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C'est bon, on y va ? Let's go. C'est marrant parce que le chat, là, il a commencé à miauler le moment où j'ai allumé le micro. Oui, c'est une drama queen, le mec. Je suis sûr qu'il est possédé par un de mes ex. Ben, c'est pas ton chat. Je sais, mais l'esprit de mon ex est dedans, je pense. C'est sûr, il me regarde d'une certaine façon. Tu peux me dire où on est, là ? On est à Paris, dans le 10e arrondissement.
Et toi, tu habites à Montréal. Exactement. Est-ce que tu veux te présenter avec l'objectif de ne rien raconter de ta sexualité ? Qui es-tu ? Tu t'appelles comment ? Et qui es-tu si on ne parle pas de sexualité ? Si on ne parle pas de sexualité, je m'appelle Toufiq. Je suis un artiste multidisciplinaire qui travaille sur le genre, l'identité, l'image, les perceptions et les préconceptions.
Multidisciplinaire, est-ce que tu peux par exemple me donner deux, trois exemples ? Bien sûr, je fais de la photo, de la performance, un peu de vidéo. Et donc c'est des images dans lesquelles je me multiplie à plusieurs reprises et donc je joue différents personnages. J'avais commencé mon travail artistique en 2005, j'en avais huit et maintenant j'en ai cent.
Qu'est-ce que tu fais à Paris ? J'étais censé écrire un bouquin et c'est devenu en fait une sabbatique. Donc ça fait cinq mois que je fais la fête. Et une pause sabbatique ?
Ça fait cinq mois que je fais la fête, que je mange beaucoup et que je vis ma meilleure vie. Est-ce que tu baises ? Oui, beaucoup. Dans le pré-entretien, tu me disais ça. C'est pour ça que ma question était axée. Aujourd'hui, de 0 à 100, tu dirais que tu es sexuellement épanoui à combien ? Je considère que je suis sexuellement épanoui de 0 à 100, je serais à 95.
Donc, super épanoui. Et ce, depuis combien de temps ? Depuis toute ta vie, tu te considères homosexuel ? Alors, je me considère homosexuel depuis que j'ai 16 ans. Mais j'ai commencé mes pratiques homosexuelles à 12. Mais le terme homosexuel slash gay est quelque chose qui est apparu un peu plus tard dans ma vie, ouais.
Et t'as grandi où ? J'ai grandi entre Paris et Casablanca, avant de revenir à Paris à 16, et de quitter Paris pour aller à Montréal. Non, on va la refaire cette scène-là, désolé, c'est trop le bordel. Vas-y !
J'ai grandi entre Paris et Casablanca, et là maintenant je suis baisé à Montréal depuis bientôt 20 ans. Et du coup, si j'avais envie d'aujourd'hui connaître tes pratiques sexuelles, donc là ça fait 5 mois que tu fais la fête, que tu couches beaucoup, que tu fais beaucoup l'amour, est-ce que, par exemple, tu peux me raconter ta dernière fois sexuelle ?
Ouais. C'était quand ? Hier soir. OK. Hier soir, avec un mec, c'était super. Ça a duré quoi ? Deux heures et demie environ. On a fait l'amour, on a baisé. C'était un mélange de connexions physiques, humaines. C'était magique. C'est important pour toi la durée ? Tu disais deux heures trente ?
En fait, ce que j'aime, c'est perdre la notion de temps et d'espace quand je couchais avec un mec. Et dans ce cas-là, c'est exactement ce qui s'est passé.
Tu as des pratiques récurrentes, c'est-à-dire, donc là, tu as sous les yeux la cover du podcast, ce qui sont des émojis qu'on peut trouver sur le réseau de rencontres notamment. Tout le monde a des interprétations différentes par rapport à ces émojis, mais c'est un peu une invitation à nous raconter tes pratiques actuelles. Et en plus, si tu épanouis Max à 95, je serais curieux de savoir comment tu l'épanouis.
En fait, moi, je me suis épanoui sexuellement dans l'acceptation totale du fait d'être pénétré par l'anus. Donc, sodomie, je suis ce qu'on appelle en anglais un bottom et ce qu'on appelle de façon très grossière en français un passif.
Pourquoi t'aimes pas le terme passif ? J'ai horreur de ce terme parce que quand on dit passif, on pense à passivité. Et je pense que coucher avec quelqu'un, c'est tout sauf de la passivité. Donc, comme le terme actif aussi est très grossier parce qu'il laisse entendre qu'il n'y a que celui qui pénètre qui est en activité.
Ce qui est pour moi absolument aberrant. On peut être très actif en se faisant prendre. Et on peut être très passif en prenant quelqu'un. Donc j'aimerais beaucoup qu'on puisse passer outre ces dénominations-là. Du coup, dans ton activité sexuelle, tu as des rapports sexuels avec de multiples partenaires, c'est ça ? Ou le mec d'hier soir, c'est un amoureux, quelqu'un avec qui t'es en couple ? Non, non, non, non. C'était un partenaire régulier, c'est un amant, en fait, que j'ai... C'était quoi, la quatrième fois qu'on se voyait, là ?
Cet été, donc voilà. Moi, je suis célibataire endurci, c'est très bien comme ça. C'est-à-dire que t'es célibataire et très dur ? Je suis dur peut-être, ouais, ça dépend. Mais là, en fait, je suis surtout un célibataire endurci dans le sens où je ne considère pas avoir besoin d'être en amour avec un mec afin d'être heureux. Ok.
Et du coup, sur tous ces derniers partenaires, tu dis mon épanouissement, il est passé par l'acceptation de mon plaisir anal. Est-ce que tu vois d'autres émojis qui correspondraient à tes pratiques, qui sont importantes pour toi, qui font partie de ta sexualité épanouie ? Donc tu me dis flèche vers le bas, pénétration, donc petite pêche ?
Belle pêche. Belle pêche, c'est-à-dire que tu as des belles fesses ? Oui, je n'ai pas à me plaindre, paraît-il qu'elles sont très bien. Est-ce que tu peux nous les décrire ? C'est quoi des belles fesses pour toi ? Oh waouh, qu'est-ce que moi j'appelle des belles fesses ? Mais c'est tellement subjectif le concept de beauté, donc ça va être un peu difficile. Je sais que les miennes, en tout cas, ont tendance à plaire, même si je n'ai pas le corps le plus évident au monde. Je suis assez grand, je suis assez mince.
Et j'ai en fait une peau qui n'est pas homogène. Donc, qu'est-ce qu'il avait dit l'autre la dernière fois ? Il m'a dit « Ouais, on dirait du marbre ta peau, c'est hyper amusant, ça sera charmant. » Ça veut dire quoi ? Tu as des tâches de naissance ? Ou c'est quoi une peau pas homogène ? C'est qu'en fait, la coloration de ma peau n'est pas la même partout.
Donc, en fait, j'ai les fesses un peu plus pâles que mon torse. Mais après ça, mon visage est plus pâle que mon torse aussi. Après ça, mes fesses ont quand même des... C'est pas des nerfs, mais c'est pas des taches. C'est vraiment des... C'est une pigmentation qui est différente, en fait. Ce n'est pas du vitiligo, c'est différent. Mais ce que je veux dire, c'est qu'elles sont ce qu'elles sont, quoi. Voilà. Et en fait, il y en a qui adorent, il y en a qui aiment pas. Ceux qui aiment pas, too bad, quoi. C'est pas grave. Donc, pour te rendre épanoui, ton partenaire, il doit...
te pénétrer analement. Et toi, du coup, la rencontre, tu décrivais quelque chose de sentimental, d'intense, en tout cas, pas sentimental, excuse-moi, de sensuel. Donc, concrètement, tu rencontres quelqu'un, il est chouette, tu l'embrasses, et bam, il te pénètre.
Non, il y a toujours... Oui, ma question était faite pour que tu dises non et que tu complètes. T'as bien calculé ton coup, n'est-ce pas ? Non, parce que des fois, il peut pénétrer sans embrasser. T'as envie d'être sucé, par exemple ? Alors, c'est très drôle, c'est en signant. Là, je suis vraiment, en fait, dans une période où véritablement mon organe de plaisir principal est mon anus. Et c'est ça, en fait, que je trouve jouissif. En plus de ça, j'ai développé la capacité de jouir du cul.
qui est absolument magique pour ceux qui ne l'ont jamais vécu. Quand vous découvrez ça, après ça, je veux dire, de la teub, c'est absolument pourri à côté. Le plaisir qu'on prend, le plaisir que moi je prends est absolument hallucinant. Donc oui, il y a toujours des préliminaires, bien entendu, mais...
Mais quand on parle de se faire pénétrer, on n'est pas automatiquement dans la logique de juste fourrer un cul, comme on dit en bon québécois. Il y a vraiment un truc qui se passe, c'est différent, c'est accueillir la personne en soi. Et moi, ce que je disais, en fait, sur Grindr, et je l'ai même précisé très clairement, je me sens au top de ma virilité quand un mec me prend.
Et en fait, le fait de verbaliser ça, pour moi, est l'ultime preuve de mon épanouissement sexuel. Il nous faut, il me faut, beaucoup plus de détails sur comment jouir du cul. Est-ce que tu as un petit manuel, genre les trois étapes pour jouir du cul ?
Non, parce que chaque corps est unique. Moi, je sais juste qu'il y a des mecs qui réussissent à le faire très facilement avec moi, d'autres non. Et alors toi, c'est quoi tes étapes ? Comment tu fais pour jouir du cul ? Comment je fais ou comment je le sens ? Parce que ça ne se commande pas bizarrement. Jouir du cul, pour moi, c'est le résultat d'une bonne pénétration anale.
Et c'est des titillements à l'intérieur de ton corps et une chaleur qui se passe au niveau de ton pubis, mais pas au niveau de la queue, c'est vraiment au profond de toi. Et là, ça monte, ça monte et c'est des frissons et ça s'étale partout. C'est lent et c'est bon. C'est quoi la différence entre ça et l'orgasme prostatique ?
que je ne saurais pas décrire mais que je comprends être une glande à 2 cm de notre anus qui sert à expulser le sperme et qui est un endroit de plaisir c'est quoi la diff avec ce que tu viens de dire ? pour moi la différence par rapport à mon expérience c'est que c'est beaucoup plus ça s'étale moins dans le corps si ça fait du sens l'intensité et la tension elle est vraiment au niveau de la prostate
Au niveau de la queue, c'est très bas dans le corps. Sachant que moi, quand je parle d'un orgasme au niveau anal, c'est quelque chose qui s'étale partout. Après ça, peut-être que mon vocabulaire est pourri et qu'un sexologue va m'expliquer comment ça fonctionne. Mais le sexologue ne pourra pas me dire que ça n'existe pas. Et toi, du coup, est-ce que tu identifies des conditions ou des choses, des endroits où tu aimes être touché pour atteindre cet orgasme du cul ?
Pas automatiquement, parce que j'en ai eu de façon très différente. Je pense qu'il y a énormément de parties psychologiques aussi, ça va de soi. Je pense qu'il y a une jubilation à l'idée aussi d'assumer, d'aimer, de se faire pénétrer. Qui, je pense, pour moi, est sine qua non pour le concept de plaisir. Si on n'est pas en train de prendre son pied psychologiquement sur ce qu'on est en train de faire sexuellement, ça veut dire...
C'est plus des orgasmes, c'est des éjaculations. Dans ces moments-là, dans ces rencontres-là, dans ce sexe-là, tu n'éjacules pas par le sexe, par la bite, du coup ? Non, pas nécessaire. Mais même avant ça, j'étais dans une logique, avant même d'être 100% passif, je dis passif, 100% bottom...
J'étais dans une logique où l'orgasme du pénis n'était pas nécessaire. L'éjaculation n'était pas nécessaire pour prendre son pied. Est-ce que tu bandes pendant un rapport ? Ça dépend. Des fois oui, des fois non.
Du coup, toi, la décharge, l'éjaculation, la décharge de sperme t'intéresse bof. C'est ça que je comprends. Ça ne te procure pas. Parce que moi, ça me fait une montée d'endorphine, d'adrénaline ou je ne sais pas quoi. Je suis après super détendu. Je suis assez preneur de cette expérience d'utilisateur. Pourquoi pas toi ?
Parce qu'en fait, jouir du cul est meilleur. C'est vraiment tout con. J'adore me branler. J'adore me branler et avoir une éjaculation, c'est super agréable et tout. Mais sincèrement, moi, jouir du cul, il n'y a rien de mieux. Vraiment. Donc clairement, pourquoi est-ce que je vais prendre le second best quand je peux avoir de best ? Là, grave. Est-ce que tu as l'impression que la taille du pénis impacte ta capacité à avoir un orgasme du cul, comme tu l'appelles ? Non.
Non, alors ça par contre c'est totalement... Non, ça c'est clair et net, mettons-nous d'accord, la taille du pénis ne veut rien dire. Pour toi ?
Pour moi, il ne veut strictement rien dire. Oui, j'en ai rencontré des mecs qui avaient de super beaux morceaux, mais qui ne savaient pas l'utiliser. Et c'est justement ça. Ils pensent que la taille de la bite fait tout le travail, mais c'est quasiment embarrassant. Qu'ils aillent s'entraîner un peu plus et qu'ils aillent comprendre comment ça marche. Parce que tu n'as aucun concept de rythme, que tu ne sais pas bouger tes hanches, que tu n'as aucune lecture du corps de l'autre.
Là, c'est embarrassant. Et tu as des conseils, justement, pour des hommes bien membrés et peu efficaces ? Tu dis qu'il faudrait qu'ils aillent s'entraîner. Comment on peut être un meilleur pénétrant, du coup, selon toi ? Être à l'écoute du pénétré ? En fait, moi, je pense qu'au-delà de tout ça, je pense que ce qui nous manque chez les mecs, c'est qu'on n'a aucune... En fait, on ne nous apprend pas...
à lire l'autre. Je sais pas si c'est clair ou pas, mais tu sais, chez les hétérosexuels, les femmes hétérosexuelles en particulier sont programmées socialement, humainement, surtout socialement, à laisser entendre que lorsqu'elles couchent avec un homme, elles doivent lire le mec, savoir se positionner, savoir le satisfaire, savoir se donner. Après ça, nous, les mecs, on est un culte. Donc clairement, il y a un travail à faire par rapport à...
par rapport à comment lire l'autre, en fait. Tu peux me donner un exemple, justement, toi, dans ton intime à toi, d'un top, d'un actif, d'un pénétrant, je ne sais plus quel terme utiliser pour pas que tu te crispes et que le chat se mette à miauler ?
Non, ça va, je ne vais pas me crisper. On va dire actif-passif, mais sur le principe... Oui, c'est agaçant. Est-ce que tu as un exemple d'une rencontre sexuelle où justement tu as aidé l'actif à être plus connecté à ton plaisir ou au sien ? Être à l'écoute, tu disais, est-ce que tu peux me donner un exemple ? Est-ce que toi, tu lui dis des choses, tu lui montres ?
Alors ouais, moi c'est très con, mais c'est très bien aussi. Je pose souvent la question, est-ce que ça va pendant la relation ? C'est tout con, mais pour juste savoir est-ce que le mec est confortable ou pas ?
Il y en a quelques-uns qui disent oui, juste en mode, c'est bon, on passe à autre chose. Et il y en a qui disent, ah non, je préférerais ça, je préférerais ça. Donc là, on change de position. Après ça, moi, quand je ne suis pas à l'aise, je le dis. Est-ce qu'on peut changer de position ? On peut mettre plus de gel, etc. Je bouge un peu, histoire de m'assurer qu'on soit bien. Donc ça, ce n'est pas de la lecture du corps ou de la lecture de ce qui est en train de se passer. C'est de la communication verbale. Comment on fait pour lire le corps de l'autre, du coup ?
Je pense qu'on peut lire le... Selon toi, je ne te demande pas d'être expert du fion, mais expert de ton fion à toi. Ah, moi, je suis l'expert de mon fion, ça, je peux te dire. Là, j'ai un PhD S fion de Toufique. Mais grave ! Et du coup, tu vois, comment un bon partenaire peut écouter ton corps, du coup, toi ?
Moi, je pense que ça se lie par rapport au corps, aux mouvements. On peut sentir la crispation de certains muscles. Il y a des muscles qui ne devraient pas être crispés pendant qu'on fait l'amour et pendant qu'on baise. Et je mets les deux en même temps parce qu'il y a un gros tabou sur le terme faire l'amour entre hommes, les hommes qui couchent entre eux.
Le concept d'on fait l'amour, c'est bon. C'est des ronds dingues. On n'est pas en relation, on n'est pas en couple. Non, non. Baiser, faire l'amour, c'est la même chose. C'est juste qu'il y a une vulnérabilité émotionnelle et affective un peu plus exprimée.
Lorsqu'on fait l'amour, on peut faire l'amour à des inconnus comme on peut baiser notre amoureux. L'un n'empêche pas l'autre. Du coup, si je continue à essayer d'enquêter sur les éléments de ton épanouissement sexuel, tu as besoin de cette vulnérabilité-là. Pour atteindre l'orgasme et en tout cas être heureux, dans tes rencontres sexuelles, tu as envie de faire l'amour plus que de baiser ?
En fait, il faut faire les deux en même temps, sans arrêt. Moi, je trouve que c'est ça. Là, c'est ma clé à moi, on est bien d'accord. Je ne suis pas là en train de donner des cours. Je parle de mon expérience à moi. Je trouve qu'il n'y a rien de plus plaisant à voir
qu'un mec qui, pendant le processus de coucher avec, se lâche de plus en plus. Il a l'air de quoi, ton processus, du coup ? Parce que tu rencontres tes... Là, dans le pré-entretien, tu me disais, j'ai beaucoup couché ou fait l'amour. Tu les trouves comment, tes partenaires ?
Alors, ça dépend des jours et ça dépend du lieu où je suis. J'aime bien, moi, les lieux de drague extérieurs. J'aime bien ça. Il y a un côté très animal, très primal, justement. C'est littéralement de la chasse. Et les phéromones font leur travail et on se sniff littéralement. T'es allé où, là ?
Là, j'allais aux carousels du Louvre. Quoi que c'est dommage, ils ont coupé les haies maintenant. C'est un peu moins pratique. Avant, c'était plus le fun. Il y a un autre épisode où il y a un mec qui raconte « Moi, je n'y suis jamais allé. Je ne vois pas où vous allez. » C'est quoi ? C'est des grandes haies ? C'est un labyrinthe ? Tu vois, entre la pyramide du Louvre et les Tuileries,
Ouais, peut-être. Il y a une petite arche entre les deux. Et là, c'est le carousel du Louvre. Et en fait, à gauche et à droite de cette arche, tu as des labyrinthes à l'intérieur des buissons. Et initialement, ces buissons faisaient 2 mètres, 2,50 mètres de haut. Et donc, la nuit ou le jour, mais c'était Armageddon, quoi. C'était l'orgie...
Moi, j'y allais tellement souvent à l'époque. Mais en sortant du Queen, je me faisais des plans en cul. Enfin bref, ça a duré des heures et des heures. C'était magnifique. Spécial homosexuel, c'était que des hommes. Ah ouais, que des hommes. Et maintenant, ils ont coupé les haies qui doivent faire peut-être aller à 1m50 max. Mais ça n'empêche pas les mecs d'y aller. En fait, il y a des entrées aussi, des escaliers et des entrées pour avoir des...
Pour avoir accès à certains espaces, je pense, de machinerie ou des trucs comme ça. Et là, ça baise à droite, à gauche. C'est un super exemple, ce que tu donnes. Pour moi, faire l'amour, en gros, quand tu disais qu'une composante clé, c'est faire l'amour et baiser en même temps, pour toi...
Pour moi, je m'attendais à du coup, on discute avant, on se rencontre, on se connecte, on apprend à s'apprécier dans la tête ainsi que dans le corps. Là, tu fais non, non de la tête. Clairement pas. Moi, je commence d'abord par la baisse et après, on parle.
Moi j'ai autre chose à faire. Là c'est horriblement arrogant ce que je vais dire, mais j'assume à 200%. J'ai autre chose à faire que vouloir faire connaissance avec un mec, le trouver beau, charmant, sexy, et après ça arriver au lit et pas être satisfait. Non, je suis désolé, ça va être l'inverse. On va coucher ensemble, on va se lâcher, et on va voir ce que ça donne. Si la chimie est bonne, si le sexe est bon, si...
On a tous les deux pris notre pied. OK, on peut se revoir. Et à partir de ce moment-là, on voit ce qui se passe. Mais pour moi, il est... J'ai passé l'âge, en fait, de vouloir faire ma mijaurée en disant non, on va être respectables et tout. Non, j'adore le cul, j'aime le sexe, j'aime quand c'est bien fait. Je respecte mes partenaires, mes partenaires me respectent aussi. Hum.
Mais je vais pas commencer à passer trois heures à parler avec quelqu'un pour aller au lit avec après. T'as quel âge, du coup ? 43 ans. Mais du coup, tu me fais ce... Ouais, non, mais moi, je baise et je fais l'amour. Mais je comprends pas, en fait. Qu'est-ce qui, dans un de tes rapports sexuels, où du coup, tu parles pas trop aux gens ?
Qu'est-ce qui fait qu'elle est où la vulnérabilité de faire l'amour ? Comment tu pourrais me la décrire quand elle est là versus quand elle n'est pas là ? Dans un rapport sexuel avec un mec que tu ne connais pas ou tu le ris. Très bonne question. En fait, moi, je pense que c'est dans l'intention qu'on met dans les gestes.
On peut embrasser quelqu'un de façon très tendre, on peut embrasser quelqu'un de façon très violente. On peut sucer une queue lentement de façon très chiante ou rapidement de façon passionnée. Ce que je veux dire, c'est que l'intention derrière le geste définit tout. Et pour ma part, les plans cul dont je me rappelle le plus, les plans cul extérieurs, les espaces publics qui ont eu lieu et dont je me rappelle le plus, sont...
les plans cul qui justement c'était faire l'amour dans un parc tu sais ce que je veux dire avec de la boue tout autour c'est tu t'y attends pas on s'attend à quelque chose de très mécanique quelque chose de très je dirais même pas clinique parce qu'il y a une notion de propreté là-dedans mais il y a un truc très mécanique qui en fait non n'est pas là du tout du tout du tout et c'est ça c'est voir un mec au hammam au Maroc qui est
Et le mec te suit dans les chiottes et en fait, au lieu de te demander de baisser ta culotte et de te baiser, le mec il te prend et il t'embrasse pendant 5 minutes. Rien que ça, déjà là, on a commencé à faire l'amour.
C'est ça dont je parle. Je reviens à un de tes éléments. Tu disais qu'il y a des bons pénétrants, des bons top actifs et il y a des moins bons. Je me suis un peu senti sous pression quand tu l'as dit. Je me suis dit, est-ce que je saurais être un bon actif ? Après, je t'ai demandé comment on fait. Du coup...
Ce n'est pas un peu performatif, un peu à l'encontre de ce que j'avais l'impression que tu avais envie de vivre, qui est quand même... Et notamment dans le pré-entretien, tu me disais que tu es quand même connecté aux gens. Dans notre échange-là, tu dis que tu respectes les gens. Mais j'ai l'impression qu'avec toi, un top, un actif, ne peut pas être mauvais ?
Oh mon Dieu, le cauchemar ! Tu vois, la première fois, on se rend compte, on va être gauche, la personne va être gauche, tout le monde va croire que je suis un actif maintenant. Tu vois, la personne va être gauche, selon, tu vois. Mais alors, mettons-nous d'accord, parce que tu as raison, et en fait, ça peut prêter à confusion. Mettons-nous d'accord, quand je dis que tous les tops ne sont pas des bons tops, je ne dis pas...
qu'ils ne savent pas pénétrer. On peut savoir pénétrer, mais pénétrer n'est pas difficile en soi. Pénétrer exige que quelque chose entre dans un anus. On peut pénétrer avec son pénis, on peut pénétrer avec des doigts, on peut pénétrer avec un dildo, on peut pénétrer avec mille et une choses. Moi, je te parle de quand je te dis qu'il y a des tops qui sont mauvais, ce sont des tops qui sont littéralement centrés sur eux-mêmes, qui ne partagent pas...
Leur plaisir qu'ils ne partagent rien et qu'ils sont dans une logique, ceci est ma teub, serre-moi. Et moi, sur ce coup, ça, franchement, sans mauvais jeu de mots, c'est chiant. Et puis pour être honnête, tu parlais de ceux qui ont une grosse bite dans ton expérience sont du coup dans ce truc de comme j'ai une grosse bite, en fait, toute l'affaire est faite, je suis un dieu.
Voilà, sauf qu'ils sont tous des dieux. Et c'est là, en fait, où... Et quand ça t'arrive, puisque t'as beaucoup de rapports sexuels, qu'est-ce que tu fais ? Est-ce que t'arrives à mettre des mots et à faire, gars, en fait, c'est pas ouf ? Viens, on essaye un autre truc. Genre, tu manques de rythme, viens, je te montre ou pas ? Ça dépend des mecs. Des fois, je les envoie balader. Je dis, écoute, on va arrêter là, bonne journée.
Tiens, mais moi, je ressortirais avec mon estime de moi en morceau. Mais en vrai, pardon, je réagis comme ça, mais je ne te juge pas. Ça ne m'intéresse pas de savoir si c'est bien ou mal. Je trouve, notamment à Paris, et tu disais qu'on est à Paris 10, c'est tellement le supermarché, il y a tellement d'offres et de demandes, et j'utilise ces termes haïssiens, que du coup, tu as l'impression qu'il faut briller direct, sinon tu es dégagé. Est-ce que toi, tu es OK avec ça ? Avec le fait que... Avec le rejet ?
Avec le ouais, c'est ça, avec le fait qu'un mec, t'as pas envie de prendre le temps, il dégage. Crois-moi une seule seconde, vu le nombre de fois que je me suis fait rejeter, le nombre de fois qu'on m'a traité de terroriste, le nombre de fois qu'on m'a dit que j'étais laid, trop vieux, que j'avais pas un corps génial, et tout et tout, sérieusement, je m'en bats les couilles. Alors là, sur ce coup, là, si on est dans une logique très claire, je ne vais pas, moi, m'obliger à faire du pity sex pour ne pas blesser les émotions de quelqu'un. Le pity sex, c'est quoi ? C'est en fait coucher par pitié.
Et c'est un truc où des fois, on se retrouve dans une situation où on est face à quelqu'un et sous prétexte qu'il s'est déplacé, on n'a pas envie d'envoyer balader. Non, je suis désolé, mon temps est trop précieux. Je me suis trop battu dans ma vie pour être qui je suis. J'ai trop travaillé sur moi pour avoir la vie sexuelle épanouie que j'ai aujourd'hui. Donc non, si on se voit...
et que la vibe ne passe pas en vrai, je vais te dire, écoute, désolé, bonne soirée. Et pourquoi tu n'as pas envie de prendre le temps de dire, ah ben là, en fait, je ne suis pas... Ce n'est pas top, ce rapport sexuel-là, mais viens de prendre le temps d'établir...
et de prendre le temps de mettre des mots pour avoir un meilleur sexe ? C'est parce que tu sais que tu en trouveras un autre mec mieux demain, donc t'as pas envie de prendre ce temps-là ? C'est pas ça, c'est parce que je suis pas éducateur en sexe, et que si c'était le cas, je serais travailleur du sexe et je ferais payer. Sur le coup, je fais ça gratuitement parce que j'aime le sexe. Et sur le coup, je tiens à être respecté aussi en tant que personne. Donc si je vois la personne que le mec en face de moi m'envoie des photos qui sont pas les vraies...
Ou que même physiquement parlant, il est joli, mais quand on s'embrasse, j'ai l'impression d'embrasser un chat. Moi, je suis désolé. Si je t'embrasse et que je sens rien, ça va pas le faire. T'as déjà embrassé un chat ? Non. Mais j'ai déjà embrassé des mecs qui ont une langue hyper tendue, hyper rêche, qui ne savent pas embrasser. Et pour moi, à ce jour, et j'en ai du kilométrage au compteur,
Je n'ai jamais eu un plan cul avec un mec qui ne savait pas embrasser. Et le plan cul était bon. Il y a quelque chose, en fait, pour moi où embrasser est le... Tu sais, c'est la jauge. C'est comme quand on sent le bouchon d'une bouteille de vin pour savoir s'il est bouchonné ou pas.
La même chose. Et je pense que la question que je pose et que je me pose, je m'inquièterais juste que mes questions soient un peu jugeantes, un peu en mode tu es une mauvaise personne car tu rejettes. Même si c'était le cas, je m'en fous. Mettons-nous d'accord. Et moi, je clarifie qu'en fait, non. Parce que j'entends tout à fait ce que tu dis et que c'est une question de choix, c'est une question de t'investis quoi dans ta vie, comment et qu'est-ce que tu veux faire ?
Et en plus, je pense qu'il y a plein de façons de rejeter d'une façon très respectueuse. Mais la question que je me pose, c'est suis-je au bon endroit quand j'ai l'attente qu'à la minute où on se rencontre, alors que je ne connais pas la personne, il n'y ait pas de moment d'acclimatation ? Est-ce que je suis au bon endroit dans mon attente que du coup, soit c'est parfait direct, soit je sens un truc, soit je ne sens pas tout de suite un truc, et next. Et si le truc venait...
en essayant autrement, en prenant une... Mais t'as répondu, toi, ton retour, c'est non, et c'est complètement OK. Mais c'était la question que je posais. Oui, en fait, oui, c'est non, et c'est complètement OK, je suis d'accord avec toi. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il faut aussi remettre dans le contexte. Je suis une personne qui se fait très souvent rejeter. Hum...
Je ne suis pas ce qu'on appelle un canon de la beauté, je ne fais pas partie, je ne correspond pas au fantasme typique du maghrébin actif, dominateur. Tu peux te décrire physiquement en quoi tu as l'impression que tu ne plais pas ? Tu peux te décrire physiquement et pourquoi tu ne plais pas ? En fait, oui, je suis un homme maghrébin, j'ai 43 ans, je fais 1m80 pour peut-être aller un peu moins de 70 kg, donc 68-69 kg.
J'ai une grosse barbe, j'ai le crâne rasé, j'ai des gros sourcils et des yeux marrons. Et en fait, sur le coup, je ne pense pas... Et ça, c'est pas mes insécurités, parce que j'ai un égo démesuré, donc ça va. Mais...
Mais je sais que je ne fais pas partie de ce qu'on appelle les beaux mecs. Parce que je ne ressemble pas à une plastique typique que la pseudo-communauté gay va appeler un beau mec. Je ne suis pas barraqué, je ne suis pas poilu. Justement, je suis très barbu, mais je ne suis pas poilu. Ce qui est très décevant pour beaucoup, beaucoup d'hommes. Mon Dieu. La question, c'est est-ce que tu as un cul poilu ? Non. Ah, émoji triste.
Ah, parce que le cul poilu est en vogue. Oui, on dirait. Clairement, le mien, il ne l'est pas. Donc, après, avec, je ne suis pas poilu du corps et tout est dans ma gueule. Tu es plus brugnon que pêche. Exact. Très bien dit. Quand tu te fais rejeter, c'est très fréquent, c'est ça que tu es en train de me dire ? C'est vraiment très fréquent ? Oui, c'est très, très fréquent. On est dans du... Franchement, disons que ce soit les applications de rencontres,
Je me prends des vents, ou je me fais envoyer bouler, ouais, peut-être aller 70% du temps. Avec des gens qui t'écrivent un message, tu ne me plais pas ? Ouais. Ou bien ceux qui m'écrivent vont me dire, ouais, t'as l'air d'un salafiste, ou des gens qui me disent, ouais, t'as une gueule de terroriste, ça m'excite. J'adore le concept. Ok. Parce que moi, mon expérience sur les réseaux de rencontres, c'est énormément d'absence de réponse. C'est pour toi un rejet, quelqu'un qui ne me répond pas ?
Non, parce qu'en fait, ce qu'il faut savoir ici, c'est que les applications de rencontres sont des lieux extrêmement violents. Et il faut comprendre que c'est des espaces de vulnérabilité, donc d'office. Comment dire ça ? Je vais essayer de la refaire. C'est qu'en fait, ce sont des espaces hyper violents parce qu'il est nécessaire d'être vulnérable.
Afin de se présenter. Sauf que tu te présentes dans un espace qui est un marché dans lequel tu es en train de faire le tour des étalages pour choisir tes tomates. Mais tu es la tomate aussi. Donc, tu es l'acheteur et le produit en même temps. Et en fait, c'est ça qui est difficile à gérer dans les applications de rencontre. C'est qu'on est le produit et l'acheteur en même temps. Donc, on peut avoir énormément de succès en tant que produit et aucun en tant qu'acheteur.
Et l'inverse aussi. Donc c'est pour ça que les mecs maintenant qui sont tous barraqués, poilus, avec un centimètre de gras partout autour du corps, très à la mode ces temps-ci, eux vont se positionner comme étant un produit et c'est à eux de choisir ce qu'ils vont leur parler. Mais ça n'empêche pas que ces gens-là aient aussi des insécurités et qu'ils se fassent aussi rejeter.
Mais on a tendance à les percevoir comme étant les mecs parfaits, ce qui n'est pas le cas. C'est marrant parce que je ne saurais pas dire si ce que tu dis là est un narratif dans ta tête ou une vraie réalité. Parce que moi aussi, je suis sur Grindr, nouvellement célibataire. Et donc, du coup, ça prête à confusion, mais je suis sur les réseaux à la fois pour trouver les témoignants et à la fois maintenant pour ma propre intimité.
Et je n'ai pas les mêmes expériences que toi. Je suis beaucoup rejeté de plein de façons différentes. Des gens qui répondent, mais en fait ne sont pas intéressés. J'ai une multitude de cas. Je ne correspond pas du tout aux critères musclés dont tu parles. Mais pour autant, je rencontre plein de chouettes gens.
Et en plus, dans mes témoignages et dans tous mes échanges, je n'ai de cesse d'entendre des gens qui disent « Moi, les muscles, ça ne m'intéresse pas. » Je sais qu'il y en a qui aiment les muscles, mais du coup, toi, tu dis, le gros des personnes qui sont sur ces apps cherchent un mec musclé, poilu, et lorsqu'on ne rentre pas là-dedans, on est plus facilement rejeté. Et je n'ai pas cette impression-là, j'ai l'impression qu'il y a de la place. Il y a beaucoup de violence, mais il y a aussi de la place pour beaucoup.
beaucoup de différents types de corps ? Je ne pense pas avoir dit que tout le monde voulait des mecs musclés. Si c'est paru comme ça, ce n'est pas du tout ce que je voulais dire. Je voulais juste dire que j'étais en train de donner un exemple, une illustration sur le fait qu'il y ait certaines personnes avec une certaine corpulence à certains styles physiques qui étaient perçues comme étant les plus hautes. Mais heureusement qu'il y a une diversité de corps. Heureusement. Les mecs musclés ne m'intéressent pas parce que ce n'est pas ce qui m'excite chez un mec. Ouais.
En fait, j'ai vu sur les réseaux des gens qui sont ultra fans de barbe. Ah, la barbe est à la mode. La barbe est à la mode. Si j'étais actif, mais attends, si j'étais actif, mais je baiserais 7 sur 7. Le nombre de messages, je reçois, t'es super beau, t'es super beau, ta barbe est magnifique, mais c'est dommage, t'es passif. Moi, c'est le dommage qui m'énerve. Ah, comment je l'ai... Et à un moment, je leur dis, bah ouais, too bad, quoi. Au début, je m'énervais. Je dis, mais pourquoi tu dis dommage ? Est-ce que ça laisse entendre que c'est une déception ?
que je prenne mon plaisir avec mon anus sous prétexte que toi tu veux que je sois genre actif afin de toi nourrir un fantasme typique sur encore une fois le rebeu dominateur actif ?
En fait, c'est ça qui m'énerve. Ce truc où on n'a pas le droit d'avoir nos propres pratiques sexuelles en tant qu'humains. Il faut qu'on corresponde à une caricature. Donc, tous les Noirs et les Arabes sont censés être des actifs dominateurs, un peu bourrins. Et on va dire que les Asiatiques doivent tous être des passifs et des bottoms à la disposition des mecs. Non, mais c'est ridicule !
Tu parlais justement qu'une des clés de ton économissement, ça a été d'assumer, de découvrir, d'assumer ton plaisir anal et ta passivité, et le mauvais terme, ton kiff d'être pénétré. Est-ce que tu te souviens d'un déclic ? Donc je comprends que tu as...
vécu ta vie sexuelle au début en tant qu'actif, c'est ça que je comprends ? Ouais, j'étais... En fait, j'étais un moment actif... Enfin, moi, fin adolescence, disons adolescence, j'étais passif, mais pas pour les bonnes raisons. J'étais passif parce que j'étais le plus jeune, le plus frais, donc ça, ça marchait pas trop. Je le faisais quand même. On est jeune et con, il faut l'expérience qui éduque. Après ça, j'étais un peu actif, après ça, j'étais plutôt vers ça, et j'ai passé peut-être quasiment une
presque 20 ans de ma vie à ne faire que de l'oral. Et en fait, après ça, je suis retombé dans du versatil, mais sans plus. Et après ça, je suis devenu passif totalement. Le moment, les 20 ans d'oralité, l'oral, c'est je suce, tu me suces ? Exactement, je me fais sucer. Et tu as l'impression que c'est parce que tu prenais vraiment ton pied là ou que tu fuyais l'anus ?
Ah, je prenais mon pied, c'est clair et net, mais je pense qu'inconsciemment, je fuyais l'anus aussi, ça c'est clair et net. Parce que pour moi, il y avait un côté, et je pense que c'est ça aussi le truc, c'est qu'étant donné que je viens d'un pays nord-africain, des cultures arabo-musulmanes, il y a véritablement cette histoire de perdre sa virilité, sa masculinité si on est pénétré. Hum.
C'est ce fameux truc qui laisse entendre que celui qui encule peut être hétéro, mais celui qui se fait enculer, c'est automatiquement un pédé. Ou la fameuse phrase, quand t'as un couple de mecs, c'est lequel des deux qui fait la femme ? Tu l'entends encore aujourd'hui, en 2022 ? Non, en 2022, je l'entends plus trop. Mais des fois, je l'ai déjà entendu. T'as l'impression que la culture française, ou en tout cas...
Oui, les gens qui grandissent en France sont plus protégés de ça ou c'est la même chose ? De cette idée qu'être pénétré quand t'es un homme te fait perdre ta virilité ? C'est la même chose partout. Oui, c'est ça, j'ai l'impression. C'est la même chose partout parce qu'on est dans une construction... Déjà, on est dans des sociétés patriarcales.
Donc, d'office, l'homme est censé être en haut du totem, du pouvoir, et vient avec le fait d'être pénétré une vulnérabilité extrême, parce qu'il faut comme se rendre compte qu'on laisse quelqu'un entrer en nous, et que ça, techniquement parlant, le seul autre être qui est capable de faire ça de façon naturelle, et je mets naturelle entre gros guillemets, c'est une femme cis. Ou les hommes trans.
Dans le sens où il y a un organe apte à recevoir le pénis. Donc sur ce coup, on est dans une logique où être pénétré vient changer le rôle. Mais le problème c'est que le rôle est le même. Moi je suis un homme, je n'ai aucun problème à l'idée d'être un homme et de me faire pénétrer. En fait c'est ça qui m'amuse, c'est ça que j'adore, ça me fait triper.
Et du coup, toi, quand t'es un homme qui te fait pénétrer, il n'y a pas du tout un fantasme de féminisation ou de soumission qui peut rentrer dans ta tête, dans ton cœur ?
Ça peut arriver si le trip avec le mec avec lequel je suis implique des dessous, des trucs comme ça, ou un jeu de rôle, machin chose. Mais ce que je veux dire, c'est qu'au-delà de ça, moi, je suis un homme, je n'ai pas de doute sur ma masculinité, je ne questionne pas ma virilité. Il y en a qui vont trouver que je suis viril, il y en a d'autres qui vont dire que je suis une folle furieuse. Franchement, je m'en bats les couilles.
Les gens peuvent projeter ce qu'ils veulent sur moi. C'est vraiment le cadet de mes soucis. Ce que moi, je trouve important, c'est ma relation à moi, à mon plaisir sexuel et surtout...
à l'empowerment qui vient avec le fait de se faire pénétrer, si ça fait du sens. Moi, en tant qu'artiste, je parle du principe que tout ce qu'on fait est politique. Et être un homme maghrébin, ouvertement homosexuel, et grâce à ce podcast maintenant, ouvertement pénétré, pour pas dire passif, ou bottom, même top et bottom, c'est le même contenu, c'est le même concept,
Pour moi, c'est politique aussi. Et c'est quelque chose qui me fait trop jouir. C'est marrant parce que maintenant, je comprends mieux sur Grindr, sur ton profil. Le titre de ton profil, c'est Bottom en lettres majuscules. Et je crois maintenant comprendre que tu le cries.
Enfin, tiens, il y a un truc de... Ça sort de toi et tu l'assumes et tu le vis. Est-ce que tu te souviens... Justement, c'était ma question de tout à l'heure. Comment t'as fait, alors ? Donc là, t'as posé le cas, t'as dit... Je suis dans une société où j'ai intégré dans ma tête que être pénétré, c'est perdre. Moi, je rajouterais que dans la rue, quand on m'insulte ou quand les gens insultent, on traite les gens d'enculés. On les traite pas de... Donc, il y a vraiment un truc qui est ancré dans nos cultures...
Et les insultes, je trouve, disent beaucoup. Ok, on fait comment ? T'as fait comment, toi, pour être un joyeux pénétré ? Tu te rappelles d'un déclic, d'un moment particulier ? Il y a eu un moment particulier. Et en fait, la question que je me pose, c'est est-ce que je devrais être hyper précis et raconter l'histoire ou pas, parce qu'elle est quand même assez cochonne. Mais je trouve ça assez superbe.
Vas-y, tu as l'impression que tu vas mettre l'anonymat de quelqu'un, tu vas raconter. Non, pas du tout, pas du tout, parce qu'en fait le truc était anonyme, donc c'est ça qui est très amusant. C'est qu'en fait c'était à Montréal un soir, en novembre 2019, fin novembre 2019. En fait j'avais trouvé un mec sur une application, mais le mec ne voulait pas montrer sa photo. Il voulait rester totalement anonyme.
Et moi, étant l'homme que je suis, je dis, bon, elle est parfaite, pas de problème. Je lui donne mon adresse. Et je lui dis, les lumières sont toutes éteintes. Et je t'attends à quatre pattes dans ma chambre. Et tu fais que me bouffer le cul. Parfait. Et en fait, c'est ce qu'il a fait. Il est apparu. Et il m'a bouffé le cul pendant peut-être une heure et demie, quelque chose comme ça. J'en perdais le sens du temps tellement c'était génial. Et...
Là, il a décidé de me pénétrer. Il m'avait posé la question avant et il l'a fait. Et en fait, c'était trop bon. C'est juste trop bon. Il n'y avait pas eu besoin de gel ni quoi que ce soit. Et en fait, c'est ça. C'est là où je me suis dit, attends, mais ce n'est pas possible le plaisir qu'on peut prendre par derrière.
Et c'est là où il y a eu des clics. Et cette aventure sexuelle, c'est un hasard ? C'est-à-dire, toi, avant tout, ce qui t'excitait, c'était son anonymat. Et tu lui as dit, tu me boufferas juste le cul. Pourquoi tu as été amené à lui proposer que de te bouffer le cul ?
Non, c'était lui qui voulait faire ça. Ah, c'est ça. C'était lui qui voulait faire ça. Pourquoi t'as dit oui ? Lui, il dit j'ai envie de faire que ça. Et au final, ça te permet, toi, de découvrir tout un pan de ta sexualité. Pourquoi c'était excitant pour toi de faire ce plan-là ? Parce que j'ai rarement eu l'occasion de faire des trips dans lesquels l'anonymat était complet, mais qui se faisaient dans le confort de mon appartement montréalais.
Tu ne sais pas aujourd'hui, tu ne sais pas qui il est ? Si, parce qu'au moment où il m'a pénétré, il m'a retourné pour m'embrasser. Tu lui as pris sa carte d'identité, non ? Non, j'ai réalisé que c'était un mec que je crois d'être dans la rue depuis des années à Montréal. Parce que t'avais les yeux bandés ? Non. Donc tu te retournes, tu l'embrasses et tu le reconnais et tu lui dis... On dit rien, on s'est pas dit un mot. On a juste continué. Et c'était super. Et après, est-ce que vous vous êtes parlé ? Il est reparti ?
C'était un one shot, une fois ? Ouais. Et quand on se croise dans la rue maintenant, on se regarde avec un petit sourire et on fait comme si de rien n'était. T'aurais pas envie de lui dire qu'il fait partie de tes déclics ? Non, parce que j'ai appris par la suite que c'était une grosse enflure, donc j'ai pas envie de nourrir son égo.
C'est marrant parce que je l'ai souvent entendu qu'au final, pour aller à la rencontre de son épanouissement sexuel, il faut essayer des trucs. Et que juste en faisant, en essayant... Je te confirme. En fait, moi, je pense véritablement qu'il n'y a rien de mieux qu'essayer. Au pire des cas, tu mets fin au truc. Je veux dire, tu sais, je sais pas... Je sais pas comment c'est la logique ici en France. Ça fait des années maintenant que j'habite à Montréal. Mais moi, je sais que souvent, j'ai aucun problème à...
à faire deux tapes sur le bras ou le dos d'un mec pour dire stop, on arrête. Il y a des cues non-verbaux, on peut comprendre que t'as envie d'arrêter le plan cul. Des cues, c'est des indices. Pardon, merci, des indices, merci de me corriger. Non, je te corrige pas, c'est juste que si les gens parlent pas anglais... Ça sort tout seul, c'est vrai, excuse-moi. Donc ouais, des indices en fait, et sur le coup, moi je sais que quand on sent la deux tape comme ça sur le dos quelque part, ça veut dire bon, on arrête quoi. Ça c'est...
Tu vis dans un monde de consentement que moi, j'imagine pas. C'est-à-dire, moi, je crois que j'ai peur, plus. Enfin, tu vois, toi, t'as toujours eu... Enfin, oui, c'est génial, deux tapes, des mecs qui sont, du coup, dans le consentement, qui s'arrêtent et tout. T'es jamais tombé sur des gens qui comprennent pas le concept de consentement ? Si. Ça m'est déjà arrivé. Et pour ces mecs-là...
Là, c'est horrible à dire. En fait, le dire va m'énerver, mais je n'aime pas le choix parce que c'est véritablement un déclic de survie. C'est que là, je passe en mode racaille de banlieue.
où en fait, je fais ressortir en moi l'ado vénère du 93 et ça se calme assez vite. Le mec, il part. C'est parce qu'en fait, tu te sens en sécurité parce que tu as la force physique et mentale de pouvoir être en état d'agresser la personne. Surtout mentale, pas physique, parce que Dieu sait que...
La typologie de mec avec qui c'est arrivé était des mecs qui avaient des physiques plutôt imposants. Mais non, en général, ça se calme assez vite. Ramasse tes affaires et va-t'en. Moi, je crois que j'ai besoin, en effet, pour mon épanouissement sexuel, de faire des tests et tout. Mais je crois que ça me fait trop flipper, en fait, un mec qui vient chez moi...
les yeux bandés, enfin non pardon, dans le noir et tout, c'est des conditions quand même assez de prise de risque, t'es d'accord ? Je suis totalement d'accord et met tout le monde d'accord, je ne dis pas aux gens de le faire, chacun fait son truc, chacun ses pratiques. En fait ma question c'est, ça fait partie de ton plaisir toi ? J'ai pas de jugement, c'était pour comprendre, est-ce que ça fait partie de ton plaisir cette prise de risque ou non, là c'était par hasard ?
Mais non, la prise de risque et l'excitation aussi. Les mecs qui se baladent sur les aires d'autoroutes, leurs culottes baissées ou qui sont à genoux dans les gloréoles, il y a aussi une part de danger. Tu ne sais pas ce qui va sortir de l'autre côté. Déjà, tu empruntes quelles autoroutes pour que je sois au courant ? C'est quoi ces autoroutes ?
Moi j'ai pas de permis de conduire donc c'est pas moi qui le fais Mais moi j'ai des potes à moi qui le font Qui en fait des fois vont aller sur des aires d'autoroute Le soir Où ils savent qu'il y a des camionneurs qui traînent dans le coin Et ils vont baisser leur froc Ils vont se balader autour des chiottes Et en attendant que les mecs passent les baisers Ouais ça arrive
Et une goutte FEDEM, j'aurais adoré pouvoir faire ça, mais je n'ai pas le permis de conduire. Et en bus de salle, ça dépend. En fait, je conçois totalement le plaisir qu'on peut avoir à l'idée de se donner à des inconnus. Je l'ai déjà fait. Franchement, c'est super. Quand c'est bien fait, c'est super. Je suis sûr que tu peux trouver un peu de covoiturage pour aller sur une aire d'autoroute. C'est ce que je suis en train d'essayer de faire pour cet automne.
Sponsorisé par Blablacar. T'as l'impression... Imagine quelqu'un qui tente de sortir de ses préjugés autour d'être pénétré, d'être un enculé, un loser. Souvent, d'ailleurs, c'est des préjugés... En tout cas, moi, quand ils vivent dans ma tête et dans mon corps, c'est très pernicieux. Je me dis pas...
Non, c'est pas aussi verbalisé que ça, mais ça peut être présent. Toi, qu'est-ce qui a fonctionné ? Donc, première réponse, c'est par hasard, pendant 1h30, on m'a bouffé le cul et ça m'a ouvert des portes. Est-ce que t'as d'autres choses qui ont fonctionné pour toi, dans ton épanouissement, dans ta libération ? Est-ce que des livres, des films ?
Une thérapie ? Alors en fait, moi je pense que la chance que j'ai eue, c'était que ma pratique artistique exige de moi que je me remette en question sans arrêt. Je fais un travail, comme j'ai dit, sur l'identité et tout ça, et il y a un moment où je dois m'assumer tel que je suis, complètement, avec mes qualités et mes défauts.
Et comme j'en arrive à le dire ces temps-ci, je suis parfait, mais dans mes imperfections. La perfection n'existe pas. Donc je pense que la meilleure chose à faire dans ma vie, ce serait de m'accepter tel que je suis, donc avec mes défauts. Et ça, ça a débloqué ta sexualité ? Et en fait, ça a débloqué...
Pas ma sexualité, ça a débloqué énormément de choses dans ma vie, dont mes pratiques sexuelles. Parce que ma sexualité est la même. J'ai toujours couché avec les hommes cis. Je n'ai jamais couché... Cisgenre. Cisgenre, pardon, merci. J'ai toujours couché avec les hommes cisgenre. Je n'ai jamais encore eu l'occasion de coucher avec un homme trans ou une femme trans. Parce que la situation, c'est pas... Enfin, la situation, c'est pas donné à ça. Et je pense pas automatiquement que ce soit ce qui m'intéresse en tant que tel. Quoique, y'a que les cons qui changent pas d'avis.
Mais ce que je veux dire, c'est que pour moi, en fait, le moment où j'ai réalisé que le plaisir d'être pénétré était quelque chose que je ne pouvais avoir qu'en étant pénétré, c'est là où j'ai décidé de me jeter dans le truc à 100%.
Mais tu disais, accueillir et mieux accepter mes imperfections m'aide dans ce chemin de sexualité. Je vois pas le lien, je vois pas le rapport. Le rapport, en fait, c'est d'accepter qu'il y a une évolution. Que la première fois que le mec m'a pénétré après m'avoir bouffé le cul pendant une heure et demie, j'ai trouvé ça génial. Maintenant, quand j'y repense, mais putain, il était vraiment médiocre, le mec.
Pas médiocre dans le sens où il n'était pas bon Audi, c'est que le plaisir que j'ai eu à l'époque, mais n'est même pas comparable au plaisir d'hier soir.
C'est ça, le truc. Maintenant, je conceptualise, je sentimentalise, je verbalise, je ressens physiquement, je frissonne, je gémis, je fais des choses avec mon corps, avec mon anus, que j'étais incapable de faire il y a encore quelques années. Et pour ça, c'est génial. Et tu n'as pas... C'est clair ce que tu me dis, mais tu n'as pas...
pour le moment, identifier comment tu as fait ça, cette libération. Si, je l'ai fait en pratiquant. Oui, c'est ça. C'est vraiment tout con. Mais maintenant, je sais quelle est ma position préférée parce que...
Oui, mais du coup, tu pratiques, donc plusieurs fois tu te fais sodomiser. Après t'être fait sodomiser, tu te sens mal à l'aise parce que t'as encore le préjugé en toi. Mais tu vois, d'être enculé, c'est pas bien. Mais du coup, ça veut dire qu'au fur et à mesure, tu toques à la porte, tu toques à la porte, tu fais, tu fais, tu refais. Au fur et à mesure, cet inconfort post-sodomie diminue ? En fait, c'est que la première fois que je n'ai pas eu d'inconfort post-sodomie,
En me faisant sodomiser, c'était en 2019. Tu te rends compte ? J'avais 40 ans. C'est un truc de malade, quand même. Moi, je suis ravi de savoir qu'il y a des jeunes de 20 ans qui sont là en disant « je suis totalement passif, ça va, ça marche bien, allez, venez me fister ». Good for them, j'aurais adoré pouvoir faire ça à leur âge. Mais je suis bien content d'un côté que ça ne me soit arrivé que maintenant. Ça m'ouvre un tout nouveau chapitre de ma vie sexuelle. C'est ça, en fait. C'est que sur le coup...
accepter et reconnaître le plaisir que l'on prend à être sodomisé permet de prendre encore plus de plaisir.
Et toi, tu n'as pas utilisé un sexologue, une thérapie, des livres, la religion, la méditation ? Non, pas du tout. Je ne sais pas pourquoi j'ai dit religion, je ne suis pas trop sûr que ce soit... C'est très amusant comme truc. En fait, c'est des trucs spirituels, je voulais dire spirituels. Non, rien du tout, c'est vraiment la pratique. Je remercie chaque mec avec qui j'ai couché depuis les trois dernières années. C'est grâce à vous que j'en suis là, merci.
et dédicaces. Pour terminer notre échange, je serais curieux de savoir, imagine on se retrouve dans quelques années, on fait un épisode 2, t'aimerais me dire quoi à propos de ton chemin d'épanouissement sexuel ? T'es à 95 et tu dis pas 100 mais on pourrait presque, en gros y'a rien qui va changer ?
Non, c'est ça. Si je fais bien mon travail, si je respecte bien mon processus, je devrais avoir la même attitude dans 5 ans que j'ai aujourd'hui. Et c'est ce que j'espère. Vraiment. C'est quoi l'attitude ? Avoir une attitude de foncière satisfaction par rapport au plaisir sexuel que je prends. Garder une ouverture, une curiosité à nourrir.
autant sexuellement que humainement, et surtout respecter mes partenaires et en fait les faire sentir comme étant les mecs les plus beaux de la planète. Sauf s'ils sont nuls.
Oui, sauf s'ils sont nuls. S'ils sont nuls, c'est merci, je vais t'offrir un petit bonbon et on va y aller. Donc, il y a moyen que dans cinq ans, tu aies un autre moment déclic où une nouvelle pratique s'invite un peu par hasard et bam ! Je vais dire un truc, là je t'en parle, mais il se peut tout à fait que, je ne sais pas moi, peut-être demain ou dans trois semaines ou dans quatre ans que...
Il y a un mec qui est en train de me prendre et je vois sa belle gueule et ses belles fesses et je me dis « allez, j'ai envie de te sauter ». Et à un moment, peut-être que je deviendrai strictement top, actif ou pénétrant. Je ne sais pas moi de quoi l'avenir est fait. Moi, c'est ça que je trouve génial en fait. Mais j'ai une question. En fait, quand tu kiffes quelqu'un, tu as envie qu'il soit content. Par exemple, moi, je kiffe une super amie.
Je l'invite à dîner. Moi, j'ai plutôt envie de savoir ce qu'elle aime. Et même si je n'aime pas énormément, j'ai envie de lui cuisiner ça. En vrai, je ne cuisine pas vraiment. Mais du coup, pourquoi est-ce que tu ne pourrais pas dire aussi, ah, j'aime beaucoup cette personne et il aime beaucoup être pénétré. Et j'ai vraiment de la joie à le pénétrer. Je vais prendre du plaisir parce que je vais lui en donner. Mais là, est-ce qu'on est en train de parler de relation amoureuse ou de relation sexuelle ?
Tu me dis que faire l'amour et baiser, c'est la même chose. Oui, mais... Non, faire l'amour et baiser, c'est pas la même chose. En tout cas, tu fais les deux. Oui, moi, je fais les deux. Parce que je suis épanoui sexuellement, je suis capable de faire les deux. Je suis capable de littéralement être amoureux du mec pendant que je couche avec. Mais c'est dans le cadre d'une relation où tu pourrais aller à la rencontre du plaisir de l'autre. En tout cas, d'être top pour le plaisir de l'autre. C'est plus dans le cadre d'une relation, c'est ça ? Oui...
Je sais même pas comment dire ça. C'est parce qu'en fait, le problème, c'est qu'on a justement cette dichotomie-là qui, moi, me fatigue, où on est en train de laisser croire que la sexualité d'un célibataire et la sexualité en couple n'est pas la même. Moi, j'étais en relation, il y a encore un an, avec un mec, et j'ai passé un an et demi avec, où je me suis...
amuser au lit comme jamais. Franchement, il a peut-être des défauts, mais il a beaucoup, beaucoup de qualités. Je lui souhaite le meilleur. Mais surtout, le mec a réussi à me prouver qu'on peut avoir une vie sexuelle qui évolue en couple, de façon monogame et exclusive.
Chose que, initialement, je ne pensais pas possible. Donc, en soi, pour moi, faire une binarité célibataire-couple, comme si on ne couchait pas de la même façon, je n'aime pas ça. Donc, on peut avoir des relations totalement intenses, affectives et émotionnellement impliquantes avec des inconnus, comme on peut avoir du sexe totalement...
médiocres en relation amoureuse. Tout à l'heure, tu me disais qu'il y a un double coming out, et particulier en tant que mec rebeu, tu me dis, de un coming out gay, et ça déjà c'est tabou, et un coming out passif. Et ça aussi c'est tabou, tu peux m'expliquer pourquoi ?
Oui, en fait, comme je t'ai dit, on évolue dans une société qui est patriarcale. Mais quand tu rajoutes à ça une culture arabo-musulmane, on est dans une vision d'un homme qui n'est pas faible, qui pénètre, qui est puissant. Et pour moi, déjà parler d'homosexualité...
en tant comme maghrébin, est déjà un tabou, même si c'est un peu mieux maintenant qu'avant et encore. Ça veut dire que concrètement, dans ton entourage arabo-musulman, on t'agresse, on t'insulte. C'est quoi l'impact de ta vie de dépasser ce tabou ?
Oh mais le tabou n'est même pas concernant ma famille, ma famille ça va, je suis le mouton rose de ma famille depuis des années, tout va bien, c'est cool. Les moutons roses. Ouais, ils m'adorent et je les aime et c'est super. Mais ce que je veux dire, c'est pas par rapport à ma famille en tant que telle, c'est juste par rapport à la perception des hommes arabes. Tu sais, c'est ça. C'est que, être un homme maghrébin, déjà vient avec, surtout, on va la refaire. Être un homme maghrébin, barbu,
déjà, me positionne comme étant un danger dans l'espace public. On va s'entendre. On parle de ces principes-là. Cet homme barbu, là, est homosexuel. Donc déjà, c'est un... C'est quoi ce truc ? Qu'est-ce qui se passe ? Et après ça, cet homme arabe barbu est un passif, un bot-homme impénétré. Là, on est dans du tabou total.
Et c'est ça le truc, c'est que ce tabou-là justement, de prendre du plaisir par l'anus en tant qu'homme qui projette ce que je projette visuellement parlant, pour beaucoup de personnes, ça marche pas, c'est pas possible. Et donc je pense qu'il est là, ma prise de pouvoir elle est là. Je prends mon pouvoir là-dedans. Il y a ce témoignage aussi du coup ?
Oui, mais parce que pour moi, le témoignage, il est plus de l'ordre du politique que de la prise de pouvoir. Parce qu'en fait, c'est tout bête à dire, mais la prise de pouvoir, je la fais quand je suis assis sur un mec. Pas quand je suis en train de faire un podcast. Donc, il est là le point. Le point, c'est que pour moi, il y a quelque chose d'important...
dans l'idée qu'il faut reconnaître que tous et toutes pouvons avoir un plaisir autant à pénétrer que de se faire pénétrer. Et je mets tous et toutes parce qu'il est important d'inclure les femmes dans l'histoire. C'est pas parce qu'une femme n'a pas de pénis qu'elle ne peut pas pénétrer. Il y a un geste très politique au fait qu'une femme utilise...
Un gode ou un gode michel ou un gode ceinture pour pénétrer une autre personne. Et ça, on n'en parle pas. Et pour que je comprenne ton expérience, cette mise en carcan, cette boîte dans laquelle on te fige ou comme tu as une barbe et que tu as une apparence arabe, tu es forcément actif ?
Et le fait que tu sois passif est tabou. Comment tu vis ce tabou ? C'est quoi l'impact de ce tabou sur ta vie ? C'est concrètement quand tu essayes d'avoir des rapports sexuels, tu es beaucoup, comme tu le disais tout à l'heure, insulté ou on te rejette. À quoi tu es passif ? C'est nul ? C'est ça concrètement ?
Concrètement, c'est ça, sur les applications, j'ai souvent des réactions à tes passifs, dommages, ou franchement, quelle déception.
Ou même des fois quand je suis dans les lieux de drague, justement, c'est un truc typique où le mec arrive et veut se mettre à genoux pour m'étayer une pipe. Je suis passif et la réaction, c'est... Et là, moi, je suis genre... Dommage pour toi, mon gars. Et c'est peut-être pour ça que moi, je décris mon expérience de grinder en tant qu'homme blanc et je te dis, moi, j'y vois pas la même chose, c'est parce que moi, je reçois pas tous ces messages. Oui, mais parce que surtout, tu ne projettes pas la même chose que moi.
On n'a pas la même image. Et on ne va pas projeter sur un homme blanc automatiquement le rôle d'un actif ou d'un passif.
Tu vois ce que je veux dire ? Et c'est ça le point. C'est comment se fait-il que toi, on ne va pas projeter un rôle de passif ou d'actif ou de quoi que ce soit, en sachant que moi, on va automatiquement me mettre dans une case d'actif. C'est quoi la différence entre toi et moi ? Notre couleur de peau et ce qu'on projette sur nous. J'ai aussi une petite barbe. Tu as l'impression qu'un homme blanc barbu sur les réseaux de rencontres peut être mis dans une boîte ? Avec ma barbe, je suis plus actif ou passif ? Tu es plus hipster. Tu es plus un hipster avec ta barbe. Moi, j'ai l'air d'un terroriste.
Je dis pas que je suis d'accord avec le concept,
Mais t'aurais pu avoir une barbe que t'as pas rasée depuis deux ans, on va penser que tu fais pousser des courgettes dans ton jardin, tandis que moi on va penser que je fais pousser des bombes, tu vois. Et malheureusement, qu'on le veuille ou pas, qu'on soit d'accord ou pas avec ce concept, c'est une vérité. Même avec tes habits de hipster, parce qu'en vrai, en dessous de ta barbe, t'es habillé comme un hipster aussi, malgré ça, les gens ont quand même cette agressivité et ces insultes. Bah oui, c'est clair. Tu pourrais t'engager là-bas, tu vois, où là, vraiment, t'incarnes.
Encore plus, ça. Les gens ne font pas la diff ? Non, ils ne font pas la diff. Quand je prends l'avion, à chaque fois, mes bagages sont tout le temps fouillés. Maintenant, je m'amuse, je prends des gones michets, je les mets à l'ouverture de ma valise. Donc, ils la referment assez vite. Une belle vengeance. Je les regarde en souriant. Mais ce que je veux dire, c'est qu'en soi...
Ça n'est même pas une question de comment je m'habille, c'est vraiment juste le visage. C'est ça en fait. Il faut, je pense, accepter qu'on est dans une société qui ne fonctionne que par l'image. Et que cette société-là fonctionne par l'image et nous met dans des cases en fonction de ce qu'on représente. Moi, je représente socialement un danger parce que je suis un maghrébin barbu. Point à la ligne.
pour que je reçoive des messages comme « Salut, t'as une gueule de terroriste, tu m'excites » ou « Est-ce que tu pourras me parler arabe quand tu vas m'enculer » ou « Est-ce que t'as une robe de prière, j'aimerais bien te baiser avec ta robe de prière ».
Là, t'es pas en train de me demander de me prendre. T'es en train de me dire que t'as envie de jouer ton colonisateur sur moi ou t'as envie de dire j'ai baisé Oussama Ben Laden. C'est tellement... En fait, c'est horriblement prévisible. Je pense que c'est ça le pire. Est-ce que tu veux, le mot de la fin, est-ce qu'il y a une dernière bafouille que tu veux partager à ce micro ?
Alors, s'il y a une dernière bafouille que je voudrais partager avec ce micro, c'est dire à tous les mecs, mais testez. S'il y a des choses, en fait, que vous avez envie de faire, faites-les. Au pire des cas, vous n'allez pas aimer. Mais si, pendant que vous le faites, il y a un 0,001% de vous qui kiffent, refaites-le.
Parce qu'il y a quelque chose là-dedans. La vie est trop courte et sincèrement, moi, je n'ai pas passé mon temps à me faire traiter de sale pédé dans la rue, à me faire cracher dessus, à me faire taper dessus pour ne pas prendre mon pied avec mon cul. Je suis désolé. Je mérite de jouir du cul. Très bonne conclusion. Merci beaucoup. Merci à toi. Salut.