Pourquoi je n’arrive pas à être en couple ? Lucas 2/3

Partie 2 sur 3
« Quand je rencontre des gens, on me trouve superbe, j’ai une énergie de fou, je fais le spectacle, je fais le show parce que je suis artiste. Mais intimement, les gens voient pas les difficultés. » Lucas

Lucas, 26 ans, se dit à la fois masculin et féminin : dans un milieu gay qui ne valide que le masculin, il ne trouve personne avec qui construire.

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Dans cet épisode du podcast :

  • Chez un comédien rencontré sur Grindr : tu es très beau, mais quand tu parles et quand tu bouges, je peux pas
  • Quand on lui dit que son vernis ne passera pas, il répond Lol
  • Ses amis blancs croulent sous les messages Grindr, lui n'en reçoit presque aucun
  • Ce qu'il veut au lit : de la tendresse, pas un inconnu qui décide de le dominer

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On se relance ? Allez. C'est parti. Lucas, partie 2 de ton témoignage. Dans la partie 1, on a parlé féminin, masculin. On a parlé recherche d'amour, célibat depuis longtemps. Tu as 26 ans et ta dernière relation, c'était à 19 ans. Toi, en fait, t'es un sentimental. Un sentimental un peu torturé, mais dans le... J'entends moi ce terme comme un artiste. Mais j'avoue que c'est un peu péjoratif. Mais j'assume. Torturé. Quelqu'un de brillant, avec un chemin sinueux, mais sauf que tu vas t'en sortir. Ça te résonne pas de ta part de dire ça ? Ah non, mais c'est sûr. Il va se passer des choses. J'ai hâte d'ailleurs de faire l'entretien dans 5 à 10 ans. Et je vais te dire, alors qu'est-ce qui s'est passé ? Oui, volontiers. Et je suis sûr qu'il va se passer plein de choses pour toi. Non, en tout cas, toi, tu racontes que t'as tellement été rejeté parce que tu considères ton corps plus fin, parce que tu, en tant que personne fluide, tu es plus féminin. C'est vrai que je me considère fluide parce qu'à certains moments, je peux porter des vêtements dits féminins, par exemple, ou je peux porter des vêtements dits masculins. J'appelle ça une nature switch. je peux changer notamment plus dans la ballroom scene où je m'habille vraiment très féminin et qui plus est avoir un corps fin, plutôt fin j'aime embrasser et lancer On me dit souvent, tu as l'air d'un danseur. Je fais oui, c'est vrai, en effet, je le suis. C'est dans l'idée que les gens peuvent avoir du danseur qui est assez fin, peut muscler fin. C'est marrant parce que moi, si je peux me permettre, je ne te trouve pas du tout fin. D'accord. C'est intéressant, mais juste dans mes projections et dans mes filtres dans la tête, il n'y a rien de bien ou de mal là-dessus. Mais moi, si tu me dis quelqu'un de fin, je ne pense pas à ton corps que moi je vois. Est-ce que tu veux décrire ton corps tel que toi tu es ? Je suis plutôt grand, je dirais 1m84, un truc comme ça. Et oui, j'ai un corps plutôt longiligne, assez élancé, haut. Et si ça vous intéresse aussi, les doshas ayurvédiques, on dit que je suis fata, qui est l'air éther et qui veut dire que je suis assez élancé et que mon corps se refroidit très vite. Et que je dois manger chaud parfois et pisser. Petite intermède. En tout cas, toi, les autres te disent que tu as un corps fin ? T'as intégré ça. Moi-même, oui. Toi-même, tu te le dis. Est-ce qu'il y a d'autres gens qui valident ça ? Dans le passé... Déjà, dans le passé, on a pu me le dire, oui, que j'étais fin. Et aujourd'hui, c'est vrai que je n'ai pas questionné ça envers les personnes qui m'entourent. Est-ce que tu me trouves fin ? On m'a souvent dit que j'étais svelte. Pourquoi c'est important ? Parce que toi, tu dis... Je suis racisé, je suis noir, fin, féminin. Et donc... Je me sens pas appartenir au code. Et ma question, c'est... Quelle part... Comment je veux te poser la question ? En gros... Là, dans le dernier épisode, tu racontais à cette soirée, ce mec que tu vois danser au loin, que tu trouves trop beau, il t'attire, tu as envie d'aller vers lui et tu dis non, il ne sera pas intéressé par moi puisque vu ses critères physiques, c'est obligé qu'il n'aime pas quelqu'un comme moi. Et donc là, on ne sait même pas en fait si ça aurait été possible ou pas. Tu te protèges du rejet ? Et du coup, je ne sais pas, quelle question ? Tu veux dire un truc ? C'est vrai que je pense ne pas avoir ma place un peu dans, je ne sais pas si je peux dire, cette communauté gay. Je me considère un peu comme un... marginale dedans comme beaucoup de gens je pense juste titre parce que aussi l'école de la communauté gay sont assez Je peux dire tyrannique ou un passé bloqué sur ce corps musclé un peu musclé fin tout cas à paris en tout cas à paris à berlin c'est parce que j'ai vu qu'à berlin mais il ya beaucoup ce truc dans les grandes villes j'ai l'impression c'est pour ça aussi que je Je me suis mis récemment à fantasmer un peu la vie à la campagne. Je rencontrais des hommes gays à la campagne et je me demandais, est-ce que c'est plus facile de rencontrer ces personnes ? Et est-ce qu'ils sont plus ouverts ? Je suis sûr qu'il y a plein de gens qui habitent à la campagne qui sont là. Non ! Moi, j'ai plein de gens qui témoignent qu'à la campagne, c'est super compliqué et qui fantasment les rencontres en ville. Non, mais je te fais un clin d'œil. Écoute, moi, je ne suis pas musclé. J'ai du gras. Enfin... Non. Parce que je pense que les gens vont s'imaginer des trucs... Moi, je te vois fin, tu vois. Ah oui ? Ah, c'est intéressant ! Je disais... Là, j'étais quelques jours à la montagne. J'adore la montagne. J'adore la montagne. Mais la montagne, pas le ski. Genre la montagne, genre les petits sapins, le printemps, le soleil et tout. Et dans la salle de bain, il y avait ce que je déteste, c'est-à-dire des grands miroirs... dans un angle. Donc tu vois, tu as deux grands miroirs qui font un angle. Ça veut dire que tu peux te regarder de partout, de plein pied. Et j'ai vu ce corps À poil, je prenais ma douche et j'étais là. Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas aimé. J'avais une espèce de gros bide. J'étais chum, j'étais vieux. C'était l'horreur. Non, tu es très, très bien. Je te remercie. Mais c'était ça qui se passait dans ma tête, tu vois. Et pourtant, je plais. Mais je suis blanc, donc je me demande. Et puis je suis blanc avec une barbe et je projette une image de la masculinité qui n'est pas forcément vraie, mais sur Grindr, etc. Donc je me demande peut-être à cet endroit-là. Donc toi, quand tu dis ce corps idéalisé... dans la communauté parisienne alors moi déjà je suis pas dans les soirées mais je vois tout à fait de quoi tu parles je l'entends en revanche j'arrive à rencontrer des partenaires qui sont intéressés par mon corps qui n'est pas musclé et c'est marrant toi tu me trouves fin alors que moi j'ai du bide et tout j'ai un peu des bouées quoi on peut s'attacher à moi si jamais ça se trouve tu es très très bien Mais peut-être qu'on se lance des compliments parce que toi aussi t'es très beau et je te trouve pas particulièrement fin. Mais peut-être qu'en fait on est au cœur de notre sujet, qu'on est plus en train de parler de comment nous on se perçoit et qu'on est un peu en décalage avec ce que l'autre voit, non ? Oui, mais j'ai l'impression qu'on a assez souvent été confrontés à ces standards de beauté dans la communauté gay. En tout cas, moi, ça a été par l'intermédiaire de personnes en face. Par exemple, si j'ai une anecdote à ce sujet-là, une fois, j'avais rencontré un garçon par Grindr qui était comédien. C'était à Paris, d'ailleurs, qui était comédien et donc tout à fait dans mon champ artistique. Je suis danseur et un peu comédien aussi. donc on s'était rencontré par Grindr on avait matché, il m'avait parlé très gentiment on avait un bon contact et je suis allé chez lui un soir la première fois qu'on s'était rencontré j'étais directement chez lui c'est quelque chose que je veux éviter de faire maintenant parce qu'il y a trop d'ambiguïté mais bon, j'étais allé chez lui C'est un appartement étudiant parisien, et donc on avait discuté, c'était très sympa, jusqu'au point où à un moment il me dit « bon, voilà, je dois te dire ça, mais il faut que ça sorte maintenant, tu es très beau, je te trouve très très beau, par contre quand tu parles et quand tu te déplaces, je peux pas, je suis bloqué ». Et là, je me suis dit, je suis resté complètement livide et je me disais, mais qu'est-ce qui se passe ? Et c'est ce genre d'expérience-là qui, je pense, ont construit une mauvaise image de moi. Parce qu'en vrai, j'ai une bonne image, mais un peu secouée. Donc, il a ajouté d'autres mots ? Non, ça a été juste ça. Et t'es parti ? à ce moment là oui je savais pas quoi dire j'étais complètement désemparé et t'as juste pris des affaires et t'es parti la violence de ce qu'il t'a dit et lui se rendait compte qu'il était très violent ? absolument pas peut-être qu'aujourd'hui si je le revoyais j'ai jamais gardé contact avec cette personne mais si je le revoyais il serait plus à même de comprendre parce que j'imagine qu'avec les années qui passent on se pose des questions ou peut-être pas je ne sais pas mais en tout cas dans le temps non pas du tout Ça me fait penser que parfois je porte du vernis. Et j'ai plusieurs fois eu des gens qui m'ont dit « Ah ouais, t'es mignon, t'as l'air masculin, mais le vernis, ça va pas être possible. » Je viens de voir que t'as du vernis. Oui, je la connais, celle-ci aussi. Et dans ce cas-là, moi, je réponds « Lol ». Et c'est une très très bonne réponse. Mais c'est vachement important ce que tu dis parce que j'ai beaucoup d'empathie. Je suis trop triste pour toi et je vois complètement comment ça peut écraser alors même qu'on est... Moi, j'aurais pas supporté Beaucoup de rejets comme ça. Et donc, je comprends complètement que d'avoir ces rejets-là impacte profondément. Et c'est vraiment la confiance en soi. Et tu vois, je te dis que genre avant-hier, je me regardais dans la glace et je me trouvais moche. Donc, il y a encore plein de boulot. On a dix ans d'écart. C'est pour ça que j'ai grand espoir pour toi et que ça va très bien se passer. Mais le boulot, je crois, sur toute la vie, surtout que ton corps change. Donc, en fait, tu dois toujours mettre à jour ce que t'aimais. Mais ce que je veux te dire, c'est que c'est vraiment une construction. À ce moment-là, je reviens toujours à ce que je disais dans l'épisode 1. Je reviens toujours à « attends, il y a des gens qui kiffent ». Et moi, j'ai envie... Donc, en tout cas, mon rationnel, c'est je me trouve beau, moi. Et si t'aimes pas mon vernis, il y a des gens qui kiffent. Et en fait... Moi, j'ai envie d'un rapport humain et sexuel avec quelqu'un. Je crois que quelqu'un qui n'aime pas mon vernis, c'est quelqu'un avec qui je vais mal baiser. Tu vois ce que je veux dire ? Pour moi, c'est un peu gagnant du temps parce que si tu t'attaches à ça, c'est que de toute façon, en fait, il n'y a pas d'intérêt. Donc moi, c'est pour ça que sur les apps, je monte mon vernis, ma calvitie. Et tu vois mon ventre et tout je montre et tu vois si efféminé machin genre mettons les mots parce qu'en fait si tu t'arrêtes à ça j'ai pas le temps est-ce que toi sur tes apps de rencontre tu marques justement tous ces trucs qui te font être rejeté comme ça les gens qui viennent t'aborder ? C'est cool, non ? Tu n'en penses pas ? Pour l'occurrence, j'ai Grindr, et c'est une histoire assez révoltée et compliquée avec Grindr, parce que je l'ai, je le supprime, je l'ai, je le supprime, je le supprime. Heureusement, aussi. Parce que c'est assez intense, Grindr, je trouve. Donc, je n'ai pas décrit ça, bien que je dise que je ne veux pas de masculinité toxique, entre guillemets, mais par contre, j'ai les photos qui montrent. J'ai une photo où je suis en jupe, par exemple. En l'occurrence pendant une soirée, je porte une jupe, j'ai aucun souci à porter des jupes, je peux en porter. Et d'autres où je suis juste masculin, je me sens assez libre et ça fait aussi ma personnalité et ma force de pouvoir me passer d'une catégorie à l'autre et de ne pas me dire en fait je suis né mec et je m'habille comme mec. Oui, je comprends ce que tu veux dire. Mon idée est un peu limitante. Si là, petit à petit, il y a des gens qui sont en train d'avoir un crush sur toi, ta voix, ce que tu racontes et tout, tu aurais envie qu'ils te contactent ? Pourquoi pas, mais ça me fait un peu peur là, comme ça dit comme ça. En tout cas, tu auras le temps de décider de mettre dans le descriptif de cet épisode un email, un Instagram ou que sais-je. Justement, tiens, pour réagir à ça, parce que j'ai beaucoup passé le temps à réfléchir à pourquoi est-ce que j'arrivais pas à me connecter avec quelqu'un ? Et je pense aussi à ce côté-là de peut-être que je cache un peu aussi qui je suis et que je parle pas trop et que je reste un peu sous un espèce d'écran. Parce que souvent quand je rencontre des gens, on me trouve superbe, j'ai une énergie de fou, je fais le spectacle, je fais le show parce que je suis artiste et tout machin. Et du coup on me dit t'es fabuleux et tout, mais c'est vrai qu'intimement, les gens voient pas les difficultés. et ne me connaissent peut-être pas sous cette image-là que je peux donner. Et je pense que j'ai peut-être construit aussi cette image pour ne pas montrer ma vulnérabilité, je ne sais pas. Oui, parce que si tu te montres, tu te fais violenter en fait. Si t'es trop efféminé, tu te fais violent. T'es d'accord ? En plus d'efféminé, c'est même mes faiblesses et d'autres choses qui me construisent. C'est mon identité en général. Parce qu'en vrai, le côté efféminé, on le voit dès le départ. Les gens le captent tout de suite. Si j'étais uniquement viril, et encore, je me considère viril aussi. Je pense que ce sont des notions assez... on peut les bouger tu vois on sait pas où elles s'arrêtent et où elles commencent mais je me considère à la fois féminin et masculin donc viril et féminin et si tu veux ça les gens malheureusement si tu ne représentes pas j'ai l'impression le masculin un peu macho tu es autre et comme t'es homo t'es autre et du coup t'es le féminin tu vois j'ai l'impression donc les gens le voient ouais Quand tu dis Grindr, j'ai une relation amour-haine, non t'as pas dit ça, mais une relation tumultueuse où tu l'installes et tu le désinstalles. Tu veux m'en dire un peu plus ? C'est quoi ton expérience de Grindr ? Alors, ça convoque justement un sujet que je voulais aborder. C'est que, déjà, premièrement, je trouve que c'est une application qui me permet moins de me projeter sur les gens. Parce que tout de suite, c'est top pour bottom, bottom pour top, machin truc. Vas-y, tu viens chez moi et on fait la totale et tout ça, et tu t'en vas. Moi, j'ai beaucoup de mal avec ça. J'ai pu le pratiquer avant, quand j'étais plus jeune. Et à chaque fois, souvent, je me sentais... Je ne sais pas, pas comblé, vide, pas satisfait. Tu parles du sexe direct, en mode après quelques messages et quelques échanges de photos, on va chez la personne et ça baisse. Oui, exactement. Et donc sur Grindr, cette manière de se rencontrer m'empêche un peu de me projeter sur les gens. Comme si j'avais moins d'énergie mentale, tu vois, imaginez, c'est d'aborder les gens. donc ça fait pareil le truc sur Tinder même si c'est un autre type de rencontre je pense que les applications c'est un peu comme ça mais au niveau énergie mentale c'est moins j'ai du mal à pourtant je suis quelqu'un qui fait le premier pas et je contacte les gens je fais des compliments ou alors je parle simplement des choses par rapport au profil mais après j'arrive pas à entretenir la conversation c'est trop compliqué et donc Grindr je l'enlève aussi pour ça mais d'autres choses aussi c'est que j'ai des amis blancs aussi je n'ai pas que des amis noirs Et dans mes amis blancs, enfin certains, je ne vais pas généraliser non plus, mais certains, ils ouvrent une heure, ça fait tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac. Il y a plein, plein de messages. Et moi, je suis en mode, je dis, qu'est-ce qui se passe encore ? Ils ont plein de messages, je n'ai aucun souci. Et moi, j'ouvre une heure, une fois de temps en temps, ou alors quand je vais vraiment dans une autre ville complètement différente. Une fois, je suis allé à Marseille et il y avait plusieurs personnes qui me contactaient. Mais c'est parce que je ne suis pas du coin, je suis un peu, entre guillemets, chair fraîche, tu vois ? Je me disais que Grindr, c'est un endroit où on perpétue l'inégalité. Moi, je suis un peu à fond dans l'intersectionnalité. Ça se rejoue aussi sur Grindr. Toi, tu n'as pas compris, tu sais pourquoi tes amis blancs ont plus de clic-clic ? Parce qu'en gros, moi, quand je joue mon Grindr, il n'y a pas de clic-clic, il n'y a pas de message. D'accord, je disais que ce n'était pas tout le monde. Mais en revanche, il y a plein de gens qui racontent qu'être noir sur Grindr, c'est l'horreur. Et ils reçoivent beaucoup de messages, mais fétichisant, en mode, puisque tu es noir, alors différents préjugés, etc. Donc toi, ce n'est pas ça ton expérience. Ton expérience, c'est... Les gens ne te contactent pas. Les amis blancs, tu as identifié ? Parce que tu vois, je crois que notamment, ils avaient fait des études. Si tu mets que tu es actif ou passif, tu as plus ou moins de messages. Est-ce que tu t'es posé la question de quels critères fait que tes amis blancs ont plus de messages ? En l'occurrence, là, je fais référence à un ami qui rejoint beaucoup cette image du gay attirant, c'est-à-dire un peu musclé, un peu barbu, tout ça. Et lui, en l'occurrence, est passif, plutôt. Et voilà, son grinder, c'est tac, tac, tac, sans arrêt. Ok. Et toi, t'en rêves un peu ? T'aimerais être vachement démarché ? C'est ça. D'un côté, je pense que j'idéalise ça parce que je ne l'ai pas. Mais d'un côté, je pense que si je l'avais, je serais en mode non. Ça ne me permet pas d'encontrer des gens parce que les gens projettent quelque chose sur moi qui me verrouille, qui me bloque dans un rôle. Et je pense qu'en fait, que même ces garçons, quand je fais « Revence à mon ami », par exemple... doivent en souffrir aussi parce qu'on pose beaucoup de d'images sur leurs épaules et ils sont bloqués là-dedans et ils auront peut-être envie même tu vois eux-mêmes de rencontrer des gens différemment que dire tiens t'es musclé t'es mon objet sexuel je veux faire un truc avec toi tout de suite là maintenant et je pars machin et je te consomme et je pense qu'ils ont pas envie de ça non plus ouais Mais je ne sais pas, j'ai l'impression qu'on vit aussi dans des sociétés où on a du mal à communiquer. Et lorsqu'on communique, on communique avec violence. Et du coup, je ne sais pas, c'est peut-être ça qui m'est arrivé. Oui, bien sûr. Parce que là, si tu devais me décrire l'idéal ? Est-ce que tu l'as en tête ? Et tu n'es pas obligé de l'avoir. Ça veut dire que tout ton propos ne s'effondre pas si tu n'es pas capable de dire ce vers quoi tu tends. C'est vachement important pour moi. Tu l'as dit au premier épisode, tu es en construction et c'est très chouette. Mais est-ce que tu aurais des éléments de ce vers quoi tu aimerais ? Ce que tu aimerais ? Donc si tu devais me décrire, si tu devais avec moi jouer le jeu... Donc toi, tu cherches une relation monogame. Enfin, tu recherches une relation... Je suis quand même plutôt renoncé sur ça, monogame. Oui, c'est ça. J'ai eu un doute à un moment donné. Avec une personne, soit un homme, soit une personne non-binaire, on est d'accord ? Oui, je suis ouvert. C'est vrai que je me sens ouvert à tout, mais je suis quand même plus attiré par la masculinité. Il faut que je le dise aussi. J'accepte. J'aime énormément, que ce soit homme cis ou homme trans, j'aime énormément le corps des hommes. J'aime énormément l'énergie qui émane d'eux aussi. Donc là, on a vachement décrit dans tout ton témoignage ce qui ne fonctionne pas. Et ce qui ne te correspond pas ? Est-ce que tu as des mots pour décrire ce qui te correspond ? Il se passerait quoi ? Déjà, je pense que c'est une personne gentille. C'est hyper important. Qu'il soit intentionné. Qu'il n'ait pas peur de montrer ses sentiments, je pense. Qu'il soit ouvert à la communication. et qui soit à l'écoute en fait aussi parce que je pense que j'ai besoin de quelqu'un qui est disponible mentalement parce qu'elle est bas et moi de je suis dispo mais je pense encore à mon ex ou alors je suis dispo mais je vais dans un autre pays je vais déménager tout ça je l'ai connu tu vois mais ça permet pas de construire une relation Relation avec quelqu'un, relation solide, à mon avis. Après, je pense que c'est des relations de longue distance qui marchent très bien. Mais là, je pense qu'on a quelqu'un de dispo. Et sexuellement, il se passe quoi ? Est-ce que tu as le sexe que tu kiffes ? Non, tu t'es tendu là, non ? Peut-être un peu, oui. Ah, ton visage s'est transformé, tu pensais à quoi ? Je pensais à qu'est-ce qui me plaît sexuellement, qu'est-ce qui ne me plaît pas sexuellement et qu'est-ce que je souhaitais seulement. T'as eu l'air apeuré, non ? C'est une projection. Non, je ne dis pas apeuré, non. Non, c'est juste que je dois en parler en fait. Je n'aime pas en parler du tout, mais du coup, je recollecte un peu les idées. Et du coup, moi, ce qui me plaît sexuellement, c'est la tendresse, c'est vraiment l'affection. Je crois qu'on appelle ça un peu vanille à sexe. Ce que je ne sais pas du tout, moi, sur les bails de trip hard, je ne sais pas quoi, truc mûche. Je n'ai pas le même problème à être considéré par quelqu'un qui me respecte comme, entre guillemets, un objet sexuel. mais je peux pas faire ça genre enfin je peux plus ou pas faire ça avec quelqu'un je connais pas du tout et surtout tu vois les mecs demi en mode je déteste ça genre vraiment les hommes enfin je dis pas que je déteste la personne très bien mais genre vraiment quand c'est en mode strip demi voilà je te domine tout ça je te connais pas moi je suis un peu en mode je sais pas mais il y a un peu tu vois des rapports de pouvoir quoi qui sont pas très consentis pour moi et j'aime pas je me sens pas à l'aise tu vois Mais si c'est dans une relation couple, c'est quelqu'un que je connais bien, avec qui on a discuté, tout ça, et qu'une relation demi, pourquoi pas, tu vois. Mais de but en blanc comme ça, non, ça me gêne. Je ne sais pas comment la personne peut se dire, j'ai pris l'ascendant sur toi comme ça, sans demander la question. C'est intéressant là, ce qui se passe. Parce que là, le jeu, on joue au jeu de tu peins le tableau que tu veux, de la joie et du kiff. Je te disais, vas-y, décris-moi ce qui te correspond et ton esprit retombe sur ce qui ne te correspond pas. Oui. C'est intéressant, non ? Oui, c'est intéressant, c'est vrai. Je ressens le négatif, moi, tu sais. Mais ouais, c'est ça. Mais c'est OK. Mais du coup, j'aimerais vraiment qu'on mette ça de côté. Donc, je suis sûr qu'il y a plein de choses qui ne te correspondent pas et qu'on pourrait en parler. Tu es libre d'en parler. Mais là, le jeu que je te propose de jouer, si tu es d'accord... C'est que tu te connectes à toi, ce qui résonne pour toi de kiffant. Donc, tu disais la sensualité. Quelle forme de sensualité ? Elle écoute, quelqu'un l'écoute. Donc, sexuellement, t'es nu ? Quelqu'un qui t'écoute sexuellement, c'est quoi ? C'est quelqu'un qui... Par des caresses, par des préliminaires, ce qu'on peut faire classique. Dans le début de la relation sexuelle... Oui, c'est plutôt sur les émotions, sur les sentiments, tout ça. Et après, oui, peut-être avoir quelque chose d'un peu plus, entre guillemets, bestial. Mais il faut que je ressente des choses. Je ne suis pas mécanique. Je crois que c'est la définition du sapiosexuel. C'est une personne qui trouve son énergie sexuelle et ses racines sexuelles dans le sentiment, la connaissance de l'autre, l'échange cérébral ou je crois, de ne pas dire de bêtises. J'irais voir alors. Ah ouais, tu sais, une personne sapio. Ah ouais, ah ouais. Je n'en ai pas trop. Ok. Tu aimes sucer ? Oui, oui. Oui, oui ? Mais c'est marrant parce que... Non mais je te réponds comme ça parce que je me dis si je vais pas envoyer le podcast à mon père parce que j'ai pas envie qu'il entende ce que je dis là. Tu pensais l'envoyer à ton papa ? Je pensais lui dire tiens regarde j'ai fait un podcast et tu pourras peut-être un peu comprendre un peu plus qui je suis, tu vois, et comment je me suis construit. parce que ça a aussi impacté notre relation d'un côté je pense il représente aussi le masculin mon père la première fois qu'il est masculin mais du coup si je commence à parler sexuel je vais peut-être pas y avoir l'épisode c'est intéressant l'acceptation de ta famille fait partie aussi de nos chemins. T'en es où de ça ? Je suis bien accepté par ma famille. J'avais fait mon coming out, j'avais 13 ans. Premièrement auprès de ma grande sœur, puis après mon père et ensuite ma mère. Mais ma mère m'avait dit, je le sais depuis qu'elle était petite, c'est moi qui étais dans mon ventre, je le sais. Et puis mon autre sœur aussi, parce que j'ai deux sœurs. Mais je n'ai jamais été rejeté dans ma famille par rapport à l'homosexualité. Par contre, j'ai développé un tabou. Comme on n'en parlait pas, on ne parlait jamais. J'avais, je pense, ce sentiment de honte, tu vois, peut-être un peu de peur, de honte. Et en plus, j'étais complètement harcelé à l'école et du coup, il fallait que je le cache. Et du coup, c'est hyper tabou. Je n'en ai jamais parlé. Je pense que si j'en avais parlé à dos, mes parents, ma mère est plus à l'aise que mon père. Parce que mon père, il est un peu plus macho, il a un peu plus de mal à comprendre. Il comprend très bien, il n'a jamais eu de problème, mais il a du mal à en parler. Je devrais dire ça comme ça. Et si j'en avais parlé, je pense que plus tôt, je pense que la conversation aurait été ouverte là-dessus. Et c'est vrai que quand j'étais ado, j'aurais voulu, et encore à l'heure d'aujourd'hui, j'aurais voulu avoir un homme gay plus vieux qui puisse me parler des problématiques et de comment faire pour gérer toutes les problématiques que je suis dans la vie. seul en tout cas, cet endroit. J'étais très seul quand j'étais ado et enfant aussi. J'avais pour habitude de m'enfermer dans ma chambre et de jouer aux jeux vidéo ou de lire des bouquins et je lisais énormément d'ailleurs. Mais je pense que c'était parce que je devais m'échapper de cette vie dure. Parce qu'au collège lycée, j'étais harcelé de ouf. Je pense que beaucoup de personnes l'ont vécu. Après, c'est un truc que je n'ai pas dit, c'est que j'avais un côté hyper révolté. Donc, je m'affichais, je n'avais aucun problème à montrer, tu vois. Bon, j'étais le gay du bug, quoi. Mais c'était généralement les mecs qui m'embêtaient. Les mecs en profitaient lorsque je passais dans un couloir pour me la faire à l'envers. C'est quoi, te la faire à l'envers ? T'insulter ? Oui. Oui, mais clairement... Jamais j'ai été frappé ou quoi que ce soit, mais insulté, oui. Et ça a été dur ces dernières années, surtout le collège en fait. C'était surtout le collège qui était compliqué. Et d'un côté, je prononçais une revanche sur la vie en me disant, du coup, je ne vais pas me taire et je vais sortir un peu de... de ma carapace et j'étais hyper révolté, j'étais métalleux tu vois j'étais j'en ai rien à foutre car life et tout tu vois mais voilà j'étais quand même assez impacté par ça bien sûr ouais j'ai vraiment l'impression que ça nous marque à vie et que moi dans ce que j'ai entendu c'est que T'arrives dans cette communauté gay. T'es à l'aise de dire ce bahut, il était dans quel coin de la France ? Dans le sud-ouest de la France. J'ai grandi au Pays Basque. Je suis d'origine martiniquaise. Je suis né en France, Martinique. Après on est allé, après on est retourné en France. Et c'était un milieu plutôt rural ou c'était une grande ville ? Plutôt rural, oui. Est-ce que tu te retrouves, si je dis que dans justement... Dans ton chemin d'intime et de sexualité, dans ta capacité à être toi et à t'ouvrir à l'autre alors que tu ne corresponds pas forcément au code que tu perçois de ce qui est validé. C'est le cas au lycée ? au collège, au lycée. Et puis en fait, c'est aussi le cas aujourd'hui à Paris, où à nouveau, quand t'essayes de t'ouvrir à ce bahu gay, entre guillemets, à cette communauté gay, les gens t'insultent. J'allais dire, les gens ne t'insultent pas, mais si. D'une manière, oui. Je ne sais pas, des insultes qu'on pouvait m'insulter avant, c'est comme ça qu'on connaît, ta fiole, ta pète et tout ça. Mais ce sont d'autres insultes, peut-être. Le mec qui te dit, ouais, c'est cool, t'es beau et tout, mais quand tu parles... C'était dans cet épisode que tu l'as dit, je crois, quand tu parles et quand tu bouges, c'est pas possible. Sous-entendu, tu es trop efféminé, c'est ça ? Oui, je pense. La violence du truc, quoi. Moi, je la trouve, de ce que je ressens, je la trouve belle, cette image. J'ai l'impression que, quelque part, tu es encore dans ta chambre, tout seul. Ah oui, je pense que j'ai mon enfant intérieur qui doit faire « Ah ! » Tu vois ? Ouais. Dans ce monde violent, quoi. Comment tu disais, l'apéro entre auditeurs était sympa ? Est-ce qu'à cet endroit-là... Donc tu t'es fait un pote ? Oui. Au minimum. Oui, oui. Est-ce que ton petit cœur s'est emballé ? Pour deux, trois personnes, oui, oui, oui. En effet, un peu. Ok. Mais pareil, c'est la même chose. Je me disais, c'est pas la peine que j'essaie bloquer complètement. Et en plus, la dernière fois que je suis allé à l'opérauditeur, donc je crois que c'était il y a quelques semaines de ça, de l'heure où on enregistre, enfin du jour où on enregistre, J'étais dans un état, déjà j'étais très bien et je suis arrivé un peu après les discussions brise-glace et je n'arrivais pas du tout à communiquer avec les gens. Tu m'as vu, j'étais seul d'ailleurs, je me demandais qu'est-ce qui se passe, je n'arrivais pas à rentrer dans la conversation. Dans ce groupe-là, dans le groupe de personnes qu'il y avait dans cette soirée-là, il y avait un garçon que je trouvais beau aussi, je me disais j'aime bien, mais non. complètement en fait ce qu'on fait avec les apéro entre auditeurs après ça c'est à paris dans les autres villes les gens font bien ce qu'ils veulent mais moi je leur propose cette petite formule que moi j'aime bien et puis font ce qu'ils veulent mais c'est on se met en petit groupe de trois et en fait ça marche pendant les rencontres pour amorcer les rencontres pour amorcer même des enregistrements On met les gens en petits groupes de trois avec des gens que tu ne connais pas et on te propose une question auxquelles chacun répond. Et après, au bout de dix minutes, hop, on change de groupe. Ce qui fait qu'en peu de temps, tu rencontres six personnes sur les vingt présentes. Et en fait, hop, après, la magie se fait ou la magie ne se fait pas d'ailleurs. Moi, j'aime bien ce truc un peu. Alors, c'est très à l'américaine. Certains pourraient penser que ça manque de spontanéité. Moi, je n'en ai rien à foutre de la spontanéité. Quand j'arrive à un endroit où il y a vingt personnes que je ne connais pas, genre je suis alors moi tu vois je suis pas très timide mais moi je suis non j'aime pas les apéros je déteste ça parce que je suis là mais comment on est censé je suis censé me tourner vers quelqu'un et faire salut mais il y a plein qui y arrivent et tout mais moi j'y arrive pas donc voilà moi j'ai dit j'aime bien cette petite formule c'est une interface très très bien justement pour bien rencontrer les gens et moi en préparant cet entretien là je vais nettoyer ma cuisine. Et sache que, avant un entretien, nettoyer me permet un peu de me dire... Tu vois, j'ai mes petites notes et tout, mais quelque part, je me dis, attends, qu'est-ce que... C'est un peu magique, mais je me dis, est-ce qu'il y a un truc par rapport à Lucas ? Qu'est-ce que je pense ? J'essaie de prendre un peu de la distance, parce que j'ai ma petite intro, mes petites notes, donc tu peux être un peu scolaire à dire, ah ok, oui, on va parler de ça, etc. Et il m'est apparu un truc. Je me suis dit, c'est marrant, il est arrivé en retard au dernier apéro, et donc il s'est empêché tout ce petit processus de brisage de glace, Et je me suis dit... Et en plus, je sais que t'es arrivé en retard parce que je t'ai dit « Tiens, pourquoi t'es arrivé en retard ? » Et qu'il n'y avait pas une raison très spécifique, tu vois. Et en fait, ce que j'entends et ce que je trouve très triste, c'est qu'on vit tout un tas de trucs et d'exclusions et de violences Donc du coup, on se met dans une coquille pour se protéger, qui à la fois nous protège et nous sauve, et à la fois nous isole du monde et nous fait nous-mêmes... Tu vois, moi je trouve ça trop triste, ce mec qui danse, et toi tu te dis, franchement c'est tellement violent de se faire rejeter, je vais pas essayer. Et je pense que quelque part, il y a peut-être une petite voix en toi qui a fait que t'es arrivé en retard, en tout cas... Puisqu'en plus, je sais que tu as déjà vécu l'apéro, donc tu sais qu'en fait, ce moment brise-glace, il arrive à ce moment-là. Et comme je suis complètement anal, complètement rigide, on commence souvent à l'heure... Et je me suis un peu dit, ah zut, est-ce qu'il ne s'est pas auto-saboté ce soir-là ? Alors, en l'occurrence, j'étais déjà en train de boire des verres avec des amis juste avant de venir. Donc, j'étais déjà un peu pompette en arrivant. Mais c'est vrai que pour ça, c'est aussi mon histoire en ce moment. Je cours après le temps. C'est vraiment la vie parisienne. J'ai plein de trucs à faire. J'ai du mal à gérer les deux bouts entre le travail, la danse, tout ça. Enfin, le truc de papier que je dois faire. Bon, bref. L'auto-sabotage, ça te parle ? Oui, ça me parle totalement, bien sûr. Et je sais que je le fais, oui. Je le fais dans le cas de figure où je ne vais pas parler à quelqu'un, enfin à un garçon par exemple, parce que je revois un peu le scénario de Roger déjà devant mes yeux, je lui dis ça ne sert à rien. Et je peux le faire aussi, ça m'intéresse aussi dans d'autres espaces de ma vie. Par exemple, dans la danse aussi, où je me disais, je fais une audition, je vais pas y arriver, je vais pas y arriver, ça va être horrible, je vais pas y arriver, tout ça. Et un jour, c'était arrivé une audition où, en plein milieu, j'arrivais pas du tout à suivre plein de monde, j'arrivais pas à suivre la chorégraphie, j'ai pris mes affaires, je suis parti. D'un côté, c'était aussi un bon geste parce que j'étais pas en accord avec ce que les gens de la compagnie demandaient et projetaient. Et d'un autre côté, je me suis dit, c'est vrai que j'aurais pu le faire jusqu'au bout et à la nuit, je n'ai pas pris, ce n'est pas grave, ciao. Donc la dernière audition que j'ai faite, c'est ce que j'ai fait. Je suis resté jusqu'au bout, je n'ai pas été pris, ok, ce n'est pas grave, ciao. Et voilà aussi sur ça, sur mes rencontres avec les garçons, je vais essayer de me court-circuiter aussi. J'avais déjà cette idée auparavant, avant de venir, donc tu en parles, le court-circuit. Je me suis dit, je sors d'une soirée gay, tu vas faire un petit peu à chaque fois. Tu vas faire, genre, peut-être parler à un inconnu, juste comme ça. Demander comment il va, qu'est-ce qu'il y a, tout ça. Peut-être flirter avec quelqu'un. Ou alors peut-être juste regarder quelqu'un un peu plus intensément. Enfin, juste des trucs comme ça. Pour essayer de... Parce que moi, souvent, si j'angoisse, tu vois, c'est un peu... Ça me fait peur, tu vois. Enfin, ça me fait peur de rencontrer la personne, mais ça me fait peur, en fait, sa réaction, tout ça. Bah ouais, mais c'est normal. Moi, tu vois, ce court-circuitage, dans ma vie, je sais jamais quel signe il m'envoie. Parce qu'il y a une part qui me dit... Ça te court-circuite parce qu'en fait, tu n'as pas besoin ou ce n'est pas le bon chemin d'être avec quelqu'un pour le moment. Tu n'es pas disponible, Guillaume. Donc, je te court-circuite parce qu'en fait, apprends à être seul, sois seul et fais les trucs dans lesquels je ne vais pas te court-circuiter. » Mon cerveau, dans ma vie, m'a parfois court-circuité à des moments où j'étais là « mais je ne comprends pas pourquoi tu me court-circuites ». Et avec le temps, je me suis dit « ah oui, d'accord ». Moi, j'étais là dans « vas-y, rencontre des gens, je veux être en couple », mais cette volonté, elle était en décalage, elle était désalignée et donc je court-circuitais pour ça. Versus, non, le court-circuit, il vient d'un passé traumatique, de tout un tas de trucs que je me mets dans la tête. Et en fait, il faut que je me rééduque, en fait, et que je prenne mon petit enfant intérieur, lui faire un gros câlin en lui disant, allez, tout va bien se passer, viens. Tu viens me piquer au bon endroit, là. Pourquoi ? Parce que ce que tu dis, c'est ce que je me suis posé comme question beaucoup. Est-ce que je suis simplement pas dispo ? Et que je dois rester seul. J'ai beaucoup travaillé la solitude et j'aime beaucoup la solitude aussi. Et d'un côté, je me demandais aussi, est-ce que c'est par rapport à mes blessures, simplement, que je n'arrive pas et que je me suis complètement désemparé ? Qu'est-ce qui se passe ? En tout cas, c'est à cet endroit empathique que moi, je me connecte 100% à toi. La violence du rejet fait que moi, je me déconnecte de ma capacité. L'autre devient un danger parce que c'est tellement violent. En tout cas, ça me parle vachement. On va continuer ça dans la troisième partie de son témoignage. Et avant qu'on passe à la troisième partie, j'ai quand même envie de te faire une confidence. à la toute fin. Mes podcasts sont assez bien écoutés et j'ai pas tous les chiffres, mais en gros, t'as 80% qui écoutent jusqu'au bout. Mais j'aime bien l'idée que nous soyons vraiment à la fin de l'épisode que entre toi et moi et les oreilles les plus intéressées. Je sais pas pourquoi je raconte ça, on s'en tape. J'ai eu un crush sur quelqu'un de notre apéro, là, dont on parle. Super ! Et... Et c'est marrant parce que je n'ai rien fait. Moi, j'ai un peu une bonne excuse, c'est parce que comme j'incarne le podcasteur, enfin, je ne l'incarne pas, je suis le podcasteur, j'ai un peu une place un peu particulière parce que du coup, les gens, ils ont un lien avec le podcast et avec moi. Donc, ils me parlent souvent du lien qu'ils ont. Ils ne me parlent pas de moi. Tu sais ce que je veux dire ? Il n'y a pas de problème. Mais ils me parlent de cet épisode et tout. J'adore ces échanges, mais ils ne sont pas en train de me parler à moi, Guillaume, la personne. Ils sont en train de parler de mon travail et tout. Et j'en suis super content. Mais du coup, ce n'est pas des endroits... Où j'arrive à me connecter avec les gens à un endroit d'intime, tu vois. Et puis en plus, je me suis aussi dit, comme toi, je me suis dit, je suis certainement pas son style. Je voulais juste dire que je me connecte vachement à ces automatismes du cerveau alors que je n'en ai aucune idée. Du coup, tu l'écoutes et tu essaies de déceler des trucs. En fait, on n'a aucune idée. Mais est-ce que tu as vécu aussi le rejet dans tes relations amoureuses de cette manière-là aussi ? Ah bah ouais. Non, non, tout ce que tu décris, moi, je l'ai vécu, ouais. Certainement différemment de toi et autres. Moi, je pense que vraiment, la fétichisation raciale et d'une violence, enfin, quand j'écoute les témoignages, moi, j'ai jamais vécu ça et je trouve que c'est un autre... Est-ce qu'on a encore du temps pour cet épisode-là ? Non, ça sera la partie 3. Très bien. Mais du coup, t'as tout ton temps dans la partie 3. D'accord. Tu veux... Tu te souviendras de ce que t'as à dire ? Oui, bien sûr. On commencera par ça. Ça te va ? Ça me va, ouais.

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