🍩 Douleur ou saignement à l’anus : que faire sans consulter ?

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Salut Guillaume ! Ma question pour le Dr Aurélien Garros le proctologue gay : Que faire quand on a des douleurs, irritations, voire saignements, mais qu’aucun proctologue sur doctolib n’est libre avant 2 mois ? Autrement dit 4 questions en une :

1/ y a-t-il des ressources pour s’auto-diagnostiquer au moins temporairement avant de voir un spécialiste ?

2/ quels sont les symptômes qui disent qu’on doit voir quelqu’un ? Et au bout de combien de temps est-ce que je dois m’inquiéter ?

3/ en attendant de voir quelqu’un, quels sont les bons réflexes à avoir pour tenter de contenir, améliorer ou en tous cas pas aggraver la situation ?

4/ si vraiment ça ne va pas, et qu’on ne peut pas attendre 2 mois, où doit-on aller ?

Réponse du Dr Aurélien Garros, gastro-entérologue et proctologue spécialiste de la santé intime et sexuelle anale

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Bienvenue sur la hotline de ce podcast. On a tous des questions super intimes qu'on n'arrive pas à poser à notre médecin. Alors dans ce format hotline, un auditeur me partage sa question intime en toute confidentialité et je trouve un médecin ou un psy gay-friendly pour répondre. Tu peux soumettre ta question par écrit ou via un message vocal en allant sur le site du podcast bit.ly slash comment devenir onglet témoigné. Bonne écoute ! Salut Aurélien, alors j'ai l'auditeur Thomas qui nous écrit « Salut Guillaume, ma question pour le proctogé, que faire quand on a des douleurs, irritations, voire saignements, mais qu'aucun proctologue sur Doctolib n'est libre avant deux mois ? » Autrement dit, dit-il, quatre questions en une. Première question, y a-t-il des ressources pour s'autodiagnostiquer, au moins temporairement, avant de voir un spécialiste ? Deuxième question, quels sont les symptômes qui disent qu'on doit voir quelqu'un ? Au bout de combien de temps doit-on s'inquiéter ? Troisième question, en attendant de voir quelqu'un, quels sont les bons réflexes à avoir pour tenter de contenir, améliorer ou pas aggraver la situation ? Et quatrième et dernière question de Thomas, si vraiment ça ne va pas et qu'on ne peut pas attendre deux mois, où doit-on aller ? Salut Guillaume. Alors des ressources d'autodiagnostics, moi ce que je peux recommander, c'est le site de la Société Nationale Française de Coloproctologie. C'est la société de référence qui regroupe les proctologues français. Il va y avoir les informations les plus fiables, les plus vérifiées. Quand on va sur ce site, il y a une section patients. Dans la section patients, il y a une partie qui s'appelle « Tout savoir sur l'anus et le rectum ». Il y a plusieurs fiches sur les pathologies, la fissure, les hémorroïdes. Après, on n'entre pas par le symptôme, mais on entre déjà par le diagnostic. On peut penser qu'on a des hémorroïdes, on va ouvrir la fiche hémorroïdes, on va trouver des éléments qui vont nous faire penser à ce qu'on a, mais peut-être qu'on avait une fissure. Ce ne sont pas des fiches qui vont répondre à 100% à la demande, mais c'est déjà une ressource intéressante. Deuxième question, quels sont les symptômes qui disent qu'on doit voir quelqu'un ? Au bout de combien de temps doit-on s'inquiéter ? Alors déjà, j'en profite pour rappeler que tout symptôme qui s'installe à l'anus, c'est-à-dire que tu n'étais pas présent avant, une grosseur qui apparaît, un saignement, un écoulement, une douleur et qui persiste dans le temps, il faut aller voir le proctologue. Pas forcément en urgence, mais quand un message à rappeler pour ne jamais rater les cancers. Après, les symptômes qui justifient de le faire en urgence, ce sont des situations finalement pas si fréquentes. On va dire qu'il y a la fièvre. Pour la douleur, pas toutes les douleurs, sinon ce serait quasiment tout le monde, mais dès qu'une douleur est très intense, si on a 8 sur 10 de douleurs ou quelque chose comme ça, je pense que c'est urgent. Et si la douleur est insomniante, si elle est pulsatile, là, ça peut être évocateur d'un abcès et on peut considérer que c'est une urgence. Ensuite, par rapport à la présence d'une lésion, d'une grosseur Encore une fois, la simple présence, ce n'est pas un critère inquiétant, mais s'il y a un caractère extensif, c'est-à-dire que tous les jours, ça double de taille ou quelque chose un peu de cet ordre d'esprit, là aussi, c'est une urgence. Et pour ce qui est des saignements, j'essaie de balayer tous les symptômes qui existent. Là, encore une fois, souvent, les saignements s'arrêtent un peu tout seuls ou en tout cas, ne sont pas graves, même si c'est vite bien rouge et ça peut vite être impressionnant, les saignements. Après, si ça devient du sang rouge foncé, voire du sang noir ou des selles noires, des caillots, là on va suspecter un saignement qui vient même des intestins et ça peut être une urgence. Ou si ça se met à saigner un peu en continu, même en dehors de la défécation. Voilà ce que je dirais. Finalement, ce qui serait des urgences, c'est les abcès, certaines formes d'hémoïdes quand il y a une thrombose, si elle est très douloureuse, mais c'est plus pour soulager, ce n'est pas que c'est dangereux. Et certaines infections, notamment des infections sexuellement transmissibles, il y en a des. des sévères où on est complètement constipé, bloqué, il peut y avoir du pu qui coule, et là aussi ça justifie d'être pris en charge en urgence. Voilà. Troisième question, en attendant de voir quelqu'un, quels sont les bons réflexes à avoir pour tenter de contenir, améliorer ou pas aggraver la situation ? Donc effectivement, ce serait idéal s'il n'y avait pas de délai pour consulter un proctologue, Mais bon, la situation, la démographie médicale est ce qu'elle est. Et heureusement, la plupart des problèmes proctologiques, notamment pour ce qui est des hémorroïdes, ce qui est très fréquent, des fissures, souvent il n'y a pas de gravité, ça peut attendre. Et donc, les bons réflexes à avoir. Alors là, évidemment, quand on s'adresse à des auditeurs qui sont en grande partie des hommes gays, d'autant plus s'il y a des rapports non protégés, des partenaires multiples, Le premier réflexe, c'est quand même de dépister une infection sexuellement transmissible avec l'écouvillon, c'est-à-dire le coton-tige dans l'anus, pour rechercher chlamydia et gonocoque, parce que ça, c'est fréquent. Et moi, je vois souvent des patients pour ce motif-là, qui en avaient déjà eu auparavant, mais peut-être ils n'avaient pas eu les mêmes symptômes, donc ils n'avaient pas l'idée, ils n'ont pas eu le réflexe de faire faire un dépistage, ce qui est toujours possible dans les centres de dépistage assez rapidement en attendant d'aller voir le proctologue. Et ça peut être assez souvent un moyen de faire le diagnostic et donc de ne même pas avoir besoin d'attendre le proctologue. Ensuite, bien sûr, c'est soulager la douleur avec des antidouleurs plutôt comme du paracétamol. Mais par contre, éviter ce qu'on appelle les anti-inflammatoires Il y en a plein de noms, mais ce sont des traitements qui peuvent donner un peu mal à l'estomac, qu'on prend volontiers quand on a des douleurs musculaires. Et si jamais c'est une infection, c'est contre-indiqué d'en prendre. Donc, antidouleurs simples, mais pas les anti-inflammatoires. Arrêt de la sexualité, au cas où ce soit contagieux, au cas où ça aggrave le problème. Prise de laxatif, à moins d'être vraiment en diarrhée. Le risque, dès qu'on a un problème à l'anus un peu aigu, c'est qu'on se constipe et que ça finisse par aggraver le problème. Donc, demander à la pharmacie, c'est en vente libre, c'est sans risque, des petits laxatifs pour ramollir un petit peu le transit et s'assurer qu'on ne se bloque pas trop. Voilà les conseils principaux que je vous donnerai en attendant de voir un proctologue. Et quatrième et dernière question de Thomas, si vraiment ça ne va pas et qu'on ne peut pas attendre deux mois, où doit-on aller ? En l'absence de proctologue disponible, effectivement, on peut probablement avancer sur notre problème à l'anus avec d'autres spécialistes. En première intention, le plus logique, le plus central, c'est le médecin généraliste qui peut tout à fait résoudre le problème ou avancer. Après, tout le monde, malheureusement, n'a pas de généraliste. Comme évoqué plus haut, ça peut être le médecin infectiologue ou spécialiste dans les infections sexuellement transmissibles, qui travaille dans un centre de dépistage par exemple. Et après, dans certaines circonstances plus spécifiques, et si on y a accès, ce qui est parfois encore plus difficile, ça peut être un dermatologue quand on a vraiment des lésions plutôt sur l'extérieur de l'anus, sur les fesses, des lésions sur la peau. Ça peut être un chirurgien digestif si vraiment on a des lésions suppurées, c'est-à-dire avec du pus qui coule. Généralement, c'est le chirurgien qui va ensuite pouvoir résoudre le problème par une opération. Et puis, il y a aussi des situations qu'il faut essayer de limiter au maximum et où on peut avoir besoin d'aller aux urgences, donc voir l'urgentiste. C'est vrai qu'il y a beaucoup de motifs de passage aux urgences qui ne sont pas les bons. Aujourd'hui, c'est ce qu'on voit, mais si vraiment on a très mal, s'il y a de la fièvre, s'il y a beaucoup de sang qui coule, pourquoi pas aller voir un urgentiste ? Mais après, par contre, pour un problème hémorroïdé récurrent, un peu plus douloureux, une fissure, etc., déjà, ce n'est pas adapté d'aller prendre du temps aux urgences, de prendre du temps aux urgentistes, et puis ils ne vont pas être forcément très à l'aise pour prendre en charge ce type de pathologie. Voilà.

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