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Salut ! C'est parti. Excuse-moi de ce petit contre-temps technique. Il n'y a pas de souci. Merci à toi, déjà. Comme je t'avais déjà dit, je crois, à la fin de l'année dernière, j'avais envie de faire ce portrait. Alors, 2000 signes, c'est assez court parce que c'est, je ne sais pas, à peu près les deux tiers d'une page à quatre, pour te donner un peu le format. Donc, c'est…
C'est des formats courts, mais en fait, je me dirais qu'il n'y aura peut-être pas qu'un. Bah ouais, mais c'est déjà génial, c'est très cool. Et alors, attends, redonne-moi un peu le contexte. Toi, ça fait combien de temps que tu écoutes le podcast ? Moi, ça fait depuis le printemps 2023. Ouais. J'ai écouté tous les épisodes, y compris celui qui a été diffusé ce matin. Ok. Ouais.
Tu es un marathonien. Parce que là, j'en suis à 3 voire 4 épisodes par semaine. Ouais, mais… Tu as des trajets à vélo ou en bus ? Ouais. J'écoute dans les transports, ouais. Ouais. Voilà. Mais j'ai quand même eu un gros catch-up parce que c'était… Tu vois, entre ce qui était… Entre rattraper le retard et puis suivre… Mais en fait, au début, quand j'ai commencé…
Je ne pensais pas que j'allais tout écouter. Je pensais que j'allais écouter juste quelques trucs. Déjà, je suis un peu tombé dessus par hasard. T'es tombé dessus comment ? C'était un repost Instagram d'une de tes covers, Kemsex. En fait, j'ai écouté et puis après, j'en ai écouté d'autres. Puis je me suis dit, on a plein que j'écoute.
intéressés moins et puis en fait ils m'ont tous intéressé il y en a certains qui m'ont un peu moins passionné mais il y a des trucs où je me suis dit au départ soit c'était je sais pas par exemple je sais pas des
des gens elle se résume pas juste à la pratique qui fait la définition de l'épisode donc je me suis pris au jeu et d'ailleurs j'ai trouvé assez assez marrant au moment de commencer à réfléchir à ce portrait parce qu'en fait déjà je connais plein de choses de toi au fur et à mesure du podcast en fait je
C'est bizarre, hein ?
C'est bizarre. C'est vachement particulier pour moi parce que je sais pourquoi je le fais et je suis très inspiré à l'idée d'utiliser mon intime pour un objectif bien spécifique. Et j'ai aussi conscience, moi je suis toujours authentique dans mes partages, mais en vrai c'est des morceaux de moi. Donc tu peux tenter de recoller un peu le puzzle, mais en vrai, comme je change d'avis,
Très souvent, ce que tu entends, tu vois, le témoignage que j'offre, le morceau d'intime que j'offre à un tenté, six mois plus tard, j'y crois plus ou je suis en désaccord ou parfois je réécoute, je suis là, mais qui est le bête ? Qui est le débile qui a dit ça ? Ah, c'est moi. Mais ouais, je trouve ça très rigolo et très particulier. Mais je pense qu'on s'en rend compte qu'il n'y a pas forcément une linéarité.
On discutait et il m'a dit que j'avais l'impression de le connaître. Je pense que tu dois avoir ce genre de feedback quand tu rencontres d'autres personnes. Quand on t'écoute plusieurs fois par semaine et qu'on connaît plein de choses de ta vie intime et privée, on a l'impression de te connaître.
c'est pour ça que c'était une de tes questions pour ton une des questions que tu m'as envoyé là avant tu me disais pourquoi le podcast et je peux te répondre là dessus je trouve que c'est un super joli média qui m'inspire tellement je trouve l'image
empêcheuse, empêchante. L'image me saoule parce qu'elle vient créer une barrière dans mon cerveau qui se pose déjà la question est-ce qu'il est beau ou pas ? Tu sais, jugement physique, après comparaison, est-ce que je suis aussi beau que lui ? Je te dis pas que…
Mais si, je crois que quand je suis sur Instagram ou sur les réseaux sociaux et qu'il y a de la vidéo, mon cerveau s'attache moins au parler qu'au visuel, premièrement. Et deuxièmement, l'audio seulement, alors ta voix peut être reconnue, mais c'est quand même une forme de confidentialité qui permet un niveau de partage beaucoup plus intense, beaucoup plus intime, beaucoup plus puissant. Les gens et moi-même, nous livrons
d'une façon inédite. Et moi, clairement, s'il y avait une vidéo, jamais j'aurais dit la plupart des trucs que je dis, quoi. Tu vois ? Et souvent, en fait, j'oublie que c'est public. C'est tellement intime. On est chez moi, en face-à-face.
Bon, sauf dans les nouveaux épisodes en public. Et d'ailleurs, je vois une différence, tu vois. Les épisodes en public, je suis beaucoup plus intimidé de me raconter, de me dévoiler. Je trouve que les auditeurs sont impressionnants. Hop, ils te prennent le micro, bam, bam, ils disent des trucs super puissants et intimes et vulnérables. Alors que quand je suis chez moi, tout seul, dans mon canapé, les entretiens se déroulant dans mon canapé, chez moi…
j'oublie que c'est un discours public et très souvent d'ailleurs j'ai commencé le podcast comme ça en me disant non mais personne ne va écouter des témoignages bruts non montés d'une heure trente je disais pas que ça allait pas marcher mais je me disais non mais de toute façon mon propos il est perdu tu vois au milieu de ces innombrables paroles bon maintenant c'est plus trop le cas quand même il y a de plus en plus de gens qui écoutent
Moi, je pense qu'en l'occurrence, ce que tu pensais faisait sa faiblesse et sa puissance, finalement. Parce que ce côté authentique, sincère, direct, pas monté, c'est ça qui rend les choses aussi… Je ne sais pas, je pense que c'est ça aussi qui rend les choses réelles. Parce que les gens, ils cherchent un truc réel. Ils ne cherchent pas une série Netflix, en fait.
Tu veux une exclusivité ? Netflix t'a contacté pour… Non, non, pas du tout. Non, non, pas du tout. De plus en plus, je fais du montage sur mon intro. De plus en plus, je me coupe, moi. Parce que parfois, je suis là, oh là là, mais tais-toi, Guillaume. Non, j'ai un peu plus de bienveillance, mais…
je garde un maximum mais ouais je trouve que parfois je trouve que c'est vachement compliqué moi de trouver ma juste place dans ces échanges et il m'est arrivé il m'arrive régulièrement de me trouver vraiment mauvais à interrompre au mauvais moment ou quand je réécoute je suis là mais pourquoi tu t'es pas tu parce que je sens à la réécoute qu'en fait la personne allait dire un truc essentiel et sur le moment j'ai été porté par autre chose mon intuition ou bien une mauvaise écoute tu vois
Mais il m'arrive d'avoir envie de faire plus de place aux propos de la personne qui témoigne et de me dire « putain, pourquoi je ne me suis pas tue ? » Et souvent, ces épisodes où je me critique, je reçois aussi des retours d'auditeurs qui me disent « ah ouais, franchement, ce que tu as dit, ça a vachement résonné ».
Donc au final, j'ai pas de conclusion très éclairante, tu vois. Il y a plein de gens qui trouvent que mes interventions sont judicieuses et ça les aide, et d'autres qui trouvent que c'est nul, mais… C'est ainsi. Et moi, mon enjeu, c'est de trouver ma juste place, en fait. Ouais, non mais je comprends que c'est un équilibre… C'est un équilibre délicat à trouver, mais…
Je me dis, après, moi, je trouve pas gênant. Ça se sent que dans des épisodes, peut-être que ça résonne plus et toi, tu ressens plus le besoin de parler de toi. Des fois, c'est moins le cas. Mais en fait, le fait que ce soit pas toujours homogène d'un épisode à l'autre, c'est pas gênant, finalement.
C'était une de tes questions, parce que pour le moment, tu ne m'as toujours pas posé de question. C'était une de tes questions. Tu disais, c'est quoi la suite après 130 épisodes ? Ça évolue vers quoi ? En tout cas, il y a plusieurs niveaux. Il y a le niveau éditorial, où moi, j'ai vraiment de la joie à aller creuser et recreuser des sujets dont je n'entends pas parler. En ce moment, alors le moment où tu seras publié, peut-être que ça sera déjà sorti, mais l'orgasme prostatique ?
Ma nouvelle passion. Tu vois, genre, comment ça fonctionne ? Qui en France ou qui dans le monde francophone sait en parler ? Quelles sont les recherches qui existent ? Et comment je vais bientôt avoir 40 ans ? C'est pas tout à fait vrai, j'en ai 37, mais…
Et moi je suis complètement passé à côté de l'orgasme prostatique quoi. Donc tu vois il y a des enjeux éditoriaux, il y a des voix qu'on n'entend pas assez. Le podcast a une focale forcément très parisienne puisque le parti pris c'est de partir de mon intime.
pour rebondir et ça j'ai envie de plus en plus être vigilant parce que mon intime il est parisien moi j'habite à Paris et l'accessibilité des personnes qui participent au podcast c'est favorisé parce que si t'es à Paris je peux plus facilement faire un entretien et donc je vais être vachement vigilant à ça
D'où, tu vois, un épisode récent avec un auditeur au Cameroun. Pour moi, c'était vachement important. Et j'ai envie de continuer à faire plus en ce sens, de sortir de Paris. C'est aussi mon enjeu de modèle économique, être en capacité. Donc, tu sais, je demande aux auditeurs, aux auditrices. Il y a 15% de femmes qui écoutent. Les auditeuristes me soutiennent chaque mois. C'est le modèle économique que j'ai choisi qui est très compliqué. C'est le modèle économique du créateur de contenu.
qui est très compliqué aussi parce que moi j'ai décidé que politiquement j'avais envie que mon contenu soit accessible gratuitement peut-être que je changerais d'avis pour le moment c'est le cas donc en fait tu demandes à des gens de donner 5 euros par mois pour un contenu qui est gratuit
dans un monde culturel où en fait tout nous est accessible gratuitement et t'es là attends le mec faut que je lui donne de la thune donc c'est compliqué mais il y a 114 personnes au moment là où on enregistre où on se parle il y a 114 personnes et moi ça me fait tellement vibrer quoi je suis trop content mais du coup là j'ai perdu mon fil de pensée en arborescence qu'est-ce que je te disais ? enfin c'était sur l'évolution du podcast merci
Donc, évolution en éditorial d'avoir différents sujets, notamment hors de Paris, d'où l'enjeu du modèle économique pour que je puisse me payer des putains de billets de train. Et donc, voilà. Et aujourd'hui, en fait, je subventionne, moi, je subventionne en fait tout ce podcast tant que je n'arrive pas à l'équilibre.
Donc il y a un enjeu éditorial de sortir de Paris, il y a un enjeu éditorial sur la santé sexuelle gay, où il y a encore tout un tas de sujets que je n'ai pas couverts et qui, quand je les mets dans la googlerie, dans Google, je tombe sur des articles obscurs qui se contredisent. Je suis là, mais je ne comprends rien. Et donc moi, j'ai vraiment une joie à aller te choper l'expert lui-même gay, expert de son sujet,
où je me dis bon bah je pense que les gays peuvent être homophobes bien entendu mais on s'approche quand tu as un proctologue gay je me dis ok bon bah j'ai moins de chance de me choper des conneries homophobes et donc j'ai vraiment cette envie là éditorialement la question aussi du genre la transidentité des hommes plus efféminés
Des hommes de moins de 25 ans, des hommes de plus de 60 ans vieillirent gais. Avoir eu un développement intime quand on a 20 ans là en 2024,
versus on a 70 ans donc son développement c'était plus tard comment ça fait comment on peut se nourrir de ces témoignages de ce regard nouveau ou de ce regard plus ancien ça me motive de ouf ça c'est les enjeux éditoriaux j'ai un enjeu à créer l'amour franchement c'est cucu de ouf mais moi ça me franchement les apéros entre auditeurs
pourrais pleurer. Chez moi, ça m'émeut. Alors toi, tu es un battant. Toi, tu es un pionnier, ok, Olivier ? Parce que tu as organisé la première rencontre à Genève slash Lausanne où tu as été abandonné par pas mal de tes coéquipiers et vous vous êtes retrouvé à deux. Et il va falloir un peu plus de temps pour que les audiences se développent et que du coup, tu aies des gens présents. Mais tu vois, à Paris,
À chaque fois, on est une vingtaine, trentaine. À Toulouse, ils étaient six, sept, je crois, huit. Et en fait, c'est ultra puissant pour moi puisque j'entends de plus en plus de gens qui utilisent les apps de rencontre, qui s'en satisfont, moi inclus, tu vois, pour du sexe, pour de l'amour, pour de l'amitié.
mais qui trouvent ça quand même violent. Il y a une grande majorité de gens, moi inclus, qui disent la violence, le supermarché, le truc ultra déshumanisé. Et pour moi, ces rencontres entre auditeurs, c'est l'anti-grinder parfait, le complément à Grinder.
où en fait, tu sais que tu vas trouver des hommes gays ou queers qui s'intéressent au sujet de l'intime. Et c'est ça que je trouve génial. C'est qu'il y a forcément des cons, il y a forcément des gens chouettes, il y a des gens avec qui ça va fiter et pas fiter. Je ne suis pas en train de dire que quand tu écoutes mon podcast, tu es une personne supérieure. Et encore, pourquoi ne pourrais-je pas le dire, mais…
En revanche, c'est des gens qui se posent des questions sur l'intime et qui, je pense, ont une probabilité plus grande à être soigneux de l'autre ou en tout cas à essayer, à tenter de ne pas reproduire de mauvais modèles ou des modèles qui nous blessent.
Nous, les hommes gays et queers. Sachant que moi, je reproduis les mauvais modèles. Moi, dans mon intime, je fais de la merde, je dis pas les bonnes choses. Donc, on n'est pas des machines. Mais ça me motive énormément, ça, de continuer à développer de façon décentralisée. Donc, en fait, moi, je veux pas être au centre de ces rencontres. J'ai pas envie que ce projet-là, il dépende de moi.
J'ai envie que les gens se rencontrent et j'ai envie de recevoir des textos en mode « Waouh, ça fait un an qu'on s'est rencontrés à une rencontre d'auditeurs et on est super heureux. »
Et j'aimerais un autre jour être invité à un mariage ou à un non-mariage, quelle que soit la façon. Ouais, tu vois, ou de créer du sexe, de l'amitié. Je crois que ce qui me toucherait énormément aussi, c'est un texto d'un auditeur qui dit « Je me sentais isolé et j'ai des potes. » Parce que moi, c'était assez transformateur, alors que j'habite à Paris, d'avoir mes premiers potes, gays ou queers, avec qui je pouvais dire « Putain, j'ai une galère de sodomie, j'ai mal là, ça t'est déjà arrivé. »
Ça a changé ma vie et c'est arrivé parce que j'ai lancé le podcast. Donc voilà, c'est ça un peu mes envies, mes objectifs. J'en ai d'autres, mais il faut que je te laisse parler.
C'est déjà bien. Si, juste, on revient sur les questions que je t'ai envoyées, et ça n'a pas grand-chose à voir, à part le fait qu'on n'était que deux à l'apéroditeur de Genève, mais comme je t'ai dit, j'ai bon espoir pour la suite. Donc, toi, en fait, j'ai compris que tu avais vécu en Suisse, déjà, pendant une période. Tu peux m'en dire plus ? J'ai l'âme. Que veux-tu que je te dise ?
Je ne sais pas. Tu es resté combien de temps ? Est-ce que ça t'a plu ?
Alors j'avais 23 ans, autant te dire que j'étais si petit. J'ai trouvé que c'était une expérience très dure pour moi parce que je venais de choper mon boulot de rêve. Moi je voulais travailler dans l'humanitaire, les droits humains et j'avais décroché un poste d'attaché de presse à Médecins Sans Frontières.
Et en fait, ce poste de rêve s'est avéré être extrêmement difficile. J'ai trouvé que Genève était une ville où, quand tu es très jeune, j'ai eu beaucoup de mal à me faire des potes. J'ai entendu des rumeurs qui validaient cela. Et aussi, c'est marrant, quand je pensais à cette question, je me souviens tellement…
être le soir à Genève chez moi, aller sur Guéromeo, est-ce que j'avais Grindr à l'époque ? Je le pense et c'est vraiment le Guillaume de 23 ans il a tellement peur Olivier j'ai tellement peur je suis tellement seul et je vais sur ses apps de rencontre j'ai tellement envie de baiser j'ai tellement envie de toucher un autre j'ai tellement envie d'être pénétré dans tous les sens du terme, tu vois, au propre comme au figuré, j'ai tellement peur d'avoir une IST
Une peur panique, j'en ai déjà parlé sur les épisodes, j'étais tellement hypochondriaque que ça figurait, ça structurait, ça cadrait l'intégralité de ma vie romantico-sexuelle. Donc en fait, dès que je parlais au gars, direct je posais mille questions sur la santé sexuelle, autant te dire que pour draguer c'est pas ouf !
Donc, j'étais là, ouais. Et puis, tu sais, j'étais un peu en mode, ouais, est-ce que tu portes des capotes quand tu fais une pénétration ? Sous-entendu que j'essayais un peu de savoir si le mec avait des comportements que je considérais à risque. Et donc, dans ce cas-là, genre, je déquerpissais parce que ça me faisait trop flipper. Mais donc, du coup, toute ma libido, toute mon énergie était fixée sur est-ce que je vais crever d'une IST ? Parce qu'à ce moment-là, j'avais des raccourcis désinformés, idiots.
dans la tête, sachant que j'étais attaché de presse pour Médecins Sans Frontières. Et moi, j'assume de le dire parce que du coup, c'était mon métier de travailler sur les questions VIH, sida. Bon, on va imaginer qu'au début, je me formais et que j'étais con ou que j'étais incompétent. Mais bon, je suis quand même resté. C'était ta question. Trois ans à Genève, je crois. Deux ans. Et en fait…
face à à l'angoisse irrationnelle l'information n'imprime pas c'est pareil tu vois sur la sérophobie la peur automatique des personnes porteuses du VIH dont j'ai aussi parlé dans un épisode épisode de Paul qui m'a beaucoup touché euh
Mon cerveau, il y avait vraiment une déconnexion et donc une bêtise et donc beaucoup de violence, tu vois, dans mes comportements, dans mes mots certainement. Et c'est ça Genève à 23 ans pour moi. Après, j'ai quand même envie de finir sur le lac. Le lac, qu'est-ce que j'ai aimé ! J'habitais pas loin du lac Léman, donc Genève donnant sur un lac. Et moi le matin, j'allais courir puis me baigner l'été.
Puis j'allais en vélo à MSF.
Peut-être que je pleurais sur le vélo car j'étais très malheureux. Je découvrais aussi le management dans les ONG internationales où tu rêves en te disant « putain, ça va être un endroit super humain ». Et en fait, pas forcément. Mais ouais, le lac, j'ai beaucoup aimé. Et là, tu vois, récemment, la Suisse a aussi été un moment de déclic pour le podcast parce que…
L'été dernier, où il y a deux étés, j'ai failli arrêter le podcast. Ça aussi, c'est une exclue pour toi. Je suis désolé, les exclus ne sont pas passionnantes. Non, mais comme tu en as parlé déjà à un moment que
Ouais, j'étais tellement isolé parce que, podcasteur, t'es très isolé, t'as les gens qui témoignent, mais à l'époque, j'avais pas investi dans une communauté, donc j'avais pas de retour micro, de retour son, entre guillemets, j'avais pas de gens qui me disaient « Ah, ça c'est cool, ça c'est moins cool ». J'avais des gens méchants.
j'avais des gens dithyrambiques mais j'avais pas des auditeurs réguliers qui me donnaient leur avis et qui pouvaient dire des choses critiques parce que je rate mais qui voilà c'était et en fait j'étais sur Grindr en Suisse
Je me suis baladé en Suisse à Berne, etc. Et pour la première fois, j'ai commencé à avoir des messages d'auditeurs sur Grindr qui faisaient « Ah, mais c'est toi qui fais le podcast ? » Et des messages qui me disaient « Ton podcast a changé ma vie. » Et pour la première fois, parce que j'avais des messages comme ça depuis un an, mais moi, depuis un an, je me disais « Ah, les gens sont gentils, mais ils ont des vulnérabilités de santé mentale. »
Et donc, ils s'emballent en fait. Enfin, ils n'inventent pas, mais genre non, le podcast, ça ne change pas la vie. Tu es allé chez le psy ou tu as eu des conversations puissantes et le podcast, je ne sais pas, mais non en fait. Donc, je réfutais. Et pour la première fois, je me suis dit, et si c'était vrai ? Et là, comme j'étais en vacances, j'ai dit, ça dit, on se rencontre, on se prend un verre. Et là, j'ai rencontré des auditeurs.
et des gens qui, dans les yeux, avaient absolument aucun problème de santé mentale, en tout cas pas plus que moi, et me disaient, mais si, en fait, c'est ouf. Et là, je me suis mis à recroire dans le projet. Franchement, et ça, c'est pas du tout… Et notamment aussi parce que j'ai fait du couchsurfing, j'ai demandé aux auditeurs, sur Instagram, j'ai dit, je passe en Suisse, si vous êtes auditeurs, et que vous pouvez m'héberger. Et j'ai comme ça dormi chez deux auditeurs, je crois.
Et ça m'a trop inspiré. C'était vraiment génial. Donc, c'est aussi ça la Suisse. Et franchement, Berne, donc je suis très haut, je suis très baignade. Et Berne en été, ça coûte dix fois trop cher. Olivier, c'est pas possible. C'est pas possible. C'est trop compliqué pour moi. En revanche, Berne, tu connais, hein ? Tu sautes dans le fleuve. Tu connais ?
c'est génial tu sautes dans le fleuve au courant assez puissant qui t'amène à un autre endroit de la ville les gens ont leur petit sac en toile cirée qui flotte donc ils mettent leurs affaires dedans, ils sautent ils marchent le long du fleuve puis ils sautent et hop ils vont ailleurs dans la ville
Bon, écoute. Je vais avoir plus de donateurs, donatrices, et là, on reconsidérera des vacances en Suisse. OK. Ou tu devrais faire un tarif suisse pour tes tipeurs. Bon, non. Et justement, en fait, en termes d'audience, j'ai entendu la dernière fois que tu me disais que t'avais à peu près 10 000 personnes qui t'écoutaient, c'est ça ? Ouais. Et…
Je sais que tu as des stats géographiques. Nous, sur 360, on a un reach en Suisse romande et un peu en France voisine autour des cantons francophones suisses. Tu as une idée du nombre de gens qui t'écoutent dans la région ? Je le consulte en live. Tu veux sur les 30 derniers jours ? Oui, par exemple. La Suisse est le troisième pays ?
Et nous avons 854 écoutes. Nous avons, sur les 30 derniers jours, nous sommes le 30 janvier, nous avons 25 000 écoutes en France, 1150 en Belgique, 854 en Suisse, 690 au Canada.
Tu sais tout. Et je clique et je te dis que c'est en majorité… Non, pas mal à Lausanne, 236. Pas mal à Genève, 208. Après, tu vois, pour gonfler un peu les chiffres, pour que ça ait l'air un peu waouh, depuis le début, depuis novembre 2022, c'est 5600 écoutes en Suisse.
Je ne sais pas si ça roule les mécaniques un peu plus. Mais c'est 200 000 en France. C'est ouf. Bon, tu vois comme quoi la Suisse francophone, je ne sais pas si on peut considérer qu'elle est au rendez-vous. Peut-être que j'ai besoin d'un article dans 360. 360, c'est le seul média LGBT suisse, non ? Suisse romand. Suisse romand. Dans d'autres…
Dans d'autres secteurs de la Suisse, notamment en Suisse alémanique, qui est aussi plus grande qu'en population, la Suisse romande, c'est quand même un très petit territoire. Mais il y a d'autres médias. Mais théoriquement, 360, c'est le média suisse romand. Tu as toutes les informations ? Pardon ? Tu as toutes mes stats ?
Voilà, parfait. C'est important et je pense que ça montre à la fois le potentiel de croissance et en même temps déjà l'intérêt parce que je me dis que c'est déjà très honorable en termes d'écoute. Et je suis sûr qu'on aura l'occasion de créer une petite communauté à l'avenir. Tout est une question d'endurance.
il n'y avait pas de sous-entendu sexuel il y avait plus ça viendra avec le temps si ça doit venir ça viendra avec le temps dans la mesure où on est au rendez-vous moi en créant des contenus que j'essaye d'être de la meilleure qualité possible avec de la joie tant que je garde ma joie et mon élan je pense que ça s'entend et tant que je garde mon authenticité dans les questions et que j'ai vraiment envie de poser ces questions
plutôt que, tu vois, journaliste boulot en mode, putain, il me saoule, vas-y, je te pose une série de questions, puis je me casse. Et les auditeurs, et notamment les auditeurs engagés qui ont envie d'organiser une rencontre dans leur ville et tout, il faut juste tenir un peu. Il faut que petit à petit… Parce que si tu ne dis pas, il y a une rencontre, les gens ne viennent pas. Tu vois ce que je veux dire ? Si tu attends d'avoir des gens… C'est un peu le serpent qui se mord la queue. Et là, il y a un sous-entendu sexuel.
Exactement. C'est pas comme si c'était malaisant, au début c'était surprenant, et puis finalement, je pense, je vais pas parler au nom de l'autre personne qui était là, mais franchement, il y a une heure et demie ou deux heures, et on a passé une bonne soirée, donc c'est bien. Tant mieux.
Et la dernière question que je voulais te poser, parce qu'après, je vais devoir m'en aller, mais c'est aussi… Justement, tu expliques la difficulté de ton modèle économique, d'avoir choisi de le faire de cette manière-là, avec la générosité des auditeurs pour le faire, alors que, comme tu l'as expliqué avant, tu avais une vie…
professionnelle, plus traditionnelle, comment tu as, je ne sais pas, c'est qui qui s'est fait comment de dire j'abandonne mon salaire tous les mois, peut-être de cadre ou je ne sais pas, en tout cas un certain confort pour d'un coup sauter dans le vide et faire ça en fait. C'est quand même assez puissant comme décision.
Excuse-moi, je bloque sur… Il y a quand même 200 écoutes en Côte d'Ivoire. Je trouve ça ouf. Pardon parce que du coup, je suis en train de me perdre dans mes stats. En revanche, j'ai tout à fait écouté ta judicieuse question. Non, mais moi, dès le début, je n'étais pas conforme parce que j'ai fait une école de commerce et tous mes stages et mon métier d'après, c'était dans le droit humain et l'humanitaire. J'ai trouvé une façon de rentrer dans…
qui n'est pas directement lié à l'école de commerce. Et ta question, c'est quel a été le déclic pour me lancer dans cette aventure de créateur de contenu, c'est ça ? Voilà, et où tu perdais, même en travaillant dans le domaine des droits humains, ça t'apportait quand même une espèce de stabilité ou une sécurité. Et là, à un moment donné, tu as décidé de…
Alors, deux choses, deux réponses. La première, la base, c'est mes privilèges de riche. En fait, j'ai suffisamment d'argent de côté
et ou un matelas familial pour que s'il y a un problème, ça n'en soit pas un et que je ne puisse pas me heurter et me faire mal. Donc en fait, je trouve ça tellement plus facile d'entreprendre et de prendre des risques quand le risque, c'est au pire ce moment ultra gênant où après de 40 ans, tu appelles ta mère ou ton père et tu lui dis…
je suis dans la merde sachant que ça c'était vraiment le dernier possible avant ça j'avais décidé que je rechercherais un ancien boulot tu vois à une date clé oui avant de demander mais en fait tu vois il y a une sécurité qui fait que j'ai pas joué gros deuxièmement c'est ce que je dis en intro du podcast c'est ce que j'ai dit c'est vrai moi j'étais bloqué sexuellement
Et j'en ai eu marre. J'étais là, non mais en fait, je ne vais pas crever. En fait, je vieillissais et j'étais là. Ça ne marche pas là. Genre moi, je m'attendais à ce que, ah ouais, la vingtaine, c'est un peu galère et tout. Mais la trentaine, c'est pas possible. Ça ne bouge pas. Et clairement, la sauce ne prend pas. La mayonnaise ne prend pas. Et je me sentais seul. Je n'avais personne à qui en parler. Et moi, j'ai un profil de conquérant.
J'hésite à le dire parce que je ne sais pas si c'est très humble, mais en fait, quand j'ai peur, je confronte, je saute dans le vide et c'est comme ça que je gère ma peur, tu vois. Donc, le moment, tu as peur d'en parler, parle-en et parle-en publiquement. Il n'y a pas d'injonction, mais moi, ça m'amuse. Donc, tu vois, quel était le déclic ? J'avais un vrai besoin, premièrement. Deuxièmement, j'étais là, je vais défoncer le mur de verre.
J'en ai marre là du silence, j'en ai marre d'avoir honte, j'en ai marre d'avoir peur, j'en ai marre d'être tout seul. Et je vais dire tout fort que je sais pas, j'arrive pas à éjaculer ou j'arrive pas à prendre du plaisir en ceci et cela. Et on va bien voir si je crève, on va bien voir si le monde s'écroule. Et de toute façon si le monde doit s'écrouler, genre j'ai 35 ans et ça marche pas. Donc je vois pas comment il peut s'écrouler un peu plus, c'est pas comme si genre c'était la teuf.
Et aussi, j'avais déjà un an et demi de podcast sur la psychanalyse qui était vraiment la marche de l'escalier d'avant où en fait, j'ai commencé à parler de mon intime au travers d'un podcast de témoignages sur la psychanalyse. Donc, c'est des gens qui ont fait une psychanalyse comme moi parce que moi, j'ai fait 10 ans de psychanalyse qui décident d'arrêter leur psychanalyse
et qui racontent cette dernière séance. Ça s'appelle « Ma dernière séance de psychanalyse », et qui disent « Voilà l'intime que j'ai travaillée, voilà ce que ça m'a fait. » Et comme ça, petit à petit, épisode après épisode, je me suis livré, petit à petit sur l'homophobie, petit à petit, hop, et après ça a fait le pont vers un podcast seulement sur la sexualité gay. Et j'ai continué à faire parce que ça a marché.
J'ai continué mon podcast parce qu'être vulnérable, je n'ai jamais été aussi puissant. Mais pas puissant en mode j'essaie d'écraser les autres. Puissant avec moi-même, aligné avec moi-même, prenant soin de moi et donc trouvant mes solutions. Parce que le moment, le gros du délire, c'est de dire le problème. Parce qu'après, du coup, ton cerveau, il est disponible à travailler ce problème-là. Alors qu'avant, ton cerveau, il est disponible à le cacher et en avoir honte.
Et deuxièmement, je voyais l'impact de ouf sur les témoignants, les personnes qui osaient, avec moi, se montrer vulnérables. Et pour chez qui, tu vois, ça développait des trucs de ouf. Et après, tu vois, petit à petit, comme je le racontais avant, les auditeurs qui disaient que ça a de l'impact et tout. Et tout ça, c'est le cercle vertueux. Ok. Super clair. Je vais devoir arrêter là, mais je te remercie pour ce partage.
qui me donnent l'occasion de te connaître encore un peu mieux et voilà j'espère que j'espère que qu'on va faire un bon portrait et qu'on aura l'occasion d'échanger à nouveau puisque moi aussi les sujets pour 360 les sujets de santé sexuelle et de sexualité c'est un peu la direction que j'ai l'intention de prendre dans les prochains mois
ça fait écho aussi à pas mal de choses qui me touchent personnellement moi je veux te remercier parce que c'est grâce à toi que tu vas faire un portrait sur le podcast et donc aider à faire résonner je te remercie toi et c'est trop cool deuxièmement j'invite tous les auditeurs de Suisse
à venir donc en fait pour être au courant des rencontres faut rejoindre un groupe whatsapp où je suis le seul à pouvoir poster où tu arrives sur un truc vide parce qu'il n'y a pas d'historique et donc plus on sera dans les groupes des différentes villes et plus on pourra avoir des rencontres vivantes avec des gens chouettes et j'avais envie de dire ça
Et la dernière chose peut-être, c'est que je viens de publier là récemment, il faut que les gens aillent le chercher, un nouveau format d'épisode sur qu'est-ce que je fais quand mon partenaire est positif à une IST sur ton sujet d'intérêt de santé sexuelle. Et j'ai envie de développer un format où il y a des auditeurs qui posent une question en message vocal et le bon expert…
qui répond et dans un format court de 8 minutes. Donc là, c'est moi qui ai été contacté par un partenaire qui a été positif à la gonorrhée. J'étais là, mais qu'est-ce que je fais ? Et le médecin me répond. Moi, j'ai plein de choses qui ressemblent à ça ou auxquelles j'ai pensé qui ressemblent à ça. Je ne sais pas, la vaccination HPV, par exemple.
épisode de la semaine prochaine épisode de la semaine prochaine Olivier abonne-toi en activant la cloche de notification pour être tenu au courant
Franchement, j'ai glissé tous mes appels à l'action. Je suis très satisfait. Non, je rigole. C'était vraiment cool. Merci. À très bientôt. Dernière chose sur Genève et la Suisse. La prochaine fois qu'on se voit, Olivier, si on se voit en Suisse, je veux qu'on se voit autour d'une glace Mauvenpique. J'adore ces glaces. Je ne trouve pas l'équivalent en France. Meilleure glace sur le lac de Genève. Tu te prends une petite Mauvenpique. Double crème.
Un détail d'organisation. Le date est pris. A très vite, merci. Merci à toi. A bientôt. Salut, bye bye.