Je suis Guillaume, créateur du podcast « Actif ou Passif ? » : après 300 épisodes, actif ou passif reste ma première question, et j’ai honte d’aimer être passif.
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Dans cet épisode du podcast :
Je change le nom du podcast pour « Actif ou Passif ? » : plus court, explicite, et incensurable là où « sexuellement » me bloquait sur les réseaux
Hier, empalé sur un mec en contrôlant tout le rythme, je me suis dit que le « passif », c'était moi le plus actif
J'assume mal d'aimer être passif, comme si je perdais de la valeur ou que je faisais « la femme »
Une fois un rôle choisi avec quelqu'un, je n'arrive plus à être versa, et je galère à comprendre pourquoi
💡 Mes conseils
Je suis Guillaume, créateur du podcast Actif ou Passif ? : 4 ans de recherche sur l'intime gay, des dizaines d'experts interviewés.
Pourquoi les mots « actif » et « passif » sont-ils réducteurs ?
Parce qu'ils collent une idée fausse : être pénétré ne veut pas dire être inactif. Quand je m'empale sur un mec en contrôlant le rythme, c'est moi qui mène, même si je suis le « passif ». Pour moi, ces mots viennent d'une vision hétéro où pénétrer égale dominer. Je crois qu'on gagne à s'en méfier, sans forcément les jeter.
Comment dépasser la honte d'être passif quand on est un homme gay ?
En repérant d'où elle vient. Moi, ma honte tient à une idée que je traîne : être passif, ce serait « faire la femme », donc valoir moins, ce que ma part de misogynie n'a pas fini de nettoyer. Le nommer m'aide déjà à le desserrer. C'est mon chemin, pas une recette, mais mettre des mots sur ce sous-texte le rend moins automatique.
Peut-on aimer un seul rôle et vouloir quand même être plus versatile ?
Oui, les deux tiennent ensemble. Je kiffe sincèrement un seul rôle avec un partenaire donné, et en même temps je sens que je me cloisonne et que je pourrais me connecter plus profondément en étant switch. Je n'ai pas la solution : je constate juste qu'il y a plein de nuances, comme des parfums de glace, et que m'obliger à choisir vanille ou chocolat m'enferme.
En quoi les rôles actif et passif sont-ils liés au racisme ?
Parce qu'on enferme les gens selon leur couleur de peau : l'homme arabe ou noir « doit » être actif et dominant, l'homme asiatique « doit » être passif. Pour moi, déconstruire l'injonction actif ou passif passe aussi par débusquer ce racisme-là en soi. C'est un chantier, pas une case cochée, mais je préfère le regarder en face.
Salut mes petits auditorices, roulement de tambour, c'est le meilleur tambour que je peux vous faire. Le nouveau nom du podcast est « Actif ou passif, le podcast qui libère l'intime gay ».
Oui, je dois changer de nom, parce que comment devenir sexuellement épanoui ? Bon déjà, un, personne ne le retient. Deux, il y a sexuellement dedans, or c'est de plus en plus censuré sur les réseaux. Et trois, bah non j'ai pas de trois, pardon.
Alors j'avoue, je stresse. Vous avez été plus de 1500 à voter et une partie d'entre vous n'aime pas du tout ce titre. Alors j'espère que mes explications vont vous convaincre. Dans cet épisode, je te donne les trois raisons derrière ce choix de actif ou passif comme nom du podcast et je te raconte où j'en suis moi sur ce actif-passif dans mon intime. Spoiler, c'est complètement central dans mes choix amoureux et sexuels. Attention, j'y vais cru. Alors si tu es mon frère ou ma cousine, peut-être n'écoute pas jusqu'au bout.
Bisous. Raison numéro 1. Actif ou passif, c'est LA question par laquelle on est tous obligés de passer, sans exception. Et c'est même, en fait, le fil rouge de tous les épisodes de ce podcast. Dans chaque témoignage, le témoignant, à un moment, va se positionner face à cette question, actif ou passif, même si je ne lui demande pas directement. Soit pour dire son ou ses rôles et que ça lui va, soit pour dire son malaise face à ses cases, soit pour dire qu'il a dépassé ses rôles et pourquoi ça l'épanouit.
Raison numéro 2, j'irais même jusqu'à dire que c'est une des clés de voûte si tu veux t'épanouir quand on est gay ou queer. En fait, derrière cette question simplette d'actif ou passif, moi je vois plusieurs obstacles qu'on va devoir dépasser pour nous épanouir. Déjà, on regarde ces deux mots, actif, passif, mais qui les a choisis ? Franchement, faut vraiment ne jamais avoir été pénétré pour penser que quand on l'est...
Pénétré, on est passif. Hier, je couchais avec un joli garçon, il était allongé sur le dos, je m'empalais sur sa bite, je contrôlais le rythme, les va-et-vient, la profondeur. L'actif semblait bien inactif et moi le passif j'étais très actif, je peux vous le dire.
En fait, je serais pas étonné si on me disait que ces deux mots connotés ont été choisis par des médecins hétéros pour coller à leur idée que pénétrer égale passif égale femme. Le fameux « qui fait la femme » qu'on a déjà pu entendre. Dans l'imaginaire hétéro, l'homme qui est pénétré perd son pouvoir, déplace les frontières de la masculinité et ça, c'est interdit. Dans les pays où c'est un crime d'être gay, souvent l'homme que la loi vise, c'est celui qui est pénétré.
Pour qu'on s'épanouisse, nous les gays, les queers, les hommes qui se questionnent, bah on doit dépasser cette détestation du pénétré, dépasser l'idée qu'être pénétré c'est être la femme, et que quelque part, être la femme c'est moins bien. S'affranchir de actif-passif, c'est s'affranchir de la vision hétéro-centrée et misogyne qui nous est imposée dans notre sexualité, c'est transformer cet imaginaire commun. Et je veux aller plus loin, je dirais même que déconstruire l'injonction actif ou passif, ça passe aussi par déconstruire le racisme qu'on peut avoir en nous,
Par exemple, quand on enferme dans des rôles, les gens selon leur couleur de peau, l'homme arabe ou noir doit être actif, l'homme asiatique, passif. D'ailleurs, le témoignage de Sam, l'épisode au titre provoque Sam 2. Rebeu dominant, actif et XXL, c'est le troisième épisode le plus écouté de l'histoire du podcast.
Je pourrais continuer avec l'âge ou la performance de genre, donc le jeune est censé être plus passif, la personne plus efféminée est censée être plus passive. Si tu n'as pas d'érection ou que tu n'as pas de pénis, pareil, cataloguer passif, tandis que le vieux, le plus poilu, est mis dans cet imaginaire hétéro, dans la boîte plus masculin et ou plus actif. Tout ça pour dire que s'épanouir quand on est un homme gay ou queer, c'est être obligé de faire face à toutes ces injonctions, les retourner, les détourner ou en tout cas en faire son affaire.
Troisième raison, mes petits choux, actif ou passif, c'est stratégique en termes marketing. Je mets ma casquette marketing pour aller chercher une nouvelle audience. C'est court, provoque et ça se retient facilement. Je ne sais pas si vous connaissez le podcast Les Couilles sur la Table. C'est un podcast féministe, mais c'est un peu dans la même veine. Mais l'avantage d'actif ou passif, c'est aussi que c'est très explicite pour les hommes gays, bi, queer ou ceux qui se questionnent, parce qu'on sait directement que c'est pour nous. Explicite, oui, mais pas du tout censurable sur les réseaux sociaux. Et ça, c'est
c'est un énorme enjeu du moment. Pour moi, c'est grâce aux réseaux sociaux que j'arrive à agrandir l'audience. C'est une urgence parce que plus d'audience pour moi, c'est espérer avoir plus de donateurs. Et même si je fais un gros bisou aux 220 auditeurs qui soutiennent annuellement ou mensuellement le podcast, j'en ai besoin de 400 pour sécuriser le futur.
Quatrième raison, ce nom actif ou passif, il est fait pour capter une nouvelle audience, pas ou peu avancée sur leur chemin d'intime. Moi, j'ai envie en priorité de toucher des gens qui se posent cette question actif ou passif. Ça veut peut-être dire qu'ils sont encore dans ce rapport au rôle, comme moi. Peut-être qu'ils tombent sur le podcast parce qu'ils ont mis cette question dans Google, parce qu'en fait, ils n'ont personne avec qui en parler ou qu'ils n'osent pas trop en parler avec leur entourage.
Cette question de actif ou passif, moi, elle est tellement centrale dans ma sexualité. Je sais pas si toi aussi. Et j'avoue, j'ai un peu honte. J'aimerais te dire qu'après 300 épisodes de podcast, 4 ans de recherche sur « Ouais, comment être plus épanoui ? », j'aimerais te dire que j'ai réussi à sortir de ces rôles, de ces cases, de cette injonction. Mais non. En vrai, c'est la première question que je me pose, plus ou moins consciemment d'ailleurs, quand je rencontre un mec pour du sexe ou de l'amour, actif ou passif.
Alors moi, je fantasme de ouf sur les gars actifs. Doux, sensuels, un peu de dos mis sur les bords. Moi, l'hyperactif qui dort peu, debout à 4h du matin avec 1000 idées en tête, mon cerveau qui tourne non-stop, moi qui adore avoir le contrôle, embarquer les gens, donner les rythmes, être un leader, organiser des trucs...
J'adore tout lâcher et qu'on prenne soin de moi, qu'on me guide, qu'on choisisse à ma place, qu'on me mette le tempo et qu'on me mette tout court. Sentir que mon partenaire est heureux de tenir les rênes. Enfin, je m'abandonne, je lâche le mental, je me laisse aller à juste ressentir, être dans mon corps, ne penser à rien d'autre qu'à mon partenaire et ses jolis yeux. Bon, et sa bite, et sa bite en moi. Enfin bon, vous avez compris quoi ?
En vrai, moi j'ai un peu honte d'aimer être passif. Comme si je perdais de la valeur. C'est pas aussi cool que d'être actif, non ? D'ailleurs un pote, hier soir, à qui je disais le nouveau nom du podcast, m'a dit « Moi je suis encore à trouver que les gars sur Grindr qui osent afficher « passif » m'impressionnent. Moi j'assume pas de mettre « passif » et encore moins de mettre une photo de ma tête avec juste à côté le terme « passif ». Eh ben moi c'est pareil. »
Bon, ouf, par chance, je suis aussi actif. J'aime prendre l'autre, m'abandonner en lui, que le rythme de mes va-et-vient le fasse kiffer. J'aime aussi me sentir un peu hétéro, l'homme validé par la société. C'est moi qui pénètre. Je féconde en éjaculant bien profond et je me sens fier. Bon, j'avoue, là, je tire un peu les traits pour cet épisode, mais je rigole pas tout à fait. Au fond, je sens vraiment plus de fierté et de légèreté avec ce rôle d'actif.
Quand je dois parler de mon intime publiquement, et j'entends pas genre vous et moi sur le podcast, mais dans la vraie vie, j'ai beaucoup plus de facilité à me raconter actif que passif. D'ailleurs, j'avais fait un épisode confidence sur ce que j'ai mis en place pour explorer ce côté actif et dépasser plusieurs de mes blocages. Je te mets le lien vers cet épisode dans le descriptif.
Actif ou passif ? Ou versa ? Non, tu dois être en train de te dire. Mon souci, une fois que je connecte un rôle, je n'arrive pas à être versa, à être switch avec ce même partenaire. En fait, je sens vraiment que ma sexualité est encore cloisonnée et que je galère à comprendre pourquoi.
Et puis dans ces deux rôles, actif ou passif, je vois qu'il y a un sous-texte qui s'anime dans ma tête. Si je pénètre, je domine, je suis plus homme, donc l'autre est plus femme, plus soumis. Être passif est directement connecté à un côté soumis chez moi. Bienvenue dans les restes de misogynie crasse de mon cerveau que j'arrive pas à nettoyer.
Ça peut être très cool d'être soumis et demi, c'est pas le sujet, mais juste cet automatisme que mon cerveau a de connecter ses rôles et d'en faire une espèce de bouillie. J'aimerais bien dépasser l'affaire. Sexuellement, je kiffe être un seul des deux rôles, mais je sens vraiment que je pourrais...
qui fait deux fois plus me connecter plus profondément en étant moins cloisonné. En fait, c'est comme si j'allais chez le marchand de glace et qu'il y a plein de parfums et que moi, je suis là, c'est soit vanille, soit chocolat. Mais à côté, genre, il y a kiwi, pêche. Non, en vrai, ça serait un mélange dégueulasse.
En gros, vous avez compris, il y a plein de parfums, il y a plein de nuances, de possibles. Et puis, j'ai aussi pas envie, quand je vais chez le marchand de glace, d'avoir prédécidé par obligation le seul des deux parfums que j'ai le droit de choisir. Bon, je sais pas si cette image a bien fonctionné, mais moi ça me parle. Comme je pense avec mon estomac, ça marche pas mal sur moi.
Et puis non, je ne suis pas actif ou passif. J'aime les croissants, mais je ne suis pas croissant. Vraiment, ce actif ou passif, c'est autant éclairant qu'enfermant et stigmatisant. Et c'est pour ça que c'est le bon titre, les petits chats. Bon, j'espère que ceux qui n'aimaient pas du tout sont un peu embarqués. Et puis en vrai, je me dis de toute façon, rares étaient ceux qui arrivaient à me citer l'ancien nom tellement il était long.
J'ai fait le test ces derniers mois avec des auditeurs qui ont écouté plein d'épisodes et je leur disais « Tu te souviens du nom ? » Ils étaient là « Comment être mieux par rapport à son intime ? » J'étais là « Non, pas du tout. » Je crois bien qu'on n'écoute pas un podcast juste pour son nom. Et d'ailleurs cet ancien nom pour l'anecdote, c'était en fait un nom temporaire que j'ai choisi un peu à la va-vite en me disant « Non mais je choisirai le vrai nom quand je serai sûr du projet, de mon engagement. »
Et ben voilà, le temps est venu, je suis sûr, bienvenue sur le podcast Actif ou Passif, le podcast qui libère l'intime gay. Vous avez vu, en plus, il y a ce petit slogan qui viendra toujours avec le nom, ce qui fait que les gens ne seront pas perdus en mode « c'est qu'un podcast sur Actif ou Passif », ben non. En tout cas, si vous soutenez cette décision, n'hésitez pas à me le dire, parce que j'avoue, je flippe un peu de prendre cette décision controversée.
Et puis j'appelle les auditoristes graphistes qui veulent m'aider à trouver le bon visuel, la bonne cover pour le podcast, à me contacter pour m'aider pro bono par email guillaumefaitdepodcast.com ou sur mon WhatsApp plus 33 6 61 61 57 36 C'est quand mon numéro de téléphone ? Plus 33 6 61 61 57 36 Bisous et à très bientôt dans vos oreilles !
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