Éjaculateur précoce, je sors du tabou – Antoine 2/2

Partie 2 sur 2
« J’ai toujours caché mon éjaculation prématurée. Et je pense que j’aurais pu vivre toute ma vie sans que ma ou mes partenaires se rendent compte que j’étais éjaculateur précoce. » Antoine

Antoine éjacule dans les secondes qui suivent la pénétration : vingt ans durant, il l’a caché à ses partenaires en gardant l’érection, jusqu’à ce que son corps ne suive plus.

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Dans cet épisode du podcast :

  • Trois à huit secondes après la pénétration : l'éjaculation arrive, incontrôlée et quasi systématique
  • Il contractait son sexe pour garder l'érection, et aucune partenaire ne s'est jamais aperçue de rien
  • La dissimulation ne tient plus avec l'âge : il entame une thérapie sexuelle, puis la sophrologie et l'hypnose
  • Sous hypnose, il retrouve la phrase d'un parent : avec ton potentiel, tu peux faire mieux que ça

On en parle dans cet épisode
Le témoignage sur la cage de chasteté que Guillaume (le podcasteur) cite pour parler du plaisir sans éjaculation
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Est-ce que tu peux m'amener dans ton expérience de l'éjaculation prématurée ? Prématurée, c'est à partir de combien de secondes où tu te dis... C'est de l'ordre de quelques secondes, oui. Ça intervient en quelques secondes. Parce que moi, je le suis peut-être sans le savoir. Est-ce que tu peux me dire comment se passe le rapport sexuel pour que je comprenne en quoi c'est prématuré ? L'éjaculation peut m'arriver au moment de la pénétration, mais aussi avant la pénétration. Alors, bon, évidemment, comme n'importe qui, on peut jouir hors pénétration, mais ce qui différencie ça, c'est que c'est incontrôlé, en fait. Je ne suis pas mené par mon plaisir. C'est quelque chose qui survient, en fait, et qui est complètement hors de contrôle et que je n'ai pas le temps de vivre, en fait, surtout. Donc, par exemple, tu embrasses ton ou ta partenaire... Non, ta partenaire... Vous vous embrassez, vous vous chauffez. Au bout de combien de temps tu peux éjaculer par surprise ? Alors, hors pénétration, ça peut durer plusieurs minutes pendant lesquelles le désir augmente de manière incontrôlable. jusqu'à ce qu'il aboutisse à une éjaculation et je fais bien la différence entre l'orgasme et l'éjaculation ça n'est pas du tout la même chose et ça moi-même j'ai dû apprendre que ce n'était pas du tout la même chose d'éjaculer et de jouir Ce n'est pas de la jouissance à ce moment-là. J'ai les sensations d'un orgasme, mais ce n'est pas un orgasme. Je ne ressens pas toute cette puissance, toute la puissance et toute la profondeur d'un orgasme. Je la connais, donc je peux bien faire la différence. Donc ça n'arrive pas à chaque rapport ? Alors, l'éjaculation prématurée hors pénétration, ça n'arrive pas à chaque rapport. Parce que je peux varier les vitesses, je peux changer de position, je peux guider, je peux... La vitesse de quoi ? Parce que hors pénétration, vitesse de quoi ? La vitesse de masturbation, par exemple, ou de caresse. Tout ça, je peux faire varier ça pour ralentir mon désir, c'est plus contrôlable. L'éjaculation pendant la pénétration, elle est incontrôlable et elle est Quasiment systématique, voire systématique. Et elle survient quelques secondes après la pénétration. Donc c'est, en chiffres, je ne vais pas compter, mais entre 3 et 8 secondes à peu près. C'est extrêmement rapide. Question bête, mais si la société ne t'avait... En gros, on a un concept qui nous est transmis de c'est quoi un rapport sexuel. Et apparemment, dans ce concept, il faut éjaculer au bout de X minutes. Je ne sais même pas c'est quoi X. Moi, j'étais à fond là-dedans. C'est quelque chose qui a renforcé ces troubles-là. La question de la performance. Parce que c'est quoi le problème ? Je vais t'amener dans mon... Tu vois, moi, j'ai eu un rapport sexuel récemment avec un mec qui, justement, éjacule vite. Et moi, j'ai pris mon pied, c'était trop bien et tout. Et vraiment, je n'arrivais pas à le rassurer. Ce n'était même pas mytho. Je n'ai aucun intérêt... Mais je lui disais, moi, vraiment, je m'en fous. On attend cinq minutes et puis on reprend. C'est cool, quoi. Il s'avère que lui, il était content de faire ça. Et moi, je ne vois pas de problème. J'imagine que lui, c'est un problème pour lui. Mais en tout cas, moi, en tant que receveur, pour toi, c'est quoi le problème de devoir, d'éjaculer ainsi ? Il y a deux problèmes. Le problème qui est le plus évident, mais que j'ai mis du temps à comprendre, c'est que je n'ai pas le temps d'en profiter. Je n'ai pas le temps de profiter de la pénétration. Une fois qu'on a éjaculé, les sensations sont très différentes. et je n'ai pas le temps de profiter du plaisir de la pénétration. Et du coup, juste de façon très concrète, une fois que tu as pénétré puis éjaculé, si jamais tu attends 5-10 minutes, tu ne peux pas avoir une érection et remettre le couvert ? Si, c'est aléatoire, ce n'est pas une science exacte. Mais moi, je ne fonctionnais pas comme ça, parce que je fonctionnais par dissimulation, que j'expliquerai tout à l'heure. Vas-y, explique maintenant. Moi, j'ai toujours caché mon éjaculation prématurée. Et je pense que j'aurais pu vivre toute ma vie sans que ma ou mes partenaires se rendent compte que j'étais éjaculateur précoce. Parce que... Après la pénétration, je peux, je n'imagine que n'importe qui est capable de le faire, mais je peux contracter suffisamment mon pénis pour garder une érection pendant un certain temps. Ok. Donc là, on touche au deuxième problème. Je viens de dire, le premier problème, c'est mes sensations à moi. Après l'éjaculation, ok, j'ai encore une érection pendant X minutes ou secondes ou peu importe. Mais les sensations sont très altérées. Il n'y a quasiment plus de sensations. C'est plus agréable, en fait. Oui. Voilà. Et le deuxième problème, c'est que moi, j'ai trop longtemps été dans l'optique de servir l'autre pendant le rapport sexuel. Et donc, dans cette éducation de la performance qui a été donnée par le porno et par des tâtonnements personnels, il est vraiment important que la femme ou l'homme, dans le cas d'un homme, ait un orgasme. Et donc d'envisager le rapport sexuel comme quelque chose dont moi je dois profiter, mais dont l'autre personne aussi doit profiter, c'était vraiment quelque chose de capital. Pour moi, c'était raté si je n'avais pas accompli mon rôle de faire jouir l'autre. Donc, miser sur le fait que je peux éjaculer et après, il faut encore 15 minutes pour attendre et peut-être que j'aurai une érection et peut-être qu'on pourra repartir. Moi, j'ai préféré dissimuler la chose. C'est une très mauvaise idée. Il faut pas faire ça. Je déconseille. C'était plus acceptable pour moi de le dissimuler et de continuer à tenir mon érection et de continuer un rapport. jusqu'à ce que la personne ait l'occasion de jouir ou en tout cas s'il n'arrive pas à jouir que je puisse sortir de la pénétration et continuer autrement jusqu'à ce qu'elle ait un orgasme. Je me serais imaginé moi face à cet enjeu me détourner de la sexualité et du coup ne plus avoir de rapport sexuel pour x ou y bonnes raisons, ça a été ton cas ? Non, pas du tout. Moi, j'aime trop ça. Les sensations sont trop bonnes. J'adore ça. Ce n'est pas quelque chose d'envisageable pour moi d'arrêter la sexualité. J'adore tout. J'adore les sensations physiques. J'adore jouir, j'adore faire jouir, j'adore toute l'atmosphère qui s'en dégage, sentir le désir de l'autre, sentir son plaisir, sentir qu'on l'amène petit à petit vers la jouissance ou même ne serait-ce que sentir la complicité d'éprouver à deux un moment où on se fait plaisir ensemble. J'adore tout, c'est génial. Et le fait d'avoir des éjéculations prématurées ne t'a pas déconnecté de ce grand plaisir dont tu viens de parler avec ferveur ? Peut-être que c'est le cas de certains hommes qui souffrent de ça aussi. Moi, ça n'a jamais été envisageable. que ça m'empêche de continuer à avoir des rapports. Oui, et d'ailleurs, je pense aussi qu'il y a aussi raisonnablement toute une part où il fallait prouver que j'étais capable d'avoir des rapports. Il y a ça aussi. On ne s'arrête pas parce que je ne vais pas laisser ce trouble montrer que j'ai un trouble. Exactement. C'est quelque chose dont j'ai vraiment quasiment jamais parlé. Il y a deux partenaires dans mon histoire, il y a deux partenaires sexuels à qui j'en ai parlé. Et à partir du moment où j'ai décidé de prendre ce problème à bras-le-corps et de commencer une thérapie sexuelle, là, j'en parle beaucoup plus facilement et j'en parle à beaucoup de gens. Mais avant ça, il n'y a que deux partenaires qui étaient mes partenaires régulières dont j'ai parlé. Et c'est à ces moments-là où vraiment j'ai pris conscience que moi, je m'étais déjà informé personnellement, mais que ces personnes-là ne savaient pas du tout de quoi je parlais. Elles connaissaient le concept, mais elles ne savaient pas du tout comment ça se vivait en fait. Et ça m'a aussi un peu alerté sur la vertu éducative et de dire, en fait, OK, tu ne connais rien à ça et moi non plus. Donc, en fait, tous les deux, on est dans une idée faussée de la sexualité. La sexualité avec moi, elle est différente, en fait. Tu peux, par exemple, me donner un exemple d'une réaction un peu décalée ou idiote ou en tout cas mal informée d'une de tes partenaires ? Il n'y a jamais eu de... Qu'est-ce qu'elles ne savaient pas que tu leur as appris ? Par exemple, le fait que je leur dissimulais. Elles ne se sont jamais rendues compte que j'étais éjaculateur prématuré avant que je leur dise. Alors que pour moi, c'était une évidence parce que mon érection est moins vigoureuse après avoir éjaculé. Le fait que je ralentisse, par exemple, les préliminaires, que je ralentisse les préliminaires, c'est aussi une marque de redescendre un peu le désir pour pouvoir continuer à en profiter. Pour moi, c'était des signes qui étaient évidents que ça va trop vite pour moi et que ça va forcément aboutir à l'éjaculation. Et pour ces personnes-là... Elles t'ont dit, moi, j'aime le sexe avec toi. Oui, tout à fait. Elles n'avaient aucun souci. Elles n'avaient aucun souci avec ça. Et moi, j'ai dû comprendre aussi comment profiter de la sexualité avec l'éjaculation prématurée. Et là-dessus, heureusement, j'ai été vraiment très bien accompagné, notamment par ma partenaire qui me disait, il n'y a pas de pénétration, je monte. tape complètement. Et si tu jouis avant ou après ou pendant, ça ne change rien pour moi. Et découvrir que le plaisir, alors je le savais intellectuellement, mais le ressentir que le plaisir ne passe pas par la pénétration, ça a été un des déclics qui m'ont aidé à attaquer ce problème. Ça n'est pas grave, ça ne changera rien au rapport intime. que j'éjacule tôt ou tard ou pas du tout ou même avant de commencer ça ne changera rien et en fait envisager la sexualité sous cet angle là et pas sous l'angle de « on fait des préliminaires, ensuite on se pénètre, et ça nous fait jouir, et c'est bien ». Un schéma qui est chouette, mais qui n'est pas le seul. Sortir de ce schéma-là, déjà, c'est vraiment le premier pas à partir duquel on peut commencer à résoudre ce problème d'éjaculation prématurée. Quel a été le déclic pour toi pour s'attaquer au problème, comme tu dis ? J'en ai un qui vient en tête spontanément, mais il faut que j'y réfléchisse si c'est bien celui-là. Ah oui, non, si. Le déclic, ça a été de me rendre compte que ce fameux mécanisme de dissimulation que j'ai, c'est-à-dire d'éjaculer et de maintenir une érection... du fait de mon âge qui augmente, je suis moins capable de le faire. Je suis moins capable de le faire et je sens que c'est plus difficile que mes érections sont moins vigoureuses, que ça... On commence à baisser, quoi. Et à partir de là, je me suis dit, en fait... Là, c'est plus viable. C'est plus viable. Je ne pourrais plus continuer comme ça. Ça ne marche pas comme système. Ça ne marche pas. Combien de temps ça va durer ? Cinq ans, dix ans ? Et après, qu'est-ce que je fais ? En fait, là, je suis dans une impasse. Je ne vois pas le mur au fond de l'impasse, mais je suis dans une impasse, c'est sûr et certain. Qu'est-ce que la thérapie sexuelle a changé ? Le déclic, c'est un, je me mets à en parler et deux, j'entreprends un parcours. C'était vraiment la volonté de prendre à bras le corps ce problème et d'arrêter des évitements. Quand je me suis rendu compte que ma partenaire et moi, on ne savait pas vraiment de quoi on parlait, il fallait un professionnel. Il faut quelqu'un dans ce trouble pour m'aider. J'avais besoin d'aide pour résoudre ce truc-là. Et ça a aidé ? Oui, oui, ça a beaucoup aidé. T'en es où aujourd'hui par rapport à ce sujet ? Aujourd'hui, j'ai commencé par une thérapie sexuelle qui a duré plusieurs mois, qui a duré 8 ou 10 mois. et qui m'a beaucoup aidé intellectuellement et en termes de ressenti et en termes d'appréhension de la... comment appréhender une relation sexuelle et qui a aussi travaillé mon rapport aux femmes et mon rapport aux hommes et justement d'accepter enfin de laisser libre recours à l'attirance que j'ai pour des hommes et voilà histoire de reconnecter avec le premier sujet donc ça m'a beaucoup aidé là-dessus Après, moi, il me fallait de la pratique. Donc là, il fallait beaucoup faire l'amour. Zut ! C'était vraiment... Bon, je m'y suis mis. Le chemin thérapeutique, c'était de t'aimer comme tu es. J'essaye de mieux comprendre concrètement. Ça a touché plusieurs facettes. En fait, ça ne touche pas que la sexualité. Je vais y revenir. Mais après ça, j'ai essayé... J'ai fait plusieurs séances de sophrologie pour travailler physiquement la question du souffle, la question de la respiration. et qui m'ont aussi aidé physiquement vraiment concrètement à mieux comprendre comment mon désir fonctionne, comment mon souffle fonctionne et comment l'utiliser pendant les rapports sexuels et là je fais aussi des séances d'hypnose qui sont un tout autre exercice et qui sont vraiment très efficaces où là vraiment on va chercher dans la sensation, dans le ressenti et dans le passé, beaucoup dans le passé Du coup, ce que je crois entendre, c'est que pour toi, le fait d'avoir une éjaculation prématurée n'est pas quelque chose définitive. Ce n'est pas une condition médicale en lien avec ton anatomie ou en lien avec quelque chose sur lequel tu n'as pas d'emprise. C'est psychologique. C'est un symptôme. Et moi, j'ai un autre podcast sur la psychanalyse que je t'invite à écouter. Et qui est excellent. Tu l'as écouté ? J'ai écouté deux épisodes que je trouvais superbes. J'ai demandé un compliment et me voilà surpris de le recevoir. Mais du coup, ce côté plus psychanalyse, je me dis voilà le corps qui exprime un non genre je viens te faire un bug système parce que non en fait c'est pas comme ça qu'on va vivre moi c'est ce que je crois de la somatisation mot de dos, mot répétitif et notre corps nous dit bon écoute gars t'as pas l'air de comprendre du coup je te mets un blocage et puis et il y a tout l'enjeu 1 de arrêter d'éviter le blocage le prendre à bras le corps ce que tu fais est-ce que tu crois à cette croyance que j'ai Que c'est ton corps qui te dit non, pas dans cette direction et qu'un jour, tu auras les éjaculations que tu souhaites ? C'est une forte possibilité. C'est arrivé aussi à un moment de crise de couple. Tout est lié, il n'y a pas de hasard. C'est aussi un message, il y a des choses à restructurer. Là, ce qui se passe en ce moment, ça ne fonctionne pas. Et je vais te le faire comprendre. Et donc, on parlait tout à l'heure de la thérapie sexuelle et on a effleuré un petit peu la question de l'estime de soi. Et ça, voilà... le trouble d'éjaculation prématuré a énormément renforcé ou provient, je ne sais pas, d'un manque de confiance en moi, d'un manque d'estime de moi-même qui est vraiment très très fort, vraiment très très prononcé. Donc voilà, on touche à beaucoup de choses. La crise de couple, ça vient de là aussi. La sexualité, ça touche à ça aussi. Il y a l'éducation dans la performance sexuelle qui vient de l'éducation du porno, de la réception du porno notamment. Il y a un nombre incalculable de petites touches qui font que c'est une question qui devient centrale. S'aimer soi-même, s'accepter soi-même, c'est vraiment la première condition à identifier. Ce n'est pas évident. Il faut identifier qui on est, comment on fonctionne et ce qu'on trouve acceptable de soi-même, pour commencer à se dire « c'est OK, je suis comme ça, il faut que j'assume ces côtés-là ». Et ça, ça va me permettre d'avancer, en fait. C'est aussi... Est-ce que tu as l'impression que t'es invité à déséjacualiser ? Moi, c'était pas ouf. À dé-gé-éjacu... Déja... À s'empêcher d'éjaculer ? À retirer l'hégémonie donnée à l'éjaculation comme finalité, comme pouce vers le haut final. Je pensais notamment... C'est assez particulier comme pont. Déjà, est-ce que tu es d'accord ou pas ? Est-ce que tu n'es pas invité à oublier l'éjaculation et à venir te connecter à toi, au corps de l'autre, à toi profondément et à kiffer ? Oui, c'est important de... Je conçois qu'il est important d'arrêter de concevoir les rapports qui doivent systématiquement se terminer par une éjaculation. Le fait de le concevoir, c'est un peu mou. Tu le conçois intellectuellement. C'est un peu mou parce que je n'y arrive pas. Pour moi, ça reste quelque chose de central. C'est ça que je voulais savoir. Toi, il nous faut une éjaculation, sinon ça saoule. Il y a une sensation de pas fini. Je reste sur ma faim. Est-ce que tu es un peu moins homme quand tu n'éjacules pas ? Ah non, non, non, pas du tout. Non, ça ne touche pas du tout à cette question-là. Masculinité. C'est plutôt, j'adore l'orgasme en fait, et ne pas l'atteindre, c'est trop dommage. Non, non, ce n'est pas du tout une question de masculinité. Je serais curieux de savoir ce que ton ou ta thérapeute dirait à ce que je vais dire. Mais dans un autre témoignage, j'entendais un homme qui du coup porte une cage de chasteté. Est-ce que tu sais ce que c'est ? Tout à fait, oui. C'est une espèce de petite boîte en plastique ou en ferraille ou que sais-je. Clairement, je ne suis pas un expert de la cage de chasteté, mais de ce que j'ai vu et compris, tu te le mets sur un sexe, pas en érection. et la voici empêchée de bander. Et du coup, cette personne témoignait de comment, après adaptation, c'était un super outil pour aller à la rencontre de son désir en dehors de la masturbation et d'une forme d'éjaculation. Il s'avère que tu peux éjaculer avec une cage de chasteté sans érection. Moi, ça m'est déjà arrivé d'éjaculer sans bander. Sans érection. J'ai trouvé ça très intéressant parce que je me suis dit, moi, dans un rapport sexuel, je passe mon temps à me masturber et l'éjaculation, c'est le Graal. Et un Graal où ça ne m'empêche pas d'être connecté au moment. Mais moi, je vois tout à fait ce que tu veux dire et je me sens assez parasité. Je dis pas que l'éjaculation, j'ai plus envie d'en avoir, mais je me suis tellement masturbé, j'ai tellement construit ma sexualité dans la performance que, un, il faut absolument que je bande et que j'éjacule. Oui, il y a quelqu'un qui rentre. Coucou ! Alors, il ne faut pas que tu parles si tu ne veux pas être dans le podcast. Est-ce qu'on... Quelqu'un vient de rentrer, tu veux dire qui ? Tu as le droit ou pas ? Oui. Je peux dire qui tu es ? Ma compagne qui vient de rentrer chez nous. C'est chouette parce que j'allais justement te demander est-ce qu'on parle avec sa validation ? Est-ce que tu lui en as parlé et elle est d'accord ? On en a parlé, tout à fait. Je lui ai dit de quoi on allait parler et ce que je pouvais dire de notre vie à deux et un type. Super. J'avais envie de verbaliser que tu as eu son consentement et je lui fais une bise puisqu'elle est juste à côté. Du coup, tu te rappelles ce que j'essayais d'exprimer ? En tout cas, comment moi, je le vois dans ma sexualité et dans le cheminement sexuel que je vis aujourd'hui. Je vois que je me suis construit dans la masturbation et je me suis construit la main sur mon sexe. Et moi, quand il y a un rapport sexuel et que je ne me masturbe pas, je galère un peu. C'est très rare que je sois vraiment dans mon plaisir. Parce que moi... énormément de ma vie sexuelle a été pendant très longtemps seule, cachée accrochée à ma bite oui ça me parle énormément puisque c'est ça moi le travail que j'ai dû faire c'est repenser la sexualité autrement repenser le rapport intime qui n'est pas un schéma qui passe nécessairement par la pénétration dans mon cas. Et c'est un exercice qui n'est pas facile à faire parce qu'on se construit comme ça par un schéma qui fonctionne et après on le reproduit à l'infini. Mais du coup, je vais te redonner la question. Je reconnecte au début de l'entretien. Tu as grandi dans du machisme et de l'hétéronormativité. Oui. Vraiment, tu ne penses pas qu'il y a un lien avec être un homme et parvenir à faire jouir l'autre et être dans ton rôle de tub ? Oui, ce sont des valeurs qui sont inculquées activement par le biais d'émissions télévisuelles, dans les paroles des chansons. Tu as dit non tout à l'heure. Je t'ai demandé, est-ce que tu es moins homme ? Et tu n'as pas eu l'air de rebondir sur ça. C'est quelque chose que tu travailles, ta masculinité ? Moi, je me suis beaucoup détaché de tout ça, justement. Et encore une fois, dans mon cas, ça revient à l'estime de soi. Ça revient à la confiance en soi, à l'acceptation et et attaquer le sujet de l'éjaculation prématurée, être capable de le dire à mes amis. J'en ai parlé à mes amis et dire, voilà, en fait, je suis comme ça. Parce que pour moi, ça faisait partie d'un processus d'acceptation personnelle et de ne plus être vu pour le masque que je donne, mais pour la personne que je suis réellement. T'as des atours aussi assez masculins, on est d'accord ? Physiquement ? Ouais, c'est ça. Quand tu te balades dans la rue, t'es très grand et t'as tous les traits de quelqu'un qui est très masculin. Ah oui, j'écarte les cuisses quand je m'assois. Non, t'es pas d'accord ? T'es pas d'accord avec moi ? Oui, ça correspond bien, oui. Comment réagissent tes amis ? Putain, quel coming out quand même. Justement, je me suis un peu identifié à ça. Dire oui, c'est une forme de coming out. De dire, bon bah les gars, c'est ça. Et tout le monde réagissait un peu comme... Un peu comme un coming out, de dire c'est vraiment impressionnant que tu le fasses, mais nous, on s'en tape complètement. Très bien pour toi. Puisque tu t'éjacules pas avec tes amis. Ils sont pas directement impactés par... Ils étaient tous sensibles à l'effort que je faisais et réceptifs à la confiance que je leur accordais aussi. Tu leur as parlé de ton désir homosexuel ? Une pierre de cou ? Elle est belle, la blague. Et non la couille, l'unique couille. Une pierre de cou, t'as fait un double coming out ? Non, ça n'a pas été un coming out formel sur ça. Mais moi, j'évoque sans problème le fait que... Enfin, j'évoque dans les conversations qu'un homme m'attire ou que le plaisir anal, c'est cool et que vous devriez essayer, les gars. Mais... Mais ça, c'est différent. Je n'ai jamais fait de coming out en disant, oui, c'est un truc qui m'anime vraiment. Mais tu ne l'as pas encore fait à toi-même, j'allais te dire. Toi, aujourd'hui, tu ne te sens pas bisexuel. C'est marrant parce que, du coup, on a assez parlé pour que je m'engage et que je te donne une opinion sans, j'espère, te... te blesser sans te gratter les étiquettes c'est nous qui les choisissons donc moi en fait tu t'identifies comme tu veux j'en ai absolument rien à faire j'ai plutôt envie d'être connecté à toi en tant qu'humain t'es hétéro et t'as des rapports sexuels avec des hommes mais très bien c'est super et je pense que il y a un enjeu politique à ne pas invisibiliser les identités parce que les lois elles ont besoin de mots Donc ça, je resterai. Mais en revanche, dans la vie de chacun et l'intime de chacun, il n'y a pas d'injonction. Mais de mon côté, un homme, une personne qui s'identifie homme, qui a des rapports sexuels avec différents genres et soit pansexuel, soit bisexuel. Possiblement, il y a d'autres termes que je ne connais pas encore. Parce qu'il y a des rapports ou des désirs. Et le fait qu'il y ait une absence de pénétration et ou de muqueuse qui se rencontre, pour moi, n'invalide pas mon avis, mon opinion, qui n'a que d'intérêt que d'être mon opinion. Toi, aujourd'hui, j'entends, tu te considères hétéro avec du désir pour des hommes, c'est ça ? Oui, tout à fait. Pourquoi c'est important pour toi de ne pas être bisexuel ? C'est pas important, mais la définition de la bisexualité telle que je la connais va trop loin par rapport à la manière dont je le vis réellement. C'est marrant parce que j'ai entendu un homme évoquer à peu près cette... cette situation là pour lui et qu'il disait qu'il était pas bi mais qu'il était bicurieux ouais c'est un terme je trouve ça très chouette comme terme je suis plutôt bicurieux il a eu beaucoup d'expérience mais par contre ça m'attire et j'aime ça et je serais réceptif je connais pas bien le nom de toutes les étiquettes je crois que celle là j'en ai déjà entendu parler ouais ouais Oui, la bicuriosité, ça me parle pas mal. Je reviens un petit peu en arrière sur la question de l'acceptation de soi parce que cette question-là en fait partie aussi. C'est à partir du moment où je me suis attaqué au sujet de l'éjaculation prématurée que... Je me suis aussi posé la question du désir que j'éprouvais, et notamment du désir envers des hommes. Et maintenant, c'est quelque chose auquel j'ai dû réfléchir. J'ai dû accepter aussi et dire, ouais, en fait... Peu importe ce que j'en fais, mais c'est le cas. Et c'est très bien comme ça. Moi, j'en souffre pas. J'en ai pas besoin, mais ça m'a aussi permis d'accepter plein de facettes de ma personnalité, dont celle-là. C'est peut-être ça, la force des mots. C'est peut-être ça, la force de se dire homosexuel ou de se dire bisexuel. C'est d'envoyer chier... C'est un coming out, c'est une libération incroyable. À partir du moment où j'ai dit à mes amis ou même à ma compagne, quand cet effort-là a été amorcé, de le dire et de le verbaliser, de se caractériser soi-même comme ça... c'est beaucoup plus facile d'en parler et ça devient une question insignifiante. Et évidemment, c'est une partie du processus. Il faut que ça devienne insignifiant pour commencer à travailler dessus. Parce que c'est une question qui est omniprésente. Dès que le rapport sexuel commence... c'est là, c'est forcément là et donc voilà donc ouais ça s'apparente un peu à un coming out de faire ça aussi et voilà peut-être que je suis bisexuel j'ai pas encore trouvé le terme exact, mais en tout cas c'est comme ça pour moi et c'est ok, ça va tout va bien C'est quoi la suite du chemin notamment autour de de ce cheminement sur l'éjaculation prématurée. Aujourd'hui, tu as fait une série d'outillages thérapeutiques qui te permettent, je crois entendre, de mieux vivre ta sexualité. C'est le cas ? C'est moi qui ai un dilemme ? Je ne vis pas mieux ma sexualité, malheureusement. Tout ça, c'est des outils qui sont très intellectuels et très émotionnels. et là maintenant il faut continuer ces efforts là parce que pour l'instant le physique ne suit pas je souffre toujours de ces troubles là et c'est normal d'avoir un décalage entre le moment où on assimile des concepts et le moment où on le ressent dans son corps parce que ça fait combien tu as dit 9 mois tu t'es saisi du sujet des sujets il y a je dirais un an c'est ça que je comprends la louche tu vas peut-être devoir faire une heure et demie aller retour de voiture ça va falloir ça fera sûrement partie du chemin ça m'ouvre aussi pas mal de possibilités justement me dire oui en fait si ça me fait envie il faut que je le fasse pour le découvrir dans les conditions acceptables pour tout le monde mais ça m'ouvre aussi beaucoup de liberté me dire Comme c'est une vertu exploratoire, il faut que j'explore beaucoup de choses pour me découvrir moi-même. Du coup, la suite, c'est dans l'expérientiel. Ouais. Et c'est peut-être pour ça que tu fais le podcast aussi. c'est la mise en mots c'est l'étape avant il y a évidemment une mise en mots mais c'est aussi le podcast c'est aussi parce que il y a beaucoup de gens qui souffrent de ce trouble là et on est mal informé on sait pas bien et tout toi tu t'es senti seul quand tu t'es dit et surtout j'ai énormément ressenti le tabou quand j'ai commencé à m'y intéresser je ne trouve pas je n'arrive pas à trouver de source je ne trouve pas de cercle de parole si on est alcoolique par exemple les alcooliques anonymes il y en a plein il y a des cercles et je n'arrive pas à en trouver pour l'éjaculation prématurée c'est un trouble psychique en fait c'est un trouble je ne sais pas si psychique c'est le bon mot psychologique mais c'est un trouble quand même et j'ai du mal je ne connais personne dans mon entourage hum qui m'a dit ça. Ouais. Je ne le sais pas. Alors que les stats, c'est 20% ou 30% des hommes. C'est énorme. Ah oui ? Ah ouais. Ah ouais, tu m'apprends un truc. Ah ouais. C'est 20 à 30% des hommes. Et dans ce pourcentage-là, il y en a vraiment une minorité très forte, c'est-à-dire 5-10%, où c'est médical. C'est-à-dire que là, c'est quelque chose de physique. D'anatomique. Voilà, d'anatomique, de physique. OK. Ce qui n'est pas ton cas. Ce qui n'est pas mon cas. 90%, 95% de cette proportion-là, c'est dans la tête. J'ai envie de te reposer une troisième fois la question. J'ai l'impression qu'il y a un truc que je n'ai pas bien entendu ou que j'ai envie d'entendre. C'est quoi la suite ? J'ai l'impression d'avoir répondu à ta place. Je n'ai pas vraiment répondu à cette question. C'est peut-être un peu pressurisant. C'est comme si tu avais un plan d'action. On se laisse sur quoi ? On se retrouve dans deux ans. On fait un deuxième épisode. T'aimerais me raconter quoi ? C'est quoi ? T'aimerais que la suite du chemin... J'aimerais te raconter que j'ai vécu suffisamment d'expériences... différentes et j'ai expérimenté suffisamment de situations qui m'ont permis de savoir ce que je voulais et comment m'en servir pour vivre cette sexualité de manière la plus épanouie possible. Alors, ce sera peut-être pas résolu, mais là, actuellement, je sais que je suis sur un bon chemin, en fait. Je sais que le chemin que je suis en train de suivre dans la structure... dans mon couple dans la manière dont je structure ma vie sexuelle dans ma vie intime le rapport que j'ai aux autres dans la manière dont je comprends mon désir beaucoup mieux je suis sur un chemin qui m'aide qui m'épanouit être capable de dire le chemin que j'avais emprunté je l'ai suivi jusqu'au bout et là maintenant j'en suis arrivé à un point où j'en souffre plus ce serait idéal c'est pas tout de suite Mais j'en souffre plus ou alors j'en souffre encore, mais c'est qu'une question de temps. En fait, la sexualité est trop cool. Trop bien. J'ai une dernière question pour toi. Tu n'as jamais eu de rencontre physique, sexuelle ou intime avec un homme ? Ça dépend de ce qu'on entend par là. Je n'ai jamais eu de pénétration. Le rapport physique que j'ai eu avec un homme, ça a été des caresses, des baisers et des caresses. Oui, tu as eu des... Avec, à 18 ans, ton ami qui te fait une déclaration d'amour ? Avec un autre homme, il y a eu trois expériences. C'est vite raconté. Il y a eu cette première expérience, la dernière que j'ai racontée aussi de flirte. Et une expérience lors d'une soirée où, en se cachant un peu derrière le fait qu'on est un peu alcoolisé, on fait un peu n'importe quoi, j'ai eu une expérience avec un... avec un homme que je connaissais de loin, que je connaissais un petit peu, et avec qui il y a eu des baisers, il y a eu des caresses sur le corps. C'était la première fois que j'avais dans les mains un sexe qui n'est pas le mien, un sexe masculin qui n'est pas le mien. Que tu n'as pas sucé ? Non. Parce que tu as dit que c'était dans ton temps. C'était comment ce moment ? C'était très intriguant et plutôt excitant. J'avais l'impression vraiment de me toucher moi-même et en même temps quelqu'un d'autre. C'était vraiment très bizarre, comme une sorte de dissociation. Mais du coup, c'était aussi très excitant. Et voilà, quelqu'un que j'ai... que j'ai un peu caressé, mais que je n'ai pas caressé suffisamment longtemps pour le faire jouir, par exemple. Et voilà, encore quelque chose qui me plairait beaucoup, de sentir un homme jouir dans mes mains. C'est quelque chose qui m'excite énormément. Pourquoi vous avez été interrompu ? C'était dans une soirée, dans une maison, vous étiez dans la chambre du haut. C'est moi qui me suis désolidarisé de l'instant. J'étais trop timide et je préférais dire... C'est cool, mais je préfère qu'on s'arrête là. Il y en avait trop. Ça faisait trop de sensations. Encore une fois, je me sentais submergé, vraiment submergé de sensations. C'est cette sensation de submersion qu'on retrouve aussi dans l'éjaculation prématurale. Ça va trop vite, ça va trop fort. Je sens mon cœur qui va trop vite. Il me faut une pause et tout ça. Et ensuite, après, le moment était un peu retombé. Tu ne l'as jamais revu ? Non, on ne s'est jamais recroisé, non. T'as pas son numéro et t'as pas eu envie de... Non, j'ai même pas pris son numéro. Ah bah zut, j'imagine qu'il n'existe pas son numéro. Non, je te taquine. T'avais pas envie de continuer, quoi. T'avais pas envie de te connecter. Ouais, ouais. Pote de pote, c'est facile de le retrouver. T'as pas osé ? J'ai pas osé, ouais, j'ai pas osé. T'avais quel âge ? J'avais 19 ans. Ouais, donc tu étais au début de ton chemin. Tu te souviens avoir justement eu ces prémices d'éjaculation prématurée lors de ce moment avec cet homme ? Oui, c'est un moment que j'identifie très facilement. Je sens le désir qui devient incontrôlable. Tu l'as eu avec cet homme ? Non, je préfère arrêter ce moment-là avant. Mais je savais que c'était une possibilité très forte. Des fois, ça n'arrive pas, mais c'était quasiment sûr que ça allait se produire. Et cette anticipation d'avoir honte d'éjaculer trop vite me dit « non, je préfère qu'on arrête ». C'est quelqu'un qui était dans une autre ville, dans un autre cercle d'amis. Je ne sais pas si un jour on se recroisera, mais... Mais il y a un moment aussi. Oui, tu avais 19 ans. Est-ce qu'il y a un mot de la fin qui te vient particulièrement ? Un mot de la fin, c'est toujours difficile parce qu'il y a beaucoup de pression dans le mot de la fin. Alors moi, je peux te dire que franchement, je te remercie. Je trouve que c'est... Je suis super... Je me sens super connecté à toi. C'est marrant parce que moi, je n'ai pas vécu de blocage autour de l'éjaculation prématurée. En revanche, j'ai vécu tout ce que tu as raconté. Mais sauf que moi, mon symptôme, il est ailleurs. Il est différent, tu vois. La façon que mon corps a de... Et du coup, je me suis beaucoup retrouvé dans ton histoire. Alors que je me disais, bon, c'est tellement un sujet qui m'est lointain, mais en fait, pas du tout. Et tout ce que tu as dit m'a vachement nourri. Et je suis vachement fier. On ne se connaît pas, tu vois, mais je me dis, mais franchement, mais... Et tu auras le droit de me dire, on ne le publie pas finalement. Tu gardes ton libre arbitre. Mais si tu décides qu'on le publie, je me dis, mais quel putain d'épisode, quoi ? c'est très gentil c'est pas facile non mais quel courage tu vois et en plus moi je m'en tape au final du courage ou de ce que les autres peuvent penser mais je me dis c'est sûr que ça lui fait du bien moi je crois que j'ai cette croyance profonde de me dire mais c'est sûr qu'une fois qu'on a ouvert les rideaux les vampires dans le livre ils disparaissent ils savent pas vivre avec la lumière et donc je reste avec ça toi tu restes avec quoi ? avec le maître mot de oser qui est vraiment oser faire cet épisode déjà c'est pas évident oser se regarder tel qu'on est oser le dire aussi tout ça c'est des choses qui sont pas faciles et qu'on a tous besoin de faire c'est des cas qui sont très particuliers mais on a tous besoin de faire ça et Et réussir à oser, c'est la chose la plus importante pour s'aimer soi-même, s'accepter soi-même et se montrer réellement tel qu'on est. Oser. Un seul mot de la fin, oser. Merci Antoine. Merci à toi. C'est cool. Ça va ? Ouais. C'est intense. Ouais. Quelle intensité. Ouais. T'as trouvé que c'était... Dans quel sens, intense ? Il se passe plein de choses dans ta tête, là. Ouais, il se passe plein de trucs en même temps, et puis c'est une cadence, quoi. Il faut parler, il faut être pertinent tout de suite, c'est pas facile. Ah, mais tu le fais très bien. Ah ouais ? Ah ouais, j'ai pas eu le sentiment que tu galérais. T'es content de ce que t'as dit ? Ouais, ouais, ouais. Il me faut un peu de recul pour avoir un mot final, mais ouais. T'es content d'avoir osé ? Ouais. Ouais, je suis content d'avoir osé le faire, d'avoir osé parler de tout ça, et tu m'amènes à creuser encore plus des questions qui sont que ressenties et pas débunkées, quoi. Donc ouais, c'est utile à tous les niveaux. Moi, je... J'adore la psychanalyse de sauvage de comptoir à 1,50€. Mais pour moi, ce n'est pas du tout anodin. que ton épisode soit une sorte de double épisode autour de ces deux sujets. Parce qu'à plein de moments, si tu te réécoutes, quand tu te réécouteras peut-être, quand tu parlais de la réalité de l'éjaculation prématurée, tu répétais des choses que tu as dit à propos de ta facette homosexuelle. notamment à un moment donné tu disais que c'était les deux choses que tu cachais qui avaient cet enjeu et le lien à chaque fois avec l'estime de soi l'estime de soi parce que une fois que t'as compris la connexion elle est là le pont il est là c'est C'est l'estime de soi, c'est ce qui touche à tout. Parce que l'étiquette de bisexualité ou d'homosexualité, toi, tu l'as toujours comprise. Et on vit encore dans un monde où tu es perdant. Et du coup, il y a cet enjeu. Et idem sur l'éjaculation prématurée. Tu l'as dit, c'est un tabou, c'est interdit. Moi, c'est ce que j'ai entendu. Ce chemin de qui suis-je et qu'est-ce que je veux ? Et pour moi, je crois que tu veux autre chose que juste être une bite qui éjacule. Je crois que tu veux autre chose que d'être enfermé dans ce carcan de « je te mets une note sur à quel moment donné tu éjacules et comment tu éjacules ». Et du coup, tu veux tellement... Moi, c'est ma croyance, on est dans de la croyance et de l'opinion, et de la psychanalyse sauvage. Mais c'est qu'il y a quelqu'un et quelque chose en toi qui a mieux compris et qui dit non. En fait, ton épanouissement qui tu es profondément et intimement, c'est autre chose que ce dictat. Donc, mec, c'est mort, je te mets un stop. Oui. Mais pourquoi ? Non. Stop quand même. Ça te parle ? Maintenant, on va essayer de vivre d'autres trucs. Mais tu n'as plus d'autres choix. Que tu sens depuis longtemps et que tu n'as jamais fait. Et tu n'as plus d'autres choix puisque mécaniquement, c'est un stop. Oui. Ce déclic-là de se dire, en fait, le temps est compté. Ça ne marchera pas en fait. Dans les 20 ans de sexualité qui te restent, qu'est-ce que tu vas en faire exactement ? et donc oui oui et voilà puis après toute cette autocensure l'hypnose ça a vraiment déclenché des trucs des trucs assez fou tu vois il y a un déclic comme ça que j'ai compris et il me dit ok en fait Tout ou la majorité des trucs qui me font souffrir actuellement, ça vient d'un moment comme ça. J'ai identifié un moment qui est un exemple d'une succession de comportements. Tu veux me le dire ? Oui, si tu veux. C'est quoi le déclic ? Tout ça est encapsulé dans un souvenir qui est plus ou moins déformé. mais qui est l'illustration de tout un comportement. C'est comme si tu prenais une image qui correspond à plein de choses. C'est l'un de mes parents qui me dit, sur une note que j'ai reçue, moi j'ai toujours été un bon élève, et qui me dit « c'est bien, mais avec le potentiel que tu as, on sait que tu es quelqu'un d'intelligent, tu peux faire mieux que ça ». Et en fait, à partir de là, ça a déclenché tout un truc de me dire « Ok, j'ai compris que ça fait quand même 20 ans ou peut-être 25 ans que je me comporte de la manière dont je pense que les autres aimeraient que je me comporte. » Et donc là, à partir de là, on touche à tout ce qu'on vient d'évoquer, c'est-à-dire servir l'autre sexuellement, parce que j'imagine que c'est ça que tu attends de moi, donc c'est ça que je vais te donner, alors que pas du tout. Ça amène à l'acceptation de soi, de dire « Ah non, t'es caractérisé comme hétérosexuel, il n'y a aucune raison que t'aies de l'attirance pour les hommes. » « Bah si, ouais, si. » « Et bah non, je ne serai pas non plus bisexuel, puisque je n'ai pas vraiment d'expérience à faire valeur là-dessus. » Mais ça peut être entre les deux et on s'en fiche, tu vois. Ça touche à l'autocensure de dire tu seras jamais vraiment au top des compétences qu'on t'attribue par rapport à ton potentiel. La notion de potentiel, c'est une idée qui me fait vomir. T'as un potentiel énorme, ça ne veut rien dire et ça ne fait que mettre de la pression à des gens. Et donc... ça fait que me rabaisser par rapport à ce que je produis tu vois ah tu fais ça c'est bien mais t'es tellement talentueux tu pourrais aller tellement plus loin oui mais j'ai pas envie enfin pression de performance voilà pression de performance ça vient de là aussi tu vois et tout ça c'est connecté tu vois enfin parce que il y a cette idée de de me comporter pas en fonction de moi-même mais en fonction de l'image que j'ai du dictat de ce que pensent les autres de moi ça c'est terrible Déjà, l'identifier, c'est bien. Maintenant, il faut en sortir. C'est un autre processus. Ça, c'est sous hypnose que tu fais ressortir ce souvenir. À partir duquel tu... En convoquant ce souvenir, je me suis dit, ah ouais, putain, il est là, le problème. Et donc, ça s'est fait vraiment de manière vraiment très... très instantanée. Je trouve ça super intéressant. C'est dingue. Ouais. Mais en fait, on va crever... On va crever... Et toi aussi. Désolé, mais en gros, je suis là. Génial, ce chemin. Ouais, au moins, j'aurais fait ça. J'aurais fait ce chemin-là. En tout cas, c'est le jugement que j'ai. C'est de dire... De toute façon, tu sais assez bien te projeter dans un chemin hétéronormé de performance. Et la réponse, c'est non. Donc, viens, on va construire autre chose. Je me sens... Je repars avec plein de joie. Et plein de... J'ai une chance incroyable d'être accompagné là-dedans. Parce que... C'est pas un chemin qui... Enfin, ça peut se faire seul, mais c'est hyper dur, en fait. Et heureusement que Gabrielle m'accompagne là-dedans et me laisse la liberté de le faire, qu'elle comprend et qu'elle accepte tout mon processus et tout. C'est pas donné à tout le monde du tout, quoi. Elle pourrait avoir ses blocages et elle les a aussi, tu vois. Et elle les dépasse pour que moi, je puisse faire ce chemin. Ouais, ouais. c'est pas déterminant mais par contre c'est une énorme influence d'avoir quelqu'un qui soutient je vais faire un podcast je vais sûrement parler du fait qu'on est en union libre que je fantasme sur des hommes ouais ok si pour toi c'est important fais le on pourrait me dire moi ça m'est pas trop à l'aise d'être associé à ça non c'est cool c'est une chance incroyable ouais complètement C'est ce qu'on attend de quelqu'un qu'on aime et qui nous aime. Complètement d'accord. C'est ma conception de l'amour. C'est ma capacité à donner à l'autre des ailes et d'aller à l'endroit de son désir. Pas forcément moi avec lui, mais en tout cas de l'aider à... Et c'est pas du tout facile. Parce que quand l'autre, il veut aller à un endroit du désir où je suis à... Non mais mec, va plutôt à gauche ou reviens vers moi. Va pas trop loin. Ah non, c'est beau. Et c'est pour ça que j'avais envie qu'on le mentionne pendant le podcast. Le consentement de ta compagne, tu vois. Parce que je trouvais ça assez puissant. Est-ce que t'es d'accord ? On a parlé là un peu après. Est-ce que t'es d'accord que j'utilise jusqu'à ce que... Tu te souviens ? Ah oui. En fait, j'ai dit OK, cool, bye. Puis après, on a eu un petit échange là. Oui, oui, oui. ah ok oui oui tu composes ton épisode ces mots sont enregistrés ils sont enregistrés ouais mais là je te parle des mots où une fois je t'ai dit merci j'ai enlevé mon casque j'ai enlevé mon casque ça enregistre encore si c'est exploitable ok ouais t'es à l'aise franchement quel putain d'épisode que tu le sentes comme ça

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