M’épanouir en couple exclusif (et sortir du harcèlement) – Jérémy

« Je ne pouvais pas sortir sans avoir un couteau papillon sur moi, de peur de devoir me défendre. Et ça m’est déjà arrivé de devoir le sortir. » Jérémy

Jérémy, 35 ans, a été outé à 15 ans par le garçon qu’il aimait, puis harcelé jusqu’à quitter le lycée : l’exclusivité est ce qui lui rend la confiance possible.

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⚠️ Sujet sensible : viol

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Dans cet épisode du podcast :

  • Trois années de harcèlement, un couteau papillon dans la poche, et un lycée qui finit par le renvoyer
  • Leur première fois : bourrés, un kebab sur des lits jumeaux, et une éjaculation immédiate
  • Il débriefe ses rapports le lendemain, et son mec a dû apprendre à mettre des mots dessus
  • En soirée libertine à Bruxelles, ils font la fête et ne touchent personne d'autre

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Lire la transcription de cet épisode
Moi, je suis prêt. Eh bien, Go, tu décides de t'appeler comment ? Je ne sais plus si tu voulais être anonyme ou pas. Pas du tout anonyme. Moi, Jérémy, mon prénom, avec un Y, j'y tiens. C'est très important, le Y. Mais personne n'écrit Jérémy en France. Eh bien, si, la Bible l'écrit comme ça. Et puis, souvent, les tantines avec qui je pourrais discuter... Les dames d'un certain âge vont l'écrire IE, ce qui m'agace particulièrement. Pourquoi c'était important pour toi de témoigner ? Tu as eu envie, tu as eu un élan. Pourquoi ? Eh bien, parce que je trouve que c'est important de montrer différentes choses et ton podcast le fait. Et mon cas, j'ai l'impression, n'a pas encore été abordé, notamment le cas du couple et de la fidélité et qui nous permettent d'être épanouis malgré tout. Nous, c'est toi ? Oui, c'est moi, mais c'est aussi, en fait, je pense que j'ai envie de témoigner pour peut-être que certaines personnes qui puissent être dans ma situation et qui puissent être un petit peu, est-ce que c'est vraiment ça que je veux ? Peut-être se reposer les questions sous un autre angle, voilà. Du coup, moi, je te propose qu'on commence par ça. Bien sûr. Aujourd'hui, toi, t'es en couple ? Tout à fait, depuis bientôt six ans. Et alors, ouvert, fermé, libre, quel est le terme ? Alors, je n'aime pas coller une étiquette. En tout cas, on est exclusif sexuellement parlant. Après, on ne s'interdit pas de rencontrer des gens sans qu'il y ait pour autant cette approche physique ou sentimentale. Voilà, je ne vais pas être derrière son dos, il ne va pas être derrière mon dos. On est très libre humainement parlant. Voilà, mais sexuellement parlant, on est exclusif. Tu viens de dire qu'on s'autorise à rencontrer d'autres gens dans le sens sexuel, du coup ? Non, pas du tout. Ah, pardon. Pas du tout, justement. On s'autorise... Alors, il y a une espèce de courant, on va dire, du côté sexuel sur ça, qui s'appelle les sapiosexuels. Enfin, c'est pas un courant. C'est, on va dire, les gens sapiosexuels, ce sont les personnes qui sont attirées par les personnes intellectuelles, qui aiment beaucoup échanger, etc. Eh bien, nous, on va retirer le côté sexuel de ça, juste sapio, et on va dire sapio-échange, sapio-pote. C'est peut-être ça qui nous permet, nous, d'être épanouis aussi dans notre côté social, dans notre couple, sans pour autant que ça nous fasse envie d'aller ailleurs, sexuellement parlant. En gros, tu es en train de dire que vous êtes exclusif sexuellement et vous avez des amis ? Tout à fait. Il a ses amis, j'ai mes amis. Il a des amis que je ne connais pas particulièrement, également de mon côté. Et on ne fait pas de crise de jalousie ou quoi que ce soit. Ça peut paraître normal quand on en parle comme ça, mais finalement, j'ai l'impression que quand on en parle autour de nous, parce qu'on nous pose des questions, « Ah oui, vous êtes libre, etc. », ça nous arrive très souvent qu'on nous pose cette question. Oui, c'est quasi à chaque fois. Oui, mais qui vous demande dans la rue ? Non, pas dans la rue, mais on va dire quand on va en soirée justement avec des potes. Par exemple, ça nous arrive parfois de partir en week-end à Bruxelles avec un ami. Les soirées sont très ouvertes, voilà, pour ne pas donner plus de détails. Et les gens sont assez étonnés de voir un couple exclusif dans cette soirée-là. Et en gros, ils sont vraiment sur le cul, quoi. Mais comment ça ? Mais vous voyez des gens se balader à poil devant vous, un autre qui fait ça, un autre... Et ça vous fait rien. Mais c'est pas que ça nous fait rien, c'est qu'on vient pas là pour ça, en fait. Voilà, on est là parce que nous, on aime faire la fête. Et puis, s'il y en a qui ont envie de s'éclater autrement, ils s'éclatent autrement. Point. Pour toi, ça a toujours été une évidence que tu voulais vivre dans un couple exclusif ou ça s'est fait en cheminant ? Alors, ça n'a jamais été une évidence que je veuille être dans un couple tout court. Voilà. Et c'est pour ça que j'ai vraiment envie de parler de mon épanouissement parce que je ne me voyais pas du tout là-dedans. Je ne me voyais pas du tout être exclusif avec quelqu'un de par ce que j'ai pu vivre avant. Pourquoi tu avais quelle image du couple exclusif avant ? Chiant, mes grands-parents, je les aime beaucoup, mais je veux dire, au bout de quelques années, ça s'engueule pour un rien, etc. Se dire, si c'est ça, le couple et le mariage, fuck quoi. Autant fuck à droite à gauche, et puis au moins comme ça, on est content, on ne se prend pas la tête avec quelqu'un au bout d'année. Mais je me rends compte que le schéma peut être différent. Et du coup, tout un temps, tu te dis, je ne sais même pas si j'ai envie d'être en couple. Quel a été le déclic ou quel a été le tournant pour te dire, en fait, le couple exclusif, ça me correspond bien ? C'est con à dire, mais mon mec. Clairement, mon mec, parce que j'ai bientôt 35 ans. J'ai connu pas mal de garçons, puisque je fais partie de cette génération Internet, etc. Donc forcément, facile de pécho. Et lui, en fait, ça a été la personne... C'est-à-dire que je le mets... Par rapport à ça, je ne veux pas dire dans la vie de tous les jours, je ne le mets pas au rang de personne. C'est une personne comme une autre. Mais ça a été l'instant... Cette rencontre avec lui, cette connaissance avec lui, qui m'a fait me rendre compte que finalement, si on met de côté le côté sexuel, pour l'instant, s'intéresser à une seule personne, être auprès d'une seule personne, qu'est-ce que ça peut créer quand on a lui, cette lui-là, ici, qui me permet de le faire. Et finalement, c'est au fur et à mesure qu'on se met dedans et qu'on kiffe. C'est lui qui a demandé que vous soyez exclusif ? Comment c'est venu sur le sujet de votre couple ? Alors, on s'est rencontrés par le biais d'une appli, déjà, pour faire le cheminement léger. La seule fois que j'en ai utilisé une, et ça a duré cinq jours, je l'ai rencontré par cette appli, sans pour autant avoir le but de se mettre en couple ou quoi que ce soit. Parce qu'on discutait bien, ça faisait trois semaines ou un mois qu'on discutait, et on s'est dit, on se kiffe bien et tout, donc viens, on se voit. Et c'est lui qui a fait le premier pas. au bout de huit heures, ou six ou huit heures de rendez-vous, quand même. Et en fait, au début, je comprenais pas trop, parce que moi, je sortais d'une relation où ça s'était pas super bien passé, et où justement, j'avais essayé de me dire, bon, être en couple, ça donne quoi ? Et finalement, c'était chiant. Et du coup, j'étais un peu paumé, quoi. Qu'est-ce qui était chiant dans ton ou tes précédents couples ? Là, tu disais, qu'est-ce qui était chiant ? Eh bien, par exemple... Cette impression de devoir rendre des comptes à l'autre, cette impression de ne pas appartenir à quelqu'un, mais même si moi j'ai toujours été fondamentalement libre dans qui je suis, quand tu es en couple avec quelqu'un, ou moi en tout cas quand je suis en couple avec quelqu'un, je me dis, bon ben voilà... On partage quelque chose, donc il y a quand même quelque chose, pas que je dois lui rendre des comptes, mais si, en fait. Un engagement. Un engagement, voilà, merci. Et du coup, cet engagement, avant, c'était systématiquement relou. Clairement relou, dans tous les schémas, que ça puisse être l'engagement sentimental, l'engagement auprès, si j'avais fait la rencontre de certains de ses proches, de sa famille, voilà, l'engagement, ça ne me contenait pas. Et pourtant, j'ai essayé à un moment, j'ai eu un couple qui a duré assez longtemps. Donc j'ai essayé, c'était très difficile. Mais non, voilà, je sortais de tout ça et je me disais, c'est pas possible. Donc on s'est rencontrés vraiment pas du tout dans l'optique de se mettre en couple. Mais en se disant en même temps, on se laisse des chances si jamais un jour ça arrive. Très ouvert, mais voilà, pas... Mais du coup, j'ai l'impression que tu connectes couple et sexualité, parce que là, on essaye de découvrir ton chemin d'épanouissement sexuel. Est-ce que c'est le cas ? Est-ce que toi, tu... Parce que tu vois, quand je te dis qu'est-ce que tu pensais de ton couple avant, tu ne m'as pas parlé de sexualité. Alors justement, mes couples, enfin en tout cas les quelques relations que j'ai eues avant, sexuellement parlant, il y avait un côté très mécanique, on va dire, très papa-maman, voilà, tu vois, un seul schéma. Alors non, je ne connais pas ni ton père ni ta mère, je ne sais pas ce que ça pourrait... Alors, donc mon père s'appelle... Non, je plaisante. Du coup, un seul schéma, c'est simple, c'est-à-dire qu'actif pour moi et passif pour mon partenaire. et déjà ça moi c'est quelque chose qui ne me correspondait pas et voulant faire plaisir à l'autre personne bon bah voilà on se dit bon bah on va le faire puis bon C'était pas désagréable pour moi non plus, tu vois. Il y avait quand même un partage sexuel. Mais il y avait... Enfin, c'est con, mais la fellation dans mes anciens couples, c'était... Enfin, même mon dernier couple avant mon chéri, c'était inexistant. Inexistant, alors que... Pardon, mais je me suçais, quoi. Donc, il y avait un moment... Tu vois, il y a des frustrations qui s'installent. Et du coup... Sexuellement, en fait, il n'y a pas d'entrain. Il n'y a pas d'entrain. Et aujourd'hui, justement... Mais du coup, avant qu'on parle d'aujourd'hui, pourquoi tu vis toutes ces années allant de couple en couple qui te déçoivent pour vivre ta sexualité ? Pourquoi tu n'as pas tiré la conclusion ? Bon, moi, je n'ai pour le moment pas envie de vivre ma sexualité au travers du couple et je vais cheminer... de partenaire en partenaire ? Eh bien, sans doute, peut-être ce besoin d'être avec quelqu'un, peut-être ce besoin d'être accompagné, pas comme un pansement, mais plutôt comme un support, si tu veux, pour ne pas... Parce que moi, j'ai eu une adolescence quand même assez compliquée, très solitaire, et c'était peut-être le moyen pour moi de me permettre d'avancer dans ma vie, me construire, sans pour autant... En fait, la sexualité, pour moi, avant, oui, ok, c'est cool, on kenne, etc. Mais c'était vraiment pas quelque chose d'important, si tu veux. Donc, moi, mon but principal avant, c'était vraiment d'évoluer et de m'en sortir. Et d'avoir une situation, un minimum. Et donc, le fait d'être accompagné par quelqu'un, même pas financièrement parlant, parce que là, pour le coup, pas du tout, mais au moins sentimentalement parlant, de ne pas être seul dans l'évolution, ça me permettait peut-être d'avancer dans ma vie. Bien entendu, un voisin décide de faire du bricolage maintenant. Je ne sais absolument pas si ça s'entend dans le micro, mais je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi. En plus, on est au milieu de l'après-midi. Pourquoi il a décidé de faire ça ? Bon, on verra. Mais je trouve ça quand même assez intéressant parce qu'en gros, tu dis jusqu'à mes 30 ans, la sexualité n'était pas vraiment importante pour moi. Moi, mon épanouissement, il était dans... Cette construction d'un binôme, d'un duo, c'est ça ? Et donc, tu n'étais pas particulièrement attiré par une sexualité hors de ce binôme, c'est ça ? Exactement. Bon, les moments où j'étais célibataire, bien entendu, voilà, tu as toujours des besoins, etc. Mais la sexualité a toujours eu, en fait, ce côté, je ne dirais pas inutile avant, pour moi, mais ça avait ce côté, ouais, ok, on verra plus tard, voilà. Ça m'est déjà arrivé, j'appelle ça... Je ne suis pas le seul. Les périodes de jachère qui vont durer un an. Mais vraiment parce que... I don't give a fuck, quoi, en fait. C'était... Non, ben là, j'ai un montage à terminer. Ah ouais, ça va me prendre trois semaines en mode gros geek. Et ben, ce sera trois semaines en mode gros geek. Et puis, c'est tout. Et puis après, encore d'autres taffes et d'autres missions et d'autres machins. Donc, voilà. Et ça, ce désintérêt pour la sexualité, toi, tu le vois plutôt comme... Voilà, on est tous attirés par différentes choses. Comme on aime, on préfère le chocolat à la vanille. Ou est-ce que toi, tu avais l'impression que tu avais des blocages qui t'empêchaient de vivre ta sexualité ? Alors, je pense que tout part d'un blocage. Et c'est aussi pour ça que je veux témoigner, parce que j'ai, comme beaucoup de personnes, été victime d'abus sexuels à l'âge de 15 ans. Et du coup, ça m'a systématiquement enfermé dans ce côté, pas violent, mais ce carcan, on va dire, déchirant de la sexualité. Et je pense que c'est pour ça... Alors, j'étais pas fermé sur la sexualité. Je savais bien que c'était une mauvaise chose qui m'était arrivée, mais que ça allait pas m'arriver à chaque fois. Que je n'avais pas tout le temps tombé sur un gros bâtard qui allait me faire des saletés. Mais... Je me disais, voilà, si ça peut en arriver jusque-là... Bon, flemme en fait, tout simplement. Juste grosse flemme de me prendre la tête avec ça. Et du coup, quand tu rencontres ton mari actuel ou ton partenaire ? Bientôt mari. Tu veux que je l'appelle comment ? Tu peux dire ton mari, ça me va. Il y a un déclic qui se fait. Donc là, tu racontais juste avant... J'allais de couple en couple ou en tout cas, je n'étais pas épanoui sexuellement en tout cas. Et là, vous vous rencontrez. Toi, tu sortais d'une série de couples ou en tout cas d'un couple qui ne t'avait pas vraiment beauté. Donc, tu es assez ouvert, mais un peu réticent. Et qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui fait que lui en particulier, ce lien-là ? Quand je t'ai demandé, tu m'as dit qu'en fait, peut-être que t'es tombé amoureux, mais qu'est-ce qui a fait que la clé s'est ouverte ? Enfin non, la porte s'est ouverte avec la clé, quoi. Eh bien, j'ai eu l'impression de tomber sur quelqu'un qui était dans mon cas, en fait. C'est-à-dire qu'on s'est dit, genre, quel rôle tu préfères ? On s'est posé cette question, parce qu'au bout d'un moment, cette question arrive toujours, quand tu apprécies quelqu'un, que tu imagines des trucs, toujours à un moment, on se dit... Pour toi, l'analitude, qu'est-ce que je veux dire ? Le rapport anal est clé dans ta sexualité, donc c'est une des premières questions que tu poses. Pas du tout, justement. Tu viens de dire. En général, moi c'est arrivé plusieurs fois à l'époque où j'étais peut-être inscrit sur des sites de rencontres, Peut-être la deuxième ou troisième question, c'était tes actes ou passifs, quoi. Et moi, c'est le genre de truc qui me saoulait, mais d'une manière considérable. Et avec mon mari, on a eu cette première discussion, peut-être... je sais pas, je crois, quelques heures avant qu'on se rencontre. Et ça faisait déjà un mois qu'on parlait tous les jours de tout et de rien, même de sexualité. Mais on ne s'était pas dévoilé de ce côté-là. Donc j'avais en fait compris que c'est pas qu'il avait un blocage aussi, mais qu'en tout cas, comme moi, c'était pas quelque chose qui m'était au premier, au second, ni même au troisième plan. Et en fait, ce qui a fait que j'ai commencé à me rendre compte que je pouvais être épanoui avec lui... C'est que notre première fois, c'était à chier total. C'est le cas de le dire. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il s'est passé qu'on était complètement bourrés. Ça faisait deux semaines qu'on s'était dit « allez, vas-y, on se met ensemble ». On ne s'était encore jamais vus nus. On s'était déjà vus quand même plusieurs fois. On avait eu des occasions, mais voilà. Et là, ce soir-là, complètement bourré, on sort de chez une de mes super amis. Et puis, je lui dis, bon, écoute, parce qu'il n'habitait pas sur Paris. Je lui dis, écoute, je nous ai loué une vieille chambre d'hôtel toute pourrie. Viens, on y va juste pour le fun, tu vois. Et puis, on s'en fout, quoi. Et puis, de toute façon, vu l'hôtel... Je te promets, c'est pas loin de là où on est aujourd'hui. Je pense que tu connais un peu les petits hôtels du quartier. C'est pas folichon pour certains et c'était le cas pour celui-ci. Et franchement, on s'est retrouvés murgés à manger un kebab tous les deux sur des lits jumeaux, à se regarder. Au bout d'un moment, on y est allés, quoi. J'ai décidé d'être actif. Ma tête avait décidé seulement, pas ma bite, quoi. Donc, impossible de faire quoi que ce soit, et puis au moment où enfin j'arrive à pouvoir être actif, précoce. Le truc qui ne m'arrive pas, donc la honte dans ma tête, et là je me dis, mais Fuck. T'as éjaculé plus rapidement que d'habitude. Instantanément, limite. Et j'ai pas compris, en fait. Et sur le coup, il m'a regardé et m'a fait, ouais, c'est pas grave, c'est la vie. On s'en fout et tout. Viens, on se fait des bisous, on dort. Et puis voilà, quoi. Et en fait, déjà, rien que ça, je me suis dit, bon... Ok, ça fait un mois qu'on se parle, le mec il m'envoie tous les signaux pour me dire que je lui plais, qu'il veut faire quelque chose d'intéressant avec moi, qu'il aimerait bien peut-être aller plus loin avec moi. Il vient de se passer ça, bon... On pourrait peut-être tenter quelque chose, parce qu'il a quelque chose dans la tête aussi qui va plus loin que voir ces clichés que je m'étais mis dans l'esprit de me dire « un mec va vouloir absolument que tu sois performant au lit tout le temps, etc. » Et finalement, je ne dis pas qu'il est unique, il y a plein d'autres hommes comme lui qui ont cet esprit-là, mais je n'avais jamais eu l'occasion de tomber sur quelqu'un comme ça. Et je pense que c'est ça qui a fait qu'il y a eu ce petit déclic en fait. Du coup, à partir de là, vous pouvez développer une sexualité qui te correspond plus. En tout cas, j'imagine dans la confiance, tu as l'air de décrire quelque chose. Ce qui t'a plu, c'est cette absence de performance ou en tout cas de jugement autour de la performance. Comment vous avez créé une sexualité de coupe exclusif qui te rend heureux ? En fait, s'il y a des gens qui sont en couple exclusif et qui ont envie d'une recette, selon toi, celle qui a marché pour toi, c'est laquelle ? Alors déjà, c'est celle de prendre son temps, de ne pas rush parce que ça ne sert à rien. Et puis surtout, moi c'est con, mais en fait, l'idée ça a été... J'ai toujours eu cet esprit-là, mais surtout avec mon mari, de me dire, en fait, si moi, je ne prends pas le plaisir et qu'il n'en prend pas en même temps, ça ne sert à rien de creuser pour l'instant ce côté-là. On pourra peut-être le creuser plus tard. Mais en fait, c'est d'y aller à tâtons au début. Pas se dire, cash, ouais, alors toi, tu veux quoi ? T'aimes quoi ? Etc. Parce que finalement, il y avait des choses que je pensais ne pas aimer. Et qu'avec lui, waouh ! Tu peux donner un exemple ? Un exemple, me faire déglinguer, clairement. Pour utiliser les termes, me faire déglinguer ! Ça veut dire quoi pour toi ? Simplement, quand je suis passif, qu'il y aille comme il faut. Je pense que le terme est concret pour tout auditeur ou toute auditrice. Eh bien, je ne pense pas. Parce qu'en fait, on peut se faire déglinguer de plein de façons différentes. Et toi, Jérémy, c'est l'intensité de la pénétration anale. Exactement, l'intensité de la pénétration anale et la vitesse du va-et-vient, ainsi que le côté percute. Qui me plaît. Voilà. Dans une position en particulier ? Pas particulièrement, justement. En fait, tu vois, c'est ça. Même si je le décris, il y a encore d'autres détails qui font qu'au fil du temps, il a appris à savoir ce qui me plaît là-dedans quand il le fait. et du coup ce qui s'est passé c'est que toi tu dis en gros mes deux recettes c'est on prend le temps on y va à tâtons et si on pense qu'il y a des trucs qu'on aime pas on laisse une porte ouverte c'est ça que j'ai entendu exactement mais du coup comment lors de vos rapports sexuels comment ça s'est passé pour cette découverte du déglingage c'est soudainement il y allait plus vigoureusement et t'as fait ah mais c'est cool et tu lui as fait pouce vers le haut ah ah ah C'est ça, j'ai mis un like. Non, mais en gros, c'est la surprise de, en fait, tu te laisses embarquer par le truc. Exactement. C'est petit à petit ou même il va voir que là, non, OK, non, pas aujourd'hui. Puis il va rester une autre fois et moi, je vais me dire également, bon, alors vas-y, laisse parce que c'est pas si mal que ça. En fait, c'est ça, c'est au moment où il y a cet effet de, il le fait et... Ah ouais, c'est cool. Il faut le faire savoir également, bien entendu. Alors, pouce vers le haut, j'adore l'idée. Je vais la garder. Mais c'est un peu ça, en effet. C'est un peu pouce vers le haut, quoi. C'est... Et vous communiquez ? Une des clés de ta sexualité épanouie, vous communiquez ? Donc pendant l'acte, tu dis des choses ou après, vous débriefez ? Oui, alors je ne suis pas non plus avec une petite checklist. Donc plaisir, ok. Sensation, ok. Non, mais c'est un peu le délire. Dès que j'ai quelque chose qui le fait... ou même inversement que moi je fais et qu'il lui plaît, on va l'exprimer. Alors ça va être très simple, ça va être c'est trop bon, mais rien que des choses qui viennent comme ça, en fait, permettent de comprendre et d'enregistrer, surtout parce que ça c'est important, d'enregistrer ce qu'on a fait et qui a plu à son partenaire. En tout cas, c'est mon point de vue. Mais du coup, tu lui en parles après ou pendant ? C'était ma question. alors pendant on va on va signaler quand ça fait du bien tu vois genre c'est bon etc comme énormément de gens même quand tu regardes un porno ah oui vas-y fuck me etc mais ça fait plusieurs fois que tu dis comme beaucoup de gens mais moi je pense que justement le coeur du podcast il est là dedans c'est à dire on imagine tous que comme beaucoup de gens en jeu mais en vrai moi ce qui m'intéresse c'est toi et tu serais très étonné qu'il y a plein de gens là qui moi j'ai eu des rapports sexuels avec des gens qui sont mutiques du coup toi tu dis c'est bien est-ce que tu gémis ou est-ce que tu dis des mots genre C'est bien. Genre, ça va être les deux. Ça va être les deux. Et on va aussi, après, pouvoir en parler après. Parce que c'est ce que tu avais posé comme question, est-ce qu'on en parle pendant et après. Après, il y a aussi, on ne sait pas, on se met autour d'un thé et on décide de faire un point. Non, on ne fait pas un débrief de notre rapport sexuel. Mais c'est vrai qu'on va en parler ou, par exemple, le lendemain, ah ben purée, quand tu me fais ça, chérie... J'ai kiffé, tu vois. Il y a un sous-entendu dans ta réponse que faire un débrief serait quoi ? Trop mécanique, trop industrialisé ? C'est quoi le problème de, quand c'est bon pour l'un et l'autre, de dire, alors, t'en as pensé quoi ? C'est quoi le problème d'un débrief, en fait ? Il n'y a aucun problème. Mais je pense que j'utilise ces termes-là par force de... force de questions et de jugements qu'on aurait pu émettre sur le couple, sur mon couple que j'aurais pu entendre. Et forcément, voilà, c'est des jugements assez généraux. Justement, tu disais, il faut que je parle plus de ce que moi, je ressens là-dessus. Mais viens, on s'en fout des jugements. Du coup, toi, tu cherches à faire un débrief après tes rapports sexuels. Concrètement, ouais. Ouais, mais... Et toi, c'est quoi le jugement qui t'effraie là ? C'est que du coup, on dise quoi ? Qu'est-ce qu'on va dire quand tu dis « moi, j'aime débriefer le cul avec mon amoureux ». Peut-être de dire « ouais, ok, le gars dit qu'il épanouit dans son côté exclusif, mais Téma, en fait, sa vie, c'est une PME. Sa société, c'est une PME, genre l'ennui, en fait ». Et justement, il y a ce côté où l'ennui est beaucoup trop facilement collé sur certaines choses qui sont en fait très, très bénéfiques. Et c'est ce que j'ai aussi appris parce qu'avant, je pensais comme ça, en fait, tout simplement. Et c'est ce que j'ai appris avec lui. C'est qu'il y a beaucoup de choses, finalement, qui ne sont pas si ennuyeuses. Mais après, en vrai, toi, tu n'es pas le porte-parole des couples exclusifs et tu peux aussi, dans ton témoignage, amener de la complexité et dire « si c'est vrai pour toi, parfois ça me saoule, parfois je m'ennuie ». En tout cas, je pense que c'est l'invitation de ce témoignage, parce que sinon, si tu mets des couches ou tu dis des choses par rapport à ce que tu penses qu'on va penser, du coup, nous, on ne comprend plus. Moi, j'ai plus de mal à comprendre. En tout cas, toi, dans cette démarche de mise en mots et de débrief ? quand c'est bon pour vous, ça, ça vous a vachement connecté sexuellement, ça vous a vachement aidé. Exactement. Ça nous a vachement aidé parce que ça nous permet, comme je disais avant, d'enregistrer ce que veut l'autre. Ça lui permet de savoir ce que moi, je n'aime pas aussi. Ça me permet de savoir ce qu'il ne veut pas que je fasse. Enfin, ça permet de faire les choses de mieux en mieux. Ça t'a déjà bloqué sur la suite de votre sexualité ? C'est-à-dire, il a dit « Ah, ça, j'ai pas du tout aimé. » Et donc, du coup, la fois d'après, vous avez eu un rapport sexuel, t'étais un peu dans ta tête à te dire « Merde, il m'avait dit quoi ? Comment ? » Est-ce que ça te met une pression ou jamais tu l'as senti ? Non, j'ai jamais senti de pression parce que, justement, en fait, on a cette facilité à... Enregistrer, c'est vraiment le terme, en fait. Je ne sais pas si c'est parce qu'il est comme moi ou qu'on est pareil, lui et moi, par rapport à ça, mais c'est vrai qu'on ne se met pas de pression particulière Comme je disais avant, c'est ce qui m'avait marqué, c'est qu'il n'y avait pas cet aspect de performance, comme il n'y a pas cet aspect aussi de devoir absolument enregistrer ce que veut l'autre. C'est-à-dire qu'en fait, on fait attention à ce qu'aime l'autre, etc. Mais si à un moment, on retente quelque chose, et c'est pour ça que je parlais de garder une porte ouverte, c'est ce qu'on a fait. On retente, on retente. Et si ça ne plaît toujours pas, on ne va pas s'en vouloir. On ne va pas se dire merde, il me l'avait dit déjà. Non, on réessaye, on retente. Et finalement, ça marche. Est-ce que toi, quand tu as fait la demande de débrief, tu vois ? En gros, moi, ça m'est déjà arrivé qu'après un rapport sexuel, moi, j'adore les débriefings. Moi, je suis pour la communication et donc souvent, je dis, bah, comment ça se fait ? Même si pendant, on a discuté et puis j'ai senti et vu des choses, j'aime bien demander quoi, qu'est-ce qui s'est passé ? Et très souvent, les mecs sont mal à l'aise. Bon, après, moi, je pense que je dois avoir aussi un aspect peut-être un petit peu brusque ou peut-être je ne communique pas bien, tu vois, ou très acéré parce qu'en fait, je sais ce que je veux et je sais comment je le veux. Donc peut-être ça, c'est peut-être pas très agréable. Mais en tout cas, souvent, les gens sont un peu évasifs et vite, on change de sujet. Toi, quand tu lui as proposé, quand tu lui as dit viens, on en parle, il était plutôt d'accord ? Eh bien, au début, je pense qu'il s'est un petit peu forcé parce qu'il n'avait pas cette habitude vraiment de devoir décortiquer, faire la psychologie de notre rapport sexuel, si tu veux. Mais il n'a pas été contre. Parce que toi, tu demandes un décortiquage. Tu demandes les plus et les moins. Qu'est-ce que tu demandes, du coup ? Comment ça se passe, un débrief ? Alors, c'est pas que je demande un décortiquage, mais c'est que moi, j'aime bien voir justement les différents aspects, les différents prismes des choses. Donc, par exemple, tiens, hier, je t'ai mis un doigt. C'est marrant, mais t'as kiffé. Mais qu'est-ce que t'as kiffé dedans ? Genre, bah ouais, j'ai kiffé. Non, mais vraiment, c'est... Le fait que je passe le doigt un peu autour, le fait que... Parce que, tu vois, genre, j'aimerais savoir. Et en fait, c'est cet aspect-là, au début, qui le mettait un peu mal à l'aise, en effet. Ah ouais, toi aussi, ouais. Voilà, c'était... Mais il n'était pas non plus fermé parce qu'il s'est... Dans sa tête, et c'est ce que j'ai compris, je le comprends maintenant et je le sais, c'est qu'il aime bien chercher à... Comment dire ? Il aime bien chercher à comprendre les choses qui peuvent se passer entre nous. Et inversement, moi, c'est pareil. Moi, j'aime bien chercher à comprendre. J'aime bien, on va dire, prendre du recul sur ce qu'on a fait, sur ce que... En tout cas, dans ses habitudes, c'était pas là la discussion autour de la sexualité. Et donc, il a fallu un peu pour lui l'apprendre. Toi, ça t'est venu comment, cette idée d'utiliser la communication pour mieux kiffer ? C'est naturel. Alors voilà, c'est naturel. C'est la communication. J'ai été élevé comme ça. J'ai toujours beaucoup parlé avec ma mère, avec mon père. Donc, en fait, chez moi, c'est naturel. Et chez lui, beaucoup moins. Beaucoup moins, malgré sa grande ouverture d'esprit, etc., Et il n'avait pas cette habitude vraiment de communiquer des choses internes, les choses que tu as, que tu vas ressentir et que ce soit sur le plan sexuel ou sur le plan même sentimental. Il n'était pas très expressif avant. Aujourd'hui, en fait, il a appris à se sentir épanoui sur sa façon d'exprimer ses sentiments. Et comme moi, j'ai appris à me sentir épanoui. sur ma façon de vivre ma sexualité, d'exprimer mes sentiments avec lui et de ne pas en avoir honte, surtout. Parce qu'avant, ça m'arrivait en effet d'avoir cette envie de communiquer, mais de tomber face à un mur. Complètement. Alors que la personne aurait pu être, on va dire, très communicante dans la vie de tous les jours... très ouverte, etc. Mais lorsque ça arrivait sur le côté, sur le plan couple et surtout le plan sexuel, c'était limite, parfois, ça a été un problème. Et du coup, ça m'effrayait pas mal. Ce qui rendait justement ce côté que le sexe était, ouais, on verra plus tard. Parce que si je peux même pas débriefer, alors c'est nul. En six ans de couple, tu dirais que t'es amoureux ? Totalement. Et il s'empressa de s'approcher du micro pour dire oui. Est-ce que tu as déjà eu des bas sexuels ? Et pas des ébats, ni des débats, mais des bas B.A.S. avec ton amoureux, des moments où pendant les six ans, tu es là, ça me fait chier ? Eh bien, oui, je pense que c'est peut-être aussi les choses qui se passaient dans ma vie de tous les jours, au boulot, etc. Ce qui fait que, justement, le côté sexuel redevenait totalement au troisième, quatrième, cinquième plan. Bon, pardon. Voir le dixième plan. Et qu'en fait, lui, peut-être, pouvait avoir envie. Et moi, pas du tout. Et inversement, ça lui est arrivé aussi. Mais pour parler de moi, pas que ça me faisait chier de coucher avec lui. Pas du tout. Mais vraiment, c'était... Ce n'était pas du tout la priorité à ce moment-là. Je voulais peut-être plus qu'on prenne le temps juste de passer des moments ensemble parce qu'il bossait trop et que je bossais trop, etc. Mais en fait, il y a eu des moments où on peut ne rien faire pendant deux semaines, trois semaines, alors qu'on vit ensemble, on dort ensemble et on s'aime très fort. Mais c'est peut-être, je ne sais pas si c'est physique, mais en tout cas, il y a des moments où ça rentre dans la coquille. Oui, c'est non. Ça rentre dans la coquille. C'est quoi, c'est le Bernard l'ermite ? Tout à fait. Je ne suis pas du tout du maritime. J'étais fan de Thalassa, c'est pour ça. Comment c'est revenu alors ? Après les bas, comment reviennent les hauts ? C'est un peu comme des saisons, le boulot se détend et ton Bernard l'ermite ressort de sa coquille. Exactement, il ressort, il fleurit. Non, mais concrètement, c'est ça. C'est-à-dire qu'il y a des périodes où c'est plus ou moins compliqué. Et au fil des années, il a fini. Parce que moi, j'ai des périodes dans l'année, alors c'est con, mais où c'est beaucoup plus difficile que d'autres périodes, on va dire, dans mon moral. Et c'est chronique, suite à des souvenirs, des événements, etc. Et ça, il a fini par les apprendre avec moi. Et il sait que, par exemple, pendant telle et telle période, c'est pas possible. Genre, t'oublies. Cette envie... C'est des longues périodes ? C'est des semaines ou des mois ? Non, pas des mois, mais voilà, c'est des semaines. Parfois, ça va être un certain jour particulier. Tu ne penses même pas à me toucher. Mais tu vois... Ce qui est fou, c'est que je ne lui ai jamais verbalisé comme ça. D'ailleurs, s'il écoute le podcast un jour, je pense qu'il va se dire que c'est ce qu'il avait compris. Mais il y a des moments où ce n'est pas possible. Et il le sait. Et inversement, lui aussi, il a des périodes où je sais que ce n'est pas possible et respect total. Est-ce que ces moments de non-activité sexuelle sont liés à des dates traumatiques auxquelles tu faisais allusion plus tôt ? Non, aucun rapport ? Non, pas du tout. Moi d'ailleurs, la fois où ça m'est arrivé, mon agression sexuelle, c'était la nuit du 21 au 22 juin, le soir de la fête de la musique. C'est vrai que la fête de la musique depuis ce moment-là, j'ai un peu de mal, forcément. Mais étant quelqu'un qui aime énormément la musique et qui a fait de la musique beaucoup d'années et qui en fait encore un peu, je ne vais pas pour autant rester au fond de mon canapé, pas sous un plaid au mois de juin, mais caché et pas bien. Même si je ne juge pas du tout les personnes qui réagissent comme ça, bien au contraire. La réponse, c'est non. Voilà. Pas du tout. Est-ce que tu as déjà été en couple ouvert ou non exclusif ? Alors, non. Non, mais j'ai déjà été en couple avec des personnes qui, de leur côté, étaient ouvertes. Sans que je sois vraiment trop au courant ou conscient de ça. Voilà. Parce qu'au final, on a commencé cet échange et toi, tu disais, voilà, moi, je suis épanoui dans mon couple exclusif. Et ma question, c'est comment peux-tu savoir que tu ne pourrais pas l'être dans un couple ouvert si tu n'en as jamais fait l'expérience ? Parce qu'en fait, on n'était pas ouverts, en tout cas pas de mon côté, et parce que c'est vraiment pas quelque chose qui m'attire, du tout. Moi, je me dis, en tout cas c'est comme ça ma conceptualisation du couple, c'est que si je me mets en couple avec quelqu'un, je n'ai pas d'intérêt en fait... Comment rendre ça plus compréhensible ? Pour moi, le sexe, ça se vit avec mon partenaire de couple. Point. Voilà. Si je suis en couple, je suis célibataire, oui, il peut y avoir des plans cul. Pourquoi ? D'où vient cette règle pour toi ? Et en quoi elle est bonne pour toi ? Alors, sans doute qu'elle vient de la société. Moi, c'est comme ça que je le vois. Bon, mes parents sont mariés, pas divorcés, je pense, exclusifs. Après, je m'en fous, ils font ce qu'ils veulent. Mais en tout cas, ça vient pas de mes parents. Ils m'ont jamais dit, il faut que tu sois marié ou que tu sois en couple avec une personne. Alors ça, là-dessus, pas du tout. Je pense vraiment que c'est cette habitude, tu vois, sociétale de voir les couples, que ça évolue bien à deux. Et... Enfin, voilà. Mais... Ça ne m'intéresse pas, mais vraiment pas. Alors que, ce que je disais tout à l'heure, on peut aller en soirée, rencontrer des gens qui, eux, vont être en coupe ouverte. On a... On connaît quelques couples qui sont ouverts et avec qui on s'entend super bien et pour lesquels on n'a aucun, si tu veux, aucune mauvaise idée ou aucun jugement, tu vois. Mais ça ne t'intéresse pas et ça ne t'intéresse pas d'essayer, quoi. Pas du tout. Ouais, voilà, c'est ça. Pas du tout. Et en même temps, je vais pouvoir en parler avec ceux qui sont en couple ouvert ou qui vont me dire, bah tiens, nous, on ne fait qu'un petit comme ça. Ah ouais, enfin, tu sais, ça m'intéresse, tu vois, de savoir. Ouais, ouais. Mais pourquoi, en étant en couple exclusif, et donc en ayant un rapport sexuel, des rapports sexuels avec une seule personne, de quoi tu prends soin ? Qu'est-ce qu'il y a de la valeur pour toi dans ça ? En fait, j'essaie de comprendre ta démarche. Et pour le moment, tu me dis... En fait, je n'ai pas envie d'avoir des rapports sexuels avec d'autres gens. C'est complètement recevable et il n'y a pas de sujet. Mais j'ai quand même... J'entends depuis le début de notre échange que pour toi, le couple, ça représente quelque chose d'important. Et je me demande... Au début, tu disais que c'était pour me réparer. Et aujourd'hui, du coup, le couple... Pourquoi le couple aujourd'hui dans ta vie ? À quoi sert ton couple ? Enfin, servir, c'est pas le bon terme, mais... Quand tu prends soin de ton couple et de ton lien sexuel avec une seule personne, tu prends soin de quoi ? Concrètement, de moi, en fait. Je prends soin de moi. De ma stabilité personnelle, de mon confort dans la vie. Quand je dis confort, je ne parle pas spécialement d'avoir un toit au-dessus de la tête. Je parle du confort d'être bien dans ses baskets. Pour toi, si tu n'étais pas en couple, tu pourrais moins facilement être bien dans tes baskets ? Oui, complètement, je pense. Pourquoi ? Parce qu'en fait, si tu veux, même si on fait les choses pour soi... Ah non, je reprends. Même si je fais les choses pour moi, j'aime bien quand même savoir que quelqu'un qui compte pour moi en est fier, en est content. Et surtout, savoir aussi que ça peut... Aider cette personne qui est avec moi à, elle aussi, accomplir ses buts et ses tâches dans sa vie. En fait, si tu veux, pour moi, le couple, c'est ma vision. Enfin, en tout cas, mon couple, c'est ce qui me permet, moi, de continuer à évoluer et de continuer à devenir quelqu'un de meilleur aussi. Parce que je considère que je suis une meilleure personne depuis que je suis avec lui. Et que mes ex aussi m'ont rendu meilleur, malgré... Le côté beaucoup moins sympathique de mes relations passées. Et je pense que ce dont je prends soin vraiment en étant et en préservant mon couple, c'est de moi. Préserver parce que selon toi, si tu avais des rapports sexuels avec d'autres personnes, ils pourraient en être affaiblis ? Oui, moi je pense que si on avait des rapports sexuels, enfin si moi en tout cas, ou lui en avait avec d'autres personnes, mais je pense qu'il n'y aurait plus cette harmonie qu'on a aujourd'hui, tu vois. Comment tu sais ? Alors là, je ne saurais pas te dire comment je sais ça. C'est un ressentiment, sans doute. Tu sais, ce que moi j'appelle les idées... Non, ce n'est pas les pensées télépathes, mais en gros, c'est de me dire que si je lui fais ça, c'est ce qui va se passer pour lui dans sa tête, ça va détruire ça pour lui, ça peut lui briser ça. Et inversement, je pense qu'il se dit aussi la même chose de ça. Donc, ouais. Je trouve ça vachement intéressant parce que moi, personnellement, je n'ai pas d'avis. Je ne suis pas en couple et je ne sais pas quel couple je veux. Je n'ai jamais été en couple libre. Peut-être qu'on peut croire que je suis en train d'essayer de pousser un sujet. Pas du tout. Mais c'est intéressant parce que tu dis... Tu dis que le couple exclusif, c'est la société qui t'a dit qu'il fallait faire ça. En tout cas, tu regardes que tout le monde le fait et que pour toi, le rapport sexuel hors du couple peut le fragiliser et qu'il y ait aussi, en fait, une norme sociale. Et je trouve ça vachement intéressant parce que moi, c'est des sujets qui m'intéressent, justement, de me dire comment je me libère de ce que les autres font pour faire moi ce qui est mieux pour moi. Et c'est possiblement un couple exclusif ou pas. Tu parlais, et c'était un des sujets dont on a discuté en pré-entretien, tu parlais au début d'abus sexuels. Pendant le pré-entretien, tu parlais de harcèlement. Et je t'ai demandé, tu m'as dit que c'était OK d'en parler. Ça a eu quel impact pour toi ? J'ai cru entendre que ta recherche de couple venait un peu de ça aussi ? Est-ce que tu veux dire en quelques mots ce qui s'est passé et quel impact ça a eu justement sur ton cheminement de sexualité ? En quelques mots, concrètement, je n'ai pas pu du tout passer mon bac à cause de ça. J'ai dû arrêter le lycée parce que j'étais harcelé tous les jours au lycée, sur le chemin, et même quand j'allais me balader dans la ville d'où je viens, en Seine-et-Marne. Et l'impact que ça a eu, c'est qu'en fait, j'étais... Pas ce qu'on appelle quelqu'un de discret, même pas du tout. Mais je ne faisais confiance à personne. C'est-à-dire que parmi les harceleurs, certaines personnes m'ont fait des propositions tout à fait concrètes. En gros, je veux que tu me suces la bite, etc. Mais là, t'as quel âge ? Là, j'ai 35 ans. Non, pardon. Non, mais à l'époque, j'ai 15 ans. Et donc, c'est des gens dans ta classe ? Pourquoi ? Pas dans ma classe, dans mon lycée. Ils ont été au courant du fait que j'étais homo parce qu'une personne mal intentionnée l'a dit à une personne mal intentionnée, etc. Et cette personne mal intentionnée était la première personne dont j'étais amoureux. Donc voilà d'où vient le harcèlement. Et en fait, je pense que... Et après, il était généralisé, c'est-à-dire, il y avait sans cesse, parce que tu disais, sur le chemin de l'école, du lycée, ou même quand je me baladais dans la ville, pour que je me rende compte, c'est combien de personnes qui te harcelaient ? Alors, je n'ai jamais réfléchi à ce combien. Pour moi, c'était général. Tu vois ce que je veux dire ou pas ? L'envahissement du harcèlement. C'était général. C'est-à-dire que je ne pouvais pas sortir sans avoir un papillon, un couteau papillon sur moi, de peur de devoir me défendre. Et ça m'est déjà arrivé de devoir le sortir. Et tout ça partait de la personne dont j'étais amoureux. Et je pense aussi que si j'ai cette importance sur le couple, c'est que je me dis que lui, je n'ai pas pu lui faire confiance à cette époque. Et aujourd'hui j'arrive enfin à pouvoir faire confiance à quelqu'un dont je suis amoureux. Et c'est peut-être pour ça qu'il y a ce côté exclusif en fait, c'est peut-être ce côté pas secret mais ce côté intime de ne pas partager avec les autres parce que l'entourage est effrayant et c'est comme ça que j'ai grandi. Mon entourage était effrayant. En tout cas, mon entourage de tous les jours, ma famille, nickel, rien à dire, love you. Mais le reste, non. C'est-à-dire que même le corps enseignant était effrayant. Donc, je me suis retrouvé... Est-ce qu'ils ont entendu, vu et ils ne sont pas intervenus ? Ah non, pas du tout. Pas du tout intervenu. Ils ont plus qu'entendu, ils ont plus que vu. La seule intervention qu'il y a eu, ça a été que dès qu'il y avait assez d'absence pour pouvoir me virer et m'interdire d'accéder aux épreuves, ça a été acté. Voilà. Donc, du coup, je pense que c'est quand même une période charnière de la vie. Tu sais, quand tu es au lycée, tu deviens adulte, tu te découvres. Et moi, je me découvrais totalement. je me suis rendu compte que c'était les mecs qui m'attiraient. Et là, la seule personne en qui j'ai confiance, pour lui dire, parce que, bref, je n'ai pas envie d'aller plus loin dans le passé, mais je me disais que je pouvais lui faire confiance. Eh bien, pas du tout. Et patatras. Voilà. Et donc, tout s'est cassé la gueule. Et du coup... Ça a duré combien de temps, ce harcèlement ? Ça a duré de ma seconde... En fait, ça a duré seconde première et deuxième première, donc trois années scolaires de suite. Parce que t'as pas pu changer de lycée ? Pas du tout, pas du tout pu changer de lycée, non, donc voilà. Pour des raisons ? Pour des raisons familiales, des raisons financières également, parce que ça impliquait de l'endroit où je vivais un coût particulier pour pouvoir m'y rendre, donc en fait un peu coincé quoi. Et ça s'est arrêté au moment où les harceleurs, harceleuses, c'était que des garçons ? Non, c'était des deux. Ouais. Ils ont passé le bac, donc ils ont quitté le lycée, c'est ça que je comprends ? Non, c'est-à-dire que c'est moi qui, au fur et à mesure, à force d'être effrayé d'aller en cours, ai fini par ne plus y aller parce que j'étais ensuite suivi pour... Voilà, parce que je faisais de la dépression, enfin forcément, hein. Et médicaments faisant que beaucoup de mal à me lever le matin, beaucoup de mal à arriver à l'heure en cours. Donc beaucoup de raisons pour que le lycée me vire et le lycée m'a viré. Et voilà. Donc après, je me suis retrouvé encore six mois coincé à la maison chez mes parents toute la journée quand eux travaillaient. Ça les rendait tristes de voir que, parce que je n'étais pas un si mauvais élève que ça, que je me faisais chier. Je me faisais chier, je ne faisais rien de mes journées. J'étais shooté au médicament et ça s'arrêtait là. Donc du coup, voilà, un peu chiant. Et comment tu as rebondi de cette période ? Je comprends que tu refais une autre première dans un autre lycée ? Non, dans le même lycée. Et du coup, tu arrêtes tes études à ce moment-là ? Voilà, j'arrête mes études à ce moment-là. En fait, ce qui s'est passé, c'est qu'en seconde, j'avais émis des voeux d'orientation et de boulot futur dans le cinéma. Et on m'a dit, si tu veux faire du cinéma, et ça a fait remarquer pas mal de gens, il faut faire scientifique parce qu'il faut développer les pellicules et savoir manipuler les produits chimiques. On parle de ça, on était en 2001, si je ne m'abuse, ou en 2000. Non, pardon, un petit peu après. En gros, avant 2005, parce que j'ai eu 18 ans en 2005 et que j'avais déjà quitté le lycée. Le numérique arrivait déjà et moi j'étais, non, bah non... Stop, on n'en est plus là. Donc on m'a mis de force et contre mon gré en scientifique, où le harcèlement d'un côté par rapport à ma sexualité me posait des gros problèmes, mais en même temps en cours je n'y arrivais pas parce que moi je voulais faire littéraire et qu'en maths, certes j'adore les maths, j'adore les sciences, Mais les exponentiels, j'en ai rien à foutre. Donc concrètement, j'étais en dépression sur deux plans. Et heureusement que ma famille était soudée à ce moment-là, parce que je pense que si j'avais eu ça en plus, ça aurait été très difficile. Mais voilà. Ensuite, l'année suivante, j'ai eu une preuve principale en scientifique qui a vu... L'appel de détresse et qui a poussé pour que je puisse faire littéraire. Et là, j'étais dans les premiers de ma classe, alors qu'avant, j'étais le dernier de ma classe, limite de la section totale du lycée, parce que je crois qu'il y avait cinq ou six classes de scientifiques. Et voilà. Et là, ce qui s'est passé, malheureusement, c'est qu'il y a eu un séjour à l'hôpital qui m'a forcé à prendre des absences beaucoup plus longues et un traitement beaucoup plus lourd. Et du coup, j'ai eu un traitement pour calmer les répercussions de tous ces harcèlements qui a été très puissant, psychiatrique pour le dire, parce que j'en arrivais à me scarifier, j'en arrivais à faire des tentatives de suicide. Donc forcément, au bout d'un moment, le lycée, il a dit « bye ». Comment tu t'en es sorti ? Je ne vais pas niquer ça, en fait. Même si j'ai essayé de me tuer. J'ai eu des idées très, très, très mauvaises envers moi-même. Je n'ai pas lâché le morceau. Parce que j'avais une mère qui était présente. J'avais un père qui était présent, malgré le peu de dialogue qu'on avait à l'époque, qui me montrait quand même l'amour qu'il avait pour moi. Un petit frère formidable. Et puis, voilà. C'est tout, en fait. Et aussi, le reste de la famille... qui ne m'a pas rejeté, et le souvenir d'une grand-mère décédée quand j'étais petit, qui m'a toujours dit, quand tu ouvres une porte, ce qu'il y a derrière ne te plaît pas, referme-la en ouvrant simplement une autre. Et c'est ce que je me suis dit. Je me suis dit, si le lycée, ça ne marche pas, quand même, on est dans un pays où l'éducation est bien développée, il y a peut-être moyen de faire quelque chose. Et j'avais retrouvé une petite formation qui m'a permis d'aller prendre mon tout premier studio à Paris, mon petit 10 mètres carrés, Et c'est ça qui m'a fait rebondir. C'est le fait de pouvoir me recentrer que sur moi, arriver dans une ville où personne ne me connaissait. Et une ville où surtout, si j'avais envie d'aller boire un verre et qu'il y ait d'autres homos autour de moi et que personne ne leur dise rien, purée, je pouvais le faire. Donc voilà. Quelle répercussion ce harcèlement a eu sur ta sexualité ? Est-ce que tu as noté ? Alors, ce harcèlement a une répercussion négative parce que, en fait, je n'osais plus du tout, de par ceux qui m'avaient harcelé et qui m'avaient fait des propositions, pour en décrire une très simplement, un garçon de mon lycée qui faisait partie de cette bande de harceleurs, qui plus est que je trouvais quand même très mignon malgré cela, ce qu'il faut dire, j'arrivais à séparer la mignonité de sa connerie, et il m'a coincé dans les chiottes, il m'a sorti son pénis et m'a dit « vas-y maintenant, tu vas me sucer ». Parce qu'il avait sans doute vu que je le trouvais beau, les yeux pleins de cœur. Et alors, ça arrivait deux fois. La première fois, je lui ai dit non. Et la deuxième fois, je lui ai dit, je ne sais pas, invite-moi au ciné avant. J'essaie d'utiliser l'humour, si tu veux. Et en fait, ce qui m'a bloqué, ça m'a bloqué sur le... Sur comment dire ? Le fait de devoir se dévoiler à quelqu'un, le fait de pouvoir et d'avoir envie de parler de ce qu'on aime à quelqu'un, alors que de base, c'est ce que je voulais, c'est avoir un couple, et c'est ce que j'ai aujourd'hui, où tu peux échanger et débriefer avec la personne. Mais ça m'a bloqué pendant plusieurs années, en fait, de mettre le sexe dans cette boîte de « c'est le truc des autres, on verra plus tard », et ça ne m'intéresse pas, finalement. Parce que si c'est ça qui fait que je suis homosexuel, le fait de coucher avec un autre garçon et que du coup on me harcèle, finalement non, ça ne m'intéresse pas. Je pense que c'est comme ça que le harcèlement a eu un impact sur ma sexualité. Est-ce que tu as utilisé des outils ou tu as fait des thérapies ? Si quelqu'un était dans ta situation lorsque tu avais 18-19 ans et qu'aujourd'hui tu en as 35 bientôt, qu'est-ce qui a fonctionné pour toi pour reprendre le pouvoir et créer la vie de couple et de sexualité que tu veux ? Bien, déjà le fait de... pas m'empêcher en tant que célibataire, quand j'étais célibataire, pour remettre le pied à l'étrier, on va dire, de pas m'empêcher au moins de m'intéresser au sujet. Même si je ne voulais pas pratiquer, ça n'empêche pas de chercher à lire sur le sujet. Enfin, en tout cas, moi, ça ne m'empêchait pas de chercher à lire. Je suis quelqu'un qui aime bien apprendre des choses. Donc, pourquoi est-ce que tout le monde dit que ce... Comment dire ? L'orgasme prostatique, voilà. Tu vois, ça, ça a été un sujet, par exemple, qui m'a... Tu as suivi le fil de ta curiosité. Exactement. Parce que je me suis toujours dit qu'on ne s'est pas gravé dans le marbre, tu vois. C'est pas un truc... Enfin, la sexualité, et ça va te parler, toi qui fais de la poterie... c'est comme quand tu casses un vase mais que tu le répares derrière. Tu peux quand même le réparer et il aura quand même toujours une histoire derrière et quelque chose qui fait qu'il peut toujours avoir son utilité de vase puisque tu l'as réparé. Tu connais le nom de l'art japonais ? Je le cherche mais je ne le retrouve plus. Moi non plus, je ne le connais pas. C'est un art japonais où tu reprends les bouts brisés que tu recolles avec de l'or. C'est ça. Et c'est exactement comme ça. Parce que là, ce qui m'inspire, c'est ce que je vois autour de moi. Les différentes poteries que je vois autour de moi. Parce qu'on est chez moi. Parce qu'on est chez toi. Et que j'ai mes poteries que je vends pour Noël. Et qui sont magnifiques, je vous le dis. Et ce n'est pas lui qui m'a demandé de le dire. Non. Mais du coup, elles sont toutes sorties. Voilà. Mais en gros, c'est comme ça que je vois la sexualité. C'est ce côté où tu vas... Enfin, tu vas pouvoir réparer quand même quelque chose, même si ça prend du temps, même si ça t'oblige à avoir des matériaux spéciaux que tu vas devoir aller chercher. C'est pas grave, tu peux y arriver. Et c'est ça, en fait, moi, qui m'a permis d'éviter de rester enfermé, de ne plus jamais, je pense, de ne plus jamais chercher à vivre une sexualité épanouie. C'est que j'ai quand même dit, je me suis quand même dit, suite à ta curiosité, dis-toi que c'est possible... de changer ça et de rendre ça meilleur. Donc, intéresse-toi au sujet et à différents sujets. Peut-être qu'il y a des trucs qui peuvent t'intéresser. Imagine, on se retrouve dans deux ans, cinq ans, on refait un épisode. T'aimerais me raconter quoi sur le chemin de sexualité que t'as pris ? C'est quoi la suite pour toi ? Qu'est-ce que tu t'espères ? C'est quoi le terme ? Qu'est-ce que tu te souhaites ? Qu'est-ce que je me souhaite ? Quelles expectatives ai-je envers moi-même ? Et ce qui va m'arriver ? Que je sois toujours heureux dans mon couple, bien entendu. Après, je n'en ai pas de doute particulier, mais tout peut arriver dans la vie, bien entendu. Et puis, j'espère pouvoir te dire aussi que sexuellement, c'est encore plus le kiff. Et qu'on aurait peut-être, je sais pas, ouvert un OnlyFans pour le fun. Parce que même si on est exclusif, ça peut être marrant de filmer ça et puis de le foutre sur Internet, tu vois. Un OnlyFans, c'est un compte... Ouais, d'ailleurs, c'est pas bien, mais j'ai cité... Non, je veux dire, c'est pas bien, j'ai cité un nom alors qu'en fait, j'aurais pu dire simplement diffuser... J'aime pas faire de publicité à des grosses sociétés comme ça. Mais toi, ça t'exciterait de filmer vos débats sexuels et de les mettre sur Internet ? En tant qu'ancienne personne qui faisait de la vidéo pour gagner sa vie, oui. Surtout qu'on a déjà tripé un peu là-dessus avant. Et c'était plutôt marrant. Mais sans pour autant qu'on puisse nous reconnaître. Tu vois, garder ce côté anonyme. Ce qui va être un peu difficile pour moi, parce que j'ai des tatouages sur les mains. Enfin, j'ai des tatouages assez particuliers. C'est-à-dire que c'est pas Betty Boop que j'ai tatoué sur le haut de la cuisse. C'est des trucs que tu retrouves pas sur tout le monde. Et du coup, on pourrait me reconnaître assez facilement. Mais d'un autre côté, bon... Je m'en fous un peu, je ne suis pas président de la République. Et si même je l'étais, j'ai envie de te dire, ouais, super, t'as vu, c'est moi. Ok, voilà. Si jamais vous vous lancez, envoie-moi le lien et je le mettrai dans le descriptif de cet épisode. Avec grand plaisir. Si jamais, ouais, pourquoi pas. Est-ce que tu as un mot de la fin particulier ou rien ? Alors, est-ce que je le fais ? Est-ce que je le dis ? Oui, fourchette. Tu avais fait un pari avec quelqu'un. Non, c'est un mot que j'ai toujours eu en mot de la fin. Que ce soit dans les quelques émissions que j'ai pu présenter tout seul dans mon passé où je faisais de la radio ou aussi c'était un délire avec une personne, une défunte amie qui faisait aussi ce métier. Et du coup, c'était le dernier mot, c'est fourchette. Et qu'est-ce que ça t'inspire ? Ça t'amuse ? Ça m'amuse et en même temps ça veut dire qu'il y a plusieurs branches, plusieurs choses, plusieurs axes autour de nous, plusieurs choses dans la vie qui nous permettent en fait, même si on n'y touche pas, qui nous permettent de voir comment vivent les autres et de mieux s'adapter aux autres et du coup de mieux parfois se comprendre soi-même. C'est comme ça que je vois les choses. Merci Jérémy. Merci à toi.

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