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Comment tu t'appelles ? Moi je m'appelle Mathieu. C'est ton vrai prénom ? Oui, oui, oui. Comment tu te sens là ? Ben ça va, ouais. C'est quoi ton élan de témoigner ? Pourquoi toi t'avais eu envie de témoigner sur ce podcast ?
Parce que j'ai écouté tous les numéros jusqu'à présent et je n'avais pas entendu, à mon sens, de témoignages qui reflètent ce que je suis, ma sexualité en tout cas. Et je me dis qu'il y a, encore une fois à mon sens, en tout cas dans mes pratiques assez classiques,
et j'ai pas entendu jusqu'à présent j'ai oublié mais de de témoignages de personnes qui comme moi avaient une sexualité enfin des pratiques classiques encore une fois donc je me dis peut-être que certains qui écouteront se retrouveront là-dedans et même en n'ayant pas des pratiques extrêmes ou hors du commun on dirait on peut quand même s'épanouir et être bien dans sa sexualité
Super. Si je me souviens bien, t'es de passage à Paris, non ? Oui, oui, oui. Là, j'ai une petite semaine de vacances, donc on a une amie qui habite à Reymel Maison, donc on est venu squatter quelques jours. Tu veux dire où est-ce que tu pratiques ta sexualité ? En gros, ça m'intéresse de savoir où t'habites, dans le sens où c'est là où ta sexualité, elle va s'incarner à cet endroit-là. Or, si t'es pas parisien, je pense que c'est intéressant de...
Ouais, ouais, ouais. Alors, je vais souvent dire on, mais parce que je suis marié. Donc, ma sexualité, c'est en grande partie avec mon mari. Donc, quand on me demande tu, je réponds souvent on. Et on habite où ? On essaie de faire l'effort de répondre je, à La Rochelle. À La Rochelle, dans l'ouest, une région plutôt sympa.
Et toi, tu disais tout à l'heure, j'ai une sexualité classique. Ça veut dire quoi du coup ? C'est quoi ta sexualité aujourd'hui ?
Alors, là, je vais parler des pratiques. Pour moi, qui sont classiques, c'est fellation, sodomie, anulingus, et voilà, quoi. Bisous. Moi, je suis plutôt sensualité tendresse, plutôt que BDSM, soumis, domi, mal alpha, tout ça. Moi, je me reconnais pas du tout dans ces trucs-là. Ça me fait même fuir, quoi. Encore ce matin, je disais sur un profil d'un mec, sur un site, enfin...
Je n'ose pas dire des trucs crus, mais jeune chatte soumise, dispo, l'op, ce n'est pas du tout ce qui m'excite et ce qui me plaît. Donc j'entends que tu es sur les apps de rencontre, vous êtes dans un couple ouverte ?
Alors, pas assez à mon goût. J'aimerais qu'il soit plus ouvert encore. Mon mari m'autorise parfois, moi ce que j'appelle une récréation, d'aller faire un plan sans lui. Trop rarement à mon goût, parce que j'aimerais que ce soit plus fréquent. Et puis sinon, on fait des plans à trois.
Pas régulièrement, c'est assez aléatoire quand on trouve qu'on en a envie en commun. Alors moi j'en ai plus souvent envie que lui, mais ça nous arrive. De 0 à 100, tu dirais que tu es épanoui à combien là en ce moment ?
Je dirais à 50. OK. Parce que moi, clairement, c'est la quantité qui me manque. Je suis assez en demande et je sens que la libido de mon mari est moins forte que la mienne. Et du coup, voilà, c'est ce qui me manque pour être 100% épanoui. Dans mes pratiques, lors de plans et tout, j'ai beaucoup de plaisir et je...
Mais pour être vraiment épanoui, à mon sens, c'est la quantité. Alors la qualité, bien sûr, c'est important. Encore une fois, je charge des choses que j'aime, qui me ressemblent, que j'aime faire.
T'es plutôt épanoui parce que tu fais des pratiques et toi, j'entends que c'est la sensualité et les différentes pratiques que tu viens de nommer. Et c'est ça qui est important pour toi. Et les 50, c'est moins dans... Quand tu as un rapport sexuel, en gros, si là, ce matin, t'avais un rapport sexuel et que je te demandais, tu me dirais, je suis très épanoui. Ton enjeu, c'est sur la quantité, non ?
oui mais attention je veux pas non plus dire par là que je veux faire un plan tous les jours et que c'est quoi la bonne quantité pour toi
Plusieurs fois par semaine, malgré tout. Je ne sais pas, deux fois, trois fois. Ça, depuis toujours. Aujourd'hui, tu as quel âge ? J'ai 37 ans. Et ça, tu as toujours ressenti cette forte libido depuis toujours ou c'est récent ? Oui, oui, oui. Et je crois que je t'en ai parlé dans notre pré-entretien. C'est que moi, j'ai toujours été en couple depuis que j'ai quitté le domicile familial à mes 18 ans.
J'ai toujours été en couple et du coup, exclusif avec un seul garçon. Mon mari actuel est le second seulement que j'ai eu. Et je n'ai pas vécu cette phase que beaucoup d'homos, de jeunes homos vivent, en tout cas de ceux que j'ai autour de moi, où tu as une période de célibat assez longue et tu profites, tu fais des rencontres, tu fais des expériences. Et moi, je n'ai pas vécu ça.
en tout cas en tant que célibataire. Et du coup, j'ai toujours eu cette soif et cet appétit. Et puis après, plus généralement, je considère qu'on est tous différents et on a tous des besoins, une libido plus ou moins importante. Et moi, je me dis, moi, j'en ai peut-être un peu plus besoin que d'autres. Donc toi, si je comprends bien, tu as l'impression que si tu avais vécu des moments de célibat, tu n'aurais pas...
Tu n'aurais pas les mêmes besoins aujourd'hui ? Peut-être. Tu crois ? J'en ai pas la certitude parce que si j'aime ça, j'aime ça. Il n'y a pas de raison que j'aime moins ça aujourd'hui. Mais j'en aurais plus profité, j'aurais fait plus de rencontres et peut-être je serais plus rapidement arrivé à s'assiéter encore que...
Aujourd'hui, je sens que même si je pouvais en faire plus, je ne serais pas forcément à satiété pour autant. Du coup, ton épanouissement, il passe par plusieurs rapports par semaine. Mais par exemple, si ton mari avait cette envie-là, tu n'aurais pas besoin ou le désir d'avoir des rapports sexuels avec d'autres personnes ? Ou quand même cette diversité des corps et des âmes ? Ou des hommes ?
C'est ça, oui. Et t'importe. Oui. Parce que j'aime les beaux et les gros sexes, donc j'ai plaisir à faire des plans avec différents garçons et avec des beaux corps. Je suis encore aujourd'hui dans cet idéal physique où je voudrais que des plans avec des mecs bien foutus, bien montés.
Bon bah c'est pas toujours la réalité mais... Qu'est-ce qui est beau pour toi que je comprenne ? C'est quoi bien foutu ? C'est quelqu'un, tu peux me le décrire ? Bah qui est un peu dessiné quoi, quelques muscles pas trop poilus...
Voilà, alors pas le mec des magazines non plus, ceux-là, ils sont que dans les magazines, mais pas trop de forme, même s'il m'est arrivé d'avoir des plans avec des mecs avec quelques rondeurs, c'est pas rédhibitoire pour autant, parce que... En tout cas, ça t'excite, ce type de corps t'excite, c'est-à-dire que quand la personne est nue devant toi, t'es plus excité, t'es plus attiré par ça, et c'est quoi un gros sexe pour toi ? Parce qu'à chaque fois, je trouve ça trop intéressant, les gens...
Les gens me donnent des centimètres différents. C'est quoi ton gros à toi ? Moi, je dirais au moins aussi grand que le mien. Tu veux qu'on soit spécifique ou tu veux rester secret ? Non, moi, je dis pas moins de 19.
Ok. Voilà. À partir de 19 cm de longueur, même s'il n'y a pas que ça qui est important, là encore, il a pu arriver qu'on ait des plans avec des tailles plus petites, mais une largeur sympa. Et j'aime aussi que le... Enfin, un beau sexe, pour moi, c'est un joli gland bien dessiné, pas trop poilu, des jolies couilles en dessous bien proportionnées. Enfin, voilà. Moi, je...
Mon mari, je suis souvent sur des sites ou des applis, il me dit, mais tu en as vu un, tu les as tous vus. Moi, je ne suis pas d'accord. Moi, je trouve que chaque pénis est différent d'un autre. C'est intéressant. Du coup, moi, j'attache énormément d'importance à l'énergie de la personne. Je suis tout à fait attiré par des critères physiques qui ne sont pas les mêmes que les tiens. Mais je crois que je me rends compte que
j'adore la diversité. Je sais que c'est très tendance de dire ça, comme si j'étais quelqu'un d'ouvert d'esprit, mais honnêtement, dans mon désir sexuel, je vois qu'en fait, c'est pas tellement la forme du corps, mais plus comment il est habité, sans jeu de mots. Est-ce que toi, il y a un peu de ça ? C'est-à-dire qu'en fait, quand tu rencontres quelqu'un, s'il a ce corps et cette bite que tu indiquais...
Vous ne vous parlez pas, toi tu as une joie sexuelle, genre tu passes un bon moment. Ouais. Même avec quelqu'un qui ne te regarde pas dans les yeux, ou qui a l'air triste, ou qui a l'air enfermé. Ah ouais, je vois ce que tu veux dire. Et du coup, non, il faut quand même qu'il y ait un petit quelque chose. On a eu un plan une fois avec un garçon qui... Je pense qu'on ne le reverra pas parce qu'il était super beau, bien foutu, mais...
Dans son attitude, il y avait quelque chose qui clochait, qui était bizarre. Il ne nous regardait pas trop. Il ne se sentait pas à l'aise. Nous, on en a conclu que peut-être il était en couple et il faisait ça dans le dos de son mec et il n'était pas à l'aise. Et du coup, ça a gâché un peu le plaisir qu'on a eu. Oui, pour le coup, parce qu'on ne le sentait pas dedans. Enfin, on ne le sentait tellement pas à l'aise qu'il ne profitait pas. Il n'avait pas l'air détendu.
Alors que nous, quand on fait un plan, que ce soit à trois ou à deux, on passe un bon moment, on est détendu. Toi, du coup, ça ne te gêne pas ces critères assez spécifiques ? C'est-à-dire, toi, quand tu cherches à faire des rencontres, ça ne te gêne pas, ça ne te limite pas d'avoir ces différents critères qui t'excitent ? Si, forcément, parce que...
Les plus beaux et les mieux foutus ne font des plans qu'avec leurs homologues et je ne me considère pas forcément dans cette catégorie-là. Et puis sur les profils que je peux avoir, c'est un profil de couple. Donc là aussi, les mecs qui veulent faire des trucs à trois, ils ne sont pas forcément monnaie courante. Et tu as déjà essayé et expérimenté justement d'aller au-delà ?
de tes premiers désirs que tu viens de décrire et d'être surpris par une rencontre ou un rapport sexuel avec quelqu'un qui ne correspond pas à ces critères pointus ? Non, pas vraiment. Tu n'as jamais essayé ? Ou quand tu as essayé, tu n'as jamais été... Non, je n'ai pas vraiment essayé. Encore une fois, on est loin de rencontrer que des mannequins. Mais jusqu'à présent, on a toujours des mecs...
Dans la norme, alors je sais que la norme, c'est quoi la norme ? Il n'y a pas vraiment de norme, mais dans nos critères en tout cas. Mais je ne me l'interdis pas pour autant. Je me veux assez ouvert. Mais ce qu'il y a, c'est que ces plans qui soient à trois ou les récréations dont je peux profiter sont tellement rares que je me dis « tant qu'à faire ».
Je veux un mec le plus beau. Enfin, le plus beau, non. Ça fait tellement prétentieux de dire ça, mais je veux un mec qui soit bien foutu et bien monté. Peut-être que s'il y avait une quantité plus importante, je serais moins regardant. Je ne sais pas. Oui, je comprends. Justement, on va parler de cette quantité limitée. C'est quoi le deal avec ton mari ?
Il reste encore un peu de non-dit. De rarefois, quand lui est en déplacement pour le boulot, je lui demande si je suis à la maison, est-ce que je pourrais inviter quelqu'un à la maison ou est-ce que je pourrais voir un tel ou un tel ?
Et il te demande quoi pour répondre, oui ou non ? Il te demande des photos, il te demande des informations ? Non, jusqu'à présent, le plus souvent, j'ai rencontré des mecs qu'on avait déjà vus ensemble. Donc ça la rassure dans le sens où il les connaît déjà, il voit qui c'est, comment ils sont, voilà, il les connaît un peu. Enfin, connaître, c'est un bien grand mot, mais...
Donc je pense que ça la rassure un peu. Et c'est tout. Il me demande d'être prudent par rapport au MST-IST, toujours bien sûr se protéger, ce avec quoi je suis tout à fait raccord. Je ne voudrais surtout pas ramener une saloperie à la maison. Après, il ne me demande pas de plus de détails et puis je n'en donne pas non plus. Il te dit non parfois ?
Oui, ça arrive, oui. Parce que soit il y en a eu un récemment avant, à trois ou juste à deux, et il me dit non. Pourquoi tu acceptes ?
Cette soumission. Pourquoi tu acceptes le couple ? Ma question est très orientée. En fait, elle est assez conceptuelle, elle est philosophique. Pourquoi... Donc, il y a en toi quelqu'un qui a envie d'avoir plein de rapports sexuels. Plein. Plus. Plus, voilà. À ta guise, tu vois. Et tu décides...
au nom de je ne sais quoi, que tu souhaites rester en couple et tu donnes le pouvoir à ton mari. Pourquoi ?
L'amour. Parce que je suis bien avec lui. C'est quoi l'amour pour toi du coup ? Je vais te challenger. Pour moi, si je tombe amoureux et que j'aime, je veux donner des ailes à l'autre. Donc en fait, je veux aller à la rencontre de son désir, même s'il n'est pas le mien, autant que faire se peut, lui permettre de le vivre en sécurité, en consentement, etc.,
J'entends pas ça. Et si ton mari nous écoute, c'est... En fait, moi, j'ai pas de jugement. J'ai envie de savoir, toi, c'est quoi ta version de l'amour ? Pour toi, tu te sens aimé lorsqu'il te dit non. T'as couché hier, donc aujourd'hui, c'est suffisant, tu ne couches pas. Ah, c'est difficile. Je pense quoi qu'il arrive, il m'aime. Et soit c'est parce qu'il veut me protéger ou il y a sans doute une petite part de jalousie aussi.
Il a peur que je puisse y prendre goût, être trop souvent dans les bras d'un autre, avoir moins de désir pour lui, ce qui ne sera pas le cas parce que toujours avec lui, c'est toujours chouette.
Et non, pour moi, l'amour, on est ensemble depuis 12 ans maintenant et je suis bien avec lui. Il n'y a que lui. C'est avec lui que j'aime faire les choses du quotidien, que j'aime partager, être dans ses bras. Donc, c'est un compromis. Tu fais un compromis, c'est ça ?
C'est un problème pour toi d'avoir moins de désirs sexuels pour ton mari ? Imaginons que la supposition que tu viens de faire est réelle, c'est-à-dire qu'au bout de dix ans, ton désir sexuel pour ton mari baisse, mais il y a toutes ces autres choses de la vie quotidienne et de l'amour que vous vivez, est-ce que c'est un problème pour toi ?
Ce serait un problème si pour le coup il ne m'autorise pas à aller chercher ailleurs. Ma question c'était, lui il a peur que ton désir diminue. Ce serait un problème pour toi d'être en couple et d'être amoureux avec quelqu'un pour lequel ton désir parfois diminue ? A priori non, avec lui non. On partage tellement d'autres choses à côté.
que non du coup dans ce deal dans ton couple toi ça te va et pour moi il n'y a pas de réponse absolue j'imagine que c'est jamais oui c'est jamais non mais où est-ce que t'en es par rapport à votre deal actuel tu disais tout à l'heure il y a pas mal de non dit ça te va ce non dit à la situation actuelle non non non j'en suis un peu frustré malgré tout
J'aimerais que les choses soient claires, qu'ils me disent, plutôt dans mon sens, qu'ils me disent « ok, vas-y, tu peux faire plus comme tu veux ».
En tout cas, j'aimerais que les choses soient plus... ou alors qu'il y ait une règle, en fait, parce qu'il n'y a pas de règle vraiment établie aujourd'hui. Je préférais que, voilà, même si c'est une règle, même si elle n'est pas autant de ce que je pourrais attendre, je ne sais pas, s'il me dit une fois par mois, OK, ou deux fois par mois, tu peux aller voir un autre type, enfin...
Au moins, je saurais un peu ce à quoi j'ai droit. Là, je suis toujours en attente et en demande à chaque fois qu'une opportunité se présente. Qu'est-ce qui t'inquiète à l'idée de prendre ta moustache à deux mains ? Parce que tu ne t'es pas décrit physiquement, mais tu as une moustache très intéressante, j'ai le droit de le dire. Comment elle s'appelle ?
Donc tu as une barbe et une moustache un peu à la Arsène Lupin ? Oui, certains me disent Dali, mais je ne suis pas d'accord parce que Dali, c'était très droit. Il ne la recourbait pas comme ça. Moi, elle est recourbée vers les ailes du nez. Pourquoi tu ne prends pas ton courage et ta moustache à deux mains ?
ou à deux doigts et justement d'aller provoquer cette conversation et de créer les règles qui te manquent avec lui j'ai peur de le blesser pourquoi t'attends que ce soit lui qui le fasse peur de le blesser, peur de le perdre
« Oui, dans l'absolu, même si je nous sais très amoureux l'un et l'autre, mais je ne voudrais pas le blesser et j'aurais peur qu'il ferme la porte et qu'il me dise « Non, puisque c'est comme ça, c'est fini, plus jamais, tu feras un plan sans moi. » Et là, pour le coup, j'y perdrais. »
Donc aujourd'hui, je me contente de ce qu'il m'autorise, de ce qu'il m'offre. Et pour moi, c'est presque aussi un cadeau en fait. Lorsqu'il m'autorise exceptionnellement à aller voir un autre garçon, je prends ça comme un cadeau. Et tu vois, contrairement à ce que tu sous-entendais tout à l'heure, presque une preuve d'amour parce que...
Mais il sait très bien que j'ai plus de besoins que lui. Là-dessus, il en est conscient. On demande suffisamment. Donc il sait que j'aime ça et que dans tout cas, j'aurai du plaisir et que je vais passer un moment et que ça me fait vraiment plaisir. Donc quand il m'autorise ça, pour moi, oui, c'est presque comme un cadeau.
Est-ce qu'il y a en toi, peut-être enfoui dans un recoin de ton âme, est-ce qu'il y a en toi la croyance qu'avoir une sexualité riche comme celle que tu espères, c'est sale ? Non.
Sale dans quel sens ? Mal, sale. Est-ce que tu as un jugement normatif quand tu as une forte libido ou tu as libido ? Non, non, non. Moi, je détache vraiment, clairement, les sentiments, l'amour du sexe, de la pratique sexuelle. Et moi, je pense que mon mari, encore lui, n'a pas cette facilité-là.
Mais moi, lui, je l'aime. C'est le seul et l'unique. J'aime avoir du sexe avec lui. Mais je peux tout à fait avoir du sexe avec un autre et dénué de tout sentiment. Ça n'empêche pas de passer un bon moment. Ça n'empêche pas la sensualité, le corps à corps. Mais c'est tout. C'est, encore une fois, une récréation. Et t'aimerais qu'il l'entende, ça ? Oui.
C'est ça ta démarche de podcast ? Je trouve ça intéressant parce que je trouve ça intéressant et puis je ne suis pas gêné, mais du coup, ton mari est la troisième personne invisible qui ne peut pas parler. Ce que je trouve assez injuste parce que du coup, on a ta version, on a mes billets, donc on est en train de creuser quelque chose. Je voulais presque suggérer, j'y ai pensé hier. Ah tiens, Guillaume, il ne fait pas de podcast avec des couples ?
Et ça m'a traversé l'esprit de dire, pourquoi est-ce qu'il n'interviewerait pas parfois des couples ? Parce que la sexualité, c'est aussi à travers le couple. Il l'accepterait, tu crois ? Je ne sais pas. Là, il m'a déjà piqué de curiosité de savoir que je venais témoigner pour ton podcast.
Il m'a demandé de quoi ça parle, de quoi... Non, il ne l'a pas formulé comme ça, mais en sous-entendu, qu'est-ce que tu vas bien pouvoir lui raconter ? Qu'est-ce qu'il va te demander ? En tout cas, je trouve que c'est particulier parce que presque j'ai l'impression que tu as peut-être un besoin de parler avec lui, de dire des choses avec lui, qu'aujourd'hui, du coup, tu te dis au micro et tu sais qu'il les entendra. Mais tu avais peut-être envie de faire une sorte de détonateur de conversation ?
Oui, lui pour nous, mais aussi encore une fois, on avait échangé en pré-entretien, d'autres personnes qui pourraient écouter, qui seraient dans son cas ou dans le mien, alors peut-être leur donner le courage d'ouvrir la parole avec leur conjoint, et aussi faire prendre conscience, en tout cas moi c'est comme ça que je vois la sexualité, que...
Les sentiments et la sexualité sont deux choses différentes et on peut avoir l'un sans l'autre. C'est intéressant parce que j'ai l'impression, et il n'est pas là pour témoigner, mais j'ai l'impression que ce que j'entends des gens qui ont peur, et moi j'en fais partie, et ce que j'entends peut-être de ce que tu dis de ton mari...
C'est pas trop ça le sujet. Personne ne dit quand t'as des rapports sexuels avec un autre, alors tu m'aimes moins. Mais c'est plus la question peut-être soit de la jalousie, soit de la peur de te perdre. En fait, lorsque tu as des rapports sexuels avec d'autres que moi, notre lien et notre intime se réduit. C'est ça la peur. Tu penses pas ? Que lui peut ressentir ? Ouais, qu'on peut ressentir dans un couple ouvert...
je me rends compte que je t'aime mais je ne peux pas te satisfaire et c'est un peu la peur du coup et donc je dois lâcher prise et accepter que d'autres vont satisfaire quelque chose que moi je ne peux pas satisfaire donc ma place dans le couple est mise en en défi tu vois et et tout l'énergie sexuelle que tu investis ailleurs peut-être que tu ne l'investis plus en moi
Alors oui, peut-être qu'il peut avoir ce point de vue, cette crainte. Et c'est vrai pour toi ou pas ? Non, parce que j'aurais toujours envie de lui et d'avoir du sexe avec lui.
Et moi, je dirais à nous, ceux qui ont peur. En tout cas, moi, je me pose pas mal de questions sur le couple ouvert, le couple fermé, etc. Pour moi, mon intime à moi. Et en fait, si on était en couple, j'aimerais pas ta réponse. Parce que pour moi, j'entends une fausse promesse. Non, c'est faux. On s'aime aujourd'hui. On a du dire sexuel l'un pour l'autre aujourd'hui et l'envie d'ouvrir le couple. Mais en fait, on n'en sait rien si demain...
Ce toujours que tu me proposes et puis qui est lié à l'amour, quoi. Je t'aimerai toujours ou j'aurai toujours du désir pour toi, même si je vais voir ailleurs. En fait, on ne peut pas le promettre à l'autre. Pourquoi ? Dans un couple ouvert ou dans un couple fermé, à tout moment, une autre rencontre, les choses peuvent changer. L'amour et le désir sexuel peuvent se modifier, qu'on soit en couple ouvert ou pas.
bah oui mais moi j'en ai pas envie d'ouvrir mes sentiments à un autre mais ça peut te tomber dessus les choses peuvent changer et c'est vrai que si tu es en couple ouvert et que tu as d'autres rencontres j'ai l'impression alors que plus d'occasions te seront offertes pour changer de chemin pour tomber amoureux de quelqu'un d'autre pour découvrir quelque chose sexuellement qui fait que tu rebondis ailleurs parce que la vie humaine n'est pas linéaire tout peut se passer
Alors que si t'es à la maison en train de regarder une série Netflix ou que sais-je, j'ai l'impression d'avoir plus de contrôle, plus de paix, plus de... Mais c'est ce qui est tout aussi faux parce qu'au final, tu peux imploser en étant enfermé dans notre couple fermé et au contraire avoir besoin de t'échapper encore plus.
Du coup, soudainement, je deviens la voix de ton mari qui, possiblement, peut-être ne dirait pas du tout ça. Mais en vrai, il est dans le coin ? Tu veux qu'on lui envoie un texto ? Non, non, il est toujours chez notre ami Harvey Malmaison. Ok.
Toi t'en penses quoi du coup ? Comment tu comprends ta démarche de venir parler au micro ? Donc tu disais faire entendre la déconnexion entre sentiment et sexualité. De ce que je viens de dire, cette question de la création à deux, de créer quelque chose à deux, de cette peur en fait, soit d'être jaloux ou en tout cas de la peur que tu t'échappes, ça te parle ou pas ? Oui.
Parce que j'imagine que c'est ce que mon mari comme d'autres en couple peuvent penser et ressentir. Mais il te l'a déjà dit ça ? Non.
Non. Et là, je ne sais pas quoi ajouter, en fait. Au final, je pense qu'heureusement que je n'ai pas fait un interview à deux, parce que je pense que ça serait devenu un peu... Tu peux décaler le micro un peu, t'inquiète. Vas-y, vas-y. Pousse-le encore. C'est bon ?
Ça aurait fait un peu thérapie de couple et surtout si vous n'en avez pas parlé avant. Il y a autre chose avec laquelle je veux te gratouiller, c'est intéressant que tu aies choisi toi quelqu'un qui n'a pas besoin d'aller voir ailleurs. Toi tu te sens assez sécure, tu te sens assez en sécurité dans ton couple, tu dirais ?
Oui. Est-ce que si jamais ton amoureux, ton mari avait eu des besoins plus forts, plus élevés qu'aujourd'hui et d'aller voir ailleurs, est-ce que tu aurais pu ressentir ce qu'on a dit et ce qu'il peut-être ressent ? Ah non, je crois pas. T'aurais pas peur ? Non, j'aurais pas peur, ouais, parce que...
Notre amour, c'est fort. Le couple, l'amour, c'est bien plus que les relations sexuelles. Et on partage encore une fois tellement d'autres choses. Non, je n'aurais pas cette crainte-là. Et je serais heureux et content pour lui de...
de savoir que il prend du bon temps, il a du plaisir parfois avec d'autres garçons. Et ça m'est arrivé, ça m'arrive de lui dire. Toi aussi, de ton côté, vas-y, si t'as envie, vois d'autres garçons. C'est ma dernière gratouille. C'est un entretien assez particulier parce que je vois que ma posture est très différente et je teste autre chose. On va changer de sujet après. Je trouve ça intéressant parce qu'il y a une contradiction dans ce que tu exprimes. Tu dis beaucoup...
tu dis beaucoup l'amour est fort l'amour est plus fort et d'un autre côté tu t'empêches de mettre les sujets importants pour toi de ton couple sur la table de peur de le perdre et de lui faire du mal et il y a cette dichotomie tu vois qui te non tu trouves pas non je trouve pas parce que c'est justement l'amour qui m'empêche de d'ouvrir ce dialogue là parce que je veux pas le blesser je veux pas lui faire de mal je veux pas le perdre au prix de ton intégrité ouais
Oui, oui. C'est sur ça passionnant. Moi, je ne veux pas de cet amour. Ah non, non, non. Et moi-même, je travaille cette question-là. C'est pour ça que je te partage mon opinion avec... Mais j'adore de voir toutes ces formes de couple et comment chacun se positionne et tout. Et moi, c'est puissant pour moi parce que je pense que mon dernier couple, j'ai voulu faire trois pas vers lui. Et du coup, là, maintenant, non. Mon intégrité d'abord...
Parce que c'est comme ça que ma fleur sera la plus belle et que du coup, l'autre pourra kiffer les pétales, les pistils et compagnie. C'est ma vision, ce n'est pas la tienne. Non, parce qu'encore une fois, on va penser que je tourne autour du sujet, mais l'amour, moi, je l'aime suffisamment fort et on partage tellement que...
Je suis prêt à m'effacer, à renoncer. C'est de plus en plus dur. Les années passant, le temps faisant, j'ai de plus en plus de mal. Et je me dis peut-être qu'un beau jour, j'aurai bientôt 40 ans, peut-être que je vais exploser, je vais faire ma crise et je vais partir faire des plans à tout va. Il y a une infime part de toi, au fond, qui en a envie ? Oui, clairement, parce que j'ai ce besoin de plus.
mais aujourd'hui je dirais que je le ferais pas parce que lui ouais tout à l'heure tu disais que c'était important pour toi en fait j'ai envie de réagir sur une dernière chose que tu viens de dire votre amour c'est mon opinion votre amour, son amour
Mérite ta parole et ton intégrité. Parce que j'ai l'impression que quoi qu'il arrive, un changement va s'opérer. Soit il s'opère dans le silence, le déni, avec ce potentiel d'explosion. Et là, en fait, ça casse tout parce que je crois que l'autre ne peut pas comprendre pourquoi soudainement il y a cette rupture sans mot.
Et qu'en fait, le moment où tu mets des mots, le moment où le compromis et les règles du jeu sont claires et que toi, tu dis OK, on en a bien parlé, voilà sur quoi on s'arrête. Et voilà comment moi, je me positionne. Moi, Mathieu, est-ce que je suis OK avec ça ou pas ? Est-ce que je veux continuer à faire couple ?
Et du coup, moi, mais c'est ma personnalité, j'ai toujours trouvé que le non-dit honorait pas notre amour, tu vois. Et il est pas là pour témoigner, mais je suis sûr que ton mari est capable d'entendre et de faire face à plein de choses, même si ça vient secouer certains fondamentaux.
Oui, oui, certainement. Ne serait-ce que les plans à trois. On a mis du temps avant d'y venir. C'était là encore sous mon impulsion, sous ma demande. Au bout de quelques années, il a consenti à faire des plans à trois. Bon, finalement, il aime ça aussi et il prend du plaisir. Comment t'as fait pour l'aider à venir vers le plan à trois ?
En le rassurant, encore une fois, sur le fait qu'on allait se protéger, qu'on allait faire attention, qu'on n'allait pas rencontrer n'importe qui, n'importe où et faire n'importe quoi.
et le rassurer encore en lui disant que c'était que du sexe, et que ça ne changeait rien à notre relation et à notre couple. J'entends beaucoup la peur du DMST. Oui. Elle est très présente ? Chez lui, bien plus que chez moi, même si, évidemment, je ne voudrais pas de tout ça. Mais il est dans la biologie, donc il est un peu...
bien plus sensibilisé à ça que moi. Mais j'adhère. Évidemment, c'est le préservatif. C'est pas de sperme n'importe où. Et voilà. Là, on était à se questionner sur la PrEP. Ça nous semble assez lourd, finalement, comme protocole. Et on fait pas assez de plans aujourd'hui pour... J'allais dire s'infliger ça, mais le mot est un peu fort. Mais je trouve qu'il y a quand même...
En général, avec les gens avec qui je parle et moi-même dans ma psyché, tes mots sont très durs autour de la question des MST. Moi, je suis un hyper épocondriaque et je viens de commencer la PrEP depuis un mois.
Et tu vois, quand tu parlais d'attraper une saloperie, en fait, moi, j'ai énormément d'empathie parce que j'ai 36 ans, j'ai angoissé tellement. Et pour moi, c'est de l'homophobie internalisée. Moi, ce que j'observe dans mon rapport à l'OMST, il y a vraiment un lien profond entre ma difficulté à accepter mon homosexualité, c'est-à-dire ma sexualité homosexuelle, et
et un peu une incohérence où je suis là avec Guillaume si tu veux plus de rapports sexuels ça fait partie du jeu ?
il y a cette réalité là et du coup comment en tant qu'adulte tu fais attention en te protégeant intelligemment et en fait le protocole de la PrEP qui peut être pris en continu chaque jour et si tu dis que vous vos plans sont plus rares elle peut être prise sur demande tu vois quelques heures avant le rapport sexuel et ce qui fait que tu rentres dans un protocole moi ce que j'apprécie beaucoup c'est que du coup tes tests sont très réguliers
Un peu plus poussé parce que, contrairement à d'habitude, moi, depuis que je suis sur la PrEP, tous les trois mois, je viens me gratter le fond des amygdales dans l'anus, etc. Donc, on vient chercher, je crois, c'est la chlamydia ou quelque chose d'autre, une MST. Et j'ai un rapport avec un ou une professionnelle. Donc, moi, c'est une médecin LGBT friendly géniale, sans aucune... Enfin, je me sens très à l'aise et elle a de la disponibilité et on a un protocole. En gros, je disais...
Si j'ai mal ou si j'ai un symptôme, qu'est-ce que je fais ? Parce qu'à Paris, tu peux avoir trois semaines avant d'avoir un rendez-vous avec un médecin. Ça m'a vachement sécurisé, ça m'a vachement inspiré. Et je vois que j'ai un travail à faire sur mon rapport au MST. Parce que je fais du vélo, parfois sans casque. Donc en fait, si je devais vraiment me connecter à tous les risques que je prends dans plein d'activités, il y en a partout.
Et d'ailleurs, j'ai un rapport à ce risque-là qui est assez différent. Parce que si vraiment je suis un paniqué de la vie, je porte un casque, un gilet, des lumières et tout. Or, ce n'est pas du tout le cas. Je trouve ça assez particulier. Toi, sur cette question des MST qui revient souvent, tu sens ce que je dis ou ça te parle ou pas trop ?
Oui, bien sûr, ça me parle. Mais sur le sujet de la PrEP, de toute façon, on en a parlé. On s'est dit que quand bien même on irait vers la PrEP, on n'enlèverait pas le préservatif pour autant. Pourquoi ? Toutes les autres MST, à part le VIH, dont la PrEP ne nous protège pas. Tout à fait, mais le préservatif non plus ?
Félation, c'est jackpot. Donc on ne fait pas non plus de félation ou avec préservatif ? Non, on fait sans préservatif. Je trouve ça vachement intéressant. Moi, je me vois dans ton témoignage. Ces incohérences où du coup, et après chacun chemine à sa guise. Mais c'est aussi pour ça que j'ai l'intuition et j'entends des sous-entendus d'une sexualité qui est sale puisqu'il faut se protéger.
Ah non, je le vois pas comme ça. Ouais, mais j'entends. Du coup, est-ce que tu te souviens de moments clés pour justement parvenir à dire à ton mari que t'as envie de plan ou de plus sexualité et comment ça s'est passé pour vous ? J'imagine, je sais pas, des gens qui nous écoutent et qui réfléchissent à essayer d'introduire ça dans leur couple. Toi, t'as fait comment ?
Je ne voudrais pas décevoir ceux qui vont nous écouter, mais c'était il y a quelques années, je m'en souviens vaguement. Je pense que je lui demandais tout simplement, tiens, j'aimerais essayer ça. Il a dit quoi au début ? Non, parce que ce n'était pas son truc. Je pense qu'il...
il est peut-être un peu moins en demande de sexe que moi donc la première fois il l'a fait pour moi c'est certain comme toi tu te retiens pour lui lui est venu vers toi et puis les fois suivantes et ça nous arrive encore aujourd'hui c'est aussi parce qu'il y a pris goût et c'est sympa de faire des plans à trois il te l'a dit ça ? il t'a dit je suis passé de je fais un effort pour nous à je me fais un plaisir à moi
Non, il ne me l'a pas dit. Donc peut-être qu'il continue à se forcer ? Honnêtement, je ne crois pas. Non, non, parce qu'on passe des bons moments. Il faudrait que tu lui demandes quand même. Oui.
On va avoir une conversation quand je vais rentrer. Mais c'est pour ça que tu fais ce podcast, non ? C'est trop gros, en fait, de venir parler d'un sujet aussi intime, dont l'acteur principal, avec lequel... Je me perds dans ma phrase. Alors que tu n'as pas parlé à l'acteur principal, qui tient les clés de cet intime que tu partages au podcast. Oui, peut-être, oui.
Et puis là tu croises les bras, ton corps se replie, je sens que ton body language me dit vas-y ta gueule. C'est marrant parce que...
Mais ton témoignage est très chouette. J'ai des amis aussi hétéros, pas plus tard qu'hier, on parlait ensemble, et lui est très en demande de sexe, sa copine lui en donne pas assez, il est hyper frustré de ça, et je pense que homo-hétéro, le débat est le même, et je pense que d'autres peuvent se retrouver là-dedans. Ton propos est important, c'était pas mon sujet, mais je...
Je trouve qu'il est compliqué de parler de sexualité en couple, justement parce que c'est lié à cette ultra intime avec cette personne qu'on connaît si bien et au final qu'on connaît si mal. Et moi, en tout cas, j'ai toujours eu du mal à parler de sexualité et de...
de désir en couple donc je te comprends tout à fait et ton propos est important mais je pense que la clé c'est communiquer c'est de trouver ça et je trouve ça intéressant que tu te souviennes pas comment t'as réussi quand même à faire bouger votre couple en cette direction bah ouais encore une fois c'était en le rassurant on en a parlé du coup au moment avant de faire notre premier plan à trois et on était hyper fébrile quand on s'est rendu chez le mec la première fois ça s'est passé comment ?
Bien, bon, avec le recul, ce n'était pas le plan du siècle, mais... C'est toi qui l'as trouvé, du coup, ce tout premier plan ? Non, c'est lui. C'est lui, ah ouais. Pourquoi ?
Je pense que c'est encore le cas aujourd'hui, souvent. Pas toujours, mais c'est souvent lui qui trouve les troisièmes. Et je pense que ça le rassure aussi, parce qu'il prend le temps de discuter, d'échanger. Alors, on n'est pas du tout plan direct, au bout de deux phrases, rendez-vous à telle adresse. Nous, on prend le temps d'échanger, de partager quelques photos. Il ne nous reste que de savoir qu'est-ce que tu aimes faire, qu'est-ce que tu aimes qu'on te fasse. Est-ce que tu te protèges ? Est-ce que tu fais bien un lavement ? Parce que ce n'est pas évident pour tout le monde.
Donc, je pense que ça le rassure. Et moi aussi. Et lui, il a les mêmes critères physiques que toi. Donc, dessiné, pas trop poilu, gros sexe. Oui, je pense. Oui, parce qu'on aime les mêmes genres de garçons. Donc, on se retourne sur les mêmes garçons dans la rue. Donc, là-dessus, on a les mêmes goûts. Tu penses ? Tu ne sais pas ?
Je pense qu'il est un peu plus souple que moi. Vous en avez déjà parlé ? Oui, oui, oui. Non, mais lui, il aime par exemple les garçons aux cheveux longs. Oui, j'aime bien aussi, mais ce n'est pas mon premier critère. Du coup, vous allez chez ce monsieur, chez ce troisième. Ça se passe comment quand vous arrivez ? Tu disais, on se sentait fébrile. Tu peux me décrire ce qui s'est passé les premières minutes ?
Il a dû nous proposer un verre, c'était il y a plusieurs années. Non, il a dû nous proposer un verre, et puis lui, je me souviens qu'il était en couple, et il faisait ça aussi un peu en cachette, du coup, de sa moitié. Au nom de l'amour, toujours ? Petite pique, tu peux continuer. Je sais pas. Et non, très vite, on a dû passer dans la chambre et faire notre affaire, quoi.
Affaire qui, du coup, n'était pas ouf. Ouais, non, c'était pas ouf. Il était beau garçon, mais on voyait que lui aussi n'était pas à l'aise, puisqu'il faisait ça dans le dos de son conjoint de l'époque. On voyait qu'il n'était pas 100% à l'aise et détendu. Nous, c'était notre premier plan à trois, donc on n'était pas 100% à l'aise et détendu. Aujourd'hui, quand on fait ça, c'est beaucoup plus sympa. C'est quoi la différence ? Qu'est-ce qui manquait à cette première fois ?
Simplement, le fait d'être à l'aise fait que les gestes sont plus doux. Oui, c'est ça. Puis savoir qu'est-ce qu'on vient faire, qu'est-ce qu'on cherche. Et c'est juste passer un bon moment. Vous n'aviez pas défini ça avant, ensemble, ces cinq chambres ? Avant le premier ? Oui. Ah, pourtant si. On s'en était dit, qu'est-ce qu'on va faire, qu'est-ce qu'on ne va pas faire ?
mais ça s'est vérifié en tout cas et puis au fur et à mesure des différents plans qu'on a pu faire de la même façon tu disais qu'un de vos critères importants c'est le lavement et que c'est pas simple pour tout le monde j'y pensais là à tout à l'heure on a eu une mauvaise expérience
En fait, tu n'es pas le premier, sur les témoignages que je collecte, à parler de la complexité d'être passif, sous-entendu de faire le bon lavement, etc. Je ne comprends pas. Qu'est-ce qui est compliqué ? Moi, je crois que ça me prend dix minutes. Oui, je pense que quand on le fait régulièrement et qu'on ne se pose plus la question et que ça va vite. Non, ce n'est pas une question de régularité. Non ?
Moi, je le fais rarement. Je parle de moi cette fois-ci. Je le fais rarement et du coup, je ne suis pas très dégourdi. J'arrive, je sais le faire et je le fais bien. Tu es à l'aise quand on en parle ? Tes lavements, tu fais ça comment ? Dans la douche, je vais rentrer de l'eau dans mon anus et je le fais ressortir. Avec ton pommeau de douche ?
Attends, il faut que je te montre un truc qui est beaucoup plus simple. On a acheté une poire à lavement. Donc c'est un truc... Une canule, une poire souple en caoutchouc, on met de l'eau dedans. Non, il ne faut pas que je dise des bêtises. Je ne l'ai pas essayé. Moi, ce que je conseille qui marche super bien, et je ne me rappelle plus comment quelqu'un me l'avait conseillé, c'est un tube métallique
Donc, je dévisse mon pommeau de douche. Donc, clairement, il n'est pas accroché au mur. Je ne suis pas acrobate. Donc, c'est le pommeau de douche qui se déplace. Donc, je dévisse et je visse dessus cette longue tige en métal au bout duquel, qui est percée d'une dizaine de petits trous. Et du coup, j'ouvre mon robinet en mode douche. Et du coup, je mets à la bonne intensité pour ne pas me karchériser la fleur anale. Et voilà. Et en avant guinguant. D'accord. Alors, il faut...
pratico-pratique, nous,
On enlève la pomme de douche. Juste le petit bout de tuyau et on fait couler juste l'eau comme il faut et on le fait comme ça. Mais du coup, ça ne lave pas aussi bien ou en tout cas, c'est pas... Mais bon, ma pratique du lavement n'est pas accréditée par personne et tout. J'étais juste étonné de comprendre qu'est-ce qui est compliqué et de fait, en fait, si l'eau ne peut pas bien pénétrer et du coup, qu'il reste des résidus, de fait, c'est là où de mauvaises expériences peuvent arriver.
Bon, en tout cas... Ouais, non, mais je pense que la mauvaise expérience qu'on a eue, clairement, le mec a pas fait de lavement.
et aujourd'hui avant chaque rendez-vous on demande textuellement est-ce que tu fais bien un lavement avant un plan ? j'ai envie de je vois que j'ai les mêmes couches j'ai les mêmes exigences et moi ça m'attriste un peu c'est à dire, donc là il y a l'EMST le lavement, une forme d'aseptisation du sexe
où moi je me dis parfois bon mais en fait je vais à la rencontre de quelqu'un c'est un humain, moi je suis un humain et de fait tu vois j'ai envie que ça soit propre tu vois, enfin je vais pas chercher mais j'ai aussi envie de...
d'être aussi plus connecté à l'humain en nous, quoi. Et l'humain, parfois, il a des bruits, il a des odeurs, il y a des trucs qui se passent. Alors moi, ça me bloque de ouf. Tu vois, je suis assez... Toi, t'es d'accord avec moi ou au contraire, t'aimes ce côté très contrôlé, aseptisé ? Ouais, je préfère. J'aime parce que c'est rassurant de propreté, d'hygiène et de MST. Et pourquoi t'as besoin de te rassurer ?
je veux aller faire un plan pour avoir un bon moment de sexe et pas avoir attrapé une maladie ou aller dans quelque chose qui ne soit pas propre du coup vous n'avez jamais eu de MST ? non
Ok. Au début de notre échange, tu dis que c'était... Enfin, je me souviens que tu parlais de pas du tout être excité par domination, soumission, des choses plus extrêmes. Et j'ai noté que tu le disais d'une façon un peu... Comme si c'était important pour toi. Il y a un truc où... Qu'est-ce que c'est pour toi la domination et la soumission ?
Tu disais tout à l'heure que tu as regardé un profil et le mec a indiqué des termes, que ça te gênait de les répéter. C'est quoi le problème pour toi, dans ton cœur, quand tu penses à la domination et la soumission ? Qu'est-ce qui te gêne ? Simplement, ce n'est pas ce que j'aime. Moi, je préfère qu'on soit actif, passif, versa, peu importe, mais on se rencontre et on a un rapport d'égal à égal.
Et on partage ensemble la même chose. Moi, je me définis plutôt comme actif, mais je n'ai pas envie de donner la fessée, de donner des ordres. Moi, je veux du consentement pendant un plan. T'as envie de quoi ? Je suggère, je vais suggérer, mais jamais imposer. Ce qui te gêne, c'est cette absence, selon toi, de consentement dans un rapport domination-soumission, c'est ça ?
Et puis, j'ai l'impression que c'est la mode, mais sur tellement de profils aujourd'hui, on voit soumis... Non, moi, ce n'est pas ça qui me fait vibrer. Oui, c'est ça, tu le vois beaucoup. Pourquoi pour toi, un rapport demi-soumis est forcément sans consentement ? C'est dans ton expérience ?
Non, non, non. Comme j'ai écouté les podcasts que tu enregistrais précédemment, je sais que ce n'est pas le cas. Et j'ai appris beaucoup en écoutant tes podcasts et les témoignages. Donc je sais qu'il y a aussi du consentement dans ce jeu de Misumi.
Mais non, même avec du consentement, ce n'est pas mon délire, ce n'est pas ce dont j'ai envie. Et dans ta sexualité, tu n'as jamais éprouvé de plaisir autour d'une forme de violence consentie ou d'une forme de bestialité ? Peut-être que c'est un meilleur terme, c'est ça ? Oui, non, jamais. Moi, j'ai découvert la fessée. Ah bon ?
ah ouais et ben moi j'étais je correspondais pas mal à ce que tu disais il y a quelques temps où vraiment moi ça me faisait pas kiffer je m'en fous de j'avais pas de jugement particulier mais j'avais pas envie et en fait moi quand j'ai mal ben j'ai mal quoi j'ai pas envie ça me coupe quoi ça me déconnecte de l'autre du moment et tout j'ai envie que ça s'arrête et j'ai découvert la fessée ouais et vraiment très récemment en tant que donneur de fessée ou receveur ?
En tant que receveur, en tant que donneur, j'avais déjà découvert avant, mais en tant que receveur. Et j'ai compris que c'était trop intéressant. J'ai vraiment ressenti dans mon corps cette chaleur. Je me suis senti inondé d'un plaisir qui était plus fort que la souffrance et une douleur qui était vraiment diffuse.
comme une caresse, c'est bizarre de dire ça, et qui permettait, tu vois, la puissance du plaisir. Jamais ça m'est arrivé avant. Bon, il faudrait peut-être l'expérimenter pour le comprendre et l'apprécier, mais j'ai l'a priori de me dire non, c'est pas mon truc. On se retrouve dans cinq ans.
Tu as toujours une aussi belle moustache. Qu'est-ce que t'aimerais me raconter du chemin parcouru dans ton épanouissement sexuel ? Qu'est-ce que t'aimerais qu'il advienne ? Ça va presque paraître évident après notre entretien d'aujourd'hui, mais que notre couche soit un peu plus ouverte et que j'ai l'opportunité de faire un peu plus avec d'autres garçons.
Mais par contre, je n'ai pas envie, je ne cherche pas d'autres pratiques. Moi, ça me plaît d'être vénigre, et voilà, j'ai ce plaisir-là. Et je ne suis pas du tout attiré par d'autres pratiques.
Voilà, simplement j'aimerais qu'on ait pu avoir cet échange avec mon mari, je pense qu'on l'aura, dans 5 ans on l'aura eu, et que voilà, en tout cas, et quand bien même j'aurai pas plus, en tout cas, au moins on aura eu l'échange et ce sera un peu plus clair entre nous et...
Et puis même s'il me disait non, je resterais plus frustré, mais je continuerais d'avoir du plaisir avec lui, et elle l'aimait autant. Et puis j'ai entendu tout à l'heure une joie, la frustration, une petite pointe de joie, c'est-à-dire cette frustration, c'est aussi l'incarnation de ce geste d'amour que tu fais pour lui, de ne pas le faire, de ne pas le faire au nom de votre amour. J'ai comme senti, en tout cas dans l'énergie de tes yeux, que quand tu me disais, quand il me dit non,
quelque chose qui vient te gratter à la fois négativement tu dis ça me saoule et à la fois quelque chose qui te ça te plaît aussi ce cadre c'est pas vrai du tout ? je peux pas dire que ce soit pas vrai non mais je c'est pour lui donc si c'est non et que lui je sais pas comment exprimer ça moi je pense qu'on tombe pas amoureux par hasard
Je pense qu'on tombe amoureux de gens, et c'est pas par hasard que tu tombes amoureux d'un mec qui va t'empêcher à plein d'égards dans ta sexualité. C'est mon intime conviction. Et que j'observe aussi dans moi, mes relations amoureuses, je tombe amoureux de mecs qui me mettent dans des situations où je me dis, tiens, c'est marrant, parmi toutes les situations, pourquoi celle-là ? Puis souvent, elles se répètent. Et bon, même s'il y a une part un peu de rencontre et d'imprévu dans l'amour, quoi.
Est-ce que tu as un mot de la fin particulier que tu aimerais... Ça peut être un mot de la fin, ça peut être une question, ou ça peut être rien du tout. Ça peut être un au revoir, à dans cinq ans. Non, le mot de la fin, je dirais soyez bien dans votre corps, dans votre tête et dans votre sexualité. L'amour est important aussi. Aimez-vous. Très bonne conclusion. Merci Mathieu. À bientôt.
Super. Trop bien. Tu te sens comment ? Un peu chamboulé. C'est vrai ? Ouais, ouais, ouais. Non, mais je me rends compte. Non, non, pas...
parce que il faut qu'on se parle je prends conscience qu'il faut qu'on se parle mais j'espère que vraiment mon but premier c'était pas de parler de moi et de venir chez le psy et j'espère sincèrement que parmi ceux qui écouteront ça pourra aussi déclencher des choses chez eux et de se dire ah bah oui en effet il faut que nous aussi on parle enfin j'espère que c'était pas c'est quoi le problème de venir parler de soi c'était ça l'invitation oui oui bien sûr t'as dit ta vérité
En fait, sauf si tu m'as trouvé trop brutal. Du tout. Non, ok. Du tout. Mais quand on a fait le pré-entretien, tu m'as dit, c'est quoi ton message et qu'est-ce que tu veux faire passer dans ce podcast ? Ouais. Et je m'en cogitais là-dessus, parce que je me suis dit, je dois avoir une raison précise d'y aller. C'est peut-être une erreur de ma part. Et je veux pas que cette raison, au final, parce que c'est pas le cas, que ce soit...
Moi, moi, moi, moi, mon couple et je viens chez le psy. Moi, je crois que... Un, c'est peut-être une erreur de ma part. Moi, j'ai l'intuition que les gens qui viennent à mon micro, ils ont quelque chose à dire. Et parfois, cette question, elle ouvre des portes parce que quand les gens se rendent compte que c'est eux qui sont en pouvoir et que, bien sûr, ils peuvent venir sur mon podcast, mais qu'en fait, il y a quelque chose qui se joue pour eux, j'aime bien les aider à voir ce qui se joue pour eux. Comme ça, on va pouvoir le jouer ensemble. Ils vont pouvoir honorer ça. Oui, je comprends. Et c'est toujours moi, moi ?
En général, mon opinion, c'est qu'en tant qu'être humain, on est toujours dans le moi-moi. Mais en plus, moi, je fais des témoignages intimes. Et ce qui m'intéressait, c'était de te rencontrer toi, Mathieu. Donc, c'était toi-toi, parce que c'était mon invitation. Je me dis, ce podcast, il a pour vocation d'être écouté. Et...
Non, pourtant. Encore une fois, j'ai écouté tous tes podcasts et je n'ai jamais eu ce sentiment de se dire, c'est rébarbatif, le mec, il ne parle que de lui. Je n'ai jamais eu ce sentiment-là. C'est le concept. Et ce que tu as dit, c'est universel. Moi, je le ressens et je suis à peu près sûr que plein d'autres gens le ressentent. Ce dont on vient de parler, c'est...
C'est l'équilibre que chacun veut ou pas trouver entre aimer une personne, créer, construire quelque chose avec une personne, dans la sexualité, dans l'intimité, dans la vie, etc. Tout en naviguant ces désirs multiples qui vont bien au-delà d'une seule personne. Et c'est ça dont on a discuté pendant tout ça. C'est comment on navigue ça. Et on a parlé ensemble de compromis. Moi j'ai dit « tiens, ça je pourrais pas », toi t'as dit « ça je peux ».
T'as dit ça, peut-être, on a émis plein d'hypothèses, tu vois. Et la sexualité, c'est ça, en fait ? Bah, je pense. C'est un truc pas fermé qui évolue, qui grandit. Et pour moi, ça montre tout le défi de la monogamie. Ah oui ? Pour autant, je voudrais pas de polygamie, parce que j'en ai qu'un. Enfin, tu vois, pour moi, la polygamie, le trouble, tu vois, je pense que je pourrais pas. Je pourrais pas aimer deux personnes.
J'en aime qu'une. T'es OK ? Parce que j'aimerais bien utiliser, là, ce qu'on vient de se dire, la fin. En fait, j'ai dit, bon, ben, merci. Et après, on a continué à parler. Est-ce que t'es OK que j'utilise cette partie-là aussi ? Oui, oui, bien sûr. OK.