Gay et Ă©panoui đŸ„ł La fin de mes blocages pas des angoisses (1/3)

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Partie 1 sur 3 – AidĂ© par mes trois meilleurs amis gays, je raconte pourquoi j’arrĂȘte et comment ces 380 Ă©pisodes de podcast et 4 ans de recherche ont dĂ©bloquĂ© mon intime gay : en amour, en sexe et en amitiĂ© (et comment ça peut marcher pour toi aussi 😉

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Je suis tendu comme un string. Ça va bien se passer. C'est normal. On est lĂ . Bon, je suis avec Baptiste, Victor et Adrien, trois amis cƓur-cƓur. Je peux dire que vous ĂȘtes gays, queers. Oui, d'accord. Des auditeurs assez fidĂšles du podcast et qu'on est super proches. Et je vous ai invitĂ© Ă  manger des gaufres la semaine derniĂšre pour goĂ»ter Ă  mon sirop d'Ă©rable. C'est une vraie histoire vraie, hein ? il n'y a pas de message sous-entendu c'Ă©tait vraiment du sirop d'Ă©rable et je partage je galĂšre Ă  comment je conclue le podcast comment je fais je tournais autour de ça et lĂ  vous m'avez dit nous on va te poser des questions nous on va t'aider et lĂ  je me suis dit mais bien sĂ»r trop bonne idĂ©e Tu passes de l'autre cĂŽtĂ©. Je passe de l'autre cĂŽtĂ©. D'ailleurs, donc, on est chez moi, lĂ , Ă  Paris. Et normalement, les invitĂ©s, ça soit ici, dans ce fauteuil. Ouais, oui. Wow, t'as vraiment Ă©changĂ© les rĂŽles, quoi. Ouais. J'adore. Et moi, je suis dans le canapĂ©, dans votre canapĂ©, lĂ . Au programme, j'ai envie de raconter pourquoi j'arrĂȘte le podcast et rapidement le processus. Mais ce qu'on a trouvĂ© intĂ©ressant Ă  partager, c'est… Moi, ce podcast, en 4 ans et prĂšs de 400 Ă©pisodes, m'a transformĂ©. À chaque dĂ©but d'Ă©pisode, je dis je suis gay et j'ai des blocages. En fait, aujourd'hui, je me suis vachement dĂ©bloquĂ© grĂące au podcast. Ouais, ouais. Et donc, j'ai pris du temps pour me dire OK, comment le podcast a impactĂ© concrĂštement ? J'ai envie, un je pense que c'est intĂ©ressant pour les gens, qui sont pour les hommes, gays, queers, mais toutes les personnes qui nous Ă©coutent et qui sont dans un chemin d'Ă©panouissement. En gros lĂ  moi je donne tout, je dis voilĂ  les trucs que j'aurais aimĂ© avoir et que j'aurais aimĂ© savoir, qui ont fonctionnĂ© pour moi, peut-ĂȘtre pour d'autres personnes. J'ai aussi demandĂ© Ă  des auditeurs de nous poser des questions. On en aura quelques-unes aussi. Et voilĂ . Et aprĂšs, je vais aussi indiquer c'est quoi la suite. Avant qu'on se lance, j'ai quand mĂȘme envie de dire plusieurs choses parce qu'il y a des questions qui reviennent tout le temps, qui sont trĂšs importantes. La premiĂšre, c'est bien sĂ»r, tous les Ă©pisodes resteront disponibles. Sur YouTube, il y a plein de censures, mais Ă  part ça, sur les autres plateformes, c'est oui. DeuxiĂšmement, les rencontres entre auditeurs qui ont essaimĂ© un peu partout en Europe restent. Elles sont autogĂ©rĂ©es, elles continuent. Donc, c'est des auditeurs risques comme toi et moi qui lĂšvent la main dans leur ville et hop, qui organisent des rencontres. On a dĂ©veloppĂ© un petit jeu de questions-rĂ©ponses qui est en libre accĂšs, que les gens peuvent tĂ©lĂ©charger ou imprimer. Et ça, ça continue. Et ça, il faut aller sur activeoupassive.com slash rencontre. En gros, sur le site, il y a la page rencontre. Et c'est des groupes WhatsApp que les gens peuvent rejoindre par ville. Ici, dans votre ville, il n'y a rien. Tu peux lever la main, tu peux me contacter en disant « moi, je vais organiser des trucs ». Donc ça, la communautĂ© va continuer. Pareil pour le Discord qui est autogĂ©rĂ©. C'est bien sympathique. Et enfin, il y a des gens qui me disent, moi, j'ai toujours eu envie de contribuer, mais je n'ai jamais pris le temps ou je ne pouvais pas avant. Et oui, la page ne va pas fermer et je laisse chaque donateur, donateurice libre de continuer Ă  m'aider. Je n'ai pas le chĂŽmage ou d'arrĂȘter Ă  sa guise. Mais j'ai des gens qui ont dit, je viens de commencer, je n'ai donnĂ© que 5 euros, je suis prĂȘt Ă  donner plus. Ils peuvent. VoilĂ . Et il faut… Ah oui, derniĂšre chose, il faut s'abonner Ă  ce podcast et activer les notifications. Parce que the question, c'est c'est quoi la suite ? On va en parler. Mais pour ĂȘtre tenu au courant, en fait, je ferai un Ă©pisode. Et je ne sais pas quand. Et donc, pouf, un jour, il y aura un Ă©pisode et il y aura des nouvelles. Je suis… On commence par quoi ? le processus allez-y moi j'ai envie de poser une question est-ce que tu te souviens quand t'as commencĂ© il y a 4 ans dans quel Ă©tat d'esprit t'Ă©tais prĂ©cisĂ©ment et qu'est-ce qui t'a poussĂ© Ă  faire le podcast ah direct je suis super Ă©mu c'est que la question est bonne du coup c'est que la question est bonne bah franchement j'Ă©tais tellement en galĂšre quoi j'Ă©tais vraiment en galĂšre et je me souviens j'ai fait 10 ans de thĂ©rapie Et ça marche, je conseille Ă  tout le monde de faire de la thĂ©rapie. Ça m'a vachement aidĂ©, mais j'Ă©tais lĂ , franchement, j'ai 35 ans et j'ai plein de blocages sexuels, je ne vais pas crever tout bloquĂ© comme ça. J'avais peur de mille et un trucs dont on va parler certainement. Le gros truc, c'Ă©tait l'hypocondrie. J'avais une peur maladive des IST. Et c'Ă©tait vraiment un geste de… Franchement, je ne vois pas… Je vais essayer ça. En fait, ce que je dis en intro, je l'ai toujours pensĂ©. Je me suis dit non, mais il y a plein de gays et de queers. Je pense que je ne suis pas le seul. Ils vont me raconter leur vie et je suis sĂ»r qu'il y aura des astuces, des trucs qui vont m'inspirer lĂ  dedans. Je me dis ça va m'inspirer et hop, j'ai lancĂ© ça. Il faut dire que juste avant, j'avais fait un podcast sur la psychanalyse qui s'appelle « Ma derniĂšre sĂ©ance de psychanalyse » oĂč j'avais utilisĂ© le mĂȘme procĂ©dĂ©. J'avais fait dix ans de psychanalyse et j'avais arrĂȘtĂ©. Je m'Ă©tais dit « Bon, qu'est-ce que je pense de cette affaire ? Qu'est-ce qui s'est passĂ© ? » Et donc, j'ai tendu le micro Ă  des gens qui me racontent leur derniĂšre sĂ©ance de psychanalyse. Donc, l'idĂ©e m'est venue de lĂ  aussi. Ouais ! Donc, j'Ă©tais dans cet Ă©tat d'esprit, ouais. Ouais, j'avais peur, hein. Mais tu l'as fait ? Bah je l'ai fait, ouais. Et tu t'attendais Ă  autant d'Ă©pisodes ou pas ? Non. Non parce qu'au dĂ©but j'ai plusieurs fois essayĂ© d'arrĂȘter. Non mais plusieurs fois je me suis dit c'est trop dangereux, je suis en train de raconter, enfin c'est trop sexuel, c'est trop intime. J'avais peur quoi, je me suis dit je vais jamais retrouver un boulot. Il y avait mon prĂ©nom, mon nom tu vois, j'Ă©tais lĂ  putain mais c'est vraiment genre sur la place publique, je parle de mon anus quoi. Et je me suis vraiment dit, c'est dangereux, quoi. Mais c'est un peu dangereux, dans le sens, tu payes le prix aussi. Puis je me suis dit, mais si ma famille tombe lĂ -dessus… En fait, je l'ai aussi fait pour ma famille, pour de vrai, pour en parler aprĂšs, mais… Moi, il y a un truc que lĂ , tu as Ă©voquĂ©, que j'ai envie de souligner, c'est, si je demande Ă  d'autres hommes gays, queers, comment ils font, en fait, je trouve qu'une des forces de ton podcast, et je pense pourquoi il a aussi bien marchĂ©, c'est que tu sors de la honte pour crĂ©er une culture, c'est-Ă -dire une transmission de savoir, d'histoire, de mythe, de vĂ©cu, Et pour que, en fait, tout le monde en bĂ©nĂ©ficie et que tout le monde se transmette du savoir de « Ok, comment on fait ? Et toi, tu fais comment ? Et toi, tu fais comment ? » On est tous un peu diffĂ©rents, mais il y a quand mĂȘme cette transmission-lĂ . Et typiquement, sur l'orgasme prostatique, les gays, on devrait ĂȘtre les pros de l'orgasme prostatique puisqu'on est les premiers Ă  utiliser la prostate. Et pourtant, jusqu'Ă  maintenant, il n'y avait pas grand-chose. Et donc, je trouve que c'est une des forces de ton podcast. Ça a Ă©tĂ©… vraiment de crĂ©er une culture de la sexualitĂ© gay et ça je trouve ça fort est-ce que c'Ă©tait une intention pour toi ou est-ce que ça s'est fait et puis tant mieux est-ce que c'Ă©tait dĂ©jĂ  une intention Ă  l'origine ? mais non mais c'Ă©tait pas dit mais j'avais pas du tout c'est cet espoir lĂ  je suis pas peut-ĂȘtre je suis peut-ĂȘtre je suis un non mais j'avais par humilitĂ© pas du tout l'impression que ça pouvait se passer non le truc auquel je me raccrocher pas mal c'est le pouvoir du dire en fait je suis sĂ»r que dire les choses ça libĂšre tu vois mais non je pensais pas Non, et en fait, encore aujourd'hui, ce que je trouve vachement Ă©mouvant, c'est que j'ai toujours eu besoin des retours positifs des gens, parce que je trouvais que c'Ă©tait gĂ©nial, mais je vous l'ai plusieurs fois dit, ça fait plusieurs annĂ©es qu'on se connaĂźt, souvent mon cerveau se dĂ©connectait de ces feedbacks positifs, tu vois ce que tu viens de dire et tout, j'ai… Toujours peur de manquer d'humilitĂ©, de trop m'y croire, de trop croire en moi. Moi je trouve que quand mĂȘme, s'il y a un truc qui n'a pas bougĂ© pendant les quatre ans du podcast, c'est mon syndrome de l'imposteur. J'ai l'impression qu'il est intact lui. Non, et petit Ă  petit, les gens me l'ont dit. Les gens qui participaient au podcast m'ont dit, ça m'a vachement libĂ©rĂ©. Et les gens, dans les messages, sur Instagram, dans les emails et tout, les donateurs m'ont dit ça. Et je m'en suis petit Ă  petit rendu compte. Ouais. Mais je pense que… Non, mais n'hĂ©sitez pas Ă  m'interrompre. Je pense qu'en fait, comme c'est pas trĂšs savant, genre, tu vois, c'est pas genre… C'est un peu tout bĂȘte, quoi. En gros, tu tends le micro Ă  quelqu'un et je fais pas de montage. Et donc, quelque part, je me suis toujours un peu dit, bon, bah… Parce que c'est si magique que ça, alors que ça l'est, je pense. Ça l'est, et je crois que beaucoup de gens te font reflĂ©ter. C'est quelle question tu poses et comment tu rĂ©agis. Et comment tu arrives Ă  instaurer un climat de sĂ©curitĂ©, de soutien, pour que les gens accouchent de leur rĂ©cit et de leur vĂ©cu. Merci, merci. C'est l'horreur, on ne va pas passer un Ă©pisode Ă  me faire des compliments. ah non mais tu vas pas y couper quand mĂȘme moi ce que je trouve intĂ©ressant je sais pas si c'est intĂ©ressant le terme mais c'est le cĂŽtĂ© oĂč mettre des mots sur des choses oĂč mĂȘme si c'est simple je trouve que en gĂ©nĂ©ral c'est pas facile d'avoir accĂšs Ă  d'autres rĂ©alitĂ©s, d'autres vĂ©cus Ă  la premiĂšre personne par rapport Ă  la sexualitĂ© Et moi, je pense notamment Ă … Enfin, moi, j'aime beaucoup parler de sexualitĂ©. Pas mal de mes amis ont des gens qui sont proches de moi. Et j'ai constatĂ© qu'il y a une personne de mon entourage, par exemple, qui parlait de sexualitĂ© que avec moi. Ou qui Ă©tait, du coup, qui… À part… S'il n'y a pas de ce genre de ressources… Donc, je considĂšre que… tu vois la ressource que t'as créé et que t'as contribuĂ© Ă  crĂ©er bah je trouve que ça peut se substituer Ă  des liens qui existent pas forcĂ©ment ou des fois on sait pas forcĂ©ment faire parce que c'est quand mĂȘme encore super tabou et donc je trouve que ça vient nourrir, moi j'imagine lĂ  oĂč ça vient nourrir les gens, lĂ  oĂč moi j'ai beaucoup besoin de parler de cul ou de relations Ă  mes proches, bah ceux qui y arrivent pas je me dis que du coup ça dĂ©ploie vachement et je trouve ça super puissant ah ouais grave l'intention n'Ă©tait pas de faire un compliment dĂ©guisĂ© mais je le pense vraiment non mais grave franchement moi j'Ă©tais super touchĂ© j'ai vraiment je suis le plus touchĂ© par les personnes isolĂ©es qui m'envoient des messages en fait j'ai souvent des messages donc lĂ  je reviens d'un voyage au QuĂ©bec donc les gens qui ont suivi le podcast ont su que je suis parti au QuĂ©bec il y a quelques Ă©pisodes au QuĂ©bec Et franchement, j'Ă©tais pas loin de la GaspĂ©sie, dans un endroit reculĂ©, c'est juste loin d'une grande ville, c'est pas si reculĂ© que ça, mais quelqu'un m'a reconnu. Et aprĂšs, moi, j'ai l'impression d'ĂȘtre Ă  l'autre bout du monde quand je suis au QuĂ©bec. Mais bon, pour les gens qui habitent au QuĂ©bec et qui Ă©coutent, ce n'est pas l'autre bout du monde. Et qui a dit ça, qui a dit, moi, en fait, il n'y a pas d'assaut. Je ne connais personne. Et puis, je ne suis pas forcĂ©ment out, etc. Il y a plein de… Ouais, et lĂ , j'ai annoncĂ© que j'arrĂȘtais. Donc, j'ai une pluie de compliments et des trucs, des messages trop beaux. Et il y a plein de gens, justement, qui disent ça, qui disent… Ben moi, c'Ă©tait pendant que je rĂ©flĂ©chissais Ă  faire mon coming out. Personne ne le savait, donc le podcast, c'Ă©tait un endroit safe avec une parole entre nous. Franchement, c'est trop beau. Franchement, je suis trop Ă©mu que ça… c'est magnifique quoi et c'est vrai qu'il y a d'autres gens qui me disaient moi ça m'intĂ©resse pas trop parce que j'ai plein de potes je parle de cul facilement j'ai mon mĂ©decin enfin tu vois et je trouve ça cool et en effet c'est la ressource comme tu dis merci ouais trop chouette J'ai une proposition, parce que lĂ , on a commencĂ© Ă  partir un peu de… Oh, c'est le bordel ! Du bilan et tout, mais je crois qu'il y a un truc, le public veut savoir, c'est en fait, qu'est-ce qui s'est passĂ© ces derniers mois, et comment t'es venu Ă  cette dĂ©cision d'arrĂȘter, en fait, donc lĂ … Oui, c'est vrai, on aurait pu commencer par ça. On aurait pu commencer par ça. Si ça vous va. Ouais. En juin… Je dĂ©jeune avec Adrien, toi, et je te parle de… J'ai un peu du mal Ă  continuer, j'ai un peu une panne. Et je me rappelle avoir utilisĂ© le mot de jachĂšre, qui est un mot que j'affectionne particuliĂšrement. Pour les gens qui ne savent pas ce que c'est, je ne suis absolument pas un grand connaisseur, mais en gros, c'est apparemment quand tu laisses un chant. Faire bien ce qu'il veut. Donc tu ne le touches pas et pousse ce qui pousse ou rien ne pousse. Pour rĂ©gĂ©nĂ©rer la terre. Parce que si la terre sans cesse alimente des petites graines et des cultures et toujours les mĂȘmes… Il n'y a plus rien qui pousse. À un moment donnĂ©, les nutriments de la terre… Peut-ĂȘtre qu'il y a des agriculteurs qui Ă©coutent et qui sont lĂ  « Mais c'est pas du tout ça une jachĂšre ! » Bon, c'est comme ça que moi, je l'ai compris. Et je me souviens d'en parler. Et je me souviens revenir comme ça, genre de notre dĂ©jeuner, rentrer chez moi et me dire, mais bien sĂ»r, quelle excellente idĂ©e. Je vais avoir le courage de faire une jachĂšre. C'est maintenant. Et lĂ , j'ouvre mon ordinateur et il y a mon agenda qui pop et qui me fait QuĂ©bec dans deux mois. Et j'Ă©tais lĂ , ah mais oui, merde, je pars au QuĂ©bec. C'est pas maintenant que je peux m'arrĂȘter parce que le QuĂ©bec exigeait Ă©normĂ©ment de travail pour trouver des tĂ©moignages lĂ -bas, des contacts et tout. Donc j'ai pour autant interrompu pendant deux mois les enregistrements. Donc je les ai publiĂ©s, puis j'ai fait des rediffusions. Puis je suis parti un mois en vacances totalement dĂ©connectĂ©s, notamment chez les faits radicals, dont on pourra reparler. OĂč lĂ , il n'y avait pas de tĂ©lĂ©phone, etc. En me disant, ben voilĂ , comme ça, je reviendrai rechargĂ©. Et en fait, je suis arrivĂ© au QuĂ©bec, j'Ă©tais censĂ© ĂȘtre rechargĂ©. Et puis en fait, la batterie Ă©tait vide. J'avais pas la flamme et en fait pas mal de dĂ©ni et de peur parce que genre moi ce podcast c'Ă©tait un peu toute ma vie. Et puis je me suis tellement battu pour que ça fonctionne, je me suis tellement battu pour trouver un modĂšle Ă©conomique et tout, j'Ă©tais lĂ  c'est pas possible, vas-y. Mais en vrai j'ai dĂ©jĂ  eu des hauts et des bas. Et lĂ , je sentais que j'Ă©tais arrivĂ© au bout du chemin. Éditorialement, j'avais des idĂ©es de sujets. Mais mon cƓur n'y Ă©tait plus. Moi, j'adore les gens, j'adore poser des questions, j'adore les tĂ©moignages, j'adore ce podcast vraiment. Et Ă©ditorialement, il y a plein de sujets que je n'ai pas soit assez bien couverts, soit que j'aurais pu couvrir plus. Mais moi, ma flamme intĂ©rieure, le truc de « Salut, moi, c'est Guillaume » et je suis bloquĂ© dans ma sexualitĂ© et lĂ , je suis dĂ©terminĂ© Ă  comprendre, Ă  trouver des idĂ©es et tout, je ne l'ai plus. Parce que Victoire, Joie, aprĂšs 380 et plus Ă©pisodes et 4 ans, je me sens Ă©panoui. Et petit Ă  petit, j'entends dans les rĂ©ponses des gens de la redite aussi. Donc, c'est pour ça que j'ai arrĂȘtĂ©. Mais aprĂšs, je l'ai annoncĂ© sur WhatsApp d'abord pour faire vivre un peu la dĂ©cision et voir un peu ce que je suis pas. J'avais un peu peur et tout. Du coup, je l'ai annoncĂ© sur les groupes WhatsApp des apĂ©roditeurs. Et puis non, mais lĂ , j'ai senti que la dĂ©cision, elle est ultra alignĂ©e pour moi. Donc, il y a pas mal de gens qui me demandent comment ça va ? et parce que j'ai pas tout communiquĂ© sur les rĂ©seaux sociaux et ça va super bien et je me sens super alignĂ© et puis je me sens super privilĂ©giĂ© tu vois de pouvoir de pouvoir ĂȘtre courageux tu vois et j'ai vachement peur j'ai peur du vide Donc, j'ai des idĂ©es de projets dont on va parler. Mais en fait, j'ai des idĂ©es de choses qui m'inspirent. Mais en fait, je n'ai pas de chemin trĂšs clair. Je pense que c'est une autre des grosses questions. Non, je n'ai pas de chemin clair. C'est la jachĂšre. Ça y est, c'est la jachĂšre. C'est la jachĂšre qui commence. Ouais. Et ouais. Mon niveau en jeux vidĂ©o de console augmente Ă©normĂ©ment. Mon classement augmente de ouf. VoilĂ . Attends, tu nous as dit… Platinium. Niveau Platinium. Platinium, c'est ça ? Alors… Pas parmi 12 millions de joueurs, quelque chose comme ça. Soyons prĂ©cis. 1% mondial, c'est ça ? Non. Les auditeurs veulent savoir, Guillaume. La PlayStation m'a dit, dans ce jeu, vous ĂȘtes meilleur que 78% des autres joueurs, joueuses. Et il y a 12 millions de joueurs. Non, lĂ , je me suis emballĂ©e. Ah, pardon. Je ne suis pas sĂ»re du chiffre. C'est ça. donc lĂ  on peut Ă  ce moment lĂ  aborder mon rapport Ă  la performance et mes problĂšmes d'angoisse de performance ça se fait pas mal non mais pour tenir notre fil rouge c'est quand mĂȘme un peu si je pouvais parler Ă  Guillaume il y a 4 ans ou si je pouvais dire Ă  tous les auditeuristes moi ça fait 4 ans que j'Ă©tudie ce sujet de la sexualitĂ©, de l'intime amoureux, sexuel C'est quoi les clĂ©s ? Moi, la premiĂšre, c'est se dire publiquement qu'on a bien discutĂ© dĂ©jĂ , tu vois. C'est pour ça que je le redis. Moi, franchement, oser publiquement dire… C'est un peu le mĂȘme concept qu'en thĂ©rapie, mĂȘme si c'est un peu diffĂ©rent. Dire mon blocage Ă  mes amis, Ă  mes amants, ça transforme. MĂȘme si j'ai zĂ©ro solution, dire, j'ai l'impression que c'est un gros bout du chemin et que la suite vient plus facilement une fois que j'ai dit, parce que mon cerveau, je crois, arrĂȘte d'ĂȘtre dans le dĂ©ni. Bon, je suis dĂ©solĂ©, c'est peut-ĂȘtre un peu genre des portes ouvertes des idiots. On ouvre toutes les portes. Qui sont peut-ĂȘtre dĂ©jĂ  ouvertes pour plein de gens. L'autre truc que j'ai envie de dire, et peut-ĂȘtre vous en tant qu'auditeur, vous l'avez vĂ©cu, dites-moi vous si vous avez envie d'ajouter des trucs, mais entendre, c'est ce que tu as dit un peu Baptiste, entendre chez l'autre. Que c'est un chemin singulier, que ça va Ă  gauche puis Ă  droite, qu'il y a des hauts et des bas, entendre les blocages, les spĂ©cificitĂ©s, bah en fait moi ça me libĂšre de ouf, je me sens plus tout seul. De ouf ? Parce qu'en fait j'ai l'impression que si on entend le blocage de quelqu'un d'autre, mĂȘme si on n'a pas tout Ă  fait le mĂȘme ou mĂȘme si on a une autre expĂ©rience… En fait dĂ©jĂ , j'ai l'impression qu'en tant que queer, gay, homo, je sais pas comment on pourrait le dĂ©finir, on a quand mĂȘme une forme d'empathie parce qu'on a quand mĂȘme traversĂ©, je pense, chacun dans nos sexualitĂ©s, des moments un peu difficiles, donc on a forcĂ©ment une espĂšce de truc un peu « ah oui, ça, je vois ce que tu veux dire ». Et je trouve qu'il y a quelque chose de la communautĂ©, il y a un truc qui a fait que le podcast il y a quelque chose de transversal qui s'est passĂ© entre tous les gens qui l'Ă©coutaient. Et mĂȘme si on n'Ă©tait pas dans les mĂȘmes problĂ©matiques, il y avait une sorte de soutien, j'ai l'impression. Moi, c'est ce que ça m'a aidĂ©. Et c'est ce que peut-ĂȘtre te racontait le gars qui est perdu au fin fond du Canada. Il a dit en fait, je suis moins seul. Et entendre effectivement le blocage de l'autre, mĂȘme si ce n'est pas le mĂȘme, du coup, ça nous rapproche d'une certaine façon. Ouais. Et puis la diversitĂ© des vĂ©cus aussi, je trouve que ça m'a vachement nourri, autant que ce soit des personnes qui te parlent de fistes ou de polyamour, ça m'a fait du bien de dĂ©couvrir de nouvelles planĂštes sur lesquelles je ne suis pas. Ouais, ça, ça sera le point suivant. Donc, on ne peut pas en parler. Moi, j'ai une question pour toi, Guillaume, parce que du coup, il y a quand mĂȘme une diffĂ©rence entre faire le podcast qui est un peu dans un endroit, effectivement, un peu intime avec quelqu'un ou en face Ă  face. Et aprĂšs il y a l'autre partie qui est plus la partie rĂ©seaux sociaux et comme tu l'as dit en fait quelqu'un t'a reconnu parce qu'il t'a reconnu sans doute parce qu'il avait vu une vidĂ©o d'insta. Ça du coup c'est un peu ces deux trucs lĂ  Ă  la fois le podcast et le travail des rĂ©seaux sociaux c'est quand mĂȘme deux choses qui sont diffĂ©rentes. est-ce que si t'avais eu Ă  choisir un seul des deux par exemple parce que les deux sont complĂ©mentaires t'aurais choisi lequel ? je pense que sans les rĂ©seaux sociaux que je vais pourrir dans la phrase d'aprĂšs sans les rĂ©seaux sociaux j'aurais arrĂȘtĂ© plus tĂŽt Pour ĂȘtre honnĂȘte, les rĂ©seaux sociaux m'ont vachement motivĂ©, m'ont connectĂ© Ă  des gens super. Parce que tu as eu des retours positifs et que les gens t'ont soutenu par les rĂ©seaux sociaux. À la base, moi, ce que je trouvais rigolo, c'Ă©tait un peu le dĂ©fi de « bon, je vais essayer de trouver un modĂšle Ă©conomique ». Et donc, c'est pour ça qu'il y a trois Ă©pisodes par semaine et qu'il y a un rythme assez effrĂ©nĂ©. C'est que plus tu publies et plus tu es visible dans l'application des gens. Parce que quand tu te connectes Ă  ton application, le podcast qui a publiĂ© le dernier Ă©pisode apparaĂźt en haut. Donc, c'est un peu bĂȘte comme ça. Et aprĂšs, je me suis dit, les rĂ©seaux sociaux, je vais pouvoir faire des petites vidĂ©os pour attirer des auditeurices sur le podcast. Et puis, il y avait le dernier truc qui est dans notre point « dire ». En fait, mettre mon visage et dire publiquement des choses que je n'entends pas et qui sont censĂ©es ĂȘtre honteuses. Moi, j'avais l'impression d'ĂȘtre un gangster, un pirate, un saltimbanque. J'adore. J'adore parce qu'en fait, je suis inarrĂȘtable au moment oĂč je dis « Ah ouais, moi, je ne sais pas ce que j'ai dit comme truc vrai, mais je ne sais pas faire de lavement ou j'aime bien me faire sodomiser ou j'ai peur
 » « J'aime bien la double. » « Non. » J'ai pas dit ça parce que c'est pas vrai. Mais en revanche, toi, peut-ĂȘtre que tu veux en dire deux mots. C'est pas faux. D'accord. Non, mais tu vois, en fait, je me sentais vraiment puissant. Je me sentais vulnĂ©rable et inarrĂȘtable dans le sens, bon, je vois pas pourquoi je devrais en avoir honte. Et moi, je pense que j'ai raison de pas en avoir honte et de le dire. Donc voilĂ , les rĂ©seaux sociaux, alors grĂące Ă  ça, m'ont connectĂ© Ă  plein de gens. Aujourd'hui, j'ai 35 000 followers. Ça a fait que quand j'avais des questions sur nos sujets, il y avait plein de gens qui me rĂ©pondaient. Quand je cherchais des tĂ©moignages, il y avait plein de gens. Il y avait des vrais gens qui me faisaient des rĂ©actions rapides. Le podcast, c'est un mĂ©dia oĂč tu es trĂšs isolĂ©. Je suis tout seul avec mon micro, je publie, je peux regarder des chiffres qui bougent. Autant vous dire que je les ai souvent regardĂ©s. Mais voilĂ , tu vois, alors que sur Instagram, t'as autant directement la violence et la haine homophobe que j'ai eu l'impression aussi de pouvoir combattre diffĂ©remment, tu vois, que quand j'Ă©tais au lycĂ©e. Ça t'a gĂȘnĂ© la haine ? Il y a des moments oĂč les haters, ça t'a vraiment atteint ? Ça m'a peinĂ©. ça m'a peinĂ© ouais franchement aprĂšs moi franchement je savais Ă  quel jeu je jouais c'est d'ailleurs pour ça que lĂ  j'ai pas publiĂ© pendant 4 mois c'est que moi une fois que le jeu j'ai pas envie d'y jouer j'y joue pas quoi donc en fait je suis une marionnette oĂč faut ĂȘtre Ă  la fois authentique parce que moi je vais pas mentir et Ă  la fois faut ĂȘtre Ă  la fois poreux Ă©couter les gens parce que sinon tu fais pas un rĂ©seau social et Ă  la fois ĂȘtre solide comme un rock Nadia vous l'avez ou pas la rĂ©fĂ©rence ? Non, pas du tout attendez on est tous des annĂ©es 80 solide comme un rock bon on passe faut ĂȘtre aussi solide comme un rock pour se faire insulter oui et je pense que ce qui m'a beaucoup aidĂ© c'est de me dire non mais moi j'ai un objectif je fais des vues pour que des gens me disent Mais moi, en fait, grĂące Ă  cette vidĂ©o, j'ai dĂ©couvert comment je me faisais mal en faisant un lavement. J'ai trouvĂ© via l'annuaire, il y a un annuaire des mĂ©decins et des psys recommandĂ©s par les auditeurs. Il y a plein de gens qui ont trouvĂ© leur mĂ©decin comme ça. Il y a plein de gens qui m'ont envoyĂ© un message en disant j'Ă©tais dĂ©couvert sur Instagram et ça m'a transformĂ©. Donc moi, j'avais ça en tĂȘte et j'Ă©tais lĂ , j'Ă©tais dĂ©ter. Et puis je faisais aussi un peu ma psychanalyse, je pense. Il y avait un peu un truc de moi… osĂ© dire tout ça publiquement et quelques barres gagnĂ©es sur les homophobes alors que quand j'ai grandi au collĂšge au lycĂ©e j'ai jamais gagnĂ© face aux homophobes je me suis Ă©crasĂ© je me suis excusĂ© j'ai enlevĂ© tout ce qui avait dĂ©fĂ©minĂ© de moi et j'ai certainement jamais parlĂ© de sodomie et aujourd'hui genre rĂ©pondre Ă  un commentaire d'homophobe en faisant 200 000 vues grĂące Ă  lui et aprĂšs dans les apĂ©roditeurs rencontrer quelqu'un qui m'a dit je t'ai vu t'Ă©tais insultĂ© dans une vidĂ©o j'ai dĂ©couvert le podcast j'ai Ă©coutĂ© 150 Ă©pisodes et aujourd'hui ça m'a transformĂ© moi je suis lĂ  mais ça c'est une victoire de ouf quoi ouais c'est peut-ĂȘtre un peu mesquin mais bon c'est une revanche sur ton histoire je trouve ça super beau une revanche dans le sens de je comprends que t'as vĂ©cu pas mal d'homophobie quand t'Ă©tais enfant, ado je sais pas si aprĂšs t'as envie de nous en dire plus ou pas mais je trouve ça beau que t'aies pu peut-ĂȘtre transformer cette colĂšre ouais Oui, en fait, pour moi, la grosse limite, c'est que tant que je reste dans une binaritĂ©, l'homophobe est un gros connard. Et moi, je suis vraiment une belle personne sodomisĂ©e. Ce qui peut ĂȘtre vrai dans un tentĂ©, tu vois. Mais moi aussi, parfois, je suis le gros connard, certainement. En fait, moi, lĂ  oĂč je me retrouve juste pas assez dans… la rĂšgle du jeu de la binaritĂ© des rĂ©seaux sociaux oĂč en fait il faut se taper dessus et c'est un peu il n'y a qu'une seule vĂ©ritĂ© et tout quoi, il n'y a pas la place Ă  la nuance mais ouais c'est beau, moi je suis trĂšs content c'Ă©tait un peu un dĂ©fouloir aussi c'est trĂšs violent comme espace mais c'est un peu un dĂ©fouloir mais c'est vrai que du coup ça a créé moi je pense que genre au quotidien ça a créé Ă  la fois une addiction chez moi oĂč j'Ă©tais lĂ  comme un ouf Ă  regarder sans cesse Ă  faire plein de trucs et tout qui est ma personnalitĂ© addictive mais ça m'a donnĂ© quand mĂȘme du pulse par rapport au podcast et l'homophobie que j'ai vĂ©cu ouais mais on pourra en parler au moment oĂč on parle de stress minoritaire non mais parce que sinon on dĂ©roule pas alors dĂ©roulons dĂ©roulons dĂ©roulons non mais tu vois je me dis que c'est une trĂšs bonne idĂ©e en gros on a fini le premier point le dire publiquement on l'a bien couvert notre deuxiĂšme point c'est moi le podcast m'a appris des techniques sexuelles de ouf donc en fait Ă  petit Guillaume qui galĂ©rait il y a 4 ans bah en fait je lui dis mais en fait on t'a jamais appris et en fait ça marche pas bien toujours parfois parfois ça marche, parfois ça marche pas, mais parce qu'en fait, techniquement, genre en fait, c'est une compĂ©tence le sexe aussi. T'as envie de dire un peu ce qui marchait ou ce qui marchait pas Ă  l'Ă©poque ? Ah ouais, non mais il y a plein de trucs qui marchaient pas. AprĂšs… ah non mais il y a tellement de trucs pour situer d'oĂč tu viens en fait on commence par ce que tu as Ă©voquĂ© tout Ă  l'heure sur l'hypocondrie mĂȘme si c'est pas une technique mais c'est des choses concrĂštes que tu as pu mettre en place de ouf pour sortir de ça bah c'est en plus notre premier sous petit point je suis le programme une subtile transition ouais t'es trop fort non mais t'as raison en fait je pense que j'ai travaillĂ© pour MĂ©decins Sans FrontiĂšres notamment sur les questions de VIH Moi, je viens de lĂ . Et bien, malgrĂ© ça, mon cerveau n'avait pas imprimĂ© les bonnes informations. J'Ă©tais incompĂ©tent sur les MST. C'est fou. Franchement, je le dis sans honte et tout. Bon, il ne faudra pas que je recherche un boulot chez MSF parce qu'ils pourraient se demander. Mais non, mais bon, aprĂšs, ce n'Ă©tait pas exactement les mĂȘmes sujets. Ce n'Ă©tait pas la sexualitĂ© entre hommes et tout, mais… Franchement, je n'avais rien compris aux IST, aux infections sexuellement transmissibles. Donc, je me paniquais de trucs oĂč en fait, il n'y avait pas de sujet et je ne savais pas bien mettre le curseur sur les risques. J'avais plein de prĂ©jugĂ©s sur la PrEP. Lesquels, par exemple ? Non, mais je n'avais rien compris Ă  la PrEP. Non, mais c'Ă©tait la cata ! indĂ©tectable Ă©gale intransmissible le fait que quelqu'un autant qu'une personne sĂ©ronĂ©gative quelqu'un qui est sĂ©ropositif sous traitement les deux pareils ne peuvent pas transmettre le virus qui est indĂ©tectable lĂ  tu parles des gens qui sont sĂ©ropositifs sous traitement c'est complĂštement autre chose je te remercie mais j'avais rien compris Ă  ça et j'avais pas compris donc comment l'aprĂšs fonctionnait mais en effet peut-ĂȘtre t'as raison je mĂ©lange plusieurs sujets t'as raison j'avais plein de sĂ©rophobie en moi j'avais une peur panique gĂ©nĂ©ration annĂ©es 80 moi je suis nĂ© en 86 donc ma sexualitĂ© j'ai grandi dans les posters attention tu vas mourir Ouais et puis mĂȘme plus que les posters, moi je suis un tout petit peu plus ĂągĂ© mais moi j'ai le souvenir d'images de couloirs de gens atteints du VIH Ă  l'Ă©poque, on nous les montrait au JT, c'Ă©tait des fantĂŽmes, c'Ă©tait des corps squelettiques… Avec le regard dans le vide, c'Ă©tait quand mĂȘme terrorisant. J'en ai parlĂ© Ă  ma psy Ă  plusieurs reprises. C'est ça qui m'a le plus marquĂ© du VIH. C'est le truc des annĂ©es 80-90 qui a Ă©tĂ© vraiment ultra traumatisant. À l'Ă©poque, tant qu'il n'y avait pas les bons traitements, c'Ă©tait la mort ? Moi aussi, j'avoue que par rapport au VIH, SIDA, je me suis rendu compte quand j'ai commencĂ© ma vie sexuelle que ça m'avait complĂštement traumatisĂ©. Moi je suis nĂ© en 87, donc pareil, je n'ai que fin des annĂ©es 80. Et le sujet, pour moi, c'Ă©tait tellement associĂ©… Enfin, pour moi, les malades du sida, c'Ă©tait l'une des seules visibilitĂ©s mĂ©diatiques qu'avait l'homosexualitĂ© dans les mĂ©dias Ă  l'Ă©poque. Et en fait, moi, je me souviens que ça m'a traumatisĂ© au point oĂč j'ai eu des contacts sexuels quand j'Ă©tais enfant avec d'autres enfants de mon Ăąge. entre mes 6 et mes 8 ans et je me souviens aprĂšs avoir eu peur d'avoir chopĂ© le sida et Ă©videmment je pouvais en parler Ă  personne et vraiment aujourd'hui pour moi la PrEP c'est vraiment un mĂ©dicament qui m'a libĂ©rĂ© de ça mĂȘme si je sais que au final j'ai pas tant de partenaires que ça donc ce serait pas complĂštement je suis pas sĂ»r d'ĂȘtre complĂštement le public cible mĂ©dicalement parlant mais en tout cas Je pense qu'il y a des pratiques que je ferais juste pas si j'avais… En tout cas, moi je me sentais vachement bloquĂ©, genre avoir du spam dans la bouche, pour moi c'Ă©tait juste pas possible. Et ça m'a dĂ©bloquĂ© par rapport Ă  ça, mĂȘme si moi j'ai conscience que chez moi, pour moi en tout cas la PrEP c'est plus quelque chose de psychologique. Ouais. Mais ouais, moi, je te rejoins complĂštement. C'est psychologique pour moi et qu'en fait, on grandit… Enfin, pour moi, j'ai Ă©tĂ© traumatisĂ©, c'est-Ă -dire, mon cerveau a tout mĂ©langĂ©. Parce qu'en fait, on est d'accord que les IST et le VIH, il y a plusieurs IST, le VIH, c'est diffĂ©rent. Et qu'aujourd'hui, on n'est plus du tout dans les annĂ©es 80. Mais c'est comme si mon cerveau… Ă  ce moment-lĂ , au dĂ©but du podcast et tout, n'avait pas bien enregistrĂ© et agissait dans une irrationalitĂ© totale. C'Ă©tait complĂštement, ça avait ni queue ni tĂȘte, c'Ă©tait nimp. Donc vraiment, tous les Ă©pisodes avec les experts, autour de la PrEP, oĂč j'ai pu poser toutes les questions, et quelque part, le podcast est devenu un prĂ©texte pour faire des recherches et trouver des scientifiques, des mĂ©decins, et J'ai trouvĂ© des mĂ©decins et ça j'adorais. Moi je voulais des hommes gays, bi ou en tout cas des premiers concernĂ©s tu vois. Parce que je trouve que j'avais accĂšs Ă  des trucs un peu des hommes en blouse blanche. Chaque fois je me disais mais toi tu t'es jamais fait pĂ©nĂ©trer, c'est pas possible que tu parles comme ça. Tu vois, j'avais envie de gens oĂč je comprenne vraiment… Ok, toi, tu prends la PrEP. Toi, tu as plusieurs partenaires et tes mĂ©decins. Ok, moi, j'ai des questions Ă  te poser. Je peux ajouter, parce que je vous en ai parlĂ© cet Ă©tĂ©, lĂ , au QuĂ©bec, quand j'Ă©tais dans mes galĂšres de… Je sens qu'il faut que j'arrĂȘte le podcast, tournant de vie, putain de merde, dans le dĂ©ni et tout. J'ai reçu des angoisses. Et en fait, j'ai eu des angoisses. J'avais peur des IST. Et je trouve que c'est important de le dire parce que je me suis dit, ah ouais, cette irrationalitĂ©-lĂ , malgrĂ© le chemin parcouru, elle revient. Et aprĂšs, je suis re-rentrĂ© Ă  Paris. Et hop, elles sont parties. Et sur ce canapĂ© que vous voyez, j'ai eu un rapport sexuel avant-hier, tu vois. Et il n'y a plus. FĂ©licitations. Non mais tu vois, j'ai envie de faire un cĂąlin Ă  ce Guillaume du passĂ© et Ă  ce Guillaume du prĂ©sent. Quand je suis en insĂ©curitĂ© de ouf, j'ai des vieilles angoisses qui remontent, trop bizarrement, pour des gens qui se disent « c'est les annĂ©es 80, c'est bon ». Mais ça c'est la dĂ©finition d'un trauma. Un choc qu'on n'a pas mĂ©tabolisĂ© et donc on a une rĂ©action irrationnelle et qui date d'un passĂ© qui n'a plus lieu d'ĂȘtre. Ça c'est un trauma dans le bouquin. Et en fait le truc c'est que c'est un trauma qui nous dĂ©passe au-delĂ  de nous quatre. au-delĂ  du chemin qu'on fait nous, c'est un trauma collectif, sociĂ©tal. Peut-ĂȘtre pour les vieux comme nous, non ? Peut-ĂȘtre aujourd'hui, non ? Je pense que ça se transmet en plus le trauma. On va pas faire tout un… Ah ouais, peut-ĂȘtre que ça se transmet. En tout cas, malgrĂ© tout le travail collectif et sociĂ©tal et culturel qu'il y a Ă  faire, toi t'as Ă©voluĂ© entre 4 ans, entre il y a 4 ans et aujourd'hui ton rapport au VIH et aux IST en gĂ©nĂ©ral. Ah des oufs. ah oui j'ai pas dit c'est dommage je le dirai Ă  la prochaine intro mais il y a BenoĂźt un auditeur qui est en train de catĂ©goriser de thĂ©matiser tous les Ă©pisodes donc sur le site du podcast on pourra en choisissant n'importe quelle plein de thĂ©matiques hop avoir tous les Ă©pisodes qui en parlent et du coup il y a une thĂ©matique sur justement les interviews d'experts et les trucs mĂ©dicaux donc gros pub lĂ  dessus sinon actifoupassif.com slash prep Petit apartĂ©, tu trouveras les liens des Ă©pisodes qu'on mentionne lĂ  dans le descriptif, le descriptif de cet Ă©pisode. Comme ça, tu peux les retrouver facilement et les Ă©couter. Mais non, mais sur le podcast m'a donnĂ© de la technique sexuelle parce que le point d'aprĂšs, c'est sur les mĂ©canismes psychologiques. Mais on finit ce point des techniques sexuelles, le lavement. le lavement le lavement est-ce que c'est pas ton plus gros Ă©pisode ? je suis une star du lavement je pense qu'on peut y aller l'humilitĂ© c'Ă©tait pour le dĂ©but de l'Ă©pisode ça suffit cette affaire lĂ  restat de lavement c'est Ă©crit incroyable ouais et parce que je pense que lĂ  on touche vraiment au tabou et Ă  la honte le caca je pense qu'on peut pas parler de caca avec ton visage c'est mot contre triple et du coup raconte nous il y a 4 ans ton rapport Ă  ça j'imagine la peur du coup que ce soit sale que le sexe qui t'est pĂ©nĂ©trĂ© ou le doigt soit sale et tes dĂ©couvertes sur le lavement sans aller forcĂ©ment dans les dĂ©tails les auditeurs Ă©coutent des Ă©pisodes slash lavement Il faut mettre ça sur le site internet. Non, non, ouais, les Ă©pisodes sont vraiment top, notamment grĂące au docteur AurĂ©lien Garros, qui est vraiment, genre, quelqu'un comme toi et moi. S'il nous Ă©coute, il va dire, mais de quoi tu parles ? Non, mais tu vois, en gros, il a notre Ăąge, il est gĂ©nial, il Je comprends tout ce qu'il dit et il est passionnĂ©, passionnant et c'est un expert pointu et c'est un des rares qui a dit j'ai envie de me spĂ©cialiser lĂ -dessus aussi parce que c'est un premier concernĂ©. Et donc notamment, en fait, il y a sur Internet plein de gens qui disent n'importe quoi. sur c'est dangereux pour la santĂ© comment c'est dangereux pour la santĂ© ça peut l'ĂȘtre dangereux pour la santĂ© mais en Ă©coutant les Ă©pisodes on comprend de quoi il en retourne mais en fait ce qui se passe, ce que le docteur Garos dit c'est qu'il n'y a pas d'Ă©tudes de fait et que c'est un sujet qui est complĂštement c'est la sodomie et le caca et c'est un sujet oĂč on n'a pas d'Ă©tudes donc lui il dit je peux partager du savoir mais je peux pas dire Ă  100% parce que moi je suis mĂ©decin et scientifique et il me faut des Ă©tudes pour dire Ă  100% Et toi, ton rapport Ă  ça, justement, t'arriverais Ă  savoir comment il a Ă©voluĂ© ? Je me suis fait pĂ©nĂ©trer il y a cinq jours. Toute une fĂ©licitation. Il y a eu un accident. Ça m'a saoulĂ©. Genre, j'Ă©tais pas… Non, j'ai rien dit. Mais j'Ă©tais lĂ , putain, ça saoule. Je suis pas Ă  l'aise et tout. Et comment… On est allĂ© sous la douche. Ok. Comment il a rĂ©agi dĂ©jĂ  ? Non, trĂšs bien. Non, mais oui. Ah non, mais franchement, les gens qui ne sont pas gentils, ils ne sont pas dans ma vie, quoi. Et est-ce que tu avais apprĂ©hendĂ© ? Est-ce que tu avais l'apprĂ©hension ? C'Ă©tait nul, ce que je viens de dire. Personne n'a… C'est un peu neuneu, mais vas-y, pardon. Non, mais tu vois, quelqu'un qui me shame… VoilĂ , pardon, c'est ça que je voulais dire. Quelqu'un qui me shame Ă  n'importe quel moment de l'intime, je dis, non, mais gars, t'es mignon, mais… enfin genre next ah ouais non mais moi la honte je peux plus quoi bien sĂ»r en revanche il a le droit d'ĂȘtre mal Ă  l'aise et tout et lĂ  il Ă©tait trĂšs chou et il a cachĂ© son il a dit viens on va Ă  la douche et est-ce que pendant le rapport toi t'avais une apprĂ©hension ah il est en train de me pĂ©nĂ©trer ah j'espĂšre que je vais pas ĂȘtre sale Alors plus maintenant parce que je suis un expert du lavement. Je suis une star du lavement. J'ai pas bien compris, est-ce que t'es un expert du lavement ? Un petit peu, on peut le dire. Ah non mais tu sais qu'un de mes ex, lui me disait, putain je sais pas comment tu fais, donc mĂȘme un de mes ex, tu vois, il avait accĂšs Ă  toutes mes informations et il me disait, moi je mets 1000 ans, alors que moi j'arrive vraiment en 10-15 minutes… 1000 ans ? Ah ouais ? Moi je te pense 5 minutes c'est bon quoi Ouais mais je suis d'accord, en fait c'est trĂšs psychologique et je peux te dire sur ce dernier lavement que en fait mon amant avait une rĂ©union Ă  14h30 et on s'est dit non vas-y il y a le temps et tout donc je vais chez lui mais du coup j'ai fait mon lavement Ă  toute vitesse en me disant plus vite Guillaume, plus vite, plus vite et en fait je pense que je l'ai mal fait parce que j'Ă©tais stressĂ© et c'est vrai que stressĂ© je pense qu'il y a des trucs qui se compriment Et donc, en moi, je ne dois pas expulser toute notre affaire, s'il y a une affaire expulsĂ©e. Et puis, ça se peut donner envie de faire quelqu'un aussi, malgrĂ© le lavement, aprĂšs. Et tu penses qu'il y a quatre ans, si ça s'Ă©tait produit, comment tu aurais rĂ©agi ? Parce que lĂ , du coup, tu as l'air de dire, bon, OK, on va sous la douche. Il y a un petit moment, un peu de flottement, un peu gĂȘnant. Et il y a quatre ans, tu aurais rĂ©agi comment face Ă  cette situation ? Comme une future star du lavement ! Non, je rigole. Franchement, j'ai pas de souvenirs parce qu'il ne faut pas non plus mentir. Avant 35 ans, avant il y a 4 ans, j'avais des rapports intimes et j'ai dĂ©jĂ  Ă©tĂ© sodomisĂ© et tout, mais c'est un peu opaque. C'est un peu le brouillard, quoi. Est-ce que c'est pas le petit… Comment on dit ? Voile de la honte ? Ouais, je pense. Qui a un peu oubliĂ© tout ça ? Ouais, complĂštement, ouais. Ouais, ouais, je pense. Ouais, ouais, je pense et… Ouais… mais franchement je suis trop fier quand je reçois des messages qui disent avant j'avais mal ou je me faisais mal ou il y a franchement plein de gens qui m'ont dit moi je faisais pas de sodomus j'avais peur d'ĂȘtre sale et lĂ  ça y est je le fais et tout il y a des gens qui me disaient qu'ils prenaient des mĂ©dicaments alors que franchement en tout cas sur le long terme je veux pas donner la leçon mais tu peux vraiment te faire mal Ă  l'intĂ©rieur il y a des gens qui mettaient 10 fois trop d'eau ou qui allaient trop en profondeur et qui se blessaient quoi et je suis trop fier d'apporter mon petit grain de sable Ă  ça ta contribution Ă  tant de plaisir et il y a des gens, il faut vraiment le rĂ©pĂ©ter les gens qui disent j'ai jamais fait de lavement et je m'en tape moi je fais pas de lavement et mon mec fait pas de lavement enfin si il en fait parfois mais pas systĂ©matiquement et je suis trĂšs content dans ma sexualitĂ© donc le lavement n'est pas obligatoire c'est bien de le dire de ouf pour moi c'est Et en effet, ça m'arrive d'avoir des accidents, ça arrive Ă  mes partenaires d'avoir des accidents. Et en effet, parfois, ça coupe un peu l'envie quand il y a un accident. Ça peut arriver. Parfois, non. Et puis, parfois, ça va couper. Parfois, ça ne revient pas. VoilĂ , c'est la vie. C'est un peu comme la pause publicitaire. t'es un peu coupĂ© dans ton Ă©lan, t'es un peu saoulĂ©, tu mets sur mute, tu coupes le son. T'en profites pour aller faire pipi. Tu vas faire autre chose et puis tu t'y remets, quoi. Je sais pas si vous avez aimĂ© cette image. Moi, j'ai envie de dire un truc, c'est parce que Parce que c'est en lien avec le podcast, et c'est en lien avec nous aussi, notre lien, et c'est sur les pratiques aussi. Moi je sais que pour la sodomie, de parler en termes concrets, comme toi tu le fais dans le podcast et comme nous on le fait dans nos discussions, ça m'a vachement aidĂ©. Selon les partenaires, j'ai toujours une aise trĂšs diffĂ©renciĂ©e Ă  ĂȘtre sodomisĂ©, donc il y a des partenaires avec qui c'est hyper facile, c'est tout seul, puis il y a des partenaires avec qui c'est beaucoup plus compliquĂ©. Et je trouve que le fait d'en parler, et typiquement dans ton podcast, tu parles de la technique de la boussole ou de l'horloge ou je sais plus quoi, et ce genre de trucs trĂšs concrets, de concrĂštement comment ça se passe dans ta sexualitĂ© et comment ça se passe dans la mienne et de le partager, je trouve ça hyper stylĂ© et hyper libĂ©rateur aussi. VoilĂ , j'ai envie de partager ça. Ouais, je suis d'accord. De ouf. — Ça, on va en parler dans les points ultĂ©rieurement. Mais bien sĂ»r que notre lien… Et c'est pour ça que je suis trop content que vous soyez lĂ  et que je suis super touchĂ©, quoi. Mais quelque part, le podcast, il s'en va aussi grĂące Ă  vous aussi, tu vois. Parce que… — BlĂąmez-nous, auditeurs. BlĂąmez-nous. — Ouais, c'est ça. Non, mais il y a aussi, tu vois… À tout moment, je peux vous envoyer un WhatsApp. À tout moment, je sais qu'on partage un chemin similaire. Peut-ĂȘtre que c'est ça un truc aussi pour les auditeurs. Sans honte. Je ne veux pas ĂȘtre prescriptif, mais le podcast donne accĂšs Ă  des conversations intimes qu'on pourrait avoir avec des proches. et moi j'ai envie de dire trouver ces proches lĂ  et crĂ©er ces communautĂ©s lĂ  ayez ces conversations parce que ça libĂšre de ouf on arrĂȘte lĂ  pour le premier Ă©pisode allez allons manger des gaufres pour une question de temps merci rendez-vous au prochain Ă©pisode.