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Bienvenue pour ce live 6.
Denis meurt rĂ©ellement 4. 4, je pense. Ă Paris, c'est peut-ĂȘtre le 4. Mais il y en a eu maintenant hors de Paris. Non, bienvenue pour ce live. Notre sujet du jour, c'est couple ouvert ou exclusif. Moi, j'avais envie qu'on se pose la question. On va partager nos vĂ©cus, justement nos questions par rapport Ă notre situation. LĂ , j'entends tous les cĂ©libataires. Enfin non, je ne les entends pas, mais je me dis, moi je suis cĂ©libataire, ce n'est pas un Ă©pisode pour moi. Eh bien, faux !
Car peut-ĂȘtre qu'il y a des gens qui se disent, attends, mais moi, de quelle couple je veux ? Moi, je suis en couple ouvert et je vois souvent des gens sur Greener qui me disent, ah non, mais moi, je ne veux pas de gens en couple ouvert. Et qui me disent aussi, ah lĂ lĂ , le bon vieux temps oĂč on pouvait ĂȘtre en couple exclusif, c'est terminĂ©, je suis un peu triste. Moi, je cherche un type de relation qui n'existe plus aujourd'hui. Question que je vous poserai.
Denis. Oui, bonjour à tous. Est avec moi. Denis, tu es notre sexothérapeute, j'ai le droit de dire ça ? Tout à fait. Parfait. Tu vas nous apporter un savoir ou en tout cas des questions pertinentes. Je vais effectivement souvent poser plus de questions qu'apporter de savoir, c'est sûr. C'est trÚs bien. Petite rÚgle du jeu, on parle en jeu.
C'est-Ă -dire, vous vous dites vraiment tout ce que vous voulez, si c'est vivant pour vous et si c'est lĂ©gal. DeuxiĂšme petite rĂšgle, jouez avec votre apprĂ©hension. C'est ma proposition. LĂ , tu vois, vous vous dites, oh lĂ lĂ , mais parler au micro, quelle horreur et tout. Peut-ĂȘtre qu'il y en a qui fondent Ă l'intĂ©rieur en se disant, mais moi, je ne vais pas le faire. NoĂ«l, tu fonds ou pas ? Non. Un peu, oui.
NoĂ«l fond un peu. Jouez avec ça. Si vous n'avez pas envie de parler, vous ne vous prenez pas la tĂȘte. Vous ĂȘtes prĂ©sents, c'est cool et tout. Mais si vous sentez qu'il y a un petit truc qui vient et que ça vous intimide un peu, c'est assez normal et allez-y, ça sera trĂšs cool. Y a-t-il des questions ?
Harry, tu faisais signe à quelqu'un ? Parce que j'ai le micro, c'est pour ça que je regarde. Moi, j'avais déjà envie de commencer à savoir qui est dans la salle. Levez la main ceux qui sont en couple. Là , il y a 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 personnes sur 20. On est 20 ? 8 sur 20. Levez la main ceux qui sont en couple ouverts.
1, 2, 3, 4, 5, 6, 7. Est-ce que quelqu'un est en couple exclusif ? Une personne. TrĂšs bien. Tous les autres, est-ce que le prĂ©jugĂ© qui est « vous ĂȘtes cĂ©libataire » est-il vrai ?
Ăa hoche. Non, il y a deux mains qui se lĂšvent. JoĂ«l, on passe le… Harry, tu peux passer le micro Ă JoĂ«l. Harry, t'es en train de dormir. Non, pas du tout. Donc, tu n'es pas cĂ©libataire. Si, je crois. J'ai mal compris. T'inquiĂšte, il n'y a pas de souci. Didier, tu es cĂ©libataire ? En fait, tous les autres sont cĂ©libataires. Mais il y a peut-ĂȘtre des gens…
Je me demandais Ă des gens qui sont ni cĂ©libataires et ni en couple ouvert ou exclusif, tu vois. Denis ? Ăa pourrait ĂȘtre des couples polyamoureux qui sont diffĂ©rents des couples ouverts. Ah !
Alors, Louis qui nous a fait des cookies. Ăa sera au micro. J'ai fait des cookies. Merci, Louis. De rien. Tu as fait bof bof avec les mains au moment oĂč j'ai dit, es-tu cĂ©libataire ? Parce que je suis compliquĂ©. Je suis globalement cĂ©libataire, mais je relationne plutĂŽt dans un mode proche du polyamour, on va dire, avec plusieurs personnes.
AprĂšs, je ne vais pas avoir de copains Ă proprement parler dans le sens, mĂȘme ce qui pourrait se rapprocher du couple ouvert, parce que le couple ouvert, il y a une notion de couple principal, de personne principale. Moi, c'est plus des personnes Ă qui il y a une amitiĂ© proche et aussi des relations physiques.
c'est difficile Ă dĂ©finir avec les mots avec les mots qu'on j'ai du mal Ă dĂ©finir parfois et potentiellement c'est des choses qui ont aussi des entre guillemets d'expiration dans le sens oĂč il y en a un je sais qu'il lui voudrait ĂȘtre en relation exclusive avec quelqu'un donc entre guillemets moi je m'accommode de ça tant que ça existe mais je sais que potentiellement ça n'ira nulle part le but c'est pas d'aller quelque part d'ailleurs le but c'est de
de prendre les choses tant qu'elles viennent et puis moi aussi je suis sur mon propre chemin de recherche de relations, d'avoir peut-ĂȘtre une relation plus principale on va dire comme souvent c'est dit dans les modĂšles polyamoureux. Parce qu'en gros quand je dis couple, en fait je parle de duo forcĂ©ment, c'est une cellule. C'est ça et moi je ne considĂšre pas que j'ai une cellule, que ma vie ne tourne pas autour d'un duo.
Ok, je finis ma petite intro. C'est un peu le bordel, c'est ok. AprÚs, on va creuser. J'ai salué Denis, mais je n'ai pas salué le lieu. Le Merci Marcha qui nous accueille. Quelqu'un connaßt l'adresse ?
C'est le 8 rue Richard Lenoir dans le 11Úme à Paris. Merci ! Moi, je l'ai déjà dit, j'ai trouvé ça trÚs sympa. J'ai envie de faire une pub spécifique au plateau d'humoristes. Donc, je ne sais plus quel jour, mais il faut aller sur le site. Il y a des humoristes ou des apprentis humoristes qui viennent faire des blagues. Et c'est des humoristes queer ou en tout cas queer-friendly. Et j'ai passé une trÚs bonne soirée.
LĂ , avant d'enregistrer, on s'est connectĂ© en petits groupes de trois et on a chacun un peu fait un point. Attends, moi, j'en suis oĂč par rapport Ă cette question ? Qu'est-ce que j'en pense ? Qui se sent inspirĂ© de se lancer pour partager son petit blabla ? Un peu au hasard. Ah, magnifique. GaĂ«l ? J'ai du mal Ă lire ton Ă©tiquette, c'est GaĂ«l ? Super. Sinon, je lis Grille.
Oui, c'est GaĂ«l. Salut GaĂ«l. Salut. Je ne pensais pas que je serais le premier Ă parler, j'ai juste levĂ© la main et je m'attendais Ă ce que ça soit collectif, mais bon. Franchement, tu fais le plus dur. On te remercie. Oui, je sais. Je vous en prie. T'en es oĂč ? Coupe l'ouvert.
Je pense que la question, elle renvoie avant tout Ă l'idĂ©e du couple Ă laquelle je me suis introduit tardivement, on va dire. Mon premier couple… Ma relation actuelle, c'est aussi mon premier couple. Ăa date depuis deux ans. Donc, c'est Ă l'Ăąge de 27 ans que j'ai dĂ©couvert l'idĂ©e d'ĂȘtre avec quelqu'un et de vivre avec quelqu'un et de partager sa vie. Parce qu'au dĂ©but, l'idĂ©e de…
Ma sexualitĂ© ne renvoyait pas forcĂ©ment Ă cette idĂ©e. Ă l'idĂ©e d'ĂȘtre en couple, d'ĂȘtre dans une relation sĂ©rieuse. AprĂšs, forcĂ©ment, c'est fou, mais c'Ă©tait intĂ©riorisĂ©. Pourquoi ? C'Ă©tait quoi tes… Je pense mon milieu, mes origines, d'oĂč je viens, sans vraiment mentionner le pays, mais je viens d'un milieu oĂč l'homophobie est encore malheureusement ancrĂ©e et systĂ©matique, donc forcĂ©ment…
Ma sexualitĂ©, elle est purement sexuelle et pas relationnelle. Jusqu'Ă l'Ăąge de 27 ans, je me suis introduit Ă l'idĂ©e. Donc toi, tu as grandi dans ce pays et aprĂšs, tu es venu en France. C'est ça. Et c'est alors que tu t'autorises Ă imaginer qu'en plus du sexe… Oui, c'est venu tout seul. C'est imposĂ© comme rĂ©alitĂ©. Et donc voilĂ , pour le contexte,
AprĂšs, je pense, six mois, sept mois de relation, les choses ont commencĂ© un peu Ă se compliquer, mais l'ouverture du couple s'est imposĂ©e. Dans le sens oĂč moi, de mon cĂŽtĂ©, j'ai commencĂ© à « voir ailleurs ». Je pensais ĂȘtre le seul Ă le faire !
Jusqu'au moment oĂč j'ai dĂ©couvert que je n'Ă©tais pas vraiment le seul Ă le faire et c'est lĂ oĂč j'ai voulu vraiment acter l'ouverture du couple. Peut-ĂȘtre que je suis le plus jaloux, paradoxalement. Juste que je comprenne bien, au dĂ©but, les rĂšgles du jeu, c'Ă©tait que vous Ă©tiez en couple exclusif ?
Oui, oui, oui. On l'a dit Ă certains moments, oui. Au dĂ©but, on a rĂ©alisĂ© qu'on n'est pas vraiment Ă l'aise avec l'idĂ©e. Avec quelle idĂ©e ? D'ouvrir le couple, d'ĂȘtre dĂšs le dĂ©but un couple ouvert. Et on a respectĂ© ces rĂšgles jusqu'Ă un certain moment. Et comment tu as dĂ©couvert que, comme toi, ton copain…
Un peu d'investigation disons. T'as fait quoi ? J'ai cherchĂ©, j'ai trouvĂ©. T'avais une intuition ? Oui. Je ne suis pas vraiment fier du fait que ça m'a dĂ©rangĂ© parce que je faisais exactement la mĂȘme chose.
Mais ça m'a dĂ©rangĂ© et j'ai voulu en parler avec lui pour dire, voilĂ , c'est un peu, on fait semblant qu'on est en couple exclusif alors que pas du tout. Donc autant acter le truc. Et ça a marchĂ©. Enfin, ça a marchĂ©, ça n'a pas…
Il n'y avait pas des inconvĂ©nients. Ăa a bien marchĂ©, j'ai envie de dire, comme rapport. AprĂšs, ça m'arrive de culpabiliser
Dans le sens… Je ne comprends pas pourquoi, mais ça m'arrive d'ĂȘtre dans l'homophobie intĂ©riorisĂ©e, si je veux dire. Mais pourquoi c'est forcĂ©ment recurrent dans les relations homosexuelles que ça soit ouvert ?
Et j'ai voulu me renseigner, j'ai voulu lire. Et aprĂšs, j'ai rĂ©alisĂ© que finalement, oui, comme je viens de le dire, c'est une sorte d'homophobie intĂ©riorisĂ©e de forcĂ©ment juger le couple ouvert homosexuel pour dire « bah voilĂ , ça marche pas, regardez ». Ăa reste des sequels de notre sociĂ©tĂ© hĂ©tĂ©ronormative.
Et que petit Ă petit, j'ai rĂ©alisĂ© que je la vois comme une spĂ©cificitĂ© d'ĂȘtre un homme gay et donc d'ĂȘtre ouvert Ă une sensibilitĂ© qui est diffĂ©rente. AprĂšs, je ne suis pas en train de dire qu'il faut forcĂ©ment ĂȘtre dans un couple ouvert ou de juger les hommes gays qui prĂ©fĂšrent une relation exclusive. Loin de ça !
Mais en mĂȘme temps, je commence au bout de deux ans Ă dĂ©couvrir ma spĂ©cificitĂ© en tant que gay qui me permet d'avoir une autre façon de voir les choses. Ta culpabilitĂ© par rapport au fait d'ĂȘtre un couple ouvert. Donc si j'ai bien compris, mĂȘme si au dĂ©but vous l'ĂȘtes cachĂ©, Ă un moment donnĂ© vous vous ĂȘtes mis d'accord pour rester ensemble ?
C'est-Ă -dire que la tromperie, entre guillemets, c'Ă©tait une façon, je ne sais pas si c'est un bon terme, mais le fait d'ĂȘtre allĂ© voir ailleurs sans l'accord de l'autre, vous ĂȘtes passĂ© au-dessus, vous ĂȘtes restĂ© ensemble, tu es encore aujourd'hui avec lui. Oui, oui, oui, tout Ă fait. Et vous avez dit, viens, on fait un vrai couple ouvert.
Exactement. Au bout de six mois de la relation, on a actĂ© l'ouverture parce qu'Ă certains moments, ça a dĂ©rapĂ©. C'Ă©tait il y a combien de temps, du coup, le moment oĂč vous avez actĂ© l'ouverture ? Donc un an et demi parce que ça fait deux ans qu'on est ensemble. Et toi, tu dis, au dĂ©but, la culpabilitĂ©, il y a eu de la culpabilitĂ© mĂȘme. Donc vous vous ĂȘtes mis d'accord, on est dans un couple ouvert. Et toi, au fond, tu avais une forme de culpabilitĂ©. Elle disait quoi, cette culpabilitĂ© ?
Elle disait qu'il y a peut-ĂȘtre une contradiction entre le fait d'ĂȘtre en couple et de vivre avec quelqu'un et d'avoir la vie sexuelle que je vis et que j'avais, lui Ă©galement. Donc il y a cette contradiction un peu. Et aprĂšs, j'ai rĂ©alisĂ© que non, en fait, c'est que les deux… Comment dire ?
Je suis en train de mettre sur un pied d'Ă©galitĂ© deux choses qui ne doivent pas forcĂ©ment ĂȘtre ensemble. La contradiction, c'Ă©tait quoi ? En fait, ta culpabilitĂ©, elle disait « je ne devrais pas, c'est mal d'avoir du sexe en dehors de mon couple ».
Mal peut-ĂȘtre, mais c'est hypocrite, contradictoire. Ăa renvoie un peu Ă ce semblant de vie partagĂ©e. AprĂšs, j'ai rĂ©alisĂ© que je suis en train juste de rĂ©pĂ©ter des schĂ©mas intĂ©riorisĂ©s. C'est pour cette raison que j'ai voulu vraiment explorer un peu plus ce que ça veut dire d'ĂȘtre gay, tout simplement, et d'ĂȘtre gay en couple aussi.
Et c'est lĂ que j'ai rĂ©alisĂ© qu'on n'est pas supposĂ©… VoilĂ , il y a plusieurs schĂ©mas. Le couple gay, ce n'est pas uniquement sexuel. Il y a aussi cette camaraderie, il y a aussi ce partage entre deux hommes. Donc oui, ça peut ĂȘtre compatible, le fait de vivre ensemble, d'ĂȘtre potes, mais aussi de coucher avec d'autres personnes. Ce n'est pas si contradictoire. Et donc, je pense…
au milieu de toutes ces réflexions et ça reste un travail à faire. Denis, tu voulais dire un truc ? Moi, ce qui m'intéresse, c'est que là , depuis à peu prÚs 5 minutes, je pense, je ne sais pas combien de temps l'enregistrement a commencé, il y a une notion autour de laquelle vous tournez tous les deux, qui n'a pas été posée, c'est la notion de fidélité. Comme si vous évitiez presque de dire le mot. C'était plutÎt intéressant. Et c'est vrai que la question de culpabilité que tu posais,
Guillaume, par rapport Ă la culpabilitĂ©, vous voyez la culpabilitĂ© de tous les deux et justement, ce n'Ă©tait pas par rapport au mĂȘme regard. Et ce que je pense qu'on pourrait poser dĂ©jĂ au dĂ©but de cet Ă©pisode, c'est que la fidĂ©litĂ© ne veut pas forcĂ©ment dire exclusivitĂ©. On est fidĂšle Ă un engagement, on est fidĂšle Ă notre partenaire.
Et dans ce contrat de fidĂ©litĂ©, il peut y avoir ou non une clause d'exclusivitĂ©. Et Ă travers ton tĂ©moignage, GaĂ«l, moi ce que je vois surtout, c'est que vous vous ĂȘtes rendu compte que mĂȘme si vous alliez voir ailleurs tous les deux, ça n'entachait pas votre amour l'un pour l'autre. Et justement, vous Ă©tiez fidĂšles l'un envers l'autre en termes de discours, en termes d'Ă©motions.
Et vous avez pu percevoir que mĂȘme s'il n'y avait pas d'exclusivitĂ© entre vous, ça n'entachait pas votre amour et votre relation ?
Je suis d'accord. J'entendais des oui, oui, oui. Est-ce qu'il y a des gens qui veulent Harry ? Harry et Sam aprĂšs. Merci GaĂ«l. Merci. Je suis Ă 1000% d'accord avec ce que tu dis Denis. Et bravo GaĂ«l, puisqu'en effet la fidĂ©litĂ©, je pense qu'il faut savoir ce que c'est. Et aussi mĂȘme le fait de dire couple ouvert ou couple fermĂ©, il faut savoir ce que c'est. Parce que moi, nous on est en couple depuis 20 ans avec AurĂ©lien qui est juste lĂ .
On est mariés et pour nous, on a un petit peu du mal à dire qu'on est ouvert parce que l'ouverture d'un couple, ça signifie quoi ? Est-ce qu'on est ouvert juste par rapport au sexe, par rapport aux émotions, par rapport à l'amour, par rapport à énormément de choses ? Et du coup, ça nous paraßt un peu bizarre, mais je pense qu'on peut le dire, on est ouvert.
Et en fait, dĂšs le dĂ©but, on s'est mis en tĂȘte que le sexe est complĂštement dissociĂ© du couple. C'est-Ă -dire que pour nous, le sexe, c'est comme aller au restaurant, c'est prendre du plaisir, c'est aller jouer aux Ă©checs. Pour nous, c'est complĂštement dissociĂ©. Et Ă partir de ce moment-lĂ , on s'est fixĂ© des rĂšgles en se disant que le sexe, vu qu'on va s'amuser comme on pourrait s'amuser avec n'importe qui d'autre, on peut s'amuser avec d'autres personnes. D'ailleurs, on ne dit pas souvent sexe, on dit souvent s'amuser. Ouais !
Donc dans les rĂšgles du jeu, est-ce que vous avez des rĂšgles du jeu spĂ©cifiques ? Oui, et qui ont Ă©voluĂ© Ă©normĂ©ment en 20 ans. C'est assez rigolo. Parce qu'au dĂ©but, on se disait, bon, on accepte, mais on se dit tout. AprĂšs, on accepte, mais en prioritĂ© le couple. Et lĂ , maintenant, on commence Ă Ă©voluer vers d'autres rĂšgles. Attends, parce que j'Ă©tais en train de me dire… Attends, parce que je me suis dit… Ăa fait 20 ans que vous ĂȘtes ensemble ? Oui, ça fait 20 ans. Mais vous avez l'air d'avoir 12 ans chacun, lĂ .
J'avais 5 ans. En vrai, vous vous ĂȘtes rencontrĂ©s Ă quel Ăąge ? 21 ? 22 ? 23-22. Donc tu as dit que les rĂšgles ont Ă©voluĂ© au fur et Ă mesure du couple. Je pense que c'est un truc vachement inspirant. En fait, ça bouge sans cesse.
Ăa se renĂ©gocie, moi, c'est ce que j'observe. Tu as dĂ©crit diffĂ©rentes Ă©tapes. La premiĂšre, c'Ă©tait quoi ? C'Ă©tait on se dit tout ? On se dit tout. Donc, il y a des gens qui ont des rĂšgles. On ne revoit pas la mĂȘme personne. Vous aviez ça, vous ?
Ah non, pas du tout. On ne revoit pas les mĂȘmes personnes avec qui on s'amusait ? Ăa pourrait ĂȘtre, ouais, une rĂšgle de… Pas du tout. Ok, non. Donc il y avait zĂ©ro limite. Ouais, zĂ©ro limite et surtout, ça c'est important, zĂ©ro frustration. Parce que je pense que ce qui est super important, c'est d'Ă©viter toute forme de frustration, parce qu'il n'y a rien de pire que la frustration, je pense, pour notre espĂšce humaine. Hein ?
Et on communique, bien sĂ»r. AurĂ©lien est trĂšs loin de Harry. Donc, si tu voulais rebondir, tu ne peux pas. Mais finis ton… Donc, attends, juste, je veux comprendre. La premiĂšre partie, c'Ă©tait on se dit tout et il n'y a pas de limite. Et juste, ça a Ă©voluĂ© vers quelque chose d'autre ? Ăa a Ă©voluĂ©, puisque en se disant tout, on a commencĂ© Ă comprendre qu'on avait des fantasmes, qu'on avait une certaine sexualitĂ© plus ou moins orientĂ©e. Et puis aprĂšs, au bout de dix ans…
Je fais des sĂ©quences comme ça, mais en gros, au bout de dix ans, on a commencĂ© Ă se dire, tiens, pourquoi pas faire des plans Ă trois, Ă plusieurs, ensemble. Et ça, on a commencĂ© assez tardivement, entre guillemets. Donc ça, ça n'a pas changĂ© les rĂšgles, mais vous avez Ă©voluĂ© dans votre sexualitĂ©. Les rĂšgles n'ont pas changĂ©. Vous continuez Ă vous dire tout. Tout se dire, oui. C'est-Ă -dire, si un des deux est en dĂ©placement et qu'il y a eu un rapport sexuel et que tu n'es pas forcĂ©ment obligĂ© de le dire, il va quand mĂȘme
La personne pourrait ne pas le savoir. Vous allez dire, hier, il y a eu un rapport sexuel. Et vous rentrez dans un certain détail. à tous les détails. On veut tout savoir. Le regard gourmand. Ce qui est génial, c'est que nous, ça nous excite de savoir exactement ce qui s'est passé pour l'un ou l'autre.
S'il y a une forme d'excitation, on visualise, on se dit « Waouh, ça avait l'air d'ĂȘtre trop bien ». Et parfois, on essaie de se dire « Tiens, pourquoi pas ramener cette mĂȘme personne dans notre couple pour pouvoir s'amuser ensemble ? »
Est-ce que vous… Vas-y, ouais. C'est important. En effet, les sentiments, au dĂ©but, on se disait, c'est du sexe, c'est que du sexe, on s'amuse. En fait, c'est un peu facile, je me rends compte de dire ça, parce que finalement, il y a aussi des sentiments. Au dĂ©but, on ne voulait pas trop en parler sur les histoires de sentiments. On se disait, bon, on ne va pas avoir des crushs. Et en fait, non, il faut assumer aussi les crushs. Et moi, j'ai dans un dĂ©lire un peu bizarre. C'est que je pense que quand on a des crushs avec des personnes, c'est quand on s'est dĂ©jĂ connus dans d'autres vies.
Et du coup, je n'ai pas envie d'ĂȘtre frustrĂ© par rapport Ă ce qui se passe. Souvent, quand on va fondre dans les crushs, on vit des choses vraiment sympas avec ces personnes-lĂ parce qu'il y a aussi quelque chose qui me rassure, c'est 20 ans de couple, c'est incomparable avec juste un moment de crush avec quelqu'un.
MĂȘme si le crush dure quelques temps. Pendant que le micro va vers AurĂ©lien qui a peut-ĂȘtre envie de rebondir, Denis. Oui, il y avait deux choses Ă mon sens qui sont hyper importantes dans ton tĂ©moignage, Harry. La premiĂšre, c'est effectivement cette communication parce que
Souvent, on se dit que la confiance va ĂȘtre un problĂšme par rapport au couple qui n'est pas forcĂ©ment exclusif. Alors que dans ce type de communication, c'est j'ai tellement confiance en notre couple que je me sens libre de tout te dire. Et oui, je ne serai pas exclusif, mais au moins, tu es sĂ»r que tout ce que je dirai, ça sera toujours la vĂ©ritĂ©. Et c'est comme ça que finalement, la vraie confiance va s'installer. C'est que tout mot qui est prononcĂ©, on sait que c'est vrai. Donc, on ne se pose pas de questions.
AprĂšs, certains pourraient… C'Ă©tait ton premier point, tu en as un deuxiĂšme. C'Ă©tait mon premier point. Pour rebondir, certains couples pourraient dire j'ai envie de garder un jardin secret. Oui, mais justement, il y a aussi un autre niveau, et on arrive au deuxiĂšme point, une excellente transition, qui est passĂ©e comme un dĂ©tail, alors qu'en fait, moi, c'est une astuce que je donne souvent aux personnes que je rencontre qui veulent ouvrir leur couple. Tu as dit, on ne dit pas on fait du sexe, on dit on s'amuse. L'idĂ©e, c'est de pouvoir mettre aussi des fois des mots de passe.
Quand c'est trop dur au début de se dire, mon mec va faire un plan cul, c'est plus intéressant de se dire, on met un mot de passe entre nous. Et cet aprÚs-midi, pour moi, c'est ornithorynque.
Vous voyez ? LĂ , ça rigole. Ăa permet de dĂ©dramatiser le truc. Ah, oui. Et de se dire, ok, c'est son moment Ă lui. C'est un peu comme le mot de passe. AprĂšs, libre ou pas de donner des dĂ©tails. Vous ĂȘtes dans un niveau de communication dans lequel vous donnez des dĂ©tails. Mais au moins de se dire, effectivement, lĂ , c'est son moment. Il m'a prĂ©venu. Je ne m'inquiĂšte pas. Ce soir, il rentrera Ă la maison tranquille. Ok. Je trouve ça marrant parce que j'ai l'impression qu'une passe, c'est aussi un rapport sexuel tarifĂ©, non ? Un mot de passe ?
Ah oui, c'est un beau… Pas mal. AurĂ©lien ? Oui ? Ăa va ? TrĂšs bien, trĂšs bien. Est-ce que tu es d'accord que ce couple ne se brise pas ? Ah non. Tu rejoins ce qu'Harry dit ? Je rejoins globalement tout ce qu'a dit Harry. Je suis assez d'accord avec… Pas de jalousie ?
T'as dĂ©jĂ ressenti une fois de la jalousie ? Pas du tout, jamais. C'est un peu d'autre force peut-ĂȘtre, mais la jalousie ça n'a jamais Ă©tĂ© du tout mon moteur. Je ne comprends mĂȘme pas le concept de possession ou de jalousie. C'est quelque chose oĂč j'ai toujours eu beaucoup de mal, de ne serait-ce que dire que Harry c'est mon mari. Juste mon mari, j'ai un peu de mal avec ce terme. Chacun est libre.
alors je vais essayer de me faire l'avocat du diable quelqu'un pourrait te dire la jalousie c'est j'aime Harry, j'ai peur de le perdre et donc s'il me dit j'ai rencontrĂ© cette personne qui ne me ressemble pas du tout, avec qui il a une pratique sexuelle qu'il ne peut pas avoir avec moi je suis en train de le perdre et j'ai peur alors je comprends tout Ă fait parce que il y a des personnes qu'Harry pourrait peut-ĂȘtre prĂ©fĂ©rer physiquement peut-ĂȘtre mais mĂȘme intellectuellement mais je suis
Assez confiants sur notre amour, sur notre communication. Et quand bien mĂȘme on devrait se sĂ©parer, ça devrait arriver. Je suis assez confiant sur notre couple. C'est super chouette. Harry parlait de crush. Du coup, vous glissez vers une forme de polyamour ?
disons qu'on pourrait ne pas se fermer la porte Ă un problĂšme moi j'ai un peu de mal Ă l'imaginer mais pourquoi pas je reste pas fermĂ© peut-ĂȘtre dans ma conception c'est dĂ©jĂ tellement compliquĂ© d'ĂȘtre en couple donc rajouter une personne en plus je suis assez Ă©bahi par ceux qui arrivent Ă le faire et tu te sens pas menacĂ© donc Harry puisque vous vous dites tout te dit ses crushs
Et toi, jamais tu ne t'es senti menacĂ© ? Genre, tu es fatiguĂ©, tu as passĂ© une mauvaise journĂ©e. Il te raconte ça, il n'y a pas un moment humain ? C'est possible que je me dise, le salaud, il va s'amuser, pas moi. Ăa t'est dĂ©jĂ arrivĂ© ? Oui, peut-ĂȘtre, ou je me dis, qu'est-ce qu'il a de plus que moi, la personne qui pourrait ĂȘtre intĂ©ressĂ©e ?
Ăa passe et ça repart. Je me dis qu'il a raison de s'amuser ou pas. AprĂšs, on a l'impression qu'on fait ça tous les jours, mais c'est assez exceptionnel dans notre couple qu'on aille voir ailleurs ou qu'on fasse rentrer des personnes dans notre couple. Ăa fait 20 ans, mais je sais que ça a mis…
dix ans pour moi d'aller voir ailleurs parce que pendant dix ans je n'avais pas de problĂšme d'ĂȘtre juste exclusif avec Harry. Vous habitez ensemble ? On habite ensemble oui.
On habite ensemble, mais nous, on habite dans la Sarthe. Mais on travaille sur Paris. Moi, je travaille 10 jours sur Paris. Et les 10 jours oĂč je suis sur Paris, on n'est pas forcĂ©ment ensemble. D'accord. Parce que parfois, quand on est en couple, un des enjeux d'ĂȘtre un couple ouvert, c'est qu'on n'a pas d'endroit oĂč faire du sexe. On peut aller chez l'autre. Bon, je ne sais pas. Mais du coup, quand tu dis que c'est assez exceptionnel, c'est-Ă -dire que vous avez chacun peu de rapports sexuels en dehors de votre couple. C'est rare. Une fois par mois.
VoilĂ . Ă la louche. Voire peut-ĂȘtre moins. Voire moins. Ok, d'accord. Ăa marche. Denis, si tu avais envie de dire un truc, je te dis, fais-moi un signe. Parfois, tu me regardes et je ne sais pas si tu me trouves trĂšs beau. Non, je te regarde. Ou si jamais tu te dis, j'ai envie de dire un truc. Ok. Harry, tu veux rebondir ? Tu as le droit, tu as le droit. Pourquoi vous ĂȘtes mis l'un Ă l'autre bout ?
Il y a eu un jeu de brise-glace et du coup on s'est séparés. Désolé. Je pense qu'il y a deux petites choses. En fait, c'est vrai que quand on dit couple ouvert, on a l'impression qu'on fait des plans cul. Mais le sexe, on ne le fait pas sous forme de plan cul chez nous.
C'est sous forme d'occasion. Moi, je sors beaucoup par rapport Ă AurĂšle. Du coup, j'ai plus l'occasion et ça vient parce qu'on ne s'est pas prĂ©mĂ©ditĂ© et c'est cool. Et sinon, si ça ne vient pas, ce n'est pas grave. Donc non, on n'est pas trop plan cul. Du coup, peut-ĂȘtre on va dĂ©bunker ce stĂ©rĂ©otype. Il y a un autre stĂ©rĂ©otype aussi, c'est que quand on dit couple ouvert, on a l'impression qu'on a une libido de ouf. Je pense que c'est ça que tu voulais dire AurĂšle, c'est que c'est cool, on est trĂšs ouvert sexuellement, mais on n'a pas une libido de ouf. On ne se passe pas rĂ©gulier tout le temps.
C'est vachement intĂ©ressant ce que tu dis. Quand tu dis pas de plan cul, ça veut dire pas sur Internet, c'est ça ? Parce que dans une soirĂ©e, tu rencontres quelqu'un, c'est un plan cul. Ah oui, excuse-moi. Alors du coup, plan cul, c'est pas forcĂ©ment quelque chose. Pour moi, plan cul, c'est aller sur les applications et se donner rendez-vous et dire au rĂ©el, bon bah salut, je vais aller sexer. Compris. VoilĂ , c'est pas trop ça. Mais aprĂšs, ça peut ĂȘtre une rĂšgle d'une autre personne. Je pars du principe qu'on est tous et toutes diffĂ©rents. Du coup, chaque couple est unique en fait. Vous n'avez pas de profil de rencontre.
si vous en avez mais pas individuel plus ou moins individuellement on montre qu'on est en couple d'accord mais c'est rare que vous toi tu disais c'est qu'il y a un peu ce préjugé que t'es tous les jours sur Grindr à vouloir sélectionner un max le dispositif de l'ouverture du couple est pas forcément lié à la libido qui est fluctuante en tout cas c'est notre ouverture de couple elle est comme ça aprÚs d'autres couples j'imagine c'est différent
Alors moi, j'adore votre histoire. On va en entendre d'autres. Mais en vrai, si j'avais essayé de caster un couple ouvert, je n'aurais pas fait mieux. Ah ouais, super. On revient quand tu veux. Mais aprÚs, vous pouvez continuer à vous exprimer. On passe la parole, mais vous pouvez la reprendre. Il y avait des gens qui ont levé la main. J'ai une question en particulier. Est-ce qu'il y a des gens, dans tout ce qui s'est dit pour le moment, qui sont plus en mode confus ?
Ou bien, trÚs bien. Sam, tu voulais parler en plus ? Oui, je vais parler. Alors, c'est vrai qu'aprÚs cette intervention, je suis un peu confus, comme tu le dis, parce que moi aussi, je suis passé par un couple, par 13 ans de couple. Avant, là , je suis célibataire et je suis passé par la phase relations libres, je dirais plutÎt.
Alors, je suis d'accord sur le fait que la communication est trĂšs importante et que plus on parle ensemble, plus on se comprend, plus on arrive Ă envisager cette Ă©tape. AprĂšs, c'est vrai que j'Ă©tais un peu…
Perplexe sur l'idĂ©e de raconter mes aventures Ă mon ex, mon copain de l'Ă©poque. Et la question de la jalousie revient. Pas une histoire de jalousie, pas une histoire forcĂ©ment d'ĂȘtre possessif parce que c'est clair que je ne possĂšde pas cette personne. VoilĂ , mais…
Mais je suis un peu partagé parce que l'idée, par exemple, ils ont envisagé les crushs. Et c'est vrai que parfois, dans une vie de couple, il y a certains moments de monotonie et arrive une aventure. Et cette aventure donne des petits moments de plaisir intense, une passion. Et est-ce qu'on va arriver jusqu'au polyamour ?
C'est un peu compliquĂ© parce que je suis d'accord avec AurĂ©lien, c'est que dĂ©jĂ gĂ©rer un couple, c'est pas Ă©vident. GĂ©rer trois personnes ou quatre personnes dans un couple, je vois mal comment je peux faire. Qu'est-ce que ton cerveau te disait quand tu Ă©tais en relation libre et qu'il y avait l'occasion de raconter ? Qu'est-ce qu'il te disait si tu devais un peu spĂ©cifier cette gĂȘne ? En fait…
Je ne voyais pas pourquoi j'allais lui raconter ça. Parce que moi, je ne voulais pas forcĂ©ment entendre aussi. Je pense que c'est surtout ça. C'est que moi, je n'avais pas forcĂ©ment envie d'entendre qu'il Ă©tait peut-ĂȘtre trĂšs, trĂšs Ă©panoui sexuellement en dehors de notre couple parce qu'il n'y avait plus de sexualitĂ© entre nous.
C'est ça aussi. Alors attends, on revient dans le contexte. Vos rÚgles du jeu, elles ont été posées ? Genre tu étais au courant ? Oui, on était au courant, mais on n'a pas mis de rÚgles. Donc on pouvait faire ce qu'on avait envie de faire. Et est-ce que l'un de vous a exprimé l'envie d'en savoir plus sur la sexualité de l'autre hors couple ? Non. Alors moi, par exemple, j'avais proposé des plans à trois.
J'étais ouvert à l'idée. Mais lui, par exemple, il n'était pas du tout ouvert à l'idée. Et je pense que lui aussi, il n'était pas du genre à vouloir forcément parler de ce qu'il a passé, de ce qui s'est passé quand je n'étais pas là . Au bout de combien de temps, votre sexualité à deux a disparu ? Au bout de neuf ans ?
9 ans. Et tu as dit combien de temps de couple ? 13 ans. Et donc, vous avez Ă©tĂ© en couple pendant combien de temps ? DĂšs le dĂ©but ? En couple ouvert ? C'est les derniĂšres 5 annĂ©es. Au moment oĂč vous n'aviez plus de sexualitĂ© ensemble ?
Oui, c'Ă©tait ça en fait. Pour moi, l'ouverture Ă©tait le fait que j'avais des besoins et lui aussi, il en avait. Et au dĂ©but, on faisait des petites allusions que oui, tu peux aller voir, lui, tu peux aller voir. Et puis finalement, on en a parlĂ© et c'est vrai qu'on parlait beaucoup. Donc, on pouvait envisager ça et on Ă©tait d'accord que oui, on pouvait passer Ă cette Ă©tape. Est-ce que je comprends bien que toi, en fait, tu as subi l'arrĂȘt de la sexualitĂ© entre vous deux ?
Non, je ne peux pas dire que j'ai subi parce que la sexualitĂ©, c'est un Ă©change. Moi, je suis peut-ĂȘtre faute. Il n'y a pas une histoire de faute. Je pense qu'Ă un moment donnĂ©, il y a une attraction qui a baissĂ© et aussi, on n'arrivait plus Ă se retrouver.
Au dĂ©but, c'Ă©tait sexuellement et puis aprĂšs sur d'autres domaines. Du coup, c'Ă©tait quoi le problĂšme pour toi ? Et j'entends bien que ce n'est peut-ĂȘtre pas rationnel et que c'est Ă©motionnel et tu peux le dire ainsi. Donc toi, cette personne, petit Ă petit, tu n'as plus envie de rapports sexuels avec et il en a avec d'autres personnes. En quoi ça te menaçait ? En quoi c'Ă©tait inconfortable ?
Peut-ĂȘtre… Moi, je voyais les choses dans l'autre sens. C'est-Ă -dire que moi, peut-ĂȘtre qu'il y avait une… C'est pas une honte, mais il y avait une… Oui, le cĂŽtĂ©, parce qu'on est quand mĂȘme dans un contexte souvent oĂč un couple, c'est la fidĂ©litĂ© et tout, et dire que…
J'ai quand mĂȘme passĂ© un trĂšs bon moment avec quelqu'un qui n'est pas dans mon couple. J'avais du mal Ă l'assumer, peut-ĂȘtre, oui. Quand tu dis, c'est un signe, ça, Denis ? Ah oui. Quand tu dis, et avant de passer la parole Ă Denis, quand tu dis, dans mon contexte, un couple Ă©gale fidĂ©litĂ© ? Non. Aujourd'hui ? Non, tu as dit, Ă l'Ă©poque, je n'assumais pas forcĂ©ment. C'Ă©tait quoi ce contexte ? Tu parles de quoi ? Tu habitais oĂč ?
Non, on Ă©tait en France. Mais l'idĂ©e du couple libre, je ne sais pas, je pense qu'il y a dix ans, ce n'Ă©tait pas aussi… En tout cas, dans ma tĂȘte, ce n'Ă©tait pas quelque chose d'assez prĂ©sent. Je l'ai dĂ©couvert aussi sur les applis. Je voyais que la plupart des mecs Ă©taient en couple. C'est vrai qu'il y a dix ans, on en parlait peu. On en parlait trĂšs peu. Je comprends. Denis ? Plusieurs points.
DĂ©jĂ on en parlait peu autrefois parce qu'il y avait surtout les lieux de baise qui Ă©taient beaucoup plus discrets. Tu pouvais aller dans les bois et dans les jardins et profiter tranquillou dans le noir, personne ne te voyait. Alors que maintenant avec les applications on peut ĂȘtre vu et reconnu. Donc il y a dĂ©jĂ ce phĂ©nomĂšne lĂ . Moi ce que j'aimerais creuser un tout petit peu sur ce que tu as dit, c'est lorsque tu as dit pour moi le couple c'Ă©tait la fidĂ©litĂ©.
Donc, comme je l'ai un peu Ă©voquĂ© tout Ă l'heure, la fidĂ©litĂ© veut pas forcĂ©ment dire exclusivitĂ©, mais ce qui est intĂ©ressant, c'est de s'intĂ©resser Ă l'histoire de l'exclusivitĂ©, d'oĂč vient l'exclusivitĂ© dans un couple. Et en fait, c'est un hĂ©ritage du patriarcat, notamment dans les relations judĂ©o-chrĂ©tiennes, parce que ce qui se passait, c'Ă©tait pas l'homme le problĂšme, c'Ă©tait la femme. Parce qu'un homme qui baisait, c'Ă©tait un don juant, et une femme, c'est une salope.
Et ce qui est important de voir, c'est pourquoi. Parce que finalement, dans un couple, la seule personne qui sait que l'enfant vient d'elle, c'est la femme.
Et autrefois, il ne fallait pas que l'homme investisse sur le mauvais cheval, parce qu'on avait peu de ressources, il y avait le nom, il y avait tout l'hĂ©ritage. Donc pour ĂȘtre sĂ»r que l'homme allait pouvoir transmettre son hĂ©ritage patriarcal et compagnie au bon bĂ©bĂ©, on s'est dit, on va couper les sources de rĂ©jouissance, et on va demander Ă ce qu'un couple soit exclusif, comme ça on est sĂ»r que le bĂ©bĂ© qui va arriver…
C'est bien celui du mari. Avec aussi des enjeux d'hĂ©ritage. Tout Ă fait, des enjeux d'hĂ©ritage, d'argent, de nom, de… De terre qui se passe. Exactement. Donc vraiment, la notion d'exclusivitĂ© dans un couple, c'est un fruit du patriarcat sublime de l'histoire. Si on remonte Ă l'AntiquitĂ©, il n'y avait pas trop… Il y avait d'autres variations de plaisir. C'est une certitude que si on avait tous et toutes grandi avec des Disney oĂč le prince se faisait plusieurs princes…
Et des non-princes, et tout se passait bien et c'était trop joyeux, on aurait certainement des automatismes différents. Oui, tout comme dans la monogamie, souvent c'est un homme qui peut avoir jusqu'à cinq femmes, et pas une femme qui peut avoir jusqu'à cinq hommes. On arrive toujours encore à ce cÎté enfanté, le bébé, etc.
Donc c'est pour ça que cette notion de mon couple, c'est la fidélité. Là , on est vraiment dans cet héritage du patriarcat qui a été construit sur des centaines d'années, sur des siÚcles, et qui nous arrive en pleine face aujourd'hui. AprÚs, pour revenir encore une fois sur ce que tu as dit, parce que je rembobine un peu de ce que tu as pu dire, le mot jalousie a été posé, à mon sens, c'est plutÎt une notion d'insécurité.
L'insĂ©curitĂ© conduit Ă la jalousie. C'est une relation qui peut ĂȘtre souvent de cause Ă effet. Mais j'entends surtout que c'est l'insĂ©curitĂ© qui Ă©tait lĂ en place et qui au dĂ©but Ă©tait peut-ĂȘtre un frein sur le mĂ©canisme. Et tout comme tout Ă l'heure on a eu le tĂ©moignage d'Harry et AurĂ©lien qui eux se disaient tout, on n'est pas obligĂ© de tout se dire. Ăa peut ĂȘtre aussi son genre d'insecret.
Aujourd'hui, la question qui est à se poser, c'est qu'on est dans une société de consommation. On va à McDo à 2h du mat, on peut l'avoir. On va à un japonais une demi-heure aprÚs, on peut l'avoir. On est tellement habitué à pouvoir consommer ce qu'on veut quand on veut, de se dire, j'adore la pizza, mais je vais en bouffer tout le reste de ma vie, pendant à peu prÚs 45 ans, 50 ans. Est-ce que je vais tenir tous mes repas avec de la pizza ? La pizza étant du coup le mec avec qui je suis en couple. Je comprends.
On interdit la pizza ananas. Et il y avait encore un point hyper crucial. Attends, je n'ai pas compris du coup. En fait, on est tellement habituĂ© Ă avoir tout ce qu'on veut trĂšs rapidement que… Du coup, c'est quoi ta conclusion ? C'est compliquĂ© de se dire qu'on peut avoir tout ce qu'on veut quand on veut dans tous les domaines de notre vie presque, sauf dans le sexe. Comment est-ce que le jour de ton mariage, tu peux te dire aujourd'hui, je sais que jusqu'Ă la fin de ma vie, qui peut ĂȘtre Ă des dizaines d'annĂ©es devant toi…
Tu n'iras pas voir ailleurs, c'est une utopie. Donc la question se pose rĂ©ellement sur le relationnel couple, est-ce qu'aujourd'hui c'est encore d'actualitĂ©, ne serait-ce que ça, par rapport Ă la sociĂ©tĂ© ? Ouais. Moi je trouve que ça me parle beaucoup, moi qui suis en couple ouvert, je vois beaucoup comment c'est un endroit, enfin je suis vulnĂ©rable Ă mes insĂ©curitĂ©s avant tout. Tout ce qui est jalousie, tout ce qui est rapport Ă l'autre, en gros…
C'est juste pour moi assez similaire que le couple fermĂ©. Ăa vient juste me faire travailler exactement la mĂȘme chose. C'est ma capacitĂ© Ă ĂȘtre bien avec moi-mĂȘme et pas avoir peur de perdre l'autre. Dans le cas d'un couple exclusif, les mĂȘmes peurs peuvent ĂȘtre activĂ©es que du couple libre. Et j'ai vraiment l'impression qu'on peut ĂȘtre super Ă©panoui
dans les deux paquets de cartes, dans les deux options. Je peux ĂȘtre super Ă©panoui dans les deux options, dans la mesure oĂč, en fait, il y a du soin. Toi, Sam, Ă un moment donnĂ©, tu disais, puisqu'on n'a plus de sexe entre nous, il y a une relation ouverte, il y a une relation qui s'ouvre. Et moi, je n'ai pas envie de ça. Je n'ai pas envie que mon intime, je n'ai pas envie que la relation ouverte, ça soit un prĂ©texte pour ne pas parler du problĂšme.
Je ne te parle pas de ton expĂ©rience, je parle de moi. En gros, si on a envie d'ĂȘtre sexuel et d'avoir des rapports sexuels, c'est la diffĂ©rence entre jouer au tennis et j'ai envie de faire un tournoi avec d'autres joueurs. Si ton Ă©lan, c'est de faire un tournoi, lĂ , on parle de la relation ouverte.
Mais pour moi, si on arrĂȘte de jouer toi et moi, dans mon couple, moi, j'ai un souci quand il n'y a plus de sexualitĂ© avec mon mec et qu'il y en a une Ă l'extĂ©rieur. Dans mes rĂšgles du jeu et tout, moi, je suis lĂ . Si la relation libre et ouverte fait qu'on ne prend pas soin de la sexualitĂ© entre nous, ça me saoule. C'est mon opinion. Tu as prononcĂ© le mot sur lequel je voulais revenir ? Je laisse clapoter si vous voulez clapoter.
Et alors, le clapotage peut arriver en mĂȘme temps que ta parole. C'est tout le concept, normalement. Tous les deux, vous avez employĂ© un mot dans deux directions diffĂ©rentes. Et justement, c'est peut-ĂȘtre ça aussi qui t'a créé une insĂ©curitĂ©, Sam. C'est le mot « rĂšgle ».
C'est-à -dire que s'il n'y a pas de rÚgles, il n'y a pas de cadre. Et s'il n'y a pas de cadre, il n'y a pas de sécurité. Et justement, quand tu nous as dit qu'il n'y avait pas de rÚgles, spécialement au début, là , ça crée une insécurité totale. Les rÚgles, il y a deux façons de voir la rÚgle. Est-ce que c'est une barriÚre qui m'enferme ou est-ce qu'au contraire, c'est mon périmÚtre de sécurité ?
Si j'ai un cadre, je sais que je peux explorer 100% du territoire à l'intérieur. Et je sais que je peux des fois sortir de la rÚgle pour pouvoir y rentrer. Alors que s'il n'y a pas de rÚgle, je ne sais pas si mon petit pas à gauche me fait sortir du cadre ou pas. Et donc toi, tu parlais tout à l'heure de la sécurité, des rÚgles qui te sécurisaient. Effectivement, je pense que la premiÚre chose à faire lorsqu'on ouvre un couple, c'est de fixer les rÚgles entre nous, ne serait-ce que par rapport aux IST.
c'est quand mĂȘme important de l'envisager aussi parce qu'il vaut mieux en parler un petit peu au dĂ©but prendre quelques instants pour discuter des rĂšgles mises en place Ă ce niveau lĂ plutĂŽt que de se rendre compte ah bah tiens moi je suis pas une syphilis il faut que t'ailles te faire dĂ©pister c'est quand mĂȘme au moins trĂšs agrĂ©able donc autant en parler dĂšs le dĂ©but
Allez, il y a du cliquetis de vĂ©cu. Nous allons faire une pause. Nous allons pouvoir nous dĂ©lecter de ces dĂ©licieux cookies qui sont en grand nombre. Ainsi qu'il y a d'autres recettes qui ont Ă©tĂ© faites. Je ne les vois pas, mais je ne sais pas ce que c'est, mais ça a l'air trĂšs bon. On se retrouve, alors nous lĂ , on se retrouve tout de suite. Les gens qui nous Ă©coutent, Ă dans quelques jours. Ăa vous va ? Magnifique.
Sona, lĂ , il fait chaud. Est-ce que tu peux ouvrir la fenĂȘtre ?