Vieillir gay ? J’ai 63 ans : voilà ce que j’aurais aimé savoir – François 2/2

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Partie 2 – François raconte son parcours intime en tant que gay qui vieillit (il a 63 ans) : sa rencontre avec son partenaire, sa peur d’éjaculer liée à sa séropositivité, le chemin qu’il découvre en vieillissant et la difficulté de se sentir désiré dans un monde qui rend les gays âgés souvent invisibles.

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Es-tu bien installé ? Pour moi, c'est parfait. Génial. François, partie 2 de ton témoignage. On s'est laissé à la fin de la partie 1 où tu allais raconter ta rencontre avec ton partenaire actuel. Et j'ai trouvé que c'était très joli parce que justement, tu me racontais, lorsqu'on a préparé ce témoignage… Tu me racontais que face au rejet que tu ressentais sur les réseaux de rencontres, enfin que tu vivais sur les réseaux de rencontres parce que tu étais trop vieux, tu te dis, bon allez, j'arrête les réseaux de rencontres. Mais là, au dernier moment… Comment ça s'est passé ? Vous vous êtes quand même rencontré. C'est lui qui t'a contacté ? Non, c'est moi qui l'ai contacté. J'étais sur ce site de rencontre parce que… Je ne sais pas où est-ce que j'avais pioché cette information. C'est un site sur lequel on m'avait dit « Mais tu devrais peut-être aller sur ce truc-là parce qu'il y a beaucoup de mecs séropos et peut-être tu auras moins de gars qui te rejettent. » Parce que toi, sur le réseau de rencontres, c'était T'es trop vieux et Céropo ? Oui, oui, oui. C'était Céropo qui t'excluait ? Les deux. Et là, donc, sur ce site de rencontres, en fait, c'est plutôt un site avec des gars qui ont des pratiques un peu… Il les qualifie hard, un peu, tu vois, genre… Kink ? On peut dire le nom du… Avec des trucs en cuir, avec des cagoules, avec des harnais, avec tout un tas de trucs, tu vois. Incroyable, mais vrai. Ah bah oui, oui, c'est un gars qui avait un sexe, bac à toujours d'ailleurs, un sexe… Chop. Chop, oui, on peut dire ça comme ça, à Lyon, en fait. Il m'avait dit, mais tu devrais aller là, et puis surtout… C'est là un peu ce qu'on m'avait évoqué tous les deux mais tu sais à partir d'un certain âge il faut quand même que tu boostes un peu ton truc là avec un peu de cuir avec un peu de latex avec un peu de machin tu vois ça va pepser un peu ton profil et tu vas certainement trouver des gars en fait sans problème et c'est comme ça que je suis allé sur ce site de rencontre en fait voilà. Ça t'intéressait ces kinks, le cuir et tout ? Non, toi t'y vas parce qu'on t'a dit qu'il y avait moyen peut-être. Moi j'y vais plutôt parce qu'on m'avait dit qu'il y avait des séropos et qu'il y avait moins de discrimination sur ce site. Après moi les trucs en cuir et tout… C'est quoi le nom du site ? Oui, voilà. Et les trucs en cuir ou latex comme ça, bon… Ouais c'est sympa, c'est joli à voir, mais bon, c'est aussi une question de fric, je trouve que c'est hyper cher ces trucs-là en fait. Quand t'as tout la tiraille, franchement il faut gagner je sais pas combien de milliers d'euros, c'est un truc de fou quand même. Je trouve que c'est assez discriminant socialement. Mais bon, ça c'est une autre problématique. Tu te souviens de son profil ? Ah oui, parce que moi, en fait, sur ce truc-là, tu sais, tu peux choisir l'âge des gars que tu veux contacter, tu peux choisir la provenance géographique, tu peux choisir aussi leur pratique, tout ça. Donc moi, je m'étais dit de toute façon, je ne veux pas un partenaire qui est moins de mon âge, voire plus, tu vois ? Donc, après, rapidement, le site te propose moins de personnes du fait de sélection, moins de clients, on va dire ça comme ça. Et donc, je cliquais sur son profil et puis je laissais un message du style « Salut, comment tu vas ? J'aimerais bien discuter avec toi, on pourrait se rencontrer ». et alors lui franchement je sais pas comment il s'était démerdé pour être là sur ce truc là mais genre il avait rien mis sur son aucune pratique pas de photo avec du cuir pas de photo avec du latex ou je ne sais quoi tu vois rien bonjour même pas bonjour c'était vraiment le truc on va quand même le contacter on sait jamais Et donc, j'ai eu une réponse de ça. Parce que moi, je m'étais fait un putain de profil de salope de première classe où j'avais fait des tas de photos avec tout un tas de bordel, où j'avais mis toute une page avec toutes les… Je faisais tout ! Parce qu'à ce moment-là, tu te dis, j'envoie le paquet pour rencontrer… Absolument. Un peu, tu sais, un peu comme quand tu réponds à une annonce de Pôle emploi, tu vois. Enfin, France Travail. Tu boostes ton profil. Mais c'est… C'est marrant parce que… Enfin non, c'est pas marrant… Dans la partie 1 de ton témoignage, tu as raconté qu'à un moment donné, tu t'es prostituée pendant un an et demi, super jeune, autour de 18 ans, parce que tu fuis tes parents. Là, à nouveau, j'entends un raisonnement de travailleurs du sexe, quoi. Parce que dans ma tête, je me dis, s'ils veulent des salopes, on va en donner des salopes. Ouais, mais à aucun moment… Parce que c'est l'image aussi que je me faisais. De quoi ? De ce qui se passe sur ce site-là, tu vois. Donc, si j'ai bien compris, tu te dis, puisque je suis vieux, ma seule possibilité, c'est des espaces un peu kink, cuir. Ça ne me correspond pas, moi, François ? Mais c'est mon seul… Parce qu'à l'époque, il y a une petite dizaine d'années, à Lyon, il n'y avait pas de bar. Toi, à 50-50, ta vie en dehors de… Des bars, il y en avait peut-être, mais moi, je n'ai jamais été trop… Des sex-clubs, il y en a aussi, tu vois. Je fréquentais un peu des sex-clubs, mais je n'avais pas rencontré, tu vois… Et il me semblait aussi que le sex-club, c'était pas non plus le lieu où les gens venaient pour rencontrer un partenaire avec lesquels ils allaient peut-être avoir une aventure. C'est pas le lieu pour. Et les bars, moi je sais pas, j'ai jamais été trop bar non plus, même quand j'étais plus jeune. Ça n'a pas été trop mon univers, les bars. D'abord, je sais pas draguer, déjà pour commencer. Donc c'était vraiment un endroit où j'allais pas du tout en fête. Tu te sentais plus à l'aise en ligne ? Oui, parce que ce site-là, en fait, c'était assez sympa. Et quand tu dis j'ai fait un profil de salope, c'est jouissif en même temps. Je suis une salope au fond de moi, c'est un bon truc, j'aime le sexe. Non, c'est pas du tout ça. C'est parce qu'en fait, j'ai l'impression que ce site-là, ça fonctionne exactement comme j'évoquais Pôle emploi ou France Travail. J'ai l'impression qu'en fait ces sites, ils invitent ou ils incitent les gens qui sont connectés ou qui sont inscrits sur leur réseau à être le meilleur. Et tu le vois très bien quand tu visites les profils. Il y en a, ils savent précisément comment il faut prendre les photos, avec des bons éclairages, avec les bonnes prises de vue, avec tout le… Comment dire ? Quand ils écrivent aussi, tu vois, leur présentation, tu sens que c'est léché. C'est parce qu'il y a un vrai travail où tu es la personne, où tu vends en quelque sorte. Tu deviens un produit quoi. Voilà, c'est ça. Tu t'es jamais dit… Et en fait, moi je sais faire ça. Ouais, et tu t'es jamais dit que tu mettais en avant une part qui n'est pas toi, et donc tu allais attirer à toi des personnes qui ne te correspondent pas. Non, ça j'avais pas réfléchi à ça. toujours est-il que ça a marché oui alors je lui envoie un message il me répond en me disant ouais merci de ton message mais pour l'instant je suis pas à Lyon et je suis assez loin mais par contre donne moi ton numéro de téléphone et je peux te faire un petit sms c'est plus rapide que le site en fait Donc voilà. T'avais zéro info sur lui ? T'avais des photos ? Ouh là là, une putain de photo, genre un photomaton, tu sais, où il avait la barbe et tout, un truc horrible. Ok, tu le trouvais beau ? A priori, je dis, il est bourru un peu celui-là, mais ça me plaisait bien, en fait, tu vois. En tous les cas, il répondait à tous mes critères. Il était plus âgé que moi, genre quelques années de plus, donc on était de la même génération. Il était donc lyonnais, voilà. Et apparemment, c'était marqué qu'il était libre aussi, il n'était pas en couple, donc parfait. Donc, c'était au moins les trois critères que je m'étais fixé. et donc j'envoie mon numéro de téléphone et il m'a répondu il m'a envoyé un sms il était sur la plage et tout et on a correspondu tu vois d'abord par sms comme ça pendant presque une semaine parce qu'il était en vacances vous n'êtes pas appelé ? non et quand il est rentré on a fixé un premier rendez-vous pour baiser ça a été le putain de pied et voilà comment notre aventure a commencé super et alors non mais le truc marrant c'est qu'en fait quand je l'ai contacté sur le site et j'ai eu les deux trois premiers échanges qu'on a eu avant que je lui donne mon numéro de téléphone je lui ai dit surtout va pas lire mon profil le truc un peu genre ça va peut-être te décourager Mais t'avais écrit quoi sur ce profil ? Ah non mais je pourrais pas le retrouver mais des trucs de fou quoi. Des pratiques très hard ? Oui bah oui parce que c'était le site donc j'ai inventé des trucs tu vois. Ah ouais ? Ah oui oui. J'ai dit bah si c'est les… on est là dessus pour inventer tu vois. Voilà. Un vrai discours de théâtre, carrément. Donc tu lui dis, ne va pas… Bon, évidemment, aujourd'hui, on en rit parce que la première chose qu'il a fait, évidemment, c'est d'aller lire et regarder mon profil. Et voilà comment notre aventure a commencé. Mais tu l'as rassuré ou en tout cas, il n'est pas parti en courant ? Non. Tant mieux. Comment, tu as souvent, enfin tu as mentionné que tu étais séropositif, comment est-ce que ta séropositivité, toutes les syllabes, a impacté ton chemin de sexualité dont on parle, ton chemin d'intime ? Alors, quand j'ai découvert ma séropositivité, en fait, ça s'est passé… J'étais avec un partenaire depuis, on va dire, un mois… Ouais, ça faisait un mois, un mois et demi qu'on était ensemble. Tu as quel âge ? C'était en 2005-2006. 2006, peut-être. 2005-2006. Au début de l'année, oui, on s'était rencontrés en décembre. On a vécu tout de suite une aventure assez proche. Et à la fin du mois de janvier, on avait eu des relations sexuelles, mais pas de pénétration. Et on s'était dit, quand même, peut-être que ce serait bien si on avait des pénétrations, maintenant qu'on se connaît bien et qu'on n'a pas eu d'autres partenaires. Par contre, avant, peut-être qu'on va faire un test. donc nous voilà tous les deux partis en couple faire le test à l'époque tout ce qui se passe au Griffon tu sais le centre de santé sexuelle communautaire à Lyon c'était à l'hôtel Dieu là où il y a aujourd'hui le truc de luxe c'est là où se situait le dépistage alors attends c'est très intéressant parce que comme moi je suis parisien je sais absolument pas de quoi tu parles mais bon en gros t'es allé dans un centre de santé voilà on y est allé en couple Le même jour. C'est quoi le truc de luxe que vous avez ? C'est l'hôtel Dieu. C'est un hôtel 5 étoiles. Et c'est là où se déroulaient avant les dépistages. D'accord, excuse-moi, merci. Vous y allez en couple ? On y va en couple, on fait notre dépistage et puis on a un rendez-vous pour avoir les résultats une semaine après. Et c'est là que j'ai appris ma séropositivité. Ça a été un coup terrible. Parce que je ne pensais pas du tout être séropo. Franchement, pas du tout. Je suis tombé de très très haut. C'était très dur. Et là, je lui dis « Écoute, je ne vais pas t'obliger à continuer la relation avec moi. On va se séparer. Comme ça, toi, tu es beaucoup plus libre. » Et donc il n'a pas voulu qu'on se sépare, donc on est resté ensemble. Et à partir de là, si tu veux, la question de la pénétration, déjà c'était très compliqué, parce que j'avais peur que lui devienne séropositif. Et d'une façon concomitante ou parallèlement, au fur et à mesure que le temps a passé, je me suis découvert une très grande difficulté à jouir, à éjaculer en fait. Et encore aujourd'hui, j'ai vraiment du mal à éjaculer, c'est à jouir. Je jouis d'une autre façon, mais éjaculer c'est hyper compliqué pour moi. Ok, alors que je comprenne bien, quand tu t'inquiètes qu'il devienne séropose, c'est que vous n'avez pas discuté d'une stratégie de protection entre vous ? Que ton cerveau, de façon irrationnelle, malgré les protections que vous mettez en place… Si bien sûr parce que quand le médecin nous a reçu, il nous a reçu en couple pour nous dire bon bah on est quand même plus dans les années 80, votre ami va pas décéder dans 15 jours, avec des préservatifs tout va très bien et probablement que votre ami… En fonction de son taux de T4, il va probablement prendre un traitement assez rapidement en tous les cas, de toute façon. Donc vous ne risquez rien tous les deux, vous pouvez vivre votre vie de couple et votre sexualité sans problème. À l'époque, est-ce que… C'était en 2006. En 2006, alors il me semble que c'est à l'époque… Et à l'époque, nous, enfin moi, en tous les cas, à l'époque, on ne m'a pas donné un traitement tout de suite. On attendait, le médecin attendait que j'ai un certain nombre de T4 pour me mettre sous traitement, en fait. Et à l'époque, vous aviez entendu en couple, parce que I égale I, c'est indétectable égale intransmissible, c'est-à-dire une personne qui est indétectable, qui est séropositive indétectable, ne peut pas transmettre le VIH. Oui, mais à l'époque, ce n'était pas encore ça. On n'avait pas fait les études. Et d'autant plus qu'à l'époque, moi, je n'ai pas été sous traitement tout de suite en fait. J'ai été sous traitement, je crois, presque deux ans après. Parce qu'en fait, j'avais un taux de contamination stable, mes T4 ne baissaient pas non plus. Et voilà, donc il fallait quand même faire attention. Voilà. d'accord oui donc ça explique pourquoi toi t'avais cette crainte voilà et je faisais des cauchemars des fois aussi d'ailleurs j'en fais encore bon j'en fais moins mais ça m'arrive des fois de faire ce cauchemar c'est toujours le même c'est assez dingue il m'arrive un accident et un accident où tu vois je perds du sang ou j'ai une blessure et j'ai dit à tout le monde surtout me touchez pas c'est horrible c'est absurde de faire mais je fais encore des fois ce cauchemar à l'époque je faisais très souvent ce cauchemar en fait tu ris Mais ce n'est pas drôle. Non, ce n'est pas drôle. Tu réagis comme tu veux et tout, mais putain. Ah oui, oui, oui. Parce que I égale I n'arrive pas. Il y a une part de ton cerveau qui dit non. Non, mais en fait, il faut se remettre dans le contexte de 2000. Non, mais là, on est aujourd'hui. Alors aujourd'hui, en tous les cas, oui, je fais encore de temps en temps ce cauchemar. Une part de ton cerveau veut entendre que… Oui, absolument. Pourquoi ? Ça, je ne sais pas. Si j'avais la réponse, ça serait bien. Mais pour l'instant, non, je n'ai pas de réponse. Et cette question de l'éjaculation, vraiment, alors est-ce que c'est lié à ça ou à autre chose ? Parce qu'il peut y avoir d'autres causes, pas que la séropositivité. Ça peut être aussi tout simplement mécanique. Quand j'étais plus jeune déjà tu vois c'était, j'étais genre pas éjaculateur précoce quoi, ça mettait déjà un certain temps. Donc peut-être qu'avec l'âge tu vois ça augmente, ça augmentait aussi tu vois, ça se rajoute avec tout ça quoi. C'est quoi ton intuition ? C'est lié ? Moi, je pense qu'il y a un peu des deux. C'est-à-dire qu'à la fois, quand on prend de l'âge mécaniquement, c'est peut-être… On jouit moins rapidement. Donc… Voilà, ça c'est un phénomène qui se rajoute à celui de la séropositivité, où j'ai toujours pas fait ce travail sur… mon sperme n'est pas contaminant, en fait. Parce que j'ai un traitement, je suis observant, voilà. Ça veut dire quoi, j'ai pas fait ce travail ? T'as l'impression qu'il y a un travail thérapeutique ? Probablement, oui. J'aurais peut-être dû faire ce travail thérapeutique avec un professionnel, tu vois. Avec un sexologue, peut-être. Tu utilises l'imparfait parce que tu souhaites pas le faire ? Maintenant que j'en suis, franchement… C'est contradictoire avec ce que tu as dit dans l'épisode 1. C'est-à-dire ? Dans l'épisode 1, assez rapidement, dans ton témoignage, tu racontes qu'avec ton partenaire que tu aimes et avec qui vous avez une chouette sexualité, en ce moment, vous vous questionnez sur, justement, la pénétration, votre futur de la sexualité. Donc, en fait, le taf, tu le fais. Tu es déjà en train de le faire. Oui, oui. Maintenant que j'en suis… Ah non, non, non, François ! Mais moi, il faut que je me dise qu'après 60 ans, en fait, la vie continue, quoi. Oui, oui, la vie continue. À 90 ans, moi, je pense que je m'autoriserais perso à 90 ans à dire, bon, les choses sont faites. 90 ? Non, tu as raison, Guillaume, la vie continue. Mais je crois que ce travail que je pourrais faire avec un professionnel ne m'apporterait rien de plus dans la satisfaction que j'ai de ma sexualité. C'est-à-dire qu'entre nous, entre mon partenaire et moi, le fait que je mette très très longtemps à éjaculer et qu'on ait quelquefois des séances de baisse où je n'éjacule pas, ça ne nous pose pas de problème. On en a parlé tous les deux, on a évoqué cette question-là et ça ne pose pas de soucis. En tout cas, moi, ça ne m'enlève aucun plaisir. Aucun. J'ai du mal à le croire. Je suis sûr qu'il y a plein d'auditeurs qui vont m'engueuler parce qu'en gros, je te ramène, je peux juste te partager moi. Moi, je suis dans un désir de nous libérer. Oui. Avec ce podcast, me libérer moi, aider plein de gens à se libérer, libérer de la honte et de la culpabilité, d'être gay, d'être bi, d'être queer, d'être séropo, d'être kinky, etc. Moi, la honte et la culpabilité, ça me fait chier et c'est mon ennemi numéro un. Après, le fait qu'on fasse des choix, qu'on investisse ici et pas là… qu'on n'ait ce désir et pas celui-là. Ça, après, moi, j'ai pas d'injonction et j'ai pas du tout l'idée que j'ai en tête une sexualité épanouie. Oui, oui. Par exemple, si je te dis qu'avec mon partenaire, par exemple, quand on est en relation sexuelle, qu'on est dans nos séances… Et qu'au bout de 20 minutes où il me branle, j'ai toujours pas éjaculé. Putain, mais moi, ça me fait mal à la bite, quoi, en fait. Il me dit, putain, mais tu vas cracher. On en rit plutôt tous les deux, tu vois. Mais comme j'ai pris du plaisir à d'autres trucs et que c'est bien dans ce moment-là, tu vois, ça sort pas, ça sort pas. Hum. Ouais, bien sûr. Et tu peux décider de te mettre en route sur ce chemin ou pas, quand tu seras prêt ou pas. Non, il n'y a pas d'injonction. Mais tu sais, pour peut-être les auditeurs aussi à qui ça arrive, parce que je pense qu'il y a des tas de gars… qui peuvent être dans la même situation que moi. C'est-à-dire qu'à la fois des tas de gars, c'est repos peut-être, qui ont aussi peut-être des questionnements ou qui ont du mal avec l'éjaculation ou qui ont encore du mal avec leur sperme. Je pense qu'il y en a encore. Donc peut-être en écoutant, ils vont se dire « je ne suis pas tout seul ». Parce que même quand je suis tout seul et que je me dis « bon, alors j'ai quand même essayé de me branler ». Putain mais des fois ça me fait mal au bras, j'en ai marre quoi. Parce que ça sort pas quoi. Au bout d'une demi-heure, mais des fois une demi-heure, trois quarts d'heure et ça fait trois quarts d'heure que je me branle et j'ai toujours pas joui. Et la dernière fois que t'as essayé c'était quand ? Bonne question. Ça fait presque une semaine et demie. Je pense que c'est là où moi je me permets, on est entre nous et puis ça te permet un peu de te gratter où je trouve que c'est contradictoire parce que quelqu'un qui vraiment fait la paix, il y a plein de façons de jouir, l'orgasme, l'absence d'éjaculation est absolument pas une catastrophe dans sa sexualité. Mais quelqu'un qui du coup dit « bon non c'est pas mon délire » n'a pas essayé il y a une semaine ? Tu crois ça ? Ah mais bien sûr. Enfin, c'est mon petite opinion de Guillaume, qui honnêtement, comme on se connaît pas vraiment, tu peux dire Guillaume il m'emmerde, mais je sens un élan et un désir de reconnecter avec l'éjaculation, et je sens que t'es au travail en ce moment, il n'y a pas plus tard qu'une semaine, à essayer… et voilà après moi j'ai aussi la facilité moi j'ai un peu la solutionnité aiguë j'adore donner des solutions à tout le monde et à moi inclus on ferme la parenthèse ici mais ouais je te sens vraiment dans un élan et pas du tout dans un chapitre fermé et je me demandais d'ailleurs le lien entre ta capacité et ton désir à être actif, à pénétrer et cette possibilité d'éjaculer est-ce qu'il n'y a pas dans ton cerveau aussi un éloignement si le désir est une conquête parce que tu hochais de la tête tout à l'heure quand je disais, moi ma théorie c'est qu'on est tous en puissance, un peu de tout toi tu étais plutôt d'accord peut-être que dans la conquête que tu pourrais avoir envie de mener si tu peux te renouer avec ta capacité à éjaculer, alors pénétrer Ce sera beaucoup plus fun, peut-être. En tout cas, moi, c'est un truc que j'ai conquis. Je n'arrivais pas à pénétrer et à éjaculer. J'ai fait un épisode là-dessus, sur les trucs que j'ai faits pour redevenir l'actif que je suis. Donc moi, dans mon cheminement, je me sens plein de choses. Et parfois, je me sens complètement… Je ne suis pas en train d'être dans une performance d'une bonne sexualité. Guillaume, c'est ceci et c'est cela, donc je m'oblige. Moi, j'ai envie de pénétrer des fions. Il n'y a pas de doute. Et je me suis mis à écouter toutes les petites voix quand j'essayais de pénétrer quelqu'un. Mais c'était genre la teuf de la petite voix haineuse. où je me disais, t'es trop moche, t'es trop gros, ta bite est nulle, ou ta bite est trop petite, ou tu vas débander. Honnêtement, si tu bandes et que dans ta tête, tu te dis, tu vas débander, t'as quand même de fortes chances de débander. Ou bien, une des petites voix, c'était, bon, maintenant, Guillaume, surtout ne débande pas. Autre moyen parfait pour débander. Et après, une fois que je pénétrais, je me disais, ben là, c'est nul. Et ce, même si mon partenaire gémissait, j'étais là, putain, c'est nul. Et en plus, il fake. C'est impressionnant le cerveau. Et c'est peut-être pour ça que j'ai la solutionnite aiguë, c'est que je me dis, putain, on ne peut pas rester avec ces petites voix d'autodétestation. C'est trop injuste et c'est trop injuste parce que ces petites voix… Elles viennent de l'homophobie, elles viennent de tous les stigmas qui existent. Moi, je suis désolé, je ne suis pas né avec ces voix méchantes quand j'essaye de faire du sexe anal. Tu vois ce que je veux dire ? Et en tout cas, c'est ma croyance puissante. Et je pense que c'est pour ça que je suis un petit peu véhément dans mon envie de donner toutes les clés possibles. Alors peut-être que le travail après des actifs est peut-être plus compliqué, peut-être. Parce qu'il y a justement cette question… Moi, c'est souvent la question que je me suis posée. Est-ce que pour moi, c'est plus facile d'être passif ? Parce qu'il n'y a justement pas ce travail psychologique de me dire, il faut que je sois performant, il faut que je bande, que je bande longtemps, il faut que je se bande dur. Et puis que je sois endurant aussi, tu vois. Tout ce travail-là, quand on est actif, c'est un vrai boulot, je pense, tu vois. Et des fois, c'est plus facile d'être passif parce que, ou tu dis rien, ou tu fais semblant, c'est plus facile de faire semblant, à la limite, tu vois. C'est marrant parce que, enfin c'est pas marrant, c'est attristant de te réentendre être plus facilement dans la position de celui qui subit. Et il n'y a pas très longtemps avec mon partenaire, quand je dis pas très longtemps, si quand même il y a peut-être maintenant 3-4 ans, on a eu un petit souci parce qu'en fait je ne le savais pas mais lui il prenait un produit pour bander. Il ne me l'avait pas dit. Il prenait un produit pour bonder plus longtemps, plus dur, je ne sais pas ce que c'est, des pilules, je ne sais pas quoi, genre Viagra ou je ne sais quoi, un truc que le médecin peut-être te prescrit, mais qui peut être un peu dangereux et notamment pour les personnes séropositives. Tu vois, des fois, ça peut avoir des effets secondaires surtout. Voilà. Et un jour où on était en vacances, enfin une semaine où on était en vacances, donc il prenait ce truc-là, mais moi je ne l'avais pas vu, je ne savais pas qu'il prenait ce truc-là, et il a eu carrément une sorte de cécité. Genre, il ne voyait plus d'un œil du tout, en fait. Il est lui-même séropositif ? Oui, il est séropo. Sinon, on ne comprend pas. Voilà, il est séropo. Et d'un seul coup, tu vois, il ne voyait plus d'un œil. Et là, j'ai dit, mais qu'est-ce qu'il… Tu vois, on commence à creuser un peu. Je sens qu'il ne voulait pas me dire qu'il prenait ses produits. Et puis, bon, il me lâche le morceau en me disant, mais oui… Pour qu'on puisse faire l'amour tous les deux, je prends ce produit parce que ça me rassure, je peux bander plus longtemps, te faire plus jouir, te faire plus plaisir, etc. Quel petit chou ! J'ai dit mais t'es carrément con ! Attends mais on n'a pas besoin de ça ! j'ai dit mais la limite si tu bandes pas ou pas suffisamment ou pas aussi longtemps mais c'est pas grave mon gars c'est pas les jeux olympiques ce qu'on est en train de faire quand même et tu sais que ça lui a quand même duré cette cécité là pendant 3 jours Il n'était pas bien, il ne voyait pas et tout. Et à partir de cette semaine-là, on a convenu d'un commun accord. D'ailleurs, c'est marrant parce que quand on prend rendez-vous ensemble et qu'on regarde nos agendas, je lui dis, écoute, on va essayer. Et si ça ne marche pas, ça ne marche pas, mais on aura le plaisir d'être ensemble quand même et de faire un truc, tu vois ? Parce que je sens qu'il a besoin d'être rassuré sur, bah oui, si je bande pas, pas suffisamment longtemps, ou tu vois, est-ce que moi ça va me faire quelque chose ou pas, tu vois, il est pas tranquille avec ça en fait. Il y a une pression de performance. Pour les actifs, oui, il y a une pression, j'imagine. Que toi tu te dis, t'en as pas envie quoi. Voilà. Moi, donc, je t'invite, toi et tout le monde, à écouter cet épisode. Je ne sais plus si c'était en juillet dernier, je dirais. Il faut remonter en juillet dernier. Bon, sinon, c'est genre la petite flèche vers le haut. Comment je… Enfin, je ne sais pas, j'ai trouvé un titre à la con. Je dis, en fait, la honte et la culpabilité détestent la lumière. C'est pour ça que je fais un podcast et tout, ça marche trop bien, pour moi et pour plein de gens. Et donc à partir du moment où tu trouves un partenaire à qui tu dis « Ah alors moi je flippe de ça et de ça », et tu le dis, tu vois, d'une manière… L'idée c'est pas de télécharger sur les personnes toutes tes névroses et qui partent en courant, il faut quand même… Enfin moi j'ai envie de prendre soin du lien, mais de trouver une façon de faire « Ah ouais… » Bah, je suis un peu en tâtonnage et puis je stresse un peu de ça. Est-ce que t'es OK ? Et tu vois, j'ai créé un lien de confiance et j'avais devant moi des gens, parce que sur Grindr, t'en as un qui sont genre, est-ce que t'as une grosse bite et tout ? Alors moi, si tu veux me faire fuir… parce que du coup je suis là et du coup souvent je réponds mais c'est quoi une grosse bite en fait non mais genre c'est quoi tes centimètres et je sens déjà que je dois rentrer dans une case dans une échelle et tout parce que du coup j'imagine que si j'ai une assez grosse bite mais qu'elle bande pas assez dur du coup pareil c'est bon et en fait il existe Des gens délicieux qui sont là « Ah, je m'en tape ! » Ou bien, les meilleurs, c'est les gens… Enfin, les meilleurs. C'est encore plus facile avec quelqu'un qui dit « Ah ben, moi aussi ! » Puisqu'en fait, ça nous concerne absolument tous, cette envie de se faire plaisir et de faire plaisir à l'autre, de ne pas pouvoir peut-être y arriver pour plein de raisons différentes. Et ça, franchement, pour le moment, touchons du bois, mais ça fait… pas mal de temps que ma capacité à pénétrer et à éjaculer est complètement revenue. Et la dernière fois que j'ai éjaculé dans un cul, je me suis en éjaculant dit « Ah putain, c'est ouf ! Jamais je ne pensais pouvoir y arriver. » Enfin, j'étais coincé à un niveau genre surnaturel. Donc, tout est possible. Si j'y suis arrivé, on peut tous y arriver, tu vois. Non, mais je le crois vraiment. Mais mec, en plus, moi, j'ai fait dix ans de psychanalyse. Mais en fait, t'es fini. Il n'y a rien qui va te débloquer. Tu ne vas jamais y arriver. Et en fait, en cheminant petit à petit, mais tu vois, je trouve que je trouve que je trouve ça trop important comme bloquant de nos sexualités. Ces morceaux de honte, c'est sûr, sont des poisons actifs, tu vois ? Je finis sur cette parenthèse, I égale I, c'est-à-dire indétectable égale intransmissible, ce n'est pas genre avec une petite étoile, sauf dans un cas, etc. Toutes les études depuis énormément d'années, c'est 100%, c'est-à-dire ils ont même dû arrêter les études parce que… Oui, oui, absolument. 100% donc c'est pas tu sais parce qu'en effet il y a certaines protections comme le préservatif qui met une petite étoile et en effet il peut y avoir des cas là c'est pas il peut y avoir des cas point final et c'est une science qui est connue depuis de nombreuses années c'est pas genre l'année dernière on a les ARV les antirétroviraux c'est les années 90 petit à petit les formules ont évolué Mais tu vois ce que je veux dire ? Et pour autant, les dégâts de la sérophobie dans nos cerveaux, eux, sont encore très actifs et nocifs actuellement. Ils agissent terriblement, insidieusement. Ils ont besoin de l'ombre et du silence pour continuer à exister. Ils ont besoin qu'on ne s'en parle pas. Ils ont besoin qu'on n'en parle pas à des thérapeutes pour continuer leur merde. Et donc, parlons-en. Oui, parce que ça nous sape. Tu vois, en l'âme de fond. Insidieusement. Oui, c'est vraiment, c'est juste ça. C'est marrant parce que du coup, je me dis, on arrive à la fin de ton témoignage. Oui, Guillaume. On n'a jamais autant prononcé mon prénom. que dans ton podcast. C'est marrant. Oui. François. Non, mais c'est vrai. Avec quoi on pourrait finir ? Ouais, c'est ce que je me demandais, tu vois. Là, je regarde un peu la liste de nos petits sujets. Est-ce que tu as l'impression, tu m'as dit, pour moi, c'est très important ? de raconter le vieillir gay, le vieillir séropositif. C'est toi qui m'as dit que c'était important pour toi de raconter. Est-ce que tu as eu l'impression qu'on a… Oui, on a un peu brossé un peu tout. On a voyagé dans tout ça. J'ai un dernier truc. Et c'est pas mal. Ouais, moi aussi je suis très… à la fois à un nouveau rythme de sexualité, qui n'est pas celui de la performance, qu'on n'a pas forcément besoin de prendre des produits pour être en communion avec son partenaire quand on prend de l'âge, que peut-être ce qui est le plus difficile et tu vois je suis en train de travailler là-dessus aussi avec mon partenaire c'est de se dire qu'on suscite plus le désir par exemple tu te balades dans la rue tu te balades dans le métro quand on est plus jeune très souvent on a des clins d'oeil tu peux choper des mecs un peu comme ça dans la rue encore ça existe Quand tu prends de l'âge, là, c'est terminé. Moi, je ne chope pas des mecs dans la rue. Moi, ça m'arrivait. Ça m'arrivait, oui, vraiment. Vous vous regardez, ah si, c'est faux, ça m'est arrivé une ou deux fois. Ça peut arriver. Ça, ça s'arrête. Quand tu prends de l'âge, ah oui, tu deviens totalement, moi je le constate, et je le constate depuis, c'est assez récent quand même, peut-être deux, trois ans, je suis totalement invisible. Voir même des fois quand je croise des gars, je perçois qu'ils sont pédés, mais carrément ils détournent la tête, ils ne veulent pas me voir. T'es aussi invisible dans des lieux communautaires, des bars, des associations ? Je ne vais pas tellement dans les bars. les assos bah oui je suis dans 2-3 assos moi je dirais oui à Paris que plus tu viens à Lyon bah écoute je suis dans une assos où il y a beaucoup d'autres jeunes écoute je sais pas comment ils font je trouve que c'est compliqué d'être en relation avec des jeunes à la fois parce que j'ai l'impression que leur mode de relation entre eux c'est devenu tellement compliqué. Déjà, moi, je n'ose pas parler à qui que ce soit parce que je ne sais pas s'il faut dire il, il, il, je ne sais pas quoi. Tu vois, c'est compliqué aujourd'hui, tu vois, avec toutes ces problématiques de consentement, toutes ces problématiques de… Moi, je n'ose plus parler à qui que ce soit, en fait, parce que tu as peur de te ramasser un râteau ou de ne pas employer les bons pronoms. C'est… Tu as vécu comme ça du rejet ? En fait, ce que j'entends, c'est que dans les lieux communautaires, tu ne te sens pas invisible, mais tu sens un choc générationnel où tu n'arrives pas à décoder. Mais c'est énorme. Et tu as déjà été rejeté parce que tu as utilisé le mot ? Rejeté, non, ils ne te rejettent pas, mais ils ne te parlent pas. donc c'est pas du rejet en fait c'est une forme de rejet parce qu'ils sont bien élevés quand même ils font quand même tous des masters des masters genre quand même voyez-vous donc c'est pas du rejet mais tu sens que franchement t'as pas ta place voilà Moi j'ai l'impression que nos sociétés occidentales, c'est mon… Oui, ton analyse d'aujourd'hui. Bon, mon analyse, je ne suis pas très compétent pour avoir une analyse, mais on a un on commun, nos sociétés occidentales ne gèrent pas bien la vieillesse, tu vois ? nos vieux crèvent en EHPAD, ok, est-ce que c'est vraiment le… C'est quand je compare avec d'autres possibles. Mais bon, d'autres possibles où tu tapes tes parents vieillissants, si t'en as, et tes grands-parents chez toi, du coup, c'est ça l'autre possible. Je donne de leçons à personne, mais je trouve qu'il y a une couche supplémentaire. En tout cas, je ne souhaite pas avoir mes parents s'ils m'écoutent chez WAM. Enfin, parlons-en, mais… je me perds je trouve qu'il y a une couche supplémentaire quand on est queer parce que si on est LGBT et qu'on décide de pas avoir d'enfant c'est mon cas par exemple et bah du coup moi je vais vivre comment tu vois et j'ai l'impression et ça c'est une des choses que tu m'as dit quand on a préparé cet entretien nous n'avons pas de référent vieux LGBT dont les histoires sont contées, sont racontées et peuvent servir d'exemple ou de contre-exemple. Tu vois ce que je veux dire ? J'ai l'impression en tout cas qu'un homme gay meurt, disparaît après 50 ans. après 60 ans en effet sauf s'il est ultra kinky qui rend un peu mon intro de l'épisode précédent j'avoue et tout mais sinon je ne les vois pas et je ne les entends pas c'est pour ça que j'étais content de faire le podcast avec toi aujourd'hui et que je continue à avoir envie de faire entendre plein de voix différentes et tout merci en tous les cas de ton accueil c'était vraiment très sympa cette émission mais t'es chou mais t'es d'accord que toi t'as pas eu de référent Que ce soit dans les séries télévisées, les films, les romans, même la littérature, il y a très peu de personnages seniors, gays. Il y en a quelques-uns, bien sûr, on pourrait forcément, si on se mettait autour d'une table, on se dit maintenant on va faire concrètement l'inventaire de ces personnages-là, on en trouvera probablement. Mais je pense qu'on va les compter sur les dix doigts de la main à peine. J'ai le souvenir d'un film que j'ai vu il y a très peu de temps, Les Tortues, avec ce très bel acteur anglais qui a joué dans les films de Cain Loach et Olivier Gourmet. où ils interprètent tous les deux un couple gay à Bruxelles. Ils sont âgés, bien sûr, mais en dehors de ça, tu vois, je n'ai pas d'autres… Il n'y en a pas qui me viennent tout de suite à l'esprit, en fait. C'est vraiment une image, oui, bien sûr, de ce vieux gay qui est un peu absent. Qui est absent aussi parce qu'il ne correspond plus… à la consommation sexuelle, qui peut être quand même un liant, en tout cas sur les apps de rencontres et tout, mais qu'il y a quand même un truc autour de ça. Et moi, je me pose un peu la question de se vieillir gay. Après, on est, nous, les post-génération des débuts du sida, et donc il y a beaucoup de jeux qui sont morts, en fait, qui n'ont pas pu incarner un parce qu'on était dans un monde encore plus homophobe et LGBTphobe. Mais je crois que du coup, là, aujourd'hui, tu deviens une référence, un référent, un truc, quoi. Et que là, on va commencer à être, nos générations vont commencer à vieillir, en fait. On a la chance de pouvoir vieillir. On est au début de ce chemin-là, quoi. Ouais, certainement. Eh bien, merci ! De rien. C'était un plaisir d'échanger avec toi. Et j'espère que toutes celles et tous ceux qui vont nous écouter auront du plaisir à suivre ces deux petits épisodes. Bah ouais. Tiens, je finis par un petit… Et puis en même temps, de revisiter tous ceux que tu as déjà fait. T'es chaud. Parce que c'est très chouette. C'est très très chouette. Tout ce que tu fais, c'est vraiment très sympa. Merci. C'est vraiment sympa. Je finis sur une petite pub. Les Audacieux et les Audacieuses, c'est une association pour les LGBT seniors. Oui. Et c'est comme ça qu'on a été connecté ? Oui, grâce à Stéphane Sauvé. Par Stéphane qui gère cette association ? qui va ouvrir la première maison des diversités à Lyon, puisque tu es en visite à Lyon, sur le plateau de la Croix-Rousse. Cette maison a comme objectif d'accueillir des seniors LGBT. et leurs alliés pour leur proposer un vivre ensemble et une solidarité, une bienveillance dans cette maison. J'espère qu'on aura des tas de projets qui vont être culturels. de loisirs, etc. Et qu'on va devenir, dans ce groupe de cohabitants, vraiment un très chouette projet qui va donner envie à d'autres villes et surtout à des seniors LGBT de nous rejoindre. Super. Du coup, cette réflexion du vieillir LGBT est en marche. Oui, c'est en marche. Faut que les gens aillent voir le site. Oui, absolument. C'est très bien. Merci François. Merci Guillaume.

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