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Roméo, troisième partie de ton témoignage. Es-tu prêt ? Ouais, attends. Parfait. Éternu, si tu le fais. C'est bon. Dans cette troisième partie, on va parler d'amour. Ouais. En fait, dans les deux premiers épisodes, on a parlé de ce déclic à 23 ans, parce que c'était du coup à 23 que tu fais l'opération.
ouais, vraiment quelques jours deux semaines après mes 23 ans donc t'as raconté la période, différents trucs de cette période de découverte de sexe, tu t'autorises tu te découvres, tu te rencontres j'ai quand même eu l'impression tu parlais d'une fête, d'une frénésie et puis vient après la douceur
J'ai envie de dire ça, mais peut-être que ce n'est pas vrai, peut-être que ce n'était pas doux. Mais cet amoureux, il est tombé de quel nuage ? C'est un joli nuage. Non, mais oui, mais en fait, c'est rigolo un peu la façon dont on s'est rencontrés et à quel point ça…
Tout était un peu tellement logique comme ça. Donc voilà, ça faisait peut-être un an et demi que j'avais beaucoup d'interactions sexuelles, que c'était vraiment très joyeux et parfois aussi un peu frustrant. Moi, je suis quelqu'un de très romantique. Enfin, je m'appelle Roméo, enfin… Donc… Voilà, et j'en parlais avec un copain et…
Je sais pas, il me disait qu'il fallait qu'on manifeste l'amour, tu vois, un peu ensemble, que c'était le moment qu'il fallait qu'on ait une nouvelle histoire, tu vois, une vraie histoire. Et c'est le moment, en fait, c'est un peu…
Et c'est pas étrange, mais bon, en fait, j'ai choisi mon prénom Roméo vraiment tardivement, un peu à ce moment-là, parce que j'aimais beaucoup mon prénom d'avant et je l'avais un peu raccourci et tout le monde m'appelait comme ça et ça me saoulait de devoir changer de prénom. Mais j'arrivais un peu au bout de ça. Il y a un moment donné où j'étais en mode, j'en ai marre de ne pas avoir…
un prénom où les gens me disent mais c'est pas un prénom ou savent pas si c'est un prénom de mec ou de meuf enfin bref ça me fatiguait j'étais en mode il est temps que je me renomme mais vraiment ça faisait en fait j'étais en mode jamais j'arriverais à choisir moi même tu vois
un prénom il faut qu'il me tombe dessus et donc il y a voilà une semaine où je pars un peu à des rencontres gays à la campagne comme ça et je me suis dit vas-y cette semaine il faut que je me trouve un nouveau prénom et
Et j'ai une copine qui faisait genre à manger à la fenêtre de la cuisine. Du coup, moi, j'étais en bas. C'était un peu haut comme ça. Et elle m'appelle pour rigoler. Tu vas me dire, oh, Roméo. Et je suis en mode, ouais, mais Roméo, c'est trop bien. Et bam, il t'est tombé dessus. Et bam, il m'est tombé dessus. Vraiment, la semaine où je m'étais un peu mis comme intention de me dire…
C'est quoi les choses dont j'ai besoin cette année ? C'est quoi les nouveaux départs ? Et l'idée de me dire, en fait, là, il est temps que je trouve un nom. Et j'avais un autre copain qui cherchait un nom et on faisait des listes comme ça. On en parlait. C'était vraiment le sujet de la semaine. Et du coup, vraiment, il m'est tombé dessus. Et j'étais en mode, c'est ouf !
Parce que je voulais pas un prénom basique. Moi, je suis très romantique, mais dans un sens un peu fou. Enfin, pas fou, mais j'aime l'amour. Je me dis que l'amour, c'est quelque chose qui drive ma vie. Je me dis que si tu fais pas les choses par amour, c'est la plus…
C'est la plus belle, le plus beau des sentiments. J'aime être amoureux, mais j'aime aussi juste me dire que l'amour va sauver le monde. C'est un truc qui se nourrit un peu. J'ai des potes qui sont foutus de ma gueule. Je ne peux pas t'appeler Roméo, c'est un peu too much. Je pense qu'à cette époque-là,
Donc j'avais d'autres prénoms que j'avais un peu sur ma liste et que je trouvais parfois un peu lourds ou un peu genre ça c'est un peu trop chrétien ou ça c'est un peu trop je sais pas. Et genre j'étais en mode je veux pas un truc trop lourd à porter et on m'a dit mais Roméo et j'étais en mode mais l'amour c'est pas lourd à porter tu vois. Genre je me souviens que j'avais un peu cette phrase, j'étais en mode bah…
En fait, ça me va que mon prénom, il infuse ça. Imagine, là, il y a un alien qui rentre dans mon appartement, dans mon salon, et qui, du coup, ne connaît aucun des codes humains et qui ne comprend pas ce que veut dire pour toi être romantique. Si tu devais décrire des gestes,
des mots, des situations qui pourraient clarifier, illustrer ce que ça veut dire pour toi d'être romantique bon déjà j'aime beaucoup être amoureux juste la sensation physique de beaucoup y penser, d'excitation de papillon dans le ventre tu vois, ce genre de choses c'est un peu un frémissement que que j'aime aller chercher tu vois ok donc l'alien n'a pas de ventre mais il est là ok papillon donc toi concrètement tu ressens
Quand tu es amoureux ? Ouais. À l'endroit de ton cœur ? Ouais. Ok. J'ai le cœur qui bat vite quand j'y pense, quand je vois la personne, à l'idée que je vais voir la personne. Mais je suis trop jaloux. Moi, je suis pas sûr de… J'ai ressenti des choses fortes, mais j'ai jamais ressenti ces papillons. Ah ouais ? Comme ça, non ?
moi je dirais pas que c'est tout le temps ça m'est pas arrivé tout le temps tu vois mais c'est pour ça que c'est un truc que tu vois c'est un sentiment je pense que je vais chercher puisque je trouve que c'est rare aussi et que c'est trop beau donc c'est d'abord cérébral à l'alien on lui dit il y a des sensations physiques de connexion de battement de coeur ça c'est sûr
et après être romantique pour moi c'est des preuves enfin je sais pas c'est un peu des preuves d'amour en vrai j'aime beaucoup tu vois faire des cadeaux faire un petit dîner enfin je sais pas être tactile faire des surprises enfin je sais pas c'est quoi le dernier cadeau que t'as ou un cadeau que t'étais content d'offrir et qui était romantique pour toi
attends j'ai un trou alors qu'en plus j'en ai fait plein parce que en fait j'aime bien aussi faire des cadeaux qui sont pas forcément tu vois je vais pas t'offrir des roses et tout parce que je trouve ça aussi un peu capitaliste ou qu'il y a pas trop d'intérêt mais je me dis ah je me souviens que la personne avait besoin de ça et du coup ça me fait trop plaisir d'y avoir pensé et d'y offrir donc par exemple à mon chéri à Noël j'ai offert des bouchons d'oreilles un peu spécifiques parce qu'il est sourd d'une oreille et qu'il est très sensible au bruit
Et du coup, ceux-là, on les avait beaucoup recommandés, etc. C'est les petites attentions. Langage de l'amour. Tu dirais autre chose pour dire l'importance d'être romantique pour toi ou ce que ça veut dire d'être romantique pour toi ?
Peut-être, je dirais, c'est d'accorder à l'amour une place dans ta vie, tu vois. Et du coup, dans tes choix, tu vois aussi de qu'est-ce que je mets en priorité. En fait, on a tous nos amis, notre travail, notre amour. Et en fait, la société est quand même plutôt faite pour qu'on donne une place à l'amour dans le sens famille et couple. Mais vraiment, c'est de me dire, je veux mettre une place à l'amour dans ma vie, que ce ne soit pas que famille et couple, mais juste à…
L'amour en général. Donc, tu vois, dire en fait que c'est un endroit où, du coup, mon couple, en l'occurrence, un endroit où je mets de l'énergie, où je mets de l'engagement, où je mets des projections et aussi, en fait, à l'amour que je porte à mes amis. C'est aussi un endroit où je mets aussi de l'énergie et des projections et de l'attention.
Super. Tu as dit avec mon pote, on voulait manifester. Ça, c'est un truc de jeune. Ça y est, je ne suis plus jeune, mais je suis sur le tic-a-toc. Et donc manifester, c'est…
bon un truc qui a toujours existé mais là je vais avoir l'air d'un vieux con si je dis ça mais en tout cas c'est de verbaliser c'est comme ça que moi je l'ai compris après je te donne la parole c'est de verbaliser de faire déjà vivre la chose que tu veux faire advenir parce qu'en la faisant déjà vivre par des mots par des gestes par des actions en fait la suite de tout ça c'est qu'elle advienne pour de vrai ouais c'est ça
du coup quels sont les gestes ou les actions que t'as mis en place avec ton pote là où tu lui dis allez on va trouver l'amour t'as fait quoi ? ce qu'on s'est un peu dit en rigolant c'était du coup de s'appeler Roméo, c'était de manifester tu vois c'était un peu la suite de l'histoire de me dire en fait là je choisis un nom qui appelle ça tu vois et en fait c'est ça que je veux et c'est ça que je vais appeler quoi hum hum
Voilà, donc tout ça, ça a fait partie un peu de ça. Et du coup, la semaine où j'ai choisi ce prénom-là, c'est la semaine où j'ai rencontré mon chéri. Ok. Oui, il n'y a pas eu d'autres trucs que tu as fait en particulier pour trouver l'amour ? En fait, j'ai l'impression que c'est un mindset. Tu vois, en fait, je me dis, évidemment, il y a aussi un truc où si tu continues les rencontres où tu ne mets pas forcément beaucoup d'énergie ou de passion, eh bien…
Eh bien, tu vois, ça ne va pas arriver si tu essayes d'ouvrir l'esprit et les possibilités à un truc qui prenne plus de place. Eh bien, ça peut prendre plus de place, tu vois. C'est là où tu mets les priorités aussi et ton attention et ton fluide, ton élan de vie. La première fois que tu le vois, tu penses à quoi ?
Je me souviens exactement de la première fois où je l'ai vu. Je le trouvais déjà très beau et il avait un petit sourire en coin là. Je me souviens de son petit sourire vraiment qui m'a trop fait craquer. Et ça, je lui ai déjà dit, mais un peu un des premiers trucs, un truc que je me suis dit très vite à propos de lui,
Je sais pas si c'est étrange à dire mais je me suis dit j'aimerais bien lui ressembler quand je serais vieux. En fait il a 18 ans de plus que moi et il fait ma taille, il fait 1m65 et il est blond. Et moi aussi je suis blond.
J'ai adoré son énergie et je me suis dit que je le trouvais très beau et que c'était un modèle de masculinité dans lequel je pouvais me projeter. Qu'on ait à peu près la même carrure et la même taille, tu vois ?
Après, il est cisgenre, tu vois, mais en fait, ça m'a fait plaisir aussi de voir des pédés cis, j'allais dire qu'ils ne me ressemblent pas, enfin, on ne se ressemble pas, enfin, parfois on nous dit qu'on se ressemble, mais puis c'est un terme énergétique et tout, mais ouais, je me suis dit ça.
Ça t'a fait plaisir de pouvoir ressembler à un mec cis ? Ouais, et puis plus âgé aussi, tu vois. Parce que je me suis souvent demandé à quoi je ressemblerais plus vieux, tu vois. Ah ouais, ouais.
Quand tu le vois, tu le trouves attirant immédiatement. Ouais. T'aimes son petit sourire en coin. Ouais. Ok. Et tu sens qu'il peut se passer un truc ? C'est quoi le… Non. Ah ouais. Je sais pas. On n'est pas en fait vraiment… Donc on se rencontre cette semaine et on n'est pas du tout dans une drague ou quoi. On se rencontre comment ? C'est quoi ? Du coup, voilà, on est dans cette espèce de rencontre de queer à la campagne pendant une semaine, tu vois, un peu…
un peu hippie, un peu politique, un peu, voilà, qu'est-ce qu'on fait ensemble. Et on est, je pense… Donc moi, j'étais avec des copains, j'étais venu avec des copains. Donc il y avait des gens que je connaissais, pas mal de gens que je connaissais pas. Donc lui, il était là. Et ouais, au début, il n'y a pas vraiment de drague, il n'y a pas de tension. Moi, j'ai des interactions…
sexuel avec deux autres personnes cette semaine-là et pas lui. Et c'est quoi les interactions avec lui ? Est-ce que… J'adore et je déteste…
Ce côté où je vais vouloir être dans la pièce avec lui. Donc, j'entends que tu vas couper une pomme. Soudainement, je vais avoir envie de manger une pomme et aller la couper avec lui. Est-ce que toi aussi, tu essayais un peu d'être dans son espace pour partager des moments avec lui ? Moi, j'étais très curieux, mais je n'étais pas encore là, je pense. Donc, en fait, ce qui s'est passé, c'est que…
Je pense que la première interaction vraiment plus forte qu'on a eue, c'est qu'il y a eu cette histoire de play fight. Donc, on a raconté à l'épisode précédent. C'est ça. Donc, j'ai proposé qu'on se bagarre. Donc, c'est un moment où on se bagarre tout en s'amusant et un petit peu intime, sexuel. Non, c'est faux. Là, en plus, on a dit que c'était vraiment de la lutte. Donc, aucun coup, pas de jeu, juste on allait faire un petit combat de lutte. Il te répond quoi ?
Donc il était en mode, oui, je suis chaud d'essayer, tu vois, en mode, ça lui avait jamais, enfin, il avait jamais essayé. Il m'a dit, en revanche, vraiment, tu me tires pas les cheveux, enfin, pas de coups, tu vois, il a mis des limites un peu claires, comme ça. Donc, ouais, on se bagarre. Et comment se passe cette rencontre des corps ?
Moi, je me souviens que j'ai adoré parce qu'en vrai, quand même, il me plaisait. Du coup, même si ce n'était pas forcément là l'enjeu du moment. Mais c'était complètement ton enjeu à toi. Oui, si, c'est vrai. Bien sûr. Ah non ? Un peu quand même. Bien sûr. Je ne sais pas, c'était chouette. Ouais.
Tu sais à quoi je pense ? A l'odeur. Parce qu'en fait, moi je trouve qu'on rencontre les gens aussi par leur odeur. Il y a des odeurs qui nous excitent et d'autres pas. T'es d'accord avec ça ? Tu pensais quoi de son odeur ? Parce que quand on se bat, on est proche l'un de l'autre. J'ai aucun souvenir de ça.
Mais ouais, en tout cas, je sais que ça m'a fait plaisir parce que je savais que c'était aussi un moment de rencontre et de connexion. Et suite à ça, du coup, on a vraiment parlé un peu toute la soirée. Et là, on s'est vraiment dit, viens, on se rencontre, viens, on se parle. Et du coup…
On a passé, je pense, trois heures un peu à se raconter nos vies, comme ça. Sans vraiment enjeu de séduction, j'en précise. Tu le précises, pourquoi ? Parce que moi, je sais quand je drague et je sais quand… Tu vois, je peux être très frontal. Et là, je n'ai pas l'impression que c'était ça qui se passait. Il n'y avait pas un truc de « Oh, ta main, elle est proche de moi. Oh, si je rapprochais mon visage. » Non, non, non, t'es vraiment en mode « Ah, c'est quoi ta vie ? Qu'est-ce qui t'a amené là ? »
voilà un peu vraiment de rencontre à la fin de cette soirée il m'a vraiment dit enchanté tu vois vraiment en mode je suis content de te rencontrer tu vois
Et alors, le moment où j'ai fait un move, c'est le dernier soir de cette semaine-là. Il y avait presque tout le monde qui était parti. Et j'étais trop triste. Je sais pas, j'étais triste parce que c'était la fin, que je travaillais le lendemain. C'était mon anniversaire de testostérone. Ça faisait quatre ans que j'étais sous testo. Et…
Et je ne sais pas, j'étais en mode il n'y a plus grand monde et tout. Et en fait, ce que je n'ai pas dit, c'est que lui, il était venu avec un amant à lui. Donc, ils dormaient ensemble tous les deux. Mais moi, ça active aussi ce que mes potes appelaient mon kink couple. En fait, je trouvais très beau ensemble. Je trouvais qu'ils avaient une très belle complicité. Et donc, ça m'excitait pas mal. Voilà.
Et du coup, le dernier soir, je leur dis « Ah, il n'y a plus personne, j'ai rangé ma tente, est-ce que je peux dormir avec vous ? »
Et c'était en mode dormir. Tu veux dire, il y a plein de matelas qui restent ou tu veux préciser ta demande, tu vois ? Est-ce que oui, parce qu'il y avait un espace où tu pouvais prendre ton propre matelas ? Oui, voilà, clairement. Non. Et du coup, j'ai dit, bah non, plutôt avec vous deux, quoi, tu vois. Donc moi, j'adore être au milieu et tout, tu vois. Et il m'a dit, bah attends, je vais lui demander. Et après, il m'a dit, ouais, c'est bon, vas-y.
Et en fait, mon mec, il ne m'a pas du tout laissé être au milieu. Il m'a pris dans ses bras. Et du coup, l'autre, je ne l'ai même pas vu de la nuit, quoi, en gros. OK. C'était quoi leur situation romantico-amoureuse ? Ils étaient amants, mais en relation ouverte ? Ouais, en gros, ils se connaissaient depuis au moins 15 ans. Et ils avaient été un peu on-off. Et là, plutôt, ils étaient un peu on.
Voilà. Mais ils étaient amis en premier lieu. Et à ce moment-là, ils étaient amants aussi. L'amant s'est senti délaissé ou pas du tout ? Je crois pas. Il a juste pioncé. Ok. Voilà. Et donc là, franchement, j'étais assez étonné, même moi-même, par cette nuit. Franchement, moi, si je suis l'amant, flemme intergalactique de ce qui est en train de se passer.
ah ouais moi déjà en fait genre il y a plein de matelas la nuit c'est sacré j'ai envie de bien dormir donc soit en fait il se passe quelque chose ensemble soit en fait vous me laissez dormir bien avec tout mon confort tout le monde a bien dormi enfin on a vraiment juste dormi du coup c'est vraiment ça moi j'étais un peu surpris parce que juste tu vois on s'est dit bonne nuit tous les trois j'étais content de pas être tout seul tu vois il y avait juste un peu un truc de care comme ça tu vois
et voilà juste il m'a pris dans ses bras et je pensais pas qu'il me prendrait dans ses bras aussi fort j'ai envie de dire tu vois j'étais juste en mode on va dormir c'est ce que tu souhaitais au fond pas faire un truc à trois quoi pas être dans un moment à trois parce qu'il aurait été très simple de dire à son oreille attends viens on change de position pour inclure l'autre
Mais après, comme tu avais rien de sexuel, tu vois, c'était vraiment… On va dormir. Du coup, il n'y avait pas trop un truc de… Ah non, on allait dormir à 3. Là, soudainement, en fait, on dort à 2 plus 1. Bon, c'est pas… Mais je suis… Non, c'est… Non, ça… OK.
En tout cas, il n'y a pas eu d'interaction sexuelle. Et oui, j'étais pas… Je pense que ça me déclenche, ça me trigger parce que j'ai du mal, moi, avec le rejet. Ça me fait très, très peur, tu vois. Et du coup, le moment où on s'était dit on va passer un moment à trois, pas forcément sexuel, et qu'en fait, c'est un moment à deux et que moi, en fait, je suis à côté et pas du tout connecté.
Moi, ça vient me chercher à mon endroit d'insécurité. C'est pour ça que je croise un peu. Mais possiblement, le gars, on s'est tranquille, il est ultra solide. Non, mais en plus, je pense que ce n'est pas exactement la façon dont ça s'est passé non plus. Parce que moi, je lui ai demandé à lui, donc à mon mec aujourd'hui, si je pouvais dormir avec eux. Il m'a dit « Attends, je vais lui demander à l'autre. »
l'autre il a dit oui mais après du coup lui il est revenu me dire bah il a dit oui enfin tu vois et il m'a aussi dit ah il nous rejoindra plus tard et là il va fumer des clopes non non non et du coup et en plus je pense que du coup quand il est arrivé le troisième il a aussi pris l'autre dans ses bras tu vois donc je pense que c'était quand même
plutôt une chaîne que j'étais curieux de pas être au milieu de la chaîne parce que j'aime bien mais c'était pas non je pense que c'était quand même assez fluide mais c'est un moment super intime de dormir ensemble du coup c'était super intime et je me suis réveillé j'étais un peu en mode tu vois
Enfin, ouais, voilà, j'étais un peu surpris et content. Et je suis rentré chez moi. Il habite où, mon chéri, à ce moment-là ? Et tu l'as pas nommé, donc ? À Bruxelles, il habite à Bruxelles. Et toi, à ce moment-là, t'habites à Paris, ouais. Ouais, ce qui est toujours le cas.
et donc moi je rentre à Paris lui il rentre à Bruxelles et une semaine après il doit passer par Paris parce qu'il prend un avion pour Barcelone depuis Paris et il me dit est-ce que tu seras à Paris est-ce que tu sais s'il y a des copines qui étaient là avec nous la semaine dernière qui feront des trucs à Paris etc et je lui dis bah oui carrément viens
Il y a mon pote qui fait un apéro sur sa terrasse. Si tu as besoin d'un lieu où dormir, il y a de la place à la maison. Parce que suite à cette nuit tendre, il n'y a pas d'échange de textos ? Pendant la semaine, il n'y a pas de prise de nouvelles ? Il n'y a pas de petits coucous ? Du coup, moi, je cherchais son contact. Déjà, je l'avais un peu galé. Je ne l'avais pas trop trouvé. Et donc là, il m'écrit. Peut-être cinq jours après, tu vois ?
En me disant ça, en me disant, je vais passer. Tu n'avais pas son numéro. Non, je n'avais pas son numéro. J'ai du mal à comprendre. C'est vrai ? Ah ouais, de ouf. Mais moi, je pense que c'est ma personnalité. Mais moi, j'ai un fit, j'ai un lien là. On a dormi ensemble. En fait, on ne repartira pas de l'espace sans se dire au revoir et sans que je te dise, est-ce qu'on reste en contact et par quels moyens ?
ben franchement c'est dire au revoir je sais pas je suis parti très tôt peut-être je pense que c'est possible qu'il dormait encore tu vois et je pense qu'il dormait encore même parce qu'il dort souvent très tard mais toi le romantique un petit mot caché dans l'oreiller
Tu n'étais pas dans l'oreiller du coup ? Je ne sais pas, j'étais un peu tout émoustillé comme ça. Je n'ai pas réfléchi encore, mais c'est vrai que je l'ai cherché. J'étais en mode, merde, il est où son contact ? Donc, quand il m'écrit, je suis trop content. En plus, je pense que c'est cinq jours après. Je ne sais pas non plus. Je pense que j'aurais fini par le trouver. Donc, il me dit, je passe par Paris. Je lui dis, écoute, si tu as…
Si t'as besoin de dormir à la maison, il y a de la place. Sachant qu'il est aussi très copain avec mon coloc. Donc, qu'ils se connaissaient bien. Et du coup, c'est un peu ouvert, tu vois. Je dis pas, il y a de la place dans mon lit, mais je dis, il y a de la place à la maison, tu vois. Mais s'il est très pote avec ton coloc, c'est comme ça que tu peux retrouver son contact, non ? Oui, oui, c'est sûr. C'est pour ça que je dis que je n'étais pas inquiète de ne pas avoir son contact. Mais c'est marrant parce que nos différentes personnalités s'expriment. Et je trouve que c'est un point que n'importe qui peut saisir.
moi j'aimerais être un peu plus comme toi je pense que d'être dans cette fluidité de se dire non mais Guillaume pas besoin de se presser s'il doit y avoir contact il y en aura un pas besoin d'être là à casser les couilles à dire il est où ton numéro et à bouger ciel et terre ça va arriver il y a peut-être un peu de ça aussi bon et après en vrai si ton coloc est aussi en contact avec lui tu sais que t'es plutôt en sécurité quoi
Oui, je me suis vraiment dit, je suis reparti content et je me suis dit bon, curieux, on verra la suite. Tu lui dis mon lit est ouvert, il répond quoi ? Et du coup, il était en mode trop cool. Je savais qu'il arrivait peut-être une ou deux nuits avant et on s'écrit un peu pendant le week-end. Il fait d'autres trucs, il dort ailleurs et tout.
Mais il me disait, dimanche, si vous avez toujours de la place, je suis chaud. Parce qu'il rejoint chez nos potes passer l'après-midi sur une terrasse.
Et donc, il rentre avec moi. Et pareil, je disais à mon coloc, il vient dormir à la maison. Et lui, il ne savait pas trop s'il devait lui prêter aussi son canapé-lit ou pas. La situation était un peu floue. Et quand même, il décide de dormir avec moi. Et donc, il y a un peu cette tension qui se crée pendant l'après-midi. On était tous un peu prélassés au soleil. Comme ça, c'était vraiment…
Deep aidé à boire des mimosas, tu vois, en fin d'été ou en printemps. Et ouais, là, il y a un peu un truc de… On se cherche, on sait qu'il va rentrer avec moi après. Donc un peu, on se parle un peu. On parle aussi à plein d'autres gens. Et voilà. Et là, je me suis dit quand même…
moi je travaille le lendemain matin mon coloc il doit partir très tôt aussi au taf donc en fait et il a d'autres plans pour dormir parce qu'hier il a pas dormi chez nous donc je me dis quand même là il y a un choix il y a un choix qu'il fait qui doit montrer un intérêt et ouais du coup c'est un peu ça qui se passe il rentre il rentre chez moi on parle c'est assez fluide on parle avec mon coloc et puis finalement il vient dormir avec moi
Au début, je sais pas, on est un peu timide, on se passe rien, il se passe rien. On se fait un peu des câlins et on finit par s'embrasser, mais au bout d'un moment, quoi.
Tu as le droit de boire, ouais. Au bout d'un moment, parce qu'on est un peu timide. Ouais, je pense qu'on est un peu timide, on est un peu gêné, on est un peu en mode, on sait pas trop ce qui est en train de se passer là, tu vois. Ouais. Un peu un truc de, on l'a pas vu venir. Enfin moi j'étais un peu en mode, c'est un peu curieux, et en même temps, ça fait assez sens, tu vois. Vous avez de la sexualité ?
non pas cette nuit là donc ça aussi pour moi c'était très curieux parce que j'ai l'habitude de rencontrer les gens de cette manière là aussi tu vois pour moi c'est vraiment un truc de rencontre et qui est assez important assez vite du coup souvent j'aime bien savoir assez vite si ça va matcher sexuellement tu vois
Et donc, non, on passe l'après à vraiment s'embrasser, être très tendre, à rigoler, vraiment. On rigole de fou. Je l'accompagne, je fume un joint en bas. On est en mode… C'était une bonne idée. Enfin, tu vois, je sais pas. Et en même temps, à se dire, c'est un peu…
C'est un peu rigolo et c'est un peu étrange et je sais pas, ça présage plutôt des jolies choses. Ni lui ni toi ne ressent un feu intérieur qui fait glisser le moment dans quelque chose de plus… Ah si, moi j'étais… T'es d'accord ? Ah ouais, ouais. Moi j'étais en train de surchauffer, quoi. Bien sûr. Clairement. Et je sais pas, il y a des moments où je pense que ça monte un peu et ça redescend. Et lui me le dit aussi, il me dit « Ah, parfois je suis un peu on-off comme ça. »
tu vois donc toi tu essayes du coup le moment où ça chauffe t'essayes de je pense que je vais vers ça plutôt un peu tu vois et lui il recule parfois ouais enfin oui il recule un peu ouais pendant la nuit pareil c'est de l'affection ouais vous êtes en train de tomber amoureux quoi bah c'est minute 1 mais je sais pas un peu ouais moi je sais que je me suis réveillé et j'ai chamboulé j'étais en mode waouh
Et il part. Ouais. Je pense dire à bientôt, quoi.
j'ai beaucoup à apprendre en termes de décontraction on sait pas quand est-ce qu'on se reverra non mais on se dit qu'on a envie de se revoir c'est génial et tu vois Barcelone il m'envoie deux petits messages mais peut-être à 5 jours d'écart on est pas dans un truc de communication de ouf oui il est à Barcelone lui il est parti à Barcelone il m'envoie une photo de la mer où il est hyper beau genre vraiment torsionné avec plein de colliers et la mer il me dit genre
La mère te fait coucou. Il m'a l'air très stratégique. C'est ce qu'il fait, non ? Oui, j'imagine. Je vais essayer d'accélérer un peu le processus. C'est quoi le moment où tu sais que vous êtes ensemble ? C'est bien parce qu'on en a parlé.
On a décidé d'une date ensemble. Avant cet entretien ? Non, c'était il y a un moment. Je pense que c'était avant nos un an, on était en mode c'est quand nos un an, tu vois. Très bien. Et du coup, on a décidé ensemble d'une date. Donc, la première fois où on s'est embrassés, cette nuit que je viens de te raconter là, c'était le 14 mai.
Et la date qu'on a définie où le moment on est ensemble, c'est le 18 août. Donc il y a quand même eu un peu des… Il y a eu du temps qui est passé. Juste par esprit de précision, je croyais que vous étiez rencontrés un été dans une maison de campagne avec d'autres PD à faire du play fight. Ouais. Et du coup, pourquoi votre première fois, votre rencontre, c'est en mai ? Bah non, c'était au printemps. Mais c'était la même chose que tu viens de décrire, mais au printemps. Très bien, ok.
Oui, donc mai, juin, juillet, août, c'est l'été, ça navigue, on se croise, il repasse à Paris sur le chemin de Marseille, on refait une nuit un peu pareille comme ça. Tu t'inventes des besoins professionnels et personnels à Bruxelles ? Non, mais il me dit… Urgence chocolat ?
Pas du tout, mais il me dit « si tu veux venir à Bruxelles, mon lit est ouvert ». Mais je veux venir à Bruxelles !
Et on se dit, on va faire un week-end chez nous avant Bruxelles. Et du coup, c'était un peu drôle. On a un peu traîné à quatre. Donc là, je suis allé passer le week-end chez lui. On a couché ensemble pour la première fois. Moi, j'en pouvais plus vraiment. C'était comment cette première fois ? Souvent, la première fois, elle est soit survendue. En fait, on arrive avec plein d'attentes, plein d'excitation possiblement. Et puis, une inconnue.
De potentielles incompréhensions entre des corps qui ne se connaissent pas encore. Mais aussi vous, vous aviez aussi une super forte intimité, ce qui peut être un lien fort. Comment c'était cette première fois ? En fait, on avait aussi un peu parlé de notre rapport à la sexualité avant et tout ça. Et…
C'était vraiment un peu une découverte. Ce n'était pas toujours extrêmement fluide. Il y avait un peu aussi des on et des off. Mais en même temps, c'était joli. C'était un peu un chemin. On y allait, on n'y allait pas. Moi, ça m'a fait vraiment du bien aussi parce que je trépignais un peu. Il y avait un truc en particulier qui te faisait trépigner ?
Mais je le trouvais méga sexy, j'étais trempé, on était à poil l'un contre l'autre tout le temps, tu vois, je le sens bander dans la nuit et genre vraiment un coup de bassin et ça glisse, tu vois, mais ça glisse pas et t'es en mode… Et pourquoi tu lui montes pas dessus ?
Non, mais après, je sais pas, tu sens l'ambiance et… Alors, je sens peut-être pas toujours très bien l'ambiance. Je pense que j'aurais un peu attaqué, moi. Mais bien sûr, déjà, s'il est en train de dormir, non. Mais tu vois, de le gratouiller et tout, non. Toi, t'es assez…
t'es pas parti tu vois quand il y avait quand ça monte à deux clairement je montre que j'en ai envie si ça redescend un peu on en a parlé tu vois c'était clair que j'en avais envie de prendre ton temps
Tu vois, il faut que ce soit fluide pour tout le monde, quoi. Ouais, tu sentais que lui, tu respectais aussi son timing, quoi. Bah oui, grave. Et il m'a dit ça ce week-end, que d'ailleurs, j'étais un peu étonné. Il m'a dit justement qu'il voulait plus prendre le temps avec les gens avec qui il voulait avoir une relation, tu vois. Et j'étais en mode, waouh, ça veut dire que tu vas avoir une relation avec moi, tu vois, sous texte.
Génial. Mais du coup, il disait qu'il ne voulait plus prendre son temps à cet endroit-là. Et du coup, j'étais en mode, évidemment, ça se respecte. Surtout si en plus, tu es en train de me dire que tu envisages un futur, tu vois. Enfin, ou en tout cas… Ah ouais, ça m'inspire de ouf. Ça m'inspire vachement. Moi, dans ma vie, le sexe est devenu facile et délicieux. Pour moi, facile, ce n'est pas synonyme de négatif du tout. Ouais.
Mais c'est devenu, tant mieux, enfin quelque chose qui est fluide pour moi, qui est plus fluide en tout cas. Et j'ai fantasmé, j'ai rencontré un mec, bon finalement ça s'est pas fait, mais il y avait un gars, je le sentais de ouf. Et un matin, je me suis réveillé, on était censé se voir en fait, il habite pas à Paris, et on s'était mis une date.
Et moi, j'adore ça. Parce qu'en fait, je sais qu'on va se voir dans une semaine. Donc, je suis là, genre, yes, dans une semaine, tu vois. Et je me suis dit, je me suis réveillé un matin en me disant, j'ai envie qu'on reste en caleçon. Ou, je sais pas, en sous-vêtements, je m'en fous, mais j'ai envie que une partie de notre nudité soit pas tout à fait disponible et qu'il y ait cette tension
Tu vois ce que je veux dire ? Et qu'en fait, on est attiré l'un par l'autre, on aura tout le temps d'aller trifouiller à gauche, à droite et tout. Et si moi, Guillaume, je profitais vraiment de… Comment je profiterais vraiment de cet instant de découverte ? Et je me suis dit, j'aurais envie de garder le caleçon.
Et bon, c'est ce que vous avez fait petit à petit, quoi. Enfin, c'est ce que vous avez fait, puis pouf. Puis pouf, plus, quoi. T'avais des appréhensions par rapport à votre sexualité ? Parce que là, on te saisit à un moment… Là, on a passé tout un tas de temps à parler de plein d'étapes de ton chemin d'intime et tout. Le moment de cette première fois, il y a un an et demi. À la louche, hein. Ouais. Il y a un an. Non, plutôt plus, du coup. Ouais, un an et demi.
en vrai je pense que t'as toujours des appréhensions la première fois que tu couches avec quelqu'un je pense que je lui avais demandé s'il avait déjà couché avec un mec trans tu vois, enfin qu'il y ait aussi cette partie de là qu'il joue forcément
c'est à quoi il avait dit quoi ? en fait maintenant que j'y pense je pense que je lui ai demandé après et il avait dit genre un une fois quoi mais déjà ça veut dire oui tu sais pourquoi tu l'as pas demandé avant ?
Je pense que c'est un peu tôt. Je n'ai pas envie de rendre des comptes. Pourquoi c'est un peu tôt ? Parce qu'avec le couple de Berlin, ce n'était pas un peu tôt ?
Non, je leur avais pas demandé ça, je leur avais demandé s'ils savaient que j'étais trans avant de coucher avec. Ah, t'as raison. Tu vois ? T'as raison. Donc lui, il savait très bien que j'étais trans, en tout cas, c'est sûr. Mais c'est pas la même chose. C'est pas la même chose de dire, donne-moi ton historique de… Tu vois ? Parce que ça raconte quoi, pour toi, quand il y a un historique ?
ça va déjà peut-être une connaissance juste corporelle qui est plus simple et puis une ouverture d'esprit ou une ouverture de désir de me dire j'ai pas besoin de prouver que regarde t'as jamais fait mais en fait c'est cool tu vois juste je sais que c'était qui fait avec d'autres têtes qui fait avec moi je comprends bien sûr bah bien sûr
C'est un amour en ce moment. Du coup, il y a peut-être des choses de l'intime que tu n'as pas envie de partager et que tu n'es pas du tout obligé. Pour moi, c'est vachement important de différencier l'intime qui est partageable parce que ça a du sens, parce que c'est un chemin de conquête personnelle. C'est une joie et c'est une joie partagée, partageable. Du jardin secret ?
qui n'a aucun intérêt à être partagé puisque c'est ton jardin secret tu vois mais est-ce qu'il y a quelque chose du chemin de la sexualité que vous avez construite ensemble depuis un an et demi que tu as envie de partager ?
Ouais, je pense. Il y a un truc qu'il m'a dit au début de notre relation qui m'avait fait vraiment plaisir, que je pense que j'ai le droit de partager. Je n'ai pas demandé exactement. Mais il m'avait dit un truc du genre, j'ai envie d'apprendre à mieux connaître ton corps, à mieux savoir comment ça fonctionne. Et ça, par exemple, j'étais en mode, c'est cool de faire ce chemin-là. On s'était dit, vas-y, il faut qu'on fasse…
Un atelier, tu vois. Une aprem où vraiment on se pose et on fait des trucs sexuels et on se dit ça tu kiffes, ça ça marche comment. J'adore. J'ai appelé ça la tactique du brouillon.
On se crée un moment où on s'autorise à… Bah, c'est brouillon. Donc, c'est un dessin brouillon ou un texte brouillon. Donc, j'ai le droit de faire des petites ratures, de réécrire, de changer l'ordre et tout, quoi. Et du coup, comme c'est brouillon, on se dit peut-être plus facilement. L'objectif est du coup peut-être pas… Le premier objectif n'est pas le plaisir. Tu vois ce que je veux dire ? Ouais, c'est vraiment d'apprendre, quoi. C'est d'apprendre. C'est de dire, mais du coup, là, plus comme ça, plus comme ça. Cette partie du corps, oui, non, et tout.
Vous l'avez fait ? Ouais. J'adore. Ouais, ça fait du bien, tu vois. Et puis après, vraiment juste de… Ouais, de dire… Bah même, tu vois, avec… Enfin, c'est la première fois qu'il était en relation avec un mec trans, tu vois. Lui, il a toujours été avec des mecs. Enfin, il a… Je pense qu'il a peut-être couché une fois avec une meuf quand il avait 16 ans, tu vois. Mais sinon… Donc, c'est un mec gay. Enfin, il a 25 ans de sexualité gay…
derrière lui quoi du coup forcément il y a quand même des trucs nouveaux quoi et donc à quoi c'est bien de faire attention puis après c'est pas juste un truc de mec trans mais juste de nouvelle personne tu vois les gens ils ont chacun leur complexe etc donc moi par exemple je lui avais dit que j'aimais pas trop qu'il me lèche ou qu'il me suce si j'étais genre allongé parce que c'est l'idée un peu du cunique je trouve un peu genre je sais pas j'aime pas trop mais si je suis debout j'adore qu'il me suce tu vois parce qu'il y a un truc qui est plus affirmant parce que lui est à genoux
ouais j'adore cette position aussi donc tu vois des trucs comme ça c'est apprendre un peu de l'autre et après je pense que j'ai fait aussi un chemin pas mal par rapport à la sodomie où en fait je sais pas pareil je me suis un peu donné ça comme objectif un jour j'étais en mode en fait ça me saoule euh
De ne pas le faire ou de me sentir bloqué et tout. Je veux apprendre, enfin pas apprendre, mais je veux avoir cette expérience-là. Déjà, ça a l'air trop bien et en plus, je trouve ça hyper affirmant.
En tant que mec gay, quoi. Voilà. Juste explique-moi, c'était quoi les blocages ? C'était de la douleur ? C'était psychologique ? Ouais, du coup, moi, mon… Donc, la dernière meuf avec qui j'avais été, elle était en mode, c'est mort, jamais j'y touche, c'est dégueu. Enfin, voilà. Donc, j'étais pas très bien parti là-dessus. Et ensuite, les personnes que moi, j'avais pénétrées, que j'avais sodomisées, et il y en a… Enfin, la plupart…
qui s'est arrivé était très à cheval sur la propreté. T'es en mode vraiment, si j'ai pas fait un lavement, tu me touches pas, tu vois. Et voilà, il y a eu deux personnes comme ça avec qui j'ai eu plusieurs interactions qui étaient toujours très strictes là-dessus. Du coup, moi, j'avais l'impression de devoir offrir cette propreté-là ou en tout cas ce truc très strict en retour, tu vois. Et toi, ton rapport au lavement, c'était quoi ?
J'étais en mode, déjà, je ne connais pas. Ça n'a pas l'air si facile à faire. C'est dur à prévoir. Donc, j'étais un peu stressé. Est-ce qu'il ne faut pas que je le fasse si je n'ai pas fait de lavement avant ? Tu n'écoutais pas le podcast à l'époque ? Non.
Mais j'ai écouté les épisodes là-dessus. Parce que maintenant, tu peux même, c'est une micro-parenthèse, si tu devais avoir envie de faire un lavement, même avec juste le pommeau de douche que tu dévises, etc. C'est pas notre sujet. En tout cas, à l'époque…
Un, ça t'intimide, et puis deux, c'est même pas trop un choix. Ça t'est imposé, mais c'est pas forcément toi qui as le désir de faire un lavement. Oui, c'est ça. C'est jamais obligatoire. Non, et puis… Enfin non, mais ça m'est pas tellement imposé, parce qu'en fait, tu vois, si voilà l'idée où en fait…
Je peux me faire prendre par devant. Donc, c'est la solution de facilité, vraiment, numéro un. En vrai, ça me fait kiffer vraiment. J'adore. Du coup, il y a un peu le truc de la solution de facilité. Et du coup, la deuxième solution, elle est un peu intimidante. Et voilà, on y va moins souvent. Bien sûr. Moins souvent. Donc, tu as déjà fait ?
Ah oui, mais maintenant, c'est pour t'expliquer un peu le chemin de déconstruction. Mais du coup, parce que c'est aussi un truc que je trouve que j'ai beaucoup… Enfin, que ma relation m'a beaucoup permis de déconstruire et tout.
mais voilà donc il y a un jour où je m'étais dit vas-y j'ai commandé du psyllium tu vois et j'ai acheté une poire à lavement électronique qui avait l'air vraiment facile à utiliser je me suis dit vas-y je veux plus tenter ça et voilà au fur et à mesure enfin je sais pas je pense que c'est quand même un truc de vulnérabilité parce que tu sais pas
Enfin oui, ça fait mal, il faut y aller doucement, t'es pas sûr d'être toujours propre. Un truc où je n'ai pas confiance avec n'importe quel mec grinder pour qu'il me soigne. Mais avec mon chéri. Mais avec mon chéri, oui. Et lui, c'est un jeu qu'il aime ? Il est anal ?
Bah alors lui, du coup, il est vraiment plutôt avant moi que top, quoi. Donc oui, il avait l'habitude de s'automiser ses partenaires, quoi. Donc pour le coup, de l'habitude et de la joie. Et de la joie. Tant mieux pour lui.
Ça t'a sécurisé. Donc ça m'a sécurisé beaucoup. Il y avait une autre personne avec qui j'avais commencé un peu la sodomie et que ça m'avait aussi un peu débloqué, mais c'était un mec trans. Ce qui a aussi rajouté de la confiance entre nous. Mais donc avec mon mec…
ça a été un truc qu'on a essayé enfin voilà où je disais bah moi ça me ferait de la joie de l'essayer plus etc c'est un joli chemin qu'on a pu faire comment t'as conquis ce plaisir là donc c'est passé par du lavement
Non, même pas. Non, finalement. Finalement, quand même pas trop. Non, du coup, je trouve que le psyllium, ça marche vraiment bien. Petite anecdote. Le psyllium, c'est une plante ? Ouais, en fait, tu l'achètes, c'est des petits copeaux comme ça que tu mélanges avec un peu d'eau et que t'avales. Et en fait, c'est des fibres. Et du coup, ça fait un peu comme un lavement interne. Donc, ça veut dire que quand tu vas à la selle après avoir pris du psyllium,
Ça prend un peu tout sur les côtés. Donc, en fait, tu es clean derrière. Tu es plutôt tranquille. Ce ne sont pas les bons mots. Non, mais tu fais très bien. Et du coup, j'invite les gens à écouter le proctologue qui explique à peu près ça. Non, pas à peu près, qui explique ça. Mais ce que je trouve intéressant, c'est la puissance du soin mental. C'est ça.
j'ai pas envie de casser ça parce que ce que t'as dit c'est médicalement exact en gros la fibre permet à tes selles de faire, de conglomérer en fait ça fait des selles qui s'unissent mieux, donc en fait quand t'es évacu, bah tout sort d'un coup et y'a pas de petits morceaux ici et là je suis moi même pas médecin mais j'aime beaucoup parce que je trouve que ça fait partie de ma sodomie
de ce soin qu'on s'apporte que ça soit en créant les bonnes conditions que ça soit en faisant son lavant et là je trouve que le moment où tu fais ta petite potion de panoramix et que tu te dis ok c'est en train de faire son effet mais en fait t'es en train aussi de t'apaiser et de faire en sorte que
Ça va bien se passer, quoi. Et donc, c'est chouette, c'est cool. C'est pas mal d'en parler à son médecin pour pas se surdoser, parce que ça reste quand même des compléments alimentaires. Mais c'est pas très dangereux, quoi. Ça s'achète en truc bio. Donc toi, tu continues le psyllium ?
Par période. Je sais que j'en ai pris tous les jours pendant six mois et j'étais en mode, ok, c'est bien de faire une pause. Je crois qu'on m'avait aussi dit… Ça te constipe ? Non, mais médicalement, on m'avait aussi dit que c'était bien de ne pas en prendre en continu et de ne pas s'habituer trop. Mais ouais, régulièrement quand même. Et toi, ton psyllium, il fait effet ? Souvent, j'en prends peut-être deux jours avant que mon mec arrive. Parce que comme on est à distance, on se voit sur…
4 jours d'affilée peut-être trop cool, merci moi j'en ai là dans le placard juste à côté de toi mais je trouve que c'est dégueulasse
Bah faut prendre genre avec du sirop ou de la compote Ouais c'est dégueulasse cette affaire Et puis bah au final moi j'ai plutôt opté pour l'option lavement Mais donc en tout cas il y a eu cette partie de propreté que t'as checké Ouais en tout cas qui m'a voilà aussi personnellement rassuré Et ça passe aussi par des partenaires qui me disent en fait c'est pas grave si c'est pas 100% Bah ouais
propre mais en fait t'as besoin de l'entendre quand même tu vois je suis complètement d'accord avec toi voilà surtout quand il y a des gens avant qui t'ont dit non non non c'est une catastrophe je vais passer 30 minutes dans la salle de bain alors qu'on était dans le lit parce que j'ai peur que tu vois bien sûr
Donc voilà, il y a cette partie plus mentale. Lui a su te montrer le chemin ? Oui, j'imagine. Il n'est pas très compliqué, le chemin. Pour que tu comprennes pourquoi je creuse, là, j'ai juste ma casquette de… Il y a plein d'auditeuristes qui sont…
qui se voient dans ton blocage qui prennent des notes en mode putain moi j'ai envie de voir comment Roméo a fait et peut-être je peux m'en inspirer et donc si jamais t'as des trucs qui toi t'ont débloqué je t'invite à les dire si t'as le souhait bah forcément un partenaire de confiance tu vois et après bah moi j'avoue j'ai le popper ça marche très bien pour moi j'aime bien ok donc euh
Je trouve que ça aide. Déjà, ça enivre. Donc, en fait, la situation, elle est encore plus sexy. Tu sais, il y a un truc où t'es un peu high, mais pendant très peu de temps, quoi. Et puis, ça marche, tu vois, littéralement, ça ouvre le cul. Donc, en fait, si t'as un peu mal ou tu vois que tu vas un peu petit à petit, ça marche, quoi.
J'aime pas du tout cette stratégie ce qui ne l'invalide pas du tout mais moi Guillaume dans ma vie personnelle pour moi ça pue le vomi ce truc ça me déconnecte complètement et je trouve moi je milite pour on a tout en nous pour se décontracter et au contraire
Ne pas prendre de chimie pour entendre le blocage, pour du coup lui répondre et prendre soin. Je trouve que c'est vachement important. Mais ça ne veut pas dire que le poppers est légal en France. J'ai fait des épisodes dessus avec une personne super experte à Parc.
quelques bêtises qu'on peut faire avec et il faut juste faire attention c'est pas si grave mais je trouve que parfois on a la hâte et moi je suis très impatient on a la hâte que le blocage cesse et donc oh bah petit poppers je sniff et il n'y a plus de blocage ouais mais en fait
La sodomie, ce n'est pas censé faire mal. Donc tant que ça fait mal, c'est qu'on n'a pas encore aligné toutes les conditions psychologiques ou physiques ou matérielles qui le permettent, et c'est ok. Et le blocage est un indice dans le labyrinthe de notre sexualité, tu vois. Ça nous dit plus à gauche qu'à droite. Non, c'est vrai. Parce que, bon, mais on s'en fout, ça marche…
Faisons à notre guise. Je ne veux pas être moralisateur. Oui, oui. Du tout. Je m'en fous complètement. Ok. Donc vive l'assaut de maille. Vive l'assaut de mie, tu veux le dire ? Vive l'assaut de mie.
Trop bien. Je suis un peu fatigué du coup. Je ne sais pas pourquoi je t'ai dit tu veux le dire. Tu t'es retrouvé à dire vive la sodomie. Tant mieux. Il y a un truc comme ça, on va s'arrêter là. Est-ce qu'il y a une dernière bafouille où tu te dis j'ai envie de dire ce dernier truc, il y a un truc qui t'apparaît ?
je sais pas en fait je réfléchis beaucoup en ce moment à ce que ça veut dire d'être trans et d'être pd à la communauté vraiment trans pd et j'ai lu un bouquin d'un mec trans pd écrit qui habite à Marseille qui s'appelle vous vouliez ma chaleur vous aurez mon feu et j'ai polo hiking je crois que c'est comme ça ouais
qu'on dit. J'ai aussi vu il y a deux jours un film qui s'appelle Desire Lines, sur des mecs trans PD aux Etats-Unis, pour le coup, qui a été traduit par un collectif qui s'appelle Transfactrad, qui traduit des archives trans PD. Et ça m'a fait beaucoup de bien de voir ces nombreux chemins-là. Un peu ce que j'évoquais au début d'un épisode, un truc qu'on s'est dit cet après-midi,
de se sentir le premier ou un peu seul et en fait de voir qu'il y a tellement de chemin qu'en fait il y a des archives qui nous le montrent que les mecs trans ils sont dans les communautés gays depuis toujours et par exemple il y a des figures genre Lou Sullivan qui était un mec trans qui est mort du sida dans les années 80 qui a fait beaucoup aussi pour la communauté
Je sais pas, peut-être finir un peu là-dessus, de se dire, bon bah voilà, moi j'ai partagé mon chemin, il y en a des milliers, et en vrai, les mecs trans, ils ont toujours été dans la communauté pédé, et je souhaite à tous les mecs trans d'y rentrer, et tous les mecs pédés d'avoir des copains trans, parce que c'est cool, on s'entend bien !
Vous vouliez ma chaleur, vous aurez mon feu. Paolo Higgins, j'espère que je dis bien H-I-G-I-N-S. Paolo peut-être ?
je sais pas je m'excuse mais de toute façon je suis en lien avec lui je l'ai invité sur le podcast ah trop bien et ça va se faire moi j'ai beaucoup aimé son livre je trouve qu'on pourrait le conseiller pour quelqu'un ma question pour toi ça allait être moi c'est sûr que j'ai une audience plus homme gay cis que homme trans ouais j'en suis à peu près sûr
Et donc, j'ai envie de terminer par, pour des gens pour qui t'es le premier témoignage, déjà trop cool qu'ils soient là et j'espère que ça les a nourris de ouf et qu'ils se disent, j'ai envie de faire une étape 2, j'ai envie de… Je suis passé à côté de ce sujet où j'avais des préjugés bêtes que Roméo m'a vachement aidé. Ils sont sur le chemin. On leur conseille ce bouquin, t'es d'accord ? Il y a un autre contenu
qu'un homme gay cisgenre peut lire ou regarder qui te vient en tête ? Bah du coup ouais j'ai parlé de cet assaut qui s'appelle Transfag Trend T-R-A-D ? Quoi ?
Transfag… Trad, T-R-A-D. Comme traduction, ouais. Et du coup, ce que littéralement dire Transpédé Traduction, quoi. Qui traduisent des archives, du coup, sur le sujet. Et c'est super. Et leur projet, c'est de traduire, du coup, les journaux intimes de Lou Sullivan, qui est ce mec…
trans qui a été activiste qui a fait le premier zine entre mecs trans aux Etats-Unis et qui est décédé du sida dans les années 80 je donne le site transfagtrad.fr t-r-a-n-s f-a-g-t-r-a-d.fr ils ont Instagram aussi ils ont l'Instagram je m'offre une dernière question parce qu'elle m'est vachement importante
Pour moi, c'est super important de découvrir que je ne suis pas le premier et à plein d'égards. Moi, je me connecte à 2000% sur… Moi, je suis le premier gay out de ma famille. En fait, j'ai découvert, je le savais sans le savoir, que j'avais un ancêtre queer gay. Sauf qu'il n'a jamais été out officiellement. Je reste le premier gay out officiel. Mais en fait, je me suis connecté à sa vie de gay pas out.
J'ai même réussi à trouver son amoureux secret, son entourage, etc. Et de les entendre, de les rencontrer, de les entendre.
à transformer ma vie et j'essayais d'expliquer ça à des amis et à mon frère hétéro et j'essayais de dire mais c'est tellement fou au fait j'étais pas le premier comment toi tu mettrais des mots sur pourquoi c'est vivant, vibrant, puissant pour toi en lisant Transfactrad de bien sûr confirmer que tu n'es pas le premier pourquoi c'est important ? c'est hyper important en plus je trouve qu'il y a
il y a ce truc que Polo il dit dans son livre qui m'a touché et c'est l'idée de on veut pas être seul on veut pas être le premier mais on a un peu envie d'être l'unique quand même tu vois et il y a un truc où en fait il y a aussi un truc d'ego là dedans que je trouve hyper juste et aussi important voilà à rabaisser enfin à dire non enfin te prends pas dans ce truc tu vois et t'as aucun intérêt à vouloir être le seul enfin il y a
La communauté, elle a mis le chemin là pour toi. Tu vois, elle t'a montré le chemin. Elle sera là après. Peut-être toi, tu vas pouvoir aider d'autres sur le chemin aussi. Donc, c'est le truc d'ego de dire… Ah, en fait…
Ça me fait kiffer d'être le premier mec trans avec qui ce gars accouche, tu vois. C'est un peu merdeux quand même, tu vois. Et non, mais juste aussi, ça fait du bien de savoir qu'il y a plein de gens qui ont eu des expériences trop bien, de pouvoir les entendre, de se dire « Ah putain, c'est ouf, je pense comme lui » ou « Ah, il m'est arrivé un peu la même chose ».
Je sais pas, ça soulage un peu, ça enlève un peu de lourdeur à l'impression qu'on a de notre vécu. Le pote de mon ancêtre gay, qui était du coup le frère de mon grand-père, frère de mon grand-père gay mais dans le placard, il s'appelait René. Et en fait, j'ai retrouvé le bar…
où ils se cachaient entre tapettes qui refoulaient, et c'est le terme utilisé par le propriétaire du bar, qui existe encore aujourd'hui, qui m'a dit, nous on était un bar de gays qui refoulaient, qui se cachaient. Et le vendredi soir, à 23h, ils baissaient la grille du bar, et ça devenait en gros un lieu de sexe. Et il me disait, tu vois, ton oncle…
Ton grand-oncle, il se mettait là, à côté du bar, et je ne l'ai jamais vu faire du sexe avec nous, mais il regardait. Et il y a eu un truc ultra puissant de me dire, je crois que ça m'autorise. Je crois que je suis là. Ah mais en fait, ton rapport au sexe, tes défis, tes questionnements, tu fais partie d'un continuum, Guillaume. Ce n'est pas nouveau. On veut nous faire croire qu'on est des détraqués ?
En 2025 encore, tu vois. Moi, je suis très insulté sur les réseaux sociaux. On exige de moi d'avoir honte. On dit que ce podcast, c'est une honte, que je ne devrais pas parler, faire parler d'intime, que nanani. Et quelque part, tu vois, ça me légitime, ça m'autorise.
Mais évidemment que nos ancêtres nous autorisent aussi à vivre ce qu'ils n'ont pas réussi à vivre et à continuer de vivre ce qu'ils ont vécu. Et que ça fait du bien, quoi.
Parce qu'on grandit dans une chape de plomb. Je crois qu'être le premier, c'est aussi de la violence. Parce que du coup, tu as l'impression de déchiffrer tout seul. C'est de la solitude. Après, il y a une famille choisie qui peut apparaître, des amis de l'entourage. Mais quand même, tu te retournes dans ton arbre généalogique et tu as l'impression un peu de faire tâche, quoi.
Et en fait, t'es absolument pas le premier. Et il y a un truc… Et je trouve que le futur qui m'inspire de ouf, c'est que moi, en sortant du non-dit, j'autorise mes descendants, le futur, à partir de mes mots, de mes erreurs, de mes idioties. Je dis pas du tout que ce que je fais, c'est bien, mais moi, je pars de zéro mot, d'une omerta totale,
et je pars de rien, mes suivants, mes descendants, ils partiront de… Putain, cet oncle-là, il nous a cassé les couilles avec son podcast de merde et qui a dit de la merde. Je savais très bien, mais tu pars de là. Tu vois ce que je veux dire ? Donc les queers de demain, de ma famille…
On commence quelque part. Il y a plein de narratifs familiaux qui ne peuvent plus avoir lieu sur on ne connaît pas, on ne sait pas. Ce qui se tisse après, c'est aussi comment l'hétéro devient allié. Le queer qui ne se cache plus exige du reste de la famille hétéro de se positionner. J'ai grandi dans une famille qui a dit on ne se positionne pas, on ne sait pas.
Parce que le grand-oncle n'a jamais dit. Et moi, à partir d'aujourd'hui, ce qui change aussi, c'est… Mais du coup, vous savez. Donc vous devez vous positionner. Vous ne devez pas, mais je vous demande alors, c'est quoi pour vous être allié ? Surtout dans un monde où les droits LGBT sont attaqués de partout. Bon. Excuse-moi de cette conclusion un peu longue. Ton dernier mot ? Un seul. C'est toi qui auras le mot de la fin. Bah, merci !
Merci à toi, Romeo.