Gay et épanoui 🥳 (2/3) La fin des blocages, pas des angoisses

Je suis Guillaume, créateur du podcast Actif ou Passif ? : après quatre ans de recherche, j’ai levé mes blocages sexuels, mais les angoisses qui les nourrissaient restent une négociation permanente.

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Dans cet épisode du podcast :

  • Un condylome m’impose les rapports protégés : se caresser nus comble déjà une part de mon désir
  • Je croyais qu’être actif, c’était bourriner comme au porno : c’est une compétence, pas une performance
  • On me traitait de tapette au collège avant que je me sache gay : ça s’appelle le stress minoritaire

💡 Mes conseils

Je suis Guillaume, créateur du podcast Actif ou Passif ? : 4 ans de recherche sur l’intime gay, des dizaines d’experts interviewés.

Comment sortir d’un script sexuel automatique ?

Pour moi, ça a commencé par une question simple : qu’est-ce que j’ai vraiment envie de faire, là, maintenant ? J’ai arrêté de dérouler l’enchaînement appris (on s’embrasse, on pénètre, on éjacule) comme un automatisme. Je m’autorise à ralentir, à m’arrêter, à varier les rythmes, à dire « attends ». C’est mon chemin, pas une recette : certains aiment ce script et le vivent très bien.

Comment devenir actif quand on a peur de ne pas y arriver ?

Le podcast m’a aidé à comprendre que pénétrer est une compétence, pas une performance. On ne s’emboîte pas si facilement quand on ne connaît pas le corps de l’autre : selon la position, j’ai besoin de dire « plus haut », « plus bas », d’ajuster. Avant, je croyais qu’il fallait bourriner comme dans le porno. En vrai, ça passe par la communication, et l’ajustement est normal.

Pourquoi parler de ses blocages aide à s’en libérer ?

Pour moi, dire les choses coupe un effet de poison. Tant que je cachais mes blocages, ma peur du rejet tournait en boucle. Le jour où je l’ai dit à ma famille et à mes amis, j’ai vu que je ne perdais pas ma valeur à leurs yeux. Le problème ne disparaît pas d’un coup, mais le petit moteur de panique s’éteint et je peux commencer à chercher des ressources.

À quoi servent le stress minoritaire et l’homophobie internalisée pour se comprendre ?

Ce sont des clés de lecture, pas des étiquettes. Quand j’ai écouté l’épisode sur le stress minoritaire, j’ai mis un mot sur mon hypervigilance : enfant, on me traitait de tapette avant même que je me sache gay. Comprendre ces concepts m’a permis de regarder où sont mes nœuds, comme une recherche. Ça ne règle pas tout, mais ça oriente le travail.

La masturbation est-elle un problème quand on bloque sur la rencontre ?

Selon mon expérience, la masturbation en elle-même n’est pas le problème : je m’en sers parfois pour me détendre ou m’endormir. Le souci, c’est quand elle prend toute la place et me coupe des autres. À une époque, je préférais me masturber plutôt qu’affronter ma peur de la rencontre et des IST. Aujourd’hui, j’ai plutôt envie de proposer un café. La place de l’outil a changé, pas l’outil.

Comment avancer sans se mettre la pression de performance ?

Le pire piège, pour moi, c’est l’injonction à performer, même dans le cheminement. Au début, le podcast s’appelait « Comment devenir sexuellement épanoui ? », et cette question portait l’idée qu’il existe un chemin et des astuces. En vrai, c’est sinueux : parfois j’ai l’impression de reculer, sans reculer du tout. Je négocie en permanence entre me déconstruire et me protéger quand j’en ai besoin.

Vers qui se tourner pour travailler ces blocages liés à l’intime ?

Moi, ce sont surtout des épisodes avec des psys qui m’ont fait avancer, mais écouter ne remplace pas un accompagnement. Si ces blocages touchent ta santé mentale (peur du rejet, auto-attaque, trauma), un ou une thérapeute peut t’aider à dénouer ce que je ne fais qu’effleurer ici. Tu peux trouver des praticien·nes gay-friendly dans l’annuaire du podcast.


📌 On en parle dans cet épisode

▶️ Tuto simple sur l’orgasme prostatique : le plaisir anal qui a changé ma vie, même si je n’ai pas encore atteint l’orgasme prostatique. Écouter l’épisode

▶️ Devenir actif : ce que j’ai fait pour me débloquer : comment j’ai compris que pénétrer est une compétence et lâché la pression de performance. Écouter l’épisode

▶️ Le tantra pour décupler mon plaisir (avec Baptiste) : où je raconte comment le tantra queer a décuplé mon plaisir et ma sensualité. Écouter l’épisode

▶️ Une caresse me fait vriller (avec Victor) : l’épisode sur la sensualité où un rapport n’est pas obligé de finir par l’éjaculation. Écouter l’épisode

▶️ Porno : Zoé la sexologue nous rassure : elle dédramatise le porno et les fantasmes, ça m’a déculpabilisé. Écouter l’épisode

▶️ Masturbation : Zoé la sexologue nous rassure : pourquoi la masturbation n’est un problème que si elle me coupe des autres. Écouter l’épisode

▶️ Stress minoritaire : les secrets d’un psy gay pour se débloquer : l’épisode qui a nommé mon hypervigilance et m’a fait comprendre le stress minoritaire. Écouter l’épisode

▶️ Les impacts méconnus de l’homophobie sur ton cerveau (avec la Dr Petit) : la Dr Petit explique comment le trauma s’imprime, quel que soit notre niveau. Écouter l’épisode

▶️ Velvet Rage : les 3 étapes pour s’épanouir quand on est gay : les phases de honte, de survie, puis de retour à l’authenticité. Écouter l’épisode


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Lire la transcription de cet épisode
On se relance ? Allez ! Les petits choux ! Oui ! Épisode 2 ! Coucou ! Coucou ! Coucou ! Bonsoir ! Nous sommes avec des amis très chers, Adrien, Victor et Baptiste, qui sont... Comment je peux vous appeler ? Vous êtes un peu mon gang de pédales, d'homosexuels épanouis. Non, en cours d'épanouissement. Et vous êtes mes amis d'amour depuis plusieurs années. Chacun, vous êtes rentré dans ma vie. On est rentré dans nos vies de manière différente. On pourra raconter si ça a lieu dans les différents points qu'on déroule. Parce que là, c'est la fin du podcast. tel qu'on l'a connu. Et je galérais à trouver comment en conclure. Et là, c'est grâce à vous. Vous m'avez dit, nous, on va te poser des questions. Et je me suis dit, mais oui, bien sûr. Et en fait, moi, je trouvais ça chouette de répondre. Dans le premier épisode, j'ai expliqué comment j'ai pris la décision d'arrêter. Mais ce que je trouve vraiment chouette et utile, c'est de se dire, bon, 4 ans de recherche, 380 épisodes. Le gars était déter. Qu'est-ce que j'en tire ? Et ça, je trouve ça chouette de partager. Dans le premier épisode, le premier point, c'est vraiment la portée de dire et de dire publiquement ce que ça nous fait et d'ailleurs ce que ça a fait pareil aux gens qui ont participé au podcast qui me l'ont dit et le deuxième point c'était moi concrètement ce podcast il m'a appris des techniques sexuelles on devrait avoir des guides et c'est ça que j'ai essayé de créer avec ce podcast on a parlé bien sûr lavement on a parlé prep avant qu'on passe au troisième point Toi, dans le premier épisode, Baptiste, t'as parlé d'orgasme prostatique et je suis complètement d'accord que les épisodes avec Nathalie sur l'orgasme prostatique qu'on peut retrouver en tapant actifoupassif.com slash orgasme prostatique. Petit aparté, tu trouveras les liens des épisodes qu'on mentionne là dans le descriptif, le descriptif de cet épisode. Comme ça, tu peux les retrouver facilement et les écouter. Non, franchement, en termes de plaisir anal, moi, ça a changé ma vie. C'est sûr. Je n'ai pas encore atteint l'orgasme prostatique. L'épanouissement n'est pas une pression de performance. Working progress. Tranquille. Tranquille, on kiffe le chemin, on ne cherche pas que la destination. Ouais, ouais, non, mais je dis ça un peu comme si j'aimais, parce que moi, c'est mon gros problème. Je suis là, bouge le chemin, par la foutre. Mais non, franchement, plein de joie, justement, dans les techniques. Ce que j'avais envie de rajouter au premier épisode, c'est l'importance de la lenteur et de la sensualité pour moi. Ouais, et est-ce que j'arrive toujours à bien le demander ? Ouais, de plus en plus, à le dire quoi, à dire « attends ». Souvent, dans le sexe, moi je dis « attends ». Bon, après, j'ai pas besoin qu'on se contemple mille ans et tout, et j'aime bien quand c'est plus vigoureux et tout, mais il y a vraiment ce « non mais moi c'est comme ça que j'aime et j'ai le droit d'en parler ». Après, si mon partenaire n'aime pas comme ça, c'est… Mais ouais, la lenteur, prendre le temps de regarder, prendre le temps... Là où souvent dans mes rapports sexuels, j'étais là, direct au but, genre bam ! Est-ce que tu dirais que t'es sorti d'un script un peu pornographique de on s'embrasse, on s'ossuse, on se pénètre, on éjacule et c'est fait ? Je l'ai reconquis. En fait, moi j'aime bien ce script. Ouais ? Là où j'ai entendu qu'il y a dans le podcast, il y a plein de gens qui sont las de ça. Moi, je l'aime bien, mais je l'ai fait mien. Ce n'est pas un script que je suis de façon automatique. Sur la technicité, j'ai compris que c'était une compétence. J'ai compris qu'en fait, ça ne marche pas à tous les coups. J'avais un peu une attente que ça s'est censé marcher d'une certaine manière. Bah non. J'avoue, ça paraît tellement débile quand je le dis là. Et je pense que le Guillaume du passé, il serait un peu saoulé d'entendre ça. Il serait là genre... C'est un peu bateau. Mais c'est tellement vrai et je ne l'avais pas intégré dans le corps. Ouais. Et c'est peut-être de petit à petit me dire, ok, dans le script, c'est quoi qui me plaît ? Ouais. Peut-être script, c'est un mot enfermant. Mais j'ai envie de quoi ? Dans les automatismes, parce que c'est un peu ça. C'est plus ça, t'as raison. On nous a un peu matrixé avec, ok, c'est tac, tac, tac, tac, tac, et donc je fais tac, tac, tac, tac, mais peut-être que j'ai pas envie de faire ça, peut-être que j'ai... Est-ce que je me laisse la liberté de m'arrêter quand j'ai envie de m'arrêter, de faire une pause, de varier les rythmes, comme tu disais, de remettre de la lenteur, de remettre une spécialité animale rapide, de remettre... Et de sortir aussi du schéma, t'en as plusieurs fois parlé dans les podcasts aussi, obligatoirement pénétratif. Il peut y avoir aussi un plaisir... qui est juste dans la sensualité qui peut être juste dans le fait d'embrasser qui peut être juste dans les caresses ça j'aurais très envie de raconter un truc oui je vois ton visage s'illuminer tout le monde va croire qu'on fait des plans à 4 en mode boucaqué alors pas du tout peut-être je n'ai caché ni avec Victor ni avec Adrien ni avec Guillaume voilà je le dis Non, ce que je voulais dire là-dessus, c'est que moi, je suis en train de redécouvrir ça. C'est comme si je repassais par le même cheminement. C'est-à-dire que ce truc de déprogrammer, ça fait longtemps que je travaille là-dessus sur « ok, pas suivre forcément un script et me laisser faire ». Et un peu comme tu disais, me réapproprier ça. Et en fait, c'est vrai que moi, je kiffe, j'adore les fellations, j'adore la pénétration, etc. et récemment j'ai eu un condylome de papillomavirus donc c'est une sorte de petit bouton moi je l'ai eu sur la verge, tu peux l'avoir sur l'anus aussi et je crois que dans la bouche aussi donc on a je crois qu'on a tous le papillomavirus en nous et en fait il se manifeste ou pas et là encore il se manifeste ça veut dire que c'est contagieux donc il ne faut pas de contact avec une autre muqueuse et donc ça me force à nouveau à ne pas avoir de recevoir de fellation sans protection et ne pas avoir d'anal sans protection Et du coup, là, j'ai eu un amant récemment et vraiment, d'un côté, c'était à la fois hyper frustrant parce que j'en avais envie, donc j'avais vraiment envie de... Et en même temps, c'était hyper libérateur par la frustration. Du coup, ça nous a forcé à avoir une sexualité beaucoup plus lente, bien différente. Et aussi de mesurer à quel point, par exemple, juste être nus ensemble et se caresser et se frotter pendant vraiment, je ne sais pas, une demi-heure ou comme ça, il y avait une part de moi qui était déjà satisfaite. En fait, il y avait une part de désir qui était déjà satisfaite. Et ça, je trouvais ça ouf. Mais moi, ça m'a fait aussi l'opposé. Maintenant, je suis aussi genre... Parfois, j'ai juste envie de pénétrer. Ouais. Enfin, tu vois, je pense que j'ai... J'ai... Mais c'est un peu toi, Adrien. Je sais pas si j'ai le droit de le dire. Vas-y, vas-y, vas-y. Non, mais genre, tu m'as déjà raconté des choses où je trouvais que c'était très... Voilà, j'ai envie de ci, j'ai envie de ça. Et là où moi, peut-être... Avant, voilà, plan cul direct. Ouais. Avant, j'avais des jugements par rapport à ça. Et aujourd'hui, en fait, je n'aime toujours pas le plan cul direct, mais il y a quand même un côté direct que j'aime et que j'ai su mieux circonscrire. Et tu arrives à savoir pourquoi avant tu le pratiquais moins ? Dans mon homophobie internalisée, dans mon rejet de la sexualité, je disais je peux avoir du sexe que quand je suis amoureux. En fait, je faisais un petit narratif de c'est donc un sexe propre, entre guillemets, un sexe. J'ai le droit, mon cerveau a accepté parce qu'on est amoureux, que ça copie un peu les codes des films et tout. Alors que du sexe comme ça, avec plein de partenaires ou bien du sexe rapide, c'est forcément mal. C'est forcément une détérioration. Mais on a eu cette conversation ? Non mais toi tu m'as raconté des trucs où je trouvais que c'était inspirant quoi. Et je pense que l'autre truc dans les scripts, les automatismes, moi ce podcast il m'a vachement aidé à pénétrer, à être actif. Du coup en me disant ok, on fait comment ? Et nous rendre compte que mes peurs ou mes blocages comme je l'ai raconté sur le podcast bah en fait j'ai appris la compétence et non j'ai pas à reproduire ce qu'il y a sur le porno et je sais que c'est aussi un truc un peu bêta tout le monde nous le dit non ? Mais moi quand même au début j'étais là bon bah il faut que je bourrine ou faut que je fasse des grands vieilles viens comme dans les films et tout. alors même qu'on m'avait dit que le porno c'est pas la vérité et petit à petit j'ai testé d'autres trucs en communiquant en disant c'est comment là et tu dirais que t'étais moins actif avant parce que quoi c'était la pression de la performance en mode putain il faut que j'arrive faut que ma bite soit plus grosse faut qu'elle soit tout le temps ultra dure il faut que j'ai un comportement d'actif Comportement bas, ouais. Genre dominant ? Faut forcément que j'ai l'air super hétéro et dominant, sinon j'ai pas le droit de. Tout ça, c'était des pensées irrationnelles, mais je sentais et tout. Donc en fait, ça mettait une pression sur les épaules. J'étais là, putain, faut que je foute un masque et tout, j'ai la flemme. Il faut, il faut, il faut. Et tu vois, petit à petit, j'ai eu des rapports sexuels où sans masque, les gens me kiffaient, quoi. et alors du coup t'es actif ou t'es passif ? et bien ça va et ça vient ça va et ça vient du prisme très total actif à total passif au milieu vers ça exact les deux ça va ça vient ça change sans cesse voilà t'as l'air ultra déçu de la réponse non non pas du tout je te promets c'est vrai en ce moment je suis très passif mais je pense que ouais non je suis pas déçu c'est juste que c'est la blague par rapport au titre du podcast et toujours une espèce d'injonction aussi on en a déjà parlé sur Grinder notamment l'espèce de de se définir par cette pratique là titre du podcast que vous n'aimez pas du tout d'ailleurs c'est vrai en effet j'ai abondamment milité contre comme ça les gens seront contents parce qu'il y en a qui n'aiment pas et ceux qui aiment ils seront contents aussi si vous n'aimez pas vous avez raison ouais ouais mais j'ai un autre sujet aussi sur comment concrètement ta sexualité a changé mais je sais pas si vous aviez fini sur la technicité de actif passif vraiment le dernier truc que je peux dire que j'ai dit mille fois sur le podcast c'est cette histoire de on s'emboîte pas si facilement quand on connait pas les corps tu sais moi quand j'essaie de pénétrer quelqu'un bah en fait tu sais selon la position bah ouais c'est clair en fait selon la position et tout je peux pas te pénétrer genre ultra facilement enfin tu vois ce que je veux dire si tu me mets à 4 pattes il faut que je te dise plus bas plus haut nanani ça c'est vraiment pour moi une découverte voilà et du coup t'arrives maintenant à parler à dire plus haut plus bas plus machin en tout cas je sais très bien qu'on est tous pareil et que c'est normal qu'il y ait un petit ajustement Tu vois, quand on ne se connaît pas les corps, je me sens plus assuré. C'est une question de communication, de réussir à dire les choses aussi. Alors, quand on s'est rencontrés, on a parlé de sexualité, et je me souviens que tu m'as dit que parfois, et je t'ai demandé avant qu'on enregistre si je pouvais évoquer ce sujet. Tu peux dire comment on s'est rencontrés, toi tu fais du tantra, tu es le baptiste de l'épisode. Il y a un épisode en février 2022 qu'on a enregistré ensemble où je raconte un peu justement mon parcours dans le tantra et comment je suis venu animer du tantra queer, etc., et donc nous on se connait parce que à mon tout premier atelier la toute première personne donc moi je fais des petits échanges téléphoniques avec les personnes avant qu'elles s'inscrivent à mes ateliers juste pour qu'on fasse connaissance et qu'on regarde un peu les attentes si on est bien aligné Et tu as été la toute première personne que j'ai eue au téléphone dans cette activité-là. Et en fait, ce qui est drôle, c'est qu'on s'est lancé en même temps. C'est-à-dire que moi, je me suis lancé dans ton track, en toi, tu lançais ton podcast. Ah oui, c'est vrai ? En 2021. À quelques mois après, je pense. et donc je me souviens que tu alors non c'est des entretiens de genre 20 minutes nous on avait passé une heure au téléphone mais je me souviens que tu m'avais partagé que il y avait aussi un aspect exutoire dans ta sexualité notamment de la masturbation comme déstressant quand ça va pas c'est un outil sorti quel est ton rapport à la masturbation ? je me suis branlé toute la journée ah ah ah Mais c'est vrai. Non, en vrai, là, aujourd'hui, j'étais tellement stressé. J'avais tellement peur et tout. J'avais tellement besoin de me dissocier. Par rapport à la fin du podcast ? Ah ouais, ouais, ouais. Donc, hier, j'ai mangé tellement de gaufres et de sirop d'érable. C'est vrai, j'avais mal au bide. Et là, aujourd'hui, je me suis branlé. Donc, je dirais que... mais ça a complètement changé ça a complètement changé en fait là aujourd'hui quand je me suis branlé je me suis dit bah ouais je sais pas moi parfois je l'utilise aussi pour m'aider à m'endormir il n'y a pas de panique avec l'outil le problème je pense c'est si l'outil prend toute la place dans ma vie si ça m'empêche de faire des choses si ça m'empêche d'avoir du sexe de rencontrer des gens et tout et ça a été le cas je pense à petite dose quand même au moment où on se parlait c'était le cas tellement bloqué peur la rencontre avec l'autre peur de bah en fait me branler je préférais tu vois et je sais que ça a énormément changé parce qu'en fait aujourd'hui tu vois les gens sur Grindr ou sur Tinder ou sur les apps de rencontre qui me disent ouais moi je veux juste du dial du dialogue ouais mais tu sais ils disent dial je veux juste de la conversation ah ok d'accord ouais Et on se chauffe et juste on s'envoie des photos et tout. Moi je suis là, maintenant j'ai envie d'aller prendre, viens on prend un café. À ce moment-là où tu racontes que tu te branlais régulièrement, c'était quoi la peur de l'autre ? En fait, ma sexualité ne s'exprimait que par une masturbation qui me coupait de l'autre. C'est ça que je veux affiner. La masturbation en elle-même n'était pas un problème selon moi. D'avoir des fantasmes n'est pas du tout, mais c'est qu'en fait c'était le seul endroit où je pouvais parce que sinon j'avais peur des IST, comme j'ai dit à l'épisode précédent. J'avais peur de la rencontre, j'avais peur d'être trop moche, j'avais trop de voix en moi. C'était quoi le risque de la rencontre ? C'est une très bonne question. En tout cas, d'être sexuellement avec quelqu'un, les IST, c'était vraiment l'angoisse par avant, l'angoisse plexiglas qui m'empêchait de toucher à ça. Tu sais, c'est un peu comme l'angoisse répétitive qui se met devant et qui gêne tout le reste. Même si je n'avais pas de rapport sexuel qui permettait à une IST de passer. Ça, c'est assez impressionnant. J'avais peur même si... Tu sais, il n'y avait pas de muqueuse sur muqueuse, tu vois, de possibilité de... Donc, ouais, ouais, ouais. Et justement, moi, je pense que le dire, ça libère. Ouais. Parce qu'en fait, mais ça, c'est le premier point. Pour moi, ce qui se passe quand tu dis... Moi ce que j'ai vu, c'est que non seulement ma famille et mes amis ne se sont pas détournés de moi. Donc en fait la peur ancestrale pour moi, c'est le rejet. Au collège, au lycée, j'ai senti qu'en fait je pouvais mourir. Mon cerveau a cru qu'il allait mourir en mode survie humaine, je suis dépendant de la tribu. J'ai vu que je pouvais être exclu de ma famille ou de mes amis. Chose qui, je pense, n'a jamais été vraie. Mais je l'ai cru. Mais je sais que c'est pas vrai et qu'aujourd'hui les gens à qui je le dis me disent mais je comprends pas. Mais mon cerveau a imprimé ça. Mais tu l'as vu, tu l'as appris quelque part, non ? Bah ils ont dû dire des trucs homophobes ou il y a des silences que j'ai pris pour de l'homophobie ou il y a des non-dits. Il y a un silence dans ma famille qui fait aussi que je me suis dit bon bah s'il y a du silence c'est qu'il y a du malaise et que c'est qu'il y a un problème. Et le fait de dire... et de voir que je ne perds pas ma valeur aux yeux des autres, en fait, ça enlève ce petit moteur de panique. Donc, tu as toujours ton problème, mais j'ai l'impression que tu peux commencer à le résoudre ou tu peux trouver des ressources. Je ne sais pas, il y a un truc de poison qui s'arrête au moment où tout le monde le sait. Le poison ne peut pas faire effet pareil. Il continue à faire effet, il va falloir se battre, il va falloir trouver des... Mais il ne peut plus faire poison pareil. Et par rapport à ta famille, est-ce que tu es à l'aise là ? Ce n'est pas le point actuel. Non, on va en parler juste après. En vrai, je te promets, je suis grave à l'aise. Parce que c'est le cœur quand même de mon travail. Sur le podcast « M'a appris les techniques sexuelles », j'ai envie d'ajouter, on a déjà parlé de l'orgasme prostatique, la sensualité. Moi, Victor, t'as fait un épisode avec moi ? Ce sont des rumeurs exactes. qui sont exacts et justement je crois le titre c'était l'importance de la sensualité j'ai oublié les titres et pour que les gens le retrouvent bon ils pourront aller sur le site oui je crois que le premier s'appelle une caresse qui me fait vriller merci donc les gens peuvent taper ça sur toutes les plateformes sauf youtube parce qu'après je passe mon temps à répondre à des messages oui youtube censure certains épisodes Mais moi, sur la sensualité et le fait qu'un rapport sexuel n'est pas obligé de terminer sur l'éjaculation, il le peut si je le souhaite. Mais dans les scripts Les Automatistes, j'avais envie de saluer ton épisode et comment toi, dans notre amitié aussi, tu me taquines parfois. Ah oui, c'est vrai que j'aime bien faire ça. Voilà, c'est tout. Mais t'as pas forcément plus à dire. Dans la technicité, j'avais envie de dire ça. Et j'avais envie aussi de parler des épisodes avec Zoé, la psychothérapeute suisse. Plus récente, plus récente, une rencontre plus récente grâce à un auditeur d'ailleurs. Et ça, ça a été génial sur justement la masturbation, les fantasmes. Je trouve que d'amener de la technicité psy aussi sur c'est bien normal. D'avoir une professionnelle qui dit, bah oui, bien sûr. Bien sûr que la sexualité, c'est aussi l'interdit. Ça dédramatise, ça te déculpabilise. Ouais. Et là-dedans, on a déjà un peu parlé, mais trauma, stress minoritaire, pour moi, ça a été vraiment... Moi, je savais pas. Stress minoritaire. Ouais. L'épisode stress minoritaire avec le docteur... Non, il est psy. David Friboulet. Et puis sa manière de raconter et tout. Oh ! Moi ça m'a connecté à des trucs de ouf en fait j'ai compris plein de choses quand j'ai écouté cet épisode de mon expérience perso il me dit ah oui en fait ça s'appelait du stress minoritaire. Souvent j'ai une espèce d'hypervigilance et je pense qu'il est dû à ma culture familiale dans laquelle j'ai grandi et tout ça. Mais je pense que mon homosexualité venait mettre une couche supplémentaire sur le fait, comme tu l'as dit tout à l'heure, de ne pas être repéré, identifié comme gay. de retirer tous les gestes trop efféminés, trop identifiables, qui deviennent un risque. Moi, j'ai le souvenir, gamin, j'étais au collège, d'avoir été traité de tapette, de pédé, sans même que moi, je commence à mettre des mots sur ma sexualité, sur mon désir, etc. Je me dis bien, en fait, il y a des gens qui savaient lire en moi des trucs que moi je ne savais pas et ça m'a été hyper difficile, hyper traumatisant et je pense que le stress minoritaire évidemment mais je trouve des mots là-dessus qui sont hyper... enfin je pense qu'il y a une expérience assez répandue quoi Et qui s'imprime dans ma vie sexuelle et dans mes possibles sexuels, c'est-à-dire ça crée une série de petits nœuds, tout le monde vit pas la même chose, mais moi j'ai vraiment senti que de comprendre ce concept-là, ça reste un concept, c'est une couche, mais en fait ça m'a aidé à voir, ok, regarde dans cette direction, est-ce qu'il n'y a pas des nœuds dans cette direction, en mode recherche, tu vois ? Et quand tu parlais d'effacer ce qui est féminé et féminin, ça me fait penser au vernis. Et toi, tu voulais en parler, Victor, mais j'ai eu une période vernis. Mais vas-y, Victor. Je me souviens que tu allais même chez l'esthéticienne et tu as fait plein de couleurs de l'arc-en-ciel différentes. Vernis sur mes doigts. Sur les doigts. Sur les ongles, pardon. Sur les ongles, oui. C'est vrai qu'on n'a pas été précis. Mais justement, ce que ça m'évoquait aussi, c'est l'homophobie internalisée. Et je pense que... C'est un mot que je me suis approprié ces dernières années en vous côtoyant et je ne suis même pas sûr à quel moment vraiment j'en ai entendu parler pour la première fois mais je trouve ça vachement lié. Je ne saurais pas faire exactement les ponts avec le stress minoritaire mais pour moi cette vigilance elle est aussi parce qu'en fait on assimile qu'il y a des trucs qu'il faut cacher. et en fait certains peuvent le cacher mieux que d'autres en fait et au final ceux qui en souffrent le plus c'est ceux qui arrivent le moins à le cacher et je trouve que c'est vachement douloureux de d'assimiler que si tu te caches pas tu vas souffrir mais au final ce que tu sais pas c'est que si tu te caches tu vas souffrir aussi mais pas de la même manière parce que finalement tu te détestes toi même tellement tu essaies de te changer et c'est affreux en fait ouais Et après, t'es obligé de déconstruire la super stratégie de cachoterie que t'as fait. Et c'est ultra difficile de déconstruire un truc que t'as mis tant de temps et tant d'énergie à construire. Et ton cerveau te dit que c'est comme ça que t'as survécu. T'es en train de déconstruire un truc qui te fait croire que c'est des fondations qui ont permis ta vie. Qui ont permis ta vie, qui ont permis de vivre à peu près en sécurité. Et en fait, t'es obligé de déconstruire ce truc. Et à plein d'égards, c'est aussi vrai. Ah, retournement. Parce qu'en vrai, moi, je pense, c'est trop bizarre. J'ai un exemple ultra spécifique qui me vient en tête. J'ai parlé à des gens qui ont des carrières dans les milieux de la finance. et qui ont des carrières donc qui ont augmenté enfin tu vois qui sont devenus managers et tout et qui disaient ah mais moi si je dis que je suis homosexuel ou si je suis trop efféminé j'ai pas le job ah c'est chaud et en fait il y a plein de gens là aujourd'hui qui en fait de fait ont structuré leur vie pour coller au max à l'hétérosexualité et pour de vrai ils ont survécu il y a des gens qui ont pas été assassinés pour ça c'est une réalité genre c'est quoi putain faut que je connaisse le chiffre par coeur Un guet-apens tous les trois jours en France ? Un guet-apens homophobe tous les trois jours en France ? C'est énorme. Bon bah les guet-apens ils nous sélectionnent. Tu vois, il faut entre guillemets des preuves d'homosexualité pour qu'ils aient envie que leur haine se défoule sur nous quoi. Mais c'est une stratégie de survie. Je pense qu'on la porte tous en nous, cette stratégie de survie. Ça me fait penser à la première fois où je suis allé à la Pride, j'avais 20 ans, où j'ai vu des drag queens. Je ne connaissais pas l'histoire de Stonewall, tout ça, à l'époque, qui avait déclenché cette commémoration, qui en est à l'origine. Juste moi, avoir des drag queens me mettait hyper mal à l'aise et j'étais là, elles desservent leur cause, je veux pas ressembler à ça et j'avais envie d'être un gay qui rentre bien dans les rangs et qui est juste être comme tout le monde et pas... et pas dépasser quoi ce qui est plus du tout le cas aujourd'hui et je trouve que c'est une conquête ça moi pour ma propre vie en fait et c'est un peu aussi ça que je pense que j'ai que j'ai appris aussi à vos côtés en fait à tes côtés du coup Guillaume et ouais c'est genre parce que la première fois où je me suis mis du vernis à ongles c'était avec vous deux Baptiste et Guillaume du coup c'est vrai ? oui on était au parc juste à côté et vas-y donne pas mon adresse non non c'est un parc parisien et je me souviens et c'est resté, j'ai de plus en plus beaucoup de plaisir à faire dans les ongles maintenant et pour moi c'est un espace de liberté aujourd'hui et ça m'amuse et ça m'amuse de partager ça avec d'autres personnes et donc ouais c'est des petits trucs de conquête comme ça que je trouve chouette Ouais. Moi, c'est récent. Donc, j'ai eu la période vernis qui était quelque part aussi... Je trouve que dans cette période-là, ça a stimulé des questions de mon entourage. Donc, on est toujours dans cette stratégie de « est-ce que je vais mourir ? Est-ce que je vais être exclu ? » Je me rappelle notamment de comment mes parents ont réagi. T'en dis quoi ? Bof. Pas de soucis. Je ne sais pas si papa a dit quelque chose. Maman, elle va encore prendre son tarif. J'ai eu des parents super aimants et j'ai grandi dans une famille... Où l'homophobie était structurelle comme dans la société, quoi. Donc mes parents prennent un tarif alors que je les ai jamais entendus prononcer aucune homophobie pour de vrai, jamais de ma vie. Et jamais j'ai senti que j'ai perdu de la valeur à leurs yeux, point final. Jamais de la vie, quoi. Et ce que j'essaie de discuter avec eux aujourd'hui, et ça semble impossible parce que ça les heurte trop, c'est qu'en fait, ils portent en eux une homophobie et donc tu vois maman elle m'a dit mais pourquoi tu mets du vernis comme ça tu vois en fronçant des sourcils tu vois l'intonation que je viens de prendre et en fait quelque part j'ai envie de dire meuf en fait je t'ai expliqué mille fois comment tu n'arrives pas à entendre que j'ai été discriminé et harcelé parce que trop efféminé et que ça c'est un petit clin d'oeil de reconquête et je crois même qu'elle est allée jusqu'à dire je trouve ça pas très joli Ah oui, mais tu n'avais peut-être pas la prétention que ce soit beau après, mais... Non, mais je ne sais pas. Tu vois, elle n'a pas su comprendre ce qui se faisait en moi alors que je fais un podcast sur le sujet. Tu vois, j'ai un peu envie de dire... Bon, elle a répondu avec ses petits outils et tout, mais ça ne fait pas d'elle une horrible personne, mais... Oui. Ce moment où elle pitche pas que montrer des choses dites féminines. On est d'accord que le vernis, c'est pas révolutionnaire. Moi, ça m'aide pas en famille à être motorisé à m'imaginer tout à fait moi. Et je sais même pas ce que ça ressemblerait tout à fait moi. on finit sur pour essayer de dérouler les mécanismes psy stress minoritaire et trauma les épisodes avec le docteur là pour le coup elle est docteur Anne-Sophie Petit sur la réalité des études autour du trauma c'est à dire exactement quelqu'un là tout à l'heure a dit mais ça c'est un trauma et je trouve qu'elle débriefe bien de non mais ça en fait quel que soit ton niveau entre guillemets d'intelligence En fait, il y a des processus qui se mettent en place, qui te dépassent dès lors qu'il y a un trauma. Et je vais t'expliquer ce que c'est un trauma, comment ça fonctionne, etc. Et ça, pour moi, c'est essentiel. C'est pas de casse, je t'aurais écouté ces épisodes. Et le dernier truc que je voulais aborder, c'est Velvet Rage. Les épisodes Velvet Rage, les titres, c'est Grandir gay dans un monde hétéro. Où là, pour moi, ce livre d'un psy américain, ça date, c'est un peu biaisé, il y a plein de trucs à redire, c'est très blanc, c'est très américain, c'est très Amérique des années 2000. Monogame. Il y a quelques trucs. Ouais. Mais j'ai trouvé qu'en gros, lui, c'est un des premiers à avoir clairement identifié, proposé que dans ton chemin de queerité, d'homosexualité, de bisexualité, enfin tout ça, ça fonctionne, mais dans ton chemin de différence, tu peux rencontrer trois phases différentes. parallèle ou séquence les unes après les autres c'est pas binaire mais une phase de honte et de rejet et ces mécanismes qui viennent on en a déjà un peu parlé une phase de compensation et d'adaptation de survie on en a aussi un peu parlé mais là j'ai vraiment envie de parler de mon rapport à la performance l'épisode précédent on en rigolait mais moi j'ai vraiment un problème avec ça où du coup il faut absolument réussir il faut réussir de façon numérique il faut il faut il faut il faut Et on est d'accord qu'on est aussi dans une société qui privilégie ça, qu'on ne peut pas tout dire, c'est l'homosexualité et tout, mais c'est des clés de lecture. Et la dernière étape, c'est le retour à l'authenticité, à l'amour authentique, le sexe authentique. On en a aussi un peu parlé, sortir des scripts et puis dessiner ces formes d'amour, ces formes d'amitié, dessiner sa vie. en restant homosexuel et pas que en dessinant en sortant peut-être d'un mode réactif de réagir à ce qui t'est imposé à ce qui t'est dicté, à ce qui t'est raconté à ce que tu te racontes et cheminer dans son chemin mais Velvet Rage franchement il a jamais été traduit moi c'est ce que j'allais dire il est pas traduit en français c'est fou quand même et sur le site je sais pas si ça continue à fonctionner au moment où les gens écoutent mais sur le site j'ai mis un code pour avoir accès gratuit au livre audio en anglais bon voilà c'est sympa moi je l'avais écouté comme ça pour y avoir accès parce que c'est même pas facile de l'acheter Sur les mécanismes psy, ça vous va ? On a aussi parlé d'homophobie internalisée. Ouais, peut-être. Je trouve qu'il y a vraiment ce positionnement qui est hyper délicat. C'est un peu ce qu'on disait tout à l'heure sur le stress minoritaire et les carapaces qu'on construit pour reprendre Valdez-Frage en stratégie de survie. Et comme ces stratégies de survie, en fait, oui, elles nous permettent de survivre dans certains cas. Et de plus en plus, comme on disait, les guet-apens, ça augmente. Vu la tendance politique actuelle, ça va plutôt dans le mauvais sens. Trouver le juste équilibre entre se déconstruire et se défaire des schémas qu'on a introjectés, qu'on a avalés sans mâcher de la société, de la société capitaliste qui nous pousse à être performants et productivistes, des injonctions hétéro-patriarcales, etc., et donc à la fois s'en défaire et en même temps pas complètement pour pas vivre un ermite dans sa campagne où je vis tout seul et je suis libre et je vis comme je veux mais je suis tout seul et c'est le seul moyen donc il y a vraiment je trouve ce positionnement où est-ce que je mets le curseur entre je me défais de mes carapaces et en même temps je reste dans la société je me protège quand j'ai besoin de me protéger c'est une question ouverte un peu vaste en fait c'est de la négociation permanente je trouve, non ? Ouais, de ouf, mais de la négociation avec soi-même, en fait. Ouais. Dire à quel moment je m'autorise. Ah tiens, là, j'ai peur. Si ça se trouve, je risque. Ah bah non, finalement, je risque pas. Finalement, là, je peux m'autoriser effectivement à mettre du vernis parce que je me sens cool. Là, je vais faire telle activité. Allez, j'en sais rien. Au sauna ou faire des trucs parce que d'un coup, je me sens bien ou je vais avoir... une conversation un peu intime avec un copain sur une pratique sexuelle j'ai l'impression que tout ça c'est des choses qu'on négocie avec soi-même pour moi c'est de l'ordre de la santé mentale et intime et de réussir à je sais pas à se faire confiance et à s'aimer moi c'est un truc que qui m'est chère parce que je suis dans un schéma où je m'auto-attaque beaucoup sur beaucoup de points et c'est un truc aussi dont on parle aussi qui est un peu en lien c'est dans la dimension psychologique aussi la santé mentale de se dire en fait qu'est-ce que je mets en place Moi, personnellement, pour être dans un endroit qui est tout le temps sécure, ça peut être évidemment un moment d'amitié, mais ça peut être aussi à d'autres endroits, seul, peut-être justement se retirer, ça permet aussi de se faire le point, de dire attends, qu'est-ce qui ne va pas ? Ah, complètement. En fait, qu'est-ce qui est juste pour moi ? Et ça me donne envie de dire que moi, sur ces quatre années de recherche, je trouve que le pire qui puisse m'arriver, c'est justement cette pression à la performance et faut cheminer comme ça, quoi. Un peu les injonctions, faut faire son coming out, faut quoi ? Faut faire trois épisodes par semaine ? Ouais, bon ça c'est... Oui, oui, non mais t'as raison. Mais moi j'étais plus sur l'aspect intime de me dire à mon moi d'il y a quatre ans, franchement le chemin il est ultra sinueux. Mais parfois, tu as l'impression que tu vas en arrière, mais en fait, ce n'est pas du tout le cas. Tu vois ce que je veux dire de sortir du... Parce qu'en fait, avant, le podcast, il s'appelait « Comment devenir sexuellement épanoui ? » Et cette question, elle raconte vachement cette exigence, cette envie qu'il y ait un chemin et des astuces et des solutions. Et même si, de fait, il y a des outils, je ne sais pas, parfois, un outil, tu ne l'utilises pas pendant quatre ans. Parfois, moi, je trouve ma sexualité, elle passe du tout, tout, tout. Parfois, il n'y a rien. Parfois, il y a plein. Parfois, il y a un peu... C'est un champ avec soi-même. Et je n'ai pas d'obligation. Il n'y a pas de normes. Il n'y a pas de « Ah, il faut avoir du sexe » ou « Être un bon queer, c'est nanana ». Et le truc qui m'importe vraiment de dire, c'est à quel point mon intime est politique. Et j'entends plein de gens faire « Ouais, on mélange tout et tout ». Non, non, attends, on ne mélange pas du tout tout. Aujourd'hui, on vit dans un monde où Trump... Et au pouvoir pour la deuxième fois, passent des législations transphobes vénères. Donc là, il y a plein de gens qui font « Non, mais trans et gay, ça n'a aucun rapport ». Mais si, ça a complètement un rapport parce que dans ce même mouvement, c'est le mouvement du traditionnalisme. Donc du coup, en fait, c'est soit t'es marié et le sexe est dans ce cadre-là. Enfin, le traditionnalisme, il vient cadrer... la sexualité que tu as droit de faire et là en Europe on a en Hongrie l'interdiction de la pride, la marche des fiertés qui la touche tout le monde et en Europe oui tout le monde fait du copier-coller de Trump et le traditionnalisme plaît quoi et bon voilà j'avais envie de dire ça je trouve que c'est vachement important quoi Moi, le dernier point, et après, je vous propose qu'on s'arrête là pour cet épisode. Le dernier point que moi, j'ai découvert en quatre ans et qui m'aide aussi à cheminer le stress minoritaire et l'homophobie intériorisée, ça nous fait plein d'impacts différents selon notre chemin de vie. Il y a des personnes que ça rend agresseurs. ils en ont tellement chié c'est un peu une simplification mais je vois des gens sur Grindr qui disent des choses horribles ou je vois justement des gens qui manquent d'empathie des homosexuels, des queers qui ont l'air justement d'attaquer de dire moi j'aime pas les efféminés ils desservent la cause des trucs comme ça en fait le stress minoritaire on a plusieurs manières de s'en défendre et face à ce trauma là et en fait de soi-même devenir attaquant et de soi-même défendre des valeurs dites hétéro-traditionnalistes qui, du coup, en gros, je le fais parce que la personne le fait parce qu'elle dit, tu vois, je suis normal. Mais tu sais pas, je suis normal. Je suis comme toi. Je suis comme toi, l'hétéro. Moi, je suis pas une de ces tapettes, tu vois. Juste que je suis ce débite. Il s'avère que je suis ce débite, dit la personne. Mais voilà, et ça va être souvent aussi des personnes qui disent, il ne faut pas parler de sexualité publiquement. Il y a à la fois des politiques qui disent ça et des gens dans mon entourage qui disent, pour moi, ça doit rester du domaine privé. Et t'as des homosexuels qui m'ont dit que moi, je desservais la cause, justement parce que, encore une fois, on va nous dire qu'on est des gens qui pensent cocu, etc., Et ça, c'est vachement important pour moi. C'est des mécanismes d'autodéfense parce que pour avoir l'air normal, il faut avoir l'air d'être hétéro. Or, les hétéros, ils ne parlent pas de sexe ou ils le font dans un secret et dans une monogamie complètement fausse parce que les chiffres montrent qu'ils se trompent à tir l'arigot. Mais il faut suivre ce schéma-là où si tu as de la sexualité hors de ton couple monogame, Un, n'en parle pas. Et deux, du coup, tu deviens comme les autres. Voici, t'en parles entre mecs, en te gargardisant de ses exploits. Ça sera le mot de la fin de cet épisode. Mais nous avons la possibilité de faire une troisième et dernière partie. Ok, on n'aura pas le choix. À très vite !