Poppers : fausses infos homophobes vs vrais dangers

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Partie 1 – Florent Jouinot est la personne experte en prévention drogues et addictions pour l’Aide Suisse contre le Sida. Iel a relu des centaines d’études et recherches médicales sur le poppers pour comprendre si oui ou non c’est dangereux, et comment.

👉 Florent nous donne les conseils de base pour bien choisir son poppers, bien le consommer pour éviter les accidents, les mélanges interdits et les contre-indications

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Tu m'entends bien ou pas ? Oui. Et maintenant, je te vois. Magnifique. OK, super. Salut, Florent. Bonjour. Coucou. Est-ce que tu es prêt ? Est-ce qu'on se lance ? Oui. Au taquet. Florent Jouineau, j'ai bien dit ou pas ton nom de famille ? Oui. Tu travailles pour l'aide suisse contre le sida. Une de tes expertises, c'est la prévention face aux addictions aux drogues et à leur consommation pendant le sexe. Tu es exactement la personne dont j'avais besoin pour enquêter sur le poppers. Parce que toi, tu t'y es intéressé, au poppers en particulier, et tu voulais comprendre si oui ou non c'est dangereux et comment ? Et pour ce faire, en fait, tu as épluché des centaines d'études et d'articles médicaux sur le Poppers. Et j'avoue que moi, j'étais un peu perdu. Moi qui ne connais pas grand-chose à propos du Poppers, je sais juste que c'est légal en France, mais interdit dans d'autres pays. Donc, je me demandais un peu pourquoi. Peut-être que si c'est interdit par d'autres pays, c'est donc que c'est bien dangereux. Et puis, sur quelle base scientifique ? Ça peut être légal dans certains pays et interdit dans d'autres. J'ai reçu plein de commentaires et de questions d'auditeurs qui sont utilisateurs ou qui posent des questions autour du Poppers. On va y répondre. Je vais lire des petites anecdotes, des questions du vécu pour qu'on soit bien concret sur le Poppers. Est-ce que ça te va, Florent ? Parfaitement ! Est-ce que j'ai le droit de commencer par demander si toi, tu utilises régulièrement ou pas du Poppers ? Alors, j'en ai utilisé très régulièrement quand je vivais à Paris. J'en utilise moins maintenant que je vis à Lausanne, mais ça m'arrive encore d'en utiliser. Ok. Moi, je n'ai jamais essayé. Et je me disais, bon, je vais essayer avant cet entretien pour avoir l'air un peu… Uniquement pour l'enquête, mais je ne l'ai pas fait. Ok. Est-ce qu'on peut déjà commencer par… Non, mais en fait, le popper, c'est quoi ? J'ai un auditeur qui dit… En fait, ça marche comment ? Quel est le procédé technico-biologique, s'il te plaît, de la dilatation des muscles anneaux ? Est-ce que c'est juste un effet placebo ? Non, non, il y a des effets… Un autre auditeur me dit, excuse-moi, moi, ça m'ouvre le cul de ouf, mais placebo ou effet réel ? Ou mélange des deux ? Alors les poppers en fait ce sont des liquides volatiles qui contiennent des nitrites et en s'évaporant ils produisent du monoxyde d'azote et en inhalant du monoxyde d'azote ça a un effet physiologique. C'est-à-dire que le monoxyde d'azote va avoir un effet de neurorécepteur, par exemple, dans le cerveau, d'où la perturbation de la conscience, d'où une sensibilité différente à la lumière, voire au toucher, etc. Et d'autre part, ça va avoir une influence, ce monoxyde d'azote, sur ce qu'on appelle les muscles lisses. Et donc, c'est ce qui recouvre notamment les parois veineuses, les parois internes des organes, etc. Et en fait, ça va relaxer certains muscles. Et certains organes. Et donc, du coup, ça augmente la force et le rythme du sang, de la circulation sanguine. Et d'autre part, effectivement, des muscles comme ceux de l'anus ou du vagin peuvent se retrouver davantage dilatés par l'effet du poppers. C'est physiologique. Et j'imagine qu'il doit y avoir aussi une partie psychologique. Quand je prends du poppers, j'imagine qu'il y en a certains qui se disent « ça me dilate, ça me dilate, ça m'aide, ça me détend ». Tu vois ce que je veux dire ? Il y a un peu de ça, non ? Certainement aussi, également. Il y a l'effet physiologique. Et après, chaque personne, selon la manière dont elle a inscrit ça dans son script sexuel, dans sa sexualité, ça va avoir un effet augmentant de quelque chose qui est désiré. Ok. Et donc, on va le percevoir de manière plus importante que l'effet physiologique du produit. Ok. J'ai envie qu'on aille dans ce que toi, tu as découvert en épluchant ces études sur la légalisation, etc., mieux comprendre ces coulisses. Mais avant, en fait, j'aimerais… Qu'on transmette les bons messages. Toi qui as fait toutes les études et qui travailles dans ce domaine de la prévention. Moi, j'ai envie de consommer du poppers. Comment bien le consommer ? On dira après les dangers, les mélanges. Mais déjà, c'est quoi les bonnes pratiques ? Si je décide que moi, ça a de la place dans ma vie, comment je peux bien faire les choses ? Alors, il y a d'une part les contre-indications des personnes qui ont des troubles cardiaques. Moi, j'ai une personne qui m'avait écrit qui venait d'avoir un triple pontage, me demandait si elle pouvait consommer du Poppers. Clairement, pendant la conférence, je lui ai déconseillé de le faire et après d'en discuter avec son ou sa médecin pour voir si c'était possible ou non. Mais les personnes qui ont un trouble cardiaque doivent faire attention à la consommation de Poppers, de même que les personnes qui sont asthmatiques, on leur demanderait de et aller avec précaution pour éviter effectivement de déclencher une crise importante. Au-delà de la personne en elle-même, ensuite, il y a le choix du produit. C'est-à-dire qu'il faut choisir son poppers. Les poppers qui sont sur le marché légal ou parallèle, C'est une multitude de molécules. Elles sont toutes des nitrites, désignées des nitrites d'amyl, des nitrites d'alkyl, qui sont des termes génériques. Mais après, il y a des termes plus précis et il y a des molécules qui sont connues pour être plus dangereuses que d'autres. Les nitrites d'isopropyl seraient à éviter, de même parce qu'elles peuvent entraîner des dommages oculaires, voire des troubles cardio-respiratoires. Et les nitrites de butyl et d'isobutyl pourraient être potentiellement cancérigènes. Donc la plupart des marchands sérieux de poppers évitent ce type de molécules. Dans les pays où c'est légalisé, tu veux dire ? Dans les pays où c'est légalisé. Vous marquez sur ma petite boîte le type de nitrite ou pas ? Justement, c'est là où il faut prêter attention. C'est-à-dire qu'il est préférable d'acheter un produit dont on connaît la composition. C'est-à-dire qu'il faut connaître la molécule et privilégier à ce moment-là le pentile, l'exil ou le siloexil qui sont a priori moins à risque. Et regarder aussi les… en termes de est-ce qu'il n'y a qu'une seule molécule ou plusieurs molécules et la concentration de ces molécules. Quand on achète un poppers, c'est un peu comme la taille des préservatifs. On nous promet du XXL, XXL, je ne sais quoi. En fait, ça, c'est subjectif. Ce qu'il faut regarder, c'est le pourcentage de molécules. Et ça varie entre 1 et 75 %. Donc, la force du poppers n'est pas la même en fonction de la concentration des molécules actives dans le produit. Ok. Si toi, tu devais me conseiller, moi, Guillaume, Parce que là, j'ai noté qu'il y a plusieurs types de nitrites et de molécules vers lesquelles tu me conseilles plutôt d'aller parce que d'autres ont des effets indésirables potentiellement dangereux. Mais là, si je te demande c'est quoi le pourcentage et c'est quoi la molécule que tu me conseillerais de prendre, moi, Guillaume ? Je ne sais pas qui tu es, Guillaume. C'est-à-dire que le produit est une chose et ma sensibilité au produit en est une autre. C'est-à-dire que toute personne ne va pas réagir de la même façon au même produit. Et donc, moi, j'encouragerais à commencer petit et si je le tolère bien, si ça me fait les effets désirés et que je souhaite augmenter ces effets-là, augmenter à ce moment-là la concentration du produit que je consomme. Petit, c'est 1% ? Ça dépend de tes moyens financiers. Tu peux commencer tout petit et puis après, tu peux augmenter progressivement. Après, je déconseillerais effectivement de commencer par les plus forts, d'avoir un référentiel. J'en ai acheté un à 10%. Je l'ai essayé et l'effet, il n'était pas ouf. Je l'ai senti, mais pas ouf. Par contre, je n'ai pas eu d'effet secondaire. Je n'ai pas eu d'effet indésirable. Donc, je peux me permettre d'aller vers un produit un peu plus concentré. Ok. Et parmi toutes les molécules que tu as citées, s'il y en avait une seule ? Pintilexil, c'est les plus fréquentes. Pintilexil, ok. Ça, ça s'achète en bureau de tabac en France, on est d'accord ? Ça peut se trouver en bureau de tabac, ça peut se trouver dans un certain magasin en France, maintenant généraliste. Ok. Hors de France, dans les pays où c'est illégal, ce n'est pas vendu. J'imagine que c'est de façon illégale sous le manteau. Alors, c'est un peu complexe. C'est-à-dire que l'interdiction telle qu'elle est conçue aujourd'hui, elle est molécule par molécule. C'est-à-dire que la législation, notamment européenne, va interdire une molécule spécifique. Et pour contourner ce frein légal, d'autres molécules sont développées, sur lesquelles on a le moins de recul, ce qui est tout un enjeu, et permettent l'importation sur le territoire en restant à l'égalité. Comme ce n'est pas un stupéfiant, ça n'entre pas dans toutes les lois sur les drogues stupéfiants et autres, ça fait partie des produits chimiques, et donc ça relève des législations sur les produits chimiques. Ok. C'est clair pour moi. Moi, j'ai quand même l'impression, donc je te demandais, alors comment bien consommer le popper ? Si moi, je décide d'avoir envie de consommer, comment je le consomme intelligemment ? un peu comme le vin ou l'alcool. Et là, tu me dis qu'il y a certaines molécules qui peuvent avoir un impact sur mes yeux. Donc moi, direct dans ma tête, je me dis, en fait, c'est sérieux, c'est dangereux. Moi, quand je bois un verre de vin, je n'ai pas l'impression que l'alcool, ça peut m'affecter les yeux. Donc je me dis, le popper, c'est une substance super grave, super dangereuse quand même. Mais l'alcool aussi, l'alcool frelaté, aurait des conséquences sur ton corps. C'est parce que le marché de l'alcool fait en sorte que l'alcool disponible auquel tu as accès de manière relativement simple n'est pas dangereuse pour la santé. Donc c'est la différence de législation qui donne l'accès à un produit de qualité et à moindre risque. Ok, compris. Je suis pour la régularisation et non pas pour la prohibition qui ne fonctionne pas de toute façon parce que ça va encourager le développement de produits sur lesquels on n'a pas de recul et qui sont potentiellement plus dangereux. Si on reste sur l'exil ou le peintil… L'autre enjeu, c'est que comme ce sont des produits qui sont corrosifs et inflammables, il y a des précautions d'usage à avoir. C'est-à-dire qu'il ne faut absolument pas être à proximité d'une flamme, même d'une cigarette. Donc le poppers au coin du feu n'est pas une bonne idée. On peut faire plein de choses auprès du feu, mais pas sniffer du poppers. Et l'autre enjeu, c'est comme c'est corrosif, c'est le contact avec la peau ou les yeux. Il faut l'éviter absolument. Et donc, il y a différentes stratégies. On évite de consommer en ayant la tête en bas, par exemple, parce que sinon, Newton a fait que ça remonte dans les narines ou ça tombe sur le corps. Donc, il est préférable de le faire assis ou debout. Aussi, éviter d'être en mouvement ou à côté de quelqu'un en mouvement pour éviter d'être bousculé. Il y a pas mal de brûlures qui ont lieu parce qu'on est bousculé ou qu'on fait un faux mouvement ou qu'en pleine action, quelqu'un coudera un peu plus fort et puis du coup, paf, éclaboussure. Ou alors, il y a des stratégies techniques, puisqu'il existe des embouts qu'on vit sur les bouteilles et qui évitent les reflux, quel que soit le sens de la bouteille. Ou alors, la possibilité de transférer sur un support en tissu naturel, généralement du coton, pour éviter que le liquide puisse justement couler ou être projeté. Ok. J'essaye de retrouver… Ouais, il y a pas mal d'auditeurs qui parlent de ces brûlures. Un auditeur qui me dit, fun fact, la première fois que j'ai pris du poppers, je l'ai bu. C'est pas fun, mais il me l'a quand même dit. En fait, c'est vrai que si tu ne sais pas comment ça fonctionne, une petite fiole, tu peux te dire qu'on le boit. Donc, on ne boit pas, ça brûle. Et bien entendu, si… J'ai un autre auditeur qui m'a dit que son copain lui en avait mis dans le nez sans faire exprès. La petite histoire de point. Mon partenaire m'a versé involontairement du poppers dans ma narine quand j'étais sur le dos. Sur le moment, je me suis senti pas bien et ça allait mieux le lendemain. Du coup, je me suis toujours demandé s'il pouvait y avoir des répercussions lors d'un accident de ce genre et si j'aurais dû aller voir un docteur ou les urgences. On avale, ça tombe dans le nez. Qu'est-ce que je fais ? Je cours aux urgences ou pas ? Alors, si on possède du poppers, il faut l'identifier comme tel. C'est-à-dire qu'il ne faut pas qu'il y ait de confusion. Il ne faut pas le boire pur, il ne faut pas le mettre dans le frigo. Pour plein de raisons, mais aussi pour ne pas qu'il soit confondu avec un shooter ou un gingembre et avalé par une personne qui ne connaît pas. Ensuite, quand on donne du poppers à quelqu'un, pareil, on lui dit que c'est du poppers, ça signale. On fait attention à ça, à identifier le produit pour ne pas qu'il y ait un mésusage et notamment une ingestion. Ça ne se sniffe, point final. Il n'y a rien d'autre qu'on fait avec. Non. L'alcool se boit, le popper se sniffe. Ensuite, s'il y a un incident, ça arrive, à ce moment-là, le liquide tombe sur la peau, il faut éponger, pas frotter pour ne pas étaler, mais éponger avec un tissu et rincer à l'eau. Ok. Si ça tombe dans une narine, c'est toujours bien d'avoir des seringues à la maison pour les sinusites, une seringue sans aiguille. Et à ce moment-là, on peut injecter de l'eau pour nettoyer la narine. Et même façon dans l'œil, il faut rincer aux grandes eaux. En principe, ça peut jouer. Mais si on a mal, si ça perdure au-delà d'une demi-heure, il ne faut pas hésiter à aller aux urgences et indiquer ce qui s'est passé pour que la brûlure chimique soit traitée. Soit traité, ouais. Et ça, en fait, les brûlures autour du nez, c'est quelque chose d'assez commun, enfin, quand les auditeurs dans leur vécu, c'est-à-dire, ils collent Donc, dans comment bien prendre le poppers, ils collent la petite fiole à leur nez. Et donc, j'en ai plusieurs qui me disent qu'une sécheresse, des plaques apparaissent. J'ai un auditeur qui dit, salut, je n'utilise pas de poppers, mais mon partenaire, oui. J'ai remarqué une sécheresse, plaques, peau qui pèle après quelques jours sur mon sexe et cela persiste en semaine. Attends, sur son sexe. Ok, il y a moyen que je lise le mauvais commentaire, mais je vais aller au bout, c'est tant pis pour moi. Probablement, ah oui, il se demande, est-ce que ce qu'il respire se transmet par voix orale, tandis qu'il me suce ? Je me fais tester régulièrement, nous sommes à coupe fermée, donc je n'ai pas de MST. Je pense réellement que c'est lié au poppers. Est-ce que c'est quelque chose dont tu aurais entendu parler ? Tu as compris ou pas ? Je ne prends pas de poppers. Mon partenaire, oui, on a un rapport sexuel et j'ai sécheresse, plaques, peau qui pèle sur mon sexe après quelques jours. Alors, les brûlures liées aux poppers sont des contacts directs avec le liquide. Donc effectivement, les contacts entre le flacon et la narine peuvent entraîner des brûlures, surtout qu'en plus, il y a des petits mouvements et donc du coup, il y a des projections. Donc, il n'y a pas besoin de coller sa narine au flacon pour inhaler les vapeurs. 1-2 cm au-dessus, c'est largement suffisant. Il y a une technique qui veut qu'on mette le flacon en bas de la main, qu'on ferme la main de manière la plus hermétique possible et qu'on respire les vapeurs dans l'autre partie de la main. Ça évite les projections au pire. Surtout en fait, si jamais je suis en train de danser ma plus belle danse, je mets mes fesses sur le dance floor. Même moi, clairement, sur les pistes de danse ou au milieu extérieur où on ne maîtrise pas son environnement, j'encourage d'utiliser un embout ou un inhalateur, c'est-à-dire qu'on transfère sur un tissu pour éviter tout risque de projection et ou de faire tomber la bouteille et de perdre son liquide. C'est un autre enjeu. Pour ce qui est des blessures sur le sexe, alors, a priori, pas. Il n'y a pas de contact direct entre le produit et son pénis. Les vapeurs partant directement dans le système respiratoire, il n'y a pas de place dans la bouche, donc je ne vois pas le lien. Je l'encouragerais, si ça perdure, à faire un essai sans poppers, voir si ça apparaît aussi, et à questionner son lubrifiant. Plus que le poppers. Parce que les allergies à certains composants adjuvants dans les lubrifiants peuvent aussi créer des réactions allergiques. Et aller voir son médecin, oui. Autre auditeur, un jour dans le feu de l'action, j'ai confondu Popper, c'est lubrifiant. Je n'ai jamais couru aussi vite dans la salle de bain. Pas de dégâts, heureusement. Ça, c'est ce que tu disais. On rince, on rince. Et c'est une brûlure. Ça serait comme toutes les brûlures. Une fois que le produit est éliminé, qui n'est plus présent, c'est juste la peau qui est altérée et qu'il faut, à ce moment-là, qu'elle cicatrise. Donc, tout ce qui est produit cicatrisant, donné de marque, peut fonctionner sur ces brûlures-là. Super. Dans la bonne consommation, et quand je te disais, est-ce que tu peux me conseiller, moi, Guillaume, tu dis, je ne te connais pas, Guillaume, et tu disais, par exemple, des conditions, des problèmes de cœur, on ne mélange pas. Est-ce qu'il y a d'autres conditions où tu déconseilles fortement le poppers ? Le poppers peut être dangereux. C'est tout ce qui est en lien avec le système cardiovasculaire. C'est-à-dire que si j'ai des troubles cardiaques, des troubles respiratoires, il faut y aller vraiment avec précaution. Je ne l'interdis pas, mais il faut le faire avec précaution. Si possible, en parler à son ou sa médecin pour voir effectivement s'il y a des contre-indications. Et puis ensuite, c'est essentiellement les interactions avec certains médicaments qui influent le système cardiovasculaire. que ce soit des traitements du rythme cardiaque, donc l'hypotension, hypertension, ou que ce soit les traitements pour les troubles érectiles. C'est très déconseillé de cumuler poppers et produits pour les troubles érectiles. Viagra, concrètement ? parce que, justement, ça intervient sur le même système. Et donc, du coup, c'est un effet de catalyseur qui va augmenter les effets. Et donc, si on dilate les vaisseaux, qu'on augmente la pression dedans, le cœur, il peut lâcher. Et donc, on fait des syncopes et qui peuvent finir en arrêt cardio-respiratoire dans ces cas-là. OK. Et ce, après quelques sniffs seulement ? La dose fait l'ivresse. Donc, plus on aura consommé, plus le risque est élevé. Mais… le cumul de ces médicaments avec les effets du Poppers, c'est effectivement le risque. C'est un terrain dangereux. Un auditeur me dit, on disait il y a 20 ans que Viagra plus Poppers égale mort. Est-ce que les connaissances en médecine disent toujours la même chose ? La réponse, c'est oui. La réponse, c'est clairement oui. Alors, avec les produits pour les troubles de l'érection d'une part et d'autre part avec tout ce qu'on appelle les dépresseurs, tout ce qui va effectivement avoir une influence sur le rythme cardiaque, par exemple GHB, GBL ou kétamine, etc. Le cumul des effets dépresseurs et des effets du Viagra sur la détente des muscles lisses et la modification du système et du rythme cardiovasculaire font que c'est potentiellement dangereux également. Donc là aussi, s'il y a On ne peut pas empêcher les gens de le faire, mais s'il y a cumul de produits, c'est toujours mieux de l'éviter. Mais si ça arrive, à ce moment-là, y aller progressivement et au moindre signe de malaise, de maux de tête, etc. Arrêtez la prise de poppers et allez prendre l'air. Frais. Ok. Un autre auditeur demande, c'est contre-indiqué de prendre du poppers Non, je crois que ce n'est pas une question, c'est une déclarative. C'est contre-indiqué de prendre du Poppers avec des médocs comme le Tadalafil. Tadalafil, c'est justement des produits, des traitements du trouble érectile. Ah, médocs pour les troubles de l'érection. Ok, super. Nous avons donc couvert ça. Tu parlais de malaise. J'ai eu pas mal de témoignages d'évanouissement. Je me suis évanoui deux fois dans la douche suite à un abus de poppers durant une partie de jambes en l'air. Un autre auditeur… Raconte, je n'ai jamais été fan du poppers car l'odeur me rend mou direct. Mais mon mari, qui n'est pas français, a voulu essayer lors de notre séjour en France. Cette histoire, j'imagine, comme c'est légal en France, il y a des étrangers qui se disent j'essaye. Il en a trop respiré pendant que je prenais ma douche. Par manque d'oxygène au cerveau, il a perdu conscience. Je l'ai retrouvé au sol, la peau et lèvres très pâles, voire bleues. On a dû appeler les urgences depuis l'hôtel à Charles de Gaulle. La nuit passée à l'hôpital sous surveillance. Au final, plus de peur que de mal. Mais devoir porter le corps inanimé de son mari pour l'amener sous la douche a définitivement été traumatisant. Oui, alors les effets sont très rapides. donc ça c'est l'avantage de Whopper, c'est que ce n'est pas un effet retard, donc généralement il n'y a pas de surprise, on fait le lien assez rapidement, les syncopes sont liés justement au fait que la vasodilatation et l'augmentation du flux cardiaque fait que potentiellement à un moment donné, le cerveau est oxygéné de manière moindre, c'est-à-dire que C'est paradoxal, mais le monoxyde de carbone va prendre la place, entre guillemets, de l'oxygène. Et donc, avec l'augmentation du risque cardiaque, on a le cerveau qui manque d'oxygène, on a la pompe cardiaque qui est à fond. Et là, effectivement, selon son état de forme, de manière générale, si on fait du sport ou non, selon sa masse corporelle, etc., on peut effectivement avoir un manque d'irrigation et d'oxygénation du cerveau et on fait une syncope. Ok. Alors, en principe, quand ça arrive, elle est brève. Donc, l'attitude à avoir, c'est aller vers la personne, voir si elle est toujours consciente ou non, lui donner de l'air frais et voir si elle se réveille rapidement. Si elle ne se réveille pas rapidement, il ne faut absolument pas hésiter à appeler les secours. Oui. C'est-à-dire appeler l'ambulance, effectivement. En plus, le poppers ne tombe pas sous le coup de la loi sur les stupéfiants, donc police n'interviendra pas. Et au cas où, la surveillance, c'est quoi ? Si cette défaillance est révélatrice d'un trouble qui n'était pas connu précédemment, ça permet de voir que les choses rentrent dans l'ordre. Et ensuite, les lèvres bleues, c'est ce qu'on appelle une cyanose. C'est-à-dire que là, clairement, c'est quand on prend trop et trop vite du Poppers, mais vraiment à haute dose, l'épaisseur du sang va changer et donc son oxygénation va être moindre. Et donc là, c'est un peu plus durable dans le temps. Donc, il faut vraiment des… généralement des hautes doses. De très hautes doses, généralement, c'est des expositions professionnelles. Ce n'est pas l'inhalation récréative du poppers. Et là, effectivement, il faut intervenir pour pouvoir fluidifier le sang et redonner de l'oxygénation. Sinon, il y a un risque effectivement plus élevé. Ok. Un autre auditeur a une question spécifique sur l'évanouissement. « Je suis tombé dans les pommes pendant l'acte après avoir pris du poppers. Je n'en ai pas pris beaucoup plus que d'habitude. » Entre parenthèses, une inspiration. Mais je pense que c'est l'action combinée de prendre du poppers plus se lever brusquement du lit en raison de douleurs anales qui m'a fait perdre connaissance. Pour ma part, zéro peur. Aussi étonnant que ce soit, en tombant dans les pommes, mon cerveau a continué à créer des images de sexe. Je me suis juste réveillé en ne comprenant pas pourquoi ma position avait changé et pourquoi mon mec me tenait les jambes en l'air en me giflant. Lui était terrorisé, il ne prenait pas du poppers depuis longtemps dans sa vie. Il m'a apporté de l'eau et de quoi manger en étant en panique alors que moi, je voulais juste reprendre notre partie de jambes en l'air. Émoji qui rigole. Finalement, c'est juste lui qui a flippé et moi qui étais frustré. Question que je me pose par contre, est-ce que sans le poppers, je serais tombé dans les pommes ou est-ce que ça a été un élément déclencheur ? Il y a plusieurs éléments. Déjà, régulièrement, on change de poppers. C'est-à-dire qu'à chaque fois, c'est une nouvelle bouteille et ce n'est pas forcément la même composition que précédemment. Pas plus que d'habitude, oui, mais est-ce que c'était le même produit que d'habitude ? Bonne question. Donc là, la concentration peut changer. Ensuite, il y a l'activité physique. Oui. C'est-à-dire que quand on a un rapport sexuel, ça sollicite aussi le système cardiovasculaire, à moins de faire les toiles de mer. Mais sinon, effectivement, l'activité physique va augmenter le rythme cardiaque en plus du poppers. Donc, ça peut effectivement amener une sur-sollicitation. Et clairement, le changement de position, ça s'est déjà arrivé à tout le monde. Quand on se lève trop vite, on a un sentiment d'étourdissement. Là aussi, le changement de position peut aussi avoir entraîné… la perte de connaissances brèves. Donc, c'est peut-être aussi le cumul de l'un, des deux ou des trois qui fait que ça s'est produit. Mais en tout cas, ce qui est notable, c'est qu'il n'y a pas d'arrêt cardio-respiratoire. Donc, tant que la personne a un rythme cardiaque et qu'elle respire et qu'elle repend connaissances rapidement, il n'y a pas d'enjeu majeur. Il faut juste prendre l'air frais, faire une pause et après, on peut reprendre. Si par contre, c'est plus durable ou si la personne arrête de respirer ou son rythme cardiaque s'arrête, là, il faut appeler tout de suite les urgences et entamer un massage cardiaque. Ok. Est-ce que tu vois autre chose en termes de contre-indications ? Les cas où le poppers, c'est dangereux, c'est quand, si je le mélange attention à la molécule que je choisis, attention au mélange avec certains médicaments qui impactent le système cardiovasculaire, avec certaines drogues, l'alcool, les… Non, l'alcool, on n'en a pas encore parlé d'ailleurs. Les médicaments Viagra, troubles de l'érection. Et tu m'avais dit l'alcool ? Les dépresseurs en général. Et l'alcool est un dépresseur. Donc, sur une certaine dose d'alcool, plus poppers, effectivement, peuvent faire des cumuls d'effets qui vont amener nausées, vomissements, etc. Ok. On a parlé des brûlures chimiques. dans le bon usage du poppers ? Comment en prendre ? Donc, bien entendu, ça ne s'avale jamais, ça se sniffe. Et en fait, si la bouteille touche ou s'il y a des petites éclaboussures, c'est normal que je sois brûlé puisque c'est brûleur chimique. Est-ce que tu vois d'autres éléments qu'on devrait apporter ? les asthmatiques, faire attention, et les personnes qui auraient des allergies connues aux nitrites. C'est-à-dire que des nitrites, il y en a un peu partout. Dans le jambon, c'est les mêmes ? Non, c'est les nitrates, ce ne sont pas les mêmes. Je suis bête. Pas de souci. Mais c'est aussi un enjeu de santé publique, mais un autre. Oui, peut-être pas le même sujet. Dans les produits ménagers, typiquement, il peut y avoir des nitrites. Et si on a déjà connaissance qu'on fait des réactions allergiques à certains produits ménagers, se méfier et là aussi, y aller avec précaution et voir si on fait une réaction allergique ou non. Un auditeur m'a écrit « J'ai eu un problème aux yeux à cause des vapeurs du poppers. Allergies aux nitrites m'ont-ils dit aux urgences ? » Si les vapeurs vont dans les yeux, ça va faire une irritation. Donc, quand on snipe du poppers, il est même préférable de fermer les yeux et de se concentrer sur les sensations. Moi, je pense qu'on va terminer ici cette première partie. Et avant de la terminer, je pense qu'on n'a pas parlé du fun. C'est quoi les effets recherchés ? C'est-à-dire qu'on met beaucoup en avant les risques. C'est légitime parce qu'il faut connaître les risques pour pouvoir les réduire. Mais après, c'est qu'est-ce que ça apporte le poppers ? Les effets du poppers, donc de l'inhalation des vapeurs de poppers, donc du monoxyde d'azote, c'est neurotransmetteur, donc on a une modification de la perception. Et donc c'est pour ça que ça a été beaucoup utilisé aussi en soirées techno ou autres, parce qu'on perçoit la musique, les lumières, etc. de manière différente. Ça a un effet euphorisant. Donc on a une bouffée de chaleur, le fameux rush dont parle Troye Sivan. Et enfin… Ces petits parallèles culturels… Antonée, c'est une chanson, n'est-ce pas ? Oh non. Oui, c'est une chanson, Rush, de Tracy Vann, mais ça, je ne chanterai pas. Dommage. Et ensuite, sur le corps, ces sensations de chaleur, ces sensations de détente, elles sont agréables dans certains contextes, festifs ou sexuels. Et ensuite, ça peut être aussi une aide à la pénétration. La relaxation des muscles peut faciliter la pénétration. Pourquoi ? Parce qu'en fait… Lié à la pénétration, il y a pas mal d'inquiétudes, d'angoisse et ça peut bloquer. Donc, il y a pas mal de personnes qui aiment bien consommer du poppers parce que ça les met en disposition à pouvoir prendre du plaisir par la pénétration quand celle-ci est souhaitée. Donc, c'est aussi très utile entre une personne qui me ferait une frustration ou qui ne serait pas épargnée au service sexuel et quelqu'un qui inhalerait de manière modérée toujours, du poppers pour passer ce cap-là, je pense que les bénéfices sont supérieurs aux risques très largement. Sachant que… Est-ce que je peux devenir addict au poppers ? Non, ce n'est pas addictif d'un point de vue physiologique. Il n'y a pas d'addiction physiologique au poppers. Parce qu'en fait, le monoxyde d'azote, on en produit. Notre corps en produit. Donc en fait, on fait simplement augmenter la dose. et de manière très brève. Encore une fois, les effets arrivent très rapidement, mais aussi s'estompent très rapidement. Et il n'y a pas de principe d'addiction en lien avec le poppers. Physiologique. Comportemental, d'aucuns diraient qu'il y a des personnes qui ne peuvent plus s'en passer, et donc il y aurait une addiction comportementale. Mais on a des addictions comportementales dans plein de choses. Oui, c'est la même chose avec l'alcool par exemple. On a tendance à boire de l'alcool quand on est en société parce que ça nous permet de sociabiliser. Bien sûr. Et en quoi c'est un problème ? Je faisais un parallèle avec le lavement pour nous sortir des drogues. Il y a des… il y a des auditeurs qui disent je ne peux plus me faire pénétrer sans lavement et qui psychologiquement sentent qu'en fait ils passent beaucoup de temps à se faire des lavements il y a comme une forme d'addiction comportementale et en effet ça c'est des risques où en fait tu ne peux plus te faire pénétrer sans poppers ou tu ne considères plus du tout la possibilité d'une sexualité sans poppers ou sans être un peu alcoolisé ou très alcoolisé ou sans drogue etc quoi Alors, satisfaction entre un peu alcoolisé et un peu de poppers et ivre mort ou ivre morte et avoir un masque à gaz avec une bouteille de poppers intégrée. Donc, après, on peut aussi considérer ça comme une réponse pragmatique et relativement pertinente à quelque chose qui est intériorisé. Une société hygiéniste fait qu'on a une vision, que ce soit sur… la santé anale, l'anus, qui serait sale, et donc il faut qu'il soit propre pour l'utiliser à autre chose qu'évacuer les selles, alors qu'objectivement, le microbiote oropharyngé est beaucoup plus large que la flore intestinale, et qu'on ne se fait pas un bain de bouche avant de faire la bise ? Et de la même façon, quand on intégrise des choses qui nous bloquent, trouver un moyen de se débloquer, même si c'est un outil artificiel, à partir du moment où les risques sont maîtrisés, et là, en l'occurrence pour le popper, sa consommation ordinaire présente très peu de risques. Et ça, c'est une étude qui le dit. On peut peut-être finir là-dessus. C'est que, juste de dire, il y a une étude indépendante qui a été demandée par le Royaume-Uni, et qui a montré que si tu compares le poppers avec d'autres substances, c'est une des moins dangereuses. C'est pour ça que toi, tu peux dire qu'elle a des risques limités, c'est ça ? Exactement. C'est-à-dire que la consommation ordinaire du poppers, c'est-à-dire une ou deux inhalations profondes de temps en temps, le temps de… en fonction des effets recherchés sur un temps relativement court, finalement un rapport sexuel ce n'est pas non plus une semaine d'affilée, ça présente peu de risques, en tout cas moindre que par rapport aux consommations d'autres produits qui ont des effets psychoactifs et notamment l'alcool et compagnie. Donc en consommation par inhalation en dose modérée sur un temps relativement court, ça ne présente pas de risque majeur pour la santé, que ce soit à court terme donc les effets dont on parlait tout à l'heure c'est vraiment relativement rare et puis en plus c'est très court dans le temps il n'y a pas de séquelles et les effets à long terme de la même façon on a supposé que le Popper entraînait ceci ou cela et en fait quand on regarde avec un oeil critique les études on se rend compte que pas du tout en tout cas pas de manière fréquente c'est de manière très rare Ok. On va continuer dans les épisodes suivants. D'autres questions. Est-ce qu'il y a des poppers plus adaptés à certaines situations ? Pourquoi j'ai si mal au crâne et ça me donne la migraine ? Est-ce qu'il y a des façons de consommer le poppers où je ne me tape pas un énorme mal de crâne ? Plusieurs auditeurs ont parlé de perte d'érection. Un auditeur me dit « Ah, liquide jaunâtre qui coule de mon nez ». WTF ? What the fuck ? D'autres auditeurs demandent si le popper, ce n'est pas une pente glissante vers d'autres drogues plus dures. Quel est l'impact psychologique ? Est-ce que je peux devenir accro ? Ça, on a déjà répondu. Est-ce que je peux perdre le contrôle ? Est-ce que c'est dangereux si mon partenaire dans la chambre en consomme lui, mais moi pas ? Des auditeurs parlent de troubles de la vision, se demandent si ça peut faire choper des maladies. Quelqu'un demande si on sait s'il y a un impact sur la fertilité. Quid des animaux de compagnie ? C'est vrai ? Est-ce que quand tu es dans ta chambre et que ton chat n'est pas loin, effet qui diminue quand le cœur s'habitue, le corps s'habitue ? Est-ce que si je prends du popper sur le long terme ? Et on parlera après, moi j'ai quand même envie, ça me passionne, que tu nous racontes un peu comment tu as relu toutes ces études, ces articles, qu'est-ce que tu as découvert ? Et notamment que le poppers, c'est un médicament inventé au XIXe siècle. J'aimerais que tu nous racontes un peu d'où vient le poppers, comment il a été créé. Est-ce que ça te va, Florent ? Si tu dis non, je me mets à pleurer.

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