Mon père veut un dominant : moi je suis soumis au lit – Léo 🇷🇪 3/3

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Partie 3 sur 3 – Léo raconte les compromis qu’il a dû faire pour survivre dans un environnement homophobe, entre moqueries sur sa posture “de théière” et pression paternelle à devenir viril via le Vale Tudo, un sport de combat. Il partage comment il a transformé ces expériences en force, assumant progressivement son identité et ses choix.

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Léo, troisième et dernière partie de ton témoignage. T'as dit, moi, grandir ici à La Réunion, j'ai dû rentrer dans un moule et faire tout un tas de compromis. À la fin du deuxième épisode, je te disais, est-ce que tu peux me raconter concrètement ce que ça veut dire ? C'est quoi les compromis que t'as dû faire ? Tu m'as parlé au lycée, au collège, de mecs ultra masculins qui, en fait, assez directement, sans que toi tu saches… T'identifier gay, il semble même que toi t'es mis des mots, t'es né dans l'insulte ou en tout cas dans la misogynie où on t'a dit t'es trop efféminé. Ouais, au collège. Aujourd'hui pour toi, tu ne l'es plus du tout ? Avec mes relations, je me considère normal. Je ne suis pas viril à 100%, je ne suis pas efféminé à 100%. Mais dans mon attitude, je ne me considère pas efféminé, pas manieré plutôt. Pour toi, c'est une réussite ou un échec d'avoir gommé ce féminin, ces manières ? Ni l'un ni l'autre. Pour moi, c'est juste… J'aime comme je suis, on va dire. Donc une réussite, du coup, vu que j'aime comme je suis. Ça t'a permis de survivre ? Ça a marché ? En quoi ça a marché ? Parce que… Ça m'a permis… de m'affirmer, d'être plus confiant aussi. Dès lors que j'ai réalisé aussi qu'il fallait pas s'en faire des insultes, on me traitait de pédé, de tapette, enfin tout ce que tu veux, au collège. Et en fait, dès lors où je m'en fichais, où ils voyaient que du coup je m'en fichais, clairement, ça s'est diminué, on va dire, les insultes, tout ça. C'est parti petit à petit. et lorsque j'ai joué aussi de ça exemple j'étais efféminé mais je leur disais à tous je peux avoir la plus belle fille de la classe alors que vous non parce que je traînais avec elle et tout donc j'allais juste lui dire fais genre et voilà elle était une bonne copine j'étais toujours en amie avec les filles de la classe donc du coup au pire j'allais la voir je lui dis fais genre c'est tout et puis voilà Au final, elle n'a pas fait genre, mais c'est passé comme ça. Et après, au lycée, directement, je n'ai pas reçu d'insultes du tout. J'étais beaucoup plus masculin, mais je traînais toujours avec les filles. Donc ça, ça ne passait pas. On me catégorisait directement parce que je traînais, je restais avec les filles, etc. Mais comme je m'assumais, je m'affirmais, ils n'avaient pas de problème avec ça. Attends, tu dis deux choses, il y a eu deux mouvements, t'as à la fois gommé les manières, donc tu es devenu plus masculin, mais tu me dis aussi, je me suis mis à m'assumer, mais du coup t'assumais quoi ? À m'assumer moi, tout simplement, j'étais très très timide en fait, donc assumer ma présence, assumer mon existence, tu vois ? Au milieu de ces insultes. Exactement. Moi, j'étais très timide. Donc, quand on m'insultait, on me regardait. Donc, moi, je détestais ça. Je voulais disparaître, en gros. Et au moment où j'ai compris, non, il ne faut pas disparaître. J'existe et j'existe comme ça, en guillemets. Mais tu as compris tout seul, en regardant un film ? Non, j'ai fait le sport avec mon père, etc. On en reviendra après. Mais du coup, pendant les vacances, tu sais, dans l'adolescence, il suffit que tu fasses deux mois de sport et tu te développes. C'est ce qui s'est passé avec moi. Les grandes vacances, donc juin, juillet, août, tout ça, je suis passé de la cinquième, quatrième. Quand je suis arrivé en quatrième, tout le monde a dit « waouh », etc. Parce que mon père m'a fait faire des pompes, etc. Donc je suis devenu un peu plus carré, on va dire. Et quand j'ai reçu ces premiers compliments… C'était les premiers vraiment compliments, pas homophobes, pas négligents. Et donc là, j'ai commencé à… Ouais, ben j'existe et je peux exister bien. Si t'es un homme masculin. Si je suis un homme masculin. Et donc petit à petit, je me suis juste virilisé dans le comportement, mais… Bon, après, c'est devenu petit à petit naturel, mais je ne suis pas changé non plus. C'est-à-dire que si j'avais envie de me mettre sur une jambe, typiquement, je me mettais sur une jambe. Oui, tu fais référence à l'épisode avec Quentin d'il y a quelques semaines, où justement, lui, son père était violent, je crois, quand il se mettait sur une jambe. Et toi, ça a vachement résonné pour toi ? Oui, parce que ça a été aussi le même problème. Pas forcément avec mon père, avec les amis du collège. Tu te mettais un peu sur une… Tu sais, en sport surtout, où tu t'assoies pas, du coup, tu restes debout le temps que le profil explique. les garçons ils attendaient les deux jambes tendues bras croisés limite en écartant les jambes donc cette posture un peu de winner voilà alors que moi j'étais bien sur ma hanche quoi mais du coup vas-y moi je me lève là et je me mets sur ah ouais tu me mets sur une jambe genre Ah ! Et du coup, tu courbes un peu les fesses. Si tu mets ta main comme ça, sur le côté, c'est… Ah, c'est en mode théière. Oui, voilà. Moi, on m'a insulté au lycée en me disant, ouais, t'es une théière et tout. Ah oui, parce que tu mets le… Ouais, si tu rajoutes la main sur la hanche, alors c'est le summum. Oui, parce que ça crée comme l'oreille de ta tasse. Ouais, donc pour la théière, ouais, pour l'analogie, ouais, ouais. Ah, parce que moi, j'avais pas compris sur une jambe. Alors ça, ouais, non, ça, c'était pas bon. On voyait la hanche… Les hanches, non… tu disais on va revenir sur le rapport au père c'était quoi ? les parties que je devais effacer lui il t'a dit t'es trop efféminé je vais te faire faire du sport alors il l'a dit deux fois quand j'étais en primaire en fait il l'a dit mais pas de manière méchante juste dit te tiens pas comme ça ou ne parle pas comme ça mais pas de manière méchante du coup je comprenais pas tu vois Et en fait, lui, il n'était pas prof de sport, mais il était prof d'un sport, le Vielle Vaudao. Donc un sport de combat, en gros. Et il a fait toute sa vie, tu vois. Donc il m'a mis dedans depuis tout petit. Moi, j'y allais juste pour m'amuser. Et en fait, petit à petit, lui, il voulait vraiment que j'en fasse une passion, que ça me virilise, que je fasse des combats, tu vois. Alors comment je voulais danser ? un petit chat voilà je voulais danser et j'osais pas donc il y avait l'UNSS des danses au collège là en midi et deux j'y allais pas du tout il y avait quoi ? UNSS donc c'était l'extra scolaire en fait les profs de sport ils organisaient des petites activités escalade badminton que tu pouvais faire en midi et deux du coup et il y avait danse j'y suis pas allé je suis parti en escalade tu vois Un exemple de ce que j'ai dû refuser, tu vois. Voilà, par exemple. Et t'as de la colère envers ton père ? Oui, j'ai par rapport à ça. Tout tournait autour du sport, en fait. Et il n'a pas écouté mes envies, mais plus son idéal à lui. Il voulait vraiment que je sois le plus jeune professeur dans ce domaine-là à La Réunion. Voir même de France, il me semble, à l'époque, tu vois. Il voulait que je trace ma carrière là-dedans. Alors que petit à petit, à chaque fois, je lui disais, j'aime plus, je vais arrêter, etc. Et dès que je disais ça, ça partait vraiment en dispute. En fait, c'était, si j'arrête le sport, j'arrête de le voir. Il me disait ça. Donc au bout d'un moment, j'ai arrêté le sport, donc j'ai arrêté de le voir. Vous ne viviez pas sous le même toit ? On faisait garde partagée avec ma mère à l'époque. Donc une semaine, une semaine. Ça a eu quel impact sur ton développement intime ? Sur mon développement intime ? J'ai eu du mal à m'assumer du coup. En tant que ? En tant que tout, soumis, les trucs qui me font plaisir. J'ai vraiment eu du mal à assumer et à accepter aussi du coup ça. Quoi d'autre ? C'est quoi le lien entre accepter et assumer d'aimer avoir des pratiques de soumis et ce comportement du père ? Ça rentrait pas du tout dans le bon moule. Lui, il était pareil, coureur du pont, etc., dominant. Et j'étais tout l'inverse, tu vois. Ok, ben là, on est dans mon intro de l'épisode 1. Ok. Où en fait, comme mon énorme défaut parmi les énormes défauts que je possède, c'est de vouloir avoir raison. Hum hum. Mais tu gardes ton indépendance et donc si tu m'opposes à un gros non, il n'y a pas de problème. C'est pas parce qu'on est sur mon podcast qu'il faut que tu dises « Ah bah ok Guillaume ». Mais tu vois, dans l'épisode 1, dans mon intro que j'ai écrite ce matin, j'ai dit ça. J'ai dit qu'en fait, s'autoriser à dire publiquement qu'on est passif soumis, c'est aussi une reconquête. Et là, tu me dis même face à ton père à qui tu dis « Mais en fait, moi je vais pas me cacher mon petit chat ». Enfin, je sais pas comment tu parles à ton père. Me cacher, c'est-à-dire ? Bah du coup, ton père qui exigeait d'être comme lui, dominant, un combattant, un machin… Il le croit toujours, par contre. Et toi, t'es à l'opposé, et tu ne te caches pas. Et c'est pour ça mon intuition de reconquête. Mais je ne me cache pas vis-à-vis des autres. Mais lui, il ne le sait pas, par contre. Oui, mais bon, en parler sur un podcast public, c'est quand même une sacrée pas dans… Oui, mais je l'assume, du coup, maintenant. J'ai reconquéris ça, mais… Lui, il croit que… T'es comment devant lui ? Normal, comme là, je suis devant toi, par exemple, mais on parle pas du tout de sexe. Toujours ce normal avec toi. C'est devenu un réflexe. Normal, ça veut dire en posture de survivant. Parce que je veux pas rire de toi, c'était pas du tout ce que je voulais faire, pardon. Quand tu dis normal, je crois que ce que j'entends, c'est… dans les codes pour ne pas être importuné. C'est lui que je suis devenu en quatrième quoi et depuis là je me suis dit c'est normal ça. Et du coup tu lui fais croire que tu continues le sport de pas le sport le truc de combat là ? Non ça par contre non parce que du coup on s'est arrêté de se voir etc on s'est revu après mais bon bref mais j'ai jamais repris le sport par contre il croit toujours que je suis hétéro enfin ce genre de choses quoi. Ok. Et t'es out à d'autres personnes qu'à lui ? Oui, tous les autres, sauf mes grands-parents, parce que je suis un peu trop ancré dans les traditions, on va dire. Mais ma mère, mon frère… Si jamais tu lui dis que t'es gay, tu penses qu'il peut se passer quoi ? Pourquoi tu ne lui dis pas ? Non, maintenant, il a changé un petit peu de point de vue, mais j'ai juste pas envie de refaire à nouveau un coming out. Et surtout, je n'en vois pas l'utilité parce que je n'ai pas besoin de faire vis-à-vis de lui. Je ne ressens pas l'envie, je n'ai pas envie de devenir plus proche que ça avec lui. Je suis bien là, comme ça. Et ce n'est pas comme si vraiment je jouais une autre personne. Ce n'est pas comme si je ramenais une femme devant lui. Je reste moi, c'est juste qu'on ne parle pas de ce sujet-là. Et je pense qu'un jour, s'il en parle, il me pose la question, j'assumerai, je dirais que je suis gay. Oui, il ne t'a aussi jamais posé de question sur ta vie intime. Oui, voilà. Tu ne penses pas que quelqu'un lui a dit ? Je pense qu'il a eu des doutes parce que ma mère m'en a parlé déjà qu'il a eu des doutes et qu'il en parlait avec ma mère. Mais sans plus. Lui de lui-même et vis-à-vis de moi, on n'a jamais parlé. Putain, c'est tellement chaud de se grandir. C'est tellement chaud de grandir sous l'autorité de quelqu'un qu'on déçoit, qu'on pense décevoir ou qui nous dit qu'on le déçoit. bah voilà moi je suis juste j'ai plein d'empathie et d'amour pour toi bah ouais parce que en fait bah non pas merci on s'en fout de ton empathie ça sert à rien ça bouge pas trop le truc mais en fait moi genre à 35 ans j'ai enfin eu Un déjeuner avec mon père, on est proches et tout, mais on a déjeuné ensemble où en fait on a reparlé de mon coming out, où je l'ai regardé dans les yeux et d'adulte à adulte je lui ai dit mais gars en fait t'étais où ? T'étais où pendant que je me faisais harceler ? T'étais où pendant toutes ces années ? Enfin, j'étais pas… J'étais poli et tout. J'étais pas genre, t'étais où, connard et tout. Mais j'étais là, mais papa, tu te rends bien compte que… Là, aujourd'hui, à 35 ans, on en reparle. Et donc, on n'en a pas parlé pendant 20 ans. Ou je sais plus, j'avais quel âge, mais ça faisait genre presque… Ça faisait 18 ans. La dernière fois qu'on en a parlé, de mon intime, de ce que ça veut dire être gay et tout, c'était il y a 17 ans, papa. Pourquoi ? Enfin, qu'est-ce qui… Et en fait, il a pas… Il était présent dans la conversation. Il a plein de défauts, mais il a une capacité maintenant, en vieillissant, à se remettre en question. Je lui ai envoyé plein de documentaires qu'il a regardés sur les droits LGBT. À la limite, c'est devenu un allié, mon père, à force d'insister. Parce que putain, j'ai taffé pour que… et tu vois il m'a dit je sais pas mais il avait l'air d'être triste et il était disponible à l'échange et on a réparé un truc il m'a pas dit je crois que je l'ai taquiné en disant ah putain papa on est à deux doigts ou tu t'excuses et je trouvais ça drôle de taquiner à cet endroit parce que il a un peu réagi en mode ah bon ça a un peu mis la graine de je devrais m'excuser et quelque part moi je suis là bah en fait tu fais un gamin Et tu l'abandonnes à un certain endroit, bah ouais, en fait, c'est un peu ta responsabilité. Parce que je trouve qu'un peu, nos parents, ils sont là « Ah, je savais pas, mais j'avais pas de référence, je connaissais pas d'autres gays et tout. » Ouais, bah gars, fais pas un enfant. Il avait pas à connaître d'autres gays. En plus. Juste défendre, c'est tout. Et du coup, j'ai senti qu'un truc se réparait et j'ai senti que j'ai grandi en ayant toujours l'impression de décevoir parce que quelque part, j'étais anormal et tout. Toi, tu as l'impression que tu en es où sur ce chemin ? Justement, de ne pas être hétéro, de ne pas être le coureur de jupons, de ne pas ramener la meuf, de ne pas faire le bon sport, de ne pas aimer les bonnes choses. Tu en es où de ce chemin ? au début je me suis dit aussi c'est dommage parce que j'aurais bien aimé faire ce qu'il a envie, pourquoi j'en ai pas envie des trucs comme ça et si seulement on était hétéro ce serait tellement plus simple parce que le nombre de fois où il y a des taquineries elle est où, c'est quand tu ramènes ah il t'en parle ? Avant. Au tout début. J'étais encore au lycée, je pense. Mais depuis, ça fait très longtemps. Maintenant, je pense que c'est bon. Le cercle est bouclé. Je ne ressens plus du tout cette déception. J'ai totalement accepté le chemin que j'ai suivi, on va dire. Je trouve juste dommage Qu'il m'ait mis dans un chemin de force, on va dire. C'est pas des remords, mais je me suis dit si peut-être j'aurais eu la force d'imposer mes choix, est-ce que… Comment ça serait passé ? Est-ce que au final j'aurais fait la danse ? Est-ce que les relations auraient été plus compliquées ? Parce qu'il était quand même assez fermé sur la discussion. Donc je sais pas, et comme je sais pas, j'ai accepté. Tu parles au passé, mais tu pourrais prendre ce pouvoir maintenant, demain, tout à l'heure aussi ? Oui, mais c'est-à-dire le pouvoir. Tu parles au passé en disant si seulement j'avais fait de la danse, si j'avais pris le pouvoir, si je m'étais imposé, tu peux le faire cet après-midi. Mais je l'ai fait après du coup. Dès que j'ai quitté l'unifamilial, je suis parti dans la danse, etc. Sauf que… je voulais commencer bien plus tôt moi je voulais même faire une carrière professionnelle dans la danse ça c'est aussi ma mère qui m'en empêchait elle me dit il n'y a pas de carrière à faire dans la danse c'est un hobby quoi tu vois mais je me suis dit ouais si j'avais commencé depuis petit je me serais exprimé plus pleinement ça m'aurait donné confiance parce que franchement quand j'ai commencé ça m'a vraiment donné confiance tu vois donc voilà juste ça j'aurais bien aimé commencer plus tôt moi je dirais qu'il n'est pas du tout trop tard Du tout, du tout, que ça soit pour la danse et autres, du tout, du tout, du tout. Trop tard pour ? Je sais pas, il y a un peu un truc de, ah non mais la danse si tu commences pas ou si machin, comme on t'a empêché, bon maintenant le sous-texte c'est qu'à 26 ans tu vas pas commencer la danse maintenant. Ben c'est ça, moi là si je fais la danse, professionnellement c'est pas impossible, mais c'est plus compliqué. Ben voilà. Oui, donc du coup, j'ai pas trop envie de me lancer. Puis la danse, tu peux ne pas le faire de façon professionnelle. En fait, tu peux aller conquérir ton toit danseur et tu vas voir qu'il va se vivre. Oui, peut-être que le rêve initial d'être un danseur à l'opéra est plus possible. En fait, tu vas découvrir un toit danseur qui peut complètement exister. Et même si tu commences à 60 ans. Et je crois que moi, j'ai trop envie. Donc, tu as beaucoup de travail. Car je vais aussi te demander d'écouter. C'est quoi son nom d'emprunt ? Davy ? T'as écouté l'épisode de Daily ? J'ai écouté le premier épisode donc c'est peut-être le deuxième ou le troisième C'est le 3 où en fait pour moi c'est mon avis personnel quand on est queer il faut aller exactement je comprends pourquoi t'as cette peur moi je l'ai aussi cette peur de l'abandon on en a parlé en filigrane pendant tout notre échange Et elle est normale puisqu'en fait il y a un vrai risque que tu sois abandonné. Il y a eu un risque et il y a un vrai risque que tu sois abandonné. Donc en fait ta peur est assez intelligente. Et moi j'ai eu l'impression de devoir, et ça m'a mis beaucoup de temps, de devoir plonger dans cette peur et de dire « Ok, je vais abandonner ma famille, je vais les perdre, c'est possible. Et donc je vais vraiment prendre en considération que c'est possible. » et maintenant que c'est vraiment possible je vais me retourner vers eux et à l'instar de Davy qui dit maintenant c'est terminé en fait je reviens à la réunion et je dis à mon père non mais gars en fait si tu m'aimes pas moi je suis gay ça changera pas tu m'insultes tu me traites mal et ça c'est terminé et en fait non seulement ça ne changera pas mais je vivrai même sans toi et c'est terrible mais il y a quand même besoin de cet abandon là de dire bon bah en fait je rentre pas dans votre moule et maintenant il est temps que j'en sorte et en fait soit vous m'acceptez, vous m'aimez comme ça soit c'est terminé ce lien et c'est terrible parce qu'en fait vivre sans lien, enfin moi je trouve que c'est dur à dire sur le podcast parce que moi j'ai eu la chance que mon père, mon frère et mon entourage proches ne m'a pas abandonné quand j'ai dit ça. Et c'est pas parfait et tout, mais… Qui serais-je aujourd'hui s'il m'avait abandonné ? Je sais pas. Je sais pas si j'arrive… Tu vois ce que je veux dire ? Ce que tu payes. Mais je crois que ma vie serait terrible, mais moins terrible… que de continuer à tourner autour du pot. Et moi, j'ai envie qu'on aille le défoncer, ton père. J'ai envie qu'on lui fasse la prise de karaté, je sais pas, selon son nom. Et qu'en fait, qu'on lui fasse bien comprendre qu'en fait, maintenant, ça se joue pas dans… Ça se joue plus avec ses règles à lui, quoi. Et que moi, j'ai besoin que nos familles, elles aient peur. Je sais que c'est pas bien. Et j'espère que… Je veux pas du tout dire qu'il faut qu'on fasse le mal et tout. Mais je crois qu'ils sont ultra confiants, en fait. Ils croient qu'ils peuvent nous dire n'importe quoi. En fait, ils nous ont toujours vus… un peu soumis à leurs insultes, à leurs préjugés et tout. Et maintenant, j'ai envie qu'on se lève et qu'on se casse. Et qu'en fait, quand quelqu'un, en fait, il dit un truc parce qu'il n'a pas regardé le documentaire LGBT, parce qu'il comprend rien et qu'il me redit un truc homophobe, moi, je suis là. Ah, tu veux un lien avec moi ? En fait, non, ça ne se passe pas comme ça. Et donc, moi, j'ai envie de dire de façon assez posée. Je suis très inconfortable avec ce que tu as dit. Et là, je vais partir parce qu'en fait, j'ai… j'ai pas envie de t'éduquer en plus souvent c'est des gens à qui je leur dis ça fait 3 fois que je t'explique en fait tu me parles pas comme ça et souvent les gens sont là ah mais pourquoi tu parles explique moi mais non en fait gars et du coup je suis là bah wikipédia wikipédia et le lien que je t'ai envoyé il y a tu vois ce que je veux dire et c'est ça un peu qu'ils aient peur t'en penses quoi je vois où tu veux en venir donc de ce contrôle il pense pas que demain matin on peut partir on reste là c'est comme ça encore plus à La Réunion où la famille est super importante c'est vraiment très très ancré donc demain matin il se voit pas du tout il va partir comme ça et nous oublier donc c'est pour ça qu'ils se permettent ce genre de choses Mais oui, donc il faut absolument, si on veut bien vivre et vivre confortablement avec soi-même, il faut aussi choisir son cercle d'entourage, que ce soit familial, amical, n'importe. Mais dès lors qu'il y a quelqu'un qui t'importune mentalement, mais ça demande trop d'énergie maintenant, donc… On part ? Parce que là, tu dis on et plus je, parce que t'en es où de ce chemin-là ? Mon propos te parle, et pour toi, t'en es où sur ce chemin ? indirectement je le fais c'est à dire que en tout cas beaucoup plus amicalement parce que niveau famille c'est plus je l'ai fait mais pas de la bonne manière c'est à dire que je suis parti sans explication je veux dire je suis parti voilà bye alors que niveau amical j'ai beaucoup moins cette cette accroche j'ai beaucoup moins de mal à dire en fait on est pas sur la même engordonde c'est tout tu vois ouais Alors que famille, il y a plus… Je pense que c'est au niveau de l'éducation aussi. Comme c'est la famille et tu n'y peux rien, alors que les amis, tu peux choisir si c'est ton ami ou pas. Alors que la famille, ça reste ta famille. C'est ton père, que tu le veuilles ou non, c'est ton père. Par contre, tu peux choisir qu'il reste dans ton cercle. Après, les mouches, c'est les guêpes. C'était une guêpe. C'est juste en dessous. Ah là là ! Elles sont belles. Tu voulais des tutuis ? Des cuicuis ? C'est ça, mais t'as autre chose. Toi, imaginez, je vais te poser une question et après je vais aller mettre de la crème solaire. Parce que je suis en train de cramer de ouf. Alors, ne juge pas ma petite peau de blanc. Toi, tu crames pas là ? Non, du tout. J'aimerais voir du respect dans ton regard. C'est dur. Quand ils te foutent de ma gueule. Je vais te poser une question et tu vas pouvoir y réfléchir tandis que je vais aller me mettre de la crème. Est-ce que tu pourrais considérer de confronter ton père d'adulte à adulte ? en renversant la table du pouvoir, et en lui donnant des conditions, tes conditions pour que vous ayez une relation, et que s'il est incapable de remplir ces conditions, on parle de respect minimum, ou d'interaction, que sais-je, qui sont tes conditions, je ne suis pas en train de parler de trucs… Est-ce que tu te verrais confronté ainsi ? Si tu peux pas le faire, pourquoi ? Il y a peut-être des enjeux financiers, des enjeux peut-être de sécurité, parce qu'il pourrait devenir violent, etc. Là, je pense que je vais couper le moment au montage où je mets de la crème. Y'a même pas de soleil ! Il n'y a pas de soleil, attends. Il n'y a pas de soleil. Il y a une forte luminosité. Je suis d'accord. Et mes bras sont dénudés et ça chauffe de ouf. N'importe quoi. Et la dernière fois que j'ai fait, genre, Guillaume, il n'y a pas de soleil, arrête de nous casser les couilles, je me suis tapé un énorme coup de soleil. Ah ouais ? Ouais. Ok, bah vas-y, c'est toi qui le sens, c'est ton corps ? Mais voilà. T'as réfléchi à ma question ? Ouais. Qui était ? Repose-moi encore. Ah, tu t'en souviens pas du tout. Ça remonte pas. Je te disais, à l'idée de confronter ton père, à l'idée de confronter ton père, tu ferais, t'en penses quoi ? Alors du coup, en fait, le souci, c'est que je crois que ça va au-delà de la sexualité avec mon père. C'est vraiment la manière de penser. Donc on s'est déjà confronté sur ça, donc pas au niveau de la sexualité, mais on s'est déjà un peu confronté sur « c'est pas comme ça la vie ». Lui, il était très dans « je jette la faute sur toi ». Il est très « je te fais culpabiliser, c'est à cause de toi, si, tel, tel truc ». Donc même vis-à-vis de mes deux frères et sœurs, parce qu'il a des enfants aussi de son côté. Et on a déjà essayé de parler de ça. Moi, j'ai parlé de ça avec lui. J'ai vu que ça n'a mené à rien. Et du coup, je suis parti. Aujourd'hui, tu n'as plus de contact avec lui ? Aujourd'hui, je suis parti un petit peu avant l'Australie. On a coupé les ponts. En Australie, je suis revenu dessus. Et à mon retour… Et il a appris que j'étais de retour et il est revenu vers moi. Donc petit à petit, là on se reparle et il n'y a plus cette espèce de culpabilité qu'il essaye de mettre en fait. Donc là c'est vraiment, est-ce que tu es disponible pour qu'on se voit ? Est-ce que tu es disponible pour qu'on arrive ? Donc il cherche à avoir un lien avec toi. Il cherche quand même à avoir un lien, qu'on a même un lien familial, que je partage aussi avec mes deux frères et soeurs. Tu vois, il a peur en fait. Ils ont peur. Il veut vraiment que je garde ce contact. On le sent pas nous, mais ils ont peur. Et je trouve que, moi j'y crois de ouf à la confrontation. Le terme fait peur. Et je crois que je l'utilise volontairement parce qu'en fait c'est extrêmement flippant. Je crois que d'autres appellent ça une forme de crise d'adolescence, d'autres appellent ça tuer le père, tuer les parents en psychanalyse. Quelque part c'est de devenir adulte et même si on n'est pas queer, tout le monde a à le faire, à dire attends en fait… Et je pense que nous, les queers, on a plus de mal, je dirais, parce qu'en fait, il y a plus de conséquences, il y a plus de possibilités de rompre. Et c'est plus dangereux. Et puis même, on est un peu empoisonné dans nos cœurs. on se dit qu'ils ont peut-être raison, c'est vrai, pourquoi je suis efféminé ? Ou ah bah tiens, je tue des bites, j'aime être soumis, est-ce que c'est bien normal tout ça ? Je pense qu'il y a aussi un peu du poison en nous, ce qui fait qu'on a plus de mal à dire non non mais attends, je tue des bites, ouais ouais papa. Et puis c'est compliqué aussi dans le sens où, là c'est quand même un pilier, ce sont nos parents, donc même s'il y a des insultes, ça reste nos parents, et donc si on confronte, C'est comme si on mettait un terme à cette relation, si jamais ça se passe mal. Aux insultes. Oui, voilà. Jamais ça se passe mal. C'est quoi le lien avec tout ce qu'on vient de se dire ? C'est que l'estime de soi, pour moi, c'est que personne, que ce soit le pape, un président de la République, ma propre mère, personne ne peut outrepasser une certaine limite. Donc, sous l'agacement, dire des bêtises, je ne parle pas de ça, je parle d'un comportement toxique ou de mots ou d'insultes toxiques. Et pour moi, bâtir son estime de soi et donc pouvoir jouir et choisir en liberté, s'épanouir en tant que gay, en tant que danseur, en tant que bel homme que tu es, c'est savoir que j'aurai toujours… Moi avec moi-même, je me protégerai. Donc le moment où, puisque ce sont des piliers parentaux, je me bafoue, ça casse l'estime de soi parce que ça veut dire que même moi-même, je ne sais pas me protéger. Ça veut dire que dans d'autres situations, je n'ai pas confiance que je saurais me protéger. Tu vois ce que je veux dire ? Alors que s'il y a une base solide de ton intime où en fait personne ne peut outrepasser et si ça outrepasse, je me lève et je me casse, quel que soit le prix, c'est là où l'estime de soi, c'est vraiment le terreau de l'estime de soi qui peut après faire grandir des arbres magnifiques. T'en penses quoi ? Si, mais c'est compliqué. C'est super compliqué d'être en accord avec soi-même. Pour faire tout ça, il faut être en accord avec soi-même. En fait, de par l'action de la famille, on a du mal à être en accord avec soi-même. Eux, ils ont une vision. Nous, on a une vision différente. C'est qui « on » ? Mais parle de toi. Mais moi, je ne me considère pas dans ce cas-là. Alors, ne parle pas. Bah oui, mais j'ai… Ce travail-là, je l'ai terminé, on va dire, moi, niveau familial. Tu vois ce que je veux dire ? C'est-à-dire que… Tu penses pas que tu vas le terminer quand tu vas le regarder dehors dans les yeux en disant « je suis débite » ? Mais j'en ressens pas du tout ce besoin, en fait. Je dis pas… Demain matin, comme je l'ai dit, il me demande, je vais lui dire, je lui dis, je m'en fous, je lui dis, tu vois. Et ça a été pareil du côté de mes demi-frères et sœurs, de ce côté à lui. C'est eux qui m'ont demandé. Et je leur ai dit oui. Et ça s'est très bien passé, tu vois. Mais j'en ressens pas le besoin parce que je ne ressens pas… Je sais pas comment t'expliquer. T'as pas envie de lui faire un cadeau ? T'as pas envie de créer un intime ? Exactement. J'ai essayé à l'époque. Et j'ai vu le résultat, ça s'est pas bien passé, etc. Quand j'étais au lycée, etc. C'est bon, j'ai donné, quoi. Alors que, par exemple, du côté de ma mère, où là, j'ai essayé, j'ai donné, j'ai besoin de son… Enfin, pas son approbation, mais j'ai besoin de ce lien. Donc, tu vois, du côté de ma mère, c'est pas pareil. Et tu l'as ? Et je l'ai, oui, oui. Elle t'aime comme tu es ? Ouais. Même quand tu vas briller en danse et avoir des manières ? Oui, oui, oui, elle s'en fout complètement. Génial. Que je mets des talons ou autre. Des talons ? Non, justement, mais elle me demandait. À l'époque, tu sais, quand on se découvrait un peu, quand je venais lui dire, je suis gay, etc. Et elle me disait, est-ce que tu mets des perruques ? Elle était très curieuse, en fait. Ok. Non, non, ça s'est super bien passé avec ma mère. Il y a juste eu ce moment de complication où elle pensait que… parce qu'elle m'a un peu forcé à le dire elle c'est pas moi qui lui ai dit tu vois et ça ça l'a blessé parce qu'elle pensait qu'elle avait instauré un climat de confiance et que je me sentais assez bien de le dire de moi même tu vois juste ça et moi de mon côté j'ai pas apprécié qu'elle me force un petit peu à le dire tu vois donc ça a été juste ce moment là qu'il fallait passer mais en soi elle a accepté c'est bien tu vois je reviens ici on se revoit dans 5 ans ouais Et tu me dis, putain Guillaume, je me sens de ouf, libéré, épanoui, je me sens dix fois mieux. Il y a plein de choses qui se sont mises en place, des choses ont changé. Qu'est-ce qui a changé ? Qu'est-ce que tu as mis en place ? Alors, si on se revoit dans 5-10 ans, même dans un an, j'espère que ça sera très vite, tu vois. C'est tous mes soucis d'autosabotage que ça y est, il n'y a plus du tout, que j'arrête de faire des comparaisons qui existent ou qui n'existent pas. Tu vois, je peux me comparer avec des gens qui existent, mais que j'ai totalement imaginé aussi, tu vois. Donc tout ça, que ça c'est plus de soucis. et que je vis une relation qui me convient parfaitement que j'ai atteint un niveau de bonheur qui ne me fait pas peur et toi tu veux être amoureux d'une seule personne dans un couple exclusif c'est ça ton kiff et tu veux bâtir quoi avec cet amour ? Il y a des idées particulières des projets qu'on habite ensemble et surtout qu'on voyage, on voyage mais minimum une fois l'année, à deux ou si jamais il peut pas professionnellement mais que je voyage seul mais que je suis serein, je suis bien avec moi-même, je peux être seul tout en étant avec lui et sans soucis, sans de… Ouais, sans te prendre la tête. Ouais, exactement. Sexuellement, t'as envie de quoi avec lui ? Sexuellement, que je sois ok avec ses… quand il n'en a pas envie, quoi. Enfin que, tu vois, je… Accepter, ce sera un grand mot, mais que je sois juste bien, que je sois OK avec. Il y a des moments avec ou sans et que j'apprenne à vivre avec et je trouve des solutions pour me satisfaire. Et que ça me convienne et que je n'ai surtout pas cette peur encore de tout sabotage par rapport à ça. Oui, que tu ne lises pas, que tu n'interprètes pas son absence de libido contre toi comme si c'est toi qui n'étais pas assez. C'est ça. Et donc qu'il y ait plus ces non-dits aussi. Je pense qu'il y a quand même des petits non-dits sexuels qu'on va pas approfondir forcément. C'est-à-dire qu'on pense qu'il n'y a pas de tabou actuellement. Mais je sais pas, j'ai quand même un petit côté de moi où je pense qu'on va pas forcément au bout des choses quand on parle. Donc ça… J'aimerais qu'on aille au bout, que j'ai plus ce sentiment, ça se trouve ce sentiment est totalement erroné, mais que j'ai plus ce sentiment. Tu dis aujourd'hui avec ton mec actuel, Monsieur Compliqué, tu t'empêches de dire certaines choses ? De mon côté, ou même plus de ce côté. Sur quoi ? Sur des pratiques sexuelles ? En fait, il a du mal à… Lui, il a toujours du mal à se livrer. C'est-à-dire que moi, tout le temps que je lui pose des questions, il me répond, il n'y a pas de soucis. Mais de lui-même, j'aimerais bien qu'il me dise ses envies, ses petits fantasmes. Parce que dans 5 ans, on est avec lui ? Oui. Idéalement. On verra bien. Qu'est-ce qu'il y a ? Rien. Eh ben, deal. À dans 5 ans. À dans 5 ans. Et dans 5 ans, on danse ? J'avais prévu de reprendre dans tous les cas. Là, j'ai arrêté parce que c'est compliqué, ça coûte cher quand même. Et comme je suis contractuel, donc pas forcément des contrats tout le temps. Et on danse où ? Dans 5 ans, on t'a fait une représentation ? Dans un club. C'est quoi un club ? Un club, c'est avec… Le club de la nice ? Non, un club de danse, c'est une salle où il y a un prof et tu as des gens qui dansent avec toi. Mais c'est vraiment un truc où tu peux faire à la fin une chorégraphie. Tu as fait un spectacle dans cinq ans ? Je ne ressens pas forcément l'invité à un spectacle. Tu as fait une vidéo de la chorégraphie où tu es trop fort ? Ouais, filmer par exemple quand on finit une chorégraphie, parce qu'en général c'est sur plusieurs séances, et à la fin d'une chorégraphie, j'aimerais bien mettre mon téléphone en face, me filmer et que je sois fier. Et est-ce que la dernière pause de la danse, c'est toi en théière ? Moi en théière, moi en tout ce que tu veux, moi en grand écart, en théière maximale, mais vraiment une théière que t'as jamais vue. Une théière genre qui te sert d'ité. Voilà. Et bien c'est tout ce que je te souhaite parce qu'en fait t'as pas à avoir peur, t'as pas à avoir honte t'as pas à rentrer dans zéro moule tu es le moule, you are the moule t'es une petite moule non c'est pas une insulte une moule c'est pauvre quoi