiables plutôt que des forums. Le Dr Aurélien Garros recommande le site de la Société Nationale Française de Coloproctologie, qui regroupe les proctologues français. Sa section patients, Tout savoir sur l'anus et le rectum, propose des fiches par pathologie, fissure ou hémorroïdes. On y entre par un diagnostic supposé : ces fiches ne répondent pas à tout, mais donnent déjà de bonnes pistes.
Quels symptômes à l'anus imposent de consulter, et quand est-ce urgent ?
Tout symptôme nouveau qui persiste, grosseur, saignement, écoulement ou douleur, justifie de voir un proctologue, notamment pour ne jamais rater un cancer. Le Dr Aurélien Garros réserve l'urgence à quelques situations : fièvre, douleur très intense, insomniante ou pulsatile évoquant un abcès, lésion qui double de taille chaque jour, ou sang noir, caillots et saignement continu hors des selles.
Quels réflexes adopter en attendant le rendez-vous chez le proctologue ?
Le premier, pour un public gay souvent concerné, est de dépister une IST à l'écouvillon, chlamydia et gonocoque, dans un centre de dépistage rapide, ce qui suffit parfois à trouver la cause. Le Dr Aurélien Garros conseille aussi le paracétamol plutôt que les anti-inflammatoires, l'arrêt de la sexualité, et un laxatif doux en vente libre pour éviter la constipation qui aggrave tout.
Où aller si aucun proctologue n'est disponible et que ça ne peut pas attendre ?
En première intention chez le médecin généraliste, qui peut souvent résoudre ou faire avancer le problème. Le Dr Aurélien Garros cite ensuite l'infectiologue ou un centre de dépistage des IST, le dermatologue pour des lésions externes de la peau, ou le chirurgien digestif en cas de lésions suppurées. Les urgences se justifient seulement en cas de forte douleur, de fièvre ou de saignement abondant.
Comment trouver un proctologue ou un médecin gay-friendly de confiance ?
En élargissant au-delà du seul proctologue et en s'appuyant sur des recommandations de confiance. Le Dr Aurélien Garros rappelle qu'un généraliste ou un centre de dépistage débloque souvent la situation. Pour repérer un soignant à l'aise avec la santé sexuelle des personnes LGBTQ+ près de chez soi, le podcast propose un annuaire collaboratif de soignants recommandés par les auditeurs.
Bienvenue sur la hotline de ce podcast. On a tous des questions super intimes qu'on n'arrive pas à poser à notre médecin. Alors dans ce format hotline, un auditeur me partage sa question intime en toute confidentialité et je trouve un médecin ou un psy gay-friendly pour répondre. Tu peux soumettre ta question par écrit ou via un message vocal en allant sur le site du podcast bit.ly slash comment devenir onglet témoigné. Bonne écoute !
Salut Aurélien, alors j'ai l'auditeur Thomas qui nous écrit « Salut Guillaume, ma question pour le proctogé, que faire quand on a des douleurs, irritations, voire saignements, mais qu'aucun proctologue sur Doctolib n'est libre avant deux mois ? »
Autrement dit, dit-il, quatre questions en une. Première question, y a-t-il des ressources pour s'autodiagnostiquer, au moins temporairement, avant de voir un spécialiste ? Deuxième question, quels sont les symptômes qui disent qu'on doit voir quelqu'un ?
Au bout de combien de temps doit-on s'inquiéter ? Troisième question, en attendant de voir quelqu'un, quels sont les bons réflexes à avoir pour tenter de contenir, améliorer ou pas aggraver la situation ? Et quatrième et dernière question de Thomas, si vraiment ça ne va pas et qu'on ne peut pas attendre deux mois, où doit-on aller ?
Salut Guillaume. Alors des ressources d'autodiagnostics, moi ce que je peux recommander, c'est le site de la Société Nationale Française de Coloproctologie.
C'est la société de référence qui regroupe les proctologues français. Il va y avoir les informations les plus fiables, les plus vérifiées. Quand on va sur ce site, il y a une section patients. Dans la section patients, il y a une partie qui s'appelle « Tout savoir sur l'anus et le rectum ». Il y a plusieurs fiches sur les pathologies, la fissure, les hémorroïdes.
Après, on n'entre pas par le symptôme, mais on entre déjà par le diagnostic. On peut penser qu'on a des hémorroïdes, on va ouvrir la fiche hémorroïdes, on va trouver des éléments qui vont nous faire penser à ce qu'on a, mais peut-être qu'on avait une fissure. Ce ne sont pas des fiches qui vont répondre à 100% à la demande, mais c'est déjà une ressource intéressante.
Deuxième question, quels sont les symptômes qui disent qu'on doit voir quelqu'un ? Au bout de combien de temps doit-on s'inquiéter ? Alors déjà, j'en profite pour rappeler que tout symptôme qui s'installe à l'anus, c'est-à-dire que tu n'étais pas présent avant, une grosseur qui apparaît, un saignement, un écoulement, une douleur et qui persiste dans le temps, il faut aller voir le proctologue. Pas forcément en urgence, mais quand un message à rappeler pour ne jamais rater les cancers.
Après, les symptômes qui justifient de le faire en urgence, ce sont des situations finalement pas si fréquentes. On va dire qu'il y a la fièvre.
Pour la douleur, pas toutes les douleurs, sinon ce serait quasiment tout le monde, mais dès qu'une douleur est très intense, si on a 8 sur 10 de douleurs ou quelque chose comme ça, je pense que c'est urgent. Et si la douleur est insomniante, si elle est pulsatile, là, ça peut être évocateur d'un abcès et on peut considérer que c'est une urgence. Ensuite, par rapport à la présence d'une lésion, d'une grosseur
Encore une fois, la simple présence, ce n'est pas un critère inquiétant, mais s'il y a un caractère extensif, c'est-à-dire que tous les jours, ça double de taille ou quelque chose un peu de cet ordre d'esprit, là aussi, c'est une urgence. Et pour ce qui est des saignements, j'essaie de balayer tous les symptômes qui existent. Là, encore une fois, souvent, les saignements s'arrêtent un peu tout seuls ou en tout cas, ne sont pas graves, même si c'est vite bien rouge et ça peut vite être impressionnant, les saignements.
Après, si ça devient du sang rouge foncé, voire du sang noir ou des selles noires, des caillots, là on va suspecter un saignement qui vient même des intestins et ça peut être une urgence. Ou si ça se met à saigner un peu en continu, même en dehors de la défécation.
Voilà ce que je dirais. Finalement, ce qui serait des urgences, c'est les abcès, certaines formes d'hémoïdes quand il y a une thrombose, si elle est très douloureuse, mais c'est plus pour soulager, ce n'est pas que c'est dangereux. Et certaines infections, notamment des infections sexuellement transmissibles, il y en a des.
des sévères où on est complètement constipé, bloqué, il peut y avoir du pu qui coule, et là aussi ça justifie d'être pris en charge en urgence. Voilà. Troisième question, en attendant de voir quelqu'un, quels sont les bons réflexes à avoir pour tenter de contenir, améliorer ou pas aggraver la situation ? Donc effectivement, ce serait idéal s'il n'y avait pas de délai pour consulter un proctologue,
Mais bon, la situation, la démographie médicale est ce qu'elle est. Et heureusement, la plupart des problèmes proctologiques, notamment pour ce qui est des hémorroïdes, ce qui est très fréquent, des fissures, souvent il n'y a pas de gravité, ça peut attendre.
Et donc, les bons réflexes à avoir. Alors là, évidemment, quand on s'adresse à des auditeurs qui sont en grande partie des hommes gays, d'autant plus s'il y a des rapports non protégés, des partenaires multiples,
Le premier réflexe, c'est quand même de dépister une infection sexuellement transmissible avec l'écouvillon, c'est-à-dire le coton-tige dans l'anus, pour rechercher chlamydia et gonocoque, parce que ça, c'est fréquent. Et moi, je vois souvent des patients pour ce motif-là, qui en avaient déjà eu auparavant, mais peut-être ils n'avaient pas eu les mêmes symptômes, donc ils n'avaient pas l'idée, ils n'ont pas eu le réflexe de faire faire un dépistage,
ce qui est toujours possible dans les centres de dépistage assez rapidement en attendant d'aller voir le proctologue. Et ça peut être assez souvent un moyen de faire le diagnostic et donc de ne même pas avoir besoin d'attendre le proctologue. Ensuite, bien sûr, c'est soulager la douleur avec des antidouleurs plutôt comme du paracétamol. Mais par contre, éviter ce qu'on appelle les anti-inflammatoires
Il y en a plein de noms, mais ce sont des traitements qui peuvent donner un peu mal à l'estomac, qu'on prend volontiers quand on a des douleurs musculaires. Et si jamais c'est une infection, c'est contre-indiqué d'en prendre. Donc, antidouleurs simples, mais pas les anti-inflammatoires. Arrêt de la sexualité, au cas où ce soit contagieux, au cas où ça aggrave le problème.
Prise de laxatif, à moins d'être vraiment en diarrhée. Le risque, dès qu'on a un problème à l'anus un peu aigu, c'est qu'on se constipe et que ça finisse par aggraver le problème. Donc, demander à la pharmacie, c'est en vente libre, c'est sans risque, des petits laxatifs pour ramollir un petit peu le transit et s'assurer qu'on ne se bloque pas trop. Voilà les conseils principaux que je vous donnerai en attendant de voir un proctologue.
Et quatrième et dernière question de Thomas, si vraiment ça ne va pas et qu'on ne peut pas attendre deux mois, où doit-on aller ? En l'absence de proctologue disponible, effectivement, on peut probablement avancer sur notre problème à l'anus avec d'autres spécialistes. En première intention, le plus logique, le plus central, c'est le médecin généraliste qui peut tout à fait résoudre le problème ou avancer. Après, tout le monde, malheureusement, n'a pas de généraliste.
Comme évoqué plus haut, ça peut être le médecin infectiologue ou spécialiste dans les infections sexuellement transmissibles, qui travaille dans un centre de dépistage par exemple. Et après, dans certaines circonstances plus spécifiques, et si on y a accès, ce qui est parfois encore plus difficile, ça peut être un dermatologue quand on a vraiment des lésions plutôt sur l'extérieur de l'anus, sur les fesses, des lésions sur la peau.
Ça peut être un chirurgien digestif si vraiment on a des lésions suppurées, c'est-à-dire avec du pus qui coule. Généralement, c'est le chirurgien qui va ensuite pouvoir résoudre le problème par une opération. Et puis, il y a aussi des situations qu'il faut essayer de limiter au maximum et où on peut avoir besoin d'aller aux urgences, donc voir l'urgentiste.
C'est vrai qu'il y a beaucoup de motifs de passage aux urgences qui ne sont pas les bons. Aujourd'hui, c'est ce qu'on voit, mais si vraiment on a très mal, s'il y a de la fièvre, s'il y a beaucoup de sang qui coule, pourquoi pas aller voir un urgentiste ?
Mais après, par contre, pour un problème hémorroïdé récurrent, un peu plus douloureux, une fissure, etc., déjà, ce n'est pas adapté d'aller prendre du temps aux urgences, de prendre du temps aux urgentistes, et puis ils ne vont pas être forcément très à l'aise pour prendre en charge ce type de pathologie. Voilà.
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