Sexe gay: la police iranienne encore dans ma tĂȘte – Ali 3/3

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Partie 3 sur 3 – Ali est gay, il a vĂ©cu 27 ans en Iran : il raconte comment un morceau de Lara Fabian le dĂ©cide Ă  s’installer en France – pour enfin vivre librement et peut-ĂȘtre rencontrer l’amour (c’est en cours 😉 !

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C'est quoi le dĂ©clic pour venir en France et pourquoi la France ? En fait, je voulais changer un peu ma vie. Je voulais changer un peu ma vie et je voulais partir quelque part. par quelques pays oĂč ils ne me connaissent pas et je peux vivre ce que je veux vivre. C'est-Ă -dire, tu te dis j'en ai marre d'ĂȘtre dans le placard, je veux ĂȘtre dans un pays oĂč je peux ĂȘtre gay ? Oui. C'est le sujet homosexuel qui t'a fait quitter les rangs ? Il y avait plusieurs sujets. Ce sujet-lĂ  aussi, c'Ă©tait important. Oui, principalement, c'Ă©tait ce sujet-lĂ . Pourquoi maintenant? Pourquoi Ă  27 ans? Parce que j'ai fini mes Ă©tudes en Iran, j'ai travaillĂ© et j'en avais marre d'ĂȘtre comme ça, d'ĂȘtre toujours cachĂ©. Et j'ai dĂ©cidĂ© de partir. Et pourquoi France ? Bon, ma deuxiĂšme langue, c'est l'anglais. Depuis 10 ans, j'ai appris l'anglais, je pratique l'anglais, mais aprĂšs, je… J'ai dĂ©cidĂ© de venir en France. Attends Ali, il y a un truc qui bloque lĂ , non ? Non, non. En fait, soudainement, ton discours, tu n'arrives plus Ă  trouver tes mots comme s'il se passe quoi dans ta tĂȘte ? Non, non, non, c'est juste, je veux dire, pourquoi France ? Parce que c'est intĂ©ressant, parce que j'avais un collĂšgue qui m'a partagĂ© des chansons Française. Et j'ai Ă©coutĂ© et j'ai dit, c'est quoi cette chanson ? Et j'ai dit « Ok, je vais apprendre la langue pour comprendre cette chanson. » Un collĂšgue iranien en Iran. Oui, en Iran. C'Ă©tait quelle chanson ? C'Ă©tait la chanson de « Je suis malade » de Lara Fabian. AprĂšs, ce n'Ă©tait pas le sujet de l'immigration. C'Ă©tait juste qu'il m'a partagĂ© des chansons. Il a partagĂ© avec moi les chansons et j'ai Ă©coutĂ©. J'ai dit, c'est quoi cette chanson ? Je dois aller apprendre la langue pour comprendre cette chanson. Tu as fait des recherches sur l'homosexualitĂ© en France ? Non, je n'ai pas fait la recherche particuliĂšre. J'ai commencĂ© Ă  apprendre la langue et aprĂšs, j'ai dit, OK, je dois aller en France maintenant. C'est intĂ©ressant parce que nous, on s'est tapĂ© des gros homophobes en France. Un manif pour tous, tu as entendu parler ? En fait, moi, quand j'ai vu un million de personnes qui dĂ©filaient au pied de la Tour Eiffel contre mes droits, contre le mariage gay, j'ai dĂ©couvert une France homophobe. Toi, t'es arrivĂ© Ă  ce moment-lĂ , en plus. Ouais, mais bon, en fait… Je t'ai pas dit, merde, que j'aurais dĂ» faire une recherche… Non, je n'ai jamais dit ça parce que d'abord, je savais qu'en fait, l'homosexualitĂ©, au moins, ce n'est pas interdit en France. Au moins, je suis un peu protĂ©gĂ© par la loi. Bien sĂ»r. Et le paradis… N'existe pas, au moins pour les guillemets, peut-ĂȘtre n'existe pas. Je suis un peu rĂ©aliste dans ce sens. Moi, j'ai trouvĂ© ça puissant quand on prĂ©parait cet entretien. Tu m'as dit, cette rĂ©pression rĂ©elle iranienne pĂ©nĂštre le cerveau et il y a une forme d'auto-rĂ©pression qui s'active, c'est-Ă -dire mĂȘme en France, sur Grindr, tu avais encore peur que ce soit la police ? Ou en tout cas, de façon diffuse. Oui, pas police, mais des connards. Et je me souviens, pendant les mois, je ne partageais pas mes photos sur les applications. Parce que j'avais peur, je ne voulais pas le faire. Que ça soit un danger, c'est-Ă -dire que tu sois… C'Ă©tait quoi ta peur en France de ne pas partager tes photos ? Je ne sais pas exactement. Mais en fait, ce que j'avais appris, c'Ă©tait une habitude. Je n'avais pas cette habitude de partager les photos sur les applications. C'Ă©tait juste ça. On en est oĂč aujourd'hui ? Ça fait dix ans, tu te sens oĂč sur ton chemin d'intime, d'Ă©panouissement, par rapport Ă  tout ce qu'on vient de raconter ? Moi, pendant ces dix ans, j'ai beaucoup essayĂ© de me lĂącher dans ce sens qu'en fait, je… je m'expose moi tout en toute transparence tu es toi et ce podcast c'est un exemple oui c'est pour ça en fait j'ai dĂ©cidĂ© de venir tĂ©moigner dans ce podcast parce que c'est ce qu'en fait je veux faire dans ma vie parce que je veux m'exposer Est-ce que tu peux me donner des exemples pendant ces dix annĂ©es de moments oĂč tu t'es autorisĂ© Ă  te montrer, Ă  te lĂącher intimement ? Ça veut dire quoi ? Par exemple, tu as vu ta sexualitĂ© fleurir, se modifier ? pas forcĂ©ment ma sexualitĂ© parce que j'Ă©tais pas forcĂ©ment bloquĂ© au niveau de sexualitĂ© mais au niveau de vie en tant que gay dans ma vie quotidienne j'Ă©tais toujours bloquĂ© par exemple ça veut dire quoi ? par exemple je me disais toujours est-ce que je dois dire Ă  cette personne que je suis gay ou pas gay Est-ce que, par exemple, parmi mes camarades, par exemple, premiĂšre annĂ©e, j'ai fait mes Ă©tudes en France aussi, et premiĂšre annĂ©e, je n'ai pas dit que je suis gay Ă  mes camarades. Non, je n'ai pas dit que je suis gay. Tu travailles pour quoi ? Par protection. Par protection. En fait, j'avais cette habitude de ne pas partager des infos. Dans l'Ă©pisode prĂ©cĂ©dent, tu disais ĂȘtre vulnĂ©rable, c'est s'exposer Ă  un risque, voire la mort. Oui. Ce qui est vrai en Iran. C'est vrai en Iran, oui. Et tu as l'impression que tu es plutĂŽt content, tu arrives justement Ă  te lĂącher et en fait Ă  faire ton coming out, Ă  dire que tu es gay, Ă  vivre que tu es gay ? Oui. Oui, c'est beaucoup plus simple maintenant. Je n'ai jamais fait un coming out trĂšs officiel en France, au moins. Parce que je n'ai jamais dit que je suis gay maintenant. Je ne comprends pas. Ça veut dire que tu as des amis Ă  qui tu n'as jamais dit que tu Ă©tais gay ? Je n'ai pas dit officiellement que je suis gay, mais quand je parle, je dis mon copain, je ne dis pas ma copine. Parce que je suis trĂšs Ă  l'aise d'ĂȘtre ce que je suis. Bien sĂ»r. Oui, toi, tu ne ressens pas le besoin de dire le mot gay, mais tu le sous-entends ou tu le clarifies et ça te va ? Je suis intĂ©ressĂ©, donc toi, la sexualitĂ©. Moi, ce que j'ai compris, si je faisais lĂ  une photo de ta sexualitĂ©, et je me souviens la petite question qu'on a tirĂ©e au premier Ă©pisode. Si je prends lĂ  une photo de ta sexualitĂ©, une sexualitĂ© que tu kiffes, il y a quoi sur la photo ? Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui dans ta sexualitĂ© ? Qu'est-ce qui te fait marrer ? Non, en fait, ce que j'aime bien, mĂȘme sans impact au niveau sexualitĂ©, c'est que j'aime bien ĂȘtre connectĂ© avec la personne, Ă©motionnellement peut-ĂȘtre. Et ça m'a… ça me booste un peu pour ĂȘtre performant performant la connexion te permet le plaisir sexuel et en termes de pratique il y a des choses en particulier que tu aimes ? Non, je suis assez simple, assez basique au niveau de sexualitĂ©. Tu suces, t'es sucĂ©, t'es pĂ©nĂ©trĂ©. C'est ça. Et aprĂšs, j'ai essayĂ© toujours d'aller plus loin, de dĂ©couvrir les choses. Parfois, c'Ă©tait intĂ©ressant. Parfois, j'ai dit non, c'est pas mon kiff. Pourquoi je… Pourquoi… Pour une fois, oui, mais pas plus. Ouais, tu te sens assez… Ouais. J'aime des choses dans la simplicitĂ©. Ok. Tu as tout Ă  l'heure parlĂ© de la honte que tu pouvais ressentir aprĂšs de la sexualitĂ© quand tu Ă©tais en Iran. Est-ce que cet arriĂšre-goĂ»t est toujours un peu lĂ , a Ă©tĂ© lĂ  pendant dix ans, n'est plus lĂ  ? la honte elle est moins en fait ça dĂ©pend de avec qui maintenant en France non j'ai pas de honte non j'ai pas de honte mais quand je rentre en Iran pour voir mes amis ma famille tout ça le contexte s'impose sur moi tu vois Parce que du coup, parfois, tu reviens en Iran rĂ©guliĂšrement ? Pas rĂ©guliĂšrement, mais ça m'arrive. Ça t'est arrivĂ© ? Et t'as eu des rapports sexuels lĂ -bas ? T'as essayĂ© ? Ouais. Ouais, ouais. Au niveau de la sexualitĂ©, ça passe comme en France. Ça veut dire que je ne suis pas bloquĂ© non plus en Iran. Mais tu ressens la honte ? Un peu, oui. C'est ça que tu dis, c'est impressionnant. Je suis Ă©tonnĂ© que tu prennes un tel risque. En fait, ta vie est en France. Quand tu rentres en Iran, c'est sur quelques semaines, j'imagine ? Oui, c'est deux semaines. C'est deux semaines, tu vois. Pourquoi prendre le risque d'ĂȘtre arrĂȘtĂ© ? Les risques sont tellement… AprĂšs, pour te dire, j'ai rencontrĂ© un mec que je connaissais dĂ©jĂ , tu vois. Ça veut dire qu'en fait, il Ă©tait, entre guillemets, rĂ©gulier. Et quand je suis allĂ© en Iran, l'autre fois, il m'a dit « Ah, tu es en Iran ? » J'ai dit « Ouais, je… » Et vous avez couchĂ© oĂč du coup ? Chez lui ? Parce qu'il n'est pas mariĂ© ? Oui, il Ă©tait mariĂ©. Mais du coup sa femme et ses enfants n'Ă©taient pas lĂ  ? Et ils n'Ă©taient pas lĂ . Il y a un sens, non ? Il y a un sens, non ? Ça veut dire ? Pardon. Je rĂ©pĂšte ma question parce que je ne comprends pas. J'ai de l'affection et je comprends pourquoi quand tu rentres en Iran, tu vas baiser. je vais te dire du coup mon opinion pour voir ce que t'en penses on essaye de on fait un doigt d'honneur Ă  la rĂ©pression parce qu'elle nous bouffe parce qu'on l'encule parce que en fait en vrai sinon j'arrive pas Ă  justifier qu'on prenne autant de risques pour deux semaines bien entendu que tu peux te branler pendant deux semaines et aller baiser Ă  ta guise quand t'es en France non c'Ă©tait pas avec un connu je connaissais ah oui tu dis que du coup le risque il est nul avec quelqu'un de connu qui n'est pas la police Ah oui, pardon, ok, je comprends. Au moins, c'Ă©tait moins risquĂ©. C'est moins risquĂ©, il y en a un petit, mais c'est moins. Tu vois mon truc de tu fais un doigt d'honneur Ă  la rĂ©pression iranienne ? Tu vois ce que c'est un doigt d'honneur ? Oui, je sais, mais… dans le sens que oui j'ai dĂ©passĂ© mes problĂšmes et dĂ©fis dans ce sens oui mais dans le sens que la rĂ©pression ça existe toujours en Iran et Le gouvernement a toujours l'autoritĂ© de chasser les hommes, les gays. Non, je ne peux pas. Ça existe. Je n'ai rien fait. Tu parlais tout Ă  l'heure d'hypervigilance. Pendant 27 ans, tu t'es construit dans une hypervigilance. J'ai l'impression que cette hyper vigilance, on met du temps Ă  s'en dĂ©partir quand on a construit notre sexualitĂ© lĂ -dedans. C'est ton cas aussi ? Elle ressemblait Ă  quoi en France cette hyper vigilance qui datait de ton Ă©poque iranienne ? En prĂ©-entretien, tu m'as dit, c'est toi qui m'as dit, pendant tout un temps, j'arrĂȘtais pas de penser pendant le rapport sexuel. J'Ă©tais en permanence Ă  me dire qu'est-ce que je dois faire, comment je dois le faire. Et toi, tu liais ça. J'avais toujours ce stress de… Maintenant que je suis chez lui, par exemple, j'ai un mec… Qu'est-ce qui va passer ? Est-ce que quelqu'un va entrer dans la chambre ? Parce qu'en Iran, quand on faisait des plans… Soit c'Ă©tait avec des mecs mariĂ©s, soit avec des mecs qui habitaient avec les autres. En colocation. En colocation, en famille. Il y avait toujours quelqu'un d'autre Ă  la maison. Mais il Ă©tait seul, tu vois. Il Ă©tait seul pour une heure, deux heures. Mais il y avait toujours ce stress. Maintenant, si quelqu'un arrive, c'est drĂŽle, mais… c'Ă©tait toujours et ma question c'est que cette hyper vigilance en France elle a disparu aprĂšs 10 ans oui mais pas au dĂ©but c'est ça j'avais toujours ce stress j'avais toujours ce sentiment de il faut cacher quelque chose il faut ĂȘtre vigilant en Iran t'as jamais vĂ©cu de relation amoureuse ? non En France, t'en as vĂ©cu ? J'avais des relations, ouais. Et aujourd'hui ? Ouais, aujourd'hui aussi. Aujourd'hui, tu dirais que t'es amoureux ? Ouais. C'est gĂ©nial ! Pourquoi je n'avais pas notĂ© ça ? Trop cool ! Ça fait combien de temps que tu es en couple ? Ça fait cinq, quatre mois. Ah, c'est nouveau ! C'est pour ça, en fait, pendant le prĂ©-enregistrement, j'ai dit que c'Ă©tait nouveau, je n'avais pas envie de parler. Ah, tu ne veux pas qu'on en parle ? Pendant le prĂ©-enregistrement… Et lĂ , aujourd'hui, tu es OK qu'on en parle ? Encore, c'est nouveau. Donc, non. Et tu voudrais que je coupe cette partie-lĂ  ? Parce qu'en fait, c'est moi qui me suis trompĂ©. Pour l'instant, c'est OK. C'est OK qu'on te dise que tu es en couple. OK, d'accord. Oui, en fait, je pense que j'avais dĂ» noter qu'il ne fallait pas en parler. Excuse-moi, mais c'est OK, je peux couper si tu prĂ©fĂšres. Non, non, c'est OK. Mais je me souviens que dans le prĂ©-entretien, justement, je t'avais un peu gratouillĂ© Ă  cet endroit oĂč, en fait, soudainement, tu t'Ă©tais fermĂ©. Oui. Et tu avais dit, ah, mais peut-ĂȘtre que je ne peux pas en parler et tout. Et je me disais, mais j'avais du mal Ă  comprendre ce dont tu avais peur, tu vois. Non, je n'avais pas de peur parce que quand c'est quelque chose de nouveau, et moi aussi, j'ai besoin de… De le comprendre, de le dĂ©couvrir avant de s'exposer. Oui, bien sĂ»r. Parce que pour toi, il y a un coĂ»t Ă  s'exposer, c'est-Ă -dire de raconter les 4-5 premiers mois d'une histoire naissante. C'est coĂ»teux. Ça peut ĂȘtre dangereux. Non, ce n'est pas la question de dangerositĂ©. C'est qu'en fait, moi, j'ai besoin de temps de… De le dĂ©couvrir d'abord, dĂ©couvrir tout, de le comprendre, de me mettre Ă  l'aise avec. Parce que c'est un peu compliquĂ© au dĂ©but ? pas compliquĂ© parce que c'est pas c'est nouveau et c'est pas exactement l'expĂ©rience que j'ai dĂ©jĂ  vĂ©cu la relation est nouvelle et le type de relation aussi c'est c'est nouvelle parce que ce que j'aime de cette relation c'est qu'on est exactement ce que j'ai dit c'est qu'en fait je suis pas obligĂ© de me cacher de cacher quelque chose de mon partenaire Ok. Par exemple, qu'est-ce que tu… Et Ă  tout moment, tu me dis que si tu veux plus qu'on en parle et tout, j'essaie de comprendre ce que tu veux dire et pas dire. C'est quoi les parts de toi que tu lui as montrĂ©es Ă  lui et oĂč tu te caches pas ? C'est par exemple ce que tu disais tout Ă  l'heure, tu t'autorises Ă  danser, Ă  ĂȘtre plus effĂ©minĂ© ? D'ĂȘtre moi-mĂȘme, ouais. Non, c'est juste parler de moi-mĂȘme et de mes sentiments, tu vois. Parce que dans mes relations passĂ©es, j'Ă©tais toujours obligĂ© de cacher mes Ă©motions. Ce n'Ă©tait pas qu'en fait les gestes physiques, c'Ă©tait beaucoup plus que ça. Parce qu'en Iran aussi, virilitĂ©, ça veut dire qu'il ne faut pas montrer les Ă©motions. Par exemple, une expression en Iran, on dit que les hommes ne pleurent jamais. Et… Ouais, en fait, ça veut dire qu'en fait, en gros, il ne faut pas montrer les Ă©motions. Et un mec viril en Iran, c'est un mec qui est trĂšs fermĂ© au niveau Ă©motionnel, tu vois. Et donc, tu es en train de dĂ©tricoter ça, lĂ  ? Oui, c'est ça. OK. Bravo. Merci. Ouais, sacrĂ© taf. Tu imagines, on est dans 5 ans, 10 ans, et il y a un Ali Ă©panoui. Et je prends une photo. Tu peux me dĂ©crire qui il y a sur la photo, qu'est-ce qui se passe ? Toi, tu aspires Ă  quoi ? Par exemple, est-ce que tu aspires Ă  ĂȘtre en couple exclusif ou avec une seule personne ? Quand tu te projettes dans un demain heureux, en termes intimes, amoureux et sexuels, qu'est-ce qu'il y a ? Euh… On peut dire l'amour, une relation amoureuse. Une relation amoureuse, oui, je pense. Une relation amoureuse qui existe, oui. Pas forcĂ©ment amoureuse avec quelqu'un. Une relation amoureuse avec quelqu'un d'autre et une relation amoureuse avec moi-mĂȘme aussi. Maintenant, je m'aime. Oui. Tu ne veux pas t'oublier lĂ -dedans. Tu vas apprendre Ă  t'aimer toutes les parts de toi, mĂȘme celles que tu as dĂ» un peu mettre de cĂŽtĂ©. J'espĂšre qu'on fera un autre apĂ©roditeur Ă  Marseille, comme en septembre dernier, dans cinq ans. Et qu'on trinquera Ă  ce nouvel Ali et Ă  ce nouveau Guillaume. Moi, dans cinq ans, je serai aussi, j'espĂšre, alignĂ© et connectĂ© aux diffĂ©rentes parts de moi. Grave ? C'est un bel objectif. Est-ce qu'on s'arrĂȘte lĂ  ou est-ce qu'il y a des choses que tu voudrais ajouter comme une derniĂšre bafouille ? non il n'y a pas d'autre chose Ă  ajouter je pense ouais moi tu vois sur mes notes la toute derniĂšre c'est sortir de ma zone de confort et ne pas ĂȘtre cachĂ© j'ai pas racontĂ© cette histoire ah ouais trĂšs bien alors lĂ  Ali tu montrais la carte que t'as tirĂ©e au tout dĂ©but l'intitulĂ© c'Ă©tait stratĂ©gie de santĂ© sexuelle est-ce que ta stratĂ©gie de santĂ© sexuelle te permet d'ĂȘtre Ă©panouie Oui, parce que je suis moins stressĂ© au niveau de santĂ©. En France, tu as vu un changement parce qu'en fait, dans l'Ă©pisode prĂ©cĂ©dent, tu as rĂ©pondu que tu n'avais jamais osĂ© et tu avais peur de te faire tester. Oui, je voulais raconter cette histoire quand je suis venu en France. J'ai dit « Ok, maintenant, personne ne me connaĂźt. » Parce que j'avais toujours cette peur dans moi. Parce que comme j'ai dĂ©jĂ  couchĂ© avec des personnes de façon non protĂ©gĂ©e, peut-ĂȘtre que j'ai une maladie dans moi. J'avais toujours ce stress, cette peur dans moi. Tu sais pourquoi tu avais des rapports non protĂ©gĂ©s ? Tu ne savais pas ce que ça pouvait faire ? Parce qu'en fait, les prĂ©servatifs en Iran sont un peu chers et ne sont pas trĂšs accessibles. Ouais. Et les gens ne sont pas trĂšs Ă©duquĂ©s non plus pour utiliser les… Ouais, donc en fait, t'as peur. Tu te dis, je vais faire un dĂ©pistage, il va se passer… Ouais, il va se passer quelque chose. Il va y avoir des mauvaises nouvelles. Mauvaise nouvelle. Et la premiĂšre chose que j'ai fait en France, je dis, pas la premiĂšre chose, mais bon, en fait, pendant six mois, j'ai dit, ok, je dois aller dans le centre français. Faire des tests. Faire des tests, oui. Et je suis allĂ© lĂ -bas. Il y avait une dame, une infirmiĂšre. Elle a commencĂ© Ă  me parler. J'Ă©tais trĂšs stressĂ©. Je ne pouvais pas rĂ©pondre, en fait. Elle a… Elle a tout de suite compris que je suis trĂšs stressĂ© et elle a commencĂ© et j'ai racontĂ© mon histoire, j'ai dit ouais j'ai dĂ©jĂ  fait des rapports non protĂ©gĂ©s, j'ai peur qu'en fait je suis je suis malade et ça fait plus qu'un an en fait plus d'un an en fait de mes rapports non protĂ©gĂ©s il a dit ouais ok il a fait un test rapide un test rapide ouais donc tu te piques le doigt et t'as les rĂ©sultats qui te donnent ton statut VIH d'il y a 3 mois Ouais. Et elle a fait ça et aprĂšs cinq minutes, elle te donne le rĂ©sultat. Et c'Ă©tait pendant cinq minutes qu'elle m'a donnĂ© le rĂ©sultat. J'Ă©tais tellement stressĂ©, tellement… Des sentiments un peu bizarres, tu vois. Je ne sais pas comment l'expliquer. Et aprĂšs, elle m'a dit que c'Ă©tait nĂ©gatif. J'Ă©tais tellement soulagĂ©. J'ai pleurĂ©. J'ai dit, c'est fini. AprĂšs, je ne sais pas, 9 ans, 8 ans de vie sexuelle, maintenant, c'est nĂ©gatif. C'Ă©tait… J'ai dit c'est fini, cette peur d'ĂȘtre malade, c'est fini. Et c'Ă©tait cette histoire que je voulais raconter. Moi j'aime bien voir un peu de magie dans le choix du hasard de ces cartes. Et alors lĂ  oĂč au dĂ©but je comprenais pas du tout pourquoi t'avais tirĂ© cette carte, lĂ  je trouve qu'elle a plein de sens parce que c'est comme un tournant que tu fais dĂšs que t'arrives en France, c'est comme si la France avait apportĂ© aussi… Tu as un putain de courage tout seul d'aller au centre de santĂ© et de dire, il y a un moment donnĂ©, il faut que je sache. LĂ  oĂč je comprendrais aussi une stratĂ©gie de dĂ©ni et de se dire, je ne regarde pas. C'est ça. Wow. AprĂšs, c'est… Moi, j'ai une derniĂšre question pour toi. Tu as dit dans l'Ă©pisode prĂ©cĂ©dent, j'ai pas trouvĂ© de communautĂ© en Iran, j'Ă©tais seul, seul, seul. Est-ce que tu as l'impression que petit Ă  petit, en France, lĂ , tu as trouvĂ© ton groupe, ta communautĂ©, tu te sens connectĂ© ou pas encore ? Pas encore. Ok. Ouais. pas encore et mĂȘme en France je pense la communautĂ© qui est Ă  part de Paris peut-ĂȘtre tu es Ă  l'aise de dire dans quel coin tu habites ? j'habite dans la rĂ©gion sud sud de la France Ouais, la rĂ©gion Pacquiao. Ouais. MĂȘme, Ă  part de Paris, je pense dans les autres villes, au moins dans ma rĂ©gion. Toi, t'es plutĂŽt dans une petite ville ? Ouais. Ouais. Ça n'existe pas. Ouais. Et t'aimerais petit Ă  petit dĂ©velopper ça ? Oui. Mais c'est le gros problĂšme des petites villes ou des villages oĂč il faut prendre la voiture pour espĂ©rer trĂšs loin Ă  voir si t'as de la chance Ă  embarquer quoi. ou une asso sportive je parle pas forcĂ©ment de plan sexuel c'est juste un endroit ou quelque part oĂč tu peux y aller et rencontrer les gens parler avec les gens et aujourd'hui t'es en couple exclusif Non, non, non. Vous ĂȘtes ouvert ? Oui. Est-ce que tu as envie… Pourquoi tu rigoles ? Non, je pense que c'est fini le podcast. Oui ? Pourquoi ? je pensais que c'est fini oui bah en fait non on rajoute des petits trucs mais ce sera vraiment pour le coup ma derniĂšre question mais t'as raison est-ce que t'as envie que les gens puissent t'envoyer des petits messages et si oui soit tu dĂ©cides maintenant et tu dis lĂ  comment tu veux ĂȘtre contactĂ© soit tu dĂ©cides plus tard et je le mettrai dans le descriptif de l'Ă©pisode Je dĂ©ciderai plus tard. TrĂšs bien. Eh bien, il faut que les gens aillent dans le descriptif de l'Ă©pisode. Et s'ils voient un contact, c'est que t'as dit oui et il est lĂ . Merci, merci Ali. Merci Ă  toi, Guillaume. À bientĂŽt. À bientĂŽt. C'est cool. Tu te sens comment ? C'est fini ? Oui, c'est fini. Tu enregistres encore ? Ça va, franchement. Ça s'est bien passĂ© ? Ben ouais. Oui, trĂšs bien passĂ©. Tu me regardes comme si tu n'Ă©tais pas sĂ»r ? Non, parce qu'au dĂ©but, je me suis dit, qu'est-ce que je dois raconter ? Je ne suis pas sĂ»r. Qu'est-ce qu'il va poser ? Qu'est-ce qu'il pose ces questions ? Quelles sont les questions ? Tu n'arrivais pas Ă  te connecter au prĂ©-entretien ? Si, mais… Je pensais que c'Ă©tait beaucoup plus que ça, tu vois, les questions. C'est bon, c'est des questions nulles. AprĂšs, ça s'est bien passĂ©, ouais. Ouais, bravo, ouais.

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