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Je suis tendu comme un string.
Ăa va bien se passer.
C'est normal.
On est lĂ .
Bon, je suis avec Baptiste, Victor et Adrien, trois amis cĆur-cĆur.
Je peux dire que vous ĂȘtes gays, queers.
Oui, d'accord.
Des auditeurs assez fidĂšles du podcast et qu'on est super proches.
Et je vous ai invité à manger des gaufres la semaine derniÚre pour goûter à mon sirop d'érable.
C'est une vraie histoire vraie, hein ?
il n'y a pas de message sous-entendu c'était vraiment du sirop d'érable et je partage je galÚre à comment je conclue le podcast comment je fais je tournais autour de ça et là vous m'avez dit nous on va te poser des questions nous on va t'aider et là je me suis dit mais bien sûr trop bonne idée
Tu passes de l'autre cÎté.
Je passe de l'autre cÎté.
D'ailleurs, donc, on est chez moi, lĂ , Ă Paris.
Et normalement, les invités, ça soit ici, dans ce fauteuil.
Ouais, oui.
Wow, t'as vraiment échangé les rÎles, quoi.
Ouais.
J'adore.
Et moi, je suis dans le canapé, dans votre canapé, là .
Au programme, j'ai envie de raconter pourquoi j'arrĂȘte le podcast et rapidement le processus.
Mais ce qu'on a trouvĂ© intĂ©ressant Ă partager, c'est… Moi, ce podcast, en 4 ans et prĂšs de 400 Ă©pisodes, m'a transformĂ©.
à chaque début d'épisode, je dis je suis gay et j'ai des blocages.
En fait, aujourd'hui, je me suis vachement débloqué grùce au podcast.
Ouais, ouais.
Et donc, j'ai pris du temps pour me dire OK, comment le podcast a impacté concrÚtement ?
J'ai envie, un je pense que c'est intéressant pour les gens, qui sont pour les hommes, gays, queers, mais toutes les personnes qui nous écoutent et qui sont dans un chemin d'épanouissement.
En gros lĂ moi je donne tout, je dis voilĂ les trucs que j'aurais aimĂ© avoir et que j'aurais aimĂ© savoir, qui ont fonctionnĂ© pour moi, peut-ĂȘtre pour d'autres personnes.
J'ai aussi demandé à des auditeurs de nous poser des questions.
On en aura quelques-unes aussi.
Et voilĂ .
Et aprĂšs, je vais aussi indiquer c'est quoi la suite.
Avant qu'on se lance, j'ai quand mĂȘme envie de dire plusieurs choses parce qu'il y a des questions qui reviennent tout le temps, qui sont trĂšs importantes.
La premiÚre, c'est bien sûr, tous les épisodes resteront disponibles.
Sur YouTube, il y a plein de censures, mais à part ça, sur les autres plateformes, c'est oui.
DeuxiÚmement, les rencontres entre auditeurs qui ont essaimé un peu partout en Europe restent.
Elles sont autogérées, elles continuent.
Donc, c'est des auditeurs risques comme toi et moi qui lĂšvent la main dans leur ville et hop, qui organisent des rencontres.
On a développé un petit jeu de questions-réponses qui est en libre accÚs, que les gens peuvent télécharger ou imprimer.
Et ça, ça continue.
Et ça, il faut aller sur activeoupassive.com slash rencontre.
En gros, sur le site, il y a la page rencontre.
Et c'est des groupes WhatsApp que les gens peuvent rejoindre par ville.
Ici, dans votre ville, il n'y a rien.
Tu peux lever la main, tu peux me contacter en disant « moi, je vais organiser des trucs ».
Donc ça, la communauté va continuer.
Pareil pour le Discord qui est autogéré.
C'est bien sympathique.
Et enfin, il y a des gens qui me disent, moi, j'ai toujours eu envie de contribuer, mais je n'ai jamais pris le temps ou je ne pouvais pas avant.
Et oui, la page ne va pas fermer et je laisse chaque donateur, donateurice libre de continuer Ă m'aider.
Je n'ai pas le chĂŽmage ou d'arrĂȘter Ă sa guise.
Mais j'ai des gens qui ont dit, je viens de commencer, je n'ai donnĂ© que 5 euros, je suis prĂȘt Ă donner plus.
Ils peuvent.
VoilĂ .
Et il faut… Ah oui, derniĂšre chose, il faut s'abonner Ă ce podcast et activer les notifications.
Parce que the question, c'est c'est quoi la suite ?
On va en parler.
Mais pour ĂȘtre tenu au courant, en fait, je ferai un Ă©pisode.
Et je ne sais pas quand.
Et donc, pouf, un jour, il y aura un épisode et il y aura des nouvelles.
Je suis… On commence par quoi ?
le processus allez-y moi j'ai envie de poser une question est-ce que tu te souviens quand t'as commencé il y a 4 ans dans quel état d'esprit t'étais précisément et qu'est-ce qui t'a poussé à faire le podcast
ah direct je suis super ému c'est que la question est bonne du coup c'est que la question est bonne bah franchement j'étais tellement en galÚre quoi j'étais vraiment en galÚre et je me souviens j'ai fait 10 ans de thérapie
Et ça marche, je conseille à tout le monde de faire de la thérapie.
Ăa m'a vachement aidĂ©, mais j'Ă©tais lĂ , franchement, j'ai 35 ans et j'ai plein de blocages sexuels, je ne vais pas crever tout bloquĂ© comme ça.
J'avais peur de mille et un trucs dont on va parler certainement.
Le gros truc, c'était l'hypocondrie.
J'avais une peur maladive des IST.
Et c'Ă©tait vraiment un geste de… Franchement, je ne vois pas…
Je vais essayer ça.
En fait, ce que je dis en intro, je l'ai toujours pensé.
Je me suis dit non, mais il y a plein de gays et de queers.
Je pense que je ne suis pas le seul.
Ils vont me raconter leur vie et je suis sûr qu'il y aura des astuces, des trucs qui vont m'inspirer là dedans.
Je me dis ça va m'inspirer et hop, j'ai lancé ça.
Il faut dire que juste avant, j'avais fait un podcast sur la psychanalyse qui s'appelle « Ma derniĂšre sĂ©ance de psychanalyse » oĂč j'avais utilisĂ© le mĂȘme procĂ©dĂ©.
J'avais fait dix ans de psychanalyse et j'avais arrĂȘtĂ©.
Je m'étais dit « Bon, qu'est-ce que je pense de cette affaire ?
Qu'est-ce qui s'est passé ?
» Et donc, j'ai tendu le micro à des gens qui me racontent leur derniÚre séance de psychanalyse.
Donc, l'idée m'est venue de là aussi.
Ouais !
Donc, j'étais dans cet état d'esprit, ouais.
Ouais, j'avais peur, hein.
Mais tu l'as fait ?
Bah je l'ai fait, ouais.
Et tu t'attendais à autant d'épisodes ou pas ?
Non.
Non parce qu'au dĂ©but j'ai plusieurs fois essayĂ© d'arrĂȘter.
Non mais plusieurs fois je me suis dit c'est trop dangereux, je suis en train de raconter, enfin c'est trop sexuel, c'est trop intime.
J'avais peur quoi, je me suis dit je vais jamais retrouver un boulot.
Il y avait mon prénom, mon nom tu vois, j'étais là putain mais c'est vraiment genre sur la place publique, je parle de mon anus quoi.
Et je me suis vraiment dit, c'est dangereux, quoi.
Mais c'est un peu dangereux, dans le sens, tu payes le prix aussi.
Puis je me suis dit, mais si ma famille tombe lĂ -dessus… En fait, je l'ai aussi fait pour ma famille, pour de vrai, pour en parler aprĂšs, mais…
Moi, il y a un truc que là , tu as évoqué, que j'ai envie de souligner, c'est, si je demande à d'autres hommes gays, queers, comment ils font, en fait, je trouve qu'une des forces de ton podcast, et je pense pourquoi il a aussi bien marché, c'est que tu sors de la honte pour créer une culture, c'est-à -dire une transmission de savoir, d'histoire, de mythe, de vécu,
Et pour que, en fait, tout le monde en bénéficie et que tout le monde se transmette du savoir de « Ok, comment on fait ?
Et toi, tu fais comment ?
Et toi, tu fais comment ?
» On est tous un peu diffĂ©rents, mais il y a quand mĂȘme cette transmission-lĂ .
Et typiquement, sur l'orgasme prostatique, les gays, on devrait ĂȘtre les pros de l'orgasme prostatique puisqu'on est les premiers Ă utiliser la prostate.
Et pourtant, jusqu'Ă maintenant, il n'y avait pas grand-chose.
Et donc, je trouve que c'est une des forces de ton podcast.
Ăa a Ă©tĂ©…
vraiment de créer une culture de la sexualité gay et ça je trouve ça fort est-ce que c'était une intention pour toi ou est-ce que ça s'est fait et puis tant mieux est-ce que c'était déjà une intention à l'origine ?
mais non mais c'Ă©tait pas dit mais j'avais pas du tout c'est cet espoir lĂ je suis pas peut-ĂȘtre je suis peut-ĂȘtre je suis un non mais j'avais par humilitĂ© pas du tout l'impression que ça pouvait se passer non le truc auquel je me raccrocher pas mal c'est le pouvoir du dire en fait je suis sĂ»r que dire les choses ça libĂšre tu vois mais non je pensais pas
Non, et en fait, encore aujourd'hui, ce que je trouve vachement Ă©mouvant, c'est que j'ai toujours eu besoin des retours positifs des gens, parce que je trouvais que c'Ă©tait gĂ©nial, mais je vous l'ai plusieurs fois dit, ça fait plusieurs annĂ©es qu'on se connaĂźt, souvent mon cerveau se dĂ©connectait de ces feedbacks positifs, tu vois ce que tu viens de dire et tout, j'ai…
Toujours peur de manquer d'humilité, de trop m'y croire, de trop croire en moi.
Moi je trouve que quand mĂȘme, s'il y a un truc qui n'a pas bougĂ© pendant les quatre ans du podcast, c'est mon syndrome de l'imposteur.
J'ai l'impression qu'il est intact lui.
Non, et petit Ă petit, les gens me l'ont dit.
Les gens qui participaient au podcast m'ont dit, ça m'a vachement libéré.
Et les gens, dans les messages, sur Instagram, dans les emails et tout, les donateurs m'ont dit ça.
Et je m'en suis petit Ă petit rendu compte.
Ouais.
Mais je pense que…
Non, mais n'hésitez pas à m'interrompre.
Je pense qu'en fait, comme c'est pas trĂšs savant, genre, tu vois, c'est pas genre…
C'est un peu tout bĂȘte, quoi.
En gros, tu tends le micro Ă quelqu'un et je fais pas de montage.
Et donc, quelque part, je me suis toujours un peu dit, bon, bah…
Parce que c'est si magique que ça, alors que ça l'est, je pense.
Ăa l'est, et je crois que beaucoup de gens te font reflĂ©ter.
C'est quelle question tu poses et comment tu réagis.
Et comment tu arrives à instaurer un climat de sécurité, de soutien, pour que les gens accouchent de leur récit et de leur vécu.
Merci, merci.
C'est l'horreur, on ne va pas passer un épisode à me faire des compliments.
ah non mais tu vas pas y couper quand mĂȘme moi ce que je trouve intĂ©ressant je sais pas si c'est intĂ©ressant le terme mais c'est le cĂŽtĂ© oĂč mettre des mots sur des choses oĂč mĂȘme si c'est simple je trouve que en gĂ©nĂ©ral c'est pas facile d'avoir accĂšs Ă d'autres rĂ©alitĂ©s, d'autres vĂ©cus Ă la premiĂšre personne par rapport Ă la sexualitĂ©
Et moi, je pense notamment Ă … Enfin, moi, j'aime beaucoup parler de sexualitĂ©.
Pas mal de mes amis ont des gens qui sont proches de moi.
Et j'ai constaté qu'il y a une personne de mon entourage, par exemple, qui parlait de sexualité que avec moi.
Ou qui Ă©tait, du coup, qui… Ă part… S'il n'y a pas de ce genre de ressources… Donc, je considĂšre que…
tu vois la ressource que t'as créé et que t'as contribuĂ© Ă crĂ©er bah je trouve que ça peut se substituer Ă des liens qui existent pas forcĂ©ment ou des fois on sait pas forcĂ©ment faire parce que c'est quand mĂȘme encore super tabou et donc je trouve que ça vient nourrir, moi j'imagine lĂ oĂč ça vient nourrir les gens, lĂ oĂč moi j'ai beaucoup besoin de parler de cul ou de relations Ă mes proches, bah ceux qui y arrivent pas je me dis que
du coup ça déploie vachement et je trouve ça super puissant ah ouais grave l'intention n'était pas de faire un compliment déguisé mais je le pense vraiment non mais grave franchement moi j'étais super touché j'ai vraiment je suis le plus touché par les personnes isolées qui m'envoient des messages en fait j'ai souvent des messages donc là je reviens d'un voyage au Québec donc les gens qui ont suivi le podcast ont su que je suis parti au Québec il y a quelques épisodes au Québec
Et franchement, j'étais pas loin de la Gaspésie, dans un endroit reculé, c'est juste loin d'une grande ville, c'est pas si reculé que ça, mais quelqu'un m'a reconnu.
Et aprĂšs, moi, j'ai l'impression d'ĂȘtre Ă l'autre bout du monde quand je suis au QuĂ©bec.
Mais bon, pour les gens qui habitent au Québec et qui écoutent, ce n'est pas l'autre bout du monde.
Et qui a dit ça, qui a dit, moi, en fait, il n'y a pas d'assaut.
Je ne connais personne.
Et puis, je ne suis pas forcément out, etc.
Il y a plein de… Ouais, et lĂ , j'ai annoncĂ© que j'arrĂȘtais.
Donc, j'ai une pluie de compliments et des trucs, des messages trop beaux.
Et il y a plein de gens, justement, qui disent ça, qui disent…
Ben moi, c'était pendant que je réfléchissais à faire mon coming out.
Personne ne le savait, donc le podcast, c'était un endroit safe avec une parole entre nous.
Franchement, c'est trop beau.
Franchement, je suis trop Ă©mu que ça…
c'est magnifique quoi et c'est vrai qu'il y a d'autres gens qui me disaient moi ça m'intéresse pas trop parce que j'ai plein de potes je parle de cul facilement j'ai mon médecin enfin tu vois et je trouve ça cool et en effet c'est la ressource comme tu dis merci ouais trop chouette
J'ai une proposition, parce que lĂ , on a commencĂ© Ă partir un peu de… Oh, c'est le bordel !
Du bilan et tout, mais je crois qu'il y a un truc, le public veut savoir, c'est en fait, qu'est-ce qui s'est passĂ© ces derniers mois, et comment t'es venu Ă cette dĂ©cision d'arrĂȘter, en fait, donc lĂ … Oui, c'est vrai, on aurait pu commencer par ça.
On aurait pu commencer par ça.
Si ça vous va. Ouais.
En juin…
Je dĂ©jeune avec Adrien, toi, et je te parle de… J'ai un peu du mal Ă continuer, j'ai un peu une panne.
Et je me rappelle avoir utilisé le mot de jachÚre, qui est un mot que j'affectionne particuliÚrement.
Pour les gens qui ne savent pas ce que c'est, je ne suis absolument pas un grand connaisseur, mais en gros, c'est apparemment quand tu laisses un chant.
Faire bien ce qu'il veut.
Donc tu ne le touches pas et pousse ce qui pousse ou rien ne pousse.
Pour régénérer la terre.
Parce que si la terre sans cesse alimente des petites graines et des cultures et toujours les mĂȘmes… Il n'y a plus rien qui pousse.
Ă un moment donnĂ©, les nutriments de la terre… Peut-ĂȘtre qu'il y a des agriculteurs qui Ă©coutent et qui sont là « Mais c'est pas du tout ça une jachĂšre !
»
Bon, c'est comme ça que moi, je l'ai compris.
Et je me souviens d'en parler.
Et je me souviens revenir comme ça, genre de notre déjeuner, rentrer chez moi et me dire, mais bien sûr, quelle excellente idée.
Je vais avoir le courage de faire une jachĂšre.
C'est maintenant.
Et là , j'ouvre mon ordinateur et il y a mon agenda qui pop et qui me fait Québec dans deux mois.
Et j'étais là , ah mais oui, merde, je pars au Québec.
C'est pas maintenant que je peux m'arrĂȘter parce que le QuĂ©bec exigeait Ă©normĂ©ment de travail pour trouver des tĂ©moignages lĂ -bas, des contacts et tout.
Donc j'ai pour autant interrompu pendant deux mois les enregistrements.
Donc je les ai publiés, puis j'ai fait des rediffusions.
Puis je suis parti un mois en vacances totalement déconnectés, notamment chez les faits radicals, dont on pourra reparler.
OĂč lĂ , il n'y avait pas de tĂ©lĂ©phone, etc.
En me disant, ben voilà , comme ça, je reviendrai rechargé.
Et en fait, je suis arrivĂ© au QuĂ©bec, j'Ă©tais censĂ© ĂȘtre rechargĂ©.
Et puis en fait, la batterie était vide.
J'avais pas la flamme et en fait pas mal de déni et de peur parce que genre moi ce podcast c'était un peu toute ma vie.
Et puis je me suis tellement battu pour que ça fonctionne, je me suis tellement battu pour trouver un modÚle économique et tout, j'étais là c'est pas possible, vas-y.
Mais en vrai j'ai déjà eu des hauts et des bas.
Et là , je sentais que j'étais arrivé au bout du chemin.
Ăditorialement, j'avais des idĂ©es de sujets.
Mais mon cĆur n'y Ă©tait plus.
Moi, j'adore les gens, j'adore poser des questions, j'adore les témoignages, j'adore ce podcast vraiment.
Et éditorialement, il y a plein de sujets que je n'ai pas soit assez bien couverts, soit que j'aurais pu couvrir plus.
Mais moi, ma flamme intérieure, le truc de « Salut, moi, c'est Guillaume » et je suis bloqué dans ma sexualité et là , je suis déterminé à comprendre, à trouver des idées et tout, je ne l'ai plus.
Parce que Victoire, Joie, aprÚs 380 et plus épisodes et 4 ans, je me sens épanoui.
Et petit à petit, j'entends dans les réponses des gens de la redite aussi.
Donc, c'est pour ça que j'ai arrĂȘtĂ©.
Mais aprÚs, je l'ai annoncé sur WhatsApp d'abord pour faire vivre un peu la décision et voir un peu ce que je suis pas.
J'avais un peu peur et tout.
Du coup, je l'ai annoncé sur les groupes WhatsApp des apéroditeurs.
Et puis non, mais là , j'ai senti que la décision, elle est ultra alignée pour moi.
Donc, il y a pas mal de gens qui me demandent comment ça va ?
et parce que j'ai pas tout communiquĂ© sur les rĂ©seaux sociaux et ça va super bien et je me sens super alignĂ© et puis je me sens super privilĂ©giĂ© tu vois de pouvoir de pouvoir ĂȘtre courageux tu vois et j'ai vachement peur j'ai peur du vide
Donc, j'ai des idées de projets dont on va parler.
Mais en fait, j'ai des idées de choses qui m'inspirent.
Mais en fait, je n'ai pas de chemin trĂšs clair.
Je pense que c'est une autre des grosses questions.
Non, je n'ai pas de chemin clair.
C'est la jachĂšre.
Ăa y est, c'est la jachĂšre.
C'est la jachĂšre qui commence.
Ouais.
Et ouais.
Mon niveau en jeux vidéo de console augmente énormément.
Mon classement augmente de ouf.
VoilĂ .
Attends, tu nous as dit… Platinium.
Niveau Platinium.
Platinium, c'est ça ?
Alors… Pas parmi 12 millions de joueurs, quelque chose comme ça.
Soyons précis.
1% mondial, c'est ça ?
Non.
Les auditeurs veulent savoir, Guillaume.
La PlayStation m'a dit, dans ce jeu, vous ĂȘtes meilleur que 78% des autres joueurs, joueuses.
Et il y a 12 millions de joueurs.
Non, là , je me suis emballée.
Ah, pardon.
Je ne suis pas sûre du chiffre.
C'est ça.
donc lĂ on peut Ă ce moment lĂ aborder mon rapport Ă la performance et mes problĂšmes d'angoisse de performance ça se fait pas mal non mais pour tenir notre fil rouge c'est quand mĂȘme un peu si je pouvais parler Ă Guillaume il y a 4 ans ou si je pouvais dire Ă tous les auditeuristes moi ça fait 4 ans que j'Ă©tudie ce sujet de la sexualitĂ©, de l'intime amoureux, sexuel
C'est quoi les clés ?
Moi, la premiÚre, c'est se dire publiquement qu'on a bien discuté déjà , tu vois.
C'est pour ça que je le redis.
Moi, franchement, oser publiquement dire…
C'est un peu le mĂȘme concept qu'en thĂ©rapie, mĂȘme si c'est un peu diffĂ©rent.
Dire mon blocage à mes amis, à mes amants, ça transforme.
MĂȘme si j'ai zĂ©ro solution, dire, j'ai l'impression que c'est un gros bout du chemin et que la suite vient plus facilement une fois que j'ai dit, parce que mon cerveau, je crois, arrĂȘte d'ĂȘtre dans le dĂ©ni.
Bon, je suis dĂ©solĂ©, c'est peut-ĂȘtre un peu genre des portes ouvertes des idiots.
On ouvre toutes les portes.
Qui sont peut-ĂȘtre dĂ©jĂ ouvertes pour plein de gens.
L'autre truc que j'ai envie de dire, et peut-ĂȘtre vous en tant qu'auditeur, vous l'avez vĂ©cu, dites-moi vous si vous avez envie d'ajouter des trucs, mais entendre, c'est ce que tu as dit un peu Baptiste, entendre chez l'autre.
Que c'est un chemin singulier, que ça va à gauche puis à droite, qu'il y a des hauts et des bas, entendre les blocages, les spécificités, bah en fait moi ça me libÚre de ouf, je me sens plus tout seul.
De ouf ?
Parce qu'en fait j'ai l'impression que si on entend le blocage de quelqu'un d'autre, mĂȘme si on n'a pas tout Ă fait le mĂȘme ou mĂȘme si on a une autre expĂ©rience…
En fait dĂ©jĂ , j'ai l'impression qu'en tant que queer, gay, homo, je sais pas comment on pourrait le dĂ©finir, on a quand mĂȘme une forme d'empathie parce qu'on a quand mĂȘme traversĂ©, je pense, chacun dans nos sexualitĂ©s, des moments un peu difficiles, donc on a forcĂ©ment une espĂšce de truc un peu « ah oui, ça, je vois ce que tu veux dire ».
Et je trouve qu'il y a quelque chose de la communauté, il y a un truc qui a fait que le podcast il y a quelque chose de transversal qui s'est passé entre tous les gens qui l'écoutaient.
Et mĂȘme si on n'Ă©tait pas dans les mĂȘmes problĂ©matiques, il y avait une sorte de soutien, j'ai l'impression.
Moi, c'est ce que ça m'a aidé.
Et c'est ce que peut-ĂȘtre te racontait le gars qui est perdu au fin fond du Canada.
Il a dit en fait, je suis moins seul.
Et entendre effectivement le blocage de l'autre, mĂȘme si ce n'est pas le mĂȘme, du coup, ça nous rapproche d'une certaine façon.
Ouais.
Et puis la diversité des vécus aussi, je trouve que ça m'a vachement nourri, autant que ce soit des personnes qui te parlent de fistes ou de polyamour, ça m'a fait du bien de découvrir de nouvelles planÚtes sur lesquelles je ne suis pas.
Ouais, ça, ça sera le point suivant.
Donc, on ne peut pas en parler.
Moi, j'ai une question pour toi, Guillaume, parce que du coup, il y a quand mĂȘme une diffĂ©rence entre faire le podcast qui est un peu dans un endroit, effectivement, un peu intime avec quelqu'un ou en face Ă face.
Et aprÚs il y a l'autre partie qui est plus la partie réseaux sociaux et comme tu l'as dit en fait quelqu'un t'a reconnu parce qu'il t'a reconnu sans doute parce qu'il avait vu une vidéo d'insta.
Ăa du coup c'est un peu ces deux trucs lĂ Ă la fois le podcast et le travail des rĂ©seaux sociaux c'est quand mĂȘme deux choses qui sont diffĂ©rentes.
est-ce que si t'avais eu à choisir un seul des deux par exemple parce que les deux sont complémentaires t'aurais choisi lequel ?
je pense que sans les rĂ©seaux sociaux que je vais pourrir dans la phrase d'aprĂšs sans les rĂ©seaux sociaux j'aurais arrĂȘtĂ© plus tĂŽt
Pour ĂȘtre honnĂȘte, les rĂ©seaux sociaux m'ont vachement motivĂ©, m'ont connectĂ© Ă des gens super.
Parce que tu as eu des retours positifs et que les gens t'ont soutenu par les réseaux sociaux.
à la base, moi, ce que je trouvais rigolo, c'était un peu le défi de « bon, je vais essayer de trouver un modÚle économique ».
Et donc, c'est pour ça qu'il y a trois épisodes par semaine et qu'il y a un rythme assez effréné.
C'est que plus tu publies et plus tu es visible dans l'application des gens.
Parce que quand tu te connectes à ton application, le podcast qui a publié le dernier épisode apparaßt en haut.
Donc, c'est un peu bĂȘte comme ça.
Et aprÚs, je me suis dit, les réseaux sociaux, je vais pouvoir faire des petites vidéos pour attirer des auditeurices sur le podcast.
Et puis, il y avait le dernier truc qui est dans notre point « dire ».
En fait, mettre mon visage et dire publiquement des choses que je n'entends pas et qui sont censĂ©es ĂȘtre honteuses.
Moi, j'avais l'impression d'ĂȘtre un gangster, un pirate, un saltimbanque.
J'adore.
J'adore parce qu'en fait, je suis inarrĂȘtable au moment oĂč je dis « Ah ouais, moi, je ne sais pas ce que j'ai dit comme truc vrai, mais je ne sais pas faire de lavement ou j'aime bien me faire sodomiser ou j'ai peur⊠» « J'aime bien la double.
» « Non.
»
J'ai pas dit ça parce que c'est pas vrai.
Mais en revanche, toi, peut-ĂȘtre que tu veux en dire deux mots.
C'est pas faux.
D'accord.
Non, mais tu vois, en fait, je me sentais vraiment puissant.
Je me sentais vulnĂ©rable et inarrĂȘtable dans le sens, bon, je vois pas pourquoi je devrais en avoir honte.
Et moi, je pense que j'ai raison de pas en avoir honte et de le dire.
Donc voilà , les réseaux sociaux, alors grùce à ça, m'ont
connecté à plein de gens.
Aujourd'hui, j'ai 35 000 followers.
Ăa a fait que quand j'avais des questions sur nos sujets, il y avait plein de gens qui me rĂ©pondaient.
Quand je cherchais des témoignages, il y avait plein de gens.
Il y avait des vrais gens qui me faisaient des réactions rapides.
Le podcast, c'est un mĂ©dia oĂč tu es trĂšs isolĂ©.
Je suis tout seul avec mon micro, je publie, je peux regarder des chiffres qui bougent.
Autant vous dire que je les ai souvent regardés.
Mais voilà , tu vois, alors que sur Instagram, t'as autant directement la violence et la haine homophobe que j'ai eu l'impression aussi de pouvoir combattre différemment, tu vois, que quand j'étais au lycée.
Ăa t'a gĂȘnĂ© la haine ?
Il y a des moments oĂč les haters, ça t'a vraiment atteint ?
Ăa m'a peinĂ©.
ça m'a peinĂ© ouais franchement aprĂšs moi franchement je savais Ă quel jeu je jouais c'est d'ailleurs pour ça que lĂ j'ai pas publiĂ© pendant 4 mois c'est que moi une fois que le jeu j'ai pas envie d'y jouer j'y joue pas quoi donc en fait je suis une marionnette oĂč faut ĂȘtre Ă la fois authentique parce que moi je vais pas mentir et Ă la fois faut ĂȘtre Ă la fois poreux
Ă©couter les gens parce que sinon tu fais pas un rĂ©seau social et Ă la fois ĂȘtre solide comme un rock Nadia vous l'avez ou pas la rĂ©fĂ©rence ?
Non, pas du tout attendez on est tous des annĂ©es 80 solide comme un rock bon on passe faut ĂȘtre aussi solide comme un rock pour se faire insulter oui et je pense que ce qui m'a beaucoup aidĂ© c'est de me dire non mais moi j'ai un objectif je fais des vues
pour que des gens me disent
Mais moi, en fait, grùce à cette vidéo, j'ai découvert comment je me faisais mal en faisant un lavement.
J'ai trouvé via l'annuaire, il y a un annuaire des médecins et des psys recommandés par les auditeurs.
Il y a plein de gens qui ont trouvé leur médecin comme ça.
Il y a plein de gens qui m'ont envoyé un message en disant j'étais découvert sur Instagram et ça m'a transformé.
Donc moi, j'avais ça en tĂȘte et j'Ă©tais lĂ , j'Ă©tais dĂ©ter.
Et puis je faisais aussi un peu ma psychanalyse, je pense.
Il y avait un peu un truc de moi…
osé dire tout ça publiquement et quelques barres gagnées sur les homophobes alors que quand j'ai grandi au collÚge au lycée j'ai jamais gagné face aux homophobes je me suis écrasé je me suis excusé j'ai enlevé tout ce qui avait déféminé de moi et j'ai certainement jamais parlé de sodomie
et aujourd'hui genre rĂ©pondre Ă un commentaire d'homophobe en faisant 200 000 vues grĂące Ă lui et aprĂšs dans les apĂ©roditeurs rencontrer quelqu'un qui m'a dit je t'ai vu t'Ă©tais insultĂ© dans une vidĂ©o j'ai dĂ©couvert le podcast j'ai Ă©coutĂ© 150 Ă©pisodes et aujourd'hui ça m'a transformĂ© moi je suis lĂ mais ça c'est une victoire de ouf quoi ouais c'est peut-ĂȘtre un peu mesquin mais bon
c'est une revanche sur ton histoire je trouve ça super beau une revanche dans le sens de je comprends que t'as vĂ©cu pas mal d'homophobie quand t'Ă©tais enfant, ado je sais pas si aprĂšs t'as envie de nous en dire plus ou pas mais je trouve ça beau que t'aies pu peut-ĂȘtre transformer cette colĂšre ouais
Oui, en fait, pour moi, la grosse limite, c'est que tant que je reste dans une binarité, l'homophobe est un gros connard.
Et moi, je suis vraiment une belle personne sodomisée.
Ce qui peut ĂȘtre vrai dans un tentĂ©, tu vois.
Mais moi aussi, parfois, je suis le gros connard, certainement.
En fait, moi, lĂ oĂč je me retrouve juste pas assez dans…
la rĂšgle du jeu de la binaritĂ© des rĂ©seaux sociaux oĂč en fait il faut se taper dessus et c'est un peu il n'y a qu'une seule vĂ©ritĂ© et tout quoi, il n'y a pas la place Ă la nuance mais ouais c'est beau, moi je suis trĂšs content c'Ă©tait un peu un dĂ©fouloir aussi c'est trĂšs violent comme espace mais c'est un peu un dĂ©fouloir mais c'est vrai que du coup ça a créé moi je pense que genre au quotidien
ça a créé Ă la fois une addiction chez moi oĂč j'Ă©tais lĂ comme un ouf Ă regarder sans cesse Ă faire plein de trucs et tout qui est ma personnalitĂ© addictive mais ça m'a donnĂ© quand mĂȘme du pulse par rapport au podcast et l'homophobie que j'ai vĂ©cu ouais mais on pourra en parler au moment oĂč on parle de stress minoritaire
non mais parce que sinon on déroule pas alors déroulons déroulons déroulons non mais tu vois je me dis que c'est une trÚs bonne idée en gros on a fini le premier point le dire publiquement on l'a bien couvert notre deuxiÚme point c'est moi le podcast m'a appris des techniques sexuelles de ouf donc en fait à petit Guillaume qui galérait il y a 4 ans bah en fait je lui dis mais en fait on t'a jamais appris et en fait ça marche pas bien toujours parfois
parfois ça marche, parfois ça marche pas, mais parce qu'en fait, techniquement, genre en fait, c'est une compétence le sexe aussi.
T'as envie de dire un peu ce qui marchait ou ce qui marchait pas à l'époque ?
Ah ouais, non mais il y a plein de trucs qui marchaient pas.
AprĂšs…
ah non mais il y a tellement de trucs pour situer d'oĂč tu viens en fait on commence par ce que tu as Ă©voquĂ© tout Ă l'heure sur l'hypocondrie mĂȘme si c'est pas une technique mais c'est des choses concrĂštes que tu as pu mettre en place de ouf pour sortir de ça bah c'est en plus notre premier sous petit point je suis le programme
une subtile transition ouais t'es trop fort non mais t'as raison en fait je pense que j'ai travaillé pour Médecins Sans FrontiÚres notamment sur les questions de VIH
Moi, je viens de lĂ .
Et bien, malgré ça, mon cerveau n'avait pas imprimé les bonnes informations.
J'étais incompétent sur les MST.
C'est fou.
Franchement, je le dis sans honte et tout.
Bon, il ne faudra pas que je recherche un boulot chez MSF parce qu'ils pourraient se demander.
Mais non, mais bon, aprĂšs, ce n'Ă©tait pas exactement les mĂȘmes sujets.
Ce n'Ă©tait pas la sexualitĂ© entre hommes et tout, mais…
Franchement, je n'avais rien compris aux IST, aux infections sexuellement transmissibles.
Donc, je me paniquais de trucs oĂč en fait, il n'y avait pas de sujet et je ne savais pas bien mettre le curseur sur les risques.
J'avais plein de préjugés sur la PrEP.
Lesquels, par exemple ?
Non, mais je n'avais rien compris Ă la PrEP.
Non, mais c'était la cata !
indétectable égale intransmissible le fait que quelqu'un autant qu'une personne séronégative quelqu'un qui est séropositif sous traitement les deux pareils ne peuvent pas transmettre le virus qui est indétectable là tu parles des gens qui sont séropositifs sous traitement c'est complÚtement autre chose je te remercie mais j'avais rien compris à ça et j'avais pas compris donc
comment l'aprĂšs fonctionnait mais en effet peut-ĂȘtre t'as raison je mĂ©lange plusieurs sujets t'as raison j'avais plein de sĂ©rophobie en moi j'avais une peur panique gĂ©nĂ©ration annĂ©es 80 moi je suis nĂ© en 86 donc ma sexualitĂ© j'ai grandi dans les posters attention tu vas mourir
Ouais et puis mĂȘme plus que les posters, moi je suis un tout petit peu plus ĂągĂ© mais moi j'ai le souvenir d'images de couloirs de gens atteints du VIH Ă l'Ă©poque, on nous les montrait au JT, c'Ă©tait des fantĂŽmes, c'Ă©tait des corps squelettiques…
Avec le regard dans le vide, c'Ă©tait quand mĂȘme terrorisant.
J'en ai parlé à ma psy à plusieurs reprises.
C'est ça qui m'a le plus marqué du VIH.
C'est le truc des années 80-90 qui a été vraiment ultra traumatisant.
à l'époque, tant qu'il n'y avait pas les bons traitements, c'était la mort ?
Moi aussi, j'avoue que par rapport au VIH, SIDA, je me suis rendu compte quand j'ai commencé ma vie sexuelle que ça m'avait complÚtement traumatisé.
Moi je suis né en 87, donc pareil, je n'ai que fin des années 80.
Et le sujet, pour moi, c'Ă©tait tellement associĂ©… Enfin, pour moi, les malades du sida, c'Ă©tait l'une des seules visibilitĂ©s mĂ©diatiques qu'avait l'homosexualitĂ© dans les mĂ©dias Ă l'Ă©poque.
Et en fait, moi, je me souviens que ça m'a traumatisĂ© au point oĂč j'ai eu des contacts sexuels quand j'Ă©tais enfant avec d'autres enfants de mon Ăąge.
entre mes 6 et mes 8 ans et je me souviens aprĂšs avoir eu peur d'avoir chopĂ© le sida et Ă©videmment je pouvais en parler Ă personne et vraiment aujourd'hui pour moi la PrEP c'est vraiment un mĂ©dicament qui m'a libĂ©rĂ© de ça mĂȘme si je sais que au final j'ai pas tant de partenaires que ça donc ce serait pas complĂštement je suis pas sĂ»r d'ĂȘtre complĂštement le public cible mĂ©dicalement parlant mais en tout cas
Je pense qu'il y a des pratiques que je ferais juste pas si j'avais… En tout cas, moi je me sentais vachement bloquĂ©, genre avoir du spam dans la bouche, pour moi c'Ă©tait juste pas possible.
Et ça m'a dĂ©bloquĂ© par rapport à ça, mĂȘme si moi j'ai conscience que chez moi, pour moi en tout cas la PrEP c'est plus quelque chose de psychologique.
Ouais.
Mais ouais, moi, je te rejoins complĂštement.
C'est psychologique pour moi et qu'en fait, on grandit… Enfin, pour moi, j'ai Ă©tĂ© traumatisĂ©, c'est-Ă -dire, mon cerveau a tout mĂ©langĂ©.
Parce qu'en fait, on est d'accord que les IST et le VIH, il y a plusieurs IST, le VIH, c'est différent.
Et qu'aujourd'hui, on n'est plus du tout dans les années 80.
Mais c'est comme si mon cerveau…
à ce moment-là , au début du podcast et tout, n'avait pas bien enregistré et agissait dans une irrationalité totale.
C'Ă©tait complĂštement, ça avait ni queue ni tĂȘte, c'Ă©tait nimp.
Donc vraiment, tous les Ă©pisodes avec les experts, autour de la PrEP, oĂč j'ai pu poser toutes les questions, et quelque part, le podcast est devenu un prĂ©texte pour faire des recherches et trouver des scientifiques, des mĂ©decins, et
J'ai trouvé des médecins et ça j'adorais.
Moi je voulais des hommes gays, bi ou en tout cas des premiers concernés tu vois.
Parce que je trouve que j'avais accĂšs Ă des trucs un peu des hommes en blouse blanche.
Chaque fois je me disais mais toi tu t'es jamais fait pénétrer, c'est pas possible que tu parles comme ça.
Tu vois, j'avais envie de gens oĂč je comprenne vraiment… Ok, toi, tu prends la PrEP.
Toi, tu as plusieurs partenaires et tes médecins.
Ok, moi, j'ai des questions Ă te poser.
Je peux ajouter, parce que je vous en ai parlĂ© cet Ă©tĂ©, lĂ , au QuĂ©bec, quand j'Ă©tais dans mes galĂšres de… Je sens qu'il faut que j'arrĂȘte le podcast, tournant de vie, putain de merde, dans le dĂ©ni et tout.
J'ai reçu des angoisses.
Et en fait, j'ai eu des angoisses.
J'avais peur des IST.
Et je trouve que c'est important de le dire parce que je me suis dit, ah ouais, cette irrationalité-là , malgré le chemin parcouru, elle revient.
Et aprÚs, je suis re-rentré à Paris.
Et hop, elles sont parties.
Et sur ce canapé que vous voyez, j'ai eu un rapport sexuel avant-hier, tu vois.
Et il n'y a plus.
Félicitations.
Non mais tu vois, j'ai envie de faire un cùlin à ce Guillaume du passé et à ce Guillaume du présent.
Quand je suis en insécurité de ouf, j'ai des vieilles angoisses qui remontent, trop bizarrement, pour des gens qui se disent « c'est les années 80, c'est bon ».
Mais ça c'est la définition d'un trauma.
Un choc qu'on n'a pas mĂ©tabolisĂ© et donc on a une rĂ©action irrationnelle et qui date d'un passĂ© qui n'a plus lieu d'ĂȘtre.
Ăa c'est un trauma dans le bouquin.
Et en fait le truc c'est que c'est un trauma qui nous dépasse au-delà de nous quatre.
au-delà du chemin qu'on fait nous, c'est un trauma collectif, sociétal.
Peut-ĂȘtre pour les vieux comme nous, non ?
Peut-ĂȘtre aujourd'hui, non ?
Je pense que ça se transmet en plus le trauma.
On va pas faire tout un… Ah ouais, peut-ĂȘtre que ça se transmet.
En tout cas, malgré tout le travail collectif et sociétal et culturel qu'il y a à faire, toi t'as évolué entre 4 ans, entre il y a 4 ans et aujourd'hui ton rapport au VIH et aux IST en général.
Ah des oufs.
ah oui j'ai pas dit c'est dommage je le dirai à la prochaine intro mais il y a Benoßt un auditeur qui est en train de catégoriser de thématiser tous les épisodes donc sur le site du podcast on pourra en choisissant n'importe quelle plein de thématiques hop avoir tous les épisodes qui en parlent et du coup il y a une thématique sur justement les interviews d'experts et les trucs médicaux donc gros pub là dessus sinon actifoupassif.com slash prep
Petit aparté, tu trouveras les liens des épisodes qu'on mentionne là dans le descriptif, le descriptif de cet épisode.
Comme ça, tu peux les retrouver facilement et les écouter.
Mais non, mais sur le podcast m'a donné de la technique sexuelle parce que le point d'aprÚs, c'est sur les mécanismes psychologiques.
Mais on finit ce point des techniques sexuelles, le lavement.
le lavement le lavement est-ce que c'est pas ton plus gros épisode ?
je suis une star du lavement je pense qu'on peut y aller l'humilité c'était pour le début de l'épisode ça suffit cette affaire là restat de lavement c'est écrit incroyable ouais et parce que je pense que là on touche vraiment au tabou et à la honte le caca je pense qu'on peut pas parler de caca avec ton visage
c'est mot contre triple et du coup raconte nous il y a 4 ans ton rapport à ça j'imagine la peur du coup que ce soit sale que le sexe qui t'est pénétré ou le doigt soit sale et tes découvertes sur le lavement sans aller forcément dans les détails les auditeurs écoutent des épisodes slash lavement
Il faut mettre ça sur le site internet.
Non, non, ouais, les épisodes sont vraiment top, notamment grùce au docteur Aurélien Garros, qui est vraiment, genre, quelqu'un comme toi et moi.
S'il nous écoute, il va dire, mais de quoi tu parles ?
Non, mais tu vois, en gros, il a notre ùge, il est génial, il
Je comprends tout ce qu'il dit et il est passionné, passionnant et c'est un expert pointu et c'est un des rares qui a dit j'ai envie de me spécialiser là -dessus aussi parce que c'est un premier concerné.
Et donc notamment, en fait, il y a sur Internet plein de gens qui disent n'importe quoi.
sur c'est dangereux pour la santĂ© comment c'est dangereux pour la santĂ© ça peut l'ĂȘtre dangereux pour la santĂ© mais en Ă©coutant les Ă©pisodes on comprend de quoi il en retourne mais en fait ce qui se passe, ce que le docteur Garos dit c'est qu'il n'y a pas d'Ă©tudes de fait et que c'est un sujet qui est complĂštement c'est la sodomie et le caca et c'est un sujet oĂč on n'a pas d'Ă©tudes donc lui il dit je peux partager du savoir mais je peux pas dire Ă 100% parce que moi je suis mĂ©decin et scientifique et il me faut des Ă©tudes pour dire Ă 100%
Et toi, ton rapport à ça, justement, t'arriverais à savoir comment il a évolué ?
Je me suis fait pénétrer il y a cinq jours.
Toute une félicitation.
Il y a eu un accident.
Ăa m'a saoulĂ©.
Genre, j'Ă©tais pas…
Non, j'ai rien dit.
Mais j'étais là , putain, ça saoule.
Je suis pas Ă l'aise et tout.
Et comment… On est allĂ© sous la douche.
Ok.
Comment il a réagi déjà ?
Non, trĂšs bien.
Non, mais oui.
Ah non, mais franchement, les gens qui ne sont pas gentils, ils ne sont pas dans ma vie, quoi.
Et est-ce que tu avais appréhendé ?
Est-ce que tu avais l'appréhension ?
C'était nul, ce que je viens de dire.
Personne n'a… C'est un peu neuneu, mais vas-y, pardon.
Non, mais tu vois, quelqu'un qui me shame… VoilĂ , pardon, c'est ça que je voulais dire.
Quelqu'un qui me shame Ă n'importe quel moment de l'intime, je dis, non, mais gars, t'es mignon, mais…
enfin genre next ah ouais non mais moi la honte je peux plus quoi bien sĂ»r en revanche il a le droit d'ĂȘtre mal Ă l'aise et tout et lĂ il Ă©tait trĂšs chou et il a cachĂ© son il a dit viens on va Ă la douche et est-ce que pendant le rapport toi t'avais une apprĂ©hension ah il est en train de me pĂ©nĂ©trer ah j'espĂšre que je vais pas ĂȘtre sale
Alors plus maintenant parce que je suis un expert du lavement.
Je suis une star du lavement.
J'ai pas bien compris, est-ce que t'es un expert du lavement ?
Un petit peu, on peut le dire.
Ah non mais tu sais qu'un de mes ex, lui me disait, putain je sais pas comment tu fais, donc mĂȘme un de mes ex, tu vois, il avait accĂšs Ă toutes mes informations et il me disait, moi je mets 1000 ans, alors que moi j'arrive vraiment en 10-15 minutes…
1000 ans ?
Ah ouais ?
Moi je te pense 5 minutes c'est bon quoi Ouais mais je suis d'accord, en fait c'est trÚs psychologique et je peux te dire sur ce dernier lavement que en fait mon amant avait une réunion à 14h30 et on s'est dit non vas-y il y a le temps et tout donc je vais chez lui mais du coup j'ai fait mon lavement à toute vitesse en me disant plus vite Guillaume, plus vite, plus vite et en fait je pense que je l'ai mal fait parce que j'étais stressé et c'est vrai que stressé je pense qu'il y a des trucs qui se compriment
Et donc, en moi, je ne dois pas expulser toute notre affaire, s'il y a une affaire expulsée.
Et puis, ça se peut donner envie de faire quelqu'un aussi, malgré le lavement, aprÚs.
Et tu penses qu'il y a quatre ans, si ça s'était produit, comment tu aurais réagi ?
Parce que lĂ , du coup, tu as l'air de dire, bon, OK, on va sous la douche.
Il y a un petit moment, un peu de flottement, un peu gĂȘnant.
Et il y a quatre ans, tu aurais réagi comment face à cette situation ?
Comme une future star du lavement !
Non, je rigole.
Franchement, j'ai pas de souvenirs parce qu'il ne faut pas non plus mentir.
Avant 35 ans, avant il y a 4 ans, j'avais des rapports intimes et j'ai déjà été sodomisé et tout, mais c'est un peu opaque.
C'est un peu le brouillard, quoi.
Est-ce que c'est pas le petit…
Comment on dit ?
Voile de la honte ?
Ouais, je pense.
Qui a un peu oublié tout ça ?
Ouais, complĂštement, ouais.
Ouais, ouais, je pense.
Ouais, ouais, je pense et… Ouais…
mais franchement je suis trop fier quand je reçois des messages qui disent avant j'avais mal ou je me faisais mal ou il y a franchement plein de gens qui m'ont dit moi je faisais pas de sodomus j'avais peur d'ĂȘtre sale et là ça y est je le fais et tout il y a des gens qui me disaient qu'ils prenaient des mĂ©dicaments alors que franchement en tout cas sur le long terme je veux pas donner la leçon mais tu peux vraiment te faire mal Ă l'intĂ©rieur il y a des gens qui mettaient 10 fois trop d'eau ou qui allaient trop en profondeur et qui se blessaient quoi
et je suis trop fier d'apporter mon petit grain de sable à ça ta contribution à tant de plaisir et il y a des gens, il faut vraiment le répéter les gens qui disent j'ai jamais fait de lavement et je m'en tape moi je fais pas de lavement et mon mec fait pas de lavement enfin si il en fait parfois mais pas systématiquement et je suis trÚs content dans ma sexualité donc le lavement n'est pas obligatoire c'est bien de le dire de ouf pour moi c'est
Et en effet, ça m'arrive d'avoir des accidents, ça arrive à mes partenaires d'avoir des accidents.
Et en effet, parfois, ça coupe un peu l'envie quand il y a un accident.
Ăa peut arriver.
Parfois, non.
Et puis, parfois, ça va couper.
Parfois, ça ne revient pas.
VoilĂ , c'est la vie.
C'est un peu comme la pause publicitaire.
t'es un peu coupé dans ton élan, t'es un peu saoulé, tu mets sur mute, tu coupes le son.
T'en profites pour aller faire pipi.
Tu vas faire autre chose et puis tu t'y remets, quoi.
Je sais pas si vous avez aimé cette image.
Moi, j'ai envie de dire un truc, c'est parce que
Parce que c'est en lien avec le podcast, et c'est en lien avec nous aussi, notre lien, et c'est sur les pratiques aussi.
Moi je sais que pour la sodomie, de parler en termes concrets, comme toi tu le fais dans le podcast et comme nous on le fait dans nos discussions, ça m'a vachement aidé.
Selon les partenaires, j'ai toujours une aise trĂšs diffĂ©renciĂ©e Ă ĂȘtre sodomisĂ©, donc il y a des partenaires avec qui c'est hyper facile, c'est tout seul, puis il y a des partenaires avec qui c'est beaucoup plus compliquĂ©.
Et je trouve que le fait d'en parler, et typiquement dans ton podcast, tu parles de la technique de la boussole ou de l'horloge ou je sais plus quoi, et ce genre de trucs trÚs concrets, de concrÚtement comment ça se passe dans ta sexualité et comment ça se passe dans la mienne et de le partager, je trouve ça hyper stylé et hyper libérateur aussi.
Voilà , j'ai envie de partager ça.
Ouais, je suis d'accord.
De ouf.
â Ăa, on va en parler dans les points ultĂ©rieurement.
Mais bien sĂ»r que notre lien…
Et c'est pour ça que je suis trop content que vous soyez là et que je suis super touché, quoi.
Mais quelque part, le podcast, il s'en va aussi grĂące Ă vous aussi, tu vois.
Parce que… â BlĂąmez-nous, auditeurs.
BlĂąmez-nous.
â Ouais, c'est ça.
Non, mais il y a aussi, tu vois…
Ă tout moment, je peux vous envoyer un WhatsApp.
Ă tout moment, je sais qu'on partage un chemin similaire.
Peut-ĂȘtre que c'est ça un truc aussi pour les auditeurs.
Sans honte.
Je ne veux pas ĂȘtre prescriptif, mais le podcast donne accĂšs Ă des conversations intimes qu'on pourrait avoir avec des proches.
et moi j'ai envie de dire trouver ces proches lĂ et crĂ©er ces communautĂ©s lĂ ayez ces conversations parce que ça libĂšre de ouf on arrĂȘte lĂ pour le premier Ă©pisode allez allons manger des gaufres pour une question de temps merci rendez-vous au prochain Ă©pisode.