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En vrai, t'es stressé ? T'es en comment, là ? Non, là, ça va. De fait, on m'a recommandé de parler un peu vite. Je fais une reconversion de conseil commercial. Et on m'a dit, oula, Yann, tu parles trop vite, il faut que tu articules et respires avant de parler, ça sera mieux pour toi. Et je pense qu'ils ont raison. Donc, il faut que j'arrive à... Je suis quelqu'un de speed en temps normal, c'est pour ça que... Non, mais sois comme tu es. Ok.
Parce qu'en fait, je pense que ce n'est pas possible d'essayer de se livrer et de s'interdire d'être soi et de modifier, tu vois. Si personne ne comprend rien, je vais... Moi, je te le dirai. L'addiction, voilà, ouais. Moi, si je te... Si tu n'entends pas ou tu ne comprends pas. Attends, mais là, c'est trop drôle. Enfin, trop drôle. Tu sais, j'ai un autre podcast sur la psychanalyse. Oui. Tu as entendu ce que tu viens de dire ? Non. L'addiction ?
Tu parlais de diction. La diction, oui, en deux mots. Mais c'est notre sujet. Oui, c'est vrai, c'est totalement le sujet, c'est le sujet total, oui. C'est notre double sujet, c'est la diction et apparemment c'est aussi la diction. La diction pour parler, ouais. Pourquoi c'était important pour toi de participer ? Tu m'as envoyé un message en disant « je suis chaud bouillant ». Ouais, je... En fait...
C'est le concours circonstance qui fait que j'étais vraiment à bloc, je t'ai dit le mot à bloc, je me souviens. Mais c'est très agréable, c'est chouette, pour moi en tout cas. Parce que, voilà, avant d'entamer quelque chose d'un peu plus stressant, donc le plateau taillé que je vais faire tout à l'heure, là je te vois avant, donc en fait ça me permet de faire une récap tranquille, quelque chose qui me plaît. Tu sais que j'étais prêt à payer mon billet d'avion pour te voir, ou du moins de train, de me démerder, et au final...
C'est parfait, c'est idyllique. Donc, j'étais content de te voir de cette manière-là. Oui, parce que du coup, c'est la télévision. C'est la télé qui paye quand on se voit. Et toi, c'était quelque chose qui... Pourquoi c'est important pour toi ? Alors, par exemple, la télé, elle va faire un grand public qui ne concerne pas forcément les homosexuels, qui vont concerner peut-être des voyeurs, des gens qui veulent voir. Bon, je ne suis pas sûr que ça aidera peut-être pas quelqu'un, alors qu'avec toi...
Je sais qu'il y a des gens qui sont en recherche ou essaient de trouver des réponses dans leur sexualité. Et mon témoignage va viser les bonnes personnes. Ça, ça me plaît. Moi, quand j'ai écrit le bouquin, ce n'est pas pour faire du fric, parce que je suis plus en déficit qu'en bénéfice. Mais avec toi, je peux aider les gens. Le but, c'est que je reçois un jour un message. Voilà, grâce à ton bouquin, ça m'a aidé à y voir un peu plus clair. Et du moins, j'ai envie de m'assortir. J'ai eu quelques témoignages comme ça déjà. Super !
Tu donnes le titre de ton livre ? Ma vie en poudre. Donc, les éditions... Non, c'est une filiale d'Armatan, mais sinon, c'est les éditions Les Impliqués. Et alors, ils parlent de quoi, ton livre ? Parce que là, depuis le début, on sous-entend quelque chose, mais... Alors, ça parle de l'addiction au chemsex. Que toi, t'as vécu. Que j'ai vécu. Donc, je suis tombé... J'ai pris du... De mes 23 à mes 29 ans...
J'étais totalement de ma première prise à ma dernière prise. Comment je suis tombé dans l'addiction, comment j'en suis sorti et quels ont été les déclics pour m'en sortir. C'est vraiment de ça que je voulais communiquer. J'ai un ami qui, grâce à mes démarches, est sorti de l'addiction.
Et je me suis dit, si j'ai pu en aider un, je peux peut-être en aider d'autres. Et c'est là où j'ai voulu écrire. Ça a mis trois ans quand même d'écriture. J'étais très mouvant en orthographe. J'ai des amis qui m'ont recorrigé. Ils m'ont dit, mon Dieu, mais... C'est vraiment... C'était un process, quoi. Ouais, voilà. Je ne suis pas quelqu'un qui écrit facilement en temps normal. Est-ce que tu peux me raconter...
Comment on tombe dans l'addiction autour de ça ? Donc déjà, le chemsex, c'est de ce que j'ai compris. Moi, je n'ai jamais essayé. En fait, je n'ai jamais essayé parce que j'ai peur des drogues. Je n'ai pas essayé parce que je n'ai pas envie d'essayer. Mais en fait, j'ai toujours eu une angoisse super forte de perdre le contrôle, sauf avec l'alcool.
Je comprends. Ou là, du coup, peut-être que je suis plus habitué ou c'est peut-être plus socialisé, tu vois. En tout cas, moi, j'ai trop peur. Mais de ce que j'ai compris, c'est j'utilise des drogues pour avoir une sexualité augmentée. Des drogues qui vont impacter comment je ressens le toucher de l'autre, comment je ressens l'autre. Ça, ça va toucher mon empathie, ça va toucher ma...
Capacité à ressentir les caresses, etc. Ça va peut-être impacter mon éjaculation, ma jouissance et ça va me permettre, j'ai aussi lu des articles sur le marathon à la performance. Et le souci, c'est qu'en fait, l'addiction arrive le moment où on ne peut plus faire de sexe sans sexe.
Et où, à force de prendre beaucoup de drogue, on en a besoin toujours plus, ou en tout cas, on n'arrive plus à faire un sexe sans. Et aussi, apparemment, les dangers que j'ai cru comprendre, après tu pourras compléter, c'est du coup, comme tu perds pas mal de ta conscience, tu peux être abusé. Il y a des viols. Et il y a... C'était quoi l'autre ? Le consentement, peut-être ? Je sais qu'il y a beaucoup de personnes avec le point de consentement.
Moi j'aborde pas trop ce sujet là parce que malheureusement avec la drogue que j'étais toujours consentant et du coup je trouve que même si j'ai fait des choses mauvaises, je pense qu'il y a des personnes qui se font vraiment abuser.
En fait, je crois qu'on a abusé de moi, mais je n'en ai pas conscience. D'ailleurs, j'en parlais peut-être tout à l'heure, mais j'ai une personne qui m'a dit « Mais en fait, on t'a violé en lisant mon bouquin ? » J'ai dit « Non, à quelle page je ne vois pas ? » Et il m'a dit « Mais si, à ce moment-là... » Et c'est vrai que j'étais complètement en J-Hall, donc le J-Hall, c'est quand on perd totalement connaissance. J-Hall ? J-Hall.
Comment ça s'écrit ? Ah, le G et Hall, H-O-L-E, donc le trou du G. Exactement. Et il y a le K-Hall qui existe, j'ai appris ça dernièrement. Le G, c'est une drogue. Pour le GHB. Donc, G-Hall pour le... Tomber en...
Un état d'inconscience avec le GHB et le Kaol que j'ai appris dernièrement, ça avait la même chose mais avec la kétamine. Sur mon petit laïus, c'est quoi le chemsex et c'est quoi l'addiction ? Est-ce que tu as envie d'ajouter des choses ? Non, je pense qu'on est bon, c'est exactement ça. J'ai cru comprendre que, c'est marrant, un article parle de sous-culture gay.
Non, ça ne te parle pas forcément. Donc en tout cas, un problème, un enjeu qui touche énormément de personnes, principalement des hommes homosexuels, dit la science médicale française, dont je me méfie, parce qu'elle n'est pas toujours très au fait. Bizarrement, le phénomène de sous-culturier, je trouve qu'il est très mal adapté, parce que pour moi, culture, c'est quand même quelque chose de positif. Ouais.
Là, pour moi, je parle ça de plus d'un fléau. Moi, c'est comme ça que je l'ai vécu, du moins, je l'ai vécu comme quelque chose de très négatif. Maintenant, je participe à des groupes de parole qui me disent qu'on n'est pas forcément obligé de tomber dans l'addiction pure. Bon, moi, je veux juste alerter sur mon cas à moi, comment ça s'est passé et...
quand même de faire attention à sa consommation. Après, voilà. Oui, en fait, l'addiction n'est pas une science. C'est-à-dire, on ne peut pas dire, après X prises, on est addict. C'est chaque personne qui va être capable de dire, là, moi, je n'ai plus le contrôle. Ou si, si, moi, j'ai le contrôle. C'est comme avec l'alcool, d'ailleurs. Sauf que malheureusement, une personne qui me dit, t'inquiète, je gère.
Moi, c'était la phrase type qui me dit que la personne ne gère plus. À mes yeux. Tu l'as dit, toi. Moi, je l'ai dit. Et c'est marrant parce que quand on dit « moi, je gère », on n'a même pas dit le mot qu'on était drogué. Et c'est quand j'ai réalisé, quand j'ai verbalisé le mot « je suis drogué » que du coup, ça a pu permettre du coup la...
Une prise de conscience, tout simplement. On reprend chronologiquement. Tu te rappelles comment tu rentres dans la drogue ?
plus je prenais de drogue. La première fois, c'était une personne qui m'a proposé du GHB, et j'ai accepté. En soirée ? Non, toujours en pancule, en fait, dans un mode de chemsex. Donc, c'était ton compagnon, vous étiez dans un couple ouvert ? Oui, exactement, on était en couple libre, et du coup, on me propose ça, j'ai fait ok...
Et puis, j'ai rapidement essayé la MDMA. Tu dis OK dans le sens... C'est très naïf. Ouais ? Oui. On tente, on essaye. On essaye. Je crois que c'est souvent assez partagé que les drogues dures, c'est dangereux. C'est un peu un truc automatique, non ? Après, j'avais 23 ans.
Aujourd'hui, j'en ai 35. Ça remonte à un petit moment. Je pense qu'il y a eu ce petit côté naïf. Le GHB, c'était la drogue du violeur. Là, la personne me dit, si je t'en mets à peine, tu auras des bons effets. T'inquiète pas, c'est pas du viol. De toute façon, j'étais consentant. J'étais avec une personne safe que je connaissais dans un appartement. T'avais envie de t'amuser. C'était plutôt positif ?
On peut essayer. Essayons, quoi. Et tu le connectes, toi, à la situation, à la santé de ton compagnon ? Tu déprimais, t'avais envie ? Après coup, je le vois comme ça. Parce qu'avec le cancer de mon compagnon, quand ça a été verbalisé, dit que c'était un cancer, je...
Il n'y avait plus de communication sur ce sujet-là. C'est-à-dire que quand il y avait le doute sur la maladie, on communiquait, on avait un stress commun. Par contre, dès qu'il avait commencé les chimios et d'autres traitements, lui s'isolait. Il avait besoin d'être quelqu'un qui jardinait, qui avait besoin de se recentrer sur lui-même. Ce que je peux comprendre totalement, c'est logique.
Sauf que moi, je me retrouvais seul à ce moment-là. Et moi, je stressais à ce moment-là et je ne parlais pas non plus de ça. Et donc du coup, comme j'étais quand même de nature à faire pas mal de plan cul, j'étais quand même open là-dessus, je savais ce que je pouvais faire de mieux. Voilà, j'augmente un peu mes consommations de sexe et je tombe en plus sur le GHB qu'on me propose à ce moment-là.
Et en plus, moi je te comprends, j'ai de l'empathie, parce que je vis ça aussi, je trouve que le plan Q me déconnecte de mes stress, le sexe est agréable quand ça se passe bien. Exactement. Donc tu vas là-dedans, et puis de la première drogue, on t'en propose une autre, c'est toujours cette même personne ? Non, c'est une autre. Tu comprends pourquoi les gens initient d'autres personnes ?
J'ai initié énormément de personnes, j'ai honte de le dire, mais en fait, le produit nous trompe beaucoup. On en prend, on gère, on pense gérer. C'est toi, juste tu parles en ton nom ?
Je parle à mon nom, mais je pense que c'est un petit peu général. Du moins, ce sentiment est assez général. On passe un bon moment. Si je découvre demain une marque de bière qui est vraiment très, très bonne, j'ai envie de la faire partager. Je dis tiens, je te paye un coup. Le goût de cette bière est vraiment bon. C'est un peu pareil. On passe un bon moment avec ce produit-là. On ne voit pas forcément le danger. Je pense que tout le monde est un peu dans la naïveté.
Parce que tout le monde découvre un peu, tout le monde dans cette découverte. Et du coup, on a envie de partager quelque chose qui nous fait du bien. C'est un peu humain. Et en plus, on baisse un peu des barrières. Moi, je n'avais pas vraiment conscience que c'était de la drogue. Je ne sais pas comment dire, mais j'avais vraiment une petite naïveté là-dessus. Peut-être lié à l'âge, mais je ne sais pas.
Sans dire, parce que je sais que tu ne veux pas dire des lieux, et tout en protégeant ton anonymat, est-ce que ça se passe où ? Ça se passe en France ou pas ? Oui, ça se passe en France et je l'ai remarqué en Europe.
Non, c'est plutôt les grandes villes quand même. Toi, c'était dans une grande ville ? Dans une grande ville, oui. T'inities quelqu'un parce que t'es dans la joie de partager une bonne expérience. Exactement. Tu vois pas le problème ? Non, je vois pas de mal.
Ça me fait du bien. La personne est là. Tiens, j'ai envie de partager. En plus, les barrières sont un peu cassées grâce au produit. Et puis, est-ce que si tu as un rapport sexuel avec quelqu'un qui n'est pas sous drogue, mais toi, tu l'es, est-ce que c'est moins sympa pour toi qui est sous drogue ? Ce qui est bien avec la drogue, c'est que quand les deux personnes ont pris de produits, on est plus connectés.
Enfin, c'est-à-dire que les barrières des deux individus se tombent. Et du coup, il y a une alchimie qui se crée, qui est propre à la drogue, qui est vraiment bonne. Et donc, du coup, s'il y a une personne... Je l'ai remarqué, il y a des personnes dans les partos qui ne voulaient pas prendre de produits. On voit bien qu'il y a une barrière qui se fait entre eux et nous. Du coup, il y a aussi peut-être dans l'initiation un enjeu pour ton propre plaisir ?
Si l'autre a aussi les barrières à baisser... Oui, mais je n'ai jamais forcé à quelqu'un d'en prendre. J'ai toujours proposé. Et comme les gens me font facilement confiance, je pense que j'ai un esprit persuasif assez fort. Je suis quelqu'un de même dans le... Surtout dans le cul où je suis assez directif.
sans être domi mais surtout assez directif donc je dis tiens on fait ça et tout les personnes se sentent en confiance surtout que ce qui est bien aussi c'est que j'étais on m'a initié à la drogue de cette manière là et du coup j'ai initié les personnes à cette manière là c'est tel produit c'est telle provenance moi j'ai mon produit je te le garantis
Voilà, ça va te faire tel effet pendant tant de temps. Le lendemain, ça te fera tel effet. Donc en général, ce sont des effets négatifs le lendemain. Je te t'appellerai pour savoir comment tu vas, je te rassurerai. Et moi, je te rassurerai en cas de service après-vente.
Ah oui, tu mettais en confiance les gens. Je mettais en confiance les gens parce qu'on m'a initié comme ça et que je trouvais ça normal. J'avais une sorte de bienveillance et j'ai toujours fait ça avec bienveillance. Et là, du coup, on ne peut plus trop se dire naïf. À ce moment-là, tu n'alertais pas les gens sur la réalité d'une drogue dure. Non, parce que j'étais toujours naïf puisque la drogue me trompait à moi-même.
J'étais toujours aussi naïf. Réellement, pendant trois ans, j'étais dans le mode découverte des produits. Je n'ai pas vraiment ressenti le danger, ou peut-être vers la dernière année de ces trois ans. Mais concrètement, deux ans et demi... En quoi la drogue te trompait ? En fait, je pense que moi, je viens d'un milieu privilégié
Dans lequel j'ai été, mais vraiment, drogue dure égale danger, danger. Moi, ça n'a de cesse de clignoter dès qu'on emploie le terme. Je ne sais pas comment ça m'a été transmis. Ça me l'a été, mes parents ne m'ont jamais parlé de drogue. Et il me semble entendre que ça n'a pas été ton cas. Toi, tu n'as jamais attribué la drogue dure à danger, danger, danger. Bizarrement, j'ai été...
Ces drogues-là venaient de sortir aussi. Ce n'était pas quelque chose d'anodin. Pour moi, la drogue dure, c'était l'héroïne. Ce n'était pas forcément ça. Le truc aussi, c'est que justement, en véhiculant ce style d'information, en disant « attention, c'est très dur, tu en prends une seule fois et tu accrois à vie »,
et j'en prends, et je vois qu'en fait ça m'ouvre des horizons, et je me sens beaucoup plus détendu. Moi je pensais que la drogue, ces drogues, correspondaient un peu comme à l'alcool, où on perd tous ses moyens, où on est complètement dans le flou, alors qu'il y a certaines drogues, dont la MDMA, celle-là je la cite parce que j'ai aucun souci, c'est difficile, il faut un dealer pour en avoir et tout, c'est plus ces drogues de synthèse que je n'ai pas envie de citer, même si tout le monde les connaît. Mais la MDMA par exemple,
elle exacerbe son ressenti du toucher on a un sentiment amoureux qui sort ça tronque notre réalité mais on est totalement conscient moi quand je pensais qu'on prenait de la drogue on était complètement le fou complètement voilà on imagine c'est méchant de dire ce mot toxico parce qu'il est quand même fort mais on imagine la personne un peu épave comme ça alors que
Pas du tout. Et moi, quand je voyais ces gens-là, je me dis que ces gens-là, ils ne servent pas à contrôler, ils n'ont rien à voir. Donc là, on est dans les premières années où tu es initié, tu inities d'autres gens, tu as un narratif et tu crées une histoire et ça fonctionne bien parce que tu as l'air d'avoir des rapports sexuels sous drogue.
qui te font kiffer au début. Protégé aussi, parce que je suis une génération où vraiment la capote était très importante, et j'étais assez conscient pour gérer les préservatifs et gérer un peu tout ce qu'il y a à gérer. Donc ça avance bien. Est-ce que tu as des rapports sexuels sans drogue aussi, pendant cette période-là ? Oui, oui. Pendant cette période-là, oui.
À partir de quel a été le déclic de la chute ? Pour mon cas, et c'est vrai que le cas est légitime puisque c'est un choc, c'est le décès de mon copain. À partir du moment où il a décédé, donc à mes 26 ans, là, je n'ai pas pris de drogue pendant un mois parce que je n'avais plus envie de rien. De toute façon, j'étais très triste. Et là, je...
Quand j'ai recommencé à prendre des produits, c'était d'une manière beaucoup plus cloque, sombre. J'aimais beaucoup les lieux de drague avant, mais là, je traînais que dans les lieux de drague. Alors, les lieux de drague, moi, ça m'a rassuré. Mon hôtel est toujours un milieu un peu rassurant pour moi. C'est quoi un lieu de drague ?
Un lieu de drague, c'est donc un lieu comme une aire d'autoroute, par exemple, où les gens se rencontrent et les toilettes publiques. Je sais qu'à Paris, il y a, je crois, le Jardin des Tuileries, je pense. Mais donc, il y a des aires d'autoroute autour de là où tu habites. C'était un bois, c'était un bois qui était un lieu de drague qui était très réputé, où il y avait énormément de monde. Et pour dire un peu le truc, quand mon père a décidé, quand j'avais 20 ans...
Et quand je travaillais dans la restauration, quand je sortais du travail, j'étais pas de bonnes idées, et j'allais dans ce lieu de drague, pas forcément pour baiser, mais juste pour être seul. J'étais sur un banc, je voyais des gens défiler, il n'y avait aucun autre lieu, peut-être à part un bar, et encore, ça ferme à trois heures.
où je pouvais être là à un banc sans que personne m'embête ou du moins essayer de voir s'il y a une clope ou essayer de draguer un petit peu mais pas forcément et puis si j'ai envie de consommer je consomme ou si j'ai pas envie j'ai pas envie mais c'était un contexte un peu pour moi bizarrement social en fait tu te retrouvais avec des gens parce qu'à ce moment là t'avais pas de potes gays avec lesquels tu pouvais te retrouver t'avais pas un cercle d'amis si mais alors je pense qu'avec ces coups durs on a envie de s'isoler moi j'avais besoin de m'isoler bizarrement
pour les deux décès alors le deuxième décès de mon compagnon qui s'appelait Michel là était un peu plus complexe parce que je prenais donc des produits
Je consommais énormément de sexe, énormément de personnes, et je m'isolais de ma manière où je baisais, mais je ne parlais avec personne. Donc je voyais beaucoup de personnes, j'avais 10 personnes autour de moi, dans une partouze, mais je ne faisais que du sexe et je n'avais aucun contact social de discussion pour pouvoir parler de mon mal-être, quoi que ce soit. D'ailleurs, je n'en parlais pas.
C'était... Je tronquais la réalité. Ma réalité, je m'offrais une parenthèse totalement. Comme tu m'as dit, quand je parlais de mes 23 ans, mes 26 ans, la consommation augmentait. C'était une pente plutôt douce. À partir du décès, là, ça a été...
J'ai consommé énormément de drogue. Mais ça a toujours augmenté ? Là, ça a toujours augmenté. Pourquoi ? Augmenter, ça veut dire ? Augmenter en quantité, augmenter en heures de sexe et augmenter en désociabiliser. Est-ce que c'est parce que notre cerveau s'habitue ? Donc la dose qui avant te faisait surkiffer, il faut l'augmenter pour avoir le même niveau de kiff ?
Oui, mais indirectement, je pense que ça allait avec mon mal-être. Mon mal-être était tellement fort qu'il fallait une bosse de cheval pour pouvoir arriver jusque là. En revanche, au début, quand ça se passait bien... C'était beaucoup plus light. C'était plus light, mais ça augmentait quand même. Ça augmentait quand même. Pourquoi ? Parce que quand ça augmentait, petit à petit, quand je voyais l'état de mon compagnon qui faiblissait, qui lui aussi, ça lui faisait du mal...
Un moment très dur que je dis dans le bouquin où il faut mettre un fauteuil roulant pour se déplacer. On ne dirait pas, mais c'est un cap émotionnel extrêmement fort pour lui, pour moi aussi.
c'est très très dur l'image la plus dure que je peux donner je veux pas tirer l'alarme aux gens moi je pleurais sous la douche pour pas qu'il m'entende pleurer quand on arrive dans ces moments là j'avais besoin d'extérioriser rapidement mon stress
Je suis quelqu'un qui fait du sport, je cours. Là, je pense que j'aurais dû courir trois marathons pour pouvoir arriver à cet état de relâchement qu'en une soirée, avec quelques produits, je pouvais atteindre. Il y a une autre forme de déconnexion qu'on appelle pas « drogue », mais qu'on appelle « drogue » en anglais, « drug ».
qui est plus accepté par la société, c'est les antidépresseurs. Est-ce que tu sais pourquoi ton chemin n'a pas rencontré cette forme de déconnexion pour permettre de remonter à la surface ? Je compare soit, j'ai dit soit je n'avais pas eu le choix, c'est soit la drogue, soit on m'aurait mis carrément dans une maison de repos déconnecté avec des antidépresseurs, je pense. Et pourquoi ce n'est pas ça qui s'est... C'est une autre chemin de vie qui s'est proposée à moi.
Mais tu avais des préjugés négatifs ou tu n'étais pas à l'aise d'aller chercher une forme d'aide ? Je ne voulais pas avoir de psychologue. Pourquoi ? Parce que, bizarrement, ce décès m'a isolé. Je me suis isolé. Je me suis isolé. Trop dur. Oui. Et puis, la suite logique était quand même que la direction allait dans ce que je faisais de mieux, comme je faisais des plans cul.
C'était plus facile de se diriger de ce côté-là que je pense du côté de... C'était peut-être une suite logique, je pense, qui s'est passée. Et puis, aussi bizarre que ça puisse paraître, j'affichais un visage plutôt positif à mon entourage pour pas qu'ils s'inquiètent.
à mes collègues de boulot. J'ai certains collègues de boulot qui ont lu mon bouquin entre-temps et qui m'ont dit « mais je n'imaginais pas que tu étais aussi mal ». Et c'est vrai que même moi, avec le recul, c'est toujours pareil, quand on est au fond du trou, on ne réalise pas forcément qu'on est au fond du trou. C'est une chute violente pour la deuxième partie ou après le décès, mais que je n'avais pas forcément conscience.
Michel, ton compagnon, est-ce qu'il sait comment il a eu le cancer du poumon ? C'est ça qui est bien cruel. Il ne buvait pas d'alcool, il ne se droguait pas, il était sportif. Esprit sain dans un corps sain et pourtant, la roulette. Pas de cigarette ? Non, même pas. C'était un peu le préjugé que j'avais et qui était aussi lié à l'addiction. Rien du tout. À quel moment...
Tu touches le fond pour commencer à remonter ? Alors, je pense à ce fait en plusieurs parties. Donc, on est à mes 26 ans, il vient de décéder. Je pense qu'à mes 27 ans, j'ai une prise de conscience. Je parle d'une prise de conscience seulement. Donc, comme je fais des choses un peu plus...
Sale, je dirais. Je sais que tu allais demander. Sale, je pourrais revenir un peu plus glauque, où je m'anesthésiais tellement le cerveau que je ne réfléchissais même pas avec qui j'allais. D'ailleurs, c'est là où il m'est arrivé d'avoir pris une grosse dose de GHB, de me réveiller avec un mec qui me baise sans capote.
Le truc que moi, j'ai toujours été... Les capotes, c'était... D'ailleurs, le seul mot que je prononçais dans les deux dragues, c'était capote, quoi. Parce que j'avais pas envie de parler. On se comprend avec le langage du corps. Et le seul moment, c'était capote pour dire, il faut mettre une protection. Mais là... Réveiller, ça veut dire quoi ? J'ai fait un genre de... Blackout. Voilà, un blackout, exactement. Un petit, quand même, je dois le reconnaître. Un G-roll. Un G-roll, mais petit. Pas un énorme où, vraiment, j'ai vomi et compagnie. Je me réveille, là.
J'étais dans un bois juste avant et je me réveille dans une chambre d'hôtel. Donc là, il y a ça qui se passe. Le mec me baisse. Là, il y a un problème. Donc voilà, ça fait partie des choses pour moi qui sont un peu... Premier déclic. Alors ça, c'est pas un déclic. Là, c'est ce que la personne me considérait comme un viol. Elle me dit « Bon, t'as violé. » Moi, concrètement, je suis venu en voiture. J'ai pris la voiture pour aller jusqu'à l'hôtel avec du GHB, ce qu'il ne faut surtout pas faire, je préviens.
si j'étais consentant quand même pour le sud dans la chambre d'hôtel sauf que j'ai aucun souvenir du trajet c'est quand je suis descendu de l'hôtel que j'ai vu ma voiture en bas de l'hôtel que j'ai dit ah c'est bizarre mais là non non pour moi tout ça c'était normal cette déchance était vraiment était vraiment normal le premier déclic a été que du coup je lui prends un traitement de 48 heures un TPE pour pendant un mois
suite à ça pour pas être affecté par le HIV suite à ça je continue je vais au sauna je propose des produits à une personne et le mec il me dit je te baisse en capote et moi je dis oui, truc que j'ai jamais fait je sais même pas pourquoi j'ai dit oui et il me rebaisse en capote du coup je retourne à l'hôpital pour prendre un traitement de 48 heures
Le docteur ouvre le dossier, il me dit « Non mais là, je vois que vous en terminez un, je ne vous explique même pas le protocole. Vous savez, monsieur, ce n'est pas des bonbons, il faut vous calmer. » Et c'est là la première étape, c'est là où je verbalise, je pleure, je chiale et je dis « Je suis drogué. »
Et je pleure parce que je réalise mon état. Et là, je comprends que je suis drogué. Tout avant, à chaque fois, je disais « je gère, je gère ». Et là, j'ai compris que c'est depuis longtemps que je ne gérais plus. Et je me suis dit « ça, c'est une première étape ».
De plus, pour agrémenter un peu l'histoire, je sors de là et je suis très bouleversé. Vous imaginez qu'est-ce que je vais faire ? Je prends un peu de jet et je repars au lieu de drague. Et là j'enchaîne les mecs, je fais des choses qui vraiment ne sont pas ma sexualité, je fais n'importe quoi.
Je rentre chez moi, j'avais un pneu crevé. La totale, j'ai eu la totale. Je perds mes clés aussi. J'ai frappé parce que ma mère était chez moi actuellement et c'est ma mère qui m'a ouvert. Donc couvert de boue, un état complètement drogué, les joues creuses, les lèvres violettes par le poppers...
Un visage de Picasso, quoi clairement, ce n'était pas possible. Et là, la voyant, le regard de ma mère sur moi, j'ai compris que là, je foirais. Alors, c'est un déclic. J'ai verbalisé que j'étais drogué. Je vois ma mère qui me regarde dans un état comme ça. Là, le déclic, on ne peut pas faire autrement. Je l'ai. Mais est-ce que j'ai envie de me sauver ?
Pas forcément. Oui, parce qu'en fait, si je t'entends bien, tu mets en évidence que ton système qui t'a sauvé jusqu'à présent, qui t'a permis de débrancher le cerveau qui tournait trop, qui t'a permis peut-être de vivre toute cette situation très difficile et la mort. Et là, en fait, ce système-là, il ne fonctionne plus pour te protéger. Là, ça allait trop, trop loin. Et je réalise maintenant que ça allait trop loin. Mais...
Je sais pas si j'ai envie d'en parler, mais c'est peut-être un peu tôt pour toi. Je vais te partager une opinion. En fait, si je te dis que tu me proposes de faire quelque chose, si je te dis que je t'ai donné mon consentement...
en venant, mais que je ne me souviens pas et que je ne suis pas d'accord avec ce qu'on a fait, je ne t'ai en fait pas donné mon consentement. Même si certains gestes, il y a des oui qui sont des non. C'est pour ça qu'actuellement, moi, je vais être franc, je ne me mouille pas trop dans ce sujet-là. Parce que j'estime que moi,
Du moment où je prenais des produits, et je parle bien pour mon cas, tout ce qui est arrivé derrière, je l'assume. Parce que déjà, j'ai une relation avec la drogue où j'ai toujours eu de la culpabilité. Le lendemain, j'étais en énormément de culpabilité, mais j'assume ce que j'ai fait.
Pour te donner un exemple, en fin de soirée, il y a un mec qui est toujours disponible, il était très âgé, pas très beau, une bonne ville, je reconnais, et donc je le faisais venir, et je le suce en fin de soirée complètement défait. Et un jour, je le suce, et puis il remonte sa braguette et il me dit « toi, tu finiras mal ».
je trouvais ça très cruel de me dire ça après s'être vidé les couilles c'est trop facile moi j'aurais fait l'inverse j'aurais dit attention je trouve que t'es sur une mauvaise pente je pense que le plan qui on va mettre ça de côté pour l'instant mine de rien ça a été un déclic aussi mais je trouve que
Donc là, pour l'histoire du consentement, c'est très discutable. Mais moi, pour mon cas, je trouve que j'ai toujours assumé ce que j'ai fait. Et puis, il faut dire aussi qu'à l'inverse, je gérais mes propres produits. C'est moi qui prenais les produits. De moi-même, je les achetais, je les gérais. C'est limite moi qui en donnais aux autres. Et les personnes, si j'en avais plein, parce que je faisais aussi le service après-monte, j'expliquais énormément de choses. Si je devais faire quelque chose avec toi et que je te donnerais des produits, j'expliquerais tous les aboutissants.
voir nos pratiques. J'imagine que nos pratiques ne changeront pas trop ou iront un peu plus loin, mais elles ne déborderont pas. Je suis quand même quelqu'un de très bienveillant.
Je pense pas que tu pourrais... Enfin, j'aurais dû... Ça s'est jamais arrivé, je pense. Personne n'est venu me reprocher, me dire « Écoute, là, ça allait trop loin, je regrette. » Moi, je suis pas d'accord avec toi. Mon opinion, c'est que le consentement, c'est quelque chose de vivant, qui est à la charge des deux parties. Donc en fait, déjà, un, ça se reprend. C'est pas parce que je suis venu en voiture et en effet, mon mouvement, mon corps a l'air de dire « Oui ».
Mais en fait, tout le temps, je peux te dire non. Et c'est ta responsabilité, toi, partenaire, de l'entendre. Et deuxièmement, quand je suis dans un état de conscience suffisamment modifié pour qu'en fait, je ne sois plus là. Bah non, en fait, du coup, moi, je suis responsable, quand j'ai un rapport sexuel, de m'assurer que la personne, elle est au courant de ce qui se passe. Je te rappelle que j'étais moi aussi complètement défoncé.
C'est-à-dire que les deux personnes défoncées, c'est ça le truc. C'est que ça va de plus en plus loin. Moi, il y a abus, en fait. Ça va de plus en plus loin dans les deux parties. Moi aussi, j'ai fait des choses où je ne m'attendais pas qu'on allait... J'entends que c'est beaucoup ta culpabilité qui parle. Et du coup, je n'invalide pas ton expérience. Toi, tu navigues la chose. Je donne mon opinion personnelle qui est qu'on est tous responsables les uns des autres. Et du coup, chacun navigue sa culpabilité, ce que j'aurais dû, pu, etc. à faire.
Mais en revanche, pour moi, le consentement, c'est très simple et très clair. C'est à partir du moment où quelqu'un me dit, bien que mes agissements semblent dire oui, je ne me souviens plus et je ne suis pas d'accord avec ce qui s'est passé. Il n'y avait pas consentement et il y a abus. Après, peut-être que moi, si tu me racontes ça...
Peut-être que moi je suis un peu paniqué parce que j'ai pas du tout compris ça et peut-être qu'on est tous les deux dans le remords et on se dit putain on a perdu pied et tout et j'étais peut-être pas pour autant violé parce que j'étais pas dans un état où j'ai su voir etc. Donc il n'y a pas un enjeu de qui est coupable de quoi que ce soit.
Mais pour moi, en fait, le consentement, il est très simple à lire. Et après, du coup, on doit juste faire face au fait qu'on a eu un rapport où toi, en fait, t'étais pas consentant et moi, je m'en suis pas rendu compte. Et après, ça crée une conversation. C'est pas forcément genre toi ou moi, on est une mauvaise personne. Après, pour mon... Mais tu disais, ça se discute. Je comprends vraiment ce que tu veux dire. Ça vient me chercher, ouais. Je comprends ce que tu veux dire. Mais comme... En fait, moi, j'ai pas cette culpabilité de là parce que j'ai toujours fait, j'ai toujours été très bienveillant
en expliquant avant les effets. Je te parle de toi en tant que de cette expérience-là dont tu parlais, où tu dis, on ne peut pas dire viol, on ne peut pas dire abus, parce que j'ai pris ma voiture, alors même qu'après tu dis... Alors oui, là pour le coup je suis d'accord avec toi, parce que quand une personne, alors là je suis d'accord totalement avec toi, quand une personne commence à faire un viol, le jeu s'arrête.
C'est logique. Comment je peux le savoir que la personne... Elle dort et elle ronfle fort en général. J'ai géré beaucoup de personnes... Toi, au moment où tu dis je me réveille et il me pénètre sans capote, il dormait ? Oui. Je me suis réveillé... Ah oui ? Non. Je pense qu'il a...
Je pense, mais je suis presque sûr à 80%, qu'il savait très bien que je faisais un viol et qu'on va profiter. Il avait dit oui avant, maintenant on peut faire ce qu'on veut. Donc là, je suis d'accord. Alors par contre, pour mon cas, moi, de cette histoire-là, oui, je trouve que le consentement, il est quand même très, très, très, très limite. Mais c'est vachement intéressant parce que comme j'ai pris de la drogue, il y a quelque chose d'illégal avec lequel j'ai de la culpabilité, etc. J'ai plus le droit...
de dénoncer, de dire, je ne suis pas d'accord. C'est compliqué. Je pensais que tu me disais par rapport à moi, je pensais que tu disais par rapport à moi, qu'il faisait un service à préventer tout. Là, quand même, je suis quand même assez bienveillant, j'explique tout. Et d'ailleurs, comme j'explique, si la personne en cours de route faisait un viol, le jeu s'arrête, je l'allonge dans le lit, je lui mets un seau, je m'occupe de lui. Il y a beaucoup de personnes qui... Ce n'est vraiment pas mon propos.
D'accord, on n'était pas sur la même longueur. Bon, j'espère que les auditeurs ont compris. Oui, dans ce cas, moi aussi, je me suis senti un petit peu... Je pense qu'il y a plein de gens qui nous écoutent, qui ont fait du chemsex, dont le consentement n'a pas été respecté et où il s'est passé quelque chose. Mais étant donné qu'ils ont pris de la drogue, qu'ils étaient dans un état de conscience modifié, ils ne s'autorisent pas à dire...
En fait, ce n'est pas OK. Et comme j'étais sous drogue, pas je l'ai bien cherché, mais bon, ce que tu as dit, c'est sur ça que je réagis. Ça où c'est le plus fort, comme j'explique, c'est que même le lendemain, je n'avais même pas conscience qu'on m'avait violé. J'ai pris conscience de ça.
quand une personne a lu mon livre. Même quand je l'ai écrit, je n'ai même pas vu cette histoire-là. Maintenant, après coup, je vois que franchement, c'est les limites. Attention, après, quand je me suis réveillé... C'est les limites ? C'est les limites, parce que je l'avais dit. Et c'est la limite, en fait ? La suite de l'histoire. Je pense que ça peut réveiller le... Je me réveille, je me dis, mais tu fais quoi, là ?
Et il me dit, je te baise. T'as mis une capote ? Non. C'est vraiment dégueulasse ce que t'as fait. Voilà ce que j'ai dit. J'ai pris mes affaires et je suis parti. Et c'est là où j'ai vu ma voiture en bas. J'ai dit, putain, mais comment je suis arrivé là, quoi ? Mais j'ai quand même dit que c'était dégueulasse ce qu'il avait fait. Après, j'en ai pas fait toute une histoire parce que j'en ai pas la force, parce que j'étais complètement défoncé. Parce que j'étais comme, oui, tu as raison. Quand on se drogue, on se dit, on doit tout assumer. On doit assumer toutes les conséquences.
C'est ça aussi. Alors, je pense que j'étais tellement anesthésié que j'ai pas eu toutes ces questions-là qui se sont tombées, mais... En fait, la responsabilité du consentement n'est pas... Dans mon cas, moi, n'a pas été respectée du tout. Je suis d'accord. Oui.
Comme de toute façon, j'ai dit, quand je pense qu'une personne fait un giol, on arrête. Quand une personne se sent mal, on arrête. Quand une personne signale là, il y a un souci, on arrête. Le but, bienveillance. Ça arrive souvent. En fait, moi, je n'ai jamais essayé. Donc, il y a des partout, c'est-à-dire, je suis dans un appartement, une maison, une forêt. Il y a plein de gens qui se retrouvent. Je me suis fait... J'ai un auditeur qui me dit, ah, tu...
Il n'était pas du tout agressif. Je ne sais pas pourquoi je le mime agressif. Mais en gros, il disait souvent tu poses des questions, on a l'impression que tu ne comprends rien ou que tu ne sais pas. Tu mimes, tu fais semblant que tu ne sais pas. Du coup, je me permets de clarifier. Parfois, je pose des questions alors que moi, j'ai mon opinion. Mais du coup, mon boulot, c'est plutôt de t'entendre toi. Mes questions ne veulent pas dire je sais ou je ne sais pas. En tout cas, moi, je sais ma version, mais c'est la tienne qui m'intéresse.
Et là, dans ce cas-là, je ne sais vraiment pas. Je n'ai jamais fait de partouze. Moi, ça me fait peur. Apparemment, j'ai peur de tout. Mais en gros, moi, le sexe, c'est un contact avec une paire de yeux. Tu vois, c'est une danse sur laquelle je ne suis pas super total à l'aise tout le temps. Et du coup, moi, il y a plein, plein de corps et de yeux. Je suis là, putain, par où je commence ?
Et puis, l'effet groupe me fait très peur parce que j'ai l'impression d'être au lycée, au vestiaire de sport où tout le monde se scrute. Et puis en plus, et si je ne suis pas pris dans tous les sens du terme ? Et si il y a des gens qui ne viennent pas vers moi, ils sont tous en train de se baiser et puis moi, je suis au milieu en mode, putain, je suis le pouilleux. Mais est-ce qu'on ne prend pas des drogues aussi pour ça ? Pour un peu se détendre ?
Avant la partouze. Sûrement, oui, oui. En tout cas, en fait, je trouve aussi. Est-ce que ça arrive souvent dans une partouze ? Est-ce que c'est fréquent que des partouzes qui aiment sexe dérapent ? Est-ce que c'est à chaque fois qu'il y a une personne qui est en train de ronfler au milieu ?
Dans ton expérience ? Moi, dans mon expérience, oui, parce que c'est moi qui m'en occupais. C'est d'ailleurs une des parties qui m'a énervé. Au début, j'organisais partout et puis j'ai vu que tout le monde s'amusait, sauf moi. Parce qu'en fait, comme j'ai dit, j'ai un tempérament assez directif. Je prends les choses en main et si je vois quelqu'un qui est mal, je vais le prendre en charge et tout. Le lendemain, c'est moi qui nettoyais tout. J'avais quand même installé un sling chez moi. Un quoi ? Un sling, une balançoire pour adultes.
Ah oui, on se met dedans et mes jambes sont écartées, donc on pénètre la personne plus facilement. C'est un peu drôle. Mon appart, clairement, était conçu pour du sexe. Donc, quand il y avait des partout où quelqu'un allait mal, comme c'était chez moi, c'est moi qui le gérais. Et je trouve qu'à la fin, je trouve ça épuisant. Tout le monde s'amuse, sauf moi. Mais du coup, toi, dans ton expérience, presque à chaque fois, en tout cas...
Ça arrivait souvent. Donc les gens sont à peu près tous capables, dans le chemsex, de repérer quelqu'un qui n'est plus là. Bien sûr. Moi, c'est évident. Donc en fait, le consentement, ce n'est pas très compliqué. Oui, bien sûr. Même avant qu'il ronfle, on le voit bien. Là, je suis d'accord. Mais la question est quand même posée et très intéressante. Quelqu'un qui est en état de conscience modifié, quand tu essaies de lui dire « t'es toujours OK »,
C'est compliqué d'arriver à avoir un vrai oui. Un non, un truc comme ça, même si c'est compliqué. Alors après, il y a un truc, je participe à beaucoup de groupes, depuis la sortie du livre, je fais beaucoup de groupes de parole dans les associations et tout ça. Et je vois que les choses ont bien changé. Il faut dire aussi que moi, j'ai arrêté ma dernière prise, c'était il y a six ans.
Ma dernière prise. Mais moi, toute cette histoire, ça remonte à 10 ans à peu près. Et il y a 10 ans, on était tous bienveillants entre nous. Quand on cherchait des partenaires, on les cherchait sur des sites qui étaient des sites hard. Ou en général, dans le hard, on prend souvent beaucoup de produits. Je dis souvent, ce n'est pas une généralité, mais on en prend souvent. Donc du coup, on était entre initiés.
Alors que maintenant, on donne de la drogue assez facilement. J'ai un ami qui m'a dit, il est venu pour un plat en cuit, le gars il dit tiens, il y a un ride sur la table là, si tu veux t'en faire un. Enfin moi, on m'a jamais fait ça, de toute façon c'était pas aussi démocratisé. Le mot camsex n'existait même pas quand j'ai commencé.
Chemsex, c'est chemical sex. Chemical et sex. Chemical pour chimique et sex pour sex, du coup. Comment tu t'en sors ? Alors, premièrement, prise de conscience, comme j'ai dit, de prendre conscience en état. Je ne l'ai pas trop fait. Ta mère te renvoie une image qui, parmi les déclics, s'en est un. Oui, clairement. D'avoir verbalisé que je suis drogué et de voir ma mère, ça, ça a été le déclic. Un déclic pour dire « je suis drogué ». Ça, c'est la première étape.
Moi, ce que je conseille aux personnes dans ces cas-là, c'est de prendre un calendrier et de noter à chaque fois d'une croix rouge, à chaque fois qu'ils font soit un petit rail, donc une petite croix et une grosse soirée, une grosse croix. Tu pourras donner des idées aux autres, mais après, moi, je veux comprendre toi, comment tu t'en es sorti ?
T'allais trop pas bien et soudainement t'as sorti ton calendrier et t'as fait des croix ? Qui t'a donné cette idée ? C'est moi. Tout seul, tu t'es dit, comme il y a un problème, il faut que je comprenne l'état du problème, c'est ça ?
Moi, je suis sur le contrôle, mais je peux prendre des produits. C'est bizarre. C'est un peu particulier. Ah non, pas du tout. Parce qu'on a une gestion du contrôle, peut-être qui est différente. Oui, oui. Non, mais moi, ça me parle beaucoup. Je pense que je suis une personnalité qui peut être tout à fait addict. D'accord, d'accord.
Ah, tu ne veux pas essayer de peur que... Non, mais tu vois, je peux avoir tendance à manger tout le temps la même chose ou à faire le ménage pour me détendre. Et de contrôler mon espace, de contrôler... Moi, je suis extrêmement joyeux dans mon agenda. Sur mon ordinateur, je mets des couleurs, je planifie, je...
Et le lien avec ça, c'est que je pense que mon cerveau aime beaucoup le plaisir, l'endorphine que produit le contrôle. Et du coup, par miroir, le fait de l'abandonner. Donc tu vois, sexuellement, j'aime beaucoup le sexe parce que c'est un endroit où j'ai une chimie dans le cerveau qui fait que je m'abandonne enfin. Que je m'autorise à faire des choses que sinon, dans la vraie vie, j'ai du mal à m'autoriser. Donc je te comprends en tout cas. Et en plus...
Ce qui est un peu masquin avec la drogue, ou le petit mensonge qu'il y a avec la drogue, c'est que ce qui est bien, c'est que c'est une parenthèse. C'est que ça commence et ça s'arrête. En fait, c'est une parenthèse qui se fait, donc du coup, tu te lâches, tu vas dans des extrêmes, et même dans le contrôle, parce que comme je l'ai dit, on est quand même conscient. Tu vas même aller un peu plus loin dans tes horizons, et après tu reviens, et t'en es conscient. On est conscient si on prend une prise, si on sait se doser, quoi.
Parce que le J-hole, c'est trop. Oui, mais surtout que cette partie-là est dans la découverte. Quand on est dans l'addiction, cette partie-là, elle est complètement oubliée. On n'a plus le contrôle et on ne prend plus cette... D'accord. Pour moi, la métaphore, c'est que la drogue, c'est vraiment un ami qui te serre dans les bras très fort et qui, après, te plante un couteau dans le dos. C'est clairement ça que je réalise. Je dis souvent que la drogue est un mensonge, mais pour moi, on se ment à moi-même.
Donc, la première chose que tu fais, c'est sur un calendrier, tu notes et là, tu te rends compte. Je prends beaucoup de drogue. Il y a beaucoup. Parce que quand je dis non, j'en prends très peu et tout, j'ai pris un petit peu. Et à chaque fois, un petit peu, un petit peu. Mais bien sûr. Donc, ça, ça me permettait de... Je l'ai fait. Ça m'a permis de réaliser.
Donc ça, c'est pour réaliser son état. Après, moi, comme je suis dans un état très dépressif, je n'avais pas envie de m'en sortir. Comme je dis dans le bouquin de monge, pourquoi aller sauver une ordure ? Je me considérais comme une ordure parce que je n'avais rien à sauver. Mon copain venait de mourir. J'ai dit, je n'attends plus rien de la vie. Enfin, le seul truc que j'attends, c'est qu'on me rende mon copain. Mais je n'ai
J'attends plus rien de la vie. Et ce qui m'a fait du bien, aussi étrange soit-il, c'est que je suis parti à Barcelone, où il y a des sex-clubs là-bas qui sont très débridés. Les Barcelonais sont d'une nature très accueillante. Et la drogue, peut-être un peu plus déculpabilisée, ils la prennent différemment. C'est un peu bizarre le terme que j'ai employé, mais c'était « très bon enfant ».
Et quand je suis parti là-bas et que j'ai vu ces choses, je me suis beaucoup amusé sous drogue puisque c'était toujours mon processus. Mais j'ai vu que j'avais perdu quelque chose. C'est-à-dire qu'au début, c'était bon enfant à moi aussi. C'était quelque chose d'encore de joyeux. Dans les découvertes, c'était encore bien. Que là, j'étais tombé dans une routine lugubre et qui ne m'apportait rien et qui était triste et qui était destructive.
Donc à Barcelone, c'est lugubre ou à Barcelone, tu reconnectes avec la drogue joyeuse ? J'ai de la drogue joyeuse à Barcelone et je contraste avec ma ville où concrètement, c'est lugubre. Et là, je me dis, là...
Il y a quelque chose qui a foiré. C'est un peu comme si j'étais revenu dans le stade découverte et que du coup, je réalise qu'en fait, en France, ce n'est plus le même cas. Du coup, je rentre. Pendant ce voyage, je rencontre un grec dans une partouze.
Je rentre en France, tout va mal. J'ai des problèmes notariés pour la maison de Michel. J'ai mes congés qui sont refusés, j'ai mon crédit qui a été refusé. Il n'y a plus rien qui va. C'était l'hiver, il pleuvait, j'avais des trous dans la maison, donc il pleuvait, je mettais des seaux. On pourrait imaginer le plus mauvais des scénarios.
Et là, le grec me dit, c'est pour l'été, c'était au début de l'été, ce n'est pas l'hiver, mais il devait quand même pleuvoir. Il me dit, tiens, est-ce que tu veux venir en Grèce ? Comme je n'avais plus rien à perdre, je suis allé rejoindre ce couple en Grèce que je n'avais connu qu'une seule fois en partouze. Un truc un peu complètement inconscient.
Donc c'était pas un grec, c'était deux grecs ? C'était un grec et son copain était brésilien. Mais voilà, j'arrive là-bas, première soirée ça se passe bien, la deuxième soirée, donc on baisse un petit peu, il y a de la MDMA, tout est parfait. Sauf que là, du coup, il y a un couac, le brésilien est jaloux, il se dispute devant moi, il se bat devant moi. Moi j'ai dit, vous inquiétez pas, je prends un hôtel, je me barre, on va pas foutre la merde. Et du coup, comme je suis tout seul, je suis parti à Mykonos.
Autant faire toute chose bien. Il connu pour être... Indilogué, exactement. Ça m'a plu, mais c'était bien. Mais ce qui m'a beaucoup plu, c'est la sensation où vraiment, j'avais une aventure. C'est-à-dire que là, il y a eu peut-être de la MDMA, mais ce n'est pas ce que je retenais de ce voyage. Il y a eu vraiment une aventure que j'ai pu donner.
Je suis quelqu'un qui aime beaucoup l'aventure. Si j'aime le drague, ce n'est pas pour rien. Il y a quand même un petit côté. On ne sait pas sur quoi on va tomber. Et donc, avec les produits, j'ai amplifié ça. Et là, je vais dans un pays où on connaît des gens que je ne connais pas. Ils se battent. Je m'exile. Je prends un ferry pour partir. Je n'ai plus d'attache totale, complètement de lâcher prise. D'ailleurs, je n'ai jamais atteint ce lâcher prise total comme j'ai pu le vivre à ce moment-là. Je rentre en France et là, je me dis...
Le réel a de belles choses à offrir. Je veux me sortir de là. Pour moi, la première étape, c'est la prise de conscience. La deuxième étape, c'est vouloir s'en sortir et comprendre qu'il y a de belles choses dans le réel. Du coup, tu voyages combien de temps ? Ce voyage, je pense qu'il a duré une semaine ou deux. C'était assez court. Comment tu as fait pour...
Tu te reconnectes au réel et tu te dis, tiens, il y a des trucs à faire. Et alors, du coup, on n'est toujours pas sortis d'affaires. Et je rentre et je dis, j'arrête la drogue. Et c'est là où on n'est pas sortis d'affaires. C'est que quand on va arrêter la drogue et surtout quand ça faisait du coup 5 ans, parce que j'ai mis un an pour m'en sortir, je fais de multiples rechutes.
Au début, c'est la volonté qui part, mais la volonté, face à l'addiction, c'est très fort. On ne dirait pas, mais je n'avais même pas conscience à quel point c'était fort. À ce moment-là, tu cherches une aide médicale ? Il y a des addictologues dont c'est le métier ? Oui. Je suis allé voir un addictologue, mais comme je vous l'ai dit, il y a longtemps, le mot chemsex n'existait pas. Et quand je suis allé voir un addictologue, il m'a dit « Non, désolé, on ne vous prend pas. » Alors que maintenant, tous les addictologues vous prennent pour ça, parce qu'ils connaissent le sujet. Mais avant, il m'a dit « Non, tu as une dépendance psychologique, tu es triste, tu prends du Nutella. » Voilà, c'est normal. Ce n'est pas une dépendance physique. Il t'a dit ça ?
Ce n'est pas une dépendance physique comme tu pourrais avoir avec de l'héroïne ou le tabac. Alors, il me dit, tu n'es pas assez drogué. C'est que ça, moi je continue. En fait, il regardait ton calendrier et il regardait les drogues de synthèse. À mes dires, je lui disais. Et il disait que ce n'était pas assez. Il m'a dit, oui, c'est clairement pas assez.
Je n'étais pas assez drogué à ses yeux. Et surtout, pour lui, ces drogues, il ne les connaissait pas, je pense. Surtout qu'à ce moment-là, la MDMA, je n'en trouvais plus. Donc, j'étais passé aux drogues de synthèse qu'on connaît. Et il ne les connaissait pas. Et pour lui, il a dit, bon, ça ne va pas être si grave. Je ne sais pas ce qui s'est passé dans sa tête. Mais en tout cas, il m'a orienté vers un psychologue et un sexologue. Parce qu'il a compris que le sexe et la drogue étaient très liés. Ils étaient liés, oui.
En début de notre entretien, j'ai dit ma méfiance quant à la médecine française. C'est exactement ça que j'essayais de dire. C'est que la médecine française, c'est normal. C'est des professionnels qui ont toujours un train de retard parce qu'il faut comprendre qu'il y a un problème, faire des études et après se former pour comprendre quel est le problème.
Là, il y avait un gros problème de société. Mais du coup, il y a plusieurs années où les patients, patientes qui viennent, on leur dit, on ne comprend pas. Exactement. Le truc, c'est quand même pas mal d'essayer de consulter peut-être trois, deux, trois professionnels. Tu n'as fait qu'un addictologue ? Non, là, j'ai fait un addictologue. Tu m'as conseillé un psychologue et un sexologue. Du coup, je suis allé voir un psychologue que j'étais allé voir après le décès de mon père. Donc, il me connaissait un petit peu mon profil. Et en une séance, il me prescrit du baclophène.
C'est un médicament qui est un décontractant musculaire à la base, mais qu'on donne aux alcooliques. La petite blague, c'est qu'il me donne les cachets et il me dit, avec un beau clin d'œil, il ne faut pas le prendre avec l'alcool. Avec un autre clin d'œil, je dis non mais qu'est-ce qu'il veut ? J'étais un peu déçu parce que je venais pour arrêter la drogue et il m'en donne une nouvelle. Hum.
Alors, je lui en ai voulu à ce moment-là, mais après coup, je trouve que c'était très intéressant parce que ça a été un palier pour moi. Ça a été une marche pour pouvoir sortir de l'addiction ou la dépendance, du coup. Ce médicament t'a aidé ? Ça m'a aidé. Donc, du coup, qu'est-ce que je fais ? J'appelle mon ami avec qui je faisais toutes les sorties. Je vais au lieu de drague, je prends Jungle Master. Je ne sais pas si vous voyez l'alcool. Non. Je prononce sûrement très mal, c'est peut-être pour ça que tu le comprends. C'est un élan sur le...
C'est quand je vais dans les pays étrangers, je fais les larmes. On ne se connaît pas, Yann, mais moi, je suis un grand-père. Je ne sors pas. C'est une drogue que les jeunes prennent parce que c'est un alcool de plantes et il est très fort. C'est une liqueur. C'est une liqueur de plantes. Du coup, ça envoie. Donc moi, gorgé de...
de ce produit enfin de cet alcool les médicaments qui suivent et c'est vrai que je reconnais c'était des effets un peu comme le GHB donc ça a été un bon palier ok sauf que ça s'est limite au lieu de faire toute la nuit parce que j'ai passé jusqu'au lever du soleil bah là au bout d'un moment le médicament a ses limites
Et ça s'estompe et je suis obligé de rentrer. Donc du coup, c'est bien. Dans un premier temps, je diminue mon temps de sexe. Juste, du coup, je prends des drogues et je fais du sexe pour fuir une situation qui m'est difficile. Sur ce podcast, il y a un autre épisode sur le chemsex vers le début. Et je trouve ça intéressant parce que la personne a un autre parcours et ne fait pas face aux mêmes défis.
Mais dans tous les cas, on se retrouve tous et toutes dans cette idée de « je veux me débrancher le cerveau ». Je ne sais pas pourquoi j'ai dit « tous et toutes ». Moi, Guillaume, je me retrouve dans ce besoin parfois d'arrêter le petit vélo dans la tête ou de ne pas arriver à faire face à des trucs qui m'arrivent et on débranche. J'ai juste du mal à comprendre…
Pourquoi j'ai envie de débrancher pendant 48 heures ? C'est pour ça que je suis content d'avoir... Parce qu'en fait, mes rapports sexuels, au bout de 4 heures, je sais pas, j'ai éjaculé. Non, t'éjacules pas du tout ? Moi, je faisais des cocktails, c'est-à-dire que je prenais le GHB pour un peu oublier, puisque c'était un peu le but. La MDMA, à l'époque, pour prendre un peu de...
Je ne mélangeais pas. On va le refaire. Donc, le GHB, je prenais les drogues de synthèse pour me stimuler. Et comme avec tout ça, je ne bandais pas, je prenais du Viagra. Enfin, je prenais des cocktails, en fait. Je prenais vraiment des cocktails. Avec du Popper, bien sûr. Mais pourquoi, si tu me mets dans la peau d'une personne addict ou d'un chemsexeur, enfin toi, quoi, pourquoi j'ai envie d'y passer 48 heures ? Ça saoule, non ? Non, non. J'ai plutôt envie de me déconnecter tous les jours, plutôt. Ce n'est pas toi qui choisis, là.
C'est la drogue qui choisit à ce moment-là. Là, tu es focus. Tu veux du cul. C'est l'objectif. C'est ça que t'as que ça dans la tête. Et c'est tellement... T'arrives pas à arrêter. Tellement que j'ai pas trop connu ce phénomène, mais je l'ai vu un petit peu. Il y a des gens dans les partouzes, ils sont tous ensemble, mais ils cherchent de nouvelles personnes. Parce que le but, c'est que t'en veux plus.
tu veux plus de personnes ça on me l'a déjà dit les gens sont sur leur téléphone exactement ils sont à fond à chercher à chercher alors moi j'ai très peu je l'ai vu mais j'ai très peu vécu ça puisque je pense qu'il y a un petit décalage entre ce que j'ai vécu et ce qu'il y a à la réalité maintenant je crois que c'est vraiment typique de ces drogues de synthèse mais moi c'était vers la fin ces drogues de synthèse et le phénomène n'y était pas moi je reconnais et puis je reconnais que je suis un peu poli je n'ose pas chercher un plan cul alors que j'ai un plan cul à côté si ton cocktail de drogue
J'étais assez salaud pour lancer le Grindr, le mettre en mode veille, je faisais le plan cul et je sortais du plan cul et hop là j'avais déjà des messages et j'avais plus qu'à enchaîner. Je comprends mieux maintenant pourquoi...
Je comprends mieux pourquoi, en tout cas à Paris, il y a de plus en plus de personnes qui organisent des partout sans aucune drogue, qui le mentionnent. Tant mieux, c'est très bien, très bonne initiative, j'adore. Ok, du coup, toi, tu as ce premier palier, enfin un de ces paliers qui est ce médicament qui t'aide. Et la troisième étape qui a été vraiment bénéfique.
C'est toujours pareil, c'est jouer avec le temps aussi. C'est multiple rechute entre temps et compagnie. C'est un sexologue que j'ai vu qui me dit, en une séance, il me dit, monsieur, vous consommez trop facilement le sexe. Ok. Il me dit donc, diminuez vos pratiques ou ne faites plus de pratiques et vous allez être frustré. Cette frustration va créer du désir. Pour le coup, il n'a pas tort. On n'a pas fait quelque chose depuis bien longtemps, on a envie. Et
Ce désir, du coup, vous n'aurez plus besoin de produit. Oui, c'est évident. Et donc, du coup, sorti de là, frustration égale désir égale plus de produit.
A plus B égale C, ça m'a sauté aux yeux, c'était logique. À partir de ce moment-là, je n'ai pas réussi à arrêter totalement le sexe. Déjà, je me suis supprimé de tous les sites de rencontres. Je n'ai fait qu'avec les contacts que je connaissais déjà. Pas besoin d'en avoir plus, c'était déjà pas mal. J'avais un beau panel dans mon répertoire.
Du coup, je ne pratiquais que sucer ou me faire sucer. Pas plus. Je ne faisais plus la sodomie, je ne faisais plus tout ça. Grâce à toi, j'ai appris le terme vanille pour la sexualité. Du coup, c'était de la vanille light. C'est-à-dire que ce sont des pratiques plus conventionnelles qui sont dans le mainstream, la fellation. La sodomie, c'est censé être vanille ?
Je pense que dans ta définition, oui, mais moi, du coup, je n'en faisais pas. Tu me mets la pression à dire que c'est ma définition. En tout cas, ça a beaucoup plu parce que j'en ai parlé à d'autres personnes et c'est vrai que ça leur parlait et je trouve que c'était très bien. C'est une façon de catégoriser les types de pratiques que tu as, qui est au final quelque chose de très socialement normé puisque dans 50 ans, ce qui est hard aujourd'hui sera banni demain. Et ça sert à quoi ?
Donc tu fais du sexe moins fréquemment et tes pratiques changent parce que du coup sans sodomie tu te sens plus... Voilà et du coup je suis plus frustré et du coup je ressens le désir et quand je prends de la drogue et que le seul truc que limite j'essaie d'atteindre c'est une jouissance qui ne vient jamais,
Là, je rapprends ma sexualité à la base et le moindre côté tactile, la moindre chose prend son importance. C'est-à-dire que tous les petits détails prennent son importance ou on est frustré. Pour même aller un peu plus loin, je ne l'ai pas écrit dans le bouquin, je n'ai pas osé, mais je vais quand même le dire. Je trouve que c'était très intéressant. Avec les partenaires que je connaissais, je me bandais les yeux.
Et donc, rien que d'entendre la braguette qui s'ouvre ou la personne qui se déshabille et le toucher, j'ai redécouvré tous ces sens-là que j'avais complètement oubliés avec le camsex. C'était totalement banni. On n'était plus sur ce registre-là. Donc, j'ai réappris ma sexualité à la base grâce à ça.
ça c'est un tuyau qu'un sexologue m'a donné moi j'ai consulté un sexologue il m'a donné des exercices justement qui me déconnectaient de la pénétration ou de l'éjaculation moi j'étais complètement centré sur l'éjaculation quoi sans vraiment m'en rendre compte j'étais pas genre peut-être à cause du porno, chez le porno ils sont très axés là-dessus en plus on zappe pour aller à ce temps-là on veut voir juste ça ouais
Et puis je pense qu'il y a aussi la décharge chimique de l'éjaculation, mais il m'avait donné des exercices, des jeux peut-être plus, pour se rééduquer les sens. Et je trouve que ton idée de te bander les yeux pour que ça soit l'écoute qui soit plus sollicitée et donc réapprendre ça.
Après, je reconnais, j'ai fait quand même quelques impairs à ce moment-là où j'ai repris les produits. Et ce qui est triste avec les produits, c'est que quand on reprend des produits directement, on repart à zéro. Et donc, il faut réapprendre un peu toutes ces choses-là. Ça revient plus vite, par contre. Ces moments où tu remets le produit dans ta vie, moi, ce que j'entends, c'est que le coaching...
de comment je me rééduque, le superficiel de comment je sors du symptôme est quelque chose qu'on peut travailler. Mais au final, le fond, parce qu'en fait, depuis le début, tu nous parles du deuil. Exactement. Je reconnais, j'ai pris ça aussi de conscience.
après la sortie du bouquin, donc c'est même pas... C'est-à-dire que quand on écrit, c'est quand même thérapeutique. Mais là, j'ai pris conscience, en le relisant bien plus tard, qu'il y avait quand même un processus d'œil qui commence à se terminer. Mine de rien, j'avais repris mon appartement, c'est-à-dire j'avais la maison, je n'habitais plus dans la maison, donc la maison où il y avait les souvenirs et tout ça, j'ai repris un appartement... Avec ton compagnon. Exactement. Donc ça fait partie des étapes qui ont fait que j'ai pu passer...
Je ne dis pas autre chose parce que je l'ai toujours au fond de mon cœur, mais le deuil a pu s'atténuer et du coup, j'ai pu moins avoir besoin des produits. Après, il y a quand même eu cette histoire de volonté de vouloir m'en sortir et tout ça. Comment tu as travaillé le fond ?