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Déjà , bienvenue chez moi. Merci. Dans mon canapé. Mathias, tu es l'auteur de l'essai 4% en théorie aux éditions Goutte d'or. J'ai bon pour le moment ? Tout est bon, tout est juste. Alors, 4%, c'est la proportion d'hommes gays dans le monde.
Tu vas nous expliquer, mais le chiffre est Ă peu prĂšs. Et c'est un livre Ă la fois en quĂȘte scientifique et intime. Et au dĂ©but, quand j'ai reçu le livre, on me l'a offert. PremiĂšre fois, j'Ă©tais trĂšs content. En plus, sujet passionnant. Je me suis dit, ça m'emmerde.
Et je me suis dit ah non moi j'ai pas envie parce qu'en gros pendant tout le livre, enquĂȘte scientifique intime, tu te partages Ă la fois toi en tant qu'homme gay, donc tu partages ton cheminement autour de cette question pourquoi je suis gay. Et la partie scientifique c'est tu Ă©pluches toutes les recherches.
les thĂ©ories qui, justement, essayent de percer ce, entre guillemets, mystĂšre. Moi, je me suis dit, ça me saoule, le sujet de pourquoi je suis gay qui m'amĂšne Ă tout un tas de trucs. Ăa me remue et ça me saoule en mode, ça me remue. Et en fait, le livre est super. C'est pour ça que j'ai introduit lĂ -dessus. Et c'est d'ailleurs une rĂ©ticence. Tu m'as racontĂ© qu'un libraire t'en avait parlĂ©. Tu peux me raconter cette rĂ©ticence et ce que tu lui as rĂ©pondu et ce que tu me rĂ©ponds.
DĂ©jĂ , ce sujet m'emmerde, ça a Ă©tĂ© un peu le mien aussi Ă un moment dans ma vie. Et c'est celui de plein de mes copains. Et effectivement, la librairie pour les parisiens qui connaissent les mots Ă la bouche, qui est une librairie LGBT, oĂč j'ai fait ma premiĂšre rencontre en librairie lĂ -bas. Et le libraire commence en disant Ă peu prĂšs comme toi. C'est-Ă -dire, quand j'ai reçu le bouquin, je me suis dit, on est encore lĂ -dessus, on va encore avoir besoin de fouiller lĂ -dedans. Pourquoi on ne nous fout pas la paix ?
Donc je comprends tout à fait cette question, enfin ce doute, et souvent il est lié au fait que les réponses qu'on a trouvées ou qu'on n'a pas trouvées, ou la façon dont elles nous ont été amenées, nous ont beaucoup perturbé je trouve dans notre façon d'évoluer. C'est-à -dire qu'on nous a posé la question avant qu'on se la pose souvent, enfin moi c'est mes parents qui m'ont demandé ce qu'ils avaient fait.
C'est-Ă -dire quand tu leur as fait leur coming out. J'ai fait mon coming out, oui. Pas le leur, le mien. Et ils ont dit, qu'est-ce que j'ai fait en tant que parent ? Exactement. Donc, c'Ă©tait tout de suite responsabilitĂ© parentale. Donc, moi, j'ai dĂ©cidĂ© que ce n'Ă©tait pas une responsabilitĂ© parentale. Mais finalement, c'Ă©tait mon choix de choisir une thĂ©orie qui me convenait parce que ça convenait Ă mon rapport au monde. Je ne voulais pas que ce soit les parents. Donc, j'avais dĂ©cidĂ© que ce serait biologique. Puis aprĂšs, en mĂȘme temps, ça m'embĂȘtait un peu parce que je trouvais ça essentialisant. Donc, ça…
Ăa venait contre carrĂ© percuter une autre de mes visions du monde que je voulais pas. Et donc, je me suis rendu compte que souvent, les rĂ©ponses qu'on avait sur ce sujet, pourquoi je suis gay, elles sont teintĂ©es de beaucoup d'autres choses, soit notre rapport Ă notre environnement qui nous a posĂ© la question, soit Ă notre acceptation qui a Ă©tĂ© plus ou moins difficile et que souvent…
Il y a une pĂ©riode de questionnement et aprĂšs, on passe Ă une pĂ©riode oĂč on laisse ces questions de cĂŽtĂ©. On est fier, on s'assume, on n'a plus besoin de se justifier. Parce qu'il y a souvent ça aussi, il y a la question de se justifier, d'expliquer pourquoi on est homosexuel. Les hĂ©tĂ©rosexuels ne se posent pas la question. Oui, c'est ça. C'est pour moi une question qui Ă©tait toujours teintĂ©e de « c'est un problĂšme Ă rĂ©soudre ».
Que j'assume plus ou moins frontalement, tu vois. Je ne me suis jamais demandĂ©, tiens, pourquoi est-ce que j'aime le vert ? Et pourtant, ça pourrait ĂȘtre une question intĂ©ressante. Exactement. Mais du coup, c'est pour ça que la question cĆur de ton livre m'a fait peur au dĂ©but oĂč j'ai eu un mouvement de rĂ©ticence. Et qu'au final, en fait, je crois que j'ai envie de te demander…
Pendant le livre, tu racontes, c'est trĂšs joli, tout ton cheminement intime, c'est pour ça que ça a toute sa place sur ce podcast aussi. Et on alterne en fait, chapitres oĂč tu parles de toi et de ton cheminement en tant qu'homme gay et de cette enquĂȘte scientifique que tu dĂ©roules. Pourquoi ne pas avoir juste Ă©crit un bouquin sur toi, ton cheminement, le retentissement de ton coming out, ce que tu as vĂ©cu ?
parce que ça m'aurait paru banal je suis journaliste l'idée c'était pas tant de me raconter que de raconter une histoire, une question de société ça a plutÎt été l'inverse à quel moment je me raconte
Pour que ce soit justifiĂ© et que ce soit pas juste un petit exercice d'ego trip, je vais vous raconter ma vie. Et du coup, les Ă©tapes que j'ai choisi de raconter, je les fais aussi parce qu'elles me paraissaient… Alors, universel, c'est un grand mot, mais l'expĂ©rience du coming out est universelle, mĂȘme si tous nos coming outs sont diffĂ©rents. Il y en a qui se passent super bien, puis on en finit Ă la porte. Mais un coming out, c'est…
la petite boule qu'on a dans le ventre avant de le faire je pense qu'elle parle Ă tout le monde l'expĂ©rience de l'homophobie quelle que soit la façon dont on le reçoit que ce soit un regard dans la rue, un crachat ou un coup de poing cette peur de l'autre quelque part liĂ©e Ă l'homophobie je pense que n'importe quelle personne LGBT visible en tout cas ou hĂ©tĂ©ro d'ailleurs qui passe pour un gay par ailleurs a pu la ressentir donc l'idĂ©e c'Ă©tait de raconter des choses qui pourraient peut-ĂȘtre parler Ă tout le monde pour qu'on rentre plus facilement dans le sujet
avec derriĂšre on a dit bon allez je te prends un peu par la main avec l'humain
pour que je t'amĂšne au truc qui va ĂȘtre un peu plus chiant on va pas te le cacher, on va aller dans les Ă©tudes scientifiques je suis pas d'accord avec toi je trouve que tu les racontes bien c'est peut-ĂȘtre mon cĂŽtĂ© un peu geek mais j'ai trouvĂ© au final ce qui Ă©tait vachement chouette dans le propos c'est je vais regarder oĂč en est la recherche sur ça et en fait en faisant comme ça des points sur la recherche, les thĂ©ories on se les rĂ©approprie comme en fait t'as un propos de toi d'homme homosexuel
Tu les relis, tu les critiques. Et ce que j'ai trouvĂ© vachement intĂ©ressant, c'est que tu questionnes notamment qui dĂ©cide le cadre de ces recherches et comment ça peut ĂȘtre soit bien intentionnĂ©, soit justement en mode « trouvons le problĂšme pour le rĂ©soudre ». Et en fait, j'ai trouvĂ© que ça faisait une mise Ă jour de « ok, on en est oĂč sur ces sujets-lĂ ? »
Est-ce qu'il est possible de savoir comment un ĂȘtre humain devient gay ? Qu'est-ce qui est tirĂ© comme fil ? Quel espace d'Ă©tudes ? L'Ă©pigĂ©nĂ©tique, l'ADN, etc. Et qu'est-ce que ça veut dire pour un homme homosexuel de 2023 ?
Tu vois, et j'ai trouvĂ© ça aussi… Non, je suis pas d'accord, je trouve que les chapitres un peu plus geeks sont simples et…
Je m'étalais un peu en explications et en surexplications et on a beaucoup bossé pour que ce soit fluide, accessible. L'idée de ce bouquin c'était aussi de pouvoir l'offrir à ma mÚre, qui n'est pas une geek, ni une scientifique, donc qu'il soit accessible pour elle et qu'éventuellement il soit accessible aussi pour un minot de 17 ans qui peut se poser ses questions.
et peut-ĂȘtre qu'il trouvera des choses un peu plus carrĂ©es que ce qu'il peut trouver sur internet ou que ce que moi j'ai pu trouver Ă l'Ă©poque ou globalement enfin moi quand j'en parle avec des copains c'est soit c'est une rĂ©ponse qui nous convient parce qu'elle correspond Ă notre vision du monde soit c'est parce que c'est la derniĂšre qui est sortie il y a une brĂšve qui dit qu'il y a un mec qui a trouvĂ© un lien Ă©pigĂ©nĂ©tique et ça devient bah t'as vu c'est Ă©pigĂ©nĂ©tique ça y est on a la preuve alors que non c'est
On a peut-ĂȘtre trouvĂ© quelque chose qui dit qu'il y a une part d'Ă©pigĂ©nĂ©tique dans certains cas. C'est pas du tout la mĂȘme chose. Et donc, il a fallu essayer de rĂ©sumer et condenser un peu ça. Et effectivement, comme tu le disais aussi, de poser les questions qu'il y a autour, telles que qui fait ces recherches, dans quel but, dans quel cadre. Moi, j'Ă©tais trĂšs surpris de dĂ©couvrir qu'il y avait plein d'homosexuels, par exemple, qui avaient eux-mĂȘmes entamĂ© ces recherches. Pour moi, c'Ă©tait avant tout des recherches d'homophobes qui voulaient nous dĂ©cortiquer pour nous rĂ©parer.
Et en fait, plein de mecs aussi ont fait ces travaux, ont utilisĂ©, mais quelque part un peu comme moi j'ai fait ce livre pour peut-ĂȘtre mieux me comprendre, plein de mecs, principalement des hommes, ont fait ces recherches dans le but de mieux se comprendre aussi, de savoir qui ils Ă©taient alors dans certains cadres.
Dans les années 2000, pour mieux se connaßtre. Dans les années 90, en pleine épidémie de Sida, c'était aussi pour mieux comprendre quel était ce malheur qui frappait la communauté, presque cette malédiction. Il y en a un, par exemple, Simon Levesque, a fait des recherches. Son mari, son compagnon, est mort du Sida. Et il a fait quelques petites recherches sur le Sida, et puis il a voulu presque aller à la racine de ce que c'était pour lui, et c'était l'homosexualité. Et donc il est parti dans ces recherches-là . Donc il y a effectivement, pour beaucoup de chercheurs, le besoin de se comprendre.
Et parfois le retour de bĂąton, le moment oĂč ils se disent, oula, mais en fait, qu'est-ce que je suis en train de faire ? Quels sont les risques Ă trouver des rĂ©ponses ? Et certains d'ailleurs qui ont fait marche arriĂšre ensuite et qui sont partis travailler dans d'autres domaines parce qu'ils ont eu presque peur de leur propre trouvaille. T'as Ă©crit ce livre pour mieux te comprendre, du coup lĂ tu l'as Ă©crit. Mince !
Alors, qu'est-ce qu'on a mieux compris ? Non, mais c'est une vraie question. Donc, tu as fait deux ans d'enquĂȘte ? Quatre ? L'Ă©criture du bouquin a durĂ© sur trois ans, mais il y a eu un an de rĂ©daction intensive Ă temps plein, et deux ans oĂč j'ai fait des recherches, mais j'avais un autre boulot Ă cĂŽtĂ©, donc ce n'Ă©tait pas du temps plein. Mais c'est quand mĂȘme un cheminant de plusieurs annĂ©es, entre le Mathias d'avant, qui Ă©tait homosexuel Ă ce moment-lĂ , n'est-ce pas ? Oui. Et le Mathias d'aujourd'hui… Il est toujours homosexuel. Il l'est, ok. Bravo.
Non, en vrai, qu'est-ce que ça change pour toi ? OĂč est-ce que ça t'a influencĂ©, ces recherches ?
C'est difficile de savoir exactement quelle est la part du livre ou du travail que j'ai fait autour du livre dans mon Ă©volution et les autres Ă©lĂ©ments, Ă©vĂ©nements qui sont arrivĂ©s sur ces trois derniĂšres annĂ©es. Mais il est certain qu'il y a quelque chose de beaucoup plus apaisĂ©, je dirais. Et justement, peut-ĂȘtre qu'il se questionne moins parce qu'on ne va pas spoiler, mais je donne des dĂ©buts de rĂ©ponse dans le livre et je ne donne Ă©videmment pas la rĂ©ponse absolue parce que si on l'avait, je pense qu'on le saurait, on ne m'a pas attendu.
La rĂ©ponse Ă … Pourquoi je suis gay, voilĂ . Et du coup, il y a quelque chose d'un peu apaisĂ© de me dire, c'est un truc trĂšs complexe, ce truc-lĂ . J'ai un bout de rĂ©ponse. Ce bout de rĂ©ponse, il Ă©limine, mĂȘme si je m'en doutais, mais bon, clairement, toute la question de pathologie, de maladie, de perversion, de vice ou de satanerie, que sais-je autre…
Et c'est le fruit de quelque chose de trĂšs riche, de trĂšs complexe, qui mĂȘle sans doute du social, du biologique, du psychologique, qui est le mĂȘme mĂ©canisme qui a sans doute conduit mes petits copains hĂ©tĂ©ros Ă devenir hĂ©tĂ©ros. Juste, on a pris des chemins diffĂ©rents, mais la part de biologie, elle existe aussi chez eux. La part de psychologie, elle existe aussi. La part d'environnement, Ă©videmment, dans un monde hĂ©tĂ©rosexuel, elle existe aussi. Donc, il y a quelque chose qui m'a un peu apaisĂ© et ça m'a Ă©tonnamment, alors que ce n'Ă©tait pas le cĆur de mon sujet…
apaisé sur les questions de masculinité aussi je pense je suis plus à l'aise avec ça maintenant avec ce masculin, ce féminin alors que quand j'ai plongé justement dans les travaux pour le livre il y a eu quelque chose qui m'a beaucoup angoissé c'est quand j'ai vu passer tous les résultats sur les questions de féminité chez les jeunes homosexuels en gros on a regardé un peu chez les jeunes gays enfin chez les gays adultes comment ils se comportaient petits
Et il se trouve que statistiquement, on trouve quand mĂȘme un peu plus de mecs dits effĂ©minĂ©s. Ăvidemment, lĂ aussi, ça ne conditionne pas. Beaucoup de petits garçons effĂ©minĂ©s seront hĂ©tĂ©rosexuels par la suite, mais il y a quand mĂȘme une corrĂ©lation. Et ça m'avait beaucoup angoissĂ© parce que ça a remis sur le tapis un truc que moi, j'ai combattu, mais pendant des annĂ©es, c'Ă©tait la fillette, c'Ă©tait la tapette. VoilĂ , lĂ , je te parle, j'ai les jambes croisĂ©es.
plutĂŽt Ă l'aise j'aime bien avoir les jambes croisĂ©es mais Ă 12 ans je faisais mon manspreading pour ĂȘtre un bonhomme parce que j'avais l'impression qu'il fallait que je revendique une certaine forme de masculinitĂ© et que sous cette forme de fĂ©minitĂ© il y avait presque comment dire
qu'on dĂ©celait l'homosexualitĂ© sous la fĂ©minitĂ©. Que je voulais absolument cacher, Ă©videmment, dĂ©jĂ Ă moi-mĂȘme. Et donc, quand j'ai vu ça, ces chiffres-lĂ , ces corrĂ©lations, je me suis dit, on retourne finalement au Moyen-Ăge. Ăa y est, on retourne sur les effĂ©minĂ©s sont des pĂ©dĂ©s, les pĂ©dĂ©s sont des effĂ©minĂ©s. Et maintenant, je me dis, peut-ĂȘtre qu'on est un peu plus effĂ©minĂ©s que les moyennes.
Peut-ĂȘtre qu'on pourrait l'ĂȘtre beaucoup plus si on ne s'Ă©tait pas construit dans un monde oĂč on nous avait appris Ă ĂȘtre masculin, justement, et qu'on n'avait pas nous-mĂȘmes cachĂ© une partie de cette fĂ©minitĂ©. Et peut-ĂȘtre que ce n'est pas facile d'essayer de la retrouver aujourd'hui, alors que j'ai 37 ans derriĂšre moi de construction de masculinitĂ© toxique.
mais que c'est une quĂȘte plutĂŽt agrĂ©able Ă faire en fait qui fait de mal Ă personne ni Ă moi ni aux autres et qu'on peut redĂ©couvrir des choses plutĂŽt chouettes lĂ dedans donc lĂ aussi ça m'a je pense plutĂŽt apaisĂ© sur quelque chose que j'essayais plutĂŽt de rejeter avant je pense
Tu dĂ©dies le livre Ă tes parents, c'est assez intriguĂ©, peut-ĂȘtre parce que pour moi c'est un sujet en ce moment dans mon intime Ă moi trĂšs important. Comment est-ce que ce livre a changĂ© et est-ce qu'il a changĂ© quelque chose dans ton rapport Ă tes parents ?
Alors il a changĂ© quelque chose pendant que j'Ă©crivais parce que j'Ă©tais trĂšs angoissĂ© de leur rĂ©ception parce que je raconte mon coming out, ils n'ont pas Ă©tĂ© super chouettes mĂȘme si c'Ă©tait de l'homophobie plus par ignorance du sujet. Ils pensaient qu'ils n'en connaissaient pas des homosexuels.
J'ai dĂ» leur dire qu'il y avait 2-3 voisins Ă mon avis. Mais… Toi, t'as grandi dans quel coin ? Un petit village dans la rĂ©gion centre, prĂšs de Bourges, dans le Cher. Donc effectivement, des homosexuels, on n'en connaissait pas. Eux, ils n'avaient pas d'amis homos. Ă part 2-3 rĂ©fĂ©rences Ă la tĂ©lĂ©, et on y en parle des annĂ©es 80-90, elles n'Ă©taient pas nombreuses. Enfin 90-2000 plutĂŽt. Et trĂšs caricaturales. Et trĂšs caricaturales. En gros, il y en avait Stevie, Sevran et la marque des FiertĂ©s sur TF1.
Stevie Love Story Pascal Sevran la chanson chanson je crois que c'Ă©tait ça il Ă©tait ouvertement homosexuel ou alors s'il Ă©tait pas ouvertement tout le monde le savait en tout cas pour mes parents c'Ă©tait un gay c'est sĂ»r et le troisiĂšme ? et la Pride et le reportage sur la Pride oĂč gĂ©nĂ©ralement on filmait les plumes que j'aime bien mettre aujourd'hui mais qui Ă l'Ă©poque m'a angoissĂ© parce que je me disais ça peut pas ĂȘtre moi oui les seules images qu'on voyait c'Ă©tait des
Et on ne voyait pas les images militantes, etc. Mais continuons à venir les dragues à la Pride, ce n'est pas la question. Mais à l'époque, il n'y avait que ça comme représentation. Et donc, je n'imaginais pas comment moi, je pouvais me glisser là -dedans.
T'es inquiet du coup en Ă©crivant ton histoire ? Tes parents n'ont pas le beau rĂŽle ? Ouais, et j'avais pas envie de remuer les choses qui sont maintenant passĂ©es. Je veux dire, Ă NoĂ«l, mon chĂ©ri est conviĂ©, ça va ĂȘtre super. Je veux dire, ils accueillent mon conjoint comme ils auraient accueilli ma conjointe, aujourd'hui.
Donc j'ai pas forcĂ©ment envie de remonter dans le temps et leur dire « Ah oui, mais quand mĂȘme, lĂ , c'Ă©tait douloureux. » J'avais peur qu'ils le vivent mal, ça. Et au final, mes parents m'ont promis qu'ils ne liraient pas le livre quand j'ai commencĂ© Ă l'Ă©crire, en me disant « Pour que tu puisses l'Ă©crire librement, sans te demander comment on va le rĂ©ceptionner. » Ce qui m'a Ă la fois fait plaisir et Ă la fois vexĂ©. VexĂ© parce que, merde, quand mĂȘme, maman, j'Ă©cris un livre. Et Ă la fois fait plaisir en me disant « Bon, sois rassurĂ©, ils le liront pas. »
J'ai pas cru. Et je leur ai offert. Et je sais qu'ils ont tourné autour pendant quelques semaines. Et il y a deux, trois semaines, j'ai levé le tabou. J'ai dit « Allez-y, vous pouvez le lire tant que je ne suis pas à cÎté de vous. S'il vous plaßt. Je ne vais pas pouvoir le lire, mais quand je suis à Paris, allez-y, lisez-le. » Et il y a deux, trois semaines, j'ai juste eu un message sur mon répondeur. « Oui, c'est maman. Bon, j'ai lu ton livre cet aprÚs-midi. C'est super. Je suis trÚs fier de toi. Je t'aime. »
Et c'Ă©tait le plus beau retour sur le livre que j'aurais pu avoir, voilĂ . Et lĂ , elle est en train de le relire, d'ailleurs. Et ça y est, elle en a parlĂ© Ă toutes ses copines, alors qu'au dĂ©but…
C'Ă©tait un sujet un peu genre, tu sais, l'homosexualitĂ©, c'est pas non plus le sujet dont on va se vanter, l'homosexualitĂ© de mon fils, je pense. Alors que maintenant, donc finalement, je suis trĂšs heureux de leur retour. Mon papa ? Mon papa aussi, mon papa est plus discret. Mon papa, c'est un bonhomme, voilĂ . Donc c'est pas quelqu'un qui va Ă©pancher beaucoup ses sentiments. Donc en gĂ©nĂ©ral, mais on le voit. Lui, ce qu'il n'aime pas plus, c'est qu'il utilise le mot pĂ©dĂ©, parce qu'il trouve que c'est pas gentil. J'ai trouvĂ© ça mignon, voilĂ . S'il y a que ça qui te plaĂźt pas dans le bouquin…
ça va donc il est aussi je pense assez fier et assez heureux je pense parce qu'il a pas exprimĂ© comme ça mais on sait lire les signes on se connait maintenant parce que tu vois tu dis moi j'ai Ă©crit ce livre pour dans mon chemin d'intime m'apaiser tu vois tu l'as dit c'est aussi alors t'es journaliste c'est ton mĂ©tier c'est peut-ĂȘtre aussi un sujet qui t'intĂ©resse je te coupe je l'ai pas Ă©crit pour m'apaiser ok
Mais il m'a apaisĂ©. Ăa a Ă©tĂ© un peu le rĂ©sultat. Je l'ai vraiment Ă©crit plutĂŽt pour trouver des rĂ©ponses. C'est ma chance en tant que journaliste et notamment ce que je faisais avant du gonzo, c'est-Ă -dire du journalisme Ă la premiĂšre personne. C'est que globalement, quand j'ai un sujet qui me taraude, je me dis bon, je ne dois pas ĂȘtre le seul Ă ĂȘtre taraudĂ© par cette question. Tiens, si elle est un peu creusĂ©e et partageons les…
les réponses c'est un boulot c'est une chance qu'il y a énorme dans mon boulot et il se trouve qu'en plus ça m'a plutÎt apaisé pardon je t'ai coupé ça s'aligne complÚtement c'est vachement similaire à mon podcast dans l'élan et moi je vois qu'en fait c'est des trÚs beaux prétextes à remettre des sujets
J'ai entendu une ambivalence ou j'ai projetĂ© une ambivalence dans ton propos quand je t'entends dire « aujourd'hui, il n'y a pas de problĂšme, ils accueillent mon compagnon comme ma compagnonne ». Et Ă la fois, j'ai entendu qu'il y avait quand mĂȘme des choses qui se sont solidifiĂ©es, apaisĂ©es ou mises en amour. Ăa se livre ?
Il y avait peut-ĂȘtre des petits morceaux de poussiĂšre ou des trucs qui sont chouettes Ă balayer. Ouais, je pense qu'il y a des choses dont les parents ne se rendent pas forcĂ©ment compte, qui peuvent ĂȘtre qualifiĂ©es comme de l'homophobie. Je raconte une scĂšne par exemple dans le bouquin oĂč ma maman, on a un chat, il est grimpĂ© sur un autre chat quoi.
Et c'Ă©tait pas mĂ©chant, mais il y avait le mot « gros dĂ©goĂ»tant », qui Ă©tait plus de la gĂȘne Ă l'idĂ©e mĂȘme de la sexualitĂ©, je pense. VoilĂ , c'est des gens trĂšs pudiques, mes parents. D'oĂč l'angoisse aussi Ă leur lecture, parce que tout d'un coup, ils ont Ă©tĂ© mis en avant et c'est pas trop leur truc d'ĂȘtre sous les projecteurs. Et voilĂ , et c'Ă©tait pas mĂ©chant quand elle a dit « il est gros dĂ©goĂ»tant, ce petit chat, ce gros chat ». Et puis en plus, tu n'aurais pas cru que c'Ă©tait lui, parce que c'est l'autre qui est plutĂŽt effĂ©minĂ©.
Et du coup, dans ma tĂȘte, c'est des petites phrases qui ont eu, je pense, plus d'importance qu'elles n'auraient dĂ» en avoir parce que j'Ă©tais homosexuel, mais ils ne le savaient pas. Et peut-ĂȘtre que ça m'a permis de leur dire, voilĂ , peut-ĂȘtre par rapport Ă vos niĂšces, on ne sait jamais, ou les autres jeunes que vous avez autour de vous, attention Ă ce genre de phrases parce qu'on ne sait pas, en fait, demain, qui ils aimeront.
Ouais, et puis, moi, mon histoire, c'est qu'on a tous les deux 36-37 et que…
J'ai des choses à réparer, moi. Je fais ce podcast-là , sur lequel t'es là , pour plein de raisons différentes, mais j'ai aussi des choses à réparer. Avec tes parents ? Avec mes parents, mon entourage, une prise de parole. Et en gros, j'étais en train de me dire, tu vois, offrir ce bouquin à mes parents comme façon de déclencher une conversation. En fait, ce bouquin, il l'a déclenché. Tu l'as écrit pour qui ? Et est-ce que c'est un bon déclencheur de conversation, justement, pour des personnes hétéros ?
Je pense. En tout cas, moi, je l'ai Ă©crit, on va dire, pour trois personnes. Je l'ai Ă©crit pour le Mathias de 37 ans et Ă©quivalent et pote qui se pose encore des questions ou qui se pose des questions sur pourquoi on ne devrait pas se poser la question. Ăa marche aussi. Je l'ai Ă©crit pour le Mathias de 17 ans qui n'avait pas beaucoup de ressources sur le sujet et qui croyait globalement ce qu'on lui disait. Dans une culture freudienne, par exemple, on croit que c'est Oedipe. Point.
Je dis pas que Deep a joué là -dedans, mais c'est pas que Deep, voilà . Et je l'ai écrit pour mes parents à l'époque. Je sais qu'à l'époque, moi, j'avais acheté un livre qui s'appelait « Comprendre l'homosexualité ». Et j'étais persuadé que j'allais justement avoir la réponse que j'essayais d'apporter dans mon bouquin.
Ă©videmment j'en ai eu aucune c'Ă©tait un livre d'une psy pour les psys donc c'Ă©tait plutĂŽt comprendre les publics homosexuels pour les accompagner correctement donc c'Ă©tait plutĂŽt par rapport Ă leur parcours et j'Ă©tais avec ce bouquin et moi dans ma tĂȘte c'Ă©tait le bouquin qu'elle allait offrir Ă mes parents pour qu'ils comprennent et puis une fois que j'ai fini je me suis rendu compte que ça marchait pas donc je leur ai filĂ©
mais bon ils Ă©taient un peu embĂȘtĂ©s puis je leur ai filĂ© une brochure de l'association Contact qui est une association qui rĂ©unit des proches et des parents d'LGBT et ouais j'avais pas de rĂ©ponse et j'aurais peut-ĂȘtre aimĂ© qu'ils aient un truc qui leur dise bon on se dĂ©tend 1 c'est pas grave 2 c'est pas de votre faute 3 on pourrait peut-ĂȘtre mĂȘme imaginer que c'est pas grĂące Ă vous donc on va regarder ce qu'on sait et ce qu'on sait pas puis vous allez voir que c'est plus compliquĂ© donc ça sert peut-ĂȘtre au bout d'un moment
Alors rien ne s'est tiré chez forcément la réponse parce qu'on peut chercher éternellement et dans ce cas là effectivement ça peut devenir un truc un peu angoissant quoi. Parmi les réponses, il y a eu beaucoup de coups dans le bouquin mais parmi les différentes théories et les différents questionnements de ma mÚre c'est bon t'as été agressé sexuellement c'est ça ? Alors non je n'ai pas été agressé sexuellement et deux c'est pas ça qui m'aurait rendu homosexuel.
mais malgré tout on retrouve des correspondances il y a plus d'enfants LGBT qui sont agressés sexuellement que d'enfants hétérosexuels parce que probablement ils présentent d'autres fragilités qu'on voit une certaine faiblesse que le prédateur sexuel voit une certaine faiblesse et en profite et peut utiliser ça dans son cadre de manipulation mais du coup quand on voit juste ces chiffres là on peut se dire bah voilà c'est pas compliqué c'est parce qu'on a été agressé sexuellement bah non ça marche pas comme ça mais là aussi comment je pouvais leur répondre à 17 ans j'avais aucune clé quoi ouais bien sûr
Du coup, j'offre ce livre Ă mes parents ou pas ? Ouais. En tout cas, j'ai des copains qui m'ont dit qu'ils avaient fait des commandes pour la famille, en se disant, pour les tontons qui sont persuadĂ©s d'avoir une rĂ©ponse, au moins ça Ă©vitera qu'on ait la discussion Ă table, ils liront le bouquin et puis on fera la discussion l'annĂ©e prochaine, au prochain repas de NoĂ«l, quand ils l'auront lu. Je ne suis pas en train de faire ma promo, mais je pense que, en tout cas, c'est un peu comme ça que je l'ai envisagĂ©. C'est…
Moi, je trouve que ça rĂ©sonne bien qu'on soit concernĂ© ou pas, tu vois. Alors aprĂšs, oui, et encore plus si t'es hĂ©tĂ©ro et que t'as un monde de ta famille gay. Oui, c'est plus, voilĂ , si vous avez un proche gay, ça peut ĂȘtre une façon, je sais pas si c'est de le comprendre parce que…
Les passages intimes peuvent peut-ĂȘtre aider Ă comprendre ce que c'est qu'un parcours d'homo. Vraiment un parcours lambda en l'occurrence. Il y a des parcours bien diffĂ©rents et parfois bien plus complexes et bien plus violents aussi que le mien. Mais ça donne une petite idĂ©e de ce que c'est qu'un parcours d'homo et puis ça peut effectivement rĂ©pondre Ă quelques questions sur… C'est parce que maman t'a trop couvĂ©, c'est ça ? Ou tonton Ă©tait trop au travail ?
Ouais, et c'est vachement intĂ©ressant parce que mĂȘme si tu poses la question… Enfin, quand je pose la question Ă mes potes gays, qui sont des personnes qui s'assument et dont l'homosexualitĂ© se vit, tu vois, c'est pas des gens qui se cachent particuliĂšrement. Eh ben, en fait, chacun a sa petite thĂ©orie quand mĂȘme. Et il y a des trucs trĂšs ancrĂ©s que ton livre dĂ©bug et ça me fait une transition parfaite. En fait, je t'ai demandĂ©…
on va pas tout spoiler tout le livre, mais j'avais quand mĂȘme envie de te dire, ok, s'il y avait trois infos, soit des trucs intĂ©ressants, curieux, soit des trucs qui t'ont touchĂ©, Ă©mu, ou justement, ce que je disais, des mythes, des gros mythos, est-ce que tu me piocherais trois infos ? Tu m'as dit oui, Guillaume. Eh ben, figure-toi que j'y ai pensĂ©. Je t'en ai piochĂ© trois. J'ai mĂȘme envie d'en mettre quatre, j'ai le droit. Vas-y. La premiĂšre.
L'effet grand frĂšre, parce qu'il m'a surpris, parce que je ne m'attendais pas à ça. Ah oui, moi aussi, j'ai un grand frĂšre. T'as des frĂšres et sĆurs ? J'ai un grand frĂšre, donc j'ai peut-ĂȘtre un petit effet grand frĂšre. Raconte l'effet grand frĂšre. L'effet grand frĂšre, plus on a de grands frĂšres biologiques, donc on ne parle pas d'enfants adoptĂ©s, on ne parle pas d'avoir grandi avec quelqu'un, on parle vraiment d'enfants issus des mĂȘmes parents. Plus on a de grands frĂšres, plus on a de chances d'ĂȘtre gays. On a un tiers de chances en plus d'ĂȘtre gays.
Donc, par exemple, si on a 4% en thĂ©orie de chance d'ĂȘtre gay, on en a 5,2 avec un grand frĂšre. Alors, je ne suis pas sĂ»r du chiffre exact, mais on rajoute 33%. 6,3 avec deux grands frĂšres, 7,9 avec trois grands frĂšres, etc. Et ça, c'est sĂ©rieux. Alors, ça, c'est sĂ©rieux. Mais alors, voilĂ , ça, c'est pour l'instant trĂšs sĂ©rieux. Il y a…
Je pense plus de 30 études dans plein de pays, sur plein de populations qui ont fait ce constat. Et là , il y a entre l'impression et le jour de l'enregistrement de ce podcast, une autre étude qui est sortie qui dit « Bon, on a repris les chiffres, c'est plus aussi évident que ce qu'on pensait. » Donc il faut que je plonge là -dedans. A priori, jusqu'à il y a un mois, c'était considéré comme un fait établi.
Du coup, attendons encore quelques mois, il va y avoir des Ă©tudes qui vont reprendre la prĂ©cĂ©dente pour vĂ©rifier. Mais en gros, ça a Ă©tĂ© vĂ©rifiĂ© sur plein de populations, dans plein de milieux diffĂ©rents, avec des Ăąges de parents diffĂ©rents. Donc, ce n'est pas tant l'Ăąge des parents, etc. On peut imaginer plein de raisons diffĂ©rentes. Les gamĂštes qui changent en vieillissant, la place dans la fratrie, le fait de grandir avec un modĂšle masculin, etc. Non, c'est vraiment des frĂšres biologiques. Et donc, ça, c'est ce qu'on sait statistiquement parlant. Et la thĂ©orie…
Mais là , par contre, on est encore sur l'hypothÚse. C'est qu'en tout cas, on a remarqué qu'il y a un anticorps particulier qui est produit par la mÚre lorsqu'elle porte un foetus masculin. On a juste fait une corrélation. En gros, les mamans d'homosexuels sont celles qui ont le plus de cet anticorps dans le corps. Et on sait qu'ils se cumulent et qu'ils se conservent dans le temps. Donc, il est possible que cet anticorps ait un effet sur le cerveau. Mais comment ? Pourquoi ? On n'en a aucune idée. C'est juste qu'on a fait une corrélation et on se dit que c'est sans doute ça qui a un lien.
Ok. Et parce que moi, au dĂ©but, je me suis dit oui. Enfin, en lisant ton livre, je me suis dit ok, c'est parce qu'une fois que dans ma tĂȘte, je vois que le rĂŽle d'homme est…
dĂ©jĂ occupĂ© par d'autres, alors je m'autorise, d'hommes avec des gros guillemets, petite case, je m'autorise Ă sortir de la case. J'ai plus de chances de m'autoriser. Mais non. Parce que ce que tu dĂ©montres, c'est que mĂȘme si j'ai des frĂšres biologiques et je ne les connais pas, je ne vis pas avec eux, j'ai la mĂȘme… Cette proportion fonctionne. Donc c'est vraiment de la chimie dans le corps. Donc il y aurait effectivement quelque chose de biologique.
Mais Ă©videmment que cette question peut se poser, et d'ailleurs c'est aussi une des thĂ©ories, c'est que quand il y a dĂ©jĂ entre guillemets un mal reproducteur, parce que c'est ce qu'on peut imaginer, on peut peut-ĂȘtre s'enlever ce poids qu'on a sur les Ă©paules de devoir fonder une famille, ĂȘtre un bon pĂšre de famille, je mets plein de guillemets que vous pouvez aisĂ©ment deviner, et donc s'autoriser des sorties de route.
Et c'est aussi une des thĂ©ories darwiniennes oĂč on a remarquĂ© que dans certaines familles, les personnes… Alors si on mettait nos grilles de lecture occidentales aujourd'hui, on parlerait d'hommes gays et ou…
de femmes trans dans certaines cultures c'est un groupe homogĂšne qu'on voit un peu comme un troisiĂšme sexe et c'est ils peuvent ĂȘtre genrĂ©s dans les deux genres effectivement non pas d'enfants mais sont des soutiens Ă la famille donc ce sont des nounous, des grands frĂšres ils font l'Ă©ducation l'Ă©ducation sexuelle donc ils sont lĂ pour soutenir la famille et donc
dans la thĂ©orie darwinienne qui font que mais pourquoi ce truc quand mĂȘme se maintient depuis des millions d'annĂ©es alors qu'ils ne peuvent pas se reproduire alors qu'ils sont censĂ©s ne pas pouvoir se reproduire c'est parce que l'homosexuel a sans doute donc lĂ vraiment on prend la thĂ©orie darwinienne aussi sa pierre Ă apporter Ă la perpĂ©tuation de l'espĂšce pas forcĂ©ment en se reproduisant
mais potentiellement en Ă©tant un soutien Ă la cellule familiale d'autres y ont vu un coup de billard Ă trois bandes oĂč certains gĂšnes ont des effets parce que les femmes de la lignĂ©e maternelle d'un homme homosexuel ont plus d'enfants
Donc certains ont vu qu'elles ont certains traits qui vont faire qu'elles vont plus procrĂ©er, donc elles vont plus rĂ©pandre ces gĂšnes, et chez les hommes ça va donner plus de l'homosexualitĂ© masculine. Donc d'un cĂŽtĂ© on aura des hommes qui vont avoir des taux de reproduction plus faibles, mais des femmes sur la mĂȘme ligne avec le mĂȘme patrimoine gĂ©nĂ©tique, ou une partie de ce patrimoine gĂ©nĂ©tique, qui elles vont plus se reproduire. Et donc finalement c'est un trait, puisqu'il ne nuit pas Ă la sociĂ©tĂ©…
qui se conserve gĂ©nĂ©ration aprĂšs gĂ©nĂ©ration. Oui, le dĂ©lire de Darwin, c'est que le meilleur gagne. Oui. On Ă©limine… Normalement, un trait qui nous nuit, effectivement, il va ĂȘtre progressivement Ă©liminĂ©. Or, il se trouve que ça fait quand mĂȘme quelques millions d'annĂ©es que l'homosexualitĂ© existe chez l'humain et chez nos ancĂȘtres. Donc, on peut imaginer que si Darwin avait raison…
A priori, on n'est pas en train de dĂ©truire notre patrimoine gĂ©nĂ©tique ou la survie de l'espĂšce. Est-ce que tu sais ce qui a dĂ©clenchĂ© la recherche de l'effet grand fer ? Parce qu'en fait, qu'est-ce que les chercheurs viennent foutre ? Les chercheuses viennent foutre dans ce… Tu vois, c'est par hasard… Mais c'est une bonne question que je ne m'Ă©tais pas posĂ©e. Ă quel moment…
Les premiÚres études, en fait, les premiÚres études, on cherchait une cause biologique, génétique. J'essaye de remonter parce qu'il y a aussi toutes les études génétiques, justement. Et par moments, elles se croisent. Les premiÚres études, on est plutÎt dans les années 1960, je dirais, sur ces questions-là . On n'avait pas du tout détecté l'effet grand frÚre encore. Mais par contre, on commençait à faire des statistiques sur les familles.
En gros, on a commencĂ© Ă regarder, par exemple, entre des jumeaux, des vrais jumeaux, des faux jumeaux ou des frĂšres, combien partagent la mĂȘme orientation. Et c'est lĂ qu'on s'est dit « Ah, il doit y avoir un truc un peu biologique parce que, effectivement, les vrais jumeaux, ils partagent quand mĂȘme plus souvent la mĂȘme orientation que les faux jumeaux, par exemple. »
qui a un Ă©lan de chercheur, c'est-Ă -dire il y a de l'homophobie lĂ -dedans. Pourquoi on va se poser ces questions-lĂ ? Tu vois, moi, l'effet grand frĂšre que tu as bien expliquĂ©, qui fait que du coup, plus une personne a des grands frĂšres, plus il a de chances d'ĂȘtre gay. Ăa fonctionne sur les hommes.
Sur les femmes, par ailleurs.
Soit, en fait, je vois toutes les possibilitĂ©s que ça soit mal utilisĂ© et c'est vraiment pour moi un vrai danger. Je serais beaucoup plus intĂ©ressĂ© qu'on dĂ©pense de la thune et du cerveau sur pourquoi les hommes hĂ©tĂ©ros sont homophobes. Il y a eu quelques petites Ă©tudes qui ont Ă©tĂ© faites lĂ -dessus. Tu vois ce que je veux dire ? Du coup, je me mĂ©fie. Mais il faut se mĂ©fier. Tu sais, toi, d'oĂč…
Je rĂ©flĂ©chis, de ceux qui aujourd'hui, alors je veux pas dire de bĂȘtises, de ceux qui aujourd'hui travaillent dessus sur les annĂ©es, il y en a un qui notamment a Ă©tĂ© qualifiĂ© de transphobe, on peut dire ça comme ça, parce qu'il travaillait sur une clinique du genre, donc j'ai un a priori pas trĂšs positif sur cette personne.
D'autres ont vraiment commencé, d'autres étaient homosexuels par ailleurs, il y en a un autre qui était homosexuel dans ceux qui ont travaillé sur cette question. Je crois vraiment que la base de cette question c'était on va chercher à comprendre ce truc.
qui est l'homosexualitĂ© et on tape un peu tous azimuts et donc on commence Ă faire on va regarder ce qui se passe dans les familles et je me souviens des premiĂšres recherches dans les annĂ©es 60 justement une des conclusions c'Ă©tait ce n'est pas une psychopathologie donc il y avait quand mĂȘme un si ce n'est un but en tout cas un rĂ©sultat qui dit bon on sort de l'idĂ©e de maladie on est 30 ans avant que ce soit plus de maladie au niveau mondial
Donc, il y a un truc trĂšs ambivalent et pour ĂȘtre tout Ă fait honnĂȘte, je n'arrive pas Ă avoir une opinion. Faut-il faire ces recherches ou pas ? Parce que d'un cĂŽtĂ©, ça nous a permis aussi de sortir de pas mal d'idĂ©es prĂ©conçues Ă la con. C'est parce que les mecs, ce qui est payĂ©, ils ne font pas assez de testos.
Ils ne font pas assez de quoi ? De testostérone. Ils n'en ont pas assez de texto ? De testostérone. J'ai une blague de grand-pÚre. De testo ? Oui, c'est juste qu'on n'est pas assez des bonhommes. On n'a pas l'hormone de mùle. Et ça, on allait vérifier dÚs les années 70 et les résultats ont donné 1, ça n'a rien à voir.
de, ah merde, il y a peut-ĂȘtre un truc oĂč on aurait des fois aussi un peu plus de testostĂ©rone que chez les autres. Ce qui a bien embĂȘtĂ©, ça collait pas Ă la grille de lecture. Bah non, mais c'est censĂ© ĂȘtre des tafioles, donc il peut pas avoir de la testostĂ©rone. Donc d'un cĂŽtĂ©, ça a permis de balayer un peu des idĂ©es reçues et de dire, bah en fait, oui, des homosexuels, il y en a des trĂšs virils, il y en a des trĂšs fĂ©minins, il y en a des… Vous pouvez pas nous repĂ©rer comme ça dans la rue selon la façon dont je casse mon poignet, quoi. Et de l'autre cĂŽtĂ©, bien sĂ»r que ça peut…
potentiellement amenĂ© Ă des dĂ©rives. Si demain on dĂ©celait vraiment finement… Vraiment, je vais faire des allers-retours entre mon espoir et mon inquiĂ©tude. Si demain on arrive Ă dĂ©celer assez finement la gĂ©nĂ©tique gay, peut-ĂȘtre que demain on fera des petits tests gĂ©nĂ©tiques et puis on pourra avorter parce qu'on n'a pas envie d'un rejeton homosexuel. C'est un risque gĂ©niste possible. Et en mĂȘme temps, plus on fait des recherches, plus on se rend compte que c'est complexe.
et que le gĂšne gay n'existe pas, et que ce sont des combinaisons trĂšs complexes qu'on n'arrive pas Ă comprendre, qui pourraient avoir un impact. LĂ encore, c'est pas gĂ©nĂ©tique, c'est un impact. Oui, la conclusion de ton livre, elle est complexe et elle est fine. Plus ça devient complexe, pour moi, moins il y a de risques. Et Ă l'inverse, les thĂ©ories psychologiques ou autres, elles ont aussi donnĂ© des dĂ©rives terribles. En fait, je pense qu'il n'y a pas une thĂ©orie…
qui n'a pas un pendant vraiment dangereux. Quelle qu'elle soit, on trouvera toujours un moyen d'utiliser cette théorie en se disant si c'est appris, Pavlov, ça se désapprend, super. Si c'est Oedipien, on va faire un guide du parfait parent pour faire un fils hétérosexuel, droit, straight. Si c'est hormonal, on a essayé la greffe de testicules hétérosexuelles dans les années 1910. On a littéralement greffé des testicules
des demi-testicules d'hommes hétérosexuels à des homosexuels. En disant, voilà , on va leur refuter les bonnes hormones. Donc, on a tout essayé, de toute façon. Spoiler, ça n'a jamais marché, évidemment.
Mais il y a eu des morts, il y a quand mĂȘme eu des personnes qui sont dĂ©cĂ©dĂ©es, et parfois je me dis que ce sont celles qui s'en sont le mieux sorties, contrairement Ă d'autres qui ont vĂ©cu littĂ©ralement de la barbarie. Le conditionnement, on pense que l'homosexualitĂ© par exemple est apprise, donc en gros on a un rapport homosexuel, un peu par erreur, parce que ça ne peut pas jamais ĂȘtre…
Ăa peut jamais ĂȘtre tout Ă fait voulu, un truc aussi chelou. Un premier, bon, par exemple, dans les dortoirs de garçons ou autres, bon, finalement, ça amĂšne Ă un orgasme. Il se trouve que l'orgasme est quelque chose d'assez cool. Donc, on se dit que c'est cool, donc on le reproduit, donc on conditionne comme ça notre comportement Ă ĂȘtre homosexuel. Ăa, c'est une des thĂ©ories. C'est quoi, c'est behavioriste ? Behavioriste, ouais, comportemental. C'est vraiment le…
L'idĂ©e que tout est appris et conditionnĂ©, voilĂ . Alors il y a ceux qui considĂšrent que l'hĂ©tĂ©rosexualitĂ© est conditionnĂ©e exactement de la mĂȘme façon, donc lĂ c'est intĂ©ressant, il y a ceux qui disent « bon bah de toute façon le comportement sexuel c'est un comportement comme les autres, donc nous on est behavioristes, on considĂšre qu'il est appris homo comme hĂ©tĂ©ro ».
Puis il y a ceux qui vont dire, non mais l'hĂ©tĂ©rosexualitĂ©, il n'y a pas besoin d'expliquer, c'est normal, c'est comme ça, c'est la magie de la vie, c'est dans nous dĂšs le dĂ©but. Et parfois, il y a un mauvais comportement qui arrive et donc c'est celui-lĂ qu'il faut expliquer et essayer de comprendre. Donc dĂ©jĂ , rien qu'avec la mĂȘme thĂ©orie, on peut…
l'avoir de deux façons diffĂ©rentes. Et le pendant de ça, c'est qu'il y en a qui vont dire « ce qui s'apprend, ça les apprend ». Si vous ĂȘtes fumeur, il y a des thĂ©ories comportementales, on va juste vous apprendre Ă changer vos habitudes, puis un jour vous n'aurez plus envie de fumer de clope. Et gĂ©nĂ©ralement, parmi les mĂ©thodes d'apprentissage, on vous explique aussi quand mĂȘme que ça vous fait du mal. Dans les « thĂ©rapies », je mets des gros guillemets autour de ce terme,
De ce genre, on a tout simplement essayé de désapprendre et donc on a donné des stimuli homosexuels, soit des bandes-sons, soit des images homo-érotiques. Et on accompagnait ça de vomitifs, d'électrochocs, de piÚces remplies de bocodirine pour vraiment accentuer le cÎté nauséeux. Et donc c'était carotte-bùton, bùton overdose d'homosexualité clairement, et carotte, une petite piqûre de testo, une image d'une jolie fille et dans six mois tu seras guéri.
Et ça, c'Ă©tait dans quelle annĂ©e ? Ăa, dans les annĂ©es 60. Il y a eu les premiĂšres tentatives Ă base Ă©lectrochoc, mais lĂ , c'Ă©tait plus l'idĂ©e de reconditionner. On pensait faire un choc Ă©pileptique et on s'est dit, ça va repartir Ă zĂ©ro, on va rebooter la machine et donc, si elle repart bien, elle repart hĂ©tĂ©ro. Et dans les annĂ©es 60, beaucoup dans les pays de l'Est, ex-URSS, beaucoup aux Etats-Unis,
Nous, en Europe, on était plutÎt castration, castration chimique ou castration physique. Chacun avec sa petite théorie arrivait avec sa petite méthode. Oui, c'est l'histoire d'Alan Turing. Alan Turing, c'est l'exemple typique, oui. On dit le pÚre de la micro-informatique, c'est un ingénieur informaticien, je ne sais pas comment on dirait, brillant, qui a notamment beaucoup aidé dans la Seconde Guerre mondiale les Alliés en cassant la machine de cryptage allemande.
Et son statut faisait qu'il se sentait peut-ĂȘtre un peu au-dessus des lois. Et donc, quand il s'est fait agresser par un de ses amants, il allait Ă la police. Parce que c'Ă©tait son amant, donc homosexuel. Et donc, il a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă la castration chimique. Donc, en gros, on l'a blindĂ© d'hormones dites fĂ©minines. Son corps a changĂ©, sa lĂ©pido a plongĂ©, la dĂ©pression est arrivĂ©e. Il s'est suicidĂ© en croquant une pomme de cyanure quelques annĂ©es plus tard.
Du coup, moi je tire de tout ça que je trouve qu'en majorité, l'usage de ces théories, de ces recherches, on a plutÎt payé, nous les homosexuels, depuis des années. Toi t'es plus moite-moite ?
Tu mets en lumiĂšre aussi que ça permet… Donc lĂ , je revenais sur notre effet grand fer. Ăa permet aussi de mettre de cĂŽtĂ© des thĂ©ories encore plus fumeuses. Ăa permet de mettre de cĂŽtĂ© des thĂ©ories fumeuses. Ăa permet de voir qu'aucune thĂ©orie n'est la thĂ©orie. Euh…
Ăa permet Ă©tonnamment de commencer Ă se poser des questions sur les hĂ©tĂ©ros. Parce qu'aprĂšs tout, pourquoi on n'expliquerait pas l'hĂ©tĂ©rosexualitĂ© aussi ? Oui, parce que dans les annĂ©es 60, on essayait de dĂ©sapprendre l'homosexualitĂ©. Est-ce que pour vous, du coup, en termes scientifiques, on a essayĂ© d'apprendre l'homosexualitĂ© ? Si ça se dĂ©sapprend, ça s'apprend ? J'ai un peu cherchĂ©. Ătonnamment, je n'ai jamais trouvĂ© de source. Peut-ĂȘtre qu'il y a eu des petites expĂ©riences individuelles, mais je ne les ai pas vues passer celles-lĂ , Ă©tonnamment.
Est-ce que tu as tout dit de ce que tu voulais dire sur l'effet grand frÚre ? Oui, je pense. On ne va pas trop spoiler. Non. Il y a quelque chose qui te paraissait important de préciser, toi ? Non. On va passer au prochain épisode. Mais moi, dans ton livre, ce qui m'a saisi, et je crois que je le mets en lien avec l'effet grand frÚre, parce que moi, je pense à mon grand frÚre, qui est hétéro.
en tout cas aux derniĂšres nouvelles qui a une femme et des enfants et qui incarne vraiment une reproduction du modĂšle hĂ©tĂ©ro entre gros guillemets rĂ©ussi et qui au plus s'avĂšre ĂȘtre une personne dĂ©licieuse et qui apprend plein de trucs et qui ensemble on chemine beaucoup et l'autre j'aurais envie de crĂ©er un effet frĂšre gay parce que ce que tu disais en fait je me pose des questions sur ça veut dire quoi vieillir homosexuel moi j'ai pas d'exemple
Mon seul ancĂȘtre gay, non, j'ai pas dans ma famille de personnes qui sont ĂągĂ©es homosexuelles, c'est ça que je voulais dire. Donc j'ai jamais eu d'exemple de personnes de plus de 50 ans.
vieillissant, homosexuel et avec une place heureuse et joyeuse dans leur vie, dans la famille, etc. Donc je vais ĂȘtre le premier, moi. Et je veux pas d'enfant. Donc je vais ĂȘtre le premier homosexuel sans enfant. Et… T'as pas d'angoisse ?
Ben non, justement parce que je fais et j'ai fait tout un chemin pour prendre une place particuliĂšre, singuliĂšre, joyeuse, qui est utile. Enfin, j'aime pas le terme utile, mais chouette, quoi !
D'ĂȘtre une sorte d'influence, de rĂŽle modĂšle, tu vois. Et tu en parles dans ton livre, tu parles dans d'autres cultures de ces, soit personnes du troisiĂšme sexe, soit homosexuels. Les termes sont souvent choisis localement, culturellement et selon la langue. Et c'est des personnes vues comme apportant.
Ă la cellule familiale, tu parlais tout Ă l'heure de parler de sexualitĂ© avec les enfants, avec les adolescents, de contribuer d'une maniĂšre ou d'une autre. Et ça m'a vachement parlĂ©. Pour moi, c'est peut-ĂȘtre un des futurs pour moi. En tout cas, que je vis aujourd'hui, j'ai envie d'ĂȘtre une forme d'autoritĂ© ou d'adulte pour mes neveux et niĂšces qu'ils ne peuvent pas forcĂ©ment avoir. Tes parents, c'est tes parents.
Puis tes oncles et tantes hĂ©tĂ©ros. Moi, je suis diffĂ©rent dans ma maniĂšre d'ĂȘtre au monde. Et en fait, je trouve que mon frĂšre et ma belle-sĆur cĂ©lĂšbrent vachement ça. On ne fait pas une ronde autour de moi. Non, mais c'est chouette. Il est homosexuel. Yeah, yeah.
D'ĂȘtre Ă ton dĂźner de NoĂ«l. C'est clair. Mais tu vois, il y a comme une joie Ă montrer tout un tas de chemins et de façons d'ĂȘtre. En tout cas, c'est ce que je ressens. Et du coup, je ne sais pas s'il y a des chercheurs et des chercheuses, ils cherchent l'effet grand frĂšre. J'aimerais qu'on cherche l'effet j'ai un frĂšre gay. Comment est-ce que ça fait de la cellule familiale quelque chose de plus rĂ©sistant, puissant, inspirant, accueillant, ouvert ?
c'est une bonne question ça et c'est une chouette réflexion je sais pas si on l'a construit enfin comment on en arrive là mais comme t'as dit ouais on est différent en fait donc de fait et en plus on sera a priori toi et moi homosexuels ? homosexuels ouais on sort de la norme donc anormaux au sens on est pas majoritaire quoi et en plus statistiquement on va moins se reproduire maintenant on peut
On a toujours pu, techniquement, une gamĂštre et une autre gamĂštre. On peut se les faire se rencontrer, mais ça a quand mĂȘme Ă©tĂ© historiquement plus compliquĂ©. Mais globalement, moi, je suis comme toi. Je ne veux pas d'enfant. Donc, justement, du point de vue darwiniste, qu'est-ce que je fais de ça ? Qu'est-ce que je fais de cette vie ? Sachant que les hĂ©tĂ©ros, une fois qu'ils ont fait un enfant ou deux, globalement, il leur reste quand mĂȘme plein de capacitĂ©s cognitives Ă se poser la question de qu'est-ce que je fais de cette vie ?
Et du coup, effectivement, on peut en faire des choses chouettes et montrer d'autres regards, d'autres points de vue, apporter de la joie. C'est des belles missions, je trouve, dans la vie. Ouais, tu vois, un truc trĂšs concret. AprĂšs, moi, je fais un mĂ©tier un peu artistico-journalistico, machin, perchĂ©. Et mon frĂšre a fait un choix beaucoup plus… Straight ? Ouais, beaucoup plus dans les normes, je crois.
Non, non, je suis sûr. J'ai le droit de dire ça et ce n'est pas du tout péjoratif. Je pense qu'en racontant comment je travaille, ce que je fais, je trouve ça intéressant. Et puis, j'ai du temps. N'ayant pas d'enfants et ayant la trentaine, j'ai une forme physique. Par exemple, mes neveux et niÚces, je les emmÚne en week-end.
Je suis parti Ă GenĂšve avec mon neveu, Ă Bruxelles avec ma niĂšce et je n'ai pas le mĂȘme rapport aux choses. C'Ă©tait trop bien. Et je pense que dans ce qui m'intĂ©resse et de comment j'essaie de leur faire dĂ©couvrir le monde, je peux avoir un rĂŽle queer.
OĂč en fait, le fait que j'ai des rapports sexuels avec d'autres hommes, ça n'a pas sa place. On s'en fout, ça ne change strictement rien dans mon rapport Ă mes neveux et niĂšces. Mais il s'avĂšre que quand mĂȘme, j'ai un rapport au monde de comment j'ai grandi, comment j'ai Ă©tĂ© malmenĂ© ou comment j'ai dĂ» saisir ma place, comment j'ai dĂ» me dĂ©fendre, comment j'ai dĂ» comprendre ce qui se passe. Et rien que lĂ , je fais des recherches dans ma famille justement sur l'homosexualitĂ©.
Un grand-oncle homosexuel. J'allais dire, ça m'intrigue quand tu parlais des ancĂȘtres. Oui, tu vois. Du coup, j'ai commencĂ© Ă poser des questions. On a dĂ©couvert tout un tas de trucs. J'ai dĂ©couvert qu'il y avait des secrets familiaux, des vĂ©ritĂ©s qu'on a… Apparemment, je n'ai pas le droit de dire mensonges. Ăa gĂȘne certaines personnes. On va dire des vĂ©ritĂ©s qu'on a oubliĂ©es de nous transmettre Ă nous, la nouvelle gĂ©nĂ©ration. Et rien que ça, je le raconte Ă mes neveux et niĂšces.
aussi parce qu'on en parle beaucoup avec mon frĂšre, ma belle-sĆur et tout. Et ça, je suis sĂ»r que ça les transforme. C'est obligĂ©. Ils ne captent pas tout, mais c'est sĂ»r que je les transforme. C'est sĂ»r, dans mon rapport Ă l'autoritĂ©, Ă la famille, Ă la vĂ©ritĂ©, avec un grand V, etc. J'ai glissĂ©, mais je suis parti de lĂ et fait grand frĂšre, excuse-moi.
Je suis assez d'accord, effectivement. Peut-ĂȘtre que si les pĂ©dĂ©s sommes des tentes, comme on dit, peut-ĂȘtre qu'on peut ĂȘtre des super tatas, effectivement. Tant mieux. Restons des tentes. J'aimerais une Ă©tude sur l'effet tata, l'effet tante, l'effet petit frĂšre gay ou grand frĂšre gay, tu vois. Comment on est une belle valeur ajoutĂ©e, puissante, importante, essentielle Ă protĂ©ger, quoi. Comment faire un monde plus queer gagne tout le monde, fait gagner, entre guillemets, tout le monde ?
Ce sera ma conclusion de cet épisode. On se retrouve à l'épisode prochain. J'ai besoin de tes deux, trois autres infos surprenantes, intrigantes, intéressantes. Merci Mathias. Merci. A trÚs vite. A tout de suite.